LES PENSEES DE PASCAL

PASCAL

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Livret : LIVRET 16 PAGES
Nombre de CDs : 3


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FA8061

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Les Pensées, apologie d’une religion chrétienne repensée au XVIIe siècle à Port-Royal, est l’œuvre ultime de Pascal.
Elles se proposent de convaincre le libertin comme le croyant d’entrer plus avant dans le mystère de Jésus. A cette fin, sont mises en œuvres plusieurs stratégies rhétoriques qui sont comme autant de moyens de toucher les hommes dans leur diversité : à l’homme qui se divertit on fait sentir le non-sens de son existence (ordre de la chair), au savant et au libertin les faiblesses de leur raison (ordre de l’esprit), au chrétien la présence de Jésus-Christ (ordre du cœur).
L’ordre de la chair comprend les fragments les plus connus – ceux sur l’imagination, la coutume, la justice, le divertissement, la vanité du moi. L’ordre de l’esprit introduit l’argument mathématique du pari. L’ordre du cœur s’appuie sur une lecture des Écritures. Michel Duchaussoy prend le parti non pas de convertir, mais d’amener à “peser” les Pensées. Sa lecture est réflexive : “j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre”.
Alexandre Wong

Accompagné d'une composition sonore de Nicolas Bacri Si un “livre sonore” semble incontournable, il s’agit bien de ces pensées de Pascal. Ce texte essentiel mais délicat et mystérieux, constitué d’éléments épars jamais réunis par l’auteur, apparaît d’un commerce redoutable. La voix de Michel Duchaussoy, à la fois incarnée et respectueuse des profondeurs de l’œuvre, en facilite la découverte. Le sens transmis… l’auditeur peut s’attacher à l’esprit.
Claude Colombini Frémeaux & Olivier Cohen

Direction artistique : Olivier Cohen
Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS

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LES PENSÉES DE PASCAL

LES PENSÉES DE PASCAL
lu par MICHEL DUCHAUSSOY 

Mis en musique par Nicolas Bacri 








Introduction aux Pensées de Pascal  
Le manuscrit
Les Pensées n’existent pas : on les imagine plus qu’on ne les voit. Car que représentent ces bribes d’écriture “qu’on a eu toutes les peines à déchiffrer” tellement elles étaient mal écrites ? Des mises au point stylistiques, des notes préparatoires, des extraits du livre projeté ? On n’en sait trop rien. Du moins, on a eu raison de les appeler des pensées puisqu’elles ne sont en définitive que des réflexions privées. À lire ces fragments, on dirait des idées jetées sur le papier, prises de notes à la va-vite, fulgurance d’un esprit qui ferait la peinture de ses états critiques, inspirés ou désespérés. De là ressort que les Pensées ne sont pas un écrit, un discours rédigé et encore moins un livre. Sans ordre, rangées provisoirement par leur auteur, sans commencement ni fin, laissées en plan à sa mort sous la forme de feuillets, découpages de grandes feuilles, enfilés en plusieurs liasses (au total vingt-huit liasses de papiers classés et titrés, et trente-quatre séries de papiers non classés), sans que l’on sache si toute la pensée de Pascal sur la religion se trouve dans ces fragments imprimés par les gens de Port-Royal1, les Pensées telles qu’elles ont été trouvées, sont des Pensées pour moi-même d’un Marc Aurèle converti au christianisme, à mi-chemin entre le bavardage “domestique et privé” des Essais de Montaigne et la rhétorique démonstrative du Discours de la méthode de Descartes. 

Seulement privées puisqu’elles ne servent que d’aide-mémoire ; bientôt publique n’étant autre chose que la matière ramassée d’un discours à venir destiné à fonder une fois pour toutes la certitude de la religion chrétienne : “Lorsqu’il lui survenait quelques nouvelles pensées, quelques vues, quelques idées, ou même quelque tour et quelques expressions qu’il prévoyait lui pouvoir un jour servir pour son dessein, comme il n’était pas alors en état de s’y appliquer aussi fortement qu’il faisait lorsqu’il se portait bien, ni de les imprimer dans son esprit et dans sa mé­moire, il aimait mieux en mettre quelque chose par écrit pour ne le pas oublier ; et pour cela il prenait le premier morceau de papier qu’il trouvait sous sa main, sur lequel il mettait sa pensée en peu de mots, et fort souvent même seulement à demi-mot ; car il ne l’écrivait que pour lui ; et c’est pourquoi il se contentait de le faire fort légèrement, pour ne pas se fatiguer l’esprit, et d’y mettre seulement les choses qui étaient nécessaires pour le faire ressouvenir des vues et des idées qu’il avait (Préface de l’édition de Port-Royal, 1670)”.  Au moment où Pascal jette sur le papier ses pensées, il est malade. C’est sa très grande langueur et faiblesse qui le fait écrire et qui l’en empêche. À l’image de Jésus-Christ souffrant, il délivre un message inarticulé, déjà évident pour ceux qui le connaissent, parfaitement incompréhensible pour ceux qui ne l’ont pas entendu. S’il avait été en bonne santé, il n’aurait rien écrit, se fiant à une mémoire qu’il savait sûre (“Il avait toujours accoutumé de songer beaucoup aux choses et de les disposer dans son esprit avant que de les produire au-dehors, pour bien considérer et examiner avec soin celles qu’il fallait mettre les premières ou les dernières, et l’ordre qu’il leur devait donner à toutes, afin qu’elles pussent faire l’effet qu’il désirait. Et comme il avait une mémoire excellente, et qu’on peut dire même prodigieuse, en sorte qu’il a souvent assuré qu’il n’avait jamais rien oublié de ce qu’il avait une fois bien imprimé dans son esprit ; lorsqu’il s’était ainsi quelque temps appliqué à un sujet, il ne craignait pas que les pensées qui lui étaient venues lui pussent jamais échapper ; et c’est pourquoi il différait assez souvent de les écrire (ibid.)”). S’il avait été un peu moins languissant, il aurait écrit son apologie du christianisme. Il n’a fait ni l’un ni l’autre. Paradoxe du sort que de dire les choses à moitié, fragmentairement, trop grand pour laisser traîner ses idées sur des bouts de papier, trop épuisé pour s’appliquer à les exprimer selon l’ordre de ses raisons. Génial et abandonné.  Comptant sur un rétablissement qui n’est pas venu, Pascal meurt avec son ouvrage ; ou plutôt, il ne le commence jamais (“Il a dit souvent qu’il lui fallait dix ans de santé pour l’achever (ibid.)”). 

Pascal aurait sans doute trouvé ses pensées, dans leur état, impubliables. D’où le scrupule qu’on eut de les mettre sous presse, d’expliciter celles qu’on trouvait trop muettes et même d’y mettre un peu d’ordre : “L’on a pris seulement parmi ce grand nombre de pensées celles qui ont paru les plus claires et les plus achevées ; et on les donne telles qu’on les a trouvées, sans y rien ajouter ni changer, si ce n’est qu’au lieu qu’elles étaient sans suite, sans liaison, et dispersées confusément de côté et d’autre, on les a mises dans quelque sorte d’ordre (ibid.)”. Cette façon de faire prévalut jusqu’à ce que Victor Cousin donne en 1842 aux pensées “les moins claires et les moins achevées” un droit de cité. C’est ainsi que l’édition de Léon Brunschvicg (1897), établie à partir du manuscrit et des copies qui en avaient été faites, restitue l’intégralité des Pensées. Reste que Brunschvicg les thématise encore trop subjectivement, au petit bonheur la chance, choque la raison par trop de pédagogie. Vient alors Louis Lafuma : relisant la préface de 1670 écrite par Étienne Périer, neveu de Pascal, il prête attention à ce passage : “La première chose que l’on fit fut de les faire copier tels qu’ils étaient, et dans la même confusion qu’on les avait trouvés (ibid.)”, et se persuade qu’il existe un ordre authentique des papiers laissé par Pascal. C’est cette édition complétée par Jean Mesnard qui fait autorité aujourd’hui. S’offre le manuscrit tel quel. 

Les trois ordres
La présente sélection des Pensées répond au souci de l’édition de 1670 d’être parlante par elle-même. Ce sont les pensées les plus développées qui ont pour cela été choisies. Leur classement est en même temps plus simple et plus pascalien dans l’esprit que celui publié par Brunschvicg ; c’est celui en trois ordres (ordre de la chair, ordre de l’esprit, ordre du cœur) tel qu’il est envisagé par Pascal dans le fragment 694 de l’édition Lafuma : “J’aurais bien pris ce discours d’ordre comme celui-ci : pour montrer la vanité de toutes sortes de conditions, montrer la vanité des vies communes, et puis la vanité des vies philosophiques, pyrrhoniennes, stoïques”. 1/ Montrer la misère de l’homme (la vanité de la chair et de l’esprit) sans Dieu (premier et deuxième ordre) ; puis 2/ la félicité de l’homme avec Dieu (troisième ordre, ordre du cœur). Ce plan d’exposition, Pascal le dit intenable. Pourquoi ? “L’ordre n’y serait pas gardé. Je sais un peu ce que c’est, et combien peu de gens l’entendent. Nulle science humaine ne le peut garder. Saint Thomas ne l’a pas gardé. La mathématique le garde, mais elle est inutile en sa profondeur (Ibid.)”. 

Trop beau pour être vrai, un tel ordre n’est qu’une construction de l’esprit impuissante à prouver l’excellence des vies saintes au regard des vies communes et des vies philosophiques. Car il ne dépend pas de l’homme d’avoir du cœur, de se dire vrai chrétien comme on se dit notable ou savant (“Si je pouvais je donnerais la foi. Je ne puis le faire… (816)”). Ridiculiser la chair et l’esprit n’arrache pas l’homme à ses passions, ni à l’idée qu’il a de pouvoir s’en rendre maître. Prouver l’existence de Dieu par des démonstrations géométriques non plus. Il faut autre chose : une inspiration divine, une grâce. Du moins peut-on le convaincre de chercher Dieu ; c’est ce que Pascal se propose de faire dans les Pensées : “Quand il avait à conférer avec quelques athées, il ne commençait jamais par la dispute ni par établir les principes qu’il avait à dire, mais il voulait connaître auparavant s’ils cherchaient la vérité de tout leur cœur, et il agissait suivant cela avec eux, ou pour les aider à trouver la lumière qu’ils n’avaient pas, s’ils la cherchaient sincèrement, ou pour les disposer à la chercher (Vie de Monsieur Pascal par Madame Perrier, sa sœur)”. D’où la question : étant donné que tous les hommes sont “capables de la grâce qui peut les éclairer”, comment faire pour tous les convertir ? Quel est l’ordre le plus universel à donner au discours apologétique pour créer la plus grande impression sur les corps et les esprits ? Faut-il toucher ou convaincre ? “Il voulait plus travailler à toucher et à disposer le cœur, qu’à convaincre et à persuader l’esprit, parce qu’il savait que les passions et les attachements vicieux qui corrompent le cœur et la volonté sont les plus grands obstacles et les principaux empêchements que nous ayons à la foi, et que, pourvu que l’on pût lever ces obstacles, il n’était pas difficile de faire recevoir à l’esprit les lumières et les raisons qui pouvaient le convaincre (Préface de l’édition de Port-Royal, 1670)”.

L’ordre en trois ordres n’a à cet égard qu’une universalité mathématique : c’est le point de vue du deuxième ordre (celui de l’esprit) ; il contente l’esprit par la simplicité évidente de sa forme ; son défaut est de ne s’adresser qu’à l’esprit. “Inutile” parce qu’impuissant à arracher l’homme à sa concupiscence, à réformer son cœur, cet ordre, s’il ne touche pas, embrasse du moins toute l’économie des Pensées ; voilà sa force. L’homme s’y trouve représenté dans tous ses états, selon ses ordres de grandeur.  S’il fallait ainsi reconstituer l’ordre “mathématique” en trois ordres esquissé dans le fragment 694, cela donnerait : 1er ordre/ L’homme de chair s’ignore (s’imagine et se divertit) en se perdant dans les grandeurs (les affaires) du monde ; voilà pourquoi il faut le ramener à lui. 2e ordre/ L’homme ramené à son esprit veut avoir raison, être certain ; voilà pourquoi il faut le faire douter de sa grandeur (de son esprit). 3e ordre/ L’homme de cœur, parce qu’il se déprend de son esprit, connaît la grandeur de Dieu par Jésus-Christ ; voilà pourquoi il aime Dieu. 

Ces trois ordres, néanmoins, Pascal les dit sans rapport. Comme les puissances numériques, n’étant pas du même genre, ils ne sont pas additionnables entre eux (les points n’ajoutent rien aux lignes, les lignes rien aux surfaces…) : “Les saints ont leur empire, leur éclat, leur victoire, leur lustre et n’ont nul besoin des grandeurs charnelles ou spirituelles, où elles n’ont nul rapport, car elles n’y ajoutent ni ôtent. Ils sont vus de Dieu et des anges et non des corps ni des esprits curieux (308)”. Bien vivre sa vie ne conduit pas à bien penser et bien penser ne rapproche pas de Dieu. Un ordre, de fait, est irréductible à un autre : les ambitions n’y sont pas les mêmes. A-t-on déjà vu un homme rechercher le pouvoir pour être plus savant ou un philosophe rechercher la sagesse pour s’humilier devant Dieu ? À l’homme de chair, il faut parler le langage des passions : l’effrayer en lui montrant la disproportion qu’il y a entre sa finitude et l’infinité des espaces et du temps. Avec l’homme d’esprit, il faut raisonner jusqu’à remonter aux principes indémontrables qui dépendent moins de sa raison que de son cœur. À l’homme de cœur, il faut apporter des preuves de la vérité de la religion chrétienne tirées de l’Écriture pour affermir sa foi. Aussi, qui n’est pas fait de chair, d’esprit et de cœur ne peut réussir à convertir : “Il concevait l’éloquence comme un moyen de dire les choses d’une manière que tous ceux à qui l’on parle les puissent entendre sans peine et avec plaisir ; et il concevait que cet art consistait dans de certaines dispositions qui doivent se trouver entre l’esprit et le cœur de ceux à qui l’on parle, et les pensées et les expressions dont on se sert, mais que les propositions ne s’ajustent proprement ensemble que par le tour qu’on y donne. C’est pourquoi il avait fort étudié le cœur de l’homme et son esprit : il en savait tous les ressorts parfaitement bien. Quand il pensait quelque chose, il se mettait en la place de ceux qui devaient l’entendre (Vie de Monsieur Pascal par Madame Perrier, sa sœur)”. 

Pascal connaît ces trois vies : la commune, la philosophique et la chrétienne. Précocement génial, il remporte ses premières victoires dans la mathématique et la physique (Traité des coniques à seize ans, invention de la machine d’arithmétique à dix-neuf ans, expérience du vide à vingt-trois ans) : “La vérité a été le seul objet de son esprit, puisque jamais rien n’a su et n’a pu le satisfaire que sa connaissance. Ainsi, dès son enfance, il ne pouvait se résoudre qu’à ce qui lui paraissait évidemment vrai, de sorte que, quand on ne lui donnait pas de bonnes raisons, il en cherchait lui-même et quand il s’était attaché à quelque chose, il ne la quittait point, qu’il n’en eût trouvé quelqu’une qui le pût satis­faire (ibid.)”.  C’est avec de la peine qu’il se détourne de ses études pour entrer dans le monde : “Mon frère avait pour lors vingt-quatre ans ; ses incommodités avaient toujours beaucoup augmenté et elles vinrent jusqu’au point qu’il ne pouvait plus rien avaler de liquide, à moins qu’il ne fut chaud, et encore ne le pouvait-il faire que goutte à goutte. Mais comme il avait outre cela une douleur de tête comme insupportable, une chaleur d’entrailles et beaucoup d’autres maux… les médecins crurent que pour le rétablir entièrement il fallait qu’il renonçât à toute occupation d’esprit qui eût quelque suite et qu’il cherchât autant qu’il pourrait toutes les occasions de se divertir l’esprit à quelque chose qui l’appliquât et qui lui fut agréable, c’est-à-dire en un mot aux conversations ordinaires du monde ; car il n’y avait point d’autres divertissements convenables à mon frère (ibid.)”. 

C’est alors qu’il trouve ridicule de se préoccuper autant de sa santé : “La lumière de la vraie sagesse lui fit voir à découvert que le salut devait être préférable à toutes choses et que c’était raisonner faux que de s’arrêter à un bien passager de notre corps quand il s’agissait du bien éternel de notre âme. Il avait trente ans quand il résolut de quitter ces nouveaux engagements qu’il avait dans le monde ; il commença à changer de quartier et pour rompre davantage toutes ces habitudes il alla à la campagne, d’où étant de retour après une retraite considérable il témoigna si bien qu’il voulait quitter le monde que le monde enfin le quitta (ibid.)”. Depuis lors, il vit jusqu’à sa mort, à trente-neuf ans, dans l’imitation de Jésus-Christ : “Il disait souvent qu’autrefois ses incommodités le détournaient de ses études et qu’il en avait de la peine, mais qu’un chrétien trouvait son compte à tout et aux souffrances encore plus particulièrement, parce qu’on y connaissait Jésus-Christ crucifié, qui doit être toute la science d’un chrétien et l’unique gloire de sa vie… Ne me plaignez point, disait-il, la maladie est l’état naturel des Chrétiens, parce qu’on est par là comme on devrait être toujours, c’est-à-dire dans les souffrances, dans les maux, dans la privation de tous les biens et les plaisirs des sens, exempt de toutes les passions, sans ambition, sans avarice et dans l’attente continuelle de la mort (ibid.)”. 

Descartes et Montaigne
Les Pensées sont une sorte d’autobiographie : Pascal s’y donne comme il peint les hommes, charitablement, se reconnaissant en chacun d’eux, pas moins frivole, pas moins savant, pas moins chrétien. C’est à lui qu’il parle avant tout, lui qui a tout vécu. Et c’est parce qu’il n’appartient à aucune société, se trouvant hors du monde, de la communauté scientifique de son temps, d’un ordre religieux, qu’il se permet de prononcer un discours d’honnête homme, assez universel pour être vrai absolument, c’est-à-dire sans points de vue, sans partis pris, désintéressé, en un centre qui est partout et la circonférence nulle part.  Ce qui l’anime, c’est une volonté de savoir plus forte que celle de Descartes. À la recherche d’un point d’Archimède qui ne serait plus seulement certain et indubitable comme le veut Descartes, mais consolateur pour un homme qui, non content d’être “comme maître et possesseur de la nature (premier ordre)”, le serait aussi de sa science (deuxième ordre), Pascal redouble le dualisme cartésien entre le corps (la chair entendue dans son sens physique) et l’âme (l’esprit) pour le transposer entre l’âme et Dieu (le cœur) : “La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle (308)”. Si on a raison de ne pas penser que “les corps tendent en bas…, qu’ils ont des sympathies, des antipathies, toutes choses qui n’appartiennent qu’aux esprits (199)”, on a encore plus raison de ne pas vouloir prouver l’existence de Dieu. Car n’est-il pas absurde de confondre, comme le fait Descartes, l’idée de Dieu qui est dans notre esprit avec Dieu ? Dire que les esprits aiment, cela n’a pas de sens : il n’y a que Dieu qui aime et qui se fait aimer, comme il n’y a que l’esprit qui a conscience et qui se connaisse. Dieu est seul, l’esprit l’est, la nature aussi. Les ordres ne se rencontrent pas. 

La méthode de Descartes est celle de Pascal ; ou plutôt, Descartes s’arrête là où Pascal achève son entreprise. La certitude cartésienne : “Je suis une chose qui pense, le contraire d’un corps qui n’a pas conscience” est complétée par la certitude pascalienne : “Je suis une chose qui aime, le contraire d’un esprit enfermé dans son solipsisme”. La pierre ne voit pas qu’elle est regardée ; de même, l’homme ne sait pas qu’il est aimé. Si Descartes n’a pas vu l’ordre du cœur, il l’a du moins préparé en distinguant, à l’intérieur de l’esprit, l’entendement (la puissance d’intuition) de la volonté : “La foi… qui porte toujours sur des choses obscures, n’est pas un acte de l’intelligence, mais un acte de la volonté (Règles pour la direction de l’esprit III)”. Il y a une disproportion entre la finitude d’un entendement dont l’essence n’est pas de tout connaître et l’infinitude d’une volonté qui ne peut s’empêcher de se porter “sur des choses obscures”, de transgresser l’évidence présente des idées claires et distinctes qui bornent l’entendement, et par là d’errer. Derrière Descartes, il y a Montaigne. L’ordre de l’esprit illustré par un cogito fondement de la science, est lui-même annoncé par l’ordre de la chair dans la personne de Montaigne, moi qui existe plus qu’il ne pense : “Ce que Montaigne a de bon ne peut être acquis que difficilement. Ce qu’il a de mauvais, j’entends hors les mœurs, pût être corrigé en un moment si on l’eût averti qu’il faisait trop d’histoires et qu’il parlait trop de soi (649)”. Pascal reproche à Montaigne ce qu’il reproche à Descartes : de partir de soi et d’y rester : “il voulait qu’un honnête homme évitât de se nommer et même de se servir des mots de je ou de moi. Ce qu’il avait coutume de dire sur ce sujet est que «la piété chrétienne anéantit le moi humain» (Vie de Monsieur Pascal par Madame Perrier, sa sœur)”. Cela ne l’empêche pas d’être montanien après avoir été cartésien. Ce qu’il emprunte à Montaigne, c’est moins une méthode qu’une conduite qui se résume tout entière dans cette opinion : “Il se faut prester à autrui et ne se donner qu’à soy-même (Essais III 10)” que Pascal traduit ainsi : “Il faut avoir une pensée de derrière, et juger de tout par là, en parlant cependant comme le peuple (91)”. L’ordre de la chair se construit autour d’un dialogue de Pascal avec les Essais dont il tire des pensées, des tournures de style, ce qu’il se défend de faire : “Ce n’est pas dans Montaigne, mais dans moi, que je trouve tout ce que j’y vois (689)”. Les thèmes du premier ordre (l’imagination, la coutume, la justice, l’amour propre jusqu’à la vanité) sont des reprises.

Ce qui les rend pascaliens, c’est moins une façon de les traiter que la distance que Pascal prend pour les voir. Ainsi, s’il convient avec Montaigne que la coutume est la “reine du monde” (Essai I 23), prenant le point de vue du cœur, il y voit un défaut de nature, la perte de l’origine édénique. “L’arrière-boutique” qu’il se réserve n’est pas la retraite du maire de Bordeaux, c’est une solitude universelle qui ne se réduit pas à sa personne : “La vraie et unique vertu est donc de se haïr… il faut aimer un être qui soit en nous, et qui ne soit pas nous… Or il n’y a que l’être universel qui soit tel. Le royaume de Dieu est en nous (564)”. Si ce que Montaigne a de mauvais peut se corriger en un moment, c’est qu’il se hait assez pour se reconnaître vain (“Si les autres se regardoient attentivement, comme je fay, ils se trouveroient, comme je fay, pleins d’inanité et de fadaise (Essais III 9)”) ; il ne lui manque que de voir sa grandeur. Cette grandeur, c’est celle de l’homme, sa raison ; c’est surtout celle de Jésus-Christ. Montaigne occupe le premier ordre, Descartes le second, Pascal le troi­sième. Chacun à sa manière pose un centre : singulier (Michel de Montaigne), subjectif (le cogito), universel “Jésus-Christ est l’objet de tout, et le centre où tout tend (449)”. 
Alexandre Wong 
©?FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2005 

Pour approfondir : 
De Pierre Magnard (que je remercie de m’avoir aidé à établir la sélection des Pensées), deux livres introductifs et un ouvrage de référence : Pascal ou l’art de la digression, Ellipses, 1997 ; Le Vocabulaire de Pascal, Ellipses, 2001 ; Pascal, la clé du chiffre, Éditions Universitaire, 1991. 
Sur la question des trois ordres : on peut lire le numéro de mars 1997 de la Revue de métaphysique et de morale ; la contribution de Jean Mesnard dans Thématique des Pensées, Vrin, 1988 ; ainsi que le dernier chapitre de Sur le  prisme métaphysique de Descartes de Jean-Luc Marion, PUF, 1986.  

1 C’est en 1655, trois ans après l’entrée d’une de ses sœurs, Jacqueline, à l’abbaye de Port-Royal, que Pascal y fait une retraite. En 1658, dans ce centre du jansénisme, il fait à ses amis un exposé sur le dessein et le plan de son Apologie de la Religion chrétienne, ce qu’on appelle maintenant les Pensées. C’est en s’appuyant sur cet exposé que les gens de Port-Royal imagineront l’ordre à donner aux fragments retrouvés après sa mort en 1662.   

CD1
LES TROIS ORDRES
01. La distance infinie des corps aux esprits    3’07
02. Il est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse    3’33 

I - CHAIR
1- L’homme qui s’ignore
a) L’imagination

03. Imagination    3’31
04. Le plus grand philosophe du monde    3’33
05. Voilà à peu près les effets concrets de cette faculté…    2’31
06. L’homme n’est qu’un sujet plein d’erreur naturelle…    3’03
b) La coutume
07. Les pères craignent que l’amour naturel des enfants…    3’19
c) La justice   
08. Pourquoi me tuez-vous à votre avantage ?    3’21
09. Il y a sans doute des lois naturelles…    2’40
10. Montaigne a tort. La coutume…    3’59
11. Justice, force.    2’08
d) Le divertissement   
12. Nonobstant ces misères, il veut être heureux       2’06
13. Quelque condtion qu’on se figure…    2’28
14. Dire à un homme qu’il soit en repos…    4’22
15. Tel homme passe sa vie sans ennui…    3’22
e) L’amour-propre   
16. La nature de l’amour propre et de ce moi humain…       2’51
17. Voilà les sentiments qui naîtraient d’un cœur…    1’30
18. Il y a différents degrés dans cette aversion...    3’05    

CD2
2- L’homme qui se connaît
f) Vanité du moi    
01. Disproportion de l’homme    3’01
02. Mais, pour lui présenter un autre prodige…    3’34
03. Quand on est instruit, on comprend…    3’34
04. Les premiers principes ont trop d’évidence pour nous…    2’12
05. Dans la vue de ces infinis, tous les finis sont égaux…    1’57
06. Et ce qui achève notre impuissance…    3’40
g) Condamnation de la négligence
07. Nous sommes plaisants de nous reposer sur la société…    3’18
08. Qu’ils apprennent au moins quelle est la religion…    2’18
09. L’immortalité de l’homme est une chose qui nous importe…       4’00
10. Je ne sais qui m’a mis au monde...    4’02
11. Il faut qu’il y ait un étrange renversement…    1’55
12. S’ils y pensaient sérieusement, ils verraient…    3’48 

II - ESPRIT
1- L’homme certain   
a) La raison
13. Je puis bien concevoir un homme sans mains…    2’33
b) L’esprit de finesse
14. A mesure qu’on a plus d’esprit…    2’03
15. Ce qui fait donc que les esprits fins…    2’37
16. Géométrie. Finesse / Style    1’37
c) La gloire
17. Nous sommes si présomptueux…    1’04
2- L’homme incertain
d) Pyrrhonisme comme préparation à la religion
18. Le pyrrhonisme sert à la religion    2’26
19. D’où vient qu’un boiteux ne nous irrite pas…    0’35
20. Les principales forces du pyrrhoniens…    2’02
21. Voilà les principales forces de part et d’autre...    2’38
22. La nature confond les pyrrhoniens…    2’50
23. Soumission    0’37
24. J’écrirai ici mes pensées sans ordre…    0’50   

CD3
e) Le pari
01. Que l’homme sans la foi    1’24
02. Et cependant depuis un si grand nombre d’années    3’24
03. Les preuves de Dieu métaphysiques    1’31
04. Infini rien    2’41
05. Parlons maintenant selon les lumières naturelles.    3’24
06. Il faudrait jouer…    1’49
07. Cela n’est pas ainsi. Tout joueur hasarde avec certitude…    4’06
08. La coutume est notre nature    2’,37
09. Le Dieu des chrétiens ne consiste pas en un Dieu…    2’37 

III - CŒUR
1- Connaissance de Jésus
Mémorial

10. L’an de grâce 1654.    2’44
a) Les figures
11. Pour les partis vous devez vous mettre en peine de…    4’20
12. Je vois la religion chrétienne    3’21
13. Les Juifs avaient veilli dans ces pensées terrestres.    2’05
14. Tout ce qui ne va point à la charité est figure.    2’56
15. Jésus Christ dit que les écrits témoignent de lui…    2’50
b) Les miracles
16. Jésus Christ dans une obscurité…    2’47
c) Jésus Christ
17. De tout ce qui est sur la terre    2’01
2- Amour de Dieu
d) L’inspiration

18. Nous connaissons la vérité non seulement par la raison    1’25
19. Le cœur sent qu’il y a trois dimensions…    2’40
e) La charité
20. La volonté propre ne satisfera jamais…    1’53
21. Intermède - Flûte    1’37
Mystères de Jésus
22. Jésus souffre dans sa passion    2’42
23. Jésus a prié les hommes et n’en a pas été     4’05
24. La fausse justice de Pilate…    2’28   

Nicolas Bacri

Né à Paris en 1961, est l’auteur de plus de soixante-dix œuvres dont six Symphonies, cinq Quatuors à cordes, quatre cantates, trois Trios avec piano et quinze œuvres concertantes.  N. Bacri commence par l’apprentissage du piano à l’âge de sept ans avant d’étudier la composition avec Françoise Gangloff-Levéchin et Christian Manen, Louis Saguer, puis au CNSM de Paris avec Claude Ballif, Marius Constant, Serge Nigg et Michel Philippot. Après un premier prix de composition en 1983, il devient, pour deux ans, pensionnaire à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis). Après une activité de quelques années à Radio-France en tant que délégué artistique du service de la musique de chambre, il se consacre à plein temps à la composition et devient pensionnaire de la Casa de Vélasquez. De 1993 à 1999, il remporte de nombreux prix parmi lesquels le Grand Prix de l’Académie du disque 1993 et plusieurs prix de la SACEM et de l’Académie des Beaux-Arts pour l’ensemble de son œuvre. Depuis la création de son premier Concerto pour violon Perspectives du XXe siècle (Radio-France 1985), Nicolas Bacri a reçu des commandes régulières de la radio, du ministère dela Culture ou de nombreux orchestres, solistes et festivals (tels sa récente Sixième Symphonie écrite à la demande de Radio-France pour l’Orchestre National de France et Leonard Slatkin), ou son Divertimento pour piano,  violon et orchestre, commande de la Ville de Paris, créé par l’Orchestre Philharmonique de Radio-France. 

Michel DUCHAUSSOY
Le parcours de Michel Duchaussoy commence de façon fort sérieuse… Le jeune homme fait des études de lettres à Lille, “monte” à Paris pour y faire le Conservatoire, et – excusez du peu – intègre la Comédie Française ! Rien ne le prédisposait donc de faire la brillante – et si riche – carrière cinématographique qu’on lui connaît. Si ce n’est, peut-être, le hasard des rencontres, qui lui permettent d’exprimer ses talents et de s’attirer les sympathies de Claude Chabrol. Après un premier film avec Alain Jessua en 1967, Jeu de massacre, Michel Duchaussoy va en effet initier une relation privilégiée avec Claude Chabrol. Entre 1968 et 1971, le grand réalisateur lui propose pas moins de quatre rôles. Il tourne ainsi dans La Femme infidèle, Que la bête meure, La Rupture et Juste avant la nuit. Durant les années suivantes, Michel Duchaussoy continue de tourner avec les plus grands : Chabrol, Louis Malle, Bertrand Tavernier, Alain Corneau, Costa-Gavras, etc. S’il se fait spécialiste du second rôle au cinéma, c’est pour mieux pouvoir se consacrer au théâtre, où il continue d’exercer ses talents. Dernièrement on l’a vu retrouver un premier rôle au cinéma dans Lise et André de Denis Dercourt (2000), puis dans Les Portes de la gloire de Christian Merret-Palmair. Enfin, l’année s’achève sur une importante production de l’acteur qui a tourné dans Confidences trop intimes de Patrice Leconte et Le Cadeau d’Elena de Frédéric Graziani.   

Ecouter LES PENSÉES DE PASCAL lu par MICHEL DUCHAUSSOY (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
01 LA DISTANCE INFINIE - DUCHAUSSOY 03'07
02 IL EST BIEN RIDICULE DE SE SCANDALISER - DUCHAUSSOY 03'33
03 IMAGINATION - DUCHAUSSOY 03'31
04 LE PLUS GRAND PHILOSOPHE DU MONDE - DUCHAUSSOY 03'33
05 VOILA A PEU PRES LES EFFETS CONCRETS - DUCHAUSSOY 02'31
06 L HOMME N EST QU UN SUJET PLEIN D ERREUR - DUCHAUSSOY 03'03
07 LES PERES CRAIGNENT QUE L AMOUR NATUREL DES ENFANT - DUCHAUSSOY 03'19
08 POURQUOI ME TUEZ VOUS A VOTRE AVANTAGE - DUCHAUSSOY 03'21
09 IL Y A SANS DOUTE DES LOIS NATURELLES - DUCHAUSSOY 02'40
10 MONTAIGNE A TORD LA COUTUME - DUCHAUSSOY 03'59
11 JUSTICE FORCE - DUCHAUSSOY 02'08
12 NONOBSTANT CES MISERES IL VEUT ETRE HEUREUX - DUCHAUSSOY 02'06
13 QUELQUE CONDITION QU ON SE FIGURE - DUCHAUSSOY 02'28
14 DIRE A UN HOMME QU IL SOIT EN REPOS - DUCHAUSSOY 04'22
15 TEL HOMME PASSE SA VIE SANS ENNUI - DUCHAUSSOY 03'22
16 LA NATURE DE L AMOUR PROPRE - DUCHAUSSOY 02'51
17 VOILA LES SENTIMENTS QUI NAITRAIENT D UN COEUR - DUCHAUSSOY 01'30
18 IL Y A DIFFERENTS DEGRES DANS CETTE AVERSION - DUCHAUSSOY 03'05
19 DISPROPORTION DE L HOMME - DUCHAUSSOY 03'01
CD 2
01 MAIS POUR LUI PRESENTER UN AUTRE PRODIGE - DUCHAUSSOY 03'01
02 QUAND ON EST INSTRUIT ON COMPPREND - DUCHAUSSOY 03'34
03 LES PREMIERS PRINCIPES ONT TROP D EVIDENCE POUR NO - DUCHAUSSOY 02'12
04 DANS LA RUE DE CES INFINIS TOUS LES INFINIS SONT E - DUCHAUSSOY 01'57
05 ET CE QUI ACHEVE NOTRE IMPUISSANCE - DUCHAUSSOY 03'40
06 NOUS SOMMES PLAISANTS DE NOUS REPOSER SUR LA SOCIE - DUCHAUSSOY 03'18
07 QU ILS APPRENNENT AU MOINS QUELLE EST LA RELIGION - DUCHAUSSOY 02'18
08 L IMMORTALITE DE L HOMME EST UNE CHOSE QUI NOUS - DUCHAUSSOY 04'00
09 JE NE SAIS QUI A MIS AU MONDE - DUCHAUSSOY 04'02
10 IL FAUT QU IL AIT UN ETRANGE RENVERSEMENT - DUCHAUSSOY 01'55
11 S ILS Y PENSAIENT SERIEUSEMENT ILS VERRAIENT - DUCHAUSSOY 03'48
12 JE PUIS BIEN CONCEVOIR UN HOMME SANS MAINS - DUCHAUSSOY 02'33
13 A MESURE QU ON A PLUS D ESPRIT - DUCHAUSSOY 02'03
14 CE QUI FAIT DONC QUE LES ESPRITS FINS - DUCHAUSSOY 02'37
15 GEOMETRIE FINESSE STYLE - DUCHAUSSOY 01'37
16 NOUS SOMMES SI PRESOMPTUEUX - DUCHAUSSOY 01'04
17 LE PYRRHONISME SERT A LA RELIGION - DUCHAUSSOY 02'26
18 D OU VIENT QU UN BOITEUX NE NOUS IRRITE PAS - DUCHAUSSOY 00'35
19 LES PRINCIPALES FORCES DU PYRRHONIEN - DUCHAUSSOY 02'02
20 VOILA LES PRINCIPALES FORCES DE PART ET D AUTRE - DUCHAUSSOY 02'38
21 LA NATURE CONFOND LES PYRRHONIENS - DUCHAUSSOY 02'50
22 SOUMISSION - DUCHAUSSOY 00'37
23 J ECRIRAI ICI MES PENSEES SANS ORDRE - DUCHAUSSOY 00'50
24 QUE L HOMME SANS LA FOI - DUCHAUSSOY 01'24
25 ET CEPENDANT DEPUIS UN SI GRAND NOMBRE D ANNEES - DUCHAUSSOY 03'24
CD 3
01 LES PREUVES DE DIEU METAPHYSIQUES - DUCHAUSSOY 01'31
02 INFINI RIEN - DUCHAUSSOY 02'41
03 PARLONS MAINTENANT SELON LES LUMIERES NATURELLES - DUCHAUSSOY 03'24
04 IL FAUDRAIT JOUER - DUCHAUSSOY 01'49
05 CELA N EST PAS AINSI TOUT JOUEUR HASARDE - DUCHAUSSOY 04'06
06 LA COUTUME EST NOTRE NATURE - DUCHAUSSOY 02'37
07 LE DIEU DES CHRETIENS NE CONSISTE PAS EN UN DIEU - DUCHAUSSOY 02'37
08 L AN DE GRACE 1654 - DUCHAUSSOY 02'44
09 POUR LES PARTIS VOUS DEVEZ VOUS METTRE EN PEINE DE - DUCHAUSSOY 04'20
10 JE VOIS LA RELIGION CHRETIENNE - DUCHAUSSOY 03'21
11 LES JUIFS AVAIENT VIEILLI DANS CES PENSEES - DUCHAUSSOY 02'05
12 TOUT CE QUI NE VA POINT A LA CHARITE EST FIGURE - DUCHAUSSOY 02'56
13 JESUS CHRIST DIT QUE LES ECRITS TEMOIGNENT DE LUI - DUCHAUSSOY 02'50
14 JESUS CHRIST DANS UNE OBSCURITE - DUCHAUSSOY 02'47
15 DE TOUT CE QUI EST SUR LA TERRE - DUCHAUSSOY 02'01
16 NOUS CONNAISONS LA VERITE NON SEULEMENT PAR LA RAI - DUCHAUSSOY 01'25
17 LE COEUR SENT QU IL Y A TROIS DIMENSIONS - DUCHAUSSOY 02'40
18 LA VOLONTE PROPRE NE SATISFERA JAMAIS - DUCHAUSSOY 01'53
19 INTERMEDE FLUTE - DUCHAUSSOY 01'37
20 JESUS SOUFFRE DANS SA PASSION - DUCHAUSSOY 02'42
21 JESUS A PRIE LES HOMMES ET N EN A PAS ETE - DUCHAUSSOY 04'05
22 LA FAUSSE JUSTICE DE PILATE - DUCHAUSSOY 02'28
« L’œuvre majeure du moraliste janséniste » par Echo Découverte

« Plus les pensées de Blaise Pascal (1623-1662) prennent de l’âge plus elles manifestent au grand jour leur fraîcheur, leur puissance et leur vérité prophétique. Depuis leur découverte après la mort du philosophe français le 19 août 1662, elles n’ont cessé d’être lues, méditées et traduites. Aujourd’hui, Les Pensées de Pascal lues par Michel Duchaussoy (coffret 3 CD, Frémeaux & Associés) augmentent encore leur rayonnement. Pourquoi une telle diffusion ? Simplement parce que l’œuvre majeure du moraliste janséniste figure au premier rang de celles qui mettent les hommes face à eux-mêmes, révélant les tréfonds de l’âme humaine dans ce qu’elle a de meilleur et de pire avec une lucidité implacable, un génie et une force de conviction indubitable. Le but de Pascal est de montrer que dans un monde où la science est le seul critère de vérité, « hors de Jésus-Christ nous ne savons ce que c’est ni que notre vie, ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous-mêmes ». Jean BOREL – ECHO DECOUVERTE




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