CEYLAN CHANTS D’AMOUR À SIGIRIYA, SRI LANKA

SRI LANKA - SIGIRIYA’S LOVE SONGS, CEYLON

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Artistical Director : FRANÇOIS JOUFFA
Booklet : 12 pages
Number of CDs : 1 CD


19,99 € tax incl.

FA5434

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Produced at the request of the Sri Lankan government by François Jouffa in 2002, these recordings collected in the jungle surrounding Sigiriya’s Lion Rock constitute a magnificent testimony of the Sinhalese traditional secular music. Immortalized for centuries thanks to the oral transmission, this music is played by guru master Harold Madapatha Rodrigo and his followers.

It is a rare document offering the Occidental audience an access to a sensitive and harmonious heritage. Patrick FRÉMEAUX

Ceylan FA5434

CEYLAN
Chants d’amour à Sigiriya, Sri Lanka

SRI LANKA

Sigiriya’s love songs, Ceylon








CEYLAN - CHANTS D’AMOUR A SIGIRIYA

Réalisation François JOUFFA

Avertissement de l’éditeur
Ces enregistrements ont été réalisés en 2002 à la demande du gouvernement sri-lankais pour enrichir les Archives nationales du pays ainsi que les phonothèques des grandes universités qui n’avaient pas trace des prouesses de leurs grands maîtres.

L’ambassadeur du Sri Lanka en France était, au début de ce siècle, le professeur Senake Bandaranayake, lui-même archéologue spécialiste du site du gigantesque rocher de Sigiriya. Par l’intermédiaire de son ami le réalisateur cinghalais Nimal de Silva, il avait pris connaissance du travail photographique effectué en Asie depuis plus de trente ans par Sylvie Jouffa, et des nombreuses productions de disques d’ethnomusiques enregistrées sur le terrain par François Jouffa, du Népal à la Corée en passant, entre autres, par la Birmanie ou le Viêt-nam. Le professeur avait notamment écouté les enregistrements de Jouffa lorsqu’il avait réalisé à Sri Lanka son film « La Bonzesse » en 1973. Plusieurs albums en 33 tours puis CD, extraits de la B.O., avaient immortalisé « les Tambours magiques » des guérisseurs de l’île de ces années-là. Leur art, étant en voie de disparition, le professeur ambassadeur pensait qu’il y avait urgence à fixer les styles et les talents des derniers vieux grands maîtres. Le mélomane Ajita de Costa, président de Heritage Foundation for the Environment and Arts, a bien voulu organiser les séances d’enregistrements dans les villages mêmes des musiciens. À Paris, Madame Dileeni R. de Alwis Perera (DPDJ International) et, à Colombo, Madame Manisha Gunasekera du Ministère des affaires étrangères concrétisèrent le projet. Nous les en remercions.

Notons que, pour honorer ces musiques ancestrales, François Jouffa a choisi de travailler avec de la bande magnétique sur son Nagra IV S. À l’heure du numérique parfait mais froid, ces morceaux traditionnels conservent ainsi leur chaleur, leur couleur et leur rondeur originelles. Les connaisseurs apprécieront.
Patrick FRÉMEAUX
© 2014 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS


Lanka, ou Ceilão pour les Portugais qui a donné Ceylon pour les Anglais, ou Sinhala pour les Indiens, la Resplendissante, était la Taprobane des géographes grecs et romains. Son histoire ancienne se confond avec les récits légendaires. Ainsi, dans l’épopée indienne du Ramayana, c’est à Ceylan que le prince Rama et son armée viennent délivrer son épouse Sita, prisonnière des griffes du roi des démons Ravana.

De tout temps, les peuples de cette île de l’Océan Indien, au sud-est de l’Inde, manifestèrent de réelles dispo­sitions pour la musique. Selon le Mahawansa, le plus ancien document historique du pays, les premiers immigrants aryens entendirent de la musique dans les tribus nommées Yakkas, des milliers d’années avant notre ère.

La musique cinghalaise, à l’instar de toutes les musiques extrême-orientales, se perpétue grâce à une méthode de transmission orale. Et le son est étroitement uni au mot, comme dans une récitation chantée où les rythmes mesurés imitent, par exemple, le bruit de la mer. Selon le traité de musique Sangistra Sastra, un lien étroit unit le chant, la danse et le jeu des instruments comme les tambours et les cymbales. Si l’un de ces trois éléments manque, l’art est incomplet. Les chants imitent parfois les mouvements d’animaux, comme la démarche lourde de l’éléphant ou le galop du cheval. Les percussionnistes sont plus que de simples musiciens, chanteurs et danseurs ; ils sont considérés comme des guides spirituels dont les rituels d’exorcisme apportent la paix de l’âme et le soulagement physique. À propos de ces gourous guérisseurs, nous vous conseillons notre CD Les Maîtres de Sri Lanka (disque Frémeaux FA 5168).

Au cours des siècles, l’influence indienne a progressé jusqu’à se fondre dans la tradition cinghalaise (la cithare vînâ et les drames Nagadama), et des chants populaires tamouls du nord de l’île se rattachent aux écoles karnatiques du sud de l’Inde et à leur système de raga.


« C’était une phrase hachurée, étouffée, haletante, qui finissait toujours, comme tous les airs indiens par une sorte de lamentation presque gutturale, un râle doux et pathétique mais, à l’intérieur de cette tristesse, était contenue une espèce de gaieté noble et ingénue.»   
Pier Paolo Pasolini, L’odeur de l’Inde, 1962


C’est dans la jungle de Sigiriya, domaine des singes et éléphants sauvages, qui entoure le Rocher du Lion, palais royal-forteresse dont une cavité est décorée de fresques de courtisanes sacrées Apsaras datant du Vème siècle (photo de couverture et photo à gauche), que notre enregistrement a eu lieu, le mercredi 6 mars 2002, à 10 heures (bénéfique pour les ragas du matin).

Nom de cet orchestre de six musiciens : Satsara Samadhi, ce qui signifie « La méditation des 7 notes » (Satsara : 7 notes. Samadhi : méditation).

- Le maître est Harold Madapatha Rodrigo, né le 10 octobre 1930 à Badulla, Sri Lanka alors Ceylan. Après avoir étudié la musique orientale, il professa à l’Ampitiya School de Kandy de 1953 à 1990. À l’âge de la retraite, il continua d’enseigner la musique au Central College de Sigiriya, tout en dirigeant un orchestre aux côtés de ses trois fils, tous musiciens. Son fils ainé joue toujours de la musique orientale et occidentale dans les orchestres de la police, à Colombo et à Kandy. Maître Rodrigo est un virtuose de la mandoline, du violon et du sitar.

- Namal Rodrigo, né le 26 août 1967 à Kandy, est le deuxième fils du maître. Il joue de tous les instruments, particulièrement de l’harmonium serpina mais aussi de mandoline, tabla, banjo et violon. Il est, surtout, le chanteur principal de l’orchestre de son père.

- Chamila Maldeniya, née le 8 avril 1979 à Sigiriya, est une élève du maître-gourou Rodrigo depuis 1994. Deux ans plus tard, après avoir passé brillamment son Advanced Level Government exam, elle gagna la Médaille d’Or nationale dans le concours inter-universités en jouant avec son esraj (nom qui signifie « voleur de cœurs »), un instrument de 12 à 15 cordes du nord et de l’est de l’Inde, d’ailleurs appelé aussi Indian harp. Elle obtint, en 1997, à l’âge de 18 ans, la deuxième place de la compétition nationale de cet instrument de la famille du sarangi où participaient des professeurs de musique éminents, l’âge limite étant fixé à 37 ans. Chamila est également une excellente chanteuse.

- Mangala Ratnayake, né le 18 octobre 1979 à Sigiriya, joue du tambour classique cinghalais uddeki, et il chante.

- Palitha Pathmasiri, né le 24 octobre 1981 à Sigiriya, joue de l’harmonium serpina, du tambourin pantheruwa, des petites cymbales thala-pota, et il chante.

- Sumudu Chaturanga, né le 25 septembre 1981 à Sigiriya, joue de l’harmonium serpina, et il chante.

Traducteur : Nilantha B. Herath, environnementaliste du Sigiriya Village.

Ce CD, qui comporte 13 morceaux, dure 51 minutes et 30 secondes.
1. Gajama Wannama. 2’50
Gaja est le nom de l’éléphant. Cette musique, qui rend hommage à la fière démarche de l’éléphant et à ses pas majestueux, est interprétée à chaque Festival de Kandy du mois d’août. Les éléphants du défilé, aux riches parures colorées et scintillantes, avancent au rythme de cette musique.

2. Jana Gee. 3’34
Jana signifie peuple et gee est une chanson. Il s’agit d’un chant de travail (worksong) du folklore de Ceylan. Pendant le dur labeur, on souhaite se libérer de la fatigue.

3. Senkadagala Pura. 3’56
Senkadagala est le nom ancien de la ville (pura) de Kandy. Il s’agit de l’histoire contée des héros et héroïnes qui peuplaient la ville, dans un lointain passé.

4. Ratna Deepa. 4’17
C’est une autre appellation de Sri Lanka : l’île (deepa) des pierres précieuses (ratna).

5. Lanka Lanka Wadanaya. 3’19
Ce morceau musical (wadanaya) instrumental est un hymne chaleureux et enthousiaste au pays. La version vocale se trouve en # 11.

6. Brindabanee Sarangi. 6’13

Un beau et joyeux raga du matin. Le dieu Krishna, selon l’épopée Mahâbhârata, a passé sa petite enfance à Brindavana, une forêt de l’actuel Uttar Pradesh en Inde.

7. Jaya Sri Ma Bodhi. 4’14
Le Bodhi Tree, ou Bo en tamoul et cinghalais, est l’arbre sacrée (Ficus religiosa) du bouddhisme. Siddharta Gautama, reconnu plus tard comme le Bouddha Gautama, a atteint l’illumination sous les feuilles des branches de ce  figuier, à Both Gaya en Inde. Au moins un Bodhi Tree est planté à proximité de chaque monastère bouddhiste. La tradition religieuse veut que certains de ces arbres proviennent d’une racine de l’original, comme à Anuradhapura au Sri Lanka.

8. Senkadagala Sri Dalada. 4’07
Dans la ville de Kandy, anciennement Senkadagala, se trouve le vénéré Sri Dalada Maligawa, le Temple de la relique de la dent de Bouddha.

9. Edithara Helayan. 3’32

Edithara signifie brave et Helayan, le peuple srilankais.

10. Muhudu Pathula Yata. 3’46
Muhudu signifie mer, pathula, profondeur, et yata, en-dessous. Cette chanson au texte dramatisant est, généralement, interprétée par une mère pour sa fille afin qu’elle comprenne la vie dangereuse de son pêcheur de père.

11. Lanka Lanka. 3’35
Il s’agit du même morceau que le #5, mais maintenant dans sa version chantée.

12. Dakuna Negenahira Gayana. 3’15

Dakuna signifie le sud, negenahira, l’est, et gayana, marche. Les quatre points cardinaux de l’île sont évoqués pour espérer que toutes les régions du pays soient placées sous un seul drapeau.

13. Olu Pipila. 4’21
Le titre signifie : les nénuphars (olu) fleuris (pipila). Cette chanson d’amour glorifie la nature. Le nénuphar naît dans la vase avant que ses fleurs n’éclosent d’une façon magnifique.

Production, enregistrement, réalisation, textes : François Jouffa.
Matériel technique : magnétophone Nagra IV Stéréo, deux micros Sennheiser MKH 416T, bandes magnétiques BASF.
Reportage photos (Nikon FE 2, argentique) : Sylvie Jouffa.
Editing et mastering : Laurent Yonker (Studio Trigone, Paris).




SIGIRIYA’S LOVE SONGS, SRI LANKA
Produced by François JOUFFA

Publisher’s note
These recordings were made in 2002 as demanded by the Sri Lankan government in order to add to the country’s national archives as well as the phonotheques of the chief universities which had no trace of the wealth left by their greatest masters. At the turn of the present century, the Sri Lankan ambassador in France was Professor Senake Bandaranayake, an archaeologist specializing in the fort on the enormous Sigiriya Lion Rock fortress. Thanks to his friend, Singhalese film director Nimal de Silva, he discovered Sylvie Jouffa’s photographic work in Asia and which covered over thirty years and of the many ethno musical discs, recorded on the spot by François Jouffa, stretching from Nepal to Korea, including other countries such as Burma and Vietnam. In particular, the professor listened to Jouffa’s recordings when, in Sri Lanka (Ceylon), he directed his movie “La Bonzesse” in 1973. Several LPs, and then CDs, taken from the soundtrack immortalized ‘the magic drums’ played by the island’s healers at that time. As their art was disappearing, the professor and ambassador believed it necessary to rapidly capture the styles and talent of these last great masters.

The music lover Ajita de Costa, President of the Heritage Foundation for the Environment and Arts, agreed to organize recording sessions in the musicians’ own villages. In Paris, Ms. Dileeni R. de Alwis Perera (DPDJ International) and in Colombo, Ms. Manisha Gunasekera from the Ministry of Foreign Affairs realized the project. We would like to thank all those who collaborated.

In order to respect these ancestral musics, François Jouffa preferred working with his good old Nagra IV S analog tape recorder. In today’s world of perfect but cold digital sound, these traditional pieces have retained their warmth, color and original resonance, which will appeal to connoisseurs.
Patrick FRÉMEAUX
© 2014 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS


The recording was held on Wednesday 6 March 2002, in the heart of the jungle of Sigiriya which shelters creatures including monkeys and wild elephants, after 10 am (for the ‘morning ragas’).  This jungle is surrounding the Lion Rock (“Sigiriya”) on top of which a palace was built in the fifth century AD. It is decorated by breathtaking frescoes (photo cover) representing the Apsaras sacred courtesans.

Name of orchestra: Satsara Samadhi, meaning ‘Meditation on 7 notes’ (Satsara: 7 notes, Samadhi: meditation).

- Master Harold Madapatha Rodrigo was born on 10 October 1930 in Badulla, Sri Lanka, or Ceylon as it was then called. After studying oriental music, he became a music teacher at the Ampitiya School in the holy town of Kandy where he taught from 1953 to 1990. Once retired, he continued giving lessons in Sigiriya’s Central College where the pupils treated him as a guru. He sometimes played with his three sons, all musicians and the eldest is a member of the police bands in Colombo and Kandy. Master Rodrigo plays the sitar, violin and mandolin.

- Namal Rodrigo, the master’s second son, was born on 26 August 1967 in Kandy. He plays all instruments, but mainly the serpina (harmonium), violin, mandolin, banjo and tabla (a percussion instrument). He is also the lead singer of his father’s band.

- Chamila Maldeniya was born on 8 April 1979 in Sigiriya. She began her training with Master Rodrigo in 1994. Two years later, she was awarded the Gold Medal in the Sri Lankan university contest playing the esraj, a kind of sarangi, an instrument from the Northeast India. In 1997, she came second in a national contest for those under the age of 37, despite the fact that music teachers also participated. She is also a worthy singer.

- Mangala Ratnayake was born on 18 October 1979 in Sigiriya. He plays the udekki tabla, a small drum from Sri Lanka, and also sings.

- Palitha Pathmasiri was born on 24 October 1981 in Sigiriya. He sings and plays the serpina (harmonium), pantheruwa (Sri Lankan tambourine) and thala-pota (small cymbals).

- Sumudu Chaturanga was born on 25 September 1981 in Sigiriya. He also sings and plays the serpina (harmonium).

Interpreter: Nilantha B. Herath, environnementalist of the Sigiriya village.


This CD consists of 13 pieces, lasting 51 minutes and 30 seconds.
1. Gajama Wannama. 2’50
Gaja is the name of the elephant. This music, that gives homage to the proud strut of the elephant and his majestic stride, is performed at each Festival of Kandy during the month of August. The elephants in the procession, wearing luxurious ornaments, both colored and sparkling, move forward to the rhythm of this music.

2. Jana Gee. 3’34

Jana represents the people and gee is a song.  It is actually a work song from Ceylonese folklore.  While working hard, we long for release from fatigue.

3. Senkadagala Pura. 3’56
Senkadagala is the historic name of the city (pura) of Kandy.  It recalls the fairy tale history of heroes and heroines who roamed the city in an age long gone.

4. Ratna Deepa. 4’17
This is another name for Sri Lanka: the island (deepa) of precious stones (ratna).

5. Lanka Lanka Wadanaya. 3’19
This instrumental (wadanaya) selection is a heartfelt and enthusiastic hymn to the motherland. Listen to the track #11 for the vocal version.

6. Brindabanee Sarangi. 6’13
A beautiful and joyful morning raga.  According to The Mahâbhârata, the Sanskrit epic, the God Krishna spent his youth in Brindavana, a forest in the real Uttar Pradesh of India.

7. Jaya Sri Ma Bodhi. 4’14
The Bodhi Tree, also known as Bo in Tamil and in Sinhalese, is the Sacred Fig tree (Ficus religiosa) of Buddhism. Siddhartha Gautama, known later on as Gautama Buddha, achieved enlightenment under the heart shaped leaves of this tree, at Bodh Gaya in India. At least one Bodhi Tree is planted near each Buddhist monastery. 

8. Senkadagala Sri Dalada. 4’07
In the city of Kandy, the ancient city of Senkadagala, can be found the venerable Sri Dalada Maligawa, The Temple of the Tooth Relic of Buddha.

9. Edithara Helayan. 3’32
Edithara recalls the brave and helayan means the Sri Lankans.

10. Muhudu Pathula Yata. 3’46
Muhudu is the sea, pathula, its depth, and yata, under the sea, its danger. This song, with theatrical lyrics, is generally performed by a mother for her daughter, in order to acquaint her with the dangerous life of the fishermen, such as the little girl’s father.

11. Lanka Lanka. 3’35

Vocal version of the hymn. For the instrumental version of this song, you may listen again to the track #5.

12. Dakuna Negenahira Gayana. 3’15
Dakuna signifies the south, negenahira, the east, and gayana, movement. Reference to the four cardinal directions of the island elicits the hope that, one day soon, the entire country will be united under a single flag.

13. Olu Pipila. 4’21

This love song celebrates nature. The lotus (olu) germinates in the mud before the magnificent flowers bloom (pipila).

Production and recordings (March 2002) in Sigiriya, Sri Lanka: François Jouffa.
Recorded on BASF tapes with a Nagra IV-Stereo and two Sennheiser MKH 416T microphones.
Editing and mastering in Paris, France: Laurent Yonker (Studio Trigone).
Photos: Sylvie Jouffa (Nikon FE2).
Liner notes: François Jouffa (with a little help from Dileeni R. de Alwis Perera).
English translation: Susie Jouffa (and thanks to Gil Snyder, University of Wisconsin-Milwaukee, USA).


Effectués à la demande du gouvernement sri-lankais par François Jouffa en 2002, ces enregistrements in situ recueillis dans les villages environnants le Rocher du Lion dans la jungle de Sigiriya, sont le magnifique témoignage de la tradition séculaire de la musique cinghalaise. Perpétuée depuis des siècles grâce à la trans­mission orale, cette dernière est ici jouée par le maître-gourou Harold Madapatha Rodrigo et ses disciples. Un document rare offrant à l’auditeur occidental un patrimoine accessible d’une grande finesse harmonique.   
Patrick Frémeaux


Produced at the request of the Sri Lankan government by François Jouffa in 2002, these recordings collected in the jungle surrounding Sigiriya’s Lion Rock constitute a magnificent testimony of the Sinhalese traditional secular music. Immortalized for centuries thanks to the oral transmission, this music is played by guru master Harold Madapatha Rodrigo and his followers. It is a rare document offering the Occidental audience an access to a sensitive and harmonious heritage.   
Patrick Frémeaux


CD Ceylan - Chants d'amour à Sigiriya, Sri Lanka © Frémeaux & Associés 2014.





ExtractTrackAuthorDuration
01 Gajama Wannama - Satsara Samadhi02'52
02 Jana Gee - Satsara Samadhi03'36
03 Senkadagala Pura - Satsara Samadhi03'58
04 Ratna Deepa - Satsara Samadhi04'19
05 Lanka Lanka Wadayana - Satsara Samadhi03'21
06 Brindabanee Sarangi - Satsara Samadhi06'15
07 Jara Sri Ma Bodhi - Satsara Samadhi04'16
08 Senkadagala Sri Dalada - Satsara Samadhi04'09
09 Edithara Helayan - Satsara Samadhi03'34
10 Muhudu Pathula Yata - Satsara Samadhi03'48
11 Lanka Lanka - Satsara Samadhi03'35
12 Dakuna Negenahira Gayana - Satsara Samadhi03'14
13 Olu Pipila - Satsara Samadhi04'21
« Les délicats motifs mélodiques de cette musique » par Mondomix

Hommages aux pas de l’éléphant, célébration du figuier sous lequel Bouddha atteignit l’illumination, récit des dangers de la vie sur les mers… Ces chansons séculaires, transmises de la bouche à l’oreille sur l’île de Ceylan (Sri Lanka depuis 1972), ont été captées sur bande magnétique par le journaliste et ethnomusicologue François Jouffa en 2002, à la demande du gouvernement du pays, qui craignait de les voir disparaître. Jouffa a veillé à respecter le contexte de la musique : l’enregistrement a eu lieu in situ, dans les villages avoisinant un antique palais royal creusé dans un gigantesque rocher, le tout entouré d’une jungle où s’ébrouent singe et éléphant. L’heure ne doit également rien au hasard : 10 heures, un créneau « bénéfique pour les ragas du matin », écrit-il dans les notes de pochette. Ce sont les courses parallèles d’un violon, d’un sitar et d’une mandoline, ponctuées de tambour et de cloches, qui ouvrent le bal et révèlent les délicats motifs mélodiques de cette musique où l’influence de l’Inde se fait sentir, jusque dans l’instrumentation, avec la présence de l’esraj (12 ou 15 cordes). Mélodies vocales et instrumentales convolent souvent de concert, l’une épousant scrupuleusement les contours de l’autre dans ses élévations, ses descentes, ses cheminements aux nombreux méandres qui mènent à une émotion pudique. C’est le maître-gourou alors septuagénaire Harold Madapatha Rodrigo, expert es mandoline, violon et sitar, qui dirige l’orchestre Statsara Samadhi (« la méditation des sept notes »), épaulé par son fils Namal au chant et à l’harmonium serpina, la jeune Chamila Maldeniya aux harmonies vocales et à l’esraj, ainsi que par trois percussionnistes. La plus belle pièce de cette précieuse collection est certainement Brindabanee Sarangi, un raga du matin dont les thèmes gonflent, se brisent et se succèdent comme les rouleaux sur la mer, de plus en plus rapidement et sans jamais se départir d’une sérénité lancinante. Bernard BOUARD - MONDOMIX