NIETZSCHE : UN COURS PARTICULIER DE LUC FERRY

L'OEUVRE PHILOSOPHIQUE EXPLIQUEE

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Il est impossible d’entrer vraiment dans la philosophie si l’on ne prend pas le temps de comprendre en profondeur au moins un grand philosophe. 
Luc Ferry
 
Penseur controversé, beaucoup critiqué mais finalement méconnu, Nietzsche nous est ici dévoilé dans toute sa profondeur et sa finesse. La critique du nihilisme, la mort de Dieu, l’Amor fati, le grand style : harmonie entre les forces, la doctrine de l’éternel retour, autant de notions complexes qui deviennent accessibles grâce au talent de Luc Ferry qui fait de la philosophie un espace démocratique de partage et de réflexion. Son débit aisé et son expression limpide nous permettent de comprendre les « clés du château », idées cruciales de Nietzsche.
Claude Colombini-Frémeaux
 
Luc Ferry, comme tous les philosophes est d’abord un professeur de philosophie. En effet, philosopher au XXIe siècle n’a de sens qu’en prenant en compte l’histoire de cette discipline qui transforme tous les penseurs en héritiers. Luc Ferry propose pour la première fois des cours dans une langue simple, permettant en 3 à 4 heures d’accéder à une approche des idées d’un grand philosophe et les clés essentielles pour pouvoir ensuite aborder son œuvre.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore (Philosophie à écouter sur CD, cours, conférence, livre audio).

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Nietzsche par Luc Ferry

Nietzsche - L’œuvre philosophique expliquée
Un cours particulier de Luc Ferry










discographie
CD 1
01. Introduction 3'17
02. La critique du nihilisme, une critique de l'idéal 6'48
03. La mort de Dieu ou la déconstruction de la religion 7'58
04. Renouer avec la sagesse des Anciens 6'27
05. Amor fati 6'46
06. Accéder à l'innocence du devenir 5'55
07. Les trois grands axes de la philosophie de Nietzsche 4'33
08. La théoria devient généalogie 5'24
09. Marx et Freud 3'59
10. L’infinité des interprétations 7'54
11. Le monde est un chaos 6'04

CD 2
01. La morale de l’immoraliste 4'34
02. Les forces et la volonté de puissance 9'46
03. Un « Nietzschéisme de gauche » ? 6'51
04. Refus de la castration socratique 7'54
05. Le grand style : harmonie entre les forces 7'00
06. La volonté de puissance 8'13
07. Apologie des Classiques, artistes de la maîtrise 5'32
08. Nietzsche et le plaisir 5'26

CD 3
01. Les jugements ne sont que des symptômes 6'38
02. Une vie bonne ou mauvaise ? 5'39
03. Quel Salut possible ? 7'32
04. La doctrine de l’éternel retour 9'44
05. Défendre les forts contre les faibles 7'32
06. Le faux tragique 9'11
07. Nietzsche en contradiction performative ? 5'58
08. Une doctrine de renversement sans changements ? 6'55
09. L’amor fati n’est-il pas une forme de cynisme ? 7'36
10. La volonté de Dieu 7'54
11. Entre cynisme et retour aux idoles, comment dépasser le dilemme ? 6'40

Notes biographiques Friedrich Nietzsche
1844??Le 15 octobre 1844, Friedrich Wilhelm Nietzsche naît de Karl-Ludwig Nietzsche pasteur protestant et ancien précepteur à la cour et de Franziska Oehler à Röcken, près de Leipzig, en Prusse.
1850??Après la mort de son père et de son frère cadet, Nietzsche est élevé dans un milieu exclusivement féminin, entouré de sa mère, sa sœur et ses tantes. On le destine à suivre la tradition familiale et devenir pasteur.
1864??Nietzsche est inscrit comme étudiant en théologie à Bonn, où il suit également les cours de philologie classique de Ritschl, cette matière devient son principal sujet d’études dès qu’il va à Leipzig, quelques mois plus tard.
1869??Il obtient la chaire de langue et littérature grecque à l’université de Bâle.
1872??Parution de La naissance de la tragédie, enfantée par l’esprit de la musique, que Wagner loue publiquement, puis de Considérations inactuelles.
1878??A la suite de lourds problèmes de santé, durant lesquels il s’est éloigné de Wagner et de ses idées, Nietzsche arrête d’enseigner et reçoit une pension. Il publie Humain, trop humain.
1882??Nietzsche projette de créer un  « cercle des esprits libres » avec Paul Rée et Lou Andréas-Salomé, qu’il demande en mariage ; elle refuse. Il commence la rédaction d’Ainsi parlait Zarathoustra, écrivant à un rythme soutenu.
1884??Il termine la troisième partie de Ainsi parlait Zarathoustra, qui parait en avril; pour la quatrième partie, il doit financer lui-même la publication car aucun éditeur ne l’accepte. Il se dispute avec sa sœur à cause de ses fiançailles avec Bernhard Förster, antisémite et wagnérien.
1886??Nietzsche publie, encore à ses propres frais, Par delà le bien et le mal et La généalogie de la morale (1887).
1888??Il travaille au livre sur la volonté de puissance et rédige Crépuscule des idoles. Paraissent bientôt Nietzsche contre Wagner et Ecce homo.
1889??A la suite d’une « crise de folie », nietzsche est hospitalisé puis placé sous la tutelle de sa mère et de sa sœur.
1891??Son état de santé se dégrade, il est atteint de paralysie puis il arrête simplement de parler. Il arrive à un stade quasi végétatif. Sa sœur reprend au cours des années suivante la l’édition de toutes les œuvres de Nietzsche, à travers Nietzsche-Archiv, qu’elle instrumentalise pour appuyer ses propres vues politiques.
1900??Le 25 août, Nietzsche meurt.

LUC FERRY
Agrégé de philosophie (1975).
Docteur d’Etat en science politique (1981).
Agrégé de science politique (1982).

Etudes et acitivités professionnelles
Etudes secondaires au Lycée St Exupéry de Mantes la Jolie, puis au Centre National de Télé-Enseignement. Etudes supérieures  à la Sorbonne  (Paris IV)  et à l’Université de Heidelberg (RFA).
Professeur à l’Ecole normale d’Arras (1977-1979).
Fondateur du « Collège de philosophie » (1974).
Chargé de cours à l’université de Reims,  puis à l’ENS-Ulm, à Paris X et à Paris I (1977-1982).
Attaché de recherches au CNRS (198O-1982).
Responsable des pages philosophie à l’Evénement du Jeudi, puis conseiller auprès de la rédaction de l’Express (1987-1994)
Professeur  de science politique à l’IEP de l’université de Lyon II (1982-1988).
Professeur de philosophie à l’université de Caen (1989-1996).
Editorialiste au Point  et directeur de la collection « Collège de philosophie » aux éditions Grasset (1994/2002)
Professeur de philosophie à Paris VII (à partir de 1996).
Président du Conseil national des programmes (1994-2002).
Ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche (mai 2002/avril2004).
Membre du Conseil économique et social (à partir de septembre 2004)
Président du Conseil d’analyse de la société (idem)
Membre du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République (à partir de juin 2007)
- Directeur de collection aux éditions PLON (à partir de 2007)

Distinctions
Chevalier de la légion d’honneur, Chevalier des arts et des lettres.
Prix Médicis essai et Prix Jean-Jacques Rousseau (pour le Nouvel ordre écologique).
Prix des droits de l’homme (pour Philosophie politique III).
Prix Ernest Thorel de l’Académie Française (pour La sagesse des Modernes).
Docteur honoris causa de l’université de Sherbrooke (Canada).
- Officier de la Légion d’Honneur.

Principaux ouvrages publiés
Philosophie politique I ; Le Droit : La nouvelle querelle des Anciens et des Modernes, Paris, P.U.F., 1984.
Philosophie politique II : le système des philosophies de l’histoire, Paris, P.U.F., 1984.
Philosophie politique III : des droits de l’homme à l’idée républicaine, Paris, P.U.F., 1985, Prix des droits de l’homme 1985.
La Pensée-68 : essai sur l’anti-humanisme contemporain, Paris, Gallimard, 1985 (avec Alain Renaut)
Système et critiques, éditions Ousia, 1985 (en coll.)
68-86 : itinéraires de l’individu, Paris, Gallimard, 1987 (en coll.)
Heidegger et les modernes, Paris, Grasset, avril 1988 (en coll.)
Homo Aestheticus ; l’invention du goût à l’âge démocratique, Paris, Grasset, 1990.
Pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens, Grasset 1991 (en coll.).
Le Nouvel Ordre Ecologique, Grasset, 1992, Prix Médicis de l’essai, Prix Jean-Jacques Rousseau.
Des animaux et des hommes. Une anthologie , Paris, livre de poche, Hachette, avril 1994 (en coll).
L’Homme-Dieu ou le sens de la vie, Grasset, 1996.
La sagesse des Modernes, Laffont 1998, Prix Ernest Thorel de l’académie française,  (avec André Comte-Sponville).
Le sens du beau, Cercle d’art, 1998.
Philosopher à Dix-huit ans, Grasset 1999 (en coll.).
Qu’est-ce que l’homme ? Odile Jacob, 2000 (en coll.).
Qu’est ce qu’une vie réussie ?, Grasset 2002.
Lettre ouverte à tous ceux qui aiment l’école, Odile Jacob (en coll.)
La naissance de l’esthétique moderne, Cercle d’art, mai 2004.
Le religieux après la religion, Grasset 2004 (avec Marcel Gauchet).
Comment peut on être ministre ? Réflexions sur la gouvernabilité des démocraties, Plon, 2005.
Apprendre à vivre – Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations, Plon, 2006 – Prix Aujourd’hui
Apprendre à vivre – traité de philosophie en 4 CDs audios – Frémeaux & Associés - 2006
Kant – Grasset – 2006
Vaincre les peurs –Odile Jacob – 2006
- Familles je vous aime – Politique et vie privée à l’âge de la mondialisation – Xoéditions - 2007

Ecouter Nietzsche - L’œuvre philosophique expliquée / Un cours particulier de Luc Ferry (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Introduction03'16
02 La critique du nihilisme: une critique de idéal06'48
03 La mort de dieu ou la déconstruction de la religion07'58
04 Renouer avec la sagesse des Anciens06'26
05 Amor fati06'46
06 Accéder à l'innocence du devenir05'54
07 Les trois grands axes de la philosophie de Nietzsche04'33
08 La theoria devient généalogie05'23
09 Marx et Freud03'59
10 L'infinité des interprétations07'54
11 Le monde est un chaos06'04
CD 2
01 La morale de l'immoraliste04'34
02 Les forces et la volonté de puissance09'45
03 Un nietzschéisme de gauche06'51
04 Refus de la castration socratique07'54
05 Le grand style: harmonie entre les forces06'59
06 La volonté de puissance08'12
07 Apologie des classiques: artistes de la maîtrise05'31
08 Nietzsche et le plaisir05'26
CD 3
01 Les jugements ne sont que des symptômes06'38
02 Une vie bonne ou mauvaise05'21
03 Quel salut possible ?05'39
04 La doctrine de l' Eternel retour09'44
05 Défendre les forts contre les faibles07'32
06 Le faux tragique09'10
07 Nietzsche en contradiction performative05'57
08 Une doctrine de renversement sans changements06'55
09 L' amor fati n'est-il pas une forme de cynisme?07'36
10 La volonté de dieu07'54
11 Entre cynisme et retour aux idoles, comment dépasser le dilemme?06'39
"Luc Ferry développe longuement la pensée de Nietzsche" par Esprit & Vie

"Nietzsche va faire entrer la pensée dans la postmodernité en déconstruisant ce que l'homme pense du cosmos, de Dieu et des idoles de la raison. Picasso, le peintre, et Schönberg, le musicien, « sont sur la même longueur d'ondes que Nietzsche. Si tu regardes leurs tableaux ou écoutes leur musique, tu verras que le monde qu'ils nous livrent est lui aussi un monde déstructuré, chaotique, brisé, illogique, dépourvu de cette "belle unité" que la perspective et le respect des règles de l'harmonie conféraient aux œuvres d'art du passé. Cela te donnera une idée tout à fait juste de ce que tente de penser Nietzsche avant eux ». Luc Ferry développe longuement la pensée de Nietzsche pour mettre le doigt sur l'impasse dans laquelle nous entraîne ce philosophe du xixe siècle : le matérialisme."
par ESPRIT & VIE




Entretien de Luc Ferry avec "Les Nouvelles Clés"

N. C. : Comme le remarque l’évèque de Clermont-Ferrand, avec qui vous avez une correspondance, votre présentation de la voie chrétienne frappe par sa subtilité et, quasiment, son empathie. Vous sachant « plutôt très opposé » à cette voie, personnellement, on se demande quel effort vous a coûté ce travail, rare chez un libre-penseur...
L. F. : Je ne suis pas du tout « très opposé » au christianisme, simplement, je ne suis pas croyant. Je pense même, à l’encontre des critiques qui ont fleuri dans le sillage de Marx (la religion c’est « l’opium du peuple »), Nietzsche (« le nihilisme ») et Freud (« la névrose obsessionnelle de l’humanité »), que le message chrétien comporte des moments magnifiques. Il y a une très belle philosophie de l’amour et de toute évidence sans le christianisme, les droits de l’homme seraient impensables. Au reste, comment ne pas voir que les « Confessions » d’Augustin sont un grand livre, et que les « Pensées » de Pascal sont géniales...
[...]
N. C. : Mais Nietzsche n’est-il pas quelque peu taoïste, cette façon d’être chinoise, que l’on dit fondamentalement attachée au réel et à la matière - une autre référence non-occidentale que vous auriez pu utiliser ?
L. F. : Il y a évidemment des passages - vous l’avez dit vous même : dans mon livre je décris le stoïcisme comme un équivalent occidental, sur bien des points, du bouddhisme. Mais je crois que la façon dont les Occidentaux mettent entre parenthèse ce qui ne leur convient pas dans les pensées orientales pour ne garder que ce qui colle avec le monde laïc n’est pas forcément la meilleure lecture de l’altérité.
N. C. : À ce propos, n’est-il pas étonnant que les philosophes contemporains aient laissé se propager le grave contresens que vous signalez sur le mot « nihilisme » employé par Nietzsche ?
L. F. : Les bons lecteurs de Nietzsche ne s’y sont jamais trompés. Le nihilisme, pour Nietzsche, ce n’est évidemment pas le fait d’être cynique, de ne croire en rien, de ne pas avoir d’idéaux, mais exactement à l’inverse : c’est le fait d’être bourré d’idéaux. Sa grande thèse, c’est que l’humanisme héritier des Lumières, alors qu’il prétendait faire la critique de la religion, en maintient la structure fondamentale : celle de l’opposition entre l’ici bas (le réel tel qu’il est) et l’au delà (l’idéal). On n’a plus le paradis, mais on met à la place « la démocratie », la « république », le « socialisme », le « communisme », bref, de nouvelles « idoles » pour parler comme Nietzsche. Or, selon lui, ces dernières ne sont inventées par nos néo-chrétiens (qui s’ignorent tels) que pour nier le réel, pour le condamner et s’épargner la peine de l’aimer tel qu’il est. Et c’est là, selon lui, le vrai nihilisme dont toute sa pensée est la critique.
Entretien de Luc FERRY avec LES NOUVELLES CLES




"Le travail d'explication est limpide (...) l'auditeur se délecte" par Le Poing et la Plume

"Il y a quelques semaines, Luc Ferry racontait sur France Inter que, du temps où il était ministre de l'Éducation Nationale, le président de la République d'alors, Jacques Chirac, lui avait asséné : « Soyez le Jack Lang de la droite » ...
Je me garde bien de porter un jugement définitif sur son bilan rue de Grenelle ... qu'il me soit permis, en revanche, de dire tout le bien que je pense de Luc Ferry quand il nous décortique la pensée de Friedrich Nietzsche ... car l'homme est un fabuleux pédagogue ...
Après nous avoir incité à lire Le crépuscule des idoles, « œuvre la plus construite » du moustachu allemand, selon le philosophe, Luc Ferry corrige les fausses idées qui circulent à propos de Nietzsche ... démarche indispensable pour avoir les précieuses clefs de compréhension ...
Elles sont au nombre de trois : - la critique du nihilisme ; - la mort de Dieu ; - l'amor fati
Selon Luc Ferry, Nietzsche invente la critique du nihilisme ... oui, la critique du nihilisme et non le contraire ... l'ancien professeur parle de piège dans lequel seraient donc tombés des générations entières d'étudiants ... et de maintenir donc que notre équation nihilisme = absence de croyance serait totalement fausse puisqu'il s'agirait en fait de l'inverse ... le nihilisme c'est le fait d'avoir des convictions, des idéaux corrige Ferry ... on critique la terre au nom du ciel ... selon Nietzsche, nous avons inventé l'idéal (les idoles) pour nier le réel ... lui veut casser les idoles « avec un marteau », Luc Ferry rappelant que Nietzsche ne cherche pas à améliorer l'humanité ...
Deuxième clef d'entrée, découlant naturellement du premier concept : la mort de Dieu (ou désenchantement du monde) ... il s'agit ici de la fin des idéaux, de la structure religieuse, de l'opposition entre le ciel et la terre ... la mort de Dieu c'est la fin des idoles religieuses et de toutes les morales y compris athées (de Platon à Marx) ... c'est aussi, en passant, selon Luc Ferry, la haine de la démocratie ... d'où la question angoissante : que veut donc construire Nietzsche après cette démolition au marteau ?
Enfin, troisième concept central de la pensée nietzschéenne : l'amor fati ... ici, précise le philosophe on n'a pas le cynisme ou l'absurde à la Ionesco ... le sage pense que deux maux pèsent sur l'existence humaine : le passé et l'avenir ... le passé conduit à la nostalgie, aux remords ... le sage est celui qui parvient à se réconcilier avec le présent : « à regretter un peu moins et à aimer un peu plus », selon la formule d'André Comte-Sponville) ... ce qui, d'ailleurs, évoque le bouddhisme ... L'amor Fati ou aimer le destin comme il est ... c'est donc le contraire de l'idéal ... parvenir à aimer son sort permet d'accéder à l'innocence du devenir ...
Quiconque veut lire ou relire les écrits de Friedrich Nietzsche ferait bien d'écouter avec attention ce cours dispensé par un homme passionné et passionnant, qui ne cherche pas à assommer l'auditeur de son savoir ... servi par une très belle voix qui pourrait être celle d'un homme de radio, Luc Ferry progresse lentement dans l'enquête ... il cite des passages du philosophe et se sert d'exemples de la vie quotidienne pour appuyer sa thèse ... l'élève ressort de là comblé ....
Mais le travail ne s'arrête pas là ... Luc Ferry nous explique aussi comment le philosophe allemand veut poser des valeurs indiscutables ... que sa démarche est bien plus aristocratique qu'anarchiste (je vous recommande tout particulièrement l'explication faite des différents nietzschéismes) ... et puis, il y a ce décryptage d'autres concepts-clefs comme la volonté de puissance qui demeurait pour moi incompréhensible parce qu'il me manquait une explication indispensable des « forces actives et réactives » ...
Parce que Nietzsche a été mal compris ou assimilé malgré lui à des idées bien répugnantes comme le nazisme il me semble nécessaire de revenir aux textes ... l'écoute de ce livre audio facilitera cette démarche ... d'autant que si Luc Ferry a, l'auditeur le sent bien d'ailleurs, une passion pour l'auteur du Gai savoir, il ne saurait précisément se complaire dans une idolâtrie bien malvenue ici ... car l'ancien ministre de l'Éducation Nationale sait aussi questionner la pensée de Nietzsche et nous alerter sur ses limites ...
C'est en fait le cours de philo dont rêve tout élève : on nous emmène quelque part ... une sorte de voyage au centre de la pensée nietzschéenne ... et comme le travail d'explication est limpide, qu'aucune zone d'ombre ne vient ternir l'écoute, l'auditeur se délecte ...
Seul regret : ça passe trop vite ... À vrai dire, j'en aurais bien repris quelques heures ..."
Par William IRIGOYEN - LE POING ET LA PLUME




Interview de Luc Ferry par Philosophie Magazine

L’un des plus grands adversaires de la philosophie de Hegel, au XIXe siècle, a été Nietzsche. Or, vous avez signé avec d’autres, André Comte-Sponville notamment, Pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens… Son antihégélianisme ne vous a donc pas convaincu ?

Si, en partie, mais j’ai commencé à lire Nietzsche à travers les lunettes de ses disciples de gauche. La mode, à Paris, en faisait une sorte de soixante-huitard libertaire, à mille lieues de sa véritable pensée. Depuis, je n’ai cessé de le lire. Je le tiens pour le plus grand penseur du monde contemporain, pour le plus grand théoricien de la déconstruction. Pas plus qu’on ne peut peindre ou composer comme si Picasso et Schönberg n’avaient jamais existé, on ne peut philosopher comme avant Nietzsche. Sa généalogie du « nihilisme » est d’une puissance sans égale. Le nihilisme est chez lui à peu près à l’inverse de ce qu’on entend par ce mot aujourd’hui, non pas un quelconque cynisme, une absence de valeur, mais l’affirmation de « valeurs supérieures », de grands idéaux au nom desquels le croyant nie le monde réel, le déclare mauvais, nul et non avenu. En ce sens, toutes les religions sont nihilistes, mais aussi les grandes idéologies héritées des Lumières, avec leurs idoles « progressistes » : droits de l’homme, démocratie, socialisme, anarchisme, etc. Ces abstractions pompeuses ne servent qu’à fuir la réalité du monde. Je ne crois pas qu’on puisse enjamber aisément cette critique des figures traditionnelles de la transcendance. Il faut la prendre au sérieux. En quoi les « retours à », que ce soit à Kant ou à la République, m’ont toujours semblé absurdes, malgré les étiquettes qu’on a voulu m’accoler…

Si vous n’êtes pas réactionnaire, vous n’êtes pas non plus du côté de l’avant-garde ni de la déconstruction…

Non, parce que la critique Nietzschéenne se heurte à une vraie limite. Une fois les idoles et les valeurs morales déconstruites, le risque majeur, c’est le cynisme, l’adhésion libérale au monde tel qu’il va, puisqu’il n’y a plus aucun idéal à lui opposer. Quand Heidegger, dans le sillage de Nietzsche, nous dit que face au monde de la technique, « seul un dieu peut encore nous sauver », il sombre dans une espèce de quiétisme mystique. Il a raison d’affirmer que la technique et le capitalisme mondialisé sont des « procès sans sujets » dont nous avons perdu la maîtrise, mais que nous reste-t-il à faire ? Rien ? Adhérer au « sursaut » nazi ? Ce qui m’a intéressé chez Kant, c’est l’idée que la métaphysique, une fois déconstruite, conserve une signification, un « usage régulateur » pour penser ce qui peut subsister d’éthique et de souci de la vérité. En ce sens, sa critique de la métaphysique est plus profonde que celle de Nietzsche et Heidegger…
Par PHILOSOPHIE MAGAZINE





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