MAMBO BIG BANDS 1946 - 1957

NEW-YORK, LOS ANGELES, MEXICO CITY, LA HAVANE

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Mambo had an enormous impact on America and it hopefully contributed to racial and social integration.
Pierre Carlu allows us to (re)discover the greatest Mambo Big Bands of the Golden Age of the style (1946-1957) in a 42 tracks anthology commented in a 32 pages booklet.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés."

MAMBO Big Bands 1946-1957

MAMBO Big Bands 1946-1957
New-york - Los Angeles - Mexico City - La Havane 









Les origines du mambo
L’affranchissement des esclaves noirs initia, à Cuba, une mutation de la musique cubaine traditionnelle vers un rythme beaucoup plus marqué avec l’apparition des tambours africains. C’est le début de  la musique afro-cubaine, qui va perdurer jusqu’à aujourd’hui en prenant des formes différentes suivant les époques. Le phénomène est quasi parallèlle à ce qui s’est passé au sud des Etats-Unis, où les danses et musiques européennes se modifièrent et donnèrent naissance au ragtime, puis à la musique Nouvelle-Orléans, qui s’appellera bientôt jazz.  La musique afro-cubaine est donc une musique de métis. Elle est très perméable aux influences, en  particulier à celle du jazz, principalement pour les musiciens latins vivant à New-York. A la fin des années 30, aux USA, la swing era fait rage, les grands orchestres swing sont partout et font danser toute l’Amérique blanche (voir le coffret “Swing Era Big Bands”, FA 078).  Les musiciens latinos vont s’en inspirer. Ils commenceront par ajouter plusieurs trompettes aux rythmes cubains, ce seront les Conjuntos, qui seront suivis par des orchestres comprenant aussi une section de saxes, et finalement, on aura des orchestres presqu’identiques aux orchestres de Glenn Miller ou Tommy Dorsey, mais avec une section rythmique beaucoup plus développée. Celle-ci comprend, outre le piano et la contrebasse, des bongos, congas, timbales (prononcer timmebalaisse), sans oublier les rythmes des anciennes charangas comme les maracas et le guiro – que les Français, sans doute par souci de précision, appelaient respectivement brandouillette et gratouillette ! Il y a aussi la clave, deux morceaux de bois dur que l’on frappe en suivant le rythme de tumbao. Il faut savoir, si l’on s’intéresse à la musique cubaine, que la clave, c’est aussi le rythme urgent et péremptoire de cette musique, comme le swing pour le jazz. Les musiciens de jazz ont le swing, les musiciens latins ont la clave. Cette section rythmique fortement vitaminée des nouveaux grands orchestres va produire un rythme de plus en plus syncopé et intense, souligné par la masse orchestrale. On est à l’orée du mambo.  Comme pour le jazz, les contours du mambo sont flous et controversés et la période couverte par cette musique est incertaine. Chacun a voulu montrer qu’il en était à l’origine, les musicologues s’en sont mêlés, ajoutant à la confusion. On retiendra que le premier musicien qui concrétisera toutes les caractéristiques de cette musique dans ses compositions et interprétations sera Perez Prado dont on reparlera. Pour lui, le mambo n’est qu’un mot sans signification. Boutade évidemment, le mambo se reconnaît  aisément par ses sections mélodiques se chevauchant en équilibre instable sur une orgie de rythmes, lesquels sont joués devant l’orchestre et non pas derrière comme dans les orchestres swing. Mais il est vrai qu’il est pratiquement impossible de dire quand le mambo a réellement commencé (et quand il finira). C’est le fameux Mambo N°5 de Perez Prado justement qui mar­que en quelque sorte le démarrage “officiel” du mambo, bien qu’il se soit manifesté quelques années plus tôt, dès le milieu des années 40, par pe­tites touches.   D’où vient-il au fait ? Il s’est manifesté progressivement à partir du son que les Américains blancs appellent rumba. Il devient son montuno, genre qui alterne en permanence les harmonies de la dominante et de la tonique, une musique modale en quelque sorte. Les riffs de trompettes et un peu plus tard de saxes se sont alors intensifiés et ont engendré des motifs de plus en plus syncopés. Cette évolution “à la Perez Prado” ne va d’ailleurs pas plaire à tout le monde, certains considérant la nouvelle musique comme une musique cubaine “dénaturée”. Comme dans le jazz quelques années plus tôt, c’est l’éternelle querelle des Anciens et des Modernes !  Vers le milieu et surtout la fin des années 40, il devient évident que les big bands jouent de plus en plus mambo. Qu’ils s’agisse d’orchestres anciens qui se mettent au nouveau rythme ou de nouveaux orchestres, ils vont conquérir les Caraïbes, la Californie, New-York, tous les Etats-Unis, L’Europe et le monde entier. On entre dans la folie du mambo !  

La folie du mambo
Le rythme du mambo est torride avec toutes ces  percussions par-dessus des cuivres qui crachent  littéralement des riffs toujours en équilibre instable, avec questions-réponses entre trompettes et saxophones ! Le mambo en tant que danse est nettement plus érotique que la rumba, qui apparait alors comme une danse bien sage, et pourtant ! C’est sans doute pour cette raison que le mambo va avoir beaucoup de succès auprès des danseurs noirs (ou métis) et aussi auprès de certains blancs. Vadim a d’ailleurs fait danser un mambo à Brigitte Bardot dans le film Et Dieu créa la femme ! Il faut dire qu’on était alors en 1956, c’est-à-dire quelques 10 ans plus tard, le mambo était rentré dans les mœurs, et puis le grand percussioniste cubain Patato Valdes avait montré les pas à la Belle...le veinard ! Un des premiers orchestres annonciateur du mambo – sans toutefois jouer encore dans ce style – est le grand orchestre du Casino de la plage à La Havane (Casino de la Playa Orquesta) dans lequel on trouve deux noms qui vont beaucoup faire parler d’eux : le pianiste est un certain Damaso Perez Prado, encore lui, qui sera connu uniquement par son nom de famille Perez Prado ce qui, on le verra, amènera bien des désagréments au musicien. L’autre nom est celui de Miguelito Valdes, un chanteur qui aura connu tous les meilleurs orchestres latins. On en reparlera aussi. Mentionnons également, à La Havane, le “Tropicana”, un autre endroit où officieront trés tôt des orchestres de mambo.. Si le mambo s’est bien développé à Cuba et au Mexique, c’est à New-York que va se concentrer principalement l’activité, à partir du milieu des années 40. Il y a les orchestres de rumba qui commencent à loucher vers le jazz, comme Machito, José Curbelo, Pupi Campo ou Noro Morales, et qui vont rapidement arriver au mambo, tout naturellement. D’autres orchestres se formeront et commenceront presque tout de suite à jouer du mambo, par exemple Tito Puente, Joe Loco et Tito Rodriguez. Perez Prado comme on verra, animera plutôt le Mexique et la West Coast. Il ne faudra pas oublier non plus les orchestres typiques jouant de la variété latine, rumba, conga ou tango, et qui vont se mettre au mambo car c’est à la mode. Xavier Cugat rentre dans cette catégorie. Si l’on se limite à New-York, un des premiers lieux où se jouera le mambo est “La Conga”, un club situé au milieu de Manhattan, qui deviendra le “China Doll”, lequel changera encore plusieurs fois de nom pour s’appeler finalement le “Birdland”, bien conu des amateurs de jazz. Mais il faut attendre la fin des années 40 pour assister vraiment à l’éclosion de la mambo craze. Jusqu’en 1946, chacun dansait de son côté : Porto-Ricains et cubains allaient au Savoy Ballroom les dimanche après-midi, les autres communautés minoritaires allant ailleurs. En 1946, ouvre le “Alma Dance Studio”, à l’angle de Broadway et de la 53ème Rue.  Tout le monde va se retrouver là pour des séances de musique latine. Noro Moralès, José Curbelo,  Marcellino Guerra et Machito obtiennent un succès énorme et le studio devient le temple du mambo. Max Hyman, un promoteur, le rachète en 1949 et ferme le 1er janvier 1950 pour le remettre à neuf. Réouverture le 17 mars de la même année sous le nom de “Palladium”. 

C’est rapidement une vraie folie, tout le monde veut y aller, qu’il s’agisse des Portoricains de toutes conditions désirant danser au son des orchestres les plus célèbres du moment, des employés de Manhattan désirant s’encanailler au son d’une musique extrêmement syncopée, ou même des personalités du spectacle, des stars de Hollywood, tels Sammy Davis Jr, Marlène Dietrich ou Kim Novak. Le Palladium devient un melting-pot incroyable qui, paraît-il, aura fait beaucoup plus pour l’intégration raciale et sociale que n’importe quelle proposition des sociologues de l’époque ! Les hommes sont en complet-cravate, il y a de super-femmes, et même une école de danse, où les acteurs des comédies musicales de Broadway viennent s’initier aux pas du mambo. Bien que l’on n’y joue que cette musique, beaucoup de musiciens de jazz viennent aussi, tels Cal Tjader et George Shearing. Les orchestres rivalisent de virtuosité, c’est la bataille amicale entre Tito Rodriguez et Tito Puente, celui-ci cherchant alors de plus en plus à introduire le jazz dans sa musique, annonçant le latin-jazz. Si des orchestres tels que ceux de Pupi Campo ou de José Curbelo sont populaires et auront l’occasion de passer au Palladium, trois orchestres vont un peu monopoliser l’endroit et, du même coup, gagner une réputation non seulement locale mais mondiale : Machito, Tito Puente et Tito Rodriguez. Mais il y a deux orchestres encore plus connus que ceux du Palladium, qui évoluent dans d’autres sphères. Le premier est le déjà cité Xavier Cugat qui joue au prestigieux Waldorf Astoria Hotel, presqu’exclusivement pour les Blancs fortunés, et ne fera qu’occasionnellement du mambo. Il y a surtout le “Roi du Mambo”, Perez Prado, dont le fabuleux orchestre se rend célèbre dans le monde entier, car la musique qu’il joue est vraiment “Le Mambo” pur et dur. Comme on le verra, c’est au Mexique, puis en Californie qu’il se produira le plus. On est donc en pleine folie du mambo. L’influence du jazz se fait nettement sentir et, par ricochet, dans toute la musique afro-cubaine. Les grands chefs d’orchestre de mambo vont se trouver – consciemment ou non – des modèles dans l’univers des big bands du jazz et surtout, ils vont faire appel à des musiciens de jazz pour faire des solos, ce qui va évidemment changer le style de la musique. Il n’est pas interdit de penser que le mambo est à l’origine du latin jazz, qui va aller en s’accentuant jusqu’à l’avènement du rock, qui donnera naissance à la salsa. Le mambo va donc être de plus en plus latin-jazz, il va s’écouter autant que servir à danser. Il faut dire aussi que c’est une danse qui demande beaucoup d’énergie. Il est peut-être temps de promouvoir quelque chose d’un peu plus calme et accessible à un plus large public. Que faire ? Eh bien il suffit de ralentir le mambo, et on l’appelle cha-cha-chá, probablement pour imiter le bruit que font les maracas et le guiro lorsque justement le tempo est lent. Le cha-cha-chá obtient un grand succès vers le milieu et la fin des années 50. C’est toujours du mambo, puisque çà descend aussi du son montuno.  Si le mambo est devenu dans les années 50 un phénomène qui dépassait les frontières, non seulement des Caraïbes, mais de toute l’Amérique et, dans une certaine mesure du monde entier, c’est que pour les orchestres les plus réputés, les tournées internationales vont commencer, principalement au Japon. Perez Prado et Tito Puente en seront les principaux bénéficiaires. Si les Porto-Ricains faisaient partie  des premiers musiciens de mambo, en même temps que les Cubains, la contagion va gagner des musiciens qui n’ont pas contribué à la formation du mambo, mais qui vont s’illustrer dans cette musique, tels les Dominicains et les Mexicains, emmenés par Perez Prado. Au milieu des années 50, toutes les Caraïbes espagnoles seront partie prenante !  La folie du mambo aura une fin, comme la folie du swing une vingtaine d’années plus tôt. Le 1er mai 1966, le Palladium ferme ses portes, une belle page de la musique latine se tourne. Que va-t-il se passer ? Au premier abord, rien ; la transition vers une musique moins axée sur les syncopes violentes ou les décalages rythmiques incessants va se faire très en douceur. Le mambo et le cha-cha-chá seront encore joués par de nombreux orchestres jusque dans les années 70, lorsque la salsa aura pris vraiment possession de la musique latino-américaine.  

Mambo et Latin jazz
Le mambo est avant tout une musique de danse, mais une tendance, initiée par Mario Bauza, trompettiste, clarinettiste et compositeur de grand talent, est d’aller plus loin dans l’intégration du jazz dans le mambo pour en faire une musique qui s’écoute, et qui pourrait passer en concert. Il faut dire que Mario Bauza a joué dans les orchestres de Chick Webb et de Cab Calloway au début de sa carrière, et qu’il voudrait bien utiliser l’orchestre de son beau-frère, Machito, pour expérimenter ses idées. Les grands orchestres de mambo ont, dès le début, utilisé des musiciens de jazz dans les sections de souffleurs, car cela améliorait la rigueur et la discipline, et Perez Prado l’avait bien compris entre autres. Mais Mario Bauza pense à utiliser les musiciens de jazz comme solistes : Flip Phillips et Charlie Parker vont ainsi jouer et prendre des solos chez Machito dès 1949.  Parallèllement, Chico O’Farrill, un cubain émigré aux USA, va se spécialiser dans la composition et  l’arrangement pour grands orchestres, utilisant toutes les possibilités offertes par le jazz, mais appliquées au mambo. Les résultats seront trés satisfaisants et, dans certains cas, grandioses.  L’idée va faire son chemin et dans le courant des années 50, d’autres musiciens vont encore s’y mettre, tel Tito Puente. Le latin jazz est ainsi né. C’est toujours du mambo bien sûr, aussi bien pour danser que pour écouter, mais il arrivera un moment où la fusion du jazz et du mambo sera telle que l’on ne parlera plus de mambo mais seulement de latin jazz.  Bien sûr, latin jazz ou pas, le mambo, principalement dans sa période triomphante, se caractérise par d’incessantes questions-réponses fortement syncopées et en équilibre instable entre sections de cuivres et sections de saxes. C’est sa signature ! Ce sont les formations jazz, avec une section rythmique afro-cubaine, qui ignoreront le mambo et feront exclusivement du latin-jazz. Comme les orchestres de jazz de la fin des années 50, ils seront souvent de taille beaucoup plus modeste que les  big bands du fait des difficultés économiques. Enfin le rock fera son apparition, les autres musiques latines, telles celles d’Amérique du Sud, viendront s’inviter dans un joyeux mélange, une véritable sauce, une “hot sauce” comme dira le vibraphoniste Cal  Tjader, une “salsa picante” comme diront les hispano-américains. Le terme est adopté, la salsa est née, mais c’est une autre histoire. Il est temps maintenant de parler des musiciens et orchestres de mambos, en se limitant aux plus connus, illustrés musicalement dans le présent  coffret. 

Perez Prado
A tout Seigneur tout honneur, commençons par le Roi du mambo, “The King of the Mambo”, “El Rey del Mambo” ! Entre 1949 et 1956, Perez Prado a dominé la scène du mambo, bien qu’il ne jouait pas au Palladium. La raison n’en est pas trés claire, peut-être sa musique n’affirmait pas suffisamment les racines africaines de la musique afro-cubaine ? Toujours est-il qu’il n’aura pas eu besoin de cette exposition pour assurer son succés pendant la mambo craze.   Il n’en sera pas toujours ainsi. Dans les années 60, alors que le mambo commence à n’être plus qu’un souvenir, Perez Prado, qui tenait à ne rien jouer d’autre, cèdera progressivement devant ceux qui auront senti le vent tourner, tels Machito et Tito Puente par exemple. Il faut dire que le pauvre n’a pas eu de chance avec son nom. Il s’appelle Damaso Perez Prado mais a supprimé son prénom en 1955 pour ne garder que les noms de son père et de sa mère, ainsi qu’il était d’usage à Cuba. Il a un jeune frère, Pantaleon Perez Prado, qui veut profiter du nom de son frère pour s’imposer. C’est un modeste contrebassiste qui dirige une formation plus réduite que celle de son frère. Il va venir à Paris à la fin des années 50 et l’on annoncera la venue de Perez Prado et son orchestre. Le concert ne laissera aucune impression, et l’on devine ce qui va progressivement se passer : la confusion va s’installer, bien entendu  au détriment de Damaso, le “vrai” Perez Prado ! Après la mort de Pantaleon, en 1983, Damaso va même se faire maltraiter lorsqu’il voudra se présenter le 12 septembre 1987 au “Hollywood Palladium”. On lui dira carrément “Perez Prado est mort, vous n’êtes qu’un imposteur” ! Triste fin de carrière pour un si grand musicien, il faut dire que ses productions des années 70 n’avaient plus qu’un lointain rapport avec son œuvre de la fin des années 40 et du début des années 50. Mais revenons à la grande époque. Les débuts sont trés prometteurs. Perez Prado est né à Matanzas, Cuba, le 11 décembre 1916, et sa carrière musicale va vraiment démarrer en 1942 lorsqu’il devient  pianiste du célèbre “Orquesta Casino de la Playa” à La Havane, en remplacement d’Anselmo Sacassas, dont on reparlera plus loin. Il aime les jam-sessions after hours, il jazzifie la syncope héritée d’Antonio Arcaño, supposé l’inventeur du rythme de mambo, mais notre musicien dira toujours “Le mambo n’est que des rythmes afro-cubains avec un zeste de swing américain” ! Il fonde son grand orchestre, imité des grand orchestres swing, en 1946, et commence les tournées, mais ses conceptions musicales avancées ne rencontrent pas un grand succés, un peu comme Stan Kenton – qu’il admire beaucoup – dans le jazz. C’est en 1948, à Mexico, qu’il est finalement ovationné avec un orchestre à moitié mexicain et le chanteur Beny Moré. Le 8 avril 1950 il démarre au “Margo theater”, où il fera un triomphe. C’est le moment où il compose des morceaux qui vont devenir les plus grands succés du mambo : Que Rico El Mambo, plus connu sous le nom de Mambo Jambo, Mambo N°5 (que l’on peut entendre dans le coffret “Cuba, 1923-1995” FA 157), Mambo N°8, Pianolo, Mambo à la Kenton, Mambo en sax1, Mambo de Chatanooga, Oh Caballo, Al Compas del Mambo, Caballo Negro et bien d’autres. C’est à Mexico que Perez Prado gagne son titre de “King of the Mambo”. Barry Ulanov, le célèbre critique de jazz ira jusqu’à dire “L’orchestre le plus swinguant de notre pays (les Etats-Unis) est en fait à Mexico, et en plus ce n’est pas un orchestre swing mais de mambo. Il est plus excitant que tous les orchestres que j’ai entendus depuis le premier troupeau de Woody  Herman !” Les Californiens sont attirés à Mexico par ce phénomène. Le rythme, l’exotisme, l’aspect un peu “pop” de la musique de Perez Prado étaient irrésistibles, surtout pour les Américains fortunés prêts à danser sur cette si excitante musique, faire honneur au rhum qui coule à flots, et déverser des dollars dans les casinos au milieu des beautés bronzées ! Août 1951, arrivée du “King” à Los Angeles, tout seul. En quelques jours, il forme un orchestre de rêve, Los Angeles regorgeant de bons musiciens latins. Démarrage au “Zenda Ballroom”, salle bondée, énorme succés. Les concerts suivants ne font qu’affirmer ce succès, et son orchestre est déclaré  le plus “electrifying” depuis Woody Herman et Stan Kenton ! Il est alors considéré comme le “Glenn  Miller de Mexico”.

Section de cinq trompettes extrêmement brillante  et section de saxes déjantée sur des rythmes abondants et parfaitement découpés, tel se présentait  l’orchestre, avec en prime les interjections du  maestro – Hough ! – juste dans les silences entre les changements de riffs. Depuis son piano, Perez Prado conduisait l’orchestre de façon impérieuse et magnétique. C’était un vrai “showman”. C’est désormais le Stan Kenton de Mexico, en route pour les U.S.A. et, partout où il passe en Californie, c’est la cohue !  Disons à ce stade qu’il serait réducteur de penser que Perez Prado a copié Stan Kenton. Celui-ci a toujours cherché à mélanger les différentes sections mélodiques (cuivres et saxes) alors que Prado a basé son style sur l’opposition grave-aigu, c’est-à-dire saxes-trompettes, le trombone n’occupant qu’une place secondaire. La force et l’efficacité de ses arrangements firent des jaloux, ce qui peut expliquer qu’il n’ait pas vraiment percé à New-York. En effet, à son arrivée dans cette ville, où les amateurs de mambo ont l’habitude de cotoyer tous les grands musiciens de la diaspora cubaine et porto-ricaine, l’accueil est moins dithyrambique. Bien que son  succés commercial ait dépassé ceux de Tito Puente et Tito Rodriguez, pour n’en citer que deux, le “Barrio” acceptera difficilement que Perez Prado s’intitule lui-même “King of The Mambo”. Et voilà que, lors d’un séjour à Mexico, où il avait eu tant de succés,  il se fait proprement éjecter de la scène où il se  produisait pour être reconduit à l’aéroport manu military, sous le prétexte que son visa est expiré. Cette ténébreuse affaire, qui date de 1953, porte un premier coup à notre maestro. En 1954, il repart de Cuba vers les Etats-Unis, avec comme objectif de promouvoir deux nouvelles danses, des mambos juste un peu modifiés, le “suby” et le “pau-pau”. A cette époque, le mambo marchait encore trés bien. D’ailleurs, Perez Prado fait un malheur en 1955 avec un thême assez saucissonnant joué en mambo, Cerisiers roses et pommiers blancs...pardon, Cherry Pink and Apple Blossom White ! Mais cet air était tiré d’un film, “Underwater”, produit par Howard Hughes et montrant Jane Russell en petite tenue ! Lancé le 5 mars 1955, le morceau atteint la première place le 30 avril, pour y rester dix semaines, et  rester 26 semaines dans la liste des grands succés. C’est le pic pour Perez Prado. Il n’en profitera pourtant pas complètement : le morceau sera baptisé cha-cha-chá par la critique, ce qui ne plaira pas du tout à notre musicien. “Je ne copie pas la musique des autres, le cha-cha-chá n’est pas de moi ; je suis un créateur, ma nouvelle danse, qui ressemble peut-être au cha-cha-chá, est La Culeta.” Certes, la réputation de Perez Prado était telle que cette histoire n’entama pas son succés. Mais il était réticent vis-à-vis du rock & roll naissant, ce qui lui aurait pourtant permis d’anticiper l’arrivée de la salsa d’au moins 10 ans. Il préféra continuer à composer du mambo, et obtint encore un énorme succés avec Patricia en 1958 qui atteignit aussi la première place et resta 21 semaines dans la liste des succés  de la musique pop. C’est à peu prés à ce moment-là que l’épopée Perez Prado prend fin, bien qu’il continuera à jouer jusqu’au bout. Il décèdera le 14 septembre 1989 d’une crise cardiaque, aprés une extraordinaire carrière internationale, surtout pour un orchestre de mambo. 

Machito & Mario Bauza
Machito fait partie des seniors du mambo. Né le  3 décembre 1908, de son vrai nom Francisco Grillo, mais appelé “Macho” par sa mère, puis Machito, il rencontre à 15 ans, donc en 1928, un certain Mario Bauza à La Havane et c’est avec ce dernier que sa  carrière va prendre forme. Bauza est né le 28 avril 1911 et, après avoir, avec son compère, joué dans des orchestres de son, part à New-York avec  l’orchestre de charangua de Mario-Antonio Romeu et tombe sous le charme de Frankie Trumbauer, le fameux saxo blanc qui influença Lester Young. Il se met au saxo-alto et s’installe dans “El Barrio”. Il apprend la trompette, joue avec Antonio Machin puis rentre en 1933 dans l’orchestre jazz du batteur Chick Webb, dont il devient premier trompette et directeur musical. En 1936, il épouse Estella, une des sœurs de Machito et bientôt le destin va rapprocher les deux musiciens. Pendant que Bauza entre chez Cab Calloway, où il va faire la connaissance de Dizzy Gillespie, Machito débarque à New-York en 1937. Il est tour à tour chanteur chez Noro Morales, Augusto Cohen, Alberto Iznaga et Xavier Cugat. En juillet 1940, il fonde un orchestre, où il officie aux maracas, dont il avait appris à jouer auprès de Champito, le grand maraquero de Cuba. En janvier 1941, Mario Bauza arrive pour prendre la direction musicale de la formation, qui va s’inspirer fortement des grands orches­tres de jazz américains, avec des percussions latines à la place de la batterie. Premier disque en 1941-42 pour Decca sous le nom de “Machi­to & his Afro-Cubans”. En 1942, Bauza engage une belle section rythmique cubaine : Tito Puente (19 ans !) aux timbales, José Mangual aux bongos et Pulidor Allende aux congas. Démarrage à “La Conga”, c’est une première pour un orchestre latin de couleur, Miguelito Valdes vient chanter, c’est le grand départ. C’est aussi la guerre, Machito est mobilisé. A son retour, Mario Bauza a l’idée de jam-sessions de jazz afro-cubain : c’est le tout début du latin jazz. Il compose dans cet esprit Tanga, morceau qui enthousiasme Dizzy Gillespie et devient l’indicatif de l’orchestre. Il passe à la radio WOR, et le monde entier découvre en même temps le mambo et le latin jazz ! Ce n’est pas tout ; en 1945 le pianiste René Hernandez, bon connaisseur des big bands (il vient de chez Julio Cueva) et excellent arrangeur, rentre dans l’orchestre et va lui donner ce son qui va faire le succès de l’orchestre de Machito.  Le mambo et le latin jazz vont prendre forme lors du déplacement de l’orchestre de Machito en Californie, au club “Brazil” de Los Angeles pour être précis. Stan Kenton découvre cette musique, est séduit par Tanga et va essayer de mettre en pratique cette fusion du jazz et de la musique latine. On connait Machito (13 janvier 1947), puis The Peanut Vendor, 23°N-82°W (1952) et l’album "Cuban Fire" (1956). Machito revient à New-York à La Conga, qui devient le China Doll. Il va maintenant se produire dans le circuit  des clubs de jazz, Mario Bauza vient de quitter  l’orchestre, son influence aura été primordiale dans la carrière de Machito et dans l’éclosion du latin jazz sur le ferment du mambo. 

Le disc-jokey Fred Robbins va accélérer le développement de ce qu’on appelle alors l’Afro-cuban jazz, en diffusant l’orchestre Machito sur les ondes, en particulier le concert à Town Hall du 24 janvier 1948. Commencent alors les enregistrements de mambos avec solistes de jazz : No Noise avec Char­lie Parker et Flip Phillips (voir “Roots of Mambo”,  FA 5128), Tanga avec Flip Phillips seul. L’orchestre se produit à l’“Apollo” de Harlem avec Howard McGhee et Brew Moore et fait un tabac avec un nouvel arrangement de Tanga, qui est enregistré par l’orchestre sous le nom de “Howard McGhee & his Afro-Cuboppers”. Le morceau est rebaptisé pour l’occasion Cubop City. Le “Cubop” est né ! Tanga sera enregistré plusieurs fois en décembre 1948, une interprétation sortira dans un coffret de jazz “The Jazz Scene” avec Flip Phillips au ténor, une autre en deux parties ne comprendra pas de soliste de jazz (elle se trouve dans le présent recueil). Le  11 février 1949, concert à Carnegie Hall avec Duke Ellington, Charlie Parker, Coleman Hawkins et Machito ! Et puis il y aura le Royal Roost en 1949,  le Birdland en 1950, avec Zoot Sims en invité et, consécration, le Palladium. Le mambo, le latin-jazz...pardon le cubop sont entre de bonnes mains  et le resteront jusqu’à la disparition de Machito le  15 avril 1984. En 1975, celui-ci se décide à venir en Europe où il fait un triomphe, on le verra encore à Nice en 1982, à la “Grande Parade du Jazz”. Entre temps, Mario Bauza aura fait passer dans l’orchestre de mambo de Machito une impressionnante bro­chette de solistes de jazz : en plus des musiciens  précités, il y eut Dexter Gordon, Lee Könitz, Sonny Stitt, Johnny Griffin, Doc Cheatham, Joe Newman, Harry Edison, Dizzy Gillespie, Jon Faddis, Cannonball Adderley, Curtis Fuller, Lew Soloff, Herbie Mann  et quelques autres. Bauza fut l’inspirateur de Dizzy Gillespie, Stan Kenton et Art Blakey. Il survivra à son beau-frère et fondera encore des orchestres jusqu’à sa disparition le 11 juillet 1993 à New-York.   

Tito Puente
Tito Puente est un des plus connus parmi les musiciens afro-cubains. Il y a une vingtaine d’années, on pouvait encore le voir à la “Grande Parade du Jazz” à Nice avec, derrière lui une carrière de 45 ans dont presque 40 comme leader. Multi-instrumentiste, compositeur, arrangeur de grand talent, il sut aussi faire passer le mambo de son rôle de musique de danse à celui de latin-jazz. Né le 20 avril 1923 dans “El Barrio”, c’est-à-dire “Spanish Harlem”, au nord de Manhattan, de parents porto-ricains, il devient professionel à 16 ans, et démarre comme batteur dans un orchestre dont le pianiste est José Curbelo, qui devient son mentor. Son modèle est alors Machito, déjà trés lancé. Il va d’ailleurs être engagé dans son orchestre, après avoir joué chez Anselmo Sacassas, Vincent Lopez et Noro Morales. Aprés la guerre, que Tito passe dans la Marine, il rentre dans l’orchestre de José Curbelo, qui fait les beaux soirs du "China Doll" à Manhattan. Il passe ensuite chez Pupi Campo, qui possède aussi un orchestre exemplaire dont il devient le directeur musical, et se lie d’amitié avec le pianiste Joe Loco, qui deviendra lui aussi trés connu. Il rentre à la Juilliard school pour se perfectionner en compo­sition et arrangement et apprend le vibraphone. En 1948, alors que la grande période du mambo commence, Tito fonde son orchestre “Tito Puente & his Piccadilly Boys”, et démarre au “El Patio Club”  à Atlanta beach dans le New-Jersey. C’était un Conjunto, c’est-à-dire trompettes et rythmes, sans saxes. Le trompettiste Mario Bauza et le chanteur Miguelito Valdes font partie de la formation. Tito enregistre fin 1949 un de ses plus grands succés, Abaniquito, où l’on entend un magnifique solo de trompette latine par Mario Bauza (on peut entendre ce morceau dans “Cuba, 1923-1995”, FA 157). Les choses vont aller de plus en plus fort et c’est un orchestre de 16 musiciens qui va faire les beaux soirs du Palladium, en alternance avec Machito, Tito Rodriguez et quelques autres. Fasciné par le jazz, il va être un promoteur du latin-jazz, que Machito et Mario Bauza ont déjà expérimenté, et ceci toujours en pleine folie du mambo, qui s’enrichit de cet apport. Ceci va permettre à notre timbalero de passer de la petite marque de disques “Tico” à la grande maison RCA. Les dirigeants se laissent apprivoiser par cette musique plus élaborée que le strict mambo originel. Le temps passe et arrive le cha-cha-chá, qui revient un peu aux accents du son montuno, qui était à la base du mambo. Tito devient “King of Latin Jazz”. Lorsque la mambo craze prendra fin, à la ferme­ture du Palladium, notre musicien traversera sans en­combre des périodes moins fastes. Il se produira en Europe et au Japon. Le 4 août 1990, Hollywood lui consacre une étoile sur le fameux “Hollywood Walk Of Fame”. Il joue à la Maison Blanche et reçoit  la “National Medal of the Arts” de la main de Bill  Clinton. Il s’éteint le 31 mai 2000, à l’âge de 77 ans, laissant à la postérité 500 compositions et 116 disques ! 

Les autres orchestres du Palladium
Au Palladium, la bataille faisait rage, principalement entre trois orchestres, celui de Machito, connu depuis les années 30, celui plus récent de Tito Puente, et celui d’un rival et néanmoins ami de Tito Puente, le chanteur Tito Rodriguez, de son vrai nom Pablo Rodriguez. Etonnant qu’un chanteur puisse être le chef d’un magnifique orchestre de mambo, qui interprète de nombreux morceaux instrumentaux, mais c’est ainsi ! Né le 4 janvier 1923, il fait ses débuts en 1939 dans le “Conjunto Siboney”  de son frère Johnny comme chanteur et joueur  de maracas. En 1942, il prend brièvement la suite  de Miguelito Valdes comme chanteur chez Xavier Cugat. Après son retour de l’armée, il est chez Noro Morales, puis chez José Curbelo en 1946. Après quelques années de tâtonnements, il fonde un conjunto “Tito Rodriguez y sus Lobos del Mambo” au moment où Perez Prado sort son Mambo N°5. Il ajoute bientôt une section de saxes, et devient un des plus beaux big bands de la période du Palladium. Les arrangements des pianistes Gilberto Lopez et René Hernandez, ainsi que les compositions de Chico O’Farrill n’y sont pas pour rien. Comme Machito et Tito Puente, il utilisera volontiers des solistes de jazz. Il donnera un concert mémorable au Birdland au printemps 1963, où l’on pourra entendre Zoot Sims, Al Cohn, Clark Terry et Bob Brookmeyer ! Las Vegas, Miami, Porto-Rico verront son orchestre, et les enregistrements seront nombreux. Tito Rodriguez meurt trop tôt de leucémie en février 1973. Si les trois orchestres précédents ont monopolisé  l’attention au Palladium, cherchant à se surpasser et à surpasser les autres, d’autres orchestres ont joué dans le temple du mambo, mais se sont trouvés moins médiatisés malgré leurs grands talents.  Né en 1918 à La Havane, ayant démarré le piano à  8 ans, José Curbelo fait ses débuts professionnels à 16 ans, collabore au lancement du fameux “Havana Riverside Orchestra” et arrive à New-York le 17 mai 1939. Il fait la connaissance de Tito Puente, déjà excellent timbalero à 16 ans. Ils sont engagés tous les deux au “Miami’s Brook Club”, et deviendront de vrais amis. Après quelque temps chez Xavier Cugat, il fonde son orchestre en 1942 et se trouve engagé à La Conga, un des plus populaires parmi les clubs latino-américains. Le fait de jouer dans ce club en alternance avec Machito lui ouvre les yeux, il change son style un peu straight en un style afro-cubain plus hot. En 1946, son orchestre comprend le chanteur Tito Rodriguez et Tito Puente aux timbales. Il est alors engagé au club China Doll, qui n’est autre que l’ancien La Conga ! Sa popularité augmente, il joue  au Palladium, mais en 1959, il arrête de diriger  un orchestre et fonde une agence pour assurer les engagements des orchestres de ses amis. Il quitte New-York pour Miami en 1976 et s’y trouve toujours aujourd’hui (2007) où, à presque 90 ans, il coule une paisible retraite.  Grand admirateur de Stan Kenton, Pupi Campo fonde son orchestre en 1948, avec un certain nombre de musiciens américains familiers des big bands, tels que le saxophoniste Frank Socolow et le tromboniste et trompette-basse Johnny Mandel, qui va arranger pour l’orchestre ainsi que le pianiste Joe Loco et Tito Puente, qui sera le directeur musical. Il aimait interpréter des airs de jazz en mambos, un petit début de latin-jazz. Il connaîtra les tout débuts du Palladium mais il ne consolidera pas son succés. Il fut marié plusieurs fois, dont une avec Betty  Clooney, la sœur de Rosemarie Clooney. La légende veut qu’il meure tôt en dansant devant son orchestre avec une belle blonde ! En réalité, il était encore en vie en juin 2006.  

Noro Morales
Quand commença la vogue du mambo, Noro Morales n’était plus un bizuth dans l’arène afro-cubaine. Né à Porto-Rico le 4 janvier 1911, il avait déjà abondamment joué, d’abord à Caracas pour le dictateur Gomez et, après être parti pour New-York, avait fondé son premier orchestre de rumba en 1937. A Harlem, juste avant la guerre, il était devenu le roi de la rumba, à égalité avec Xavier Cugat et le récent orchestre de Machito. Le “maestro”, comme on l’appelait parfois, voulait passer pour Le Duke Ellington latino-américain pas moins ! En 1947, il avait déjà joué dans les grands clubs New-Yorkais, comme le “El Morocco”, le “Café Society”, “La Conga”, et passa même au fameux “Glen Island Casino”. Excellent pianiste et compositeur, les divers orchestres qu’il dirigea égalaient en niveau de qualité ceux des musiciens cités plus haut. D’ailleurs, il était très apprécié des “Latinos” de New-York, où il fit tout le reste de sa carrière. Quand il passait au “China Doll” ou dans un autre club où jouaient aussi les orchestres de Pupi Campo, de Tito Puente ou de Tito Rodriguez, les musiciens de ces orchestres se massaient devant la scène pour voir et écouter Noro Moralès ! Pour lui, la distinction entre rumba et mambo était incertaine, mais il tint parfaitement sa place à l’“Alma Dance  Studio” (l’ancêtre du Palladium) au milieu de ses cadets. Comme eux, il sacrifia progressivement au latin-jazz et, en 1956, il était presque plus jazz que mambo, au même titre que Tito Puente. Sa popularité diminua lorsqu’il devint trop commercial pour plaire à un public différent des Latinos. Il se retira en 1961 à Porto-Rico, où il décéda en 1964, à 53 ans.  

“Chico” O’Farrill
Né à La Havane le 28 octobre 1921, Arturo “Chico” O’Farrill a bien dirigé des orchestres de mambo, mais ce n’est pas seulement pour cette raison qu’il est passé à la postérité, pas plus d’ailleurs pour la musique cubaine que pour le jazz et même la musique classique moderne. C’est que, cubain d’origine et trompettiste, sa grande préoccupation était de combiner les rythmes cubains avec le jazz moderne (des années 50), comme Machito et Mario Bauza  et aussi dans une certaine mesure comme Dizzy  Gillespie et Chano Pozo. Il avait déjà une solide expérience de l’arrangement pour grand orchestre, acquise avec Benny Goodman (Undercurrent blues), Stan Kenton (Cuban Episode), Dizzy Gillespie (Carambola, et surtout Manteca Suite) et plus tard Count Basie et Clark Terry (Spanish Rice). Norman Granz va lui donner carte blanche pour enregistrer la musique qu’il désire, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il va en profiter à fond. Ses Afro-Cuban Jazz suites, plus ambitieuses que le simple mambo, seront enregistrées l’une par le big band de Machito augmenté de musiciens de jazz (Flip Phillips et Charlie Parker principalement), l’autre par un orchestre placé sous sa direction, et vont le propulser au niveau des grands musiciens du milieu du 20ème siècle. Mais bien sûr, il était trés capable de faire d’excellent mambos, des mambos à écouter, des mambos de grand musicien. Chico O’Farrill retournera à Cuba ainsi qu’au Mexique et continuera d’approfondir  ses recherches pour combiner le jazz et la musique classique avec les rythmes cubains jusqu’à sa dis­parition le 27 juin 2001. The Aztec Suite (pour Art  Farmer), puis Three Afro-Cuban Jazz Moods et Pure Emotion sous son nom attestent de son activité prolongée dans ce domaine. Une grande carrière que Wynton Marsalis reconnaîtra de nombreuses années plus tard ! 

Les autres orchestres aux États-Unis
Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur l’orchestre de Xavier Cugat, immensément connu comme un orchestre de rumba pour les danseurs blancs du monde entier, mais pas comme un orchestre de mambo. Oui mais il savait jouer tout ce qui était à la mode, et au cours des années 50, il sut interpréter le mambo, à sa manière évidemment. La plupart de ses musiciens, et spécialement ses rythmiciens, étaient cubains ou apparentés, mais c’est vrai que ses interprétations sont moins afro-cubaines, plus “commerciales” comme diraient les puristes, bien que le terme soit impropre car tous les orchestres connus sont par force commerciaux. Mais s’ils ne sont pas trés authentiques, un peu Hollywoodiens ou adaptés au public blanc du Waldorf-Astoria, les mambos de Xavier Cugat sont divertissants, intéressants même à écouter, et il ne fallait pas les oublier.  Revenons aux orchestres purement afro-cubains : Anselmo Sacassas est né le 23 novembre 1912 dans l’est de Cuba. Il apprend le piano et commence dans les orchestres de charanga, ce qui n’allait pas sans problèmes, car les musiciens étaient de couleur et lui était blanc ! Mais son talent eut raison des réserves. Il joua successivement dans l’orchestre de charanga de Tata Pereira, puis chez les “Hermanos Castro”, alors trés populaires. En 1937, il forme avec Miguelito Valdes le déjà nommé et célèbre “Orquesta Casino de la Playa” de La Havane, qui va faire sensation, non seulement à Cuba, mais dans toute l’Amérique latine. A la suite de petits problèmes avec la direction du casino, Sacassas part en 1940 pour New-York avec Valdes, qui va de suite rentrer comme chanteur chez Xavier Cugat, au Waldorf-Astoria. Quant à Sacassas, il forme un orchestre dont le drummer et joueur de timbales n’est autre que le jeune Tito Puente, qui n’a que 16 ans. Il parcourt les Etats-Unis et utilise d’excellents musiciens, tels que le trompettiste Walfredo de los Reyes et les chanteurs “Cuso” Mendoza et Bobby Ramos, un ancien de chez José Curbelo. En 1951, il quitte l’orchestre et se consacre à l’animation de programmes de variétés à Miami. Après un séjour à Porto-Rico comme directeur de club, il revient prendre sa retraite à Miami, où il décède en 1998. 

Il est difficile de savoir si Ruben Calzado était basé aux Etats-Unis ou à Cuba. En fait, il a passé, dans les années 50 et 60, une bonne partie de sa carrière en France où il eut l’occasion d’enregistrer. Ne pas confondre avec Rudy Calzado, de 13 ans son cadet, qui dirigea le big band de Mario Bauza aprés la mort de celui-ci jusqu’en 2002, date à laquelle il décéda après une vie musicale bien chargée. Tito Rivera est presqu’inconnu, sans doute du fait qu’il séjournait surtout sur la côte ouest des Etats-Unis où il se passait moins de chose qu’à New-York. Pourtant, en 1956, il eut comme pianiste le colombien Al Escobar, qui venait de New-York où il avait joué avec Pupi Campo. Quelques documents existent, de l’excellent mambo joué par un conjunto, c’est- à-dire sans section de saxes. On pourrait citer encore les orchestres de Jack Costanzo, qui venait du jazz, de Luis Arcaraz, qui venait du Mexique, d’ Al Escobar, qui venait de Colombie, de Cesar Conception, Marcelino Guerra, Damiron et Facundo Rivero qui participèrent en 1954 à une grande tournée dans tous les Etats-Unis appelée "Mambo USA". Mentionnons aussi le pianiste et compositeur René Touzet, né à La Havane. Il étudia la musique à Cuba avec Joachim Nin, puis aux Etats-Unis avec Castelnovo-Tedesco. Aprés des débuts  au “Grand National Casino” de La Havane avec  un orchestre de 16 musiciens, il débarque en 1946 aux Etats-Unis et joue chez Enric Madriguera, un orchestre dans le style Xavier Cugat. Mais c’est en 1947 qu’il fonde un vrai orchestre de mambo qui comprendra des souffleurs de chez Stan Kenton et jouera à l’“Avadon Ballroom” de Los Angeles, où il sera remarqué par Gene Norman qui l’enregistrera de nombreuses fois à partir de 1957.  Parmi les orchestres ayant fait leur apparition trop tard pour figurer ici, citons les orchestres de George Hernandez (cubain d’origine) qui se produisait sur la côte ouest des Etats-Unis, ainsi que de René Bloch, ancien de Charlie Barnet et de Perez Prado.   

Les orchestres restés à La Havane et dans les Caraïbes
Le trompettiste Julio Cueva, né le 12 avril 1897, est un vieux de la vieille qui joua dans les orchestres de rumba Hermanos Palau, Moïses Simon et Don Aspiazu au début des années 30. Après quelques pérégrinations en Europe, il retourna à Cuba et fonda son propre orchestre en 1942, mais c’était trop tôt pour le mambo, bien qu’il puisse être considéré comme un ancêtre de cette musique. Même chose pour Mariano Merceron, né le 19 avril 1905, qui fonda son premier orchestre en 1932 dans son pays, à l’est de l’île de Cuba. En 1940, l’orches­tre, appelé alors “Mariano Merceron y sus Muchachos Pimienta” part pour La Havane et joue au “El Patio restaurant”. Il arrêtera son grand orchestre en 1946, mais restera actif, d’abord au Mexique où il accompagnera Beny Moré, le grand chanteur cubain alors à ses débuts. Il retrouvera d’ailleurs Beny Moré à Cuba quelques années plus tard. Il était encore actif lorsque la mort le surpris le 26 décembre 1974.  Justement présentons Beny Moré, qui a surtout chanté avec les plus grands orchestres, tels que Perez Prado, Rafaël De Paz, Chucho Rodriguez, Ernesto Duarte, la liste n’est pas limitative. Mais comme Tito Rodriguez, il avait son propre big band “Beny Moré Y Su Orquesta Gigante De Estrellas Cubanas”. Si Miguelito Valdes peut être considéré comme un des grands chanteurs au début de l’ère du mambo, Beny Moré représente, avec Tito Rodriguez, le parangon du chanteur au pic de la mambo craze.  L’“Orquesta Havana Riverside” est lui aussi un or­chestre précurseur du mambo. Il démarre en 1938, avec des musiciens qui vont faire parler d’eux plus tard, tels José Curbelo et Miguelito Valdes. Mais c’est plus de dix ans plus tard, en 1953-1954, que l’orchestre, qui s’appelle alors simplement Orquesta Riverside, placé sous la direction de Pedro Vila, un ancien de chez René Touzet, interpréte de vrais mambos sans influence particulière du latin-jazz. Cet orchestre joue alors au “Tropicana” de La Havane, un des endroits les plus recherchés. Il sera considéré comme une des meilleures formations du pays. Le pianiste et arrangeur Pedro Justiz, un ancien de chez “Chepin-Choven”, et plus connu sous le nom de “Peruchin”, était pour beaucoup dans le succès de l’orchestre. Celui-ci continua jusque dans les années 60, avec différents leaders peu connus. L’Orquesta Tropical était une dénomination fourre-tout qui cachait des formations quelquefois connues comme Tito Puente ou Tito Rodriguez. Mais dans certains cas, le mystère subsistait, et pourtant il jouait de manière convaincante, comme on peut le constater dans la sélection de ce coffret. L’orchestre cubain de Garcia Pastor est lui aussi une énigme, aucune information concernant cet ensemble n’ayant pu être trouvée. Le cubain Obdulio Morales, pianiste, compositeur, chef d’orchestre et musicologue, fut le premier musicien à avoir utilisé de la musique liturgique africaine pour jouer des mambos. Il a beaucoup contribué à la définition de cette musique. Il participa comme pianiste aux “Guaracheros de Oriente” de Ñico Saquito avant de former son propre big band qui sera l’orchestre attitré de la brasserie “La Polar” au tout début des années 50. Mentionnons encore l’orchestre d’Ismaël Diaz au Mexique, ainsi que l’orchestre “Tumbao Cubano”, un all-stars avec arrangements de Chico O’Farrill et René Hernandez, dont les enregistrements sont trop récents pour figurer ici.   

Les orchestres de jazz qui se sont essayés au mambo
Le premier exemple qui vient à l’esprit est l’orchestre de Dizzy Gillespie à la fin des années 40. Mario Bauza (encore lui !) était un ami de Dizzy Gillespie qu’il avait rencontré dans l’orchestre de Cab Calloway, et quand le trompettiste fit savoir qu’il avait grande envie de jouer avec des rythmes afro-cubains, il lui présenta un extraordinaire joueur de conga, Chano Pozo, qui enflamma l’orchestre dans des compositions faites pour lui, en particulier Cubana Be Cubana Bop, et Manteca, sa propre composition. Le public de la Salle Pleyel en février 1948 n’est pas prêt d’oublier cette extraordinaire apparition !  Mais peut-on parler de mambo à ce sujet ?  L’orchestre de Dizzy était un orchestre de jazz, avec parfois des rythmes latins superposés. Il s’agissait plus en fait d’un latin-jazz débutant. La parenthèse Gillespie restera mémorable mais sans qu’elle s’inscrive dans le grand courant du mambo. Quelques autres grands orchestres noirs ont aussi flirté avec le mambo, tels Count Basie ou Gerald Wilson, mais cela restera marginal. On peut se référer avec profit au coffret “The Roots of Mambo 1930-1950”  (FA 5128) A mentionner, au moins pour mémoire, que quelques orchestres swing blancs parmi les plus modernes ont aussi été tentés par le mambo. Mais il y avait une raison commerciale : ces orchestres, au début des années 50, faisaient encore danser les Américains, même s’ils faisaient déjà surtout des concerts et des disques. C’est ainsi que Woody Herman, Stan Kenton, Claude Thornhill, Billy May, Sonny Burke et Shorty Rogers, pour ne citer que les plus importants, ont eu quelques mambos dans leur répertoire, mais, même s’ils étaient très bien interprétés, on restait loin du vrai orchestre de mambo, toujours animés par des musiciens latins.  

Les orchestres européens
Plus intéressantes semblent les expériences de mambo effectuées par des musiciens latins établis en Europe. A la fin des années 40, ou plutôt au début des années 50, un mouvement s’est produit, en Grande-Bretagne avec Edmundo Ros, initialement joueur de samba, mais reconverti un temps au mambo, et surtout en France, où cette musique rencontra un succés certain pour danser. Les disques constituaient évidemment la possibilité principale d’écouter et de danser sur le mambo, mais des orchestres d’excellente tenue se sont constitués et ont fait la joie des amateurs, qui allaient apprendre les éléments de cette danse dans les cours qui fleurissaient à l’époque. En juillet-août 1951, Sidney Bechet jouait au “Vieux Colombier” de Juan-les-Pins sur la côte d’azur. En alternance, le public (et l’auteur de ces lignes) ont fait connaissance d’un des tout premiers groupes de mambo en France, “Benny Bennett et son sextette typiquement cubain”. Ce n’était pas encore un big band, mais c’est arrivé peu de temps après. Benny Bennett était un percussionniste sud-américain et son orchestre n’avait pas grand’chose à envier à celui d’orchestres purement cubains. S’il interprétait des morceaux empruntés à Perez Prado, il jouait aussi des originaux et, compte tenu de son activité jazzistique, s’investira dans le latin-jazz à ses débuts.  Henri Rossotti n’est pas cubain, mais il est emballé par la musique des Lecuona Cuban Boys et il décide de se consacrer à la musique latine alors trés en vogue grâce à Xavier Cugat. Il regroupe une pléïade de musiciens qui ont tous envie de jouer des sambas, des rumbas, des mambos et des cha-cha-chá. On se croirait presqu’à Cuba ! En 1951, le percussioniste cubain Umberto Canto rentre dans l’orchestre, c’est parti pour le mambo, le succés est garanti.   Eddie Warner n’était pas non plus cubain, mais il commença trés tôt à jouer de la musique latine et, de ce fait, n’eut aucun mal à se mettre tout naturellement au mambo. En 1950, il étoffe sa formation qui comprend 17 musiciens et s’appelle “Eddie Warner et sa musique tropicale”, les percussionistes étant cubains. Citons encore “Henri Leca & son ensemble typique” qui interpréta beaucoup de mambos, le “mini-big band” du contrebassiste Lorenzo Jova, venu du jazz, et le Rico’s Creole band, orchestre antillais qui, vers le milieu des années 50, devint un trés bel orchestre de mambo de 15 musiciens2. Un peu plus tard, on aura pu entendre le grand orchestre de Claude “Dino” Cagnasso, capable aussi bien de jouer du jazz que du mambo. Bien sûr, tous les orchestres de danse des années 40 et 50, y compris les orchestres swing comme ceux d’Aimé Barelli, d’Alix Combelle, de Noël Chiboust ou de Gerry Mengo, interprétèrent des mambos, mais cela sort du cadre du présent  coffret. On trouvera plus de détails sur le mambo en France dans le coffret “Mambo à Paris”, FA 5132.  

Une musique dont le souvenir est en voie de disparition
Le mambo a-t-il survécu à la seconde moitié du 20ème siécle ? La réponse est non, sans ambiguïté. Il fut principalement considéré comme une musique de danse qui fut à la mode dans les années 50 et encore un peu dans les années 60, mais le souvenir est irrémédiablement indirect. Ce qu’on appelle la salsa actuellement, et qui semble avoir la vie dure car c’est autant une musique qui s’écoute qu’une mu­sique de danse, constitue maintenant la mémoire collective du mambo. Faire entendre le mambo par les temps qui courent était un pari. Alors, si le présent coffret peut raviver un peu les mémoires chancelantes ou, pour les plus jeunes, constituer un témoignage d’une musique passée, alors le pari aura été réussi ! 

Quelques remarques sur la sélection proposée
C’est l’ordre chronologique qui a été choisi pour le présent recueil, afin de bien montrer l’évolution des styles au cours du temps. Tous les morceaux ont été, lorsque nécessaire, remis à leur tonalité d’origine. Suivant les marques de disques et les années, la qualité sonore peut varier, le maximum a été fait pour homogénéiser l’ensemble, l’intérêt musical ayant constitué le premier critère de sélection des interprétations.  Comme on l’a dit, le mambo est une musique torride, et pour le démontrer, on a choisi en majorité des morceaux plutôt hot ! C’est José Curbelo qui ouvre la sélection en 1946, probablement un des premiers enregistrements de mambo à New-York. C’est vrai qu’il y en a eu avant 1946, mais c’étaient plutôt des son montunos, les vrais ancêtres du mambo. La majorité des enregistrements des grands orchestres les plus réputés ont eu lieu entre 1948 et 1954, quand la vague du mambo a déferlé. Exception pour Tito Rodriguez, dont les meilleurs moments sont postérieurs à 1958 et ne peuvent donc être présentés dans ce coffret, mais il y a de bonnes choses avant, comme on peut le constater.  On notera que la composition de Perez Prado intitulée Mambo à la Kenton utilise l’introduction et le thème à peine déguisé de Southern Scandal de Stan Kenton justement, avec un pont emprunté au Ray’s Idea de Gil Fuller.  La version de Tanga, en deux parties, appartient à la première séance de Machito pour Norman Granz. Deux des morceaux les plus célèbres de Perez Prado sont Mambo Jambo et Mambo N°5. Ce musicien ayant composé beaucoup d’excellents titres, l’interprétation de ces deux thêmes a été confiée à l’Orquesta Tropical, quasiment inconnu, mais qui en donne des versions très convaincantes.   A l’exception du morceau d’Henri Rossotti, les disques 78 tours "Riviera" présentés dans ce coffret sont très vraisemblablement des enregistrements “Tico”. Le disque de Ruben Calzado, édité sur disque Columbia français et portant un numéro  de matrice français a été enregistré à Paris. Bien  qu’il n’ait pas été possible de présenter l’orchestre d’Obdulio Morales, une de ses compositions, Mambo en Fa, a été sélectionnée, elle est interprétée par l’orchestre d’Henri Rossoti.  En écoutant toutes ces formations, certains, au hasard des plages, reconnaîtront Manuel de Falla et Edward Grieg, n’en disons pas plus !  On s’étonnera peut-être de n’entendre que peu de cha-cha-chá dans ce panorama. C’est que la plupart d’entre eux rappellent plutôt les danses du Club Méditerranée sur la plage dans les années 50 ! C’est bien, mais ce n’est pas tout à fait ce que l’on a voulu présenter.  C’est Tito Puente qui ferme le ban en 1957 avec  un mambo qui. annonce de façon peut-être encore lointaine mais déjà décisive l’ère de la salsa, qui continue encore aujourd’hui. Allez, il est peut-être temps maintenant de se pré­parer un bon planteur3 !
Pierre CARLU
© 2009 Frémeaux & Associés

1 Les noms et titres en caractères gras dans le texte du livret concernent les musiciens et les morceaux présents dans les deux CDs
2 L’auteur de ces lignes a pu apprécier cet orchestre au “Boom HEC” de 1956.
3 Mais pas deux ! A consommer avec modération. Par contre, la musique peut être consommée sans modération.....si les voisins sont d’accord ! 

english notes
The origins of Mambo
In Cuba, the liberation of black slaves modified the traditional Cuban music with the addition of African drums.  This marked the beginning of Afro-Cuban music which still exists today, though adopting various forms according the period.  It was more or less the same tale in the southern parts of the US, where European dances and music were altered, giving birth of the ragtime, and then the New Orleans sounds soon to be known as jazz. Afro-Cuban music is very permeable, being influenced, in particular by jazz and principally for the Latin musicians living in New York.  They began by adding several trumpets to the Cuban rhythms, and this was followed by sax sections appending the orchestras and finally orchestras appeared greatly resembling those of Glenn Miller or Tommy Dorsey but boasting a much more developed rhythm section.  Mambo was on the horizon. Again like jazz, the outlines of mambo are indistinct.  Many wanted to prove that they sparked its origins and musicologists added to the general confusion.  But the first musician to concretize all characteristics of the genre in his compositions and interpretations was Perez Prado.  However it is impossible to precise when exactly the mambo began and indeed, when it will finish.  Perez Prado’s famous Mambo N° 5 marks the official opening of the genre in a certain way, although there were previous glimpses in the mid- forties. But what were its exact origins?  It progressively grew from the son which the white Americans call rumba.  It then became the son montuno and its riffs and syncopation increased in intensity.  But obviously this “Perez Prado” style of evolution did not please everyone. From the mid to late forties big bands adopted the mambo more and more.  They conquered the Caribbean, the entire USA and the rest of the world.  The craze had begun! Indeed, the mambo was also an erotic dance, more so than the rumba, as shown by Brigitte Bardot in “God created Woman”.  One of the first orchestras to herald the mambo was the band from the Casino de la Playa Orquesta which comprised two outstanding members – pianist Damaso Perez Prado and singer Miguelito Valdes.  Havana’s “Tropicana” was also one of the first to bill mambo bands.  But whereas it developed in Cuba and Mexico, its main activity was to be in New York as from the mid-forties.  The rumba orchestras were beginning to lean towards jazz – such as Machito, José Curbelo, Pupi Campo and Noro Morales – and they obviously sent onto mambo.  Other bands were created and almost immediately debuted with mambo, for example those of Tito Puente, Joe Loco and Tito Rodriguez.  Perez Prado was to play mainly in Mexico and on the West Coast.  And then there were the typical orchestras interpreting Latin variety music and which were to adopt mambo as it was all the rage. The most famous was Xavier Cugat’s 

The Mambo Craze
In New York, one of the first mambo venues was “La Conga” which became the “China Doll” and, after other changes of name, was finally known as “Birdland”.  However, the Mambo Craze truly came about in the late forties.  The “Alma Dance Studio” became the temple of mambo, which was refurbished in 1950 to become the “Palladium” – an incredible melting pot attracting people from all walks of life.  Many bands were billed at the “Palladium” but three orchestras in particular performed there, gaining international repute:  Machito, Tito Puente and Tito Rodriguez. Yet two other bands were even better-known – Xavier Cugat playing at the prestigious Waldorf Astoria Hotel, mainly for wealthy white audiences and, the “King of Mambo” Perez Prado with his pure mambo.  Increasingly, mambo was becoming Latin jazz.  The dance called for much energy, but when slowed down  it became the cha-cha-chá.  As it stemmed from the son montuno, it is still classed as mambo.  The mambo craze came to an end, as the swing craze ended twenty years before.  On 1 May 1966, the “Palladium” closed its doors.  However the mambo and cha-cha-chá were perpetuated by numerous orchestras until the seventies when the salsa truly took over in the Latin American genre. 

Mambo & Latin Jazz
The talented trumpeter, clarinettist and composer, Mario Bauza aimed to add jazz to mambo so the music was not only for dancing, but to be listened to.  He placed jazz musicians as soloists:  Flip Phillips and Charlie Parker thus played their solos with Machito in 1949. At the same time, Chico O’Farrill specialised in composition and arrangements for big bands, using the possibilities of jazz, but put to use in mambo.  The results were sometimes splendid. In the fifties others followed suite, such as Tito Puente, and Latin jazz was born.  The fusion of jazz and mambo was such that soon people no longer spoke of mambo, but only of Latin jazz.  Finally rock appeared and other Latin sounds from South America came along to add to this happy mixture, or “hot sauce” as vibraphonist Cal Tjader once said.  A “salsa picante”.  Salsa was born, but that is another story. 

Perez Prado
Known as “The King of the Mambo”, Perez Prado dominated the mambo scene between 1949 and 1956, even though he never appeared at the “Palladium”.  He was born in Matanzas, Cuba on 11 De­cember 1916 and his musical career truly debuted in 1942 when he became the pianist of the famous “Orquesta Casino de la Playa” in Havana.  He created his own orchestra in 1946 and began touring but his advanced musical way of thinking was not overly successful.  In 1948, in Mexico he finally received standing ovation with a half-Mexican band and singer Beny Moré.  In April 1950 he began playing in the “Margo Theater” where he triumphed.  He composed some pieces which were to become mambo’s  biggest hits:  Que Rico El Mambo, best known as Mambo Jambo, Mambo N° 5, Mambo N° 8, Pianolo, Mambo à la Kenton, Mambo en sax, Mambo de Chatanooga, Oh Caballo, Al Compas del Mambo, Caballo Negro and many others.   People came from California to hear him, fascinated by the rhythm, exoticism and the slightly “pop” aspect of his music. In 1951, the “King” arrived in Los Angeles alone.  Within a few days he had created a fine orchestra and was billed in the “Zenda Ballroom” – a huge success.  His band was claimed as being the most electrifying since Woody Herman and Stan Kenton! His welcome in New York was a little less warm.  Many were jealous of his efficient arrangements. Despite the various musical genres which were to appear, Perez Prado remained faithful to his mambo and had a huge success with Patricia in 1958 which stayed in the charts for 21 weeks.  His hours of glory were then over although he continued playing until the end.  He passed away on 14 September 1989.  

Machito and Mario Bauza
Machito was one of the senior members of the mambo movement.  Born on 3 December 1908, Francisco Grillo, aka Machito met Mario Bauza in Havana in 1928.  Bauza was born on 28 April 1911 and after a rich musical debut, married Estella, one of Machito’s sisters.  Fate was to bring the two musicians together. While Bauza was playing with Cab Calloway, Machito arrived in New York in 1937.  He sang with Noro Morales, Augusto Cohen, Alberto Iznaga and Xavier Cugat.  In July 1940 he created his orchestra, playing the maracas.  In January 1941 Mario Bauza arrived as leader of the band which was to be greatly inspired by the big American jazz bands with Latin  percussion replacing the drums.  Their first disc  was in 1941-42 for Decca, entitled ’Machito & his Afro-Cubans’. In 1942 Bauza hired a good Cuban rhythm section:  Tito Puente, José Mangual and Pulidor Allende.  They were billed at “La Conga” and Miguelito Valdes came along to sing.  But war was raging and Machito was mobilised.  When he returned Bauza organized Afro-Cuban jazz jam sessions:  this was the beginning of Latin jazz.  Following these lines, he composed Tanga, a piece which was greatly appreciated by Dizzy Gillespie and which became the theme tune of his band.  It was broadcast over the radio and the whole world discovered mambo and Latin jazz. Mambo and Latin jazz truly took shape when Machito and his band toured California.  Stan Kenton discovered the genre and began working on the fusion  of jazz and Latin music.  Machito returned to New York and began playing in the jazz clubs.  Mario Bauza had just left the band, but his influence on Machito’s career had been of the utmost importance. Disc-jockey Fred Robbins spurred on the development of Afro-Cuban jazz by broadcasting Machito on the radio.  Tanga was interpreted and re-arranged by many artists and at one point was renamed Cubop City.  Cubop thus came into being.  Mambo, Latin jazz or Cubop were in good hands and remained there until Machito’s death on 15 April 1984.  Bauza continued to create bands until he disappeared on 11 July 1993. 

Tito Puente
Tito Puente was one of the best-known Afro-Cuban musicians.  He was born on 20 April 1923 in the  Spanish Harlem north of Manhattan and became a professional artist at the age of 16, debuting as a drummer in a band with pianist José Curbelo who became his mentor.  After the war, he returned to José Curbelo’s orchestra, and befriended pianist Joe Loco.  At Juilliard he perfected his art as a composer and arranger and learnt too play the vibraphone.   In 1948, Tito founded his orchestra, “Tito Puente & his Piccadilly Boys” and was billed at “El Patio Club” in New Jersey.  In late 1949, Tito recorded one of his biggest hits, Abaniquito in which we can appreciate Mario Bauza’s magnificent solo on the trumpet.  As his popularity grew, the band with its 16 musicians played in the “Palladium”, alternating with Machito, Tito Rodriguez and a few others.  Time went by and the cha-cha-chá arrived, with its notes of the son montuno.  Tito became the “King of Latin Jazz”. The mambo craze finally ended and the ’Palladium’ closed its doors.  Our musician toured Europe and Japan but he was honoured by Hollywood in the famous “Hollywood Walk of Fame” and he played at the White House and received the “National Medal of the Arts” presented by Bill Clinton.  He passed away on 31 May 2000 at the age of 77, leaving his 500 compositions and 116 discs! 

The Other ’Palladium’ Orchestras
The three main rivals at the “Palladium” were Machito, Tito Puente and Tito Rodriguez, a singer and band leader.  Born in 1923, Pablo Rodriguez debuted in 1939 in the “Conjunto Siboney”, sang briefly with Xavier Cugat and, after the army, joined Noro Morales and then José Curbelo in 1946.  He then founded a conjunto “Tito Rodriguez y sus Lobos del Mambo” and became one of the “Palladium’s” best big bands.  He gave a memorable concert at Birdland in 1963 and died in 1973. Although these three bands monopolized the “Palladium”, other talented orchestras were also billed, including that of José Curbelo and Pupi Campo. 

Noro Morales
Born in Porto Rico in 1911, Noro Morales first played in Caracas and then, in New York, founded his first rumba band in 1937.  Just after the war he was known in Harlem as the king of the rumba.  He was an excellent pianist and composer and his orchestras boasted quality.  He slowly dropped the rumba and mambo to go towards Latin jazz.  He died in 1964. 

“Chico” O’Farrill
Born in Havana in 1921, trumpeter Arturo “Chico” O’Farrill combined Cuban rhythms and modern jazz, but was also behind some excellent mambos.  He returned to Cuba and Mexico and continued his research, mingling jazz, classical music and Cuban rhythms until he died in 2001. 

Other bands in the United States
Xavier Cugat was principally known for his rumba orchestra but also played mambo but his sounds, according to the purists, were more commercial. Anselmo Sacassas, born in 1912 in Cuba, founded the famous “Orquesta Casino de la Playa”.  In 1940 he left for New York with Miguelito Valdes, the co-founder of the band where the former founded a new band including drummer Tito Puente. It is difficult to know if Ruben Calzado was based in the US or in Cuba.  During the fifties and sixties, he spent much of his professional life in France.  Tito Rivera is little known, probably as he lived mainly on the west coast of the US. We must also mention the bands led by Jack Costanzo and pianist and composer René Touzet. 

The bands which remained in Havana and the Caribbean 
Among those who stayed in their homeland we can mention Beny Moré, a prized singer when the mambo craze was at its zenith, the Orquesta Riverside, led by Pedro Vila, the Orquesta Tropical and the Cuban band of Garcia Pastor. 

Jazz bands which played mambo
The first name which springs to mind is Dizzy Gillespie, but can we truly speak of mambo?  Some other black big bands flirted with mambo, including Count Basie and Gerald Wilson and a few white swing outfits were tempted to try.  Here we can quote Woody Herman, Stan Kenton, Claude Thornhill, Billy May, Sonny Burke and Shorty Rogers. 

European bands
In the late forties and early fifties a movement started in Britain, initiated by Edmundo Ros who had converted to mambo and especially in France where the genre was successful among the lovers of the dance floor.  In 1951 Sidney Bechet was playing on the French Riviera and met one of the first mambo bands in France, that of Benny Bennett, a South American percussionist.  Henri Rossotti wasn’t Cuban but went on to play Latin music and Eddie Warner did the same.  More details concerning mambo in France can be found in the album “Mambo in Paris”, FA 5132. 

The present selection is in chronological order, opening with José Curbelo in 1946 and closing with Tito Puente in 1957 which slightly heralds the salsa era, a period which continues to this day. 

English adaptation by Laure WRIGHT from the French text of Pierre CARLU
© 2009 Frémeaux & Associés  

Discographie 
CD1
José Curbelo & his orchestra : Nilo Curbelo, Ralph Nasser, Irwin Applebaum (tp), Ben Pickering (tb), Mel Lewis, Carl Orich, Tony Castellano, Leo Biondo (sax), José Curbelo (p), José Curbelo Sr (b), Tito Puente (timb), Chino Pozo (bgo), Carlos Vidal (cga), Tito Rodriguez (vcl) – New-York, 1946 
1. El Rey Del Mambo (Félix Cárdenas) – reissued on Tumbao TCD 042  2’45 (Courtesy of Tumbao Cuban Classics)

Noro Morales & his orchestra :
personnel possibly including : Paul Lopez, George Lopez (tp), Willie Cervantes, Jimmy English, Sol Rabinowitz, Gene Lorello, Les Clark, Jerry Sanfino (sax), Noro Morales (p), Rudy Ritchko (b), Humberto Morales, Tito Puente (timb), José Garcia, Ray Romero, John Rodriguez, Chino Pozo (bgo, cga) – New-York, 1947-1948 
2. Pan Pan Pan (Noro Morales) – Royale 1828 2’48

Machito & his Afro-Cuban Salseros:
Mario Bauza, Bobby Woodlin, Frank Davila (tp), Gene Johnson, Freddie Skerritt (as), José Madera (ts), Leslie Johnakins (bs), René Hernandez (p), Bobby Rodriguez (b), José Mangual (bgo), Luis Miranda (cga), Ubaldo Nieto (timb) – New-York, Décember 20, 1948 
3. Tanga pt.1 & 2 (Mario Bauza) – Verve 2610 047 7’08

Machito & his Afro-Cuban orchestra : poss. Mario Bauza, Bobby Woodlin, Frank Davila (tp), Gene Johnson, José Madera,  Freddie Skerritt, Leslie Johnakins (saxes), René Hernandez (p), Bobby Rodriguez (b), José Mangual (bgo), Luis Miranda (cga), Ubaldo Nieto (timb) – New-York, 1948-1950 
4. Mambo Infierno (Piloto Y Vera) – SR 8100 / Seeco 3419 2’53

Anselmo Sacassas y su Orquesta, incl. Anselmo Sacassas (p) – New-York, c.1949 
5. El Salon Del Rey Del Mambo (Anselmo sacassas) – reissued on Tumbao TCD 079 2’32 (Courtesy of Tumbao Cuban Classics)

Noro Morales & his orchestra, personnel possibly including : Paul Lopez, George Lopez (tp), Willie Cervantes, Jimmy English, Sol Rabinowitz, Gene Lorello, Les Clark, Jerry Sanfino (sax), Noro Morales (p), Rudy Ritchko (b), Humberto Morales, Tito Puente (timb), José Garcia, Ray Romero, John Rodriguez, Chino Pozo (bgo, cga) – New-York, c.1949 
6. El Manisero (Moïses Simon) – Transcription for Radio 2’58

Machito & his Afro-Cuban orchestra : prob. Mario Bauza, Bobby Woodlin, Frank Davila (tp), Gene Johnson, José Madera,  Freddie Skerritt, Leslie Johnakins (saxes), René Hernandez (p), Bobby Rodriguez (b), José Mangual (bgo), Luis Miranda (cga), Ubaldo Nieto (timb) – New-York, December 1949 
7. The Donkey Serenade (Friml, Stothart, Forrest, Wright) – 3046 / Mercury MG 25020 3’01

Ruben Calzado & son orchestre typique – personnel not known - Paris, late 1949-early 1950 
8. No Corazon (Ruben Calzado) – CL 8925 / Columbia BF 365 2’35

Pupi Campo & his orchestra (collective personnel) : Paul Cohen, Chubby Kuesten, Al Porcino, Tony Russo (tp), Johnny Mandel (tb), Joe Herde, Sol Rabinowitz, Joe Madera, Nat Cappi, Frank Socolow, Irv Butler (sax), Joe Loco, Al Escobar (p), Amadito Vizoso (b), Jimmy Nevada (dm), Tito Puente (timb), Chino Pozo, Johnny Rodriguez (bgo), Alex Campo (cga) – New-York, c.1950
9. Son De La Loma (Miguel Martinez) – TV 12101 / Seeco LD 126 3’05
10. How High The Moon (Hamilton, Lewis) – TV 12102 / Seeco LD 126 2’52

Perez Prado y su orchesta (collective personnel) : Tony DeRisi, Andrew “Fats” Ford, Jack Mootz, Roger “king” Mozian, Luke Procopio, Mike Shane, Al DeRisi, Jimmy Nothingham, Francis Williams (tp), Humberto Gelabert (tb), George Furman, Tony Farina, Jerry Sanfino, Allen Fields, Roberto Pacheco (as), Aaron Sachs, Joe Dee, Lennie Licata (ts), Irv Greenberg, Mel Rodnon (bs), Perez Prado (p), Mike Cardona (b), Sonny Rivera (dm), Ramon Santa Maria (cga), Chino Pozo (bgo), Paquito Sosa (maracas) – Mexico City, December 6, 1949 
11. Mambo en Sax (D.Perez Prado) – 091704 / Victor 23-1462 (R.Pacheco : as solo) 2’29

Perez Prado y su orchesta : probab.personnel : Andrew "Fats" Ford, Al DeRisi, Mike Shane, Francis Williams, Victor Frisaura (tp), Humberto Gelabert (tb), George Furman, Allan Lehrfield (as), Lennie Licata (ts), Mel Rodnon (bs), Perez Prado (p), Mike Cardona (b), Sonny Rivera (dm), Ramon Santa Maria (cga), Chino Pozo (bgo), Octavio Mendoza (maracas), Silvestre Mendez (tumba) – Mexico City, January 5, 1950 
12. Mambo à la Kenton (D.Perez Prado) – 091707-1B / Voix de son Maître SG 294 3’13

Orquesta Tropical – Personnel not known - La Havane, c.1950 
13. Mambo Jambo (D.Perez Prado) – P 10137 / Riviera N 1240 3’22 
14. Mambo N°5 (D.Perez Prado) – P 10136 / Riviera N 1240 2’52

Perez Prado y su orchesta : pers. incl. C. Moran (tp solo), Perez Prado (p), Ramoneito Castro (bgo) – Mexico City, June 27, 1950 
15. Pianolo (D.Perez Prado) – 092209 / RCA LPM-21 3’42

Tito Puente y su orquesta : probable personnel : Jimmy Frisaura, Frank Lo Pinto, Gene Pappetti (tp), Joseph Herde, Irving  Butler, Edward Grimm, Sol Rabinowitz (sax), Gil Lopez or Charlie Palmieri (p), Amado Visoso (b), Manny Oquendo (bgo), Frank Colon or Mongo Santamaria (cga), Tito Puente (timb). New-York, 1949-1951 
16. Tito Mambo (Tito Puente) – P 10010 / Riviera 1257 2’23

Perez Prado y su orchesta : personnel probably identical to the January 5, 1950 session – Mexico City, June 7, 1951 
17. Mambo N°8 (D.Perez Prado) – 092139 / RCA LPM-21 3’16

Xavier Cugat & his orchestra : Robert Jones, George Lopez, Richard Hoffman, Frank Berardi (tp), Joseph Gutierrez (tb), Henry Greher (frh), Gene Lorello, Luis Castellanos, John Haluko, Robert De Joseph, James English (sax), Rafael Angelo (p), Manuel  Paxtot (b), Isabello Marerro (dm), Oswaldo Oliveira (timb), Otto Garcia (maracas), Otto Bolivar (bgo), Glenn Brown (marimba) – New-York, June 20, 1951 
18. Yo Quiero Un Mambo (R.Román) – CO 45849 / Columbia CL 6213 2’50

Garcia Pastor y su Orquesta Cubana : Personnel not known – prob. La Havane, c.1951 
19. Guest Mambo (Mambo del Avion) (G.Moreno) – OKA 1668 / La Voz De Su Amo AA 528 3’15

Tito Rodriguez & his orchestra : Al Stewart, Dick Smith, Harold Wegbreit, Nick Travis (tp), Billy Byers, Fred Zito, Eddie Bert (tb), Lennie Hambro, Andy Cicalese (as), Buddy Arnold, Ed Wasserman (ts), Irv Butler (bs), Joe Loco (p), Luis Barreto (b), Luis Miranda (cga), Chino Pozo, Ubalto Nieto (bgo), Tito Rodriguez (maracas) – New-York, 1951 
20. El Mambo Hop (Chico O’Farrill) – P 13356 / Riviera N 1324 2’47
21. Mambo Gee-Gee (Chico O’Farrill) – P 13355 / Riviera N 1324 2’37  

CD2
Tito Rivera & his Havana Mambo Orchestra : 3 or 4 tp, tb, p plus rhythms – La Havane, c.1951
1. Indecidida (Sid Robin, Charlie Shavers) – SR 1965 / Seeco V 3292 2’24
2. Chico’s Mambo (Tito Rivera) – SR 1964 / Seeco V 3292 2’39

Chico O’Farrill & his orchestra : Mario Bauza, Doug Mettone, Jimmy Nottingham, Al Stewart, Nick Travis (tp), Eddie Bert, Vern Friley, Fred Zito (tb), George Berg, Lennie Hambro, Ben Harrod (as), Flip Phillips, Eddie Wasserman (ts), Danny Banks (bs), René Hernandez (p), Roberto Rodriguez (b), Don Lamond (dm), Candido Camero, José Mangual (bgo), Luis Miranda (cga), Ubalto Nieto (timb), Chico O’Farrill (arr, cond) – New-York, December 3, 1951 
3. Ill Wind (H.Arlen, T.Koehler) – 637-6 / Clef MGC 699 2’48 Idem - New-York, December 5, 1951 
4. Havana Special (Chico O’Farrill) – 641-1 / Clef MGC 699.  3’03

Machito & his Afro-Cuban orchestra : Mario Bauza, Bobby Woodlin, Frank Davila, Ed Medina (tp), Fred Zito, Vern Friley, Eddie Bert (tb), Lennie Hambro, Jimmy Frisaura, Gene Johnson, José Madera, Freddie Skerritt, Leslie Johnakins (saxes), René Hernandez (p), Bobby Rodriguez (b), José Mangual (bgo), Luis Miranda (cga), Ubaldo Nieto (timb), Machito (maracas) – New-York, 1952
5. Mambo Inn (Sampson, Bauza, Woodlen) – Caliente CLT 7066 3’31

Benny Bennett & son orchestre de musique latine : prob. 3 or 4 trumpets, 3 or 4 trombones, 4 or 5 saxes and cuban rhythms – Paris, April 1952 
6. Mambo N°7 (Salamanca) - 52V4348 / Vogue V3248 3’23

Henri Rossotti et son orchestre : personnel not known – Paris, 1952-1953 
7. Mambo en Fa (Obdulio Morales) – P 20211-21 / Riviera 1650 2’58

José Curbelo & his orchestra : poss. Nilo Curbelo, Jimmy Frisaura, Mike Shane, Harold Wegbreit (tp), Mel Lewis, Carl Orich, Paco Gonzales, Mel Rodnon (sax), José Curbelo (p), José Curbelo Sr (b), Manny Jimenez (timb), Chino Pozo (bgo), Carlos Mejia (cga) – New-York, 1952-1953 
8. Eque Tumbao (José Morán, arr. Tito Puente) – reissued on Tumbao TCD 074 (Courtesy of Tumbao Cuban Classics) 2’39

Noro Morales & his orchestra : prob. Bernie Glow, Frank Davila, John Bell, Norman Gevanthor (tp), Will Bradley (tb), Ray Santos, Jerry Sanfino, Ed Grimm, Irving Butler, Lester Clarke (sax), Noro Morales (p), Louis Richko (b), Ignacio Reyes (timb), José Garcia (bgo), Pellin Rodriguez (cga) – New-York, early 1953  
9. The Sheik Of Araby (Snyder, Smith, Wheeler) – Transcription for Radio 2’35

Beny Moré y su Orquesta Gigante de Estrellas Cubanas : Alejandro “El Negro” Vivar, Alfredo “Chocolate” Armenteros, Domingo Corbacho, Dagoberto “Rabanito” Jimenez (tp), Generoso “El Tojo” Jimenez (tb), Emilio Peñalver (ts), Santiago Peñalver (as), Pedro “Peruchin” Justiz (p, arr), Rolando Laserie (timb), plus other rhythms, Beny Moré (vcl) – La Havane, 1953 
10. Manzanillo (Ramón Cabrera) – CU 756 / RCA 3203 3’30

Orquesta Riverside, dir. Pedro Vila : Marcos Urbai, Antonio Temprano, Enrique Osorio, Julio Temprano (tp), Emilio Temprano (tb), Pedro Vila, Antonio Lopez (as), Gregorio Vienes, A. Diaz (ts), Pedro “Peruchin” Justiz (p, arr), Orlando Lopez (b), Edgar Diaz (dm), Pedro Soroe (tumbadora), Baudilio Carbonell (bgo) – La Havane, 1953 
11. Mocambo (Armando Romeu Jr) – reissued on Tumbao TCD 052  3’04 (Courtesy of Tumbao Cuban Classics) Same personnel, except: Nelson Arocha (p) replaces “Peruchin” – La Havane, 1954 
12. Que Lio Tio (Ramón Cabrera, arr. “Peruchin”) – reissued on Tumbao 052 2’56 (Courtesy of Tumbao Cuban Classics)

Chico O’Farrill & his orchestra : Carleton McBeath, Louis Obergh Jr, Stu Williamson (tp), Herb Geller (as), Herbie Steward, Eddie Wasserman (ts), Don Davidson (bs), Fred Otis (p), Don Bagley (b), Jackie Mills (dm), Carlos Vidal (cga), Modesto  Martinez (perc), Chico O’Farrill (arr, cond) – Hollywood, April 16, 1954 
13. More Mambo (Chico O’Farrill) – 1614-2 / Norgran MGN 27 2’50

Tito Puente & his orchestra (collective personnel) : Jimmy Frisaura, Nick Travis, Frank Lo Pinto, Gene Rapetti, Bernie Glow, Andres “Merenguito” Forda, Sam Seavor (tp), Santo Ruso, Eddie Bert, Robert Ascher, Sam Takvorian (tb), Jerry Sanfino, Marty Holmes, Ed Caine, Sol Schlinger, Allen Fields, José Madera, Dave Kürtzer (sax, fl), Alvin Gellers (p), Bobby Rodriguez (b), Mongo Santamaria, Willie Bobo, Carlos "Patato" Valdez, Candido Camero, John Rodriguez (various percussions), Tito Puente (timb). - New-York, 1955 
14. Titoro (Tito Puente) – Tico LP 1001 “Mamborama” 2’54 Same or similar personnel – New-York, April 3, 1956 
15. Pa’ Los Rumberos (Tito Puente) – RCA LPM 1251 3’25

Tito Rodriguez & his orchestra : Mario Alvarez, Harold Wegbreit, Gabriel Gonzalez, Al Stewart (tp), Aaron Sachs, Jerry Sanfino, Pete Fanelli, Frank Socolow, , Dave Kurtzer (saxes), Artie Azenzer (p), Julio Andino (b), Federico Pagini (timb), Narcissus Torres (cga), Victor Gonzalez (bgo), Tito Rodriguez, Yayo El Indio, Vitin Aviles (chorus) – New-York, June 28, 1956 
16. Yambere (T.Rodriguez) – RCA LPM 1389 2’35 Idem, June 29, 1956 
17. This Is Mambo (T.Rodriguez) – RCA LPM 1389.  3’33

René Touzet & his Orchestra : Tony Terran plus 3 (tp), Ernie Chavez (ts) plus 3 or 4 saxes, René Touzet (p, arr), bass, bongo, conga, timbales, cowbell – Los Angeles, 1956 
18. Mambo Crescendo (René Touzet) – GNP Crescendo 14 3’34

Xavier Cugat & his orchestra : Leo Ball, Leon Merian, Sam Scavone, Sigmund Schatz (tp), Joseph Gutierrez (tb), Jose Mariani (frh), Charles De Angelis, Gene Lorello, Pat Perrone (sax), René Touzet (p), Jose Arvelo (g), Lydio Fuentes (b), William  Rodriguez (dm), Raymond Rodriguez (bgo), Frank Vidal (cga), George Davalos (maracas), Glenn Brown (marimba) – New-York, March 26, 1957 
19. Maria-La-O (Lecuona) – CO 57577 / Columbia CL 1016 2’53

Jack Costanzo & his Afro-Cuban Band : John Anderson, Paul Lopez, Tony Terran (tp), Eddie Cano (p), Ernesto Montez (b), Ramon Rivera (cga), Jack Costanzo (bgo), Willy Gallardo (timb), Manuel Ochoa (maracas), Eddie Gomez (claves) – Los Angeles, 1957 
20. Bongo Festeris (Costanzo, Cano) – GNP Crescendo 19 2’37

Tito Puente & his orchestra (collective personnel) : Jimmy Frisaura, Nick Travis, Gene Rapetti, Bernie Glow (tp), Robert Ascher (tb), Jerry Sanfino, Marty Holmes, Allen Fields, Joseph Grimaldi (sax, fl), Alvin Gellers (p), John Smith (g), Bobby Rodriguez (b), Mongo Santamaria (cga), William Correa (bgo), Tito Puente (timb). - New-York, May 6, 1957 
21. Ecstasy (Tito Puente) – RCA-LPM 1479 2’31 

CD MAMBO Big Bands 1946-1957 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 El Rey Del Mambo - José Curbelo & His Orchestra02'47
02 Pan Pan Pan - Noro Morales & His Orchestra02'50
03 Tanga - Machito & His Afro-Cuban Orchestra07'09
04 Mambo Infierno - Machito & His Afro-Cuban Orchestra02'54
05 El Salon Del Rey Del Mambo - Anselmo Sacassas y su Orquesta02'34
06 El Manisero - Noro Morales & His Orchestra02'59
07 The Donkey Senerade - Machito And His Afro-Cuban Orchestra03'02
08 No Corazon - Ruben Calzado et son Orchestre02'36
09 Son De La Loma - Pupi Campo & His Orchestra03'06
10 How High The Moon - Pupi Campo & His Orchestra02'54
11 Mambo En Sax - Perez Prado y su Orchesta02'30
12 Mambo A La Kenton - Perez Prado y su Orchesta03'15
13 Mambo Jambo - Orquesta Tropical03'24
14 Mambo N°5 - Orquesta Tropical02'54
15 Pianolo - Perez Prado y su Orchesta03'44
16 Tito Mambo - Tito Puente y su Orchesta02'24
17 Mambo N°8 - Perez Prado y su Orchesta03'17
18 Yo Quiero Un Mambo - Xavier Cugat & His Orchestra02'51
19 Guest Mambo - Garcia Pastor y su Orchesta Cubana03'17
20 El Mambo Hop - Tito Rodriguez & His Orchestra02'49
21 Mambo Gee Gee - Tito Rodriguez & His Orchestra02'37
CD 2
01 Indecidida - Tito Rivera & His Havana Orchestra02'25
02 Chico's Mambo - Tito Rivera & His Havana Orchestra02'40
03 Ill Wind - Chico O' Farrill & His Orchestra02'50
04 Havana Special - Chico O' Farrill & His Orchestra03'05
05 Mambo Inn - Machito And His Afro-Cuban Orchestra03'24
06 Mambo N°7 - Benny Bennett & son Orchestre03'24
07 Mambo En Fa - Henry Rossotti & son Orchestre02'59
08 Eque Tumbao - Jose Curbelo & His Orchestra02'41
09 The Sheik Of Araby - Noro Morales & His Orchestra02'37
10 Manzanillo - Beny More y su Orquesta Gigante03'31
11 Mocambo - Orquesta Riverside, Dir. Pedro Vila03'06
12 Que Lio Tio - Orquesta Riverside, Dir. Pedro Vila02'58
13 More Mambo - Chico O' Farrill & His Orchestra02'51
14 Titoro - Tito Puente & His Orchestra02'55
15 Pa Los Rumberos - Tito Puente & His Orchestra03'26
16 Yambere - Tito Rodriguez & His Orchest02'37
17 This Is Mambo - Tito Rodriguez & His Orchest03'35
18 Mambo Crescendo - René Touzet & His Orchestra03'36
19 Maria La O - Xavier Cugat & His Orchestra02'55
20 Bongo Festeris - Jack Costanzo & His Afro-Cubun Orchestra02'38
21 Ecstasy - Tito Puente & His Orchestra02'31
« Mambo Big Bands » par Lylo

« Les percussions impérieuses et les cuivres somptueusement instables font parfois place au piano ou au chant pour régner sur la piste de dancings ultra-chics (parfois trop) où se mêlèrent latino-américains et blancs huppés. »
Par LYLO




« Un survol bien documenté sur la vogue du mambo » par Jazz Magazine

« Pierre Carlu nous offre un survol bien documenté sur la vogue du mambo, en partie avec les autorisations du label de réédition Tumbao qui avait donné à ce répertoire une belle visibilité. Si le premier CD ouvre quelques fenêtres sur la Havane (avec l’Orquesta Tropical et l’Orquesta Cubana), et s’autorise un détour par Mexico (Perez Prado oblige), il se concentre sur New York où le mambo se cristallise autour du fameux Palladium Ballroom et ses grandes figures : Machito, Tito Puente et Tito Rodriguez, sans pour autant négliger les outsiders comme José Curbelo ou Pupi Campo. Le second CD qui débute à la Havane avec Tito Rivera nous emmènera jusqu’à Paris écouter Benny Bennett et Henri Rossotti. On y assiste à l’émergence de Chico O’Farrill à New York et à la montée d’une scène afro-cubaine west coast avec René Touzet et Jack Costanzo, le jazzfan sera à l’affût des authentiques jazzmen (Frank Socolow chez Pupi Campo et Tito Rodriguez, Flip Phillips ou Herb Geller chez Chico O’ Farill). Le danseur, lui, n’aura plus d’oreille que pour l’uppercut des cuivres, le chaloupé des saxes et les polyrythmies dessinées par René Hernandez, les Perucchin (p), les Bobby Rodriguez (b), les Chino Pozo, Candido, José Mangual et autres Mongo Santamaria (perc). »
Par Alfred Sordoillet — JAZZ MAGAZINE / JAZZMAN




« Chatoyant et dansant. » par Revue des Médiathèques et des Collections Musicales

« On peut soutenir que le Mambo a sans doute contribué à l’intégration raciale et sociale des populations hispanophones dans la société américaines dans cette période post-seconde guerre mondiale. Et que c’est pour cette raison que de grands orchestres américains se sont emparés des standards de cette musique traditionnelle pour les revivifier. Ce coffret de 2CDs et un livret de 32 pages est une superbe anthologie, en 42 titres, des chefs-d’œuvres du Mambo. Chatoyant et dansant. »
Par Jacques Vazeille — REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« The standard is on the all very high » by Blues & Rhythm

This first few hot latin dance tracks of this double CD leave the listener in no doubt that the mambo was a cuban creation which grew out of the island’s son – so please do forget the likes of Rosemary Clooney, and do note also that Perez Prado is represented by is earlier sides. The material draws from 78s, albums and radio transcription, and covers a wide variety of mambo performers, both from Cuba and otherwise. Although the quality of performance and « authenticity » varies across the 42 tracks, the standard is on the all very high. The mambo was massively popular with a very wide, very mixed audience, especially in New York and Los Angeles (and obsviously elsewhere – Think of the The Hawketts and John Lee Hooker) in the early fifties – though it was not always clear exactly what the mambo was, and several acts here present generic Latin rhythms under this elastic definition. Mostly though, these are hot, big band , Latin dance music performances, with element of jazz included on a signifiant number  of titles (although Machito’s version of ‘The donkey serenade’ is indeed a curious choice). Pupi Campo’s ‘How High The Moon’ leans a little towards a middle-of-the road sound but still includes an African via Cuba inflected percussion break. The mambo was simplified down several times of eventually (was) turned into the cha-cha-cha may bring back one too many memories of ‘Come dancing’ for some readers, but much of the music here would probably have been too complex for the tight-trousered and/or besequinned contestants, being the clear forerunner what eventually became today’s salsa (and along the way fed into the boogaloo). The cheesy Xavier Cugat may have been right up their street though, as would the European orchestras of South American Benny Bennett and Henri Rossotti As the track-listing follows (more or less) chronological order, it may come as no surprise to learn that the second CD is more polarised than the first, with more of the strict tempo stuff that is probably best avoided, off-set by the, let’s say, funkier - in the loosest sense of the world – material by Beny Moré, Tito Puente, and Tito Rodriguez. Lovers of trivia (that’s most of us then) should also note the presence on several tracks here of saxophonist Sol Robinowitz – before he went on to found Baton Records. It is just one more facet of a highly interesting collection. Norman DARWEN – BLUES&RHYTHM




« Une musique profondément métis » Par France Musique

 « Mambo. Une musique profondément métis qui s’impose à partir du milieu des années 1940 depuis les Amériques. Son nom même renvoie à des origines diverses, et pas très fixées d’ailleurs. Dans les cérémonies vaudou cubaines la prêtresse qui officie est appelée mambo. L’expression est courante en Colombie où elle signifie : efficacité, exigence et justesse dans l’exécution de la colombiana. On la retrouve en Afrique : le palo mambo est un rythme de percussions ; le mambo désigne parfois une berceuse ou une cérémonie religieuse. En bantou, mambo signifie « voix en chœur »… En cherchant un peu, d’autres pistes s’ouvrent. Ainsi le créole dans lequel une mambo est une fille volage. Musique au cordeau, tirée par le chant polyphonique des sections rythmiques et de cuivres, dimension cérémonielle, danse, chaleur – voire fièvre – humaine: tout est là de cette culture qui passe au shaker la société américaine de l’après-guerre avant de déferler sur une Europe à son tour conquise. On ne peut imaginer, à l’écoute de ce disque, la profonde rupture entre exubérance communicative, voltes torrides d’une part et, d’autre, crispations de l’Amérique maccarthyste et puritaine. Quand les Etats-Unis se replient, saisis dans la paranoïa de la Guerre Froide, voici une fusion, au sens propre et figuré (le jazz est là plein écran), qui ne demande qu’à folâtrer. En France, une des images mythiques de cette musique éruptive est liée à Brigitte Bardot et à la fameuse séquence de mambo de « Et Dieu créa la femme » (1957, sur une musique de Paul Misraki). C’est cette histoire que nous donne à entendre cette compilation conçue par Pierre Carlu. Tito Puente, Machito, Tito Rodriguez, Tito Riviera et quelques autres s’y relaient dans des plages enregistrées en Europe, à Cuba et outre-Atlantique. En 42 morceaux, on suit fort bien l’affirmation de ce mouvement musical. L’auteur a ajouté à cet ensemble un livret simple et instructif. Il y revient sur la paternité du mambo (évidemment objet de concurrence entre musiciens – il faut bien une mythologie des « origines ») et présente chacun des protagonistes de ce double CD. Pour les connaisseurs, voici une façon de compléter sa discographie. Pour les autres, une manière d’entrer – presque inévitablement – en religion mambo. »
Par Karine Le Bail et Philippe Tétart — FRANCE MUSIQUE

(« Depuis des années, Les Greniers de la Mémoire diffusent des disques publiés par Frémeaux & Associés. En les remerciant souvent d’offrir la seule possibilité d’illustration sonore pour tel ou tel thème, tel ou tel artiste, telle ou telle rareté. Il nous est donc tout naturel de dire l’importance du travail, militant, mené par cette « maison » afin de restaurer, sauvegarder et diffuser un patrimoine sonore – au sens le plus large – dont l’intérêt artistique, historique ou musicologique, essentiel, l’emporte rarement sur le principe de rentabilité à court terme. »)




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