ARGENTINA IN PARIS VOL. 2 (1926-1928)

BIANCO - BACHICHA

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Booklet : 40 PAGES
Number of CDs : 2


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FA5081

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L’extraordinaire réunion de deux parmi les plus grands interprètes du Tango en Europe au cours des années folles, le violoniste Eduardo Bianco et le bandonéoniste Juan Bautista Deambrogio “Bachicha” a permis pendant les quelques trois années de leur association l’enregistrement de quelques-unes des plus belles pages du Tango.
Alain Boulanger présente en 2 CD avec un livret 40 pages la suite de l'anthologie des orchestres argentins à Paris qui a reçu le prix Sélection de Télérama et Bravo de Trad Mag.
Patrick Frémeaux

Crepusculo • La Yeguesita • Vidalita • desilusion • Congojas • AseRrin-aseRran • Torcacita • Oro Muerto • Incertidumbre • Spaventa • tengo ganas de llorar • piedad • Taita • Quebracho • siempre • plegaria • piccolo navio del maxim’s • la rinconada • Negro • perjura • enfermita mia • paso lento • angustia • samitier • A media luz • No te quiero mas • mamita mia • primavera • Pato • don esteban • La rayuela • Lo han visto con otra • esclavas blancas • araca corazon • recuerdo • La cumparsita.

Droits éditorialisation : Frémeaux & Associés - La librairie sonore - Notre mémoire collective à écouter.

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This album, issued by the world-famous publishers, Frémeaux & Associés, has been restored using the latest technological methods. An explanatory booklet of liner notes in English and a guarantee are included.
Argentine in Paris - FA5081

ARGENTINA IN PARIS
Vol. 2
BIANCO-BACHICHA
1926-1928









Avant d’entrer dans le vif du sujet de cette réédition, c’est à dire l’histoire de la formation et de la courte mais glorieuse vie de l’orchestre d’Eduardo BIANCO et Juan Bautista DEAMBROGIO, nous évoquerons, il nous a été reproché de ne pas l’avoir fait dans le volume 1 de cette série consacré à Manuel PIZARRO, l’arrivée du Tango dans notre pays.
La légende dit que les premières partitions de Tango sont arrivées à Marseille en 1906, apportées par les aspirants de marine de la frégate-école SARMIENTO. Il s’agissait des compositions d’Enrique SABORIDO “LA MOROCHA” (la brunette ou la basanée) et d’Angel VILLOLDO “EL CHOCLO” (l’épi de maïs, mais terme qui en argot de Buenos-Aires prend souvent une connotation plus érotique).
De Marseille, le Tango monte bien vite à Paris où il fait fureur dès le début du siècle, le vingtième bien sûr, malgré les foudres de l’Eglise qui trouve cette danse indécente et la recommandation toute paternelle de Sa Sainteté le Pape Pie X qui conseille de la remplacer par la “Furlana”, une innocente danse italienne de sa région d’origine la Vénétie. Il faut dire que le Tango a été défendu et ce jusque devant l’Académie Française par le grand poète Jean RICHEPIN.
Dès 1907 arrivent à Paris Alfredo GOBBI - un Uruguayen- et son épouse Flora, couple de danseur et chanteur, en compagnie du pianiste compositeur Angel Gregorio VILLOLDO, auteur d’“EL PORTEÑITO”, “EL TORITO” et “EL CHOCLO”, qui nous l’avons vu plus haut est une des premières compositions de Tango à être arrivée en France La maison GATH Y CHAVES, un grand magasin de Buenos-Aires, les avait mandatés pour y effectuer des enregistrements, de Tango bien sûr. Alfredo et Flora GOBBI resteront sept ans à Paris, leur fils Alfredo Julio, futur chef d’orchestre réputé y naîtra en 1912. Au cours de ce long séjour dans notre capitale les GOBBI se produisent sur scène, gravent cylindres et disques, dont hélas jusqu’à ce jour nous n’avons pu retrouver la moindre trace et surtout font enregistrer par la Musique de la Garde Républicaine et l’Orchestre Pathé Frères (La Banda Pathé) toute une série de disques destinés au marché argentin.
A cette même époque, les orchestres Tziganes, qui depuis la seconde moitié du 19e siècle tiennent le haut du pavé musical dans toutes les brasseries et dans tous les restaurants à la mode où ils y ont introduits la valse viennoise, ne se privent pas eux aussi d’enregistrer en ce début de siècle, Tangos sur Tangos.
Des Académies de danse s’ouvrent un peu partout dans la Ville Lumière. L’éclectique GOBBI est également “professeur de Tango”, installé 55, rue du Faubourg St-Denis, il y tient également une maison d’édition de musique, mais il doit subir la concurrence acharnée d’une nuée d’autres “professeurs” argentins attirés par l’argent facile que rapporte cet enseignement. Ainsi Bernabé SIMARA, ou Enrique SABORIDO - le compositeur de “LA MOROCHA”, arrivé avec le pianiste Carlos Vicente FLORES et encore Casimiro AIN et sa compagne Martina, arrivés eux en 1913 en compagnie des musiciens Vicente LODUCA (bandonéon), Celestino FERRER (piano) et Eduardo MONELOS (violon). Ils forment un groupe qui se produit au Princesse 6, rue Fontaine, future Mecque à Paris du Tango sous le nom de El Garron. Quelques mois plus tard Guerino FILIPOTTO viendra d’Argentine pour remplacer LODUCA et Pepe SCHIUTTO prendra lieu et place de MONELOS reparti gravement malade pour la mère patrie où il décède peu après.
Les “professeurs” DUQUE - un Brésilien - et sa cavalière Mlle Maria Lina BAYO enseignent eux aussi aux parisiens avides de s’instruire les mystères presques insondables des “corte jaca”, “paseo”, “cruzado cortado”, “media luna” et autres figures plus compliquées les unes que les autres et qui, comme le dit la légende des photos publiées dans la revue Musica de Mai 1913, demandent “des qualités naturelles de tenue, de souplesse et de compréhension rythmique”.
Il y a toutefois gros à parier que les “compadritos porteños” seraient restés médusés devant de tels ébats chorégraphiques.
La guerre de 1914-1918 mettra une douloureuse parenthèse à toutes ces réjouissances. Non impliqués dans le sanglant conflit, les GOBBI, FERRER, FILIPOTTO, AIN et autres danseurs et musiciens, comme une volée de moineaux s’envoleront vers des cieux plus cléments. Dès la grande tuerie terminée, en 1918, l’appétit des survivants pour les plaisirs ne connaît plus de borne. Les “années folles” commencent, le Tango avec le Jazz en sera un des rois.
Dès 1920 débarquent du paquebot Garona sur les quais de la Joliette à Marseille deux jeunes et talentueux bandonéonistes, Genaro ESPOSITO “El Tano Genaro” et Manuel PIZARRO. La carrière de ce dernier a été longuement évoquée dans le C.D. Frémeaux FA 5019, Argentina in Paris Vol. 1 : Manuel PIZARRO.

Bien d’autres musiciens argentins vont leur succéder, tels Eduardo BIANCO et Juan Bautista DEAMBROGIO dont nous allons dans ce livret tenter de retracer la carrière alors qu’ils étaient unis au sein de l’Orchestre Argentin BIANCO-BACHICHA.
Le violoniste Eduardo BIANCO, dont nous avons signalé la présence dans l’orchestre de Manuel PIZARRO en 1925, dans le livret du C.D. plus haut cité, était doté d’un caractère des plus impérieux et dominateur. Il ne pouvait admettre être le second de qui que ce soit, il lui fallait être le premier partout et toujours. C’est pour cela que dès la fin de 1925 il décide de monter sa propre formation.
BIANCO était arrivé à Paris au début de l’année en compagnie de deux autres musiciens argentins, le pianiste Luis COSENZA et le bandonéoniste Jose SCHUMACHER “El Inglesito”. Le trio se produit quelques mois au Capitole, 58, rue Notre-Dame de Lorette, puis se dissout assez rapidement, COSENZA ressentant le mal du pays ayant décidé de regagner Buenos-Aires.
SCHUMACHER après un bref séjour dans l’orchestre du Perroquet, le dancing du Casino de Paris, organise sa propre formation qui se produit aux Acacias, cabaret situé 49, rue des Acacias dans le quartier de l’Etoile.
Eduardo BIANCO après un assez court passage de quelques mois au sein de l’orchestre de Manuel PIZARRO décide de former le sien propre. Ce n’est pas un musicien débutant, loin de là, il a déjà derrière lui une solide expérience.
Né à Rosario, province de Santa-Fé en Juin 1897, d’autres disent à Buenos-Aires en 1892. Comme on le voit les sources d’informations divergent sérieusement en ce qui concerne le lieu et la date de naissance de BIANCO. Il est fils d’immigrés italiens et reçoit une formation musicale des plus classique, il est un temps violon solo du Teatro Apolo de la capitale argentine.
Pour organiser son orchestre, BIANCO fait appel à l’excellent bandonéoniste Juan Bautista DEAMBROGIO “BACHICHA”, surnom qui en argot “porteño” “el lunfardo”, désigne soit un homme gros et pansu, soit comme “tano” un Italien et que l’on peut dans ce dernier cas traduire à peu près par “rital”. Nous les Français sommes là-bas appelés les “franchutes”.
Juan Bautista est né le 2 Mars 1890 à La Plata, province de Buenos-Aires et pour lui date et lieu ne sont pas sujets à caution, son fils TITO, musicien lui aussi, dont nous espérons pouvoir parler plus longuement dans une prochaine réédition et que nous sommes heureux de pouvoir ici remercier au passage, nous les a confirmés. Il est lui aussi fils de parents Italiens d’où bien évidemment son surnom, car il n’était ni gros ni “pansugo”!
Il débute dans la vie active par le rude métier de forgeron, mais bien vite alterne le soufflet de la forge avec celui plus harmonieux du “fueye del bandonéon” (fueye ou fuelle est le surnom donné en argot de Buenos-Aires au bandonéon - le soufflet -. Dès l’âge de 15 ou 16 ans il se produit dans les cafés et les “boliches” (caboulots) de la banlieue de la grande cité Porteña. Il intègre bien vite des orchestres bien plus prestigieux, son impeccable exécution au bandonéon, sa domination parfaite de cet instrument, pourtant si difficile, en font une recrue de choix des plus appréciées. On le trouve au cours des années 1915/1916 au sein de la formation de Roberto FIRPO, alors une des plus en vue de Buenos-Aires, qui se produit en ce temps-là à la “confiteria”, nom donné dans la capitale argentine à ce que nous nommions à cette époque brasserie-dansante, El Centenario, située sur l’Avenida de Mayo, une des artères les plus prestigieuses de la cité “porteña”.
Quelques années plus tard il est directeur de la formation du Teatro Apolo. Situé au coin des rues Corrientes et Uruguay, inauguré en 1888, ce fut pendant des décennies un des lieux les plus populaires de la capitale argentine.
Enfin, en 1922, BACHICHA part pour l’Europe en compagnie des danseurs Elias ALIPPI et Enrique MUINO pour se produire en Espagne. C’est pendant qu’il y séjourne, nous l’avons dit plus haut, qu’Eduardo BIANCO lui demande de venir à Paris afin de se joindre à lui pour former le groupe qui prend le nom d’Orchestre Argentin BIANCO-BACHICHA.
Outre BIANCO 1er violon et BACHICHA 1er bandonéon, l’orchestre comprend d’excellents musiciens, ainsi : Agesilao FERRAZANO, violoniste, arrivé à Paris avec la formation de Francisco CANARO qui a joué quelques mois au dancing Florida, 20 rue de Clichy. A la fin de l’engagement, FERRAZANO regagne l’Argen­tine où il monte l’orchestre FERRA­ZANO-POLLERO, puis revient à Paris; il se fixe alors définitivement en Europe. Après un séjour de quelques années dans les formations BIANCO-BACHICHA, puis BIANCO et BACHICHA, il termine sa carrière en Italie où il s’est installé. FERRAZANO est un des pionniers du Tango en Argentine, on le trouve lui aussi dans la formation du maestro Roberto FIRPO en 1917, il joue ensuite aux côtés des plus grands du Tango de l’époque: Juan Carlos COBIAN, Osvaldo FRE­SEDO, Pedro MAFFIA... c’est donc une recrue de choix pour l’orchestre.
Fioravento DI CICO, pianiste arrivé lui aussi avec Francisco CANARO, Uruguayen de naissance il est en 1918 dans l’orchestre de son frère Enrique DI CICO “MINOTTO”. Fioravento après un assez long séjour en France s’établit également en Italie, à Turin, où il finit ses jours au terme d’une longue et glorieuse carrière musicale.
Mario MELFI, qui à cette époque jouait de la batterie, hé oui il y avait une batterie dans les orchestres de Tango alors! et de la scie musicale, on peut l’entendre prendre un solo sur ce bizarre instrument que l’on rencontre parfois dans les premiers orchestres “tanguero” de ce temps là, dans Taita. Devenu plus tard bandonéoniste de valeur, il se produit pendant des décennies dans notre pays à la tête de son propre orchestre. Doté d’une voix agréable, il prend soit en duo avec BACHICHA, soit seul, les refrains de nombreux tangos surtout ceux dits “humoristiques”, une spécialité de la formation BIANCO-BACHICHA.
Horacio PETTOROSSI, guitariste, chanteur et compositeur, né à Buenos-Aires. Il fait dès 1916 partie de la Compagnie de Jose PODESTA. Il arrive en Europe vers 1922 à la tête d’un groupe folklorique “Los de la Raza”. Après son séjour dans l’orchestre BIANCO-BACHICHA, puis dans celui d’Eduardo BIANCO, PETTOROSSI aura quelque temps sa propre formation en Italie. En septembre 1932 il participe aux côtés de l’llustre Carlos GARDEL et de la chanteuse argentine Imperio ARGENTINA au tournage aux Studios de Joinville du film Melodia de Arrabal, il est même co-auteur avec GARDEL et A. LE PERA d’une des plus belles compositions de ce film “Silencio”. Reparti en Argentine, PETTOROSSI s’y produira encore de longues années avec succès, il sera à nouveau accompagnateur de l’inoubliable Carlos GARDEL dans les enregistrements effectués par ce dernier en 1933 et 1934. Nous pouvons l’entendre sur cette réédition dans plusieurs morceaux prendre d’excellents solos au style très italien, évoquant un peu la mandoline et chanter les refrains de quelques Tangos.
Bien d’autres musiciens talentueux entrent au cours des quelque trois années que dure l’association BIANCO-BACHICHA dans la formation. Citons, le bandonéoniste Esteban GUTTIEREZ “El Tucumano”, le contrebassiste Oscar ROMA, futur chef d’orcheste. Le français d’origine italienne Joseph (Giuseppe) COLOMBO, un des premiers français à dominer ce capricieux instrument qu’est le bandonéon, qui sera bientôt rejoint par son frère Hector (Ettore), bandonéoniste lui aussi. Plus tard les frères COLOMBO qui manient aussi bien l’accordéon que le bandonéon feront pendant des années les beaux soirs du Bal Tabarin.
L’Uruguayen Hector Maria ARTOLA “Quico”, né le 30 Avril 1903 à San Jose de Mayo Uruguay, qui dès 1919 joue dans la formation du légendaire Eduardo AROLAS “El Tigre del Bandonéon” à Montevideo, puis est premier bandonéon de l’orchestre DONATO-ZERILLO. ARTOLA ne reste que quelques mois dans la formation BIANCO-BACHICHA, nous pouvons l’entendre dans les enregistrements de 1927.
D’autres encore, tels Jose Carlos COHAN pianiste, Francisco ALONGI pianiste, qui selon une entrevue donnée en 1947 au magazine Radio 47 s’appellerait en réalité Francis, le “co” ayant été ajouté pour faire plus “couleur locale”, il serait né à Tunis, mais aurait vécu en Argentine où selon lui Carlos GARDEL aurait voulu l’incorporer à ses accompagnateurs, cette dernière affirmation nous parait toutefois des plus sujette à caution, GARDEL étant le plus souvent accompagné par des guitaristes seulement, parfois par un orchestre complet. ALONGI aura après la guerre sa propre formation.
Le chanteur Juan RAGGI, à la très agréable voix de ténorino, ses accents, ont dit certains, rappellent parfois Carlos GARDEL. Né en Argentine le 9 Juillet 1890 il fait ses classes à Buenos-Aires et à Montevideo, il arrive en Europe au début des années 1920. Il intègre la formation BIANCO-BACHICHA dès la création de celle-ci mais n’y reste qu’un an environ. Nous pouvons l’entendre sur la plupart des enregistrements de 1926. Il quitte l’orchestre au début de l’année 1927 et en Juillet de cette même année se produit à l’Empire avec Manuel PIZARRO. En Mars 1928, la formation qu’il a montée avec SOLER passe en attraction au cinéma Paramount de Paris. On ne peut que regretter que son séjour dans l’orchestre BIANCO-BACHICHA ait été aussi court, sa voix chaude et bien timbrée, sa diction parfaite étaient des atouts de valeur pour la formation. La critique de l’époque ne s’y est d’ailleurs pas trompée, Jacques CHABANNES dans La Rampe de Juillet 1928 nous dit : “le chanteur Juan RAGGI a le sens du Tango...” Juan RAGGI décédera prématurément en 1932.
Son remplaçant dans la formation, César ALBERU, ne le fait pas oublier même s’il interprète avec beaucoup de cœur les refrains des Tangos joués.
Les Français Valentin THEBAULT, pianiste et compositeur, Marcel PAGNOUL, pianiste, le franco-espagnol Emilio ARMENGOL, violoniste, chanteur et futur chef d’orchestre, ont également fait partie de l’orchestre.
La chanteuse Teresa ASPRELA, arrivée elle aussi à Paris avec l’orchestre de Francisco CANARO en 1925, intègre la formation de BIANCO-BACHICHA vers la fin 1927, nous pouvons l’entendre dans les enregistrements effectués en 1928. Sa voix est un peu aci­dulée, mais son pur accent “porteño” en font une bonne inter­prète du Tango.
L’orchestre débute fin 1925 au Washington Palace et au Palermo 6, rue Fontaine, le Temple avec El Garron du Tango. Nous pouvons remarquer que les exécutants portent encore l’impeccable habit de soirée, ce n’est que l’année suivante qu’ils endosseront, le devenu depuis traditionnel, travestissement de gauchos de fantaisie.
On trouve ensuite la formation à l’Olympia et au Florida en 1926. C’est cette année là qu’ont lieu les premiers enregistrements de l’orchestre BIANCO-BACHICHA, en Octobre puis les 3 et 4 Décembre, publiés à la fois chez Odéon et chez Columbia. Nous en reproduisons quelques uns sur ce C.D.
La revue “Dansons” nous le signale en 1927 à l’Embassy, 136 avenue des Champs-Elysées, cabaret-dancing anciennement appelé Volterra et dont il vient de faire la réouverture après sa rénovation. Il se produit également à La Michodière, c’est à cette occasion que Marcel PAGNOUL intègre la formation.
Le programme de l’Apollo du 20 Janvier 1928 nous annonce : “le Roi des musiciens argentins BIANCO-BACHICHA” et la revue Carnet du même mois nous dit : “au lendemain du prodigieux Jack HYLTON (un orchestre de Jazz anglais) l’Apollo a fait monter sur scène un orchestre de toute autre sonorité, qui est peut être le seul qui puisse n’appeler aucune comparaison. C’est raison. Je dis monter sur scène, il vaudrait mieux dire descendre puisqu’il joue au Florida-dancing (situé au premier étage de l’Apollo) depuis des mois. C’est l’orchestre argentin BIANCO-BACHICHA. Nous l’avions déjà éprouvé grand numéro de music-hall à l’Olympia où il nous fut présenté pour la première fois à Paris sous cette formule. A l’Apollo il nous donne cette même caresse musicale, tendre, voluptueuse, ensoleillée, coupée et crispée de chants, de cris, frénétiquement languide selon l’instant, voyageuse....” article signé LEGRAND-CHABRIER..
Le 27 du même mois la presse annonce : “l’Apollo a fait un pont d’or au célèbre orchestre argentin BIANCO-BACHICHA et à ses 20 virtuoses pour prolonger son engagement de 7 jours”. Enfin en Mars de cette même année : “BIANCO-BACHICHA, le plus fameux orchestre de Tango. Irrévocablement dernière semaine du célèbre orchestre BIANCO-BACHICHA et ses 20 virtuoses”. La formation se produit ensuite quelques temps à Bobino. Il semble bien que ce séjour à Bobino soit la dernière prestation parisienne de l’orchestre qui au cours de ces années s’est également produit au Ciro’s à Paris et en province à l’Hôtel Miramar et au Pavillon Royal de Biarritz, à l’Auberge de St-Jean de Luz et à l’Hôtel Ruhl de Nice.
Après une tournée en Espagne au cours de laquelle il enregistre toute une série de faces pour Odéon espagnol l’orchestre se disperse.
La discographie de l’orchestre BIANCO-BACHICHA, illustrée par les enregistrements ci-reproduits témoigne du succès de la formation en cette période.
BIANCO et BACHICHA organisent alors chacun leur propre formation, les musiciens suivant l’un ou l’autre des deux directeurs. Nous espérons pouvoir évoquer le destin de ces deux formations dans une prochaine réédition.
Nous pouvons écouter sur celle-ci quelques grands classiques du Tango argentin : La Cumparsita, el Tango de los Tangos, comme le nomme les aficionados, l’impérissable composition de l’Uruguayen Geraldo H. MATOS-RODRIGUEZ, sans doute un des tangos les plus joués au monde, A Media Luz d’Edgardo DONATO, ainsi que de nombreuses compositions dues aux deux chefs de l’orchestre. De BIANCO, Crepusculo, Incertidumbre, Siempre et son plus grand succès la fameuse “prière” Plegaria. De DEAMBROGIO, Quebracho, Samitier, Tengo ganas de Ilorar, Taita et toute cette série de Tangos déjà évoqués, dits “humoristiques” dont l’orchestre s’était fait une spécialité : La Yeguesita, Aserrin-Aserran, Piccolo Navio del Maxim’s, ce dernier morceau chanté en français, italien et espagnol ! Style assez curieux dont on trouve assez peu de trace chez les orchestres argentins de Buenos-Aires. Le sel des paroles ne devait pas être compris par beaucoup d’auditeurs français, nous pensons que l’effet devait être avant tout scénique. Ils ont toutefois le mérite de l’originalité.
Enfin nous ne résistons pas au plaisir pour nous, et vous, tout au moins nous l’espérons, divertir un peu, d’évoquer le Tango Spaventa, cette composition “à la française” due au talent de Messieurs Philippe PARES et Georges VAN PARYS, un peu lourde et pesante et que l’orchestre eut sans doute quelques difficultés à assimiler, car il n’a pas fallu moins de trois prises pour que ce “chef-d’oeuvre” soit mis en conserve, est dédiée au chanteur argentin SPA­VENTA.
Francisco “Pancho” SPAVENTA, chanteur et acteur, dont nous sommes heureux ici de saluer la mémoire, sans doute plus acteur que croque-note, fut le premier chanteur du Rio de la Plata à se produire en Espagne. Après avoir eu son heure de gloire dans la péninsule ibérique le pauvre SPAVENTA vit celle-ci s’effondrer lorsque Carlos GARDEL y fit ses premières tournées. Une anecdote comique (?), alors que GARDEL se produisait en Espagne, SPAVENTA chantait dans une ville de province, à la fin du spectacle les étudiants du lieu lui firent une ovation enthousiaste et interminable, puis le portèrent en triomphe jusqu’aux portes de la ville et là tandis que SPAVENTA tout heureux se rengorgeait, le posèrent à terre en lui disant : “et surtout ne reviens plus jamais”.
L’association BIANCO-BACHICHA n’a duré guère plus de deux ans mais elle a laissé un souvenir impérissable dans la mémoire des aficionados du Tango. La cinquantaine de morceaux enregistrée par l’orchestre nous le prouve amplement.
Les cires que nous rééditons ici nous le démontrent et même si le Tango a beaucoup évolué depuis, l’orchestre était bien un des meilleurs que l’on pouvait entendre alors en France et en Europe, l’égal de ceux qui ce produisaient en ce temps-là à Buenos-Aires. Nous pouvons à ce propos noter que le titre “Negro” a été édité en Argentine sous le numéro Odéon 182 322, ce qui nous prouve que les titres enregistrés par la formation avaient été jugés dignes d’être publiés dans la patrie du Tango.
Nous espérons que l’écoute de cette réédition vous apportera autant de plaisir que celui que nous avons eu en la réalisant.

Alain Boulanger, 2003

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2004



PERSONNEL DE L’ORCHESTRE BIANCO-BACHICHA 1925-1928


Eduardo BIANCO, violon, directeur, compositeur, chanteur.
Juan Bautista DEAMBROGIO “BACHICHA”, bandonéon, directeur, compositeur, chanteur
Cesar ALBERU, chanteur
Teresa ASPRELA, chanteuse
Francisco ALONGI, piano
Emilio ARMENGOL, violon
Hector Maria ARTOLA “QUICO”, bandonéon
Carlos BEGLIERO, bandonéon
Hector COLOMBO, bandonéon
Joseph COLOMBO, bandonéon
Fioravento DI CICO, piano
Agesilao FERRAZANO, violon, compositeur
Esteban GUTTIEREZ “EL TUCUMANO”, bandonéon, compositeur
Mario MELFI, batterie, scie musicale, compositeur, chanteur.
Rosita MONTENEGRO, danseuse
Marcel PAGNOUL, piano
Horacio PETTOROSSI, guitare, compositeur, chanteur.
Juan RAGGI, chanteur, guitare, compositeur.
Valentin THEBAULT, piano, compositeur.
Liste établie au mieux de nos connaissances, compléments et corrections seront les bienvenus.


OUVRAGES CONSULTÉS :
EL LIBRO DEL TANGO. Horacio FERRER. Ed. A. TERSOL - Buenos Aires
TANGO. UN SIGLO DE HISTORIA. Revue en 48 fascicules. Ed. PERFIL - Buenos-Aires
LA HISTORIA DEL TANGO. Ouvrage en 17 volumes. Ed. CORREGIDOR - Buenos-Aires
HISTORIA DE LA ORQUESTA TIPICA. Luis Adolfo SIERRA. Ed. A. PENA LILDO - Buenos Aires
UN SIECLE DE TANGO. PARIS-BUENOS-AIRES. Nardo ZALKO. Ed. du FELIN - PARIS

REMERCIEMENTS AUX AMIS
ET COLLECTIONNEURS :

Tito BACHICHA, Pierre BRIFFAULT, Christian VERNET et tout particulièrement à Marc MONNERAYE qui s’est efforcé de dater les enregistrements Columbia et Odéon ci-reproduits.
Transfert à partir de 78 tours originaux.
Collection Alain BOULANGER.


ARGENTINA IN PARIS
Vol. 2
BIANCO-BACHICHA
1926-1928

Before treating the main issue of this album - the short-lived but glorious activities of the Eduardo Bianco and Juan Bautista Deambrogio orchestra - we will step back to when Tango first arrived in France, a topic which was not covered in Volume 1.

It is said that the first Tango scores arrived in Marseille in 1906, brought by those training in the Sarmiento marine school.  The compositions in question were Enrique Saborido’s La Morocha and Angel Villoldo’s El Choclo.  Tango rapidly made its way to Paris, where it became all the rage in the early 20th century, despite criticism by the church.  The genre was strongly defended by the celebrated poet Jean Richepin.

In 1907, Uruguayan-born Alfredo Gobbi and his wife Flora came to Paris, a singing and dancing couple.  They were accompanied by pianist/composer Angel Gre­gorio Villoldo who had signed El Portenito, El Torito and El Choclo.  Alfredo and Flora stayed in Paris for seven years and their son Alfredo Julio, the future band leader, was born in the French capital in 1912.  During their sojourn, the couple performed on stage, recorded cylinders and discs (alas, we have been unable to retrieve them) and, above all, recorded a series of records intended for the Argentinean market for La Musique de la Garde Républicaine and the Pathé Frères Orchestra (La Banda Pathé).
During the same period, the Tsigane orchestras, much appreciated in voguish brasseries and restaurants as from the mid-19th century, also began to record numerous Tangos.

Dance schools were opening all over the City of Light.  Gobbi was also a ‘Tango teacher’ and set up business in Rue du Faubourg St. Denis.  He also opened a publishing firm, but had much competition from other Argentinean ‘teachers’, lured by this manner to make easy money.  His rivals included Bernabé Simara, Enrique Saborido (who wrote La Morocha) who arrived with pianist Carlos Vicente Flores and Casimiro Ain and his companion Martina, who came along in 1931 along with musicians Vicente Loduca (bandoneon), Celestino Ferrer (piano) and Eduardo Monelos (violin).  They founded a band which was billed at the Princesse, the future Tango temple, El Garron.  A few months later, Guerino Filipotto arrived from Argentina to replace Loduca and Pepe Schiutto replaced Monelos who, seriously ill, returned to his homeland where he passed away shortly after.

Brazilian-born Duque and his dancing partner Maria Lina Bayo also taught the Parisians the secrets behind the ‘corte jaca’, ‘paseo’, ‘cruzado cordado’, ‘media luna’ and other complicated figures which, according to the May 1913 issue of the magazine Musica, required ‘suppleness and rhythmic comprehension’.

Sadly World War I dampened this merry-making.  Uninvolved in the ongoing warfare, the Gobbi couple, Ferrer, Filipotto, Ain and other dancers and musicians sought tranquillity elsewhere, but in 1918, the roaring era began and Tango and Jazz were to reign.

In 1920, two young and talented bandoneon players, Genaro Esposito ‘El Tano Genaro’ and Manuel Pizarro arrived in Marseille on the liner, named the Garona.  Pizarro’s career was described in length in the album Argentina in Paris Volume 1 (Frémeaux FA 5019).  They were followed by many other Argentinean artists such as Eduardo Bianco and Juan Bautista Deambrogio, who teamed up in the Argentinean orchestra Bianco-Bachicha.

Violinist Eduardo Bianco, a member of Manuel Pizarro’s orchestra in 1925 had a particularly domineering personality and hated being second best.  For this reason, in late 1925 he decided to create his own band.  Bianco had arrived in Paris in early 1925, accompanied by two other Argentinean artists, pianist Luis Cosenza and bandoneonist Jose Schumacher ‘El Inglesito’.  The trio were billed for a few months in the Capitole but rapidly disbanded as Cosenza felt homesick and returned to Buenos Aires.  After a short spell in the Perroquet’s orchestra, and dance-hall in the Casono de Paris, founded his own set-up which performed in the Acacias, a cabaret near the Arc de Triomphe.

Following Bianco’s participation with Pizarro, Eduardo Bianco went ahead with his idea of founding his own orchestra.  Born in Rosario, a province of Santa-Fé in June 1987 (though some say in Buenos Aires in 1892), Bianco was the son of Italian immigrants and followed a strictly classical musical education and therefore had good experience.  For a while he was the solo violinist in the Argentinean capital’s Teatro Apolo.  For his new project, Bianco called on the excellent bandoneon player Juan Bautista Deambrogio ‘Bachicha’.

Juan Bautista was born on 2 March 1890 in La Plata, a province of Buenos Aires.  This date has been confirmed by his musician son Tito.  He also had Italian parents, hence his nickname ‘Bachicha’, meaning ‘dago’.  His first worked as a black-smith, but rapidly turned to the bandoneon and as from the age of 15 or 16, performed in cafés and ‘boliches’ in the outskirts of Portena.  Through his skilful playing, he joined some of the most prestigious orchestras and in 1915/16 was a member of Roberto Firpo’s band, playing in El Centenario in Avenida de Mayo.

A few years later, he led the band in the Teatro Apolo, one of the most popular venues in the Argentinean capital.  Then in 1922, Bachicha left for Europe, accompanied by dancers Elias Alippi and Enrique Muino and was billed in Spain.  During his sojourn, Eduardo Bianco invited him to Paris to create the group to be named the Argentinean Orchestra Bianco-Bachicha.

Besides Bianco on the violin and Bachicha on the bandoneon, the orchestra was comprised of other excellent musicians :

Violinist Agesilao Ferrazano who had come to Paris with Francisco Canaro’a band which had played for several months in the dance-hall Florida, rue de Clichy.  At the end of his contract, Ferrazano returned to Argentina where he founded the orchestra Ferrazano-Pollero, then came back to Paris.  After several years in the bands Bianco-Bachicha, and then Bianco and Bachicha, he settled in Italy.  Ferrazano was one of the pioneers of Tango in Argentina.  In 1917, he was a member of the maestro Roberto Firpo’s orchestra and went on to play next to some of the big names in Tango - Juan Carlos Cobian, Osvaldo Fresedo and Pedro Maffia.
Pianist Fioravento Di Cico also arrived with Francisco Canaro.  Born in Uruguay, in 1918 he was a member of the orchestra led by his brother Enrique Di Cico ‘Minotto’.  After the years spent in France, Fioravento also settled in Turin in Italy.
Mario Melfi, then on the drums, but later became a worthy bandoneon player headed his own band in France for many years.  He also had a pleasant voice and sang either with Bachicha or alone.
Horacio Pettorossi, a guitarist, singer and composer, born in Buenos Aires was a member of the Compagnie de Jose Podesta as from 1916.  He arrived in Europe around 1922, heading a folk group, ‘Los de la Raza’.  After the time spent in the Bianco-Bachicha orchestra, and then in that of Eduardo Bianco, Pettorossi led his own band in Italy.  In September 1932, he appeared next to the illustrious Carlos Gardel and the Argentinean singer Imperio Argentina in the film Melodia de Arrabal.  Pettorossi returned to Argentina where he remained successful for many years and again accompanied Carlos Gardel in his 1933 and 1934 recordings.

Many other talented musicians joined the Bianco-Bachicha band during their association which lasted three years, including bandoneon player Esteban Guttierez ‘El Tucumano’, bassist Oscar Roma, Joseph (Guiseppe) Colombo (one of the first French artists to master the bandoneon) and his brother Hector (Ettore), another bandoneon player.  Uruguayan-born Hector Maria Artola ‘Quico’, born on 30 April 1903, who played with Eduardo Arola as from 1919 in Montevideo, and who was then first bandoneon in the Donato-Zerillo orchestra, only stayed a few months in the Bianco-Bachicha band but he can be appreciated in the 1927 recordings.  Then there were pianists Jose Carlos Cohan and Francisco Alongi who created his own set-up after the war.

Singer Juan Raggi, born in Argentina on 9 July 1890 arrived in Europe in the early twenties and joined the Bianco-Bachicha orchestra when it was first created but only stayed a year to be replaced by César Alberu.  He left the group in early 1927 and in July performed with Manuel Pizzarro.  He then set up his own band with Soler, which was billed at the Paramount cinema in Paris.

There were also French members - Valentin Thebault, a pianist and composer, pianist Marcel Pagnoul and Franco-Spanish Emilio Armengol, a violinist, singer and future band leader.

The singer Teresa Asprela also arrived in Paris with Francisco Canaro’s orchestra in 1925 and joined the Bianco-Bachicha orchestra in late 1927.

The orchestra debuted in late 1925 in the Washington Palace and the Palermo.  In 1926, they were billed at the Olympia and the Florida.  This year witnessed their first recordings in October and then on 3 and 4 December, both for Odeon and Columbia.

In 1927, they were billed at the Embassy on the Champs Elysées and they also performed at La Michodière, when they were joined by Marcel Pagnoul.  Following their stint at the Apollo, which was subsequently prolonged in January 1928 they were highly praised by the critics - ‘Bianco-Bachicha, the most famous Tango orchestra’.  The band then went on to Bobino which would appear to be their last Parisian performance.  Du­ring their existence, they also appeared at Ciro’s in Paris, the Hotel Miramar and the Pavillon Royal in Biarritz, the Auberge in St Jean de Luz and the Hotel Ruhl in Nice.

After touring Spain, when they cut a series of sides for the Spanish Odeon label, the orchestra disbanded.  The orchestra’s discography, as portrayed by the titles included in this album, witness their success during this period.

Bianco and Bachicha then created their individual groups, their musicians following one of the two leaders.  We hope to cover these new set-ups in a future album.

In the present anthology, we can appreciate some of the great classics of Argentinean Tango :  La Cumparsita, or el Tango de los Tangos as the aficionados like to call it, the composition of Uruguayan Geraldo H. Matos-Rodriguez, undoubtedly one of the tangos most played in the world, Edgardo Donato’s Media Luz and numerous compositions by the two leaders.  Bianco signed Crepusculo, Incertidumbre, Siem­pre and the famous Plegaria.  Written by Deambrogio we find Quebracho, Samitier, Tengo ganas de llorar, Taita and a series of ‘humorous’ tangos :  La Yeguesita, Aserrin-Aserran, Piccolo Navio del Maxim’s, the latter piece is quite original as it is sung in French, Italian and Spanish !

Finally, we could not resist including the Tango Spaventa, a ‘French-style’ composition by Philippe Pares and Georges Van Parys - a piece which must have been a challenge for the orchestra as three takes were necessary for its recording - dedicated to the Argentinean singer Speventa.

Singer and actor Francisco ‘Pancho’ Spaventa was the first singer from Rio de la Plata to perform in Spain.  As his career began to dwindle, Carlos Gardel made his first tours on the peninsular.  

The Bianco-Bachicha team lasted just over two years, but their memory stayed firmly with Tango fans.  The fifty-odd titles recorded by the orchestra is proof enough.  Tango may have evolved since, yet at that moment of time the orchestra was one of the best in France and Europe, worthy of those which performed in Buenos Aires during the same period.

We hope you have as much pleasure in listening to this disc as we had in making it.

Adapted in English
by Laure WRIGHT
from the French text
of Alain BOULANGER


© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2004


DISCOGRAPHIE C.D. n°1

01. KI 975 - Crepusculo - Tango (E. Bianco)        3’15
Odéon 74 352 - Chant duo J. Raggi/E. Bianco - Paris c. 23 Oct. 1926

02. KI 976 - La Yeguesita - Tango humoristique (J.B. Deambrogio)     2’30
Odéon 74 354 - Chant duo Bachicha/M. Melfi - Paris c. 23 Oct. 1926

03. KI 977 -  Vidalita - Tango (navarrine/J.B. Deambrogio)    3’05
Odéon 74 353 - Chant J. Raggi - Paris c. 23 Oct. 1926

04. KI 978 - desilusion - Tango (E. Bianco)    2’56
Odéon 74 355 - Chant J. Raggi - Paris c. 23 Oct. 1926

05. KI 985-1/ C.7.1 - Congojas - Tango (E. Bianco)    3’07
Odéon 165 002/Columbia D 2019 - Chant J. Raggi - Paris 3/4 Déc. 1926

06. KI 986-1/L 314 - AseRrin-aseRran - Tango humoristique (J.B. Deambrogio)    3’01
Odéon 165 000/Columbia D 2018 - Chant M. Melfi et chœur - Paris 3/4 Déc. 1926

07. KI 987-2 - Torcacita - Tango (H. Pettorossi)    3’08
Odéon 165 004 - Paris 3/4 Déc. 1926

08. KI 988-1/L 316 - Oro Muerto - Tango (J. Raggi)    3’16
Odéon 165 009/Columbia D 6233 - Chant J. Raggi - Paris 3/4 Déc. 1926

09. KI 989/L 317 - Incertidumbre - Tango (E. Bianco/Sarmiento)    2’46
Odéon 165 003/Columbia D 6233 - Chant J. Raggi - Paris 3/4 Déc. 1926

10. KI 990-3/L 318 - Spaventa - Tango (Ph. Pares/G. Van Parys)    2’18
Odéon 165 005/Columbia D 2018 - Paris 3/4 Déc. 1926

11. KI 991/L 319 - tengo ganas de llorar - Tango (J.B. Deambrogio/J. Raggi )    2’50
Odéon 165 006/Columbia D 6251 - Chant J. Raggi - Paris 3/4 Déc. 1926

12. KI 992/L 320 - piedad - Tango (E. Bianco/M. Melfi)    2’57
Odéon 165 007/Columbia D 6217 - Chant J. Raggi/E. Bianco - Paris 3/4 Déc. 1926

13. KI 1003-2/L 311 - Taita - Tango (J.B. Deambrogio)    3’14
Odéon 165 001/Columbia D 6217 - Paris 3/4 Déc. 1926

14. KI 1185-2 - Quebracho - Tango (J.B. Deambrogio)    2’51
Odéon 165 097 - Chant E. Bianco - Paris début Janvier 1927

15. KI 1186-2 - siempre - Tango (E. Bianco)    2’49
Odéon 165 098 - Chant E. Bianco - Paris début Janvier 1927

16. KI 1187-2 - plegaria - Tango (E. Bianco)    3’03
Odéon 165 098 - Chant E. Bianco et chœur - Paris début Janvier 1927

17. KI 1188-1 - piccolo navio del maxim’s - Tango humoristique -         2’39
(J.B. Deambrogio)
Odéon 165 099 - Chant bachicha et M. Melfi et chœur

18. KI 1189-2 - la rinconada - Tango (E. guttierez)    2’38
Odéon 165 099 - Paris début Janvier 1927

N.B. Les titres de la séance du 23 octobre 1926 sont enregistrés encore avec l’ancien système acoustique.


DISCOGRAPHIE C.D. n°2

01. KI 1190-2 - Negro - Tango (A. Mondino)    2’40
Odéon 165 100 - Chant H. Pettorossi (possible) - Paris début Janv. 1927

02. KI 1191-1 - perjura - Tango (E. Bianco)    3’02
Odéon 165 100 - Paris début Janv. 1927

03. KI 1192-1 - enfermita mia - Tango (J. Raggi)    2’36
Odéon 165 101 - Chant duo E. Bianco/H. Pettorossi (possibles) - Paris début Janv. 1927

04. KI 1194-1 - paso lento - Tango (M. Melfi)    2’21
Odéon 165 101 - Paris début Janv. 1927

05. KI 1195-2 - angustia - Tango (H. Pettorossi)    3’02
Odéon 165 102 - Chant duo E. Bianco/H. Pettorossi - Paris début Janv. 1927

06. KI 1369-2 - samitier - Tango (J.B. Deambrogio)    2’40
Odéon 165 198 - Paris Nov. 1927

07. KI 1370-1 - A media luz - Tango (e. donato)    2’29
Odéon 165 200 - Chant Cesar ALBERU et chœur - Paris Nov. 1927

08. KI 1371-1 - No te quiero mas - Tango (J. Bauer)    2’45
Odéon 165 198 - Chant Cesar ALBERU et chœur - Paris Nov. 1927

09. KI 1372-1 - mamita mia - Tango (e. delfino)    2’09
Odéon 165 199 - Chant Cesar ALBERU - Paris Nov. 1927

10. KI 1380-1 - primavera - Tango (e. bianco)    2’57
Odéon 165 201 - Paris fin Nov. 1927

11. KI 1381-1 - Pato - Tango (Ramon Collazo)    2’37
Odéon 165 201 - Chant Cesar ALBERU - Paris fin Nov. 1927

12. KI 1382-1 - don esteban - Tango humoristique (A. Berto)    2’11
Odéon 165 199 - Chant chœur - Paris fin Nov. 1927

13. KI 1498-1 -  La rayuela - Tango Milonga (J. de Caro)    3’04
Odéon 165 239 - Paris Janv. 1928

14. KI 1499-2 - LO han visto con otra - Tango (H. Pettorossi)    2’47
Odéon 165 240 - Chant Mlle Asprela - Paris Janv. 1928

15. KI 1503-1 - esclavas blancas - Tango (H. Pettorossi)    2’58
Odéon 165 240 - Chant Mlle Asprela - Paris fin Janv./début Fév. 1928

16. KI 1504-1 - araca corazon - Tango (e. delfino/a. Vacarezza    2’18
Odéon 165 241 - Chant Mlle Asprela -  Paris fin Janv./début Fév. 1928

17. KI 1506-2 - recuerdo - Tango (A. Pugliese)    2’53
Odéon 165 241 -  Paris fin Janv./début Fév. 1928

18. KI 1507-1 - La cumparsita - Tango (G.H. Matos rodriguez)    2’42
Odéon 165 242 -  Paris fin Janv./début Fév. 1928






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CD 1
01 CREPUSCULO - BIANCO03'16
02 LA YEGUESITA - BIANCO02'31
03 VIDALITA - BIANCO03'07
04 DESILUSION - BIANCO02'57
05 CONGOJAS - BIANCO03'08
06 ASERRIN ASERRAN - BIANCO03'03
07 TORCACITA - BIANCO03'09
08 ORO MUERTO - BIANCO03'17
09 INCERTIDUMBRE - BIANCO02'48
10 SPAVENTA - BIANCO02'20
11 TENGO GANAS DE LLORAR - BIANCO02'51
12 PIEDAD - BIANCO02'59
13 TAITA - BIANCO03'15
14 QUEBRACHO - BIANCO02'52
15 SIEMPRE - BIANCO02'50
16 PLEGARIA - BIANCO03'04
17 PICCOLO NAVIO DEL MAXIM S - BIANCO02'40
18 LA RINCONADA - BIANCO02'38
CD 2
01 NEGRO - BIANCO02'42
02 PERJURA - BIANCO03'03
03 ENFERMITA MIA - BIANCO02'38
04 PASO LENTO - BIANCO02'23
05 ANGUSTIA - BIANCO03'03
06 SAMITIER - BIANCO02'42
07 A MEDIA LUZ - BIANCO02'31
08 NO TE QUIERO MAS - BIANCO02'46
09 MAMITA MIA - BIANCO02'11
10 PRIMAVERA - BIANCO02'59
11 PATO - BIANCO02'38
12 DON ESTEBAN - BIANCO02'13
13 LA RAYUELA - BIANCO03'05
14 LO HAN VISTO CON OTRA - BIANCO02'49
15 ESCLAVAS BLANCAS - BIANCO03'00
16 ARACA CORAZON - BIANCO02'20
17 RECUERDO - BIANCO02'54
18 LA CUMPARSITA - BIANCO02'42
"Argentina in Paris Vol. 2" par Trad Mag

“Cet enregistrement contient quelques grands classiques du Tango argentin, dont La Cumparsita, El Tango de los Tangos. Les cires rééditées ici démontrent le succès de l’orchestre qui était bien un des meilleurs que l’on pouvait entendre alors en France et en Europe.” Marie-Paule BONNÉ, TRAD MAG




"Argentina in Paris Vol. 2" par Télérama

“Toute la verve canaille du tango argentin des origines était célébrée, dès le début du siècle, sur les bords de Seine, par les chanteurs, violonistes, pianistes et bandonéonistes de l’orchestre Biancho-Bachicha. Enregistrées dans les années 20, leurs voix éraillées nous invitent aux délires de cette danse suggestive, qui eut à l’époque à subir les foudres de l’Eglise.” TÉLÉRAMA