LA GRANDE BRETÊCHE - HONORE DE BALZAC

Lu par PIERRE BELLEMARE

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« Sous l’effet de la volonté et des excitants, les hommes forment une “comédie humaine”, société d’autant plus saine qu’elle conserve la force vitale qui, en la soudant, la traverse de part en part : “L’idée première de la Comédie humaine… vint d’une compa­raison entre l’Humanité et l’Animalité… Si quelques savants n’admettent pas encore que l’animalité se transborde dans l’Humanité par un immense courant de vie, l’épicier devient certainement pair de France” Honoré de Balzac. Étant donné que l’“immense” fluide volontaire passe d’un règne animal structuré en espèces à celui de l’homme, Balzac déduit que la société imite la nature en la prolongeant : il y a des épiciers et des pairs de France comme il y a des loups et des agneaux. »
Claude Colombini-Frémeaux & Alexandre Wong

"La grande bretêche" suivi de "La question posée"

Droits : PBRK licencié à Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore."
HONORÉ DE BALZAC La grande Bretèche

HONORÉ DE BALZAC
LA GRANDE BRETECHE

suivi de LA QUESTION POSÉE

Lu par Pierre Bellemare


 


Overdose
“La vue de Louis avait exercé sur moi je ne sais quelle influence sinistre. Je redoutai de me retrouver dans cette atmosphère enivrante où l’extase était contagieuse. Chacun aurait éprouvé comme moi l’envie de se précipiter dans l’infini, de même que les soldats se tuaient tous dans la guérite où s’était suicidé l’un d’eux au camp de Boulogne. On sait que Napoléon fut obligé de faire brûler ce bois, dépositaire d’idées arrivées à l’étal de miasmes mortels. Peut-être en était-il de la chambre de Louis comme de cette guérite ? Ces deux faits seraient des preuves de plus en faveur de son système sur la transmission de la Volonté. J’y ressentis des troubles extraordinaires qui surpassèrent les effets les plus fantastiques causés par le thé, le café, l’opium, par le sommeil et la fièvre, agents mystérieux dont les terribles actions embrasent si souvent nos têtes (Louis Lambert)”. La théorie philosophique de la volonté exposée par Balzac à la fin de Louis Lambert est la version ésotérique du Traité des excitants modernes publié ultérieurement le 11 mai 1839 : l’influence morbide de la volonté de Louis Lambert sur l’âme du narrateur est comparée à l’action dangereuse du thé, du café, de l’opium sur le corps. L’abus de drogues et plus encore de volonté entraîne la dégénérescence et la mort. Balzac, grand consommateur de café, s’interroge sur les vertus énergétiques d’excitants qui ont pour propriété d’accroître la puissance vitale mais aussi de l’user – pas de meilleure illustration de cette théorie que La Peau de Chagrin : “Il est fatigué, dis-je, par des excès de pensée, par des écarts de régime, par l’emploi répété de stimulants trop énergiques”. Vouloir ou souhaiter, c’est (se) consumer : “Maintenant vos volontés seront scrupuleusement satisfaites, mais aux dépens de votre vie. Le cercle de vos jours, figuré par cette peau, se resserrera suivant la force et le nombre de vos souhaits (La Peau de Chagrin)”. La volonté comme les stimulants sont des forces matérielles, fluides qui passent dans le corps, se transmettent de corps en corps, de génération en génération ; feux sacrés ou épidémies : “Ne se rencontre-t-il pas des hommes qui, par une décharge de leur volition, cohobent les sentiments des masses? (Louis Lambert)”.

Ce matérialisme énergétique appuie une vision sociale et politique ; les vices, comme le sang vertueux des nobles, se transmettent, marquent le physique, le caractère d’une profession, d’une classe, d’une race : “mais, si les éligibles et les prolétaires qui lisent ces pages croient ne faire du mal qu’à eux en fumant comme des remorqueurs ou buvant comme des Alexandre, ils se trompent étrangement ; ils adultèrent la race, abâtardissent la génération, d’où la ruine des pays (Traité des excitants modernes)”. Suivant l’opinion du docteur Virey, auteur d’un Régime alimentaire des Anciens, Balzac va jusqu’à dire que “la boucherie fait les garçons”; l’absorption de nourritures riches favorise leur naissance en les rendant forts et intelligents.

La physiologie balzacienne, partant des marques physiques laissées par le régime alimentaire, dégage les lois qui déterminent le comportement social : sous l’effet de la volonté et des excitants, les hommes forment une “comédie humaine”, tableau qui les caractérise selon la quantité de force qu’ils dégagent. Une société est d’autant plus saine qu’elle conserve la force vitale qui, en la soudant, la traverse de part en part. Balzac, en savant, poursuit les Recherches physiologiques sur la vie et la mort de Bichat en étendant sa physiologie au “corps” social. La volonté, avant que d’être le propre de l’homme, est un “fluide, attribut de tout être doué de mouvement (Louis Lambert)”, ne circule pas moins en l’homme qu’en l’animal : “L’idée première de la Comédie humaine… vint d’une comparaison entre l’Humanité et l’Animalité… Si quelques savants n’admettent pas encore que l’animalité se transborde dans l’Humanité par un immense courant de vie, l’épicier devient certainement pair de France (Avant-propos à La Comédie humaine)”. Étant donné que l’“immense” fluide volontaire passe d’un règne animal structuré en espèces à celui de l’homme, Balzac déduit que la société imite la nature en la prolongeant : il y a des épiciers et des pairs de France comme il y a des loups et des agneaux; reste à en faire la typologie pour en exprimer l’ordre.

La Grande Bretèche

Ce récit, publié en 1830, est une illustration de la Physiologie du mariage qui, à la même époque, ouvrit à Balzac les portes de la gloire. L’adultère en est l’objet “scientifique” sans dire statistique d’étude. Il fut inséré après bien des hésitations dans La Comédie humaine (“Scènes de la vie privée”) à la fin de Autre étude de femme. Seul problème : cette histoire d’adultère racontée à la troisième personne par un personnage récurrent de La Comédie humaine, le docteur Horace Bianchon, ne colle pas avec le récit à la première personne qui la précède.

Traité des excitants modernes
Charpentier fait une réédition en 1838 d’une autre grande physiologie, celle sur le goût de Brillat-Savarin ; il demande à Balzac d’y associer sa Physiologie du mariage à laquelle est joint le Traité des excitants modernes qui, à l’inverse de la Physiologie du goût de Brillat-Savarin, fait l’étude des mauvais régimes alimentaires : “Brillat-Savarin, qui, l’un des premiers, a remarqué l’influence de ce qui entre dans la bouche sur les destinées humaines, aurait pu insister sur l’utilité d’élever sa statistique au rang qui lui est dû, en faisant la base sur laquelle opéreraient de grands esprits (Traité des excitants modernes)”. Dans la note liminaire à cette édition, Balzac prétend avoir composé la Physiologie du mariage sans rien connaître de la Physiologie du goût. Brillat-Savarin, en appliquant la physiologie à un organe corporel (le goût), reste dans les limites de la recherche scientifique. Balzac, moins modeste, utilise cette discipline médicale pour l’étendre à des phénomènes sociaux qui n’ont a priori rien de physiologique. Ses statistiques pré-sociologiques rendent objectives des faiblesses humaines (l’adultère, la consommation d’excitants).

La Physiologie du mariage et le Traité des excitants moderne trouvent leur place dans les Etudes analytiques de La Comédie Humaine : un premier ouvrage (Analyse des corps enseignants) devait faire l’examen philosophique de ce qui influe sur l’homme avant sa conception jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans; suit la Physiologie du mariage puis la Pathologie de la vie sociale qui comprend le Traité de la vie élégante, la Théorie de la démarche, le Traité des excitants moderne : “L’homme est élevé bien ou mal… il s’est marié, sa double vie se manifeste… il s’habille, il se loge, il parle, il marche, il mange, il monte à cheval ou en voiture, il fume, il se grise et se dégrise, il agit suivant des règles données et invariables, malgré les différences peu sensibles de la mode (note liminaire à la réédition de1838)”. La Monographie de la vertu devait couronner ces études analytiques en déterminant les lois de la conscience sociale qu’on oppose à la conscience naturelle. 

Balzac, auteur d’un article sur l’opium publié en 1830 dans La Caricature, a pu lire la traduction de Musset L’Anglais mangeur d’opium; Thomas de Quincey y décrit les effets physiologiques de cette drogue sur son propre corps. Le Traité des excitants modernes n’est-il pas la confession par Balzac de ses propres abus de café ? En mars 1836, il connaît de violentes inflammations des muqueuses : “je ne digère pas sans d’horribles souffrances (A Mme Hanska, 27 mars 1836)”. Georges Sand tente de le mettre au tabac : Je n’ai pas été impunément à Nohant, j’en ai rapporté un énorme vice, elle m’a fait fumer un houka et du lataki; c’est devenu tout à coup un besoin pour moi, cette transition me permettra de quitter le café, de varier les excitants dont j’ai besoin pour le travail (2 mars 1838)”.

Comme il le confie à Zulma Carraud et à Mme Hanska sa diététique, inébranlablement arrêtée au début de l’année 1833, consistait jusqu’alors à se coucher comme les poules à six ou sept heures du soir ; réveillé à une heure du matin, il travaillait jusqu’à huit heures, puis dormait une heure et demi avant de prendre une tasse de café concassé (pas moulu), infusé à froid, concentré dans une petite quantité d’eau (au lieu d’être dilué) et pris à jeun ; il reprenait son travail jusqu’à quatre heures, s’occupait de ses rendez-vous d’affaires, prenait souvent un bain et dînait. Le café “allume” le combustible intellectuel, accélère le mouvement volontaire, l’épuise aussi plus rapidement. C’est la recette de La Comédie Humaine : “Il est difficile de se figurer le théoricien de la volonté, ce jumeau spirituel de Louis Lambert, consentant à perdre une parcelle de cette précieuse substance (Baudelaire, Les Paradis artificiels, “Le Poème du hachisch”).
Alexandre Wong
© Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini SAS 2007

Pierre BELLEMARE
Pierre BELLEMARE, né en 1929 à Boulogne-Billancourt, fait preuve dès sa plus tendre enfance d’une imagination débordante. Si, durant ses jeunes années, il peine à faire preuve d’attention aux cours de ses professeurs, il saura plus tard capter celle de millions d’auditeurs, lecteurs et téléspectateurs durant des décennies. Dès ses 17 ans, il entre dans une société de production pour la radio et la télévision. Cette première passion ne le quittera plus. En 1947, il entre à la radiodiffusion française comme “metteur en ondes” (réalisateur). Huit ans plus tard, il est engagé par une toute nouvelle radio, dont le nom deviendra vite célèbre : Europe n° 1. Il commence à y raconter ses Histoires extraordinaires, dont les récits tiendront en haleine ses auditeurs pendant plus de 14 ans. Après quelques années d’absence, il reprend son émission en 2004. Surtout connu du public par les nombreuses émissions de radio et de télévision qu’il a produites, Pierre Bellemare est également un écrivain traduit dans plusieurs langues et un grand amoureux de la littérature. Son aura audiovisuelle lui permet d’amener un grand public à la littérature. Dans ce cadre, Pierre Bellemare a enregistré un grand nombre d’œuvres littéraires et les a confiées à Frémeaux & Associés, comme La Passion de Charles Péguy, qu’il a enregistré en avril 2006 en la Cathédrale de Périgueux, en coédition avec Radio France.
Benjamin Goldenstein, d’après Roland Kluger
© 2007 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

Ecouter HONORÉ DE BALZAC - LA GRANDE BRETECHE suivi de LA QUESTION POSÉE lu par Pierre Bellemare (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La librairie sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouté par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com., Virginméga et iTunes.




ExtractTrackAuthorDuration
01 Début04'51
02 Je suis M.Regnault…05'04
03 La femme de chambre repondit…05'36
04 Elle s'arrêta pendant un petit moment…04'22
05 Il payait tout comptant…05'14
06 Il brûla les habits apres avoir lu…04'49
07 La chambre que Mme de Merret…04'48
08 Non, dit-il, Josephine je n'irai pas...05'08
09 Rosalie, dit Mme de Merret…04'27
10 La question posée…04'15
11 Appelez la vie au cerveau…03'43
12 Voyez quelle difference…03'17
« Une solide réputation en matière d’adaptations sonores d’œuvres littéraires » par la Classe

Les éditions Frémeaux & Associés se sont bâti une solide réputation en matière d’adaptations sonores d’œuvres littéraires. Pour preuve 2 titres parmi les plus récents : « Tartarin de Tarascon », lu par Henri Vibert, est un enregistrement historique de 1956 pour l’ORTF. Il est remarquable par la consistance que parvient à donner le récitant au personnage hâbleur de Tartarin, avec juste ce qu’il faut d’accent du Midi pour dresser le décor. Quant à Pierre Bellemare, on ne présente plus celui qui, depuis des années, met ses talents de conteur au service d’œuvres classiques : « La Grande Bretèche », de Balzac, est son dernier titre en date.
LA CLASSE




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