MICHEL GODARD

LE CHANT DU SERPENT

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Number of CDs : 1


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LLL037

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Le serpent : quel drôle de nom pour un instrument de musique! Et pourtant... De la fin du seizième à la fin du siècle dernier, ce curieux tube fait de bois recouvert de cuir joint sa voix à celles qui entonnent le plain-chant dans les églises. Abondamment décrié par les musiciens modernistes du dix-neuvième (parmi lesquels Berlioz), le serpent tombe dans l’oubli, supplanté par l’ophicléide, puis par le tuba. C’est cette injustice profonde envers les qualités réelles de l’instrument qui suscite aujourd’hui la curiosité du tubiste Michel Godard. En l’associant à la voix, conformément à sa vocation première, et d’autre part aux embouchures modernes de même registre (tuba, bien sûr, et même ophicléide), “Le Chant du Serpent” offre à l’objet maudit une renaissance inespérée dans un répertoire tout neuf. Et les références littéraires, loin de détourner de la musique, nous entraînent dans un monde poétique où l’imaginaire salue avec humour les retrouvailles jubilatoires de l’art vocal – sous toutes ses formes – et du reptile-à-musique.'
Arnaud Merlin - France Musiques 

La beauté vient autant de la réflexion et de l’intelligence que de la sensibilité. Les lents et sinueux mouvements s’inscrivent, comme dans le sable, en mémoire : il y a quelque chose de fondamental là-dedans.Le quotidien du médecin Bien sûr, on retrouvera, ici ou là dans “Le chant du Serpent”, l’influence du jazz, du reggae, de certaines musiques contemporaines, expérimentales, brésiliennes, mais la liberté reste, tout au long de cet album inclassable, si souveraine que l’on se prend à traverser les “influences” en question, sans s’y attacher, presque sans perdre de temps à les reconnaître, pour poursuivre, hypnotisé, l’expérience surréaliste et quelquefois humoristique, à laquelle nous convie le tubiste et son petit groupe. Bref : un régal pour tous ceux qui apprécient de ne pas toujours ré-entendre ce qu’ils connaissaient déjà, pour tous ceux qui aiment être étonnés. Michel Godard réalise une étonnante fusion entre musique ancienne, musique contemporaine, jazz traditionnel et musique populaire au parfum latino-américain. Plus qu’une simple curiosité, cet album s’impose, par la variété de ses climats, comme l’une des réalisations les plus originales de ces dernières années.
C.L. - Jazz in Time

Droits : Groupe Frémeaux Colombini, cessionnaire de la Lichère."
ExtractTrackAuthorDuration
01 COMMENCEMENT - GODARD03'40
02 REGGAE DES SERPENTS - GODARD06'11
03 ENCONTRE - GODARD04'10
04 CIGANA AURORA - GODARD03'44
05 LA VOLUPTE - GODARD04'29
06 POSSESSION - GODARD05'23
07 AUBADE DU SERPENT - GODARD06'04
08 LA VIPERE - GODARD02'51
09 SERPENT ENCEPHALIQUE - GODARD04'39
10 BLACK SNAKE BLUES - GODARD03'39
11 SERPENT D'OR - GODARD03'57
12 LE CHANT DU SERPENT - GODARD02'08
« Jolie performance » par Jazz Hot

Le chant du serpent est un disque de musique improvisée européenne, puisque tel est désormais  le nom consacré à ce genre musical, qu’il soit improvisé ou non. Un CD consacré pour une moitié au tuba et l’autre (mis à part une plage pour l’ophicléide) à un très vieil instrument de musique, le serpent. Cet instrument rudimentaire a bien besoin du talent assez extraordinaire de Michel Godard qui réussit dans cette entreprise délicate car, quoi qu’il dise, si le serpent a été abandonné, c’est qu’il y avait des raisons, notamment dans son rêve de pauvreté. Très heureusement servi par des textes parfois excellents (celui tiré du « Salambô » de Flaubert par exemple), par la troublante voix grave de Marta Contreras (« Commencement », « Encontre », « Aurora ») et plus généralement, par tous ceux qui l’entourent, Michel Godard donne avec ce CD 50 minutes intéressantes d’une musique qui n’est pas sans rappeler les univers « gothiques » qu’il aime évoquer. Ce qui, au départ, paraissait un pari un peu risqué se transforme peu à peu en une jolie performance.
Michel BEDIN - JAZZ HOT




« Joli jeu de contrastes » par Télérama

Débonnaire Méphistophélès à lunettes, Michel Godard joue du serpent. Non point en charmant les reptiles à plumes ou à sonnettes de sa flûte enchanteresse. Mais en soufflant dans un tube ondulé de bois et de cuir dont le nom « vient de ce qu’il a la figure du serpent, ayant plusieurs replis pour corriger sa longueur ». Ainsi décrivait-on autrefois cet ancêtre du tuba aux sonorités graves mais voilées, délicates : « Très proche de la voix humaine » dit Michel Godard. Cet éclectique souffleur de 33 ans qui a commencé par jouer de la trompette dans l’harmonie des usines Peugeot de Sochaux, avant d’entrer au conservatoire de Besançon, a décidé de remettre au goût du jour le sinueux instrument à vent, inventé à la fin du XVIe siècle par un chanoine français. Envoûté par son reptile à six trous, il l’a mené en balade dans les clubs de jazz. Et le serpent, si décrié par les modernistes du XIXe siècle (parmi eux, Berlioz) après avoir été plébiscité par des compositeurs comme Charpentier ou Delalande, a opéré la jonction be-bop baroque. Michel Godard a fait ses débuts en swing avec Tubapack, le pétillant quartet de tubas, avant de devenir un des piliers des meilleurs big band français, ce qui ne l’empêche pas de s’acoquiner avec les musiques les plus expérimentales. Au serpent qui, à l’origine, accompagnait les chœurs d’hommes dans les églises, il associe de très contemporaines voix de femmes, sur des arrangements du turbulent guitariste Claude Barthelemy et des textes empruntés à Flaubert ou aux anciens dictionnaires. Mais c’est lorsqu’il mêle son souffle à la vielle à roue primitive futuriste de Valentin Clastrier, aux binious et bombardes du Bagad de Kemperlé ou au saxophone free lyrique de Louis Sclavis qu’on le préfère. D’ailleurs, ces trois musiciens figurent à l’affiche des concerts qu’il programme pour sa « carte blanche » au festival d’Ile de France. Tour à tour gai, tourmenté ou ironique, Michel Godard y jouera également de son gracile serpent et de son tuba trapu, en compagnie de l’ensemble baroque La Fenice et du très classique Arban Chamber Brass. Joli jeu de contrastes en perspective !
Éliane ALOUZAY - TÉLÉRAMA




« Un talent rare » par Écouter Voir

A la question « peut-on faire du neuf avec du vieux, voire de l’ancestral ? » Michel Godard a tenté de nous apporter une preuve de faisabilité de ladite chose…Excellent tubiste et fin compositeur, il s’est attelé à la tâche par le biais de l’un des ancêtres des cuivres modernes, le serpent. Cet instrument avait l’avantage de produire un son d’une douceur toute particulière. Mais l’énorme défaut d’être souvent d’une justesse plus que douteuse et d’un maniement aussi aisé que la trompette naturelle, c’est dire ! Le résultat reste décevant malgré l’active participation de chanteuses et chanteurs de talent (Linda Bsiri, Marta Contreras, Catherine Dasté, Armelle de Frondeville, Jean-François Pringent) et malgré toutes les attentions prodiguées par un Michel Godard inventif. Certes la surprise est de mise à chacun des morceaux, mais l’on s’ennuie vite. Dommage, car ce tubiste possède un talent rare (il suffit pour cela d’écouter La volupté pour se rendre compte de sa parfaite maîtrise du tuba, redoutable serpent de laiton). Un album très inégal qui se laisse toutefois écouter, la curiosité pouvant au gré des plages nous faire découvrir quelques bons passages…
Ludovic BARGHEON – ÉCOUTER VOIR




« Renaissance surprenante » par Jazz In Time

On l’avait découvert au sein de Tubapack, il y a quelques années déjà et, en 1986, il avait gravé Comedy, un superbe premier album personnel en compagnie de J.M. Padovani. Ici dernièrement, on l’a retrouvé au sein de l’ONJ, sous la direction de Claude Barthelemy, mais aussi au sein du sextet de G.Marais et de l’Impossible Trio. Entre ces deux périodes, en juin 89, Michel Godard, l’un des rares spécialistes du grand tuba avec Bob Stewart et Michel Massot, enregistre Le chant du serpent, un étonnant album riche en polysémie et dédié tout entier à cet instrument de bois recouvert de cuir qui donnait la réplique au plain-chant dans les églises. Supplanté par le tuba, le serpent était, depuis la fin du siècle dernier, un instrument oublié que l’on n’entendait plus guère qu’en musique ancienne. Le présent album consacre sa renaissance surprenante. Seul pour trois thèmes (les plages 5, 7 et 10), avec sa panoplie d’instruments (serpents, mais aussi tubas et ophicléides dont les chants s’entremêlent grâce à un procédé très élaboré de surimpression) ou bien en compagnie de cinq vocalistes, qu’il retrouve pour une série de neuf duos. Michel Godard réalise une étonnante fusion entre musique ancienne, musique contemporaine, jazz traditionnel et musique populaire au parfum latino-américain (plages 3 et 4 chantées en espagnol). Usant de la voix, tantôt pour des récitatifs aux références littéraires, tantôt pour le chant ou la simple vocaliste, Godard opère un mariage très personnel entre le timbre grave de ses instruments et la limpidité vocale de Maria Contreras (plages 1, 3,4), Linda Bsiri (2, 11, 12), Catherine Dasté (6), Armelle de Frondeville (8) ou J.F. Prigent (9). Il signe sept thèmes et emprunte les autres à G. Marais, Ph. Deschepper, E. Gismonti, M. Contreras et au légendaire P. Johnson dont il reprend le Black snake Blues. Plus qu’une simple curiosité, cet album s’impose, par la variété de ses climats, comme l’une des réalisations les plus originales de ces dernières années. Il n’est pas étonnant, dès lors, que M. Godard ait l’intention de revenir prochainement à ce répertoire pour une série de concerts avec voix et instruments (il est fort probable que, pour l’occasion, M. Godard soit accompagné de Ph.Deschepper et Y. Micenmacher, ses compagnons de l’impossible Trio).
C.L. – JAZZ IN TIME




« Le serpent de Godard se fait charmeur » par Jazzman

Plongeant dans les racines de son tuba, Michel Godard en exhume le serpent. Oublié ou presque du répertoire romantique et contemporain, le serpent était tout bonnement ignoré du jazz et de ses musiques cousines. Renouant avec la tradition du 16e siècle où il se lovait autour des voix de plain-chant, le serpent de Godard se fait charmeur en invitant quelques voix à le caresser. Dommage que celle de Maria Contreras nous joue la mue car les autres vocalistes, Armelle de Fondeville et Linda Bsiri en particulier sont parfaites dans le rôle de la tentatrice. Paradoxalement, ce sont les plages où Godard assure seul avec ses serpents et tubas la fonction du chant sinueux et de l’accompagnement vertébré qui sont les plus fortes. La Volupté, Black Snake Blues et Le Chant du serpent sont plus que des curiosités : le démon tentateur y roule des yeux de velours.
Paul GOUPIL - JAZZMAN




« Psssit ! » par Jazz Magazine

Certes, il y eut « Comedy » avec Jean-Marc Padovani mais « Le chant du serpent » est le premier véritable disque signé Michel Godard : un des meilleurs tubistes actuels, tant il sait exploiter le tuba, rythmiquement et mélodiquement, devenu ainsi un instrument soliste à part entière. Le serpent, c’est d’abord, comme on peut en lire la définition dans le Petit Larousse, un « ancien instrument de musique à vent, en bois recouvert de cuir, percé de 9 trous qui en règlent l’intonation ». Ajoutons que créée à la fin du seizième siècle, il joignit sa voix à celles qui entonnent le plain-chant dans les églises, avant de tomber dans l’oubli, à la fin du 19e et d’être supplanté par l’ophicléide et le tuba. Le serpent, c’est ensuite, plus familièrement, la vipère ou le python, charmants reptiles inquiétants mais aussi fascinants auxquels le chant en question rend implicitement hommage. Chant qui séduit,, se love en nous, proies autour desquelles s’enroulent des voix qui, ensorcelantes, nous pénètrent à notre insu, par courbes concentriques de plus en plus rapprochées. Tuba, serpent et voix ne font qu’un avec le reptile sifflant et rampant dont ils empruntent les intonations, les formes, la matière. Contre-chant au « serpent » mélodieux et sinueux, les voix, multipliées à l’infini, se croisent, s’unissent, se répondent sur fonds de tuba, lequel marque langoureusement le tempo. Ainsi, chacun des intervenants, timbres variés, concourent à l’harmonie et à l’équilibre de la toile aux teintes douces et contrastées. Psssit !
Xavier MATTHYSSENS – JAZZ MAGAZINE