THE BEST SMALL JAZZ BANDS 1936-1955

WITH FATS DOMINO, JOHN KIRBY, LOUIS JORDAN, T BONE WALKER…

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Number of CDs : 2


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During its classic period, jazz saw the emergence of numerous regular small formations which successfully encouraged improvisation, enabling their best soloists a freedom of expression without any of the constraints of a big band. Jacques Morgantini allows us to discover this decisive period in the evolution of Jazz with this 36 tracks CD set featuring a 32 pages booklet.

Patrick Frémeaux

Audio rights : Groupe Frémeaux Colombini - The Frémeaux Music Store (patrimoine du jazz sur CD à écouter)

THE BEST SMALL JAZZ BANDS 1936-1955

THE BEST SMALL JAZZ BANDS 1936-1955








THE BEST SMALL JAZZ BANDS  1936-1955
A ma femme, Marcelle Morgantini, qui a tant aimé le jazz et surtout le blues et ses musiciens. 
Jacques Morgantini

Au cours des années 20, c’est la musique issue de la Nouvelle-Orléans qui régnait sur le jazz. Cette musique était vouée en grande partie à l’improvisation collective. C’est vers 1929 qu’a commencé l’ère des grandes formations, des big bands comprenant douze musiciens et plus, avec les Duke Ellington, Fletcher Henderson, Charlie Johnson et un peu plus tard, les Jimmie Lunceford, Count Basie, Chick Webb et de multiples autres. Pour se faire connaître, se faire un “nom”, il fallait qu’un musicien passe presque obligatoirement par les rangs d’un grand orchestre. Vers le milieu des années 30, certains jazzmen renommés créèrent des petits orchestres comportant de six à huit musiciens : des petites formations ! Autour d’eux et avec eux on trouvait d’excellents musiciens qui préféraient jouer dans ces groupes plus réduits, n’aimant pas les contraintes des “grosses machines”. Donc, coexistaient parallèlement d’un côté les big bands et de l’autre des petites formations, et celles-ci suivaient allègrement leur chemin avec un succès constant pour les meilleures, car il y avait du travail pour tout le monde. Nous tenons à bien préciser que les petits orchestres dont nous parlons ici étaient des orchestres réguliers, avec un personnel souvent stable, jouant tant dans les cabarets ou les ballrooms, qu’au cours de tournées dans le pays, qu’il ne faut pas confondre avec les innombrables formations réunies à l’occasion pour une séance de studio sans lendemain. Certains artistes avaient unis leur nom à celui d’un cabaret, d’un club auxquels ils étaient spécialement attachés, comme Stuff Smith à l’Onyx Club, Fats Waller au Yatch Club, Roy Eldridge à l’Arcadia Ballroom, ou les Savoy Sultans d’Al Cooper au Savoy Ballroom de Harlem. À la fin de la grande époque des big bands, en gros à partir de 1945-1950, beaucoup de chefs d’orchestres furent obligés de licencier, ne pouvant plus tenir financièrement et certains d’entre eux, pour continuer à exercer leur métier, se mirent à la tête de formations plus réduites. De même, certains solistes éminents quittèrent les grandes formations dans lesquelles ils s’étaient illustrés et avaient acquis renommée et reconnaissance pour fonder leurs propres combos. Nous verrons cela plus loin, intéressons nous d’abord à ceux qui, dès les années 30, furent à la tête de petits groupes réguliers, avec des durées de vie conséquentes.

Les petites formations des années 30
Fats Waller en créant son groupe appelé le Rhythm, s’appuyait pour réussir, bien évidemment, sur l’énorme popularité qu’il avait déjà acquise. Sa jovialité, son contact avec l’auditeur assuraient son succès en cabaret comme en disque. Il avait, en plus, un contrat longue durée avec la marque RCA-Victor, et le soutien de celle-ci lui était très précieux. Cette grande marque, avec son réseau de distribution, diffusait ses disques dans tout le pays, y compris chez les disquaires des coins les plus reculés des États-Unis. La composition de son Rhythm n’a pratiquement pas changé depuis sa création en 1934. Elle consistait en un trompette, un saxo-ténor-clarinette et une section rythmique complète avec piano, guitare, contrebasse et batterie. Des compagnons de route sont restés avec lui pendant des années, tels Gene Sedric saxo-ténor et clarinette, Albert Casey à la guitare, ou Slick Jones à la batterie. Nous les trouvons avec le maestro au piano et assurant les vocaux, souvent hilarants qui étaient sa marque de fabrique. Nul mieux que lui savait déniaiser les refrains des thèmes commerciaux qu’on lui demandait d’enregistrer. Et ses fans aimaient bien sûr sa solidité, son merveilleux jeu de piano, mais aussi ses cocasseries, sa faconde lors de ses vocaux. The Moon Is Low est un instrumental qui donne la part belle au sérieux Gene Sedric pour un chorus parfaitement charpenté, le piano de Fats est “confortable” à souhait, menant de plus une section rythmique à l’efficacité éprouvée ! Pour Tain’t Nobody’s Bizzness, après un solo de piano irrésistible et un vocal de Fats, Sedric se lance dans un long solo, parfaitement conçu et développé, il entame notamment son deuxième chorus avec une belle énergie, le pont étant confié à la guitare d’Albert Casey, et il termine en force avant le dernier chorus, soulignant encore avec efficacité le solo de trompette de Bugs Hamilton ; le pont est joué par la batterie, et les huit dernières mesures sont pour Fats qui termine en faisant un rappel du thème.

Le fantasque violoniste Stuff Smith avait un orchestre comprenant de grands musiciens : Jonah Jones à la trompette, Cozy Cole à la batterie, plus pour Upstairs, la clarinette volubile de Buster Bailey. Il se produisit pendant plusieurs années à l’Onyx Club de New York et son orchestre s’appelait tout simplement Stuff Smith & His Onyx Club Boys ! Dès le départ, on sent que cela va chauffer avec le solo de Jonah Jones, un des grands de la trompette ; puis le jeune Clyde Hart joue avec vélocité et musicalité le chorus suivant et, après un interlude ponctué par Cozy Cole, on arrive vite à un solo de violon déroutant de virtuosité et d’originalité, avant que tous ensemble terminent avec un contre chant véloce de Bailey à la clarinette. Le contrebassiste John Kirby, qui s’était produit dans les grands orchestres de Fletcher Henderson, de Chick Webb et de Lucky Millinder, fonda en 1937 un petit orchestre qui se signala immédiatement par une très grande singularité : pour ce faire, il s’entoura de très brillants solistes comme Charlie Shavers (trompette), Buster Bailey (clarinette), Russell Procope (alto-sax), et Billy Kyle (piano), tous supers techniciens de leurs instruments respectifs. La musique jouée par John Kirby et ses musiciens se distinguait par une exceptionnelle mise au point. C’est avec une précision exemplaire qu’étaient joués des arrangements ciselés, très travaillés, dus généralement à Charlie Shavers. C’était vraiment un orchestre à part. Nous les trouvons ici sur Undecided, une composition de Shavers, thème qui fît le tour du monde et fût repris par de multiples musiciens, devenant un véritable classique du répertoire des jazzmen !

Le saxo-alto et chanteur Louis Jordan, après avoir joué chez Chick Webb, format un petit orchestre de cinq musiciens le Tympany Five. Sa faconde, son humour goguenard, sa manière unique de détailler les textes des chansons qu’il interprétait, ainsi que ses solos de saxo-alto, lui acquirent une solide renommée. Ses disques étaient avidement attendus par ses multiples admirateurs. La communauté noire aimait beaucoup le non-conformisme de ses chansons, son bagout, son cynisme bon enfant ! Voici un alerte Salt Pork West Virginia avec un vocal commenté par la trompette d’Aaron Izenhall, de robustes solos de guitare et de saxo-ténor, et un soutien énergique du pianiste Bill Davis, qui deviendra, peu après, celui qui popularisa l’usage de l’orgue Hammond dans le jazz. On le connaîtra alors sous le nom de Wild Bill Davis. Le bouillonnant et puissant trompette Roy Eldridge après quelques orchestres peu connus, entra chez Elmer Snowden, puis acquis une grande notoriété chez Teddy Hill avant de faire partie de la fameuse phalange de Fletcher Henderson, aux côtés de ses “potes” Chu Berry au saxo-ténor et Big Sid Catlett à la batterie, comme lui redoutables coureurs de jam-sessions pour y défier tous les autres musiciens ! Il quitta la grande formation pour se mettre à la tête d’un orchestre qui comprenait aussi son frère Joe Eldridge (saxo-alto) qui l’aida beaucoup, non seulement par ses conseils, mais aussi par les arrangements qu’il écrivait pour le groupe. C’est le cas pour Wabash Stomp, une des grandes réussites pour Roy qui tient la vedette, en dehors d’un court solo de son frère Joe à l’alto (le premier solo), le second solo d’alto, après le piano, est dû au remarquable et fantasque Scoops Carey. Puis Roy s’empare du micro, pourrait-on dire, pour une chevauchée irrésistible, sans que son inspiration ne faiblisse un seul instant. Marche triomphale, court passage de ténor, et coda finale de Roy ! Bravo !

Le saxophoniste Al Cooper dirigeait une petite formation qui, d’après les musiciens de l’époque, arrivait à sonner comme une grande ! C’était l’un des house bands attachés au fameux Savoy Ballroom ! Son ensemble était d’une telle qualité que tous ceux qui venaient jouer face à lui dans cet établissement le redoutaient, même les plus renommés ! Son soliste vedette était le bouillant saxo-alto Rudy Williams, un musicien brillant, intrigant, aux tournures mélodiques audacieuses. C’est lui que l’on entend longuement dans See What I Mean? après un beau solo du trompettiste Sam Massenberg. Voilà la musique qui était plébiscitée par les danseurs de lindy hop du Savoy ! L’admirable trompettiste Hot Lips Page, bien que né au Texas, fit parler de lui à Kansas City dont il a été un des musiciens les plus réputés lors de ses passage chez les mythiques Walter Page’s Blue Devils, puis chez Bennie Moten et enfin chez Count Basie ! C’est là, en 1936, que le manager de Louis Armstrong lui offre un contrat et l’envoie à New York pour diriger un groupement au Small’s Paradise. De cette époque date He’s Pulling His Whiskers On où son autorité et sa puissance font merveille. Sa manière unique de travailler les notes, de peser longuement sur certaines, son articulation parfaite et, bien sûr, son imagination fertile, rendent ses solos captivants à écouter. Il est heureusement au premier plan tout au long de ce titre et on peut se régaler de sa belle sonorité pleine et épaisse ! Un des maîtres du jazz !

Autre célébrité attachée à l’école de Kansas City, le tromboniste, guitariste et arrangeur Eddie Durham qui composa beaucoup de succès de l’orchestre de Count Basie dont il écrivait les arrangements. L’orchestre de Jimmie Lunceford bénéficia aussi de certaines de ses œuvres, mais il ne faut pas oublier de signaler qu’il fut le premier musicien de jazz à jouer de la guitare amplifiée ! C’est sur cet instrument qu’on le trouve pour Moten’s Swing, avec son petit combo qui comprenait également un immense musicien, lui aussi indissociable de la musique de Kansas City, le légendaire saxo-alto Buster Smith que ses pairs avaient surnommé “Prof”, tant son rôle de mentor et d’initiateur était connu dans la grande cité du Middle West ! Dès le départ de Moten’s Swing, le thème est exposé par Buster Smith ; suit un court passage de guitare électrique avant un admirable solo de saxo-alto de Buster, un des meilleurs que l’on possède de cet artiste hors du commun ! Il intervient encore lors du dernier chorus, l’arrangement se terminant avec quelques notes de guitare d’Eddie Durham. Le clarinettiste et chef d’orchestre blanc Benny Goodman avait tenu, depuis 1935, à produire dans ses soirées, dans ses concerts, outre son grand orchestre, une attraction : un trio avec le pianiste Teddy Wilson, trio qui allait devenir vite un quartette, en 1936, lorsque Goodman engagea Lionel Hampton, l’homme qui donna un nouvel instrument au jazz, le vibraphone. Depuis ce moment, Goodman a toujours aimé inviter, voire engager des musiciens de couleur. Son gros coup fut, en 1939, de recruter un jeune prodige de la guitare électrique, qui venait d’Oklahoma City, le génial Charlie Christian. Nous entendons, outre Goodman, Lionel Hampton et Charlie Christian très en évidence tous deux au cours d’un vif et brillant Good Enough To Keep alias Air Mail Special. En ces temps de ségrégation, c’était courageux de la part de Goodman que d’employer et aussi de se produire avec des artistes noirs, car dans certains Etats du Sud, il était impensable et même interdit que des musiciens blancs et noirs jouent sur une même scène !! L’immense popularité de Benny Goodman était certainement une aide précieuse pour lui permettre de passer outre ces interdits !?

À Chicago le magnifique pianiste de boogie-woogie Albert Ammons avait fondé en 1934 ses Rhythm Kings, avec trompette, saxo-alto clarinette et une section rythmique complète comprenant celui qui allait le suivre pendant toute sa carrière, le guitariste Ike Perkins. De 1936 date Boogie Woogie Stomp qui tourne autour du célèbre Pinetop’s Boogie Woogie de Pinetop Smith, pianiste qu’admirait beaucoup Albert. L’homme à la main gauche de fer, le puissant Mister Ammons joue avec jubilation des variations sur le Pinetop’s B.W. puis il cède la place pour de brefs solos de clarinette et de trompette, avant d’entamer avec tous, des ensembles musclés pour terminer ! Et pendant ce temps-là, en Europe, se constituait autour d’un guitariste gitan génial, le grand Django Reinhardt, un quintette uniquement composé de cordes sans batterie. Son comparse, le violoniste Stéphane Grappelli partageait les solos avec lui, bien soutenus par deux autres guitaristes rythmiques et une contrebasse. Ce quintette, connu sous le nom de Quintette du Hot Club de France, est certainement le seul orchestre européen qui étonna les Américains! Les solos renversants de Django, son soutien démoniaque à un Stéphane survolté firent l’unanimité dans le monde du jazz. Djangology porte bien haut le flambeau du jazz européen. Sur tempo moyen bien élastique, Django déroule ses variations aux phrases les plus belles et les plus audacieuses, Grappelli suit, soutenu, porté par un accompagnement exceptionnellement riche de guitare, comme seul Django savait en fournir aux solistes jouant avec lui !

La vogue des trios
Autour de 1940, certains pianistes commencèrent à former des trios composés d’un piano, d’une guitare et d’une contrebasse. Le plus célèbre de ces petits groupes fût le King Cole Trio, mais il y eut aussi le trio du pianiste Clarence Profit et vers 1942, l’Art Tatum Trio en Californie avec Tiny Grimes à la guitare et Slam Stewart à la basse. Cette formule du piano et de la guitare en trio eut beaucoup de succès, en grande partie à cause de la renommée grandissante du trio King Cole. Ce n’est pas un de ses vocaux sensuels que nous vous proposons, mais un instrumental pour rappeler à tous qu’en dehors de ses qualités de crooner, Nat King Cole était pour tous les amateurs, un exceptionnel pianiste de jazz ! Un des très grands ! Feux d’artifices dans ses interventions, plus la guitare souple et complice d’Oscar Moore, une belle réussite que ce Early Morning Blues ! À un moment il a été question pour King Cole et Lionel Hampton d’unir leur carrière en Californie, mais le projet d’un groupe en commun échoua et Lionel se tourna, avec le succès que l’on sait, vers la création d’un grand orchestre explosif ! Mais ces deux remarquables musiciens se sont retrouvés en studio pour Jivin’ With Jarvis. Voilà donc le King Cole Trio avec son invité Lionel Hampton, à moins que ce ne soit l’inverse, de toutes façons une rencontre d’exception pour notre plus grand plaisir ! Un autre pianiste de qualité, Eddie Heywood Jr, après s’être révélé au sein de l’orchestre de Benny Carter, fonda, non un trio, mais un ensemble de six musiciens qui eut une franche réussite pendant quelques années. Dans Pom-Pom, thème de Benny Carter (justement), il est épaulé par le grand Vic Dickenson, l’un des maîtres du trombone qui fait parler son instrument, comme peu savent le faire.

Le jazz en Californie
En Californie, vers 1943, le guitariste Tiny Grimes et le contrebassiste Slam Stewart avaient l’habitude de jouer ensemble et c’est ainsi qu’ils allaient jammer, faire le bœuf dirait-on en français, dans une boîte, le LoveJoy’s, uniquement pour le plaisir après les heures de boulot et sans être payés. Ils retrouvaient là le pianiste Art Tatum. Les amateurs, devant la qualité de la musique interprétée tous les soirs, se passèrent le mot et vinrent, de plus en plus nombreux, à ce rendez-vous after hours (après les heures de travail). Les musiciens réalisèrent qu’il y avait de vraies queues pour venir les écouter, aussi pourquoi ne pas transformer ce plaisir de jouer sans salaire en un travail rémunéré ? C’est alors que le propriétaire du club de Hollywood, Streets of Paris, leur proposa de jouer ensemble. Le trio Art Tatum était né et, pendant plus de deux ans, cette association d’exceptionnels techniciens et créateurs fît jaillir des étincelles à chacune de leurs prestations. Témoin cette version de Flyin’ Home délirante de virtuosité, d’imagination créatrice, de complicité, de swing aussi, avec de vrais tours de force à chaque mesure. Si l’on a quelquefois le souffle coupé devant des improvisations de grands jazzmen, c’est bien à l’audition d’un titre comme Flyin’ Home joué par ce trio magique, que l’on peut et doit se laisser éblouir ! Cinq étoiles pour ces 4’20 de bonheur !!!

Dans un tout autre genre, toujours en Californie, le pianiste et chanteur Amos Milburn, expert en blues et boogie-woogie, fut bien épaulé par l’homme clef du jazz californien, Maxwell Davis. Saxo-ténor, compositeur, arrangeur, superviseur, recruteur pour les marques de disques du coin, etc., Maxwell Davis est un artiste dont il faut mettre en lumière le rôle exceptionnel qui fut le sien pour le jazz de la côte Ouest, pendant les années 40 et plus ! On le trouve partout où il y a eu du bon jazz dans cette région, que ce soit avec Pete Johnson, Big Joe Turner, Gene Philips, Jimmy Witherspoon, Lloyd Glenn, T-Bone Walker… avec qui son saxo-ténor à la sonorité chaude et opulente fait merveille ! Comme tout au long de Roamin’ House Boogie, où son entente avec le piano et la voix d’Amos Milburn est exemplaire. Comme le reconnaissait celui-ci : “Maxwell a été une grande inspiration et une grande aide pour moi, surtout pour faire des disques. Il arrangeait mes sessions, dirigeait l’orchestre, bref, veillait à tout…”.

Le batteur et chanteur Roy Milton organisa une petite formation qui connût pendant des années et des années un succès considérable, plaçant régulièrement des titres aux premiers rangs des charts (les meilleures ventes de disques), comme ce The Numbers Blues de 1950. Trompette, saxo-ténor éloquent à la sonorité ample, au jeu dépouillé du type de ce que Buddy Floyd avait joué dans l’orchestre à ses débuts. Par la suite tous les ténors qui lui ont succédé chez Roy, comme ici Benny Waters, le prirent pour modèle et s’inspirèrent de ses chorus expressifs, voire velus ! (comme disent avec audace les amateurs friands de saxo-ténors puissants et rugueux). Le grand atout de l’orchestre, avec les vocaux du chef, était la pianiste Camille Howard, une remarquable musicienne aussi bien experte en blues lents intenses qu’en boogie woogies très enlevés. Sa seule présence est précieuse pour tous les disques de Roy Milton. Une formation soudée jouant un jazz décontracté, débordant de feeling !

Le Maître de la guitare électrique, le chanteur T-Bone Walker jouit d’une renommée considérable aux USA pendant plus de 15 ans. Il avait groupé autour de sa guitare magique une petite formation comprenant généralement trompette, saxo-ténor et section rythmique complète. Sa guitare brille de mille feux tout au long de Strollin’ With Bones, et l’on peut se régaler, non seulement de ses variations, mais aussi de la magnifique sonorité qu’il savait tirer de son instrument ! En ces temps de guitares hurlantes, super-saturées, quel bonheur, quelle quiétude d’entendre T-Bone qui lui, savait tirer le meilleur parti de son ampli. Une vraie démonstration mais aussi une leçon ! Dans l’autre titre, Street Walkin’ Woman, après un prenant vocal souligné de breaks de guitare et un chorus de ténor de Maxwell Davis (encore lui), T-Bone improvise deux chorus exemplaires qui rincent les oreilles ! On comprend facilement pourquoi son influence sur tous les autres guitaristes de son temps fut tellement importante. Ils se sont imprégnés de sa façon de phraser et de jouer le blues avec une telle efficacité. Des années après sa mort, ils sont encore nombreux ceux qui lui dédient des morceaux en essayant de sonner comme lui, cherchant à imiter la rondeur et la chaleur de chacune de ses notes. T-Bone Walker, une vraie légende ! Le saxo-ténor Jack McVea eut un tube considérable avec Open The Door Richard. Il dirigeait depuis 1943 un orchestre composé d’un ou deux trompettes, saxos et section rythmique. Musicien solide, vrai, tourné vers une musique sans artifices, son seul souci était de swinguer sans désemparer. Ce programme est parfaitement suivi tout au long de Okay For Baby, une composition de Benny Carter. Jack McVea a été l’une des valeurs sûres du jazz californien des années 40 et 50.

Du côté des New Orleans Boys
Après la longue période où il était soutenu par un grand orchestre, Louis Armstrong décida, vers 1945, de former un All Stars de structure New Orleans, avec les trois mélodiques traditionnels : trompette, trombone, clarinette, et la section rythmique. Ce fût d’abord Jack Teagarden au trombone, puis le formidable Trummy Young dont le swing écrasant, le sens subtil du jeu d’ensemble furent un précieux soutien pour Louis Armstrong pendant des années ! À la clarinette un néo-orléanais, l’infaillible Barney Bigard. Après les deux géants de la batterie Big Sid Catlett, puis Cozy Cole, il faudra nous contenter ici de Barrett Deems qui leur succéda. Jouons deux joyaux de l’album “Louis Armstrong plays W.C. Handy”. D’abord Beale Street Blues, aux vocaux d’une émotion palpable à chaque seconde et ensuite de renversants solos de trompette pour lesquels sérénité et majesté sont les mots qui viennent immédiatement sous la plume ! Sonorité ample, vibrato unique, le Roi est bien là ! Pour Chantez-les-Bas, Trummy Young nous gratifie d’un solo d’une puissance incroyable et d’une construction exemplaire ! Vocal amusant de Satchmo qui a rarement aussi bien joué ; très en lèvres, il souffle dans sa trompette avec une force et une puissance irrésistibles ! Barney, avec sa sûreté légendaire, apporte aussi beaucoup, que ce soit en solo ou dans les ensembles. Inoubliable !!!

Le tromboniste vétéran de la Nouvelle-Orléans Kid Ory, installé en California depuis longtemps, avait monté une formation New Orleans classique avec souvent Teddy Buckner à la trompette (un admirateur de Maître Satchmo). Il bénéficiait du soutien implacable d’Ed Garland à la basse et d’un des meilleurs drummers de ce style, Minor “Ram” Hall. On comprendra à l’écoute de The Girls Go Crazy, combien cette musique des grands de la Nouvelle-Orléans procure de la joie, de la gaieté, de l’euphorie même. Cette bonne humeur communicative qui se dégage de la musique de Kid Ory rejaillit sur ses auditeurs, mais aussi sur ses partenaires ! Car Kid Ory est un musicien qui possède le don, le pouvoir, de bien faire jouer ceux qui sont à ses côtés, et tous les artistes ne possèdent pas cette capacité si rare ! Sidney De Paris laissa à son frère, le trombone Wilbur, la direction de leur formation, à l’origine le De Paris Brothers Orchestra. D’orientation Nouvelle-Orléans, ce groupe donnait à Sidney l’occasion de démontrer qu’il fut, ô combien, un des plus grands trompettes de toute l’histoire du jazz, un des tous premiers à placer juste après Louis Armstrong ! Que les amateurs réalisent bien que Sidney De Paris est un des Maîtres de l’instrument, car il possède toutes les qualités d’un grand créateur et d’un jazzman d’exception : feeling, vibrato expressif, sonorité éclatante, imagination infinie, swing renversant ! C’est aussi un des meilleurs pour l’utilisation des sourdines les plus diverses. Dans Are You From Dixie, on ne remarque que lui, que ce soit en solo ou au cours de ses dialogues serrés avec le superbe Omer Simeon à la clarinette. Il mène les ensembles avec autorité, mieux, avec jubilation, les autres n’ayant plus qu’à le suivre ! Sa précision et sa vivacité lorsqu’il démarre un solo, sa maîtrise du travail des sons avec le chapeau dans ses duos avec Simeon, tout cela le rend absolument unique ! Sa musique pétille, sa soif de swinguer devient contagieuse et rejaillit sur ses partenaires. Il fait tourner à fond tout l’orchestre qui, sans lui, n’atteindrait jamais un tel niveau ! Yes !

Les grands solistes venus des big bands
Issus des grands orchestres, de nombreux saxophonistes bénéficiant d’une solide renommée décidèrent de monter, d’organiser des petits groupes. Ce fût le cas des ténors Illinois Jacquet, Buddy Tate, Arnett Cobb, Joe Thomas, mais aussi des altos comme Johnny Hodges, Tab Smith, ou Earl Bostic. Arnett Cobb, The Wild Man of the tenor-sax, en quittant Lionel Hampton, forma un groupement orienté vers un swing intense, bien à son image ! Dutch Kitchen Bounce est une de ses compositions les plus célèbres, plus réfléchie, plus modérée qui lui donne l’occasion d’improviser largement. On peut jouir de la beauté et de la chaleur de sa sonorité, de son contrôle, de ses idées aussi ! Un remarquable musicien et un homme de cœur ! Illinois Jacquet, le bouillonnant saxo-ténor, après s’être illustré au sein des ensembles de Lionel Hampton, de Cab Calloway et de Count Basie, dirigea de nombreux orchestres. Dans Blow Illinois Blow il démontre toutes les qualités qui l’ont portées au premier rang des plus grands improvisateurs de son instrument. Monsieur Jacquet est un orateur éloquent et un swingman de tous les instants ! Buddy Tate, après son long séjour chez Count Basie, organisa vite un orchestre de sept musiciens stables et fidèles, qui en s’installant pendant 21 ans au fameux Celebrity Club de Harlem, fit le bonheur de tous les amateurs et danseurs de la côte Est. Il se produisait de temps en temps parallèlement au Savoy Ballroom avec un égal succès. Il reprend l’inusable tube de Count Basie One O’Clock Jump pour en donner une énergique version. À noter que, pour son premier chorus, il reprend le solo que son ami et modèle Herschel Evans avait joué sur le disque original seize ans auparavant ! Bel hommage après tant d’années… S’il est un musicien exemplaire au point de vue du jazz, c’est bien Buddy Tate ! Il possèdait toutes les qualités requises pour être un saxo-ténor de premier plan. Un artiste sincère, sans faille !

Vedette chez Jimmie Lunceford pendant plus de quinze ans, Joe Thomas, lors de la fin de cet orchestre, décida lui aussi de se mettre à la tête d’une formation réduite. Sa sonorité charnue, énorme, son sens du blues, son éloquence, sa très forte personnalité se trouvent en évidence dans Big Foot. Chaque inflexion de ce “crieur de blues” hors pair est à déguster pour ceux qui aiment entendre le magique thème de 12 mesures joué au saxo-ténor avec âpreté et intensité ! Un must ! Johnny Hodges, le roi du saxo-alto, a été la vedette de l’orchestre de Duke Ellington pendant des dizaines d’années. Cependant en 1951, il eut envie d’une récréation, formant alors avec quelques ellingtonniens du reste, un groupe qui eut une belle réussite. Le blues est un de ses points forts, et sa formation, avec un poids lourd de la trompette, Emmett Berry, interprète Johnny’s Blues, où tous, tant en solo que pour des ensembles vigoureux, donnent leur meilleur. Ils sont bien propulsés par la basse de Ray Brown et la batterie de J.C. Heard. Mais les grands moments restent bien évidemment les solos de l’infaillible Johnny ! Duke’s Blues est également un chef-d’œuvre de bout en bout avec cette fois Al Sears au ténor, qui écrivait également les arrangements. Bien sûr, grands solos tant d’Emmett Berry que de Johnny Hodges toujours out of this world! Deux titres à écouter et réécouter si l’on aime le vrai jazz . Earl Bostic lui, après l’orchestre de Lionel Hampton, dirigea constamment de petites formations mettant son saxo-alto très en évidence. Son interprétation musclée de Flamingo eut un retentissement considérable et contribua à le faire connaître, non seulement des amateurs de jazz, mais plus encore du grand public. Dès le départ, on est ébloui par sa sonorité somptueuse, volumineuse et son articulation précise ! Ses musiciens ne sont là que pour servir le patron et c’est très bien ainsi. Tab Smith, saxo-alto et arrangeur de talent, fit partie des orchestres de Count Basie et de Lucky Millinder avant de fonder son propre groupe. Sa renommée fût enviable, surtout lorsque son orchestre devient pendant plusieurs années l’un des favoris des danseurs du Savoy de Harlem. Boogie Joogie lui donne une belle chance de briller en solo : sonorité ferme et parfait développement de son discours musical, soutien discret mais bien présent de ses musiciens, riffs pour terminer, du beau et bon travail !

Et pour terminer…
Comme beaucoup, Cootie Williams, devant les difficultés financières pour tenir un orchestre de seize musiciens dû, lui aussi, renoncer et choisir une formule plus modeste. Dans son sextette, il y avait un jeune saxo-ténor prometteur, Willis Jackson, que l’on entend longuement dans Slidin’ and Glidin’. Cootie fait ensuite rugir sa trompette avec le growl et la plunger-mute, avant de dialoguer avec le ténor, puis c’est le tour du pianiste de nous démontrer dans son solo combien il a écouté l’inventeur du block-chords style (le jeu en accords), ce cher Milton Buckner. Pour nous, en dehors de Charlie Christian mort hélas très jeune, le guitariste électrique le plus “parfait” fut Tiny Grimes, que nous avons déjà rencontré plus haut en compagnie d’Art Tatum. Après ce fructueux partenariat, Tiny Grimes dirigea toujours des groupes comme ses Rocking Highlanders, où tous les musiciens étaient habillés sur scène de kilts et divers attributs des clans écossais ! Atmosphère de folie au cours de Call of the Wild, musique déchaînée, presque sauvage par moment avec Tiny impérial lorsqu’il lui faut s’exprimer sur le blues, que ce soit en tempo vif ou lent. Et son saxo-ténor Red Prysock est un musicien fougueux, idéal pour ce genre de musique ! Gageons que la folie était présente au studio ce jour-là !

À la Nouvelle-Orléans, il y avait là un homme d’une importance que l’on peut difficilement imaginer pour la vie du jazz dans ce Sud profond. Cet homme, c’est Dave Bartholomew, exceptionnel trompette que l’on entend hélas trop rarement en disque. Non seulement brillant instrumentiste, mais aussi compositeur, arrangeur, superviseur et découvreur de nouveaux talents. C’est ainsi qu’il lança un jeune pianiste et chanteur qui fit une carrière éblouissante et de longue durée : Antoine “Fats” Domino ! Dave servit de mentor, de coach à Fats depuis ses débuts. De leur collaboration voici un titre peu connu, I Know, qui comprend une belle et importante partie du guitariste Walter “Papoose” Nelson. Fats Domino est devenu, grâce à ses vocaux, son jeu de piano, l’excellence de ses accompagnateurs et les compositions concoctées avec Dave Bartholomew, une véritable star du rhythm and blues puis du rock ‘n’ roll. Son orchestre était en fait celui que Dave dirigeait avec les copains représentant la crème des meilleurs jazzmen de la Nouvelle-Orléans, les ténors Lee Allen et Herb Hardesty, l’alto Wendell Ducongé, les guitaristes Walter Nelson ou Ernest McLean, le bassiste Frank Fields, les batteurs Earl Palmer ou Cornelius Coleman… Tous ensemble, ils savaient créer une musique d’une rare efficacité, dégageant toujours joie de vivre et bonne humeur ! On est à la Nouvelle-Orléans, n’est-il pas ?

Grâce à 36 précieux titres, nous avons un panorama assez complet et cependant d’une extrême variété de la musique jouée par ces petites formations qui arrivaient à exister et à prospérer aux côtés des grosses machines, les big bands de l’époque ! Elles fournissaient une musique pimpante, exaltante, et le jazz a eu tout à gagner de cette dualité enrichissante !
Jacques MORGANTINI
© 2008 Frémeaux & Associés
Remerciements à Jean Buzelin, à Jean-Pierre Castel pour le prêt d’un disque, et à Pierre Allard pour les tirages photographiques.
78 tours issus de la collection Jacques Morgantini.
Photos & collections : Jean Buzelin, George Hoefer, James Kriegsmann, Jacques Morgantini, Paul Rust, X (D.R.).

english notes
THE BEST SMALL JAZZ BANDS 1936-1955
During the 20s New Orleans music which relied heavily on collective improvisation was in the forefront of jazz. It was around 1929 that the big band era was born, a big band comprising twelve or more musicians e.g. Duke Ellington, Fletcher Henderson, Charlie Johnson and, a little later, Jimmie Lunceford, Count Basie, Chick Webb and many others. In order to make a name for himself a musician was more or less obliged to go through the ranks of a big band. Towards the mid-30s certain well-known jazzmen set up small formations composed of six to eight musicians. There were some excellent musicians who, unhappy with constraints imposed by big bands, preferred to play in these smaller groups that offered them more scope. So on one hand there were still the big bands and, on the other, small formations the best of which were very successful as there was plenty of work for everybody. The small bands we feature here were all permanent groups with a stable personnel, playing in clubs and dance halls as well as touring around the country, unlike countless studio formations that merely came together for the occasional recording session. The name of certain musicians became associated with that of a specific club e.g. Stuff Smith at the Onyx Club, Fats Waller at the Yacht Club, Roy Eldridge at the Arcadia Ballroom and Al Cooper’s Savoy Sultans at the Savoy Ballroom in Harlem. Towards the end of the big band era, around 1945-50, many bandleaders had to get rid of musicians as they simply couldn’t afford to keep them on the payroll and continued with smaller groups. Certain well known soloists who had made a name for themselves with a big band left to set up their own combos. But first let us look at those who, from the 30s onwards, fronted small regular formations that lasted quite a long time.

Small bands of the 30s
Fats Waller relied on his already huge popularity, both in clubs and on record, when he formed Fats Waller and his Rhythm. In addition he had a long term contract with RCA-Victor whose backing was extremely important to him. The label had a widespread distribution network which meant his records reached even the most far flung corners of the US. The composition of his Rhythm remained practically unchanged after its creation in 1934 i.e. a trumpet, a tenor sax/clarinet and a complete rhythm section of piano, guitar, double bass and drums; some musicians stayed with him for years such as Gene Sedric (tenor sax and clarinet), Albert Casey (guitar) and Slick Jones (drums) while Fats himself supplied the piano and often hilarious vocals. He had an inimitable gift for hotting up the popular tunes of the day he was asked to record. His fans loved him not only for his dynamic piano playing but also for his comic effects and the spoken asides in his vocals. The instrumental The Moon Is Low features a beautifully constructed solo by Gene Sedric while Fat’s relaxed piano fronts the excellent rhythm section. On Tain’t Nobody’s Bizness, after an irresistible piano solo and vocal from Fats, the bridge is provided by Al Casey on guitar, and he finishes strongly before the final chorus highlighting Bugs Hamilton on trumpet; the bridge is played by the drums and the final 8 bars are taken by Fats who picks up the theme again.

Violinist Stuff Smith’s orchestra included some great musicians: Jonah Jones on trumpet, Cozy Cole on drums, then on Upstairs, the eloquent clarinet of Buster Bailey. He had appeared for several years at the Onyx Club in New York and called his formation quite simply Stuff Smith & His Onyx Club Boys. Things hot up immediately with Jonah Jones’ trumpet solo before a young Clyde Hart launches into a high speed chorus and, after an interlude punctuated by Cozy Cole, a surprising and original virtuoso violin solo, before the whole band closes the track with an up tempo counterpoint from Bailey on clarinet. In 1937 bass player John Kirby, who had played with the big bands of Fletcher Henderson, Chick Webb and Lucky Millinder, formed a small group which immediately stood out from its contemporaries thanks to extremely brilliant soloists such as Charlie Shavers (trumpet), Buster Bailey (clarinet), Russell Procope (alto sax) and Billy Kyle (piano). The music produced by John Kirby and his musicians was carefully rehearsed and they played the arrangements, generally written by Charlie Shavers, with exemplary precision. Undecided is one of his compositions, a theme that went around the world and was reprised by countless musicians, becoming a veritable jazz classic.

Alto sax player and singer Louis Jordan, after a stint with Chick Webb, formed the Tympany Five, a small band of five musicians. His lyrics, his ironic humour, his unique way of reciting the text of his songs, along with his alto sax solos, gave him a solid reputation. His records were eagerly awaited by his multitude of fans. Black audiences adored his nonconformist songs, his gift of the gab and his good-natured cynicism. This lively interpretation of Salt Pork West Virginia features a vocal backed by Aaron Izenhall’s trumpet, robust tenor sax and guitar solos and energetic backing piano backing from Bill Davis who was soon to popularise the Hammond organ in jazz, earning him the nickname of Wild Bill Davis. The bubbling, powerful trumpeter Roy Eldridge, after playing with a few relatively unknown orchestras, joined Elmer Snowden, then made a name for himself with Teddy Hill before becoming one of Fletcher Henderson’s famous henchmen, alongside his “mates” Chu Berry on tenor sax and Big Sid Catlett on drums who, like him, loved nothing better than taking on all comers in an after-hours jam session! He left the big band to lead a formation that included his brother Joe Eldridge (alto sax) who helped him a lot, not only with advice but also with the arrangements he wrote for the band one of which was Wabash Stomp, one of Roy’s big hits. The latter hogs the limelight, apart from a short alto solo from Joe and a second, also on alto from the remarkable Scoops Carey. Then Roy takes over again with an irresistible torrent of notes, his inspiration never faltering. A triumphal march, a sort tenor passage and the final coda from Roy! Bravo!
Saxophonist Al Cooper fronted a small formation which, according to his contemporaries, sounded just like a big band! It was one of the famous Savoy Ballroom’s house bands and was so good that other bands, even the very best, which played opposite really feared the contest. Cooper’s star soloist was the fiery alto sax player Rudy Williams, a brilliant musician who is heard at length on See What I Mean? following a trumpet solo by Sam Massenberg. His type of music was in great demand by the lindy hop dancers at the Savoy.

Trumpeter Hot Lips Page, although born in Texas, made his name in Kansas City during his appearances with the legendary Walter Page’s Blue Devils, then with Bennie Moten and finally Count Basie. In 1936 Louis Armstrong’s manager offered him a contract and sent him to New York to lead a group at Small’s Paradise. He’s Pulling His Whiskers On dates from this period. His unique phrasing and long held notes plus a fertile imagination are what make his solos so captivating. His thick, round tone is featured throughout this track. Truly one of the jazz greats! Another famous name associated with the Kansas City school is that of trombonist, guitarist and arranger Eddie Durham who composed many of Basie’s hits and the Jimmie Lunceford orchestra also benefited from some of his compositions. However, he is also important for being the first jazz musician to play amplified guitar e.g. on Moten’s Swing with a small combo that included another great Kansas City musician, legendary alto sax Buster Smith whom his peers nicknamed “Prof” for his role as mentor and initiator. He introduces the theme on Moten’s Swing, then comes a short electric guitar passage followed by an excellent solo from Smith, one of the best he ever recorded. He joins in the final chorus before Eddie Durham closes proceedings with a few guitar notes.

From 1935, white clarinettist and bandleader Benny Goodman started to introduce a trio with Teddy Wilson on piano into his concerts, a trio that soon became a quartet in 1936 when Goodman hired Lionel Hampton responsible for introducing the vibraphone into jazz. From this point on Goodman continued to invite as guest stars, and even hire, coloured musicians. His greatest coup came in 1939 when he recruited a young electric guitar prodigy from Oklahoma City, the brilliant Charlie Christian. In addition to Goodman, Hampton and Christian are both very much in evidence throughout this lively version of Good Enough To Keep alias Air Mail Special. At the height of segregation it was courageous of Goodman to hire and appear with black musicians for, in certain US states, it was forbidden for black and white musicians to appear together on the same stage. Goodman’s huge popularity certainly helped him bypass these bans. In Chicago in 1934 the magnificent boogie woogie pianist Albert Ammons formed his Rhythm Kings with trumpet, alto sax, clarinet and a rhythm section including guitarist Ike Perkins who would remain with him throughout his career. Boogie Woogie Stomp dates from 1936, based on the well known Pinetop’s Boogie, a pianist greatly admired by Ammons. The latter’s powerful left hand produces some exciting variations on the original theme followed by brief clarinet and trumpet solos, culminating in a ferocious ensemble finale.

Meanwhile, in Europe, a quintet had been formed around the brilliant gypsy guitarist Django Reinhardt, composed solely of strings without drums. His opposite number was violinist Stéphane Grappelli with whom he shared the solos, backed by two other rhythm guitarists and a double bass; This Quintette du Hot Club de France was without doubt the only European orchestra to astonish the Americans! Django’s astounding solos and his ferocious backing to a rampaging Bechet were unanimously acclaimed throughout the jazz world! Django treats us to some of his most beautiful and daring variations, in a flexible medium tempo, before going on to provide an exceptionally rich guitar backing for Grappelli, as only he could provide for the soloists who played with him.

The trios vogue
Around 1940 some pianists began to form trios comprising piano, guitar and double bass. The most famous of these was the King Cole trio but there was also the trio of pianist Clarence Profit and, towards 1942, the Art Tatum trio in California with Tiny Grimes on guitar and Slam Stewart on bass. This formula of piano and guitar in trio was very successful, not least because of the growing popularity of the King Cole trio. Apart from his gifts as a crooner, to his fans Nat King Cole was, above all, an outstanding jazz pianist. This Early Morning Blues, with Oscar Moore on guitar, is a perfect example. At one time there was some question of King Cole and Lionel Hampton joining forces in California but this didn’t materialise and Hampton opted to form his own big band, with the success that we all know. However, these two remarkable musicians did get together to record Jivin’ With Jarvis, an exceptional encounter to delight us all. Another very good pianist, Eddie Heywood Jr, after working with Benny Carter, founded a group of six musicians that was pretty successful for several years. On Pom-Pom, a Benny Carter theme, his sidekick is the great trombone virtuoso, Vic Dickenson.

Jazz in California
In California, around 1943, guitarist Tiny Grimes and bass player Slam Stewart often played together and they used to jam in a night club, Lovejoy’s, just for the hell of it after they finished work. Art Tatum joined them and word was passed around and fans soon began to flock to these after hours sessions. The musicians realised that people were queuing up to hear them so why not transform this playing for pleasure into a paid job? So the owner of the Hollywood club, Streets of Paris, suggested they play together. The Art Tatum Trio was born and, for over two years, these three exceptional talents brought the house down wherever they played. This version of Flyin’ Home is a wonderful example of what they could do. Still in California but in a completely different vein, pianist and singer Amos Milburn, a blues and boogie woogie expert, received great support from Maxwell Davis. Saxophonist, composer, arranger, talent scout for local labels etc., Davis was an important figure in West Coast jazz especially during the 40s. We find his warm, rich tenor sax wherever good jazz was to be found in the region, whether alongside Pete, Johnson, Big Joe Turner, Gene Philips, Jimmy Witherspoon, Lloyd Glenn or T-Bone Walker e.g. throughout Roamin’ House Boogie where his understanding with Amos Milburn’s piano and vocal is faultless. Milburn himself acknowledged this: “Maxwell was a great inspiration and help to me, especially in making records. He arranged my sessions, led the orchestra, in short, saw to everything…”

Drummer and vocalist Roy Milton formed a small band that enjoyed considerable success for many years, regularly topping the sales charts e.g. The Numbers Blues from 1950. Buddy Floyd was Milton’s first tenor sax player and his wide tone and pared down style influenced the tenors who succeeded him including Benny Waters on this track who modelled his rugged tone on Floyd’s. Apart from the leader’s vocals the orchestra’s trump card was certainly pianist Camille Howard who contributed not a little to Milton’s records, equally at ease on a slow, full of feeling blues as on an up tempo boogie. Electric guitar virtuoso and vocalist T-Bone Walker enjoyed a huge reputation in the States for more than 15 years. He got together a small group, usually comprising trumpet, tenor sax and rhythm section. His guitar explodes all the way through Strollin’ With Bones, his brilliant variations and magnificent sound a veritable treat for fans. On his other title, Street Walkin’ Woman, after a compelling vocal punctuated by guitar breaks and a solo from Maxwell Davis (again!), T-Bone improvises two mind-blowing choruses. It is easy to understand why his influence on all the other guitarists at the time was so important for they eagerly copied his phrasing and way of playing the blues. Years after his death, many still dedicate pieces to him, hoping to sound like him, striving to imitate his warmth and overall sound. Tenor saxophonist Jack McVea had a big hit with his band, comprising two trumpets, saxes and rhythm section, with Open The Door Richard. A solid, unpretentious musician, his aim was to create non-stop swing, as on Benny Carter’s composition Okay For Baby. Jack McVea was one of the most reliable Californian jazz men in the 40s and 50s.

The New Orleans Boys
In 1945, after a long period backed by a big band, Louis Armstrong decided to form an All Stars using the New Orleans traditional formula of trumpet, trombone, clarinet and a rhythm section. At first this included Jack Teagarden on trombone, then the formidable Trummy Young whose overpowering swing and subtle ensemble playing provided valuable support to Armstrong over many years. The impeccable Barney Bigard from New Orleans played clarinet and, succeeding two outstanding drummers, Big Sid Catlett and Cozy Cole, here we have to make do with Barret Deems. We have chosen two of the best tracks from the album “Louis Armstrong plays W.C. Handy”. First Beale Street Blues with its moving vocals and majestic trumpet solos highlighting Armstrong’s inimitable tone and unique vibrato. On Chantez-Les-Bas Trummy Young treats us to an incredibly powerful, beautifully constructed solo. In addition to an amusing vocal from Satchmo, Barnet Bigard also plays a part, either solo or in the unforgettable ensembles. Veteran New Orleans trombonist Kid Ory had been living in California for quite some time when he set up a classic New Orleans formation, often with Teddy Buckner on trumpet (an admirer of Armstrong) backed by Ed Garland on bass and one of the best New Orleans drummers, Minor “Ram” Hall. The Girls Go Crazy shows just how joyful, happy, even euphoric this type of music could be. The good humour of Kid Ory’s music communicates itself not only to his listeners but also to his partners. Ory had the rare gift of inspiring whoever played with him to give of their very best.

Sidney De Paris let his brother trombone player Wilbur lead their formation, originally the De Paris Brothers Orchestra. This New Orleans style group gave Sidney the opportunity to demonstrate that he was one of the greatest jazz trumpeters ever, not far behind Louis Armstrong. He was not only an exceptional jazz technician but also an innovator: feeling, expressive vibrato, brilliant tone, endless imagination, astounding swing and varied use of mutes. His solos and exchanges with the superb Omer Simeon on clarinet on Are You From Dixie are outstanding. He leads the ensembles with authority, the others simply having to follow his lead. His bubbling music and his swing are contagious and he gets the very best out of an orchestra that, without him, would never have reached the same heights.

Great soloists coming from big bands
Numerous saxophonists, having made their name in big bands, decided to organise their own small bands e.g. Illinois Jacquet, Buddy Tate, Arnett Cobb, Joe Thomas and altos such as Johnny Hodges, Tab Smith and Earl Bostic. Arnett Cobb, the “Wild Man” of tenor sax, on quitting Lionel Hampton formed a swing oriented group. Dutch Kitchen Bounce is one of his most famous compositions, well thought out, giving him the opportunity to improvise at will. The listener will surely enjoy the beautiful, warm tone, control and imaginative ideas of this remarkable musician. The gusty tenor sax player Illinois Jacquet, after successful stints with Lionel Hampton, Cab Calloway and Count Basie, led several bands. On Blow Illinois Blow he reveals all the qualities that earned him his place in the top ranks of great tenor sax players. Buddy Tate, after a long spell with Count Basie, quickly formed a band with a stable line-up of seven musicians which, remaining at Harlem’s famous Celebrity Club for 21 years, delighted scores of West Coast fans and dancers. They also appeared occasionally at the Savoy Ballroom with equal success. He turns in an energetic version of Basie’s One O’Clock Jump, on his first chorus reprising the solo that his model and friend Herschel Evans had played on the original record sixteen years previously. Buddy Tate was an exemplary jazz musician and a top class tenor sax man.

A star performer with Jimmie Lunceford for over fifteen years, after this orchestra folded Joe Thomas also decided to front a small band. His huge grainy tone, his feeling for the blues and his strong personality are very much in evidence on Big Foot. Each inflection of this peerless blues shouter is a real treat for those who love to listen to a 12-bar theme interpreted by such a pungent and intense tenor saxophonist. Johnny Hodges, king of the saxophone, was the star of Duke Ellington’s orchestra for many years. However, in 1951, he wanted to take a break and so, with a few other Ellingtonians, set up a successful small band. The blues was one of its strong points and the formation, with Emmett Berry on trumpet, interpret Johnny’s Blues where every man is on top form driven along by Ray Brown on bass and J.C. Heard on drums; but the highlights are Hodges’ solos. Duke’s Blues is another masterpiece with this time Al Sears, who also wrote the arrangements, on tenor. Alto saxophonist Earl Bostic, after leaving Lionel Hampton, led numerous small bands .His solid interpretation of Flamingo brought him to the attention not only of jazz fans but also a wider public who appreciated his sumptuous tone and precise phrasing. The other musicians are merely there to provide the necessary support. Talented arranger and alto saxophonist Tab Smith played with Count Basie and Lucky Millinder before forming his own group. His reputation was made when his orchestra became a favourite for many years with the Savoy Ballroom dancers. Boogie Joogie showcases one of his brilliant solos: a firm tone and perfect development of his theme, with discreet backing from all his musicians, closing with a series of riffs.

And Finally…
As with many other band leaders, financial problems made it impossible for Cootie Williams to maintain a 16-piece orchestra and he was forced to fall back on a smaller formation. His sextet included a promising young tenor sax player, Willis Jackson, who is heard at length on Slidin’ And Glidin’. Cootie then makes use of his growl and plunger mutes to make his trumpet roar before launching into an exchange with the tenor, then it is the pianist’s turn to show us just how often he had listened to the inventor of block chords, Milt Buckner. In our opinion, apart from Charlie Christian who sadly died at an early age, the most perfect electric guitarist was Tiny Grimes whom we have already mentioned in the company of Art Tatum. After this fruitful partnership Tiny Grimes led his own formations e.g. his Rocking Highlanders when all the musicians dressed up in kilts and various other Scots accessories! A crazy atmosphere is created on Call Of The Wild: unbridled music, truly “wild” at times with Grimes as majestic as ever on the blues, whether up tempo or slow. And his tenor saxophonist Red Prysock is a fiery musician, ideal for this type of music. They were obviously having a ball in the studio during this session! In New Orleans there was a man who left an inedible mark on jazz in the Deep South. Dave Bartholomew was not only an excellent trumpeter, who regrettably recorded only rarely, but also a composer, arranger, supervisor and talent scout. It was he who launched a young pianist and singer who would go on to enjoy a long and brilliant career, Antoine “Fats” Domino. From the very beginning Dave acted as Fats’ mentor and coach. I Know is a relatively unknown title resulting from this collaboration, featuring a beautiful contribution from guitarist Walter “Papoose” Nelson. Thanks to his vocals, his piano playing, some excellent accompanists and the compositions written with Dave Bartholomew, Fats Domino became a veritable star of rhythm and blues and then rock ‘n’ roll. In fact his band was the one that Dave led, including some of his friends representing the cream of New Orleans jazz men: tenors Lee Allen and Herb Hardesty, alto Wendell Ducongé, guitarists Walter Nelson or Ernst McClean, bassist Frank Fields and drummers Earl Palmer or Cornelius Coleman. Together they created some rare music, overflowing with joie de vivre and good humour!

These 36 precious titles give us a pretty complete and yet extremely varied survey of the music played by these small bands which managed to prosper side by side with the big bands of the era. They provided fresh, exciting music and jazz could only gain from this enriching juxtaposition.
Adapted in English by Joyce WATERHOUSE from the French text of Jacques MORGANTINI
© 2008 Frémeaux & Associés
With grateful thanks to Jean Buzelin, to Jean-Pierre Castel for the loan of one record, and to Pierre Allard for the photographs prints.
78 rpm from the Jacques Morgantini collection.
Photos & collections: Jean Buzelin, George Hoefer, James Kriegsmann, Jacques Morgantini, Paul Rust, X (D.R.).

CD THE BEST SMALL JAZZ BANDS  1936-1955 © Frémeaux & Associés. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 The Moon is Low - Fats Waller03'06
02 Taint Nobodys Bizzness If I Do - Fats Waller03'02
03 Upstairs - Stuff Smith03'04
04 Undecided - John Kirby03'01
05 Salt Pork West Virginia - Louis Jordan03'02
06 Wabash Stomp - Roy Elridge03'10
07 See What I Mean - Al Cooper03'04
08 He's Pulling His Whiskers On - Hot Lips Page02'49
09 Motens Swing - Eddie Durham02'37
10 Good Enough To Keep - Bennie Goodman02'55
11 Boogie Woogie Stomp - Albert Ammons02'59
12 Djangology - Django Reinhardt03'00
13 Early Morning Blues - Nat King Cole02'47
14 Jivin With Jarvis - Lionel Hampton02'41
15 Pom-Pom - Eddie Heywood03'12
16 Flyin' Home - Art Tatum04'17
17 Roomin' House Boogie - Amos Milburn02'50
18 The Numbers Blues - Roy Milton02'39
CD 2
01 Strollin' With Bone - T-bone Walker02'30
02 Street Walkin' Woman - T-bone Walker03'06
03 Okay For Baby - Jack McVea03'07
04 Beale Street Blues - Louis Armstrong04'59
05 Chantez-les Bas - Louis Armstrong04'51
06 The Girls Go Crazy - Kid Ory03'10
07 Are You From Dixie - Wilbur De Paris04'59
08 Dutch Kitchen Bounce - Arnett Cobb03'15
09 Blow Illinois Blow - Illinois Jacquet02'49
10 One O'Clock Jump - Buddy Tate02'44
11 Big Foot - Joe Thomas02'37
12 Johnnys' Blues - Jonnhy Hodges07'05
13 Dukes Blues - Jonnhy Hodges06'09
14 Flamingo - Earl Bostic02'43
15 Boogie Joogie - Tab Smith02'53
16 Slidin' And Glidin' - Cootie Williams03'37
17 Call Of The Wild - Tiny Grimes02'57
18 I Know - Fats Domino02'38
"Un voyage de deux heures au royaume du swing" par Le Journal du Dimanche

Sous le titre "The Best Small Jazz Bands", l'éminent spécialiste du blues et du jazz classique, Jacques Morgantini, nous invite, sous le label Frémeaux, à un voyage de deux heures au royaume du swing, en compagnie d'une trentaine de petits groupes dirigés, le plus souvent, par des guides de haut vol... Ces derniers, en accédant au sommet de la "Planète Jazz", entre 1936 et 1955, ont acquis l'éternelle célébrité. Ils nous accompagnent, au cours des trente-six escales de ce double album, au coeur du swing. Citons le truculent et puissant Fats Waller, Art Tatum, le champion toutes catégories du clavier et son cadet, l'élégant Nat King Cole, co-inventeur du trio de jazz, les bouillants saxophonistes Arnett cobb, Illimois Jacquet, Buddy Tate, Earl Bostic, le séduisant Johnny Hodges, premier maître de l'alto qui rayonna quatre décennies durant au sein du fabuleux big band du Duke, ici enregistré en leader de son propre sextet. Dans le "casting" de ces prestigieux solistes, n'oublions pas le flamboyant Lionel Hampton, le géant du vibraphone, invité exceptionnel du King Cole trio dans Jivin with Jarvis et l'incontournable Louis Armstrong, premier grand soliste et chanteur de l'histoire du Jazz, accompagné de son All Stars avec Barney Bigard, et Trummy Young mais, hélas, sans le batteur Cosy Cole. Voilà pour les artistes les plus connus de cette sélection auxquels il convient d'ajouter, et Jacques Morgantini ne les a pas occultés, le violoniste Stuff Smith, les trompettistes Cootie Williams, Hot Lips Page et Roy Eldridge, le clarinettiste Benny Goodman et Eddy Durham, pionnier de la guitare amplifiée ! Parmi toutes ces stars d'outre-Atlantique, le guitariste génial Django Reinhardt surgit avec le quintet du Hot-Club de France, l'unique formation européenne de jazz qui suscite toujours des vocations à travers le monde après avoir étonné les Américains" Jean-Claude de Thandt, alias "Docteur Jazz" - LE JOURNAL DU DIMANCHE




« The Best Small Jazz Band, 1936-1955, vol 2 » par Tango Reporter

En el apogeo de la epoca dorada del jazz, muchos musicos de las grandes orquestas formaron pequenas agrupaciones con las que conseguian expresarse mas libremente. Integradas en su mayoria por brillantes solistas, en esos grupos se puenden encontar hoy en dia los mejores solos del jazz. Este disco boble contiene 36 grabaciones realizadas por las agrupaciones de Fats Waller, John Kirby, Louis Jordan, Benny Goodman, Django Reinhardt, Nat King Cole, Art Tatum, Albert Ammons, Louis Armstrong, Illinois Jacquet, Earl Bostic, Cootie William, Fats Domino y ostros. Son de destacar las versiones de The Moon Is Low, Undecided, Good Enough To Keep, Moten’s Swing, Boogie Woogie Stomp, Flyin’ Home, Beale Street Blues, Chantez-les-bas, The Girls Go Crazy, One O’Clock Jump, Flamingo, I Know y otros. Une caja doble sin desperdicio, excelente de punta a punta y palpable mustra de la calidad de los musicos que mas se destacaron como solistas en ese brillante periodo del jazz. Realza la caja un folleto de 32 paginas con datos sobre los musicos e ilustrado con numerosas fotos. TANGO REPORTER




"Y'a de la joie" par Serge Truffaut

• Par un hasard tout ce qu'il y a de pur, on est tombé sur un bonheur dont la mécanique temporelle nous certifie qu'il s'étale sur 1 heure 14 minutes et un chapelet de nanosecondes. Il a un nom, le bonheur en question, The Best Small Jazz Bands. Autrement dit, en langue franc, il s'agit des meilleures petites formations jazz et non le meilleur des petites formations. Ce bonheur se présente sous la forme d'un double compact édité et publié par l'étiquette Frémeaux & Associés.
• Mais encore? C'est bien simple, l'architecte de cette production, il s'appelle Jacques Morgantini, a rassemblé 36 perles poncées par Fats Waller, le chantre d'histoires parfois salaces, Arnett Cobb, Buddy Tate, Illinois Jacquet, le trop oublié Joe Thomas, soit les ténors tendance gros son, son long, Louis Armstrong, Cootie Williams, Roy Eldridge, Hot Lips Page, soit les trompettes de la renommée bien embouchée, Louis Jordan, Fats Domino, T-Bone Walker, soit les chanteurs qui nous signalent que «les femmes s'enflamment». Sont également de la partie, Art Tatum, Albert Ammons, Django Reinhardt, Bennie Goodman, Lionel Hampton, John Kirby, Roy Milton, lequel nous enseigne que les «nombres» ont eux aussi «le blues», et autres cantonniers de l'époque classique du jazz.
• Les pièces choisies par Morgantini s'étalent de 1936 à 1955. On le répète, c'est du bonheur, d'obédience simple. On se régale, on se bidonne autant qu'en lisant Travelingue de Marcel Aymé ou Le beaujolais nouveau est arrivé du père Fallet, dit René. Toutes ces musiques sont autant de contradictions au spleen, au mal de vivre, au papoutage de nombril, qui affectent tant le petit-bourgeois et sa bourgeoise. De bout en bout, la cadence se confond avec chaloupée.
• Pour cette copie d'occasion, on a déboursé 20 $. CQFD: on ne connaît pas le prix du neuf. Mais bon, comme on sait que Frémeaux & Associés ont un représentant de ce côté-ci de l'Atlantique, il est facile de le commander chez votre disquaire habituel. Achetez-le! Ça vaut son pesant d'or. Mettons un or équivalent en valeur aux bonus accordés par Goldman Sachs à ses sorciers. C'est dire.
Serge TRUFFAUT - TRUFFAUT JAZZ




« De quoi passer du bon temps » par ABS Magazine

Quant on est trop concentré sur un style musical, on a tendance à oublier l’histoire et les vases communicants, le « blues » (apparu circa 1875) est un style vocal antérieur à l’apparition du « jazz » (circa 1895) qui, à l’origine, voulait imiter la voix humaine avec des instruments à vent, avant de récupérer la voix en tant qu’instrument supplémentaire. En outre, comme les gospels, les marches, les rags et les succès du jour, le blues, surtout, sont repris en tant que thèmes par tous les jazzmen des années 1920’s jusqu’au free jazz et aux fusions d’aujourd’hui. De nombreuses anthologies et autres volumes de la série « Quintessence » de l’éditeur Frémeaux & Associés témoignent de ces relations étroites et de totale osmose entre blues et jazz, entre autres les 2 recueils dont il est question ici. Les 40 faces de « Jazzmen play the blues » sont majoritairement instrumentales mais suivent généralement le canevas classique en 12 mesures comme le montrent tant la sélection exemplaire que les notes de pochette de Jacques Morgantini – dont l’expertise tant en blues qu’en jazz est bien connue – à commencer par Louis Armstrong qui en 1947 chante « Back o’town blues » (en 12 mesures) comme « West end blues » en scat (1939) et les autres exemples pullulent., comme l’intro de guitare de Teddy Bunn dans « Really the blues » (1938), du trompettiste Tommy Ladnier surnommé « le Roi du blues » après avoir accompagné des années durant Ida Cox, Ma Rainey, Bessie Smith, la performance de Floyd Smith (gt) dans « I ain’t feeling so long » et celle de Mickey Baker dans « Mighty low » (avec Milt Buckner,p), etc. Nombre de solistes font littéralement parler leur instrument comme les trompettistes Bubber Miley (Black and tan fantasy), Cootie Williams (Mobile blues), Rex Stewart (Jug blues), Sidney de Paris (The call of the blues), Buck Clayton (Blues too) sans oublier Oran « Hot Lips » Page (également shouter qui, hélas, oublie de chanter dans « House party » et dans « Carrie Mae blues), des trombonistes comme Tricky Sam Nanton, Kid Ory, Vic Dickenson, des clarinettistes comme Barney Bigard, Johnny Dodds et Sidney Bechet et des saxophonistes comme Johnny Hodges, Arnett cobb, Illinois Jacquet et Louis Jordan (Impérial dans Inflation blues). Au rayon pianistes, on appréciera le sens du blues chez Count Basie, Lionel Hampton, Buddy Johnson (sans sa chanteuse de sœur Ella dans Minglin’, dommage !), Sonny Thomson (Long gone pt 2), Sammy Price (House Party) et les spécialistes du boogie woogie comme Milt Buckner (Vibe boogie) , Albert Ammons (Bottom blues n°2) et Pete Johnson en duo avec Ammons dans « Cuttin’ the boogie ». Ajoutons encore Johnny Otis (avec Devonia Williams –p et Pete « Guitar » Lewis –gt) dans « One nighter blues, Dinah Washington avec Lionel Hampton dans « Salty papa blues » et deux guitaristes de légende Tiny Grimes (Rockin’the blues away) et T-Bone Walker qui transcende « Blues for Marili ». Que demander de plus ? Avec « The Best Small Jazz Bands », Morgantini est toujours aux commandes (sélection et notes de pochette) et, au fil des 36 faces, on retrouve pas mal des musiciens de l’opus précédent dans d’autres chefs-d’œuvre où blues et jazz se mêlent sans vergogne, pour un plaisir d’écoute hors du commun : « Hot Lips » Page, Arnett Cobb et d’autres et surtout de vieilles connaissances comme T-Bone Walker qui chante et montre à nouveau son inventivité et sa modernité à la guitare (Strollin with bone en 1950 et Street walkin woman en 1951, Fats domino (I know 1954), Jack McVea avec Gene Philipps –gt (Ok for baby, 1945), le Tiny Grimes Quintet (Call of the wild 1953), Louis Jordan (Salt Pork, West Virginia, 1945), Roy Milton avec la pianiste Camille Howard (The numbers blues, 1950) et les boogie men Albert Ammons (Boogie woogie stomp, 1936) et Amos Milburn (Roomin’house boogie, 1949). De quoi passer du bon temps.
Par Robert SACRE – ABS MAGAZINE




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