FELIX LECLERC

CHANSONS PERDUES 1950-1953, CHANSONS ET VERSIONS INEDITES SUIVIES DU CONCERT A NICOLET 1964

More details

Number of CDs : 3


29,99 € tax incl.

FA5230

Available. Will be sent within 24 to 72h

Add to my wishlist

+3 loyalty points


2 quantities
-15%
This is a unique corpus of recordings, issued for the first time, made by the man who placed Quebec on the cultural map of the French-speaking world. The avowed paragon of Georges Brassens and Jacques Brel.  Indeed Felix Leclerc overturned song in an incredible manner.  Apart from his poetic elegance, he is the exemplifying trustee of the chansonnier, the song-writer who plays his own music. In 1950, only Charles Trenet and the Roche-Aznavour duo could boast as such
Claude Colombini-Frémeaux

Droits : XXI productions (Universal quebec) licencié à Frémeaux & Associés.

"

FÉLIX LECLERC

FÉLIX LECLERC
CHANSONS PERDUES : 1950-1953
Chansons et versions inédites

suivies du Concert à Nicolet (1964)







Mot de l’éditeur
CHANSONS PERDUES, CHANSONS RETROUVÉES représentent les véritables débuts sur disque de FÉLIX LECLERC et même un peu plus. Cette collection de 2 CD couvre de façon très spécifique les années 1950 à 1954, une période très féconde, vous le constaterez. Vous avez donc entre les mains, un corpus unique et inédit au disque, toutes configurations confondues (33 cm et CD), puisque toutes les pièces entendues ici sont regroupées pour la première fois dans un but bien précis, celui d’établir de façon définitive, nous le croyons, la pierre angulaire de sa discographie. Les années 1953 à 1977 apparaissent dans un généreux coffret (6 CD) chez PHILIPS, la période 1978-1979 (2CD) disponible chez AMPLITUDE (arrangements et direction musicale François Dompierre). Aussi à écouter, un savant et ultime documentaire sur disque - tout en paroles, du réalisateur Jacques Bouchard, Heureux qui comme Félix : une histoire de Félix Leclerc (10 CD) est disponible chez GSI. L’équipe de production désire remercier de façon particulière messieurs Laval Rhains, Michel Picard, Sylvain Michaud et Éric Boisclair qui ont mis à notre disposition leurs immenses collections respectives (78 tours, enregistrements privés, transcriptions et gravures diverses) ; leur collaboration et leur enthousiasme nous auront permis de colliger la collection précieuse la plus complète des premières gravures de Félix Leclerc. Félix Leclerc disait en ces termes, en remettant à Raymond Lévesque le deuxième Trophée hommage de l’histoire de l’Adisq (Félix Leclerc ayant obtenu le premier Trophée hommage) : “... N’oublions pas les pionniers... J’aime les pionniers.” Nous aussi.
Martin DUCHESNE

CHANSONS PERDUES, CHANSONS RETROUVÉES
Né à La Tuque dans la Mauricie le 2 août 1914, Félix Leclerc grandit dans une famille de onze enfants où la musique est omniprésente. Il achète sa première guitare en 1926 et termine cinq ans plus tard ses études à l’Université d’Ottawa. Installé à Québec en 1934, il devient annonceur radiophonique à CHRC et suit des cours de guitare avec Victor Angelillo. C’est en 1936 qu’il écrit Notre sentier, sa première chanson. Avec l’auteur Yves Thériault (1916-1983), il produit à Trois-Rivières en 1937 une série radiophonique dans laquelle il chante à l’occasion. Tentant sa chance à Montréal en 1939, il se lie d’amitié avec le jeune réalisateur Guy Maufette (1915- ) qui lui décroche de petits rôles dans des radio-romans, dont Rue Principale (1941), Vie de famille (1941), Un homme et son péché (1941) et La fiancée du commando (SRC, 1943-1944). Félix écrit quelques textes pour la SRC et obtient en 1941 sa propre série, intitulée Je me souviens, dont la musique est écrite par le célèbre compositeur québécois Hector Gratton (1900-1970). Certains de ses textes suscitent suffisamment d’intérêt pour qu’ils soient édités sous les titres Adagio (1943), Allegro et Andante (1944). Un de ces textes, Sanctus, est même joué en avril 1943 par la troupe Les Compagnons de Saint-Laurent, dont Leclerc fait occasionnellement partie. Marié en 1942 à Andrée Viens, il s’installe en février 1943 à Saint-Jovite puis emménage, en septembre de la même année dans la maison des Compagnons de Saint-Laurent à Outremont. À la radio de la SRC, il anime en 1945, L’encan des rêves, puis entre avril et juin 1946, Théâtre dans ma guitare. Passionné d’écriture, Félix Leclerc se retire à l’Île d’Orléans en juin 1946 dans une cabane sans eau ni électricité et complète le roman Le fou de l’île, qui  paraîtra en France en 1958, et le récit autobiographique Pieds nus dans l’aube qui est édité en décembre de la même année. Il faut souligner ici que les œuvres littéraires de Leclerc remportent un succès de vente remarquable pour l’époque.

Dans la deuxième partie de la décennie, Félix Leclerc ajoute le théâtre à sa palette d’expression. Avec les Compagnons de Saint-Laurent, il tient en novembre1946 des petits rôles dans Les précieuses ridicules et Le médecin malgré lui de Molière, au New England Mutual Hall de Boston. Résidant à Les Chenaux, le vaste domaine que possèdent les Compagnons à Vaudreuil, Félix Leclerc voit sa pièce Maluron jouée en mars 1947 par les Compagnons. La même année, avec son beau-frère, Yves Viens, et Guy Maufette, Félix Leclerc fonde la Compagnie VLM, une troupe de théâtre qui monte, le 23 octobre 1948, la pièce Le p’tit bonheur à la salle paroissiale de Vaudreuil. Pour faciliter les changements de décors et de costumes entre les onze saynètes, Félix Leclerc interprète de petits refrains qu’il a composés pour la circonstance. VLM monte en 1949, La petite misère et La caverne des splendeurs qui remporte le Premier Prix du Concours de théâtre organisé par les Amis de l’Art. À la radio, quelques uns de ses textes sont joués dans le cadre du Radiothéâtre de la SRC pour laquelle il anime en 1949, La ruelle aux songes, quart d’heure hebdomadaire où Jean-Pierre Masson (1918-1993) et Robert Gadouas (1927-1969) lisent ses textes. À cet effet, pour que vous puissiez vous faire une idée du théâtre qu’écrivait Félix Leclerc à cette époque, nous avons inclus L’affaire décourageante, une saynète de sa pièce Le petit bonheur, ainsi que Sandale le charmeur, un texte radiophonique très rare. Le théâtre de Félix Leclerc est plutôt mal reçu par les critiques. Gilles Marcotte (Le Devoir, 5 mai 1951) écrira : “Dans son Théâtre de Village, Félix Leclerc semble toucher le fond. (...) Pour nous l’aventure est finie…” Par contre, les mêmes critiques sont em­ballés par ses chansons : “J’en arrive à ce qui fut pour moi une véritable révélation : Félix Leclerc, chansonnier. Ses chansons rendent avec infiniment plus d’expression ce qu’il a voulu donner dans ses poèmes et dans ses contes. (...) Je salue même en lui notre premier véritable chansonnier.” Jacques Giraldeau (Notre Temps, 26 mars 1949)

Depuis qu’il a acheté sa première guitare 25 ans plus tôt, Félix Leclerc a toujours composé et chanté ses propres chansons qu’il a présentées pour agrémenter ses émissions de radio. Il en émaille également ses pièces de théâtre, comme ces chansons qui servaient de musique de scène à la pièce Le p’tit bonheur ainsi que la chanson Les deux sœurs, extraite de La petite misère (1949) et que Patachou fut la seule à graver. Félix Leclerc n’est vraiment pas à l’aise sur une scène et fuit les mondanités. Sous la pression de ses amis et pour arrondir ses fins de mois, il accepte de donner quelques spectacles en 1949, mais loin de Montréal. Un soir, dans la salle du séminaire de Rimouski, Gilles Vigneault est émerveillé par ce qu’il entend. Au printemps de 1949, la SRC lui confie une émission d’un quart d’heure : Félix Leclerc et ses chansons - tous les mercredis à 19h45. Au début de 1950, il participe au Concours de chansonnettes du magasine Radio ‘50 et présente ses chansons Le p’tit bonheur, Moi mes souliers et Notre sentier, car plusieurs des chansons qui font aujourd’hui sa renommée, sont déjà écrites depuis quelques années. À 36 ans, marié, un fils, Félix Leclerc ne se voit vraiment pas comme une vedette de la chanson.

Le reste de l’histoire pourrait s’intituler : Théâtre dans ma guitare...
Acte I : Au début de 1950, la vie musicale bat au rythme des Nuits de Montréal. Un vedettariat local commence à se former dans les cabarets qui sont les salles de spectacles populaires de l’époque. Depuis décembre 1947, Jacques Normand (1922-1998) est l’animateur du cabaret Au Faisan doré, rue Saint-Laurent. Depuis l’arrivée de Pierre Roche (1919-2001) et de Charles Aznavour (1924- ) en décembre 1948, c’est désormais le cabaret à la mode. Jean Rafa (1910-1998), Monique Leyrac (1928- ), Aglaé (1934-1984), Fernand Gignac (1934- ), Denise Filiatrault (1932- ), Colette Bonheur (1927-1966) et sa sœur Guylaine Guy (1929- ) y font leurs débuts. La radio vit ses dernières années de gloire. Fondée à Verdun en 1946, la station de radio CKVL est vite devenue très populaire grâce à Jacques Normand et son émission Le fantôme au clavier et à La parade de la chansonnette française qu’anime Guy Maufette, le meilleur ami de Félix Leclerc.

Acte II : Au début de juillet, l’imprésario français Jacques Canetti (1909-1997) fait une visite éclair à Montréal afin de promouvoir les chansons du répertoire du label Polydor. En soirée, il est attablé au Faisan doré avec Jacques Normand, Jean Rafa - un Parisien qu’il connaît bien, Guy Bélanger (1924- ), un auteur-compositeur et réali­sateur à CKVL, et quelques autres habitués de ce cabaret. Canetti vient d’abord pour trouver des engagements pour ses protégés français et accessoirement dénicher des artistes intéressants au Québec, préférablement établis et avec de l’expérience. Jacques Normand ne cesse de lui parler d’un certain Félix Leclerc, un inconnu déjà passablement vieux. Canetti ne semble pas intéressé. Normand revient à la charge jusqu’à se fâcher et quitter la table. Et Rafa d’expliquer à son compatriote un peu médusé qu’effectivement, ce Félix Leclerc a vraiment quelque chose de particulier. Canetti repart le lendemain soir et n’a pas beaucoup de temps à lui consacrer. Rafa et Bélanger réussissent à le convaincre de se rendre au poste CKVL le lendemain matin pour entendre Leclerc. Malgré l’heure tardive, Rafa réveille Pierre Dulude, réali­sateur de l’émission La parade de la chansonnette française à CKVL et lui explique la situation. Tous deux savent bien que Félix, absolument insensible au vedettariat, n’acceptera pas de faire le trajet depuis Vaudreuil pour se pavaner devant un imprésario français. C’est Dulude qui trouve l’astuce : l’organisation d’une petite fête pour Jean-Pierre Masson qui lisait les textes de Félix dans La ruelle des songes. On va lui demander d’enregistrer quelques chansons pour l’évènement dans les studios de CKVL. Dulude réveille Guy Maufette qui réussira à convaincre Leclerc de ce prétexte fallacieux. Le piège est en place. Canetti se présente à CKVL où le patron, Jack Tietolmans (1909-1995), lui assure qu’il fait fausse route : “You’re losing your time, this guy’s not a success!”. À 11h00 Félix est au rendez-vous et Dulude, sans lui présenter Canetti, l’installe dans un studio. Après quelques chansons, Canetti est conquis. Il se présente au chansonnier et lui offre sur le champ un contrat avec la maison Polydor dont il est le directeur artistique en France. Il demande à Dulude d’enregistrer autant de chansons que Félix voudra. À 16 heures, Dulude et Leclerc se présentent au Ritz-Carlton et Félix signe, sans le lire, le contrat d’enregistrement et de gérance que Canetti lui propose. En attendant son avion, Canetti va souper avec Dulude. “Que pensez-vous de Félix Leclerc, le cowboy canadien pour les affiches ?” Dulude biffe le mot cowboy. Restera donc Félix Leclerc, le Canadien...  qu’on apercevra bientôt sur les marquises françaises pendant des années. À 19 heures, Canetti repart pour Paris avec une douzaine de disques (transcription-radio) dans ses bagages.

Acte III :
Félix est rentré à Vaudreuil sans vraiment croire à l’importance de ce qui venait de se passer. À la fin de septembre, il reçoit une lettre lui signifiant un contrat d’engagement de cinq semaines à l’ABC de Paris pour la fin décembre 1950. Le patron de l’ABC, Mitty Goldin, n’a évidemment jamais entendu parler de Félix Leclerc. Cependant, il voulait absolument faire passer dans sa boîte Robert Lamoureux (1920- ), un autre protégé de Canetti qui a exigé que Goldin engage également Félix Leclerc. Les Compagnons de la Chanson reviennent d’une tournée en Amérique et sont programmés eux aussi à l’ABC à la fin de décembre. Le soliste Fred Mella a épousé la comédienne québécoise Suzanne Avon et tous deux vantent à Goldin le talent de Leclerc. Il sera donc incorporé au programme qui comprend également Jacqueline François, René Paul, Champi et les Bogdadis. Pendant ce temps, lettre à la main, Félix hésite encore. Il faut que ses amis le poussent pour qu’il prennent l’avion le 5 décembre pour aller remplir l’engagement. Félix n’est jamais allé à Paris et ne croit pas qu’il a véritablement une carrière de chanteur. Alors, que risque-t-il ? Une semaine ou deux de relatif anonymat dans ce qu’il croit être une petite boîte. Mais l’ABC est au contraire une salle populaire et très à la mode. Cet ancien théâtre du boulevard Poissonnière a été transformé en 1934 en music-hall par Goldin. Charles Trenet (1913-2001) y est passé en 1938. Patachou (1918- ), les Compagnons, Bourvil (1917-1970), Georges Ulmer (1919-1989) et bien d’autres s’y sont fait connaître. C’est le journaliste Rudel-Tessier (1913-1989) qui accueille Félix à l’aéroport et l’installe dans une petite chambre de l’hôtel Crystal, rue Saint-Benoit, près de Saint-Germain-des-Prés. Rafa arrive quelques jours plus tard et tout en lui servant de guide, lui remonte le moral. Car Félix sait maintenant qu’il fera partie d’un spectacle couru dans un grand music-hall et qu’il s’est mis dans un fichu pétrin, lui qui a très peu d’expérience de la scène. Le mardi 22, à la répétition, Paul Colline, le directeur de l’ABC, lui recommande d’enlever son pied de la chaise et de saluer entre les chansons. Mais c’est Canetti qui avait raison et en soirée, le succès est immédiat. La rumeur se répand. Edith Piaf (1915-1963) et Maurice Chevalier (1888-1972) viennent entendre Le Canadien dans les jours qui suivent. Dans son édition du 30 décembre, Le Figaro souligne : “Les Compagnons de la chanson nous reviennent d’Amérique avec une auréole plus resplendissante que jamais. Ils ont pris rang parmi les vedettes internationales (...) Nous avons applaudi aussi, à l’ABC, Champi qui sait si bien raconter les histoires, René Paul, descendu tout exprès de Montmartre, et Félix Leclerc, qui a eu beaucoup de succès...”

Les premières chansons
Canetti n’a d’autres enregistrements de Leclerc que les transcriptions réalisées six mois plus tôt dans les studios de CKVL. Il lui arrange donc des sessions d’enregistrements dès le début de janvier 1951. C’est le chef d’orchestre André Grassi (1911-1972) qui réalisera les arrangements de quelques chansons, dont Le p’tit bonheur, Bozo, Le roi heureux, L’hymne au printemps, Le bal et Écho. Depuis 1948, l’Académie Charles-Cros décerne une trentaine de prix internationaux à des enregistrements de langue française. Les mises en candidature se terminent fin janvier. Canetti y présente Moi mes souliers, et à la surprise de tous, la chanson est primée le 21 février 1951. Le prix de Leclerc voisine ceux remis à Charles Trenet et Yves Montand. Paul Gourdeaux écrit dans Paris-Match : “Un trappeur de 36 ans, Félix Leclerc, grâce à quatre disques parus récemment chez Polydor, est devenu en quelques heures la révélation de l’année.” L’album Félix Leclerc et ses chansons est fin prêt et c’est le réputé poète Pierre Mac Orlan (1882-1970) qui signe la préface. Canetti programme ensuite pendant 14 mois sa découverte au théâtre Les trois baudets qu’il a ouvert en 1947.
Au Québec, c’est la surprise. Le paysan dont on se moquait hier a conquis Paris sans rien changer à son allure, à ses textes ou à sa langue. Et dire que la plupart des interprètes québécois s’évertuaient à paraître plus français que les Français ! Au cours d’un bref séjour à Montréal en avril 1951, Félix Leclerc est reçu en grande pompe à l’Hôtel de Ville par le maire Camilien Houde et est en vedette pendant cinq soirs au Continental, cabaret de la rue Saint-Urbain où se trouve son ami et MC, Jacques Normand. Ce dernier introduit ainsi son ami : “Avant de vous faire entendre le célèbre chansonnier canadien, permettez-moi de remercier ici la France et les critiques français qui nous ont révélé Félix Leclerc !” De retour à Paris, Félix retourne en studio où il enregistre Chanson de nuit, Épousailles, Le petit ours, L’homme au vélo, Tu allumes ma nuit et plusieurs autres. Ses deux premières années en France sont marquées de tournées ininterrompues, de spectacles aux Trois Baudets et de sessions d’enregistrements. Félix Leclerc ne revient chez lui qu’en 1953 et accepte de nouveau une série de spectacles que lui propose son ami Jacques Normand au Continental. Mais Félix refuse la majorité des offres qui lui sont faites, y compris une invitation au Ed Sullivan Show, l’émission de télévision américaine la plus suivie. Il fait cependant une exception pour Carrousel, la nouvelle émission de télévision de son ami Guy Mauffette, en novembre ‘53. Il veut se remettre à l’écriture dont la chanson l’a tenu éloigné. Pour la télévision, il écrit le téléroman Nérée Tousignant (SRC, 1956) et signe des sketches pour l’émission Eaux vives (SRC). Ce n’est qu’en 1957 qu’il consentira à enregistrer un deuxième album qui remportera également un prix de l’Académie Charles-Cros en mai 1958.

La révolution Leclerc
On ne soulignera jamais assez la véritable révolution qu’a amenée Félix Leclerc, non seulement dans la chanson québécoise, mais dans toute la chanson francophone. En 1950, le concept du chansonnier, c’est-à-dire un auteur-compositeur qui chante ses propres chansons, demeure très marginal en France. Trenet fait pratiquement cavalier seul  pendant plus d’une décennie et sa musique, bien que superbe, est généralement au goût du jour. Plus avant-gardiste, le duo Roche et Aznavour triomphe à Montréal mais ne trouve que peu d’écho à Paris. Ferré (1916-1993) en est encore à fomenter ses premiers chef-d’œuvres dans les caves enfumées de Saint-Germain-des-Prés. Peut-être à cause de l’exotisme, Paris fait un triomphe à ce trappeur venu de loin, à contre-courant des modes. Brassens (1921-1980) et Brel (1929-1978) souligneront régulièrement que c’est la réussite de Leclerc qui les a vraiment décidés à tenter leur chance.
Curieusement, le succès de Félix Leclerc n’a pas déclenché au Québec l’éclosion d’une vogue de chansonniers. Il y avait ceux qui croyaient que ce succès initial, probablement dû à l’exotisme de la cabane au Canada, ne durerait pas. Puis la musique nord-américaine subissait les premiers assauts du Rock And Roll, faisant paraître encore plus anachronique le troubadour de La Tuque. D’ailleurs, les disques de Félix Leclerc ne tournaient pas souvent à la radio. Raymond Lévesque (1928- ) s’était expatrié en France en 1953. Jacques Blanchet (1930-1980) vivotait de succès d’estime. Mais le feu couvait sous la braise. Le Concours de la chanson canadienne, conjugué à l’immense pouvoir de la télévision naissante, allait secouer l’indifférence. Et lorsque les chansonniers Hervé Brousseau (1937- ), Clémence DesRochers (1933- ), Claude Léveillée (1932- ), Jean-Pierre Ferland (1934- ) et Raymond Lévesque décidèrent de se regrouper pour ouvrir leur propre boîte à chansons le 14 mai 1959, ils l’appelèrent CHEZ BOZO.

LES VERSIONS OUBLIÉES
Comment est-il possible qu’autant d’enregistrements d’un artiste de la stature de Félix Leclerc puissent être tombés dans l’oubli ? Tout comme vous, j’ai entendu à la radio Le petit bonheur ou Moi, mes souliers, en versions acoustiques avec le contrebassiste Willy Lockwood. On retrouve ces titres sur un album Philips intitulé Mes premières chansons. Puis au fil des ans, j’ai mis la main sur les premiers 78 tours de Félix et des rares transcriptions radio. Après comparaison et analyse des gravures, j’ai alors constaté que ces versions originales étaient incontestablement différentes de celles que je connaissais et que l’on diffuse à la radio. Plus tard, on découvre des chansons qui sont étrangement oubliées et par le vinyle et par le CD (L’homme au vélo, Tu allumes ma nuit, Chanson de nuit, etc). De plus, il y avait cette version du Train du nord dont la technique d’enregistrement est si différente des sessions studio de Paris que nous n’hésitons pas à croire qu’il s’agit d’un des démos enregistrés à CKVL en juin 1950 pour le bénéfice de Jacques Canetti. La rupture entre Félix et Jacques Canetti ne se réalise pas dans la joie. En 1959, Félix Leclerc prend conscience que Canetti n’avait pas été juste avec lui et met fin à leur collaboration. Il signe alors un contrat avec Philips, concurrent de Polydor (les deux compagnies seront fusionnées en 1972). Charles Apothélouze, le nouveau gérant de Félix, lui fait alors reprendre plusieurs de ses premières chansons pour moderniser le son et obtenir des enregistrements stéréophoniques. On les présente alors sur un album intitulé également... Mes premières chansons. Ce sont ces enregistrements que nous entendons régulièrement à la radio et que notre oreille reconnaît invariablement et qui nous sont présentées depuis sur de nombreuses compilations. Pour compliquer la situation, on indique sur les disques et dans les divers registres les dates des parutions originales, celles que l’on retrouve sur les feuilles de musique, alors que les versions commercialisées sur disque datent du début des années 1960. Canetti, qui possédait les droits sur les premières versions de Leclerc, ne les remit jamais en circulation après 1959. Ces premières chansons étaient éditées par Raoul Breton, une société d’édition française dont le propriétaire actuel est Charles Aznavour. Nous avons ajouté à notre sélection Le petit bonheur, que Monique Leyrac a enregistré à Paris en 1952, ainsi que Les deux sœurs, une chanson de Félix que personne d’autre que Patachou n’a enregistrée. Les titres Les noces d’or, Je cherche un abri pour l’hiver, Ailleurs et En muet paraissent aussi pour la première fois, grâce à la collaboration de nos collectionneurs.

La gloire malgré lui
Ce succès que Félix Leclerc n’avait pas cherché durera trente ans. On fera de lui le père de la chanson québécoise, lui qui était inconfortable sur une scène et qui aurait bien aimé qu’on le reconnaisse avant tout pour son théâtre et ses écrits. C’est d’ailleurs à cause de critiques négatives sur sa pièce Les temples qu’il quitte le Québec en 1966 pour s’installer en Suisse pendant trois ans. Mais le Québec de la Révolution tranquille perd rapi­dement ses complexes et Félix revient y bâtir sa maison sur l’Île d’Orléans. Au troisième prix de l’Académie Charles-Cros en 1973, pour l’ensemble de sa carrière, viendront s’ajouter d’autres prix et distinctions dans son pays et en Europe. Il passe les dix dernières années de sa vie dans sa retraite de l’Île d’Orléans où il s’éteint paisiblement le 8 août 1988.
Robert THERIEN

Les Archives nationales du Québec (ANQ) ont le mandat de s’assurer de la conser­­vation et de la diffusion du patrimoine archivistique du Québec. Pour réaliser ce mandat, elles assument elles-mêmes la garde de millions de documents sous diverses formes – écrites, photographiques, sonores, visuelles, numériques –, mais elles comptent aussi sur le soutien et la collaboration de tous les citoyens et citoyennes autant les individus que les organismes, puisque le patrimoine archivistique est une richesse et une responsabilité collectives. Le présent CD exprime bien d’ailleurs cette nécessaire implication de plusieurs intervenants dans la préservation et la mise en valeur du patrimoine. C’est d’abord grâce à un citoyen, monsieur Noël Grenier, que les ANQ ont acquis cet enregistrement unique de Félix Leclerc. En effet, monsieur Grenier a non seulement réalisé lui-même cet enregistrement, mais il l’a aussi conservé pendant plus de quarante ans avant de nous le céder, conscient de son importance. Puis, une entreprise privée, XXI-21 Productions, vouée à la promotion du patrimoine sonore du Québec, a proposé, avec l’accord de la Fondation Félix-Leclerc, de diffuser largement cet enregistrement inédit d’un des plus grands chantres du Québec. Les ANQ sont donc heureuses de s’associer à cette production qui permet de perpétuer et de raviver la mémoire d’une personnalité remarquable qui fait maintenant partie intégrante de notre mémoire collective. Les ANQ réalisent ainsi leur mandat de faire connaître davantage les trésors qu’elles conservent et qui sont autant d’éléments essentiels de l’histoire et de la mémoire de toute nation.
Sylvie LEMIEUX - Directrice générale et conservatrice

Concert à l’Auditorium du couvent des sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge à Nicolet, en 1964
Enregistrement réalisé par Noël Grenier, 19 ans, le 16 avril 1964
Petite histoire d’une bande retrouvée
Vous tenez entre vos mains un enregistrement inédit de Félix en concert à l’Auditorium du Couvent des Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge à Nicolet le 16 avril 1964. C’est toujours une fête quand on découvre de tel fossile. Une bande demeurée cachée pendant près de 40 ans, et que l’on exhume, ça se célèbre. La résurrection de cette bande est le résultat de la volonté conjuguée de Nathalie Leclerc, fille de Félix, de Martin Lavoie, archiviste aux Archives nationales à Québec et de l’équipe de XXI-21, de s’assurer que cette captation en concert trouve une place de choix dans la discographie de Félix.
Le maître d’œuvre de cet enregistrement est Noël Grenier, un jeune de 19 ans en 1964, natif de Shawinigan et étudiant au Séminaire de Nicolet qui a eu l’opportunité, comme il le dit si bien, “d’essayer” sa nouvelle enregistreuse à bobine, récemment reçue en cadeau de sa mère. À 19 ans en 1964, en pleine vague yé-yé, est-on vraiment fan de Félix ? Honnêtement, Noël Grenier me raconte que ce n’était pas sa priorité... mais l’opportunité était bien là. Félix, déjà vedette dans la franco­phonie, est en récital à Nicolet. On enregistrera le concert pour maman. Le concert est prévu pour 19h30. Les pension­naires du Couvent et les étudiants des cinq classes supérieures du Séminaire de Nicolet, sont les seuls conviés à ce récital d’une durée approximative de 75 minutes. Pas de journaliste, pas d’admission générale. On apprend dans les archives du Séminaire que Les Loudis, une association d’élèves externes du Séminaire, a organisé ce concert. Sous l’œil vigilant des religieuses - Noël s’en rappelle encore - les garçons n’ont que quelques minutes pour prendre place dans l’auditorium, à l’arrière. Noël obtient l’autorisation d’aller voir Félix Leclerc en arrière-scène pour lui demander tout simplement s’il pouvait enregistrer le concert, la nouvelle enregistreuse étant le beau prétexte. Félix dit oui, et l’invite à se “brancher” dans l’ampli. Ce qui fut fait. C’était une foule passablement tranquille, se rappelle très bien Noël Grenier. On le constate d’ailleurs sur l’enregistrement : pas un bruit, sinon les applaudissements du public. Disons que pour un enregistrement concert, c’est assez silencieux. Faut-il  rappeler que nous sommes au Couvent des Sœurs de l’Assomption ? 

Dans le journal de la Maison-mère à la date du 16 avril 1964, il est écrit : “Nous reprenons, sans contrariété, le grand congé de la Fête de Saint-Joseph. Quelle belle détente ! À notre auditorium, ce soir, monsieur Félix Leclerc, invité du Club Loudis nous tient sous le charme de ses chansons folkloriques pendant plus d’une heure. Il a droit à nos chaleureuses félicitations.” Une religieuse, parmi les aînées au Couvent se souvient encore aujourd’hui des moindres détails : “La salle était archi-pleine, et on avait même rajouté des chaises dans l’allée, vu le nombre toujours grandissant des gens au concert. Comme la salle était bondée et que le spectacle allait commencer, monsieur Leclerc s’est avancé et a demandé si tout le monde était là. La salle étant comble, plusieurs petites pensionnaires n’avaient pu y pénétrer et elles étaient retournées aux dortoirs, se préparer pour la nuit. Monsieur Leclerc a alors demandé qu’on aille les chercher, même en pyjama, et leur a dit de s’installer à ses pieds, tout autour de lui, sur la scène. Inutile de dire que tout le monde fut ravi.” On retrouve une courte note sur ce concert dans le journal personnel du directeur des élèves du Séminaire : Nicolet, 16 avril 1964. Le chansonnier Félix Leclerc à l’auditorium des Sœurs de l’Assomption. Invitation des 5 classes supérieures. Les Loudis ont organisé ce concert de chant. Retournons à notre concert. Noël Grenier est sur la scène, en retrait, près de l’enregistreuse - on ne le voit pas, mais lui a une vue imprenable : Félix et les filles. Par crainte de manquer de ruban, il arrête fréquemment l’enregistrement après chaque chanson et coupe dans les applaudissements. Un cruel manque d’attention à répétition, subjugué qu’il était par la vision - des jeunes filles - qui s’offrait à lui, a pour résultat de nous avoir fait manquer quelques introductions parlées de Félix, mais aussi d’avoir tronqué les premières mesures de cinq à six chansons. Monsieur oubliait de remettre l’enregistreuse en marche. Allons-nous lui pardonner ? Ces chansons n’apparaissent pas sur ce CD, et nous garderons les titres secrets pour la postérité. 

Le récital terminé, Noël remballe le tout et a lui aussi quelques minutes pour quitter... encore une fois sous l’œil vigilant des Sœurs de l’Assomption. Il écoutera l’enregistrement du concert une, deux fois peut-être, il n’est plus tout à fait sûr. L’enregistreuse à bobine rendra l’âme et le ruban restera caché dans une boîte pendant toutes ces années. Quarante ans exactement. Pourquoi cette bande en particulier a-t-elle résisté au temps ? Il y a eu successivement, mariage, déménagements, emménagements, ménages improvisés de très nombreux printemps, les enfants, l’humidité ? Cette bande comme tant d’autres souvenirs qui trouvent invariablement le chemin des poubelles au fil des ans, ne devrait plus être de ce monde. Noël Grenier n’est pas collectionneur, ni historien de la musique, il me confirme que c’est le hasard tout simplement. C’est donc ça le fruit du hasard ! Ça existe, on y goutte en ce moment, et c’est tellement bon.

Au fait, combien existe-t-il d’enregistrements commerciaux de Félix en concert (Live) qui n’ont pas encore vu le jour en configuration CD ? Selon Robert Thérien, il en resterait un seul : Merci la France (Théâtre Montparnasse, 1975, Polydor, 2 LP). Existe aussi une transcription-radio hors commerce d’un concert que Radio-Canada capta en 1972, à Camp Fortune (Gatineau), d’une durée de 20 minutes. Sur CD, on propose Félix de toutes sortes de façons, dont le concert au Théâtre de l’Île d’Orléans avec Claude Léveillée (Polydor, 1976) qui a trouvé preneur chez l’éditeur Amplitude, mais on a tronqué toutes les prestations de Claude Léveillée ... Rappelons qu’en 1998 paraissait en petit tirage chez Analekta un autre important disque témoin de l’art de Félix en concert : un récital à la Butte à Mathieu, enregistré circa 1961. Une bande exhumée des archives de la Butte à Mathieu. Le disque n’est malheureusement plus disponible. Il y a de toute évidence de très fortes chances que d’autres bandes inédites de Félix en concert puissent exister. Elles doivent dormir quelque part. D’ailleurs ces bandes de Félix et des autres artistes de cette époque, ne sont peut-être pas aussi rares que l’on pourrait le croire, plusieurs collectionneurs en possèdent mais hésitent à rendre public leur trésor, à le partager. À l’instar des grands de la chanson française, Félix a laissé sur disques commerciaux un corpus relativement facile à répertorier. Pourtant nous publions dans ce coffret, sur les deux premiers cds,  un florilège de chansons et de versions inédites de ses débuts (1950-1954). Du répertoire pourtant existant mais en si rare quantité, que ces 78 tours et transcriptions-radio étaient tout simplement tombés dans l’oubli. Pour ces nombreuses lacunes, il y a les collectionneurs ; ceux qui contribuent à enrichir notre patrimoine sonore en nous faisant connaître l’existence de ces gravures mais aussi en permettant leur diffusion. Dans la totalité des cas, je vous l’assure, c’est de l’abnégation totale. Nous voudrions souligner l’inestimable partici­pation de la passionnante équipe de la section des archives audiovisuelles et sonores des Archives nationales à Québec, Martin Lavoie, son jeune archiviste en tête. Les ANQ ont fait connaître à XXI-21 Productions l’existence de cette bande dans leurs archives, après un dépôt effectué par Noël Grenier. Nous avons aussi eu accès à une surprenante collection de photos inédites de Félix dont les clichés ont été effectués en Europe et au Québec entre 1965 et 1970. Nous en reproduisons plusieurs dans ce livret. Cette exceptionnelle collection est le fruit du travail du photographe et cinéaste Jean-Louis Frund. Félix avec Brassens, Devos, Michel Legrand, ça n’a pas de prix.Merci Monsieur Grenier pour votre audace un certain 16 avril 1964, votre apport à notre patrimoine rend bien des québécois heureux aujourd’hui.
Martin DUCHESNE
© 2008 XXI Productions & Frémeaux & Associés
Groupe Frémeaux Colombini SAS

L’Espace Félix-Leclerc
L’Espace Félix-Leclerc, situé à l’entrée de l’Île d’Orléans, présente l’œuvre du poète Félix Leclerc. Ouvert à l’année, ce lieu comprend une boîte à chansons de 130 places qui accueille des noms connus de la chanson québécoise et française et les plus talentueux artistes de la relève. À l’étage, s’ouvre un vaste espace où l’on découvre l’exposition permanente sur la vie et l’œuvre de Félix Leclerc ainsi qu’un centre de documentation riche en sources audio et vidéo. L’escalier qui mène à l’exposition permanente se transforme en galerie d’art où sont présentées des œuvres originales d’artistes de renommée. Il est aussi possible de se restaurer au café de l’Espace et de visiter la boutique. À l’extérieur, les sentiers vous font découvrir l’intérieur de l’Île, ses boisés et ses champs en culture, dans une promenade parsemée de poésie.

Espace Félix-Leclerc
682 Chemin Royal
Saint-Pierre-de-l’Île d’Orléans
GOA 4EO
Téléphone : 418.828.1682
Télécopie : 418.828.1963

english notes
Born in La Tuque, Mauricie (Canada) on 2 August 1914, Félix Leclerc spent his childhood with his 10 brothers and sisters in a family where music was omnipresent.  He purchased his first guitar in 1926 and, five years later, finished his studies in the University of Ottawa.  In 1934 he settled in Quebec and became a radio announcer for the CHRC, while still pursuing his guitar lessons with Victor Angelillo.  In 1936 he wrote his first song, Notre Sentier.  With writer Yves Thériault he was on the air in a radio series in Trois-Rivières in 1937 in which he sometimes sang.  In 1939 he tried his luck in Montreal, befriended the young producer Guy Maufette who offered him some small roles in radio dramas including Rue Principale, Vie de Famille, Un Homme et son Péché and La Fiancée du Commando and wrote for the SRC to be given his own series of radio broadcasts in 1941 entitled, Je me souviens, music signed by the famous composer Hector Gratton. Some of his texts were published:  Adagio (1943), Allegro and Andante (1944).  In 1942, Leclerc married Andrée Viens and moved to Saint-Jovite, and in September 1943 took lodgings in the house of the theatre troupe, Les Compagnons de Saint-Laurent in Outremont.  On the SRC in 1945, he hosted L’Encan des Rêves followed by Théâtre dans ma Guitare between April and June 1946. Félix Leclerc retired to the Ile d’Orléans in June 1946 where he completed the novel Le Fou de l’Ile and the autobiography Pieds nus dans l’Aube.  He literary works sold very well for the period. In the latter part of the decade, Leclerc added theatre to his palette of expression, taking small roles with the Compagnons de Saint-Laurent and his own play, Maluron was staged in 1947.  With his brother-in-law, Yves Viens and Guy Maufette, Félix Leclerc founded the Compagnie VLM, their own theatrical group.  Here, we have selected L’Affaire décourageante and Sandale le Charmeur to give an idea of his stage work.

But whereas the critics found fault with his theatrical leanings, they were delighted by his songs.  For the previous 25 years, Félix Leclerc had composed and sung his songs which he used in his radio broadcasts.  In 1949 he gave a few concerts and, spotted by Gilles Vigneault, was given a weekly 15-minute spot on the SRC.  In early 1950, he entered the the Concours de chansonnettes of Radio ’50 and presented Le p’tit Bonheur, Moi mes Souliers and Notre Sentier.  At the age of 36 Félix Leclerc didn’t truly envisage a career in singing. During that period, local stars were billed in Montreal cabarets, the most fashionable being Au Faisan doré, hosted by Jacques Normand.  In July 1950, the French impresario Jacques Canetti made a trip to the city to promote songs for the Polydor label.  When Normand spoke of the talented Leclerc, Canetti was uninterested and his doubts were later confirmed in the CKVL studios when the station’s boss, Jack Tietolmans, told him, ‘You’re losing your time, this guy’s not a success!’.  But after hearing a few of Félix’ songs, Canetti changed tune and offered him a contract with Polydor which Félix accepted. Félix returned home without realizing the significance of this document.  In late September, he received a letter notifying him of a five-week stint at the Paris ABC music-hall in December, where the Compagnons de la Chanson were also billed.  Despite his initial apprehension, Leclerc set off for the French capital and was immediately successful on this prestigious stage, inciting icons such as Edith Piaf and Maurice Chevalier to go and see ‘Le Canadien’. Canetti organized recording sessions for the artist, beginning in January 1951 and band leader André Grassi acted as arranger of some songs including Le p’tit Bonheur, Bozo, Le Roi heureux, L’Hymne au Printemps, Le Bal and Echo.  In February of the same year, Moi mes Souliers won an Académie Charles-Cros award, his debut album was finalized and Canetti organized his 14-month billing in the theatre Les Trois Baudets.

Quebec was astounded by Leclerc’s overnight success and when the singer briefly returned to Montreal in April 1951 he was warmly welcomed by the mayor Camilien Houde and starred for five nights in the Continental cabaret.  Back in Paris, Félix recorded Chanson de Nuit, Epousailles, Le petit Ours, L’Homme au Vélo, Tu allumes ma Nuit as well as several other tunes.  His first two years in France were marked by never-ending tours, shows at Les Trois Baudets and recording sessions.  Félix Leclerc only returned home in 1953 and again accepted a series of shows offered by his friend Jacques Normand at the Continental.  But the star refused most propositions, including an invitation on the Ed Sullivan Show.  However, he did appear on Carrousel, Guy Mauffette’s new television show, in November 1953.  He also began writing once again.  He wrote the TV drama Nérée Tousignant (SRC 1956) and signed sketches for the show Eaux vives (SRC).  Only in 1957 did he cut a second album which also won an Académie Charles-Cros award in May 1958. Félix Leclerc revolutionized not only song in Quebec, but French song in general.  In 1950 the song-writer-cum-singer, or chansonnier, was not commonly found in France, and it was perhaps this difference which boosted his success.  Charles Trénet was one of the few and far between to both write and sing.  The Roche and Aznavour duo triumphed in Montreal but had little impact in Paris.  Ferré was still working on his first chef d’oeuvres in the smoky basements in Saint-Germain-des-Prés.  Georges Brassens and Jacques Brel both admitted that Leclerc’s success incited them to try their luck in the trade.

The vogue for chansonniers was slow to follow in Quebec, but there again North American music was hit by Rock and Roll and Leclerc’s discs were not often played on the radio. However, the genre did spread eventually.  And when Hervé Brousseau, Clémence DesRochers, Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland and Raymond Lévesque decided to open their own club in May 1959, they called it Chez Bozo. How could so many of Leclerc’s recordings be now forgotten?  Some of his songs are known by all, such as the acoustic versions of Le petit Bonheur and Moi, mes Souliers, featured on the Philips album, Mes premières Chansons. But many of his titles exist in varying versions and some have been completely omitted from album or CD selections (L’Homme au Vélo, Tu allumes ma Nuit, Chanson de Nuit, etc). Then there is the version of Le Train du Nord which boasts totally different recording techniques from those used in the Paris sessions, leading us to believe it must be one of the CKVL demos made in June 1950 for Jacques Canetti. In 1959, Leclerc ended his collaboration with Jacques Canetti and signed a contract with Philips, a Polydor rival (the two companies were to merge in 1972).  The company modernized the sound of his first songs which were featured on an album also entitled Mes premières Chansons. In the present selection we have added Le petit Bonheur which Monique Leyrac recorded in Paris in 1952 and Les deux Soeurs, a song signed by Félix and which only Patachou recorded.  Les Noces d’Or, Je cherche un Abri pour l’Hiver, Ailleurs and En muet are also featured for the first time thanks to the help of our collectors. Félix Leclerc was successful for thirty years and is recognized as the father of Quebec song, although he was uneasy on stage and would have preferred being principally acknowledged for his plays and writing.  Following the criticism of his play Les Temples he left Quebec in 1966 to settle in Switzerland for three years, but he then returned to build a house on Ile d’Orléans.  With a third Académie Charles-Cros award in 1973 plus other honours in both Canada and Europe, he spent his last ten years on Ile d’Orléans and died in his sleep on 8 August 1988. Many thanks to Laval Rhains, Michel Picard, Sylvain Michaud and Eric Boisclair for lending their immense collections (78s, private recordings, transcriptions, etc.) as well as for their collaboration and enthusiasm. As Félix Leclerc once said, “… Don’t forget pioneers … I love pioneers.” So do we.
Adapted by Laure WRIGHT from the french texts of  Martin DUCHESNE and Robert THERIEN
© 2008 Frémeaux & Associés - Groupe Frémeaux Colombini SAS

discographie
CD 1
 1 - Intro XXI-21  0’18
 2 - Le p’tit bonheur  3’08 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1/1951  / Quality P-061 - Polydor 560.250
3 - L’hymne au printemps  2’28 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1951  / Quality P-090 - Polydor 560.292
 4 - Moi, mes souliers 2’09 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 - Quality P-062
 5 - Le roi heureux 2’06 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 - Quality P-062
 6 - Le train du Nord 2’47 / Acc. Guitare - Montréal, 7/1950 ? / Quality P-072 - Polydor 560.255
 7 - Bozo 3’27 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1951  / Quality P-093 - Polydor 560.293
 8 - Contumace 2’59 / Acc. Guitare - Paris, 1952 - Quality P-132
 9 - Le bal 1’28 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 - Quality P-062
10 - Écho 3’00 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 4/1951 / Quality P-102 - Polydor 560.321
11 - Prière bohémienne  2’24 / Acc. Guitare - Paris, 1952 / Quality P-148 - Polydor 560.446
12 - Complot d’enfant 1’06 / Acc. guitare / enregistrement “live”dans sa loge aux Trois Beaudets - Paris, 4/1951 / Collection privée
13 - Francis 2’07 / Acc. Guitare - Paris, 1952  / Quality P-127 - Polydor 560.357
14 - La chanson du pharmacien 1’16 / Aussi, Danse paysanne, Acc. Guitare  / Paris, 1952 - Polydor 560.447
15 - Le petit ours  3’31 / Orchestre d’André Grassi, Paris, 1952  / Quality P-127 - Polydor 560.357
16 - La complainte du pêcheur 2’40 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 / Quality P-073 - Polydor 560.25
17 - Épousailles 2’42 / Aussi, Matin de noces - Orchestre d’André Grassi / Paris, 10/1951 - Quality P-105
18 - Chanson de nuit 2’36 / Orchestre d’André Grassi  / Paris, 10/1951 - Quality P-105
19 - En muet  2’39 / Acc. Guitare - Montréal ? / date ? / Collection privée
20 - Je cherche un abri pour l’hiver 2’30 / Duo avec Suzanne Valéry - Acc. Guitare  / Montréal ? / date ? - Collection privée
21 - Les noces d’or 2’03 / Paroles et musique, Jean-Pierre Ferland / Acc. Guitare - Montréal ? / date ? / Collection privée
22 - Ailleurs 1’56 / Acc. Guitare - Montréal ? / date ? / Collection privée
23 - Le Québécois 3’11 / Enregistrement “live” - Orchestre inconnu / Montréal ? / date c. 1953 - Collection privée
24 - Sandale le charmeur 10’11 / Conte dramatique avec : Robert Gadouas - le chauffeur d’autobus, Paul Dupuis - le juge, Jean Coutu - Sandale, Montréal, c. 1954 - Collection privée

Tous les titres / Paroles et musiques : Félix Leclerc (sauf, 21)
Les dates indiquées = dates d’enregistrement lorsque disponibles
Sources : 78 tours Quality Records (Québec), 78 tours Polydor (France)

CD 2
 1 - L’homme au vélo 3’38 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1952 / Quality P-140
 2 - Le boiteux amoureux 3’03 / Orchestre d’André Grassi / Paris, 1952 / Polydor P-143
 3 - Le galérien 3’02 (Maurice Druon / folklore russe) Acc. Guitare - Extrait de Succès de la revue Polydor / Paris, 1953 - 25 cm / Polydor 530.015
 4 - Le train du Nord 2’33 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 / Quality P-072 - Polydor 560.255
 5 - Le petit bonheur 2’49 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 / Quality P-061 - Polydor 560.250
 6 - MacPherson 2’41 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 / Quality P-073 - Polydor 560.256
 7 - Notre sentier 2’34 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 / Quality P-061 - Polydor 560.250
 8 - Tu allumes ma nuit 3’40 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1952 / Quality P-140
 9 - La complainte du pêcheur  3’30 / Orchestre André Grassi - Paris, 1951  / Quality P-101
10 - Demain si la mer 2’35 / Orch. André Grassi - Paris, 1951 / Quality P-101 - Polydor 560.292
11 - La danse la moins jolie  2’52 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1951 / Quality P-093 - Polydor 560.293
12 - La gigue 1’40 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951 / Quality P-072 - Polydor 560.255
13 - La mer n’est pas la mer  2’50 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1/1951  / Quality P-090 - Polydor 560.292
14 - Petit Pierre 1’26 / Acc. Guitare - Paris, 1/1951  / Quality P-072 - Polydor 560.255
15 - Présence 3’32 / Orchestre d’André Grassi - Paris, 1/1951 / Quality P-102 - Polydor 560.321
16 - Lettre de mon frère 1’33 / Acc. Guitare - Paris, 1952 - Polydor 560.447
17 - Pour la mort d’un chien 3’13 / Acc. Guitare - Paris, 1952  / Polydor 560.447
18 - Le petit bonheur 3’12 / Interprète : Monique Leyrac / Daniel White et son orchestre / Paris, 1952 - 45 tours RCA Victor 570184 / 78 tours Victor 150306
19 - Les deux sœurs 2’28 / Extrait de La petite misère (1948) / Interprète : Patachou - Jo Boyer et son orchestre / Paris, 1951 - Quality P-100
20 - La veuve 1’33
21 - Le banc sur la route 0’53
22 - Le héros 2’17
23 - Finale du Petit bonheur 1’30
24 - Prologue du Petit bonheur 0’39
25 - La muette 1’56
26 - Visite à l’hôpital 1’09
27 - L’affaire décourageante 1’49 / Chansons du Théâtre de Village Le p’tit bonheur / Acc. Guitare - Paris, 1952 - Quality P-147 / 45 tours / EP Polydor 576-022
28 - L’affaire décourageante 12’28 / Extrait de la pièce Le p’tit bonheur / Avec Julien Lippé - le vieux / Jean-Pierre Masson - Clophas / Montréal / c.1954 - Collection privée

Tous les titres / Paroles et musiques : Félix Leclerc (sauf, 3)
Les dates indiquées = dates d’enregistrement lorsque disponibles

CD 3
Concert à l’Auditorium du couvent des sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge à Nicolet, en 1964
1 - Intro XXI-21 0’18
2 - Hymne au printemps 2’24
3 - Francis 1’49
 4 - Moi, mes souliers*  5’12
 5 - Un petit soulier rose  2’11
 6 - La drave  4’40
7 - Y’a des amours  2’18
 8 - La chanson du pharmacien  1’28
 9 - Tu te lèveras tôt  2’34
10 - Les cinq millionnaires  1’17
11 - Les litanies d’un petit homme  1’32
12 - Les dimanches  1’59
13 - Notre sentier  2’20
14 - La vie, l’amour, la mort  1’46
15 - La valse à Joseph  1’35
16 - Le premier amour 2’53
17 - Le p’tit bonheur  2’53
18 - Tour de reins  2’23
19 - Le québécois  2’51
20 - La danse la moins jolie  1’54
21 - Je cherche un abri pour l’hiver 1’19
22 - Le roi heureux  2’19
23 - Le train du Nord  2’22
24 - Douleur  2’07
25 - L’eau de l’hiver est froide  1’48
26 - Les perdrix  1’32
27 - Les soirs d’hiver  2’10

Auteur-compositeur : Félix Leclerc

Direction artistique, recherche et textes : Martin Duchesne et Robert Thérien
Collections sonores : Robert Thérien, Laval Rhains, Michel Picard, Sylvain Michaud et Éric Boisclair
Recherche : Noël Grenier, Nathalie Leclerc, Isabelle Périgny, archiviste pour les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge et Marie Pelletier, archiviste du Séminaire de Nicolet
Collections photos : Robert Thérien et Archives Échos-Vedettes (Merci à Armande Piette)
Transferts numériques, montage et mastering : Robert Lafond, AUM Studio (Sainte-Adèle)

CD Félix Leclerc - Chansons perdus 1950 - 1953 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 Intro XXI - Félix00'20
02 Le p'tit bonheur - Félix03'09
03 L'hymne au printemps - Félix02'28
04 Moi mes souliers - Félix02'09
05 Le roi heureux - Félix02'06
06 Le train du nord - Félix02'47
07 Bozo - Félix03'27
08 Contumace - Félix02'59
09 Le bal - Félix01'28
10 Echo - Félix03'00
11 Prière bohémienne - Félix02'24
12 Complot d'enfant - Félix01'06
13 Francis - Félix02'08
14 La chanson du pharmacien - Félix01'16
15 Le petit ours - Félix03'31
16 La complainte du pêcheur - Félix02'40
17 Epousailles - Félix02'42
18 Chanson de nuit - Félix02'36
19 En muet - Félix02'40
20 Je cherche un abri pour l'hiver - Félix02'30
21 Les noces d'or - Félix02'05
22 Ailleurs - Félix01'56
23 Le québécois - Félix03'11
24 Sandale le charmeur - Félix10'11
CD 2
01 L'homme au vélo - Félix03'38
02 Le boiteux amoureux - Félix03'03
03 Le galérien - Félix02'58
04 Le train du nord - Félix02'33
05 Le petit bonheur - Félix02'49
06 MacPherson - Félix02'41
07 Notre sentier - Félix02'26
08 Tu allumes ma nuit - Félix03'40
09 La complainte du pêcheur - Félix03'30
10 Demain si la mer - Félix02'35
11 La danse la moins jolie - Félix02'50
12 La gigue - Félix01'39
13 La mer n'est pas la mer - Félix02'50
14 Petit Pierre - Félix01'26
15 Présence - Félix03'32
16 Lettre de mon frère - Félix01'33
17 Pour la mort d'un chien - Félix03'13
18 Le petit bonheur - Monique03'12
19 Les deux sœurs (extrait) - Patachou02'28
20 La veuve - Félix01'33
21 Le banc sur la route - Félix00'53
22 Le héros - Félix02'17
23 Finale du petit bonheur - Félix01'30
24 Prologue du petit bonheur - Félix00'39
25 La muette - Félix01'56
26 Visite à l'hopital - Félix01'09
27 L'affaire décourageante (chanson) - Félix01'49
28 L'affaire décourageante (extrait) - Félix12'28
CD 3
01 Intro XXI - Félix00'18
02 Hymne au printemps - Félix02'24
03 Francis - Félix01'49
04 Moi mes souliers - Félix02'05
05 Un petit soulier rose - Félix02'11
06 La drave - Félix04'40
07 Y a des amours - Félix02'18
08 La chanson du pharmacien - Félix01'28
09 Tu te lèveras tôt - Félix02'34
10 Les cinq millionnaires - Félix01'17
11 Les litanies d'un petit homme - Félix01'32
12 Les dimanches - Félix01'59
13 Notre sentier - Félix02'20
14 La vie, l'amour, la mort - Félix01'46
15 La valse à Joseph - Félix01'35
16 Le premier amour - Félix02'53
17 Le p'tit bonheur - Félix02'53
18 Tour de reins - Félix02'23
19 Le québécois - Félix02'51
20 La danse la moins jolie - Félix01'54
21 Je cherche un abri pour l'hiver - Félix01'19
22 Le roi heureux - Félix02'19
23 Le train du nord - Félix02'22
24 Douleur - Félix02'07
25 L'eau de l'hiver est froide - Félix01'48
26 Les perdrix - Félix01'32
27 Les soirs d'hiver - Félix02'10
« Un phare pour beaucoup » par Le Monde

« Au pied de la pierre tombale, des dizaines de godasses dans l’herbe… Felix Leclerc repose dans le paisible petit cimetière de Saint-Pierre de l’île d’Orléans, sur le fleuve Saint-Laurent, et ses admirateurs n’en finissent pas depuis vingt ans de faire ce clin d’œil à Moi, mes souliers, l’une de ses chansons fétiches. Si les souliers du père de la chanson québécoise « ont beaucoup voyagé », ses fans peuvent bien abandonner les leurs au plus près de lui, dans cette île tant aimée. Né en 1914 à La Turque, dans le nord du Québec, Félix Leclerc a été animateur radio avant de trouver sa voie, celle de l’écriture, dans la chanson, le roman, le théâtre dans les années 1950. Le succès lui viendra de France, après un passage remarqué au cabaret Les trois Baudets. « Il avait l’écriture en lui, mais rêvait surtout d’être dramaturge », souligne sa fille Nathalie, vice-présidente de la Fondation Félix Leclerc, installé depuis 2002 dans une grange construite à l’ancienne sur l’île d’Orléans. Félix Leclerc découvre en 1947 l’île d’Orléans, berceau de la Nouvelle-France, aux portes de l’actuelle ville de Québec. Il y loue une chambre, écrit Le Fou de l’île, repart mais s’y installe vraiment en 1970, après vingt ans passés à Vandreuil, en banlieue de Montréal (où l’on s’apprête à faire de sa maison un centre d’interprétation et une boîte à chanson).  L’horizon dégagé de l’île d’Orléans, couverte de pâturages, le séduit sans doute. « Pour moi, disait-il, la maison mère, le parc, le centre du monde, c’est ici. » Vingt ans ont passé depuis sa mort, marquée par une incroyable coïncidence de chiffres, le 08/08/1988 à 8h08… Une autoroute, des bibliothèques, des centres culturels, des écoles, des parcs, des prix de la chanson portent son nom. Même un rosier, pour lequel sa fille n’a posé qu’une condition : « Qu’il soit rustique, pour traverser les hivers rudes. » Pas une chorale ne compte l’une de ses chansons à son répertoire. Le poète du terroir, qui se définissait comme « un homme qui chante » plutôt qu’un chanteur, est une icône du Québec.  Un « phare pour beaucoup », ajoute sa fille. De génération en génération, les chanteurs locaux reprennent ses titres. Ont surtout la cote Le P’tit Bonheur, Le train du nord, Moi, mes souliers, L’Hymne au printemps, Bozo. Ceux qui rêvent encore d’indépendance du Québec ont appris par cœur l’Alouette en colère ou La nuit du 15 novembre, célébrant la victoire du Parti québécois en 1976. Le 24 juin, jour de la fête nationale du Québec, l’esprit de cet indépendantisme de la première heure a fortement soufflé. Même engouement collectif le   3 juillet lors du spectacle commémoratif du 400e anniversaire de la fondation de Québec, avec Bozo et Le Tour de l’île, repris en chœur. De quoi faire oublier un peu l’affront des organisateurs de l’événement de Québec à la mémoire du « gratteux » du guitare… Nathalie Leclerc leur avait bien proposé un spectacle hommage pour cet été. « J’aurais vraiment  aimé qu’il ait lieu à Québec. Leur refus m’a déçue, mais, heureusement, les Francofolies de Montréal, nous ont ouvert les bras. »  En grand : pour le spectacle de clôture du 2 août. On y célèbrera celui qui a, plus que autre, « contribué à bâtir la place du Québec sur la carte culturelle du monde francophone », selon un communiqué des Francofolies. Anne PELOUAS – LE MONDE





"Bourrés à craquer de versins totalement inédites" par Vinyl

Infatigables, Frémeaux et Associés ! Commençons par un triple CD consacré à Félix Leclerc, intitulé Chanson Perdues (que l’on pourrait sous-titrer « pas perdu pour tout le monde »), retrouvées grâce à la précieuse collaboration de collecteurs enthousiastes mettant à la disposition de l’éditeur des trésors d’enregistrement privés, publics, 78 tours et autres gravures diverses. Deux CD bourrés à craquer de versions totalement inédites couvrant la période 1950 – 1953, dont certaines chansons n’ayant jamais dépassé le stade de 78 T original, oubliées dans les compilations futures (en vinyle comme en CD), plus Le Petit Bonheur interprétée pas Monique Leyrac et un « conte dramatique » de plus de 10 minutes (Sandale Le Charmeur).Ajoutons à l’édifice un troisième CD aux origines miraculeuses : un enregistrement public de près d’une heure réalisé à l’auditorium du couvent des Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge à Nicolet en 1964, par Noël Grenier, un jeune homme de 19 ans désireux de tester le nouvel enregistreur à bande offert par sa mère ! Il ne sait pas grand-chose de Félix Leclerc, mais ça fera toujours plaisir à maman… Le résultat – qu’il n’a pas dû beaucoup user – a dormi 40 ans dans sa boite au fil des déménagement successifs du sieur Grenier pour en ressortir quasi intact aujourd’hui ! (Martin Duchesne raconte l’historique dans l’un de ces très complets livrets dont Frémeaux & C° ont le secret). Le plus étonnant, compte tenu de ce qui précède, est l’exceptionnelle qualité de cet enregistrement et l’absence de tout bruit parasite. Il est vrai que ce n’était pas un concert de rock, et que le public – des nonnes ! – est un tout petit peu plus discipliné qu’une bande de supporters du PSG. Savoureux !
VINYL




« De la grâce, de la poésie » par la Revue des médiathèques et des collections musicales

79 titres rares ou inédits du premier grand chansonnier francophone, père spirituel de Brel et de Brassens. Le seul auteur à composer, écrire et interpréter ses textes dans les années 50. Avec Trenet et Aznavour. Le premier chansonnier québécois à sortir des frontières de Canada et à rayonner sur la francophonie. De la grâce, de la poésie. Une compilation magnifique de trois CDs à posséder absolument. Lucas FALCHERO – REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« Un grand monsieur » par Prestige Audio

Vidéo Frémeaux & Associés est sans doute la maison d’édition d’archives la plus importante du monde et elle ne semble pas calée devant aucune entreprise osée, voire suicidaire, comme de publier en CD les discours de De Gaulle ou ceux de Mitterrand, La Gloire de mon père, par Pagnol lui-même, ou encore les cris d’oiseaux du Guatemala. Souvent, on y trouve une pépite. Ainsi, ces enregistrements de chansons de Félix Leclerc perdues et retrouvées, de versions inédites, et même d’un concert au couvent de l’Assomption. Toujours cette même voix sombre, grave et responsable qui ouvrit la voie à toute une théorie d’auteurs-compositeurs-interprètes dont Brassens et Brel. Félix Leclerc, c’est la fraternité, la générosité, c’est un Québec qu’on ne connaissait plus, en France, depuis qu’on l’avait abandonné en 1963. Félix Leclerc, un grand monsieur. Michel LAROCHE – PRESTIGE AUDIO VIDEO




« L’inoubliable Félix » par Les Amis de Georges Brassens

Ce Québec que nous aimons tant… […] Le coffret 3 CD de Félix (Félix Leclerc, Chansons perdues 1950-1953) réunit 78 enregistrements dont certains très rares et d’autres inédits. Un document – miraculeusement (!) – retrouvé comme on aimerait en découvrir souvent : un concert inédit. C’était le 16 avril 1964 à l’Auditorium du Couvent des Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge (un endroit où, certes, Brassens n’aurait pas été invité !) à Nicomet. Un récital avec les plus grands succès de l’inoubliable Félix. LES AMIS DE GEORGES BRASSENS




« La collection la plus complète de ses premiers enregistrements » par Je Chante

20 ans que Félix Leclerc nous a quittés ! Sous la direction de Martin Duchesne et Robert Thérien, voici pour la première fois en CD la collection la plus complète de ses premiers enregistrements. Deux CD couvrent les années 1950 à 1954 et un troisième concert inédit (la bande a dormi 40 ans, dans une boite !) enregistré le 16 avril 1964 à l’audItorium du couvent des sœurs de l’Assomption de la sainte Vierge (tout un programme !) à Nicolet, par Noël Grenier, jeune étudiant de 19 ans venu essayer sa nouvelle « enregistreuse de bobine » ! Sixième d’une famille rurale de onze enfants, Félix Leclerc, né en 1914, achète sa première guitare en 1926 et écrit sa première chanson dix ans plus tard. En 1950, de passage au Canada, Jacques Canetti le découvre, le signe dans la foulée et le programme cinq semaines à l’ABC de Paris avec Les compagnons de la chanson. Le succès est immédiat : enregistrements, tournées, récitals… tout s’enchaîne alors. Véritable auteur compositeur interprète, ce qui est encore marginal en 1950, Félix Leclerc va ouvrir la voie à la chanson québécoise en France mais aussi à tous les Brel, Brassens, Ferré… qui vont faire de la chanson à textes un genre bien précis. Revenons sur le contenu des deux premiers CD, essentiellement des 78 tours du début des années 50. Période féconde s’il en est, puisqu’on y trouve tous les tubes de Félix dans leurs premières versions : Le p’tit bonheur, Moi, Mes souliers, Bozo, Contumace, Présence… dont la plupart sont écrites depuis des années, autant de titres qui font désormais partie de la mémoire collective. Si les versions que nous connaissions jusqu’à présent sont celles du début des années soixante, c’est parce que Félix ayant quitté Canetti pour Philips en 1959, ces derniers lui ont fait réenregistrer plusieurs de ses premières chansons pour en moderniser le son et les présenter sur un album intitulé « Mes premières chansons ». Militant infatigable, Félix dénonce avec une rare beauté dans les mots les injustices que subissent les francophones au Québec ; mais ses revendications s’insèrent en général dans des poèmes qui parlent du quotidien, dans lesquels se conjuguent tendresse, bonté, vérité et fraternité. Dans ce florilège de versions inédites de ses débuts, mes préférences vont à celles où il s’accompagnent seul à la guitare, celles avec l’orchestre d’André Grassi ayant, me semble-t-il, moins de force. En tout cas, un coffret indispensable tant pour les inconditionnels de Félix que pour tous ceux qui s’intéressent à la chanson. Francis COUVREUX – JE CHANTE




« Un bouquet de saine poésie populaire » par Phonoscopie

Cette réédition s‘imposait. Car ce chanteur canadien, dont la carrière brève et marquante influença Brel et Brassens et qui fut, après Henri Salvador, le second auteur-compositeur-interprète à la guitare, apporta à la chanson francophone un bouquet de saine poésie populaire. Cette quasi intégrale comporte en prime un récital inédit de 1964 miraculeusement conservé et retrouvé. PHONOSCOPIE




« Une pure merveille » par La Marne

Ecouter du Félix Leclerc est sans jeu de mots « Le p’tit bonheur » parfait. Une voix rocailleuse qui fleure bon le Québec, mise en valeur par cet auteur sur la carte culturelle du monde francophone, un entrain, une douceur des mots et une poésie infinie. On ne dira jamais assez l’apport, mieux la révolution apportée par cet auteur-compositeur, monstre sacré de la belle chanson. Le succès que Félix n’avait jamais cherché durera trente ans. Et beaucoup plus après la disparition du génie le 8 août 88. Ce triple CD est une pure merveille avec en prime le concert mythique à Nicolet en 1964. Un enregistrement inédit. Une bande sonore cachée pendant quarante ans que l’on ressort miraculeusement telle une statue égyptienne. La bande ou les bandelettes sont intactes. Comme le talent de l’artiste. Un bijou à offrir pour Noël. Et même avant ! LA MARNE




« Félix Leclerc, Chansons perdues 1950-1953 » par New Folk Sounds

Félix Leclerc (1914-1988) was de eerste chansonnier uit Québec die het ook maakte in Frankrijk. Bij Philips werd  al eens de doos "L’integrale" uit ge bracht met 6 cd’s. Nu is er deze drievoudige cd met de vermeldind : Chansons et versions inédites, suivi du Concert à Nicolet 1964. Van de in Québec als nationale held geëerde Leclerc bleken een tiental opgenomen liedjes nooit op plaat te zijn uitvoering. Een bijzonderheid is wel CD3. Hij bevat de bijna integrale weergave van de opname van een concert in een internaat va een zusterschool. Een student kreeg de toelating om het concert op te nemen op zijn band opnemer om dat  concert nadien te kunnen laten horen aan zijn moeder van wie hij de bandopnemer had gekregen. Deze klankband uit 1964 is al die tijd toevallig in vrij goede staat bewaard gebleven en onlangs terrugevonden. Voor fans van Leclerc is deze uitage een wel bijzondere aardigheid. Voor wie Leclerc alsnog will ontdekken geven deze drie cd’s een mooi beeld van zijn vroegste werk en zijn stijl. Het Parijse label Frémeaux & Associés dat zich inzet om oude opnames digitaal op cd uit te brengen, were er woor geloofd. Dries DELRUE – NEW FOLKS SOUNDS (HOLLANDE)




« Un alizé salutaire sur la chanson française » par Le Magazine des Livres

« Il est parti rejoindre les prairies célestes de son île d’Orléans le 8/8/88. Une date qui ne s’oublie pas. Plus de vingt ans que ses souliers voyagent seuls. Par la magie des archives, voici que Félix revient parmi nous comme au premier jour. Ce 22 décembre 1950, l’ABC, music-hall du boulevard Poissonnière, étrenne son programme d’hiver. À l’affiche, les Compagnons de la chanson. Perdu au milieu de la première partie est un Canadien, natif de La Tuque. Les jambes flageolantes dans les godillots, il s’avance dans la salle bruissant du tout-Paris et n’entend que le bruit de ses pas. « Je ne me souviens de ma vie avoir fait promenade plus pénible, plus terrible, plus cruelle », écrira-t-il dans Moi mes souliers (1955), recueil de souvenirs. Six mois plus tôt, Jacques Canetti, à l’occasion d’une escale à Montréal, découvrait ce même Canadien, s’enthousiasmait et lui faisait signer un contrat. Félix Leclerc, depuis qu’il a acheté une guitare à 12 ans, ne cesse de composer. Ses chansons, il en émaille les pièces de théâtre qu’il écrit, les émissions de radio qu’il anime. Mais, à vrai dire, il n’a jamais songé faire carrière de chansonnier, comme on dit au Québec. Le succès, en France, est soudain. Immense. Les vedettes, Édith Piaf et Maurice Chevalier en tête, accourent à l’ABC voir le prodige. Un homme qui écrit, compose et chante ses propres chansons en s’accompagnant à la guitare, le pied sur un tabouret. Diable ! Ce n’est pas courant. Leclerc lance une nouvelle vogue. Brel et Brassens ne tarderont pas à s’y engouffrer. Au Québec, lorsque Leclerc revient quelque temps plus tard, il est accueilli en héros. Celui que l’on ne prenait guère au sérieux a  été ovationné, adoubé par le public parisien, difficile s’il en est. Qui plus est, il n’a pas tenté de chanter «français». Il a interprété ses chansons sans rien changer de sa façon. On a le frisson en découvrant la voix de Leclerc telle qu’elle était au mitan du siècle. Par la suite, elle se nimbera d’un voile, comme celle du Brassens des dernières années. Mais le jeune Leclerc est tout en force, en puissance. On a pu oublier la subtilité de ses mélodies, la force de sa poésie. On ne se lasse pas de la beauté de Hymne au printemps, le bal, Bozo… Qu’importe si l’accompagnement mélodique est parfois daté. On mesure aussi le message en filigrane des textes. Il suffit d’écouter Contumace où un paysan philosophie et un amoureux à vélo sont tour à tour jetés en prison au motif qu’ils sifflotent sans permis. La critique sociale affleure. Lorsque René Lévesque et le parti québécois arriveront au pouvoir, en 1976, tout naturellement Leclerc se retrouvera dans les habits de père de la nation. Le coffret regroupe des enregistrements rares, un récital de 1964 et un extrait de pièce de théâtre. Le livret joint explique la genèse de ces retrouvailles. Un beau travail éditorial qui rend hommage à l’homme qui fit souffler un alizé salutaire sur la chanson française. »
Par Jean-Daniel Belfond – LE MAGAZINE DES LIVRES




« Plus de deux cents minutes de grand bonheur. » par Chorus

« Après l’intégrale Trenet, et parallèlement à celles d’Aznavour et de Salvador, autres perles du label Frémeaux, voici un coffret d’importance majeure. Parce que Félix Leclerc est, historiquement, la figure de proue de la chanson du Québec moderne. Parce que ce triple vient compléter utilement sa discographie, après  le coffret de 6 CD Philips (1953 à 1977) et le double CD Amplitude (1978-79). Parce que ses débuts professionnels, avant et après sa découverte par Jacques Canetti et sa venue en France, ont été peu documentés. Pour toutes ces raisons (plus celles du cœur : la profonde humanité qui se dégage de l’homme et de l’œuvre), cette production ravira autant  « les vieux de la vieille » que les plus jeunes désirant prendre le train (du Nord ?) en marche. Le seul énuméré des titres prendrait à lui seul toute cette demi-page de Chorus. Qu’il suffise de dire que toutes les chansons classiques des premières années, telles Le Petit Bonheur, Moi mes souliers, Notre sentier, Francis, La Chanson du pharmacien, Mac Pherson ou Bozo sont là. Mieux, elles y sont en deux ou même parfois trois versions différentes. Remplissage ? Que nenni ! Seul à la guitare ou accompagné, à Paris, par l’orchestre d’André Grassi, hélas très date, Leclerc est encore brut de décoffrage quand Canetti, « téléguidée par des informateurs bien avisés, l’entend dans un studio de radio de Montréal, en 1950, et décide de le faire venir toutes affaires cessantes. Ce Canadien français, comme on dit alors, roule encore les r, en un savant dosage d’accent supposé « paysan » et de maniérisme propre aux variétés françaises d’avant 1950. Quand, en 1964, un jeune élève de l’internat de Nicolet, auquel on vient d’offrir un magnétophone, l’enregistre en tournée, Le Québécois (titre d’une de ses chansons satiriques) et devenu un professionnel aguerri – qui a su toutefois préserver sa nature profonde. Ajouter à cela la présence de quelques chansons totalement inédites (telle En muet) et même de deux larges extraits théâtraux (Leclerc fut aussi comédien et homme de radio), vous avez là plus de deux cents minutes de grand bonheur. »
Par Jacques Vassal — CHORUS





« C’est une immédiate révélation. » Par France Musique

« 1950 : Jacques Canetti, imprésario et fondateur du cabaret des Trois Baudets, séjourne à Montréal. On lui recommande un jeune animateur radio : Félix Leclerc. Il l’auditionne. C’est une immédiate révélation. D’emblée il lui propose un contrat. Le natif de La Tuque, qui chantait « en secret » depuis des années son quotidien, celui des siens – la « sève » même de son inspiration –, débarque alors à Paris. Venu pour quelques semaines en France, il y reste finalement jusqu’en 1953. C’est cette histoire, puis toute la carrière de Félix Leclerc que nous suivions, en deux volets, l’année dernière. L’histoire du « seul canadien dont le nom est connu de tous les Français », écrivait le chanteur Jacques Bertin. En effet, Félix Leclerc est probablement le plus français des chanteurs canadiens. D’abord parce que c’est à Paris, sous la férule de Canetti, qu’il a construit ses premiers succès et ouvrit une longue carrière qui le verra maintes fois fouler les scènes de l’Hexagone. Ensuite parce qu’il finira par faire de la France, et il le répétera à l’envi, une seconde patrie. »
Par Karine Le Bail et Philippe Tétart — FRANCE MUSIQUE

"(Depuis des années, Les Greniers de la Mémoire diffusent des disques publiés par Frémeaux & Associés. En les remerciant souvent d’offrir la seule possibilité d’illustration sonore pour tel ou tel thème, tel ou tel artiste, telle ou telle rareté. Il nous est donc tout naturel de dire l’importance du travail, militant, mené par cette « maison » afin de restaurer, sauvegarder et diffuser un patrimoine sonore – au sens le plus large – dont l’intérêt artistique, historique ou musicologique, essentiel, l’emporte rarement sur le principe de rentabilité à court terme.)"




Customers who bought this product also bought...