LE MALAISE DANS LA CULTURE - SIGMUND FREUD (PUF)

LU PAR NATHALIE ROUSSEL

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Nombre de CDs : 3


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FA8110

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"L'homme est un loup pour l'homme" ; qui donc, d'après toutes les expériences de la vie et de l'histoire, a le courage de contester cette maxime ?
Sigmund Freud

En 1929, Freud s’adresse à Lou Andreas-Salomé : « Très chère Lou… ce livre traite de la culture, du sentiment de culpabilité, du bonheur et d’autres choses élevées du même genre et me semble, assurément à juste titre, tout à fait superflu quand je le compare à mes travaux précédents qui procédaient toujours de quelque nécessité intérieure. Mais que pouvais-je faire d’autre ? Il n’est pas possible de fumer et de jouer aux cartes toute la journée. (…) J’écris et le temps passe ainsi très agréablement. Tandis que je m’adonne à ce travail, j’ai découvert les vérités les plus banales. »
Freud analyse ici les relations de l’homme à la culture, édifiée sur le renoncement pulsionnel, l’opposition entre culture et sexualité et l’étude du surmoi. Nathalie Roussel s’empare du texte de Freud avec intelligence, nous le restitue sous une forme posée et nous permet d’appréhender la pensée de Freud de façon claire.
Claude Colombini Frémeaux  (La Librairie Sonore - Frémeaux & Associés) & Michel Prigent (Presses Universitaires de France).

Droits : La Librairie Sonore - Groupe Frémeaux Colombini SAS en accord avec Michel Prigent pour les PUF / Traduction de P. Cotet, R. Lainé, J. Stute-Cadiot.
Production : Eric Pierrot pour les collections PUF/FREMEAUX de Claude Colombini - En collaboration avec les PUF (Michel Prigent).

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le malaise dans la culture - Sigmund Freud

le malaise dans la culture
Sigmund Freud

lu par Nathalie Roussel

Texte intégral
© 2010 PUF






CD 1
Chapitre 1
01. On ne peut se défendre de l’impression que les humains mesurent... 6’09
02. Poursuivons la réflexion : ce sentiment du moi de l’adulte… 5’07
03. Nous touchons ici au problème plus général de la conservation… 5’53
04. Nous cédons à cette objection et, renonçant à un effet de contraste...  4’52 

Chapitre 2
05. Dans mon écrit “L’avenir d’une illusion”, il s’agissait bien moins des sources… 4’57
06. Nous nous tournons de ce fait vers la question moins exigeante de savoir…  9’09
07. Une autre technique de défense contre la souffrance… 2’59
08. Il y a plus d’énergie et de radicalité dans un autre procédé… 5’53
09. Malgré cette incomplétude, je ris­querai dès maintenant quelques remarques… 4’33   

CD 2
Chapitre 3
01. Notre investigation sur le bonheur ne nous a pas jusqu’ici...  4’52
02. Il s’y ajoute encore un facteur de désillusion. 6’22
03. Le début est aisé : nous reconnaissons comme culturelles… 4’03
04. Nous reconnaissons donc le niveau de culture d’un pays… 4’16
05. Beauté, propreté et ordre occupent manifestement une position… 5’31
06. La liberté individuelle n’est pas un bien de culture. 6’11 

Chapitre 4
07. Cette tâche semble énorme, on est en droit d’avouer son découragement.  4’28
08. à une faible minorité d’entre eux,  il est accordé, de part leur consti­tution… 5’03
09. En outre, les femmes entrent bientôt en opposition… 5’48 

Chapitre 5
10. Le travail psychanalytique nous a enseigné que ce sont précisément…  5’56
11. En y regardant de plus près, je trouve encore plus de difficultés. 4’54
12. L’existence de ce penchant à l’agression que nous pouvons ressentir...  4’59
13. Il n’est manifestement pas facile aux hommes de renoncer… 5’38  

CD 3
Chapitre 6
01.
Dans aucun travail je n’ai eu aussi fortement que cette fois-ci le sentiment… 2’56
02. Tout analyste accordera qu’aujourd’hui encore… 4’26
03. L’hypothèse de la pulsion de mort ou de destruction… 4’31
04. Pour tout ce qui va suivre, j’adopterai donc le point de vue… 2’08 

Chapitre 7
05.
Pourquoi ces êtres qui nous sont appa­rentés, les animaux... 5’29
06. On appelle cet état “mauvaise conscien­ce”, mais à vrai dire… 5’41
07. Nous connaissons donc deux origines au sentiment de culpabilité... 4’47
08. à vrai dire, la contradiction de cette thèse avec la genèse… 7’42  

Chapitre 8
09.
Mais si le sentiment de culpabilité humain remonte à la mise à mort…  3’56
10. Parvenu au terme d’un tel chemin, l’auteur ne peut que prier ses lecteurs… 4’39
11. Il ne sera pas très important, même si cela peut bien ne pas être superflu… 5’45
12. J’estime que c’est ici le lieu de soutenir sérieusement une conception…  7’15
13. De même que la planète continue de tourner autour de son corps central…  4’18
14. Le sur-moi de-la-culture a produit ses idéaux et élevé ses exigences. 4’09
15. Le mode de considération qui s’atta­che à étudier le rôle d’un sur-moi…  5’12 

Traduction de P. Cotet, R. Lainé, J. Stute-Cadiot.
© PUF 

Schneewinkl, du côté de Berchtesgaden, le 28 juillet 1929 : « Très chère Lou… ce livre traite de la culture, du sentiment de culpabilité, du bonheur et d’autres choses élevées du même genre et me semble, assurément à juste titre, tout à fait superflu quand je le compare à mes travaux précédents qui procédaient toujours de quelque nécessité intérieure. Mais que pouvais-je faire d’autre ? Il n’est pas possible de fumer et de jouer aux cartes toute la journée. Je ne peux plus faire de longues marches et la plupart des choses qu’on lit ont cessé de m’intéresser. J’écris et le temps passe ainsi très agréablement. Tandis que je m’adonne à ce travail, j’ai découvert les vérités les plus banales. » Dans la « tranquillité idyllique » de ce coin de Bavière, Freud aura ainsi rédigé le premier jet du Malaise dans la culture entre deux parties de cartes, histoire de passer le temps. Le contraste est complet entre ce côté dissertation estivale, un texte écrit en un mois, au fil de la plume, et les sombres accents qui dominent l’œuvre. À juste titre, Malaise est demeuré pour la postérité le symbole du pessimisme freudien. En contrepoint du ton acerbe de sa critique de la religion, L’avenir d’une illusion (1927) affichait encore une espérance : celle du primat à venir de l’intellect, du règne attendu de la raison scientifique. Rien de tel cette fois, comme si les espoirs encore permis deux ans auparavant n’avaient pas résisté aux dernières évolutions du monde contemporain. Ici, la menace aryenne. Là, le triomphe de l’illusion socialiste, en attendant les lendemains qui déchantent. Du communisme, Freud dira avec ironie que la rencontre avec un ardent militant l’y avait à moitié converti : ce dernier affirmait que l’avènement du bolchevisme amènerait quelques années de misère et de chaos mais qu’elles seraient suivies de la paix universelle. Il lui répondit qu’il croyait à la première moitié du programme. La vieille Europe est mal en point, et ce n’est pas de l’Amérique — où menace un autre danger culturel : la « misère psychologique de la masse » — que l’on peut attendre quelque réconfort. Sombre tableau, Malaise a la couleur de son temps ; la haine, l’agression, l’auto-anéantissement en donnent le ton psychanalytique. Sinistre présage, Freud dépose son manuscrit chez l’imprimeur en novembre 1929, tout juste une semaine après le « mardi noir » de Wall Street (29 octobre). Les derniers mots de la première édition conservaient malgré tout un vague espoir dans les efforts de l’« Éros éternel », le grand rassembleur. Un an plus tard, lors de la seconde édition — les 12 000 premiers exemplaires ont été rapidement vendus, Freud est devenu un homme célèbre —, la dernière phrase ajoutée assombrit la perspective : entre les deux adversaires, Éros et la pulsion de mort, « qui peut présumer du succès et de l’issue ? ». Entre ces deux versions, il y a septembre 1930, l’entrée en masse des nazis au Reichstag. Hasard ou ironie de la géographie, Berchtesgaden, où fut conçu Malaise, évoque avant tout, pour nous aujourd’hui, le « nid d’aigle » et son hôte barbare. Dans le commentaire psychanalytique post-freudien, Malaise a été souvent prolongé — l’aggravation du « malaise », jusqu’à rendre le mot dérisoire, y invite —, plus rarement discuté dans son détail. L’ouvrage, pourtant, du seul point de vue analytique, ne manque pas de ressources, posant plus de questions qu’il n’apporte de réponses, ouvrant plus de pistes qu’il ne peut en suivre. Il constitue, en particulier, un exemple des remaniements imposés par le « tournant de 1920 », par l’introduction de la pulsion de mort ; sur des points essentiels, qu’il s’agisse de l’angoisse, du surmoi et, bien sûr, du dualisme pulsionnel. 

Narcissisme de la haine
Le malaise dans la culture s’ouvre par des considérations sur le narcissisme, ce brouilleur de cartes par qui la sexualité s’est introduite au cœur du moi, et dont la prise en compte (en 1914) devait ultérieurement conduire à la révision du dualisme pulsionnel. Romain Rolland et son « sentiment océanique » — dans lequel l’homme de lettres voit la source de la religiosité — donnent à Freud  l’occasion de préciser une nouvelle fois l’idée qu’il se fait du narcissisme de la première enfance et surtout, au regard du projet général de Malaise, de rappeler une conception de la haine et de l’agressivité qui, pour être antérieure à 1920, n’en conserve pas moins sa pertinence. Dans des pages qui doivent plus aux travaux de Federn sur le moi que la rapide allusion en note ne le donne à entendre, Freud décèle, derrière l’« océan » de son ami français, l’effacement narcissique de la frontière entre le moi et l’objet caractéristique aussi bien de l’état amoureux que de la psychose ; un effacement trouvant sa source dernière chez le nourrisson, l’enfant du désaide (Hilflosigkeit). Poor inch of Nature… Cet enfant-là, réduit aux « cris d’appel à l’aide » pour apaiser ses tensions internes, occupe dans les textes de cette période (notamment Inhibition, symptôme et angoisse et L’avenir d’une illusion) une place de choix, à dire vrai une place fondatrice des particularités de la vie psychique. Le narcissisme illimité du tout jeune enfant — « être-un avec le Tout », abolir le temps  (« éternité ») comme l’espace (« sans bornes ») —, ce narcissisme comment le comprendre ? Comme un état quasi autistique, indifférencié ? Freud écrit : le nourrisson ne fait pas encore le départ entre son moi et le monde extérieur. Ou plutôt comme un processus ? Dire du « sentiment océanique » qu’il aspire à réinstaurer le narcissisme illimité, c’est le décrire comme la répétition de ce qui était déjà un premier développement, une première instauration. Dans ce débat classique sur la nature du narcissisme primaire (état ou résultat d’un développement ?), plusieurs indications dans les textes de cette période invitent à penser celui-ci — au-delà de ce que Freud soutient explicitement — comme la réponse psychique appropriée à l’illimité de la détresse infantile. La toute-puissance de l’enfant, comme celle par lui accordée aux parents, serait l’élaboration psychique rudimentaire de son absolue impuissance. Ainsi le père primitif, celui dont l’arbitraire était à la mesure du narcissisme :  « illimité », et dont Freud retrouve ailleurs les caractéristiques dans la figure du meneur des masses (« absolument narcissique »), ce père-là, tout comme le « sentiment océanique », prendraient leur source dans la réponse démesurée de l’enfant à l’Hilflosigkeit.

Ces formes archaïques du narcissisme conduisent au malaise, sans qu’elles constituent elles-mêmes l’objet de la réflexion. Si l’« illimité » retient l’attention de Freud, c’est qu’il porte en lui les germes de la haine et de l’agression. Sera à « supprimer », ou à « éviter », tout ce qui s’oppose à la « domination sans bornes » de Narcisse. De la violence de cet antagonisme il résulte une tendance, celle de mettre à part du moi tout ce qui peut devenir source de déplaisir, « de le jeter à l’extérieur, de former un moi-plaisir pur auquel s’oppose un dehors étranger et menaçant ». Ainsi que Freud l’écrivait quelques années plus tôt : « Le mauvais, l’étranger au moi, ce qui se trouve à l’extérieur est pour [le moi-plaisir originel] tout d’abord identique. » La conception de la haine comme émanation du moi est en fait une idée plus ancienne encore. Dans un passage de Pulsions et destins de pulsions (1915), formulé dans les termes du premier dualisme pulsionnel (« faim et amour ») — et ne prenant pas en compte la sexualité narcissique, pourtant introduite un an plus tôt —, il est écrit : « Les prototypes véritables de la relation de haine ne sont pas issus de la vie sexuelle, mais de la lutte du moi pour sa conservation et son affirmation. » Il importe de peser les conséquences métapsychologiques d’une telle construction. L’objet, en premier lieu le sein maternel, celui-là même qui se constitue à force de se soustraire et de se perdre, l’objet, donc, en tant que désiré et parce qu’il échappe à l’enveloppement narcissique, est par principe haïssable. Ce que je ne peux absorber, « je veux le cracher ». L’objet, la distance qui le constitue, l’écart vis-à-vis du moi dans lequel il se tient, font injure à l’omnipotence infantile. ?

Le moi-plaisir pur et la clôture narcissique qui l’instaure ont la haine pour l’objet comme nécessaire corrélat. C’est indiquer en négatif de quel côté se situe l’amour, tout au moins son prototype : non plus dans un mouvement de détournement vis-à-vis du monde extérieur mais en « se cramponnant au contraire aux objets de celui-ci ». Le narcissisme illimité et la haine associée transforment la détresse infantile en omnipotence. L’amour, par contre, prend le risque de maintenir l’individu dans l’Hilflosigkeit, toujours au bord de l’angoisse de perdre l’amour : « Jamais nous ne sommes davantage privés de protection contre la souffrance que lorsque nous aimons, jamais nous ne sommes davantage dans le malheur et dans le désaide que lorsque nous avons perdu l’objet aimé ou son amour ». On est seul dans la haine, on est deux dans l’amour ; ce dernier exercice introduit, en même temps qu’une pluralité, une dépendance psychiquement périlleuse. Le moi, le narcissisme, la haine… c’est dans l’ordre collectif que Malaise tente d’en saisir la combinatoire. Les malheurs de la culture, ceux que Freud a connus, plus encore ceux qui ont suivi, confèrent à l’expression « moi-plaisir pur » toute sa portée politique. Pureté (de la race, de la croyance, de l’idéologie), épuration, purge, purification… le moi, le pur et la haine hantent le même territoire. En face l’impur est à cracher, à détruire. Contre ce qui la menace ainsi de désagrégation, la communauté culturelle érige des « formations réactionnelles psychiques ». À l’opposé des haines territoriales, elle prône l’amour. Non l’amour d’objet : celui-là isole et ne contribue au lien social qu’au prix de l’inhibition quant au but. Mais l’amour universel : « Aime ton prochain comme toi-même. » Une inflation aussi grandiose de l’amour, remarque Freud, porte la marque de son origine narcissique, elle en épouse aussi la logique : la négligence de l’objet, de sa singularité, au profit d’un universalisme vide. Rien d’étonnant si de cet amour réactif resurgit bientôt la haine première : l’invention par les chrétiens de « l’universel amour des hommes » donna le signal des premières destructions antisémites. L’universel s’arrête là où le bouc émissaire commence. Comme on le voit, dans la redistribution du dualisme pulsionnel à laquelle Freud se livre à partir de 1920, le narcissisme (la libido du moi) est loin d’être passé avec armes et bagages entièrement du côté d’Éros. Dans une formulation, il est vrai provisoire, Au-delà du principe de plaisir avait même assimilé pulsions du moi et pulsion de mort — soulignant ainsi ce que la théorisation de la pulsion de mort, pulsion d’auto-destruction, doit à l’introduction du narcissisme. Quand bien même la théorie freudienne ne s’est pas tenue à cette trop simple équivalence, elle n’en soutient pas moins que la haine pour l’objet, pour tout ce qui sépare, cette haine située au cœur du narcissisme fait de celui-ci un pôle de destructivité : « Dans les aversions et répulsions qui, sans voile, se font jour à l’égard des étrangers qui sont à proximité, nous pouvons reconnaître l’expression d’un amour de soi, d’un narcissisme qui aspire à son auto-affirmation et se comporte comme si la présence d’un écart par rapport aux modalités de sa conformation individuelle entraînait une critique de ces dernières et une invitation à les reconfigurer. » Cette idée d’une intolérance spéculaire du narcissisme à la « petite différence », Malaise la reprend à son compte et prend le temps de l’illustrer. 

Agression et alliages pulsionnels
Il en va de l’agression (le mot allemand Aggression condense les deux sens d’agression et d’agressivité) comme de la haine, elle n’a pas attendu le remaniement de 1920 et Malaise — où elle prend une place importante — pour avoir été reconnue par la théorie freudienne. « La sexualité de la plupart des hommes comporte une adjonction d’agression », est-il écrit dans les Trois essais. Plus spécifiquement, Freud a souligné qu’il est des pulsions pour lesquelles l’agression est indissociable du but poursuivi. C’est le cas de la sexualité anale, ou sadique-anale. L’anal, remarque Freud à la suite de Lou Andreas-Salomé, est le « symbole de ce qui est à rejeter, à éliminer de l’existence ». Ces connexions, Malaise les retrouve à l’échelle culturelle. Les communistes ont cru pouvoir délivrer l’homme du mal en abolissant la propriété privée ; c’était en oublier les racines pulsionnelles : la première propriété est anale, propriété des fèces se constituant comme telle au moment où l’enfant se résout à s’en dessaisir, à en faire cadeau. Supprime-t-on la propriété, la pulsion sous-jacente s’en trouve déliée, libre de renouer avec le but qui est fondamentalement le sien : éliminer. Qu’est-ce qu’entreprendront les Soviets « une fois qu’ils auront exterminé leurs bourgeois ? ». Au-delà de l’évidence du sadisme, Freud a tenu à marquer la part d’agression qui tient à la pulsion en tant que telle, à sa poussée, à son « mépris » de l’objet — de tous les composants de la motion pulsionnelle, le plus interchangeable. Définie comme un « morceau d’activité », la pulsion comprend l’agression comme l’un de ses ingrédients. Quand Freud, dans Malaise, évoque le bonheur lié à « la satisfaction d’une motion pulsionnelle sauvage, non domestiquée par le moi », ou la façon dont l’assouvissement des « motions pulsionnelles grossières et primaires » ébranle la corporéité, l’agressivité est dans les mots choisis pour décrire la chose. 

C’est même cette part d’agression propre à la pulsion qui lui avait d’abord fait refuser, contre Adler, l’idée d’une pulsion d’agression autonome. L’agression, écrivait-il alors, est une caractéristique des pulsions, aussi bien d’autoconservation que sexuelle ; pas besoin d’une pulsion supplémentaire. À la même époque, cependant, les Trois essais nuançaient déjà le propos : l’agression est-elle à proprement parler un facteur de la libido ? N’aurait-elle pas sa véritable source du côté de l’« appareil d’emprise », lequel est au service de l’autoconservation ? Le même raisonnement conduira Freud à reconnaître les prototypes de la haine dans la lutte du moi pour son affirmation. Un raisonnement qui, via les pulsions du moi, ouvrait sur le dualisme ultérieur : libido-destructivité. La façon dont la problématique de l’agression est introduite dans Malaise n’est pas seulement le prolongement de la découverte de 1920. Elle s’inscrit tout autant dans le fil des élaborations antérieures. Comment se fait-il, se demande Freud, qu’il n’y ait de communauté culturelle qui n’en vienne à imposer à ses membres une restriction de la vie sexuelle ? Pourquoi cette opposition de la culture à la sexualité ? Il doit exister un « facteur perturbant que nous n’avons pas encore découvert ». Ce facteur, l’« hostilité primaire » — fille de la pulsion de mort —, le texte l’isole au terme d’un raisonnement dont le point de départ est l’excès du sexuel. Au-delà de ce qu’Éros est susceptible de lier, de réunir, se rencontre l’agression, dépôt de « toutes les relations tendres et amoureuses entre les hommes ». Ou encore, en des termes qui invitent à la formule : la pulsion de mort est le reliquat d’Éros. Cette déduction de la destructivité à partir de ce qu’il y a d’inconciliable dans la sexualité avec la vie de la culture tient pour une part à la solidarité des deux registres pulsionnels. Freud le rappelle : hors de son alliage avec Éros, la pulsion de mort demeure insaisissable. Ce point de vue sera constamment réaffirmé : aucune des deux pulsions n’intervient jamais seule. De cette intrication, le sadisme est l’exemple simple. Mais même la « rage de destruction la plus aveugle » n’est pas exempte d’une participation libidinale, en la circonstance  narcissique, au travers de l’accomplissement des souhaits les plus anciens de toute-puissance.

La confusion précédemment évoquée, entre pulsions du moi et pulsion de mort, se double d’une autre confusion possible : entre pulsion sexuelle et pulsion de mort cette fois. En soulignant que le seul véritable but de la pulsion sexuelle est la décharge, le retour au zéro de l’excitation, Freud décrivait une économie libidinale qu’il retrouvera plus tard, sans profonde modification, sous les auspices du principe de Nirvâna. La théorisation de la pulsion de mort comme tendance à dissoudre les unités rassemblées par Éros reprend à son compte les éléments « sauvages », « non domestiqués » du Trieb d’avant 1920. Le principe de plaisir va au-delà du plaisir, jusqu’à mettre l’organisme en péril. Les frontières conceptuelles se brouillent, ce qui contraindra Freud, en 1924, à remettre un peu d’ordre, à écarter l’un de l’autre le principe de plaisir et le retour au zéro. Ce n’est pas le lieu de parcourir en détail les questions fort complexes posées par l’introduction de la pulsion de mort dans la théorie psychanalytique, notamment celle de l’articulation entre premier et second dualismes. Il importe seulement de remarquer que Malaise, qui tente de confirmer par l’analyse de la « psychologie collective » l’hypothèse de la pulsion de mort, d’abord s’inscrit dans le fil d’élaborations antérieures, ensuite renonce à exhiber ce qui serait une pure manifestation de la pulsion en question, c’est-à-dire dégagée de toute combinaison libidinale. Ce n’est pourtant pas, quelques années après la première guerre mondiale et sur fond des premiers signes de la catastrophe à venir, que Freud ait manqué d’exemples de haine, d’agression, de destruction. Cela étant, c’est-à-dire la présence du sexuel la même où on le croirait absent, l’affirmation de la pulsion de mort ne peut résulter que d’un saut théorique, et non de la seule expérience — même si c’est l’expérience (du psychanalyste) — celle du conflit psychique, individuel ou culturel et de la dualité des forces en présence qui exige un tel moment spéculatif. La démarche de Malaise, la façon dont la pulsion de mort s’impose comme hypothèse, est homogène à celle, d’abord théorique, qui caractérise Au-delà du principe de plaisir. 

L’agression au-dedans
Tant qu’elle s’en tient au point de vue de l’agression externe, la contribution du Malaise dans la culture à la théorie de la pulsion de mort est plutôt mince, voire en retrait par rapport aux audaces de 1920. La pulsion de mort était alors définie comme un processus fondamentalement interne, une pulsion d’autodestruction. Au cœur des êtres vivants pluricellulaires, la pulsion de mort « voudrait décomposer cet être cellulaire et y faire passer chaque organisme élémentaire individuel dans l’état de stabilité anorganique ». Si les dernières lignes de Malaise envisagent bien la destructivité en termes d’« auto-anéantissement » (« les hommes sont maintenant parvenus si loin dans la domination des forces de la nature qu’avec l’aide de ces dernières il leur est facile de s’exterminer les uns les autres jusqu’au dernier »), c’est néanmoins le registre de l’agression dérivée vers l’extérieur qui est principalement évoqué. Ce déplacement de l’interne vers l’externe, de l’intériorité (celle de l’individu ou de la culture, envisagée comme un être psychique collectif) vers ce qui se passe entre les hommes, est un mouvement qui conduit Freud hors du champ propre de la psychanalyse, l’amenant à retrouver les « vérités les plus banales ». Voire des « vérités » précisément remises en question par l’analyse, telle la méchanceté naturelle : l’homme est un loup pour l’homme. « L’homme est un loup pour lui-même » serait déjà plus proche de ce qui fait l’originalité de la découverte analytique. Il est possible que Freud, par-delà ce qui s’impose à lui (le caractère secondaire de la déflexion de l’agression  vers l’extérieur), n’ait jamais complètement renoncé à l’idée d’une agressivité primitive. Le passage d’une lettre à Marie Bonaparte du 27 mai 1937 (où, dans la formulation, se mêlent encore une fois les deux dualismes) le donne à penser : « On pourrait schématiquement imaginer qu’au début de la vie toute la libido serait dirigée vers l’intérieur et toute l’agressivité vers l’extérieur et que ceci changerait graduellement au cours de la vie. Mais c’est peut-être faux. »

L’apport le plus vif de Malaise au débat psychanalytique coïncide avec ce moment où le texte fait retour de l’extérieur vers le dedans, lorsque l’agression est « renvoyée là d’où elle est venue, donc retournée sur le moi propre ». Suivent une vingtaine de pages, très denses, parfois laborieuses (Freud s’excuse des « dangers de la répétition »), où le surmoi, le sentiment de culpabilité (et le malaise qui en résulte dans l’ordre culturel) constituent l’objet de la théorisation. De l’ampleur et de la complexité des enjeux que ces pages recèlent, il n’est ici possible que d’indiquer les débuts de pistes. Du surmoi Freud écrit qu’il exerce « la même sévère propension à l’agression que le moi aurait volontiers satisfaite sur d’autres individus étrangers ». Maltraitant, tourmentant, angoissant le moi, c’est un surmoi d’une dureté, d’une sévérité extrêmes qui est ainsi décrit. Loin d’être apaisé par le renoncement pulsionnel, il s’en trouve d’autant plus excité, poussant toujours plus avant son avantage. Plus l’homme est vertueux, plus le surmoi se fait méfiant et torturant. Ce paradoxe a son répondant dans le processus qui donne naissance à l’instance  critique : que le père se montre indulgent et le surmoi de l’enfant sera extrêmement sévère. L’agression du surmoi « ne reproduit nullement la sévérité du  traitement » connu pendant l’enfance ; on serait tenté de dire qu’elle lui est inversement proportionnelle. Pour saisir la nouveauté de tels propos sous la plume de Freud, il suffit de rappeler ce qu’il écrit dans Le moi et le ça (1923) : « Le surmoi conserve le caractère du père, et plus le complexe d’Œdipe fut fort (…) plus le surmoi (…) dominera sévèrement le moi. » Dans ces pages de Malaise, Freud est loin de lui-même (plus exactement : loin d’un autre Freud), mais par contre très proche de Melanie Klein. Les quelques mots de reconnaissance adressés à cette  dernière ont valeur d’événement, même si la dette concédée est atténuée par l’inclusion dans l’ensemble : « auteurs anglais ». Il fut sans doute malaisé à Freud d’accorder quoi que ce soit à celle qu’une virulente polémique opposait au même moment à sa propre fille, Anna, au sujet de la psychanalyse d’enfants.  Le nom de Melanie Klein n’aura pas l’honneur d’une autre citation, même si  l’influence de ses conceptions est repérable ici ou là.

À suivre plus précisément l’histoire conceptuelle, il faut noter que la représentation kleinienne du surmoi, quelle qu’en soit l’originalité, emprunte  elle-même à certains développements de Freud plus anciens. À côté des énoncés qui profilent un surmoi (œdipien) bâti sur le modèle introjecté de la rigueur paternelle, l’idée d’un surmoi ayant avec le ça des relations intimes, plongeant profondément dans celui-ci, cette idée on peut en suivre la trace dans l’œuvre de Freud, au moins depuis l’analyse de l’Homme aux rats. Dès lors l’écart s’estompe entre surmoi et ça ; chez Melanie Klein, qui ne fait du « ça » aucun usage, l’écart disparaît tout à fait, en même temps que cesse d’être décisive la connexion avec l’ensemble : morale / culpabilité / interdit, en contradiction sur ce point avec Freud. Tout comme la pulsion, l’impératif surmoïque recherche l’accomplissement. La poussée du surmoi, elle aussi, tend vers la décharge :  jusqu’à ce que soit éventuellement commis l’acte (criminel), seul capable de satisfaire le besoin de punition. Sans doute Freud, en veine de conciliation, module-t-il immédiatement  l’importance de l’innovation : « La sévérité de l’éducation exerce aussi une forte influence sur la formation du surmoi enfantin ». Cela ne doit pas masquer l’importance du déplacement théorique. En même temps que le surmoi héritier du complexe paternel s’efface devant une représentation pulsionnelle de la même instance, le complexe d’Œdipe perd la position nucléaire qui lui est habituellement reconnue. Hormis le bref rappel de sa version paléontologique, il est remarquable que Le malaise dans la culture ne fasse aucun usage dudit complexe. Le noyau des névroses n’est pas celui du conflit intraculturel dont Freud cherche à saisir les composants dans ce texte. S’il en fallait une confirmation, il suffirait d’ajouter que l’angoisse de castration est, elle, totalement absente de l’argumentation. Pas une fois, il n’y est fait référence.

Certes, l’absence du mot n’est pas nécessairement celle de la chose. Lorsque Freud note que l’homme est poussé dans la voie du progrès technique par le souci de perfectionner ses organes, de faire « disparaître les limites de leurs performances », on se dit que, de façon implicite, l’angoisse de castration est bien la puissance incitante d’un tel développement. Mais précisément : c’est mettre en exergue les potentialités de création, de symbolisation d’une telle angoisse (de la taille toujours insuffisante du pénis à celle, conquérante, du télescope), c’est la situer du côté du progrès de la culture, non de son « malaise » et de ce qui la déchire jusqu’à la détruire. Il faudrait prendre le temps de montrer la complexité des équilibres au sein de la théorie freudienne, et la fragilisation de l’édifice que provoque l’introduction de la pulsion de mort. On peut en donner une brève illustration : Inhibition, symptôme et angoisse (1926) est un texte centré sur l’angoisse de castration,  s’efforçant (même si c’est pour ne pas y parvenir) de contenir sous ce registre toute la question de l’angoisse. Cette omniprésence de l’angoisse de castration a pour répondant l’absence de la pulsion de mort. Le malaise dans la culture, par contre, qui fait à la pulsion de mort une place centrale n’évoque pas une fois l’angoisse de castration. Complexe d’Œdipe et angoisse de castration délimitent l’espace névrotique. L’introduction de la pulsion de mort, après celle du narcissisme (que Freud a découvert d’abord dans la perversion, avec l’homosexualité de Léonard de Vinci, et dans la psychose, avec Schreber) conduisent aux confins d’un espace psychique autrement (dés)organisé. C’est également sensible dans le texte frère de Malaise : L’avenir d’une illusion, où la religion est davantage envisagée sous l’angle de l’idée délirante que de la compensation névrotique. Le rôle paradigmatique que psychose et pathologies narcissiques joueront pour la psychanalyse post-freudienne est esquissé par la redistribution de 1920. La notion de sentiment de culpabilité qui, selon Freud, divise la culture d’avec elle-même, jusqu’au malaise, cette notion est exemplaire de l’entrecroisement des problématiques freudiennes : elle en est comme un point de condensation. La culpabilité évoque la faute et, au-delà, l’enchaînement œdipien : désir-interdit-transgression. Cette articulation est rappelée par Freud, et avec elle le récit du meurtre du père. Au sein de l’expérience culturelle, les religions (plus particulièrement monothéistes) représentent le plus exactement la variante collective de la résolution d’un tel conflit, opposant un « Tu ne tueras pas » au désir de la mort du père.

Malaise peut en rappeler l’argumentation, son accent porte néanmoins ailleurs, davantage en amont, du côté de la destruction de l’étranger et de l’auto-anéantissement ; c’est-à-dire avant que la destructivité n’ait trouvé à se couler dans le moule du conflit névrotique. La réflexion sur la culture conduit Freud là où l’a déjà mené la découverte de la réaction thérapeutique négative dans la cure. Plus que le sentiment de culpabilité, c’est alors le besoin de punition, avec ce qu’il évoque d’une élaboration psychique rudimentaire, proche de la source pulsionnelle, qui paraît le plus apte à restituer le caractère délié des forces en présence, et d’abord celle du surmoi. 

Genèses du surmoi
Au regard de la théorie psychanalytique, c’est sans doute à propos du surmoi, de sa genèse, que Malaise ouvre sur les interrogations les plus fécondes. La genèse névrotique, œdipienne du surmoi est suffisamment connue pour que l’on se contente de la rappeler en quelques mots : sous la menace de l’angoisse de castration, le moi de l’enfant (tout au moins du garçon) se détourne de l’investissement d’objet incestueux. L’autorité paternelle introjectée forme le noyau du surmoi, « lequel emprunte au père sa sévérité » et perpétue son interdit. D’une telle genèse, l’angoisse de castration est le véritable moteur et l’énoncé conséquent en porte la trace : « Si tu désires, tu seras châtré. » En même temps que l’angoisse de castration est absente de Malaise, Freud est conduit à une conception du surmoi (combinant impératif catégorique et exigence pulsionnelle) sensiblement distincte de la précédente. À quelle autre source que l’angoisse de castration l’instance critique ainsi repensée peut-elle bien puiser la violence qui la constitue ? À cette question il existe une réponse kleinienne, comme est kleinienne la théorie du surmoi dont Freud se rapproche. Lorsque celui-ci écrit que la sévérité du surmoi représente moins celle de l’objet que celle de l’agression dirigée contre lui — une agression alors retournée vers l’intérieur, contre le moi —, il épouse autant que possible le point de vue de l’« auteur anglais ». Or, il est remarquable que cette réponse toute trouvée (mais fondée sur le postulat d’une agressivité primitivement orientée vers le dehors, projective), si Freud un instant semble la faire sienne, n’est pas celle à laquelle il se tient. La voie qu’il préfère suivre maintient, d’une certaine façon, l’armature de la première conception (œdipienne) : à travers la référence à une « influence extérieure » (à la différence de l’endogenèse, de l’innéisme kleiniens) et dans le rapport maintenu entre le surmoi et l’angoisse. Mais au regard de cette première théorie, tout se trouve décalé, vers l’amont. L’enfant de ce surmoi nouvelle manière n’est plus l’enfant oedipien (ni seulement le garçon) mais celui de  l’Hilflosigkeit, du désaide ; celui-là même que les premières pages de Malaise évoquent. L’« influence extérieure » (que reflète le surmoi) n’est plus celle du père qui dit « non » et menace de castration mais celle plus archaïque de « l’autre surpuissant », « l’autorité inattaquable », « les parents » plutôt que le père seul. L’angoisse n’est plus de castration, mais devant la perte d’amour de la part de l’objet. Le sentiment de culpabilité, « variété topique de l’angoisse », ne demande qu’à suivre : on est alors coupable de l’amour perdu, coupable de ne pas être aimé. La névrose de contrainte est l’horizon du surmoi première manière, la mélancolie (mais aussi l’hystérie et son noyau de passivité pulsionnelle) se profile en toile de fond du second. Cette nouvelle genèse du surmoi n’annule pas la précédente — d’une certaine façon elle l’englobe, tant il est vrai que la détresse devant la perte d’amour est intensément revécue dans la situation œdipienne, avant de se « qualifier » en angoisse de castration. Inévitablement, cependant, elle la secondarise. Sans doute est-on loin d’avoir épuisé les possibilités théorico-cliniques offertes par ces remaniements tardifs auxquels Freud se livre. Faut-il dire  « tardifs » ? Avec Freud, les cheminements conceptuels multiplient volontiers les aller-retour, suivent rarement une progression linéaire. Il n’est guère de piste par lui tardivement empruntée qui n’ait été au moins entr’apercue dans le temps de naissance de la psychanalyse. C’est en 1895, dans l’Esquisse d’une psychologie scientifique, que Freud écrivait cette phrase restée longtemps sans suite : « Die anfängliche Hilflosigkeit des Menschen ist die Urquelle aller moralischen Motive. » (Le désaide initial de l’être humain est la source originaire de tous les motifs moraux). 
Jacques André
© Puf

Auteur de nombreux ouvrages, dont récemment
Les 100 mots de la psychanalyse  (Collection “Que sais-je ?” PUF, 2009)
Traduction de P. Cotet, R. Lainé, J. Stute-Cadiot. Directeur scientifique : Jean Laplanche. 
Directeurs de la publication : André Bourguignon, Pierre Cotet. 
Comité éditorial : Janine Altounian, Alain Rauzy, François Robert
  

Nathalie Roussel est une actrice française.  De tous les films qu’elle a tournés, Nathalie Roussel restera gravée dans les mémoires des spectateurs pour son rôle d’Augustine, la mère de famille idéale de La Gloire de mon père et du Château de ma mère, tous deux réalisés en 1990 par Yves Robert, d’après l’œuvre de Marcel Pagnol. Parmi les nombreux longs-métrages mémorables dans  lesquels l’actrice s’est illustrée, on retiendra particulièrement Mayrig (1992) et 588, rue Paradis (1993) d’Henri Verneuil, également interprété par Omar Sharif, Claudia Cardinale et Richard Berry, ainsi que Les violons du bal (1974), Parlez-moi d’amour (1975) et Guy De Maupassant (1982) de Michel Drach. Puis suivront Section spéciale (1975) de Costa-Gavras, Simple mortel (1991) de Pierre Jolivet, ainsi que les téléfilms L’Affaire Seznec (1993) d’Yves Boisset, d’après l’une des plus grandes affaires judiciaires françaises, Mon père avait raison (1997) de Roger Vadim d’après Sacha Guitry et Le Grand Batre (1997) puis Rêve d’Afrique (2004) de Laurent Carcélès.  Le public a également pu la voir plus récemment aux côtés de Béatrice Dalle et Alysson Paradis dans À l’intérieur, un thriller d’Alexandre Bustillo et de Julien Maury. Au théâtre, elle interprète Victoria dans Le 6e Ciel (1998) avec Annie Girardot, Les Monologues du Vagin (2001) de Eve Ensler qu’elle est une des rares comédiennes à avoir joué en solo, l’épouse de Michel Piccoli dans La Jalousie (2002) de Sacha Guitry, sans oublier le truculent personnage gorgé de soleil de Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port (2004) de Serge Valletti. En 2008, elle incarne Mme de la Pommeraye et l’aubergiste dans Jacques et son maître de Milan Kundera, d’après l’œuvre de Diderot. La pièce a été saluée unanimement par la critique. 

Ecouter le malaise dans la culture sigmund freud lu par nathalie roussel Texte intégral (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 On ne peut se défendre de l'impression que les humains mesurent… - Nathalie Roussel06'09
02 Poursuivons la réflexion: ce sentiment du moi de l'adulte… - Nathalie Roussel05'07
03 Nous touchons ici au problème plus général de la conservation… - Nathalie Roussel05'53
04 Nous cédons à cette objection et renoncant à un effet de contraste… - Nathalie Roussel04'52
05 Dans mon écrit L'avenir d'une illusion il s'agissait bien moins des sources… - Nathalie Roussel04'57
06 Nous nous tournons de ce fait vers la question moins exigeante… - Nathalie Roussel09'09
07 Une autre technique de défense contre la souffrance… - Nathalie Roussel02'59
08 Il y a plus d'énergie et de radicalité dans un autre procédé… - Nathalie Roussel05'53
09 Malgré cette incomplétude, je risquerai des maintenant quelques remarques… - Nathalie Roussel04'33
CD 2
01 Notre investigation sur le bonheur ne nous a pas jusqu'ici… - Nathalie Roussel04'52
02 Il s'y ajoute encore un facteur de désillusion… - Nathalie Roussel06'22
03 Le début est aisé: nous reconnaissons comme culturelles… - Nathalie Roussel04'03
04 Nous reconnaissons donc le niveau de culture d'un pays… - Nathalie Roussel04'16
05 Beauté, propreté et ordre occupent manifestement une position… - Nathalie Roussel05'31
06 La liberté individuelle n'est pas un bien de culture… - Nathalie Roussel06'11
07 Cette tâche semble énorme, on est en droit d'avouer son découragement… - Nathalie Roussel04'28
08 A une faible minorité d'entre eux, il est accordé, de part leur constitution... - Nathalie Roussel05'03
09 En outre les femmes entrent bientôt en opposition… - Nathalie Roussel05'48
10 Le travail psychanalytique nous a enseigné que ce sont précisément… - Nathalie Roussel05'56
11 En y regardant de plus près, je trouve encore plus de difficultés… - Nathalie Roussel04'54
12 L'existence de ce penchant à l'agression que nous pouvons ressentir… - Nathalie Roussel04'59
13 Il n'est manifestement pas facile aux hommes de renoncer… - Nathalie Roussel05'38
CD 3
01 Dans aucun travail, je n'ai eu aussi fortement que cette fois-ci... - Nathalie Roussel02'56
02 Tout analyste accordera qu'aujourd'hui encore… - Nathalie Roussel04'26
03 L'hypothèse de la pulsion de mort ou de destruction… - Nathalie Roussel04'31
04 Pour tout ce qui va suivre, j'adopterai donc le point de vue… - Nathalie Roussel02'08
05 Pourquoi ces êtres qui nous sont apparentés, les animaux… - Nathalie Roussel05'29
06 On appelle cet état mauvaise conscience, mais à vrai dire… - Nathalie Roussel05'41
07 Nous connaissons donc deux origines au sentiment de culpabilité… - Nathalie Roussel04'47
08 A vrai dire la contradiction de cette thèse avec la génèse… - Nathalie Roussel07'42
09 Mais si le sentiment de culpabilité humain remonte à la mise à mort… - Nathalie Roussel03'56
10 Parvenu au terme d'un tel chemin, l'auteur ne peut que prier ses lecteurs… - Nathalie Roussel04'39
11 Il ne sera pas très important, même si cela peut bien ne pas être superflu… - Nathalie Roussel05'45
12 J'estime que c'est ici le lieu de soutenir sérieusement une conception… - Nathalie Roussel07'15
13 De même que la planète continue de tourner autour de son corps central… - Nathalie Roussel04'18
14 Le sur-moi-de-la-culture a produit ses idéaux et élevé ses exigences… - Nathalie Roussel04'09
15 Le mode de considération qui s'attache à etudier le rôle s'un sur-moi… - Nathalie Roussel05'12

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« Le malaise dans la culture » par Magazine Lire

« Parution du Malaise dans la culture (ou dans la civilisation). Une sombre méditation sur l’impossible bonheur durable de l’homme dans la société, surtout quand sonne le glas d’un progrès technique inapte à rendre heureux. La souffrance menace de trois côtés : la décrépitude physique, un monde extérieur menaçant et les relations avec les autres hommes. L’homme paraît  piégé dans sa condition, entre le yoga et les stupéfiants. Même l’amour le rend vulnérable et dépendant, sauf à aimer son prochain comme soi-même. Mais qu’est-ce donc que la culture ? Tout ce qui arrache à la nature : « Beauté, propreté et ordre prennent manifestement une place particulière parmi les exigences culturelles », écrit Freud. C’est, à l’étage supérieur, les grands systèmes de représentation, art ou religion, mais aussi la famille et l’Etat et le droit. Alors à quoi se reconnaît la marque de la culture ? Elle impose à la sexualité et au penchant à l’agression de chacun de lourds sacrifices. C’est pour l’instauration du surmoi qu’opère le travail de la culture, dans l’instauration d’une surveillance psychique constante : «  Un grand changement intervient seulement lorsque l’autorité est intériorisée par le fait qu’un surmoi est érigé », déclare Freud. Au-delà de tout hédonisme, Freud fait du renoncement pulsionnel et de l’indispensable sentiment de culpabilité la pierre angulaire de toute vie en société. »
Par Alain Rubens — MAGAZINE LIRE




« Goûter une analyse des relations de l’homme à la culture » par L’Alsace

 « « Il n’est pas possible de fumer et de jouer aux cartes toute la journée. J’écris et le temps passe ainsi très agréablement… » En 1929, Sigmund Freud s’adresse à Lou Adrea Salomé et évoque son livre Le malaise dans la culture qui traite « la culture, du sentiment de culpabilité, du bonheur et des autres choses élevées du même genre… ». La comédienne Nathalie Roussel s’est emparée du texte du philosophe viennois et le restitue avec un ton posé, qui permet de goûter une analyse des relations de l’homme à la culture édifiée notamment sur le renoncement pulsionnel… »
Par L’ALSACE




«Un texte intégral réédité aux PUF en 2010.» par Revue des médiathèques et des Collections Musicales

« Lu par Nathalie Roussel. Un texte intégral réédité aux PUF en 2010. Un coffret de 3 CDs et un livret de 20 pages, Freud analyse ici les relations de l’homme à la culture. Il s’attache particulièrement à montrer le renoncement pulsionnel nécessaire à l’édification de cette relation, l’opposition entre la culture et la sexualité. Et bien sûr, se donne une nouvelle occasion d’étudier le surmoi. Plutôt intéressant et assez contemporain, au moment où la multiplication des supports culturels ainsi que la dématérialisations de ces mêmes supports rend la culture plus intangible et plus insaisissable que jamais. »
Par Lucas Falchero — REVUE DES MEDIATHEQUE ET DES COLECTIONS MUSICALES




« Une méthode pour lire le moi mais aussi la culture » Par Histoire

«  Freud voit dans la psychanalyse une méthode pour lire le moi mais aussi la culture. Après avoir consacré ses premiers écrits à fonder la méthode psychanalytique, il publie des essais où il s’emploie à interpréter œuvres et créations au moyen des concepts de la psychanalyse (Le Délire et les rêves dans la Gradiva de Jensen, 1907). L’ambition grandit : après ces essais monographiques sur œuvres et auteurs (Léonard de Vinci, Michel-Ange…), Freud propose une théorie générale du procès de civilisation. La série est inaugurée par Totem et Tabou en 1913, mais elle va être infléchies avec la Grande Guerre durant laquelle Freud perd sa patrie, l’Autriche-Hongrie. Dans ses Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort (1915), il jette un regard désabusé et pessimiste sur une humanité qu’il sent travaillée par autre chose que la libido, cette pulsion de vie dont il avait fait le pilier de la psyché. La pulsion de mort est définie dans Au-delà du principe de plaisir (1920) : tout vivant tend vers le repos de l’inorganique en cherchant la mort. Dans Das Unbehagen in der Kultur, traduit pour la première fois en français en 1934 sous le titre Malaise dans la civilisation, mais que l’on préfère titrer aujourd’hui par le Malaise dans la culture, peut être à tord, car Freud vise le processus de civilisation et pas seulement l’état de culture, il ressaisit ces catégories pour proposer une intelligence globale des phénomènes humains fondamentaux : l’art, la religion, l’amour, la guerre. Freud explique la rémanence de la violence par la contradiction nécessaire qui existe entre les pulsions du « ça » et l’impératif de renoncer à leur satisfaction, imposé par le « surmoi ». Le procès de civilisation, fondé sur la maîtrise de la pulsion, engendre frustration et ressentiment. La civilisation n’est pas un fait acquis, mais une conquête renouvelée de la culture sur la nature »
Par Johann Chapoutot — HISTOIRE




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