COUNTRY MUSIC

CHANGING TIMES : BLUEGRASS, HONKY TONK, WEST COAST, WESTERN SWING 1940-1948

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Booklet : 32 PAGES - ENGLISH NOTES
Number of CDs : 2


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The 1940’s was a decade of enormous change in country music, with the emergence of bluegrass, Honky-Tonk, Western Swing, country boogie and the new music from the Appalachians. This was the decade of Hank Williams, superstar and the most important artist in the history of country music, while the other, older artists, singing for an older, traditional public, faded in significance as the decade progressed. This set charts all these changes, at the same time as presenting a selection of some of the greatest hits by the biggest stars of the era.


(...) As is usual with this label good sound is backed up by copious notes in French and English. Another winner.
Keith Briggs - Blues & Rythm"

COUNTRY MUSIC 1940-1948 FA 173

COUNTRY MUSIC
1940-1948









La country music, reflet de l’Amérique, a considérablement changé dans les années 40: apparition du bluegrass, du genre Honky Tonk, développement d’un Western Swing essentiellement californien, explosion du country boogie, émergence d’une nouvelle musique Appalachienne. Et, bien sûr, les débuts de Hank Williams qui devient une superstar, sans doute l’artiste le plus important de toute l’histoire de la country music. En même temps, d’autres voix, de plus en plus ténues au fur et à mesure que la décennie s’avance, continuent de chanter le passé pour un public vieillissant. Ce coffret retrace en profondeur les 40’s, cette décennie de tous les grands changements de la country music. En même temps, il peut s’écouter comme une sélection de certains des plus grands succès commerciaux du genre par les grandes vedettes de l’époque: You are my sunshine; Lovesick blues; Stars and stripes on Iwo Jima; Thirteen miles south of Cash, Arkansas; Back in the saddle again; Divorce me C.O.D.; Eight more miles to Louisville; Jole Blond; Tennessee saturday night; Pistol packin’ mama...

LA COUNTRY MUSIC S’EN VA-T-EN GUERRE
Quand Jimmie Davis - déjà là dès les débuts de la country music (cf Country, 1927-42 FA 015) - crève les ventes avec la ballade sentimentale You are my sun­shine en février 1940, l’entrée en guerre des Etats-Unis apparaît inéluctable à terme. Quand? Et comment? Voilà tout le problème. L’état d’impréparation totale de l’armée américaine au moment de l’attaque japonaise sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941 semble donner raison aux régimes totalitaires qui y voient un signe de la dégénérescence inhérente aux démocraties. Cependant, les Etats-Unis vont savoir relever le défi.L’industrie de guerre qui se met brutalement en marche nécessite une énorme masse de main d’oeuvre qu’elle ne peut plus trouver dans l’immigration européenne ou asiatique. Il ne reste que le Sud. Un monde qui vit encore dans le souvenir de la gloire de ses plantations mais qui est rongé par la misère due à la crise économique (monoculture du coton, ségrégation qui empêche toute modernisation réelle). Partir vers les grandes villes du Nord comme Chicago ou Detroit devient le lot d’au moins un membre de chaque famille sudiste quand ce n’est pas de familles entières. La réalité qui les attend est infiniment moins dorée. Les Sudistes trouvent le lot habituel des difficultés auxquelles sont confrontées tous les migrants: mépris des Yankees pour ces «péquenots» hillbillies, salaires corrects certes mais cadences infernales d’usines bien loin des travaux de plein air, climat détestable, difficultés de logement, séparation d’avec les familles.L’Ouest va aussi attirer des immigrants en masse. Afin de reconstituer leur flotte, les Américains échafaudent de gigantesques chantiers navals dans la région de San Francisco et Los Angeles.

Pour des raisons géographiques évidentes (barrière des Montagnes Rocheuses infranchissable durant l’hiver 1941-42), la Californie attire essentiellement des travailleurs originaires du Texas, de l’Oklahoma ou de l’Ouest de la Louisiane qui gagnent les chantiers navals via le chemin de fer de Santa Fe, une ancienne ligne qui décrivait les villes minières abandonnées de l’Arizona et du Nouveau Mexique.En quelques semaines, toute l’Amérique est mobilisée pour faire face aux puissances de l’Axe. Les industries de loisir sont au diapason. Tarzan-Johnny Weissmuller combat les Nazis dans la jungle; Superman s’attaque aux U-Boats. Et la country music, elle aussi, s’en-va-t-en guerre. Bien des artistes de cette anthologie ont été acteurs du conflit, soit mobilisés dans les différentes armes, soit en se produisant sur les scènes des armées en guerre. Propagande obligée ou cris du cœur? D’innombrables chansons «guerrières» sont composées durant ces années de conflit. Johnny Bond qui a aussi créé un étonnant Der Fuhrer’s face est ici présent avec Draftee blues, un beau blues sur la conscription. Denver Darling, à qui l’on doit par ailleurs les immortels When Mussolini laid his pistol down; Mussolini’s letter to Hitler et Hitler’s reply to Mussolini nous donne une puissante adaptation du vieux folk song Cannonball blues, devenu Modern Cannonball, ode de juillet 1942 à l’armée américaine invitée à détruire le Japon. Texas Jim Robertson s’adresse, lui, à l’ennemi nazi, tourné en ridicule, et exhorte l’Amérique à écrire The last page of Mein Kampf. Enfin, la prise d’Iwo Jima est saluée à juste titre par le groupe «western», les Sons of the Pioneers. En effet, c’est un Navajo - la nation indienne la plus impliquée dans le guerre du Pacifique: ils utilisaient leur langue pour coder les messages! - qui hisse le drapeau américain sur l’île.

ENCORE QUELQUES ANNEES A CHANTER EN SELLE
La migration massive de sudistes vers le Nord et vers l’Ouest crée aussi un marché local pour les traditions musicales de ces transplantés. Des radios émettent à destination de ces immigrants et diffusent de la country music. Les grandes compagnies sont en général incapables de saisir l’ampleur et l’intérêt de ce nouveau marché et l’immédiate après-guerre (en fait, à partir de 1943-44) voit l’émergence de multiples petites compagnies indépendantes (dont certaines seront tenues - fait nouveau et véritable révolution - par des hillbillies) qui sortent des disques de nouveaux artistes à destination avant tout de ce prolétariat d’immigrés sudistes qui constitue un public important à niveau de vie relativement conséquent. Les cow-boys chantants ont participé, eux aussi, à l’effort de guerre, soit en chevauchant à l’écran comme Roy Rogers (24 westerns entre 1942 et 44 dont un certain nombre à pourfendre les puissances de l’Axe, infiltrées dans l’Ouest!), soit comme Gene Autry, très actif sur le terrain des opérations. Lorsque Gene revient de guerre, il pense reprendre la piste de l’Ouest comme si de rien n’était. Il proclame Back in the saddle again, un nouveau gros succès pour ce chanteur-acteur milliardaire. Mais l’homme s’est empâté, les rivaux (Rogers en tête) ont profité de son absence et le genre lui-même commence à donner de visibles signes d’essoufflement. Bien que Hollywood fera des westerns chantants jusqu’au milieu des années 50 (Phantom Stallion avec Rex Allen en 1954 peut-être considéré comme le point final du genre), l’Ouest cinématographique n’est plus ce qu’il était. On y souffre plus et on y chante moins.

Un nouveau type de ballade western apparaît, plus dramatique, plus lyrique, fort initiée par les excellents Sons of the Pioneers et reflétant aussi les changements de la country music. Les westerns de série B ont largement remplacé les vrais gardiens de troupeaux reconvertis en acteurs par des musiciens country, notamment ceux qui ont du succès en Californie, c’est-à-dire pour l’essentiel des artistes de Western Swing. Jimmy Wakely, un excellent chanteur-compositeur et un cow-boy de belle prestance à l’écran, interprète la ballade Moon over Montana. Quant à Carolina Cotton qui a yodelé dans les Texas Playboys de Bob Wills avant de fracasser l’écran de sa présence enjouée avec plusieurs westerns (The rough tough west de Ray Nazzaro), elle obtient son plus gros succès avec Three miles south of cash, Arkansas, que nous proposons ici.

LE WESTERN SWING CALIFORNIEN
Les orchestres de Western Swing, essentiellement du Texas et de l’Oklahoma, suivent tout naturellement leur public, parti en masse travailler dans les usines californiennes. Sur la Côte Ouest, et notamment à Hollywood, ils trouvent d’autres musiques, plus commerciales, plus sophistiquées, plus feutrées. Ils s’y adapteront sans mal, leur ajoutant au passage une forte dose de swing. Malgré tout, la rugosité de la poussière texane fait place au poli des cabarets chics. Les amateurs de Western Swing ont souvent critiqué ce processus. Mais, dans l’ensemble, le Western Swing californien qui va lui aussi durer jusque vers 1954, est souvent de très haut niveau. Spade Cooley - que nous avons souvent présenté dans nos anthologies - est le véritable Roi de ce néo-Western Swing. Il sait s’entourer de certains des meilleurs musiciens de son temps. Mais son caractère exécrable lui nuira. Tex Williams, notamment, le quitte, emmenant avec lui une partie de son orchestre. La famille Wills est loin d’être hors course. Avec Johnnie Lee qui défend les couleurs des Wills au Texas et dans l’Oklahoma, Bob qui s’est installé près des studios hollywoodiens, le jeune Luke Wills joue dans la Californie du Nord. Son orchestre est remarquable, développant souvent des idées plus modernes que celles de son prestigieux aîné. Le Western Swing, immensément populaire jusque dans les Appalaches, avait largement essaimé dès les années 30, au-delà de ses frontières originelles. Certains des meilleurs orchestres de l’après-guerre ne sont ainsi plus texans. C’est le cas du puissant Paul Howard dont le Texas boogie permet d’apprécier le toucher d’un tout jeune Hank Garland, qui s’affirmera comme un des tout meilleurs guitaristes américains.

DU CHANGEMENT DANS LES APPALACHES
Avec l’après-guerre, la musique sudiste se pare de nouvelles teintes amères, déracinées, parfois désespérées. Là où jusqu’alors la pruderie dominait, on se met à ne plus parler que d’adultère et de divorce, de prostituées et de jeux d’argent, le décor moral désormais familier des ces paysans perdus dans la «jungle de béton» des grandes villes.La pure musique appalachienne, déjà malmenée par le Western Swing, a du mal à survivre. Elle se voulait intangible, reflet de la pureté de l’air montagnard comme des moeurs très religieuses de ses habitants. Elle ne fait plus vraiment recette. Bien des groupes disparaissent avec la guerre, la conscription et les changements vécus par la société sudiste. Mais Nashville et le Grand Ole Opry vont savoir s’adapter et rester des centres-clés de la country music. Alors que jusqu’à présent, la country music était essentiellement produite, enregistrée, diffusée par des Nordistes et des compagnies basées à New York ou Chicago, Nashville bâtit ses studios, crée une véritable industrie du disque country sur le terrain, aux mains des Sudistes, musiciens et hommes d’affaires. Roy Acuff - qui crée avec Fred Rose la célèbre compagnie de publication Acuff-Rose - est un des piliers de ce changement. Il avait jadis été décrié par le Grand Ole Opry pour son «modernisme». Il devient un des gardiens de cette «nouvelle tradition» qu’il a largement contribuée à bâtir: un feeling appalachien maintenu et renforcé, toujours ce si caractéristique «High lonesome sound», mais ouvert aux autres courants de la country music, aux instruments, aux technologies, aux textes qui reflètent les préoccupations du public.

Le guitariste Chet Atkins qui s’impose à partir de 1947, jouera aussi un rôle - souvent controversé - dans l’évolution du «son» de Nashville.Plusieurs artistes s’affirment comme des «vedettes» de cette country music appalachienne. Des vétérans comme Charlie Monroe - le frère aîné de Bill - ou les Delmore Brothers rebâtissent leurs orchestres, redéfinissent leur musique. De nouveaux noms apparaissent, telle la superbe chanteuse de gospel Molly O’Day, le grand’père perpétuel Grandpa Jones, le duo Wiley & Gene qui modernise habilement les duos montagnards des années 30 style Delmore Brothers.Avec le tourbillon moral, économique et psychologique de l’après-guerre, le désir de profiter vite et sans entraves de l’instant favorise, y compris à Nashville, une country music débridée, dansante, audacieuse et pleine d’humour caractérisée par le succès énorme du country boogie qui force tous les orchestres à s’y adonner avec la frénésie propre aux néophytes. Les Delmore Brothers joueront aussi un rôle très important dans la création du country boogie, un courant que nous avons présenté en détail dans le coffret Country boogie (FA 160) et que Red Foley défend ici avec brio avec son Tennessee saturday night, un important succès commercial.

LES DEBUTS DU BLUEGRASS
La musique montagnarde des Appalaches, assemblage de traditions musicales, chantées et dansées à base de racines celtiques est le socle absolu du bluegrass. Avant la guerre, les Monroe Brothers représentent d’une certaine façon l’aboutissement de cette musique montagnarde (cf Folksongs FA 047). Face aux changements de goût de la clientèle sudiste, le label Bluebird suggère aux frères Monroe d’adopter une autre approche de leur musique s’ils veulent continuer à enregistrer. Comme l’entente musicale entre les deux frères ne correspondait guère à une harmonie de tempéraments, Bill et Charlie se séparent, chacun fondant son propre orchestre. Charlie choisit de se fondre dans la mouvance country dominante avec son nouveau groupe de Hillbilly électrique, les Kentucky Pardners.Bill Monroe, le plus jeune des deux frères et le plus têtu!, entreprend une tout autre démarche. Il n’y a point de carrière de musicien professionnel sans orchestre, soit! Mais il a remarqué que pendant son association avec son aîné, c’est sa mandoline swinguante et bluesy qui enthousiasmait et faisait danser le public et pas la guitare rythmique, solide mais figée, de Charlie! Il décide donc d’étendre la formule des string bands, l’orchestre de danse montagnard par excellence, en ajoutant une contrebasse, un fiddle et une guitare à sa mandoline. Le quatuor est nommé les Bluegrass Boys, en référence à une variété d’herbe bleue qui pousse abondamment dans l’Etat natal des Monroe, le Kentucky. Muleskinner blues est le tout premier témoignage enregistré de cette musique qui, en 1940, ne s’appelle pas encore bluegrass. Le disque provoque un choc: la voix haute, presque écorchée de Bill, sa mandoline imbriquée avec le fiddle d’Art Wooten; l’extraordinaire swing engendré par la combinaison rythmique guitare/contrebasse. L’amalgame est parfait entre la vieille tradition appalachienne et les caractéristiques de rythme et d’improvisation instrumentale qui font le succès du Western Swing.Deux transfuges de l’orchestre de Monroe vont aussi largement contribuer à établir le bluegrass en tant que nouveau genre musical. Lester Flatt, un excellent guitariste rythmique et un chanteur à l’accent nasal, fonde avec le banjoiste virtuose (un style à trois doigts qui forme le jeu standard du bluegrass traditionnel) Earl Scruggs les Foggy Mountain Boys, l’orchestre qui sera le principal challenger des Bluegrass Boys, une compétition souvent sévère et inamicale. Les Stanley Brothers, avec leurs Clinch Mountain Boys, enregistrent aussi une oeuvre magistrale, pleine d’une émotion dévastatrice. Quant à Carl Story, il a été à la fois un des pionniers du bluegrass et du Country Gospel d’après-guerre (cf Country Gospel FA 055).

LE HONKY TONK: BORN TO LOSE
Mais nul genre mieux que le Honky Tonk ne représente davantage la nouvelle country music engendrée par la guerre. Le terme «Honky Tonk» apparaît en 1891 dans la presse américaine pour désigner un bar plutôt mal famé, fréquenté par un public populaire, largement masculin, souvent des travailleurs esseulés qui boivent de la bière jusqu’à se saouler, argumentent, se disputent, entourés par des prostituées sur un fond d’orchestre bastringue. C’est le chanteur et guitariste Al Dexter qui, lui-même propriétaire d’une de ces tavernes compose en 1934 Honky Tonk blues et lance ainsi la chanson de bar, célébrant «la larme dans le verre de bière» que verse le paysan sudiste venu chercher un job à la ville ou dans le Nord industriel.L’orchestre de Western Swing, décimé par la conscription, la concurrence des juke boxes et les problèmes de gestion d’orchestres trop importants, se rétrécit, se serre sur la petite scène du Honky Tonk autour de la guitare électrique, du piano, du fiddle, de la batterie omniprésente. La guerre accélère les problèmes de séparation et d’immigration intérieure. L’orchestre de Honky Tonk, dont la plupart des musiciens proviennent du Western Swing, est une formation resserrée avec des instruments électriques, une section rythmique et une voix qui semble pleurer le blues du hillbilly. Les textes de ces airs du Honky Tonk, qu’ils soient sur tempos rapides ou lents, se démarquent aussi considérablement de ce qui se faisait avant guerre: le divorce, l’adultère, les difficultés de la vie, le travail en usine, une atmosphère de désenchantement même dans les pièces humoristiques. Ted Daffan avec Born to lose, Al Dexter avec Pistol Packing mama et surtout Ernest Tubb installent le Honky Tonk dans la country music. Hank Williams se situe tout-à-fait dans cette mouvance qu’il va finir par dominer. Merle Travis en développe une forme particulière en Californie... A la fin des années 40, le Honky Tonk semble représenter toute la country music au point que certains historiens ne font partir cette musique que de cette époque!Lorsque à l’extrême fin de l’année 48, Hank Williams enregistre Lovesick blues qui sera un énorme succès commercial, bien au-delà de la country music, cette dernière, à l’image de la société américaine, et notamment sudiste, sort totalement transfigurée de cette décennie de tous les bouleversements.

LES ARTISTES:
ACUFF (Roy): Acuff (1903-92) a été un des principaux modernisateurs de la musique des Appalaches, la faisant passer de l’Old Time à la country music. Son rôle a aussi été déterminant dans l’essor du Grand Ole Opry, et très important dans l’industrie musicale, notamment avec la création en 1942 de la compagnie d’édition musicale Acuff-Rose. Un formidable chanteur qui marie la ferveur des gospels à la sophistication de la pop de son époque, un redoutable violoniste dans la pure tradition appalachienne mais sachant faire swinguer son archet ainsi qu’un chef d’orchestre et un compositeur. Son influence a été considérable. En 1938, Roy force la porte d’un Grand Ole Opry réticent face à sa musique que cette institution juge trop peu «traditionnelle». Mais Roy restera associé au Grand Ole Opry jusqu’à sa mort et c’est sa présence, très populaire, qui permet au spectacle radiophonique d’obtenir une audience nationale dans les années 1940. Avec l’arrivée dans son orchestre, les Smokey Mountain Boys, du dobroiste Pete Kirby dit Brother Oswald, féru de musique hawaïenne et de Western Swing, et de l’harmoniciste chromatique Jimmie Riddle, la musique de Roy s’étoffe, s’enrichit de nombre de figures de jazz, devient swinguante, une sorte d’»Eastern Swing», tout acoustique qui retient l’essentiel du vieux son des Appalaches mais le modernise. A partir de 1940, Roy égrène succès sur succès, notamment son adaptation d’un morceau du cajun Harry Choates, Jole Blond qui se vend dans tous les Etats Unis.

ATKINS (Chet): Adulé par les uns, encensé pour ses talents de guitariste en fingerpicking, décrié pour la main lourde de producteur qu’il a exercée avec fermeté et obstination dans le Nashville de l’après-guerre... Chet Atkins (né en 1924) est un personnage complexe aux facettes multiples et souvent contradictoires. Chet, le fils en mauvaise santé d’une famille très pauvre écoute toutes les émissions de radio où on peut entendre de la guitare et grappille des idées chez Les Paul, George Barnes, Lonnie Johnson, Eddie Lang, Django Reinhardt... Mais celui qui le marque le plus est Merle Travis. Chet réussit assez vite à imiter le style de Merle mais là où Travis joue avec deux doigts, Chet en utilise quatre. En 1947, Chet attire l’attention de RCA-Victor qui essaie de trouver à Nashville un concurrent à Merle Travis. A partir d’août 1947, Chet enregistre une série de disques, chantant (assez mal) et jouant remarquablement, dans un style copiant ouvertement Merle Travis comme dans Bug dance, un vieil air du folklore sudiste. A partir de 1950, Chet s’établit définitivement à Nashville, participe régulièrement au Grand Ole Opry. Avec des idées musicales larges, Chet Atkins est progressivement associé à la production puis à la partie financière du Nashville Sound.

AUTRY (Gene): Cow boy, acteur, chanteur, bluesman, guitariste, homme d’affaires et guide moral de toute une génération... l’influence de Gene Autry (1907-98) est considérable, non seulement sur le cours de la country music mais aussi sur l’évolution de la mentalité américaine! Fils d’un éleveur et négociant de chevaux et d’une mère guitariste et violoniste, Gene a été élevé dans un Far West en pleine mutation mais qui conservait néanmoins la plupart des éléments de la culture de la Frontière. Musicien de vocation, Gene se fait embaucher par le medicine show des Fields Brothers en 1925. A partir de 1929, il enregistre une oeuvre copieuse, devient vedette de la radio WLS à Chicago, propriété de Sears & Roebuck, le principal catalogue de vente par correspondance des Etats Unis, qui décide d’utiliser largement Autry pour sa publicité. Bientôt, Gene vend par correspondance des milliers de disques, partitions, méthodes et bientôt une guitare «Roundup» bon marché, façonnée par Gene et où l’on retrouve sur le manche son portrait et sa signature. En 1934, Autry devient aussi la grande vedette des westerns chantants de série B. En 1939, Autry fonde son propre programme de radio «Melody Ranch», sponsorisé par les chewing-gums Wrigley qui durera jusqu’en 1956 et qui mélange chansons, instrumentaux dominés par la guitare, bonnes blagues, conseils, publicité et un petit feuilleton dramatique. La guerre marque un temps d’arrêt à ces activités. Gene devient pilote dans l’US Air Force et combat en Birmanie. Démobilisé, il retrouve une scène très différente avec son rival Roy Rogers très installé sur le créneau des westerns chantants, genre à la popularité d’ailleurs déclinante. Back in the saddle again veut marquer le grand retour de Gene sur les écrans. Mais ce sont les derniers feux d’une grande carrière. Peu à peu, Gene quitte l’écran (Last of the pony riders est son dernier film en 1953), abandonne la radio et la télévision et donne son concert d’adieu en 1961 pour se consacrer à ses affaires.

BOND (Johnny): Johnny Bond (1915-78).a fait une longue carrière d’acteur de westerns. Il est le brillant second de Gene Autry, Jimmy Wakely et Tex Ritter, il joue avec Charles Starrett (dans la série Durango) et Johnny Mack Brown. Il termine une carrière cinématographique non négligeable en 1947 avec un rôle remarqué dans Duel au soleil de King Vidor. D’une belle prestance, excellent chanteur et guitariste, Bond s’est concentré sur sa carrière de musicien et a composé quantité de morceaux dont plusieurs se sont imposés comme des standards.

COOLEY (Spade): Le créateur du Western Swing hollywoodien est Spade Cooley (1910-69). Cherokee de par sa mère, Donnell Clyde Cooley est né en 1910 dans l’Oklahoma d’une famille où le violon du père et du grand’père distrayaient la famille et le voisinage tous les soirs. Il réussira à faire des études de musique classique. En 1931, désormais «Spade» - paraît-il pour son immanquable main à pique au poker -, Cooley gagne Los Angeles et tente sa chance dans les bars et les clubs de la cité aux activités bourgeonnantes. Spade ne réussit qu’à devenir la doublure de Roy Rogers en raison d’une certaine ressemblance de traits et de stature. Mais avec son bagage musical, Cooley va s’imposer mieux que ses concurrents dans la musique californienne des 40’s. Il enregistre sa première séance en 1943 qui emprunte au Western Swing texan mais s’en démarque beaucoup par ses arrangements et ses solos écrits à la façon des pièces de musique légère! Cooley engrange succès sur succès et son orchestre comprend alors aussi certains des meilleurs sidemen de l’époque, souvent des transfuges des groupes de Western Swing texans. Le caractère ombrageux de Spade, une jalousie paranoïaque, sa propension à boire au-delà du raisonnable, la manière pas très licite qu’il a de diriger son orchestre lui attirent l’antipathie générale. A la suite d’une dispute très violente, son chanteur Tex Williams le quitte en 1947 et amène avec lui une bonne partie de son orchestre qui deviendra la Western Caravan. Spade boit sans retenue, devient de plus en plus jaloux. Le 3 avril 1961, soupçonnant Ella Mae d’entretenir une liaison avec Roy Rogers, il étrangle sa femme au bord de leur piscine personnelle et sous les yeux de leur petite fille. Il mourra en prison.

COTTON (Carolina): Helen Hagstrom dite Carolina Cotton (1933-97) est une petite chanteuse enjouée et volontaire qui par ses yodels, ses habits de cow-girls et sa présence scénique a su séduire la Californie des années 40 et 50. Danseuse, chanteuse, excellente cavalière, Carolina a figuré dans plusieurs films et enregistré une oeuvre mineure mais souvent excellente. Elle a été quelque temps la chanteuse des Texas Playboys de Bob Wills et effectué de nombreuses tournées asiatiques pour distraire les GI’s des bases américaines. Three miles South of Cash, Arkansas a été son plus gros succès commercial.

DAFFAN (Ted): Un des grands steel-guitaristes des années 30 et 40, Ted Daffan (1912-97) a aussi été un des créateurs du genre Honky Tonk, sa composition Born to lose en 1942 étant souvent considérée comme une des fondations de ce nouveau style. Il a aussi composé en 1939 Truck driver’s blues, la première ode aux camionneurs, modernes cow-boys de l’Amérique (cf Western Swing FA 032). Durant l’après-guerre, Daffan continue à diriger son orchestre et joue en Californie, en Oklahoma, au Texas. A partir de 1951, il se consacre à un travail de musicien de studio (avec Les Paul, Faron Young), achète un magasin d’électronique et fonde son propre label, Daffan! Ses compositions ont été reprises par d’innombrables artistes depuis Hank Snow, Ernest Tubb, Don Gibson jusqu’à Ray Charles!

DARLING (Denver): La carrière de Denver Darling (1909-81)s’étend sur une vingtaine d’années durant lesquelles il joue sur les radios, notamment à New York, où il est omniprésent: parfois trois spectacles radiophoniques par jour plus une apparition dans un cabaret le soir! A partir de 1941, Denver enregistre pour Decca une succession de titres anti-Axe, participant - comme beaucoup d’artistes de country music - à l’effort de guerre. Cowards over Pearl Harbor; The devil and Mr Hitler; When Mussolini laid his pistol down (que reprendra Merle Travis) et cette intelligente adaptation de Cannonball blues, un thème de la Carter Family «détourné» que nous proposons ici sont des succès commerciaux importants et conservent un charme considérable avec la voix chaude et profonde de Darling et des paroles de propagande hilarantes au second degré. Par la suite, Darling ne retrouvera plus le succès malgré quelques belles réussites artistiques.

DAVIS (Jimmie): Deux fois Gouverneur de l’Etat de Louisiane - il alla même sur un cheval blanc jusqu’aux portes du Capitol de Baton Rouge pour y être intronisé! -, roi du boniment politique et tombeur de Huey Long, Jimmie Davis (né en 1902) est aussi un des grands noms de la country music, avec une carrière d’une exceptionnelle longévité, des centaines de disques et de nombreuses compositions qui sont devenues des standards, tel ce You are my sunshine, un succès exceptionnel en 1940 et qui ouvre notre anthologie consacrée à la country music des années 40. Il y a un énorme fossé entre le Jimmie Davis imitateur doué de Jimmie Rodgers que nous avons présenté dans Country 1927-42 (FA 015) et Hillbilly Blues (FA 065) et le crooner de You are my sunshine. Le titre sera repris par des dizaines d’artistes dont Bing Crosby qui le fera passer dans les Hit Parades Pop.

DELMORE BROTHERS: Les frères Alton & Rabon Delmore sont bien connus des fidèles des anthologies country que nous faisons sur ce label. Ils ont commencé leur carrière musicale dès le début des années 30 dans un style de duo montagnard: harmonies vocales mêlant falsettos, yodels, influences du gospel sur un répertoire de vieilles ballades appalachiennes et de pièces religieuses. Ils se sont imposés très rapidement comme un des meilleurs groupes de ce genre en se démarquant de leurs concurrents par leur utilisation de deux guitares (celle de Rabon à quatre cordes) là où les autres mariaient mandoline et guitare. Dès le début, ils ont un sens du swing, un feeling terrien irrésistibles. Après la guerre, les Delmore vont être parmi les très rares duos montagnards à savoir moderniser leur musique avec succès. Ils enregistrent pour le label King à partir de 1945 dans une formule extrêmement originale: les harmonies vocales sont toujours là, les deux guitares des frères sont toujours acoustiques mais il y a désormais l’harmonica bluesy de Wayne Raney, un ou deux guitaristes électriques supplémentaires aux improvisations jazzy, parfois un piano et une contrebasse. Le succès de Hillbilly boogie (cf Rock’n’Roll, 1938-46 FA 352) et de Freight train boogie en 1946 les incite à poursuivre dans cette veine, blues rapides au parfum immanquablement hillbilly avec d’incroyables solos de guitare, un swing permanent parfois jusqu’à la furie et une atmosphère d’irrépressible joie de vivre, totalement en phase avec le jeune public d’origine sudiste.

DEXTER (Al): «Pistol packin mama, lay your pistol down»... Ce classique du Honky Tonk - un des plus gros succès de la country music des années de guerre, repris par Bing Crosby et Frank Sinatra! - a assuré la renommée à Al Dexter (1902-84) qui l’avait composée suite à un fait divers auquel il avait assisté: une femme poursuivant sa rivale dans un bistrot texan, les armes à la main! Dexter participe activement au Western Swing des années 30 en compagnie de ses Texas Troopers. En 1944, Pistol packin’ mama devient n° 1 du nouveau classement de Country & Western, entre dans les Hit Parades Pop et passe pour s’être vendu à 3.000.000 d’exemplaires! Après quelques années de succès, Al Dexter s’est reconverti dans les affaires: dancings, chaîne de motels, des rodéos, des agences immobilières.

FLATT & SCRUGGS: Lester Flatt, guitariste rythmique original (connu pour son attaque spéciale sur l’accord de Sol) et chanteur à l’accent nasal qui trahit sans peine ses origines de paysan du Tennessee, commence sa carrière avec Charlie Monroe avant d’être engagé dans les Bluegrass Boys par Bill Monroe en 1944 en même temps que Earl Scruggs, un formidable banjoiste qui popularise et développe une technique de jeu à trois doigts, fluide et swinguante. Après quelques superbes séances avec Monroe, Flatt et Scruggs quittent leur leader avec lequel ils s’entendaient mal afin de former leur propre orchestre, les Foggy Mountain Boys en 1948. Ils joueront ensemble jusqu’en 1969, enregistrant de façon massive une oeuvre de très haut niveau qui comprend certains des plus grands classiques du Bluegrass.

FOLEY (Red): Le rouquin Clyde «Red» Foley (1910-68) demeure célèbre dans la country music à plusieurs titres: un baryton aux nuances tendres et chaudes des débuts de la country pop qui a connu d’énormes succès avec Don’t let the stars get in your eyes, Hearts of stone ou Jilted; un chanteur de gospel immensément populaire (Peace in the Valley; Just a closer walk with thee); l’animateur du programme télévisé Ozark Jubilee qui a beaucoup fait pour répandre la country music hors de son terreau naturel. Mais ce crooner pour ruraux, sympathique et amical (son slogan publicitaire était: «Red Foley, votre bon voisin»), avec une carrure d’athlète demeure, en dehors des Etats-Unis, légendaire pour ses titres d’un country boogie le plus débridé et pour l’influence importante qu’il a eu sur les premiers pionniers du rockabilly.

GUTHRIE (Jack): Si Woody est «le» Guthrie le plus célèbre aujourd’hui, son cousin Jack (1915-48) est celui qui, de leur vivant, a connu un vrai succès commercial avec, entre 1945 et 1947, une série de titres pour le label Capitol - Oklahoma Hills; Next to soil; Oakie boogie; Colorado blues; The clouds rained trouble down - qui représentent certains des meilleurs moments de la country music de cette époque. Bûcheron, camionneur, cow boy de rodéos, Jack Guthrie chante et joue aussi dans les petits bars de la Côte Ouest, en imitant Gene Autry qui restera toujours son idole et modèle. Lorsque son cousin Woody gagne, lui aussi, la Californie avec des ambitions musicales, les deux hommes forment un duo: le Oklahoma and Woody Show. En 1939, ils sont prêts à signer un contrat d’enregistrement pour Decca lorsque Woody quitte brusquement la Californie pour New York où il deviendra progressivement le folksinger que l’on sait. Quand le label Capitol démarre ses activités, Jack est un des premiers artistes à enregistrer Oklahoma Hills, un succès instantané. Mais ses années de guerre dans le Pacifique ont miné sa santé et il meurt en 1948 des suites de ses blessures.

HOWARD (Paul):
Paul Howard (1908-84) a été le premier à introduire le Western Swing (et la guitare électrique) au Grand Ole Opry en 1940. Son orchestre a compris certains des meilleurs musiciens de l’après-guerre, notamment le guitariste Hank Garland. Howard laisse aussi une très belle oeuvre enregistrée, une forme personnelle de Western Swing bâtie sur l’interaction de trois guitares électriques au lieu d’une ligne de fiddles.

IRBY (Jerry): Jerry Irby (1917-83 ou 1988?) est un de ces musiciens de Western Swing qui ont anticipé nettement le Rockabilly, produisant de nombreux country boogies musclés. Irby enregistre au sein des Bar-X Cowboys dès 1937 puis avec Bill Mounce et les Sons of the South, les Texas Wranglers en compagnie de Bob Dunn et Ted Daffan. En 1945, Jerry, un chanteur aux intonations très bluesy forme ses Texas Ranchers qui comprend le puissant pianiste Pete Burke, le guitariste Elmer Christian et le steel-guitariste Deacon Evans. Le style des Texas Ranchers est résolument novateur, un Honky Tonk swinguant en diable sur de très nombreuses pièces rapides. Il grave Nails in my coffin pour le petit label indépendant Globe du producteur Bill Quinn. Le titre est un petit succès local pour Irby mais en sera un énorme (et national) pour Ernest Tubb.

JONES (Buddy): Buddy Jones (1914-56) est une figure importante du Western Swing et un des créateurs du Honky Tonk. En effet, entre 1934 et 1941, Jones a enregistré dans une formule orchestrale resserrée qui préfigure très nettement le futur Honky Tonk texan une série de pièces pleines d’entrain, de fureur et parsemées d’extraordinaires solos comme dans cette version très personnelle de (That’s your) Red wagon. Mais Buddy Jones, lassé de la vie de musicien, profite du succès politique de son ami Jimmie Davis pour entrer dans la po­lice de Shreveport. Il ouvrira ensuite un restaurant renommé pour ses poissons-chats, prenant sa guitare et chantant à l’occasion pour des clients parmi lesquels figure un Elvis Presley qui avouait son admiration pour ses disques des 40’s.

JONES (Grandpa):
En général, l’état de grand’père n’arrive que tardivement sur le chemin de la vie. Sauf pour Louis Marshall Jones (1913-98), banjoiste et chanteur nourri dans la tradition des spectacles de ménestrels et des medicine shows qui ont sillonné le Sud rural. En 1936, Louis devient, à 23 ans, «Grandpa» Jones avec besicles, chapeau d’épouvantail, bretelles et fausses moustaches blanches! Il danse une sorte d’irrésistible french cancan, joue la comédie, raconte de désopilantes histoires et acquiert une sorte de statut de super-vedette dans sa catégorie. A la fin des 30’s, Jones se lance dans une carrière en vedette avec son étonnant orchestre Grandpa & His Grandchildren. Grandpa devient alors l’indispensable comique rural du Grand Ole Opry puis, plus tard, une des stars de Hee Haw, un des shows télévisés de country music parmi les plus populaires. Eight more miles to Louisville, un énorme succès en 1946, a établi à la fois son nom mais aussi la pérennité du label King.

MONROE (Bill): Bill Monroe (1911-98) est certainement une des figures les plus charismatiques de la musique populaire américaine. D’une famille originaire d’Ecosse qui cultive un petit lopin de terre dans le Kentucky, Bill développe très jeune un talent de musicien qui puise aussi bien chez son Oncle Pen, un fiddler de talent, que chez son voisin noir songster/bluesman, Arnold Schultz. En compagnie de son frère aîné Charlie, il fonde les Monroe Brothers qui enregistrent à la fin des années 30 une série de titres en duo guitare/mandoline et harmonies vocales, bien plus aventureuses et swinguantes que celles de leurs nombreux concurrents. Après la séparation d’avec Charlie, Bill Monroe développe un style de musique appalachienne acoustique orchestrale au sein de son groupe les Bluegrass Boys qui sera appelée «Bluegrass» vers 1950. Véritable inventeur d’un genre musical, Bill a toujours maintenu une attitude intransigeante (certains disent «têtue») vis-à-vis de son art qui lui a assuré une place de «père fondateur» vénéré et quelque peu craint par l’ensemble de ses très nombreux disciples. Le Mule skinner blues que nous proposons ici est la toute première tentative enregistrée de style Bluegrass.

MONROE (Charlie): Le frère aîné de Bill, Charlie Monroe (1903-75) avait des idées musicales très différentes du mandoliniste. Leurs relations avaient toujours été orageuses. Lors de leur séparation, Bill apparaît comme le musicien le plus «traditionnel», Charlie étant désireux d’évoluer dans le courant de la country music commerciale d’alors. Avec le recul, le Bluegrass créé par Bill apparaît comme bien plus original, aventureux et moderne (la preuve: le genre est prospère!) que la musique de Charlie Monroe et de ses Kentucky Pardners. Charlie a enregistré plus de quarante titres entre 1946 et 1951 et obtenu quelques succès commerciaux comme cette belle ballade, The end of memory lane. Il s’était quasiment retiré de la scène musicale après 1957.

MOODY (Clyde): La carrière du chanteur-guitariste Clyde Moody (1915-89) remonte aux années 30 lorsqu’il enregistre avec le string-band du légendaire Wade Mainer. Moody, un guitariste rythmique solide comme un roc et capable aussi d’excellents solos, est auprès de Bill Monroe dans la toute première version des Bluegrass Boys (1941-45). Puis il entame une carrière en vedette, devenant un des favoris du Grand Ole Opry et enregistrant prolifiquement des compositions très diverses, allant de la valse à des pièces rythmées frisant le Rockabilly, des blues ou des spirituals.

O’DAY (Molly): La Vern Williamson devenue Molly O’Day (1923-87) a été brièvement, après la deuxième guerre mondiale, une très grande vedette de la nouvelle country music, presque à l’instar de Hank Williams qui, durant un temps, composait même des morceaux pour la «Roy Acuff féminine». Puisant son inspiration et sa voix aux sources profondes des Appalaches, Molly y ajoute une dose des orchestres à cordes de Nashville et du Western Swing. Son chant passionné et vibrant, sa force de conviction lui ont valu une forte popularité. Essentiellement une chanteuse de Gospel, la belle ballade appalachienne Poor Ellen Smith est une de ses très rares incursions dans la chanson profane. Le succès commercial de Molly O’Day a très vite rongé son âme et, frappée de tuberculose, croyant qu’elle était ainsi punie pour avoir trahi ses idéaux religieux, Molly a abandonné toute carrière musicale en 1951.

ROBERTSON (Texas Jim): Un authentique cow-boy, Texas Jim (1909-66) a fait une petite carrière dans le show business, enregistrant dans les années 30 et 40 une oeuvre inégale mais qui comporte de très beaux moments. Il a passé les années de guerre à se produire pour les troupes américaines sur les deux fronts et a composé plusieurs pièces antinazis à la naïveté et à l’humour irrésistibles comme ce Last page of Mein Kampf.

SONS OF THE PIONEERS: Ce groupe vocal fondé en 1934 par Roy Rogers, Tim Spencer, Bob Nolan et les frères Farr, un magnifique duo guitare/violon dans la veine Venuti/Lang s’est nettement inspiré des harmonies vocales des chorales religieuses. L’oeuvre des Sons of the Pioneers est considérable et s’étend (avec des changements de personnel) sur trois décennies. Ils ont en fait essentiellement enregistré de la musique «western» et figuré dans d’innombrables films de ce genre souvent derrière leur ancien compagnon Roy Rogers, devenu une super vedette. On les retrouve cependant dans nombre de westerns plus prestigieux comme ceux de John Ford, un de leurs grands admirateurs. Leur interprétation de Stars and stripes on Iwo Jima, une composition de Bob Wills et de Cliff Johnson célèbre avec ferveur la prise symbolique de cette île sur les Japonais.

STANLEY BROTHERS: Carter Stanley (1925-66) et son frère Ralph (1927), originaires de Virginie, ont fondé les Clinch Mountain Boys en 1948, principaux rivaux de Bill Monroe et de Flatt & Scruggs. Avec eux, c’est la plus pure tradition montagnarde, rude et sans concessions, qui se perpétue jusque dans le Bluegrass. Leurs harmonies vocales sont extraordinaires avec un saisissant contraste entre le timbre clair et vibrant de Carter et celui, brisé, de Ralph. Le jeu de banjo de Ralph, très ancré dans la vieille tradition appalachienne, est bluesy et plein de feeling. L’oeuvre gravée par les deux frères est uniformément remarquable. Après la mort de Carter, Ralph a continué à diriger les Clinch Mountain Boys et abondamment enregistré des disques d’un niveau parfois encore supérieur! Little Maggie est un de leurs tout premiers disques.

STORY (Carl): Si le Gospel a fait partie des musiques appalachiennes dès l’origine, son introduction systématique a été l’oeuvre du guitariste et chanteur Carl Story, un des grands pionniers du Bluegrass. Originaire de Caroline du Nord, Story (1916-1994) a fait brièvement partie des Bluegrass Boys de Bill Monroe avant d’enregistrer en vedette dès 1946 dans une veine purement religieuse, ce qui lui a valu un très grand succès durant toute sa vie.

TRAVIS (Merle): Ecrivain, cartooniste, acteur de cinéma, compositeur, chanteur , Merle Travis (1917-83) est encore plus connu comme un des guitaristes les plus importants de la musique populaire américaine. Fils d’un mineur du Kentucky, Merle a fui le carreau grâce à son jeu de guitare, un fingerpicking à deux doigts qu’il tenait de ses voisins Ike Everly (le père des Everly Brothers) et Moses Rager. Adapté à la guitare électrique et perfectionné par Merle, ce Travis picking est très précis, véloce, swinguant et inventif. Après une carrière au sein de plusieurs string-bands, auprès des Delmore Brothers et de Grandpa Jones, Merle gagne la Californie en 1945 pour y développer sa propre version du Honky Tonk, où l’humour le dispute au swing. Il enregistre des centaines de titres pour Capitol aussi bien dans cette veine que dans un style plus folk (Sixteen tons). Merle Travis sera , aux côtés de Chet Atkins et Joe Maphis un des guitaristes les plus recherchés des séances du Rockabilly des années 54-63. Aussi bien Chet Atkins que Doc Watson ont nommé leurs enfants Merle en hommage à ce génial guitariste. Malgré son alcoolisme notoire, Merle a réussi à enregistrer jusqu’à sa mort une œuvre copieuse et d’un niveau global extrêmement élevé. Divorce me C.O.D., un chef d’oeuvre de verve et d’humour qui utilise brillamment les abréviations postales de l’époque, a été un de ses plus gros «Hits» et de­meure un classique du Honky Tonk.

TUBB (Ernest): (1914-1984): Tubb est le père du genre Honky Tonk mais a commencé à imiter Jimmie Rodgers, ce qui lui a valu la guitare de son idole... donnée par sa veuve Carrie Rodgers lors de sa première séance d’enregistrement en 1936. Mais c’est entre 1941 et 1945 que Tubb va mettre au point une forme d’orchestration réduite dérivée du Western Swing - instruments électriques, rythme marqué - particulièrement propice aux petits bars miteux appelés Honky Tonks, les «juke joints» des cous-rouges. Après une longue période de méfiance voire de rejet, Nashville et le Grand Ole Opry ont fini par en faire un des gardiens majeurs de la tradition. Le There gonna be some changes made around here, un de ses plus gros succès des années 40, résume bien l’esprit de toute la country music des années 40.

TYLER (T-Texas): «L’homme aux millions d’amis», T-Texas Tyler (1916-72), a connu un grand succès dans les années 40 avec son brin de Honky Tonk fortement marqué par le Western Swing. Il était capable de chanter une ballade sentimentale puis un Country boogie endiablé. Nous l’avons souvent fait figurer dans les anthologies de country ou de pré-Rock’n’Roll Frémeaux & Associés. Sa version de Frankie & Johnnie que nous proposons ici passe pour avoir figuré en bonne place dans la collection personnelle d’Elvis Presley. Après une décennie de succès, Tyler a eu du mal à survivre à la vague du Rockabilly et s’est alors spécialisé dans le Country Gospel.

WAKELY (Jimmy): Le chanteur et multi-instrumentiste Jimmy Wakely (1914-82) a été la vedette de nombreux westerns chantants à partir de 1939 (Saga of Death Valley, Song of the Range, Song of the Sierras). Mais cette copieuse carrière cinématographique ne doit pas masquer une excellente oeuvre discographique aux compositions avisées. Moon over Montana est une belle ballade western qui préfigure celles qui orneront les films des années 50 chantées par Frankie Laine.

WILEY & GENE: Gene Sullivan (1914-84), fils de mineur de l’Alabama a travaillé dans la mine dès l’âge de 12 ans mais a vite préféré la boxe puis la musique pour gagner sa vie. Un fan de Western Swing, il gagne le Texas et devient membre de nombreux orchestres de ce genre tels les Tune Wranglers, les Lone Star Cow Boys puis Roy Newman’s band. En compagnie du chanteur-mandoliniste Wiley Walker (1911-66), il forme le duo Wiley & Gene qui enregistre abondamment jusqu’au milieu des années 50.

WILLIAMS (Hank): Le «Drifting cowboy» Hank Williams (1923-53) est un des principaux concepteurs de la country music d’après-guerre, mêlant le vieux fond appalachien au Honky Tonk et annonçant les évolutions futures. Dans sa très courte vie, il a composé et enregistré nombre de chefs-d’oeuvre toujours interprétés aujourd’hui par quantité de musiciens. Superstar sans le savoir, « born to lose «, mort de froid et d’une overdose de barbituriques et d’alcool à l’arrière d’une camionnette le soir du Nouvel An 1953, Hank Williams demeure par son oeuvre et son influence un des Géants de la musique populaire contemporaine. Après lui, la country music ne sera plus la même et son influence sur le cours de toute la musique populaire, Rock’n’Roll notamment, est considérable. Il a l’art de savoir délivrer avec émotion et swing n’importe quel thème. Il transfigure ainsi Lovesick blues, une vieille pièce du Vaudeville (cf la version première enregistrée par Emmett Miller dans Western Swing FA 032). Honky Tonkin’ que nous faisons aussi figurer dans cette anthologie résume tout l’esprit de ce nouveau genre qui va devenir, grâce à des artistes comme Hank Williams, la colonne vertébrale de la country music jusqu’à aujourd’hui.

WILLIAMS (Tex): Le chanteur-guitariste Sollie Paul «Tex» Williams (1917-85) a d’abord été le vocaliste de l’orchestre de Spade Cooley avant d’entreprendre une carrière sous son nom en 1946 en compagnie du Western Caravan, un des groupes-leader du Western Swing d’après-guerre. Il a été un des premiers artistes à signer un contrat sur Capitol juste après avoir quitté Cooley. Il obtient un énorme succès avec Smoke Smoke Smoke (cf Rock’n’Roll 1947 FA 353). Il enregistre alors de nombreux «talking blues» de ce genre comme l’amusant Suspicion. Mais il ne réussira pas vraiment à conserver les faveurs du public après 1950.

WILLS (Johnny Lee): Parmi les nombreux fils du violoniste texan John Wills, quatre ont fait carrière dans la musique, le plus célèbre étant bien entendu l’aîné Bob. Johnnie Lee Wills (1912-84) a fait partie des Texas Playboys de son frère durant six ans. En 1940, afin de répondre à une considérable demande à travers tout le Sud Ouest, Bob et Johnnie Lee ont décidé de fonder un deuxième orchestre «Wills». Johnnie Lee Wills and his Boys n’ont malgré les apparences jamais copié Bob Wills. Encore plus bluesy et, au fil des ans, de plus en plus annonciateur du Rock’n’Roll, cet orchestre a aussi connu un succès important jusque dans la vague twist des années 60! Après la guerre, l’orchestre de Johnnie Lee comprend une forte section de cuivres (trompettes, trombone, clarinette, saxos) qui donne une puissance et un feeling particuliers dans la Country music d’alors, fort proche du Rhythm & Blues noir.

WILLS (Luke): Un des jeunes frères de Bob Wills, le contrebassiste Luke (1920) a fait partie des Texas Playboys. L’énorme succès de Bob à la fin de la guerre le pousse à créer d’autres orchestres familiaux pour pouvoir honorer les centaines d’engagements qu’il a. Luke se trouve ainsi à la tête des Rhythm & Busters, un ensemble de facture bien plus moderne que les Texas Playboys. Ils jouent dans tout le Sud-Ouest et enregistrent une poignée de titres, tous remarquables comme ce Louisiana Special. Mais Bob, jaloux du succès de petit frère, oblige Luke à démanteler son orchestre et à revenir au sein des Texas Playboys. Luke s’est retiré à Las Vegas où il a vécu en dehors de la musique.     
Gérard HERZHAFT
Auteur de «La Country music» (PUF, Que Sais-je? n° 2134)

Avec tous mes remerciements à Jacques Brémond, Kevin Coffey, Jean-Pierre Fray, Jacques Spiry, Michel Penard et Tony Russell pour leur aide dans la réalisation de ce coffret.

SOURCES:
ESCOTT (Colin) & HAWKINS (Martin).- Good rockin’ tonight.- New York, StMartin Press:1992.
GREEN (Douglas B.).- Country Roots. The origins of Country music.- Hawthorne, New York: 1976
LOUPIEN (Serge), Ed..- Les Incontournables de la Country.- Filipacchi, Paris:1995.
MALONE (Bill C.).- The Stars of Country music.- Avon, New York: 1976
Mc CLOUD (Barry), Ed. - Definitive Country.- Perigee Books, New York: 1995
ROSE (Michel).- Encyclopédie de la Country music et du Rockabilly.- Paris, Grancher:1984.
RUSSELL (Tony).- Blacks, whites & Blues.- Londres, Studio Vista: 1970
Textes de pochettes ou de livrets par: George Collange; Cary Ginnell; Ronnie Pugh; Dave Sax; Ivan M. Tribe; Rich Kienzle; Tony Russell; Charles K. Wolfe; Laurence Zwisohn.

MAGAZINES:
Divers numéros de Le Cri du Coyote, Hillbilly Researcher, Journal of Country music, Old Time Music.

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1999.

english notes
The 1940’s was a decade of enormous change in country music, with the emergence of bluegrass, Honky-Tonk, Western Swing, country boogie and the new music from the Appalachians. This was the decade of Hank Williams, superstar and the most important artist in the history of country music, while the other, older artists, singing for an older, traditional public, faded in significance as the decade progressed. This set charts all these changes, at the same time as presenting a selection of some of the greatest hits by the biggest stars of the era.

COUNTRY MUSIC GOES TO WAR
When one of the earliest country stars, Jimmie Davis, (check out Country 1927-42 on FA 015) sang You Are My Sunshine in February 1940, US entry into the war seemed inevitable, yet the US Army was totally unprepared for the Japanese attack on Pearl Harbour in December 1941. Moving swiftly on to a war footing meant finding labour to fill the factories. As European or Asian immigrants were no longer an option, the industry turned to the South, a society still rooted in the richness of its plantation past but mired in economic misery (cotton being the only crop, and segregation preventing any modernisation).  Every family had at least one member who had left to go north to the great cities of Chicago or Detroit, and sometimes whole families took the migration trail.  What they found was far from the good life, but the lot of migrants everywhere: Yankee contempt for the southern hillbillies, decent enough pay but factory work in deafening conditions far from the open air they were used to, dreadful climate, housing problems and separation from their families.The West was also to be a magnet for mass immigration.  To rebuild their fleet, the Americans created massive shipyards in the San Francisco and Los Angeles areas. For obvious geographical reasons (the Rocky Mountains were an insurmountable barrier in the winter of 1941-42) Californian immigration came mainly from Texas, Oklahoma or Western Louisiana, where workers could use the long-established Santa Fe railroad to cross over the abandoned mining towns of Arizona and New Mexico to reach the shipyards of the West.It took just a few weeks for America to mobilise for war, and the leisure industry went along with it. Tarzan, played by Johnny Weissmuller, fought the Nazis in the jungle, and Superman attacked the U-boats. 

Country music, too, went to war.Many of the artists in this anthology either served in the armed forces or entertained the troops, singing the obligatory propaganda songs or heartfelt cries of emotion.  Countless war songs were written during these years.  Johnny Bond, who wrote the stunning Der Fuhrer’s Face, is here with a fine Draftee Blues on conscription.  Denver Darling, responsible for the immortal When Mussolini Laid his Pistol Down, Mussolini’s Letter To Hitler and Hitler’s Reply To Mussolini, here gives a powerful rendering of the old folk song Cannonball Blues in the guise of Modern Cannonball, a 1942 plea to the US Army to destroy Japan. Texas Jim Robertson ridicules the Nazis and exhorts America to write The Last Page Of Mein Kampf.  The taking of Iwo Jima is celebrated by the western group, the Sons of the Pioneers, who tell of the Navajo Indian - their  language was used to code messages! - who hoisted the Stars and Stripes over the island.

STILL SINGING IN THE SADDLE
The stream of southern migrants to the North and West created a market for the musical traditions they had left behind.Country music radio stations played the music for the immigrant populations, but the major record companies in general failed to realise the extent of the new market.  From 1943-44, therefore, numerous small independent labels (some run by the hillbillies themselves) emerged to fill this gap and issue records of new artists for the relatively well-off immigrant southerners.The singing cowboys had also taken part in the war, either by appearing in films (Roy Rogers made 24 westerns between 1942 and 1944, some of which saw him fighting enemy spies in the West!) or, like Gene Autry, serving with distinction in the front line.  Taking up the reins again as if nothing had happened, Gene proclaimed that he was Back In The Saddle Again, an enormous hit for him. But his time had past; his rivals (notably Rogers) had taken over and the cowboy genre was showing signs of running out of steam.  Although Hollywood would continue to make singing westerns until the mid-50’s, there was a distinct tailing off in musical content and an increase in suffering. A new kind of western ballad appeared, more dramatic, more lyrical, and reflecting the changes in country music, a style pioneered by the excellent Sons of the Pioneers.  The old cowboy actors were replaced in B-westerns by country musicians, mainly successful Western Swing artists such as singer-songwriter and screen cowboy Jimmy Wakely, whose ballad Moon Over Montana can be heard here, or former Texas playboy yodeller Carolina Cotton whose greatest hit, Three Miles South Of Cash, Arkansas is included in this set.

CALIFORNIAN WESTERN SWING
The Western Swing bands, mainly from Texas and Oklahoma, naturally went with their audiences, who left en masse for the Californian factories. Finding no problem in adapting their music to the more commercial, more sophisticated and smoother styles of the West Coast and Hollywood, they nonetheless added a heavy dose of swing, but this was not enough to stop the earthiness of the original music from being lost, taken over by the polish of the cabaret circuit. This has been the subject of much criticism by lovers of Western Swing.  Overall though, this Californian style, which lasted until 1954, often produced music of very high quality. Spade Cooley, the King of the neo-Western Swing and much featured in our anthologies, surrounded himself with the top musicians of his day.  However, none of them could stand him and Tex Williams left, taking with him part of the band. The Wills family were up there too, with Johnnie Lee in Texas and Oklahoma, Bob in Hollywood and young Luke in Northern California. Luke’s band stood out for its development of new ideas, much more than his renowned elder brother.The expansion of Western Swing in the 30’s beyond its native Appalachian region meant that many of the best post-war bands contained no Texans.  Paul Howard is an example, whose powerful Texas Boogie featured the young Hank Garland who went on to become one of America’s greatest guitarists.

APPALACHIAN WIND OF CHANGE
After the war, southern music assumed a more bitter tone, expressing the dislocation and sometimes desperation of its listeners. The prudery of the 30’s gave way to constant harping on adultery, divorce, women and gambling, the moral landscape of the big city concrete jungle.The purity of traditional Appalachian music, reflecting the environment and religious belief of the region, barely survived in the face of Western Swing. The war, conscription and changes in Southern society sealed the fate of many bands.  However, Nashville and the Grand Ole Opry knew how to adapt and remain the focal centres of country music. The scattered recording and distribution of the music by New York or Chicago-based companies was superseded by the establishment of a genuine country music industry in Nashville, with its own studios run by local musicians and businessmen.Roy Acuff, the co-founder of Acuff-Rose and denounced by the Grand Ole Opry for his “modernism”, was one of the pillars of the new tradition he helped to create, characterised by the high lonesome sound and feeling of Appalachian music but eclectic, absorbing other styles, instrumentation, techniques and with lyrics that reflected the concerns of ordinary people. From 1947 onwards, guitarist Chet Atkins would also play a frequently controversial role in the evolution of the Nashville sound.Stars of this Appalachian style included veteran Charlie Monroe (Bill’s elder brother), and the Delmore Brothers, who adapted and redefined their music.  There were new names, such as the superb hot gospeller Molly O’Day, the grizzled old Grandpa Jones, and Wiley & Gene, who updated the sound of 30’s mountain duos such as the Delmore Brothers.Post-war angst and economic problems brought about a desire to live for and enjoy the moment, and the new Nashville music reflected this in its lack of restraint and unbridled humour.  The enormous success of country boogie led to much frenetic adaptation, with the Delmore Brothers as key figures (our box set Country Boogie - FA 160 - presents a detailed study of the style); the example included here is Red Foley’s hit, Tennessee Saturday Night.

BIRTH OF BLUEGRASS
The mountain song and dance tradition of the Appalachians, with its varied Celtic , is the bedrock of bluegrass. Before the war, the Monroe Brothers represented the peak of the tradition (see Folksongs - FA 047), but realising that tastes had changed after the war, their record label Bluebird asked them to take a different approach to their music.  Different in temperament, Bill and Charlie split up, Charlie to form a new electric Hillbilly band, the Kentucky Pardners, to reflect current trends.The younger Bill Monroe took a different route.  Realising that it had been his bluesy, swinging mandolin playing that had got the fans dancing and not his brother’s solid old-fashioned rhythm guitar, he decided to extend the string band formula by adding bass, fiddle and guitar to his mandolin.  He called the quartet the Bluegrass Boys, after a variety of blue grass common in his native state of Kentucky.  The first recording they made in this style - not yet called bluegrass in 1940 - was Muleskinner Blues.  It caused a sensation.  Bill’s high, almost tormented voice, the interwoven mandolin and fiddle patterns and the extraordinary swing created by the rhythm guitar/bass combination were a real shock.  It was a perfect merger of the old Appalachian tradition and the rhythm and improvisation which formed the basis of Western Swing’s success.A couple of renegades from the Monroe band, Lester Flatt and Earl Scruggs, helped greatly to establish bluegrass as a new musical form.  A fine rhythm guitarist and nasal singer, Flatt formed the Foggy Mountain Boys with Scruggs, a virtuoso banjo player in the three-finger style which was to become the standard for bluegrass.The band would prove to be the main rival to the Bluegrass Boys, and the competition was fierce and unfriendly.  The Stanley Brothers, with their Clinch Mountain Boys, also recorded a large body of deeply emotional work.  Carl Story himself was not only a pioneer of bluegrass but also of post-war Country Gospel (see Country Gospel - FA 055).

HONKY- TONK : BORN TO LOSE
No style represented the new post-war country music better than Honky-Tonk.The term was first used in 1891 in the American Press to denote a disreputable bar frequented by solitary labourers, mainly men, who would get drunk and quarrel among themselves, against a background of prostitutes and a noisy band.  It was singer and guitarist Al Dexter, himself the owner of such a bar, who wrote Honky-Tonk Blues in 1934 and started the “cryin’ in my beer” bar-room style which reflected the experience of the southern farmworker searching for a job in a northern industrial town. Decimated by conscription, competition from jukeboxes, and the problems of managing large bands, Western Swing declined, its last vestiges surviving in the Honky-Tonks in the form of electric guitar, piano, fiddle and the ever-present drums. 

The war had accentuated the problems of separation and internal migration, so the Honky-Tonk band,  made up mostly of Western Swing musicians, had a tight formation of amplified instruments and rhythm section and a singer who seemed to cry the hillbilly blues.  The lyrics of both ballads and up-tempo numbers were very post-war: all about divorce, adultery, day-to-day problems, life in the factories, disillusionment even in the most humorous songs. Ted Daffan with Born To Lose, Al Dexter with Pistol Packing Mama, and especially Ernest Tubb established Honky-Tonk as part of country music.  Hank Williams was typical of the style which he ended up dominating. Merle Travis developed a particular form of it in California... At the end of the 40’s, Honky-Tonk seemed the very embodiment of country music.When Hank Williams recorded Lovesick Blues at the very end of 1948, an enormous hit for him well beyond the confines of country music, it signalled the beginning of a complete transformation in the music; country music would emerge from this decade of upheaval reflecting the changes in American, and particularly Southern society.
Adapted by Frank Robinson from the French by Gérard HERZHAFT,
author of “Country Music”in the “Que Sais-Je?” series N° 2134.

With thanks to Jean-Pierre Fray, Jacques Spiry, Michel Penard, Tony Russell and Jacques Brémond for their help in putting together this compilation.

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1999.

DISCOGRAPHIE
CD 1
01. JIMMIE DAVIS: You are my sunshine  (Jimmie Davis)     2’36
02. JOHNNY BOND: Draftee blues  (Johnny Bond)         2’42
03. DENVER DARLING: Modern cannonball  (A.P. Carter-Bill Boyd-Earl Nunn)      3’14
04. TEXAS JIM ROBERTSON: Last page of Mein Kampf  (Johnston-Livernash) 2’53
05. SONS OF THE PIONEERS: Stars and stripes on Iwo Jima  (Bob Wills-Cliff Johnson)    2’32
06. GENE AUTRY: Back in the saddle again  (Gene Autry)   2’48
07. CAROLINA COTTON: Three miles south of Cash, Arkansas  (Helen Hagstrom) 2’54
08. JIMMY WAKELY: Moon over Montana  (Wakely-Drake)          2’56
09. SPADE COOLEY: Three fiddle rag  (Trad-Cooley)  2’38
10. PAUL HOWARD: Texas boogie  (Paul Howard)          2’44
11. LUKE WILLS: Louisiana blues  (Bob Wills-Luke Wills)         2’32
12. BUDDY JONES: Red wagon  (Richard M. Jones)         2’56
13. T-TEXAS TYLER: Frankie and Johnnie  (W.S. Stevenson)          2’27
14. TEX WILLIAMS: Suspicion (Les Paul-Foster Carling)           2’56
15. JOHNNY LEE WILLS: Lazy John  (Boatman-Wills)       2’49
16. ROY ACUFF: Jole Blond  (H. Choates-Acuff) 2’52
17. DELMORE BROTHERS: She left me standing on the mountain  (Delmore-Delmore) 2’57
18. GRANDPA JONES: Eight more miles to Louisville  (L.M. Jones)         2’21

(1) Jimmie Davis, vcl; Charles Mitchell, st-g; Leon Chappelear, g; pno; clt; tpt; bs. New York City, 5 février 1940
(2) Johnny Bond, vcl/g; Jimmy Wakely, g; Jerry Adler, hca; Dick Reinhart, bs. Hollywood, Ca. 19 août 1941
(3) Denver Darling, vcl/g; The Texas Cowhands, band with Vaughn Horton, g; poss. Eddie Smith, bs. New York City, 14 juillet 1942
(4) Texas Jim Robertson, vcl/g; band. New York City, ca. 1944
(5) Sons of the Pioneers: Bob Nolan, vcl; Tim Spencer, vcl; Ken Carson, vcl; Hugh Farr, vcl/fdl; Karl Farr, vcl/g; Shug Fisher, bs; Charles Roberts, st-g. Hollywood, Ca. 8 août 1945
(6) Gene Autry, vcl/g; band. Hollywood, Ca. 13 février 1946
(7) Carolina Cotton, vcl; band. Hollywood, Ca. 30 octobre 1946
(8) Jimmy Wakely, vcl/g; Jack Rivers, g; Pete Martinez, st-g; others unknown. Hollywood, Ca. novembre 1948
(9) Spade Cooley, leader/fiddle; Jimmy Wyble, g; Noel Boggs, st-g; William Henry Hill, fdl; Carl Hunt, fdl; saxes; John Haynes, pno; bs; dms. Hollywood, Ca. octobre 1948
(10) Paul Howard, leader/g/vcl; Red Perkins, vcl; Jabbo Arrington, g; Hank Garland, g; Bill Bowman, st-g; Charlie Linville, fdl; Margie Linville, fdl; Roddy Bristol, fdl; Bill Peters, fdl; Chuck Wigginton, bs; Eddy Mays, dms. Cincinnati, Oh. 15 septembre 1948
(11) Luke Wills, leader; Eldon Shamblin, g; Junior Barnard, g; Daniel Honeycutt, st-g; James Holley, fdl; Ocie Stockard, fdl; Millard Kelso, pno; Darrell Jones, bs; John Curiell, dms. Hollywood, Ca. 23 juillet 1947
(12) Buddy Jones, vcl/g; Moon Mullican, pno; Bill Vitovskey, st-g; Cliff Bruner, tenor guitar; Sock Underwood, g; prob. Bruce Pierce, bjo; prob. Hershel Woodal, bs. Dallas, Tx. 29 avril 1941
(13) T-Texas Tyler, vcl/g; Jimmy Pruett, g; Buddy Woody, pno; Danny Alguire, tpt; Noel Boggs, st-g; Don Decker, fdl; Byron Lenthall, bs; Earl Palmer, dms. Los Angeles, Ca. 14 octobre 1946
(14) Tex Williams, vcl; Joaquin Murphey, st-g; Johnny Weis, g; Benny Garcia Jr, g; Smokey Rogers, g/vcl; Max Fidler, fdl; Rex Call, fdl; Cactus Soldi, fdl; Pedro De Paul, acc; Ossie Godson, pno; Manny Klein, tpt; Deuce Spriggings, bs/vcl; Muddy Berry, dms. Hollywood, Ca. 8 septembre 1947
(15) Johnny Lee Wills, leader/bjo; Curly Lewis, vcl/fdl; Henry Boatman, vcl/fdl; Don Harlan, clt/vcl; Bob Booth, tpt; Wayne Johnson, sax; Whoopy McCray, tb; J.L. Jenkins, st-g; Clarence Cagle, pno; Eb Gray, g; Son Lansford, bs. Los Angeles, Ca. 18 avril 1947
(16) Roy Acuff, vcl/fdl; Jimmie Riddle, hca; Pete Kirby, steel-g; Jesse Easterday, mdln; Rachel Veach, bjo; Velma Williams, bass. Hollywood, Ca. 28 janvier 1947
(17) Alton Delmore, vcl/g; Rabon Delmore, vcl/g; Merle Travis, g; Louis Innis, g; Roy Starkey, bs. Hollywood, Ca. janvier 1946
(18) Grandpa Jones, vcl/bjo; Merle Travis, g; Anton Delmore, g; Rabon Delmore, g; Roy Starkey, bs. Hollywood, Ca. janvier 1946

CD 2
01. CHET ATKINS: Bug dance (Chet Atkins)    2’55
02. WILEY & GENE: Love ain’t worryin’ me (Walker-Sullivan)   2’42
03. CLYDE MOODY: You caused it all by telling lies (Clyde Moody)      2’34
04. CHARLIE MONROE: The End of Memory lane (Wade Mainer)   2’46
05. MOLLY O’DAY: Poor Ellen Smith (Trad.)          2’41
06. RED FOLEY: Tennessee Saturday night (Red Foley)           2’40
07. BILL MONROE: Mule skinner blues (Jimmie Rodgers)         2’44
08. FLATT & SCRUGGS: My cabin in Caroline (Flatt-Scruggs)          2’37
09. CARL STORY: I’ve found a hiding voice (Albert Brumley)    2’52
10. STANLEY BROTHERS: Little Maggie (Trad.)   2’17
11. HANK WILLIAMS: Honky Tonkin’ (Hank Williams)            2’44
12. TED DAFFAN: Born to lose (Frankie Brown)      2’45
13. AL DEXTER: Pistol packin’ mama (Al Dexter)          2’50
14. ERNEST TUBB: There’s gonna be some changes made around here (Ernest Tubb)          2’33
15 JACK GUTHRIE: Oklahoma Hills (Jack Guthrie-Woody Guthrie)     2’47
16. JERRY IRBY: Drivin’ nails in my coffin (Jerry Irby)   2’38
17. MERLE TRAVIS: Divorce me C.O.D. (Merle Travis)          2’59
18. HANK WILLIAMS: Lovesick blues (Irving Mills-Cliff Friend) 2’45

(1) Chet Atkins, g; George Barnes, g; Augie Klein, acc; Charles Hurta, fdl; Harold Siegel, bs. Chicago, 11 août 1947
(2) Wiley & Gene: Gene Sullivan, vcl/g; Wiley Walker, mdln; band unknown. Probablement Hollywood, Ca. 7 juillet 1945
(3) Clyde Moody, vcl/g; others unknown. Chicago, Ill. 28 février 1945
(4) Charlie Monroe, vcl/g; The Kentucky Pardners. Nashville, Tn. novembre 1947
(5) Molly O’Day, vcl/g; Lynn Davis, vcl/g; Speedy Krise, dobro; Skeets Williamson, fdl; Carl Smith, bs. Nashville, Tn. 28 décembre 1947
(6) Red Foley, vcl/g; The Cumberland Ridge Boys. Nashville, Tn. 13 janvier 1947
(7) Bill Monroe, vcl/mdn; The Blue Grass Boys. Clyde Moody, g; Tommy Magness, fdl; Stringbean, bs. Atlanta, Ga. 7 octobre 1940
(8) Lester Flatt, vcl/g; Earl Scruggs, bjo; Mac Wiseman, g; Jim Shumate, fdl; Howard Watts, bs. Knoxville, Tn. octobre 1948
(9) Carl Story, vcl/g; Hoke Jenkins or Red Rector, vcl/mdln; Jack Shelton, vcl/g; Curley Shelton, vcl; Claude Boone, bs. Knoxville, Tn. c. juin 1948
(10) Ralph Stanley, vcl/bjo; Carter Stanley, g/vcl; Pee Wee Lambert, mdn; Leslie Keith, fdl. Bristol, Va. fin 1947
(11) Hank Williams, vcl/g; The Drifting Cowboys. Nashville, Tn. fin 1947
(12) Ted Daffan, leader/st-g; Leon Seago, vcl/fdl; Chuck Keeshan, g; Buddy Buller, g; Freddy Courtney, acc; Ralph Smith, pno; Johnny Johnson, bs; Spike Jones, dms. Hollywood, Ca. 20 février 1942
(13) Al Dexter, vcl/g; Paul Sells, acc; Harry Hollinger, tpt; Dick Roberts, st-g; Dick Reinhart, g; Fred Whiting, bs. Hollywood, Ca; 20 mars 1942
(14) Ernest Tubb, vcl/g; Jimmie Short, g; Leon Short, g; Ray Head, st-g; Johnny Sapp, fdl; Jack Drake, bs. Chicago, Ill. 13 février 1946
(15) Jack Guthrie, vcl/g; Porky Freeman, g; Red Murrell, g; Billy Hughes, fdl; Cliffie Stone, bs. Hollywood, Ca. 16 octobre 1944
(16) Jerry Irby, vcl/g; The Texas Ranchers: Pete Burke, pno; Elmer Christian, pno; Deacon Evans, st-g; bs; dms. Houston, Tx. 1946
(17) Merle Travis, vcl/g; Eddie Kirk, g; Pete Martinez, st-g; Tex Atchison, fdl; Jack Mc Taggart, tpt; Vic Davis, pno; Pedro De Paul, acc; Cliffie Stone, bs. Hollywood, Ca. 9 juillet 1946
(18) Hank Williams, vcl/g; The Drifting Cowboys. Cincinnati, Oh. 22 décembre 1948

CD TITRE, ARTISTE © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)





ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 YOU ARE MY SUNSHINE - DAVIS02'38
02 DRAFTEE BLUES - BOND02'43
03 MODERN CANNONBALL - DENVER03'15
04 LAST PAGE OF MEIN KAMPF - ROBERTSON02'54
05 STARS AND STRIPES ON IWO JIMA - SONS OF THE PIONEERS02'34
06 BACK IN SADDLE AGAIN - AUTRY02'50
07 THREE MILES SOUTH OF CASH ARKANSAS - COTTON02'56
08 MOON OVER MONTANA - WAKELY02'58
09 THREE FIDDLE RAG - COOLEY02'40
10 TEXAS BOOGIE - HOWARD02'46
11 LOUISIANA BLUES - WILLS02'34
12 RED WAGON - JONES02'57
13 FRANKIE AND JOHNNIE - TYLER02'29
14 SUSPICION - WILLIAMS02'57
15 LAZY JOHN - WILLS02'51
16 JOLE BLOND - ACUFF02'53
17 SHE LEFT ME STANDING ON THE MOUNTAIN - DELMORE02'58
18 EIGHT MORE MILES TO LOUISVILLE - DELMORE02'20
CD 2
01 BUG DANCE - ATKINS02'57
02 LOVE AIN T WORRYIN ME - WILEY AND GENE02'43
03 YOU CAUSED IT ALL BY TELLING LIES - MOODY02'36
04 THE END OF MEMORY LANE - MONROE02'48
05 POOR ELLEN SMITH - O DAY02'42
06 TENNESSEE SATURDAY NIGHT - FOLEY02'42
07 MULE SKINNER BLUES - MONROE02'45
08 MY CABIN IN CAROLINE - FLATT02'38
09 I VE FOUND A HIDING VOICE - STORY02'54
10 LITTLE MAGGIE - STANLEY02'19
11 HONKY TONKIN - WILLIAMS02'46
12 BORN TO LOSE - DAFFAN02'47
13 PISTOL PACKIN MAMA - DEXTER02'51
14 THERE S GONNA BE SOME CHANGES MADE - TUBB02'35
15 OKLAHOMA HILLS - GUTHRIE02'48
16 DRIVIN NAILS IN MY COFFIN - IRBY02'39
17 DIVORCE ME COD - MERLE03'01
18 LOVESICK BLUES - WILLIAMS02'44
"Country Music" par Ecouter Voir

"Epoque de grands changements dans la musique country qui se met à incorporer des genres nouveaux venus de tous les coins de ce vaste pays, Gérard Herzhaft nous promène de bluegrass en western swing, de west coast en honky tonk et la balade ne manque pas d’intérêt. Vous aurez reconnu là la griffe de Frémeaux et Associés, le choix anthologique et nostalgique d’une époque musicale riche, la générosité du livret et la qualité exceptionnelle des repiquages. Coffret indispensable." Annette ALIX, ÉCOUTER VOIR

"Epoque de grands changements dans la musique country qui se met à incorporer des genres nouveaux venus de tous les coins de ce vaste pays, Gérard Herzhaft nous promène de bluegrass en western swing, de west coast en honky tonk et la balade ne manque pas d’intérêt. Vous aurez reconnu là la griffe de Frémeaux et Associés, le choix anthologique et nostalgique d’une époque musicale riche, la générosité du livret et la qualité exceptionnelle des repiquages. Coffret indispensable." Annette ALIX, ÉCOUTER VOIR




"Un panorama très excitant !" Franck Bergerot - Le Monde de la Musique

« ... Le premier disque met d’abord l’accent sur l’effort de guerre fourni par les orchestres de country : Johnny Bond chante la circonscription (Draftee Blues), Denver Darling invite – ne croyant pas si bien dire, en 1942 – à l’anéantissement du Japon (Modern Cannonball), Texas Jim Robertson tourne Hitler en dérision (Last Page of Mein Kampf) et Sons of the Pioneers en rajoute à la mise en scène des Marines dressant la bannière étoilée sur Iwo Jima (Stars and Stripes on Iwo Jima).... » Franck BERGEROT – LE MONDE DE LA MUSIQUE


« Gérard Herzhaft a certes quelque peu défloré le sujet chez le même éditeur, dans ses Hillbilly Blues, Country Boogie et autres Roots of Rock’n’roll, mais l’angle qu’il choisit ici (et commente sur 17 pages de livret) est tout à fait pertinent. Le premier disque met d’abord l’accent sur l’effort de guerre fourni par les orchestres de country : Johnny Bond chante la circonscription (Draftee Blues), Denver Darling invite – ne croyant pas si bien dire, en 1942 – à l’anéantissement du Japon (Modern Cannonball), Texas Jim Robertson tourne Hitler en dérision (Last Page of Mein Kampf) et Sons of the Pioneers en rajoute à la mise en scène des Marines dressant la bannière étoilée sur Iwo Jima (Stars and Stripes on Iwo Jima). La country sortira changée de cette guerre. Si jazz et boogie ont définitivement contaminé le genre par leurs rythmiques et leurs improvisations (solos de guitare avec Hank Garland, Chet Atkins et le transfuge George Barnes ; d’accordéon avec Pedro DePaul, Augie Klein ; voire de piano et d’instruments à vent), les grands orchestres de western swing ont été dispersés par la circonscription. Certes, les fils Wills continuent à diffuser la bonne parole, mais avec Ernest Tubb (There’s Gonna be Some Changes), Ted Daffan (Born to Lose) et Hank Williams (Honky Tonkin’), les formations réduisent leurs effectifs autour de la guitare et de la steel guitar. Le honky tonk s’impose dans les bars mal famés (juke joints ou honky tonks). Le discours traditionnellement positif et moralisateur de la country cède la place à des propos nettement plus sombres. Du coup, même l’institution conservatrice du Grand Ole Opry à Nashville doit s’adapter, confiant la flamme à ceux qu’elle avait précédemment rejetés comme Roy Acuff. Nashville entre dans son ère moderne, et c’est du côté du bluegrass que se réfugient les derniers résistants au tout commercial-tout électrique : Bill Monroe (le chanteur-mandoliniste), Lester Flatt (le guitariste-guitariste) et Earl Scruggs qui révolutionne la technique du banjo. Les Stanley Brothers sont sur le coup et Carl Story, spécialiste du chant religieux, s’approprie le genre en position de missionnaire. Un panorama très excitant ! » Franck BERGEROT – LE MONDE DE LA MUSIQUE




"Bravo pour cette réussite exceptionnelle" par Le Cri du Coyote

« Cocorico ! Ce label frenchie, Frémeaux & Associés, est décidément toujours un des meilleurs archivistes du son. Ce coffret (2 CDs), avec un livret passionnant de l’ami Gérard Herzhaft confirme encore une fois cet intérêt, avec une compilation de grands classiques des genres évoqué et quelques trouvailles peu courantes. ... » Jacques BREMOND – LE CRI DU COYOTE


« Cocorico ! Ce label frenchie, Frémeaux & Associés, est décidément toujours un des meilleurs archivistes du son. Ce coffret (2 CDs), avec un livret passionnant de l’ami Gérard Herzhaft confirme encore une fois cet intérêt, avec une compilation de grands classiques des genres évoqué et quelques trouvailles peu courantes. Plutôt que de détailler chaque morceau, il me paraît plus utile de donner la liste des titres et musiciens : c’est à l’évidence le meilleur argument en faveur de l’acquisition de ces Cds, en fonction bien sûr de votre collection. Mais, avec la qualité du CD, cet ensemble permet une approche historique et esthétique de quelques-uns des titres indispensables à la compréhension de la country music dans sa diversité et son énergie (souvent) dansante. Bravo pour cette réussite exceptionnelle, dans une collection déjà prestigieuse. » Jacques BREMOND – LE CRI DU COYOTE




* * * * * * Blues & co

« (…) Bill Monroe, Merle Travis, et tant d’autres musiciens et chanteurs. Tout est très bon, et fort intéressant. Musiques et paroles des chansons, retracent en fait toute une époque. C’est un réel plaisir de plonger dans les racines d’un univers totalement subjuguant. Livret de Gérard Herzhaft. Incontournable. » Jean-Paul CLAVEAU – BLUES & CO. Ce disque a reçu la distinction * * * * * * Blues & co




"Superb overview" by Dirty Linen

« The title of this two-CD set is to the point but very appropriate. If someone unfamiliar with the genre were to ask what country music was all about, this would serve as a fine primer.... » PEC – DIRTY LINEN Presse Anglaise


« The title of this two-CD set is to the point but very appropriate. If someone unfamiliar with the genre were to ask what country music was all about, this would serve as a fine primer. The 40s were seminal years for the genre, and the 36 tracks in this set (by as many artists) cover important developments : bluegrass, honky-tonk, West Coast, Western swing, country boogie, and the arrival of Hank Williams. The 32-page bilingual booklet gives background information on both the styles and the artists, and the track selection is fascinating. The first CD leads off with Jimmie Davis singing « You Are My Sunshine » and then goes straight to obscure WWII songs such as Johnny Bond’s « Draftee Blues », Denver Darling’s « Modern Cannonball », and Texas Jim Robertson’s « Last Page Of Mein Kampf ». Singers who were big stars are juxtaposed with others who are nearly unknown or forgotten : Gene Autry and Carolina Cotton, for example. This is a superb overview of the burgeoning styles that came to play such a crucial role in the music’s history. » PEC – DIRTY LINEN Presse Anglaise




"Coffret indispensable" par Ecouter Voir

« (…) Vous aurez reconnu là la griffe de Frémeaux & Associés, le choix anthologique et nostalgique d’une époque musicale riche, la générosité du livret et la qualité exceptionnelle des repiquages. Coffret indispensable. » Annette ALIX – ECOUTER VOIR





"Merci Monsieur Herzhaft" par Trad Mag

« Gérard Herzhaft continue sa collection à propos de la musique country. Il s’attaque ici à la période 1940-1948. ... » Claude VUE – TRAD MAG



« Gérard Herzhaft continue sa collection à propos de la musique country. Il s’attaque ici à la période 1940-1948. Autant vous l’avouer tout de suite, ce n’est pas ma période préférée du genre. Le premier CD commence avec ce que je déteste le plus : les chansons patriotardes et revanchardes. On allait casser du jap avant d’aller casser du viet. Bof ! Le second CD est plus intéressant avec les débuts du bluegrass : Monroe, Carl Story, les Stanley Brothers, Flatt and Scruggs et les débuts du style Honky Tonk : Ernest Tubbs, Merle Travis et l’incontournable Hank Williams. Ce qui m’a le plus touché, c’est la version originale d’une de mes chansons préférées : Drivin’ nails in my coffin par Jerry Irby. Merci Monsieur Herzhaft, je savais bien que j’allais y trouver quelque chose qui me plairait. » Claude VUE – TRAD MAG





« Country compil » par Regards

On insiste souvent, et à juste titre, sur l’importance des musiques noires dans la naissance du rock, voire pour reprocher aux blancs de leur avoir « volé » leur style. C’est oublié l’importance du hillbilly, sorte de version « sale » et « dure » de la country, ici parfaitement compilée.
REGARDS




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