NOUVELLES EXTRAORDINAIRES - CERVANTES

LU PAR MICHEL BOUQUET

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Miguel de Cervantès (1547-1616) publie en 1613 le recueil de “Nouvelles Extraordinaires” dont sont tirées “Le licencié de verre” et “La force du sang”. C’est alors un homme usé et fatigué par la vie d’aventures qu’il a mené.
Cet ancien soldat reconverti dans l’écriture, auteur du premier best-seller de l’histoire de la littérature, “L’Ingénieux Hidalgo don Quichotte de la Manche”, livre dans ces nouvelles une véritable leçon d’écriture, alliant l’humour froid et la critique politique, mêlant dans son texte toutes les facettes de son génie littéraire.
C’est Michel Bouquet qui conte l’histoire de ces héros.
Le comédien, dont l’immense talent de narrateur ne pouvait que servir une incroyable histoire, offre une vision du récit probablement très proche de l’idée de Cervantès, car, comme il le dit lui même, “Je demande toujours aux personnages de jouer pour moi, ils le font tellement mieux”.
Claude Colombini-Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés en accord avec l'INA (Institut National de l'audiovisuel). (Collection enregistrements historiques de la radiodiffusion publique Française).
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NOUVELLES EXTRAORDINAIRES cervantes

NOUVELLES EXTRAORDINAIRES
cervantes
le licencié de verre - la force du sang
Lu par Michel BOUQUET
(Enregistrement de 1956)




Cervantès et “Le Licencié de verre”
Miguel de Cervantès Saavedra naît en Espagne le 29 septembre 1547, dans la région de Castille, à Alcala de Henares. Son enfance, qu’il passe dans sa famille, entouré d’un père chirurgien et de ses nombreux frères et sœurs, est heureuse.  Encore étudiant à Madrid et se sentant capable d’embrasser une carrière d’homme de lettres, il publie en 1568 quelques poèmes à la mémoire d’Élisabeth de France, alors Reine d’Espagne. Le faible succès de cette publication l’abat et il décide, l’année suivante, de partir pour Rome, où il entre au service du Cardinal Giulio Acquaviva.  Mais, avide de gloire et de renommée, il préfère bientôt rejoindre un régiment de l’armée espagnole, en poste à Naples. Après deux ans d’entraînement et de quelques missions peu valorisantes, il participe en 1571 à la célèbre bataille navale de Lépante, qui opposa les Espagnols aux Turques. C’est au cours de cet affrontement qu’il est blessé, perdant son bras gauche, happé par un boulet de canon. Cette terrible blessure lui valut dans les rangs de l’armée le surnom de “Manchot de Lépante”. C’est d’ailleurs quatre ans plus tard, après avoir quitté les armes, et en voguant vers l’Espagne que Miguel de Cervantès est capturé par des pirates de Barbarie. C’est donc en qualité d’esclave qu’il est emmené en Algérie, où il passe cinq ans, malgré plusieurs tentatives pour recouvrer sa liberté. Enfin, ses parents et amis parviennent à rassembler le montant de la rançon demandée par ses ravisseurs, et c’est un Miguel de Cervantès libre mais prématurément usé qui rentre enfin chez lui, après onze ans d’absence.  A trente-trois ans, Cervantès regagne donc l’Espagne. Pourtant, malgré la renommée qu’il avait acquise au service de l’armée et pendant sa détention, il ne peut trouver un emploi, chacun refusant d’engager un infirme.  Pour subsister, il doit retrouver ses premières amours, et se consacre exclusivement à sa nouvelle vocation d’écrivain populaire. Entre 1582 et 1585, il est d’une incroyable productivité, rédigeant à une allure folle poèmes et pièces de théâtre, qui lui valent d’être admis dans les cercles littéraires de Madrid, où il a décidé de vivre. Malheureusement, ces écrits ont presque tous disparu aujourd’hui, à l’exception notable d’un roman pastoral, “La Galatée” publiée en 1585. Malgré de relatifs succès, Cervantès ne peut encore vivre de sa plume. Il épouse donc en 1584 la fille d’un riche propriétaire d’Esquivias, dona Catalina de Palacios y Vozmediano. Ce mariage lui vaut des faveurs par son beau-père, dont il hérite de certaines tâches, notamment administratives. C’est ainsi qu’il se retrouve responsable de l’approvisionnement des troupes de la Flotte de l’invincible Armada, ou, quelques années plus tard, de la collecte des impôts. Mais, rapidement soupçonné de détourner à son profit une partie des fonds qui lui sont confiés, il est maintes fois emprisonné et c’est à l’occasion d’un de ses fréquents séjours derrière les barreaux qu’il commence à concevoir son œuvre majeure et magistrale. Et c’est ainsi qu’il imagine peu à peu le sort d’un homme qui, allant de désillusions en désillusions et menant une vie sordide et misérable entre Madrid et Séville, se persuade d’être un chevalier errant, faisant siens des idéaux de paix, de justice et d’amour.  C’est en 1605 que Cervantès publie un récit de chevalerie qu’il intitule “L’Ingénieux Hidalgo don Quichotte de la Manche”. Le succès est foudroyant, poussant des faussaires à publier dans le même temps trois versions pirates des aventures du Chevalier à la Triste Figure. Malheureusement, poursuivi par la malchance, Cervantès est désigné comme le responsable de ces contrefaçons, et doit répondre de ces chefs d’accusation devant les tribunaux. Désabusé, il se retire de la vie publique et littéraire, vivant des revenus que lui procure le succès jamais démenti de don Quichotte. Il écrit toutefois pendant cette retraite de nombreux autres récits, qu’il publie en 1613, sous le titre des “Nouvelles extraordinaires”. Ce recueil de nouvelles, dont certaines rappellent les romans à la mode italienne, d’autres se rapprochant plus du style romanesque ou fantastique est célèbre encore aujourd’hui, pour la verve satirique et picaresque dont il témoigne. C’est à la veine fantastique du recueil qu’appartient “Le Licencié du verre”, publiée au sein de ces “Nouvelles Extraordinaires”. Les deux dernières années de la vie de Cervantès furent consacrées à la rédaction d’une suite et fin des aventures de don Quichotte, ainsi qu’à la publication de son récit le plus personnel, rédigé sur le ton de la confession, “Voyage au Parnasse”.  Épuisé, il achève deux jours avant sa mort un récit épique de chevalerie, “Les Travaux de Persilès”, puis s’éteint le 23 avril 1616, à l’âge de 69 ans. 

“Le Licencié de verre”
“Le Licencié de verre” est une de ces nouvelles fascinantes que Cervantès publia à la fin de sa vie, en 1613, après huit années de maturation. A travers l’histoire de cet homme qui sombre dans la maladie, Cervantès laisse libre cours à son génie littéraire, usant de ses grandes connaissances médicales, acquises auprès de son père chirurgien, pour mieux livrer le portrait de Rodaja, qui se croit fait de verre.  A travers de multiples changements de rythme tout au long du récit, Cervantès utilise la langue pour pousser son lecteur à réagir aux pérégrinations mentales de son malheureux héros. A ce titre, il est étrange d’observer que les commentateurs font état, chez les contemporains de Cervantès, d’une recrudescence de symptômes comparables chez nombre d’Espagnols qui manifestèrent une névrose similaire à celle décrite dans “Le Licencié de verre”. D’ailleurs, ce sujet est récurrent dans la littérature mondiale, depuis l’Antiquité jusque, plus près de nous, l’ouvrage de A. G. Engstrom paru en 1970, “The Man who thought himself made of glas”. La force du récit de Cervantès n’est cependant pas qu’une simple analyse médicale décrivant les effets d’une psychose, c’est le moyen pour l’auteur de publier une fable, elle-même poussée par une logique intrinsèque. En effet, le héros, à travers son drame personnel, est le vecteur de sentences critiques à l’encontre de sa société, cette société qui ne veut pas le reconnaître, et dont il se refuse à suivre les codes. Naît alors une incompatibilité et une incommunicabilité fondamentales, qui marquent tout le texte. Et c’est de ce sentiment d’isolement que naît la maladie. En effet, Rodaja ressent les premiers symptômes alors qu’il réalise le vide de son existence et sa fragilité personnelle. Le fait de se croire en verre n’est donc chez lui que l’expression de cette terrible peur de soi et de son propre néant. Cervantès, utilisant la maladie de son personnage principal pour critiquer l‘état du monde, porte, par le biais de l’écriture, un regard terriblement lucide et irresponsable, au sens où, faisant parler un homme que chacun s‘accorde à considérer comme fou, il ne saurait être condamné pour les propos qu‘il prête à son héros. “Ainsi, selon Jean Cannavaggio, entend-il dire à chacun sa vérité, une vérité à laquelle n’accèdent que ceux dont Érasme, dans son Éloge de la Folie, exalte la lucidité paradoxale”. Comme avec “Don Quichotte”, Cervantès, dans “Le Licencié de Verre”, démontre qu’il est un homme libre, qui parle à tous les autres hommes libres, dégagés des préjugés de son temps et de tous les temps…
Guillaume LECLERE
© 2006 Frémeaux & Associés / Groupe Frémeaux Colombini SAS 

Michel Bouquet
Michel Bouquet est né en 1925 à Paris. Après avoir tâté de nombreux petits métiers, passant de mécanicien-dentiste à apprenti pâtissier, il se lance dans la comédie en 1947. Dès lors, on peut le voir dans “Monsieur Vincent” de Maurice Cloche, puis l’année suivante dans “Manon” de Henri-Georges Clouzot. Dès lors, sa carrière s’envole. Pris en amitié par de nombreux réalisateurs, il tourne beaucoup, “La sirène du Mississipi” de Truffaut en 1968, “Poulet au vinaigre” de Poiret en 1985, “Tous les matins du monde” de Corneau en 1991, devenant une véritable icône, alliant tendresse et austérité. Il livre ici une vision du “Licencié de Verre” qu’il rend vivante et folle, à l’image du héros que la peur et la maladie mentale submergent. “Je demande toujours aux personnages de jouer pour moi, ils le font tellement mieux” dit de son travail cet acteur simple qui ressuscite par sa seule voix toute l’Espagne du XVIème siècle et c’est tout le fantôme du “manchot de Lépante” qui revit.  

CHRONOLOGIE
1547 Miguel de Cervantès naît à Alcalá de Henares, le 29 septembre. Il est le troisième enfant du chirurgien Rodrigo de Cervantès et de Leonor de Cortinas.
1553 La famille Cervantès s’installe à Valladolid. Mort de Rabelais.
1556 Avènement de Philippe II.
1558 Mort de Charles Quint. Avènement d’Elisabeth Ire d’Angleterre.
1559 Mort d’Henri II.
1561 La famille Cervantès s’installe à Madrid.
1562 Naissance de Lope de Vega.
1564 La famille Cervantès s’installe à Séville. Naissance de Shakespeare. Mort de Michel-Ange.
1566 La famille Cervantès retourne à Madrid. Miguel fréquente l’étude de Juan López de Hoyos, maître ès humanités, érasmiste.
1569 Miguel de Cervantès réside à Rome.
1570 Toujours à Rome, Cervantès s’enrôle comme soldat dans l’expédition maritime contre les Turcs, commandée par le général des armées pontificales, Marc Antoine de Colonna.
1571 Les flottes coalisées de l’Espagne, de Venise et du Saint Siège, sous le commandement de don Juan d’Autriche, remportent le 7 octobre, à Lépante, la victoire sur les Turcs. Cervantès est blessé à la main gauche et hospitalisé à Messine.
1572 Cervantès participe à la campagne navale de don Juan d’Autriche à Corfou. Massacre de la Saint-Barthélémy.
1573 Nouvelle expédition de don Juan d’Autriche contre Tunis et La Goulette à laquelle prend part Cervantès.
1574  Cervantès s’installe en Sicile, puis à Naples.
1575  En regagnant l’Espagne, Cervantès est fait prisonnier au large des côtes catalanes par le pirate barbaresque Arnaut Mami, et conduit à Alger. 
1576  Première évasion de Cervantès, qui est repris et reconduit à Alger.
1577  Deuxième tentative d’évasion et nouvel échec.
1578  Troisième tentative d’évasion et autre échec. Mort de don Juan d’Autriche.
1579  Quatrième tentative d’évasion. Cervantès obtient la grâce du pacha d’Alger.
1580  Cervantès est libéré; il rejoint Madrid. Première édition des Essais de Montaigne. Naissance de Quevedo.
1582  Cervantès écrit La Galatée. Représentation de ses premières pièces de théâtre, dont La Vie à Alger.
1584  Cervantès épouse le 12 décembre, à Esquivias, Catalina de Salazar. Naissance, cette même année, de sa fille naturelle, Isabel de Saavedra.
1585  Mort de Rodrigo de Cervantès, père de Miguel. Publication de la première partie de La Galatée. Mort de Ronsard.
1587  Cervantès s’installe à Séville. Commissaire aux approvisionnement des galères du roi, chargé de pourvoir en vivres l’“Invincible Armada”, il traite avec les meuniers, les muletiers et les charretiers d’Andalousie.
1589  Assassinat d’Henri III.
1592  Cervantès est emprisonné pour vente illégale de blé, puis rapidement libéré. Mort de Montaigne.
1593  Mort de Leonor de Cortinas, mère de Cervantès.
1594  Entrée d’Henri IV à Paris.
1596  Naissance de Descartes.
1597  Cervantès est incarcéré à Séville, accusé d’avoir détourné de l’argent de l’État.
1598  Libération de Cervantès. Mort de Philippe II. Avènement de Philippe III.
1600 Rodrigo de Cervantès, frère de Miguel, est tué à la bataille des Dunes. Cervantes quitte Séville pour s’installer en Castille. Shakespeare écrit Hamlet.
1603 Mort d’Elisabeth Ire d’Angleterre.
1605 Publication de la première partie de Don Quichotte. Le succès est tel que six éditions sont publiées en Espagne la même année.
1606 Cervantès et sa famille se déplacent à Madrid, avec la cour. En Angleterre, première représentation de Macbeth. Naissance de Corneille.
1608 Traduction française par N. Baudouin de la nouvelle Le Curieux malavisé, insérée dans la première partie de Don Quichotte.
1609 Cervantès entre dans la Congrégation du Très-Saint-Sacrement, fraternité et académie littéraire à laquelle appartiendront Lope de Vega et Francisco de Quevedo. Expulsion des morisques. Mort d’Andrea, sœur aînée de Cervantes.
1610 Assassinat d’Henri IV.
1611 Mort de Magdalena, sœur cadette de Cervantès. Séjour à Esquivias.
1613 Publication des Nouvelles exemplaires, dédicacé au comte de Lemos, bienfaiteur de Cervantès et vice-roi de Naples. Le recueil connaît un grand succès.
1614 Publication, par un éditeur de Tarragone, d’une seconde partie de Don Quichotte, apocryphe, connue aujourd’hui sous le nom du Quichotte d’Avellaneda. Publication du Voyage au Parnasse. Traduction française, par César Oudin, de la première partie de Don Quichotte.
1615 Publication de la seconde partie de Don Quichotte, dédicacée au comte de Lemos, dans laquelle Cervantès fait allusion à la suite apocryphe d’Avellaneda. Le succès est considérable. Publication de Huit Comédies et huit intermèdes jamais représentés. Traduction française, par François de Rosset, des Nouvelles exemplaires.
1616 Miguel de Cervantès meurt à Madrid le 23 avril. Mort de Shakespeare.
1617 Publication des Travaux de Persilès et Sigismonde, dédicacé au comte de Lemos. Réédition en Espagne de toutes les œuvres de Cervantès.
1618 Traduction française, par François de Rosset, de la seconde partie de Don Quichotte. 
Chronologie établie par Aline SCHULMAN  

Le licencié de verre
01. Par une matinée d’été, deux jeunes gentilshommes… 4’58
02. Sancho prit congé d’eux… 6’18
03. De là, il se rendit en Sicile… 2’57
04. Au moment où Sancho prenait ses licences… 5’43
05. Bientôt les polissons l’entourèrent… 3’42
06. La nouvelle de l’étrange folie de Sancho 7’07
07. Sancho resta plus d’une année… 4’18 

La force du sang
08. Par une nuit des plus chaudes de l’été 3’53
09. Rodolfe cependant, usant de prudence et de ruse… 5’15
10. La réponse que fit Rodolfe… 3’54
11. Leocadie resta seule… 4’23
12. Mais, au bout de quelques mois… 7’31
13. Surprise à ces propos, Dona Estefania… 2’59
14. Le courrier arriva à Naples… 4’30
15. La mère de Rodolfe fut enchantée de sa réponse… 3’25
16. Ces amères nouvelles arrivèrent… 4’52 

Ecouter NOUVELLES EXTRAORDINAIRES CERVANTES LE LICENCIÉ DE VERRE - LA FORCE DU SANG  de Miguel de Cervantès 
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01 Par une Matinée d'été, deux jeunes gentilshommes… - Michel Bouquet04'58
02 Sancho prit congé d'eux… - Michel Bouquet06'18
03 De là il se rendit en Sicile… - Michel Bouquet02'57
04 Au moment où Sancho prenait ses licences… - Michel Bouquet05'43
05 Bientôt les polissons l'entourèrent… - Michel Bouquet03'42
06 La nouvelle de l'étrange folie de Sancho… - Michel Bouquet07'07
07 Sancho resta plus d'une année… - Michel Bouquet04'18
08 Par une nuit des plus chaudes de l'été… - Michel Bouquet03'53
09 Rodolphe, cependant, usant de prudence et de ruse… - Michel Bouquet05'15
10 La réponse que fit Rodolphe… - Michel Bouquet03'54
11 Léocadie resta seule… - Michel Bouquet04'23
12 Mais au bout de quelques mois… - Michel Bouquet07'31
13 Surprise à ces propos, Dona Estefania… - Michel Bouquet02'59
14 Le courrier arriva à Naples… - Michel Bouquet04'30
15 La mère de Rodolphe fut enchantée de sa réponse… - Michel Bouquet03'25
16 Ces amères nouvelles arrivèrent… - Michel Bouquet04'52
« Cervantès : Le licencié de verre. La Force du sang » par La Revue des Médiathèques

Lu par Michel Bouquet. Enregistrement de 1956. Tirés du recueil Nouvelles extraordinaires, ces deux textes courts de Cervantès brillent par leur ingéniosité, leur humour froid et l’expression de la critique politique. La voix de Michel Bouquet sait rendre aux héros leur grandeur et leur complexité. Un livret de douze pages vient remplacer les nouvelles dans leur contexte. Un bel ouvrage publié par Frémeaux et Associés. Lucas FALCHERO - LA REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« Composée avec maestria » par Lire

Arrêtons nous sur la première des deux nouvelles : « Le licencié de verre ». Rodaja, jeune homme misérable, n’a qu’une obsession : apprendre. Deux gentilshommes, étudiants à Salamanque, l’ayant croisé en chemin, lui proposent de le prendre à leur service et de financer ses études. Pris en charge durant trois ans, notre héros se laissera tenter par un grand périple qui le conduira en Italie et en Flandres. A son retour, une femme, objet de toutes les convoitises masculines, succombe à son charme et à son intelligence. Rodaja reste impassible. Elle tente alors de le rendre amoureux par un mets qui manque de le faire mourir : au sortir d’un long coma, notre héros se croit en verre. Il est inapprochable. Plus : infréquentable. L’homme fragile ne cesse de dire ses quatre vérités au monde…Cette nouvelle, composée avec maestria, est une fable que sert merveilleusement le talent de Michel Bouquet qui donne au regard de Cervantès sur le monde, à sa phrase, la puissante avidité du buvard.
J.S. - LIRE




« A ne pas manquer » par Publication Médecine

Deux textes que vous découvrirez peut-être ou que vous redécouvrirez. Dans les deux cas, le plaisir sera immense. L’écriture est celle d’un géant de la littérature espagnole. La lecture par Michel Bouquet ajoute une note indéniable au plaisir de l’écoute. Les deux héros de ces deux courtes nouvelles en sont presque réel tant on se laisse prendre par ce moment de magie contenu dans ce CD. A ne pas manquer.
M.L. VIALLARD – PUBLICATION MEDECINE




« Voix de Michel Bouquet » par Denis Podalydès

[…] Je le regarde, de tout en haut du théâtre. Le considère, l’examine, le dévore, l’enfonce dans ma mémoire. Ses cheveux blancs. Son œil de requin. Sa Silhouette ; Sa voix-cerveau. Il ne sait rien, ne veut rien savoir de nos vies privées, dont il  ne se mêle jamais. Aucune allusion à la sienne. L’existence particulière et quotidienne ne le concerne pas. La vraie vie est au théâtre. Le théâtre, les pièces, les auteurs que nous devons travailler au Conservatoire, c’est cela, la vie. « Molière, ça, oui, oh, c’est difficile, c’est très difficile, on souffre comme un chien à travailler ça, oh là, là… » Réveil. Il dit : « Molière » d’une vois caressante. Perce l’intonation enfantine et joyeuse qui remet la machine en branle. Molière redevient possible, mais il va falloir trimer. Un matin, dans le petit studio du quatrième étage, au milieu de nous, désireux de nous faire comprendre la démesure racinienne, dont un élève bien trop sagement des vers, il nous jette, éperdu, hors d’haleine, tellurique, une entière et fulgurante tirade de Roxanne dans Bajazet. Explose, sous nos yeux, une femme tout à fait folle et meurtrière. La vue, dans son enfance, l’interprétation de madame Segond-Weber, la grande tragédienne, dont il aime rappeler que Weber, la grande tragédienne, dont il aime rappeler que les répliques tombaient dans sa bouche « comme des fûts de colonne ». Humble, mortifié, désarmé devant le génie des Auteurs, qu’il place bien plus haut que les acteurs, ou que les metteurs en scène, engeance suspecte, il écoute les grandes scènes classiques la tête penchée sur le côté, un doigt sous le menton, comme s’il considérait un cas très épineux, requérant toute son attention, défiant et vampirisant son savoir et son expérience. Du fond de la gorge, lui vient parfois, éclatant, libéré, farceur, un rire qui nous surprend toujours, n’arrivant jamais quand nous croyons être drôles. Je travaille Don Bazile, le monologue de la calomnie dans le Barbier de Séville de Beaumarchais. « Il faudrait imaginer qu’il ait un peu mauvaise haleine. Il y avait un acteur, comme ça, Christian Lude, ah, vous n’avez pas connu, c’était un merveilleux acteur, et il avait une haleine pestilentielle, il marchait comme ça… » Et Don Bazile m’apparaît. Il se tient tout près de moi. A quelques centimètres. « Tout ce que tu es là - il tapote mon front de son doigt-, il faut maintenant que ça descende dans le chair » : il y a dans sa voix, dans son œil de bête fauve, beaucoup d’affection et de douceur concentrées. Je mets des années à incorporer ce viatique. Découpées par cette bouche sans lèvres qui dégraisse les mots et leur confère une acuité, une acidité inexorables et mémorables, il a de ces phrases qui ouvrent des brèches, révèlent des continents, modifient notre géologie mentale, décident de nos vies d’acteur , dans cette voix de chair tendue, de métal et d’électricité, dont il peut déchaîner l’orage d’une seconde à l’autre. « Il me chie dans les bottes ! Il me chie dans les bottes ! (un temps) – Il me chie dans les bottes ! Il me chie dans  les bottes ! » Arpentant la salle, il répète indéfiniment la même phrase. Son bras droit plié au coude, sa main monte et descend, mécanique. Rouge, furieux, gorge tremblante, front suant, il va et vient, tonitruant. Sa fureur lacère, déchire l’air de sa toute puissance de forge. Il ne se lasse pas de répéter encore et encore « Il me chie dans les bottes ! », avec une richesse d’intonation qui serait comique, si nous avions le cœur à rire pendant ces vingt minutes de long et terrifiant dépit. Sa voix invente un opéra féroce, où se succèdent récitatifs et arias déchaînés, concentrés en un même faisceau d’intention : sujet de sa prodigieuse colère, assis, tête basse, Vincent Schmitt s’obstine, envers et contre cette voix d’Ancien Testament, à refuser de reprendre, aux Journées de juin, une scène de Marivaux que Bouquet estime faite pour lui. […] Denis PODALYDES, « VOIX OFF » © MERCURE DE FRANCE




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