ELECTRIC GUITAR STORY

ROCK COUNTRY JAZZ BLUES R&B (1935-1962)

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Artistical Director : BRUNO BLUM
Booklet : 32 Pages
Number of CDs : 3


29,99 € tax incl.

FA5421

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The indispensable collection for all guitar players and anyone interested in the instrument. In chronological order, starting with the first historic recordings of an amplified lap steel guitar in 1935 up to the triumph of rock guitar, most of the best and most influential guitarists can be found here. They are heard showing astonishing musical diversity in this anthology recounting the evolution of the electric guitar. This highly-documented triple album is an essential work and features not only the pioneers and innovators but also the stylists who contributed to make the guitar the dominant instrument in western popular music for over five decades. Told by Bruno Blum, himself a guitarist, this epic includes truly dazzling recordings.

Patrick FRÉMEAUX

Electric guitar story FA5421

Electric Guitar Story
Country Jazz, Blues R&B Rock 1935-1962










Electric Guitar Story
Country, Jazz, Blues, R&B, Rock 1935-1962


Forcément non exhaustif, cet album peut être complété dans cette collection par les anthologies Guitare Country - From Old Time to Jazz Times 1926-1950 et Rock Instrumentals Story 1934-1962 qui contient notamment des morceaux d’Earl Hooker, Eddie Cochran, Duane Eddy, Dick Dale, Freddie King et bien d’autres (consulter fremeaux.com).

Quand je serai mort, continuez à passer les disques.
— Jimi Hendrix

Enregistrée dès 1935 — le piano électrique devra attendre 1955 — la guitare amplifiée par un dispositif électrique s’est répandue dans les années d’après-guerre et a progressivement supplanté le piano, le saxophone et la trompette en tant qu’instrument soliste dominant dans la musique populaire. Plus facile à maîtriser que les instruments à vent et le violon, le premier instrument électrique de l’histoire était capable de produire un son suffisamment puissant pour figurer dans un orchestre avec batterie — contrairement à la guitare sèche. Très versatile, la guitare électrique est un instrument polyphonique à la fois rythmique et soliste. Elle permet aussi de chanter tout en jouant et de s’accompagner seul. Légère, pratique, bon marché elle pouvait compléter, voire remplacer l’encombrant et onéreux piano dont le rôle harmonique avait longtemps été indispensable. Sa popularité grandissante au début des années 1950 fut parallèle à l’expansion du rock, du blues et d’un nouveau support, le disque microsillon (45 tours, 33 tours) qui a rendu le 78 tours obsolète. Elle a bouleversé le son et le style des musiques populaires du monde entier. Les premiers effets audio artificiels (réverb, trémolo, distorsion, écho, etc.) apparus à cette époque ont encore accentué son charme et sa séduction.

De brillants musiciens se sont massivement appropriés ces nouveaux sons excitants qui surgirent dans la country, le blues, le jazz, la variété et le rock. En 1962 à la veille de la Beatlemania et quatre ans avant l’irruption de Jimi Hendrix, qui décupleraient encore son immense popularité, la guitare électrique tenait déjà une place déterminante dans le paysage musical. Elle s’inscrit depuis dans la sémiotique du mythe américain, représentation symbolique de la virilité — entre gratte-ciel et arme à feu, entre fusée spatiale et automobile1. La guitare fut un instrument fétiche des nomades pionniers des États-Unis ; une fois électrifiée et devenue l’outil d’improvisations éblouissantes, sans retenue, extravagantes, débridées et exaltantes, elle devint un symbole de liberté, d’indépendance, de jouissance et de libre expression. Elle est restée un code culturel de l’identité moderne des États-Unis.

En réunissant quelques-uns de ses pionniers et premiers innovateurs, cet album juxtapose les styles très différents des meilleurs instrumentistes originels de la guitare électrique, qui ont largement influencé tous ceux qui ont suivi. Chacun d’entre eux a participé à exprimer et définir les contours esthétiques de cet idéal de liberté proclamé par les États-Unis. Avec des géants comme Sol Hoopii, Lonnie Johnson, Django Reinhardt, T-Bone Walker, Charlie Christian, John Lee Hooker, Muddy Waters, Les Paul, B.B. King, Mickey Baker, Barney Kessel, Jimmy Bryant, Bo Diddley, Chet Atkins, Chuck Berry, Wes Montgomery ou les influences sur Jimi Hendrix que furent Mickey Baker, Johnny « Guitar » Watson ou Albert Collins — sans oublier Link Wray l’inventeur du power chord — l’essentiel n’avait-il pas déjà été dit en 1962 ?

La Guitare

Une multitude d’instruments à cordes est apparue en cinq millénaires. La guitare est sans doute née d’un mélange de cithare grecque (un type de lyre apporté par les Romains en Espagne vers l’an 40) et d’une forme d’oud (fond bombé) introduit en Europe au VIIIe siècle par les Maures. Maures et Espagnols ont développé différentes familles de guitares, dont les types baroque, espagnol (guitare « classique ») et flamenco. Avec son fond plat et un manche plus fin, vers le XIe siècle la guitare latine à quatre cordes était déjà une guitare moderne. Tiny Grimes joue ici de sa fameuse guitare ténor à quatre cordes, survivance de ce type de modèle. La première guitare à six cordes a été datée de 1779, fabriquée en Italie par une famille de luthiers spécialistes de la mandoline. Très répandue en Espagne, la guitare s’est notamment propagée en Amérique du Nord avec la colonisation espagnole. Cette guitare européenne a aussi été adoptée aux îles Hawaï, dans l’océan Pacifique où s’est développé un style local original (avec accords ouverts à l’espagnole, appelés plus récemment le « slack-key »). Fondée en 1833 à Nazareth (Pennsylvanie) par Christian Frederick Martin, fils d’un luthier allemand, la marque états-unienne Martin produisait des guitares de qualité. D’autres sociétés, dont Washburn, Schmidt & Maul, Stucke et Tilton répondaient à une demande croissante. Liée à l’esprit des pionniers de l’ouest itinérants, la populaire guitare s’est d’abord propagée dans les territoires initialement espagnols : une partie du Colorado, du Wyoming et dans les états de l’Arizona, de Californie, du Nevada, de l’Utah, du Nouveau-Mexique — et du Texas, ce qui explique peut-être la forte tradition guitaristique dans cet état2 (dont sont originaires Lightnin’ Hopkins, Buddy Holly, Johnny Winter). En 1850 ces territoires ont été achetés au Mexique par les États-Unis. La Louisiane et le Mississippi avaient également connu des périodes espagnoles, et l’instrument a prospéré dans ces régions du sud où des traditions de musique folk « old time », de hillbilly (populaires chez les nomades d’origine européenne, comme les pionniers et cow boys) et de folk blues se sont développées chez les Afro-américains et les Européens d’origine irlandaise, anglaise, française, allemande, autrichienne, italienne et portugaise notamment. Orville H. Gibson (1856-1918), dont le père était d’origine anglaise, a longtemps été un luthier amateur passionné. Puis il a commencé à vendre ses mandolines et guitares à la fin du XIXe siècle dans son atelier de Kalamazoo (Michigan). Sa fortune était faite en 1902.

Guitare Acoustique
La guitare espagnole (cordes en boyau, manche large) était utilisée pour la musique classique par des musiciens comme le virtuose andalou Andrés Segovia. En raison d’un niveau de son insuffisant, elle ne pouvait figurer dans les orchestres de musiques populaires du XXe siècle accueillant de puissants instruments à vent, une batterie ou un piano. La guitare était souvent réduite à un rôle d’instrument rythmique, aux accords capables de produire un soutien harmonique. Le banjo, beaucoup plus puissant mais au son très sec et court, lui était préféré et figure dans nombre d’enregistrements de jazz dixieland des années 1920. Visant à augmenter le niveau sonore, la guitare « folk » à cordes de métal (steel string guitar) s’est développée dans les années 1920. La sous-marque Stella (Harmony) était appréciée en raison de son prix bas. Plus agressive, la guitare folk a connu de nombreux maîtres, parmi lesquels le premier guitariste de jazz important Eddie Lang et en France Django Reinhardt3 (1910-1953), adepte d’un modèle puissant et singulier de guitare acoustique, conçu par le concertiste de guitare classique et luthier italien Mario Maccaferri, fabriqué à Mantes-la-Ville (France) par la marque Selmer. On peut écouter ici un blues sublime de Django, enregistré en 1953 à la fin de sa vie sur sa guitare Maccaferri équipée d’un micro amovible. Mais les guitaristes acoustiques étaient généralement contraints de jouer seuls, comme le maître de la guitare ragtime Arthur « Blind » Blake, ou dans de petites formations et des duos comme ceux, fameux, enregistrés par Lonnie Johnson et Eddie Lang (« Handful of Riffs », 19294). Le chanteur guitariste et banjoïste Lonnie Johnson (1899-1970) est le premier à avoir enregistré des improvisations à la guitare effectuées sur une seule corde à la fois. Surtout connu pour ses œuvres à la guitare sèche, ce musicien influent figure ici sur un enregistrement de 1951 à la guitare électrique5.

Guitare « Slide »
Les travaux de l’ethnomusicologue Gerhard Kubik ont montré qu’il existe des instruments (cithares à une corde idiochord) utilisant le principe de la guitare « slide » chez des Bantous de la République Centrafricaine6. Le guitariste slide américain Big Joe Williams a observé des instruments analogues dans son enfance : une petite bouteille de whisky était glissée sur la corde pour définir les notes. Le cornettiste W.C. Handy témoigna avoir écouté un guitariste de blues jouer de la slide avec un couteau à Tutwiler (Mississippi) en 1903. Néanmoins la technique de guitare « slide » a été parallèlement inventée en 1889 sur l’île de O’ahu à Hawaï par Joseph Kekuku (1874-1932), qui s’installa aux États-Unis en 1904 où il la popularisa dans le spectacle Bird of Paradise. Comme d’autres Hawaïens en vogue, il eut beaucoup de succès au sein des Hawaiian Singers and Dancers où il jouait d’une guitare de type espagnol posée à plat sur ses genoux. Cette approche lap steel guitar « slide », où les notes sont jouées en glissando sur le manche à l’aide d’une pièce de métal (le « steel »), était une extension des mélodies de voix hawaïennes analogues. Elle rendait un son original, à la forte présence7. Dans les années folles 1910-1930 les guitares hawaïennes jouées à plat étaient très à la mode (écouter Frank Ferera, enregistré dès 19168). Kekuku parcourut l’Europe triomphalement de 1919 à 1927. Dans les années 1910-1930, au confluent de la tradition hawaïenne/country et afro-américaine, de grands bluesmen comme Son House, Charlie Patton, Blind Willie Johnson, Bukka White ou Robert Johnson9 pratiquaient la technique « slide » en vogue et l’appliquaient au blues (avec une guitare jouée contre le corps et non à plat sur les genoux). Avec un canif, un tuyau de cuivre ou manche de bouteille scié et enfilé sur le doigt, leurs guitares produisaient un son tranchant qui leur permettaient de s’accompagner seuls et d’animer des bars bruyants.

Les disques de guitare hawaïenne, et du virtuose Sol Hoopi10 en particulier (enregistré à partir de 1927), ont considérablement marqué la musique hillbilly/country, où la lap steel s’est imposée sous cette influence. Mais ces guitares manquaient toujours d’amplitude sonore, un problème que voulut résoudre George Beauchamp, un entrepreneur, violoniste lui-même guitariste de lap steel. C’est en 1927 à Los Angeles qu’il s’est associé aux frères John et Rudy Dopyera, des luthiers spécialisés dans les violons, guitares et banjos avec qui il créa une puissante guitare acoustique en tôle d’acier emboutie, équipée de trois cônes résonateurs internes. L’instrument était entièrement construit avec l’acier produit par leurs partenaires National Steel, qui déposèrent les brevets et la marque National String Instrument Corporation. Le matériel utilisé dans leur petite usine provenait de la toute proche boutique d’outillage d’Adolph « Rick » Rickenbacker, un artisan d’origine suisse allemande. Certains musiciens de blues, comme Casey Bill Weldon11, ont utilisé ce puissant modèle National, la tricone à resonator en jouant à plat sur leurs genoux, dans la tradition « lap steel » hawaïenne. L’épouse de Weldon, Memphis Minnie12, préférait en jouer dans la position espagnole, plus courante. Dès 1941 Muddy Waters13 sera l’un des premiers à enregistrer sur une guitare électrique dans le style slide populaire dans le Mississippi où il naquit. Muddy figure ici sur un titre de 1948 où il donne toute la mesure de son style magnifique. Mais c’est Floyd Smith, accompagné par l’orchestre swing d’Andy Kirk en 1939, qui sera le premier guitariste à obtenir un gros succès avec un instrumental joué à la lap steel électrique (une Epiphone Electar). Chuck Berry plagiera son Floyd’s Guitar Blues en 1958 sous le nom de « Blues for Hawaiians »14. Berry l’enregistra sur une electraharp Gibson, une lap steel améliorée par Alvino Rey. La guitare slide a fait depuis de très nombreux adeptes, dont Ry Cooder avec les Rolling Stones et le collectionneur de 78 tours anciens Jeff Healey qui en 1988 connaîtra le succès avec sa technique lap steel. En 1980, le luthier français James Trussart commencera à créer une gamme de guitares électriques entièrement en acier, propices à la slide et adoptées depuis par les plus grands noms.

Guitare Électrique

Après s’être séparé de National et des frères Dopyera qui en 1928 fondèrent aussitôt la marque Dobro (DOPyera BROthers) et le modèle Dobro en acier à un seul résonateur inversé, c’est encore George Beauchamp qui en 1931 à Los Angeles créa la première guitare électrique vendue dans le commerce. Expérimentant dès 1925, il avait créé un modèle d’essai à une corde équipé d’un microphone de phonographe Brunswick. Il fabriqua ensuite son propre micro à bobinage, qu’il enroula avec le moteur de sa machine à coudre en 1931. C’est un ancien artisan du modèle National Steel, Harry Watson, qui fabriqua avec lui la première guitare entièrement électrique sans caisse de résonance (solid body), nommée The Frying Pan (la poële à frire). Beauchamp s’associa alors à Rick Rickenbacker qui fabriqua cette lap steel en quelques exemplaires en 1934. Gravé en janvier 1935 lors de la toute première séance d’enregistrement d’une guitare électrique, Some of These Days révèle pourtant le son d’un autre modèle, une guitare lap steel de bois plein « achetée au Mexique » par Bob Dunn. Branchée dans un ampli acheté au Woodward Music Store de Mineral Wells (Texas) qui l’équipa d’un mystérieux micro, en deux jours Dunn enregistra trente-cinq titres remarquables avec le groupe western swing de Milton Brown. Tromboniste de jazz à l’origine, l’excellent et influent Bob Dunn cherchait à reproduire les effets glissando du trombone à coulisse avec sa guitare. Il se considérait être un musicien de jazz et en partie grâce à lui, l’impact du western swing, versant blanc du rock en gestation, fut important. C’est en 1935 que Rickenbacker a lancé son modèle de lap steel électrique, la Spanish Electro créée par Beauchamp. La marque Dobro a sorti la même année une lap steel électrique solid body (sans caisse résonante) du même type. Le guitariste suivant de cette anthologie (Wilson Perkins), jouait dans la même veine que Dunn mais avec un son bien distinct. Il utilisait sans doute l’un de ces deux modèles artisanaux réalisés en peu d’exemplaires. La distorsion était déjà présente en raison des préamplis surchauffés de son matériel de petite taille. Des mandolines furent aussi électrifiées peu après.

La guitare électrique a une dette à l’égard de la tradition des luthiers sudètes, qui vivaient dans une région germanophone de l’actuelle République Tchèque. Juxtaposée à l’Allemagne, la Bohême/Moravie était située au cœur d’une immense forêt, notamment d’épicéas idoines pour fabriquer des tables d’harmonie de guitare. Les artisans sudètes (qui fuirent en Bavière après 1945) se spécialisaient chacun dans une seule pièce, qu’ils affinaient à la perfection. Les excellentes guitares allemandes étaient ensuite assemblées par des fabricants qui disposaient des meilleures pièces au monde. Les marques américaines Gretsch et Martin ont été fondées par des Allemands, et Roger Rossmeisl, le luthier qui développa les modèles de Rickenbacker modernes à partir de l’essor des guitares électriques en 1954 était originaire de Kiel, au nord de Hambourg. Sans oublier les marques allemandes très réputées comme Lang, Höfner, Neubauer, Framus, Hoyer, Hopf et d’autres. Quant à l’essentiel fabricant de micros Willi Lorenz Stich, qui changeait de nom avec chaque employeur (Bela Lorentovsky, Billy Lorento chez Framus, Bill Lawrence en 1968 chez Dan Armstrong, puis chez Gibson), il venait de Cologne.

La grande maison Gibson, dont les guitares sèches étaient réputées depuis 1902, a vendu en 1935 ses premières lap steels équipées de micros (peu performants). Vite vendus comme accessoires, ces micros ont été brièvement montés sur des guitares folk L-00 et L-1. Leur succès a été tel que Gibson fit appel à Alvin McBurney (alias Alvino Rey, 1908-2004) pour concevoir un vrai micro de guitare électrique. Depuis 1925 environ Rey amplifiait parfois son banjo et sa guitare lap steel sur scène. Il participa à l’élaboration du prototype, la Gibson 1270 qui devint en décembre 1936 le premier modèle de guitare électrique de la marque, la légendaire « Electric Spanish » ES-150 (car vendue au prix de $150, ampli compris). L’ES-150 n’était pas une lap steel mais une guitare espagnole (sans rosace) équipée de micros qui se jouait appuyée contre le corps. Alvino Rey sera aussi un pionnier de l’electraharp Gibson, une amélioration de la lap steel qui en 1940 précéda la console pedal steel guitar à plusieurs manches accordés différemment. Plusieurs titres incluant une guitare pedal steel sont inclus ici, dont Bryant’s Bounce avec Speedy West en plus de la guitare de Jimmy Bryant (1925-1980), et Don Davis avec Hank Garland. Solide guitariste, Alvino Rey enregistrera en 1946 une version du « Vol du Bourdon » de Nikolaï Rimsky-Korsakoff accompagné par un orchestre swing. Sa version inspirera celle des Ventures et le « Bumble Boogie » de B. Bumble and the Stingers15.

Le son électrique de l’ES-150 s’est propagé pendant la guerre et a participé à rendre obsolète les grandes formations de jump blues et swing aux encombrantes sections d’instruments à vent. Avec la sortie des Gibson L5-CES (« Cutaway Electric Spanish ») en 1951 et le modèle de luxe Super 400 CES avec ses excellents micros P-90 (utilisée ici par Merle Travis et Scotty Moore avec Elvis Presley), deux « semi-acoustiques » (avec table bombée, ou « archtop »), Gibson dominait complètement le marché de la guitare jazz, laissant les miettes aux remarquables Epiphone. L’arrivée en 1951 des Gretsch 6030 et 6031 équipées de micros DeArmond, puis de la 6192 a ébranlé leur quasi monopole, notamment avec le concours de l’immense Chet Atkins, grande vedette de la guitare country qui à partir de 1954 fera la promotion de la marque Gretsch et aura un modèle à son nom lancé en 1955. Gretsch produisait différents instruments de qualité depuis 1883 et, en se lançant sur le marché de la guitare électrique et de l’ampli, multiplia les innovations visuelles (couleurs vives, paillettes, designs magnifiques et originaux) et techniques, expérimentant toutes sortes de mécanismes bizarres qui contribuèrent à leur âge d’or. Sans surprise, les extravagantes Gretsch étaient populaires chez les jeunes artistes de rock comme Eddie Cochran. Dotées d’un son original et perçant, différent, elles trouveraient la faveur de musiciens innovants comme Cliff Gallup (1930-1988), Bo Diddley ou George Harrison. Elles connurent un regain de popularité en 1981 à la faveur du succès des Stray Cats avec Brian Setzer.

Guitare Jazz
[Quand je joue,] tout ce que j’entends, c’est le son de l’accord, pas son nom. C’est comme si je portais un bandeau et qu’on me donnait un morceau de gâteau à goûter. Est-ce du chocolat, de la cerise, de la citrouille ? Voilà, je goûte cet accord, et ce qu’il se passe en moi, c’est « quel est mon commentaire musical ? » Ce n’est pas une phrase toute prête, ni une succession de notes, c’est une déclaration. C’est à ça que je pense. Si je devais penser à ce que George Russell dit dans son livre sur le lydien chromatique, ou à ce que John Coltrane ferait, j’aurais trop d’informations, ça m’intimiderait. […] La seule manière d’être bon en improvisation c’est d’improviser avec ce qui est en toi. »
— Barney Kessel

Une Gibson ES-150, première guitare électrique réellement populaire, a été achetée par Eddie Durham (1906-1987) en 1937. Il participa au tout premier morceau de jazz enregistré avec une guitare électrique, Laughing at Life en mars 1938 — suivi de peu par Leonard Ware (1909-1974) avec Bechet. Charlie Christian (1916-1942) se procura lui aussi une ES-150 en 1937. Vite engagé par Benny Goodman avec qui il bouleversa le jazz, le très influent Charlie Christian figure dans ce florilège avec son premier enregistrement, Rose Room, et son extraordinaire improvisation informelle Topsy (alias «Swing to Bop»)16 qui annonçaient le son clair omniprésent dans le jazz moderne. Son ami T-Bone Walker (1910-1975) jouait lui aussi sur une ES-150 dès 1937. Influencés par Lonnie Johnson (1899-1970), les enregistrements de T-Bone en 1942-1947 ont imposé un blues urbain sophistiqué ancré dans le jump blues, un style de rhythm and blues jazzy (beaucoup d’instruments à vent) qui accoucherait du rock dans les années 1940. Soliste et chanteur déterminant, T-Bone Walker fut aussi influent chez les bluesmen et les rockers que Christian le fut chez les jazzmen. Il a notamment beaucoup marqué B.B. King et Chuck Berry.

En 1937 Gibson lança aussi une guitare ténor à quatre cordes, la EST-150 adoptée par Tiny Grimes (1916-1989), qui enregistra avec Charlie Parker, Art Tatum et d’autres monstres sacrés du jazz avant de se consacrer partiellement au rhythm and blues, comme ici sur Tiny’s Boogie où il joue sciemment en précurseur de la distorsion (toujours accordé en DGBE, et non en quinte). À l’opposé de ce son « sale », Les Paul (1915-2009) fut l’un des premiers guitaristes électriques à éblouir les mélomanes, et ce dès 1945. Ses premiers enregistrements (1936) étaient dans le style hillbilly mais son admiration pour Django Reinhardt l’a poussé vers le jazz. Inventeur, bricoleur, il modifiait sans arrêt ses instruments, expérimentant une guitare amplifiée par une aiguille de tourne-disque et une radio dès 1932. Les Paul utilisait dans les années 1940 une Epiphone Broadway personnalisée rebaptisée « Clunker ». Barney Kessel (1923-2004) a lui aussi enregistré avec Charlie Parker — et nombre des plus illustres musiciens du pays. Après la disparition en 1942 de son ami Charlie Christian (sur qui il avait initialement calqué son style), Kessel est vite devenu l’un des guitaristes de studio les plus demandés des États-Unis, et l’un des tout meilleurs. En plus de centaines de séances alimentaires, il a accompli une somptueuse carrière solo de jazzman, comme on peut l’entendre ici. Maître des renversements, ce titan du jazz incluait souvent des passages en accords dans ses improvisations (ce qui influencera beaucoup le rock de Pete Townshend avec les Who). Sa précieuse Gibson ES-350 de 1946 était équipée d’un rare micro Gibson d’ES-150 de 1939 (et d’un chevalet de type violon), mais il se définissait comme « un musicien » et non « un guitariste » et avait retiré le logo de la marque de son instrument, refusant le fétichisme lié à l’objet. Ce qui n’a pas empêché qu’en hommage à son talent, trois modèles de guitares fussent créés à son nom par Kay, puis Gibson (en 1961) et Ibanez. Oscar Moore (1916-1981), guitariste bluesy du fameux trio jazz de Nat « King » Cole, enregistra de splendides disques très personnels en solo avec son ES-150, tout comme l’excellent musicien de studio Georges Barnes (1921-1977), entendu ici à la fois avec Big Bill Broonzy et à la tête de son propre groupe17. Broonzy et Barnes enregistrèrent ainsi l’historique It’s a Low Down Dirty Shame (premier solo électrique non-slide jamais gravé) le lendemain de la sanglante nuit de cristal nazie. Peu salué par l’histoire du jazz, peut-être en raison de ses activités d’arrangeur et de country picker, Barnes était pourtant l’un des meilleurs, comme on peut l’entendre ici.

L’immense Wes Montgomery (1923-1968) a été la révélation de la fin des années 1950 avec son style doux, sans médiator, et ses notes doublées à l’octave. Nombre d’autres guitaristes de jazz significatifs auraient pu figurer ici, dont Carl Kress, Freddie Green, Dick Mc-Donough, Slim Gaillard, Al Casey, Jimmy Gourley, Jimmy Raney, Grant Green, Joe Pass ou Jim Hall, mais il n’était pas possible de tous les inclure ici. Ce recueil est néanmoins l’occasion de saluer des stylistes de premier plan comme Jimmy Shirley (1913-1989), l’oublié Howard Roberts (1929-1992) qui plus tard tiendra brillamment la rubrique « jazz improvisation » du magazine Guitar Player, Kenny Burrell (1931 -) ou Tal Farlow (1921-1998), qui préféra vite retourner à sa carrière de dessinateur de panneaux publicitaires tant la vie de musicien était difficile. Le versatile Rom hongrois Elec Bacsik (1926-1993) a enregistré à Paris avec Jeanne Moreau, Claude Nougaro et Serge Gainsbourg (dont « Elaeudanla Téïtéïa »), avec qui il enregistra aussi sur scène en 1963 avant de partir vivre une carrière de jazzman aux États-Unis. Violoniste, son style à part était nourri par la tradition tzigane où l’émotion tenait une grande place. Quant à Billy Bauer (1915-2005), il enregistra avec Charlie Parker en 1947-1954 lors de quatre séances différentes où son associé Lennie Tristano était au piano. C’est avec Tristano qu’il enregistra Intuition, morceau précurseur et fondateur de ce qu’on appellerait dix ans plus tard le free jazz. Cette improvisation entièrement libre a été enregistrée à l’oreille, spontanément, sans mélodie ni arrangement préexistant. La présence d’une guitare électrique dans ce morceau charnière est significative de l’importance qu’avait déjà pris l’instrument en 1949.

Guitare Solid Body
Les premières guitares solid body (bois plein, sans caisse de résonance) ont été les lap steels « Frying Pan » Rickenbacker et Dobro apparues en 1935, et un modèle unique de basse électrique construit par Paul Tutmarc chez Audiovox la même année. L’absence de caisse évitait l’indésirable effet larsen et le chevalet était fixé sur la table pour assurer une longueur de note suffisante. En 1940 avec un bout de pin Les Paul a construit lui-même un prototype joué en position espagnole, « The Log », mais n’a pas su convaincre Gibson de développer un modèle. Dès 1948 Merle Travis jouait sur une solid body unique de sa conception construite par Paul A. Bigsby. Mais c’est Leo Fender, un Américain réparateur de radios et de matériel de sonorisation, qui le premier a commercialisé un modèle de solid body très au point, l’Esquire (rebaptisée Broadcaster puis Telecaster en 1952). Fender avait déjà commercialisé une lap steel électrique en 1944. L’un des deux micros de la Telecaster était inséré dans le chevalet. Dès la sortie de l’Esquire à un micro en 1950, le concurrent Gibson accepta finalement la proposition de Les Paul, devenu entretemps un grand nom du jazz. Promue par son concepteur, la Gibson Les Paul à deux micros est sortie en 1952, concurrençant la Fender Telecaster. Les duos de variété et sketches de Les Paul avec la guitariste Mary Ford ont fait leur fortune, et ses innovations dans le domaine de l’enregistrement multipiste (dès les années 30) lui ont assuré une place de choix dans l’histoire, faisant de l’ombre à son fabuleux talent de guitariste. Avec le développement des modèles solid body Gretsch, Rickenbacker et l’apparition de la Fender Stratocaster à trois micros en 1954 (sans oublier la basse électrique Fender Precision lancée en 1951), les guitares solid body deviendront peu à peu les instruments dominants de la musique populaire américaine.

Guitare Blues & Rhythm and Blues

« Il faut émouvoir, pas impressionner. »
— Le guitariste de blues Jean-Marc Pernon

Les plus grands musiciens de jazz enregistraient souvent du rhythm and blues — et inversement. Les jazzmen Django Reinhardt et Oscar Moore (1916-1981) interprètent ici des blues ; et Tiny Grimes joue dans un style blues sur un rythme boogie. Pour beaucoup, les deux styles étaient perméables, voire indistincts. Le R&B, plus simple mélodiquement et harmoniquement que le jazz orienté vers l’improvisation, était surtout considéré plus vendeur car dansant et populaire. Elmore James (1918-1963), dont le Dust my Blues a fortement marqué le style de Chuck Berry, jouait dans un style rhythm and blues pur et dur, très simple et efficace, loin de la sophistication du jazz. En revanche l’autre influence principale de Berry, le bluesman T-Bone Walker enregistrait avec des musiciens de jazz.

Champion du jump blues hybride des années 1940, l’essentiel Louis Jordan fut le génial musicien clé qui métamorphosa véritablement le swing en R&B — c’est à dire le jazz en rock. L’intro et le solo de son guitariste oublié Carl Hogan sur Ain’t That Just Like a Woman (1946) ont été copiés presque note pour note par Chuck Berry18 sur l’intro de « Johnny B. Goode » et le solo de « Maybellene ». Berry rendra hommage à son inspirateur en enregistrant lui aussi ce morceau. Sans doute le guitariste plus influent du XXe siècle, Chuck Berry (1926 -) enchaîne une à une les phrases de guitare qui ont fait son style sur l’instrumental Roly Poly. Sur son irrésistible Carol caractéristique de son style, la richesse mélodique de ses interventions, exprimées en réponse à sa propre voix, est mise ici en évidence. Ce morceau montre bien comment il pouvait lui-même orner son chant à l’aide de phrases de guitare impro-visées, ce qui était impossible aux saxophonistes et trompettistes solistes qui dominaient alors la musique pop mais ne pouvaient chanter en même temps qu’ils jouaient. Au milieu des années 1950 ce type d’orchestration faisait déjà les sommets du rock et du blues, de T-Bone Walker à B.B. King. Et cette approche continuera sa domination, de Jimi Hendrix à Alvin Lee et de Brian Setzer à Stevie Ray Vaughan ou encore Johnny Winter (1944 -), dont on peut écouter ici le premier disque chanté, interprété à l’âge de quinze ans. Son style de guitariste était déjà formé et restera intact.

Le grand guitariste jamaïcain Ernest Ranglin avait longtemps travaillé avec des orchestres de jazz avant d’enregistrer du mento et du rhythm and blues à Kingston — et bientôt du ska et du reggae19. Mickey Baker (1925-2012), présent dans l’ombre sur tant de séances de studio de la grande époque des disques Atlantic, jouait dans différents styles avec un brio incroyable. Guitariste sur nombre des grands chefs-d’œuvre de Ray Charles20, il a aussi copié avec succès la formule du duo avec une femme guitariste (Mickey & Sylvia) empruntée aux sketches télévisés de Les Paul et Mary Ford. Comme Johnny « Guitar » Watson (1935-1996), future star du funk dont le visionnaire rock instrumental Space Guitar était trop en avance sur son temps (enregistré plusieurs mois avant le premier disque d’Elvis Presley !), Mickey Baker a sans doute marqué Jimi Hendrix, qui surgira à Londres en 1966. Là encore l’approche très jazz d’Hendrix l’improvisateur suprême sera nourrie d’un bagage blues et rhythm and blues. On observe qu’Albert Collins (1932-1993) l’a sans aucun doute marqué si l’on compare « Drivin’ South », un des chefs-d’œuvre d’Hendrix, au Tremble de Collins en 1962, où l’on retrouve le toucher et le placement des notes particulier du Voodoo Chile.

Le style « down home » blues pur est ancré dans la tradition fondatrice des chanteurs itinérants solitaires comme Blind Lemon Jefferson, Robert Johnson ou Willie Brown. Il a connu une incarnation électrique avec les influents John Lee Hooker (1927-2001, ici dans une version de « Boogie Chillun » différente de son succès de 1948) et Lightnin’ Hopkins (1912-1982) l’élève de Blind Lemon Jefferson. Si Hooker privilégiait le rythme et Lightnin’ la mélodie, l’intimité et l’émotion sont concentrées ici, mêlant voix et guitare dans une forme d’expression sensuelle, essentielle. Cette simplicité fondamentale et ce senti primordial se retrouvent dans le style d’Arthur Crudup (1905-1974) qui est dérivé de cette matrice, mais accompagné par deux musiciens. Elvis Presley emprunta un couplet de son I Don’t Know It, qu’il inclut dans sa version de That’s All Right également incluse ici. Comme Hooker avec son talking blues, « Big Boy » mettait l’accent sur la guitare rythmique, ce qui peut paraître rudimentaire à première vue mais est en réalité le fruit d’une technique de main droite très accomplie (et un accordage en E-B-E-G-B-E selon la tradition Bentonia School du Mississippi, comme Skip James et bientôt Albert Collins). Même orientation rythmique pour Bo Diddley21 (1928-2008), qui était capable d’alterner une multitude de trouvailles rythmiques et de passages mélodiques dans un flot constant de pure énergie. On peut écouter son style très original ici sur un sommet du genre, l’instrumental Help Out, et sur un second titre où la sous-estimée Lady Bo (1939 -) répond à la voix de Diddley avec sa guitare. Une autre guitariste soliste féminine figure ici, la légendaire chanteuse de gospel et guitar heroine Sister Rosetta Tharpe22 (1915-1973) qui comme Memphis Minnie connut une belle carrière dans un style marqué par le blues.

Le succès du blues de B.B. King (1925 -) au début des années 1950 participa à créer une demande en solistes de tous styles. La naissance de nombreux modèles électriques a encouragé cette mode. King a enchaîné les succès et considérablement marqué cette époque23 où coexistaient Earl King, B.B. King, Freddie King et Albert King (1923-1992), qui marqua profondément Hendrix. Le chant et le jeu de guitare toujours tendus de B.B. ont particulièrement marqué les styles d’Otis Rush et Buddy Guy (1936-), dont on peut écouter ici un des tout premiers enregistrements, caractéristique de cette tension. Tout comme Matt « Guitar » Murphy (né en 1927 - ici avec Memphis Slim), Johnny « Guitar » Watson, Mickey « Guitar » Baker et Guitar Slim (1926-1959), Pete « Guitar » Lewis compte parmi les géants afro-américains qui faisaient vivre l’excitation propagée par le rock and roll bien avant l’irruption d’Elvis Presley en 1954. Pete Lewis est représenté ici avec un morceau moins connu que l’indispensable version originale de « Hound Dog » par Big Mama Thornton, où il se distingua. D’autres cracks noirs plus obscurs mais toujours brillants sont inclus ici : le futur guitariste de Bill Doggett, Billy Butler (1925-1991), René Hall (1912-1988), Jimmy Davis, Pat Hare, Pee Wee Crayton (1914-1985), Lowell Fulson (1921-1999), sans oublier les Louisianais Lonnie Brooks (1933 -) et Snooks Eaglin (1936-2009) qui adapte ici librement le gospel « It Must Be Jesus » des Southern Tones déjà repris par Ray Charles pour « I Got a Woman »24. Comme Chuck Berry ou Bo Diddley plus tard, ils ont contribué à l’âge d’or du rock and roll, qui à la fin des années 1940 a commencé à intégrer fortement l’influence de la musique country.

Guitare Country & Rockabilly

La guitare électrique s’est imposée dans la musique hillbilly/country de tradition euro-américaine, qui inclut le style country boogie25, sous l’influence de guitaristes de lap steel comme Sol Hoopii, des essentiels pionniers de la lap steel électrique dans le western swing26 (Bob Dunn puis Wilson Perkins, début CD 1), de Django Reinhardt et de grands techniciens au son clair et tranchant du western swing comme Herman Arnspiger, Eldon Shamblin, Junior Barnard, puis de country Hank Garland, Chet Atkins ou Jimmy Bryant. Une solide anthologie de Gérard Herzaft consacrée à la guitare country est disponible dans cette collection27 et complète cet album. En partie dérivé du country boogie, le rockabilly28 est représenté ici par les très influents Elvis Presley avec Scotty Moore (1931 -) et Gene Vincent avec Cliff Gallup (deux guitaristes très marqués par Atkins). Merle Travis (1917-1983) devint le premier géant de la guitare country en créant un style difficile de finger picking dérivé de la guitare ragtime (Blind Blake) qui fascina le jeune Chet Atkins (1924-2001) et nombre d’autres suiveurs. Marqué aussi par Andrés Segovia et Django, Atkins fut le grand guitariste de la musique populaire américaine des années 1950. Sa technique de fingerpicking impeccable lui a permis d’enregistrer de magnifiques morceaux arrangés dans ce style exigeant. Son utilisation du son clair et de la réverb a aussi marqué profondément les premiers musiciens blancs de rock instrumental : Duane Eddy, les Ventures (Bob Bogle joue ici sur une Fender Jazzmaster) et leurs suiveurs les Shadows, premier groupe de rock britannique à connaître le succès — ou encore Dick Dale. Une anthologie consacrée à l’histoire du rock instrumental (qui deviendra le « surf rock ») est disponible dans cette collection et complète elle aussi cet album29.

Comme le blues, la country a produit des musiques calmes mais aussi des morceaux au tempo très rapide comme le Hurricane de Larry Collins (né en 1944, il a enregistré ceci à l’âge de treize ans et onze mois) en duo avec son mentor Joe Maphis (1921-1986). Après quelques années passées à chanter la country et le western swing, Bill Haley a incorporé des guitaristes solistes de country sur des rythmiques très influencées par le rock noir. Dans le contexte de ségrégation raciale de l’époque, la mixité des styles musicaux était à la fois un risque commercial et un enjeu majeur. Le solo historique de Danny Cedrone (1920-1954) sur Rock the Joint en 1952 sera reproduit presque note pour note par Cedrone lui-même trois ans plus tard sur le célèbre « Rock Around the Clock » mais Cedrone ne connaîtra jamais le succès de sa contribution puisqu’il est décédé dix jours après la séance de studio. Elvis Presley, Gene Vincent et Dale Hawkins tantôt avec James Burton ou Roy Buchanan reprendront cette fusion des styles noir/blanc avec talent — et avec le succès qu’on sait puisque le rock touchera pour de bon le grand public blanc. Buddy Holly, un remarquable mélodiste et interprète initialement marqué par le bluegrass, les a suivis dans cette direction rock. Avec le solo en accords rythmés de Peggy Sue il anticipa le power chord (accord en puissance), une nouvelle approche de la guitare électrique qu’utilisera également Link Wray (venu du western swing), grand inspirateur initial de Pete Townshend (The Who) quelques années plus tard. On peut aussi entendre sur son Rumble un effet trémolo (dont le pionnier fut Bo Diddley).
Bruno BLUM

Merci à Klaus Blasquiz, Jean Buzelin, les luthiers de DNG Dominique Caillerez, Nicolas Petibon et Grégoire Alain, Yves Calvez, Stephane Colin, Nadine Deichtmann, Guillaume Gilles, Christophe Hénault, Prague Frank, Henry Padovani, Gilles Pétard, Gilles Riberolles, Brian Setzer, Michel Tourte et James Trussart.
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1. Lire le livret (fremeaux.com) et écouter l’anthologie Road Songs - Car Tunes Classics 1942-1962 (FA5401) dans cette collection.

2. Lire le livret de Gérard Herzaft et écouter Texas Down Home Blues 1948-1952 (FA5062) dans cette collection.

3. L’œuvre intégrale de Django Reinhardt L’Édition du Centenaire est disponible en trois coffrets de quatorze (FA321, FA322) et douze disques (FA323) dans cette collection.

4. Lire le livret de Jean Buzelin et écouter « Handful of Riffs » par Lonnie Johnson et Eddie Lang sur l’anthologie de quatre disques Le Petit Dictionnaire du jazz classique en 80 musiciens (FA5084) dans cette collection.

5. Lire le livret de Gérard Herzaft (fremeaux.com) et écouter l’anthologie Lonnie Johnson - The First of the Guitar Heroes 1925-1947 (FA262) dans cette collection.

6. Lire le livre Africa and the Blues de Gerhard Kubik (University Press of Mississippi, 1999) et écouter le disque inclus.

7. Lire le livret de Gérard Herzaft et écouter l’anthologie Hawaiian Music Honolulu-Hollywood-Nashville 1927-1944 (FA035) dans cette collection.

8. Lire le livret de Jean-Yves Patte et écouter Hawaiians in Paris 1916-1926 (FA 066) dans cette collection.

9. Lire le livret de Gérard Herzaft et écouter l’anthologie Robert Johnson - San Antonio - Dallas 1936-1937 (FA251) dans cette collection.

10. Retrouvez Sol Hoopii dans « An Orange Grove in California » (1934) sur l’anthologie Rock Instrumentals Story (FA5426) à paraître dans cette collection, sur Hawaiian Music Honolulu-Hollywood-Nashville 1927-1944 (FA035) et dans l’un de ses premiers enregistrements électriques, « Fascinating Rhythm » (1938) sur Rock n’ Roll Vol. 1 - 1927-1938 (FA351).

11. Lire le livret de Gérard Herzaft et écouter l’anthologie Casey Bill Weldon - Slide Guitar Swing 1927-1938 (FA268) dans cette collection.

12. Lire le livret de Gérard Herzaft et écouter l’anthologie Memphis Minnie - The Queen of the Blues 1929-1941 (FA259) dans cette collection.

13. Lire le livret de Gérard Herzaft et écouter les deux anthologies Muddy Waters - Rolling Stone 1941-1950 (FA266) et Muddy Waters - King of the Chicago Blues 1951-1961 (FA273) dans cette collection.

14. « Blues for Hawaiians » est inclus sur The Indispensable Chuck Berry 1955-1961 (FA5409) dans cette collection.

15. Écouter « Bumble Boogie » par B. Bumble and the Stingers sur l’anthologie Rock Instrumentals Story 1934-1962 (FA5426) à paraître dans cette collection.

16. Retrouvez Charlie Christian sur The Quintessence - Los Angeles-New York 1939-1941 (FA218) dans cette collection.

17. Retrouvez Big Bill Broonzy sur The Blues - Chicago 1937-1945 (FA252) dans cette collection.

18. Lire le livret et écouter The Indispensable Chuck Berry 1954-1962 (FA5409) dans cette collection.

19. Lire le livret et écouter Jamaica-USA - Roots of Ska 1942-1962 (FA5396) dans cette collection. Retrouvez également Ernest Ranglin sur Jamaica - Mento 1951-1958 (FA5275) et Jamaica - Rhythm and Blues 1956-1961 (FA5358).

20. Lire le livret et écouter Ray Charles - Brother Ray: The Genius 1949-1960 (FA5350) dans cette collection.

21. Écouter les deux volumes de The Indispensable Bo Diddley, 1955-1960 (FA5376) et 1960-1962 (FA5406).

22. L’œuvre intégrale de Sister Rosetta Tharpe est disponible chez Frémeaux et Associés.

23. Lire le livret et écouter The Indispensable B.B. King 1949-1962 (FA5414) dans cette série.

24. Écouter “It Must be Jesus” et “I’ve Got a Woman” dans Roots of Soul Music 1928-1962 (FA5430) dans cette collection.

25. Lire le livret et écouter Country Music 1940-1948 (FA173), Honky Tonk 1945-1953 (FA5087) et Country Boogie 1939-1947 (FA160) dans cette collection.

26. Lire le livret et écouter Western Swing 1928-1944 (FA032) dans cette collection.

27. Lire le livret et écouter Guitare Country - From Old Time to Jazz Times 1926-1950 (FA5007) dans cette collection.

28. Lire le livret et écouter Rockabilly 1954-1962 (FA5423) dans cette collection.

29. Écouter Rock Instrumentals Story 1934-1962 (FA5426) dans cette collection.



Electric Guitar Story
Country, Jazz, Blues, R&B, Rock 1935-1962


“When I die, just keep playing the records.”
— Jimi Hendrix

Recorded as early as 1935 — electric pianos had to wait until 1955 — electrically-amplified guitars developed over the post-war years and gradually replaced pianos, saxophones and trumpets as the dominant solo instruments in popular music. Easier to master than a wind instrument or violin, and unlike its acoustic counterpart, the guitar, the first “electric” instrument in history, was capable of producing a sound sufficiently powerful for it to be included in an orchestra with a drummer. The electric guitar’s versatility made it a polyphonic instrument capable both of playing solo and providing rhythm, harmony, and it also allowed singers to accompany themselves. Lightweight, practical and inexpensive, it could complement or even replace the more cumbersome piano whose harmonic role had long been indispensable. In the early Fifties it grew in popularity in parallel with the expansion of rock, blues and a new sound-carrier called the “microgroove” disc (45 or 33rpm) which made 78rpm records obsolete. And so the electric guitar revolutionized the sounds and styles of popular music throughout the world. The first “artificial” sound effects (reverb, tremolo, distortion, echo etc.), which appeared at this time, did even more to accentuate the guitar’s charm and seduction.

Brilliant musicians made these new sounds their own, en masse, in genres ranging from country music and blues to jazz, pop and rock. By 1962, on the eve of Beatlemania and four years before Jimi Hendrix exploded onto the scene to increase its popularity tenfold, the electric guitar was already playing a decisive role in music and had become part of American myth, a symbol of virility along with skyscrapers and firearms, missiles and automobiles.1 Each of the musicians represented here – whatever the style – contributed to express and define the aesthetic contours of the American ideal of Liberty. And by 1962 it could be argued that the essential had already been said, thanks to such giants as Sol Hoopii, Lonnie Johnson, Django Reinhardt, T-Bone Walker, Charlie Christian, John Lee Hooker, Muddy Waters, Les Paul, B.B. King, Mickey Baker, Barney Kessel, Jimmy Bryant, Bo Diddley, Chet Atkins, Chuck Berry, Wes Montgomery… not to mention those who influenced Jimi Hendrix (Mickey Baker, Johnny “Guitar” Watson or Albert Collins for example), and especially not forgetting Link Wray, the inventor of the famous “power chord”.

The Guitar
The guitar was probably born of a mixture of the Greek zither (a type of lyre brought to Spain by Romans in around 40 A.D.) and the convex-bodied oud which Moors introduced in Europe during the 8th century A.D. Moors and Spaniards developed different guitar-families, and with its flat body and slimmer neck, the four-string Latin guitar of the 9th century was already a modern instrument. The famous four-string tenor guitar played here by Tiny Grimes is a survivor of that model. The first six-string guitar has been dated back to 1779, manufactured by an Italian family who were mandolin specialists. Quite widespread in Spain, the guitar spread to North America with Spanish colonists, and this European guitar-type was also adopted in the Hawaiian islands where a local style originated (with Spanish-type open chords), known more recently as “slack-key” guitar. In America, the guitar first became popular in territories that were originally Spanish, including Texas2, which perhaps explains the strong guitar-tradition there (Lightnin’ Hopkins, Buddy Holly, Johnny Winter).

Acoustic Guitar

The Spanish guitar with gut strings and a broad neck was used in classical music by such virtuosos as Andrés Segovia, but its sound wasn’t loud enough for it to be included in popular orchestras of the 20th century, where it would have to compete with powerful wind instruments, drums or piano. It was often reduced to a rhythm role, playing chords that could provide harmonic support. The banjo, much more powerful albeit with a short, dry sound, was preferred to the guitar and it appears on many Dixieland jazz recordings of the ‘20s. To increase sound-volume, folk “steel string” guitars were introduced at the same time; more aggressive, these had many masters, among them the first major jazz guitarist Eddie Lang. Cheaper guitars appeared, among them the popular Stella brand (made by Harmony). In France, Django Reinhardt3 (1910-1953) was an adept of a powerful, exceptional acoustic model conceived by an Italian classical concert-performer and guitar-maker named Mario Maccaferri (Selmer manufactured it in France). Here you can listen to a sublime blues piece played by Django, recorded in 1953 using a Maccaferri with an attached pick up (microphone). Acoustic guitarists were generally obliged to play unaccompanied or in duos like the famous one recorded by Lonnie Johnson & Eddie Lang (“Handful of Riffs”, 1929).4 Also a banjo-player, Lonnie Johnson was the first to record improvisations using one string at a time; known mainly for his acoustic work, Lonnie plays an electric guitar here in a recording dating from 1951.5

Slide Guitar
Ethnomusicologist Gerhard Kubik has shown that Bantus from the Central African Republic played one-string zither-like instruments using the “slide guitar” principle6, and Big Joe Williams observed instruments like them as a child: a bourbon-bottle was slid over the strings to obtain a similar sound. In Hawaii, under the influence of Joseph Kekuku (1874-1932), musicians played a Spanish-type guitar laid flat on their knees (known as “lap steel guitar”, with glissandi obtained by rubbing a piece of metal over the strings as an extension of Hawaiian vocal melodies)7; they were very popular in the Twenties (cf. Frank Ferera, recorded as early as 1916).8 In the same period, in America, great bluesmen like Son House, Charlie Patton or Robert Johnson9 used the same technique except that they held their guitars instead, resorting to a knife-blade, copper tubing (or a sawn-off bottle-neck with a finger inserted) to produce a keening sound which allowed them to make themselves heard amidst the uproar of bars…

Hawaiian guitar virtuoso Sol Hoopii10 — he recorded from 1927 onwards — considerably influenced hillbilly/country music, but these ‘lap steel’ guitars still lacked volume, a problem solved by an entrepreneur named George Beauchamp, who played a violin as well as a lap steel guitar: In partnership with two guitar makers, Dopyera brothers John and Rudy (later of DoBro fame), Beauchamp created a powerful acoustic model stamped out of sheet metal, with three internal resonators shaped like cones. The steel used came from his associates’ company named the National Steel Instrument Corporation, with other materials provided by a neighbour of German descent, Adolph “Rick” Rickenbacker. By 1941 Muddy Waters11 was one of the first to record using a slide electric guitar in the style popular in his native Mississippi (cf. the 1948 title included here). But the first musician to have a hit with an instrumental played on an electric lap steel guitar (an Epiphone Electar) was Floyd Smith, backed by Andy Kirk’s swing orchestra in 1939. In 1958 Chuck Berry plagiarized his Floyd’s Guitar Blues under the name “Blues for Hawaiians”12. Berry recorded it on a Gibson electraharp, a lap steel guitar improved by Alvino Rey. Among the slide guitar’s modern adepts are Ry Cooder, who played one with The Rolling Stones. In 1980 French guitar craftsman James Trussart started creating a series of slide-friendly electric steel guitars used by the biggest names ever since.

Electric Guitar
George Beauchamp returned to the scene in Los Angeles in 1931 when he created the first electric guitar to go on sale to the public. He’d been experimenting since 1925, first creating an experimental guitar — with one string whose sound was picked up by a pick up taken from a Brunswick phonograph — and six years later he made his own single-coil pick up, winding the coil using the motor of his own sewing-machine. Together with Harry Watson, who’d worked on National Steel’s guitars, George invented the first, entirely electric solid-body guitar (not a hollow body) named The Frying Pan, and became Rick Rickenbacker’s associate to manufacture other guitars like it in 1934. Recorded in January 1935 at the very first electric-guitar record-session, Some of These Days actually has the sound of another model, a wooden solid-body lap-steel instrument “bought in Mexico” by Bob Dunn. Plugged into an amplifier bought in Texas — the Woodward Music Store in Mineral Wells (Texas) fitted it with a mysterious pick up — the guitar was used by Dunn to record 35 remarkable titles in just two days, backed by the western swing group of Milton Brown. Bob Dunn was originally a jazz trombonist — an excellent musician — and he used to reproduce the slide-trombone’s glissando effects on his guitar. He considered himself a jazz musician anyway and, partly thanks to his efforts, the impact of western swing (the “white” side of pro-to-rock) was considerable. Rickenbacker brought out his own electric lap steel guitar in 1935, the Spanish Electro created by Beauchamp, and the Dobro Company released a lap steel solid-body guitar the same year. The next guitarist in this anthology, Wilson Perkins, plays in the same vein as Dunn, albeit with a different sound. He probably used one of the latter two models, of which not many were manufactured. Distortion was already common due to the small amplifiers available (they overheated).

The electric guitar owes plenty to the tradition of Sudetes (Czech Republic) and nearby German guitar makers. Bohemia and Moravia were immense forests where spruces used to build guitar bodies grew. Local craftsmen specialized in manufacturing a single guitar piece to perfection. Pieces crafted by many such masters were later put together by guitar makers using the best available anywhere. Several German brands rank among the best, including Lang, Höfner, Neubauer, Framus, Hoyer, Hopf and others. As from 1954, Rickenbacker electric guitars were developed by Roger Rossmeisl, who originated in Kiel, North of Hamburg ; Essential guitar pick up engineer Willi Lorenz Stich (a.k.a. Bela Lorentovsky, Billy Lorento at Framus and Bill Lawrence at Dan Armstrong and Gibson) was from Cologne. And fine American brands Gretsch and Martin were founded by Germans.

Founded in 1833, the Martin brand supplied fine instruments that turned the spirit of the Far West into sound. Other early American brands include Washburn, Schmidt & Maul, Stucke and Tilton. Of British descent, Guitar and mandolin maker Orville H. Gibson (1856-1918) was based in Kalamazoo (Michigan). Gibson was already a great manufacturer — its acoustic guitars had been famous since 1902 — and the firm sold its first lap steel guitars equipped with (not very good) pick ups in 1935; quickly sold as accessories, their pick ups were successful and Gibson asked Alvin McBurney (alias Alvino Rey, 1908-2004, see above) to develop a genuine electric-guitar pick up. His first prototype (the Gibson 1270) became Gibson’s first true electric guitar in December ‘36, the legendary “Electric Spanish” ES-150 (due to its $150 price including the amp). Rey also pioneered the 1940 Gibson electraharp, one step up from the lap steel, which later became the pedal steel guitar console and its several necks tuned differently. A few titles with a pedal steel are also included here, among them Bryant’s Bounce with Speedy West as well as the guitar of Jimmy Bryant (1925-1980), and Don Davis with Hank Garland. A solid guitarist, Alvino Rey recorded a 1946 version of Rimsky-Korsakov’s “Flight of the Bumble Bee” with a swing band; it inspired the Ventures to do their own version, not to mention the famous Bumble Boogie by B. Bumble and the Stingers.13

The amplified Gibson ES-150 helped turn obsolete big swing and jump blues bands featuring several wind instruments. The firm’s L5-CES (“Cutaway Electric Spanish”) in 1951, and their de luxe Super 400 CES with excellent P-90 pick-ups (played here by Merle Travis and by Scotty Moore with Elvis) — two “semi-acoustic” guitars with a curved “arch top” body — helped Gibson dominate the jazz guitar market leaving mere crumbs to the (remarkable) instruments made by Epiphone. Their quasi-monopoly wasn’t shaken until 1951, when Gretsch released its 6030 & 6031 guitars — equipped with DeArmond pick ups — with the assistance of the immense Chet Atkins, a great country star who began promoting Gretsch in 1954. A model was released bearing his own name in 1955. Gretsch had been a quality instrument manufacturer since 1883, and when it launched electric guitars and amplifiers, it introduced many visual innovations — vivid colours, sequins, highly original designs — and experimented with all kinds of bizarre mechanisms. Unsurprisingly, Gretsch’s extravagant guitars were instantly popular with young rock artists like Eddie Cochran. With an original, piercing sound, Gretsch guitars found favour with innovative musicians like Cliff Gallup (1930-1988), Bo Diddley and George Harrison. The popularity of the Stray Cats with Brian Setzer in 1981 brought Gretsch back into the limelight.

Jazz

“All I hear is how the chord sounds, not its name. It’s very much like if I was blindfolded and somebody said they wanted me to taste a piece of cake and tell them what flavour it is. Chocolate, cherry, pumpkin? Well, I’m tasting that chord… That’s what I think about. If I have to think about what George Russell said in his Lydian Chromatic Concept book […] then I’d be filled with too much data… The only way that you get good at improvising is to improvise on what’s in you.”
— Barney Kessel

A Gibson ES-150, the first really popular electric guitar, was bought in 1937 by Eddie Durham (1906-1987). He played on the first jazz piece recorded with an electric guitar, Laughing at Life, in March 1938 — closely followed by Leonard Ware (1909-1974) with Sidney Bechet. Charlie Christian (1916-1942) also acquired an ES-150 in 1937; quickly hired by Benny Goodman, Christian stood jazz on its head. His influence was enormous and he naturally appears here with his first recording Rose Room and his extraordinary, informal improvisation on Topsy (a.k.a. “Swing to Bop”)14 which heralded the limpid sound that became omnipresent in modern jazz. His friend T-Bone Walker (1910-1975) also played an ES-150 as early as 1937; influenced by Lonnie Johnson (1899-1970), T-Bone’s records in 1942-1947 established a sophisticated urban blues style anchored in jump blues, a jazzy kind of rhythm and blues (with reeds and brass) which gave birth to rock in the Forties. A decisive soloist and singer, T-Bone Walker had as much influence on bluesmen and rockers as Charlie Christian had on the jazz world. B. B. King and Chuck Berry owed much to him.

In 1937 Gibson also launched a four-string tenor guitar called the EST-150 which was adopted by Tiny Grimes (1916-1989), who recorded with Charlie Parker, Art Tatum and other jazz giants before branching into R&B, as here on Tiny’s Boogie, where he deliberately plays as a precursor of distortion (with the guitar tuned D-G-B-E, not in fifths). At the other extreme of that “dirty” sound, Les Paul (1915-2009) was one of the first electric guitarists to dazzle music-buffs as early as 1945. His first recordings in 1936 were in the hillbilly style, but his admiration for Django Reinhardt moved him firmly towards jazz. He was an inventor and a handyman, constantly changing his instruments (he experimented with a guitar amplified by a phonograph-needle connected to a radio as early as 1932). In the Forties, Les Paul used a customized Epiphone Broadway he christened the “Clunker”. Barney Kessel (1923-2004) also recorded with Charlie Parker — and indeed many of America’s most famous jazzmen — and after his friend Charlie Christian died in 1942, Kessel quickly became one of the most sought-after studio-musicians in the country (and one of the best). He did hundreds of “alimentary” sessions and enjoyed a sumptuous career as a jazz soloist in parallel. Kessel’s precious ES-350 made in 1946 had one of Gibson’s rare 1939 microphones (and a violin-type bridge), but Kessel always said he was “a musician” and not “a guitarist”, and he removed the Gibson logo from his instrument to avoid the fetishism which people attached to the guitar as an object. Even so, three different guitars were created and given his name, first by Kay, then Gibson (in 1961) and later Ibanez. Oscar Moore (1916-1981) was the bluesy guitarist with Nat “King” Cole’s jazz trio, and he made some splendid solo records with a Gibson ES-150, as did studio-ace Georges Barnes (1921-1977), heard here with Big Bill Broonzy and also leading his own group.15 Broonzy and Barnes recorded their historic It’s a Low Down Dirty Shame (the first non-slide electric guitar solo ever cut) the night after the murderous Crystal Night Nazi pogrom of November 1938. Jazz history has little to say about Barnes, maybe because he was a country picker and arranger, but he was one of the genre’s best guitarists, as you can hear from his performance here.

At the end of the Fifties Wes Montgomery (1923-1968) brought about a revolution with his soft style (he didn’t use a pick) and notes doubled on the octave. Many other significant musicians might have been included here — Freddie Green, Slim Gaillard, Jimmy Gourley, Jimmy Raney, Grant Green, Jim Hall — but sadly there wasn’t room for them all. This set is still the occasion to present such first-rate stylists as Jimmy Shirley (1913-1989), Howard Roberts (1929-1992, now forgotten but long a brilliant contributor to Guitar Player magazine), Kenny Burrell (b. 1931) or again Tal Farlow (1921-1998), who found life as a musician so hard that he quickly returned to a career designing advertisements… The versatile Hungarian gypsy Elec Bacsik (1926-1993) recorded in Paris with Jeanne Moreau or Serge Gainsbourg (cf. “Elaeudanla Téïtéïa”), with whom he also recorded onstage in 1963 before moving to the USA; Bacsik was also a violinist, and has a particular style nourished by Romani traditions where the emotions take pride of place. As for Billy Bauer (1915-2005), he recorded with Parker in 1947-1954 over four different sessions with Lennie Tristano on piano. Intuition has the latter playing a title that pioneered free jazz (although that didn’t come along for another decade). This entirely free improvisation was recorded playing by ear, quite spontaneously, without any written melody or arrangement. The presence of an electric guitar on this landmark recording shows just how much importance the instrument had achieved by 1949.

Solid Body Guitar

In 1940 Les Paul built his own prototype according to the advantages of not having a hollow body: it circumvented undesirable Larsen effects, and a bridge fixed to the soundboard provided sufficient sound sustain. Les Paul played his prototype holding it like a Spanish guitar, calling it “The Log”, but he couldn’t convince Gibson to invest in it. As early as 1948 Merle Travis played a solid body he’d conceived himself (built by Paul Bigsby) but the first to sell a perfected solid body guitar was Leo Fender, an American radio repairman familiar with sound-equipment who called his guitar the Esquire. It was rechristened the Broadcaster, and then in 1952 it became famous as the Fender Telecaster. One of its two pick ups was inserted inside the bridge. As soon as the single-pick up Esquire appeared in 1950, Gibson accepted Les Paul’s original proposal: Paul was now a great jazz name and, promoted by its designer, the “Gibson Les Paul” with two pick ups was released in 1952 to compete against the Fender Telecaster. Les Paul and Mary Ford went on to make a fortune with their pop duets, and Les Paul’s innovations in multi-track recording sent him into the history-books, putting his fabulous talents as a guitarist in the shade. Guitars made by Gretsch, Rickenbacker and Fender (the three-pick ups Stratocaster in 1954), not forgetting the Fender Precision electric bass launched in 1951, gradually caused solid body guitars to dominate American popular music.

Blues and Rhythm & Blues Guitar
“You have to move people, not impress them.”
— Blues guitarist Jean-Marc Pernon

Great jazz musicians often recorded R&B, and vice versa. Here, jazzmen Django Reinhardt and Oscar Moore (1916-1981) play blues numbers, and Tiny Grimes plays in a blues style over a boogie rhythm. For many, the two styles merged or were even indistinguishable. Above all, R&B, melodically and harmonically simpler than jazz with an orientation towards improvising, was considered more commercial because it was danceable and popular. Elmore James (1918-1963), whose Dust my Blues made a deep impression on Chuck Berry’s style, played a hard and fast rhythm and blues far from the sophistication of jazz. On the other hand, Berry’s other influence, bluesman T-Bone Walker often recorded with jazz musicians.

Louis Jordan championed the hybrid jump-blues of the Forties. A musician of genius, he played a key role in metamorphosing swing into R&B — or jazz into rock. The intro and solo played by his forgotten guitarist Carl Hogan on Ain’t That Just Like a Woman (1946) were copied almost note for note by Chuck Berry16 in his intro to “Johnny B. Goode”, and in his solo on “Maybellene”; Berry later recorded this Jordan composition as a tribute to his inspirator. Chuck Berry (b. 1926) was probably the most influential guitar-player of the 20th century, linking his classic licks one after the other on the instrumental Roly Poly included here. His irresistible Carol characterizes his style, with the melodic richness of his contributions, responding to his own voice, totally evident here. It was impossible for the solo sax and trumpet-players who then dominated pop to do so, as they obviously couldn’t sing and play at the same time… By the mid-Fifties this type of orchestration had already sent many artists to the top of the rock and blues charts, from T-Bone Walker to B.B. King, and this approach would continue to dominate thanks to the likes of Hendrix, Alvin Lee, Brian Setzer, Stevie Ray Vaughan or again Johnny Winter (b. 1944), featured here with his first record as a singer, made at the age of fifteen… by which time his guitar-style had nearly fully developed. It would remain intact.

The great Jamaican guitarist Ernest Ranglin long worked with jazz bands before recording mento and rhythm and blues in Kingston — and soon ska and reggae.17 Mickey Baker (1925-2012) — the guitarist in the background on an incredible number of studio-sessions made in the heyday of Atlantic Records — could play in many styles and showed amazing brio in all of them. He played guitar on many masterpieces by the great Ray Charles18 and, partnered by the female guitarist Sylvia Robinson — they called themselves “Mickey & Sylvia” — he also successfully copied the duet-formula borrowed from Les Paul’s TV appearances alongside Mary Ford. Like Johnny “Guitar” Watson (1935-1996), a future funk star whose visionary rock instrumental Space Guitar was too far ahead of its time (he played it several months before Elvis made his first record!), Mickey Baker no doubt also marked Jimi Hendrix, who burst onto the scene in London in 1966, seemingly from nowhere. There again, the very “jazzy” approach of Hendrix — a superlative improviser — came straight from his R&B and blues background. You can also see that Albert Collins (1932-1993) was no doubt another influence if you compare “Drivin’ South”, a Hendrix masterpiece, with Collins’ Tremble of 1962, which has the particular “feel” for notes you can find in the Voodoo Chile’s style.

The pure “down home” blues style is anchored in the founding tradition of solitary itinerant vocalists such as Blind Lemon Jefferson, Robert Johnson or Willie Brown. The style had an electric incarnation in the influential singers John Lee Hooker (1927-2001, here in a version of “Boogie Chillun” that is different from his 1948 hit) and Lightnin’ Hopkins (1912-1982), who was Blind Lemon Jefferson’s pupil. Whereas Hooker gave preference to rhythm, Hopkins favoured melody and intimacy so emotion are concentrated here with the voice and guitar blending together in a form of expression that is sensual and fundamental. That basic simplicity and primordial feeling reappear in Arthur Crudup (1905-1974), whose style comes from that matrix even though he’s backed by two musicians. Elvis Presley borrowed a verse from his I Don’t Know It and included it in this version of That’s All Right. Like Hooker and his “talking blues”, “Big Boy” Crudup put the accent on rhythm guitar, which might seem rudimentary at first, but is actually the result of a highly-accomplished right-hand technique (and an E-B-E-G-B-E tuning in the Bentonia School tradition of Mississippi, like Skip James and later Albert Collins). Bo Diddley19 (1928-2008) had the same rhythmical orientation, and he was capable of alternating a host of rhythm-findings with melodic passages in a constant flow of pure energy. Here you can listen to his very original style in the instrumental Help Out, an exemplary piece, and on a second title in which the underestimated guitarist Lady Bo (b. 1939) responds to Diddley’s vocals.

The success of B. B. King (b. 1925) in the early Fifties helped create demand for all kinds of solo stylists, and the arrival of numerous electric guitars encouraged that fashion. King had one hit after another and made a consi-derable mark on this period,20 one which saw the coexistence of Earl King, B. B. King, Freddie King and Albert King (1923-1992), who deeply marked Hendrix. B. B. and his permanently tense vocals and guitar marked Otis Rush and Buddy Guy (b. 1936), one of whose earliest recordings appears here. Like Matt “Guitar” Murphy (b. 1927, playing here with Memphis Slim), Johnny “Guitar” Watson, Mickey “Guitar” Baker and Guitar Slim (1926-1959), Pete “Guitar” Lewis counts as another Afro-American giant who brought life to the excitement propagated by rock and roll well before Presley appeared on the scene in 1954. Pete Lewis is represented here by a piece less well-known than the vital, original version of “Hound Dog” by Big Mama Thornton, where he also shone. Other more obscure but no less brilliant black aces were Billy Butler (1925-1991), René Hall (1912-1988), Jimmy Davis, Pat Hare, Pee Wee Crayton (1914-1985) and Lowell Fulson (1921-1999), together with Louisiana-born Lonnie Brooks (b. 1933) and Snooks Eaglin (1936-2009), who here freely adapts the Southern Tones’ gospel “It Must Be Jesus”, which Ray Charles had already picked up for “I’ve Got a Woman”21.

Country & Rockabilly Guitar
Electric guitars dominated hillbilly/country music in the Euro-American tradition, including country boogie,22 under the influence of lap steel guitarists like Sol Hoopii, essential pioneers of electric lap steel guitar in western swing23 (Bob Dunn and then Wilson Perkins, cf. CD1), Django Reinhardt and clear-sounding musicians with great technique like Eldon Shamblin, and also country artists like Hank Garland, Chet Atkins or Jimmy Bryant. Derived partly from country boogie, rockabilly24 is represented here by its two major influences Elvis Presley, whose guitarist was Scotty Moore (b. 1931), and Gene Vincent, whose featured guitarist was Cliff Gallup. Both these guitarists owe a debt to Chet Atkins. Merle Travis (1917-1983) became the first country guitar-giant in creating a difficult finger-picking style derived from ragtime guitarists (Blind Blake). He also fascinated Chet Atkins (1924-2001) and many who came later. Atkins was also marked by Andrés Segovia and Django, and became the great guitarist in Fifties American popular music. His impeccable fingerpicking technique allowed him to record magnificent pieces arranged in his demanding style. His clear, clean sound and the use of reverb also left a mark on the first white musicians to play rock instrumentals: Duane Eddy, the Ventures (Bob Bogle plays a Fender Jazzmaster here) and their followers the Shadows, the first British rock band to be a hit, or again Dick Dale.

Like the blues, country music could feature calmer sounds, but it could also kick into much faster tempos, like Hurricane by Larry Collins. Born in ‘44, Collins recorded this tune only a month before his 14th birthday alongside his mentor Joe Maphis (1921-1986). After singing country and western swing for a few years, Bill Haley hired country guitarists and rhythm sections with a strong “black-rock” influence: in the prevailing context of racial segregation, mixing such musical styles was both a commercial risk and a major challenge. The historic solo by Danny Cedrone (1920-1954) on Rock the Joint in 1952 would be reproduced almost note for note by the same Cedrone three years later on Haley’s famous “Rock Around the Clock”, but Cedrone never saw the result: he died ten days after the session. Buddy Holly, a performer with a remarkable sense of melody who was initially marked by bluegrass music, followed them in this rock direction. With his rhythmical chord-solo in Peggy Sue he anticipated the new power chord approach to electric guitar adopted a few years later by Link Wray, who came from western swing and was one of the first great inspirations of guitarist Pete Townshend (see above). On this version of Rumble you can hear the tremolo effects pioneered by Bo Diddley.
Bruno BLUM
Adapted into English by Martin DAVIES

Thanks to Klaus Blasquiz, Jean Buzelin, DNG instrument-makers Dominique Caillerez, Nicolas Petibon and Grégoire Alain, Yves Calvez, Stephane Colin, Nadine Deichtmann, Guillaume Gilles, Christophe Hénault, Prague Frank, Henry Padovani, Gilles Pétard, Gilles Riberolles, Brian Setzer, Michel Tourte and James Trussart.
© 2014 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS


1. Cf. Road Songs - Car Tunes Classics 1942-1962 (FA5401) in the same collection.

2. Cf. Gérard Herzhaft’s notes and the titles in Texas Down Home Blues 1948-1952 (FA5062).

3. Reinhardt’s complete recordings are available in two 14CD sets (FA321, FA322) and one 12CD set (FA323) in this collection.

4. “Handful of Riffs” appears in the the 4CD set released under FA5084.

5. Cf; Lonnie Johnson - The First of the Guitar Heroes 1925-1947 (FA262).

6. Africa and the Blues by Gerhard Kubik (University Press of Mississippi, 1999).

7. See Hawaiian Music Honolulu-Hollywood-Nashville 1927-1944 (FA035) in this series.

8. Cf. Hawaiians in Paris 1916-1926 (FA 066).

9. Cf. Robert Johnson - San Antonio - Dallas 1936-1937 (FA251).

10. Listen to Sol Hoopii on “An Orange Grove in California” (1934) in the anthology Rock Instrumentals Story (FA5426); other titles feature in Hawaiian Music Honolulu-Hollywood-Nashville 1927-1944 (FA035), and one of his first electric recordings, “Fascinating Rhythm” (1938), is in Rock n’ Roll Vol. 1 - 1927-1938 (FA351).

11. Cf. the two anthologies Muddy Waters - Rolling Stone 1941-1950 (FA266) & Muddy Waters - King of the Chicago Blues 1951-1961 (FA273).

12. “Blues for Hawaiians” appears on The Indispensable Chuck Berry 1955-1961 (FA5409).

13. Featured in Rock Instrumentals Story 1934-1962 (FA5426).

14. Charlie Christian is the subject of Quintessence - Los Angeles-New York 1939-1941 (FA218).

15. Big Bill Broonzy is featured in The Blues - Chicago 1937-1945 (FA252).

16. Cf. The Indispensable Chuck Berry 1954-1962 (FA5409).

17. Cf. Jamaica-USA - Roots of Ska 1942-1962 (FA5496); Ernest Ranglin also appears on Jamaica - Mento 1951-1958 (FA5275) & Jamaica - Rhythm and Blues 1956-1961 (FA5358).

18. Cf. Ray Charles - Brother Ray: The Genius 1949-1960 (FA5350).

19. Listen to both volumes of The Indispensable Bo Diddley, 1955-1960 (FA5376) and 1960-1962 (FA5406).

20. Cf. The Indispensable B.B. King 1949-1962 (FA5414).

21. Hear both “It Must be Jesus” and “I’ve Got a Woman” on Roots of Soul Music 1928-1962 (FA5430) in this series.

22. Cf. Country Music 1940-1948 (FA173), Honky Tonk 1945-1953 (FA5087) & Country Boogie 1939-1947 (FA160).

23. Cf. Western Swing 1928-1944 (FA032).

24. Cf. Rockabilly 1954-1962 (FA5423).


Disc 1 : 1935-1949
1. Some of These Days - Milton Brown and his Musical Brownies
(Shelton Brooks)
Milton Brown-v; Robert Lee Dunn as Bob Dunn-electric lap steel g; Derwood Brown-g; Fred Calhoun-p; Ocie Stockard-tb; Wanna Coffman-b. Chicago, January 27, 1935.

2. Ida (Sweet as Apple Cider) - Pappy O’Daniel and his Hillbilly Boys
(Eddie Leonard, Eddie Munson)
Wilbert Lee O’Daniel aka W. Lee O’Daniel as Pappy O’Daniel-leader; Leon Huff-v, g; Wilson Perkins- electric lap steel g; William Perrin-g; Carroll Hubbard-fiddle; Pete O’Daniel-bj; Wallace Griffin-b; San Antonio, Texas, November 21, 1936.

3. Rose Room - Derwood Brown and his Musical Brownies
(Arthur G. Hickman aka Art Hickman, Harry Hiram Williams)
Melvin Derwood Brown as Derwood Brown-g; Wilson Perkins aka Lefty-electric lap steel guitar; Robert Buchanan aka Buck Ochanan, Johnny Borowski-fiddle; Fred Calhoun-p; Ocie Stockard-tenor bj. Dallas, February 19, 1937.

4. It’s a Low Down Dirty Shame - Big Bill Broonzy
(Lee Conley Bradley aka Big Bill Broonzy, Lester Franklin Melrose)
Lee Conley Bradley as Big Bill Broonzy-v, g; George Barnes-lead g; John Davis-p; Bill Owsley-ts; Ransom Knowling-b; Chicago, March 1, 1938.

5. Laughing at Life - The Kansas City Five
(Nick Kenny, Charles Kenny, Cornell Todd, Bobo Todd)
The Kansas City Five: Eddie Durham-g; Buck Clayton-tp; Freddie Green-g; Walter Page-b; Jo Jones-d. Produced by John Hammond. Kansas City, March 16, 1938.

6. My Window Faces South - Bob Wills and his Texas Playboys
Bob Wills-v, fiddle; Estel Eldon Shamblin as Eldon Shamblin-lead g; Leon McAuliffe- steel g; Jesse Ashlock-fiddle; C.G. Johnson aka Sleepy-g; Johnnie Lee Wills-bj; Son Lansford-b; William E. Stover aka Smokey-d. Dallas, November 11, 1938.

7. Jungle Drums - Sidney Bechet
(Sidney Bechet, Arthur James Singleton aka Zutty Singleton)
Sidney Bechet-cl, ss; Ernie Caceres-bar s; Dave Bowman-p; Leonard Ware-g; Henry Turner-b; Arthur James Singleton as Zutty Singleton. Vocalion 4537. New York City, November 16, 1938.

8. Liza, Pull Down the Shades - Bob Wills and his Texas Playboys
Bob Wills-v, fid, Leon McAuliffe-st g, Sleepy Johnson-fid; Herman Arnspiger-g; Johnnie Lee Wills-bj; Al Stricklin-p; Joe Ferguson or Sonny Langsford-b; Smokey dacus-d. Chicago, November 30, 1938.

9. Floyd’s Guitar Blues - Andy Kirk and his Clouds of Joy
(Floyd Smith)
Andy Kirk and his Clouds of Joy: Floyd Smith-lap steel g; Harry Lawson, Paul King, Earl Thompson-tp; Ted Donnelly-tb; Don Byas-ts; John Harrington-as, cl; Dick Wilson-ts; Andy Kirk-bar s; Mary Lou Williams-p; Booker Collins-b; Ben Thigpen-d.
New York City, March 16, 1939.

10. Rose Room - Benny Goodman Sextet
(Arthur G. Hickman aka Art Hickman, Harry Hiram Williams)
Benjamin David Goodman as Benny Goodman-cl; Lionel Leo Hampton as Lionel Hampton-vib; James Fletcher Hamilton Henderson, Jr. as Fletcher Henderson-p; Charles Henry Christian as Charlie Christian-g; Artie Bernstein-b; Nick Fatool-d. Columbia 35254. Produced by John Hammond, New York City, October 2, 1939.

11. Hot and Bothered - Clarence Profit Trio
(Edward Kennedy Ellington aka Duke Ellington)
Clarence Profit-p; Jimmy Shirley-g; Benjamin Brown-b. New York City, September 11, 1940.

12. Swing to Bop (aka Topsy, Charlie’s Choice) - Charlie Christian
(Eddie Durham, Edgar Battle)
Charles Henry Christian as Charlie Christian-g; Joe Guy-tp; Kenny Kersey-p; Nick Fenton-b; Kenny Clarke-g. Minton’s Playhouse, New York City, May 12, 1941.

13. I Got a Break Baby - T-Bone Walker
(Aaron Thibeaux Walker as T-Bone Walker)
Aaron Thibeaux Walker as T-Bone Walker-v, g; Frederick Charles Slack as Freddie Slack-p; George M. De Naut as Jud De Naut-b; David Coleman as Dave Coleman -d; Hollywood, circa July 20, 1942.

14. Blue Skies - Les Paul
(Israel Isidore Beilin aka Irving Berlin)
Lester William Polsfuss as Les Paul-lead g; Milton William Raskin as Milt Raskin-p; Cal Gooden, Jr.-g; Clint Nordquist-b. Hollywood, December 12, 1944.

15. Ain’t That Just Like a Woman - Louis Jordan and his Tympani Five
(Claude Demetrius, Fleecie Moore)
Louis Jordan-v, as, leader; Aaron Izenhall-tp; Josh Jackson-ts; Bill Davis as Wild Bill Davis-p; Carl Hogan g; Jesse Simpkins aka Po-b; Eddie Byrd-d. New York City, January 23, 1946.

16. Sweet Jennie Lee - Bob Wills and his Texas Playboys
(Walter Donaldson)
Tommy Duncan-lead v; Lester Robert Barnard Jr. aka Junior Barnard-g; Bob Wills-v, fiddle; Joe Holley-fiddle; Roy Honeycutt-steel g; Millard Kelso-p; Jack Wills-b; Louis Tierney-fiddle/sax; Alex Brashear-tp; Johnny Cuviello-d. Universal Studio, San Francisco, May 20, 1946.

17. I Can’t Give You Anything But Love - George Barnes
(James Francis McHugh aka Jimmy McHugh, Dorothy Fields)
George Barnes-lead g; Bob Morton, Eddie Swan-cl, bass cl; Phil Wing-horn, cl, oboe; Tommy Miller-cl, alto fl, fl, piccolo; Jack Fascinato-p; Earl Backus-g; Hal Taylor-b; Frank Rullo-d, vibes. 1946.

18. I Don’t Know It - Arthur Crudup
(Arthur Crudup)
Arthur Crudup aka Big Boy v, g; Ransom Knowling-b; Lawrence Riley aka Judge-d. Chicago, September 6, 1946.

18. Bumble Boogie - Alvino Rey and his Orchestra
(Nikolai Andreyevich Rimsky-Korsakov, arr. Deane Kincaide)
Alvin McBurney as Alvino Rey-g; personnel includes: Stan Fishilson, Jake Gerheim, Russ Granger, Roger Ellick, Chuck Peterson, Frank Nelson-tp; Dave Bowman, Bob McReynolds, Bob Swift, Sam Levine, Johnny Mandel-tb; Hal McKusick, John Gruey, Bud Estes, Herbie Stewart, Al Cohn, Zoot Sims, Deane Kincaide, Jimmy Wise-reeds; Joe Mondragon-b; Rocky Coluccio aka Cole-p; Don Lamond or Dave Tough-d. Produced by Wally Heider, Los Angeles, 1946.

19. Papa Tree Top Blues - Albennie Jones W/Sam Price and his Trio
(Albinia Jones aka Albennie Jones, Sam Price, Milt Gabler)
Albinia Jones as Albennie Jones-v; Sammy Price aka Sam Price-p; Billy Butler-g; Percy Joel-b; Dorothea Smith-d. Decca 48048B. New York City, July 6, 1947.

20. Happy New Year, Darling - Lonnie Johnson
(Alonzo Johnson aka Lonnie Johnson, Sam Coslow)
Alonzo Johnson as Lonnie Johnson-v, g; Oran Page as Hot Lips Page-tp; Harold Singer as Hal Singer, possibly Tom Archia-ts; Joe Knight-p; Carl Wilson aka Flat Top-b; Clarence Donaldson aka Bobby Donaldson-d. Cincinnati, circa December 13 or 14, 1947.

21. This Train - Sister Katy Marie
(traditional)
Rosetta Nubin aka Sister Rosetta Tharpe as Sister Katy Marie-v, g; unknown p, b, d. Los Angeles, July 1947.

23. Untrue Blues - Lightnin’ Hopkins
(Sam Hopkins)
Sam John Hopkins as Lightnin’ Hopkins-v, g. Gold Star Studios, Houston, Texas, 1949.

24. Intuition - Lennie Tristano
(Lennie Tristano)
Leonard Joseph Tristano as Lennie Tristano-p; Billy Bauer-g; Warne Marsh-ts; Lee Konitz-as; Arnold Fishkin-b; Denzil Best-d. New York City, May 16, 1949.


Disc 2 : 1948-1954
1. Johnny Lee’s Original Boogie - John Lee Hooker
(John Lee Hooker)
John Lee Hooker-v, g. Detroit, circa September, 1948.

2. Standin’ Here Tremblin’ - Muddy Waters
(McKinley Morganfield)
McKinley Morganfield as Muddy Waters-v, slide g; Ernest Crawford aka Big-b; Leroy Foster-g; Chicago, November 30, 1948

3. Sugarfoot Boogie - Hank Garland
(Hank Garland)
Hank Garland-lead g; Billy Byrd-g; Don Davis-steel g; Elbert McEwen-acc; unknown b; Nashville, May 2, 1949.

4. Honolulu March - Sol Hoopii
(traditional)
(Solomon Ho’opi’i Ka’ai’a aka Sol Ho’opi’i aka Sol Hoopi)
Solomon Ho’opi’i Ka’ai’a aka Sol Ho’opi’i as Sol Hoopii-electric lap steel g-possibly unknown-g, b. Possibly Los Angeles, 1951.

5. Nobody’s Sweetheart - Chet Atkins
(Elmer Schoebel, Ernie Erdman, Gus Kahn, Billy Meyers)
Chester Burton Atkins as Chet Atkins-g. Nashville, May 5, 1952.

6. Number 000 - Otis Blackwell W/René Hall
(Otis Blackwell)
Otis Blackwell-v; René Hall-lead g; Napoleon Allen aka Snags-g; Sammy Watkins-tp; Frank Culley aka Floorshow-ts; Budd Johnson-bar; Freddy Redd-p; Gene Smith-b; Roland Jefferson-d. New York City, October 22, 1952.

7. Blind Love (Who Can Your Good Man Be) - B.B. King
(Riley Ben King aka B.B. King, Julius Jeramiah Bihari as Jules Taub)
Riley Ben King as B.B. King-v, g; Floyd Jones-tp; George Coleman-as, ts; Bill Harvey-ts; unknown bs; Connie Mack Booker-p; James Walker-b; Ted Curry-d; Charles Crosby-cg. Produced by Bill Holford and B.B. King for the Bihari Brothers, A.C.A. Studio, Houston, 1952/1953.

8. Bryant’s Bounce - Speedy West & Jimmy Bryant
(Ivy J. Bryant, Jr. aka Jimmy Bryant)
Ivy J. Bryant, Jr. as Jimmy Bryant-lead g; Wesley Webb West as Speedy West-pedal steel g; Billy Strange-g; Cliffie Stone-b; Roy Harte-d. Hollywood, November 25, 1952

9. Rock the Joint - Bill Haley and the Saddlemen
(Harry Crafton, Wendell Keene aka Don Keene, Harry Bagby aka Doc Bagby)
Bill Haley-v, g; Donato Joseph Cedrone as Danny Cedrone-lead g; Billy Williamson-steel g; Johnny Grande-p; Marshall Lytle-b. WVCH Radio Station Studio, Chester, Pennsylvania, circa July or August, 1952.

10. Ooh Midnight - Pete “Guitar” Lewis
(Pete Lewis)
Esther Phillips-v; Pete Lewis as Pete “Guitar” Lewis-g; Don Johnson-tp; George Washington-tb; James Von Streeter-ts; Fred Ford-bar s; Devonia Williams-p; Albert Winston-b; Leard Bell-d. Los Angeles, August 28, 1952.

11. Blues for Ike - Django Reinhardt et ses Rythmes
(Jean Reinhardt aka Django Reinhardt)
Jean Reinhardt aka Django Reinhardt-g; Maurice Vander-p; Pierre Michelot-b; Jean-Louis Viale-d. Paris, March 10, 1953.
 
12. Bootleggin’ Baby - Roy Brown
(Roy James Brown aka Roy Brown)
Roy James Brown as Roy Brown-v; Jimmy Davis-g; Joe Bridgewater-tp; Sammy Parker, Victor Thomas-ts; Jimmy Thomas-p or James C. Harris-p; Clarence Jones-,b; Albert Gardner aka June-d. Miami, December, 1953.

13. Oscar’s Blues - Oscar Moore Quartet
(Oscar Moore)
Oscar Moore-g; Carl Perkins-p; Joe Comfort-b; George Jenkins-d. Location unknown, September 2, 1953.

14. Guitar Slim - Guitar Slim and his Band
Eddie Jones as Guitar Slim-v, g; Roosevelt Brown-tp; Gus Fontenette-as; Joe Tillman-ts; Lawrence Cotton-p; Lloyd Lambert-b; Oscar Moore-d. Los Angeles, September 28, 1954.

15. Love my Baby - Little Junior’s Blue Flames
(Herman Parker, Jr. aka Little Junior Parker)
Herman Parker, Jr. as Little Junior Parker -v; Auburn Hare as Pat Hare-g; William Johnson-p; Kenneth Banks-b; John Bowers-d. Memphis, circa October, 1953.

16. You Know Yeah - Pee Wee Crayton
(Esther Rose Crayton, Dave Bartholomew)
Connie Curtis Crayton as Pee Wee Crayton-g, v; Salvador Doucette-p; Wendell Duconge-as; Clarence Hall-ts; Herb Hardesty-ts; possibly Frank Fields-b; Cornelius Coleman-d. Imperial 5321. J&M Studio, 823 North Rampart Street, New Orleans, September 9, 1954.

17. Saturday Night Shuffle - Merle Travis
(Merle Travis)
Merle Travis-g. Capitol Recording Studio, Hollywood, December 28, 1954.

18. That’s All Right - Elvis Presley
(Arthur Crudup)
The Blue Moon Boys: Elvis Aaron Presley aka Elvis Presley-v, g; Winfield Scott Moore II aka Scotty Moore-g; William Patton Black aka Bill Black-b. Produced by Sam Philips. Recorded at Sun Studio, Memphis, July 5, 1954.

19. Gibson Boy - Tal Farlow
(Talmage Holt Farlow aka Tal Farlow)
Talmage Holt Farlow as Tal Farlow-lead g; Barry Galbraith-g; Oscar Pettiford-b; Joe Morello-d. Location unknown, April 11, 1954.

20. Living the Life I Love - Memphis Slim and his House Rockers
(John Len Chatman aka Peter Chatman aka Memphis Slim aka L.C. Frasier)
John Len Chatman aka Peter Chatman aka L.C. Frasier as Memphis Slim-v, p; Matt Murphy as Matt “Guitar” Murphy-g; Neil Green, Jimmy Conley-ts; Henry Taylor-b; Otto Allen-d.
United 238. United Recording Studio, Chicago, March 16, 1954.

21. Reconsider Baby - Lowell Fulson
(Lowell Fulson)
Lowell Fulson-v, g; David Newman-ts; unknown-bar s, p, b, d. Los Angeles, September 27, 1954.

22. Tiny’s Boogie - Tiny Grimes and his Rocking Highlanders
(Lloyd Grimes aka Tiny Grimes)
Lloyd Grimes as Tiny Grimes-tenor g; Red Prysock-ts; possibly Laverne Baker b; Philly Joe Jones-d. United U-170. Released in 1955.

23. Dust my Blues - Elmore James
(Elmore Brooks aka Elmore James)
Elmore Brooks as Elmore James-v, g; unknown p, b, d. Flair 1074. Possibly Memphis, 1955.

24. Roly Poly - Chuck Berry
Charles Edward Berry as Chuck Berry-g, v; Otis Spann-p; Willie Dixon-b; Ebby Hardy-d. Produced by Lejzor Czyz as Leonard Chess, Chicago, December 20, 1955.


Disc 3 : 1954-1962

1. Space Guitar - Young John Watson
(John Watson, Jr. aka Johnny “Guitar” Watson)
John Watson, Jr. as Johnny “Guitar” Watson-v, g; Bill Gaither-ts; Devonia Williams-p; Mario Delagarde-b; Charles Pendergraph-d. Federal 12175. Los Angeles, February 1, 1954.

2. Midnight Hours - Larry Dale
(Ennis Lowery aka Larry Dale)
Ennis Lowery as Larry Dale-v: McHouston Baker as Mickey Baker-g; Jack Dupree-p; Haywood Henry-sx; Lesley Johnakins; Leroy Taylor aka Sam “The Man” Taylor; Lloyd Trotman-b; David A. Francis as Panama Francis-d. Produced by Danny Kessler. RCA Victor Studio 1, New York City, June 21, 1954.

3. Bi-Bickey-Bi-Bo-Bo-Go - Gene Vincent and his Blue Caps
(Don Carter, Dub Nalls, Jack Rhodes)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Clifton E. Gallup as Cliff Gallup-lg; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red-rg; Jack Neal-b; Richard Harrell aka Dickie Harrell -d; Produced by Ken Nelson. Mort Thomasson, engineer. Owen Bradley’s Studio, Nashville, Tennessee, October 15, 1956.

4. Minor Mood - Barney Kessel
(Barney Kessel)
Barney Kessel-g; Ray Brown-b; Shelly Manne-d. Los Angeles, March 18 or 19, 1957.

5. Hurricane - Larry Collins & Joe Maphis
(Lawrence Collins aka Larry Collins)
Lawrence Collins as Larry Collins-lead g; Otis W. Maphis as Joe Maphis-lead g; Johnny Bond-g; Leon Silby-g; Skeets McDonald-b; Marian Adams aka Pee Wee Adams-d. Produced by Don Law. Radio Recorders, 7000 Santa Monica Boulevard, Hollywood. September 25, 1957.

6. Peggy Sue - Buddy Holly
(Charles Hardin Holley aka Buddy Holly, Jerry Allison, Norman Petty)
Charles Hardin Holley as Buddy Holly-v, g, lead g; Joe B. Mauldin-b; Jerry Allison-d. Norman Petty Studio, 1313 West 7th Street, Clovis, New Mexico, June 29 & July 1, 1957.

7. The Crawl - Guitar Junior
(Wayne Shuler, Raymond Victoria aka Ray Vict)
Lee Baker, Jr. aka Lonnie Brooks as Guitar Junior-v, lead g; Joe Joseph as Boogie Joe Joseph-p; Clarence Garlow-g; Willie Chason-b; “Little Brother” Griffin-d. Goldband 1076. Lake Charles, Louisiana, late 1957.

8. Susie-Q - Dale Hawkins
(Delmar Allen Hawkins aka Dale Hawkins, Stanley J. Lewis, Eleanor Broadwater)
Delmar Allen Hawkins as Dale Hawkins-v; James Burton-g; “Sonny” Trammell-b, Francis Donald Lewis-d. Checker 863. KWKH Radio, Shreveport, Louisiana, 1957.

9. Jack and Jill Shuffle - Theophilus Beckford
(Theophilus Beckford)
Theophilus Beckford-v/Ernest Ranglin-g/Roland Alphonso-ts/Emmanuel Rodriguez aka Rico-tb/possibly Aubrey Adams-p/Cluett Johnson-b/Arkland Parks aka Drumbago-d. Produced by Clement Seymour Dodd aka Coxsone. Possibly recorded in 1958. Released in 1959.

10. Rumble - Link Wray and his Ray Men
(Fred Lincoln Wray Jr. aka Link Wray)
Fred Lincoln Wray aka Link Wray-g; Shorty Horton-b; Doug Wray aka Lucky-d. Washington D.C., late 1957.

11. Carol - Chuck Berry
(Charles Edward Anderson Berry aka Chuck Berry)
Charles Edward Anderson Berry as Chuck Berry-g, v; G. Smith-b; Johnnie Johnson-p; Ebby Hardy-d; unknown perc. Produced by Lejzor Czyz as Leonard Chess and Fiszel Czyz as Phil Chess, Chicago, Illinois, May 2, 1958.

12. This Is the End - Buddy Guy
(Ike Wister Turner aka Ike Turner)
George Guy as Buddy Guy-v, g; Carlson Oliver, Eddie Jones-ts; Jackie Brenston-bar s; Harold Burrage-p; Willie Dixon-b; Odie Payne-d. Artistic 1061. Chicago, 1958.

13. School Day Blues - Johnny and the Jammers
(John Dawson Winter III aka Johnny Winter)
John Dawson Winter III as Johnny Winter-v, g; Edgar Holland Winter as Edgar Winter-ts; unknown b, d. Dart 131. Bill Hall’s Studio, Beaumont, Texas, 1959.

14. Easy Living - Howard Roberts
(Ralph Rainger, Leo Robin)
Howard Roberts-g; Red Mitchell-b; Stan Levey-d. Los Angeles, 1959.

15. Well You Needn’t - Kenny Burrell
(Thelonious Sphere Monk aka Thelonious Monk)
Kenneth Earl Burrell as Kenny Burrell-g; Richard Davis-p; Roy Haynes-d. Village Vanguard, New York City, September 1959.

16. Round Midnight - Wes Montgomery
(Thelonious Sphere Monk aka Thelonious Monk)
John Leslie Montgomery as Wes Montgomery-g; Melvin Rhyne-org; Paul Parker-d. Produced by Orrin Keepnews. New York City, October 5 or 6, 1959.

17. Yours Truly - Snooks Eaglin
(Fird Eaglin Jr. aka Snooks Eaglin)
Fird Eaglin Jr. as Snooks Eaglin-v, g; Frank Fields-b; Robert French-d. New Orleans, April 25, 1960.

18. Walk Don’t Run - The Ventures
(John Henry Smith aka Johnny Smith)
Robert Lenard Bogle as Bob Bogle-lead g; Don Wilson-g; Nole Floyd Edwards as Nokie Edwards-b; Skip Moore-d. Tacoma, Washington, Spring of 1960.

19. Apache - The Shadows
(Jeremiah Patrick Lordan aka Jerry Lordan)
Brian Robson Rankin aka Hank Brian Marvin as Hank Marvin-lead g; Bruce Cripps as Bruce Welch-g; Terence Harris as Jet Harris-b; Daniel Joseph Anthony Meehan as Tony Meehan-d; Cliff Richard-Chinese drum (intro). Produced by Norrie Paramor. Abbey Road Studios, London, June 1960.

20. Bo Diddley Is Loose - Bo Diddley
(Ellas McDaniel aka Bo Diddley)
Ellas McDaniel as Bo Diddley-v, g; Peggy Jones as Lady Bo-lead g; Jesse James Johnson-b; Bill Downing or Edell Robertson-d; Jerome Green-maracas. Bo Diddley’s home studio, Washington D.C., February 1961.

21. Help Out - Bo Diddley
(Ellas McDaniel aka Bo Diddley)
Ellas McDaniel as Bo Diddley-v, lead g; Norma Jean Wofford as The Duchess, g; Lafayette Leake-p; Jesse James Johnson or Chester Lindsey-b; Bill Downing or Edell Robertson-d; Jerome Green-maracas. Ter-Mar Recording Studio, Chicago, October 1962.

22. California Blues - Albert King
(Albert Nelson aka Albert King)
Albert Nelson as Albert King-v, g; Wilbur Thompson-tp; Hal White-ts; Freddie Robinette-bar s; Sam Wallace-p; Lee Otis -b; Thiotis Morgan-d. Saint Louis, March 1, 1961.

23. Tremble - Albert Collins
(Albert Collins)
Albert Collins-v, g; Frank Mitchell-tp; Henry Hayes-as; Big Tiny-ts; Walter McNeil-organ; Bill Johnson-b; Herbert Henderson-d. Produced by Bill Hall. Houston, 1962.

24. Willow Weep for Me - Elek Bacsik
(Ann Rosenblatt aka Ann Ronell)
Elek Bacsik-g, g overdub; Pierre Michelot-b; Kenny Clarke-d. Paris, 1962.



Cette anthologie réalisée (et commentée dans un livret de 32 pages) par Bruno Blum est indispensable à tous les guitaristes – et à quiconque appréciant cet instrument. Des premiers enregistrements historiques de lap steel électrique dès 1935 au triomphe de la guitare dans le rock, la plupart des meilleurs et plus influents guitaristes sont réunis ici chronologiquement. Ils interprètent des morceaux représentatifs de leurs styles très différents dans ce florilège retraçant l’évolution de la guitare électrique. D’une diversité et d’une richesse musicale étonnante, cet essentiel triple album très documenté juxtapose les pionniers, innovateurs et stylistes d’un instrument qui a dominé la musique populaire occidentale pendant un demi-siècle.    
P. FRÉMEAUX


The indispensable collection for all guitar players and anyone interested in the instrument. In chronological order, starting with the first historic recordings of an amplified lap steel guitar in 1935 up to the triumph of rock guitar, most of the best and most influential guitarists can be found here. They are heard showing astonishing musical diversity in this anthology recounting the evolution of the electric guitar. This highly-documented triple album is an essential work and features not only the pioneers and innovators but also the stylists who contributed to make the guitar the dominant instrument in western popular music for over five decades. Told by Bruno Blum, himself a guitarist, this epic includes truly dazzling recordings.    
Patrick FRÉMEAUX

CD Electric guitar story - Country jazz, blues R&B rock 1935-1962 © Frémeaux & Associés 2013.




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 Some Of These Days - Milton Brown and his Musical Brownies02'46
02 Ida Sweet As Apple Cider - Pappy O'Daniel and his Hillbilly Boys03'11
03 Rose Room - Derwood Brown and his Musical Brownies02'59
04 It's Low Down Dirty Shame - Big Bill Bronzy02'55
05 Laughing At Life - The Kansas City Five03'08
06 My Window Faces South - Bob Willis and His Texas Playboys02'06
07 Jungle Drums - Sidney Bechet02'30
08 Liza Pull Down The Shades - Bob Willis and His Texas Playboys02'21
09 Floyd's Guitar Blues - Andy Kirk and His Cloud of Joy03'06
10 Rose Room - Benny Goodman Sextet02'49
11 Hot And Bothered - Clarence Profit Trio03'19
12 Swing To Bop - Charlie Christian03'26
13 I Got A Break Baby - T-Bone Walker03'21
14 Blue Skies - Les Paul02'38
15 Ain't That Just Like A Woman - Louis Jordan and his Tympani Five02'54
16 Sweet Jennie Lee - Bob Willis and His Texas Playboys02'10
17 I Can't Give Anything But Love - George Barnes01'57
18 I Don't Know It - Arthur Grudup02'51
19 Bumble Boogie - Alvino Rey and His Orchestra02'21
20 Papa Tree Top Blues - Albennie Jones, Sam Price and His Trio02'36
21 Happy New Year Darling - Lonnie Johnson02'41
22 This Train - Sister Katy Marie02'44
23 Untrue Blues - Lightin' Hopkins03'06
24 Intuition - Lennis Tristano02'27
CD 2
01 Johnny Lee's Original Boogie - John Lee Hooker02'55
02 Standin' Here Tramblin' - Muddy Waters02'25
03 Sugarfoot Boogie - Hank Garland02'33
04 Honolulu March - Sol Hoopii02'54
05 Nobody's Sweetheat - Chet Atkins02'16
06 Number 000 - Otis Blackwell, René Hall02'46
07 Blind Love - BB King03'04
08 Bryant's Bounce - Speedy West & Jimmy Bryant02'22
09 Rock The Joint - Bill Haley and the Saddlemen02'16
10 Ooh Midnight - Pete Guitar Lewis02'46
11 Blues For Ike - Django Reinhardt et ses Rythmes03'23
12 Bootlegin' Baby - Roy Brown02'46
13 Oscar's Blues - Oscar Moore Quartet03'34
14 Guitar Slim - Guitar Slim and His Band02'36
15 Love Me Baby - Little Junior's Blue Flames02'40
16 You Know Yeah - Pee Wee Crayton02'35
17 Saturday Night Shuffle - Merle Travis02'08
18 That's All Right - Elvis Presley01'59
19 Gibson Boy - Tal Farlow02'47
20 Living The Live I Love - Memphis Slim and His House Rockers02'47
21 Reconsider Baby - Lowell Fulson03'11
22 Tiny's Boogie - Tiny Grimes and his Rocking Highlanders03'00
23 Dust My Blues - Elmore James03'11
24 Roly Poly - Chuck Berry02'50
CD 3
01 Space Guitar - Young John Watson02'40
02 Midnight Hours - Larry Dale02'59
03 Bi Bickey Bi Bo Bo Bo Go - Gene Vincent and his Blue Caps02'18
04 Minor Mood - Barney Kessel03'22
05 Hurricane - Larry Collins & Joe Maphis02'14
06 Peggy Sue - Buddy Holly02'33
07 The Crawl - Guitar Junior02'17
08 Susie Q. - Dale Hawkins02'20
09 Jack And Jill Shuffle - Theophilus Beckford03'05
10 Rumble - Link Wray and his Ray Men02'29
11 Carol - Chuck Berry02'51
12 This Is The End - Buddy Guy03'02
13 School Day Blues - Johnny and The Jammers01'58
14 Easy Living - Howard Roberts04'13
15 Well You Needn't - Kenny Burrell04'30
16 Round Midnight - Wes Montgomery04'56
17 Yours Truly - Snooks Eaglin02'10
18 Walk Don't Run - The Ventures02'06
19 Bo Diddley Is Loose - The Shadows02'57
20 Apache - Bo Diddley03'03
21 Help Out - Bo Diddley02'46
22 California Blues - Albert King02'49
23 Tremble - Albert Collins02'44
24 Willow Weep For Me - Elek Bacsik04'23
« L’instrument phare de la musique populaire » par Soulbag

On l’oublie un peu, mais les premières « vraies » guitares électriques sont apparues dès le milieu des années 1930, et durant les deux décennies qui suivront, elles connaîtront une évolution à la fois progressive et spectaculaire, faisant de la six-cordes l’instrument phare de la musique populaire. Cet âge d’or de la guitare électrique, Frémeaux nous propose de la redécouvrir au travers de cette captivante anthologie de 3 CD. Les premières années sont surtout dominées par le jazz, ainsi que par la country et la guitare hawaïenne (dont l’influence sur les pionniers de la guitare électrique sera effectivement considérable), mais cette nouvelle technique va ensuite s’étendre assez vite au blues au début des années 40. Quand aux années 1950, ce sont donc celles d’une véritable apothéose marquée par l’émergence quasi simultanée d’autres styles (R&B, Soul, Rock), et par un progrès des procédés d’amplifications et de prise de son, ce « son des fifties » auxquels tant d’artistes se réfèrent encore aujourd’hui, quand ils n’essaient pas purement et simplement de le reproduire… Frémeaux décline sa sélection dans l’ordre chronologique, ce qui, avec le livret toujours aussi bien documenté, favorise d’abord la compréhension des transformations de l’instrument et de son adaptation selon les styles. Ensuite, alors que ce type d’anthologie peut s’avérer indigeste à avaler d’une traite (72 titres !), ici on jongle d’un genre à l’autre sans s’ennuyer une seconde. Au point qu’une fois la première écoute achevée on en redemande… Une petite erreur toutefois à signaler (c’est si rare) : dans le livret à propos de la discographie du CD1, deux titres portent le n°18 et le n°22 manque, c’est donc bien la liste figurant au verso de la jaquette qui prime. Daniel LEON - SOULBAG




« S’initier aux très riches heures de l’instrument mythique » par L’Echo républicain

« Le label patrimonial Frémeaux retrace la riche histoire de la guitare électrique depuis ses débuts en 1935 jusqu’à 1962. Évidemment, depuis cinquante ans, les choses ont changé, mais les trente années compilées ici par l’érudit Bruno Blum sont déjà passionnantes. En trois CD, on passe en revue tous les styles : la country, le jazz, le rock’n’roll, le blues, le surf… Beaucoup d’inconnus (qui se souvient des Kansas City Five ou de Tal Farlow ?), mais aussi pas mal de noms prestigieux (notamment B.B. King cicontre) parsèment cette anthologie pas réservée aux maniaques de la six cordes, mais à tous les curieux ouverts d’esprit qui veulent s’initier aux très riches heures de l’instrument mythique. »
Par Rémi BONNET – L’ECHO REPUBLICAIN




“An excellent collection” par Blues & Rhythm

One of the easiest ways to demonstrate the scope of this three CD set is to pick at random five or six of the artists to be found consecutively in the track-listing : for example, T-Bone Walker, Les Paul, Louis Jordan, Bob Wills, George Barnes, and Arthur Crudup from the first CD covering the years 1935 to 1949, maybe Hank Garland, Sol Hoopii, Chet Atkins, Otis Blackwell, B.B. King and the duo of Speedy West and Jimmy Bryant from disc two (1948-1955) or Lonnie Brooks, Dale Hawkins, Theophilus Beckford, Link Wray, Chuck Berry and Buddy Guy from the third CD (1954-1962). Some of you might have noticed that several of those names are not known as guitarists, but the electric guitar plays a significant role in all the 72 tracks of this collection. The tracks are in rough chronological order.
Stylistically, the music stretches across western swing, blues, jazz from big band to free, Hawaiian, gospel, rock’n’roll, Jamacain r&b blues and early sixties rock instrumental, all united in their use of the instrument under consideration. Although a compilation like this will always be subjective, there can be no quibble with the inclusion of such blues guitarists Pete “Guitar” Lewis, Guitar Slim, Pee Wee Crayton, Mickey Baker, Albert King, Albert Collins and Johnny “Guitar” Watson (“Space Guitar” of course for the latter), though I looked in vain for one of Freddy King’s rousing and influential instrumentals or nowadays massively influential Magic Sam. A more down-home sound comes courtesy  of Muddy Water, pat Hare , Elmore Jams, John Lee Hooker  and Lightnin’ Hopkins, who precedes Lennie Tristano’s almost free jazz number (with Billy Bauer on guitar, in case you were wondering). The gospel tradition has just one inclusion, Sister Rosetta’s “This Train”, and jazz guitarists include Charlie Christian, Eddie Durham, Jimmy Shirley, Billy Butler and Barney Kessel, who should all be familiar names to most readers. Ace country pickers Chet Atkins and Merle Travis are both present and correct, Chuck, Bo, Elvis, Buddy Holly, Bill Haley and Gene Vincent represent good old rock’n’roll, The Ventures and The Shadows the sound of rock instrumental, and whilst Link Wray’s “Rumble” is often cited as the originator of the power chording that was to become popular at the end of the 60s, Johnny Winter’s “School Day Blues”, recorded for Dart in 1959 as by Johnny & The Jammers is, due to the time-span of the set, the only track by any of those while musicians who were to rework the blues in the following decade. The vast majority of the performers throughout  the set are American, though there is also room for Django Reinhardt , the aforementioned Jamaican Theophilus Beckford, UK outfit  The Shadows, and the Budapest born Elek Bacsik. The notes trace the history of the instrument and also help to explain the preponderance of western swing tracks among the earliest numbers good to note that the Floyd Smith/Andy Kirk number, “Floyd’s Guitar Blues”, one of the earliest hit records to feature an electric guitar, is actually track nine on the first CD, which shows the amount of research that has gone into this excellent collection.
Par Norman DARWEN  - BLUES & RHYTHM




« Un instrument qui n’a jamais cessé de fasciner » par Jazzmagazine Jazzman

Cette anthologie retrace en trois CD l’histoire et l’évolution d’un instrument qui n’a jamais cessé de fasciner les foules. Rigueurs du domaine public oblige, les pionniers et les novateurs sont privilégiés, d’Eddie Durham à Bo Diddley en passant par Scotty Moore et Ernest Ranglin. On conseille aux jazzfans d’enchaîner avec le coffret « Progressions : 100 Years Of Jazz Guitar », qui commence en 1906 et se termine en 2001. JF - JAZZMAGAZINE/JAZZMAN




« C’est l’orgasme » par Rock & Folk

Bruno Blum (qui n’est pas une connaissance) a fait un travail grandiose sur ces trois CD consacrés à la guitare électrique. Par son choix très sûr et son goût impeccable, il impose un éclectisme idéal. Ainsi défilent, via un mastering parfait, T-Bone-Walker, Lonnie Johnson, Sister Rosetta Tharpe, Django Reinhardt, Tal Farlow, Elmore James, Lowell Fulson, mais aussi Johnny Guitar Watson (incroyable « Space Guitar »), Link Wray, Joe Maphis, Barney Kessel, Kenny Burrell, Albert Collins, Scotty Moore, Wes Montgomery et ses solos en octaves, Cliff Gallup, etc. La disparité entre les genres peut énerver certains clients, c’est précisément ce qu’on aime dans ce coffret puisque dans le fond, il n’y a qu’un seul genre qui compte : la bonne musique, ici omniprésente.
Par Nicolas UNGEMUTH – ROCK & FOLK




On retrouve nombre de guitaristes légendaires » par Le Cri du Coyotte

«L’électrification des instruments à cordes a commencé dès les années 1910, quand des récepteurs téléphoniques étaient placés dans des violons et banjos. Il faut attendre 1931 pour voir George Beauchamp concevoir une guitare électrique, puis 1933 pour que l’instrument figure sur un enregistrement, de musique hawaïenne. Cette anthologie de 3 CD va de 1935 à 1962 et présente divers styles musicaux (Jazz, western swing, country, blues, variété, r’n’b, rock’n’roll, boogie, musique hawaïenne) et de jeux de guitare. On retrouve donc nombre de guitaristes légendaires, d’autres moins connus. Il y a, cependant, une bizarrerie : on trouve à deux reprises Wilson Perkins, Charlie Christian, Chuck Berry, ou Bo Diddley, mais pas Eddie Cochran, Duane Eddy, Dick Dale (prévus sur une anthologie instrumentale à venir), Zeke Turner (Hank Williams) et son jeu qui annonce le rockabilly, Carl Perkins, Franny Beecher, Paul Burlison, Brian Ferrier, Lonnie Mack, pour n’en citer que quelques-uns. Néanmoins, les guitaristes y trouveront de multiples sources d’inspiration. Le livret est signé Bruno Blum et, phénomène rarissime chez Frémeaux, comporte une erreur de numérotation des morceaux 18 à 22 du 1er CD.
Par B.B. – LE CRI DU COYOTTE






« La musique est merveilleuse, séminale et indispensable » par Juke Box Magazine

Ce coffret (72 titres) retrace la genèse de la guitare électrique, des premiers essais blues et jazz, jusqu’à l’explosion rock’n’roll. Comme le sous-titre l’indique tous les genres sont mélangés et on avance sur tous les fronts. L’ordre chronologique choisi est le plus logique et le livret est assez précis, quoiqu’un peu confus par moments. L’amalgame typiquement français entre R&B et rock’n’roll n’aide pas à avoir une vision claire des choses. Les vieux clichés ont la vie dure ! Quoiqu’il en soit la musique est merveilleuse, séminale et indispensable. Les valeureux pionniers ouvrent le feu / Bob Dunn et Milton Brown (« Some Of These Days »), Charlie Christian avec Benny Goodman (« Rose Room ») et l’extraordinaire instrumental appelé rétrospectivement « Swing To Bop », Eldon Shmablin et Bob Wills (« My Window Faces The South »), le méconnu Leonard Ware avec Sidney Bechet période new-yorkaise (« Jungle Drums ») et Carl Hogan avec Louis Jordan, une des influences majeures de Chuck Berry. La mixité raciale est de mise, il existe déjà de nombreuses passerelles entre les communautés blanche et noire. Les choses s’électrifient davantage dans le volume 2 avec B.B. King (« Blind Love »), Hank Garland (« Sugarfoot Boogie »), Guitar Slim, le propagateur de la Telecaster et virtuose incomparable Jimmy Bryant (« Bryant’s Bounce ») et Danny Cedrone qui, dans « Rock The Joint » avec Bill Haley (1952), trouve le solo qu’il reprendra note par note dans « Rock Around The Clock » deux ans plus tard. Mais tout cela bascule vraiment le 5 juillet 1954 avec « That’s All Right » enregistré à Memphis, au studio Sun, par Elvis Presley, Scotty Moore, Bill Black et Sam Phillips. Si la voix d’Elvis est la fusion la plus parfaite des cultures blanche et noire, le jeu de guitare de Scotty Moore en fait de même. Chez lui le blues de Lightnin’Hopkins, le picking de Merle Travis et le jazz de Tal Farlow se téléscopent pour donner naissance à un genre nouveau, le rockabilly, qui se transforme en rock’n’roll à partir de 1956.On peut regretter l’absence de « Hound Dog » qui pose les fondements de la guitare rock (power chords, double stops, dérapages surprenants, tout y passe !). Scotty Moore : Dans chaque solo je mettais instinctivement tout ce que je connaissais. La brèche est ouverte et tous les furieux s’y engouffrent comme montre le CD 3 : Cliff Gallup (« Bi-Bickey-Bi-Bo-Bo-Go »), James Burton (« Syzy Q »), Larry Collins et Joe Maphis (« Hurricane »), Buddy Holly (« Peggy Sue »), Link Wray (« Rumble »), tandis que les guitaristes noirs bénéficient d’une diffusion plus large : Johnny Guitar Watson (« Space Guitar »), Guitar Junior (« The Crawl »), Chuck Berry (« Carol »), Bo Diddley (« Help Out »). Les jazzmen continuent de faire résonner leurs belles Gibson L-5 ou Super 400 (Wes Montgomey, Kenny Burrell, Howard Roberts), tandis que les instrumentaux des Shadows et des Ventures font entendre la modernité des Fender et autres Mosrites. Quatre ans plus tard (seulement !), Jimi Hendrix synthétisera ces 25 années pour faire basculer la guitare électrique dans une autre dimension.
Par Tony MARLOW – JUKE BOX MAGAZINE




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