MASTERS OF SRI LANKA

ENREGISTREMENT SONORE IN SITU DE FRANCOIS JOUFFA

More details

Number of CDs : 1


19,99 € tax incl.

FA5168

Available. Will be sent within 24 to 72h

Add to my wishlist

+2 loyalty points


"Réalisés à la demande du gouvernement Sri Lankais pour enrichir les archives nationales du pays, ces enregistrements rares présentent un art en voie de disparition incarné par ses derniers grands maîtres.
Plus que de “simples” musiciens percussionnistes, chanteurs et danseurs, ils sont considérés comme des guides spirituels dont les rituels d’exorcisme apportent la paix de l’âme et le soulagement physique.
Les morceaux présentés ici sont des documents précieux car ces hommes avaient toujours refusé d’être enregistrés, considérant que chaque séance est un moment privilégié religieux et qu’en la fixant, on risque de rompre la magie."
François Jouffa et Patrick Frémeaux

Droits Masters : Groupe Frémeaux Colombini (Frémeaux & Associés - Patrimoine de l'Humanité).

"

LES MAITRES DE SRI LANKA

LES MAITRES DE SRI LANKA
Enregistrement sonore in situ
MASTERS OF SRI LANKA
Live recording of the healer’s “magic drums” & the Indian tradition of Ceylon




LES MAITRES DE SRI LANKA
Avertissement de l’éditeur
Ces enregistrements ont été réalisés en février et mars 2002 à la demande du gouvernement sri lankais pour enrichir les Archives nationales du pays ainsi que les phonothèques des grandes universités qui n’avaient pas trace des prouesses de leurs grands maîtres.
L’ambassadeur du Sri Lanka en France était, au début de ce siècle, le professeur Senake Bandaranayake, lui-même archéologue spécialiste du site de la forteresse du gigantesque rocher de Sigiriya. Par l’intermédiaire de son ami le réalisateur Nimal de Silva, il avait pris connaissance du travail photographique effectué en Asie depuis plus de trente ans par Sylvie Jouffa, et des nombreuses productions de disques d’ethnomusiques enregistrées sur le terrain par François Jouffa, du Népal à la Corée en passant, entre autres, par la Birmanie ou le Viêt-nam. Le professeur avait notamment écouté les enregistrements de Jouffa lorsqu’il avait réalisé à Ceylan son film “La Bonzesse” en 1973. Plusieurs 33 tours puis CD, extraits de la B.O., avaient immortalisé “ les tambours magiques ” des guérisseurs de l’île de ces années-là. Leur art étant en voie de disparition, le professeur ambassadeur pensait qu’il y avait urgence à fixer les styles et les talents des derniers vieux grands maîtres. Ceux-ci ne sont pas que de simples musiciens percussionnistes, chanteurs et danseurs. Véritables artistes, ils sont non seulement des multi instrumentistes, mais aussi des sculpteurs de masques de divinités, esprits protecteurs ou démons. Ils sont surtout considérés, en milieu rural, comme des guides spirituels dont les rituels d’exorcisme apportent la paix de l’âme et le soulagement physique.
Les morceaux présentés ici sont des documents précieux car ces hommes avaient toujours refusé d’être enregistrés, considérant que chaque séance est un moment privilégié religieux et qu’en la fixant, on risque de rompre la magie. Le plus vénéré des maîtres-tambours, Maître Banda, a accepté d’aller à la rencontre de ses confrères pour  leur faire comprendre l’intérêt scientifique et universitaire de l’opération. Il n’y avait jamais eu  et il n’y aura plus jamais d’enregistrements du tambour et/ou de la voix de Maître Banda. Quelques mois plus tard, ce grand musicien guérisseur a subi une hémiplégie et sa virtuosité est partie avec la maladie et son invalidité. C’est dire la valeur de ces enregistrements effectués par François Jouffa. Maître Banda était l’accompagnateur privilégié de la grande danseuse classique Khema. Cette dernière est l’épouse du mélomane Ajita de Costa, président de Heritage Foundation for the Environment and Arts, qui a bien voulu organiser les séances d’enregistrements dans les villages mêmes des musiciens, parmi leurs patients et disciples. A Paris, Madame Dileeni R. de Alwis Perera (DPDJ International) et, à Colombo, Madame Manisha Gunasekera du Ministère des affaires étrangères concrétisèrent le projet. Enfin Gilles Schneider, avec Radio France International (RFI), apporta une aide technique. Nous les en remercions.
Notons que pour honorer ces musiques ancestrales, François Jouffa a choisi de travailler avec de la bonne vieille bande magnétique sur son Nagra IV S. A l’heure du numérique parfait mais froid, ces morceaux traditionnels conservent ainsi leur chaleur, leur couleur et leur rondeur originelles. Les connaisseurs apprécieront.
Patrick FRÉMEAUX
© 2007 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS
Photos au dos du disque : Maître Banda et rocher de Sigiriya

PREMIERE PARTIE : LA TRADITION INDIENNE DE CEYLAN.
- Maître Harold Madapatha Rodrigo est né le 10 octobre 1910 à Badulla, Sri Lanka alors Ceylan. Après avoir étudié la musique orientale, il est devenu professeur de musique à l’Ampitiya School de la ville sacrée de Kandy où il enseigna de 1953 à 1990. Retraité, il continua de donner des cours au Central College de Sigiriya où les élèves le vénèrèrent comme un gourou. Il joue parfois avec ses trois fils qui sont tous musiciens, l’aîné faisant partie des orchestres de la police de Colombo et de Kandy. Maître Rodrigo joue du sitar, du violon et de la mandoline.
- Namal Rodrigo, le deuxième fils du maître, est né le 26 août 1967 à Kandy. Il joue de tous les instruments, principalement du serpina (harmonium), du violon, de la mandoline, du banjo et des tablas (percussions). Il est aussi le chanteur leader de l’orchestre de son père.
- Chamila Maldeniya est née le 8 avril 1979 à Sigiriya. Elle a commencé à suivre l’enseignement de Maître Rodrigo en 1994. Deux ans plus tard, elle gagnait la Médaille d’or du concours inter-lycées de Sri Lanka en jouant sur esraj, une sorte de sarangi, instrument du nord de l’Inde. En 1997, elle était classée deuxième d’un concours national des moins de 37 ans, malgré la participation de professeurs de musique. Elle est également une bonne chanteuse.
- Mangala Ratnayake est né le 18 octobre 1979 à Sigiriya. Il joue du tabla udekki, petit tambour de Sri Lanka, et il chante.
- Palitha Pathmasiri est né le 24 octobre 1981 à Sigiriya. Il chante et joue du serpina (harmonium), du pantheruwa (tambourin de Sri Lanka), et des talam pata (petites cymbales).
- Sumudu Chaturanga est né le 25 septembre 1981 à Sigiriya. Il chante et joue du serpina (harmonium).

Nom de l’orchestre : Satsara Samadhi, ce qui signifie “La méditation des 7 notes” (Satsara : 7 notes, Samadhi : méditation).

L’enregistrement a eu lieu le mardi 5 mars 2002, après 21 heures, dans la nuit, éclairé aux torches, au sein de la jungle entourant le gigantesque rocher de la forteresse-palais de Sigiriya, et qui abrite entre autres, singes et éléphants sauvages. L’heure a été choisie de telle façon que l’on puisse entendre, mêlés aux instruments, les bruits des animaux de la forêt, notamment les batraciens qui semblent ici rythmer les mélodies. A noter que le dernier morceau, le # 11, qui a été enregistré le lendemain vers les 10 heures (car il s’agit d’un “raga du matin”…), au même endroit, ne bénéficie plus de l’accompagnement animal nocturne.
Interprète : Nilantha B. Herath, environnementaliste du village de Sigiriya.

Les morceaux :
        01 – THURANGA WANNAMA (instrumental). 1’29’’ 
        Le tambour s’accorde aux pas du cheval, selon les mouvements et
        la cadence de ses activités.

        02 – NATTIYA (instrumental). 1’55’’ 
        Cette mélodie est tirée du mélodrame “Maname”, du nom d’un roi.
        Celui-ci emmène la reine dans la jungle et lui en explique les
        beautés, lui fait admirer les plantes et apprécier le calme.

        03 – PRASHASTHI GIITAYA (instrumental). 2’54’’ 
        Quand le roi arrive, tout le monde se lève pour l’acclamer et chanter
        des louanges.

        04 – KARATHTHE KAVI (instrumental). 3’09’’ 
        Cet air folklorique décrit la solitude du cultivateur sur son char
        à buffle dans les grandes étendues.

        05 – KARATHTHE KAVI (chant). 1’51’’ 
        Le texte de la chanson est tiré d’un poème très ancien.

        06 – SATAN GEE (chant). 1’44’’ 
        Ce chant de guerre est destiné à encourager ceux qui partent au
        combat.

        07 – PRAMAYEN MANA (chant). 2’23’’ 
        Tirée également du drame “Maname”, cette chanson d’amour
        est interprétée par les personnages du roi et de la reine qui 
        déclament ensemble les vertus de la nature, des arbres
        et des fleurs.

        08 – SIGIRIYA BALA NAGARE (chant). 5’11’’ 
        “Comme elles sont jolies les filles de Sigiriya ! Où vont-elles ?
        Qui sont-elles ?”. Cette chanson fait référence aux peintures des
        vestales Apsara peintes au Ve siècle sur le roc de Sigiriya.

        09 – THILAKKAMODHA RAGA (instrumental). 2’09’’ 
        Raga du soir d’origine indienne.

        10 – PEELU RAGA (instrumental). 3’10’’ 
        Ce raga peut se jouer à n’importe quelle heure de la journée.
        Peelu signifie “à chaque moment” en hindi.

        11 – BRINDABANEE SARANGI. 6’13’’ 
        Raga du matin. Pour cette raison, ce titre ne pouvait pas être
        enregistré la nuit, comme les morceaux précédents.


DEUXIEME PARTIE : LES TAMBOURS MAGIQUES DE CEYLAN.
A – Maître Karunachchar Thompsan Jayapala, guérisseur, né le 19 février 1954, est le descendant de neuf générations de musiciens de cet art  ancestral qui allie les percussions et les chants pour des exorcismes de guérisons. Son “Institute of Amarasa Saranasa” à Meegama, près de Bentota sur la côte ouest de Sri Lanka, est spécialisé dans toutes les incantations et évocations d’esprits, bons ou mauvais, qui apportent les maladies ou, au contraire, soulagent les corps et les âmes. Maître Thompsan (ou Thompson) danse en costume traditionnel, revêt lui-même les masques des démons, chante (notez l’origine du chant gitan chez les maîtres-guérisseurs de Sri Lanka) et joue de la flûte (fabriquée par son grand-père). Sur ces deux enregistrements, il est accompagné par son vieil oncle (du côté maternel), Karunachchari Themari, alors 83 ans, et par S.L. Dayasiri, 48 ans. Tous deux jouent sur des tambours campagnards pahathapata beraya (low-country drums) qui portent aussi les noms de devol, devil, tovil, yack, gam ou puna beraya, pour parler des divinités qu’ils attirent ou repoussent. Au tambour de gauche officie Rathnayake Kaluarachchige Ariyarathne, 48 ans, par ailleurs professeur à l’Université Kelaniya de Colombo, qui nous servira également d’interprète. L’enregistrement des exorcismes a eu lieu le jeudi 21 février 2002 près de Meegama, à environ 8 km de Bentota, devant la maison du père et du grand-père de Thompsan, en présence des villageois en transe.
 
        1
2 – NAANUMURAYA. 8’23’’ 
Cette séance de guérison fait partie du rituel nommé huniyama. On rejoue l’épopée du roi Musamatha, parti à la guerre, et de la reine Manik Pala, sœur du dieu Vishnou, qui repousse les avances d’un homme. Ce dernier se transforme en serpent et, avec du poison de l’enfer, il attaque la reine qui perd sa beauté et devient un singe. Elle sera soignée par un prêtre-dieu, Oddissa, que l’on invoque toujours pour certaines maladies.

        13 – WADIGA PATUNA. 5’52’’ 
La même légende, qui se passe dans le pays (Patuna) de la région Wadiga en Inde, voit l’intervention du dieu Vishnou, frère de la reine, qui fait venir le guérisseur des démons (Bamuna en cinghalais). Des très belles danses, qui durent toute une nuit, illustrent la maladie de la reine, les prières, la guérison et les bénédictions.

B – Maître Korale Gedara Herat Banda est le plus vénéré des guérisseurs-percussionnistes de Sri Lanka. Né le 23 novembre 1944, Banda a malheureusement subi une hémiplégie quelques mois après cet enregistrement du dimanche 24 février 2002 effectué dans la cour de la maison familiale, à Molagoda, à six kilomètres de Pinnawala (en photo au dos du CD). Son frère Korale Gedara Gunaratna Banda, né le 31 mars 1947, a repris le flambeau du style familial kandien que leur père, Maître Korale Gedara Chandana Banda (1909-1981), leur avait légué. Leur nom veut dire la maison (gedara) des Korale, ce qui signifie que leurs ancêtres étaient des notables qui administraient cette région. Ici, les deux frères, percussionnistes de geta bera ou uda rata bera (up-country drums aux flancs courbés), le maître étant gaucher, danseurs (chenailles tintinnabulantes aux pieds) et chanteurs (l’aîné avait une voix exceptionnelle avant son accident cérébral), sont accompagnés par deux danseurs, Sunil Shilpadipathi (qui joue des petites cymbales talam pata) et Sumathipala Shilpadipathi. Anil Ratwatte, diplômé de l’académie des Beaux-arts de Prague, fut notre interprète.
        
        14 – KUVENI ASNE. 12’29’’ 
Dans la cérémonie (magul) des tambours (bera), on évoque les dieux, afin de leur demander  de l’aide pour apaiser les souffrances des patients. Ce rituel peut durer trois jours, prières devant l’autel végétal et purifications du lieu comprises. On illustre l’histoire du premier grand roi de Sri Lanka, Vijaya, qui venait d’Inde. Après avoir épousé une modeste fille des tribus de Lanka, Kuveni, il l’a répudiée avec leurs deux enfants parce qu’elle n’était pas de sang royal, et pour épouser une princesse indienne. Les lamentations (asne) de Kuveni se sont transformées en malédictions pour atteindre le roi. Mais, à sa place, c’est le seigneur local qui est tombé malade. Sans doute parce qu’il désapprouvait la mésalliance du roi avec une paysanne. Pour le soigner, on a fait venir des montagnes de Male (en Inde ou à Lanka, on ne sait pas) un
prince guérisseur. C’est ainsi que s’est créé le rituel de magul bera.

C – Deux des disciples de Maître Pelikada Manannalage Babalis (né en 1930) se rencontrent et se défient musicalement en sa présence sur la colline du village Pahala Galathura, à une vingtaine de kilomètres de Rathnapura. Le conseiller technique et musical, ce jeudi 28 février 2002, n’est autre que Maître Herat Banda qui nous y a guidé. Les musiciens ne sont pas des artistes sophistiqués, ils viennent des villages de paysans. Yamanelage Heenpala joue du simple tambour daula et Jamis Malwatte joue du double tambour tammettama avec deux baguettes kirindi wela en treillis de vigne. L’interprète était Wickremasinghe Bandara, professeur à l’Université Kelaniya de Colombo.
       
        15 – PUJA HEWISI. 7’38’’ 
En l’honneur des divinités, pour les vénérer, ils dansent et jouent des percussions. Le mental et le physique ne font qu’un pour implorer d’obtenir des richesses, sachant que la plus importante est le bonheur. La combinaison des sonorités des deux tambours qui se battent musicalement en duel, entre règles et improvisation,  doit apporter la vibration qui saura satisfaire les dieux.
Texte : François JOUFFA.
© 2007 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS


THE MASTERS OF SRI LANKA
Publisher’s note
These recordings were made in February and March 2002 as demanded by the Sri Lankan government in order to add to the country’s national archives as well as the phonotheques of the chief universities which had no trace of the wealth left by their greatest masters.
At the turn of the present century, the Sri Lankan ambassador in France was Professor Senake Bandaranayake, an archaeologist specialising in the fort on the enormous Sigiriya rock.  Thanks to his friend, producer Nimal de Silva, he discovered Sylvie Jouffa’s photographic work in Asia and which covered over thirty years and of the many ethnomusical discs, recorded on the spot by François Jouffa, stretching from Nepal to Korea, including other countries such as Burma and Vietnam.  In particular, the professor listened to Jouffa’s recordings when, in Ceylon, he made his movie “La Bonzesse” in 1973.  Several LPs, and then CDs, taken from the soundtrack immortalized the ‘magic drums’ played by the island’s healers at that time.  As their art was disappearing, the professor and ambassador believed it necessary to rapidly capture the styles and talent of these last great masters.  They were not simply percussionists, singers and dancers, but true artists.  Not only polyinstrumentalists, they sculpted masks of divinities, protecting spirits or demons.  In the rural areas they were considered as spiritual guides and their exorcism rites appeased the soul and body.
The titles featured on the present album are valuable documents as these men had always refused to be recorded, believing that each session is a privileged moment of spirituality and that its transcription would break the magic.  Master Banda, the most worshiped among the drum masters, accepted to meet his confreres to explain the scientific and educational interest of the project.  Never before had the voice and drums of Master Banda been recorded, and they will never be again as a few months later, this great musician and healer had a stroke and his virtuosity was lost through the
illness and resulting handicap.  This again proves the tremendous worth of François Jouffa’s recordings.  Master Banda was the prized accompanist to the eminent classical dancer Khema.  Khema is married to the music lover Ajita de Costa, President of the Heritage Foundation for the Environment and Arts, who agreed to organize recording sessions in the musicians’ own villages, surrounded by their patients and disciples.  In Paris, Ms. Dileeni R. de Alwis Perera (DPDJ International) and in Colombo, Ms. Manisha Gunasekera from the Ministry of Foreign Affairs realized the project.  Finally, Gilles Schneider, with Radio France International (RFI), gave technical assistance.  We would like to thank all those who collaborated.
In order to respect this ancestral music, François Jouffa preferred working with his good old Nagra IV S analog tape recorder.  In today’s world of perfect but cold digital sound, these traditional pieces have retained their warmth, colour and original resonance, which will appeal to connoisseurs.
Patrick FRÉMEAUX
© 2007 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS
Photos on back of the CD : Master Banda and Sigiriya Rock

Part I: The Indian Tradition of Ceylon
- Master Harold Madapatha Rodrigo was born on 10 October 1910 in Badulla, Sri Lanka, or Ceylon as it was then called.  After studying oriental music, he became a music teacher in Ampitiya School in the holy town of Kandy where he taught from 1953 to 1990.  Once retired, he continued giving lessons in Sigiriya’s Central College where the pupils treated him as a guru.  He sometimes plays with his three sons, all musicians and the eldest is a member of the police bands in Colombo and Kandy.  Master Rodrigo plays the sitar, violin and mandolin.
- Namal Rodrigo, the master’s second son, was born on 26 August 1967 in Kandy.  He plays all instruments, but mainly the serpina (harmonium), violin, mandolin, banjo and tablas (a percussion instrument).  He is also the lead singer of his father’s band.
- Chamila Maldeniya was born on 8 April 1979 in Sigiriya.  She began her training with Master Rodrigo in 1994.  Two years later, she was awarded the Gold Medal in the Sri Lankan high schools’ contest playing the esraj, a kind of sarangi, an instrument from the north of India.  In 1997, she came second in a national contest for those under the age of 37, despite the fact that music teachers also participated.  She is also a worthy singer.
- Mangala Ratnayake was born on 18 October 1979 in Sigiriya.  He plays the udekki tabla, a small drum from Sri Lanka, and also sings.
- Palitha Pathmasiri was born on 24 October 1981 in Sigiriya.  He sings and plays the serpina (harmonium), pantheruwa (Sri lankan tambourine) and talam pata (small cymbals).
- Sumudu Chaturanga was born on 25 September 1981 in Sigiriya. He also sings and plays the serpina (harmonium).

Name of orchestra:  Satsara Samadhi, meaning ‘Meditation on 7 notes’ (Satsara: 7 notes, Samadhi: meditation).
The recording was held on Tuesday 5 March 2002, after 9 pm, in the night, under torch light, in the heart of the jungle of Sigiriya which shelters creatures including monkeys and wild elephants.  The time was chosen so as to hear, mixing with the instruments, the sounds of the forest wildlife, in particular batrachians which seem to add rhythm to the tunes. 
However, the final title (track 11) was recorded the following day at around 10 am (as it is a ‘morning raga’) at the same spot, but does not include the background noise of night creatures. 
Interpreter:  Nilantha B. Herath, environmentalist of the Sigiriya village.

The titles:
        01. THURANGA WANNAMA (instrumental).  1’29’’ 
        The drum follows a horse’s pace, with its various
        movements and speed of activities.

        02. NATTIYA (instrumental).  1’55’’ 
        This tune is from the melodrama “Maname”, the name
        of a king who took the queen in the jungle, explaining its
        beauty and shows her the plants and the calm ambience.

        03. PRASHASTHI GIITAYA (instrumental).  2’54’’ 
        When the king arrives, everyone stands to cheer him
        and sing his praises.

        04. KARATHTHE KAVI (instrumental).  3’09’’ 
        This folk tune talks of the solitude felt by the farmer
        on his buffalo cart on the plains.

        05. KARATHTHE KAVI (song).  1’51’’ 
        The lyrics of this song come from an ancient poem.

        06. SATAN GEE (song).  1’44’’ 
        This war song is to encourage those going off to battle.

        07. PRAMAYEN MANA (song).  2’23’’ 
        Also from “Maname”, this love song is interpreted by artists
        representing the king and queen, both praising nature,
        trees and flowers.

        08. SIGIRIYA BALA NAGARE (song).  5’11’’ 
        “How the Sigiriya girls are pretty!  Where are they going? 
        Who are they?”. This song refers to the paintings of the
        Apsara vestals painted in the 5th century on the Sigiriya rock.

        09. THILAKKAMODHA RAGA (instrumental).  2’09’’ 
        An evening raga of Indian origin.

        10. PEELU RAGA (instrumental).  3’10’’ 
        This raga can be played at any time of the day.  Peelu means
        at all times’ in Hindi.

        11. BRINDABANEE SARANGI.  6’13’’ 
        A morning raga.  This explains why the raga could not be
        recorded at night, unlike the other titles.

Part II: The Magic Drums of Ceylon
A – Master Karunachchar Thompsan Jayapala, a healer, born on 19 February 1954, the descendant of nine generations of artists playing this ancestral music which combines percussion and singing for healing exorcism .  His Institute of Amarasa Saranasa in Meegama, near Bentota on the Sri Lankan west coast, is specialized in every sort of incantation and calling of spirits, either good or bad, which cause illness or, on the contrary, comfort the body and soul.  Master Thompsan (or Thompson) dances in traditional costume, wearing masks of demons, sings (note the origin of the gypsy singing among the Sri Lankan master-healers) and plays the flute (made by his grandfather).  In these two recordings, he is accompanied by his elderly uncle (on his mother’s side), Karunachchari Themari, then aged 83, and by S. L. Dayasiri, 48 years old.  Both play pahathapata beraya (low-country drums), also called devol, devil, tovil, yack, gam or puna beraya, after the divinities they either summon or send away.  Rathnayake Kaluarachchige Ariyarathne, 48 years old, also a lecturer at Kelaniya University in Colombo, plays the drum on the left, and the same artist acts as interpreter.  The recording of the exorcisms was held on Thursday 21 February 2002 near Meegama, some 8 km from Bentota, in front of Thompsan’s father and grandfather’s house, in the presence of villagers in a trance.

        12. NAANUMURAYA.  8’23’’ 
This healing session is a part of the huniyama ritual.  It incarnates the epic of King Musamatha, who had gone to war, and Queen Manik Pala, sister of the god Vishnu, who refuses the courtship of another man.  The latter is transformed into a snake which, with the poison from hell, attacks the queen who loses her beauty and becomes a monkey.  She was then cared for by a priest-god, Oddissa, who is always invoked for certain ailments.

        13. WADIGA PATUNA.  5’52’’ 
The same legend, taking place in Patuna in the Wadiga region of India, in which the god Vishnu, the queen’s brother, intervenes, summoning the healer of demons (Bamuna in Cinghalese).  Superb dances, all night long, depict the queen’s illness, the prayers, the healing and blessings.

B – Master Korale Gedara Herat Banda is the most worshiped among the drum-healers in Sri Lanka.  Born on 23 November 1944, Banda had a stroke a few months after this recording made on Sunday 24 February 2002 in the courtyard of his family home in Molagoda, six kilometres from Pinnawala (see photo on back of the CD).  His brother Korale Gedara Gunaratna Banda, born on
31 March 1947, took the lead, following the Kandian family style inherited from their father, Master Korale Gedara Chandana Banda (1909-1981).  The name means the house (gedara) of the Korales, indicating that their ancestors were influential, governing the region.
Here, the two brothers, percussionists playing the geta bera or uda rata bera (up-country drums with curved sides), dancers (they wear tinkling ankle chains on their feet) and singers (the elder brother had an exceptional voice before his stroke), are accompanied by two dancers, Sunil Shilpadipathi (who plays small talam pata cymbals) and Sumathipala Shilpadipathi.  Anil Ratwatte, a graduate from the Prague Academy of Fine Arts, acted as interpreter.

        14. KUVENI ASNE.  12’29’’ 
In the drum (bera) ceremony (magul), gods are summoned so as to ask them to ease the suffering of the patients.  This ritual can last three days, including prayers before the altar made of vegetal matter, and purification of the setting.  The tale of the first great king of Sri Lanka, Vijaya, from India, is portrayed.  Having married a simple girl from the Lanka tribes, Kuveni, she was repudiated with their two children as she did not have royal blood, and the king wedded an Indian princess.  Kuveni’s lamentations (asne) were transformed into curses intended for the king.  But instead, the local lord fell ill, most probably as he had disapproved of the unsuitable alliance of the king with a peasant.  To cure him, a healing prince from the Male mountains (in India or in Lanka, we are unsure) was called for.  Thus the magul bera ritual came into being.

C – Two of Master Pelikada Manannalage Babalis’ (born in 1930) disciples met and competed musically before him on the hill of Pahala Galathura, a village 20 kilometres from Rathnapura.  On this day, Thursday 28 February 2002, the technical and musical advisor was none other than Master Herat Banda who acted as our on-site guide.  The musicians, coming from rural villages, are far from sophisticated.  Yamanelage Heenpala plays the simple daula drum and Jamis Malwatte plays the double tammettama drum with two kirindi wela sticks made from vine trellis.  The interpreter was Wickremasinghe Bandara, a lecturer in Colombo’s Kelaniya University.

        15. PUJA HEWISI.  7’38’’ 
To worship the divinities, they dance and play percussion instruments.  The mental and physical aspects unite to pray for wealth, knowing that happiness is more important.  The combination of the sounds of the two drums in a musical dual, following both the rules and improvisation, have to vibrate in order to satisfy the gods.
English adaptation by Laure WRIGHT
from the French text of François JOUFFA
© 2007 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

Production and recordings in Sri Lanka: François JOUFFA.


Production, enregistrements (Nagra IV S, magnétique) et réalisation :
François Jouffa, assisté de Maïa Barouh à Sri Lanka.
Reportage photos (Nikon FE 2, argentique) :
Sylvie Jouffa.
Pro Tools editing & mastering :
Alexis Jouffa (Jakiss Studio).

CD LES MAITRES DE SRI LANKA Enregistrement sonore in situ (MASTERS OF SRI LANKA. Live recording of the healer’s magic drums” & the Indian tradition of Ceylon)
© Frémeaux & Associés. Droits audio : Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore (Producteur initial : Sittelle, Pithys, Collection Allain Bougrain Dubourg ou Ceba) / Ecouter les chants d'oiseaux sur CD : Sons et ambiances naturelles des écosystèmes - Stéreo and digital recording of the natural landscape sound. Natural sound sceneries of écosystems, Voices of the Wild Life. Les droits de cet enregistrement sont protégés par la loi. Pour toute exploitation d’illustration sonore sur CD, DVD, CD-Rom, Télévision, Cinéma, Sites internet, scénographies (théâtre, musées…), l’autorisation et un devis gratuit peuvent être obtenus auprès de Frémeaux & Associés – fax : +33 (0)1 43.65.24.22 info@fremeaux.com




ExtractTrackAuthorDuration
01 THURANGA WANNAMA - SAMADHI01'29
02 NATTIYA - SAMADHI01'55
03 PRASHASTHI GIITAYA - SAMADHI02'54
04 KARATHTHE KAVI - SAMADHI03'09
05 KARATHTHE KAVI - SAMADHI01'51
06 SATAN GEE - SAMADHI01'44
07 PRAMAYEN MANA - SAMADHI02'23
08 SIGIRIYA BALA NAGARE - SAMADHI05'11
09 THILAKKAMODHA RAGA - SAMADHI02'09
10 PEELU RAGA - SAMADHI03'10
11 BRINDABANEE SARANGI - SAMADHI06'13
12 NAANUMURAYA - MAITRE KARUNACHCHAR THOMPSAN J08'23
13 WADIGA PATUNA - MAITRE KARUNACHCHAR THOMPSAN J05'52
14 KUVENI ASNE - MAITRE KORALE GEDARA HERAT BAN12'29
15 PUJA HEWISI - MAITRE PELIKADA MANANNALAGE BAN07'38
Présentation de l'éditeur

"Ces enregistrements ont été réalisés en février et mars 2002 à la demande du gouvernement sri lankais pour enrichir les Archives nationales du pays ainsi que les phonothèques des grandes universités qui n’avaient pas trace des prouesses de leurs grands maîtres.
L’ambassadeur du Sri Lanka en France était, au début de ce siècle, le professeur Senake Bandaranayake, lui-même archéologue spécialiste du site de la forteresse du gigantesque rocher de Sigiriya. Par l’intermédiaire de son ami le réalisateur Nimal de Silva, il avait pris connaissance du travail photographique effectué en Asie depuis plus de trente ans par Sylvie Jouffa, et des nombreuses productions de disques d’ethnomusiques enregistrées sur le terrain par François Jouffa, du Népal à la Corée en passant, entre autres, par la Birmanie ou le Viêt-nam. Le professeur avait notamment écouté les enregistrements de Jouffa lorsqu’il avait réalisé à Ceylan son film « La Bonzesse » en 1973. Plusieurs 33 tours puis CD, extraits de la B.O., avaient immortalisé « les tambours magiques » des guérisseurs de l’île de ces années-là. Leur art étant en voie de disparition, le professeur ambassadeur pensait qu’il y avait urgence à fixer les styles et les talents des derniers vieux grands maîtres. Ceux-ci ne sont pas que de simples musiciens percussionnistes, chanteurs et danseurs. Véritables artistes, ils sont non seulement des multi instrumentistes, mais aussi des sculpteurs de masques de divinités, esprits protecteurs ou démons. Ils sont surtout considérés, en milieu rural, comme des guides spirituels dont les rituels d’exorcisme apportent la paix de l’âme et le soulagement physique.
Les morceaux présentés ici sont des documents précieux car ces hommes avaient toujours refusé d’être enregistrés, considérant que chaque séance est un moment privilégié religieux et qu’en la fixant, on risque de rompre la magie. Le plus vénéré des maîtres-tambours, Maître Banda, a accepté d’aller à la rencontre de ses confrères pour  leur faire comprendre l’intérêt scientifique et universitaire de l’opération. Il n’y avait jamais eu  et il n’y aura plus jamais d’enregistrements du tambour et/ou de la voix de Maître Banda. Quelques mois plus tard, ce grand musicien guérisseur a subi une hémiplégie et sa virtuosité est partie avec la maladie et son invalidité. C’est dire la valeur de ces enregistrements effectués par François Jouffa. Maître Banda était l’accompagnateur privilégié de la grande danseuse classique Khema. Cette dernière est l’épouse du mélomane Ajita de Costa, président de Heritage Foundation for the Environment and Arts, qui a bien voulu organiser les séances d’enregistrements dans les villages mêmes des musiciens, parmi leurs patients et disciples. A Paris, Madame Dileeni R. de Alwis Perera (DPDJ International) et, à Colombo, Madame Manisha Gunasekera du Ministère des affaires étrangères concrétisèrent le projet. Enfin Gilles Schneider, avec Radio France International (RFI), apporta une aide technique. Nous les en remercions.
Notons que pour honorer ces musiques ancestrales, François Jouffa a choisi de travailler avec de la bonne vieille bande magnétique sur son Nagra IV S. A l’heure du numérique parfait mais froid, ces morceaux traditionnels conservent ainsi leur chaleur, leur couleur et leur rondeur originelles. Les connaisseurs apprécieront."
Patrick FRÉMEAUX

"Commended by the Sri Lankan government in order to add to the country’s national archives, these recordings present an art that was disappearing expressed by its last great masters. More than “simply” percussionists, singers and dancers, they are considered as spiritual guides and their exorcism rites appeased the soul and body.
The titles featured on the present album are valuable documents as these men had always refused to be recorded, believing that each session is a privileged moment of spirituality and that its transcription would break the magic. " François Jouffa et Patrick Frémeaux





"Ces gourous sont en voie de disparition" par L'Histoire

"Armé de son Nagra IV stéréo de 10 kilos, François Jouffa sillonne le monde, des sommets des Andes aux fins fonds des forêts de l'Indonésie, à la recherche de sons et de musique, tandis que sa femme, Sylvie, réalise des photos qui illustreront les livrets et les pochettes des albums. Il a ainsi enregistré les derniers maîtres percussionnistes du Sri Lanka, 'qui sont aussi des grands guérisseurs' : 'De grandes séances d'exorcisme à base de tambours sont organisées. Si vous n'êtes pas riche, il y a un ou deux tambours ; si vous êtes riche, il y en a quarante. Ils tambourinent entre deux heures et trois jours de suite. À la fin, quand cela s'arrête, vous êtes guéri... Ces gourous sont en voie de disparition. Ils étaient une vingtaine quand je les ai rencontrés la première fois, en 1973. Ils ne sont plus que quatre...' "
Par Olivier THOMAS - L'HISTOIRE n° 305, janvier 2006