LORSQUE L'ENFANT PARAIT INTEGRALE DE L'ANTHOLOGIE RADIOPHONIQUE

FRANCOISE DOLTO

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Nombre de CDs : 9


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FA5222

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Il y a presque 30 ans, France-Inter, c’était une première, prenait le risque de confier à une psychanalyste renommée le soin de parler de l’éducation des enfants. Dès les premières émissions ce fut un vrai succès. Cette série restée mythique dans le souvenir des auditeurs offre à entendre la voix de Françoise Dolto qui répond avec simplicité aux questions des parents/auditeurs.
Patrick Frémeaux & Jean Pierre Guéno

Ces coffrets sont l’aboutissement d’un travail de fond sur la totalité des émissions conservées à l’INA (plus de 100 émissions - 1000 questions / réponses). Les réponses apportées par Françoise Dolto, aux problèmes de l’enfance, ont été choisies parmi les 375 heures d’enregistrements en fonction de leur pertinence et du traitement du sujet. Les modalités d’enregistrement des émissions de Françoise Dolto peuvent expliquer des légères modi­fications de couleur sonore dans une même séquence.

Ce coffret regroupe les trois volumes précédemment parus chez Frémeaux & Associés (FA5105-FA5106 et FA5107)

Vol 1 : LA NAISSANCE • LA FAMILLE • LA JALOUSIE • LA PROPRETÉ • L’ÉCOLE.

Vol 2 : SEXUALITÉ • LE MANGER • LE DORMIR • LE PARLER • SÉPARATIONS.

Vol 3 : ORDRE • DÉSORDRE • ADOPTION • JEUX • AGRESSIVITÉ.

Production : Jeanine Marc Pezet pour Radio France - Ina -Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore avec l'accord des Archives Dolto et Catherine Dolto.
Droits : Ina - Groupe Frémeaux Colombini SAS en accord avec Catherine Dolto pour Succession Françoise Dolto et Archives Dolto.

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Dolto Edition du Centenaire

FRANÇOISE DOLTO  
LORSQUE L’ENFANT PARAIT
Edition du Centenaire 

INTÉGRALE DE L’ANTHOLOGIE RADIOPHONIQUE 1976-1977 






ANTHOLOGIE RADIOPHONIQUE par catherine dolto
Un jour d’été dans notre maison d’enfance, à Antibes, je vis ma mère très soucieuse après un coup de téléphone assez long. Visiblement tourmentée elle me confiât qu’elle se trouvait face à une décision très difficile, peut être même la plus difficile de sa vie, me dit elle. Lucien Morisse, directeur des programmes d’Europe n°1 venait de lui proposer de répondre en direct aux questions des auditeurs. Après de longs débats internes et de graves discussions avec ses collègues et ses proches elle accepta finalement et ce fut “Docteur X.” pendant toute l’année scolaire 68/69. Elle se cachait sous ce pseudonyme car à l’époque il n’était pas concevable qu’un médecin prenne la parole en son nom dans les médias. L’expérience fut intéressante, à sa demande je m’occupais des questions au standard. Mais une émission en direct, scandée par la publicité ne la satisfaisait pas pleinement. Après une série d’émissions à la RTF, en 1950, “La tribune de Paris” où, avec d’autres spécialistes, elle avait parlé d’éducation sexuelle, c’était la deuxième fois qu’elle avait l’occasion de s’adresser au grand public  comme “médecin d’éducation”, métier dont elle avait rêvé dans son enfance. Cela lui permit de comprendre qu’il y  avait quelque chose de possible à envisager dans le contact direct avec les auditeurs. Quand Jean Chouquet et Pierre Wiehn vinrent lui demander de reprendre l’expérience plus tard sur France Inter, elle était prête et savait exactement ce qu’elle voulait : pas de dialogue en direct mais des réponses à des questions écrites pour que les gens aient le temps d’exposer leurs difficultés et surtout pour qu’en le faisant ils entament un travail de compréhension. De nouveau nous avons fait équipe et Jacques Pradel, alors tout jeune père, fut un interlocuteur passionné et curieux. Pendant deux ans (octobre 1976 à octobre 78) nous avons vécu au rythme de Lorsque l’Enfant Paraît. Les émissions de toute la semaine étaient enregistrées en une après-midi, dans son cabinet, ce qui explique les variations dans la prise de son et les bruits annexes que l’on entend parfois sur ces bandes. Nous recevions une centaine de lettres par semaine, les gens auxquels on allait répondre tout comme ceux qui avaient posé une question sur le même thème recevaient une lettre pour les prévenir du jour où leur question serait traitée. Les autres avaient pratiquement tous une réponse écrite. Il y avait donc un très gros travail autour des émissions elle mêmes et je pense que le public sentait notre engagement. Ce furent deux années passionnantes, émouvantes et épuisantes. Je vivais avec un énorme cartable plein de courrier que j’emportais avec moi chaque fois que je me rendais chez ma mère et nous avons passé bien des week-end à dicter des réponses. Le dialogue avec les auditeurs était intense. L’évolution du courrier nous a émerveillé. Au début les lettres étaient brèves et peu explicites, à la fin elles étaient longues, détaillées, pleines de finesse, d’intelligence, voire de sagesse. Certaines faisaient quarante pages et nous n’avions qu’à répondre à ces parents qu’ils avaient parfaitement compris la souffrance de leur enfant. Ils avaient fait un gros travail de réflexion et attendaient simplement de Françoise Dolto qu’elle leur confirme qu’ils étaient sur le bon chemin. La tâche était lourde, mais nous étions portées par le sentiment que cela servait à quelque chose grâce à la qualité  de la correspondance  qui montrait que les gens comprenaient la démarche au delà de nos espérances. Les auditeurs se sont tout de suite passionnés, l’opinion était agitée de débats contradictoires sur la pertinence de ce programme, si inhabituel dans la forme et le ton. Beaucoup de psychanalystes étaient choqués, ils considéraient que la psychanalyse se trouvait ainsi dévoyée, désacralisée en quelque sorte. Quand on observe, aujourd’hui, l’indifférence qui entoure les étalages intimes, accompagnés de commentaires colorés de psychologie, qui encombrent la radio comme la télévision, on est surpris, rétrospectivement par la tempète médiatique soulevée par ces émissions pleines de pudeur et de prudence. Le succès fut tel que Françoise Dolto se sentit obligée de prendre sa retraite de psychanalyste, parce que la médiatisation risquait de fausser sa relation avec ses patients. Selon elle, une notoriété importante était incompatible avec l’exercice du  métier de psychanalyste. Le jour où elle mit sa décision en application elle avait des sanglots dans la gorge, mais elle ne pouvait pas imaginer se conduire d’une manière qui n’aurait pas été cohérente et elle pensait éthiquement juste d’arrêter. Ce fut le prix, douloureux, qu’elle paya pour assumer ce travail de transmission de l’expérience de toute une vie à des gens qui ne connaissaient rien à la psychana­lyse. C’était un pari, elle l’a gagné parce qu’elle se faisait une haute idée de l’intelligence des auditeurs et elle a eu raison. Cependant elle a continué jusqu’à sa mort à recevoir des enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (anciennement appelée DASS, Direction de l’Action Sanitaire et Sociale) parce qu’ils étaient protégés des effets néfastes de la notoriété par leur jeune âge et la vie en institution.

Bien des années après nous voici de nouveau à son écoute et l’on comprend mieux pourquoi cette émission a marqué son époque. Alors que j’avais participé à chacune de ces émissions, je les ai redécouvertes avec une curiosité intacte. Je me suis étonnée d’attendre avec impatience sa ré­ponse à certaines questions difficiles ou déconcertantes Sa voix est là vivante, l’originalité de sa pensée est toujours aussi étonnante. Je pense que ceux qui sans l’avoir lue peut être, ni assez écoutée, ont dit qu’elle y donnait des recettes d’éducation, découvriront que ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Les parents sont le plus souvent renvoyés à eux mêmes, invités à se faire confiance, à se responsabi­liser, à se “re-parentaliser” ai-je envie d’oser dire. Elle ne prétend pas savoir à leur place ni mieux qu’eux, elle les aide à réfléchir, à travers son expérience de psychanalyste, de femme et de mère, et à oser prendre position sans tricher avec la vérité. Elle les engage à dire le vrai qui concerne l’enfant en cherchant les mots justes pour eux et pour lui. Elle dédramatise et elle rappelle des choses très simples, mais qui, il y a vingt cinq ans, n’allaient pas de soi : les humains ont besoin de parler de ce qui les concerne, les enfants cherchent du sens à tout ce qui les entoure et ils sont intelligents dès leur naissance. Il n’y a pas d’âge pour parler vrai, ce qui ne veut pas dire qu’il faille tout dire aux enfants de la vie de leur parents. Eduquer c’est rendre autonome, et pour cela permettre à l’enfant de comprendre ce qui lui est essentiel, cela ne justifie pas que l’on fasse de l’enfant un voyeur de la vie parentale par le biais de confidences trop intimes. Sans cesse elle invite les parents à se responsabiliser plutôt que de se culpabiliser, ce qui leur permettra d’en faire autant pour leurs enfants. On est loin de l’enfant roi ! On est dans le monde du respect mutuel, du pari sur l’intelligence, de l’invitation à  réfléchir ensemble pour comprendre ce qu’il y a derrières les mots et les comportements. Ecouter vraiment Françoise Dolto s’adressant au grand public permettra de rectifier bien des idées fausses sur cette  praticienne méconnue parce que trop connue. Sa pensée a été déformée à force d’être relayée par certains qui ne l’avaient peut être pas assez bien comprise ni entendue dans sa subtilité. Il s’agit d’une pensée complexe où revient sans cesse l’idée que l’enfant doit être périphérique dans la vie de ses parents et non pas au centre comme on le voit aujourd’hui trop souvent et c’est parfois en son nom qu’on perpétue des habitudes qu’elle aurait récusées avec force ! Nous avons choisi de regrouper les questions par thème car cela nous a paru plus intéressant pour l’auditeur d’aujourd’hui. En dehors de l’intérêt des questions et des réponses, on a là un document passionnant sur la société et sur l’état de la famille à cette époque. Dans l’interview qui se trouve dans ce livret, Françoise Dolto répond avec beaucoup de clarté à toutes les questions que cette émission lui a posé, ses réponses sont un contrepoint très utile à l’écoute des émissions. La publication de ces coffrets est le fruit d’une collaboration entre Radio France, l’INA, les éditions Frémeaux & Associés et l’association Archives et Documentation Françoise Dolto, il a fallu l’enthousiasme partagé de tous ces intervenants pour que notre entreprise aboutisse. C’est Janine Marc-Pezet, des Ateliers de Création Mémoire de Radio France, qui a eu l’idée de mettre à la disposition du public ces émissions d’archives. Ce projet a été porté par son désir, sans elle il n’aurait pas vu le jour. Avec Elisabeth Miro, réalisatrice et Colette Percheminier*, elles ont travaillé sans relâche pour construire ces disques thématiques. Le résultat est passionnant et je leur en suis très reconnaissante car je mesure à cette écoute combien ce travail était nécessaire. Pendant bien des années, ma mère et moi avons reçu des centaines de témoignages de gratitude pour Lorsque l’Enfant Paraît**, elle en était toujours très émue comme je le suis aussi. Je crois que pour les nouvelles générations de parents, cette pensée toujours novatrice, cette voix qui ne se prend pas au sérieux mais qui cherche à aider, qui se questionne avec eux, seront de nouveau une précieuse source d’inspiration et de réflexion.
Catherine DOLTO

*co-auteur de Paroles pour Adolescents avec Françoise et Catherine Dolto (Gallimard) et directrice de l’Association Archives et Documentation Françoise Dolto
**Dont des extraits ont été publiés aux éditions du Seuil.

© 2004 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 

COFFRET 1
NAISSANCE / FAMILLE / JALOUSIE / PROPRETE / ECOLE  
CD 1/
1/ Présentation de la série par Jacques Pradel et Françoise Dolto 1’21
Naissance 
2/ Arrivée d’un premier bébé 2’36
3/ Préparation d’une naissance et retour de la maternité 3’42
4/ Les “petites mères” - choix parrain-marraine 1’41
5/ Réactions frère ou sœur à l’arrivée d’un nouveau-né 5’33
Famille 
6/ Les aînés 4’13
7/ Le puiné 1’24
8/ Place de l’enfant dans la fratrie 0’28
9/ Rôle de l’aîné 5’04
10/ Les parents 4’17
11/ Relations parents enfants 2’17
12/ Suite 0’45
13/ Embrasser 4’55
14/ Les caresses 0’38
15/ Prouver son amour 0’49
16/ Aimer pour se détacher 0’41
17/ Pas sur la bouche 1’43
18/ Le père  5’40
19/ Suite 1’33
20/ Identification de l’enfant 1’25
21/ Divorce 4’46
22/ Divorce l’avis des enfants 6’16
23/ Père de naissance et beau-père 5’12
24/ Remariage – reconnaissance de l’enfant 4’32 

CD 2/
Famille (suite)
1/ Grands parents 2’46
2/ Autorité mère grand-mère 3’17
3/ Besoin des grands parents 5’27
4/ Connaître son histoire  1’59
5/ Déménagement  5’26
Jalousie
6/ Jalousie 8’51
7/ Suite 1’58
8/ Suite 2’13
Propreté 
9/ L’apprentissage de la propreté 8’30
10/ Le pot 1’32
11/ Suite 3’39
12/ Le caca 1’49
13/ Le pipi au lit 3’30
14/ Suite 0’43 

CD 3/
Ecole 
1/ Entrée école maternelle 5’48
2/ Suite 4’11
3/ Problèmes de scolarité 3’11
4/ Organisation du travail 3’56
5/ Les devoirs 5’10
6/ Sauter une classe  2’45
7/ L’enfant surdoué 1’30
8/ L’enfant précoce 2’01
9/ Le langage  5’15
10/ Suite 1’19
11/ Suite 0’57
12/ Suite 4’26
13/ Apprentissage artistique 5’30
14/ L’enfant artiste 0’52
15/ Leçons de piano 5’19
16/ Goût de la lecture 3’57
17/ Esprit critique 3’45 

Ces coffrets ont été réalisés à partir de la série “Lorsque l’enfant paraît” diffusée sur France Inter en 1976/1977 dans l’émission “Le Temps de Vivre” présentée et animée par Jacques Pradel. Il y a presque trente ans, France-Inter – c’était une première – prenait le risque de confier à une psychanalyste renommée le soin de parler de l’éducation des enfants. Dès les premières émissions ce fut un vrai succès. Cette série restée mythique dans le souvenir des auditeurs offre à entendre la voix de Françoise Dolto qui répond avec simplicité aux questions des parents/auditeurs. Parfois agacée, parfois amusée mais toujours chaleureuse. Dès lors qu’elle parle, sa voix a une vraie présence, on a envie de l’écouter. Ces coffrets sont l’aboutissement d’un travail de fond sur la totalité des émissions conservées à l’INA (plus de 100 émissions -1000 questions/réponses). Les réponses apportées par Françoise Dolto, aux problèmes de l’enfance, ont été choisies parmi les 375 heures d’enregistrements en fonction de leur pertinence et du traitement du sujet. A l’écoute de la totalité des émissions, un classement par thèmes nous est apparu évident. Nous avons été encouragés dans ce choix par Catherine Dolto et Colette Percheminier. La présence et le concours à nos côtés de Colette Percheminier “Archives Dolto” ont facilité notre travail. 
Direction éditoriale : Janine Marc-Pezet - Réalisatrice : Elisabeth Miro - Technicien : Benjamin Vignal - Conseiller “Archives Dolto” Colette Percheminier - Documentalistes INA : Valérie Canton-Pont / Anne Bouchez / Christelle Rousseau
 Coproduction : INA / Frémeaux & Associés / Radio France, sous la direction juridique de Frémeaux & Associés en accord avec l’Institut National de l’Audiovisuel, Radio France, Catherine Dolto pour la successsion Françoise Dolto, les archives et documentations Françoise Dolto, les Editions du Seuil, Jacques Pradel et la Direction des Editions de Radio France. 

COFFRET 2
SEXUALITÉ / LE MANGER / LE DORMIR / LE PARLER / SÉPARATIONS  
CD 4/
01/ Introduction par Françoise Dolto 0’40
Sexualité 
02/ Le complexe d’Œdipe 4’40
03/ suite 3’23
04/ suite 4’15
05/ Education sexuelle 6’37
06/ Différence sexuelle – identification à la mère 10’27
07/ Nudité des parents 8’16
08/ Masturbation infantile 5’47
09/ suite 3’19
10/ Jeux sexuels – interdiction de l’inceste 4’49
11/ Exhibitionniste 4’25
12/ suite 4’22 

CD 5/
Le manger
01/ Les repas 3’13
02/ Manger de tout  5’55
Le dormir 
03/ Le coucher 3’38
04/ Coucher dans la chambre des parents  1’50
05/ Dormir dans le lit des parents  3’20
06/ La chambre des enfants 4’01
07/ Heure du coucher 0’43
08/ Rite du coucher 2’18
09/ suite 1’08
10/ Troubles du sommeil  1’41

CD 5 (suite)
11/ Lit à barreaux 6’01
12/ suite 4’19
13/ Ne pas ranger les jouets  avant que l’enfant dorme 3’22
14/ Surveillance du sommeil de bébé 2’29
15/ Réveils et peurs nocturnes 2’10
16/ suite 3’15
17/ Cauchemars 5’36
18/ suite 6’14  

CD 6/
Le parler au bébé

01/ Le parler au bébé 4’31
02/ suite 1’02
Les séparations 
03/ Le sevrage 7’27
04/ Les vacances 6’33
05/ La crèche 6’22
06/ Dès que maman s’éloigne 3’36
07/ Père en prison 2’36
08/ L’objet transitionnel  3’40
09/ La mort 6’48
10/ suite 4’10
11/ suite 3’41
12/ suite 2’32
13/ suite 3’11
14/ suite 4’33 

Ces coffrets ont été réalisés à partir de la série “Lorsque l’enfant paraît” diffusée sur France Inter en 1976/1977 dans l’émission “Le Temps de Vivre” présentée et animée par Jacques Pradel. Il y a presque trente ans, France-Inter – c’était une première – prenait le risque de confier à une psychanalyste renommée le soin de parler de l’éducation des enfants. Dès les premières émissions ce fut un vrai succès. Cette série restée mythique dans le souvenir des auditeurs offre à entendre la voix de Françoise Dolto qui répond avec simplicité aux questions des parents/auditeurs. Parfois agacée, parfois amusée mais toujours chaleureuse. Dès lors qu’elle parle, sa voix a une vraie présence, on a envie de l’écouter. Ces coffrets sont l’aboutissement d’un travail de fond sur la totalité des émissions conservées à l’INA (plus de 100 émissions -1000 questions/réponses). Les réponses apportées par Françoise Dolto, aux problèmes de l’enfance, ont été choisies parmi les 375 heures d’enregistrements en fonction de leur pertinence et du traitement du sujet. A l’écoute de la totalité des émissions, un classement par thèmes nous est apparu évident. Nous avons été encouragés dans ce choix par Catherine Dolto et Colette Percheminier. La présence et le concours à nos côtés de Colette Percheminier “Archives Dolto” ont facilité notre travail. 
Direction éditoriale : Janine Marc-Pezet - Réalisatrice : Elisabeth Miro - Technicien : Benjamin Vignal - Conseiller “Archives Dolto” Colette Percheminier - Documentalistes INA : Valérie Canton-Pont / Anne Bouchez / Christelle Rousseau
 Coproduction : INA / Frémeaux & Associés / Radio France, sous la direction juridique de Frémeaux & Associés en accord avec l’Institut National de l’Audiovisuel, Radio France, Catherine Dolto pour la successsion Françoise Dolto, les archives et documentations Françoise Dolto, les Editions du Seuil, Jacques Pradel et la Direction des Editions de Radio France. 

COFFRET 3
ORDRE / DÉSORDRE / ADOPTION / JEUX / AGRESSIVITÉ  
CD 7/
01/ Introduction de Françoise Dolto 2’10
02/ Notion de danger 3’54
03/ Le touche à tout 3’02
Ordre / Désordre 
04/ Ordre / Désordre 5’13
05/ suite 1’13
06/ suite 7’27
L’enfant dans tous ses états 
07/ Les peurs 4’33
08/ suite 6’30
09/ L’enfant capricieux 1’22
10/ suite 1’24
11/ L’enfant boudeur 4’12
12/ L’enfant rapporteur 2’17
13/ L’enfant tapeur 3’33
14/ L’enfant pas prêteur 7’10
15/ L’enfant menteur 4’33
16/ L’enfant voleur 2’27
17/ suite 1’10
18/ suite 3’04

CD 8/
L’adoption
01/ L’adoption 5’45
02/ suite 3’20
03/ suite 4’46
04/ suite 7’16
05/ suite 2’23

CD 8 (suite)
06/ suite 7’09
Les jeux 
07/ les jouets 0’46
08/ suite 3’53
09/ suite 3’11
10/ suite 4’18
11/ Les jeux 2’33
12/ suite 2’39
13/ Monde imaginaire 7’00
14/ Livres de contes 2’33
15/ Le Père Noël 3’10  

CD 9/
01/ Les tics 1’22
02/ Ongles-pouces 6’10
03/ Fascination du feu 6’30
04/ Autorité  2’37
05/ Refus d’obéissance 4’31
06/ La fessée 0’49
07/ La cruauté 4’39
Agressivités
08/ Agressivités 5’57
09/ suite 4’13
10/ suite 3’23
11/ suite 4’40
12/ suite 3’10
13/ Violence 8’25
14/ Le parler d’amour  1’42
15/ Conclusion de Françoise Dolto 0’51 

Ces coffrets ont été réalisés à partir de la série “Lorsque l’enfant paraît” diffusée sur France Inter en 1976/1977 dans l’émission “Le Temps de Vivre” présentée et animée par Jacques Pradel. Il y a presque trente ans, France-Inter – c’était une première – prenait le risque de confier à une psychanalyste renommée le soin de parler de l’éducation des enfants. Dès les premières émissions ce fut un vrai succès. Cette série restée mythique dans le souvenir des auditeurs offre à entendre la voix de Françoise Dolto qui répond avec simplicité aux questions des parents/auditeurs. Parfois agacée, parfois amusée mais toujours chaleureuse. Dès lors qu’elle parle, sa voix a une vraie présence, on a envie de l’écouter. Ces coffrets sont l’aboutissement d’un travail de fond sur la totalité des émissions conservées à l’INA (plus de 100 émissions -1000 questions/réponses). Les réponses apportées par Françoise Dolto, aux problèmes de l’enfance, ont été choisies parmi les 375 heures d’enregistrements en fonction de leur pertinence et du traitement du sujet. A l’écoute de la totalité des émissions, un classement par thèmes nous est apparu évident. Nous avons été encouragés dans ce choix par Catherine Dolto et Colette Percheminier. La présence et le concours à nos côtés de Colette Percheminier “Archives Dolto” ont facilité notre travail. 
Direction éditoriale : Janine Marc-Pezet - Réalisatrice : Elisabeth Miro - Technicien : Benjamin Vignal - Conseiller “Archives Dolto” Colette Percheminier - Documentalistes INA : Valérie Canton-Pont / Anne Bouchez / Christelle Rousseau
 Coproduction : INA / Frémeaux & Associés / Radio France, sous la direction juridique de Frémeaux & Associés en accord avec l’Institut National de l’Audiovisuel, Radio France, Catherine Dolto pour la successsion Françoise Dolto, les archives et documentations Françoise Dolto, les Editions du Seuil, Jacques Pradel et la Direction des Editions de Radio France. 

BIBLIOGRAPHIE Gallimard 
Les Etapes Majeures de l’enfance (1)
Articles et conférences - 1994
Textes recueillis et annotés par Claude Halmos

Les chemins de l’éducation (2) 
Articles et conférences - 1994
Textes recueillis, annotés et présentés par Claude Halmos

Tout est langage (3) - Réédition
Articles et conférences - 1995
Edition revue et présentée par  C. Baldy-Moulinier, G. Guillerault et E. Kouki

La difficulté de vivre (4) - Réédition
Articles et conférences - 1995
Edition revue et présentée par Gérard Guillerault

Le Féminin (5)
Articles et conférences - 1998
Edition établie, annotée et présentée par M. Djéribi-Valentin et E. Kouki

Solitude - Réédition
Essai - 1994 Edition revue, augmentée et présentée par G. Guillerault, E. Kouki, C. Manier et A. Vanier

Le sentiment de soi.  Aux sources de l’image du corps
Essai - 1997
Edition établie, annotée et présentée par Gérard Guillerault

La Vague et l’Océan
Séminaire sur les pulsion de mort  (1970-1971) - 2003
Edition établie, annotée et présentée par Colette Manier, avec la participation d’Elisabeth Kouki 

ARCHIVES ET DOCUMENTATION FRANÇOISE DOLTO
L’Association Archives et Documentation Françoise Dolto a pour but de diffuser, faire connaître, protéger l’œuvre de Françoise Dolto. Elle est un lieu de rencontres et d’échanges pour tous ceux qui s’intéressent à son œuvre et à sa vie. L’association reçoit le soutien des éditions Gallimard avec lesquelles elle collabore pour l’édition des œuvres de Françoise Dolto. 

FRANÇOISE DOLTO RÉPOND À TÉLÉCINÉ 
• Lorsque Pierre Wiehn, directeur de Radio-France, vous a contactée, en août 76, pour vous exposer son projet d’émission, et vous demander d’y participer, vous avez d’abord opposé un refus catégorique. Puis, quelque temps après, devant son insistance, vous avez fini par accepter. Pourquoi? 
– J’ai refusé parce que j’étais prise du matin au soir par mon métier de psychanalyste, par une activité donc qui est tout à fait autre. Et parce que je pensais qu’une telle émission était irréalisable. Je ne croyais pas cela possible. J’ai fini par accepter quand j’ai vu qu’il y avait une telle demande, et parce que je ne voyais pas qui d’autre aurait pu faire cela. C’est quelque chose de très difficile. Et, en fait, je continue parce que je crois, j’espère que cela fait moins de mal que de bien. Les parents, en général, ne sont pas du tout des «éducateurs». Ce sont des parents, c’est-à-dire qu’ils sont impliqués dans tout ce qui se passe pour leurs enfants. Et il n’y a pas grand-chose à faire quand les parents sont névrosés. Mais je m’aperçois qu’il y a beaucoup de parents qui sont tout à fait sains vis-à-vis de leurs enfants mais «paumés» par des situations institutionnelles comme, par exemple, l’accouchement qui n’a pas été fait comme il devait être, les premières années de la vie où ils ont été obligés de se séparer de l’enfant, ce qui a provoqué des ruptures dans la structure psychologique de l’enfant... En fait, ils n’y sont pour rien du tout, ce sont les conditions sociales, matérielles, institutionnelles. Et ils ne savaient pas qu’on pouvait réparer tous les dommages faits en parlant à l’enfant. Le fait de parler à l’enfant, dans de nombreuses familles, a totalement réparé une situation qui commençait à se délabrer. Alors ceci m’a beaucoup encouragée. Autrefois, il y avait toujours dans les familles de la parole qui circulait. Et actuellement, de moins en moins la parole circule; probablement aussi à cause de la radio et de la télévision qui accaparent les parents et qui les distraient de la conversation familiale. 

• Vous parliez de l’ampleur de la demande : à quoi est-ce que vous l’attribuez? 
– A ça : à ce que les parents ne savaient pas du tout qu’un enfant a besoin d’entendre parler de tout. Autrefois ça se faisait d’une façon inconsciente du fait qu’il y avait beaucoup de personnes à la maison et que, finalement, si ce n’était pas les parents directement qui parlaient à l’enfant, il y avait là quelqu’un : une grand-mère, un grand-père, une tata quelconque, une aide maternelle qui était dans la maison et ils entendaient cette personne parler avec leurs parents. De cette façon tout se mettait en mots, ou beaucoup plus de choses que maintenant. Il ne se cachait que des choses que les parents voulaient cacher. Et, actuellement, ce ne sont pas les choses que les parents veulent cacher qui sont cachées, c’est l’histoire même de l’enfant qui lui est cachée. Il est comme un objet qu’on mène par ici, qu’on mène par-là, que les parents séparent, il ne sait pas pourquoi; il est traité comme un objet, et à sa personne il n’est pas dit son histoire, ni les raisons pourquoi tout ça se passe. Je crois que c’est ça l’impact le plus important de mon émission, c’est que les parents comprennent qu’on peut tout dire à un enfant : à partir du moment où quelque chose l’a concerné, cela doit lui être dit en paroles. 

• Il y a un phénomène qui est assez nouveau (les émissions que l’on peut appeler psychopédagogiques ne sont pas nouvelles : Winnicott en avait fait à la BBC) mais il y a actuellement d’une part une extraordinaire recrudescence dans les médias d’émissions «psy» ou «confidences» et d’autre part, leur passage – je ne parle pas pour votre émission, mais je pense à d’autres – à quelque chose qui est du domaine du spectacle. C’est-à-dire que les gens viennent directement se mettre en scène sur les ondes. Qu’est-ce que vous en pensez? 
– C’est ce que j’ai voulu éviter! Je pense que c’est une recherche de son identité que les gens n’ont pas. Les gens ont perdu leur identité, ne savent plus comment il faut vivre et demandent aux voisins, ou font comme les autres au lieu d’être eux-mêmes. Ce que j’ai essayé de promouvoir c’est justement une authenticité de l’être humain au départ dans sa vie; après, c’est tout à fait autre chose; à partir du moment où il est en sécurité avec lui-même, il est comme il est, il s’exprime, il prend contact avec les êtres, il fait comme il veut. Mais actuellement on a parmi une population mettons de la trentaine environ, une population traumatisée. Leurs parents ont été traumatisés par la guerre précédente, ils ont été traumatisés par la dernière guerre, par des séparations, qui ont paru tout à fait arbitraires pour les parents des enfants d’aujourd’hui et, de plus, tout change constamment. Et puis il y a cette entrée dans les maisons de la voix de tout le monde mais pas de celle de la famille; et celle de la famille se réduit pour laisser la place à n’importe quel roman parlé, à n’importe quelle actualité dramatique ou drôlatique, qui n’a rien à voir avec la vie de la famille et qui se met à avoir plus d’importance. 

• Et vous, vous essayez justement d’utiliser cet instrument radiophonique pour inverser ce mouvement? 
– Puisque cet instrument radiophonique existe et que les parents attendent tout de ces voix de gens qui soi-disant «savent» puisqu’ils parlent sur les ondes, il faut leur dire au contraire : c’est vous qui savez, sur votre enfant et vous; c’est entre vous qu’il faut qu’il y ait des relations de paroles et exprimer ce que vous ressentez. 

• Oui, vous êtes la seule à dire aux gens un peu ce que leur disait Winnicott, c’est-à-dire : vous en savez plus long sur votre enfant que le voisin, le spécialiste, etc. 
– Et il en sait plus long sur ce dont il souffre que ce qu’il vous montre! Parlez avec lui et il n’aura pas besoin de «gester» des caprices si vous comprenez ce qu’il veut dire. Tant qu’il n’a pas la parole il s’exprime comme il peut par des moyens moteurs ou par des moyens de dysfonctionnement d’appétit, de rythmes viscéraux, de rythmes de sommeil... et tout ça, ça veut dire : il a quelque chose à vous dire et il ne sait pas comment s’y prendre. 

• Et tout cela, c’est ce que vous appelez «le bon sens» d’une certaine façon? 
– C’est ce que j’appelle le bon sens, c’est retrouver l’intuition parentale où chaque enfant est différent parce que chaque famille est différente. Chaque couple crée un climat différent. 

• Pourtant vous avez une formation de psychanalyste, vous êtes psychanalyste et vous êtes perçue comme telle. 
– Pas tellement au début. Maintenant oui. Mais on n’avait même pas dit aux gens, au début, que j’étais psychanalyste. On a dit que ce serait une personne qui connait bien les enfants, qui pourrait aider les parents dans les difficultés qu’ils ont avec leurs enfants. Bien sûr que l’expérience que j’ai des cas qui deviennent très graves parce qu’on ne s’en occupe pas à temps, m’a fait penser qu’on pouvait prévenir beaucoup de troubles qui apparaissent à 3 ans, puis à 5 ans - 6 ans, puis ensuite à la pu­berté, quand on parle à temps à l’enfant des difficultés qu’il a déjà quand il est petit dans sa relation à lui-même, dans sa relation à la société, qui commence avec celle des parents et des familiers, et qui s’étend à celle de la famille; à condition qu’il y ait une relation de parole entre tout cela. 

• Concernant l’heure de votre émission : il y a une chose qui me frappe énormément, c’est l’importance des pères dans votre parole et dans votre livre : le fait que vous renvoyez toujours au père l’enfant en difficulté dans sa relation miroir avec sa mère. Mais les pères sont absents de l’écoute, vous le savez? 
– Eh bien non, pas du tout! Et de plus en plus il y a des lettres de pères. Ce sont eux qui ont demandé que ce soit à 14 h 15... Ce sont souvent des gens qui vont à leur travail, des gens qui déjeunent... 

• Vous avez beaucoup de lettres d’hommes?
– De plus en plus, et de pères qui s’impliquent : cela change tout dans une famille. Parce que c’était la mode : les femmes avaient élevé leurs fils à ne pas s’occuper de la vie familiale. Ils avaient à faire leur propre carrière, à faire leur propre travail, comme si le travail des hommes c’était la même chose que les enfants pour les femmes! Et puis les pères s’occupaient de leurs enfants quand ils étaient à l’âge de travailler, ou ils s’occupaient un peu de l’école, mais des notes, peu de ce que l’enfant y ressentait; ils n’allaient pas voir les professeurs, et maintenant beaucoup de pères justement y vont. En ce qui concerne l’émission, il y a beaucoup de pères donc qui tiennent à ce que ce soit à cette heure-là mais d’autres, nombreux, voudraient que ce soit rediffusé le soir. Mais vous savez à Radio-France, les gens se disputent même dix minutes d’antenne! Et puis j’ai l’impression qu’à la radio on ne se rend pas du tout compte du service social que ça représente. 

• Quelle est la population qui vous écrit, géographiquement et sociologiquement? 
– Géographiquement, c’est surtout la population qui est loin des centres, la population rurale, des bourgades, etc. Il y a beaucoup de régions où les gens n’ont personne à qui parler quand ils ont des difficultés avec leurs enfants, par exemple des difficultés qui font que leurs enfants ne sont pas admis dans la société scolaire, ou alors qui sont rejetés à cause de troubles qui dérangent. Ce ne sont pas des gens qui peuvent s’adresser à des consultations dans des centres médico-pédagogiques, comme il y en a maintenant partout dans les centres urbains. Ceux-là, en fait, quand c’est quelque chose de compliqué, je leur écris. J’essaye de faire quelque chose, évidemment. C’est poignant de voir des gens à l’état d’abandon comme ça complètement. Et il n’y a personne pour les aider, pas de famille autour, ni de service social non plus. Il y a d’ailleurs des quantités de régions où il n’y a pas de services sociaux, où il y a des assistantes sociales qui ne pensent qu’à une chose, c’est séparer les parents des enfants... 

• C’est une solution de facilité? 
– C’est une solution à laquelle on peut peut-être arriver, mais après que ce soit vraiment parlé et que l’enfant ait compris que ça l’aiderait. 

• Vous opérez donc un tri dans le courrier entre les questions que vous estimez quotidiennes, qui peuvent être du domaine de la prévention, et que donc vous traitez sur l’antenne, et le reste, pour quoi vous avez une intervention personnelle dans toute la me­sure de vos moyens? 
– C’est ça. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire pour ne pas donner des fantasmes aux gens qui écoutent. Il y a des situations dramatiques, des situations incestueuses, des situations à la limite du meurtre... 

• On a en effet I’impression que vous prenez beaucoup de précautions pour protéger la population qui vous écoute, et que vous allez totalement à l’encontre d’autres séries d’émissions qui sont au contraire dans la recherche de l’effet. 
– Mais je les trouve pernicieuses! Je trouve que c’est du strip-tease pour donner des fantasmes aux gens... C’est le voyeurisme dont les gens sont le plus friands parce qu’ils n’ont pas de vie personnelle. 

• Vous pensez que c’est lié à un appauvrissement de la relation sociale? Alors c’est une perversion des médias, cette manière dont on les utilise... Vous rendez, finalement, les médias à leur fonction de communication et d’interaction. 
– Voilà. C’est ce que j’essaie de faire. Et chaque fois que j’ai une lettre qui me semble au moins aussi intéressante que ce que je peux dire, c’est la lettre que je lis. Pour qu’une personne dans une situation difficile et qui s’est débrouillée, le fasse savoir à d’autres. L’autre jour il y a eu une lettre épatante d’une mère qui a dû divorcer et qui a laissé son enfant à son mari, et surtout le travail extraordinaire que cela a été, tant pour elle, que pour l’enfant, que pour le mari. Et quelques jours après, une lettre d’un homme, que j’ai aussi entièrement communiquée, complètement différente : il pense, lui, que je suis d’accord pour que les gens divorcent! Alors que je n’ai absolument aucune opinion, aucun désir de rien du tout quand les gens m’écrivent... Beaucoup de gens me demandent conseil, s’ils doivent divorcer ou non, etc., mais je ne sais pas si vous avez remarqué, je tourne autour de la question, je la fais s’approfondir, mais je ne veux pas donner une réponse précise. D’abord parce que c’est vrai que je n’ai aucune opinion personnellement! J’essaye qu’ils réfléchissent à leur problème et qu’avant tout ils comprennent l’intérêt de l’enfant. 

• Vous tenez beaucoup à ce que les gens écrivent, fassent l’effort d’exposer eux-mêmes leurs difficultés, de les verbaliser le plus clairement possible... 
– Oui. Il y a des gens qui m’écrivent huit jours de suite... 

• Mais est-ce qu’il n’y a pas une petite faiblesse, là justement? Il y a des quantités de gens qui doutent d’eux-mêmes devant la page blanche, qui se disent «je ne vais pas savoir raconter» ou «je fais des fautes d’orthographe»... 
– J’ai dit une ou deux fois que les fautes d’orthographe m’étaient totalement indifférentes. Quand des personnes m’écrivent une page, si je vois que c’est quelque chose d’important, je demande plus de détails : comment est constituée la famille, etc. Peu importe l’orthographe! Il y a des lettres qu’il faut même lire à haute voix. Ce sont toujours les gens les plus intéressants, ceux qui n’ont pas été déformés par l’école. Ils pensent par eux-mêmes. 

• Vous avez des lettres de gens qui s’expriment difficilement par écrit? 
– Beaucoup, oui. Parfois nous nous questionnons à deux ou trois sur le sens de la phrase, avec ma fille, Jacques Pradel et moi, en nous disant «qu’est-ce qu’elle veut dire?». Nous répondons car nous sentons que c’est important. Nous aimons justement répondre à des gens qui n’iraient pas voir des spécialistes, parce qu’ils s’expriment trop mal. C’est pour cela que les intellectuels ne m’intéressent pas comme public. 

• Est-ce que vous pouvez faire un bilan de l’évolution de votre émission, de l’impact qu’elle a pu avoir, éventuellement de la manière dont ça réagit sur le public à l’heure actuelle? 
– Je suis étonnée qu’il y ait si peu de gens contre!... Dernièrement il y a eu à la Mutualité un congrès réunissant toutes les associations qui s’occupent d’enfants. J’y ai rencontré des directrices de maternelles, d’écoles primaires, des responsables d’hôpitaux, de maternités, qui s’occupent maintenant de faire communiquer les enfants d’un niveau d’âge donné avec ceux du niveau d’âge d’après. Or c’est ça dont les enfants ont besoin. C’est d’être accueillis par la société aussi bien à la naissance qu’à chaque stade, afin qu’ils ne soient pas effrayés du changement, et que la personne qui avant leur donnait sécurité les accompagne dans l’endroit nouveau où ils vont avoir à prendre sécurité. C’est ça que je dis surtout : que les mères qui doivent travailler aillent chez la nourrice passer quelques instants, que la nourrice donne devant elle le repas à l’enfant et, au bout de huit jours, l’enfant est autant chez lui que chez la nourrice parce que maman a rempli les lieux de sa parole et de sa bonne entente avec la personne suivante. Enfin il faut ménager des transitions. C’est terrible par exemple de voir des gens qui travaillent et qui sont obligés de mettre leur enfant chez une nourrice avant et après l’école... Alors l’enfant est tout content d’aller à l’école... Mais on ne l’a pas prévenu qu’il allait d’abord chez une brave concierge qui allait l’y emmener, puis ensuite à quatre heures et demie, le rechercher pour qu’il soit repris à six heures et demie par ses parents : ça, on n’a pas pensé à le lui dire! Et c’est tout ça que j’essaye de remettre un peu en question. D’ailleurs la loi devrait permettre que, le jour de la rentrée scolaire, les parents puissent arriver tous une heure en retard à leur travail pour conduire eux-mêmes leurs enfants à l’école. On dirait que l’Etat se désintéresse totalement de cette tranche de vie. Plus tard, ce seront des citoyens! Alors peut-être que petit à petit cela changera. Cela viendra surtout par en bas, c’est la demande. De même que maintenant les mères demandent dans les mater­nités à avoir leur enfant auprès d’elles, alors que c’était interdit et à douze jours on les met dehors avec leur enfant qu’elles n’ont jamais eu le droit de langer! Voyez : c’est ça qui est devenu l’inverse de ce que ça devrait être : la sécurité sociale a été faite pour que les gens puissent être soignés et aidés, les infirmières sont payées par les mères, ce ne sont pas les mères qui sont au service des infirmières! Ce ne sont pas les bébés qui sont au service des infirmières! Les bébés font partie de leur mère. Tout ça est très dur à remonter... 

• Vous pensez que vous avez une action indirecte sur les institutions? 
– Je crois que j’ai une action indirecte, c’est-à-dire que les parents reprennent leur propre sens de responsabilité de leur enfant et ça peut se passer comme ça, par des paroles entre les hommes et les femmes. Je crois que c’est comme ça qu’on pourra retrouver un sens social et non en plaquant du social sur une société qui ne l’était pas. 

• Mais de telles émissions doivent demander un travail de préparation assez consi­dérable? Comment est-ce que vous travaillez? 
– Ma fille qui est médecin me seconde. Elle lit toutes les lettres et elle les résume. Toutes les lettres qui contiennent une simple demande de renseignement sont mises à part et on y répond. Toutes les lettres qui sont importantes sont réunies, je les lis toutes en détail – il y en a parfois qui ont dix pages – et je ne le regrette pas (je regrette pour le temps de les lire) mais je ne regrette pas parce que c’est comme ça qu’on voit comment les choses s’installent peu à peu, à bas bruit d’abord, et finalement deviennent de gros symptômes. Et puis alors on répond sur l’antenne à une, et toutes les personnes qui ont écrit sur le sujet – car toutes les lettres sont numérotées – reçoivent une lettre qui leur dit : «il sera répondu au problème que vous posez tel jour à telle heure». Et les autres : «il sera répondu à votre lettre tel jour». Si bien que les gens savent qu’ils sont lus, savent qu’on répond. 

• Et vous ne rejetez personne? 
– Personne. Les personnes qui m’écrivent sur un sujet dont je ne parle pas à l’antenne, je leur réponds en disant : «votre cas est trop important pour que je puisse vous répondre sur l’antenne, vous avez fait tout ce que vous avez pu jusqu’à présent, votre situation est très difficile, courage...» enfin ce qu’on peut quand on voit qu’on ne peut rien faire et Dieu sait qu’il y a des choses où on ne peut rien faire! Mais c’est déjà quelque chose, ça a été lu et je dis souvent aux gens : «le jour où vous n’en pourrez plus, allez demander conseil à tel médecin qui est à tel endroit»... 

• Vous donnez des adresses? 
– Oui, des adresses officielles. Et quand je connais plus particulièrement un psychiatre, je donne son adresse en disant : «vous pouvez vous adresser personnellement à lui et s’il y a quelque chose à faire qui serait un séjour momentané en hôpital psychiatrique, ne croyez pas que de mettre quelqu’un en hôpital psychiatrique ce soit à vie. A partir du moment où on voit une famille prête à l’accueillir, dès qu’il est mieux il pourra revenir chez vous»... enfin des choses comme ça, humaines.  De même quand il y a des parents qui m’écrivent pour me dire que leur enfant vient de faire une fugue. Je leur réponds «surtout, si c’est possible, n’allez pas trouver un juge, recevez votre enfant quand il reviendra, essayez de parler avec lui». Parce que c’est dramatique, quand un enfant a été «fiché» par un juge, alors – et Dieu sait combien de fugues font du bien aux adolescents! – c’est énorme, ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent pas du tout vivre tout seul et ils reviennent dans leur famille. Alors c’est là que ça fait des drames! Et si on les met dans le circuit de la neuropsychiatrie à ce moment-là, c’est complètement idiot! 

• Oui, au fond, vous n’êtes pas du tout pour psychiatriser n’importe qui... 
– Mais surtout pas, le moins possible! Mais à bon escient, pourquoi pas, en sachant que c’est momentané et pas à vie. 

• Quelle est la part de votre engagement chrétien dans cette émission? 
– Je pense qu’il est fondamental; «chrétien» entre guillemets, parce que je pense qu’il n’est pas très clérical, je sens un peu le fagot! Pour moi nous ne sommes pas limités à cette vie dans un corps qui commence et qui finit, voilà, c’est tout. C’est en ce sens-là que je pense que la vie a un sens et que dans les lignées les êtres s’aident mutuellement à porter les dettes les uns des autres, comme ça été dit qu’il y en avait un qui portait la dette de son peuple. Et puis un beau jour elle a été liquidée, et que maintenant on ne soit pas à se sentir coupable toute la vie... on est tous des paumés... Et il faut en parler! Les parents ont besoin d’être pour les enfants une sécurité jusqu’à 6 ou 7 ans, et puis à partir de là il faut leur dire : «c’est toi qui es ta propre sécurité, tu fais ce que tu peux, nous faisons ce que nous pouvons, nous ne sommes pas des perfections». Et c’est ça élever des enfants, c’est parler avec eux, leur dire «voilà ce que je ferais», mais ne pas imposer son désir à des enfants qui ont déjà l’âge de raison. C’est ça qui est éduquer, si l’on peut dire, chrétiennement, au sens de «évangélique» : chacun se prend en charge dans une sincérité d’échange avec les autres. 

• Vous venez justement de publier un livre qui est une lecture psychanalytique de l’Evangile, et peut-être même, plus encore, une lecture évangélique de la psychanalyse... Vous terminez ce livre en disant que «l’âme, c’est les autres»; ce qui est tout à fait nouveau, on n’avait jamais entendu personne dire quelque chose comme ça; on nous avait habitués, en tout cas pour les gens de ma génération, à dire plutôt que les autres c’est l’enfer... 
– Vous avez été élevé théoriquement chrétiennement mais peut-être plus que moi... J’étais catholique bien sûr, baptisée et ayant fait la première communion. Mais heureusement, à la maison on ne s’en occupait pas trop! Mais je ne sais pas... je trouve que cette éducation chrétienne a été tout à fait à l’envers de ce qui est dit dans l’Evangile! Alors de revenir à l’Evangile, je pense que ça peut aider tout le monde. Mais ça, ce détournement, c’est le fait des institutions... De même, comme je vous disais tout à l’heure, la sécurité sociale est faite théoriquement pour venir en aide aux gens, maintenant ce sont les gens qui sont au service des soignants! Toutes les institutions se retournent comme ça : on crée une institution, c’est pour avoir du pouvoir sur ceux qu’on mène, alors que ça devrait être à leur service. Ce que je trouve extraordinaire c’est que, malgré toutes les histoires de pouvoir et de collusion avec le pouvoir, les institutions religieuses aient tout de même transmis ce livre sans le modifier : c’est extraordinaire! C’est ça qui fait croire en Dieu tout de même. Parce qu’ils auraient pu tellement modifier à la sauce quotidienne l’Evangile et qu’on ne puisse plus retrouver le texte... 

• Vous avez reçu une éducation religieuse assez peu militante en fin de compte, assez peu directive. Et vous avez retrouvé l’Evangile après... Longtemps après? 
– Oui, assez longtemps après. 

• Et après la psychanalyse? 
– Oui. Mais déjà, enfant, je me posais des questions... Par exemple un problème qui a fait vraiment scandale la veille de ma première communion quand on nous a demandé à la fin de la retraite si on avait une question à poser... J’en avais une qui me trottait derrière la tête : «je me demande pourquoi on ne dit pas Saint Judas, puisque c’est à partir de lui que la Passion a démarré... S’il n’avait pas fait ça, il n’aurait pas obéi puisque le Christ lui a dit : «ce que tu as à faire, fais-le». Alors il me semble que c’est très mal que nous n’ayons pas de reconnaissance à Judas, grâce à qui il y a eu une rédemption!» Vraiment, on aurait mis un pavé dans une fourmilière, cela n’aurait pas fait plus de boucan! Le pauvre curé s’arrachait les cheveux en disant : mais qui vous a mis ces idées-là dans la tête? Voyez, déjà je me posais des quantités de questions... Et je dois dire que je me la pose toujours! C’est une question fondamentale dans le christianisme : il y en a un qui était «rétro», qui voyait les choses selon son désir, et celui-là ne pouvait pas admettre que le roi n’était pas un tout-puissant. Et c’est grâce à celui-là que tout s’est déclenché et que ce message a été donné à l’humanité. Alors il faut donc qu’il y ait toujours quelqu’un «contre»; c’est pour ça que je m’inquiète quand je vois qu’il n’y a personne contre. 

• Mais personne ne vous a jamais fait de critique de fond? Par exemple sur le fait que, d’une certaine façon, vous protégez la famille? Et il y a des gens qui sont très contre à l’heure actuelle! 
– En tout cas je crois à la triangulation première, laquelle est héritière de deux triangulations premières des deux parents. Il y a une filiation que moi j’appelle «spirituelle» dans les éducations, les traditions. Je suis tout à fait d’accord pour dire que ce qu’il y a d’essentiel dans les traditions doit être donné aux enfants. Ils en font ce qu’ils en ont à faire. Mais ils les ont reçues par la parole et par l’exemple. Jamais la parole séparée de l’exemple. Si la parole est séparée de l’exemple, les parents doivent expliquer pourquoi ils n’assument pas les paroles qu’ils professent, en les gestant. Je crois que c’est ça transmettre. Ce n’est pas d’être parfaits, ou conformes. C’est dire ce qu’on fait, ou dire pourquoi on ne fait pas ce qu’on dit, tout en continuant à le dire parce qu’on estime cela plus important que ses actes. Les êtres doivent s’assumer tels qu’ils sont, avec leurs contradictions. Enseigner à un enfant que ses parents ont des contradictions. puisqu’il les reconnaît tout de suite! Mais que les parents les reconnaissent! Enseigner à un enfant le sens critique, mais en sachant par rapport à quoi, en sachant ce qui est essentiel. 

• D’ailleurs les enfants sont très indulgents... 
– Extraordinairement indulgents! L’être humain naît avec un capital de potentialités à devenir  adulte. Quand il est conservé dans une soumission trop tardive, il ne peut pas assumer lui-même ses propres contradictions. Et il nie alors les contradictions qu’il voit chez ses parents. Et il entre dans la névrose!  Evidemment, je n’aurais pas publié ce livre plus tôt, bien qu’il y ait quinze ans que je travaille sur l’Evangile en devoirs de vacances! J’ai découvert que tout ce que nous trouvons était dans l’Evangile. Et ça m’intéresse de savoir pourquoi cet Evangile a été récupéré par le pouvoir et complètement détourné de sa richesse évolutionnaire, mais scandaleuse tout le temps. Scandaleuse pour les institutions établies. 

• Vous pensez qu’on résiste à l’Evangile de la même façon qu’on résiste à la psycha­nalyse? 
– De la même façon qu’on résiste à son désir. 

• C’est un peu la même chose... 
– Oui. La psychanalyse étant une science tout de même très jeune et qui se trompe aussi. Mais une science qui étudie l’authenticité du désir qui, s’il ne s’exprime pas, marque le corps. 

• Mais le message évangélique a tout de même résisté deux mille ans! Et la psychanalyse, pensez-vous qu’elle va résister, ou, comme le disent certains, qu’elle est en crise en ce moment? 
– Mais pas du tout! Elle va se développer de plus en plus! Et c’en est déjà un des effets de dire qu’il faut parler avec un enfant de quelques jours. La psychanalyse s’est rendue compte que l’être humain est dès l’origine un être de communication interpsychique et de désir. Cacher à un enfant sa vérité ou la vérité de sa relation avec sa mère, c’est vraiment l’entamer dans son humanisation. Récemment, une femme m’a écrit que depuis la naissance de sa fille, elle avait envie de la tuer. L’enfant a atteint 7 ans, et le dilemme était : la tuer ou se tuer. C’était de pire en pire, elle ne comprenait pas ce qui lui prenait, sa vie était un enfer. Je lui ai répondu qu’elle devait dire à son enfant tout ce qu’elle avait vécu d’envie de la tuer depuis sa naissance. Elle m’a répondu par écrit qu’elle avait passé deux nuits à ne pas dormir de ce que je lui avais dit, pensant qu’elle aimerait mieux disparaître... Puis elle a pris son courage et a parlé avec sa fille : «Madame Dolto m’a dit de te dire la vérité» (la petite écoutait les émissions). La petite fille lui a dit : « Mais, ma pauvre maman, comme ça devait être terrible de vivre comme ça! Et je t’aime encore plus! Tu sais maintenant, quand je te sentirai nerveuse, je t’éviterai pour ne pas te donner tant de douleur». Depuis, la mère et la fille sont les meilleures amies du monde. Mais la mère me précise qu’elle avait complètement oublié de me dire que sa propre mère est morte en mettant au monde sa petite sœur. Elle n’avait jamais fait ce rapprochement, mais, dans sa petite fille, elle en voulait à sa petite sœur qui avait fait mourir sa mère. C’est parce qu’elle a dit la vérité à sa fille que celle-ci a pris une attitude de sœur humaine... 

• Oui, mais vous y êtes pour quelque chose! Il y a eu un transfert, là...  
- Sûrement. En ce sens, la psychanalyse peut apporter des choses à des gens qui ont fait un transfert sur ma voix. 

• Et sur vous, sur vos interventions pu­bliques... 
– Oui. Et je trouve bien, quand tant de souffrance vient dans notre cabinet (et nous sommes là dans notre tour d’ivoire, c’est bien commode!) que nous puissions aider d’autres par l’intermédiaire des enfants ou des parents dont nous avons vu le cheminement. Le cheminement humanisant, c’est d’arriver à exprimer en paroles. Ce qui est extraordinaire chez l’humain, c’est qu’il y a une telle puissance imaginaire du désir que ça ne peut pas se faire, ça ne peut que se dire. Ce sont des fantasmes, et les fantasmes peuvent être communiqués. A ce moment-là, ils se dégonflent comme des baudruches. L’histoire de cette mère qui voulait tuer sa fille s’est dégonflée comme une baudruche à partir du moment où la fille savait. 

• Mais vous l’avez symboliquement pardonnée en lui permettant de le dire à sa fille... 
– Bien sûr! C’est ce que ça veut dire... Mais le dire à moi ne suffisait pas... Je suis la dernière personne à pouvoir dire si faire cette émission c’est pire que ne rien dire... Mais je pense qu’il y avait une telle demande que si cela n’avait pas été moi, il y aurait eu d’autres personnes à la faire. Et quand j’ai vu la difficulté que c’était, je me suis dit : «Je ne vois pas à qui je pourrais demander de faire ça tellement c’est délicat. Je vais d’abord m’y lancer, et si cela marche, je mettrai une autre personne». Maintenant ils ne veulent pas d’une autre personne. Alors, du coup, je suis obligée de prendre ma retraite! Je ne peux pas recevoir des gens nouvellement depuis six mois, en analyse ou en psychothérapie. Il est impossible d’avoir des gens qui croient que vous savez tout. Ils arrivent comme devant quelqu’un qui sait. Alors que c’est à eux de parler... 

• C’est une question que je voulais justement vous poser – si elle n’est pas indis­crète – : quel est l’impact de votre personnage public sur votre rôle d’analyste? 
– Heureusement, ce sont des gens que j’avais avant! Je ne prends personne de nouveau, je ne garde que des gens qui terminent... Eh bien... cela les met en rogne!... Tant pis! J’avais très peur de mes collègues psychanalystes! Et finalement eux aussi, ils avaient très peur d’entendre cela sur les ondes. Mais en général, tous ceux que j’estime m’ont dit que je faisais quelque chose qui finalement apporte beaucoup plus que ça ne détruit. Je suis réconciliée... Propos recueillis par  Simone Beaudoin et Daniel Delaveau Mars 1978

Ecouter FRANÇOISE DOLTO  - LORSQUE L’ENFANT PARAIT Edition du Centenaire  INTÉGRALE DE L’ANTHOLOGIE RADIOPHONIQUE 1976-1977 (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

PRESSE :

"La cause des enfants" par Elisabeth Roudinesco

Françoise Dolto fut et reste la figure la plus populaire de l'histoire française de la psychanalyse. La mémoire collective conserve encore le souvenir de ses émissions sur France Inter, dans les années 1970, où jamais elle n'employait un vocabulaire bébête ou vulgaire. Elle s'exprimait en effet dans une langue très vieille France pour commenter, à travers les milliers de lettres qu'on lui adressait, les événements de la vie quotidienne : l'école, les relations internes à la famille, les angoisses, les désirs, les morts, les naissances, etc.

Elle consacra sa vie aux enfants. Sans donner de recettes, elle militait pour que l'on s'adressât à eux comme à des êtres de langage, fondant son autorité sur la force d'une parole plutôt que sur des règles disciplinaires. Elle s'efforçait de convaincre les parents et les éducateurs qu'il ne fallait pas mentir aux enfants, ni sur leur origine ni sur la sexualité. Ses prises de position pour une pédagogie de masse, son adhésion iconoclaste à la foi chrétienne et enfin sa croisade, à partir de 1979, en faveur de la création de "maisons vertes" destinées à accueillir des enfants de moins de 3 ans accompagnés de leurs parents - transition vers l'entrée en maternelle - firent d'elle un personnage échappant à tout manichéisme. Et pourtant, elle fut détestée par de stupides détracteurs, qui la rendirent responsable de son vivant et post mortem d'un abaissement des valeurs de la puissance parentale et scolaire, voire de la crise des banlieues. Quant à ses idolâtres, ils ne cessent aujourd'hui de la sanctifier en donnant d'elle une image qui n'est pas à la hauteur de ce qu'elle fut. Née le 6 novembre 1908, elle grandit dans une famille de polytechniciens et de militaires imprégnés des idées monarchistes et xénophobes de Charles Maurras et marqués par la lecture quotidienne de L'Action française. On lui enseigna que les enfants naissaient dans des boîtes envoyées sur terre par le Sacré-Coeur de Jésus, que la sexualité était répugnante, que les "boches", les Nègres et les juifs étaient les ennemis de la patrie et que les femmes avaient pour seul destin de passer de l'état de vierge à celui de mère sans avoir le droit d'accéder à une activité professionnelle ou intellectuelle. Au début de la première guerre mondiale, dans sa petite enfance, elle se prit pour la fiancée de son oncle maternel, capitaine d'un bataillon, mort au combat en juillet 1916. Soutenue par ses parents, elle se regarda alors comme une veuve de guerre incapable de faire le deuil de ce premier amour. Sans doute peut-on trouver dans cet épisode la genèse de sa révolte de 1949 contre une idéologie, assez répandue dans les milieux chrétiens, selon laquelle les veuves de guerre devaient rester fidèles corps et âme au mari défunt.

Elle se retrouva dans une situation de détresse, à un âge de la vie où elle aurait dû s'épanouir. Un autre événement contribua à accentuer son malheur : la mort de sa soeur aînée, en 1920, des suites d'un cancer des os. Au sein de sa famille, sa mère ne sortit guère d'un état dépressif, une mélancolie survenue à la suite d'une fièvre cérébrale et de bouffées délirantes. Avec une telle éducation, et au contact de cette mère aimante mais dépressive, Françoise, envahie par des pulsions violentes, ne parvenait ni à entretenir une relation avec un homme ni à se construire une identité. Pour toutes les femmes de cette génération, désireuses de s'émanciper, plusieurs voies étaient possibles, au seuil des années 1930 : l'engagement politique, l'écriture, le féminisme, le socialisme, la psychanalyse ou encore l'accès à un métier, et donc à une autonomie. C'est ce dernier choix que fit Françoise quand, elle entreprit, contre l'avis de sa famille, des études de médecine. Elle voulait devenir, disait-elle, "médecin d'éducation", autant pour se guérir de ses souffrances que pour ne pas répéter les erreurs commises par ses parents. Elle croisa bientôt l'aventure du freudisme français en la personne de René Laforgue, fondateur, avec notamment Edouard Pichon et Marie Bonaparte, de la Société psychanalytique de Paris (SPP, 1926). La cure lui permit de devenir une autre femme et de sortir de son enfermement mortifère. Elle fut donc arrachée aux préjugés de son milieu par l'accès à une nouvelle culture : la psychanalyse. Sa faculté inouïe d'écoute de l'enfance lui fut ensuite révélée par Edouard Pichon, son deuxième maître, pédiatre, maurassien, dreyfusard, et auteur, avec son oncle Damourette, d'une célèbre grammaire descriptive de la langue française : Des mots à la pensée. A cette époque, deux courants s'opposaient à l'intérieur de l'International Psychoanalytical Association (IPA) fondée par Freud en 1910 : l'école viennoise, représentée par Anna Freud, et l'école anglaise animée par Melanie Klein. Deux femmes donc, toutes deux chefs d'école, puisque c'était aux femmes qu'avait d'abord été dévolu le rôle d'analyser les enfants, après que Freud eut mené la première cure infantile, en 1908, avec le jeune Herbert Graf, âgé de 5 ans.

Pour les annafreudiens, et pour Freud lui-même, l'analyse d'un enfant ne devait pas commencer avant l'âge de 4 ans ni être conduite en direct, mais par la médiation d'un parent jugé protecteur, le père en général. Pour les kleiniens au contraire, il fallait abolir les barrières qui empêchaient le psychanalyste d'accéder à l'inconscient de l'enfant en bas âge (de 2 à 3 ans). Si Freud avait été le premier à découvrir chez l'adulte l'enfant refoulé, Melanie Klein, par l'intérêt qu'elle portait aux relations archaïques à la mère, fut la véritable initiatrice des cures d'enfants. Elle inventa le dispositif permettant à l'enfant de s'exprimer qui fut adopté ultérieurement par tous les cliniciens de l'école anglaise, Donald Woods Winnicott notamment : pâte à modeler, jouets, balles, billes, ciseaux, pinceaux, crayons, mobilier, etc. Après l'émigration d'Anna Freud en Grande-Bretagne, en 1938, kleiniens et annafreudiens, tout en s'opposant, furent à l'origine d'un développement mondial de l'approche psychanalytique des enfants dont se nourrira le savoir psychiatrique - et donc la pédopsychiatrie - pendant des décennies. Sans être ni kleinienne ni annafreudienne, Françoise Dolto inventa donc en solitaire une méthode de psychanalyse infantile, fondée sur la capacité du thérapeute à traduire le langage enfantin. Elle en exposa les principes, en 1939, dans sa thèse de médecine - Psychanalyse et pédiatrie - à travers seize cas où elle évita le vocabulaire savant en n'hésitant pas à parler de "pipi au lit" ou de "caca dans la culotte" : elle employait ainsi dans la cure les mêmes mots que l'enfant afin de lui signifier ses propres pensées sous l'aspect d'une réalité. En 1938, elle rencontra Jacques Lacan qu'elle suivit tout au long de sa carrière. Elle lui emprunta ses concepts en les nommant à sa manière. Ainsi, en s'inspirant de la notion de stade du miroir et de celle d'image du corps, avancée par Paul Schilder, elle créa le terme d'image inconsciente du corps pour désigner "l'incarnation symbolique du sujet désirant". Pendant quarante ans, Lacan et Dolto feront figure de couple parental pour des générations de psychanalystes français. En septembre 1940, elle inaugura, à l'hôpital Trousseau, une consultation ouverte aux analystes désireux de se former à la pratique de la psychanalyse d'enfants. Durant l'Occupation, elle se montra maréchaliste, comme l'indique sa correspondance, sans jamais adhérer à la collaboration ou à l'antisémitisme. En 1942, elle épousera Boris Dolto, un médecin russe émigré, qui fondera une nouvelle méthode de kinésithérapie.

Au lendemain de la seconde guerre, elle intégra à sa pratique la technique du jeu en donnant le nom de "poupée-fleur" à un objet - une tige recouverte de tissu vert avec une tête de marguerite -, qui pouvait servir de support à l'enfant pour sortir de toutes sortes de pathologies. Le mot fera fortune au point d'être confondu avec l'objet transitionnel de Winnicott (le "doudou"). Tandis que se développait, sous la houlette de Serge Lebovici et de René Diatkine, un autre courant de psychiatrie infantile, rattaché à l'IPA et à la SPP, et plus médical et plus institutionnel, Dolto poursuivait son enseignement en formant de nombreux élèves et en travaillant avec Jenny Aubry, médecin des hôpitaux, qui s'occupait depuis 1949 des enfants séparés, abandonnés, hospitalisés. En 1963, elle fut, comme Lacan, interdite de formation et donc exclue de l'IPA et, de ce fait, séparée du légitimisme freudien. Elle faisait, disait-on, figure de gourou et même le grand Winnicott, qui reconnaissait son génie, lui reprocha d'avoir trop d'influence sur ses élèves et de ne pas obéir aux règles standards de l'analyse didactique. Elle participa alors à la création de l'Ecole freudienne de Paris (EFP, 1964-1980), où elle poursuivit son travail sous la forme d'un Séminaire qui attira de très nombreux cliniciens. Trois ans plus tard, lors d'un colloque sur les psychoses infantiles, organisé par Maud Mannoni - son élève et amie -, elle présenta le cas Dominique, qui sera publié ultérieurement et deviendra un classique : elle y racontait les douze séances de la cure d'un adolescent de 14 ans, qu'elle avait menée au Centre Etienne-Marcel, en y ajoutant des commentaires poignants. Devenue célèbre et entourée de disciples, Françoise Dolto fut sollicitée en 1977 par Gérard Sévérin, éditorialiste au journal La Vie, pour s'exprimer sur la religion. Elle proposa alors une lecture dite "psychanalytique" des Evangiles qui la conduisit à donner une signification spiritualiste à la question du désir, conçu comme une transcendance humanisante. Par l'incarnation et la résurrection, par la crucifixion qui le faisait sortir d'un "placenta" et d'un monde utérin pour accéder à la vie éternelle, le Christ devenait, selon elle, la métaphore même du désir guidant l'homme, de la naissance à la mort, vers une grande quête de son identité.

En 1981, elle reprit le dialogue pour mettre "la foi au risque de la psychanalyse". Elle affirma que "Freud n'aurait rien inventé" s'il était "resté cantonné dans sa religion juive". Après avoir interprété l'athéisme de Freud comme un rejet du judaïsme, elle fit de lui en 1986 un "prophète de la Bible" et stigmatisa la violence antireligieuse dont il avait fait preuve, en 1927, dans L'Avenir d'une illusion. Les dialogues sur la foi et les Evangiles furent critiqués, à juste titre, autant par les chrétiens que par les théologiens et les psychanalystes. Les uns reprochèrent à l'auteur de se livrer à une exégèse psychologisante des textes sacrés, les autres se montrèrent hostiles à cette tentative de christianisation de la psychanalyse. Cet engagement ne fut pas unique. Bien qu'étrangère à toute prise de parti politique, cela ne l'empêcha pas, en 1977, de livrer un combat en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité et d'une révision du code pénal concernant la sexualité des mineurs. Elle sera alors traitée d'ultragauchiste par l'extrême droite, puis de pédophile par ses ennemis. Cela paraît bien loin... Cent ans après la naissance de Françoise Dolto, les enfants, les parents et les adolescents de France devraient se souvenir, au-delà de toute critique, de ce qu'ils doivent, non seulement aux pionniers de la psychanalyse d'enfants, mais à cette femme hors du commun qui sut trouver les mots qui convenaient à la diffusion de la pensée freudienne. Grâce à sa parole largement médiatisée, on sait en effet, mieux encore qu'autrefois, que l'amour et la bonne éducation ne suffisent pas à faire de l'enfant un adulte éclairé par la raison, comme le pensaient les philosophes des Lumières, attachés à l'idée que l'enfant serait un adulte en miniature. Car, pour réussir une éducation, encore faut-il savoir que les valeurs qu'elle porte - fussent-elles les plus nobles - risquent toujours de s'inverser en leur contraire si celui qui les transmet reste sourd au désir inconscient de l'enfant.

Elisabeth ROUDINESCO - © LE MONDE

Elisabeth Roudinesco est psychanalyste et auteure du Dictionnaire de la psychanalyse (Fayard, 2006).
Archives sonores : "Lorsque l'enfant paraît", anthologie des émissions de Françoise Dolto sur France Inter (9 CD, Frémeaux et Associés).

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Notre Dolto

[...] En 1976, tous les jours sur France-Inter, on écoutait Françoise Dolto. Elle répondait «de vive voix» aux lettres qu'elle avait reçues, et très vite elle était devenue une sorte de mère universelle. Dois-je allaiter mon bébé? Donner de l'argent de poche à mon fils de 6 ans? Pourquoi mes enfants font-ils des cauchemars? Les conseils fusaient, au fond toujours les mêmes: jouer avec l'enfant, le respecter, lui dire la vérité qui le concerne, lui faire confiance, ne pas laisser l'excès de baisers remplacer l'échange des paroles. Les nostalgiques du martinet et de la blouse grise se sentaient bien seuls.

Dolto invitait chaque adulte à se ressouvenir de ses émotions premières, à se représenter les angoisses du nouveau-né au moment du passage. «Je crois que j'ai quelque chose de bébé qui n'est pas encore achevé», disait-elle avec un bon sourire sous ses cheveux gris. Dès son premier souffle, le bébé est exposé aux émotions de son entourage, doté d'un état civil, situé dans une fratrie. Mettons-nous à sa place, il y a de quoi s'interroger. Que suis-je venu faire dans cette galère? M'a-t-on invité? Ai-je bien fait de venir? Va-t-on s'occuper de moi? Si personne ne lui répond pas, il se sent perdu.

«Que les mères parlent donc à leurs bébés, mais bien sûr, qu'ils comprennent!» Dans les chaumières et les villes nouvelles, dans les mansardes et les salons, on doltoïsait avec ferveur. La passion d'analyser les rêves et les angoisses se diffusait dans les familles. La tendance était à l'introspection, à la quête des origines, à la sculpture de soi. Dans les magazines, on glosait sur les ruses de l'inconscient, sur ce que les enfants ressentaient, sur la signification de leurs jeux. Les neurosciences étaient encore dans les limbes, et personne ne prétendait dépister par des tests ADN les futurs criminels. La version scientiste du dogme de la prédestination était encore à venir: chaque enfant était un être en devenir, un alliage subtil entre l'inné et l'acquis, entre l'héritage de sa lignée et son histoire personnelle: «Un enfant en général, ça n'existe pas.» [...]

© BIBLIOBS (NOUVEL OBSERVATEUR)




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Présentation de la série - Françoise01'21
02 Arrivée d'un premier bébé - Françoise02'36
03 Préparation d'une naissance et retour - Françoise03'42
04 Les petites mères: choix parrain-marraine - Françoise01'41
05 Réactions frère ou soeur à l'arrivée d'un nouveau né - Françoise05'33
06 Les ainés - Françoise04'13
07 Le puiné - Françoise01'24
08 Place de l'enfant dans la fratrie - Françoise00'28
09 Rôle de l'ainé - Françoise05'04
10 Les parents - Françoise04'17
11 Relations parents-enfants - Françoise02'17
12 Suite relations parents-enfants - Françoise00'45
13 Embrasser - Françoise04'55
14 Les caresses - Françoise00'38
15 Prouver son amour - Françoise00'49
16 Aimer pour se détacher - Françoise00'41
17 Pas sur la bouche - Françoise01'43
18 Le père - Françoise05'40
19 Suite du père - Françoise01'33
20 Identification de l'enfant - Françoise01'25
21 Divorce - Françoise04'46
22 Divorce: l'avis des enfants - Françoise06'16
23 Père de naissance et beau-père - Françoise05'12
24 Remariage: reconnaissance de l'enfant - Françoise04'32
CD 2
01 Grands-parents - Françoise02'46
02 Autorité mère-grand-mère - Françoise03'17
03 Besoin des grands-parents - Françoise05'27
04 Connaître son histoire - Françoise01'59
05 Déménagement - Françoise05'26
06 Jalousie - Françoise08'51
07 Suite jalousie 1 - Françoise01'58
08 Suite jalousie 2 - Françoise02'13
09 L'apprentissage de la propreté - Françoise08'30
10 Le pot - Françoise01'32
11 Suite du pot - Françoise03'39
12 Le caca - Françoise01'49
13 Le pipi au lit - Françoise03'30
14 Suite pipi au lit - Françoise00'43
CD 3
01 Entrée école maternelle - Françoise05'48
02 Suite entrée école maternelle - Françoise04'11
03 Problèmes de scolarité - Françoise03'11
04 Organisation du travail - Françoise03'56
05 Les devoirs - Françoise05'10
06 Sauter une classe - Françoise02'45
07 L'enfant surdoué - Françoise01'30
08 L'enfant précoce - Françoise02'01
09 Le langage - Françoise05'15
10 Suite langage 1 - Françoise01'19
11 Suite langage 2 - Françoise00'57
12 Suite langage 3 - Françoise04'26
13 Apprentissage artistique - Françoise05'30
14 L'enfant artiste - Françoise00'52
15 Lecons de piano - Françoise05'19
16 Goût de la lecture - Françoise03'57
17 Esprit critique - Françoise03'45
CD 4
01 Introduction par Francoise Dolto-Coffret 2 - Françoise00'40
02 Le complexe d'Oedipe - Françoise04'40
03 Suite complexe d'Oedipe 1 - Françoise03'23
04 Suite complexe d'Oedipe 2 - Françoise04'15
05 Education sexuelle - Françoise06'37
06 Difference sexuelle: identification à la mère - Françoise10'27
07 Nudité des parents - Françoise08'16
08 Masturbation infantile - Françoise05'47
09 Suite masturbation infantile - Françoise03'19
10 Jeux sexuels: interdiction de l'inceste - Françoise04'49
11 Exhibitionniste - Françoise04'25
12 Suite exhibitionniste - Françoise04'22
CD 5
01 Les repas - Françoise03'13
02 Manger de tout - Françoise05'55
03 Le coucher - Françoise03'38
04 Coucher dans la chambre des parents - Françoise01'50
05 Dormir dans le lit des parents - Françoise03'20
06 La chambre des enfants - Françoise04'01
07 Heure du coucher - Françoise00'43
08 Rite du coucher - Françoise02'18
09 Suite rite du coucher - Françoise01'08
10 Troubles du sommeil - Françoise01'41
11 Lit a barreaux - Françoise06'01
12 Suite lit a barreaux - Françoise04'19
13 Ne pas ranger les jouets avant que l'enfant dorme - Françoise03'22
14 Surveillance du sommeil de bébé - Françoise02'29
15 Reveils et peurs nocturnes - Françoise02'10
16 Suite reveil et peurs nocturnes - Françoise03'15
17 Cauchemars - Françoise05'36
18 Suite cauchemard - Françoise06'14
CD 6
01 Le parler au bébé - Françoise04'31
02 Suite du parler au bébé - Françoise01'02
03 Le sevrage - Françoise07'27
04 Les vacances - Françoise06'33
05 La crèche - Françoise06'22
06 Dès que maman s'éloigne - Françoise03'36
07 Père en prison - Françoise02'36
08 L'objet transitionnel - Françoise03'40
09 La mort - Françoise06'48
10 Suite la mort 1 - Françoise04'10
11 Suite la mort 2 - Françoise03'41
12 Suite la mort 3 - Françoise02'32
13 Suite la mort 4 - Françoise03'11
14 Suite la mort 5 - Françoise04'33
CD 7
01 Introduction de francoise dolto - Françoise02'10
02 Notion de danger - Françoise03'54
03 Le touche à tout - Françoise03'02
04 Ordre-désordre - Françoise05'13
05 Ordre-désordre suite 1 - Françoise01'13
06 Ordre-désordre suite 2 - Françoise07'27
07 Les peurs - Françoise04'33
08 Les peurs suite - Françoise06'30
09 L'enfant capricieux - Françoise01'22
10 L'enfant capricieux suite - Françoise01'24
11 L'enfant boudeur - Françoise04'12
12 L'enfant rapporteur - Françoise02'17
13 L'enfant tapeur - Françoise03'33
14 L'enfant pas prêteur - Françoise07'10
15 L'enfant menteur - Françoise04'33
16 L'enfant voleur - Françoise02'27
17 L'enfant voleur suite 1 - Françoise01'10
18 L'enfant voleur suite 2 - Françoise03'04
CD 8
01 L'adoption - Françoise05'45
02 L'adoption suite 1 - Françoise03'20
03 L'adoption suite 2 - Françoise04'46
04 L'adoption suite 3 - Françoise07'16
05 L'adoption suite 4 - Françoise02'23
06 L'adoption suite 5 - Françoise07'09
07 Les jouets - Françoise00'46
08 Les jouets suite 1 - Françoise03'53
09 Les jouets suite 2 - Françoise03'11
10 Les jouets suite 3 - Françoise04'18
11 Les jeux - Françoise02'33
12 Les jeux suite - Françoise02'39
13 Monde imaginaire - Françoise07'00
14 Livres de contes - Françoise02'33
15 Le Père Noël - Françoise03'10
CD 9
01 Les tics - Françoise01'22
02 Ongles pouces - Françoise06'10
03 Fascination du feu - Françoise06'30
04 Autorité - Françoise02'37
05 Refus d'obéissance - Françoise04'31
06 La fessée - Françoise00'49
07 La cruauté - Françoise04'39
08 Agressivités - Françoise05'57
09 Agressivités suite 1 - Françoise04'13
10 Agressivités suite 2 - Françoise03'23
11 Agressivités suite 3 - Françoise04'40
12 Agressivités suite 4 - Françoise03'10
13 Violence - Françoise08'25
14 Le parler d'amour - Françoise01'42
15 Conclusion de Francoise Dolto - Françoise00'51
Lettre du Ministre de l'Éducation Nationale à Frémeaux & Associés

"[...] Sachez que c'est avec le plus grand intérêt que j'ai pris connaissance de ces questions/réponses enregistrées, il y a presque trente ans en direct de la station de radio de France-Inter, portant sur l'éducation des enfants. Je suis ébloui par la pertinence des propos, en tout point d'actualité, de cette personnalité célèbre pour ses découvertes en psychanalyse de l'enfance ! [...]"
Xavier DARCOS - LE MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE




"Lorsque l'enfant parait, Intégrale de l'anthologie radiophonique 1976-1977" par L'Alsace

Est-elle méconnue parce que trop connue ? En tout cas, Françoise Dolto, pédiatre et psychanalyste (1908-1988), revient en pleine lumière avec la publication de l’intégrale de l’anthologie radiophonique (1976-1977) Lorsque l’enfant paraît, diffusée sur France Inter dans l’émission de Jacques Pradel. L’occasion, aujourd’hui, de se confronter à la pensée de cette patricienne qui disait : « le bébé est une personne ». A travers 375 heures d’émission, on retrouve des éléments passionnants sur la naissance, la famille, la jalousie, la propreté, l’école, la sexualité, les jeux et les agressivités. L’ALSACE





« Dolto en héritage » par Libération

Elle voulait être « médecin d’éducation », elle fut une pionnière en France de la psychanalyse des enfants. Dès 1967, sous le pseudo de Docteur X, Françoise Dolto médiatise ses thèses sur les ondes d’Europe 1, en répondant en direct et anonymement aux auditeurs. Bien qu’intuitive sa vision inédite du bébé et du petit enfant transformera radicalement les relations entre l’enfant et ses parents. Ainsi y a-t-il un avant-Dolto et un après. Le bambin que l’on prenait alors pour un « tube digestif » qui ne souffre pas, ne comprend rien de ce qui lui arrive, est considéré désormais comme une personne à part entière, un « être de langage » doté d’une précoce compréhension émotionnelle. C’est en 1967 et 1977 que se produit la rencontre entre la psychanalyse et le grand public qui contribua largement à sa notoriété. Sous son vrai nom cette fois, Françoise Dolto accepte une émission sur France inter. Lorsque l’enfant paraît, animée par Jacques Pradel (justement jeune papa à l’époque) est un succès. Avec des mots simples la psychanalyste répond aux lettres des auditeurs, prodigue des conseils sur l’éducation des enfants, les questions abondent. A l’occasion de la parution d’une anthologie de ses émissions, un coffret 3 CD , France inter revient sur l’héritage de Dolto (décédée en 1988). Pendant deux mois chaque mercredi matin (de 10  à 11 heures), Enfance reprend donc le flambeau avec la pédiatre Edwige Antier et Mathias Deguelle (animateur de l’émission l’Esprit de famille). Près de trente ans après la prestation radiophonique de Françoise Dolto, ses avis éclairés n’ont rien perdu de leur acuité. Neuf thèmes seront abordés par les deux acolytes qui répondent aux appels des auditeurs, ponctués de témoignages et de micros – trottoirs dans la cour de récré. Faut-il tout dire aux enfants ? Doit on les écouter en cas de divorce ? Doivent-ils allez chez leurs grands-parents ? Entre autorité et tendresse : rôle du père… ? Sujet du jour « Est-ce bien d’embrasser les enfants sur la bouche ? » Trop séducteur, selon la psy qui y voit un manque de respect de l’enfant. Décidément, il ne semble pas plus évident aujourd’hui qu’hier d’être parent.
Marc LAUMONIER - LIBERATION




"Notre Dolto" par BibliObs

[...] En 1976, tous les jours sur France-Inter, on écoutait Françoise Dolto. Elle répondait «de vive voix» aux lettres qu'elle avait reçues, et très vite elle était devenue une sorte de mère universelle. Dois-je allaiter mon bébé? Donner de l'argent de poche à mon fils de 6 ans? Pourquoi mes enfants font-ils des cauchemars? Les conseils fusaient, au fond toujours les mêmes: jouer avec l'enfant, le respecter, lui dire la vérité qui le concerne, lui faire confiance, ne pas laisser l'excès de baisers remplacer l'échange des paroles. Les nostalgiques du martinet et de la blouse grise se sentaient bien seuls. Dolto invitait chaque adulte à se ressouvenir de ses émotions premières, à se représenter les angoisses du nouveau-né au moment du passage. «Je crois que j'ai quelque chose de bébé qui n'est pas encore achevé», disait-elle avec un bon sourire sous ses cheveux gris. Dès son premier souffle, le bébé est exposé aux émotions de son entourage, doté d'un état civil, situé dans une fratrie. Mettons-nous à sa place, il y a de quoi s'interroger. Que suis-je venu faire dans cette galère? M'a-t-on invité? Ai-je bien fait de venir? Va-t-on s'occuper de moi? Si personne ne lui répond pas, il se sent perdu. «Que les mères parlent donc à leurs bébés, mais bien sûr, qu'ils comprennent!» Dans les chaumières et les villes nouvelles, dans les mansardes et les salons, on doltoïsait avec ferveur. La passion d'analyser les rêves et les angoisses se diffusait dans les familles. La tendance était à l'introspection, à la quête des origines, à la sculpture de soi. Dans les magazines, on glosait sur les ruses de l'inconscient, sur ce que les enfants ressentaient, sur la signification de leurs jeux. Les neurosciences étaient encore dans les limbes, et personne ne prétendait dépister par des tests ADN les futurs criminels. La version scientiste du dogme de la prédestination était encore à venir: chaque enfant était un être en devenir, un alliage subtil entre l'inné et l'acquis, entre l'héritage de sa lignée et son histoire personnelle: «Un enfant en général, ça n'existe pas.» [...]
C.D. - BIBLIOBS (NOUVEL OBSERVATEUR)




« L’Intégrale de Dolto » par l’Enseignant

Il y a trente ans, France Inter prenait le risque de confier une émission à une psychanalyste renommée pour parler à la radio de l’éducation des enfants : cela s’appelait « Lorsque l’enfant paraît ». Rapidement, les passages radio de Françoise Dolto, très suivis, se soldèrent par un énorme succès. Aujourd’hui, cette émission mythique est enregistrée par Frémeaux qui a recueilli, parmi les 375 heures d’enregistrement, les questions-réponses les plus significatives du travail de la grande psychanalyste, dans un coffret aussi complet que passionnant. L’ENSEIGNANT




"La voix qui sauve" par Télérama

Ses interventions ne duraient pas plus de dix minutes. Et l’émission n’a pas tenu l’antenne plus de deux ans. Pourtant, avec « lorsque l’enfant paraît », Françoise Dolto a durablement marqué les mémoires. Souvenirs d’un jeune débutant : Jacques Pradel.
À la fin du mois d’août 1976, lorsque la direction de France Inter demande à Françoise Dolto de bien vouloir répondre aux auditeurs, Jacques Pradel, qui l’accueille dans son émission, est un jeune animateur prometteur. S’il a déjà roulé sa bosse à Radio Nederland et fait le tour des radios francophones de service public, il n’est encore qu’un petit nouveau sur France Inter. L’année précédente, la direction lui a confié l’animation d’une longue émission quotidienne, en début d’après midi.  Elle s’appelle « Le Temps de vivre ». L’idée est simple : au moment où les concurrents jouent sur la rapidité de la parole et la musique rythmée, proposer une séquence calme, entrecoupée de rendez-vous de vulgarisation du savoir qui ne doivent pas dépasser dix minutes. Ainsi, Alain Decaux présente des Portraits de femmes ? Guy Breton et Louis Pauwels, Les Petites Histoires de l’Histoire, Jean-Michel Damian raconte les grandes œuvres de la musique classique et Pierre Salinger réalise une sorte de feuilleton sur les relations entre la France et l’Amérique. Dans ce casting manquaient une voix et des sujets féminins, éducatifs : Françoise Dolto arrive en septembre pour inaugurer la deuxième saison du « Temps de vivre ». Jacques Pradel se souvient de Lorsque l’enfant paraît, dont personne n’imaginait alors le succès immédiat et durable.

Anne Marie Gustave : Qui a eu l’idée de cette émission avec Françoise Dolto ? :
Jacques Pradel : Jean Chouquet, conseiller pour les programmes, et Pierre Wiehn, le directeur de France Inter. Ils m’ont demandé : « Tu connais Françoise Dolto ? »  J’avais lu Le Cas Dominique, un livre de spécialiste qui avait touché le grand public. « On a envie qu’elle intervienne dans ton émission. En début d’après-midi, les mères de famille écoutent beaucoup la radio. On voudrait les aider à répondre aux questions que soulève l’éducation d’un enfant. »

A.M.G : Françoise Dolto a-t-elle accepté facilement ? :
 JP : Elle avait une condition : que sa fille Catherine travaille avec elle. Elle voulait quelqu’un de très proche à ses côtés pour s’assurer qu’on ne lui sélectionnait pas des questions qui ne lui auraient pas convenu. Quand Catherine Dolto m’a vu à France Inter, elle a été surprise. Elle n’avait pas retenu mon nom, elle me connaissait : étudiant, je tenais le standard du Docteur X, en 1967, un programme d’Europe 1 où sa mère répondait anonymement et en direct aux questions des auditeurs.

A.M.G : La direction de France Inter avait-elle une idée précise de ce qu’elle voulait mettre en place ?
 JP : Bien sûr, mais Françoise Dolto a tout de suite pris l’affaire en main, balisant le territoire et les frontières de ce que nous allions faire. Elle ne voulait plus donner l’illusion d’une « aide magique » comme à Europe 1, où l’on communiquait un numéro de téléphone à l’antenne pour que les auditeurs appellent. Elle disait qu’elle ne répondrait qu’aux lettres. Q’en écrivant, les auditeurs prendraient le temps de réfléchir. Dans son esprit, c’était pour eux une manière de commencer à résoudre leur problème. Elle m’avait dit : « Vous verrez, un jour on recevra une lettre d’une personne qui va nous dire : “ Je vous envoie ces pages, mais je crois que j’ai compris. ”  » On en a reçu une, exactement comme elle l’avait prédit. Elle faisait une dizaine de feuillets. La femme qui l’avait envoyée avait mis quinze jours pour la rédiger. On le savait parce qu’elle datait ses paragraphes. L’écriture changeait sans cesse. La couleur du stylo aussi.

A.M.G : Françoise Dolto était-elle heureuse d’animer ce rendez vous ?
 JP : Elle était surtout très motivée. « J’ai accepté parce que c’est important, affirmait-elle. Si, avec cette émission on arrive à éviter une psychose ou une névrose, je serai satisfaite. » Elle était heureuse parce qu’elle sentait que c’était utile. Elle-même ne souhaitait pas mettre en avant son statut de thérapeute, mais c’était la première fois qu’un psychanalyste s’adressait au grand public. À l’époque, ses confrères préféraient rester dans l’ombre. Ils s’exprimaient dans un langage codé pour protéger leur savoir. C’est pour éviter de les choquer ou de provoquer une bronca chez ses pairs qu’elle était intervenue sous le pseudonyme de « Docteur X » sur Europe 1.

A.M.G : Comment se passaient les enregistrements de lorsque l’enfant paraît ? : 
 JP : Tous les vendredis, j’allais dans son cabinet de la rue Saint-Jacques. Je me  souviens de son fauteuil violet. Le technicien installait deux micros sur une petite table. Je lisais des extraits de lettres que j’avais sélectionnées au préalable avec Catherine. Françoise les commentait, répondait aux questions. On enregistrait dans les conditions du direct et en une seule prise les cinq éléments de la semaine. Ils ne duraient pas plus de dix minutes chacun. Il n’ y avait une vraie amitié entre nous. Mais elle disait régulièrement qu’elle ne voulait pas rester dix ans à France Inter.

A.M.G : Vous semblez très impliqué dans ces émissions… 
 JP : Au début, je lui avais proposé de couper mes questions après l’enregistrement pour que sa réponse semble s’adresser plus directement à l’auditeur. «  Pas du tout, m’a-t-elle rétorqué, il faut  que ce soit un dialogue. Je ne veux pas que les réponses viennent d’une autorité. Un enfant, ça s’élève à deux. Dans l’imaginaire de nos auditeurs, nous allons être un couple. Ça renforcera ce que l’on va dire. » À l’époque, j’avais vingt-sept, vingt-huit ans et elle pas loin de soixante-dix !

A.M.G : Justement, quelle était votre situation personnelle à l’époque ?
 JP : J’étais un jeune père de famille. Quand on a commencé l’émission, j’avais une fille. Lorsqu’ elle s’est arrêtée, deux ans plus tard, j’en avais trois.  J’ai eu des jumelles entre-temps. Forcément, je pouvais me projeter dans les questions des auditeurs. J’avais un terrain d’exercice à la maison. J’ai essayé de ne jamais mélanger les choses.

 A.M.G : Que vous reste-t-il de Françoise Dolto aujourd’hui ?
 JP : Une fulgurance à la limite de la prémonition. Je ne sais pas d’où elle la tirait. Je me souviens d’une histoire qu’elle m’a racontée et qui m’a beaucoup marqué. Elle avait été infirmière pendant la guerre, puis attaché au service d’une maternité où il y avait pénurie de lait. Là, une femme qui venait d’accoucher et qu’elle soignait n’avait pas de lait. Elle l’a prise dans ses bras et lui a demandé de raconter son enfance, ses relations avec  ses parents. La jeune maman s’est mise à pleurer en expliquant pendant de longues heures qu’elle avait été rejetée par sa propre mère. Deux jours après avoir enfin  livré cette douleur, elle avait une montée de lait.

 A.M.G : Vous est-il arrivé de n’être pas d’accord avec elle ?
 JP : Elle ne supportait pas que les parents se servent d’un interphone pour surveiller leurs enfants. Cela me heurtait un peu parce qu’il me semblait bien normal que nous, les parents, nous fassions du souci. Elle, elle trouvait scandaleux de les espionner, même s’il s’agissait de nouveau-nés. Quand j’évoquais la mort subite du nourrisson, elle répondait qu’une mère savait toujours comment allait son petit, qu’elle était en télépathie avec lui à chaque instant de sa vie… Elle affirmait aussi que les enfants savaient tout, même ce que l’on veut leur cacher.

 A.M.G : Vous lui demandiez des conseils personnels ?
 JP : C’est arrivé une seule fois. J’habitais un quatrième étage à Belleville. Ma fille aînée, comme beaucoup d’enfants de son âge, avait une nette tendance à escalader pour voir ce qui ce passait dans la rue. C’était dangereux, surtout qu’elle commençait à ouvrir les fenêtres. J’avais mis des barrières. Je voulais lui parler mais je n’arrivais pas à capter son attention. Je raconte mon histoire à Françoise Dolto, qui me dit : « On va en discuter dans l’émission. » C’est l’une des rare fois où j’ai pu appliquer l’une de  ses recettes. Elle m’a expliqué qu’il fallait que je profite d’un instant où ma fille jouait ou regardait la télé, parce que c’est toujours quand l’attention paraît la plus soutenue par autre chose que le message passe le mieux. « Dès que vous la sentez absorbée, vous vous adressez devant elle à sa mère, m’a-t-elle conseillé. Vous lui dites combien vous êtes inquiet. Que votre fille ne vous écoute pas. Que si elle continue à grimper sur les chaises ou le radiateur pour voir ce qui se passe à l’extérieur, elle risque de basculer et de se fracasser la tête sur le trottoir. » Je l’ai fait. Et ma fille ne s’est plus jamais approchée de la fenêtre.

A.M.G : Avez-vous réécouté ces émissions ?
 JP : Il m’arrive très rarement de le faire. Pour moi, c’est une vraie souffrance. J’ai bien essayé, mais chaque fois j’ai eu un empêchement mécanique. Mes deux lecteurs de CD, y compris celui de ma voiture, sont tombés en panne ! Actes manqués ! Il faut que j’en parle à mon psy. [Rire]

A.M.G : Comment expliquez-vous que les conseils qu’elle prodiguait en 1978 soient toujours d’actualité ? :
 JP : Ce qu’elle a fait, ce qu’elle a dit dans Lorsque l’enfant paraît n’est pas daté. Bien sûr que le contexte a changé. Les enfants sont d’avantage sollicités aujourd’hui, mais les situations sont comparables. L’inconscient est intemporel. Pour moi, ces émissions sont un exemple unique de pédagogie de l’inconscient. Faire comprendre qu’il existe et que parfois il communique avec nous. Et puis Dolto ne s’embarrassait pas de bienséance ni de politiquement correct. C’était un ovni pour les médias. Ces deux années sur France Inter lui ont amené beaucoup de propositions de télévision, qu’elle a refusées, pour ne pas brouiller sa relation avec ses patients. Il y a quarante ans, on n’était pas encore dans la société du spectacle. Elle ne jouait pas. Elle savait précisément pourquoi elle était là.

A.M.G : À l’époque vous vous intéressiez à la psychanalyse ?
 JP : Pas du tout, elle m’a ouvert sur un domaine que je ne connaissais pas. Les psychanalystes sont les explorateurs de l’inconscient. Avec elle, je me suis intéressé à Freud, ce que je n’avais pas fait avant, et plus tard grâce au conteur Henri Gouguaud, à Jung. Ensemble, et sur France Inter, on a animé une émission pour expliquer les rêves des auditeurs.

A.M.G : Françoise Dolto a-t-elle approuvé ou désapprouvé la suite de votre carrière ?
 JP : C’est une femme qui ne portait pas de jugement. Elle ne disait jamais « il faut », « vous devez ». Mais «il se pourrait que» ou «peut-être que vous devriez». Ensuite, je l’ai un peu perdue de vue. J’avais des nouvelles par Carlos, qui faisait Les Grosses Têtes avec moi. J’ai beaucoup aimé cet homme. On a eu des conversations formidables. Je me suis toujours demandé comment on pouvait exister quand on était fils ou fille de Dolto. Françoise était fière de lui parce qu’il faisait du bien aux autres. Pendant ces deux années, on a abordé tous les aspects de la psychologie de la mère et de l’enfant. Du sentiment maternel à la circulation des secrets de famille en passant par le choix des prénoms… Elle a participé à ma maturité, c’est évident. Mais je ne veux pas en faire un roman. C’est juste un vrai cadeau de la vie.
Anne-Marie GUSTAVE – TELERAMA




« Un réel bonheur » par la Faculté des sciences sociales/Université de Laval

Beaucoup de mélodies populaires que nous pouvons fredonner à loisir sont issues du répertoire folklorique de la France et du Québec, et immortalisées à la suite du mouvement de La Bonne Chanson, instauré par l’abbé Charles-Emile Gadbois. Cette entreprise visait à diffuser des chansons gaies et faciles à apprendre que l’on pouvait chanter en groupe, tout en faisant la promotion du français bien parlé (et bien chanté !). Hélas ! la plupart de ces chansons étaient impossibles à localiser sur disque, à moins de collectionner les 78 tours. Le coffret La Bonne Chanson au Québec reprend intégralement un ensemble de 4 CD édité initialement sur XXI Productions au Québec, mais pratiquement épuisé. Cette réédition vient de paraître en France chez Frémeaux & Associés, une compagnie sérieuse spécialisée dans les rééditions d’enregistrements introuvables du début du XXe siècle. Bien que ce boîtier soit fabriqué en France, il s’agit des versions d’origine de ces chansons interprétées par des chanteurs du Québec, et non de nouveaux enregistrements mis au goût du jour (ce qui me semblerait insupportable). La sélection et la recherche des titres ont été faites par Martin Duchesne. La présentation du livret et la qualité du son sont adéquats, mais variables d’une pièce à l’autre. Parmi les 100 chansons et comptines réunies, on appréciera quelques classiques : Ah ! si mon moine voulait danser, Bonhomme bonhomme ! (sais-tu jouer ?), V’là l’bon vent, C’est l’aviron, Envoyons d’l’avant nos gens, Cadet Roussel, En passant par la Lorraine. C’est un réel bonheur que de reconnaître autant de chansons éternelles ici réunies. Comment pouvons-nous en fredonner un si grand nombre alors que ces enregistrements sont épuisés depuis tant d’années ? La compagnie Frémeaux & Associés a également publiée deux coffrets doubles très originaux sur les premiers enregistrements au Canada. Le coffret intitulé Country Québec. Les pionniers et les origines 1925-1955 regroupe une cinquantaine de chansons, presque toutes en français, enregistrées pour la plus part avant 1950. Cette distance historique nous assure d’une grande authenticité et d’une spontanéité parfaitement intacte. C’était l’âge d’or du Western Québécois selon le soldat Roland Lebrun, du jeune Willie Lamothe et de plusieurs autres, bien avant que ce style issu de nos campagnes ne devienne péjoratif ou trop facilement ridiculisé. Il faut absolument réentendre Y mouillera p’us pantoute de Gaston Saint-Jacques (enregistrement de 1924) et Souffrance d’un cowboy de Geaoges Caouette (enregistrement de 1945). Evidemment, ces enregistrements sont anciens et souffrent parfois de l’usure du temps, néanmoins, il faut se souvenir que l’histoire de la chanson québécoise n’a pas débuté en 1960, mais bien avant. Enfin, le double coffret Canada Folksongs 1951-1957 (également paru chez Frémeaux & Associés, FA 5191) contient 57 chansons, principalement en anglais, mais également en français et dans les langues amérindiennes. Parmi les titres en français, notons Auprès de ma blonde, Vive la Canadienne, Galop de la Malbaie, mais aussi Un Canadien errant. Chacun de ces trois coffrets contient en outre un livret très instructif et quelques illustrations des étiquettes d’origine de ces 78 tours. Les chorales et les médiathèques pourront particulièrement apprécier ces collections. Yves LABERGE – FACULTE DES SCIENCES SOCIALES/UNIVERSITE DE LAVAL




« L’épanouissement de l’enfant » par Sciences Humaines

[…] Dans cette logique, elle soutient activement le mouvement de l’école nouvelle et de la pédagogie institutionnelle. De 1939 à 1971, elle écrit beaucoup d’articles, de conférences, mais assez peu dans des revues spécialisées. Suivant la voie tracée par R.Laforgue, elle cherche à élargir le champ de pénétration de la psychanalyse dans la presse féminine (Elle), catholique (Les études carmélitaines du père Bruno de Marie-Jésus) ou psychopédagogique (L’Ecole des parents, l’Enfant et nous). Cette période voit aussi les déchirements du groupe psychanalytique français, qui aboutissent aux deux scissions de 1953 et de 1963. F.Dolto est toujours dans le clan des libéraux, fondant d’abord en 1953, la société française de psychanalyse avec Daniel Lagache et Juliette Favez-Boutonier, bientôt rejoints par J. Lacan, puis suivant celui-ci en 1963, après ce qu’il nomme « l’excommunication », dans la création de l’école freudienne de Paris. Mais c’est à partir de 1971 que sa notoriété commence, avec la parution simultanée de sa thèse et du Cas Dominique, un adolescent psychotique dont F. Dolto interprète les propos mais aussi les dessins et les modelages. Elle va exploser littéralement grâce à ses émissions sur France Inter, qui donneront lieu aux trois coffrets sonores de Lorsque l’enfant paraît. L’importance primordiale accordée au langage, y compris celui du corps, et l’accent mis non plus sur l’obéissance mais sur l’épanouissement de l’enfant, sont en résonance parfait avec l’antiautoritarisme ambiant depuis 1968 : on parlera de « doltoïsation » de la société pour désigner cette lame de fond. En 1979, elle crée la première Maison verte, destinée aux enfants de moins de 3 ans, pour favoriser leur adaptation à la vie sociale et pour aider les parents à apprendre leur métier de parents. Sa trajectoire, jusqu’à sa mort en 1988, appartient autant à l’histoire culturelle et sociale du XXe siècle qu’à celle de la psychanalyse. SCIENCES HUMAINES




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