LE FRONT POPULAIRE

PARIS 1934 - 1939

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Booklet : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Number of CDs : 2


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"Il fut un moment où les français crurent vraiment qu’ils allaient s’aimer les uns les autres."
Jean Renoir, à propos du Front Populaire.

Eric Rémy présente ici un document historique sur la culture populaire de notre histoire sociale en recensant les chansons qui furent le moteur culturel d'une ambition sociale. Au travers de 36 titres sur 2 CD, accompagné d'un livret 40 pages illustré de 35 photos, ce coffret est la dernier témoignage d'allégresse générale avant la guerre.

Patrick Frémeaux

L’Histoire de chaque pays se nourrit de grands mythes historiques. Mais nulle par ailleurs qu’en France, ces mythes n’ont une telle importance dans la formation de l’identité nationale. Vercingétorix, Clovis, Jeanne d’Arc, De Gaulle : notre histoire se construit autour de quelques belles et fortes histoires.
La raison en est simple : ce pays est un pays construit, qui rassemble des populations aux cultures et aux origines multiples, vivant sur des terroirs et sous des climats divers.
Aussi a-t-il constamment besoin de se prouver à lui-même qu’il possède une identité et une unité forte.
Aussi doit-il veiller à ce que la volonté collective de vivre ensemble, par delà nos différences, demeure intacte.
La constitution de la nation française ne tient donc pas seulement à l’extension progressive du pouvoir royal à coup d’habiles mariages et de longues guerres, elle repose aussi sur l’héritage de la Révolution française, et sur l’idée de contrat. Un contrat établi entre le peuple et l’Etat afin de définir les règles de la vie collective. A ce point de vue, on n’est pas français parce qu’on est né français. Mais parce qu’on adhère aux idéaux de la République, à une certaine façon de vivre en société. La France est à la fois moins et plus qu’un pays, c’est une idée.
C’est d’ailleurs en cela qu’elle peut (parfois) porter un message universaliste. Nous voilà bien loin du front populaire penserez-vous. A tort, car une des singularités de l’histoire française est sans doute que cette identité particulière, cette « certaine idée de la France », ne se révèle jamais autant que dans les moments où le pays se révolte. Car les grands mouvements qui scandent l’histoire depuis deux siècles – 1789, 1830, 1848, 1871, 1936, 1944, 1968… – sont à la fois des grands moments de division, de peur pour les classes possédantes, mais aussi de fusion, de maturation fantastique de la nation française.
C’est toujours dans la lutte qu’à chaque époque, s’opère la difficile émergence d’un contrat social modernisé. Il ne faut pas chercher ailleurs l’origine du chauvinisme rencontré parfois dans le mouvement social ouvrier français que relève Eric Rémy, citant Simone de Beauvoir.
Les partis et syndicats de gauche, au-delà de l’internationalisme du mouvement ouvrier, se sont toujours refusés à laisser l’idéal patriotique à la droite, trop conscients qu’ils étaient de leur propre contribution à sa formation. Une large part des classes dominantes a trop souvent choisi le camp de l’ennemi dans notre histoire pour que le mouvement ouvrier ne se sente pas investi d’une forte légitimité à incarner l’idée nationale. C’est vrai du peuple en armes contre les émigrés à l’époque de Valmy, de la Résistance face à la collaboration sous Pétain, ou encore de la Commune de Paris, écrasée par les Versaillais sous l’œil indifférent des Prussiens.
1936, dans cette perspective, a une double signification : chacun retient d’abord la victoire électorale du Front populaire, la formation d’un gouvernement dirigé par le socialiste Léon Blum, la longue grève générale, les accords Matignon qui permettent aux syndicats d’arracher au patronat les congés payés et la semaine de quarante heures.
Mais 36, c’est aussi, paradoxalement, le mouvement qui annonce l’entrée de la France dans le capitalisme moderne : la victoire électorale du Front traduit le fait que le salariat est devenu majoritaire dans la société. La France des boutiques et des campagnes cède la place à la France des usines et des bureaux. Il faut désormais intégrer le salariat dans la société, lui donner une place au grand banquet de la consommation de masse que permet l’essor du capitalisme industriel. C’est une condition de sa survie politique et sociale, c’est aussi une condition de son essor économique.
C’est d’ailleurs cette année là que John Maynard Keynes publie la « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » où il assigne au capitalisme comme objectif d’assurer le plein emploi en soutenant investissement et consommation par l’action de l’Etat. 1936 n’est donc pas seulement un fantastique mouvement, qui permet au monde salarial d’accéder à une dignité qui lui était jusque là déniée, c’est un des points d’inflexion de notre histoire en forçant la société française à gérer des compromis forts, sans violence, condition d’émergence d’un capitalisme moderne.
Certes, la suite montrera que rien n’est jamais acquis : l’engrenage qui conduira au second conflit mondial, qu’annonce la guerre civile d’Espagne, se met alors en branle. Et l’occupation sera à bien des égards la revanche d’une certaine France sur celle du Front populaire (comme en témoignera le honteux procès de Riom imposé à Blum et à d’autres). Reste que la France de la Résistance, de la Libération puis des trentes glorieuses, est bien la fille du Front pop’.
Quel rapport entre ce mouvement et la musique populaire de l’époque ? Aucun .
Et ces lignes ne se trouvent en introduction à cette anthologie que grâce au souci de l’éditeur de restituer ces œuvres dans leur contexte historique ! Faut-il s’étonner de cette apparente coupure ? Non.
La chanson et la politique font rarement bon ménage.
Eric Rémy remarque fort pertinemment dans son analyse musicologique que les chansons politiques de l’époque ne sont pas les meilleures. Et on sait que si certains chanteurs « engagés » ont su depuis toucher le cœur de millions d’auditeurs, c’est en nous parlant de la vie, de ses joies et de ses pleurs et non de ce qui la rend possible : le travail, l’argent, la Sécu…
En ce sens, le vrai rapprochement entre le Front populaire et la chanson s’est fait partout où le temps arraché au travail, au patron, dans la grève ou grâce aux cong’pay’, a permis aux amoureux de danser, rêver, s’aimer le temps d’une chanson. 

Philippe Frémeaux – Directeur de la publication Alternatives Economiques & Alternatives internationales. (Alternatives économiques est un mensuel traitant de l'économie comme enjeu collectif et social, Alternatives Internationales est un bimestriel de documentation objective sur la mondialisation.)

Grand Prix du disque Académie Charles Cros.

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - La Librairie sonore - Ecouter sur CD notre mémoire collective.
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LE FRONT POPULAIRE

LE FRONT POPULAIRE 
PARIS 1934-1939 









L’Histoire de chaque pays se nourrit de grands mythes historiques. Mais nulle part ailleurs qu’en France, ces mythes n’ont une telle importance dans la formation de l’identité nationale. Vercingétorix, Clovis, Jeanne d’Arc, De Gaulle : notre histoire se construit autour de quelques belles et fortes histoires. La raison en est simple : ce pays est un pays construit, qui rassemble des populations aux cultures et aux origines multiples, vivant sur des terroirs et sous des climats divers. Aussi a-t-il constamment besoin de se prouver à lui-màme qu’il possède une identité et une unité forte. Aussi doit-il veiller à ce que la volonté collective de vivre ensemble, par delà nos différences, demeure intacte. La constitution de la nation française ne tient donc pas seulement à l’extension progressive du pouvoir royal à coup d’habiles mariages et de longues guerres, elle repose aussi sur l’héritage de la Révolution française, et sur l’idée de contrat. Un contrat établi entre le peuple et l’Etat afin de définir les règles de la vie collective. A ce point de vue, on n’est pas français parce qu’on n’est né français. Mais parce qu’on adhère aux idéaux de la République, à une certaine façon de vivre en société. La France est à la fois moins et plus qu’un pays, c’est une idée. C’est d’ailleurs en cela qu’elle peut (parfois) porter un message universaliste.

Nous voilà bien loin du Front populaire penserez-vous. A tort, car une des singularités de l’histoire française est sans doute que cette identité particulière, cette “certaine idée de la France”, ne se révèle jamais autant que dans les moments où le pays se révolte. Car les grands mouvements qui scandent l’histoire depuis deux siècles - 1789, 1830, 1848, 1871, 1936, 1944, 1968...- sont à la fois des grands moments de division, de peur pour les classes possédantes, mais aussi de fusion, de maturation fantastique de la nation française. C’est toujours dans la lutte qu’à chaque époque, s’opère la difficile émergence d’un contrat social modernisé. Il ne faut pas chercher ailleurs l’origine du chauvinisme rencontré parfois dans le mouvement ouvrier français et que relève Eric Rémy, citant Simone de Beauvoir. Les partis et syndicats de gauche, au-delà de l’internationalisme du mouvement ouvrier, se sont toujours refusés à laisser l’idéal patriotique à la droite, trop conscients qu’ils étaient de leur propre contribution à sa formation. Une large part des classes dominantes a trop souvent choisi le camp de l’ennemi dans notre histoire pour que le mouvement ouvrier ne se sente pas investi d’une forte légitimité à incarner l’idée nationale. C’est vrai du peuple en armes contre les émigrés à l’époque de Valmy, de la Résistance face à la collaboration sous Pétain, ou encore de la Commune de Paris, écrasée par les Versaillais sous l’oeil indifférent des Prussiens.

1936, dans cette perspective, a une double signification : chacun  retient d’abord la victoire électorale du Front populaire, la formation d’un gouvernement dirigé par le socialiste Léon Blum, la longue grève générale, les accords Matignon qui permettent aux syndicats d’arracher au patronat les congés payés et la semaine de quarante heures. Mais 36, c’est aussi, paradoxalement, le mouvement qui annonce l’entrée de la France dans le capitalisme moderne : la victoire électorale du Front traduit le fait que le salariat est devenu majoritaire dans la société. La France des boutiques et des campagnes cède la place à la France des usines et des bureaux. Il faut désormais intégrer le salariat dans la société, lui donner une place au grand banquet de la consommation de masse que permet l’essor du capitalisme industriel. C’est une condition de sa survie politique et sociale, c’est aussi une condition de son essor économique. C’est d’ailleurs cette année là que John Maynard Keynes publie la “Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie” où il assigne au capitalisme comme objectif d’assurer le plein emploi en soutenant investissement et consommation par l’action de l’Etat.

1936 n’est donc pas seulement un fantastique mouvement, qui permet au monde salarial d’accéder à une dignité qui lui était jusque là déniée, c’est un des points d’inflexion de notre histoire en forçant la société française à gérer des compromis forts, sans violence, condition d’émergence d’un capitalisme moderne. Certes, la suite montrera que rien n’est jamais acquis : l’engrenage qui conduira au second conflit mondial, qu’annonce la guerre civile d’Espagne, se met alors en branle. Et l’occupation sera à bien des égards la revanche d’une certaine France sur celle du Front populaire (comme en témoignera le honteux procès de Riom imposé à Blum et à d’autres). Reste que la France de la Résistance, de la Libération puis des trente glorieuses, est bien la fille du Front pop’. Quel rapport entre ce mouvement et la musique populaire de l’époque ? Aucun. Et ces lignes ne se trouvent en introduction à cette anthologie que grâce au souci de l’éditeur de resituer ces oeuvres dans leur contexte historique ! Faut-il s’étonner de cette apparente coupure ? Non. La chanson et la politique font rarement bon ménage. Eric Rémy remarque fort pertinemment dans son analyse musicologique que les chansons politiques de l’époque ne sont pas les meilleures. Et on sait que si certains chanteurs “engagés” ont su depuis toucher le coeur de millions d’auditeurs, c’est en nous parlant de la vie, de ses joies et de ses pleurs et non de ce qui la rend possible : le travail, l’argent, la Sécu... En ce sens, le vrai rapprochement entre le Front populaire et la  chanson s’est fait partout où le temps arraché au travail, au patron, dans la grève ou grâce aux cong’pay’, a permis aux amoureux de danser, rêver, s’aimer le temps d’une chanson.             
Philippe Frémeaux
rédacteur en chef du mensuel
Alternatives Economiques


Au temps du Front populaire
“Il fut un moment où les français crurent vraiment qu’ils allaient s’aimer les uns les autres.” Jean Renoir à propos du Front populaire.Comment ne pas être touché par la phrase de Jean Renoir? Ce qu’elle nous dit est très simple, très innocent et très beau. C’est elle qui fit naître le désir de ce disque. On n’y trouvera pas d’échos des grands événements historiques ou des hauts faits marquants, mais un climat, une atmosphère, quelque chose qui flotte dans l’air : la chanson nous dit très bien tout ça.Cette anthologie n’a aucunement comme projet de rendre compte d’un état réel de la musique populaire enregistrée entre mai 1936 et juillet 1937. Il ne s’agit pas non plus d’un concept genre: “Les succès du Front Pop : La Compil”. Si cela était le cas on y subirait trois bons quarts d’orchestres musettes qui disquèrent à tour de bras tous les titres ici présentés pour des sous-marques ou petits labels1 et un autre quart de Tino Rossi. “Sombre dimanche”2 ou “Tout va très bien madame la marquise”3, titres tellement en vogue que leur seule mention permet au Canard Enchaîné d’évoquer le dimanche précédent (3 mai, second tour des élections), ne sont pas pour autant particulièrement évocateurs d’un climat spécifiquement “Front populaire”. Ils n’ont, par conséquent, pas été sélectionnés.Il semblait  impensable de ne pas inclure ici quelques unes de ces chansons engagées ou militantes qui fleurirent à l’occasion. Or, nous le déclarons à notre courte honte, l’écoute des oeuvres de circonstance s’est toujours - à une exception près, “Au devant de la vie” - révélée ennuyeuse. Serions-nous devenus frivoles ? Non, mais cela démontre, une fois de plus que les plus louables intentions et les plus nobles messages ne font pas nécessairement des oeuvres intéressantes ou des disques plaisants, de ceux qu’on a envie d’entendre pour le plaisir et plus d’une fois.

Les érudits de l’histoire et du disque (ou de l’histoire du disque) s’indigneront sans doute de ne pas trouver tel Montéhus4 ou “La Belle France” de Gilles et Julien, en prise directe sur les événements. Or, Simone de Beauvoir écrivait : “Nous n’appréciâmes pas du tout  le chauvinisme nouveau teint qui déferlait sur la France. Aragon écrivait des articles tricolores. A l’Alhambra, dans l’enthousiasme  général, Gilles et Julien chantaient La Belle France : il était question de bleuets et de coquelicots, on aurait dit du Déroulède" (La Force de l’âge). Cet album n’est pas, répétons-le, un documentaire ou un compte-rendu statistique (et de quoi ? des programmes de la T.S.F., du catalogue des maisons de disques, du goût du public... Mais quel public ?). Il n’y avait aucune raison de s’infliger la visite des  monuments officiels de la propagande, béton ou guimauve.Toutefois, passons rapidement en revue ce qu'il est plus amusant et instructif de lire que d'entendre, à savoir ces titres-fleurons du répertoire politique des maisons de disque qui se sont jetées dans la bagarre.Avec un grand sens de l’opportunité, dès le début de ce mois de juin 1936, Odéon, le même jour, fait entrer à son catalogue Montéhus (Le Cri des grévistes ; Le Chant des Jeunes Gardes et Vas-y Léon) et la Chorale populaire de Paris (L’Internationale et Au devant de la vie). Idéal (sous-marque de Pathé) s’y met aussi : l’Internationale ; La Paix, Le Pain, La Liberté ; Le Drapeau rouge  à gauche mais aussi, à droite : La Briscarde, Le Chant des croix de Feu....Hébertot, le Disque de France, offrait à son catalogue : Le Testament de Louis XVI ; Le Testament de Marie-Antoinette; Comment et pourquoi j’ai gifflé Briand; La Leçon du 6 février ; Jeunes hommes, venez aux Camelots du Roi... Est-il besoin de mentionner que le sous-titre de Hébertot, Le Disque de France, était Le Disque Royaliste ?Quant à La Voix des Nôtres, “voix” de la SFIO, elle devait être beaucoup moins bien vue, si l’on ose dire, puisqu’elle fut placée dès 1932 sous la surveillance du service “Police de l’Air et de la TSF”, 4ème Bureau du Ministère de l’Intérieur...5

Des collectionneurs nous ont fait entendre des ritournelles (“Les Quarante heures”, “Stop, la semaine de 40h”, “A l’Auberge de jeunesse”...), gravées par des formations musette qui jusque-là, ne s’étaient jamais signalées par un répertoire particulièrement engagé. Nous avons reproduit les étiquettes de ces  amusettes qui promettent plus qu’elles ne tiennent : on peut tout à fait se contenter de leur lecture.Mais, sorti de là, ne nous leurrons pas. C’est surtout de messieurs Tino Rossi, Jean Lumière, Réda Caire, Guy Berry, André Pasdoc et consorts que l’on attendait des messages d’amour et d’espoir !Car 1936, c’est l’année de Tchi-tchi et de Marinella (toutes deux rescapées avec trois autres chansonnettes du film Marinella). En ce temps-là, tout au long des plages, les vacanciers pouvaient nager, s’ébattre, se noyer dans les flots d’une voix déversée par toutes les radios et tous les phonos de tous les cafés, restaurants, caboulots et baraques à frites de France, de Corse et de Navarre, les flots d’une voix faisant ressac, flux et reflux, une houle, une lame de fond, une marée, un océan de Tino Rossi, Tino Rossi, Tino Rossi... Dans “Le Coq Catalan”, Albert Bausil, oncle de Charles Trenet, eut beau rédiger une très drôle diatribe à l’encontre du ténorino melliflu et calamistré en appelant à la création d’un “Comité pour la mort de Tino Rossi”, les garçons pouvaient dire, deux ou trois ans plus tard, histoire de chambrer les filles, qu’ils préféraient Trenet ou menacer de se faire zazous, rien n’y fit !

Il est vrai qu’on chercherait en vain chez Tino et ses semblables, le reflet d’autre chose que des lieux communs éternels autant qu’incessants. Or, même “loin de toute politique”, comme le chante Tranchant dans Le Soleil s’en fout, nous voulions restituer une époque dans ce qu’elle eut de plus spécifique : son besoin de congés et de vacances, ses délassements et ses loisirs, ses désirs de dimanches, de départ, de soleil... La plupart des chansons réunies, sont déjà significatives par leurs titres. De surcroît pour la moitié d’entre elles, un second réseau de connotations (banlieue, bord de l’eau, pêche, friture, guinguette, java, musette...) les inscrivait d’emblée et à coup sûr - leur “popularité”, du reste, en fait foi - au cœur de la tradition.Mais on remarquera (on ne manquera pas même de nous le reprocher...) qu’il  y a autant de slow-fox ou de fox-trot dans cette sélection que de javas ou de valses musettes. Les deux opérettes  (“Normandie” et “La Belle Saison”) en comptent un bon nombre et leurs orchestrations (signées Wal Berg et Misraki, tous deux amateurs de jazz) ont les couleurs des saxophones et des cuivres bouchés.Écoutez On ne sait pas qui l’on est ; dans la deuxième partie on discerne très nettement des ponctuations de cymbales qui prouvent que le batteur de chez Chagnon avait sans doute laissé traîner son oreille vers quelque disque de jazz. Dieu sait pourtant qu’entre les ouvriers de chez Chagnon (véritable usine d’accompagnement musical chez Columbia) et les hommes de chez Basie (“l’usine à swing de Chicago”) s’étendait au moins la largeur de l’Atlantique ! Mais voilà, le jazz était partout, et même déjà le swing. Certes l’accordéon  était plus populaire que la batterie et le saxophone, mais parce qu’il y avait plus d’auvergnats ou d’émigrés italiens dans la région parisienne que de musiciens noirs américains en goguette. Si, par chez nous, Berthe Sylva, Fred Gouin et Tino Rossi étaient plus populaires que Fred Astaire, Bing Crosby ou Benny Goodman, cette époque fut aussi celle du Quintet du Hot Club de France, du magazine Jazz Hot, du label “Swing”. Et Sablon, Marjane ou Trenet n’avaient pas qu’un public de snobs ou de décadents.

C’est un nid charmant, autrement dit, There’s a small hotel est un standard du jazz, ce qui ne l’a pas empêché d’être un très grand succès... et inversement. Le big band de Willie Lewis qui seconde Tranchant dans Le Soleil s’en fout, grava aussi ce There’s a small hotel. Benny Carter, au cours de son périple européen (mai 1935 à mai 1938) et d’une halte à Paris, fut arrangeur de l’orchestre de Lewis. Il enregistra également, à Londres en janvier 37, deux versions de cet evergreen.Dans son anthologie des enregistrements de Mireille”6, Daniel Nevers rapporte que Mireille et Jean Nohain imaginèrent chez Columbia une opérette conçue pour le phonographe. Chaque plage de disque en constituerait un épisode. L’ensemble ferait Un mois de vacances., mois qui en dura plus d’un car les quatre vacanciers, Mireille, Jean Sablon, Pills et Tabet musardèrent ainsi de fin 32 au printemps 33. Quelques années après ce mois de vacances, Mireille et Sablon se retrouvèrent pour ce qu’on n’appelait guère encore le week-end, le bout de cette semaine anglaise, qui faisait dire, dès le samedi midi, aux privilégiés qui y avaient droit : Fermé jusqu’à lundi ! Un mois de vacances, le tandem et la semaine anglaise : décidément Mireille et ses copains en 36 étaient très à la page, voire en avance !On associe immanquablement le “Boum” de Trenet déboulant dans les calmes campagnes de la chanson française au triomphe du Front populaire en rajoutant à cela, de préférence, une photo de jeune couple filant en tandem vers des congés bien mérités. Tout cela est très joli, mais ne va pas sans quelque anachronisme. En 36 on pouvait certes déjà entendre de Trenet, Quel Beau dimanche, La Valse à tout le monde, Y’a d’la joie, mais chantés par d’autres (Fréhel, Chevalier, Lys Gauty...). S’il n’est pas très utile de retranscrire ici les dates du Front populaire et de la “grande Histoire”, qu’on trouve un peu partout, est-il tellement plus indispensable de raconter une fois encore l’ascension d’un petit génie à qui, en 1936, on ne proposait pas encore de siéger à l’Académie Française ! On connaissait le duo déjà un peu zazou Charles et Johnny. On rappellera que c’est Chevalier qui créa Y’a d’la joie dans la revue du casino de Paris, Paris en Joie (La revue de l’Exposition Internationale en février 37) et qui entonna à nouveau ce refrain dans L’Homme du jour de Julien Duvivier et se l’appropria, alors que le soldat Trenet, lui, attendait la quille. A sa sortie de “la grande muette”, il n’était plus l’obligé de personne, Chevalier, Johnny Hess, ou qui que ce soit d’autre et allait le prouver vite. Décem­bre 37 : première séance d’enregistrement chez Columbia (Je Chante et Fleur Bleue). Janvier 38 : Charles grave Y’a d’la joie et se réapproprie “son” œuvre par la même occasion. Mars 38 : premier grand triomphe sur la scène d’un music-hall (l’A.B.C., salle qui alors vous consacrait); tournage de La Route enchantée puis de Je Chante. L’intrigue de cette dernière fiction a pour cadre une institution pour jeunes filles du meilleur monde. Un jeune professeur y déclenche cette sorte d’allégresse, que seul le fou chantant (car le prof, bien sûr, c’est lui) peut déclencher fin 1938, entraînant dans une folle farandole tous les gens du château, dont en particulier une bande de collégiennes sexy et extatiques momentanément soustraites à l’emprise de Tino Rossi.

Germaine Sablon a très souvent joué la carte de la nouveauté. Elle aimait par exemple à s’entourer de musiciens de jazz, copains de son petit frère Jean. Celle qui, plus tard, en 1945, laissera une version brûlante du Chant des partisans en, adopta nombre de titres des nouveaux auteurs de la génération montante (Mireille, Nohain, Tranchant, Wal Berg, Trenet). Elle inscrivit auusi à son répertoire des mélodies composées par des messieurs appartenants au cénacle de la musique française contemporaine (Aubert, Coppola), des blues berlinois (Peter Kreuder, Friedrich Hollaender) ou hollywoodiens... Vers 1938, elle est en concurrence avec Piaf sur le front de la chanson populaire (les chansons de Raymond Asso, dont Mon Légionnaire) et, avec Léo Marjane, dans le style “torch singer”. C’est assez dire que la dame avait du goût. Créatrice de Ici l’on pêche  elle l’enregistra deux fois, l’une avec l’orchestre de Michel Warlop qui n’était rien moins qu’un orchestre de jazz, l’autre avec l’orchestre de Wal Berg dont les musiciens se chauffaient au même bois quand ce n’étaient pas carrément les mêmes : Django, Grappelli, Warlop, Combelle, Ekyan, Paquinet... Elle grava, deux fois aussi, Le Vieux Moulin (dit parfois Le Moulin qui jase) avec de belles orchestrations de Fred Adison, dont les adisoniens ne crachaient pas non plus sur le jazz ! Ce Vieux Moulin jasa aux trémolos de Lys Gauty - dont, soyons juste, c’est un peu la chanson -, d’Annette Lajon, de Jeannot - le frérot de la Germaine -, et d’une autre Germaine oubliée, Germaine Lix. Cette belle chanteuse réaliste avait l’étoffe d’une Damia. Elle mit à son répertoire quelques unes des plus noires chansons de Tranchant (Moi j’crache dans l’eau, Mes nuits sont mortes, Sans repentir, Complainte de Kessoubah - seule Marianne Oswald osa ces deux dernières). On peut l’entrevoir dans Le Jour se lève où Carné et Prévert lui donne l’occasion de se parodier en chantant Nos Légionnaires. Ses disques ne sont absolument jamais réédités ; il en est pourtant dont le titre correspondent bien à l’atmosphère de cette anthologie : La Tendre Auberge, Au Caprice du flot, Au Lotissement du bois d’amour...

Les deux chansons qu’interprètent Marie Dubas (dont l’une est parmi les premières qu’ait signé Michel Emer) ne faisait pas partie du répertoire scénique de cette grande fantaisiste. Si Marie n’aimait pas les disques, elle était, en revanche, très présente sur les ondes. Ceci compensait cela. Elle accepta de graver On ne sait pas qui l’on est et La Java d’un sou, parce que ces deux petits chefs d’œuvre d’émotion 1936 étaient plus intimistes, leur qualité plus musicale que la plupart de ses succès de music-hall. Ici les auditeurs pouvaient, à la rigueur, se passer de son jeu, de sa présence,  mais, en réalité, ils n’eurent pas à le faire, car ces deux titres ne furent jamais commercialisés. Ils ont été enregistrés, et c’est une chance, car c’est toute une époque, vraiment7. Dans Liliom - le film que Fritz Lang, fuyant les nazis, tourna à Paris en 1934 - Charles Boyer chantait Viens, gosse de gosse... Nous aurions aimé vous faire entendre la bande originale du film, elle captait quelque chose de l’ambiance bon enfant des fêtes foraines, mais l’extrait est vraiment trop court et la voix de Boyer presque entièrement couverte par les clameurs de la foule. Florelle, autre vedette du film, l’enregistra au disque mais l’orchestre de Jean Lenoir (qui signa cette ritournelle) n’est pas celui de Wal Berg ou même de Pierre Chagnon, c’est le moins qu’on puisse dire. Et puis, une interprétation de Marianne Oswald - n’en déplaise à Reynaldo Hahn (critique féroce de Marianne, mais plus clément avec Tino Rossi) - ça ne se “renonce” pas !Il n’existe pas de cinéma du Front populaire. Si l’on en rêvait un comme nous avons imaginé ce disque, on se souviendrait d’Annabella, petite vendeuse d’un grand magasin découvrant la mer dans Paris-Méditerranée (1931), des deux copains d’A nous la liberté (René Clair, 1932),de la coopérative du Crime de Monsieur Lange (Prévert / Renoir), la galerie d’épaves de Bas fonds de Renoir d’après Gorki... Et bien entendu La Belle Équipe (Julien Duvivier, 1936). C’est “absolument pas du tout un film délibérément engagé” (comme aurait dit Prévert), mais il a rencontré son époque et c’est là le miracle. En fait, le seul vrai film politique de 1936, c’est La Vie est à nous, destiné à la propagande au sein du Parti Communiste mais, contrairement à La Belle Équipe, la revoyure aujourd’hui en est difficilement soutenable.... sinon  au troisième degré. Encore un document, mais pour ce qui est du plaisir...

Quant à Prends la route, il est dans l’air du temps, tout comme Le Chemin du Paradis était un film du temps de la crise : l’air du temps retient un peu de tout. Prends la route, dans son genre mineur, est plutôt une bonne surprise quand 80% des films français sont, passées quelques années, à peu près irregardables. Ce qui fait le prix de ce genre de films-opérettes où l’on chante à tout propos (devant une photo, un passage à niveau ou un(e) inconnu(e) qui vous répond en connaissant la chanson - ce qui reste totalement mystérieux à certains esprits rationnels -) ce sont des détails : le gigantesque Touring Club Art Déco avec ses hôtesses en blouses de satin (parmi lesquelles on reconnaît une “mademoiselle Delair”, Suzy Delair), les Bugatti, les knickerbockers, les incroyables lunettes des motocyclistes (sans casques!), la poule de luxe jouée par Colette Darfeuil, vedette complètement oubliée, les seconds rôles (Alerme, vieille ganache, Milly Mathis, commère marseillaise) et puis cette campagne française ensoleillée aux routes bordées de haies de peupliers et d’accortes paysannes qui sortent de chez le coiffeur. Ajoutons que Pills et Tabet sont meilleurs acteurs qu’on ne pourrait le croire, que la jeune première est plutôt moins mièvre que la moyenne du temps et qu’un orchestre assez swing enlève une partition excellente signée George van Parys. Bref, à part Le Chemin du paradis (où l’on s’agitait déjà beaucoup autour des bagnoles et des stations services) c’est l’une des très rares comédies musicales françaises qui ait résisté au passage des ans.

Pierre Mingand, jeune premier dans le vent, poussait agréablement la chansonnette : tous les chanteurs de charme n’étaient pas nécessairement ringards, Sablon, Mingand, Jean-Fred Mêlé, le prouvent ici, Jean Solar ou Johnny Hess vous le démontreraient ailleurs. Surtout lorsqu’ils sont secondés par un aimable orphéon comme ce “Jazz A.C.E.” étiquette qui ne cache probablement rien d’autre que les requins de studios, amateurs de jazz, réunis ici par Wal Berg, là par Warlop, ailleurs par Jean Yatove (le “Jazz Yatove” qui sévit sur Tandem), cachetonnant pour John Ellsworth chez Columbia ou pour Jacques Météhen chez Gramo (rassurez-vous, c’est le même sous divers pseudo... des histoires de contrats) ou pour Paul Misraki (Collégien de chez Ray Ventura dont la formation ne pouvaient faire face à tous ses engagements ; le patron, alors, déléguait à Misraki, compositeur, chef et arrangeur, à Jacques Hélian, saxophoniste...).En revanche le sigle A.C.E. est celui de l’Alliance Cinématographique Européenne, société distributrice alliée à la toute puissante UFA. On ignore le plus souvent que bien des films français, italiens, espagnols (dans la mesure où en 1937 les espagnols avaient la tête à ça...) étaient tournés (pour les intérieurs) dans les fastueux studios de Babelsberg, l’Hollywood de Josef Goebbels. On le voit, une certaine Europe que d’aucuns appelaient déjà plus ou moins ouvertement de leurs voeux, était déjà en route. A la suite de ce succès de cinéma, le tandem Pills et Tabet devait connaître le succès sur les planches. Outre les deux duettistes, l’opérette La Belle Saison avait au moins deux autres atouts : Lucienne Boyer comme jeune première et une très jolie partition de Jean Delettre, auteur attitré et, pour l’heure, encore mari de Lucienne qui plus tard partira avec Pills ! Lorsque ladite Saison commença, le 29 juin, au théâtre Marigny pour y durer jusqu’au 8 novembre, le Front populaire n’en pouvait plus. Le cabinet Blum avait présenté sa démission une semaine auparavant, et se trouvait remplacé par le cabinet constitué par Camille Chautemps. C’est le moment que choisit Jeanne Aubert pour lancer Sur la Commode dans la revue V’la l’travail !

L’Avenir est à nous, est un joli tango, chanté avec une belle conviction par Lyne Clevers, mais les paroles n’en sont pas très Front populaire (Dans tes bras, j’oublie tout / Ne pensons qu’à nous-mêmes / Du moment que tu m’aimes / L’avenir est à nous). Contrairement à ce que laissait présager son titre, ce n’est pas un tango politique, on n’est pas chez Kurt Weill.C’est en clin d’oeil que nous plaçons après cet Avenir est à nous, cet Au devant de la vie, pour le coup très engagé. Dimitri Chostakovitch l’aurait composé pour l’un de ces 35 films dont il a signé la partition, entre 1929 et 1971. Malgré la glasnost  (dégel), nous n’avons pu vérifier s’il s’agit ou non d’une légende communiste. Ce qui est moins légendaire, en revanche, c’est qu’à cette époque, l’opéra de Chostakovitch, Lady Macbeth du district de Mtsensk, subit les attaques de Jdanov et autres distingués hiérarques de la culture stalinienne. Mais sa “Cinquième symphonie” va le remettre en cour. Elle sera défendue en France par le chef d'orchestre, Roger Désormière, lequel, de retour d'un voyage en URSS en 1935 dirige Au devant de la vie chez Chant du Monde... pour un disque à étiquette rouge,... comme il se doit. Au revers de ce titre : Jeunesse, musique d’Arthur Honegger, paroles de Paul Vaillant-Couturier. Désormière était par ailleurs très lié avec le compositeur “engagé” Charles Koechlin qui rédigea une Etude sur Chostakovitch8. On retrouve Désormière chez Jean Renoir, pour des films tels que Le Crime de Monsieur Lange, Les Bas-fonds, la Marseillaise, la Règle du jeu...I’m feelin like a million, rebaptisé Comme une banque ou Je cherche un millionnaire n’est pas plus que l’Avenir une chanson de circonstance, mais tout bêtement un air américain issu d’une très hollywoodienne production intitulée Broadway melody of 1938 (Le Règne de la joie) avec Eleanor Powell, George Murphy et Judy Garland... Le télescopage historique rend ces paroles gauloises encore plus savoureuses d’autant qu’il donne lieu à un second télescopage, encore plus savoureux et, lui, certainement voulu : la rencontre au sommet, un échange de répliques en version française des deux bêtes de scène du music-hall de 1937 : Josephine, régnant sur les Folies Bergères (revue En Super Folie) et la Miss, 62 ans, régnant sur le Casino de Paris (revue: Féerie de Paris), toutes deux millionnaires pour plus bien longtemps dans la mesure où la guerre mettra fin à la période la plus glorieuse de leurs vies.

Tous ceux qui dirent par la suite, et je l’ai entendu : “1936, Front Populaire : quatre ans après les allemands étaient à Paris” ou pire encore : “Vous ne savez pas, mon ami, comme cela pouvait être effrayant tous ces gens au poing levé. On a parlé en juin 40, des soldats allemands, on racontait même qu’ils coupaient les mains des enfants; on a dit n’importe quoi. Mais moi, je me souviens comment, étant petit, j’ai pu avoir peur de tous ces défilés d’ouvriers communistes avec leur poing levé”, les auteurs de ces déclarations allaient être servis, “quatre ans après”... George Bernanos aurait pu dire de semblables choses, avec beaucoup plus de talent. Qu’on relise les pages ahurissantes de Brasillach dans “Notre avant-guerre”, sur le Front populaire français, le “Frente crapulare” espagnol (pour reprendre le jeu de mot qui circulait à droite), le congrès de Nuremberg, le rexisme belge... Mais Bernanos, lui le catholique monarchiste antisémite, fut peut-être le seul écrivain en ce siècle à se remettre totalement en question face à la guerre d’Espagne. Il écrivit, en janvier 37, dans Les Grands Cimetières sous la lune, au moment où le Front populaire cède déjà sous les coups de boutoir des non-partageux et des 200 familles, ces lignes où il fustige dans un long monologue ceux à qui il prête ces pensées : “Voilà le franc qui dégringole. Veine ! Le ministère va tomber.” Malheureusement le problème ne se pose pas exactement comme vous le pensez. Ce n’est pas pour le franc que j’ai peur, pauvres garçons, c’est pour vous. Le franc finira toujours par récupérer sa valeur, cette valeur correspondra tôt ou tard à la place que la France occupe dans le monde, au besoin que le monde a de mon pays. L’ennemi le sait bien. L’ennemi attend seulement l’heure où ses conseillers financiers cligneront de l’œil, en silence, vers les conseillers militaires. Alors... Alors le franc remontera peu à peu la pente, mes enfants, mais ce ne sera nullement par les mêmes moyens qui servent aujourd’hui à la lui faire descendre. Vous le revaloriserez avec votre sang, imbéciles”.

La Der des der qui, contrairement à ce que laisse entendre son titre n’est pas une allusion à ce que l’on savait (trop) bien n’être en aucune façon la der des der des guerres devait être, en revanche le der des der des disques de Fréhel.Ironie du sort... Au seuil de cette année 1939, le Front populaire a fait long feu. Il y aura quand même encore un printemps, quelques bals, un été, des vacances, les quatrièmes entièrement payées par les patrons depuis ce fameux été 36 et puis, le 3 septembre...Le Front populaire mourait une seconde fois....      
Eric Remy

1 Un disque, c’était cher en ce temps là : un 78 tours de 25 cm, totalisant deux titres coûtait 15 F de 1935, soit 56 F d’aujourd’hui. Pour l’équivalent de ce double CD, présenté sous la forme de deux lourds albums il vous aurait donc fallu débourser 1OOO F...
2 Chanson tellement tragique qu’elle passait pour avoir provoqué des suicides. Elle fut interdite à Budapest !
3 Grand Prix du disque 1935 décerné par l’hebdomadaire (peu sympathisant du Front Populaire) Candide. Ce “Tout va très bien...”  serait bien plus à sa place sur un disque évoquant la crise ou la “montée des périls” !
4 Montéhus (1872-1952), “le chansonnier humanitaire”, auteur-interprète de Gloire au XVII° et La Butte rouge. Très marqué à gauche, il était un peu rangé en 36 et fit un petit retour en cette occasion.
5 In Phonoscopies : publication trimestrielle de Gérard Roig, 29 rue Colas Fédron 78700 Conflans Ste Honorine, est une mine d’informations à propos, entre autres, des catalogues en marge de ces labels en marge.
6 Frémeaux Associés.
7 1936, c’est l’année du fameux Mon Légionnaire, que Marie créa et que Germaine Sablon, la Môme Piaf et d’autres mirent à leur répertoire...
8 Auteur, en ce temps-là de Été, Victoire de la vie, Hymne à la Liberté, Hymne à la Raison, Hymne à la jeunesse (d'après Gide), La cité nouvelle, Rêve d'avenir (d'après H.G. Wells), Requiem des pauvres bougres. Symphonie d’Hymnes, Choral pour une fête populaire, et Les Eaux vives -  fragment d’une oeuvre collective, Fêtes de la lumière, échafaudée pour l’expo internationale de 37. L’expo fut semble-t-il une vitrine du Front populaire, mouvement déconfit un mois après l’inauguration de cette dernière.


© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA 1996
Remerciements à François Bellair, Dany Lallemand, Christine Mulard, Daniel Nevers, Martin Pénet, Gérard Roig, Emmanuel Taulemesse.

english notes
The history of countries revolves around momentous historical events.  But nowhere more than France do these events play such a vital role in shaping the national identity.  For France is a “fabricated” country, a country made up of peoples of very different origins and cultures living in equally different terrains and climates.  Consequently, France is forever having to prove to herself that she possesses a genuine identity and unity; forever having to ensure that the collective will to live together, transcending differences, remains intact.  The constitution of the French nation thus stems not only from the progressive extension of royal power, but also from the heritage of the French Revolution and the resultant notion of contract: a contract between people and State defining the rules of collective life.Hence, the crucial dates that punctuate French history of the last two centuries — 1789, 1830, 1848, 1871, 1936, 1944 and 1968 — are dates that imply both division and unity, dates that witnessed an incredible maturing of French society.  For it is the political combat associated with each of these key years that nurtured the gradual but painful emergence of a modernised social contract.In this respect, 1936 was doubly significant.  Everybody in France of course remembers the victory of the Popular Front, the ensuing formation of a government headed by socialist Léon Blum, the prolonged general strike and the Matignon agreements that brought holidays-with-pay and the 40-hour week.  But less well understood is that 1936 was also the year that, paradoxically, announced France’s entry into modern capitalism, the electoral victory of the Front in fact signalling that wage-earners were now in a majority.  The France of shops and countryside had made way for the France of factories and offices.  Henceforth, this mass of wage-earners had to be integrated into society, granted a place at the great banquet of mass consumption, a banquet eagerly catered for by the upsurge of industrial capitalism.  On this depended the country’s political and social survival, on this depended her economic advancement.

What, then, is the connection between the Popular Front and popular music of the day?  Absolutely none, the only raison d’être behind these introductory lines being that the publisher was anxious to place these recordings in their historical context!  Need we be surprised at this seeming lack of association?  Not really, for song and politics rarely make a good match.  And as Eric Rémy pertinently points out in his notes, the political songs of the day were far from the best.  We know too that, even though some politically-engaged singers have since come to the fore, their popularity resides in their evocation of the sadness and joy of living rather than in any allusion to work, money or the Social Security!  For this reason, any link between the Popular Front and popular song has more to do with the free time won at the bosses’ expense than with political aspirations.  For free time it was that allowed people to dance, to dream or to love for as long as a song lasted.
Adapted by Don Waterhouse from the French text of Philippe Frémeaux (Chief Editor of the monthly Alternatives Economiques)

“There was a moment when the French really thought they were going to love each other.”
(Jean Renoir, referring to the Popular Front)

This very simple, very innocent, very beautiful statement by Jean Renoir is what inspired us to compile the present album.  Within which you will find no echo of significant historical events, but merely a climate, an atmosphere.  It did, however, seem indispensable to include at least one of the numerous militant songs of the day, and we thus have chosen one of the few — Au devant de la vie — that did not to us seem frankly boring!  Which all goes to prove that even the most noble intentions do not necessarily make attractive art.  Moreover, as Simone de Beauvoir has written, “We certainly did not appreciate the new-look brand of chauvinism then invading France.”“Loin de toute politique” (far from all politics), as Jean Tranchant sings in Le Soleil s’en fout, we have sought here to evoke an era by its mood: a mood dominated by a need for holidays, relaxation, leisure, Sundays, trips to the country, sunshine…  You will thus find that most of the songs reveal their temper by their very titles: their references to banlieue, printemps, beau dimanche, bord de l’eau, pêche, friture, java, musette and so on.You will notice that there are as many foxtrots in this selection as javas, waltzes and musette pieces.  The two operettas, Normandie and La Belle Saison, featured many of them, and their orchestrations (by the likes of jazz fans Wal-Berg and Paul Misraki) are full of saxophones and muted brass.  And as we listen to the latter part of On ne sait pas qui l’on est, it is clear that the drummer has been listening to jazz records.  But, then, jazz was everywhere.  Swing, too.  The accordion, it’s true, was more popular than drums or saxophone, but only because there were more Auvergnats or Italian emigrants in Paris than there were black jazzmen.  Artists like Berthe Sylva, Fred Gouin and Tino Rossi may have been more popular than Fred Astaire, Bing Crosby and Benny Goodman, but this was nevertheless also the era of the Quintet of the Hot Club of France, the magazine Jazz Hot and the Swing label.  And Jean Sablon, Léo Marjane and Charles Trenet catered also to a jazz audience, while jazz standards such as C’est un nid charmant (alias There’s A Small Hotel) could be big popular hits too.In his anthology on Mireille (also in the Frémeaux catalogue), Daniel Nevers recounted how Mireille and Jean Nohain concocted a gramophone-record operetta entitled Un mois de vacances.  A few years after this “month’s holiday”, the pair got together again for what the French did not yet call a “week-end”, yet implied just that, Fermé jusqu’à lundi.

There is a tendency to associate the height of Charles Trenet’s popularity with the initial triumph of the Popular Front, a nice story but one that distorts chronology.  In 1936, you could certainly hear Quel beau dimanche, La Valse à tout le monde and Y’a de la joie, but recorded by Lys Gauty, Fréhel and Maurice Chevalier.Germaine Sablon was fond of playing the innovation card.  She liked, for instance, to surround herself with jazzmen friends of her kid brother, Jean.  Having premiered Ici l’on pêche, she recorded it twice, once with the Michel Warlop orchestra, a jazz outfit, and again with the Wal-Berg group, a band of distinctly jazz hue.  She also twice recorded Le Moulin qui jase, a piece that also jazzed to the tremolos of another, now forgotten Germaine, Germaine Lix, who puts in a brief appearance in the Carné-Prévert film Le Jour se lève.  This fine realist singer had something of the quality of Damia, and her repertoire included some of Jean Tranchant’s blackest songs.The two songs sung by Marie Dubas were not part of this great comedienne’s stage repertoire.  An artist who did not like the medium of records, Dubas was nevertheless very present on the airwaves.  She agreed to record On ne sait pas qui l’on est and La Java d’un sou because these two minor masterpieces of emotion were more intimate and more musical than most of her music-hall hits.  In 1936 Marie Dubas would premiere the famous Mon Légionnaire, a piece rapidly seized upon by Germaine Sablon and Edith Piaf.In the 1934 Fritz Lang film Liliom, shot in Paris, Charles Boyer sang Viens, gosse de gosse.  Florelle, another of the film’s stars, recorded it, but the backing orchestra was hardly in the Wal Berg or even the Pierre Chagnon class.  So we have here grabbed the opportunity to include a performance by the oft-maligned, but underrated Marianne Oswald.Prends la route, from the screen operetta of the same name, is very much in tune with the times.  As such films go, with everyone bursting into song at every excuse, this one proves a pleasant surprise.  Not only do duettists Pills and Tabet prove better actors than one might have expected, but their backing orchestra swings an excellent arrangement in admirable fashion.  This is one of the few French musical comedies to have stood the test of time.Not all romantic singers were routinely smooth.  Jean Sablon, Pierre Mingand and Jean-Fred Mêlé prove that here.  Especially when, like Mingand, they are backed by a group like Jazz A.C.E. (Alliance Cinématographique Européenne), a name that probably hides a jazz-oriented studio group such as that of Wal-Berg, Michel Warlop or Jean Yatove (of the Jazz Yatove that turns up on Tandem).

Following their success in screen operetta, the Pills-Tabet duo were destined for similar success on the stage.  In addition to these two, the operetta La Belle Saison held two further trump cards: a young leading-lady in the person of Lucienne Boyer and a fine score from the pen of Jean Delettre (at this time Lucienne’s husband, prior to her running off with Pills!).  By the time the show opened at Paris’s Théâtre Marigny in June 1937, the Popular Front had run out of steam.  The Blum cabinet had resigned the week before, to be replaced by a cabinet formed by Camille Chautemps.  This was also the moment that Jeanne Aubert chose to launch Sur la Commode in the revue V’là l’travail.L’Avenir est à nous is a pretty tango sung with great conviction by Lyne Clevers.  The words are not very Popular Front, however, and contrary to what the title may seem to hint, this is certainly no political tango.I’m Feelin’ Like A Million, rechristened Comme une banque or Je cherche un millionnaire depending on the version, is no more a reflection of the political times than L’Avenir est à nous.  It is purely and simply an American tune from the very Hollywoodian production entitled Broadway Melody of 1938.  The song’s two French variants feature two of the great female stars of the day: on the one hand, Josephine Baker, queen of the Folies Bergère; on the other, the 62-year-old Miss, the legendary Mistinguett, queen of the Casino de Paris.  Both were still millionaires in real life, but not for much longer, for war was about to put an end to the most glorious period of their lives.La Der des ders, the last of the last, is regrettably not an allusion to wars, but, besides bringing our album to a close, it did turn out to be the very last record by the great Fréhel.  In these early days of January 1939, the Popular Front was a burned-out force.  Nevertheless, there would still be a spring, a dance or two, a summer and, of course, holidays — the fourth helping of holidays-with-pay since that famous summer of 1936.But then came the fateful 3rd September 1939, and with it the Popular Front died for the second time.
Adapted by Don Waterhouse from the French text of Eric REMY
© FREMEAUX & ASSOCIES SA 1996

CD1 - Tous ces titres sont enregistrés à Paris   
1. La Grève de l’orchestre (p. Vorcet - m. Himmel), fox-trot. Ray Ventura et ses collégiens. 25 novembre 1936. Pathé 1078/CPT 3007-1. 
2. Fermé jusqu’à lundi (p. Nohain - m. Mireille), fox-trot. Mireille, Jean Sablon et, au piano, Alec Siniavine. 12 décembre 1935. Columbia DF 1846/CL 5525-1.       
3. Trois Jours (p. Nohain - m. Eisemann), fox-trot du film “Quadrille d’amour”. Danielle Darrieux, Pierre Mingand et orchestre Wal Berg. 8 février 1935. Polydor 524032/1608 1/2 wpp.         
4. Le Soleil s’en fout (p. & m. Tranchant), fox-marche. Jean Tranchant avec Willie Lewis and his Entertainers (Jack Butler, Arthur Briggs (tp), Billy Burns (tb), George Johnson, Willie Lewis (as), Joe Hayman (as, ts, bars), Franck “Big Boy” Goudie (ts, cl), Herman Chittison (p, arr), John Mitchell (g), Louis Vola (b), Ted Fields (dm). 12 novembre 1936. Pathé PA 1061/CPT 2967-1.        
5. Y’a d’la joie (p. Breton/Trenet- m. Emer/Trenet) fox-trot. Maurice Chevalier et orchestre Marcel Cariven. 10 février 1937. Gramophone K-7844/OLA 1507-1.    
6. C’est la vie qui va (p. & m. Trenet) bande originale du film “Je Chante” (sorti le 30 novembre 1938). Charles Trenet, direction musicale Rudolph Goehr       
7. Prends la route (p. Boyer- m. Van Parys) one-step du film “Prends la route”. (Jacques) Pills et (Georges) Tabet; orchestre Louis Wyns. 21 décembre 1937. Columbia DF 2063/CL 6016-1.         
8. Tandem (p. Nohain/Valmy- m. Mireille), fox-trot. Jean Fred Mélé et le jazz (Jean) Yatove. 8 mars 1938. Polydor 514 085/4039 HPP.
9. C’est un nid charmant (There’s a small hotel, paroles françaises : Hennevé/Palex- m. Rodgers), fox-trot de la comédie musicale “On your toes”. Josephine Baker, Rogers et orchestre Wal-Berg. 3 avril 1937. Columbia DF 2116/CL 6118-1.
10. La Pluie sur les auvents (p. Money- m. Lucchesi), tango. Annette Lajon et orchestre Paul Misraki. 24 février 1936. Pathé 844/CPT 2520-1.
11. Aux quatre coins d’la banlieue
(p. Vaucaire - m. Revil), valse. Damia et orchestre Wal Berg. 14 décembre 1936. Columbia DF 2073/CL 5996-1.
12. Quand on se promène au bord de l’eau (p. Duvivier-m. Yvain), valse du film “La Belle Équipe”. Jean Gabin et orchestre musette Pierrot (Adolphe Deprince à l’accordéon). 15 septembre 1936. Columbia DF 1990/CL 5854-1.
13. Quel beau dimanche (p. Heim/Groener- m. Trenet), slow-fox. Lys Gauty et orchestre Michel Emer. 4 décembre 1935. Polydor 524 163/2189 2hpp.
14. Aimez-vous les moules marinières ? (p. Varna & Vaucaire- m. Revil), valse. Damia et orchestre Wal Berg. 14 décembre 1936. Columbia DF 2073/CL 5995-1.
15. Ça sent la friture (m. Batell - p. Marèze), valse. Lys Gauty et orchestre Michel Emer. 10 septembre 1935. Polydor 524 1112/1978 1/2hpp.
16. Ici l’on pêche (p. & m. Tranchant), slow-fox. Germaine Sablon et orchestre Michel Warlop (avec, entre autres, Michel Warlop (v), Django Reinhardt (g), Stéphane Grapelli (p, oui!), Noël Chiboust (tp), André Ekyan (cl, as), Alix Combelle (ts)...). 26 fevrier 1934. Gramophone K 7256/OPG 1297-2.
17. Le Moulin qui jase (m. Bols - p. de Badet), valse boston. Germaine Lix et orchestre André Valsien. Mars 1935. Odéon 166 908/KI 7147-1.
18. C’est la guinguette (p. François - m. Claret), java. Damia,  choeurs russes Afonsky et orchestre Wal Berg. 28 fevrier 1936.  Columbia DF 1879/CL 5633-1.

CD 2 - Tous ces titres sont enregistrés à Paris   
1. C’est un petit bal musette (p. Gabriello - m. Stone), java. Fréhel et orchestre musette Pierrot. 15 septembre 1936. Columbia DF 1994/CL 5852-1.        
2. Une Java (m. Sellers - p. Koger), de l’opérette “Au soleil de Marseille”. Albert Préjean et orchestre Raymond Legrand. 21 octobre 1936. Pathé 1036/CPT 2918-1.
3. La Valse à tout le monde (m. Jardin/Trenet - p. Trenet). Fréhel et orchestre Pierre Chagnon. 17 avril 1936. Columbia DF 1926/CL5697-1. 
4. Viens gosse de gosse (p. & m. Lenoir), valse du film “Liliom”. Marianne Oswald et accompagnement de piano et accordéon (anonyme). 24 avril 1934. Columbia 1539/CL4830-1.
5. On ne sait pas qui l’on est (m. Delettre - p. Emer), slow-fox. Marie Dubas et orchestre Pierre Chagnon.    juin 1935. Columbia inédit.       
6. C’est à Robinson (p. de Letraz - m. Delettre), valse de l’opérette “La Belle Saison”. Lucienne Boyer, chœur et orchestre Wal Berg. 8 juillet 1937. Columbia DF 2171/CL6271-1.  
7. La Romance du printemps (p. de Letraz - m. Delettre), fox trot de l’opérette “La Belle Saison”. Lucienne Boyer, Jacques Pills, Georges Tabet et orchestre Wal Berg. 8 juillet 1937. Columbia DF 2221/CL 6374-1.         
8. Chez nous (p. de Letraz - m. Delettre), fox-trot de l’opérette “La Belle Saison”. Lucienne Boyer, Pills, Tabet et orchestre Wal Berg. 8 juillet 1937. Columbia DF 2221/ CL 6375-1.   
9. Fantaisie sur les airs du film “Prends la route” : 1- La mappemonde ; 2- On a tous les deux ; 3- Y a toujours un passage à niveau ; 4- A mon âge ; 5- Nous ne savons pas qui nous sommes ; 6- Prends la route (p. Boyer - m. van Parys). Pierre Mingand et le Jazz A.C.E. (probablement Wal Berg et son orchestre). 5 fevrier 1937. Polydor 512 824/ 3170 et 3171 1/2 hpp.
10. Pot-pourri des airs de l’opérette “Normandie” (p. Hornez/Decoin - m. Misraki). Paul Misraki et son orchestre (en réalité orchestre de Ray Ventura, vocal Bernard Céliot et Paul Misraki). 19 septembre 1936. Pathé 1000/CPT 2839 et 2840.
11. L’avenir est à nous (p. Hornez - m. Misraki), tango de l’opérette “Normandie”. Lyne Clevers et orchestre John Ellsworth (en réalité, Jacques Météhen). 9 octobre 1936. Columbia DF 2005/CL 5892-1.
12. Au devant de la vie (p. Vaillant Couturier - m. Chostakovitch), marche. Chorale populaire de Paris sous la direction de Roger Désormière. Environ avril 1938. Chant du Monde 610/10677 1/2 hpp.
13. Sur la Commode (p. Rip/Willemetz - m. Simons), one-step de la revue “V’la l’travail”. Jeanne Aubert et orchestre Louis Wyns. 7 juillet 1937. Columbia DF 2174/CL 6227-2
14. Juliette (m. Goehr - p. Bayle/de Lima), valse. Mistinguett, Leo Kok et orchestre Marcel Pagnoul. 19 juillet 1938. Columbia DF 2311/6529-1.
15. Comme une banque (I’m feelin’ like a million, paroles françaises: Féline - m. Brown), fox-trot du film “Broadway melody of 1937”. Joséphine Baker et orchestre Wal-Berg. 6 novembre 1937. Columbia DB 2263/CL 6432-1.
16. Je cherche un millionnaire (mêmes références que titre précédent sauf paroles : Marc-Cab/de Lima). Mistinguett, Leo Kok et orchestre Marcel Pagnoul. 19 janvier 1938. Columbia DF 2311/CL 6529-1.
17. La Java d’un sou (m. Batell - p. Valray), du film “Escale”. Marie Dubas et orchestre Pierre Chagnon. juin 1935. Columbia inédit/CL5437-1.    
18. La der des der (p. Vaucaire - m. Parès/van Parys), java. Fréhel et orchestre musette Pierrot. 2 janvier 1939. Columbia DF 2527/CL6901-1.

CD Le Front Populaire © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 LA GREVE DE L ORCHESTRE - VENTURA03'06
02 FERME JUSQU A LUNDI - MIREILLE02'58
03 TROIS JOURS - DARRIEUX02'46
04 LE SOLEIL S EN FOUT - TRANCHANT02'32
05 Y A D LA JOIE - CHEVALIER02'51
06 C EST LA VIE QUI VA - TRENET02'33
07 PRENDS LA ROUTE - PILLS03'00
08 TANDEM - MELE02'52
09 C EST UN NID CHARMANT (THERE S A SMALL HOTEL) - BAKER03'07
10 LA PLUIE SUR LES AUVENTS - LAJON02'44
11 AUX QUATRE COINS DE LA BANLIEUE - DAMIA02'47
12 QUAND ON SE PROMENE AU BORD DE L EAU - GABIN03'18
13 QUEL BEAU DIMANCHE - GAUTY02'44
14 AIMEZ VOUS LES MOULES MARINIERES - DAMIA02'43
15 CA SENT LA FRITURE - GAUTY03'00
16 ICI L ON PECHE - SABLON03'29
17 LE MOULIN QUI JASE - LIX02'36
18 C EST LA GUINGUETTE - DAMIA03'12
CD 2
01 C EST UN PETIT BAL MUSETTE - FREHEL03'03
02 UNE JAVA - PREJEAN03'06
03 LA VALSE A TOUT LE MONDE - FREHEL02'44
04 VIENS GOSSE DE GOSSE - OSWALD02'32
05 ON NE SAIT PAS QUI L ON EST - DUBAS02'51
06 C EST A ROBINSON - BOYER03'02
07 LA ROMANCE DU PRINTEMPS - BOYER02'55
08 CHEZ NOUS - BOYER02'42
09 FANTAISIE SUR LES AIRS DU FILM PRENDS LA ROUTE - MINGAND06'36
10 POT POURRI DES AIRS DE L OPERETTE NORMANDIE - MISRAKI06'01
11 L AVENIR EST A VOUS - CLEVERS03'01
12 AU DEVANT DE LA VIE - CHORAL POPULAIRE DE ROGER DESO02'32
13 SUR LA COMMODE - AUBERT03'02
14 JULIETTE - MISTINGUETT02'59
15 COMME UNE BANQUE (AM FEELIN LIKE A MILLION) - BAKER03'09
16 JE CHERCHE UN MILLIONAIRE - MISTINGUETT03'08
17 LA JAVA D UN SOU - DUBAS03'11
18 LA DER DES DER - FREHEL02'50
"Le Front Populaire" par France Inter

"« Devant la porte de l’usine  /  Le travailleur soudain s’arrête  /  Le beau temps l’a tiré par la veste….  /  Dis donc camarade soleil,  /  Tu ne trouves pas que c’est plutôt con  /  De donner une journée pareille au patron ? »  Jacques Prévert. 
Des ouvriers qui dansent pendant un mois dans leurs usines occupées et des avancées sociales comme la France n’en a jamais connues en si peu de temps (les 40 heures, les congés payés, les conventions collectives) tout cela date de cet été de 1936 pendant lequel tout était devenu possible. Mais très vite, les premières épreuves provoquées par la guerre d’Espagne, les bruits des bottes hitlériennes et les difficultés économiques sont venus gâcher la fête qu’avait entraîné l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Front Populaire il y a exactement 70 ans".   Patrice GELINET.   
Illustration sonore : Le Front Populaire (Frémeaux & Associés)  
© FRANCE INTER





"Ce coffret est un must" par Blah Blah

"Il fut un temps où les français crurent vraiment qu'ils allaient s'aimer les uns les autres." Cette phrase de Jean Renoir à propos du Front populaire illustre bien l'atmosphère régnant dans la classe ouvrière de l'époque, une ambiance que l'on retouve bien sûr sur ce double CD. Cette anthologie nous offre quelque chose d'insouciant, de léger, quelque chose qui flotte dans l'air. C'est la vie, les joies et les pleurs d'une France de l'entre-deux-guerres. Ce disque a le parfum des grèves dures, des bals populaires, des guinguettes au bord de l'eau, des premiers congés payés. A tout seigneur, tout honneur, c'est Ray Ventura qui inaugure cette excellente compilation où l'on retrouve tous les grands de la chanson de cette époque : Maurice Chevalier, Jean Gabin, Pills et Tabet, Damia et Fréhel, entre autres... Soit 36 chansons qui ont permis aux amoureux de danser, rêver et s'aimer. Ce coffret est un must et l'on attend avec impatience le volume 2. BLAH BLAH




"Une joie de vivre" par Trad Magazine

Si les musiques traditionnelles sont celles que l'on chante en travaillant, que l'on dance ensemble, qui trouvent leur place dans la fête... Alors la nuance avec les musiques populaires n'est pas prête d'être clarifiée ! La période du Front Populaire fut une époque terrible (depuis 1932-1933), avec chômage et misère à la clé. Mais paradoxalement elle fut aussi celle des espoirs politiques et d'une joie de vivre débridée, d'un goût pour les bals et la fête, jusqu'au coeur des usines en grève. Mes parents et mes grands-parents ont toujours mélangé les chansons traditionnelles qu'ils m'ont apprises avec la fantaisie presque surréaliste de Ray Ventura, la musette d'Albert Préjean et l'une des mazurkas les plus délicieuses que j'aie entendues était "la Tonkinnoise" popularisée par Joséphine Baker, jouée au violon avec le coup d'archet du rigaudon par Emile Escal, du Champsaur. Ces mélodies ont servi à remplir les cahiers de chansons de l'entre-deux-guerres, où cultures urbaine et paysanne s'imbriquaient à qui mieux mieux. On a même écrit des paroles en langue régionale sur les airs des succès de Damia... On peut aussi dire, avec une rancune fondée, qu'à cette époque l'argent et le disque ont tué le vieux répertoire; c'est vrai que les indices de vie consacrent toujours la mort de ce qui a fait la vitalité des générations précédentes. En  être conscient n'est pas forcément en être complice. Résister peut passer par l'écoute de cette anthologie en 2 CD... Claude RIBOUILLAULT - TRAD MAGAZINE 




"Du beau travail!" par Accordéon magazine

"Du beau travail!" par Accordéon magazine 1936, mythe historique s'il en est ! Chacun retient d'abord le victoire du Front populaire, les congés payés et la semaine de quarante heures. Cette compilation de 36 titres nous restitue avant tout ce climat et cette atmosphère bien spécifique : ce besoin de vacances, de congés, de délassement auquel aspirent les classes laborieuses. La plupart des chansons réunies sont déjà significatives par leurs titres : Fermé jusqu'à lundi, Prends la route, Quel beau dimanche, Ca sent la friture, Ici l'on pêche. Le temps arraché au travail, dans la grève ou grâce aux congés, va permettre aux amoureux de danser, de rêver et de s'aimer le temps d'une chanson. Cette anthologie constitue à elle seule une formidable affiche de music-hall : Mireille, Jean Sablon, Charles Trénet, Pills et Tabet, Joséphine Baker, Damia, Fréhel, Gabin, Mistinguett, Marie Dubas, Albert Préjean, Marianne Oswald... Si l'accordéon est plus populaire que la batterie ou le saxophone, le jazz pointe tout de même le bout de son nez : Tranchant est accompagné par le Big Band de Willie Lewis et Jean Sablon par Warlop, Django and Co. Comme toujours chez Frémeaux, un livret érudit de 40 pages, illustré de 35 photos, accompagne le coffret. Du beau travail! Francis COUVREUX - ACCORDEON MAGAZINE




« Une formidable explosion de joie » par l’Affiche

Dans l’inconscient collectif, le Front populaire est synonyme d’une formidable explosion de joie. Ce double CD, truffés d’infos et d’illustrations d’époque, présente sans préoccupation historique formelle, et en trente-six titres, une sélection des airs diffusés entre 1934 et 1939 par notre bonne vieille TSF. Interprétées par Maurice Chevalier, Charles Trenet, Jean Gabin, Damia, Fréhel, Joséphine Baker, Lucienne Boyer ou Mistinguett, ces chansons ont accompagné parfois sans le savoir la marche du progrès, l’avènement du temps libre et les premiers congés payés. En ouverture, « La grève de l’Orchestre » par Ray Ventura et ses Collégiens retrace avec humour l’ambiance de ces années euphoriques de lutte. Tous les cinéphiles prendront plaisir à écouter ces airs qui servirent souvent d’illustrations sonores aux films noir et blanc de l’époque. L’histoire ne se répétant jamais, il faudra tout de même envisager de compiler des singles - puisque c’est ainsi que l’on dit aujourd’hui - qui marqueront la prochaine réduction du temps de travail. Elle est inévitable. Heureusement ! BIG BUDDAH – L’AFFICHE





« Le souffle du grand espoir » par Phonoscopies

Insouciance congénitale des français ? On ne retrouve guère dans la chanson le souffle du grand espoir qui anima ce moment capital de l’histoire moderne, fréquemment évoqué par Jean Gabin chantant « Quand on s’promène au bord de l’eau ». Mais, au-delà du cliché ressassé, ce compact nous fait redécouvrir des œuvres musicalement bien plus intéressantes : l’opérette « Normandie » (Paul Misraki) ou le film « Prends la route » (Van Parys) dont les airs entraînants conviennent parfaitement à Pills et Tabet, au meilleur de leur forme qui, avec Ray Ventura, Georgius et Tino Rossi, datent à jamais de la période du Front populaire. PHONOSCOPIES




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