BUENOS AIRES 1904 - 1950

TANGO

More details

Booklet : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Number of CDs : 2


29,99 € tax incl.

FA5006

Available. Will be sent within 24 to 72h

Add to my wishlist

+3 loyalty points


"Le Tango, l'une des plus fortes expressions populaires artistiques d'Amérique du sud, véritable World Music du tout début du XXe siècle, mêlant la raucité gitane d'Andalousie, le sens mélodique d’Italie et l’expressivité d’Europe centrale, trouve à Buenos Aires sa véritable identité culturelle. Philippe Lesage retrace à travers 36 titres et un livret de 40 pages illustré de 18 photos une histoire latine de la danse et du désir. "
Patrick Frémeaux

Droits audio et masterisation : Groupe Frémeaux Colombini SAS - La librairie sonore - Frémo y Associado.

Les ouvrages sonores de Frémeaux & Associés sont produits par les meilleurs spécialistes, bénéficient d’une restauration analogique et numérique reconnue dans le monde entier, font l’objet d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.
This album, issued by the world-famous publishers, Frémeaux & Associés, has been restored using the latest technological methods. An explanatory booklet of liner notes in English and a guarantee are included.
TANGO 1904-1950 BUENOS AIRES FA 5006

TANGO
1904-1950
BUENOS AIRES









Dans Evaristo Carriego, livre subtil s’il en est, l’écrivain Jorge Luis Borges écrit : “on peut discuter le tango, et nous le discutons, mais il renferme, comme tout ce qui est authentique, un secret”. Le percer, ce secret, pour définir la singularité du tango, n’est pas chose aisée même si tout le charme du tango tient justement en ce halo qui le baigne, en cette étrangeté qui se ressent plus qu’elle ne s’explique. Même pour nous, non argentins, nos oreilles comme notre corps et notre mémoire savent ce qu’est, comme l’écrit toujours Borges, l’idée platonique du tango, cette atmosphère poétique et cette couleur du son si particulières. C’était la première moitié du XXe siècle, c’était le temps du tango, comme le chantait Ferré, un temps où le “peuple souffrant” créait une musique belle à en mourir, mélancolique, déchirée, obsessionnelle. Il ne reviendra pas ce temps-là, ce temps d’un tango anarchisant, sexuel et bagarreur. Ici, maintenant, autre chose est en jeu : c’est une question de morphologie mentale.

UNE DANSE OU UN GENRE?
Posons  immédiatement la question centrale : le tango est-il avant tout une danse ou bien est-il définitivement un genre essentiel de la musique du monde? Agustin Bardi aimait s’asseoir derrière un pilier de cabaret pour écouter les musiciens jouer ses tangos et ceux des autres : il détestait la danse aussi fort que son cadet Astor Piazzola à qui son “employeur” Anibal Troilo reprochait toujours des arrangements insuffisamment dansants. La force du tango est sans conteste dans la multitude de ses degrés de lecture mais l’histoire oblige d’écrire qu’il y eut bien interaction entre les musiciens et les danseurs dans la gestation du tango. Au début du siècle, les trios et les quartets, qui furent les premiers groupes musicaux à jouer le tango, étaient liés à un quartier : celui d’el “Tano” (rital) Genaro Esposito était à San Temo, celui de  Vicente Greco à San Cristobal et des danseurs, comme El Cachafaz - réputé comme le plus grand -, El Ingles ou la Tanita Luciana, leur étaient attachés. C’est dans ces allées et venues entre musiciens et danseurs que se forge le tango, comme danse... et comme genre musical. A cette époque, la danse se donne ses premiers codes : le torse doit être droit et les pieds doivent dessiner une conversation avec le (la) partenaire. Peu à peu s’imposent la dramaturgie et la symbolique de cette danse séductrice et posses­sive. Comme le style “swing” aux USA, le tango se nourrit de cette relation entre danseurs et musiciens. La beauté définitive naissant de l’équilibre toujours à reconquérir entre liberté musicale et contraintes rythmiques. Si les tangos de Juan d’Arienzo, dans les années 40, sont si plats, c’est qu’ils privilégient trop un tempo pour les couples de danseurs alors que ceux donnés par les différents “orquestas tipicas” d’Anibal Troilo tout en étant parfaitement dansants sont de pures merveilles musicales.

LA NOSTALGIE DE L’EXIL EN PARTAGE
Le tango est une musique citadine. Et, dans ses premiers balbutiements, une musique de l’exil. Il éclot au détour du XXe siècle, à Buenos Aires et à Montevideo, avec l’arrivée massive des immigrants d’Espagne, d’Italie et d’Europe Centrale. De 1859 à 1914, l’Argentine passe de 1300000 habitants à près de 8 millions. Mal reçus, mal perçus, tiraillés par la nostalgie du pays, les immigrants s’entassent dans les “conventillos” des faubourgs, ces grandes batisses qui tiennent plus de la prison avec de petites cellules que de l’immeuble cossu. Dans la cour où sèche le linge, au crépuscule, s’élèvent les chants nostalgiques. Guitare, clarinette, flûte, peigne à papier, bientôt le bandonéon. Dans les rues alentours, l’organito, l’orgue de barbarie, véhicule les airs à la mode. Une nouvelle sociologie urbaine dessine un nouvel espace mental. Le faubourg (arrabal) efface la pampa et ses grands espaces et va jeter aux oubliettes les “payadores”, ces troubadours qui arpentaient le pays du nord au sud. Les nouveaux immigrants qui n’ont aucun sentiment national ne sont là que pour vivre une aventure individuelle mais ils allaient créer, au fil des années, une autre Argentine : un pays métissé d’âme andalouse (il suffit d’écouter la chanteuse espagnole Martirio, dans son disque paru en début de l’année 2000, interpréter Volver, pour mesurer la proximité des sensibilités entre tango et flamenco) et de volubilité italienne.

L’immi­gration italienne fut si importante que tous les musiciens du tango semblent porter des noms italiens. Et pourtant, comme le souligne l’écrivain espagnol Ramon Gomez de la Serna : “Ce que doit le tango à l’Italie est irrepérable, parce qu’en fait il ne lui doit rien... parce que le tango ne se laisse pas dominer par le côté rosa - la - rose de la chansonnette, il met au premier plan le parler cru espagnol à la Quevedo et, bien qu’il y soit question d’Italiens et qu’il mêle à ses propres tours des italianismes, ce n’est pas selon l’harmonie napolitaine qu’il le fait mais, au contraire, en cultivant la dysharmonie”. Le tango est donc et avant tout l’esprit des habitants des rives du Rio de la Plata fait musique. Buenos Aires et Montévideo, ces deux villes qui se font face, ont permis ensemble la création et le développement de leur musique urbaine la plus caractéristique. Comme cela s’est vu, à La Nouvelle Orleans dans l’éclosion du jazz, comme cela s’est produit à Rio de Janeiro, pour l’apparition du choro et du samba, c’est des couches sociales les plus basses qu’est venu le tango. Persécuté par la po­lice, déprécié par les classes dominantes, avec des périodes de succès alternant avec des périodes de dépression, le tango a résisté à toutes les attaques. Le tango est résistance et il a suivi son destin : celui de maintenir vivant l’âme populaire.“Y yo me hice en tangosPorque es bravo, fuerte, tiene algo de VidaTiene algo de Muerte” (je suis devenu tangos, parce qu’il est courageux, fort, qu’il a quelque chose de la vie, quelque chose de la mort)Esteban Célédonio Flores

LES GRANDES ETAPES DU TANGO
Sans vouloir rentrer en dispute avec tous les auteurs et musicologues qui ont cherché à diviser en générations, phases, périodes ou décades, plus de 100 ans d’histoire du tango, il semble qu’un bon consensus sur le sujet peut se résumer en ceci : La Guardia Vieja serait la première phase. Elle s’étendrait de l’apparition du tango, vers 1870, jusqu’à, plus ou moins, la fin des années 1910. Bien que les compositions fussent essentiellement instrumentales, cela n’empêchait pas qu’il y en eut quelques-unes avec des paroles picaresques ou légères. L’ambiance caractéristique de cette période est celle des faubourgs, des quartiers périphériques et des ports de Buenos Aires et de Montevideo, ce qui laisse transparaitre clairement l’origine sociale des artistes. Le bandonéon est incorporé au tango et, déjà, à partir du début du siècle, de nombreux établissements de type guinguette, présentent des spectacles. Les artistes actifs pendant cette période sont Angel Villoldo, Arturo Bernstein, Vicente Greco, Juan Maglio “Pacho”, mais aussi Eduardo Arolas, Roberto Firpo, Francisco Canaro, Agustin Bardi et Juan de Dios Filiberto. La grande mutation des années 20 sera initialisée par Juan-Carlos Cobían, Enrique Delfino et Osvaldo Fresedo. A partir de 1917 apparait le tango - canción, avec une autre approche des paroles que celle en vogue à l’époque. En effet, Pascual Contursi écrit des paroles sur des tangos déjà existants et Célédonio Flores voit ses poésies mises en musique. Carlos Gardel est le médiateur de tout cela.Le tango, qui fut immédiatement accepté par l’élite parisienne, commence à trouver une écoute attentive au sein des classes bourgeoises de Buenos Aires et de Montevideo sensibles à la reconnaissance donnée par la ville-lumière. Cette grande effervescence va gérer les profondes mutations musicales à venir.

Le tango connaitra un tel engouement et une qualité si exceptionnelle qu’on dénommera la décade qui commence : “époque d’or”. De nombreux compositeurs, paroliers, musiciens et interprètes surgissent à ce moment et ils continueront à se produire avec succès sur les 30 à 40 années à venir. Le fait majeur de la décade est indubitablement la création de l’arrangement pour “orquesta típica” réalisée par le violoniste, compositeur et chef d’orchestre Julio de Caro. Son influence fut telle que l’on a parlé d’escuela “deca­reana” pour nommer tous ceux qui s’inscrivaient musicalement dans cette “révolution”. Dès 1923, apparaissent les premiers disques de chanteuses talentueuses comme Azucena maizani, Rosita Quiroga, Libertad Lamarque, Mercedes Simone et Tita Merello. Les voix masculines sont celles d’Ignacio Corsini, d’Agustin Magaldi et de Charlo. Parmi les compositeurs et musiciens, on trouve Carlos di Sarli, Pedro Maffia et Pedro Laurenz, Lucio Demare et Sebastian Piana. Une génération de paroliers fait école : ils ont pour noms Enrique Santos Discépolo, Enrique Cadicamo, Francisco Garcia Jimenez, Alfredo Le Pera, Manuel Romero et José-Maria Contursi.A partir des années 30, le panorama commence à changer. Une grave crise économique et politique s’installe. La majorité des bars et cafés qui présentaient des spectacles ferment et de nombreux orchestres disparaissent. En 1935, Carlos Gardel, celui qui symbolisait la voix du tango, au plan national et international, meurt accidentellement.

Pendant toute cette période et  jusqu’au début des années 40, au moins un orchestre, créé dans les années 20, résiste et maintient vivant l’esprit du tango : c’est celui de Juan d’Arienzo. La “segunda época de Oro” fut celle de la grande renaissance du début des années 40 qui intervient aussi bien dans le champ des compositions, des paroles, des arrangements que dans le renouveau des grands orchestres. Anibal Troilo, bandonéoniste, compositeur et chef d’orchestre fut un des phares de ces nouveaux temps et son orchestre fut sans doute le plus important de cette phase et il le restera de nombreuses années encore. La “généracion del 40” compte parmi elle Piazzola et Osvaldo Pugliese, Enrique Francini et Armando Pontier, Armando Federico et Osmar Maderna, tous musiciens, compositeurs et directeurs d’orchestres. Il y eut aussi Mariano Mores et Virgilio Exposito. Aux côtés de Discépolo et de Cadicamo qui continuent à écrire, apparait une nouvelle vague de paroliers comme Homero Exposito, Horacio Sanguinetti, Hector Marco et, sans aucun doute possible, un des plus grands de toute l’histoire du tango, Homero Manzi. Sans oublier les voix d’Edmundo Rivero, Alberto Marino, Alberto Castillo, Angel Vargas et Jorge Casal, parmi tant d’autres. Au début des années 50 tombe le gouvernement Perón et la situation redevient grave. Malgré tout, le tango continue son petit bonhomme de chemin, sans grands soubressauts, bien que de grands noms apparaissent comme ceux des chanteurs Roberto Goyeneche et Julio Sosa. De leur côté, Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Osvaldo Berlingieri et Raul Garello sont les musiciens et chefs d’orchestres les plus significatisfs de cette période. Et le parolier Catulo Castillo se hisse au niveau de son confrère Homero Manzi. Depuis 1970, de nouvelles mutations sont apparues mais elles ne relèvent plus de notre étude.

INSTRUMENTS ET FORMULES ORCHESTRALES
LA GUITARE : Instrument du “payador”, elle tient une place essentielle dans les premières manisfestations du tango au sein des trios. Elle restera le plus souvent l’instrument idéal de la milonga tangueira (il faut absolument écouter les milongas interpétées par Edmundo Rivero) et est omniprésente dans le “tango canción” (les guitaristes de Gardel sont des instrumentistes exceptionnels). Elle sera peu à peu supplantée par le piano dans son rôle d’assise rythmique et mélodique.

LA FLÛTE : Contrairement au choro brésilien où la flûte a toujours gardé une prépondérance, elle disparait assez vite dans le tango. Elle donnait au tango de la Vieja Guardia une allure primesautière et guillerette. Sa mort a sonné avec l’arrivée du bandonéon qui incurve le tango vers d’autres horizons.

LE PIANO : Il sédentarise le tango... dans les bordels. Roberto Firpo lui donne ses premières lettres de noblesse mais c’est Francico de Caro qui lui offre son accent romantique (avec lui, on parlera de Tango Romanza). Le piano qui se tient droit dans les salons bourgeois sera le cheval de Troie du tango sous les toits des demeures bourgeoises. Mais c’est sous les lambris de l’intelligentsia parisienne que le tango trou­vera ses premiers succès mondains dès la fin des années 10.

LE VIOLON : C’est un instrument essentiel dans l’équilibre du tango. Elvino Vardaro est son dieu. Le violon s’accouple à la rudesse du bandonéon pour iriser les pleurs. La voix du second violon est aussi vitale au tango que celle du premier violon : il est l’âme du contre-chant et de la deuxième voix dans les duos avec le premier violon. On pouvait rester “Second Violon” à vie comme Manlio Francia, le plus important second violon de l’histoire du tango. Il avait fait partie de l’Orquesta Tipica Victor et de tous les enregistrements du Sexteto de Julio De Caro.

LE BANDONEON :  Si le tango ne se résume pas au bandonéon, il n’en est pas moins vrai que le bandonéon (“el fueye” dans l’argot des musiciens) a marqué de manière indélébile le tango. Cet instrument venu d’Allemagne a produit une révolution dans le rythme avec sa tendance aux sons liés et sa manière d’arrondir les notes en sons étouffés. La profondeur du chant de l’instrument donne la singularité du tango, cette gravité alanguie qui fait sourdre une émotion à fleur de peau. Les pionniers de l’instrument furent le mulâtre Santa Cruz et Ciriaco Ortiz. Puis vinrent El Tano Genaro Esposito, Eduardo Arolas, Arturo Bernstein et quelques autres, génération remplacée par des musiciens plus “éduqués” comme Pedro Maffia, Pedro Laurenz, Anibal Troilo ou Astor Piazzola.

LA CONTREBASSE : Elle fait partie intégrante de la cellule de base rythmique mais elle fut aussi la dernière à rejoindre les formations traditionnelles dans l’exécution du tango. C’est sous l’impulsion de Roberto Firpo et de Francisco Canaro que la contrebasse rejoint le bataillon des violons. Roberto Leopoldo “el negro” Thompson, décédé très jeune à 35 ans, le 21 août 1925, fut un peu le Jimmy Blanton du tango : introducteur de l’effet dit “canyengue” (saut d’archet sur les cordes donnant une coloration africaine et canaille), il sera le modèle de tous les contrebassistes qui le suivront. Leopoldo Thompson aura fait partie des deux formations phares : celle d’Osvaldo Fresedo et de Sexteto de Julio de Caro. Olindo Sinibaldi, Enrique Kraus et Vicente Sciaretta sont quelques autres références de l’instrument.

L’ORQUESTA TIPICA : C’est sous l’impulsion de Vicente Greco que se met en place, dès 1911, la formule de “l’orquesta Tipica” qui se caractérise par la présence d’un bandonéon, d’un piano, d’un violon et d’une contrebasse. La formule s’enrichira des apports D’Osvaldo Fresedo, de Juan-Carlos Cobían et surtout de Julio de Caro : polyphonie et contrepoint, arrangements sophistiqués. La synthèse idéale sera réalisée par le “sexteto” révolutionnaire de Julio de Caro, une entité composée de deux violons, d’un piano, de deux bandonéons et d’une contrebasse et qui présentait un équilibre parfait entre la masse sonore du groupe et l’espace laissé à chaque soliste qui enrichit de ce fait l’identité sonore du groupe.

LE CHANTEUR D’ORCHESTRE OU ESTRIBILLISTA ET LE CHANTEUR SOLISTE DE TANGO-CANCIÓN :
Ce sont deux manières différentes de “vocaliser” le tango: l’estribillista se fond dans la masse sonore de l’orquesta tipica à l’égal d’un instrument alors que le second, le plus souvent accompagné par des guitares, est à l’avant-scène en “diseur” de chansons. Roberto Chanel est un peu l’archétype de l’estribillista alors que Carlos Gardel est la référence absolue du chanteur de tango-canción. Rien n’interdisait de changer d’emploi : Edmundo Rivero fut un excellent estribillista auprès d’Anibla Troilo et le plus puissant chanteur de tango-cancíon de sa génération dès la fin des années quarante. Quoi qu’il en soit, tous ces vocalistes ont un timbre très personnel et un talent à couper le souffle. Ils sont la noblesse du chant populaire.

LES POETES DU TANGO
Le verbe est une composante essentielle du tango et les poètes du tango ont le verbe haut. Se plonger dans la lecture des paroles des plus grands tangos est un régal. Il y a là quelque chose qui renvoie aux textes réalistes de Marguerite Monnot, à la poésie “fleur du pavé” d’un Francis Lemarque et à la violence anarcho-tripale d’un Ferré, avec un quelque chose en plus de plus amer, comme une blessure qui doit toujours rester ouverte. C’est qu’ils avaient du savoir-faire, ces paroliers du tango. Issus du théâtre et de la comédie musicale, ils savent construire une chanson, lui donner une progression dramatique mais surtout, ils ont le sens des formules à l’emporte-pièce et celui de la peinture des atmosphères. Ils sont les scribes de leur temps et les sismographes de l’âme blessée, celle du portègne qui est aussi un peu la nôtre, dans nos moments de désarroi. Il y a dans l’écriture argentine un souffle personnel en parfaite résonnance avec le raucité du bandonéon. Les grandes plumes du tango furent Pascual Contursi, Esteban Celedonio Flores, Enrique Cadicamo, Catullo Castillo, Homero Manzi, Homero Exposito, Enrique Santos Discepolo, Alfredo Le Pera... On peut les écouter, il faut aussi les lire.
Philippe LESAGE et Paulo Cesar de ANDRADE

LES ACTEURS ET LEUR MUSIQUE

C’est le tango de 1904 à 1950, en son évolution et ses variantes que propose cette anthologie. On trouvera, dans l’autre anthologie dédiée à l’Argentine (ARGEN­TINE : VALS, TANGO ET MILONGA - 1907-1950; Editions Frémeaux), des informations, en particulier, sur le parcours de Carlos Gardel et sur le pionnier Angel Villoldo. Pour apprécier à sa juste valeur cette musique, il faut la mettre en parallèle avec l’évolution du jazz et de la musique brésilienne.

CD 1
1 - PARA VOS, HERMANO TANGO (Pour toi, frère tango) : Mario Battistela, parolier dès les années 20, et disparu en 1968, fut le partenaire d’Edmundo Rivero pour ce disque où le chanteur apparait comme soliste et non plus comme membre de l’Orquesta Tipica d’Anibal Troilo. Rivero a un visage particulièrement ingrat mais possède une intelligence musicale exceptionnelle : avant de s’adonner au chant, il fut un excellent guitariste. Il lui fallut plusieurs années avant de se faire reconnaître comme le plus grand chanteur de sa génération : son style était trop personnel et avait une trop grande probité pour une acceptation immédiate.

2 - CAFETÍN DE BUENOS AIRES (cafés de B.A.) : Premier enregistrement de ce tango devenu incontournable, un des derniers de Discépolo (1901-1951) qui fut un des principaux paroliers et compositeurs de l’histoire du tango. Dans la dernière phase de sa carrière, il a travaillé à quelques œuvres communes avec le compositeur Mariano Mores, pianiste de l’orchestre de Francisco Canaro, comme Uno (1943) et Sin Palabras (1946).

3 - BANDONEON ARRABALERO (bandonéon des faubourgs) : Le parolier Pascual Contursi fut le responsable, en 1917, de la “création” du tango - cancíon, après avoir mis des paroles sur le tango Lita de Samuel Castriota, tango qui devint alors Mi Tango Triste et fut entregistré par Gardel la même année. Juan Deambroggio “Bachicha” fit sa carrière à Paris avec son propre orchestre ou avec celui dénommé Orquesta Tipica Bianco - Bachicha (avec Eduardo Bianco).

4 - ADIOS BARDI (adieu Bardi). Ce tango a été composé en hommage à Agustin Bardi qui avait commencé à composer en 1912 et est mort en 1941). Ses tangos les plus représentatifs - toujours réenregistrés, ce qui démontre la permanence de son œuvre - sont Tinta Verde, Lorenzo, CTV, Nunca Teve Novio et La Ultima Cita.

5 - SELECCION DE TANGOS DE De CARO : Anibal Troilo (alias Pichuco) avait commencé sa carrière au début des années trente comme bandonéoniste avant de fonder son propre orchestre en 1938. Il fut une des figures clé de ce qu’il est convenu d’appeler “La deuxième époque d’or du tango” autant pour ses vues nouvelles des arrangements que pour son œuvre de compositeur. D’une certaine manière, l’élève rend hommage au maître car Julio De Caro, l’auteur des œuvres interprétées ici, actif dès le début des années 20 comme violoniste, avait créé un “sexteto” si révolutionnaire qu’on a fini par appeler l’influence qu’il a eue sur les autres musiciens qui suivaient les mêmes paramètres musicaux “d’escuela decareana”. La première phase de l’orchestre de Julio De Caro, à partir de 1924, se confond avec la “década de oro” du tango, dans les années 20.

6 - MALA PINTA (MALA ESTAMPA) Mauvaise allure, c’est ici du “lunfardo”, l’argot local) : Le titre premier fut Mala Pinta, titre que les militaires obligèrent à transformer en Mala Estampa. Ce tango a été composé en 1928 par les frères De Caro. Francisco qui était le pianiste de l’orchestre dirigé par son frère, est aussi un compositeur de grande valeur, initiateur du “tango romanza”.

7 - PELELE (faible) : Pedro Maffia, le compositeur de Pelele, fut, aux côtés de Pedro Laurenz, le bandonéoniste de l’orchestre de Julio De Caro avant de monter ses propres formations. La nouvelle école du bandonéon est née à partir de ces deux musiciens extraordinaires (buste droit, manière de tenir l’instrument sur les genoux, moins de courses de soufflets, plus de soins sur les accents mélodiques...).

8 - ALMA DE BOHEMIO : Roberto Firpo, né en 1884, a commencé à être connu comme compositeur dès 1909. Il a laissé une discographie imposante, initiée dès 1913. Il est une des figures majeures de l’histoire du tango et il a imposé la présence du piano. Alma de Bohemio est un de ses tangos les plus connus.

9 - AROMAS : les frères Osvaldo Fresedo - bandonéoniste et compositeur - et Emilio Fresedo - violoniste et parolier - ont laissé des tangos composés ensemble tel que Aromas, un des plus joués. Surgis au début des années 20, ils ont été parmi les initiateurs du mouvement de rénovation. Roberto Ray était entré dans l’orchestre en 1932 et il a enregistré avec lui quasiment pendant toute sa carrière.

10 - SOLLOZOS (sanglots) : un autre tango très connu des frères Fresedo.

11 - BRAVO PORTEÑO : Roberto Firpo s’est produit en grand orchestre comme en quartet. Il aurait été le premier à jouer La Cumparsita. Lors des carnavals, son orchestre fusionnait avec celui de Canaro pour donner plus d’ampleur au son lors de la fête. Son fils Roberto Firpo Hijo est également pianiste, et père et fils ont enregistré des duos au début des années 50.

12 - DANDY. Irusta/Fugazot/Demare avaient formé un trio intitulé Trio Argentino, ayant enregistré de la fin des années vingt au milieu des années trente, principalement à Barcelone. Ils ont laissé de nombreuses compositions réalisées en commun avant leur séparation. Lucio Demare a par la suite monté son propre orchestre. Quelques vers de Dandy : “Dandy / ahora te llaman / los que no te conocieron / cuando entonces, eras terran / porque pasas bien por nino bien / y ahora te crees que sos un gran bacan / Dandy / en vez de darte / tanto corte pensa un poco / en tu vieijita y en su dolor”. L’estribillista, contrairement au chanteur soliste, n’intervenait que pour chanter le couplet; plus tardivement, l’estribillista devient chanteur d’orchestre. Roberto Chanel en est un des meilleurs exemples.

13 - LA MARIPOSA (dans le contexte de la chanson : femme qui papillonne) : “el Negro Célé”, comme était appelé Célédonio Flores, fut, avec Pascual Contursi, un des premiers paroliers à partir de 1917. Margot et Mano A Mano furent deux de ses tangos, composés à cette même époque, qui devinrent des classiques.

14 - POR QUE NO HAS VENIDO? (pourquoi n’es-tu pas venue?) : Alberto Morán, né en Italie, a chanté dans l’orchestre de Pugliese de 1944 à 1955, laissant 48 enregistrements, tous plus beaux les uns que les autres.

15 - SHUSHETA (EL ARISTOCRATA) : titre, une fois encore, changé sous l’em­prise de la censure. Complicité des plus heureuses dans l’histoire que ce tango composé par Cobían et Cadícamo. Shusheta, composé en 1922, est le plus souvent enregistré comme tango instrumental et cet enregistrement est un des rares réalisés avec les paroles de Cadícamo. Complicité des plus heureuse encore que ce travail des deux Angel : le merveilleux chanteur Angel Vargas - le chanteur qui fut le plus aimé par le petit peuple - et le chef d’orchestre Angel D’Agostino.,

16 - SENTENCIA : Alfredo De Angelis, de 1943 à 1985, a laissé 550 enregistrements. Le style de l’orchestre était du type “pour danser”, comme le faisaient également les orchestres de Francisco Canaro et de Juan d’ Arienzo. Carlos Dante fut le chanteur qui a le plus enregistré avec l’orchestre de De Angelis, ce de 1944 à 1958. Sentencia fut composé par le grand bandonéoniste Pedro Maffia en 1923.

17 - LA ULTIMA COPA (le dernier verre) : Compositeur, violoniste et chef d’orchestre, Canaro a eu une vie artistique des plus longues. Dès la première décade du siècle, il se présentait déjà dans les bars de la Boca avec son orchestre. La phase la plus riche court de ces premières années jusqu’au début des années trente. Juan Andrès Caruso a écrit les paroles de nombreux tangos composés par Canaro. La Ultima Copa fut enregistrée maintes fois par Canaro.

18 - SIEMPRE ES CARNAVAL (c’est toujours carnaval) : les orchestres de carnaval pouvaient monter à une bonne quarantaine de participants et on pouvait compter jusqu’à 8 bandonéons. C’est qu’il fallait enfler le son pour se faire entendre dans le brouhaha de la fête qui battait son plein dans les théâtres. Siempre es carnaval est une des 5 compositions communes des frères Fresedo.

CD 2
1 - PALAIS DE GLACE : Le Palais de Glace était un établissement situé au centre-nord de Buenos Aires, un quartier noble de la ville, où se présentèrent, dès les années 10, les grands orchestres de tango de l’époque, comme celui de Francisco Canaro et de Roberto Firpo, et plus tard, également, celui de Julio de Caro. Enrique Cadicamo fut un des principaux paroliers de tous les temps, avec Célédonio Flores, Enrique Santos Discépolo, Homero Manzi et Catulo Castillo. Son premier tango, Pompas, fut composé en 1924 . Il est resté actif très longtemps, composant des tangos, écrivant des livres et en étant cinéaste. Cadicamo est mort en 1999, à l’âge de 99 ans. Rosendo Luna n’existait pas : il s’agissait d’un pseudonyme utilisé par Cadicamo lui-même pour signer l’aspect musical et non verbal de ses œuvres.

2 - COPAS, AMIGAS Y BESOS (verres , amies et baisers) : En 1941, Alberto Castillo devient le chanteur de l’orchestre de Ricardo Tanturi, où il reste environ deux années et avec lequel il enregistre ses principaux succès. Puis, il devint chanteur soliste, dirigeant son propre orchestre pendant quelques années. Il est revenu à la vie artistique récemment et s’est présenté dans diverses salles à Buenos Aires. Alberto Castillo est considéré comme une des grandes voix du tango alors que Mariano Mores, qui fut le pianiste de Canaro dans les années quarante, est un fin mélodiste ayant eu comme partenaire les meilleurs paroliers : cadicamo ou Discépolo, par exemple.

3 - AUDACIA : Edmundo Rivero est chanteur dans l’orchestre d’Anibal Troilo de 1947 à 1949, époque à laquelle  “Pichuco” quitte RCA-Victor. En 1950, il devint soliste pour le compte de ce même éditeur phonographique et son premier disque comprend Audacia et Para Vos, Hermano Tango, titres présents dans cette anthologie. Avec Rivero, fut cassé le tabou selon lequel seul les ténors - école Gardel - pouvaient chanter le tango. Rivero, c’est une des plus belles voix du tango, une intelligence musicale constamment en éveil, un répertoire de grande qualité et une carrière artistique pleinement aboutie.

4 - NOSTALGIAS : Selon Horacio Ferrer, parolier d’Astor Piazzola, ce tango est une œuvre de grande valeur artistique tant sur le plan littéraire que musical. Il est vrai que le tandem Cobian/Cadicamo est respecté pour la qualité de tous les tangos qu’il a composés. L’enregistrement revint à Charlo, sans doute le meilleur chanteur de l’époque, après que Gardel ait disparu l’année précédant l’enregistrement.

5 - CHORRA (pleure) : Discépolo était un critique cruel de la condition humaine, un homme à l’humour caustique et un être sensible. Chorra est un de ses premiers tangos comme compositeur - Confesion et Esta Noche me emborracho sont de la même époque. Son talent a trouvé en Gardel un interprète idéal.

6 - AQUEL TAPADO DE ARMINÓ (cette toque d’hermine): Trois éminentes figures de la Décade d’or sont présents ici : Enrique Delfino, “Delfy”, pianiste et compositeur de tangos immortels comme Sans Souci (1917), Milonguita (1920) et Griseta (1924), Manuel Romero - parolier et auteur de revues -  et Ignacio Corsini qui fut un contemporain de Gardel, partageant avec lui le titre de meilleur chanteur. Corsini avait commencé à chanter en 1914 et il a laissé 636 enregistrements.

7 - NIÑO BIEN (snobinards) : Collazo, Fontaina et Solino composèrent ensemble ou séparément de nombreux tangos au milieu des années vingt. Ils étaient tous de Montévideo, comme Alberto Vila d’ailleurs, mais ils eurent du succès de l’autre côté du Rio de la Plata. Niño Bien est un tango acerbe : “snobinard, sorti du faubourg / d’une piaule éclairée au kérosène / avec un pedigree plutôt lourd / et qui te prétends de bonne famille / tu ne vois pas ce que tu mets au jour? / Quand tu marches avec cet air triomphant / ta classe, on la voit aisément; / c’est derrière un comptoir que tu brilles” (1).

8 - VIEJO SMOKING : Le 25 juin 1935, à Medellin, en Colombie, quasiment à la fin d’une tournée qui était partie de New York et devait se terminer à Buenos Aires, l’avion dans lequel voyageaient Gardel, ses guitaristes et Alfredo Le Pera - journaliste et parolier - se heurte sur la piste avec un autre engin et prend feu. Gardel mais aussi Le Pera et le guitariste Guillermo Barbieri disparurent. Ce dernier avait composé de nombreux tangos en compagnie de Enrique Cadicamo.

9 - EL MORITO (le basané) : Un des faits marquants de la Décade d’Or fut l’apparition des chanteuses Rosita Quiroga et Azucena Maizani qui enregistrent en 1923, Ada Falcon en 1925, Libertad Lamarque en 1926 et Tita Merello ainsi que Mercedes Simone en 1927. Eugenio Cardenas fut un parolier de valeur.

10 - ESTAMPA REA (mauvais genre) : Il s’agit de la face A du premier disque lancé par Mercedes Simone : l’autre face étant El Morito. La carrière de Mercedes Simone est longue et va jusqu’en 1966, date d’enregistrement de son dernier disque. Le chanteur Alfredo Navarrine est l’auteur des paroles.

11 - EL PIMPOLLO (bouton de rose): Angel Villoldo, acteur, violoniste, guitariste, compositeur, parolier et chanteur mais aussi typographe et clown, fut un des personnages centraux de la “vieja Guardia”. Ses grands succès furent El Portenito (1903), La Morocha (1905) et le fameux El Choclo (1905). Après que Discépolo ait, en 1947, écrit de nouvelles paroles, El Choclo sort de l’oubli et devient un des tangos les plus connus dans le monde.

12 - EL MONITO : L’orchestre animé par le pianiste Osvaldo Pugliese est un des meilleurs dans les années quarante. Il se caractérise par le style dit “yumba”, qui correspond phonétiquement au balancement  rythmique et qui fut un des titres phares de l’orchestre.

13 - LA CACHILA (carriole) : Eduardo Arolas, “el tigre del bandoneon” fut une figure essentielle de la Guardia Vieja, aux côtés de Firpo, Canaro et Bardi . En tant que bandonéoniste et directeur d’orchestre, il fut un précurseur de la révolution musicale  qui allait se jouer à partir de 1920. Il est mort, de manière mystérieuse - sans doute d’une tuberculose, mais le mythe veut qu’il ait été assassiné - à Paris en 1924, à l’âge de 32 ans.

14 - TARDE GRIS (après-midi grise) : Bandonéoniste et compositeur, Miguel Calo a commencé à enregistrer avec son orchestre en 1932. Son style “pour danser” graduellement s’enrichit des nouveaux modes musicaux des années 40. Raul Iriarte avait rejoint l’orchestre en 1942. Le parolier Luis Rubinstein est l’auteur de tangos connus et Juan B Guido, le compositeur du titre était bandonéoniste et chef d’orchestre.

15 - INSPIRACION : Il s’agit de l’un des tangos le plus joués dans le monde depuis sa composition en 1916. Il fit partie du répertoire des orchestres de Troilo, Calo, Pugliese, Piazzola et eut une version chantée de Libertad Lamarque. Le grand bandonéoniste Pedro Maffia a dirigé son propre orchestre de 1926 à 1959. Il a composé seul ou avec d’autres de nombreux chefs-d’œuvre dont Noche de Reyes, Taco­neando ou Amurado.

16 - FAROLITO DE PAPEL (lampion de papier) : Francisco Garcia Jimenez fut un des principaux paroliers de l’Epoque d’Or. Son partenaire était le plus souvent Anselmo Aieta. Le tandem Troilo - Marino a coexisté de 1943 à 1946 et a laissé des perles comme Uno (1943), Despues et Cristal (1944), Maria (1945) et Mi Tango Triste (1946).

17 - CUANDO SE HA QUERIDO MUCHO (quand on a beaucoup aimé) : le pianiste et compositeur Rodolfo Biagi a commencé sa carrière dans l’orchestre de Pacho en 1920. Mais son style prend forme après son passage par l’orchestre de Juan d’Arienzo, de 1935 à 1938. Le chanteur Jorge Ortiz avait rejoint le groupe en 1943.

18 - EL PILLETE (billet de banque) : le compositeur Graciano de Leone était un bandonéoniste de la Guardia Vieja. De 1946 à 1948, le premier orchestre formé par Astor Piazzola laisse 32 enregistrements, ils sont disponibles dans le catalogue Frémeaux.

REMERCIEMENTS :
Cette anthologie est dédiée à Patrick Tandin.Je remercie en priorité mon compère brésilien “o pesquisador” Paulo Cesar de Andrade et tous ceux qui m’ont permis de me procurer des documents : Iara et Alain Aubert, Juan Caramazana et Gabriela et Gilberto Cortes.
Philippe LESAGE


english notes
The French singer Léo Férré once evoked the first half of the 20th century as being the age of tango.  This was principally when this melancholic, heart-wrenching and haunting music was created.  Yet despite all appearances, it withholds a secret, a secret which is by no means easy to unravel.  But then, of course, this mystery adds to its charm.One question frequently asked is whether tango is primarily a dance or an essential genre of world music.  In the early XXth century, trios and quartets, which were the first musical groups to play tango were also associated with a particular district :  that of El ‘Tano’ Genaro Esposito was in San Temo, that of Vicente Greco was in San Cristobal and dancers such as El Cachafaz, El Ingles and la Tanita Luciana could be found in the same places.  The tango as a dance and also as a musical genre was formed though this mingling between musicians and dancers.  The dance developed during this period, with the torso upright and the feet conversing with the partner.  Gradually the dramatic and symbolic style of this seductive and possessive dance appeared.  Similar to swing in the USA, tango quenched its thirst with the relationship between dancers and musicians.Tango is of urban origin.  It came into being at the turn of the XXth century in Buenos Aires and Montevideo, along with the massive immigration movement from Spain, Italy and Central Europe. 

From 1859 to 1914, Argentina’s population grew from 1 300 000 to nearly 8 million.  Badly welcomed, the nostalgic newcomers grouped together in large gloomy conventillos in the outskirts.  In the courtyards, nostalgic songs filled the air, accompanied by guitars, clarinets and flutes, and bandoneons were to arrive shortly after.  In the streets, organitos and barrel organs played fashionable tunes.  The outskirts shut away the open pampas and forgot about the payadores, the itinerant troubadours.  The new immigrants had no sense of national pride, but each lived an individual adventure and over the years, they created a new Argentina, a land with an Andalusian soul.  The Italian immigration movement was so great that all the tango musicians seemed to have Italian surnames, though as Spanish author, Ramon Gomez de la Serna pointed out, the tango owes Italy nothing, but indeed it puts the coarse Spanish language in the forefront.  In the same way that jazz was born in New Orleans, or the chora and samba in Rio de Janeiro, tango initially emerged from the lowest social classes.  It was hounded by the police, disparaged by the dominating classes and went through highs and lows, but tango always managed to survive and follow the path intended.  As Jorge Luis Borges once wrote :‘That gust, tango, that devilish wonderdefies the busy years, made of dust and time,man lasts less than the light melody.

The history of tango has covered over 100 years, a period which can be divided into several phases, the first being the Guardia Vieja which followed tango from its first steps around 1870 to nearly 1920.  Many of the compositions were mainly instrumental, though some were given lyrics.  The suburban ambience portrays this period - the districts around the ports of Buenos Aires and Montevideo.  The bandoneon had its role in tango, and from the beginning of the century, shows were held in cafés.  The artists from this time included Angel Villoldo, Arturo Bernstein, Vicente Greco, Juan Maglio ‘Pacho’, Eduardo Arolas, Roberto Firpo, Francisco Canaro, Agustin Bardi and Juan de Dios Filiberto.  The transformation of the twenties was initiated by Juan-Carlos Cobian, Enrique Delfino and Osvaldo Fresedo.  The tango-cancion appeared in 1917, using another form of lyrics, with Pascual Contursi writing words for existing tangos and Célédonio Flores demanding music for his poetry and with  Carlos Gardel acting as the mediator.

In Paris, the élite immediately accepted the tango, and in turn, the genre found its place among the bourgeois classes of Buenos Aires and Montevideo.  Indeed, tangomania was such that this new decade was known as the ‘Golden Age’.  Numerous composers and artists suddenly appeared, who were to successfully pursue their careers for 30 to 40 years.  One of the major creations of the decade was the arrangements for the orquestra tipica, made by violinist, composer and band leader, Julio de Caro.  As from 1923, the first records were issued by talented female singers such as Azucena Maizani, Rosita Quiroga, Libertad Lamarque, Mercedes Simone and Tita Merello.  The male singers included Ignacio Corsini, Agustin Magaldi and Charlo.  Among the composers and musicians were Carlos di Sarli, Pedro Maffia and Pedro Laurenz, Lucio Demare and Sebastian Piana.  A new generation of lyric-writers also came on the scene - Enrique Santos Discépolo, Enrique Cadicamo, Francisco Garcia Jimenez, Alfredo Le Pera, Manuel Romero and José-Maria Contursi.The situation changed in the thirties.  An economic and political crisis set in and consequently the majority of bars closed down and numerous orchestras disappeared. 

Then, in 1935, Carlos Gardel, the symbolic voice of tango, was killed in an accident.  Yet, during this period, Juan d’Arienzo’s orchestra, created in the twenties, managed to survive.The segunda época de Oro was the great revival in the early forties, touching compositions, lyrics, arrangements and large bands were given a new lease of life.  Bandoneon player, Anibal Troilo, was one of the leading personalities of this period.  The forties generation included Astor Piazzola and Osvaldo Pugliese, Enrique Francini and Armando Pontier, Armando Federico and Osmar Maderna as well as Mariano Mores and Virgilio Exposito.  New lyric-writers appeared such as Homero Exposito, Horacio Sanguinetti, Hector Marco, and one of the greatest names in the history of tango, Homero Manzi.  Not forgetting the voices of Edmundo Rivero, Alberto Marino, Alberto Castillo, Angel Vargas and Jorge Casal, amongst others.The Peron government was suffering in the early fifties and the situation deteriorated once again.  Tango still followed its path, regardless, and more talent appeared, including singers Roberto Goyeneche and Julio Sosa, musicians and band leaders Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Osvaldo Berlingieri and Raul Garello and lyric-writer Catulo Castillo.

Instruments And Types Of Orchestra
Guitar :  This was the instrument of the payador, and had an important role in the early days of tango played by trios.  It has always been the ideal instrument for the milonga tangueira and is forever present in the tango cancion.

Flute :  The flute was used in the tango for a short period, but gave a lively touch to the Vieja Guardia tango.  It disappeared with the arrival of the bandoneon.

Piano :  The piano was first reputed thanks to Roberto Firpo, but Francisco de Caro gave the instrument its romantic sound.  As an upright instrument, it had a place of honour among the bourgeoisie.

Violin :  The violin is essential for the tango’s balance, and the second violin has as much importance, Manlio Francia being the most celebrated second violin in tango’s history.

Bandoneon :  The bandoneon (or el fueye as it is known by the musicians) has undeniably left its mark on tango.  Originally from Germany, it revolutionised the rhythm and its deep sound gives tango its singularity.  The pioneers were Santa Cruz and Ciriaco Ortiz, before El Tano Genaro Esposito, Eduardo Arolas, Arturo Bernstein and a few others came along.  Then, more ‘educated’ musicians arrived including Pedro Maffia, Pedro Laurenz, Anibal Troilo and Astor Piazzola.

Bass :  This is an integral part of the rhythm, but was the last instrument to be included in traditional set-ups.  Bassist Roberto Leopoldo ‘el negro’ Thompson was an inspiring force on many others to follow.  Other leading bassists include Olindo Sinibaldi, Enrique Kraus and Vicente Sciaretta.

Orquesta Tipica :  Vicente Greco created the orquesta Tipica formula in 1911, which is characterised by a bandoneon, piano, violin and bass.  Consequently Osvaldo Fresedo, Juan-Carlos Cobian and Julio de Caro developed the formula.  Julio de Caro’s revolutionary sexteto comprised two violins, a piano, two bandoneons and a bass - a well-balanced set-up which left enough space for each soloist.

The Singer Of The Band And The Solo Singer Of The Tango-Cancion :  Tango can be sung in two ways :  the estribillista’s voice is used in the same way as an instrument in an orquesta tipica, blending with the other sounds, whereas the soloist, usually accompanied by guitars, is in the forefront.  Roberto Chanel can be considered as a typical estribillista and Carlos Gardel as the perfect tango-cancion singer.

The Poets Of Tango : 
It is truly rewarding to read the lyrics of the greatest tangos.  They unite realism, poetry and a certain anarchistic violence, with the bitterness of a wound which refuses to heal.  The tango lyric-writers came from theatrical backgrounds and knew how to delevop a song with drama and atmosphere.  The most worthy scribes were Pascual Contursi, Esteban Celedonio Flores, Enrique Cadicamo, Catullo Castillo, Homero Manzi, Homero Exposito, Enrique Santos Discepolo and Alfredo Le Pera.  Their works deserve to be heard and also read.
Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Philippe LESAGE and Paulo Cesar de ANDRADE

The Titles
CD 1

1. PARA VOS, HERMANO TANGO (For You, Brother Tango) :  Lyric-writer, Mario Battistela, teamed up with Edmundo Rivero for this record, where we find the singer as a soloist instead of member of Anibal Troilo’s Orquesta Tipica.  The very musical Rivero was also an excellent guitarist.

2. CAFETIN DE BUENOS AIRES (Cafés Of B.A.) :  This was the first recording of this famous tango, one of composer and lyric-writer Discépolo’s last works.

3. BANDONEON ARRABALERO (Bandoneon Of The Suburbs) :  In 1917, lyric-writer Pascual Contursi ‘created’ the tango-cancion, after writing words for Samuel Castriota’s Lita, which was to become Mi Tango Triste, recorded by Gardel.  Juan Deambroggio ‘Bachicha’ worked in Paris with his own orchestra or with the Orquesta Tipica Bianco-Bachicha.

4. ADIOS BARDI (Adieu Bardi) :  This tango pays tribute to Agustin Bardi who began composing in 1912.

5. SELECCION DE TANGOS DE DE CARO :  Anibal Troilo (alias Pichuco) debuted in the thirties as a bandoneon player before starting his own orchestra in 1938, and was one of the key names in tango’s ‘second golden age’.  Here, he pays a kind of tribute to Julio De Caro, who led a revolutionary sexteto, and greatly influenced other artists.

6. MALA PINTA (MALA ESTAMPA) : 
The initial title (Mala Pinta) was changed to Mala Estampa due to censorship.  This tango was composed in 1928 by the De Caro brothers.  Francisco was the pianist in his brother’s band and was also a worthy composer, inventing the tango romanza.

7. PELELE :  We may discover the composer, Pedro Maffia, next to Pedro Laurenz, the bandoneon player in Julio De Caro’s orchestra before founding his own bands.  The new school of the bandoneon sprang from these two extraordinary musicians.

8.  ALMA DE BOHEMIO :  Born in 1884, Roberto Firpo was first known as a composer in 1909.  He had a leading role in the history of tango and insisted on the piano’s presence.

9. AROMAS :  Brothers Osvaldo Fresedo (bandoneon and composer) and his brother Emilio Fresedo (violin and lyric-writer) composed many tangos together, such as Aromas, included here.

10.  SOLLOZOS :  Another well-known tango by the Fresedo brothers.

11. BRAVO PORTENO :  Roberto Firpo performed in large orchestras and in quartets.  During carnival period, his band joined up with Canaro’s set-up to give more volume.

12.  DANDY :  Irusta, Fugazot and Demare created a trio called Trio Argentino, which made recordings from the late twenties to the mid-thirties.  They left a number of joint compositions.

13.   LA MARIPOSA :  Célédonio Flores, otherwise known as ‘El Negro Célé’ was, along with Pascual Contursi, one of the first lyric-writers.  Two of his tangos were Margot and Mano A Mano, which became classics.

14.  POR QUE NO HAS VENIDO ?   (Why Didn’t You Come ?) :  Alberto Moran, of Italian birth, sang in the orchestra of Pugliese from 1944 to 1955 and made 48 beautiful recordings.

15.  SHUSHETA (EL ARISTOCRATA) :  Another title which was changed due to censorship.  Shusheta, composed in 1922, was usually recorded as an instrumental tango, but this recording is one of the rare examples with lyrics by Cadicamo.

16. SENTENCIA :  Alfredo De Angelis made 550 recordings from 1943 to 1985.  Sentencia was composed in 1923 by the great bandoneon player, Pedro Maffia.

17. LA ULTIMA COPA :  Composer, violinist and band leader, Canaro had one of the longest artistic careers.  Many of Canaro’s tangos had lyrics written by Juan Andrès Caruso.

18.   SIEMPRE ES CARNAVAL :  Carnival orchestras could comprise around forty musicians, including up to 8 bandoneons.  This number was necessary to make themselves heard in the din of the festivities.

CD 2
1. PALAIS DE GLACE :  This ‘Ice Palace’ was a venue in a smart district of Buenos Aires, which welcomed famous tango orchestras in the early part of the century.  Enrique Cadicamo was one of the greatest lyric-writers in history and had a long career as composer, writer and film director.  Rosendo Luna was simply a pseudonym used by Cadicamo to sign the musical part of his works.

2. COPAS, AMIGAS Y BESOS (Drinks, Friends And Kisses) :  In 1941, Alberto Castillo became the singer in Ricardo Tanturi’s orchestra.  Then, he pursued a solo career and led his own orchestra.  Mariano Mores was Canaro’s pianist in the forties.

3. AUDACIA :  Edmundo Rivero was the singer in Anibal Troilo’s orchestra from 1947 to 1949.  In 1950, he became a soloist and his first disc included Audacia and Para Vos, Hermano Tango, which we may appreciate in this selection.  Rivero boasted one of the finest tango voices.

4. NOSTALGIAS :  Horacio Ferrer, lyric-writer for Astor Piazzola, once praised this tango for both its literary and musical quality.  Charlo was undoubtedly the best singer of the period, Gardel having disappeared a year previously.

5. CHORRO :  Discépolo was a cruel critic of human rights, a man with a cutting sense of humour and was also sensitive.  This was one of his first tangos, and Gardel was the ideal interpreter.

6. AQUEL TAPADO DE ARMINO :  Here, we find three outstanding names of the golden decade :  Composer Enrique Delfino, lyric-writer Manuel Romero and singer Ignacio Corsini.

7. NINO BIEN :  Collazo, Fontaina and Solino composed together or separately numerous tangos in the mid-twenties and all three were from Montevideo.

8. VIEJO SMOKING :  On 25 June 1935, in Medellin, Columbia, a plane caught fire on the airport runway.  Among the victims were Gardel, Le Pera and guitarist Guillermo Barbieri.  The latter had composed many tangos accompanied by Enrique Cadicamo.

9. EL MORITO :  During the golden decade, female singers came on the scene.  Rosita Quiroga and Azucena Maizani made recordings in 1923, Ada Falcon in 1925, Libertad Lamarque in 1926 and Tita Merello and Mercedes Simone in 1927.  Eugenio Cardenas was a worthy lyric-writer.

10. ESTAMPA REA :  This was the ‘A’ side of Mercedes Simone debut disc, the other side being El Morito.  She carried on recording until 1966.  Singer, Alfredo Navarrine wrote the lyrics.

11. EL PIMPOLLO :  Angel Villoldo, actor, violinist, guitarist, composer, lyric-writer, singer and clown was a leading name in the Vieja Guardia.  His biggest hits were El Portenito, La Morocha and El Choclo.

12.  EL MONITO :  The orchestra headed by pianist Osvaldo Pugliese was one of the best set-ups of the forties and was characterised by the ‘yumba’ style.

13. LA CACHILA :  Eduardo Arolas, ‘el tigre del bandoneon’, had much importance in the Guardia Vieja, next to Firpo, Canaro and Bardi.  As a bandoneon player and band leader, he was a forerunner of the musical revolution which began in 1920.

14. TARDE GRIS :  Bandoneon player and composer, Miguel Calo began recording with his band in 1932.  His dancing style was influenced by the new musical fashions in the forties.

15. INSPIRACION :  This is one of the tangos which has been played the most since its composition in 1916.  Bandoneon player, Pedro Maffia led his band from 1926 to 1959.  He composed alone or with other artists.

16. FAROLITO DE PAPEL :  Francisco Garcia Jimenez was one of the leading lyric writers of the Golden Age.  His partner was usually Anselmo Aieta.  The Troilo-Marino duo coexisted from 1943 to 1946, leaving gems such as Uno, Despues et Cristal, Maria and Mi Tango Triste.

17. CUANDO SE HA QUERIDO MUCHO (When You Have Loved A Lot) :  Pianist and composer, Rodolfo Biagi debuted in Pacho’s orchestra in 1920.  His style developed after playing in Juan d’Arienzo’s orchestra from 1935 to 1938.  Singer, Jorge Ortiz joined the group in 1943.

18. EL PILLETE :  Composer Graciano de Leone was the bandoneon player in the Guardia Vieja.

DISCOGRAPHIE
CD1
1- PARA VOS, HERMANO TANGO        2’47
(M. Battistela / Edmundo Rivero)        
Edmundo Rivero, canto con guitarrasRCA Victor 63-0016-B - 1950

2- CAFETIN DE BUENOS AIRES      3’24
(Enrique Santos Discépolo /        Mariano Mores)
Anibal Troilo (Pichuco) y su Orquesta Tipica; canta : Edmundo Rivero          RCA Victor 68-0976-A (083998)         08-07-1948

3 - BANDONEON ARRABALERO          2’09
(Pascual Contursi /     Juan B. Deambroggio “Bachicha”)          
Carlos Gardel con acomp. de guitarras   odeon 18870 A (K 1882) - 20-10-1928

4 - ADIOS BARDI           2’46
(Osvaldo Pugliese)         
Osvaldo Pugliese y su Orquesta Tipica      Odeon 7668B (14165) - 01-10-1944

5 - SELECCION DE TANGOS DE :   De CARO (Julio De Caro) 4’07
titres inclus : Buen amigo - Mala Pinta - Guarda Vieja - Boedo - Tierra Querida - Mala Junta  Anibal Troilo (Pichuco) y su Orquesta Tipica        RCA Victor 60- 1817 - B - 22-07-1949

6 - MALA PINTA (MALA ESTAMPA) 2’42
(Julio y Francisco de Caro)    
Osvaldo Pugliese y su Orquesta TipicaOdeon 7670B (14332) - 21-12-1944

7 - PELELE   2’27
(Pedro M Maffia)         
Osvaldo Pugliese y su Orquesta TipicaOdeon 7674 A (14677) - 12-06-1945

8 - ALMA DE BOHEMIO          2’27
(Roberto Firpo)  
Roberto Firpo y Nuevo Cuarteto         Odeon 30506B (16473) - c 1937

9 - AROMAS  3’06
(Emilio & Osvaldo Fresedo)        
Osvaldo Fresedo et son Orchestre Tipica. Refrain chanté en espagnol      par Roberto Ray         Gramophone K - 8335 (12567) - 1947

10 - SOLLOZOS  3’28
(Emilio & Osvaldo Fresedo) 
Osvaldo Fresedo et son Orchestre Ti­pica. Refrain chanté en espagnol          Gramophone K 7934 (89976) - 1937

11 - BRAVO PORTEÑO 2’50
(Roberto Firpo)
Roberto Firpo y Nuevo Cuarteto         Odeon 35507 A (16653) - 1937

12 - DANDY  2’47
(Agustin Irusta / Roberto Fugazot /           Lucio Demare) 
Osvaldo Pugliese y su Orq. Tipica.     Estribillo por Roberto Chanel        Odeon 7679 B (15154) - 1945

13 - LA MARIPOSA  3’59
(E.C. Flores / Pedro M Maffia)  
Anibal Troilo (Pichuco) y su Orq. Tipica. Estribillo cantado por Edmundo RiveroBrunswick A 8686 (132) - 22-07-1949

14 - POR QUE NO HAS VENIDO      3’05
(Pedro Maffia / Julio Navarrine)  
Osvaldo Pugliese y su Orq Tipica.           Estribillo por Alberto Morán        Odeon 7679 A (15153) - 03-12-1945

15 - SHUSHETA (EL ARISTOCRATA)        2’47
(E Cadicamo /J C Cobian) 
Angel d’Agostino y su Orq. Tipica.         Estribillo cantado por Angel Vargas RCA Victor 68-0409-B (080600-1) 1945

16 - SENTENCIA    3’23
(Pedro M Maffia / E.C. Flores) 
Alfredo de Angelis y su Orq. Tipica.   Canta : Carlos Dante          ODEON 30411 (16651) - 20-08-47

17 - LA ULTIMA COPA  3’00
(Francisco Canaro /           Juan Andrés Caruso)         
L’orchestre argentin Canaro      Odeon - France 250 088 (4731-A)   23-03-1927

18 - SIEMPRE ES CARNAVAL      3’27
(Emilio & Osvaldo Fresedo)         
Osvaldo Fresedo y su Orq. Tipica.          Refrain chanté en espagnol par Roberto Ray         Gramophone K 7934 (origine Victor)            1937

CD2
1 - PALAIS DE GLACE  2’48
(E Cadicamo / R Luna)
Angel d’Agostino y su Orq. Tipica. Estribillo cantado por Angel VargasRCA Victor 68-0409-A (079848) - 1944

2 - COPAS, AMIGAS Y BESOS   3’02
(Mariano Mores / Enrique Cadicamo)
Alberto Castillo y su Orq. Tipica. Estribillo por Alberto CastilloOdeon 7687 B (15943) - 1945

3 - AUDACIA       2’12
(C.E. Flores / H La Rocca)
Edmundo Rivero. Canto con guitarrasRCA Victor 63-0016-A - 26-05-50

4 - NOSTALGIAS        3’37
(E Cadicamo / J.C. Cobian)
CharloOdeon - 14-10-1936

5 - CHORRA         2’03
(Enrique S Discépolo)
Carlos Gardel con acomp. de guitarrasOdeon 18969 B (2922) - 23-07-1928

6 - AQUEL TAPADO DE ARMINIO          2’27
(Enrique Delfino / Manuel Romero)Ignacio Corsini con guitarrasOdeon - 06-02-19290

7 - NIÑO BIEN          2’25
(Juan Antonio Collazo / Roberto Fontaina / Victor Solino)
Alberto VillaVictor 79961 A - 19270

8 - VIEJO SMOKING         2’40
(Esteban Celedonio Flores / Guillermo D Barbieri)Carlos Gardel con acomp. de guitarrasOdeon 55254 (5330) - 24 04-19300

9 - EL MORITO    2’43
(Eugenio Cardenas / Oscar Roma)
Mercedes Simone. Solo con guitarrasVictor 79979 - B - 15-12-1927

10 - ESTAMPA REA          3’14
(C E de Labar / Alfredo Navarrine)
Mercedes Simone. Solo con guitarrasVictor 79979-A - 15-12-1927

11 - EL PIMPOLLO    1’58
(Angel Villoldo)
Angel VilloldoVictor 11208 - 1904

12 - EL MONITO          2’19
(Julio de Caro)
Osvaldo Pugliese y su Orq. TipicaOdeon 7674 B (14676) - 12-06-1945

13 - LA CACHILA 2’33
(Eduardo Arolas)
Osvaldo Pugliese y su Orq. TipicaOdeon 30602 B (14937) - 1945

14 - TARDE GRIS    3’01
(Juan Bautista Guido / Luis Rubinstein)
Miguel Calo y su Orq. Tipica. Estribillo por Raul IriarteOdeon 279.915 (16095) - 1946

15 - INSPIRACION     3’28
(Peregrino Paulos)
Orquesta Tipica Pedro M. MaffiaBrunswick A 8686 (132) - C 1930

16 - FAROLITO DE PAPEL     3’16
(Francisco Garcia Jimenez / Mario y Teofilo Lespés)
Anibal Troilo (Pichuco) y su Orq. Tipica. Estribillo cantado por Alberto MarinoRCA Victor 68-0976-B (084394)02-06-1943

17 - CUANDO SE HA QUERIDO MUCHO          2’31
(Federico Leone / Enrique Dizeo)
Rodolfo A Biagi y su Orq Tipica. Canta : Jorge OrtizOdeon 55408 (14690) - c 1947

18 - EL PILLETE     2’24
(Graciano de Leone)
Astor Piazzola e sua Orquesta TipicaOdeon 30354 (16167) - 15-11-1947

CD Tango 1904-1950 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 PARA VOS HERMANO TANGO - RIVERO02'49
02 CAFETIN DE BUENOS AIRES - RIVERO03'27
03 BANDONEON ARRABALERO - GARDEL02'12
04 ADIOS BARDI - PUGLIESE02'48
05 SELECCION DE TANGOS DE CARO - TROILO04'09
06 MALA PINTA (MALA ESTAMPA) - PUGLIESE02'44
07 PELELE - PUGLIESE02'30
08 ALMA DE BOHEMIO - FIRPO02'30
09 AROMAS - FRESEDO03'09
10 SOLLOZOS - FRESEDO03'31
11 BRAVO PORTENO - FIRPO02'53
12 DANDY - PUGLIESE02'50
13 LA MARIPOSA - TROILO04'02
14 POR QUE NO HAS VENIDO - PUGLIESE03'07
15 SHUSHETA (EL ARISTOCRATA) - VARGAS02'50
16 SENTENCIA - DE ANGELIS03'25
17 LA ULTIMA COPA - CANARO03'03
18 SIEMPRE ES CARNAVAL - FRESEDO03'27
CD 2
01 PALAIS DE GLACE - VARGAS02'50
02 COPAS AMIGAS Y BESOS - CASTILLO03'05
03 AUDACIA - RIVERO02'15
04 NOSTALGIAS - CHARLO03'39
05 CHORRA - GARDEL02'06
06 AQUEL TAPADO DE ARMINIO - CORSINI02'30
07 NINO BIEN - VILLA02'27
08 VIEJO SMOKING - GARDEL02'43
09 EL MORITO - SIMONE02'46
10 ESTAMPA REA - SIMONE03'16
11 EL PIMPOLLO - VILLOLDO02'00
12 EL MONITO - PUGLIESE02'22
13 LA CACHILA - PUGLIESE02'36
14 TARDE GRIS - CALO03'04
15 INSPIRACION - MAFFIA03'30
16 FAROLITO DE PAPEL - MARINO03'18
17 CUANDO SE HA QUERIDO MUCHO - BIAGI02'34
18 EL PILLETE - PIAZZOLLA02'23
« Lyrisme fier et contagieux » par Écouter Voir

Du style aérien et raffiné de Carlos « la voix du tango » Gardel, à la classe inimitable de Anibal Troilo, en passant, au hasard, par la pétillance d’un Osvaldo Pugliese, voici quelques archives qui fleurent bon la cire du temps, à mettre entre toutes les oreilles pour un sacré bon moment de musique, de lyrisme fier et contagieux.
Dominique FENIÈS – ÉCOUTER VOIR




« Langoureux » par Télérama

Plus classiquement langoureux sont les tangos de la première moitié du XXe siècle, compilés dans le double album édité par Frémeaux & Associés, où se côtoient Carlos Gardel, Osvaldo Pugliese, Francisco Canaro et déjà, sur un titre, Astor Piazzolla.
TÉLÉRAMA




« Classiques du genre » par La Montagne

« On peut discuter le tango, et nous le discutons, mais il renferme, comme tout ce qui est authentique, un secret ! », disait Borgès. Le tango, danse de salon après avoir gagné le vieux continent, est à l’origine une musique citadine venue des quartiers pauvres de Buenos Aires et Montevideo. Frémeaux & Associés a réuni en deux disques couvrant la première moitié du siècle qui vient  de s’achever, quelques-uns des classiques du genre par ces maîtres incontestés que sont Carlos Gardel, Edmundo Rivero, Osveldo Pugliese, Roberto Firpo, Astor Piazzolla et bien d’autres encore. Et si, là encore, les styles ont évolué, ces témoins du passé conservent toute leur pouvoir évocateur d’une mélancolie plus ancrée au cœur de l’homme, quelque soit l’époque à laquelle il appartient.
LA MONTAGNE




« Danse de malfrats » par Centre Presse

Argentine…Buenos Aires…Patrie du tango. A l’origine, il y a un siècle, le tango était une danse de malfrats du port de Buenos Aires, qui se dansait entre hommes. Et puis les prostituées sont entrées dans le bal, accentuant encore davantage la sensualité provocante de cette danse qui fit scandale lors de son arrivée en Europe après la guerre de 14-18. Mais le snobisme aidant, le tango devint alors un art sophistiqué, grâce à ne musique de plus en plus raffinée, hautement mélancolique…D’Edmundo Rivero à Astor Piazzolla, en passant par Osvaldo Pugliese et la star du genre, Carlos Gardel, vous entendrez dans cette anthologie rare le meilleur des premiers tangos.
Christophe DESHOULIERES – CENTRE PRESSE




« Une belle anthologie » par Phonoscopies

Dans l’excellent livret illustré de 24 page, Philippe Lesage nous fournit toutes explications utiles sur cette musique de danse, devenue genre musical, née vers 1870. Il nous renseigne également sur ces orchestres dont les noms ne sont connus que des spécialistes : Edmundo Rivero, Anibal Troilo, Osvaldo Pugliese, Roberto Firpo, Alfredo de Angelis. Une belle anthologie.
PHONOSCOPIES