CHARLES TRENET - COMPLETE Vol 12 1956-1959

LE PIANO DE LA PLAGE

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Artist CHARLES TRENET
Artistical Director : DANIEL NEVERS
Booklet : 32 PAGES ENGLISH NOTES
Format : CD Musical
Number of CDs : 2


29,99 € tax incl.

FA092

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Charles Trenet, I saw you for the first time at the Olympia on May 1st, 1955. It was the first matinee at 2.30 pm. I was 17, I was with my grandmother, and since then I’ve never seen or heard a singer so tender, funnier, lighter, more swinging, more moving, more intelligent… On the stage, you were a sun.

CABU (1938-2015)

Trenet Vol.12 FA092


INTÉGRALE CHARLES TRENET 12
“LE PIANO DE LA PLAGE”


THE COMPLETE CHARLES TRENET

DIRECTION DANIEL NEVERS

1956-1959





«?Charles Trenet, je t’ai vu pour la première fois à l’Olympia le 1er mai 1955 en première matinée, à 14?h?30. J’avais 17 ans, j’étais avec ma grand-mère et depuis, je n’ai jamais vu et entendu un chanteur plus tendre / plus drôle / plus léger / plus swingant / plus émouvant / plus intelligent… Sur la scène, tu étais un soleil.?»    CABU (1938-2015)


“Charles Trenet, I saw you for the first time at the Olympia on May 1st, 1955. It was the first matinee at 2.30 pm. I was 17, I was with my grandmother, and since then I’ve never seen or heard a singer so tender, funnier, lighter, more swinging, more moving, more intelligent… On the stage, you were a sun.”     CABU (1938-2015)

CD 1
ELSA POPPIN’ & sa Musique Sidérante (Orch. André POPP) (1957)
?1. LA JAVA DU DIABLE    2’45
COLETTE RENARD – Orch. Raymond LEGRAND (1957)
?2. MÉNILMONTANT     2’43
MICHEL DE VILERS & JEAN-PIERRE SASSON QUINTET (27/11/1956)
?3. MÉNILMONTANT     2’25
CHARLES TRENET & Orchestre – Récital à l’Olympia du19/11/1956
?4. Présentation & EN ATTENDANT MA BELLE     4’11
?5. LA PETITE MUSIQUE    3’25
?6. LORELEI     2’14
?7. L’ÂNE ET LE GENDARME    2’49
?8. LES COUPEURS DE BOIS    3’26
?9. OÙ SONT-ILS DONC ?     3’13
10. LE NOËL DES ENFANTS NOIRS     3’03
11. LA JAVA DU DIABLE    3’46
12. LE SERPENT PYTHON     3’37
13. COIN DE RUE    3’48
14. À LA PORTE DU GARAGE     2’54
15. MOI, J’AIME LE MUSIC-HALL    3’53
16. REVOIR PARIS (Retour à Paris)    3’13
17. MAM’ZELLE CLIO     3’36
18. J’AI MORDU DANS LE FRUIT     2’01
19. BOUM !    1’37
GEORGES ARVANITAS TRIO (09/1958)
20. BOUM !    2’16
CATHERINE SAUVAGE – Orch. Dir. Michel LEGRAND (1955)
21. OÙ SONT-ILS DONC ?    3’19
GEORGES ARVANITAS TRIO (09/1958)
22. OÙ SONT-ILS DONC ?    2’36
ANDRÉ REWELIOTTY & Son Orchestre (5/03/1958)
23. LES ENFANTS S’ENNUIENT LE DIMANCHE     4’30


CD 2
ELSA POPPIN’ & sa Musique Sidérante (Orch. André POPP) (1957)
?1. LA POLKA DU ROI     2’30
MOULOUDJI – Orch. dir. Frank AUSMAN (05/1958)
?2. LE PIANO DE LA PLAGE     2’56
CHARLES TRENET – Orch. dir. Guy LUYPAERTS (9 & 10/06/1958)
?3. LE PIANO DE LA PLAGE     2’45
?4. TU N’AS PLUS DE CŒUR    2’19
?5. EN TOURNÉE    3’04
?6. PAUVRE GEORGES ANDRÉ    2’08
?7. MON VIEIL ATLANTIQUE     3’05
MOULOUDJI – Orch. dir. Michel LEGRAND (1956)
?8. J’AI PERDU MA VESTE     1’48
ANNIE FRATELLINI & les Jazzmen (1957)
?9. J’AI TA MAIN    3’29
CHARLES TRENET à la télévision/TV show (1958-59)
10. LE VIEUX CHÂTEAU     4’15
CHARLES TRENET – Orch. dir. Guy LUYPAERTS (5/05/1959)
11. NUIT D’HIVER    3’10
12. GIOVANNI    3’48
13. LES RELATIONS MONDAINES     2’02
Bernard ZAC & Claude GOUSSET – «?Musique… en Coulisses?» (1957)
14. VOUS, QUI PASSEZ SANS ME VOIR    2’20
CHARLES TRENET – Orch. dir. Guy LUYPAERTS (27/05/1959)
15. BONSOIR, JOLIE MADAME     3’29
16. EN QUITTANT UNE VILLE    2’16
17. LE SOLEIL A RENDEZ-VOUS AVEC LA LUNE    2’26
18. LA ROUTE ENCHANTÉE     3’08
CHARLES TRENET – Orch. dir. Jean LECCIA (9/07/1959)
19. LES TROIS ROSES    2’43
20. LA VIE EST UNE AVENTURE    2’45
21. QUELQUE PART… DEUX AMANTS    3’14
22. CLOCHES, SONNEZ !     3’02
«?LES DJINNS?» - Chorale féminine – Orch. dir. Paul BONNEAU (11/1959)
23. LE JARDIN EXTRAORDINAIRE    2’48




INTÉGRALE CHARLES TRENET - 12
«?LE PIANO DE LA PLAGE?» (1956-1959)


À CABU (1938-2015),
dessinateur-caricaturiste de génie.
Superbe cinglé devant l’éternel
de Charles Trenet et Cab Calloway.
Poète assassiné

Indécision : «?récital?» ou «?one-man show?» ? Mais n’est-ce pas la même chose ? N’avons-nous pas déjà, au fil des volumes précédents, intitulé les apparitions de Charles Trenet en public depuis la fin de la guerre «?récital?» et «?one-man show?», selon qu’on se trouvait dans la partie française ou dans la section anglaise du texte ? Dans les deux cas évidemment, la solitude de l’artiste de fond est de rigueur : on se trouve bel et bien en présence d’un individu unique, mâle ou femelle, venu là pour produire un spectacle chanté ou parlé, de préférence original, face à un public venu, lui, l’applaudir ou le siffler. Rien à voir avec les grosses revues emplumées à la sauce Folies Bergère, Earl Carroll’s Vanities ou Ziegfeld Follies. Pas question non plus de music- hall classique en deux parties, avec star à la fin, vedette américaine au milieu et débutants au début, quand les retardataires dérangent les déjà assis et font claquer les fauteuils en s’installant. Charles Trénet détesta jouer les débutants aux jours anciens du duo Charles et Johnny et le fit savoir haut et fort. Les directeurs de salles ne lui en voulurent pas trop… Un récital, ça donne l’idée de plus d’intimité, de musique feutrée fleurant bon son classicisme, en un lieu point trop grand, point trop lumineux, tel que pouvaient l’être en ce temps-là certains cabarets de la Rive gauche ou le gentil «?Théâtre de l’Étoile?» aux dimensions si humaines, que se plaît à regretter Simone Signoret se remémorant le Montand des grands soirs (encore un habitué de l’endroit et du récital). Alors que le one-man show, c’est davantage un grand machin avec tout plein de lumière et de bruit (voire de fureur), dans une grande salle, un palais des congres, un stade… Plus américain en somme. Ce qui ne veut pas forcément dire «?mauvais?» bien entendu ! Mais c’est là un autre genre de chaleur. Et en passant, plusieurs années durant, du «?Théâtre de l’Etoile?» à l’«?Olympia?», Charles Trenet semble un peu passer du «?récital?» au «?one-man show?». Un peu seulement…
Ce désir de se produire ainsi en solitaire n’est sans doute pas si ancien, qui ne remonte dans sa généralisation qu’à la seconde moitié du XXème siècle. Avant, le music-hall fonctionnait un peu partout suivant le schéma indiqué ci-dessus. Et encore mêlait-on les numéros purement visuels (jongleurs, équilibristes) et ceux dévolus à la chanson. Ainsi pour son ouverture au printemps de 1893, l’«?Olympia?», lancé par Joseph Oller, présenta-t-il le transformiste Fregoli, la célèbre danseuse américaine Loïe Fuller et La Goulue, égérie du «?Moulin Rouge?» immortalisée par les toiles de Toulouse-Lautrec. Il existait bien dans les rues de Montparnasse quelques lieux plus intimes où l’on pouvait entendre les diseuses (Yvette Guilbert, Yvonne George, la terrible Marianne Oswald…) détailler de leurs voix apprêtées ou impitoyables des choses plus subtiles ou plus dures (voir l’album «?Saint-Germain-des-Prés – les Riches heures de la Rive gauche, 1926-1954?» - Frémeaux FA 5167). Pour le reste, on respectait le système de la programmation multiple. Mistinguett, grande vedette, ne connut pourtant point de one-woman show – il est vrai qu’elle était d’abord danseuse et meneuse de revues, tout comme sa rivale Joséphine (qui s’essaya toutefois au tour de chant en 1927 dans le cabaret qu’elle dirigea alors brièvement). Même Maurice Chevalier joua le jeu en 1930 au «?Lincoln Theater?» de New York, offrant toute la première partie à Duke Ellington puis se faisant accompagner par l’orchestre harlémite de celui-ci lors de la seconde. Dans ses mémoires, il affirme que cette expérience (hélas non enregistrée !) lui donna l’envie de se produire seul avec un semblable accompagnement pendant la durée totale du spectacle. Ce qu’il ne fit que bien plus tard… sans Ellington ! Son cadet Jean Sablon en rêvait lui aussi, mais ses prestations de 1934 au nouveau «?Bœuf sur le Toit?» appartiennent davantage au genre cabaret chic qu’au travail en solo sur la grande scène. De même, son spectacle au «?Monseigneur?» de Londres relève encore de la revue avec partenaires et intermèdes visuels. Il y aurait bien Jean Tranchant qui, le 13 juin 1935, donna un récital en solo à «?Pleyel?» avec – tout de même – le concours du Quintette du Hot Club de France. Mais tout cela se borna à une seule et unique soirée et, faute de préparation dit-on, se révéla passablement catastrophique !…
Quant à Charles Trenet, il commença par obéir, non pas au Bey, mais aux codes alors en vigueur. D’abord avec son complice Johnny Hess, puis au début de sa carrière solo. La mémorable soirée du 25 mars 1938 est entrée dans la légende, quand ce Fou chantant quasi inconnu cassa la baraque – à savoir le théâtre de l’«?ABC?» – en première partie, face au public en délire, en tempête, réclamant à cor et à cri «?le fou !… le fou !…?», bloquant le début de la seconde partie, celle de la vedette, la malheureuse Lys Gauty. Il parait qu’au bout de deux ou trois soirs, celle-ci demanda à passer avant Charles, tant il lui semblait de plus en plus impossible de chanter après !… Malgré tout, les codes n’en furent pas moins respectés. Quelques admirateurs/trices perpignanais affirment que Trenet fit un triomphal récital en solo de plusieurs heures dans un théâtre de la ville dès 1936 ou 37. Exact, renchérissent d’autres, mais c’était sous l’Occupation, en 1942 ou 43. La seconde date parait plus probable, puisque le vrai premier récital de ce genre (mal) répertorié fut donné à «?l’Étoile?» peu après la Libération, en 1945. On en a déjà parlé (voir livret du volume 7 – FA 087), déplorant que rien ne semble en avoir été capté, ni du côté de la radio convalescente, ni – encore moins – du coté du phonographe… C’est hélas toujours vrai. Deux ans plus tard, le 27 novembre 1947, les choses sont nettement plus claires : la radio nationale transmit en direct l’intégralité de ce concert exceptionnel et, par chance, en conserva un enregistrement simultané sur laques. Parallèlement, des amateurs fortunés disposant de lourds appareils de gravure parvinrent de leur côté à capter les mêmes modulations. C’est en partant d’une de ces séries d’acétates, détenue par Henri Chenut, que nous avons pu reproduire la totalité de l’évènement sur le volume 7 sus mentionné. Malheureusement, les diffusions se faisaient encore alors en modulation d’am-plitude, ce qui explique la qualité des plus moyenne de ces documents. Depuis, un autre CD, réalisé par l’INA à partir de ses simultanés, a été commercialisé. Le son est meilleur, mais le récital incomplet…
La plus connue de toutes ces prestations de Trénet en public demeure néanmoins le récital du «?Théâtre de l’Etoile?» dit de 1952, également diffusé à la radio et édité (partiellement) en disques, sous l’étiquette Columbia sur deux 33 tours microsillons, mono, de 25 centimètres. Ceux-là se vendirent comme des petits pains et figuraient encore au catalogue une dizaine d’années plus tard, alors que d’autres enregistrements de concert plus récents y avaient pris place. Contrairement aux manifestations précédentes, celle-ci dura plusieurs mois et Charles avait choisi de n’y être accompagné que par le piano fidèle d’Albert Lasry. On trouvera la totalité de cet évènement sur le volume 8 de l’Intégrale (FA 088). Puis c’en fut fait de «?l’Étoile?». Certes, Charles y reviendra comme l’on revient à ses premières amours, après une longue période d’infidélité. Car c’est l’«?Olympia?» qu’il choisit à partir de 1954. De toute façon, un ou deux ans plus tôt, il n’aurait guère pu : ce vénérable établissement, ouvert soixante et un ans auparavant boulevard des Capucines, avait vu défiler sous la houlette du producteur Jacques Haïk (celui-là même qui avait baptisé, à la française, «?Charlot?» un certain Charles Spencer Chaplin, l’idole de cet autre Charles nommé Trenet !) la fine fleur du music-hall de la grande époque, de Fragson et Mistinguett à Yvonne Printemps et Lucienne Boyer… Puis, comme le «?Moulin Rouge?», il avait dû se reconvertir en cinéma l’année où celui-ci s’était mis à parler (1929). Vingt ans après, rien n’allant plus malgré parfois le retour de spectacles vivants, la fermeture s’imposa, qu’on croyait définitive. Pourtant, fin 53, il fut décidé de reprendre du service sous la direction de Bruno Coquatrix. Le 5 février 1954 donc, le nouvel «?Olympia?» flambant neuf redevenu complètement music-hall, proposa une jolie affiche comprenant Lucienne Delyle et son époux Aimé Barelli, ainsi qu’un intéressant petit jeune du nom de Gilbert Bécaud. Lequel connut d’emblée un énorme succès et restera fidèle à cette salle pendant près de quarante ans… Ensuite, du 30 avril au 13 mai, débarqua Trénet et son nouveau récital.
Celui-là, du printemps 54, on ne l’a pas. Jugeant sans doute que le deux microsillons de 1952 suffisaient, la maison Pathé-Marconi se dispensa de l’enregistrer. Il est vrai que le programme ne faisait que chichement leur place aux récentes arias, qui reprenait surtout les «?tubes?» d’avant 1950-51. C’est du moins l’impression que l’on a en examinant cette autre soirée que donna le chanteur la veille même de sa première, sur la scène du cinéma «?Le Dôme?» de La Varenne Sainte-Hilaire, à l’intention de ses voisins, amis et connaissances. Une habitude vieille déjà de quelques années, consistant à roder en ce lieu proche de sa maison ses tours de chant avant que de les offrir au public parisien, national et international… Celui-ci fut bien enregistré, mais seulement par la radio, qui le diffusa sur les ondes de Paris Inter le 19 mai. Là encore, l’INA a édité voici une dizaine d’années dans sa collection Mémoire vive un CD tiré des bandes détenues en archives : quatorze titres, plus les présentations parlées auxquelles Charles tenait beaucoup. Il est possible que quelques chansons aient été exclues à l’époque afin de faciliter la transmission dans les délais impartis, mais, tel qu’il se présente, ce concert ne fait guère la part belle aux nouveautés. De toute évidence, il est le fidèle reflet de ce que durent être les manifestations à venir, au sommet de l’Olympe…
En avril 1955, nouvel «?Olympia?» sans tambour ni trompette ni surtout, hélas, sans enregistrement ! Cette année-là, ce n’était pas tout à fait un one-man show, puisqu’une première partie présentait un vieux complice du nom de Francis Blanche, ainsi que cette jeune chanteuse canadienne, filleule en chanson de l’auteur de Boum !, Guylaine Guy, dont nous avons réparti quelques interprétations dans nos volumes 10 et 11. À ce propos, on a découvert que les quatre chansons de Trenet interprétées par cette demoiselle reprises au volume 10 ont été enregistrées, non vers avril 1955, mais le 26 janvier, dans les studios Pathé-Marconi de la rue Magellan. Charles espérait bien qu’elles seraient éditées, à l’instar de ses propres disques, en 45 tours Columbia : les vrais numéro de matrices étaient d’ailleurs CL 9977/78/79 et 80. Il n’en fut rien et Pathé préféra refiler le bébé à RCA qui montait ses filiales européennes…
Enfin 1956 vint et, pour cette troisième incursion sur la scène olympienne, la lourde machine à disques s’éveilla de son sommeil dogmatique. Les deux microsillons de 52 poursuivirent leur vénérable carrière, mais désormais flanqués d’un nouveau 33 tours, de 30 centimètres cette fois, tout plein de choses plus récentes : La Petite Musique, En attendant ma Belle, Lorelei, L’Âne et le Gendarme, Les Coupeurs de Bois, La Java du Diable, Noël des Enfants noirs, Coin de Rue, À la Porte du Garage, Où sont-ils donc ?, Moi J’aime le Music-Hall, J’ai mordu dans le Fruit… Certes, nombre de ces nouveautés se trouvaient déjà sur le marché dans leurs «?versions studio?» (45 et 33 tours). Mais on considéra que des enregistrements en public, avec l’ambiance d’une salle conquise d’avance et les commentaires de Charles, ne faisaient pas double emploi. D’autant que, charmant comme à son habitude et néanmoins sarcastique, celui-ci ne se priva point de férocement lancer à la firme : «?vous êtes tellement mauvais – plus encore même que les minables de la radio ! – que vous êtes bien incapables de sortir un disque au bon moment, c’est-à-dire pendant la durée du récital, de la fin novembre à la fin décembre?». Piqué au vif, Jean-Paul Guiter, «?directeur artistique?» en titre de l’impatiente vedette et de quelques autres, releva le défi. Tous les moyens techniques mobiles adéquats furent donc à pied d’œuvre le 19 novembre, soir de la générale. On enregistra tout le spectacle, puis, à peine le rideau tombé, on procéda à un montage rapide, consistant surtout à ôter quelques blancs ça et là et à réduire légèrement des applaudissements particulièrement nourris. Les bandes passèrent ensuite à la gravure et les laques ainsi obtenues furent dans la nuit expédiées à la fabrique catovienne où on les plongea en galvano, afin d’en tirer le matériel de pressage. On imprima aussi les étiquettes. Vers neuf heures du matin, les premiers exemplaires sortirent tout chauds des presses, comme les petits pains chez le boulanger… En début d’après-midi, les principaux magasins, tant à Paris qu’en province, furent approvisionnés. Et le soir, pour la Première officielle, le 33 tours Columbia FSX 122 était disponible dans le hall de l’«?Olympia?»… Evidemment, comme on avait paré au plus pressé, la pochette, bricolée en vitesse la veille, s’en trouva réduite à sa plus simple expression : ni titres, ni noms d’accompagnateurs, surtout pas de date avec, au recto, une photo promotionnelle vieille de près de vingt ans. Seule indication : «?le tour de chant de Charles Trenet enregistré au cours du spectacle de l’Olympia Bruno Coquatrix – votre music-hall?» et, tout de même, cette précision au verso des plus spartiates : «?Ce disque fait partie du pressage original limité à 1?000 exemplaires du récital «?CHARLES TRENET?» à l’Olympia?»… Par la suite, le tirage dépassera largement le millier, mais la pochette, elle, ne changera point. Le disque dut être régulièrement repressé durant la durée du spectacle et bien au-delà. Et Charles Trénet dans tous cela ? Fut-il impressionné par un tel tour de force ? Probablement, mais il n’en laissa rien paraître, se contentant de murmurer : «?c’était bien le moins…?».
Plein comme un métro aux heures de pointe, ce disque délivre-t-il pour autant l’intégralité du récital ? En 1947 Trenet avait interprété vingt-six chansons et, en 51-52, il en offrait vingt-sept. Alors seulement seize ici ? Un peu court – même si sa prestation, mentionnée ci avant, d’avril 1954 au «?Dôme?» de La Varenne semblait n’en compter que quatorze… En 56, le critique de France-Soir, dans son compte rendu (enthousiaste), dénombre, lui, dix-sept chansons (rappels non compris).Toujours est-il que, ce coup-ci, à part quelques inoxydables classiques (Mam’zelle Clio, Le Serpent Python, Revoir Paris, l’immortel Boum !), Charles a joué à fond la carte de la nouveauté. Une sorte de gageure de sa part, un autre défi à relever. Une certaine presse – en particulier un hebdomadaire à lire retour de Vêpres – s’était en effet fait l’écho d’un règlement de compte entre lui et les «?anges noirs du spectacle?», sorte de «?retour offensif contre les tendances actuelles du music-hall français?», fourrant pêle-mêle dans le même sac empoisonné Bécaud, Brassens, Philippe Clay et autres voués aux gémonies ! La guerre, terrible, féroce, semblait inévitable. Et puis rien. Ou si peu : juste un petit mouvement d’humeur au tout début du récital à l’endroit de l’hebdo en question (dont le titre, soit dit en passant, est celui d’une trénéterie que Charles se garda bien de chanter ce soir-là !)… Voilà. D’ailleurs, avait-il vraiment dit ce qu’on lui avait fait dire de ses cadets ? Pas sûr et assez disproportionné de la part de quelqu’un réputé plein d’humour. Drôle certes, mais aussi doté d’un fichu caractère ! Alors, un jour qu’il s’était levé du mauvais pied sans doute ? Il sut en tous cas se faire pardonner si besoin en était, en claironnant bien haut Moi, j’aime le Music-hall…
En plein récital jusqu’au cou, Trenet trouva encore le temps, le 23 novembre 56, d’enregistrer quatre nouvelles pièces au studio Magellan. Ou plutôt trois, C’était… C’était… C’était…, La Maison du Poète, Gala poté, et un refait, Le Noël des Enfants noirs, première version refusée près d’un an auparavant (voir volume 11 – FA 091). Ce titre est du reste le seul inclus dans son spectacle, les trois autres ne lui semblant sans doute pas encore assez rôdés. Quitte à bousculer un poil la chronologie, on a préféré, plutôt que de couper en deux le concert de novembre, inclure ces arias dans le volume 11… Et, comme l’an 1957 est tout aussi pauvre en disques nouveaux – hormis évidemment le toujours disponible 33 tours du dit concert – on a choisi d’inclure également à la fin de ce même recueil les quatre seules petites chansons, pressées sur le 45 tours Columbia ESRF 1113, que les amateurs purent alors se mettre sous le saphir ! Une, au moins, devint un clair beau succès : Le Jardin extraordinaire…
Pas de récital parisien en 1957, mais, comme tous les ans, des tas de soirées en province. On raconte qu’en ces late‘fifties, Trénet en donne autour de deux cents par an et fait semblant de ne plus savoir combien il engrange annuellement – entre soixante et quatre-vingts millions (de francs d’alors), peut-être… En 57, Charles met la dernière main à une opérette, Un Ciel de Printemps, finalement jamais montée ; se lance dans un roman-fleuve qui ne verra le jour que bien plus tard ; cherche à adapter au cinéma sous forme de dessin animé son premier bouquin, Dodo Manières – il y renoncera… Retour à la chanson en 1958.
Année très chargée, 1958. Pleine de bouleversements… Moins dans le domaine du spectacle que dans ceux de la politique, de la technologie, de l’Histoire. On pénètre dans ce que l’on a longtemps pris pour une nouvelle ère, alors que ce n’était que les signes avant-coureurs de la fin d’un monde… Personnellement, je faisais ma première communion (dite «?solennelle?») et Trenet, dès janvier, faisait l’«?Alhambra?», l’autre music-hall chic parisien. Cette salle sera par la suite dédiée à Maurice Chevalier et Jean Constantin, toujours facétieux, s’amusera à mélanger les deux fameux établissements, célébrant ainsi l’«?Olymbra?» et l’«?Alhampia?»… Pas de disque cette année-là, «?Alhampia?» ou pas ! Enfin si, mais des choses réalisées dans la douillette chaleur du studio, loin du public. Et là, tout à coup, sournoisement, l’épineuse question du re-recording, que Charles pensait avoir résolue, refait surface… Rappelons qu’il s’agit d’enregistrer séparément d’abord l’accompagnement d’orchestre seul puis la voix, le chanteur n’ayant pour le soutenir qu’une bande magnétique. Pratique qui se généralise après 1954-55, que les anciens n’apprécient pas trop, mais qu’un Henri Salvador (version rigolo) récupère en revanche avec délectation. Grande vedette du disque, Trénet a su éviter semblable saucissonnage lors des séances de décembre 1955 (voir texte du volume 11) et, contrairement à la majorité de ses collègues, a continué pendant les deux années suivantes à enregistrer en présence de l’orchestre. Mais le 15 février 58, le monde s’effondre à nouveau : l’impitoyable re-recording fait un retour en force ! Alors, comme il fallait s’y attendre, l’Hom-me Libre (qui toujours chérira La Mer), après avoir sagement exécuté son pensum à base de bande magnétique, refuse tout bonnement les quatre titres ainsi mis en boîte, Tu n’as plus de Cœur, Pauvre Georges André, En tournée, Mon vieil Atlantique (matrices 7XCL 6095 à 6098)… Moralité, le 9 juin on remet le couvert (matrices 7XCL 6306 à 6309), mais cette fois en ayant, en même temps au studio, chanteur et orchestre exécutant rigoureusement les mêmes arrangements qu’en février !… La comparaison entre ces versions initiales (sorties des lustres plus tard) et celles de juin (45 tours Columbia ESRF 1186) ne présente aucune différence notable, ni dans la durée, ni dans le texte ou les inflexions de la voix… Alors, pourquoi tout ce tintouin ? Pour l’honneur sans doute. Et encore, certainement, pour affirmer haut et fort qu’une solide réputation d’emmerdeur systématique, façonnée avec amour jour après jour, année après année depuis si longtemps, n’était point le moins du monde surfaite ! Mission accomplie. Désormais, Charles Trenet se prêtera comme la plupart des autres au gentil supplice du méchant re-recording.
Des quatre chansons ainsi refaites se dégagent surtout Mon vieil Atlantique, nouvelle affaire maritime, et le Pauvre Georges André, gentiment farfelu. Mais c’est la cinquième aria, enregistrée en début de séance et qui n’a pu trouver place sur le 45 tours (on la casera plus tard, avec trois des titres de juillet 59, sur le ESRF 1260), qui remporta le plus durable succès. Sûrement parce que ce vieux Piano de la Plage, nous plonge une nouvelle fois au cœur de cette nostalgie si chère à un Trénet obsédé sans cesse par le souvenir, l’enfance, la jeunesse, l’implacable fuite des jours… Dans la droite ligne de l’Apollinaire du Pont Mirabeau, de Marie, de L’Adieu, du Voyageur, il paya souvent lui aussi son tribut au temps qui s’envole comme un facteur sans cœur, de L’Âme des Poètes à une Valse des Amours passées – mais Que reste-t-il de nos Amours ? – d’un Vieux Ciné à une Folle Complainte, quand bien même le swing, qui ne dort que d’une oreille, tente de rétablir un semblant d’ordre… Le Piano de la Plage qui joue faux du côté de ses Jeunes Années, entre La Nouvelle, Argelès, Canet-Plage, peut donner en somme une impression de mélancolie presque sereine avec ses sonorités de bastringue à deux sous, mais que l’on ne s’y trompe pas : l’âme du poète est, là encore, pour jamais inconsolable. Le public ne s’y trompa point, qui oublia vite la fille qui n’a plus de cœur et le tristounet Georges André, mais garda pour toujours le vieux piano dans un recoin de sa mémoire… Son si était si cassé, son mi si fané, son do si brûlé par le grand soleil du mois de juillet, qu’on a fini par le reléguer au magasin des accessoires désuets. En 1960, déjà, il n’était plus là et il n’est pas revenu. À la place, on a mis un parking…
Interprète fidèle des chansons de Prévert, Vian, Asso et Trenet, le doux Mouloudji ne pouvait manquer de mettre Le Piano de la Plage à son répertoire. Il l’y mit donc. On entendra sa version juste avant celle de l’auteur. Et, puisqu’on en est à ce chapitre et à celui des problèmes de re-recording, rappelons que l’enregistrement par Charles de J’ai perdu ma Veste était prévu fin décembre 1955. Mais celle-là, il l’a carrément laissée choir, abandonnant la bande «?orchestre seul?» à l’oubli (voir texte du volume 11). J’ai signalé que Mouloudji avait en revanche bien enregistré cette chanson-là. Alors, mieux vaut tard… On trouvera sa version – l’une des rares connues – sur le CD 2, en neuvième position. Oubli réparé…
Vers 58-59, la télévision française proposa une émission de variétés à laquelle participa Trénet. Mais au lieu de ses propres chansons, on lui demanda d’interpréter celles de Mireille et Jean Nohain qu’il appréciait tout particulièrement. Sa préférence, il l’a souvent dit, allait au Jardinier qui boite (et qui boit), dont l’inspiration était fort proche de la sienne. Toutefois, ce soir-là il fit plutôt choix du célèbre Vieux Château, jadis immortalisé par Pills et Tabet. Les échos de cette télé (presque) préhistorique sont évidemment fort rares, recueillis par Claude Séris avec les moyens du bord : magnéto d’amateur et micro collé au haut-parleur du poste – en noir et blanc – avec distorsion à la clef, comme il se doit… Inespéré. Un beau morceau de chance.
Et comme ça, cahin-caha, on s’achemine tranquille vers le printemps de l’an 59. «?Tranquille?», parce que le 27 mai, Charles a rendez-vous, non seulement avec la Lune (1939), mais aussi avec deux choses encore plus anciennes, En quittant une Ville et La Route enchantée (1938), ainsi qu’avec une troisième à peine plus récente, Bonsoir jolie Madame (1941). On trouvera les versions originales de ces succès du temps du 78 tours dans les premiers recueils de l’Intégrale. Alors, pourquoi ces quatre-là, quand des tas d’autres de cette prolifique époque mériteraient tout autant d’être refaits selon les techniques «?modernes?» d’enregistrement ? Peut-être parce que, bien que toujours inscrites au répertoire de notre chanteur, ces arias-là figurent moins souvent dans les derniers récitals que Boum !, Y a de la Joie, Mam’zelle Clio ou Je chante… Sans faire la fine bouche, on est en droit, malgré la nouvelle prise de son (pas encore stéréophonique tout de même, non – mais patience !), de préférer les originaux, ceux du temps où Charles Trenet était vraiment inouï, flambant neuf, étonnant, détonnant, diable en java, fou chantant, quoi… Et puis, la question serait surtout de savoir pourquoi. Pourquoi diantre refaire ainsi, vingt ans après, des choses si merveilleusement réussies du premier coup – et déjà disponibles en rééditions 45 et 33 tours ? Pour montrer qu’on était entré en classicisme et que le temps, justement, ne faisait plus rien à l’affaire ? Peut-être. Mais peut-être ne voulait-on pas aller si loin… En cette fin de décennie pas gaie et dans tout ce chambardement, grand inquiet sous l’apparente assurance, Trénet doutait, se croyait dépassé, vieilli, obsolète, malgré la fidélité d’un public comptant pourtant nombre de jeunes. Il est vrai que ses dernières chansons, qu’il trouvait plus banales que par le passé, ne le satisfaisaient pas toujours et que s’il remplissait encore les salles, en revanche la vente des disques n’était guère fameuse… Guiter lui suggéra alors de refaire quelques uns de ses «?tubes?», histoire de voir. Et l’on vit en effet : ce disque-ci se vendit plutôt mieux que ceux livrant les airs plus récents. Un encouragement, même si certains acheteurs crûrent qu’il s’agissait là d’une réédition des gravures originales, la pochette du ESRF 1260, avec son «?ces chansons ont toujours vingt ans?», laissant planer une certaine ambiguïté !
Démodé Trenet en 1959, vieux ? À quarante-six ans ? Drôle d’idée… Du reste, l’autre 45 tours (ESRF 1228), intitulé «?chansons d’aujourd’hui?», enregistré une vingtaine de jours plus tôt et commercialisé en même temps, se vendit largement autant que son pendant. Preuve que… Giovanni conte une belle histoire douce-amère, proche du drame, tandis que Les Relations mondaines enchantent par leur malice, leur ironie délicieuse. Ce Trénet-là restera, on le chante encore aujourd’hui. Dommage qu’on ne puisse le faire aussi avec Giovanni, grande chanson méconnue. Nuit d’Hiver ne la vaut pas, non plus que Cloches, sonnez, qu’il fallut refaire lors de la séance du 9 juillet.
Cette année 1959 fut aussi une affreuse hécatombe. Petit parcours funéraire (non exhaustif) : rien que dans le jazz, Billie Holiday, Sidney Bechet, Omer Simeon, Lester Young, Baby Dodds, Shadow Wilson?; chez les littéraires-fous-de-jazz, Boris Vian?; côté autres musiques, Mario Lanza, Ritchie Valens, Buddy Holy?; bêtes de scènes et de studios, Gérard Philipe et Jean Grémillon (tous deux le même funeste 25 novembre), Janet Gaynor, Errol Flynn, Cecil B. DeMille, Preston Sturges, William Wellman, Victor McLaglen?; le cirque perd le clown Grock et l’architecture l’indomptable Frank Lloyd Wright… On en oublie. À commencer par les politiciens… Fort heureusement, Charles Trenet n’est pas un politicien et ne se porte quand même pas trop mal. En 59 d’ailleurs, il enregistre bien plus que les années précédentes. Les deux séances de mai déjà, une troisième en juillet et encore plusieurs autres fin décembre (ces dernières à reprendre au volume 13)… Le 9 juillet donc, quatre nouveaux titres. Deux sont des refaits : Cloches, sonnez, et Les Trois Roses, dont une version antérieure (27 décembre 55) avait été impitoyablement rejetée (toujours cette bête histoire de re-recording !). Mais contrairement au gentil mais banal J’ai perdu ma veste, purement et simplement oublié, Charles eut à cœur, près de quatre ans plus tard, de remettre ses roses sur le métier, rendant ainsi justice à cette délicate mélodie qu’enrichissent de nostalgiques paroles où pointe un soupçon de tristesse… Quelque part deux Amants avait été offert à Guylaine Guy dès 1956 (voir vol. 11). La Vie est une Aventure est au fond la seule véritable nouveauté du 45 tours…

Quelques mots aussi bien sûr de ces œuvres de Charles Trénet, anciennes ou récentes, ici interprétées par d’autres. Les deux titres de Mouloudji ont déjà été signalés. À ses côtés – et du côté féminin – trois dames alors bien connues se plurent à piocher dans le vaste répertoire du Fou Chantant. Populaire, volontiers gouailleuse, Colette Renard, qui triomphe alors dans la chouette opérette d’Alexandre Bréfort, Pierre Chatelain et Marguerite Monnot Irma la Douce, raffle en rab le Grand Prix du Disque1957 de l’Académie Charles Cros pour ses ballades dans Paris en 33 tours. Haut lieu de la capitale, Ménilmontant ne pouvait décemment lui échapper !… Paris, Catherine Sauvage aussi le chante – et même un certain Paris-Canaille ! Canaille, Catherine, sait d’ailleurs l’être avec toute la distinction requise de celle qu’on est alors convenu d’appeler une «?chanteuse rive gauche?». Certes, sans doute est-elle plus familière de Weill et Brecht, Mac Orlan ou surtout Léo Ferré (voir l’album Frémeaux FA-5360, consacré à cette Grande Dame de la chanson), mais Trenet aussi, à l’occasion, peut faire son bonheur, comme dans Où sont-ils donc ?, chanson férocement obsédante rendue ici avec un sens consommé des nuances… La troisième Reine, Annie Fratellini, ne dédaigne pas quant à elle de swinguer, au point, non seulement d’avoir épousé le trompettiste de jazz Philippe Brun, mais encore de se faire accompagner par ses complices Roger Guérin, Raymond Fol, Sacha Distel, Pierre Michelot, Kenny Clarke, dans sa version de J’ai ta main, cet air taillé sur mesures pour le swing…
Les interprétations plus instrumentales font la part belle au jazz, justement – inévitable avec Trénet ! Un jazz entre modernisme et classicisme avec le trio du jeune et swinguant pianiste Georges Arvanitas (Boum !, Où sont-ils donc ?), ou avec Michel de Villers, un des meilleurs spécialistes du sax baryton, et son co-équipier le guitariste Jean-Pierre Sasson (Ménilmontant). Un jazz-hommage-à-un-célèbre-duo-de-trombonistes, par Claude Gousset et Bernard Zacharias (Vous qui passez sans me voir). Sans oublier un jazz franchement traditionnel sur Les Enfants s’ennuient le dimanche de la bande à André Réwéliotty (accompagnatrice régulière de Bechet), évoquant tout à la fois l’enterrement à La Nouvelle Orléans, My Daddy Rocks Me et… la musique klezmer…
Et puis, last but not least, il faut faire un sort à part à ces vingt-cinq demoiselles qui, entre 1959 et 1966, constituèrent cette adorable, cette merveilleuse chorale appelée – réminiscence hugolienne oblige – «?Les Djinns?». Âgées de dix-huit à vingt-deux ans, toutes, d’Annick à Jocelyne, comptent parmi les meilleurs éléments de la Maîtrise de la RTF. et font preuve dans le choix de leur répertoire d’un bel éclectisme. Gilbert Bécaud étant leur parrain artistique, il va de soi qu’il fut particulièrement gâté. Mais Charles Trenet est lui aussi plutôt bien loti. Leur version du Jardin extraordinaire figure en bonne place parmi leurs premiers enregistrements (fin 59), mais il y en a d’autres (La Mer, L’Âme des Poètes…), que nous reprendrons sûrement ultérieurement, en donnant au passage de plus amples informations sur ce groupe absolument unique…
Les Djinns ont également chanté des musiques d’André Popp (dont Le Chant de Malory, en 1964), génial bidouilleur de sons qui n’attendit point l’avènement du numérique pour se lancer dans d’ébouriffants et hilarants exercices de haute voltige musicale à l’aide de chambres à écho, de magnétophones tournant à des vitesses interdites, d’instrument bricolés. Ainsi, pour La Polka du Roi (CD 2, plage 1), il fit enregistrer un vibraphone puis deux bassons à demi vitesse, une flûte puis un basson avec écho à vitesse normale, la voix réverbérée de son épouse Marie-Jeanne et celle de Fredo Minablo, alias Boris Vian, producteur de la séance pour Philips en 1957. Le tout mixé dans une ambiance extra-terrestre… La Java du Diable (CD 1, plage 1) connut un sort assez semblable quoique presque plus sage, avec piano et guitares en trémolo à demi vitesse. D’autres «?tubes?» pondus par d’autres compositeurs (Perles de Cristal, La Paloma, Jalousie, Beer Barrel Polka, Adios Muchachos, La Java martienne, Tango militaire, Les Lavandières du Portugal…) eurent droit au même traitement de choc ! Le disque, ainsi réalisé grâce au savoir-faire sans faille de l’ingénieur du son Pierre Fatosme, sorti en son temps sous la raison sociale «?Elsa Popping et sa Musique sidérante?», ne fit pourtant guère de ventes mirobolantes et poireauta des années avant qu’on lui rendît enfin justice. Quand on pense qu’un jour déjà ancien, une dame dit à André Popp : «?Ah ! Ce que vous devez en toucher, des droits d’auteurs, avec tout ce tas de trucs qui sort sous votre nom !?». Il en fut tout ébaubi puis soupçonna qu’elle faisait évidemment allusion à la «?pop(p) musique?». Il n’aurait pas détesté, lui…

Daniel NEVERS




© 2016 Frémeaux & Associés
Remerciements :
Bernard Bassié, Philippe Baudoin, Cabu, Henri Chenut, Alain Délot, Yvonne Derudder, Iwan Frésart, Claude Guillot, Marcelle Hervé, Jean-François Pitet, Gérard Roig, Gérard Roussel, Claude Séris.
Remerciements de l’éditeur à Laurent Bodin, pour les Éditions Raoul Breton.


THE COMPLETE CHARLES TRENET - 12
“LE PIANO DE LA PLAGE” (1956-1959)


FOR CABU (1938-2015)*:
artist and caricaturist of genius; inveterate nutcase on the subjects of Charles Trenet and Cab Calloway; assassinated poet.

*Jean Cabut, who signed his caricatures CABU, was a great artist and satirist. His passions included jazz, particularly Cab Calloway, and Charles Trenet, often a subject of his drawings. Cabu was among the members of the editorial staff of “Charlie Hebdo” who were assassinated on January 7th 2015 in Paris.

Indecision: “recital” or a “one-man show”? But isn’t that the same thing? In the course of the previous volumes in this series, didn’t we already qualify Trenet’s public appearances after the war as recitals or one-man shows, depending on whether we were in French or English parts of the text? In both cases, of course, the solitude of the long-distance artist is de rigueur, because we are indeed in the presence of an individual who was unique — male or female — in that he had gone there to give a show (sung or spoken, and preferably original) in front of an audience that, for its part, had gone there to either whistle or applaud. That context has nothing whatever to do with the immense revues covered in Folies-Bergère-type feathers (Earl Carroll’s Vanities or the Ziegfeld Follies, for instance.) Nor does it bear any relation to the classic French music-hall show in two parts — with the star at the end, what they call the “American star” in the middle, and the beginners at the beginning (when latecomers disturb those already in their seats make a lot of noise settling down.) Charles Trenet hated being a beginner in the old days of the Charles & Johnny duo, and made it known loud and clear. But the people who managed the venues didn’t really hold it against him...

“Recital” is a word that conveys a notion of intimacy; of muted music with the saintly odour of its own classicism; a setting that is the nice side of too big or too well lit, like some of those Left Bank cabarets in the old days, or the nice “Théâtre de l’Étoile” with its “human” dimensions of an evening (as Simone Signoret remembered when talking about Montand in his heyday.) Montand was another regular there, familiar with both the venue and the notion behind “a recital.”
“One-man show”, on the other hand, is more of a big whatsit with loads of light and noise (if not the roar of the madding crowd) in a huge room, exhibition hall or stadium… and it is more American, in fact. That doesn’t necessarily mean “bad”, mind you, but the warmth inside is of another kind. In passing, for several years, between the “Théâtre de l’Etoile” and the “Olympia”, Charles Trenet seemed to be going from “recital” to “one-man show?. But not that much…

This desire to appear alone is probably not that old, and the generalization of the act itself dates only from the second half of the 20th century. Before then, “music-hall” (the genre found there, not the building) operated almost everywhere along the lines above, even considering that purely visual “numbers” (or “turns”) — e.g. jugglers, tightrope walkers — were mixed in with “acts” devoted to song. For its opening in spring 1893, for instance, the Olympia, launched by Joseph Oller, announced a bill with the quick-change artist Fregoli, the famous American dancer Loie Fuller, and La Goulue, the “Moulin Rouge” icon made immortal in the canvases of Toulouse-Lautrec. Remember that the streets of Montparnasse once had even more intimate places where people could hear ladies like Yvette Guilbert and Yvonne George (or the terrifying Marianne Oswald) who were billed as “sayers” or “diseuses”: they lent their affected or merciless voices to enumerations of harder (or more subtle) things. You can listen to the album Saint-Germain-des-Prés – les Riches heures de la Rive gauche, 1926-1954, Frémeaux FA 5167, for further reference. As for the other venues, they kept to the system of multiple billings.
Mistinguett was a great star yet never gave a “one-woman” show – it’s true that she was first a dancer, and a captain of chorus girls, like her rival Josephine (even though the latter would try her hand with a song number (1927) in the cabaret she was then briefly operating. Even Maurice Chevalier played by the rules (in 1930 at New York’s Lincoln Theatre), when he offered the entire first part to Duke Ellington before having his Harlem orchestra accompany his own star-turn in the closing half. In his memoirs Chevalier states that the experience (unrecorded, alas) made him want to appear alone — with the same accompaniment — for the full length of the show. He would finally do so, only much later… and without Ellington! His younger colleague Jean Sablon also had dreams of this, but his 1934 appearances at the new “Bœuf sur le Toit” had more to do with a “chic cabaret” genre than working solo on a major stage. Likewise, Sablon’s show at the “Monseigneur” in London was more of a revue with other partners (and visual interludes.) Admittedly, there was Jean Tranchant who, on June 13, 1935, gave a solo recital at Pleyel in Paris — but he had the assistance of the Quintette du Hot Club de France, and, in fairness, he was only there for one night. That performance, by the way (it lacked rehearsal apparently), was a catastrophe!
 
As for Charles Trenet, he began by obeying, not the Bey, but the codes that were then in use: first with his comrade Johnny Hess, and then at the beginning of his solo career. The memorable evening of March 25, 1938 has become legendary as the day when the man France called “le fou chantant” [or “singing fool”], then almost unknown, brought the house down – actually the ABC theatre. It was in the opening half of the show, in front of an audience whipped up into a delirious frenzy, all yelling, “Le fou! Le fou! Le fou…” and they prevented the start of the second, “starring” half, that of the unfortunate Lys Gauty. It seems that after two or three nights like this, Lys requested that she be allowed onstage before Charles, as she did not think it was possible to sing after him. The “codes” were not any less well respected for all that. A few admirers in Perpignan confirmed that Trent gave a triumphant recital, solo, lasting several hours inside one of the city’s theatres as early as 1936 or ’37. “True”, chimed in others, but it was actually during the German Occupation, in 1942 or ’43. The second date seems more likely, since the first true recital listed in this (badly listed) genre was given at the “Étoile” shortly after the Liberation in 1945. We have referred to this before (cf. Vol. 7, FA 087) and we deplored at the time that nothing was apparently recorded, either for radio or, even less likely, for phonographs… Sadly, it’s still true today. Two years later, on November 24, 1947, the situation was much clearer: a live broadcast (on national radio) of the whole exceptional concert and, by a stroke of luck, the station preserved a simultaneous recording made on shellac discs. In parallel, wealthy amateurs with heavy recording equipment at their disposal managed to capture the same modulations… It was from one of those acetates (owned by Henri Chenut) that we were able to reproduce the entire event featured on the above Volume 7. Unfortunately, broadcasts like those still went out on the AM waveband, which explains the more or less average sound quality. Since then, another CD, produced by the INA from other such acetates, has been released for sale; the sound is better but… the performance is incomplete.

The best known of all these public appearances by Trenet is the so-called “Théâtre de l’Etoile” recital of 1952, which was also a radio broadcast and (partially) distributed on record in the form of two 10” discs, 33rpm mono, under the Columbia label. They sold like hot cakes and were still in Columbia’s catalogue ten years later, even though other, more recent, concert-recordings had joined his discography. Unlike previous appearances, this one lasted several months and Charles had chosen to be accompanied by the loyal piano of Albert Lasry alone. The entire event can be found on Volume 8 of the complete Trenet (FA 088). And that was it as far as the “Étoile” was concerned. Of course, he went back there: it was like a return to one’s first amours, i.e., after a long period of absence and some infidelity.

From 1954 onwards it was at the Olympia that he chose to perform, but a year or two earlier it wouldn’t have been possible in any case, and this is the reason why… The venerable establishment had been on the boulevard des Capucines for the previous sixty-one years, with a procession of artists filing through its doors under the aegis of Jacques Haïk (the producer who gave a certain Charles Spencer Chaplin the name “Charlot”, a name rather à la française for the man who was the idol of this other Charlie, i.e. Trenet.) This procession had been state of the art French song, in the shapes of Fragson, Mistinguett, Yvonne Printemps, Lucienne Boyer… And then, like the “Moulin Rouge”, the Olympia had been obliged to convert its room into a cinema in the same year that films became “talkies” (1929). Twenty years later, and despite the return of “live” shows, things weren’t going very well and the place had to close. The closure was thought to be for good. However, at the end of 1953 it was decided that the theatre should serve again, with Bruno Coquatrix as its director. So, on February 5th 1954, the brand new Olympia, squeaky clean and once again entirely a music hall, displayed an attractive bill with the names of Lucienne Delyle and her husband Aimé Barelli, together with that of an interesting youngster by the name of Gilbert Bécaud. The latter was an enormous “hit” at the theatre right from the outset, and remained loyal to its stage for something like the next forty years… His successor onstage in 1954, from April 30 to May 13 precisely, was Charles Trenet, complete with his new “recital”.

We don’t have it on record. It is likely that Pathé-Marconi thought that the two LP’s from 1952 were sufficient, and therefore decided not to record the above recital in spring 1954 (it’s true that the programme wasn’t generous with recent airs, and featured mainly “hits” prior to 1950/51.) That, at least, is the impression one gets from taking a look at the other soirée on which Trenet sang (it took place on the eve of his first Olympia show), on the stage of the cinema “Le Dôme” in La Varenne Sainte-Hilaire, and for an audience of neighbours, friends and acquaintances. It was a habit he’d acquired several years beforehand: he’d choose somewhere close to home, and conduct a “run through” of his show before presenting it to a “real” audience, be it Parisian, French or international… This particular “private dress rehearsal” was indeed recorded, but only by radio, and only for broadcast by Paris Inter on May 19th. There again, ten years ago INA published a CD in its Mémoire vive collection based on tapes held in its archive: fourteen titles, plus the spoken introductions that Charles Trenet liked so much. It’s possible that a few songs were left out, due to the delay imposed by the broadcast, but the concert as such hardly left much room for new songs. To all evidence, it faithfully reflects what the singer’s next appearances must have been like, up there on the summit of Olympus…

In April 1955 a new Olympia appearance came without warning and, unfortunately, without a recor-ding either! This time it wasn’t quite a one-man show, since its first part featured an old accomplice named Francis Blanche, together with the young Canadian singer Guylaine Guy (the goddaughter in song of the writer of Boum!) a few of whose performances are spread over volumes 10 and 11 of this series. Four Trenet songs by this Mademoiselle, drawn from Volume 10, were recorded, not in April ’55 but on January 26th, in the Pathé-Marconi studios on the rue Magellan. Charles had hopes of them being published, like his own records, on Columbia 45’s, and the actual matrix numbers were CL 9977/78/79 and 80. But it didn’t happen that way and Pathé preferred to hand them over to RCA, which was then in the process of setting up European subsidiaries.

1956 came along and, finally, for this third incur-sion onto the Olympia stage, the cumbersome record-machine awakened from its dogmatic sleep. The two 1952 LPs pur-sued their ageing career, but they were now flan-ked by a new 33rpm record (this time 12” in diameter) filled with things more recent: La Petite Musique, En attendant ma Belle, Lorelei, L’Âne et le Gendarme, Les Coupeurs de Bois, La Java du Diable, Noël des Enfants noirs, Coin de Rue, À la Porte du Garage, Où sont-ils donc?, Moi J’aime le Music-Hall, J’ai mordu dans le Fruit, etc. Many of these new ones were of course already on sale in studio versions (45 and 33rpm), but it was considered that recordings made in public, complete with the ambiance of a conquered room — and Charles’ comments — were not at all surplus to requirements. All the more since Charles, as charming as usual, and even with a twinge of sarcasm, didn’t hesitate to cry out fiercely to his label: “You’re so bad – even worse than those pathetic people in radio! You can’t even release a record at the right time, i.e. while the recitals are still on, from the end of November to the end of December.” Stung to the quick, Jean-Paul Guiter, whose title was ?artistic director? (he worked
with the impatient star and a few others), picked up the gauntlet. He parked adequate mobile technical resources nearby on November 19th, the date of the dress rehearsal. The whole show was recorded, and as soon as the curtain fell there was some fast edi-ting, which mainly consisted in the removal of a few gaps here and there, and a slight reduction in the applause, which was particularly generous. The tapes were then sent off for engraving; during the night, the resulting “lacquer masters” were shipped to the factory in Chatou, where they were plunged into an electrolyte solution to create metal stampers. While they were at it, they also printed the labels. At nine in the morning the first vinyl records came off the presses, as warm as little buns at the baker’s shop… And by early afternoon, the more important outlets, in both Paris and the provinces, were taking delivery. The next evening, on the show’s official opening night, copies of the 33rpm disc Columbia FSX 122 were on sale in the foyer of the Olympia.

Obviously, since everything had been done in a rush, the record’s sleeve (hastily put together the day before) was reduced to its simplest expression: no titles, no names of those accompanying Trenet, and above all, no date. The front cover carried a promotional photograph taken some twenty years before. The only wording, in fact, was, “The song recital of Charles Trenet recorded during the show at the Olympia Bruno Coquatrix – your music-hall,” together with the austere phrase: “This disc is part of the original pressing limited to 1,000 copies of the CHARLES TRENET recital at the Olympia.? Further demand later amounted to far more than a thousand, but the sleeve didn’t change; they were content to reprint the same one. The record had to be pressed again and again during the run of the show and then beyond. What of Charles Trenet in all this? Was he impressed by such a tour de force? Probably he was, but he never showed a sign, apart from muttering, “It was the least they could do…”

Did the record — as full as the Metro subway in the rush hour — really contain the whole recital? In 1947 Trenet had performed twenty-six songs, with twenty-seven in ‘51-’52. How come only sixteen this time? It is a little short, even if his April ’54 set at the “Dôme” in La Varenne seems to have contained merely fourteen… In 1956, the France Soir critic enumerated seventeen songs in his enthusiastic review, not counting the encores. But however many they were really, this time Trenet went for the new ones, apart from a few rustproof classics in the shape of Mam’zelle Clio, Le Serpent Python, Revoir Paris and the immortal Boum! For his part it was a kind of wager, another challenge to take up. Part of the press — particularly a certain weekly that some people would peruse at times when others were at Vespers — echoed a settling of the scores between Charles and “the dark angels of show business” in a kind of “offensive riposte to current trends in French music hall”, stuffing that same can of worms with a hotchpotch of names that included Bécaud, Brassens, Philippe Clay and others held up to public obloquy! War — terrible and ferocious — seemed inevitable. And then, nothing, or not much: just a slight change of mood in his attitude, right at the very beginning of the recital, towards the aforementioned weekly (whose title, by the way, was also a Trenet song that Charles carefully avoided singing that night… So there you are. Besides, had he really said what they say he did on the subject of his juniors? It’s unlikely, and it would be rather out of proportion coming from someone with a reputation for humour. Funny, certainly, but also possessed of a hell of a temperament! So, might it just have been a day with a shaky start? Whatever it was, he had a means of being pardoned if necessary: all he had to do was sing Moi, j’aime le Music-hall…

Even up to his ears in the recital, Trenet still found time to record four new songs at the Magellan studio on November 23rd. Or three, rather: C’était… C’était… C’était, plus La Maison du Poète and Gala poté, and one older song he did again, Le Noël des Enfants noirs, after its first version was turned down almost a year before  (cf. Vol. 11 – FA 091). That title is also the only one he included in his show, incidentally; he probably thought that he hadn’t done enough work on the other three. We thought that if we were going to upset the chronological order anyway, we might as well avoid cutting the November concert in two, and place these airs in Volume 11… And, since 1957 was just as poor in new recordings — except of course for the LP of the said concert, which was still available —, we chose to also include, at the end of that same volume, four solitary little songs (the contents of the Columbia 45 ref. ESRF 1113) that fans could then slip onto their turntables! One at least became a handsome hit: Le Jardin extraordinaire…

There was no recital in Paris in 1957, but a whole pile of concerts in the provinces, as per usual. They say that in the late Fifties Trenet was doing around two hundred concerts every year, and that he still pretended he had no idea how much he was earning… the “ball-park” figure is perhaps sixty to eighty million Francs. And in 1957 also, Trenet put the finishing touches to an operetta, Un Ciel de Printemps (it was never staged); he threw himself into writing a lengthy saga that would only see the light much later; and he tried to adapt his first book Dodo Manières as a cartoon film (he gave up). He returned to singing the next year.

1958 was a very full year in that there were many upheavals… not so much in the entertainment world, but in politics, technology and history. In 1958 people were entering what was thought for a long time to be a new era, given the signs; but everyone was mistaken: they were the first signs of the end of an old world… Personally, I was taking first communion that January while Trenet was taking the stage at the Alhambra, the other chic music hall in Paris. The venue would later be dedicated to Maurice Chevalier. Jean Constantin, always one for mischief, would deliberately confuse the two famous establishments and celebrate the “Olymbra” and the “Alhampia”… But, “Alhampia” or not, there was no record from Trenet that year. Or actually there was, but it consisted of things done in the comfy warmth of a studio, far from an audience. And then, all of a sudden — almost slyly, you might say — a question that Charles thought resolved reared its head again: re-recording. This technique, also known as “dubbing”, consists of making separate recordings of, first the orchestral accompaniment on its own, and then the vocal part, for which the singer has only a recording on magnetic tape to rely on for support. The practise, widespread after 1954-55, was one that old hands didn’t appreciate that much, but one that a Henri Salvador (or at least the jokey one in the clown-suit) could delight in. Trenet, a major recording-star, managed to avoid chopping up tapes in this manner during his December ’55 sessions (cf. the notes in Vol. 11) and, unlike most of his comrades, over the next two years he continued to record with an orchestra physically beside him in the studio. But on February 15th 1958, the world collapsed again when the merciless “dubbing” technique returned in strength. So, as might be expected, the “Free Man” (Trenet, who would still always cherish La Mer), obediently committed his voice to magnetic tape and then flatly refused the four titles that were produced in that way: Tu n’as plus de Cœur, Pauvre Georges André, En tournée, and Mon vieil Atlantique (i.e. matrices 7XCL 6095 to 6098). And then (here’s the moral of the story), on June 9th he did the songs again (i.e. matrices 7XCL 6306 to 6309), but this time taking the precaution of having both singer and orchestra at the same time in the studio while they executed absolutely the same arrangements as in February! Comparison of the initial versions (released ages afterwards) with those dated June (they appeared on the Columbia 45 with the reference ESRF 1186) reveals no noticeable differences in length, text or vocal inflexion… So what was all the fuss about? A matter of honour, no doubt. And also, certainly, to make a strong, clear statement to the effect that his solid reputation as a systematic pain-in-the-neck, lovingly fashioned day after day, year after year, for such a long time… was no exaggeration. Mission accomplished. From then on, Charles Trenet, like most of the others, submitted to the gentle torture of this nasty overdub business.

The two songs that stand out most from those recorded then are Mon vieil Atlantique, another maritime affair, and the batty little Pauvre Georges André. Curiously, the most successful (over time) was the fifth song, one that they recorded early in the session but which wouldn’t fit onto the 45rpm disc. It later found a home with three of the July 1959 titles on ESRF 1260. Its success was certainly due to the fact that this old Le Piano de la Plage put listeners straight back into the nostalgic mood so dear to Trenet, due to his obsessions with childhood (and memories of it), youthfulness, the unrelenting passage of time… In a direct line from the Apollinaire who wrote Le Pont Mirabeau, Marie, L’Adieu or Le Voyageur, Trenet, too, often paid his own tribute to time flying, like a postman with no heart, in works like L’Âme des Poètes or Valse des Amours passés – but what, exactly, remains of our loves (Que reste-t-il de nos Amours?), from a Vieux Ciné to a Folle Complainte, even when Swing (which as we know, sleeps with one eye open) tries to obtain a semblance of order… The Piano de la Plage that sounds out of tune alongside his Jeunes Années, the “young years” he spent between La Nouvelle, Argelès and Canet-Plage, can finally give an impression of melancholy that is almost serene, with its cheap bar-piano sounds, but make no mistake: the soul of the poet, here again, remains inconsolable. The public made no mistake when it quickly forgot the girl without a heart anymore and sad old Georges André, but reserved a corner of its memory forever in honour of the old piano. Its B was so broken, its E so flat and faded, its C so sunburnt in July… that it ended up in storage, in the shop for outmoded accessories. By 1960, already, it was no longer there and hasn’t come back. In its place there’s a car park.
As the faithful interpreter of songs by Prévert, Vian, Asso and Trenet, the mild Mouloudji couldn’t miss the chance to add Le Piano de la Plage to his own book. So he put it in. You can hear his version just before the one by the song’s writer. And while on the subject of this chapter and the problems of dubbing, we might remind you that Charles’ recording of J’ai perdu ma Veste had been planned for the end of December 1955. But that particular vest was one he flung to the floor, consigning to oblivion the tape marked “orchestral playback only” (cf. notes, Vol. 11). I pointed out that Mouloudji, on the other hand, had indeed recorded that song. Better late than never, then… We’ll come to his version — one of the rare ones that are known — in ninth position on CD2. Oblivion repaired…

In around 1958-59 French television proposed a popular entertainment show in which Trenet took part; he wasn’t asked to sing his own songs, but those of Jean Nohain and Mireille, both of them artists he appreciated. He often said he preferred Le Jardinier qui boite, a song whose inspiration was close to his own, but the song he actually chose was the famous Le Vieux Château, which Pills and Tabet had made immortal in the old days. Echoes of that (almost) prehistoric TV show are extremely rare, and make Claude Séris’ tape very valuable: he made it with anything that came to hand, basically an amateur tape recorder with the microphone jammed against his radio’s speaker — probably a black and white affair — with all the distortion you’d expect; but the result is an unexpected dream and a handsome stroke of luck.

Life went on with its ups and downs, and slowly we come to the tranquil spring of 1959. “Tranquil” because on May 27th Charles had a rendezvous, not only avec la lune (1939) but also with two even older things, En quittant une Ville and La Route enchantée (1938), plus a third hardly more recent, Bonsoir jolie Madame (1941). N.B. You can find the original versions of those hit 78s in the first volumes of this collection. So, why these four, when piles of other songs from this prolific period are equally deserving of a second reading using “modern” recording techniques? Well, perhaps because, even though still in the singer’s book, they featured less often in his recitals than Boum!, Y a de la Joie, Mam’zelle Clio or Je chante, for example. Without turning our noses up at it, we have every right, despite the new sound-take (even though not yet in stereo, but just be patient!) to prefer the original songs, those dating from when Charles Trenet was really unheard-of, i.e. brand- spanking- startling-new, like a jack-in-the-box-singing-fool kind of surprise, if you see what I mean. Then again, maybe the right question isn’t so much “why those four?” but, “why?” Why, twenty years later, would anyone want to re-do things that had been so wonderfully successful the first time around? And they were still available, too, reissued on various 33 and 45rpm discs… Was it to show that now they were dealing with classicism, and that time, precisely, had no effect on such things now? Perhaps. But maybe nobody had wanted to go that far anyway… Trenet was still a worrier beneath his apparent assurance; in the midst of that un-cheerful end-of-the-decade period, Trenet doubted; he thought he’d been left behind, that he was ageing and obsolete despite the loyalty of the public (and despite the fact that young people were in that audience.) It’s true that he wasn’t always happy with his latest songs, which he thought were more banal than in the past; and while he still sang to full houses, his records, on the other hand, weren’t selling as famously… So Guiter suggested he might record new versions of a few of his “hits”, just to see what would happen. And they saw that the latter sold rather better than his more recent songs. It was an encouraging sign, even if some buyers thought the record was just a reissue of the originals (and the sleeve was ambiguous enough to encourage their thoughts: the jacket of ESRF 1260 carried the words “these songs are still twenty years old.”)
Outmoded, Trenet? In 1959? At forty-six? What a strange idea! Besides, the other 45 (ESRF 1228), entitled “Chansons d’aujourd’hui”, recorded twenty days earlier and released at the same time, sold easily as well as its companion. Proof enough… Giovanni tells a fine, bittersweet story that verges on tragedy, while the malice and delicious irony of Les Relations mondaines make it an enchantment. That Trenet would remain, and people still sing them today. It’s a pity that one can’t say the same for Giovanni, a great song, but little known. Nuit d’Hiver has less merit, the same as Cloches, sonnez which had to be done again on the July 9 session.

1959 was a dire year. A frightful massacre. A walk through the cemetery reveals the following (incomplete) list of names, with, in jazz alone, Billie Holiday, Sidney Bechet, Omer Simeon, Lester Young, Baby Dodds and Shadow Wilson, plus Boris Vian in his own category, “men of letters crazy about jazz”; in other music genres, there was Mario Lanza, Ritchie Valens and Buddy Holly. Among the stage and studio greats: Gérard Philipe and Jean Grémillon (both on the ill-fated 25th of November), plus Janet Gaynor, Errol Flynn, Cecil B. DeMille, Preston Sturges, William Wellman and Victor McLaglen; the circus lost the clown Grock, and architecture the untameable Frank Lloyd Wright… You forget some, starting with the politicians… Most fortunately, Charles Trenet was no politician and not doing too badly at all, thank you. Besides, in 1959 he was recording a great deal more than in previous years. There were the two sessions in May already, a third in July, and several others to come in December (the latter are planned for Volume 13)… So we come to the July 9 session, with four new titles. Two are re-readings: Cloches, sonnez and Les Trois Roses, a previous version of which (December 27th 1955) had been mercilessly thrown out (that stupid re-recording business again!) But, unlike the nice-but-trite J’ai perdu ma veste, which was purely and simply forgotten, Charles really wanted to put some roses back on the drawing-board and do justice to this delicate melody, an air enhanced by words of nostalgia tinted with sadness… Quelque part deux Amants had been offered to Guylaine Guy as early as 1956 (cf. Vol. 11). As for La Vie est une Aventure, the song is the only genuinely new thing on the disc…
A few words, too, on songs ancient and modern that you can find here sung by others. The two by Mouloudji are mentioned above. Apart from him — and on the feminine side — three ladies found pleasure in the vast repertoire of the Singing Fool. The “popular” Colette Renard (who had no qualms about being a “cheeky” singer) was a star who trium-phed in this period with the charming operetta (by Alexandre Bréfort, Pierre Chatelain and Marguerite Monnot) called Irma la Douce; she carried off the 1957 Grand Prix du Disque awarded by the Académie Charles Cros with her LP of songs about Paris. So she was bound to like Trenet’s Ménilmontant (it was in the French capital after all!) Paris was something that Catherine Sauvage sang about too – even a certain Paris-Canaille! The word “canaille” means “a bit coarse”, and Catherine could act that way too when required, with all the elegance you’d expect from someone to whom people customarily referred as “a Left Bank singer.” She was more familiar with Weill, Brecht and Mac Orlan of course, and especially Léo Ferré (cf. the Frémeaux album FA-5360 devoted to this Great Dame of Song.) Trenet could make her happy as well, on occasion, as you can hear from Où sont-ils donc?, a fiercely haunting song that is here rendered with a consummate skill for conveying nuance… The third of these three Queens is Annie Fratellini, who wasn’t averse to swing, and quite the opposite in fact, because not only did she marry the jazz trumpeter Philippe Brun, she also had musicians of the calibre of Roger Guérin, Raymond Fol, Sacha Distel, Pierre Michelot and Kenny Clarke as her accompanists on this version of J’ai ta main, a tune made to measure if you have swing in mind…
More instrumental performances leave the lion’s share to jazz, of course: with Trenet, it’s undeniable! The jazz moves between modern and classic with the trio of the swinging young pianist Georges Arvanitas (Boum!, Où sont-ils donc?), and also with Michel de Villers (one of the best baritone saxophonists) and his colleague on guitar, Jean-Pierre Sasson (Ménilmontant). There’s also a jazz tribute to a famous trombone-duo, played by Claude Gousset and Bernard Zacharias (Vous qui passez sans me voir), nor should we forget the frankly traditional kind of jazz that comes with Les Enfants s’ennuient le dimanche in the hands of André Réwéliotty’s band; they regularly accompanied Bechet, and here they remind you of New Orleans funerals, My Daddy Rocks Me and… the Klezmer music tradition.

Last, but definitely not least, you have to reserve a separate fate for the twenty-five demoiselles who, from 1959 to 1966, made up a wonderful, adorable backing-group who, Hugo oblige, called themselves “Les Djinns”. Aged between eighteen and twenty-two, all of them, from Annick to Jocelyne, were part of the “Maîtrise” (literally the “choir school”) of French Radio (RTF), and not only were they the best singers around, they were also very eclectic when it came to choosing their repertoire. Gilbert Bécaud was their artistic “godfather” so you’ll not be surprised that his songs featured prominently. But Charles Trenet also had his share: their version of Le Jardin extraordinaire is well-placed among their first recordings (end of ’59) but there are others (La Mer, L’Âme des Poètes…), that we’ll be examining in more detail sometime in the near future, because this group was absolutely unique…
The Djinns also sang pieces by André Popp (including Le Chant de Malory, in 1964); Popp was a genius with sound and he didn’t have to wait for the digital age before dabbling in some hilarious (and hair-raising) musical acrobatics with echo chambers, tape-recorders spinning at prohibited speeds, and other, weird instruments he’d put together himself. For La Polka du Roi (CD2, track 1), he recorded a vibraphone and then two bassoons at half-speed, a flute and then a bassoon with echo at normal speed, and the voice (with reverb) of his spouse Marie-Jeanne plus that of “Fredo Minablo”, alias Boris Vian, who produced the session for Philips in 1957. It was all mixed in an off-world atmosphere… The song La Java du Diable (CD1, track 1) met a fate that was somewhat similar, although not as unruly, with a piano and tremolo guitars at half normal speed. Other “smash hits” penned by other composers — Perles de Cristal, La Paloma, Jalousie, Beer Barrel Polka, Adios Muchachos, La Java martienne, Tango militaire, Les Lavandières du Portugal — received the same shock-treatment. The record, made with the infallible savoir-faire of a sound-engineer named Pierre Fatosme, was released as a disc by “Elsa Popping et sa Musique Sidérante”, and it enjoyed hardly eye-popping sales: it hung around for years before finally receiving justice. When you think that one day a lady said to André Popp: “Oh, you must have a load of royalties stashed away, what with all that stuff coming out with your name on!” First his jaw dropped, and then he realized she must have been talking about “pop music”. But he wouldn’t have minded if it had been true…
Daniel NEVERS

© 2016 Frémeaux & Associés

Thanks to :
Bernard Bassié, Philippe Baudoin, Cabu, Henri Chenut, Alain Délot, Yvonne Derudder, Iwan Frésart, Claude Guillot, Marcelle Hervé, Jean-François Pitet, Gérard Roig, Gérard Roussel, Claude Séris.
Remerciements de l’éditeur à Laurent Bodin, pour les Éditions Raoul Breton.



DISQUE / DISC 1
Tous titres enregistrés à PARIS / All tittles recorded in PARIS
Paroles & musique par Charles TRENET / Words & music
by Charles TRENET

ELSA POPPIN’ et sa Musique Sidérante – Arr. & Dir. André POPP – Enreg./Recorder : Pierre FATOSME – Prod. : Boris VIAN. Fin/late 1957.
1. LA JAVA DU DIABLE     (LP Fontana 680 201 ML)    2’45

COLETTE RENARD chante Paris  - orch. dir. Raymond LEGRAND
Nov./Déc. 1956.
2. MÉNILMONTANT     (LP Vogue LD.337-30)    2’43

Michel de VILLERS & Jean-Pierre SASSON «?Rockin’ Ch. Trenet?» (sic !)
Michel de VILLERS (bar sax)?; Jean-Claude PELLETIER (p, chant/voc)?; Jean-Pierre SASSON (elg)?; Guy PEDERSEN (b)?; Gérard «?Dave?» POCHONET (dm)?; Florence PASSY, Henri BERNARD, H. JOUOT, Pierre LOTÉGUY (chant /voc). 27/11/1956.
3. MÉNILMONTANT     (PE 45 3344/EP Decca 450.647)    2’25

Le tour de chant de CHARLES TRENET, enregistré au cours du spectacle de l’Olympia Bruno COQUATRIX, votre music-hall – piano & direction d’orchestre, probabl. Guy LUYPAERTS, 19/11/1956.
4. Annonce & EN ATTENDANT MA BELLE    
    (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    4’10
?5. LA PETITE MUSIQUE     (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    3’25
?6. LORELEI     (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    2’14
?7. L’ÂNE ET LE GENDARME     (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    2’50
?8. LES COUPEURS DE BOIS     (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    3’26
?9. OÙ SONT-ILS DONC ?     (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    3’13
10. LE NOËL DES ENFANTS NOIRS     (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    3’03
11. LA JAVA DU DIABLE     (XLX 541-21/LP Columbia FSX 122)    3’46
12. LE SERPENT PYTHON     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    3’37
13. COIN DE RUE     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    3’48
14. À LA PORTE DU GARAGE     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    2’55
15. MOI, J’AIME LE MUSIC-HALL     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    3’53
16. REVOIR PARIS     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    3’13
17. MAM’ZELLE CLIO     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    3’36
18. J’AI MORDU DANS LE FRUIT     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    2’01
19. BOUM !     (XLX 542-21/LP Columbia FSX 122)    1’37
GEORGES ARVANITAS TRIO «?Joue Charles Trenet?»
Georges ARVANITAS (p)?; Doug WATKINS (b)?; Christian GARROS (dm). Ca. Sept. 1958.
20. BOUM !     (EP Pretoria PR 200)    2’16
22. OÙ SONT-ILS DONC ?     (EP Pretoria PR 200)    2’36

CATHERINE SAUVAGE, orch. dir. Michel LEGRAND
Fin/late 1955.
21. OÙ SONT-ILS DONC ?     (EP Philips 432.072)    3’20

André REWELIOTTY et son orchestre, «?jouent CHARLES TRENET?»
Guy LONGNON (tp)?; Jean-Louis DURAND (tb)?; André REWELIOTTY (cl, ldr)?; Yannick SINGERY (p)?; Georges «?Zozo?» d’HALLUIN?; ? Marcel BLANCHE (dm). 5/03/1958.
23. LES ENFANTS S’ENNUIENT LE DIMANCHE     (EP Vogue EPL 7450)    4’30

DISQUE / DISC 2

Tous titres enregistrés à PARIS / All tittles recorded in PARIS
Paroles & musique par Charles TRENET, sauf indication contraire / Words & music by Charles TRENET, except otherwise stated

ELSA POPPIN’ et sa Musique Sidérante – Arr. & Dir. André POPP – Comme pour CD 1, plage 1/Same as for CD 1, track 1.
1. LA POLKA DU ROI     (LP Fontana 680 201 ML)    2’30

MOULOUDJI, orch. dir. Frank AUSMAN, piano : Gaby WAGENHEIM
Ca. mai/May 1958.
2. LE PIANO DE LA PLAGE     (EP Philips 332.251 NE)    2’56

CHARLES TRENET, orch. dir. Guy LUYPAERTS
Studio Jenner «?rouge?» (25 bis, rue Jenner, XIIIème arr.), 9 & 10/06/1958.
3. LE PIANO DE LA PLAGE     
    (mx. 7XCL 6305/EP Columbia ESRF 1239)    2’45
4. TU N’AS PLUS DE CŒUR     
    (mx. 7XCL 6306/EP Columbia ESRF 1186)    2’19
5. EN TOURNÉE     (mx. 7XCL 6307/EP Columbia ESRF 1186)    3’04
6. PAUVRE GEORGES ANDRÉ     (mx. 7XCL 6308/EP Columbia ESRF 1186)    2’08
7. MON VIEIL ATLANTIQUE     (mx. 7XCL 6309/EP Columbia ESRF 1186)    3’05

MOULOUDJI «?chante Charles TRENET?», orch. dir. Michel LEGRAND
Ca. Janvier/January 1956.
8. J’AI PERDU MA VESTE     (EP Philips 432.085 NE)    1’48
ANNIE FRATELLINI & les Jazzmen
Annie FRANTELLINI (chant/voc), acc. par/by Roger GUÉRIN (tp)?; Raymond FOL (p)?; Sacha DISTEL (g)?; Pierre MICHELOT (b)?; Kenny CLARKE (dm). Nov. 1957.
9. J’AI TA MAIN     (LP Ducretet-Thomson 200 V 102)    3’29

CHARLES TRENET à la télévision / TV show
Date de diffusion inconnue/unknown recording date – probabl. 1958-59.
10. LE VIEUX CHÂTEAU     (Variétés RTF non identifiées /Unidentified RTF show)    4’15
(Mireille-J.Nohain)

CHARLES TRENET «?Chansons d’Aujourd’hui?», orch . dir. Guy LUYPAERTS
Studio Jenner «?rouge?», 5/05/1959.
11. NUIT D’HIVER     (mx. 7XCL 6587/EP Columbia ESRF 1228)    3’10
12. GIOVANNI     (mx. 7XCL 6588/EP Columbia ESRF 1228)    3’48
13. LES RELATIONS MONDAINES     (mx. 7XCL 6589/EP Columbia ESRF 1228)    2’02

BERNARD ZAC & CLAUDE GOUSSET «?Musique… en Coulisses?»
Bernard ZACHARIAS & Claude GOUSSET (tb), Georges ARVANITAS ou/or Jacques DENJEAN (p)?; Sacha DISTEL (g)?; Guy PEDERSEN (b)?; Jacques DAVID (dm). Studio Jenner, Dec. 1957.
14. VOUS, QUI PASSEZ SANS ME VOIR     (EP Versailles 90 S 169)    2’20
(J.Hess-C.Trenet-P.Misraki)

CHARLES TRENET «?Ces Chansons ont toujours 20 Ans?», orch. dir. Guy LUYPAERTS
Studio Jenner «?vert?», 27/05/1959.
15. BONSOIR, JOLIE MADAME     (mx. 7XCL 6624/EP Columbia ESRF 1260)    3’29
16. EN QUITTANT UNE VILLE     (mx. 7XCL 6625/EP Columbia ESRF 1260)    2’16
17. LE SOLEIL ET LA LUNE     (mx. 7XCL 6626/EP Columbia ESRF 1260)    2’26
18. LA ROUTE ENCHANTÉE     (mx. 7XCL 6627/EP Columbia ESRF 1260)    3’08

CHARLES TRENET, orch. dir. Jean LECCIA
Studio Jenner «?rouge?», 9/07/1959.
19. LES TROIS ROSES     (mx. 7XCL 6666/EP Columbia ESRF 1239)    2’43
20. LA VIE EST UNE AVENTURE     (mx. 7XCL 6667/EP Columbia ESRF 1239)    2’45
21.QUELQUE PART… DEUX AMANTS     (mx.7XCL 6668/EP Columbia ESRF 1239)    3’14
22. CLOCHES, SONNEZ !     (mx. 7XCL 6669/EP Columbia ESRF 1228)    3’02

LES DJINNS
Chorale féminine de vingt-cinq voix, avec /A 25-piece feminine choir, with le Grand Orchestre de Paris, direction Paul BONNEAU. Nov. 1959.
23. LE JARDIN EXTRAORDINAIRE     (LP Ducretet-Thomson 46O V 469)    2’48





ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 La Java du Diable02'45
02 Menilmontant02'43
03 Menilmontant02'25
04 Présentation: En Attendant ma Belle04'11
05 La petite musique03'25
06 Lorelei02'14
07 L'âne et le gendarme02'49
08 Les coupeurs de bois03'26
09 Oy sont-ils donc ?03'13
10 Le Noël des enfants noirs03'03
11 La java du diable03'46
12 le serpent python03'37
13 Coin de rue03'48
14 A la porte du garage02'54
15 Moi, j'aime le music-hall03'53
16 Revoir Paris (retour à Paris)03'13
17 Mam'zelle Clio03'36
18 J'ai mordu dans le fruit02'01
19 Boum01'37
20 Boum02'16
21 Où sont-ils donc ?03'19
22 Ou sont-ils donc ?02'36
23 Les enfants s'ennuient le dimanche04'29
CD 2
01 La polka du roi02'29
02 Le piano de la plage02'56
03 Le piano de la plage02'45
04 Tu n'as plus de coeur02'19
05 En tournée03'04
06 Pauvre Georges André02'08
07 Mon vieil Atlantique03'05
08 J'ai perdu ma veste01'48
09 J'ai ta main03'29
10 Le vieux château04'15
11 Nuit d'hiver03'10
12 Giovanni03'48
13 Les relations mondaines02'02
14 Vous, qui passez sans me voir02'20
15 Bonsoir, jolie madame03'29
16 En quittant une ville02'16
17 Le soleil a rendez-vous avec la lune02'26
18 La route enchantée03'08
19 Les trois roses02'43
20 La vie est une aventure02'45
21 Quelque part, deux amants03'14
22 Cloches, sonnez03'02
23 Le jardin extraordinaire02'48
« Un travail indispensable ! » par Jukebox Magazine

Frémeaux poursuit un travail indispensable, la réédition intelligente et aussi complète que possible de ce géant de la chanson française, Charles Trenet. Responsable de la série et auteur du texte, Daniel Nevers dédicace le 12e volet à Cabu (1938-2015), fanatique du « Fou chantant ». Dans ce CD double (46 plages, livret 32 p. français-anglais) se trouve un récital donné par Charles Trenet le 19 novembre 1956 à l’Olympia (16 chansons). Un temps cinéma, la célèbre salle parisienne est redevenue music-hall en février 1954, dirigée par Bruno Coquatrix. Charles Trenet s’y produit cette année-là puis en 1955 et à nouveau en 1956 pour un mois. Sa prestation lors de la générale est enregistrée puis publiée en album (Columbia 122), mise en vente le lendemain, soir de la première ! Succès confirmés et nouveautés sont interprétés : « Où Sont-Ils Donc ? », « A La Porte Du Garage », « Revoir Paris », « Mam’zelle Clio », « Boum ! », etc. Avec son humour habituel, parfois grinçant, Charles Trenet dément un article de « France-Dimanche » qui prétend qu’il entrait en guerre contre Brassens, Bécaud, etc. Sa plus belle réponse prend la forme de « Moi, J’Aime Le Music-Hall ». En juin 1958, il enregistre au studio Magellan un super 45 tours plus un cinquième titre au parfum nostalgique, diffusé plus tard avec succès, « Le Piano De La Plage ». En mai 1959, Charles Trenet grave « Les Relations Mondaines ». Quelques jours après il réenregistre des œuvres anciennes. « Bonsoir, Jolie Madame », « Le Soleil A Rendez-Vous Avec La Lune », « La Route Enchantée », « En Quittant Une Ville ». Ce florilège présente aussi des interprètes, Colette Renard, Catherine Sauvage, Annie Fratellini, Les Djinns, Mouloudji. Des  versions instrumentales, plutôt jazz, sont jouées par Michel de Viers & Jean-Pierre Sasson Quintet, Georges Arvanitas Trio, André Reweliotti, Bernard Zac & Claude Gousset. En 1957, avec la complicité de Boris Vian, son directeur artistique chez Fontana, André Popp trafique le son des instruments en variant les vitesses d’enregistrement. Les résultats – dont « La Java Du Diable », « La Polka du Roi » - sortent en 33 tours sous le nom d’Elsa Poppin et sa Musique Sidérante.
Par Jean-William THOURY – JUKEBOX MAGAZINE




« Quelques reprises pour jazzfan » par Jazz Magazine

Outre Trenet lui-même, quelques reprises pour le jazzfan : « La Java du diable et La Polka du Roi » par Elsa Poppin’& sa musique sidérante (André Popp, CDODRL, clin d’œil de la rédaction à Fred Pallem), des solos de Michel de Villers, Jean-Pierre Sasson et Eddie Bernard sur un « Ménilmontant » suranné, « Boum ! et Où sont-il donc ? » par le trio de Georges Arvanitas, « Les enfants s’ennuient le dimanche » par le sextette d’André Reweliotty et surtout… « J’ai ta main » par la délicieuse Annie Fratellini & Les Jazzmen (Roger Guérin, Raymond Fol, Sacha Distel, Pierre Michelot et Kenny Clarke).
Par Alfred SORDOILLET – JAZZ MAGAZINE