GREAT JAZZ ON SMALL U.S. LABELS 1938-1947

COLEMAN HAWKINS, BUDDY TATE, BEN WEBSTER, SIDNEY DE PARIS, PETE JOHNSON...

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Number of CDs : 2


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The lack of interest shown by major companies in small bands and soloists during the 40s, followed by the recording ban, led to an increase in the number of small labels which offered an opportunity to numerous musicians. Not only did these labels cover a great period in jazz but they also ensured its future and their own: small labels sometimes became big ones! 
Jacques Morgantini delivers 40 original tracks of the very best small U.S. labels recordings between 1938 and 1947.

Droits : Frémeaux & Associés.

GREAT JAZZ on SMALL U.S. LABELS 1938-1947

GREAT JAZZ on SMALL U.S. LABELS 1938-1947 










Au cours des années 30 aux Etats-Unis, le marché du disque était tenu seulement par quatre grandes marques : RCA-Victor, Columbia, Brunswick, et Decca. Ces majors comme on les désignait couramment, étaient obligées à l’époque, pour leurs enregistrements de jazz, de suivre d’assez près les goûts du public blanc américain, aussi de multiples concessions commerciales étaient imposées aux artistes : thèmes-rengaines, chanteuses souvent en dessous de la limite tolérable, chanteurs du style crooner sirupeux dont la fonction essentielle était de faire rêver, voire chavirer les admiratrices !  Les grands orchestres blancs ou noirs étaient bien représentés dans les catalogues des quatre grands, par contre nombre de solistes importants n’avaient pas de facilités pour enre­gistrer et pouvoir improviser en studio en toute liberté, comme ils le faisaient usuellement au cours des jam-sessions. Peu ou pas de petites formations, si ce n’est d’heureuses exceptions comme Fats Waller et son Rhythm chez  RCA-Victor, Louis Jordan et son Tympany Five chez Decca, et la splendide série de séances dirigées et dynamisées par Lionel Hampton chez Victor. Lionel a ainsi donné l’occasion à de très grands solistes  de se mettre en valeur, les Cootie Williams, Rex  Stewart, Jonah Jones, Benny Carter, Johnny Hodges, Buster Bailey, Coleman Hawkins, Chu Berry, Ben Webster, Nat King Cole… À noter aussi une belle série, quoique plus inégale chez Brunswick, dirigée par le pianiste Teddy Wilson avec souvent la pré­sence de la chanteuse Billie Holiday.

Les précurseurs
C’est alors que Milt Gabler, le patron d’un magasin de disques, la Commodore Music Shop, située à New York 46 West 52nd Street, fonda une petite marque de disques indépendante portant comme nom les initiales de sa boutique : CMS. Dès 1938 il enregistre le magnifique Chu Berry au saxo-ténor, Roy Eldridge à la trompette, l’infaillible Big Sid  Catlett à la batterie et quelques autres… Puis après, ce fût le tour de Coleman Hawkins avec Benny Carter et encore Roy et Big Sid. En 1944, il utilisa Hot Lips Page, éminent trompette et chanteur de blues au cours de plusieurs séances.  Autre avant-gardiste, Don Qualey, un barman de New York fou de boogie-woogie qui, pour entendre dans de bonnes conditions la musique de ses  pianistes favoris, trouva plus pratique de fonder sa propre marque, Solo Art. C’est ainsi qu’il enre­gistra Pete Johnson, Albert Ammons, Jimmy Yancey, Cripple Clarence Lofton, maîtres incontestés de ce style qui commençait à faire des ravages à New York vers 1939 ! Cette folie du boogie-woogie que les Américains appelèrent the boogie-woogie craze ! (1) À New York encore, en 1939, fut fondée par Alfred Lion la marque Blue Note à laquelle on doit d’exceptionnelles gravures. Celle-ci eut une vie plus longue que les deux précédentes, même si à partir des années 50 elle se consacra à diffuser de la musique s’éloignant de la grande tradition du vrai jazz. Mais dès sa création, Blue Note eut dans son “écurie” Sidney Bechet ainsi que les pianistes de boogie-woogie, encore eux, Albert Ammons, Pete Johnson, Meade Lux Lewis. C’est de 1943 à 1945 que Blue Note enregistra une exceptionnelle série de disques, édités à l’époque en 30 cm 78 tours, avec autour du grand maître du piano stride James P. Johnson figure légendaire du jazz de la “grosse pomme” (New York) une pléiade de magnifiques musiciens : Sidney De Paris, Vic Dickenson, Ben Webster, Edmond Hall, avec une section rythmique comprenant souvent Jimmy Shirley à la guitare, Israel Crosby ou John Simmons à la basse et le monumental Big Sid Catlett à la batterie ! Ces séances étaient connues sous le terme générique des “Blue Note Jazzmen” et selon les cas c’était tantôt James P. Johnson, tantôt Sidney De Paris ou encore Edmond Hall qui en étaient les leaders. Mais le personnel était, bien heureusement, qua­siment toujours le même ! Nous aurons l’occasion de revenir plus longuement sur la musique exceptionnelle qui fût gravée par ces trois labels précurseurs !

Le recording ban et l’explosion des labels indépendants
À la suite d’un désaccord entre la Fédération Nationale des Musiciens et les quatre majors, le patron de ce syndicat des musiciens, James C. Petrillo  bloqua toute possibilité de se rendre aux studios et d’y graver des disques ! Ce désastreux recording ban s’étendit du 31-07-1942 au 11-11-1944. C’est alors que les choses changèrent dans le monde du disque aux Etats-Unis. Les quatre grandes étant étroitement surveillées, elles cessèrent toute activité avec les artistes, qui appréciaient peu cet interdit. En effet, faire des disques était une source de revenus non négligeable et également une promotion importante pour leur carrière, c’est pourquoi ils accueillirent avec joie la création de multiples petites firmes indépendantes qui purent détourner assez facilement la loi du moment. Presque tous  les musiciens répondirent présent aux sollicita­tions des uns et des autres, gagner un peu de fric,  pouvoir s’exprimer musicalement, faire un pied de nez à Petrillo, tout cela était bon à prendre et les comblait. Au début les marques étaient installées principalement à New York et en Californie, mais la contagion gagna rapidement d’autres villes, La Nouvelle-Orléans, Houston, Chicago, Cincinnati, Detroit… Les artistes indépendants étaient favorisés, tandis que les grands orchestres, beaucoup plus surveillés et certainement trop chers pour les budgets étroits de ces petits labels, restaient à l’écart. Ils avaient quand même quelques débouchés pour faire entendre leur musique malgré le ban, avec les émissions et retransmissions de radio, les séances pour l’armée, soit avec les V-DISCs, soit au cours des concerts AFRS organisés en Californie pour les soldats US en opération dans le Pacifique ou en Europe. Il fallait remonter le moral des boys avec la musique du pays ! Nous avons, du reste, consacré un double CD dans notre série à la musique remarquable jouée au cours de ces années sur les ondes (2).

Des marques s’étaient spécialisées pour couvrir plus particulièrement l’une ou l’autre facette de la musique des Noirs. Certaines firmes dans le Sud  se consacraient à la musique religieuse : negro  spirituals, gospel, groupes vocaux, révérends, solistes… Pour d’autres c’était le blues leur champ d’activité, enfin un grand nombre se consacrait au jazz. Certaines enregistraient aussi bien du jazz que des spirituals ou du blues. Beaucoup de ces firmes eurent une vie bien éphémère, n’ayant à leur catalogue que quelques titres. L’euphorie passée, elles furent souvent rachetées, sinon annexées par plus forts qu’elles ! C’est ainsi que des marques ont vu leur catalogue s’étoffer  et certaines, très avisées, ont su faire signer des contrats à des artistes de renom ou en devenir qui atteignirent plus tard le statut de vedettes, c’est ce qui arriva à Atlantic avec Ray Charles et Big Joe Turner, Imperial avec Fats Domino, Capitol avec King Cole, Specialty avec Roy Milton, Aladdin avec Amos Milburn, King avec Earl Bostic et Wynonie Harris, etc. Tous ces artistes eurent des “tubes” qui montèrent aux premières places des charts (classement des meilleures ventes). La survie et l’avenir étaient assurés pour les Capitol, Savoy, Atlantic et autres King… Certaines de ces marques furent créées par des amateurs de jazz ou de blues désireux de pouvoir graver des disques qui rendaient justice à leurs musiciens favoris, comme Circle, Keynote, Signature, Apollo, Swingtime, Specialty…Certains musiciens fondèrent aussi leurs propres labels : Mezz Mrezzrow avec King-Jazz et sa magnifique série de faces en duo avec Sidney Bechet. Lionel Hampton avait Hamp-Tone devenu Glad-Hamp, le fils de Duke Ellington utilisait simplement son prénom pour sa firme, Mercer… Par la suite, de plus en plus de musiciens prirent de l’importance dans les maisons éditrices de disques pour protéger leurs intérêts. Enfin, d’autres compagnies furent lancées par des businessmen œuvrant dans le show bizz, comme on dit aujourd’hui. Certains de ces patrons eurent la bonne idée de se faire épauler par  des musiciens expérimentés qui eux, au moins, connaissaient bien le milieu et les artistes dignes d’être enregistrés. Par exemple Imperial, de Lew Chudd, eut comme “directeur artistique recruteur” le trompette Dave Bartholomew, pour Miracle, de Lee Egalnick, ce fut le pianiste Sonny Thompson, Aladdin, des frères Messner, avaient le saxophoniste-compositeur Maxwell Davis, qui avait aussi un rôle artistique important chez Modern des frères Bihari. Il serait fastidieux de citer ces centaines  de marques. Il est plus intéressant de présenter ici quelques belles plages musicales gravées au cours de ces années 1943-47. Car ces années furent particu­lièrement fructueuses en réels chefs-d’œuvre que l’on doit à des grands improvisateurs comme Hot Lips Page, Jonah Jones, Sidney De Paris, Sidney Bechet, Coleman Hawkins, Ben Webster, Ike Quebec, Illinois Jacquet, James P. Johnson, Albert Ammons, Pete Johnson, Art Tatum, Tiny Grimes… pour citer ceux qui furent les plus en vue ! 

Notre sélection sur le premier CD
Il nous faut nous attarder et souligner l’importance des marques “pionnières” : CMS, Solo Art et Blue Note. Nous donnons entre parenthèses, après le titre du morceau, la marque et l’année de l’enregistrement original. Parmi les grandes réussites de CMS, Chu Berry arrive en premier avec Sittin’ In (CMS 1938). Le grand saxo-ténor a fait appel, entre autres, à ses deux comparses habituels, comme lui coureurs de jam-sessions : Roy Eldridge à la trompette et Big Sid Catlett à la batterie. L’entente est magique entre tous les musiciens et ça fuse de toutes parts : déboulés de Chu, solos tranchants de Roy et drumming superlatif de Big Sid qui propulse tout le monde ! Court dialogue parlé entre Chu et Roy qui démarre son solo avec fougue suivi par Chu qui fait encore monter la tension ; ses phrases subtiles sont exécutées avec une maîtrise confondante, qui est bien celle d’un des saxophonistes possédant  la plus grande technique sur cet instrument,  puis après le solo de piano de Clyde Hart, dialogue  fulgurant entre les deux solistes !

Smack (CMS 1940) des Chocolate Dandies commence par un éblouissant solo de Benny  Carter s’étendant sur deux chorus, véritable feu d’artifice avec sonorité somptueuse et phrases intrigantes, en fait un des grands solos de saxo-alto, non seulement de son auteur, mais l’un des immortels solos d’alto du jazz enregistré. Roy Eldridge et Coleman Hawkins ne sont pas en reste au cours de cette interprétation exceptionnelle de bout en bout ! Par les mêmes, dans I Can’t Believe That You’re In Love With Me (CMS 1940), le festival continue avec un Roy incisif dans son long solo où les belles idées abondent, un Hawkins impérial comme à son habitude au cours de ces années-là, et un Benny Carter qui nous régale encore avec ses phrases déroutantes en dérapages. Quant à Big Sid Catlett, il est vigilant derrière les solistes, les poussant sans relâche et, comme toujours, adapte son accompagnement à la personnalité de chacun ! Les vainqueurs du référendum organisé par la revue Esquire sont regroupés pour une séance, toujours chez CMS, le personnel a de quoi faire rêver avec Cootie Williams (trompette), Coleman Hawkins (saxo-ténor), Art Tatum (piano) et une forte section rythmique dominée, une fois de plus, par Maître Catlett ! Pour Esquire Bounce (CMS 1943), le pont du premier chorus revient à Cootie Williams qui répond ensuite à l’arrangement,  et c’est le tour du vertigineux Art Tatum pour un  chorus entier de 32 mesures, Albert Casey joue ici,  et fort bien, de la guitare électrique, le pont de son chorus étant réservé à la clarinette d’Edmond  Hall. Pour son intervention, Coleman Hawkins se contente de développer en puissance un riff, où sa sonorité immense fait merveille ! My Ideal (CMS 1943) de la même séance, est une ballade où le maître du genre Hawk a toute la place pour nous éblouir avec ses développements somptueux, servi par une sonorité d’une ampleur jamais égalée ! Art Tatum intervient avec bonheur, prolongeant le  climat installé par Hawkins, qui termine sans le moindre instant de faiblesse ! Une rencontre au sommet entre deux authentiques géants de la musique de jazz !

Voici maintenant une formidable séance gravée en février 1944 par CMS avec une formation idéale dont il faut citer tous les participants : Hot Lips Page à la trompette, Vic Dickenson au trombone, Don Byas au saxo-ténor, Albert Ammons au piano, Israel Crosby à la basse et Sidney Catlett à la batterie ! La séance tout entière est une totale réussite, un des sommets de l’année 1944 ! Albert Ammons ouvre Jammin’ The Boogie par deux  chorus pleins, riches, denses, du très grand boogie-woogie par un Maître ; ça danse et Don Byas sur une vraie rampe de lancement nous donne deux beaux chorus de ténor, plein d’envolées. C’est le tour du grand, de l’admirable devrait-on dire, Hot Lips Page pour deux chorus aussi, qui pourraient servir de modèles, d’exemples, pour tous ceux qui veulent apprendre à jouer le blues à la trompette. Nul ne lui a jamais été supérieur dans ce type de morceau ! Vic Dickenson suit, lui aussi exemplaire sur le blues, stimulé par Big Sid avec un after beat énergique ! Et sur un fond roulant de piano, c’est Lips qui prend la direction des opérations, qui initie par un riff de deux mesures chaque nouveau chorus, rejoint aussitôt par le ténor et le trombone. Du jazz de qualité supérieure grâce à une entente miraculeuse entre ces six musiciens ! On aurait aimé avoir des heures d’une telle musique ! A cette époque, en 1944, Ben Webster et Sidney Catlett étaient à la tête d’un quartette qui faisait les beaux jours des cabarets de la fameuse 52e rue à New York. Milt Gabler les a conviés au studio. Sur un drumming élastique de Big Sid (admirez son introduction et son accompagnement au solo de Ben Webster) tout le monde s’exprime largement en solo, Marlowe Morris au piano, John Simmons à la basse et le grand Ben Webster au ténor ! Ce Just A Riff (CMS 1944) est lui aussi un des disques importants de l’année 44, pourtant si fertile en chefs-d’œuvre !

Nous retrouvons Hot Lips Page sur un blues lent en mineur, You’d Be Frantic Too (CMS 1944) qu’il chante avec sa voix chaude, prenante, expressive, idéale pour le blues. Il faut dire et redire qu’il fut un des grands maîtres de la trompette, mais aussi un des plus remarquables chanteurs de toute  l’histoire du jazz ! Au cours de ses chorus vocaux, il est accompagné en premier par Lucky Thompson puis par Lem Johnson lui aussi au ténor ; suit un chaleureux chorus de Lucky sur 12 mesures avant le dernier chorus de trompette de Lips, qui nous rappelle qu’il est aussi un des meilleurs spécialistes de la sourdine wa-wa et du growl. Hot Lips un immortel du vrai jazz ! C’est avec un groupe de musiciens appartenant comme lui à la grande formation de Cab Calloway, que l’on trouve un autre trompettiste de classe, le bouillonnant Jonah Jones pour Hubba, Hubba, Hub (CMS 1945). Après divers solos, dont celui plein de fougue d’Ike Quebec au ténor, Jonah Jones démarre pour deux chorus au cours desquels il fait de plus en plus monter la tension, jouant avec une puissance qui ne peut que réjouir les amateurs de big sound trumpet. Enregistré par le barman Dan Qualey pour sa petite marque entièrement dévolue au style boogie- woogie, voici B & O Blues (Solo Art 1939) par le roi de ce style (avec Albert Ammons), l’infaillible Pete Johnson. Limpidité du jeu, indépendance magique des deux mains, tempo immuable, swing implacable, encore un chef-d’œuvre à mettre au crédit de Mister Johnson ! Avec des comparses de l’orchestre du bassiste John Kirby, plus l’éloquent saxo-alto de Benny Carter, c’est maintenant le clarinettiste Buster Bailey qui nous propose Eccentric Rag  (Philarmonic 1940) au cours duquel sa clarinette fluide évolue avec élégance, Charlie Shavers se fait entendre à la trompette bouchée, puis c’est au tour de Billy Kyle au piano avant Benny Carter toujours aussi imprévisible à l’alto. Zutty Singleton nous démontre qu’il est un des batteurs les plus à l’aise dans les roulements les plus serrés (c’était un  critère incontournable pour les batteurs de la  Nouvelle-Orléans).

Arrive la merveilleuse série de disques gravés par les Blue Note Jazzmen. Le premier, Blues At Blue Note (Blue Note 1943), est dirigé par le clarinettiste Edmond Hall. Ce musicien a souvent été décrié pour son emploi quelquefois abusif du growl (grincement). Mais il l’emploie assez peu dans toutes ces faces et il faut reconnaître qu’il joue honorablement le blues. Mais, pour moi, la vedette est ici l’admirable trompettiste Sidney De Paris. Dès le départ, c’est lui qui nous captive par deux chorus intenses, exceptionnels de sensibilité sur le blues, soutenu à la perfection par le piano de James P. Johnson. Après Edmond Hall, Vic  Dickenson, dans son solo de trombone, reprend à sa manière celui que Louis Arsmtrong avait improvisé en 1927 avec ses Hot Seven sur Gully Low Blues. Après tant d’années, Vic voulait sans doute démontrer combien l’influence de Louis Armstong avait été bénéfique sur son jeu, combien il avait été imprégné, influencé, comme tant d’autres, par Satchmo ! James P. suit au piano et chorus final par tous. Cette fois, c’est James P. Johnson qui est aux commandes d’After You’ve Gone (Blue Note 1944) avec les mêmes, hormis Edmond Hall remplacé par Ben Webster qui a droit à deux chorus d’anthologie. Sidney Catlett est à la tête de la section rythmique qu’il fait tourner à 100 à l’heure, écoutez sa pulsation derrière Ben et ses breaks déci­sifs ! James P., dans ses divers passages, nous rappelle que lorsque l’on parle des très grands du piano, il ne faut pas l’oublier ! Sidney De Paris mène avec énergie et punch les ensembles, ce qui ne laisse pas indifférent l’autre Sidney (Catlett). Big Sid est absolument déchaîné tout au long de Ballin’ The Jack (Blue Note 1944), dirigé cette fois par Sidney De Paris avec de nouveau Edmond Hall. Le batteur se plaît à jouer derrière les beaux solos du trompettiste, multipliant les breaks, les roulements ou les simples rim-shots (coups secs sur le rebord de la caisse claire). Long solo de  Vic toujours en verve, puis de James P. dans un  fauteuil, et Sidney De Paris reprend la main pour diriger avec autorité l’impro collective finale ! 

Toujours en 1944, voici Monsieur Sidney Bechet lui-même à la tête d’une formation différente, mais où l’on retrouve Sidney De Paris à la trompette et Vic Dickenson au trombone. Section rythmique avec Art Hodes au piano et les vieux partenaires  de la séance de 1938 du Tommy Ladnier-Mezz Mezzrow Quintet, Pops Foster (basse) et Manzie Johnson (batterie). Atmosphère joyeuse, rayonnante comme souvent lorsque Sidney Bechet est aux commandes. Pour le vieux classique de Kid Ory, l’inusable Muskrat Ramble (Blue Note 1944), l’exubérant Sidney brille de mille feux au saxo-soprano avec son autorité coutumière, Sidney De Paris n’est pas moins brillant pour son splendide solo ; très belle impro collective pour clore.  Ex-vedette de l’orchestre de Cab Calloway, Ike Quebec est un remarquable saxo-ténor de la lignée Hawkins, dont il a la sonorité somptueuse et l’épaisseur. Sur Topsy (Blue Note 1945), il joue en puissance avant de laisser le micro à la guitare bondissante de Tiny Grimes. C’est la trompette  sensible de Buck Clayton qui termine cette belle interprétation. Pour le titre suivant, nous avons Tiny Grimes et sa guitare ardente. Tiny’s Boogie Woogie (Blue Note 1946) laisse une bonne place au ténor texan John Hardee qui était son partenaire dans sa formation  à l’époque. Des musiciens qui connaissent à  fond leur blues et qui aiment s’exprimer sur les magiques 12 mesures, que ce soit en tempo lent ou vif ! Du solide et beau travail avec un swing intense de la première à la dernière mesure. La marque Signature fondée par Bob Thiele, un amateur, offrit à Coleman Hawkins l’occasion d’enregistrer de nombreux titres lui permettant de faire tonner son saxo avec puissance, mais aussi avec une musicalité extrême. C’est le cas dans Get Happy (Signature 1943) où il est secondé par le brillant pianiste Eddie Heywood Junior et Oscar Pettiford à la basse. Avec quelques copains de l’orchestre de Count Basie dont Lester Young, Freddie Green et Jo Jones, le trombone Dickie Wells a l’occasion de briller sur son thème I’m Fer It Too (Signature 1943). Lester Young, très inspiré, a aussi de remarquables moments, et l’invité Bill Coleman joue un chorus plein de verve. De la musique qui pétille !  Eddie Heywood Jr au piano, que nous avons entendu avec Coleman Hawkins, est ici en compagnie de l’infaillible Johnny Hodges pour une  version de On The Sunny Side Of The Street (Signature 1944) prise dans un tempo plus rapide qu’à l’habitude. Cela change le caractère du morceau, mais le résultat reste intéressant. Beau duo piano-alto pour terminer, même si le jeu du batteur Shelly Manne accuse quelques lourdeurs, sans doute à cause de l’absence d’une contrebasse.

Le second CD
La marque Capitol de Californie commença ses enregistrements dès 1942 avec, entre autres, une séance du guitariste et chanteur T-Bone Walker. Par la suite cette marque signa des contrats avec des musiciens en renom dont Nat King Cole, Art Tatum ou Benny Carter, et le succès ne quitta pas Capitol qui s’installa durablement aux côtés des grandes sociétés éditrices de disques. Tout au long de I Got A Break Baby (Capitol 1942), T-Bone fait sonner sa guitare avec chaleur et éclat. C’est grâce à des solos superbes comme ceux-là que T-Bone a servi de modèle à des dizaines de guitaristes venus après lui. Même 30 ou 40 ans après sa disparition, des jeunes continuent à lui rendre hommage en reprenant le phrasé qu’il utilisait sur certains de ses titres devenus légendaires. Harry Lim, un amateur de jazz, créa sa marque Keynote. Il fût particulièrement actif en 1944 en enregistrant notamment Coleman Hawkins dans divers contextes au cours de plusieurs séances. Les batteurs maison étaient le plus souvent Cozy Cole, Big Sid Catlett ou Denzil Best, le dessus du panier ! Orchestre de rêve pour la séance donnant Father Co-operates (Keynote 1944) (morceau basé sur les harmonies de I Got Rhythm) avec, outre Coleman Hawkins, le célèbrissime Earl “Father” Hines éblouissant au piano, Trummy Young toujours aussi incisif au trombone, Cozy Cole à la batterie. À noter aussi l’excellent solo du trompettiste Joe Thomas, un musicien qui n’a pas eu la renommée que son talent méritait ! Encore une grande réussite de l’année 1944, de même que le titre suivant. L’idée de Harry Lim avait été de réunir une formation avec trois musiciens jouant du même instrument, ici trois éminents trompettes sous la direction de l’exubérant Roy Eldridge qui ouvre ce St-Louis Blues (Keynote 1944) à la trompette bouchée suivi par Joe Thomas, comme toujours sobre et efficace, jouant open, solo de piano par Johnny Guarnieri, un des rares musiciens blancs sonnant comme un Noir. Emmett Berry avec sa sonorité pleine et épaisse a les deux chorus suivants et Cozy Cole nous prouve une fois de plus au cours de son solo qu’il est un des plus impressionnants batteurs de tous les temps, et c’est de nouveau le tour de Roy qui  termine en force ! Belle prestation de tous les participants pour cette interprétation particulièrement tonique. Ne pouvant avec son grand orchestre contourner l’interdiction d’enregistrer, Count Basie est heureux de participer à une séance avec un groupe réduit comprenant certains de ses musiciens vedettes. Buck Clayton, le compositeur, expose Destination K.C. (Keynote 1944) avec suavité et chaleur, puis Count Basie nous régale de deux  chorus au cours desquels il s’amuse avec sa section rythmique, Dickie Wells n’a qu’un chorus et c’est encore Buck toujours aussi efficace et élégant pour deux chorus ; Lester Young prend la suite avec détermination pour deux chorus lui aussi avant un ensemble avec commentaires des principaux souffleurs. Cette longue et réjouissante interprétation avait été éditée en son temps, vu sa durée de 4’55, en 30 cm 78 tours.

Coleman Hawkins est de retour au studio Keynote avec cette fois le trompette Charlie Shavers pour partenaire et Teddy Wilson au piano. El Salon De Gutbucket (Keynote 1944) est un blues sur tempo moyen avec, après l’exposé du thème, Coleman Hawkins toujours autoritaire et charnu avant Charlie Shavers qui lance de vraies fusées au cours de son solo qui s’étend sur deux chorus ; plus calme, Teddy Wilson développe avec grâce son intervention avant le retour du thème. 1944 a été une année particulièrement faste pour Hot Lips Page. Que ce soit chez CMS, Continental, Savoy, Hub… il grava de multiples disques d’une qualité remarquable, principalement des blues au cours desquels, outre sa trompette triomphante, il pouvait chanter le blues avec profondeur, chaleur et émotion. Il aimait avoir à ses côtés d’excellents saxophonistes pour le seconder, souvent Lucky Thompson, Don Byas, Ben Webster, Ike Quebec, Earl Bostic… Et bien sûr Big Sid Catlett aux drums. Il est avec Vic et Lucky dans Big D Blues (Continental 1944), grandiose blues lent tant pour le chant que pour les passages de trompette qui clament le blues avec une rare puissance ! Quelle intensité dans toutes les mesures de ce morceau, car rares sont les artistes capables d’exprimer autant avec seulement quelques notes ! Art Tatum, le magicien du piano avait trouvé en Tiny Grimes et Slam Stewart deux partenaires  qui pouvaient rivaliser avec lui en créativité et en  virtuosité, aussi c’est bien logiquement que cet Art Tatum Trio fit sensation dans le monde du jazz, depuis sa création en 1942 en Californie. Le beau thème Topsy (Melo-Jazz 1944) est une démonstration éblouissante de leur savoir faire ; il se passe tellement de choses au cours de ces 4 minutes qu’on ne sait où prêter l’oreille devant une telle foison de belle musique !

Une des très rares grandes formations à avoir été enregistrée par une petite marque fut l’orchestre du trompettiste Cootie Williams. Cherry Red Blues (Hit 1944) fait la part belle au chanteur et saxo-alto Eddie “CleanHead” Vinson. Vocaux avec coups de gosier caractéristiques de ce chanteur épaulé par la trompette de Cootie. Dans la 52e rue de Manhattan, le ténor Don Byas était très présent, faisant souvent équipe avec Slam Stewart et le pianiste Erroll Garner qui commençait à faire de plus en plus parler de lui. Ils sont réunis pour un bien beau Wrap Your Troubles In Dreams (Summit 1945). Nous avons dit que Milton Mezzrow avait créé sa propre marque, King Jazz, qui était pour lui l’occasion de mettre en avant dans les meilleures conditions possibles le magnifique Sidney Bechet. De leur collaboration, choisissons Out Of The Gallion (King Jazz 1945) où les improvisations à deux de Mezz et Bechet sont d’une fusion, d’une complémentarité exemplaires, avant un solo triomphal  de Sidney d’un lyrisme et d’une envolée extraor­dinaires ! Homme phare du style New Orleans, le trombone Kid Ory a toujours dirigé des formations de grande qualité, illustrant à la perfection ce style. Il a participé au New Orleans Revival en Californie et pour Original Dixieland One-Step (Crescent 1944) il a fait appel à deux anciens compagnons qui avaient enregistré avec lui, dès 1922, Mutt Carey à la trompette et Ed Garland à la basse. Tous les autres musiciens sont de valeureux New Orleans boys, notamment le clarinettiste Darnell Howard, magnifique dans son solo et durant les improvisations collectives. Moins connu que les autres grands de la clarinette louisianaise, il est à mettre au niveau d’un Jimmie Noone dont, du reste, il s’est inspiré.
Restons à la Nouvelle-Orléans avec l’un des plus grands maîtres de la batterie, Baby Dodds. Ces musiciens des premiers temps du jazz étaient de véritables artisans du son. Pendant des années, ils avaient exploré et découvert toutes les ressources de leurs instruments, ils s’en étaient rendus maîtres, sachant comment obtenir tous les timbres et sonorités dont ils pouvaient avoir besoin. C’était la règle aussi pour les souffleurs qui avaient trouvé de multiples doigtés factices permettant d’obtenir les mêmes notes de plusieurs manières différentes. C’est ainsi que Baby Dodds dans Drum Improvisation N°1 (Circle 1946) nous montre combien il est à l’aise pour établir, avec seulement ses deux baguettes et son matériel, une véritable impro­vi­sation, un vrai discours rythmique, bien sûr,  mais aussi et c’est stupéfiant, des variations quasi-mélodiques ! Du très grand Art !!

Après sa participation remarquée, tant dans la grande formation de Lionel Hampton (son fameux solo de Flyin’ Home !) que durant les tournées du Jazz at the Philarmonic, Illinois Jacquet dirigea des petits groupements et enregistra abondamment pour diverses marques. Début 1946, il faisait partie de l’orchestre de Count Basie et c’est tout naturellement qu’il prit avec lui Emmett Berry, Freddie Green et Shadow Wilson, des camarades de l’orchestre pour se rendre dans les studios de Savoy, dynamique marque présente aussi bien dans le domaine du jazz que dans celui du blues ou du gospel. Bill Doggett est au piano et John Simmons à la basse pour Jumpin’ Jacquet (Savoy 1946) où le volubile Mister Jacquet s’en donne à cœur joie ! En admirateur inconditionnel du grand saxo-ténor Herschel Evans, il va même jusqu’à rejouer au cours du pont de son deuxième chorus, les 8 mesures improvisées par Herschel sur le Texas Shuffle de Count Basie en 1938. Sous le nom de Beal Street Gang, nous trouvons  le pianiste Milton Buckner qui nous démontre combien il est un exceptionnel interprète de blues dans Lights Out (Savoy 1946). On est là dans le sillon du blues low down. Après de nombreuses années passées dans le big band de Lionel Hampton, le saxo-ténor Arnett Cobb décida de se mettre à la tête d’un combo qui pourrait refléter sa fougue et son punch. C’est ainsi que le “Wild Man of the Tenor Sax” signa un contrat avec la marque new-yorkaise Apollo.  De cette collaboration, retenons Cobb’s Boogie (Apollo 1947) avec, outre les robustes chorus d’Arnett, un solo du trombone Booty Wood bien dans la note lui aussi. Puissants riffs sur le blues médium par tous pour clore. Un nouveau recording ban, après celui de 1942-1944, étant annoncé pour l’année 1948, bien des marques se dépêchèrent d’enregistrer abondamment pour se constituer des stocks de disques à éditer plus tard. Ce fût, on s’en doute, l’effer­vescence dans les studios en novembre et en décembre 1947. ! Un vrai maître du clavier, le texan Lloyd Glenn était très actif et recherché au cours des années 40. On le trouva aux côtés de Kid Ory, Lowell Fulson,  T-Bone Walker, B.B.King, etc., car les musiciens de jazz comme de blues recherchaient pour leurs  gravures la présence de ce splendide pianiste.  Rocking Boogie (Imperial 1947) est un boogie qui montre son aisance dans ce genre d’exercice. Le solo de guitare est dû à Gene Philips, pilier de la scène musicale californienne et partenaire régulier de Lloyd Glenn. Ce dernier en plus de ses activités de musicien était devenu directeur artistique et recruteur pour Swing Time.

 Héros de la musique de Kansas City, le pianiste et chef d’orchestre Jay “Hootie” McShann se trouvait en 1947 en Californie, où la marque Supreme lui fît, toujours en novembre et décembre, graver quelques belles interprétations dont ce McShann Bounce (Suprême 1947) où efficacité et joie de vivre se conjuguent avec bonheur. Une bouffée de belle musique tonique et rafraîchissante. L’orchestre de Count Basie se trouvant en 1947 à Los Angeles, le label Supreme demanda à Buddy Tate, le ténor vedette du Count, de venir au studio avec quelques collègues dont Emmett Berry (tp), Ted Donnelly (tb), et C.Q. Price (alto). La section rythmique étant composée de musiciens ne faisant pas partie de l’équipe Basie, avec Bill Doggett au piano et Louis Speiginer un guitariste renommé sur la côte du Pacifique. Kansas City Local (Suprême 1947) est une opportunité pour Buddy Tate de montrer la force de son attaque et la fermeté de sa belle sonorité ; encore un autre ténor talentueux de l’école des Texas tenors, aux côtés des Evans, Jacquet et Cobb ! Petite formation d’Ellingtoniens pour soutenir le grand Johnny Hodges, l’homme qui n’enregistra jamais un seul solo médiocre, ou même simplement moyen ! Ici tout au long de A Little Taste (Mercer 1947) il développe des phrases somptueuses, tant dans la conception que dans l’exécution, où son timing et la beauté de sa sonorité font merveille. La marque Atlantic, qui allait devenir importante au cours des années 50 et suivantes, commença à enregistrer le guitariste Tiny Grimes qui dirigeait une formation de qualité privilégiant, outre sa guitare, le ténor du texan (encore un) John Hardee. Boogie Woogie Barbecue permet d’entendre ces deux musiciens se balader avec délectation sur le blues médium.

Pour recruter de bons musiciens, afin de les enregistrer, les patrons des petits labels n’avaient pas à aller bien loin pour les contacter. Sur la côte Est, il leur suffisait de se rendre dans les hauts lieux de la musique vivante, tels Harlem, la 52e rue à Manhattan, Greenwich Village, où les grands solistes se produisaient dans de multiples clubs et cabarets ! Pour la Californie, c’était aussi très simple “pour faire son marché”, d’aller dans tous les clubs de Los Angeles ! Durant ces années de guerre et de recording ban, le jazz était toujours bien vivant et même rayonnant, et c’est une chance que toutes ces petites marques aient vu le jour, car elles ont capté et sauvegardé une grande partie de la riche musique qui se jouait à ce moment aux Etats-Unis, Une musique qui, sans elles, ne serait jamais parvenue jusqu’à nos oreilles car, comme le prouve notre sélection, un nombre très important de chefs-d’œuvre ont été fixés pour toujours par les uns ou les autres au cours de ces années ! 
Jacques MORGANTINI
© Frémeaux & Associés 

Notes (1) Voir Boogie Woogie Piano Vol.2, “The Boogie Woogie Craze” (FA 5164)
(2) Voir Jazz on the Air, Best performances on the Radio (FA 5…)
 

78 tours issus de la collection Jacques Morgantini.
Étiquettes de disques : coll. Jacques Morgantini.
Reproductions photographiques : Pierre Allard. 

Remerciements à Jean Buzelin. 

English notes
GREAT JAZZ ON SMALL U.S. LABELS 1938-1947 
In America, during the Thirties, the record industry was dominated by four big names: RCA-Victor, Columbia, Brunswick and Decca. These major labels often had to compromise, being obliged to follow the predominant white taste in music. The labels’ catalogues included the best of the white and black bands, but many a leading soloist was limited by the restrictions of studio demands. Apart from Fats Waller and his Rhythm at Victor, Louis Jordan and his Tympany Five at Decca and the splendid Lionel Hampton recordings at RCA-Victor, very few small outfits were considered. The Hampton sessions did enable some of the big solo names to fulfil their potential, including the likes of Cootie Williams, Rex Stewart, Jonah Jones, Benny Carter, Johnny Hodges, Buster Bailey, Coleman Hawkins, Chu Berry, Ben Webster and Nat King Cole. Also worth mentioning, is the fine recording on the Brunswick label, featuring Teddy Wilson and Billie Holiday.
 
The Pioneers
Milt Gabler, manager of the Commodore Music Shop at New York’s 46 West 52nd Street, created  a small independent record label called CMS, the initials of the name of his shop. In 1938 he recorded the great Chu Berry on tenor sax, Roy Eldridge on trumpet, Big Sid Catlett on drums and a few others. The likes of Coleman Hawkins and Benny Carter followed. In 1944, he recorded several sessions with Hot Lips Page, the renowned trumpeter and blues singer. Another pioneering spirit was Don Qualey, a New York barman who was mad about boogie woogie and founded his own record label, Solo Art, to be able to listen to his favourite pianists in studio conditions. He recorded sessions with Pete Johnson, Albert Ammons, Jimmy Yancey and Cripple Clarence Lofton, and so fuelled the ‘boogie woogie craze’ in 1930s New York. A further New York Label, Blue Note, was founded in 1939 by Alfred Lion. It includes some excep­tional recordings and lasted longer than the other two; even if, from the Fifties onwards, the label moved away from more traditional jazz. During its early days, however, Blue Note collaborated with big names such as Sidney Bechet, Albert Ammons, Pete Johnson and Meade Lux Lewis. Between 1943 and 1945 the label recorded an extraordinary series of sessions on 78s, with the great stride specialist James P Johnson on piano, contributions form the likes of Sidney De Paris, Vic Dickenson, Ben Webster and Edmund Hall, and a rhythm section that often featured Jimmy Shirley on guitar, Israel Crosby or John Simmons on bass and Big Sid Catlett on drums. These were known as the ‘Blue Note Jazzmen’, led by either James P Johnson,  Sidney De Paris or Edmund Hall. The output of these three pioneering labels will be further explored a little later.
 
The Recording Ban and the Birth of Independent Labels
 Following a disagreement between the American Federation of Musicians and the four leading labels, the head of the musicians’ union, James  C. Petrillo, stopped all studio recordings. The disastrous effect of this recording ban lasted from 31st July 1942 to 11th November 1944 and led to dramatic changes in the American record industry. With such restrictions, frustrated musicians, who earned a good living and reputation from recording, turned gladly and wholeheartedly to the smaller independent labels that were breaking out and that could easily bypass the rules and obligations  of the time. The musicians were grateful for the opportunity to earn some money, to be able to perform and to spite Petrillo. At first, such labels were concentrated in New York and California, but soon the fever took hold and spread to other cities like New Orleans, Houston, Chicago, Cincinnati and Detroit. Individual artists were favoured as the bigger bands were far too expensive for these small labels. The larger groups did, however, manage to find some openings in spite of the ban, on radio or performing for the US troops in the Pacific and in Europe. There is a double CD in the series devoted entirely to the exciting music transmitted on radio during this period. After all, those American boys needed cheering up far from home! Certain labels specialised in specific areas of black music. Some in the South dedicated themselves to religious music: Negro spirituals, gospel, vocal groups, preachers, solo singers… Others focused on blues or jazz and some on all of these. Many of these small set-ups folded after a few sessions and were often bought out by larger concerns. Others managed to thrive by signing contracts with some of the big names in the business. Such was the case with Atlantic, signing Ray Charles and Big Joe  Turner, Imperial with Fats Domino, Capitol with King Cole, Speciality with Roy Milton, Aladdin with Amos Milburn, King with Earl Bostic and Wynonie Harris and so on. All these musicians had top-of-the-charts hits and secured the future of their labels. Some of these small record companies were started up by jazz or blues fans, such as Circle, Keynote, Signature, Apollo, Swingtime and Speciality… Others were created by the musicians themselves: Mezz Mezzrow founded King-Jazz, which included the wonderful series of sessions with Sidney Be­chet; Lionel Hampton started Hamp-Tone, which became Glad-Hamp; Duke Ellington’s son used his own first name and called his company Mercer. In this way, musicians were in a better position to manage their affairs and secure their rights. Yet other labels were initiated by businessmen from the world of ‘show-biz’. A few of these had the good sense to collaborate with the musicians and so benefit from the latter’s greater experience of the milieu. Lew Chudd’s Imperial label is an example of this: it took on as its ‘recruiting artistic director’ the trumpet player Dave Bartholomew. A similar setup existed at Lee Egalnick’s Miracle, where the pianist Sonny Thompson filled the same role; and at Aladdin, founded by the Messner brothers, the saxophonist and composer Maxwell Davis, who also had an important artistic role to play at the Bihari brothers’ Modern, was in charge. There are many more such examples.This is a selection of some of the best recordings from this era, between 1943 and 1947, which spawned masterpieces by the likes of Hot Lips Page, Jonah Jones, Sidney De Paris, Sidney Bechet, Coleman Hawkins, Ben Webster, Ike Quebec, Illinois Jacquet, James P. Johnson, Albert Ammons, Pete Johnson, Art Tatum, Tiny Grimes, to name but a few.

Our selection on the first CD
The importance of the pioneer labels, CMS, Solo Art and Blue Note should be emphasised. After the title of each piece the name of the label and year of the original recording appear in brackets.   Chu Berry heads the list of CMS’ biggest hits with Sittin’ In (CMS 1938). The great tenor sax player calls on two of his habitual companions, like him both jam session regulars: Roy Eldridge on trumpet and Big Sid Catlett on drums. The complicity between all the musicians is magical and they gel into a perfect whole: belting phrases from Chu, cutting solos from Roy and some superlative driving drumming from Big Sid. A short spoken dialogue between Chu and Roy, a spirited solo from the latter, followed by Chu who ups the tension even higher, his subtle phrasing revealing his perfect mastery  of his instrument then, after Clyde Hart’s piano solo, the two soloists go head to head once more! The Chocolate Dandies’ Smack (CMS 1940) opens with a brilliant two chorus solo from Benny Carter whose sumptuous tone and intriguing phrasing make this one of the greatest alto sax solos ever recorded. Roy Eldridge and Coleman Hawkins are not to be outdone on this outstanding interpre­tation. The party continues on I Can’t Believe That You’re In Love With Me (CMS 1940) with Roy’s long, penetrating solo, a Hawkins at his majestic best plus a Benny Carter whose disconcerting,  sliding phrases delight us once more. Big Sid Catlett drives the soloists relentlessly, adapting his accompaniment to the personality of each one.  Winners of the poll organised by the Esquire ma­gazine were brought together for another CMS  session, a mouth watering line up with Cootie Williams (trumpet), Coleman Hawkins (tenor sax), Art Tatum (piano) and a strong rhythm section dominated yet again by Big Sid! On Esquire Bounce (CMS 1943), the bridge on the first chorus falls to Cootie Williams who then takes up the arrangement before Art Tatum comes in for a breath­taking 32 bars. Albert Casey acquits himself well on electric guitar, the bridge of his chorus reserved for Edmond Hall on clarinet. Coleman Hawkins is content to use his huge tone to develop a powerful riff. My Ideal (CMS 1943) from the same session is a ballad on which Hawk, past master of the genre, has plenty of room to dazzle us with his superb improvisations while Art Tatum prolongs the atmosphere set up by Hawkins. A first rate encounter between two true jazz giants!  Next comes an excellent session recorded by CMS in February 1944 with an ideal line up: Hot Lips Page (trumpet), Vic Dickenson (trombone), Don Byas (tenor sax), Albert Ammons (piano), Israel Crosby (bass) and Sid Catlett (drums). The whole session was a success, one of the highlights of 1944! Albert Ammons opens Jammin’ The Boogie with two dense boogie woogie choruses followed by Don Byas who really takes off on two beautiful tenor choruses. Then it’s the turn of Hot Lips Page with another two beautiful choruses, a veritable lesson in how to play the blues. Vic Dickenson follows, another great blues player driven by Catlett’s energetic after beat. Lips then takes over again, backed by some rolling piano, starting each new chorus off with a 2-bar riff, joined by the tenor and trombone. A magical complicity between these six musicians producing some first rate jazz! Milt Gabler invited into the studio Ben Webster and Sid Catlett who, in 1944, fronted a quartet which delighted audiences on New York’s famous 52nd Street. Backed by Big Sid’s bouncing drums, everyone gets the chance to shine in solo: Marlowe Morris on piano, John Simmons on bass and the great Ben Webster on tenor. This Just A Riff (CMS 1944) is also among the most important records of 1944, a year that produced so many masterpieces. Hot Lips Page takes the vocal on the slow blues You’d Be Frantic Too (CMS 1944), his warm, expressive and captivating voice ideal for the blues. Not only was he an outstanding trumpet player but also one of the best jazz singers. The backing is provided on tenor sax, first by Lucky Thompson and then Lem Johnson. After a swinging 12-bar solo from Lucky, Lips returns for the final chorus reminding us that he was a master of the wa-wa and growl mutes. Jonah Jones, another excellent trumpeter who, alongside Lips, had been part of Cab Calloway’s big band, features on Hubba, Hubba, Hub (CSM 1945). After various solos, including a spirited contribution from Ike Quebec on tenor sax, Jones takes off on two choruses that really swing a perfect example of big sound trumpet.

Barman Dan Qualey’s small label was devoted entirely to boogie woogie e.g. this B & O Blues (Solo Art 1939) by boogie king (along with Albert Ammons) Pete Johnson, a wonderful example of the clarity of his playing, the magical independence of his two hands, solid beat and implacable swing!  Together with his colleagues from bassist John Kirby’s band, plus Benny Carter’s eloquent alto sax, clarinettist Buster Bailey gives an elegantly fluid interpretation of Eccentric Rag (Philharmonic 1940). Charlie Shavers plays muted trumpet, then it is Billy Kyle’s turn on piano followed by Carter’s alto sax. Zutty Singleton proves that he is completely at ease with the tightest of drum rolls (indispensable for a New Orleans drummer). Then we come to the marvellous series of recordings cut by the Blue Note Jazzmen. The first, Blues At Blue Note (Blue Note 1943) is led by clarinettist Edmond Hall, a musician often criticised for overuse of the growl. However, he uses it compara­tively little on these sides and it must be said he plays the blues well. But, in my opinion, the star here is trumpeter Sidney De Paris who immediately captivates us with two intense, exceptionally bluesy choruses, perfectly backed by James P. Johnson on piano. After Edmond Hall, Vic Dickenson takes a trombone solo, reprising in his own way Louis Armstrong’s improvisation from 1927 with his Hot Seven on Gully Low Blues. Doubtless Dickenson wanted to show how much Armstrong’s influence had helped his playing. After a spell from Johnson on piano the final chorus is taken by everybody. On After You’ve Gone (Blue Note 1944) it is James P. Johnson’s turn to lead with the same line up, apart from Edmond Hall replaced by Ben Webster who is given two choruses. Sidney Catlett fronts the rhythm section which he drives along at breakneck speed; just listen to his beat behind Webster and his authoritative breaks! Johnson again proves what a gifted pianist he was while Sidney De Paris leads the ensembles with tremendous punch. Big Sid Catlett really lets fly on Ballin’ The Jack (Blue Note 1944), fronted this time by Sidney De Paris and with the return of Edmund Hall. Catlett obviou­sly enjoys playing behind the trumpeter’s solos, increa­sing the number of breaks, drum rolls and rim shots. Dickenson takes a lively solo, then Johnson before Sidney De Paris leads the final collective improvisation. On Muskrat Ramble (Blue Note 1944), the old Kid Ory classic Sidney Bechet heads a somewhat different formation although Sidney De Paris is till on trumpet and Vic Dickenson on trombone. The rhythm section has Art Hodes on piano and the old partners from the 1938 Tommy Ladnier/Mezz Mezzrow Quintet sessions: bass player Pops Foster and drummer Manzie Johnson. There is a joyful atmosphere as so often is the case when Sidney Bechet is at the helm. He shines on soprano sax as does De Paris on his splendid solo and an excellent collective improvisation closes the piece. Ex-star of Cab Calloway’s band, Ike Quebec is a remarkable tenor saxophonist in the tradition of Coleman Hawkins, with a similar rich tone. On Topsy (Blue Note 1945) he treats us to some powerful playing before handing over to Tiny Grimes’ jaunty guitar with the final chorus provided by Buck Clayton. The swinging Tiny’s Boogie Woogie (Blue Note 1945) features Tiny Grimes while leaving plenty of room for Texan tenor saxophonist John Hardee who played in the former’s band at the time. Two musicians who know all there is to know about the blues and love to improvise around a 12-bar theme, either up tempo or slow.  The Signature label, founded by an amateur, Bob Thiele, gave Coleman Hawkins the chance to record numerous titles e.g. Get Happy (Signature 1943) on which Hawkin’s powerful playing is backed by pianist Eddie Heywood and Oscar Pettiford on bass.
 
With a few friends from Count Basie’s band including Lester Young, Freddie Green and Jo Jones, trombonist Dickie Wells shines on his theme song I’m Fer It Too (Signature 1943). Lester Young has some inspired moments and guest star Bill Coleman plays a vigorous chorus.Eddie Heywood Jr on piano appears again accompanied by Johnny Hodges on a version of Sunny Side Of The Street (Signature 1944) taken at a  faster tempo than usual. This changes the character of the piece but is none the less interesting even though the drummer Shelley Mann is somewhat heavy-handed at times, probably in the absence of a bass player.

The second CD
The Californian label Capitol began recording in 1942 with, among others, a session by singer and guitar player T-Bone Walker. Later they signed contracts with well known musicians such as Nat King Cole, Art Tatum and Benny Carter and Capitol became increasingly successful and ranked in importance alongside some of the biggest recording companies. T-Bone Walker’s guitar playing is at its best on I Got A Break Baby (Capitol 1942). Such solos are what made him a model for dozens of guitar players who came after him. Even 30 or 40 years after his death, young players continue to pay him homage by reprising the phrasing he used on certain legendary titles. The Keynote label created by Harry Lim, a jazz fan, was especially active in 1944, recording several sessions of Coleman Hawkins in particular with various groups. The house drummers were more often than not Cozy Cole, Big Sid Catlett or Denzil Best, all excellent musicians. The brilliant line up on Father Co-operates (Keynote 1944) (based on the melodies of I Got Rhythm) included, in addition to Hawkins, the dazzling Earl “Fatha” Hines on piano, Trummy Young on trombone and Cozy Cole on drums. There is also an excellent trumpet solo from Joe Thomas, a musician who has never received the recognition he deserved. The following Saint Louis Blues (Keynote 1944) was also a hit. Harry Lin had the idea of getting together three musicians playing the same instrument i.e. three trumpeters led by the exuberant Roy Eldridge who opens on muted trumpet, followed by Joe Thomas playing open. Then Johnny Guarnerie plays a piano solo, one of the rare white musicians who sounds like a black one. Emmett Berry takes the next two trumpet choruses backed by an impressive Cozy Cole, one of the greatest drummers ever, before Eldridge brings the piece to a rousing close.   Unable to get around the recording ban, Count Basie was happy to take part in a session with a smaller group including some top musicians. Buck Clayton, the composer, introduces Destination K.C. (Keynote 1944), then Count Basie treats us to two choruses where he has fun with his rhythm section; Dickie Wells takes only one chorus before Clayton returns for two more. Lester Young follows for two more choruses and the collective finale  features the main brass players. This lively interpretation lasted 4’55 so it was issued at the time on a 30cm 78.

On the medium tempo blues El Salon De Gutbucket (Keynote 1944) Coleman Hawkins is back in the Keynote studios, this time with trumpeter Charlie Shavers and Teddie Wilson on piano. Hawkins opens the theme before Shavers launches into a crackling solo. Wilson’s piano contribution then calms things down somewhat before the theme is picked up again. 1944 was a particularly good year for Hot Lips Page, whether with the CMS, Continental, Savoy or Hub labels. He cut numerous records of outstanding quality, principally blues on which, in addition to his exuberant trumpet, he sings the blues with great warmth and emotion. He liked to be supported by excellent saxophonists, often Lucky Thompson, Don Byas, Ben Webster, Ike Quebec, Earl Bostic…and of course Big Sid Catlett. He is with Dickenson and Thompson on the slow blues BigD Blues (Continental 1944), notable both for the vocals and the powerful trumpet passages. There are not many musicians who can express themselves in so few notes. Pianist Art Tatum found in Tiny Grimes and Slam Stewart two partners who were his equal in creativity and virtuosity, so it is natural that the Art Tatum Trio created a sensation in the jazz world as soon as it was created in 1942 in California. The beau­tiful Topsy (Melo-Jazz 1944) is a dazzling demonstration of their skills. So many things happen during these four minutes that it is difficult to know what to listen to in particular. Trumpeter Cootie Williams’ big band was one  of the very rare formations to have been recorded by a small label. Cherry Red Blues (Hit 1944) gives the lions share to Eddie “Cleanhead” Vinson whose throaty vocals are solidly backed by Cootie’s  trumpet. 

Tenor saxophonist Don Byas was a regular at 52nd Street in Manhattan, often teaming up with Slam Stewart and pianist Erroll Garner who was beginning to make name for himself. They are together on Wrap Your Troubles In Dreams (Summit 1945). We have already mentioned that Milton Mezzrow created his own label, King Jazz, which gave him the chance to record the magnificent Sidney Bechet in the best possible circumstances. Out Of The Gallion (King Jazz 1945) is one of their joint collaborations with Mezz and Bechet complementing each other perfectly, before a triumphant solo from Bechet on which he reaches extraordinary heights. A leading light of the New Orleans style, trombonist Kid Ory always fronted first rate formations. He participated in the New Orleans Revival in California and on Original Dixieland One-Step (Crescent 1944) he called on two old friends who had recorded with him in 1922, Mutt Carey on trumpet and Ed Garland on bass. All the other musicians are New Orleans specialists, notably clarinettist Darnell Howard, magnificent on his solo and in the collective improvisations. Less well-known than the other great Louisiana clarinettists, he ranks alongside Jimmie Noone from whom he took his inspiration. We remain in New Orleans with legendary drummer Baby Dodds. These early jazz musicians were veritable craftsmen of sound. For years they explored all the possibilities offered by their instruments, mastering them and learning how to obtain the sounds they might need. Thus, Baby Dodds on Drum Improvisation N°1(Circle 1946) appears completely at ease, with just two sticks and his drums producing an improvisation based not only on rhythm but containing semi-melodic variations. After making an important contribution to both Lionel Hampton’s big band (his famous solo on Flyin’ Home !) and during the Jazz at the Philharmonic tours, Illinois Jacquet fronted small groups and recorded prolifically for various labels. Early in 1946 he was part of the line-up in Count Basie’s orchestra and so he took Emmett Berry, Freddie Green and Shadow Wilson from the band along with him to the Savoy studios. This label was active in all areas of jazz, blues and Gospel. Bill Doggett is on piano and John Simmons on bass for Jumpin’  Jacquet (Savoy 1946) on which the voluble Illinois really lets himself go. An admirer of tenor saxophonist Herschel Evans, during the bridge on his second chorus he reprises the 8 bars improvised by Herschel on Count Basie’s Texas Shuffle in 1938. Under the name Beale Street Gang, we find pianist Milton Buckner who proves what an excellent bluesman he is on the low down blues Lights Out (Savoy 1946). After several years with Lionels Hampton’s big band, tenor saxophonist Arnett Cobb decided to lead his own combo. So the “Wild Man of the Tenor Sax”, as he was known, signed a contract with the New York label Apollo. Cobb’s Boogie (Apollo 1947), as well as a robust solo from Cobb, has a solid chorus from Booty Wood and the piece closes with some powerful riffs in a medium blues tempo.

 In 1948, a new recording ban loomed, causing labels to rush to record as much as possible, building up stock that could be edited and released at a later date. Towards the end of 1947, there was a real frenzy of recording going on in the studios! During the30s, the Texan pianist Lloyd Glenn was very sought after and recorded with Kid Ory, Lowell Fulson, T-Bone Walker, BB King etc; that is, with blues and jazz musicians alike. Rocking Boogie (Imperial 1947) reveals how comfortable he was with boogie. He is accompanied by the guitarist Gene Philips, a regular on the Californian scene. Lloyd Glenn became artistic director for Swing Time. Kansas City pianist and arranger, Jay “Hootie” McShann, was in California during the last months of 1947, when he recorded some fine tracks  for the Supreme label, including the exuberant McShann Bounce (Supreme 1947). During the same year, the Count Basie Orchestra was in LA and Supreme invited Buddy Tate, star tenor of the band, along to the studio with some of his colleagues, including Emmett Berry (tp), Ted Donnelly (tb) and C.Q. Price (alto). The rhythm section was made up of personnel that were not from the Basie band, alongside Bill Doggett on piano and Louis Speiginer, renowned West Coast guitarist. Kansas City Local (Supreme 1947) is a fine example of Buddy Tate’s substantial style and talent – another gifted saxophonist of the “Texas tenor” school, along with Evans, Jacquet and Cobb. Then there was the great Johnny Hodges, accompanied by a small group of Ellingtonians, who was incapable of performing a mediocre solo! In A Little Taste (Mercer 1947) he creates a sumptuously beautiful sound. The Atlantic label, that was to become such a big name during the Fifties, recorded the guitarist Tiny Grimes heading a group that included the Texan tenor saxophonist John Hardee. Boogie-Woogie Barbeque reveals these two musicians riding the blues with ease and delight. Record label owners never had to go far to find talented musicians willing to record. On the East Coast, they only had to frequent the music hotspots of Harlem, Manhattan’s 52nd Street and Greenwich Village. Likewise, in California, talent was waiting to be recorded in all the LA clubs. Throughout these years of war and recording bans, jazz remained alive and well; and thanks to the many small record labels that sprang up out of the situation, the wealth of music from this era in American musical history was captured for posterity. Music that otherwise we would probably never have heard!
Adapted by Joyce WATERHOUSE 
from the French text of Jacques MORGANTINI
© Frémeaux & Associés    

Notes (1) See Boogie Woogie Piano Vol.2, “The Boogie Woogie Craze” (FA 5164)
(2) See Jazz on the Air, Best performances on the Radio (FA 5…)
 

78s from the collection of Jacques Morgantini.
 Records labels: collection of Jacques Morgantini.
 Photo reproductions: Pierre Allard. 

Grateful thanks 
to Jean Buzelin. 


DISCOGRAPHIE CD 1   
1. SITTIN’ IN (L. Berry - Gabler)... 23699-2
2. SMACK (L. Feather)... 2995-4  
3. I CAN’T BELIEVE THAT YOU’RE IN LOVE (J. McHugh - Gaskil)... 2997  
4. ESQUIRE BOUNCE (L. Feather)... 4691-1  
5. MY IDEAL (Robin - Whitin - Chase)... 4693-1  
6. JAMMIN’ THE BOOGIE (Young)... 4720-2  
7. JUST A RIFF (S. Catlett)...  4741-1  
8. YOU’D BE FRANTIC TOO (O. Page)... 4732-1  
9. HUBBA HUBBA HUB (J. Jones)... 4865-1
10. B & O BLUES (P. Johnson)... R125
11. EXCENTRIC RAG (Robinson)... 1844-1
12. BLUES AT BLUE NOTE (E. Hall)... 903-2
13 AFTER YOU’VE GONE (H.Creamer - T. Layton) ... 953-2
14. BALLIN’ THE JACK (Smith - Burris)... 982-0
15. MUSKRAT RAMBLE (E. Ory)... 209
16 TOPSY (E. Battle - E. Durham)... 258
17. TINY’S BOOGIE WOOGIE (T. Grimes)... 291-2
18. GET HAPPY (Koehler - Arlen)... 1924-2
19. I’M FER IT TOO (D. Wells)... 19004-1
20. SUNNY SIDE OF THE STREET (D. Fields - J. McHugh)... BOB2  

(1) Chu Berry & His “Little Jazz” Ensemble : Roy Eldridge (tp), Leon “Chu” Berry (ts), Clyde Hart (p), Danny Barker (g), Artie Shapiro (b), Sidney “Big Sid” Catlett (dm). New York City, November 11, 1938.
(2) The Chocolate Dandies : Roy Eldridge (tp), Benny Carter (as), Coleman Hawkins (ts), Bernard Addison (g), John Kirby (b), Big Sid Catlett (dm). NYC, May 25, 1940.
(3) Coleman Hawkins & The Chocolate Dandies. Same personnel and date.
(4) Coleman Hawkins & Leonard Feather’s All Stars : Cootie Williams (tp), Edmond Hall (cl), Coleman Hawkins (ts), Art Tatum (p), Albert Casey (g), Oscar Pettiford (b), Big Sid Catlett (dm). NYC, December 4, 1943.
(5) Coleman Hawkins’ Stars : Same, but Williams and Hall out. Same date.
(6) Albert Ammons Rhythm Kings : Oran “Hot Lips” Page (tp), Vic Dickenson (tb), Don Byas (ts), Albert Ammons (p), Israel Crosby (b), Big Sid Catlett (dm). NYC, February 12, 1944.
(7) Big Sid Catlett Quartet : Ben Webster (ts), Marlowe Morris (p), John Simmons (b), Big Sid Catlett (dm). NYC, March 18, 1944.
(8) Hot Lips Page & His Orchestra : Hot Lips Page (tp, voc), Lucky Thompson, Lem Johnson (ts), Ace Harris (p), John Simmons (b), Big Sid Catlett (dm). NYC, March 8, 1944.
(9) Jonah Jones & His Orchestra : Jonah Jones (tp), Tyree Glenn (tb), Buster Bailey (cl), Hilton Jefferson (as), Ike Quebec (ts), Dave Rivera (p), Danny Barker (g), Milton Hilton (b), J.C. Heard (dm). NYC, July 31, 1945.
(10) Pete Johnson (piano solo). NYC, April 16, 1949.
(11) Buster Bailey & His Sextet : Charlie Shavers (tp), Buster Bailey (cl), Benny Carter (as), Billy Kyle (p), John Kirby (b), Zutty Singleton (dm). NYC, June 1940.
(12) Edmond Hall Blue Note Jazzmen : Sidney De Paris (tp), Vic Dickenson (tb), Edmond Hall (cl), James P. Johnson (p), Jimmy Shirley (g), Israel Crosby (b), Big Sid Catlett (dm). NYC, November 29, 1943.
(13) James P. Johnson Blue Note Jazzmen : Same, but Ben Webster (ts), John Simmons (b) replace Hall and Crosby. March 4, 1944.
(14) Sidney De Paris Blue Note Jazzmen : Same as for (13) but Edmond Hall (cl) replaces Webster. NYC, June 21, 1944.
(15) Sidney Bechet Blue Note Jazzmen : Sidney De Paris (tp), Vic Dickenson (tb), Sidney Bechet (ss), Art Hodes (p), George “Pops” Foster (b), Manzie Johnson (dm). NYC, December 20, 1944.
(16) Ike Quebec Swing Seven : Buck Clayton (tp), Keg Johnson (tb), Ike Quebec (ts), Roger “Ram” Ramirez (p), Tiny Grimes (g), Gracham Moncur (b), J.C. Heard (dm). NYC, July 17, 1945.
(17) Tiny Grimes Sextet : Trummy Young (tb), John Hardee (ts), Marlowe Morris (p), Tiny Grimes (g), Jimmy Butts (b), Eddie Nicholson (dm). NYC, August 14, 1946.
(18) Coleman Hawkins’ Swing Four : Coleman Hawkins (ts), Eddie Heywood Jr (p), Oscar Pettiford (b), Shelly Manne (dm). NYC, December 23, 1943.
(19)Dickie Wells & His Orchestra : Bill Coleman (tp), Dickie Wells (tb), Lester Young (ts), Ellis Larkins (p), Freddie Green (g), Al Hall (b), Jo Jones (dm). NYC, december 21, 1943.
(20) Eddie Heywood Jr & The Trio : Johnny Hodges (as), Eddie Heywood Jr (p), Shelly manne (dm). NYC, May 26, 1944.


 DISCOGRAPHY CD 2   
1. I GOT A BREAK BABY (A. Walker)... 54-A  
2. FATHER CO-OPERATES (T. Young)... HLK 18-5  
3. SAINT-LOUIS BLUES (W.C. Handy)... HL 8-2  
4. DESTINATION K.C. (B. Clayton)... HL 24-2  
5. EL SALON DE GUTBUCKET (C. Shavers)... HL 69-1  
6. BIG D BLUES (O. Page)... 3293  
7. TOPSY (E. Battle - E. Durham)... 1255  
8. CHERRY RED BLUES (P. Johnson - J. Turner)... CR 355  
9. WRAP YOUR TROUBLES IN DREAMS (T. Koelher - H. Barris)... WS-502
10. OUT OF THE GALLION (M. Mezzrow)... 32-3
11. ORIGINAL DIXIELAND ONE-STEP (N. La Rocca)... 1022
12. DRUM IMPROVISATION N°1 (W. Dodds)... NY-4
13. JUMPIN’ JACQUET (J.B. Jacquet)... 5871-2
14. LIGHTS OUT (M. Buckner)... 3366 A
15. COBB’S BOOGIE (A. Cobb)... 1255
16. ROCKING BOOGIE (L. Glenn)...  IM-71
17. McSHANN BOUNCE (J. McShann - Boyd)... 111-B2
18. KANSAS CITY LOCAL (B. Tate - Boyd)... 125-A3
19. A LITTLE TASTE (D. Ellington - J. Hodges)... M.2033
20. BOOGIE WOOGIE BARBECUE (T. Grimes)... A114 

(1) T-Bone Walker (g, voc), Freddie Slack (p), Jud De Naut (b), Dave Coleman (dm). Los Angeles, July 20, 1942.
(2) Cozy Cole All Stars : Joe Thomas (tp), Trummy Young (tb), Coleman Hawkins (ts), Earl Hines (p), Teddy Walters (g), Billy Taylor (b), Cozy Cole (dm). NYC, February 22, 1944.
(3) “Little Jazz” & His Trumpet Ensemble : Roy Eldridge, Joe Thomas, Emmett Berry (tp), Johnny Guarnieri (p), Israel Crosby (b), Cozy Cole (dm). NYC, January 24, 1944.
(4) Count Basie Kansas-City Seven : Buck Clayton (tp) Dickie Wells (tb), Lester Young (ts), Count Basie (p), Freddie Green (g), Rodney Richardson (b), Jo Jones (dm). NYC, March 29, 1944
(5) Charlie Shavers’ All American Five : Charlie Shavers (tp), Coleman Hawkins (ts), Teddy Wilson (p), Billy Taylor (b), Denzil Best (dm). NYC, October 18, 1944.
(6) Hot Lips Page & His Orchestra : Hot Lips Page (tp, voc), Vic Dickenson (tb), Lucky Thompson (ts), Hank Jones (p), Sam Allen (g), Carl Wilson (b), Jesse Price (dm). NYC, November 30, 1944.
(7) Art Tatum Trio : Art Tatum (p), Tiny Grimes (g), Slam Stewart (b). NYC, June 21, 1944.
(8) Cootie Williams & His Orchestra : Cootie Williams, Ermit Perry, George Treadwell, Harold “Money” Johnson (tp), Ed Burke, George Stevenson, Bob Horton (tb), Charlie Holmes (as), Eddie Vinson (as, voc), Eddie “Lockjaw” Davis, Lee Pope (ts), Eddie De Verteuil (bs), Bud Powell (p), Norman Keenan (b), Sylvester “Vess” Payne (dm). NYC, January 6, 1944.
(9) Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Erroll Garner (p), Slam Stewart (b), Harold “Doc” West (dm). NYC, November 1, 1945.
(10) Mezzrow-Bechet Quintet : Milton “Mezz” Mezzrow (cl), Sidney Bechet (ss), Fitz Weston (p), Pops Foster (b), Kaiser Marshall (dm). NYC, August 30, 1945.
(11) Kid Ory’s Creole Jazz Band : Papa Mutt Carey (tp), Kid Ory (tb), Darnell Howard (cl), Buster Wilson (p), Bud Scott (g), Ed Garland (b), Minor Hall (dm). LA, November 3, 1945.
(12) Baby Dodds (drums solo). NYC, January 6, 1946.
(13) Illinois Jacquet Band : Emmett Berry (tp), Illinois Jacquet (ts), Bill Doggett (p), Freddie Green (g), John Simmons (b), Shadow Wilson (dm). NYC, January 7, 1946.
(14) Milton Buckner & The Beale Street Gang : Pazzuza Simon (ts), Milt Buckner (p), Curley Russell (b), Art Hebert (dm). NYC, October 28, 1946.
(15) Arnett Cobb & His Mobb : Dave Page (tp), Michael “Booty” Wood (tb), Arnett Cobb (ts), George Rhodes (p), Walter Buchanan (b), George Jones (dm). NYC, August1947.
(16) Lloyd Glenn & His Joymakers : Jake Porter (tp), Marshall Royal (as), Gene Porter (ts), Lloyd Glenn (p), Gene Phillips (g), Art Edwards (b), Bill Street (dm). LA, December 26, 1947.
(17) Jay McShann & His Orchestra : Forest Powell (tp), Frank Sleets (as), Charles Thomas (ts), Jay McShann (p), Louis Speiginer (g), Benny Booker (b), Pete McShann (dm). LA, November 20, 1947.
(18) Buddy Tate & His Orchestra : Emmett Berry (tp), Ted Donnelly (tb), Charlie Q. Price (as), Bill Doggett (p), Louis Speiginer (g), Chico Hamilton (dm). LA, December 1947.
(19) Johnny Hodges & His Orchestra : Harold “Shorty” Baker (tp), Johnny Hodges (as), Al Sears (ts), Harry Carney (bs), Billy Strayhorn (p), Oscar Pettiford (b), Sonny Greer (dm). NYC, December 1947.
(20) Tiny Grimes Quintet : John Hardee (ts), George Kelly (p), Tiny Grimes (g), Lucille Dixon (b), Sonny Payne (dm). NYC, December 29, 1947. 

CD GREAT JAZZ onSMALL U.S. LABELS 1938-1947 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




ExtractTrackAuthorDuration
CD 1
01 Sittin'In - Chu Berry02'17
02 Smack - Chocolate Dandies02'42
03 I Can't Believe That You're In Love - Chocolate Dandies04'16
04 Esquire Bounce - Coleman Hawkins03'17
05 My Ideal - Coleman Hawkins03'12
06 Jammin' The Boogie - Albert Ammons04'01
07 Just A Riff - Sid Catlett - Ben Webster04'04
08 You'd Be Frantic Too - Hot lips Page03'16
09 Hubba Hubba Hub - Jonah Jones04'11
10 BO Blues - Pete Johnson03'20
11 Exentric Rag - Buster Bailey02'50
12 Blues At Blue Note - Edmond Hall04'18
13 After You've Gone - James P. Johnson04'27
14 Ballin' The Jack - Sidney De Paris04'44
15 Muskrat Ramble - Sidney Bechet03'42
16 Topsy - Ike Quebec03'08
17 Tiny's Boogie Woogie - Tiny Grimes03'01
18 Get Happy - Coleman Hawkins03'28
19 I'm Fer It Too - Dickie Wells04'12
20 Sunny Side Of The Street - Eddie Heywood04'15
CD 2
01 I Got A Break Baby - T-Bone Walker03'20
02 Eather Co Operates - Cozy Cole- Coleman Hawkins04'54
03 Saint Louis Blues - Roy Eldridge02'45
04 Destination Kc - Count Basie Kansas City 705'01
05 El Salon De Gutbucket - Charlie Shavers03'01
06 Big D Blues - Hot Lips Page03'01
07 Topsy - Art Tatum Trio04'21
08 Cherry Red Blues - Cootie Williams03'13
09 Wrap Your Troubles In Dream - Don Byas - Errol Garner03'00
10 Out Of The Gallion - Mezzrow - Bechet02'33
11 Original Dixieland One Step - Kid Ory02'59
12 Drum Improvisation N°1 - Baby Doods02'36
13 Jumpin' Jacquet - Illinois Jacquet02'58
14 Lights Out - Milton Buckner03'04
15 Cobb's Boogie - Arnett Cobb02'51
16 Rocking Boogie - Lloyd Glenn02'54
17 Mcshann Bounce - Jay McShann02'29
18 Kansas City Local - Buddy Tate02'46
19 A Little Taste - Johnny Hodges03'04
20 Boogie Woogie Barbecue - Tiny Grimes03'03
« Great Jazz on small U.S. labels 1938-1947 » par Lylo

«  En enregistrant les solistes de big bands en formations réduites, les petits labels ont accéléré l’évolution d’un jazz plus libre qui conduira au be-bop (free) ou au rythm’n’blues (soul) et à la fin des grands orchestres swing. »
Par LYLO




"Une histoire d’orfèvres en la matière qui fait chaud au coeur" par Le Journal de Montréal

Comme le prouve habilement ce double CD, il y a belle lurette qu’artistes et grandes compagnies ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. Si vous n’aviez pas une place de choix au sein des « grands majors », il fallait se tourner vers de petites compagnies comme le firent certains artistes : Jonah Jones, Milt Buckner, T-Bone Walker, Roy Eldridge, Coleman Hawkins, ce qui est loin d’être quantité négligeable. Avec minutie et professionnalisme, Jacques Morgantini fait le récit de cette aventure qui respire le swing, le boogie-woogie, l’esprit Nouvelle-Orléans et le blues. Une histoire d’orfèvres en la matière qui fait chaud au cœur.

Par LE JOURNAL DE MONTREAL





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