FADO

LISBOA - COIMBRA 1926-1941

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Booklet : 48 PAGES - ENGLISH NOTES
Number of CDs : 2


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FA153

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A l'origine musique des mauvais garçons de Lisbonne puis des étudiants de Coimbra, le fado est l'expression de la saudade, ce spleen inséparable de l'âme portugaise. Ces enregistrements échelonnés entre 1927 et le milieu des années trente en restituent l'essence même. Un coffret de 2 CD avec un livret de 24 pages réalisé par Dominique Cravic et Henri Lecomte qui est reconnu au Portugal comme dans le reste du monde qui s'intéresse à la World Music comme l'ouvrage de référence sur l'histoire musicale urbaine de Lisbonne.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés - Ecouter les racines de la World Music.

Les ouvrages sonores de Frémeaux & Associés sont produits par les meilleurs spécialistes, bénéficient d’une restauration analogique et numérique reconnue dans le monde entier, font l’objet d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.
This album, issued by the world-famous publishers, Frémeaux & Associés, has been restored using the latest technological methods. An explanatory booklet of liner notes in English and a guarantee are included.
FADO 1926-1931 FA 153

FADO 
1926-1931   

LISBOA-COIMBRA








Le fado, musique de la nuit, tire son nom du latin fatum, le destin. Cette musique urbaine jouée dans les bars de Lisbonne ou, sous une forme plus policée à Coimbra, a des origines incertaines. Une origine très ancienne lui est parfois attribué. Il serait en relation avec le plang, un genre de chansons élégiaques dont deux formes sont mentionnées dans un traité poétique du XIVe siècle, inclus dans le «Cancioneiro» de la Biblio­thèque Nationale du Portugal. La pre­mière forme, cantiga de amigo, est un chant de femme, comme c’est le cas la plupart du temps, à Lisbonne. La seconde forme, cantiga de amor, est un chant d’homme, comme c’est le cas à Coimbra.C’est cependant sous le règne de Dom João VI (1816-1826) que le fado commence à se faire connaître.Certains, comme Pinto de Carvalho qui évoque à son propos les chansons nostalgiques des matelots portugais, voient son origine dans un style de chansons de marins pratiqué au XIXe siècle à Lisbonne, dans le quartier de l’Alfama, qui devait voir naître plus tard celle qui est devenue le symbole de cette musique, Amàlia Rodrigues. D’autres auteurs, comme Braga, lui attribuent des origines mauresques, alors que Luís Moita ou Alberto Pimentel y voient des origines sub-sahariennes. Enfin, un livre récent (José Ramos Tinhorão, «Fado. Dança do Brasil, cantar de Lisboa. O fim de um mito», Caminho da música, Lisbonne, 1994) a fait sensation en attribuant au genre des origines brésiliennes. Une danse appelée fado se pratiquait à Rio de Janeiro à la fin du XVIIIe siècle. Elle était accompagnée par une guitare et un chœur.L’écrivain Padre Rabecão donne une description de l’un des fadistas de Lisbonne, qui rappelle le portrait des apaches tels que les voyaient les romanciers populaires français du XIXe siècle : «un jeune homme de dix-neuf ou vingt ans, portant une veste courte, un chapeau sur le côté, une cein­ture de soie roulée à la manière d’un fa­dista, des pantalons de coton boueux, fumant son cigare à cinq réis.»

Vers 1830, apparut la première chanteuse de fado, Maria Severa, une prostituée vivant dans l’un des quartiers pauvres de la ville, Mouraria. Les amours orageuses de la chanteuse gitane avec le comte de Vimioso, un aristocrate excentrique, version portugaise de Milord l’Arsouille, défrayèrent la chronique de la bonne société de Lisbonne. Nous ne connaîtrons jamais la voix de la belle hétaïre (qui s’accompagnait elle-même à la guitare), puisque les premiers enregistrements représentatifs du fado ne virent le jour que dans les années vingt. Cette histoire romantique inspira cependant l’imagination lusitanienne, puisque le premier film parlant du Portugal «A Severa», réalisé par José Leitào de Barros, fut consacré à cette aventure amoureuse. L’actrice principale était Dina Teresa et les fados étaient interprétés par Mariana Alves et Paradela d’Oliveira. Les enregistrements eurent lieu en France, aux studios d’Épinay, et René Clair participa au scénario avec J. H. Brunius et Leitào de Barros, en adaptant un roman populaire de Julio Dantas.Lié à la fameuse saudade, ce spleen typique de l’âme lusitanienne, le fado, selon le grand écrivain Fernando Pessoa, n’est «...ni gai ni triste. Il se situe entre les deux. Il a créé l’âme portugaise qui n’existait pas et qui lorsqu’elle désirait tout n’était pas capable de désirer. Le fado est la lassitude d’une âme intense, l’air de mépris avec lequel le Portugal considérait le Dieu en lequel il avait eu confiance mais qui l’avait abandonné. Dans le fado les dieux reviennent, sanctifiés et lointains.»Le fado a une forme strophique, qui utilise le mode majeur comme le mode mineur. Ses instruments de prédilection sont la viola, une guitare à quatre ou cinq cordes, et la guitarra, un luth à fond plat proche d’autres instruments européens, tels un cistre anglais, le cittern ou English guitar, ou un instrument espagnol, la bandurria. Le premier luthier connu de guitarras fut Joaqim José Galrão (1760-1787) qui fabriqua des instruments à cinq puis à six chœurs de cordes.

La viola joue les harmonies et les lignes de basses, alors que la guitarra improvise des contre-champs à la voix. Les rythmes sont le plus souvent binaires.Quand on le chante sans variations ni modulations, le fado est appelé populairement fado corrido, alors que s’il est en mode mineur et qu’il exprime un sen­timent de fatalité, on l’appelle chora­dinho.Le premier ouvrage sur le fado, «História del Fado” de Pinto de Carvalho (Tinop), parut en 1903, suivi un an plus tard de «A triste Canção do Sul» d’Alberto Pimentel. Il fallut attendre 1936 pour la parution du troisième ouvrage important, «O Fado / Canção dos Vencidos», écrit par Luís Moita. On peut également consulter avec profit deux ouvrages récents, «Lisboa, O Fado e os Fadistas», éd. Vega, Lisbonne, 1992, d’Eduardo Sucena (ouvrage qui traite aussi, comme son titre ne l’indique pas, de l’école de Coimbra) et un ouvrage collectif, «Fado,Vozes e Sombras», Museu Nacional de Etnologia, Lisbonne, 1994.Ce furent les agents du bureau parisien de Gramophone qui commencèrent à mettre en œuvre une compagnie d’enregistrements, en 1925. Ils arrivaient au milieu d’une Lisbonne à l’activité incessante, où l’on pouvait entendre une pléiade de chanteuses et de chanteurs de fado dans une multitude de cafés, comme le Café dos Anjos, le café Luso (où se produisait un Alberto Riveiro, fraîchement arrivé de Porto), le Café Ginásio, le Café Restaurante do Coliseu, le Café Rialto ou le Café Portugal, à moins de préférer d’autres endroits comme l’Olímpia Club, le Salão Foz, l’Invicta Bar, ou le Salão Jansen, sans oublier les brasseries et les salles de cinéma.

Des grandes rencontres comme la «Grandiosa Festa do Fado», organisée en l’honneur du poète populaire João do Mata, qui se déroula au Salão Jansen le 7 février 1931, attiraient un public nombreux alléché par un plateau étincelant au sein duquel se produisaient notamment Maria Alice, Maria do Carmo, Maria Emília Ferreira et Hermínia Silva. L’année suivante, le 13 mars 1932, c’était au tour du «Centro Escolar Republicano Dr. Magalhões Lima» d’organiser une nouvelle «Grandiosa Festa», cette fois en hommage au rédacteur en chef de la revue «Guitarra de Portugal», João Oliveira Vidal. Parmi les artistes présents, on put entendre Maria Alice, Maria do Carmo et Maria Emìlia Ferreira ainsi que Joaqim Pimentel et José Porfirio.C’est cette époque bouillonnante de créativité et de vie nocturne passionnée, que tente de faire revivre ce coffret d’enregistrements devenus historiques.

Les artistes
Maria Alice (CD 1, plage 13), de son vrai nom Glória Mendes Leal Carvalho, est née à Figueira da Foz le premier septembre 1904. Arrivée à Lisbonne à trois ans, elle épouse à seize ans un avocat, dont elle divorce six ans plus tard. Sa carrière professionnelle commence comme choriste dans la revue «Màgica do Bolo-Rei» à l’«Eden Teatro». Elle participe ensuite à plusieurs opérettes dont la fameuse «História do Fado», en 1931. Elle part ensuite pour le Brésil avec la «Companhia» de José Loureiro et gagne alors le titre de meilleure chanteuse, à Rio de Janeiro, avec 21597 votes!

Estevão da Silva Amarante (CD 1, plage 7) est né le 9 janvier 1889 à Lisbonne. Acteur de théâtre, il commence à chanter dans des sociétés d’amateurs et des théâtres populaires un répertoire de chansonnettes parmi lesquelles «Toma là Cerejas» lui vaut un grand succès. Il incorpore des fados dans ses revues comme «Água-Pé» (1927) ou «Tremoço Saloio» (1929). Il présente des centaines d’œuvres de toutes sortes à la tête de sa compagnie Satanella-Amarante avant de partir au Brésil, pour revenir au Portugal en 1934.

Fernanda Baptista (CD 1, plage 16) chante dans la revue «Banhos de Sol» en 1945.

Edmundo Bettencourt (CD 2, plage 6) est né à Funchal en 1899. Arrivé à Lisbonne, il fréquente la Faculté de Droit, avant de se rendre à Coimbra où il devient un interprète renommé du Fado-Serenata. Il fait également partie d’un mouvement littéraire et publie dans la revue «Prença» des poèmes en compagnie d’autres membres du groupe comme José Régio, João Gaspar Simões, Miguel Torga, Branquinho da Fonseca, Adolfo Casais Monteiro ou Alberto Serpa. Dans son chant, il a su créer un style personnel, loin de l’expressionnisme des fadistas de Lisbonne.

Maria do Carmo (CD 1, plage 10) commençe à chanter dès l’âge de onze ans. Fille de paysans de Moura, elle arrive à Lisbonne à l’âge de trois ans. Elle gardera tout au long de sa carrière sa première profession de couturière. Sa voix ardente fait merveille dans l’opérette «História do Fado», donnée en 1931 au «Teatro Maria Vitória». Surnommée «Alta» en raison de sa grande taille, elle effectue plusieurs tournées en Espagne et au Brésil.

Alfredo Rodrigo Duarte (CD 2, plage 12), roi incontesté du fado, est né à Lisbonne le 25 février 1891. Dès l’âge de treize ans, il commence à travailler comme charpentier. Son physique gracile lui permet ensuite de jouer des rôles travestis dans des films muets, la morale de l’époque ne permettant pas aux actrices de se produire dans des films. Il joue ainsi la fiancée du Duc de Guise dans le film éponyme. C’est vers 1906 que sa vocation de fadista s’éveille, guidée par son oncle maternel, José Coelho, qui lui apprend le chant et la guitarra. Il commence alors à chanter dans des cabarets, parfois accompagné par un pianiste. Il lance ensuite la mode de chanter à la lueur de chandelles au «Chiado-Terrasse», créant de la sorte une atmosphère de recueillement. Il grave son premier disque en 1930. En 1948, sa prestation au «Café Luso» le consacre «Roi du fado» et marque le couronnement de sa carrière.

Maria Emília Ferreira (CD 2, plage 17) commençe à chanter le fado en 1912. En 1927, devenue professionnelle, elle reste au Portugal alors que c’est la grande mode de partir au Brésil. L’âcreté faubourienne de sa voix (dans le même style que celui de Maria Silva) en fait l’une des artistes les plus aimées par le public.

Salvador Freire (CD 1, plages 2 & 14) est un joueur de guitarra de l’école d’Armandinho. Il grave quelques faces en 1916, avant d’aller se fixer à Luanda, en Angola.

Lucas Rodrigues Junot (CD 2, plage 5), surnommé le «Rossignol de Mondego», est né à Santos, au Brésil, de parents portugais, le 20 janvier 1902. Il arrive en 1914 à Coimbra, où il apprend le chant et la musique. Il se positionne vite en tant que successeur d’António Menano, grâce à la douceur de sa voix. Il débute en chantant des romances, en s’accompagnant à la guitarra dans les rues de Coimbra, jusqu’à ce que son enregistrement du «Fado dos Pasarinhos» (CD 2, plage 5) d’António Menano, enregistré à Londres pour la compagnie Columbia Gramo­phone, le rende célèbre. Plus tard, il part faire un bref séjour à Luanda, comme fonctionnaire de la «Banco de Angola», avant de rejoindre son Brésil natal, où il décède le 29 août 1968. Il fut, sans conteste, la plus grande étoile du fado de la Coimbra de son époque.

Artur Paredes (CD 2, plages 7 & 8) est né à Coimbra le 10 mai 1899. Étudiant dans un établissement privé, il fait partie de l’»Orfão Acadé­mico», sans être jamais passé par l’université. Son père, Gonçalo Paredes, et son oncle, Manuel Paredes, étaient deux joueurs de guitarra renommés. Jusqu’en 1935, il travaille à la «Banco National Ultramarino», tout en gardant des relations avec le milieu académique. C’est alors qu’il se fixe à Lisbonne, pour accompagner des chanteurs renommés comme Antònio Menano, Agostinho Fontes, Armando Goes et Edmundo Bettencourt. Sa série de soli instrumentaux appelée «Variações» devait ouvrir à la guitarra des horizons insoupçonnés. Il est également le père de l’excellent Carlos Paredes qui a repris le flambeau familial et élargit actuellement à son tour les limites de la guitarra.

Joaqim Pimentel (CD 1, plage 8) est né à Porto, où il fait ses débuts de chanteur amateur. Il part ensuite à Lisbonne pour être footballeur dans le «Club Os Belenenses», avant de se produire au «Retiro de Severa» en 1933, où sa voix l’impose au premier rang des chanteurs. Il part ensuite en 1934 pour une grande tournée au Brésil où il se fixe définitivement en 1947, à São Paulo.

José Porfirio (CD 2, plage 15) est né à Lisbonne. Cordonnier, puis chauffeur, il chante en amateur au «Centro Escolar Republicano Fernão Boro Machado». Il passe ensuite à la «Cervejeria Boémia» et à la «Rosa Branca». Son frère, Ricardo Porfirio devient lui-même professionnel en 1929.

Hermínia Silva (CD 2, plages 3 & 4) se fait connaître dans la revue «Zé dos Pacatos», en 1934. Après de nombreuses tournées au Brésil, aux États-Unis et au Canada, elle fait une de ses dernières apparitions publiques en 1981, pour la colonie portugaise de Paris.

Maria Silva (CD 1, plage 12) signe son premier contrat d’exclusivité dès 1927. Sa voix puissante, poignante et d’un expressionnisme débridé, est typique des débuts du genre.
Henri Lecomte
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA, 1998.

CD réalisé à partir des collections de Robert Crumb, Maurice Desrame et Dominique Cravic.          
Remerciements à Elisio Perreira.


english notes
The word, fado, is derived from the Latin, fatum, meaning destiny.  It is uncertain as to the exact origin of this urbane night music which is played in the bars in Lisbon, and in a more civilised style in Coimbra.Some believe it to have ancient roots, taken from plang, elegiac songs, two forms of which were mentioned in a fourteenth century document in the “Cancioneiro” of Portugal’s National Library.  The first form, named the cantiga de amigo is a song for women, as were the majority in Lisbon at that time, and the second, the cantiga de amor is one for men, as is the case in Coimbra.It was, however, during the reign of Dom Joao VI (1816-1826) that fado gained recognition.Amongst others, Pinto de Carvalho, who evokes the nostalgic airs sung by the Portuguese sailors, reckons that it originates from the XIXth century style of seamen songs as were heard in the Alfama district of Lisbon, where the symbol of fado, Amàlia Rodrigues, was to be born.  Others, such as Braga, insist on its Moorish origins, whereas Luis Moita and Alberto Pimentel believe that its provenance is sub-Saharan.  Finally, a book (José Romos Tinhorão, “Fado, Dança do Brasil, cantar de Lisboa.  O fim de um mito”, Caminho da musica, Lisbon, 1994) recently caused a sensation by stating that its true source is Brazil.  At the end of the XVIIIth century, a dance called the fado existed, which was accompanied by a guitar and a chorus.

The writer, Padre Rabecao, describes one of the Lisbon fadistas, reminiscent of the apaches, Parisian street ruffians as depicted in popular French novels in the 19th century, as “a young man of nineteen or twenty, wearing a short jacket, a hat tilted to one side, a belt made of rolled silk in the fadista style, muddy cotton trousers, smoking a cheap cigar”.Around 1830, the first female fado singer appeared, Maria Severa, a prostitute who lived in a poor district of Mouraria.  Her stormy love affair with the Count of Vimioso, an eccentric aristocrat was soon the talking point of the whole of Lisbon’s high society.  Unfortunately, we will never hear her voice or strumming (she also played the guitar), as the first recordings made of fado were later, in the twenties.  Notwithstanding, this romantic story stirred the imagination of the Lusitanians, as Portugal’s first talking movie, “A Severa”, directed by José Leitào de Barros, was dedicated to this adventure.  The leading actress was Dina Teresa and the fados were interpreted by Mariana Alves and Paradela d’Oliveira.  The recordings took place in the Epinay studios in France, and René Clair participated in the scenario along with J.H. Brunius and Leitào de Barros - an adaptation of a novel by Julio Dantas.According to the famous writer, Fernando Pessoa, fado is “neither happy, nor sad.  It is somewhere between the two.  It created the Portuguese spirit which didn’t exist before, and which wanted everything and yet wasn’t really capable of desiring.  Fado shows the lassitude of an intense soul, and Portugal’s contempt for God, in whom they had trusted but had been abandoned. 

In fado, the gods return, sanctified and distant”.  Fado has a stanza’d form and uses major and minor keys.  The most commonly used instruments are the viola, a four or five-stringed guitar, and the guitarra, a flat-backed lute which resembles certain other European instruments, such as the cittern, or English guitar and the Spanish bandurria.  The first known player of the guitarras was Joaqim José Galrao (1760-1787).  The viola plays the harmony and the bass lines whereas the guitarra provides the counter-melody.  The rhythm usually follows the binary number system.When fado is sung without variations or modulations, it is commonly known as fado corrido, and when it is in a minor key and expresses misfortune it is called choradinho.The first book dedicated to fado was “História del Fado” by Pinto de Carvalho (Tinop), published in 1903.  A year later it was followed by “A triste Canção do Sul” by Alberto Pimentel.  The following book of importance came out in 1936 - “O Fado/Canção dos Vencidos” written by Luis Moita.  Two recent works are also of interest, “Lisboa, O Fado e os Fadistas” (Vega, Lisbon, 1992) by Eduardo Sucena, and “Fado, Vozes e Sombras”, Museu Nacional de Etnologia, Lisbon, 1994.

In 1925, the Parisian branch of Gramophone decided to start recording fado.  The team arrived in Lisbon to find a bustling city where a pleiad of fado singers could be heard in cafés including the Café dos Anjos, Café Luso (where Alberto Riviero performed, having just arrived from Oporto), Café Ginásio, Café Restaurante do Coliseu, Café Rialto and Café Portugal as well as in other venues such as the Olímpia Club, the Salão Foz, the Invicta Bar and the Salão Jansen, not forgetting the restaurants and cinemas. Concerts were organised where artists got together, such as the “Grandiosa Festa do Fado”, held in honour of the popular poet João do Mata and which took place in the Salão Jansen on 7th February 1931, attracting crowds to see performers including Maria Alice, Maria do Carmo, Maria Emília Ferreira and Hermínia Silva.  The following year, on 13th March 1932, saw another “Grandiosa Festa” this time organised by the “Centro Escolar Republicano Dr. Magalhões Lima” , paying tribute to the editor of the magazine “Guitarra de Portugal” João Oliveira Vidal.  On this occasion Maria Alice, Maria do Carmo, Maria Emília Ferreira, Joaqim Pimentel and José Porfirio could be heard.The present collection of recordings which have gone down in history will give you a taste of this effervescent era of creativity and night-life.
Adapted by Laure WRIGHT from the French text of Henri Lecomte
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA, 1998

The Artists
Maria Alice (CD 1, track 13) was born under her true name, Glória Mendes Leal Carvalho in Figueira da Foz on 1st September 1904.  She first arrived in Lisbon at the age of three, then married a lawyer when sixteen, who she was to divorce six years later.  Her career began as a chorus singer in the revue, “Màgica do Bolo-Rei” in the Eden Teatro.  She consequently participated in several operettas including the famous “História do Fado” in 1931.  She then left for Brazil with José Loureiro’s “Companhia” where she was awarded the title of best female singer in Rio de Janeiro, obtaining 21597 votes!

Estevão da Silva Amarante (CD 1, track 7) was born on 9th January 1889 in Lisbon.  He became a theatrical actor, and began singing in amateur groups and popular theatres, using a repertory of ditties, including the successful “Toma là Cerejas”.  He included some fados in his shows, such as “Água-Pé” (1927) and “Tremoço Saloio” (1929).  He interpreted hundreds of works at the head of his company, the Satanella-Amarante, before leaving for Brazil.  He returned to Portugal in 1934.

Fernanda Baptista (CD 1, track 16) sang in the show entitled “Banhos de Sol” in 1945.

Edmundo Bettencourt (CD 2, track 6) was born in Funchal in 1899.  Upon his arrival in Lisbon, he was a law student before going to Coimbra where he became a renowned interpreter of the Fado-Serenata.  He also belonged to a literary movement, and published poems in the revue “Prença” with other members of the group such as José Régio, João Gaspar, Simões, Miguel Torga, Branquinho da Fonseca, Adolfo Casais Monteiro and Alberto Serpa.  His singing was personalised by his individual style, which was far from the expressionism of the Lisbon fadistas.

Maria do Carmo (CD 1, track 10) began singing at the age of eleven.  She was the daughter of farm labourers in Moura, and arrived in Lisbon at the age of three.  Throughout her career, she never renounced her first trade, that of a seamstress.  Her ardent voice was perfect in the operetta, “História do Fado”, performed in 1931 in the “Teatro Maria Vitoria”.  With the nick-name of “Alta” (due to her height), she toured Spain and Brazil on several occasions.

Alfredo Rodrigo Duarte (CD 2, track 12) who was undeniably the king of fado, was born in Lisbon on 25th February 1891.  At the age of thirteen he began working as a carpenter.  Due to his slender physique, he often played travestied roles in silent movies, as actresses were not allowed to perform in films in those days.  He thus played the part of the fiancée of the Duke of Guise in the eponymous film.  Around 1906 he began to pursue his vocation as a fadista, guided by his uncle, José Coelho, who taught him how to sing and play the guitarra.  He then started singing in cabarets, sometimes accompanied by a pianist.  After “Chiado-Terrasse” with its contemplative atmosphere, singing by candle-light was made fashionable.  His first record was cut in 1930.  His career was at its zenith in 1948, following his performance in “Café Luso” making him the king of fado.

Maria Emília Ferreira (CD 2, track 17) began singing fado in 1912.  In 1927 she turned professional but remained in Portugal, instead of following the fashion of leaving for Brazil.  Her voice had a suburban pungency (rather in the same style as that of Maria Silva), making her one of the most popular singers.

Salvador Freire (CD 1, tracks 2 & 14) was a guitarra player of the Armandinho school.  He cut several sides in 1916 before moving to Luanda, Angola.

Lucas Rodrigues Junot (CD 2, track 5), nicknamed the “Nightingale of Mondego” was born in Santos, Brazil, of Portuguese parents on 20th January 1902.  He arrived in Coimbra in 1914, where he learnt music and singing.  The softness of his voice rapidly ranked him as successor to António Menano.  He began by singing sentimental songs, accompanied by his guitarra in the streets of Coimbra until the recording of António Menano’s “Fado dos Pasarinhos” in London, for the Columbia Gramophone label, which made him famous.  Later, he left for Luanda where he worked in the “Banco de Angola” before going back to his home country, Brazil, where he died on 29th August 1968.  He was, without a doubt, Coimbra’s greatest fado artist of his time.

Artur Paredes (CD 2, tracks 7 & 8) was born in Coimbra on 10th May 1899.  He was a student in a private establishment, and belonged to the “Orfão Académico” without ever having been to university.  His father, Gonçalo Paredes and his uncle, Manuel Paredes, were two famous guitarra players.  Until 1935, he worked in the “Banco National Ultramarino” still maintaining contact with the academic world.  He then moved to Lisbon where he accompanied well-known singers including António Menano, Agostinho Fontes, Armando Goes and Edmundo Bettencourt.  His instrumental solos, under the name of “Varioções” were to open new horizons for the guitarra.  His son, the excellent Carlos Paredes, has followed the family footsteps, and, in turn, is extending the limits of the guitarra.

Joaqim Pimentel (CD 1, track 8) was born in Oporto, where he started out as a singer-come-animator.  He then left for Lisbon where he became a football player for the “Club Os Belenenses” before appearing in “Retiro de Severa” in 1933, where the quality of his voice ranked him amongst the top singers.  In 1934 he toured Brazil, and took permanent residence in São Paulo in 1947.

José Porfirio (CD 2, track 15) was born in Lisbon.  He worked as a shoe-maker, then a chauffeur before becoming an amateur singer in “Centro Escolar Republicano Fernão Boro Machado”.  He then went onto the “Cervejeria Boémia” and the “Rosa Branca”.  His brother, Ricardo Porfirio turned professional in 1929.

Hermínia Silva (CD 2, tracks 3 & 4) was first recognised in the revue ,“Zé dos Pacatos” in 1934.  After many tours in Brazil, the United States and Canada, she made one of her last public performances in 1981 for the Portuguese colony in Paris.

Maria Silva (CD 1, track 12) signed her first exclusive contract in 1927.  She is characterised by her powerful and poignant voice and unbridled expressionism.

CD 1
1. VARIAÇOES EM FÁ MAJOR (Carlos de Maia). MANUEL DE LANCASTRE, guitarra, acc. viola. Columbia (U. K.) ML 181 (CP 851-1)          3’06”
2. FADO EM RÉ MENOR VARIAÇOES (Salvador. Freire). SALVADOR FREIRE & GEORGINO DE SOUZA, solo de guitarra portuguesa, acc. de viola. Columbia (U. K.) J 624 (P 34)          2’43”
3. VARIAÇOES SOBRE O FADO (Antonio Martins). ANTONIO MARTINS, solo de ocarina. Columbia (USA) 1058-X (P 259)         2’52”
4. OLARILOLELA. MARIA MÉLIA & CARDOSO PESSOA, acc. guitarras & viola. Brunswick (France) A 8023 (1690 BF) 1929     3’17”
5. FADO CANÇAO «LAGARTO». SALVADOR FREIRE et choeur. Columbia 1030-X (P 79)            2’41”
6. FADO ROBLES’. JOSÉ JOAQIM CAVALHEIRO, guitarra, acc. viola. HMV (U. K.) EQ 175 (7-69330)        3’02”
7. FADO DO CAROTO DOS JOR. ESTEVÃO DA SILVA AMARANTE, baryton. Columbia (USA) 1030 X (P 49)          2’28”
8. TODAS ASSIM (Luiz Ribeiro). JOAQIM PIMENTEL, acc. A. FERREIRA & A. RODRIGUES, guitarras. Odeon (Brésil) 11.335 (5243)      2’43”
9. VARIAÇOES SOBRE O FADO. RICO & ALEX, deux concertinas. Polydor (France) (1563 BF) 1929   2’41”
10. QUE PENA - FADO. MARIA DO CARMO, acc. guitarra & viola. Columbia (U. K.) DL 113 (P 718)        3’11”
11. FADO DO PARAIZO (FADO DA OUVIDA). ALBERTO XAVIER PINTO, guitarras & viola. Polydor (France) 42223 (2610-BK 1929) 3’04”
12. FADO FADISTA. MARIA SILVA (MARIA SINHA), com acc. de guitarras & viola. HMV (U. K.) EQ 252 (BG 32)          2’50”
13. MINHA MÃE - FADO (Armando Neves, Julio Proença). MARIA ALICE, guitarra & viola. Columbia (U. K.) ML 312 (CP 696)     3’07”
14. FADO CORRIDO (VARIAÇOES). SALVADOR FREIRE & GEORGINO DE SOUZA, solo de guitarra portuguesa, acc. viola. Columbia (U. K.) J 625 (P 23)          2’59”
15. MALMEQUER PEQUENINO (FADO) (João Noronha). JOÃO DO CARMO, baryton. Columbia (U. K.) J 807 ( P 117) 2’50”
16. MINHA SINA (FADO) (Luciano Marques, Carlos Neves). FERNANDA BAPTISTA, guitarra & viola. Parlophone (U. K.) PM 23 (CEF 62-3)            3’00”
17. FADO FOGUETE DE LAGRIMAS (Alves Cuelo). ANTONIO MARTINS, solo de ocarina. Columbia (USA) 1058-X (P 260)  2’47”
18. CANINHA VERDE. RICO & ALEX, deux concertinas acc. guitarra & viola. Polydor (France) P 49014 (1565 BF) 1929      2’27”         
Temps total : 52’46”

CD 2
1. FADO ANITA (Alves Coelho). ADELINA FERNANDES, soprano. Columbia J 608 (P 48) (U. K.) circa 1928.      2’56”
2. COIMBRA (Dr. José Galhardo, Raoul Ferrão) (du film CAPAS NEGRAS). ALBERTO RIVEIRO E SEU CONJUNTO COM MAESTRO FLORES. HMV (U. K.) MQ 48 (DPC 103-2)       3’00”
3. FADO DO MELANCIA (Dr. José Galhardo, Raoul Ferrão). HERMÍNIA SILVA, guitarra VICTOR RAMOS & viola ABEL NEGRÃO. Columbia (U. K.) ML 99 (CP 965-2)             2’32”
4. O DIA EM QUE EU NASCI (FADO) (Dr. José Galhardo, Raoul Ferrão). HERMÍNIA SILVA, guitarra VICTOR RAMOS viola ABEL NEGRÃO. Columbia (U. K.) ML 120 (CP 966-2) 3’01”
5. FADO DOS PASARINHOS (Dr. Antonio Menano). Dr. LUCAS JUNOT, acc. guitarra & viola. Columbia 8103 (P 191) circa 1928, Lisbonne     2’36”
6. SAUDADINHA. Dr. EDMUNDO DE BETTENCOURT, acc. guitarra & viola. Columbia BL 1005 (48677) décembre 1929, Lisbonne          2’47”
7. VARIAÇOES EM RÉ MENOR. ARTUR PAREDES, guitarra solo, acc. ALFONSO SOUZA, guitarra & G. BARBOSA, viola. HMV EQ 74 (7-69281) mai 1927, Lisbonne         2’55”
8. BAILADOS DO MINHO. ARTUR PAREDES, guitarra solo, acc. ALFONSO DE SOUZA, guitarra & G. BARBOSA, viola. HMV EQ 74 (7-69280) mai 1927, Lisbonne         2’32”
9. FADO DE SE VELHA. JOSÉ PAREDELA D’OLIVEIRA, vocal, acc. de F. MORAIS, viola & ANTONIO DIAS, guitarra. HMV EQ 86 (7-62173) mai 1927, Lisbonne          3’26”
10. RAMALDEIRA. JOSÉ JOAQIM CAVALHEIRO Jr., guitarra solo, avec J. CAMPOS, viola. Polydor P 48502 (1546 BF) fin des années vingt, Lisbonne      2’57”
11. FADO MAIOR. JOSÉ JOAQIM CAVALHEIRO Jr., guitarra solo, acc. de J. CAMPOS, viola. Polydor P 48502 (Mx 1547 BF) fin des années vingt, Lisbonne   2’59”
12. OLHOS FATAIS. ALFREDO DUARTE, vocal, acc. guitarra & viola. Columbia DL 121 (CP 817) milieu des années trente     3’14”
13. CABELO BRANCO. ALFREDO DUARTE, vocal, acc. guitarra & viola. Columbia DL 121 (CP 818) milieu des années trente   3’04”
14. QUEM MAIS JURA. MADALENA DE MELO, vocal, acc. AREMANDINHO, guitarra & G. DE SOUZA, viola. HMV EQ 195 (7-63136)     2’48”
15. CONSAGRAÇAO AO FADO. JOSÉ PORFIRIO, vocal, acc. JOSÉ MARQUES, guitarra & MARTINS D’ASSUNÇAO, viola. Columbia J 890 (43234)           2’38”
16. CIGANITA. ARMANDINHO FREIRE, guitarra solo, acc. FERNANDO REIS, viola. HMV EQ 362 (OPC 12)          2’42”
17. FADO FRANKELIN. MARIA EMÍLIA FERREIRA, vocal, acc. guitarra & viola. Columbia J 804 (26779) circa 1929, Lisbonne      2’57”
18. O MEU PORTUGAL. ERMALINDA VITORIA, vocal, acc. JOSÉ MARQUES, guitarra & MARTINS D’ASUNÇAO, viola. Columbia J 883 (43233) juin 1929, Lisbonne  2’54”         
Temps total : 52’57


CD Fado 1926 - 1931 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 VARIACOES EM FA MAJOR - DE LANCASTRE03'09
02 FADO EM MENOR VARIACOES - FREIRE02'46
03 VARIACOES SOBRE O FADO - MARTINS02'55
04 OLARILOLELA - MELIA ET CARDOSO PESSOA03'20
05 FADO CANCAO LAGARTO - FREIRE02'44
06 FADO ROBLES - CAVALHEIRO03'05
07 FADO DO CAROTO DOS JOR - DA SILVA AMARANTE02'31
08 TODAS ASSIM - PIMENTEL02'46
09 VARIACOES SOBRE O FADO - RICO ET ALEX02'43
10 QUE PENA FADO - DO CARMO03'14
11 FADO DO PARAIZO - XAVIER PINTO03'07
12 FADO FADISTA - SILVA02'53
13 MINHA MAE FADO - MARIA03'09
14 FADO CORRIDO (VARIACOES) - FREIRE03'02
15 MALMEQUER PEQUENINO (FADO) - DO CARMO02'53
16 MINHA SINA (FADO) - BATISTA03'03
17 FADO FOGUETE DE LAGRIMAS - MARTINS02'50
18 CANINHA VERDE - RICO ET ALEX02'28
CD 2
01 FADO ANITA - FERNANDES02'59
02 COIMBRA - RIVEIRO03'03
03 FADO DO MELANCIA - SILVA02'34
04 O DIA EM QUE EU NASCI (FADO) - SILVA03'04
05 FADO DOS PASARINHOS - JUNOT02'39
06 SAUDADINHA - DE BETTENCOURT02'50
07 VARIACOES EM RE MENOR - PAREDES02'58
08 BAILADOS DO MINHO - PAREDES02'35
09 FADO DE SE VELHA - PAREDELA D OLIVEIRA03'29
10 RAMALDEIRA - CAVALHEIRO03'00
11 FADO MAIOR - CAVALHEIRO03'02
12 OLHOS FATAIS - DUARTE03'17
13 CABELO BRANCO - DUARTE03'07
14 QUEM MAIS JURA - DE MELO02'51
15 CONSAGRACAO AO FADO - PORFIRIO02'41
16 CIGANITA - FREIRE02'45
17 FADO FRANKELIN - FERREIRA03'00
18 O MEU PORTUGAL - VITORIA02'55
« Ces enregistrements en restituent l’essence même » par Courrier Océan

L’esprit dolent du Fado inspire manifestement l’éditeur de cette anthologie unique en son genre, puisqu’il se justifie en ces termes : « A l’origine musique des mauvais garçons de Lisbonne puis des étudiants de Coimbra, le fado est l’expression de la saudade, ce spleen inséparable de l’âme portugaise. Ces enregistrements échelonnés entre 1927 et le milieu des années trente en restituent l’essence même. »
On ne saurait mieux dire. Car pendant des décennies, le Fado s’est fait connaître dans le monde sous une forme « chanson réaliste » qui en a détourné beaucoup d’auditeurs français… « Piaf en portugais », cela pouvait nous sembler ennuyeux ! Mais depuis qu’une nouvelle génération de chanteuses s’emparent du Fado avec subtilité (Misa, Bevinda, Madredeuse), il est passionnant de redécouvrir les sources de ce genre étrange, né en même temps que le tango mais de notre côté de l’Atlantique. Et il est connu que nous mettons toujours plus de temps à découvrir ce qui nous est le plus proche.
Christophe DESHOULIÈRES – COURRIER OCÉAN, MAINE LIBRE




« Indispensable » par Écouter Voir

Le fado (du latin fatum, le destin), est surtout associé en France, de nos jours, à Amalia Rodriguez. L’origine du fado, joué ou chanté, est très incertaine, mais dès les années 20, prostituées, matelots, miséreux… ont commencé à se produire dans les bars de Lisbonne ou de Coimbra. Ce sont ces enregistrements très représentatifs et devenus historiques que le label Frémeaux & Associés nous propose ici, retraçant une époque, « bouillonnante de créativité et de vie nocturne passionnée ». Indispensable.
Léonie LABALETTE – ÉCOUTER VOIR




« Une anthologie variée, bien équilibrée » par Répertoire

La voici cette anthologie de fado qu’on était en droit d’attendre de la part d’un éditeur français. Voici, en un double CD formule Frémeaux, les débuts enregistrés de ce chant et de cette musique que le Portugal tente tant bien que mal de continuer à exploiter en lui attribuant un cachet indélébile marqué du saut de la saudade, cette mélancolie typique de l’âme lusitanienne.
Cette musique née dans les villes, à Lisbonne d’abord, puis à Coimbra, a eu ses heures de gloire – entendez par là ses meilleurs moments où l’expression du fado correspondait à un contexte social. On le chantait dans les cafés, dans les brasseries, il est né sur les lèvres des prostituées et des classes désoeuvrées. Le fado est une plainte, un chant de douleur, d’émotion, de résignation. Petit à petit, il se fera roi de la vie nocturne, rebondissant de créateur en créateur, de chanteuse en chanteuse. A Coimbra, plus proche de l’université, il sera plus intellectuel.
L’avantage de ce coffret, outre son livret clair et détaillé, est de nous emmener au cœur des premiers enregistrements réalisés par Columbia, HMV, Odeon, Polydor, Parlophone, Brunswick, etc, et de nous y balader avec forces détails, à la découverte de voix parois très connues comme Maria Silva, Maria Alice, Maria do Carmo ou José Porfirio. La viola, cette magnifique guitare portugaise, aux cordes groupées comme celles d’un cistre, est très présente également et l’on découvre, notamment, Artur Paredes, membre d’une célèbre famille de guitaristes et père du désormais très connu Carlos Paredes.
Cette anthologie variée, bien équilibrée, est un point de départ idéal pour écouter le fado et ce qu’il fut à cette époque importante. Les plus grands noms qui suivront immédiatement dans les années 30 et 40 en seront d’autant plus facilement reconnaissable et appréciable et viendront assez naturellement compléter le discothèque de celui qui aura apprécié la simplicité et la franchise de ce fado de début de siècle qui ne sentait par encore l’exploitation outrancière d’un style larmoyant.
Étienne BOURS – RÉPERTOIRE




« Pour une émotion à fleur de peau » par World Mag

« Le Fado est la lassitude d’une âme intense… », c’est un spleen, une « saudade » comme nous le dit Fernando Pessoa, c’est « ni gai, ni triste ». Les instruments de prédilection du Fado sont la vida (guitare à 4 ou 5 cordes) ou le luth guitarra. Ses rythmes sont binaires, le sentiment de fatalité à l’écoute du Fado provient peut-être de son mode mineur, qui est le plus couramment utilisé. Le Fado est une musique urbaine, qui respire la vie nocturne, la solitude des capitales. 1925 c’est le temps de créativité le plus intense à Lisbonne. Les chanteurs et chanteuses de Fado, des stars comme Maria Alice, Maria Silva, ou Alberto Riveiro, Alfredo Rodrigo Duarte, sont d’ailleurs tous présents sur la réédition. Ce coffret 2 cd contient des enregistrements historiques, de la période 1926-1931, entre Lisbonne et Coimbra, deux villes, deux modes d’interprétations, le tout avec 36 titres pour une émotion à fleur de peau. Les compositions sont soit chantées ou instrumentales, de toute façon elles sont la plupart du temps bien courtes (moins de 2mn 30). Le Fado possède des origines anciennes, peut-être a-t-il influencé d’autres pays que le Portugal, comme le Cap Vert et ses Mornas ou encore le Pérou et ses Valses de l’époque ? Quoi qu’il en soit, l’idée qu’un mystérieux cavalier va surgir et nous sauver comme le seul Zorro pourrait le faire n’est guère lointaine à l’écoute de ce spleen historique !
Hilda – WORLD MAG




« Le fado dans tous ses états! » par Télérama

Le fado dans tous ses états! Du plus rustique, avec de guillerettes guitares (Lisboa-Coimbra), au plus urbain, porté par des arrangements modernisants qui intègrent les cuivres (Fado). Entre les deux, des voix de femmes. Celles, gaies et primesautières, ou âpres et vindicatives, des chanteuses de saudade, enregistrées avant 1945, avec des clins d’œil à l’Espagne ancienne ou au tango argentin (As senhoras do fado). Celle d’Amalia Rodriguez enfin, la grande dame du fado, en une compilation d’enregistrements des années 50, époque où hélas elle se lassait tenter par les grands orchestres. Pour pimenter ce parcours dans des musiques qui, selon Fernando Pessoa, disent la « lassitude d’une âme intense ».  
Eliane AZOULAY - TÉLÉRAMA




« Un univers bouillonnant » par Inrockuptibles

Joué par les mauvais garçons et des filles de petite vertu, le fado suit le tracé de la nostalgie humaine. Dans la tragédie antique d’un destin fatal, il rebondit ainsi des rives du Mississippi (blues) aux goualantes de Damia. Car, bien davantage qu’à travers une exposition universelle, le Portugal existe par cette musique d’appel du large et d’incitation à la mélancolie. Qu’on lui attribue des origines maritimes, mauresques ou brésiliennes, le fado conte la sempiternelle romance impossible entre aristocrates s’encanaillant dans les quartier chauds et gitanes à la sensualité exubérante. Qu’on tente la césure entre une Lisbonne populaire, périlleuse dans ses tentations érotiques, et le centre universitaire de Coimbra, générateur de formes musicales plus élégantes, le fado chante toujours la prééminence des femmes et d’un dieu, aussi nécessaires que méprisés. Qu’on tente, enfin, d’en définir les contours techniques, et on l’asséchera. Joué sur les quatre ou cinq cordes de la viola et sur la guitarra, luth à fond plat, la musique, binaire, est simple comme un sentiment vital. Les paramètres – mode majeur ou mineur, duo ou voix féminine – disent peu de l’expressionnisme et de la puissance extrême du chant. Cette compilation fait donc resurgir les ombres d’un univers bouillonnant, où terrasses de cafés, cinémas et restaurants offraient pléthore de talents divers : la somptuosité d’une Maria Silva, déterminée comme toute femme en colère, la virtuosité de Salvador Freire ou de Manuel de Lancastre, sautillant par mesures et codas, le spleen irrépressible de João Do Carmo disent le fado dans toutes ses facettes, comme un kaléidoscope du cœur lusitanien.
Le coffret précise encore les différents aspects de cette musique jouée par des charpentiers, cordonniers, ou étudiants, qui rendaient la nuit plus intense. On se souvient alors du vers du marin immobile, et poète, Fernando Pessoa : « Je n’évolue pas, je voyage. » Et on comprend mieux le sillon tracé d’Amalia Rodriguez, fille du quartier de l’Alfama, à Robert Johnson le bluesman, et Cesaria Ecora la comtesse aux pieds nus. Nuits agitées et matins de désespoir, on comprend mieux, aussi, vanité et impétuosité de l’amour.   
Christian LARRÈDE – INROCKUPTIBLES




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