STÉPHANE HESSEL - ENGAGEZ-VOUS !

ENGAGEZ VOUS : ENTRETIEN DE STEPHANE HESSEL AVEC GILLES VANDERPOOTEN

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Frémeaux & Associés accueille, avec Stéphane Hessel, une expression vivante de sa vocation d’entreprise éditoriale : un auteur, humaniste, citoyen, engagé dans une transmission bienveillante, éthique et esthétique de son expérience d’homme, à l’usage des jeunes générations.
L’entretien de Stéphane Hessel, mené par Gilles Vanderpooten pour la préparation d un ouvrage à paraître aux éditions de l’Aube, est un véritable maillon intergénérationnel et s’écoute comme le cadeau de la sagesse à l’urgence de construire les bases nouvelles d’un monde à venir.
Patrick Frémeaux & Benjamin Goldenstein

Avertissement :
Le présent entretien a été mené par Gilles Vanderpooten et enregistré pour la réalisation d’un ouvrage à paraître aux Éditions de l’Aube, et n’était pas destiné à l’édition sonore, d’où une qualité sonore inférieure aux standards de Frémeaux & Associés, malgré une restauration en studio. Toutefois, la pertinence des propos et la qualité de l’échange nous ont convaincus de mettre ce document à la disposition du public.

 

Stéphane Hessel est resté fidèle aux acquis, aux idées et aux méthodes de la Résistance : sa brochure a été conçue et diffusée comme l’étaient celles de la littérature clandestine diffusées sous l’occupation par Témoignage Chrétien, par les réseaux de résistance ou par les Editions de Minuit. Aujourd’hui dans les sillons numériques de ces deux CD, sa voix se fait entendre comme celle du Général de Gaulle se propageait sur les antennes de Radio Londres entre 1940 et 1943.
En écoutant les propos de Stéphane Hessel, nous acceptons de recevoir une belle ruade. Un coup de pied à la fois salutaire et bienveillant ! Sans doute parce qu’au fond de nous-mêmes, nous avons en vérité tellement besoin “d’être”, de vivre et d’exister dans un monde qui puisse nous garantir le triomphe de l'esprit sur la matière comme le disait Charles de Gaulle devant la communauté française réunie à Oxford en 1941. Un monde véritablement solidaire qui soit celui du “vivre ensemble” et qui nous fasse comprendre que notre vie ne commence à s éclairer que lorsque nous la tournons vers les autres.
C’est tout l’héritage, tout le développement durable, toute la détermination qu’il faut souhaiter incarner ici et maintenant afin de mieux transmettre de vraies valeurs à nos enfants du 21ème siècle.
Jean-Pierre Guéno

CD1
- 1. Les résistances aujourd’hui, quelques exemples (5’02) - 2. Premier grand défi : l’inégalité des richesses (4’15) - 3. Deuxième grand défi : la dégradation de la planète (3’43) - 4. Voyager, revenir et en parler (2’14) - 5. Faire face à nos défis actuels (4’32) - 6. Comment se situer face à la révolte terroriste et Al-Qaida ? (4’13) - 7. La possibilité d’une situation insurrectionnelle ? (2’41) - 8. Le civisme et la jeune génération (2’00) - 9. L’engagement écologique ? (6’52) - 10. Comprendre comment évolue la nature (3’09) - 11. L’institutionnalisation des problèmes mondiaux (5’35) - 12. Le sommet de Copenhague (3’11) - 13. La prise en compte européenne (2’48) - 14. Des coalitions nationales (2’57) - 15. Le Grenelle de l’environnement (4’43) - 16. Les Organisations Non Gouvernementales (4’59)
 
CD 2 - 1. Critique du développement (6’05) - 2. L’aide internationale (5’01) - 3. La nouvelle génération et le « développement » (6’29) - 4. Evolution morale et éthique (3’22) - 5. La multiplicité des cultures (6’39) - 6. Pour un conseil de sécurité mondial (5’41) - 7. La prise de conscience du risque (4’10) - 8. Articuler local et global (3’18) - 9. La vocation de résistance et les limites du mot (2’35) - 10. Défis pour la jeune génération (2’58) - 11. Une humanité jeune (4’24) - 12. Les intérêts des générations à venir (4’35)

Production : Groupe Frémeaux Colombini en accord avec Jean Viard pour les éditions de l'aube, Gilles Vanderpooten (Conversations pour l'Avenir), et la Fondation l'entreprise La Poste.
Droits : Frémeaux & Associés en accord avec Stephane Hessel, Gilles Vanderpooten et les Editions de l'Aube.

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Stéphane HESSEL Engagez-vous !

DOCUMENT

Stéphane HESSEL
Engagez-vous !
Entretien à l’usage des jeunes générations avec Gilles VANDERPOOTEN

Avertissement : Le présent entretien a été mené par Gilles Vanderpooten et enregistré pour la réalisation d’un ouvrage, paru aux Éditions de l’Aube, et n’était pas destiné à l’édition sonore, d’où une qualité sonore inférieure aux standards de Frémeaux & Associés, malgré une restauration en studio. Toutefois, la pertinence des propos et la qualité de l’échange nous ont convaincus de diffuser ce document. 

« Il nous est permis de penser que le monde va vers davantage de liberté, de solidarité et de responsabilité…vers davantage d’écoute mutuelle, davantage de dialogue »
Stéphane Hessel 

Réveillez-vous ! 
Quand on chasse l’humain, quand une certaine forme d’aliénation progresse à pas feutrés, il arrive que l’humanisme rejaillisse au galop, dans un sursaut de révolte et d’indignation, et que la parole soit un cri venu du fond de l’âme… Les mots deviennent alors les armes de la résistance et de l’espérance. Des mots qui prennent voix pour mieux ouvrir la voie.  Le livre publié par Stéphane Hessel Indignez-vous ! continue à connaître un formidable succès, et finira tôt ou tard par avoir conquis plus d’un million de lecteurs. Ce plébiscite a généré des sentiments d’admiration mais aussi des procès d’intention de la part certains « aquabonistes » comme le disait Serge Gainsbourg, qui critiquent la démarche de Stéphane Hessel en disant : « L’indignation d’accord, mais après ? ». C’est oublier que Stéphane Hessel a déjà beaucoup donné. Il a plus que rempli son contrat de grand serviteur de l’intérêt général. Alors qu’il a encore le courage et l’énergie de s’indigner du haut de ses 93 ans, faut-il continuer de harceler ce résistant de la première heure en lui demandant de poser à la fois les bonnes questions et de projeter les bonnes réponses, de montrer la bonne voie avant de la gravir lui-même? N’ayez-pas peur ! disait André Frossard dans le titre de l’un de ses livres, reprenant le cri de Jean-Paul II. N’ayez-pas peur cher auditeur des pépites sonores des Editions Frémeaux ! N’ayez pas peur vous les enfants du 21ème siècle ! Saisissez-vous de l’appel que vous lance Stéphane Hessel ! Rebondissez ! Agissez !  Cet entretien avec Stéphane Hessel enregistré par Gilles Vanderpooten avant la rédaction d’Indignez-vous devrait vous y aider. Il va plus loin encore que sa magnifique lettre ouverte de quatorze pages publiée par les Editions Indigène. Il est le complément indissociable du livre d’entretiens publié par les Editions de l’Aube.  Stéphane Hessel est resté fidèle aux acquis, aux idées et aux méthodes de la Résistance : sa brochure a été conçue et diffusée comme l’étaient celles de la littérature clandestine diffusées sous l’occupation par Témoignage Chrétien, par les réseaux de résistance ou par les Editions de Minuit. Aujourd’hui dans les sillons numériques de ces deux CD, sa voix se fait entendre comme celle du Général de Gaulle se propageait sur les antennes de Radio Londres entre 1940 et 1943.  Mais ne résumez pas la portée de la démarche de Stéphane Hessel à la mousse éphémère des temps présents : ce qui fait la force de son message, c’est sa hauteur. Il ne vise pas tant tel ou tel gouvernant élu démocra­tiquement. Il ne se rabaisse pas à des attaques personnelles. Il est avant tout l’expéditeur d’un magnifique coup de pied aux fesses donné par un homme d’âge mûr à tous les enfants de la génération du « tout à l’ego » pour qu’ils arrêtent de focaliser leurs aigreurs sur tel ou tel nom, sur tel ou tel bouc émissaire de la politique, et qu’ils se remettent en question eux-mêmes, dans leur vie quotidienne. Afin qu’ils portent un regard critique sur leur avidité narcissique de « posséder », sur leur propre course au paraître au cœur d’une vie moderne et d’une société de consommation dont Alain Souchon nous rappelle les poisons dans sa chanson Foule sentimentale écrite en 1993 :  
« Aïe on nous fait croire 
Que le bonheur c’est d’avoir 
De l’avoir plein nos armoires 
Dérision de nous dérisoire, car 
Foule sentimentale
On a soif d’idéal 

Il faut voir comme on nous parle, 
Comme on nous parle… » .  

Nous sommes donc salutairement masochistes : en achetant la brochure de Stéphane Hessel, nous acceptons de recevoir une belle ruade. Un coup de pied à la fois salutaire et bienveillant ! Sans doute parce qu’au fond de nous-mêmes, nous avons en vérité tellement besoin « d’être », de vivre et d’exister dans un monde qui puisse nous garantir le triomphe de l’esprit sur la matière comme le disait Charles de Gaulle devant la communauté française réunie à Oxford en 1941. Un monde véritablement solidaire qui soit celui du « vivre ensemble » et qui nous fasse comprendre que notre vie ne commence à s’éclairer que lorsque nous la tournons vers les autres. C’est tout l’héritage, tout le développement durable, toute la détermination qu’il faut souhaiter incarner ici et maintenant afin de mieux transmettre de vraies valeurs à nos enfants du 21ème siècle. 
Jean-Pierre GUENO  
© Frémeaux & Associés 

I  On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.  - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,  Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !  - On va sous les tilleuls verts de la promenade.  Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !  L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;  Le vent chargé de bruits - la ville n’est pas loin -  A des parfums de vigne et des parfums de bière... 

II  - Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon  D’azur sombre, encadré d’une petite branche,  Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond  Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.  La sève est du champagne et vous monte à la tête ...  On divague ; on se sent aux lèvres un baiser  Qui palpite là, comme une petite bête ... 

III  Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,  Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,  Passe une demoiselle aux petits airs charmants,  Sous l’ombre du faux col effrayant de son père ... Et, comme elle vous trouve immensément naïf,  Tout en faisant trotter ses petites bottines,  Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif ...  - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines ... 

IV  Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.  Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.  Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.  - Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !... - Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,  Vous demandez des bocks ou de la limonade...  - On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans  Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade. 
Arthur Rimbaud 
29 septembre 1870  

Présentation
Le présent coffret propose de retrouver une conversation entre Gilles Vanderpooten, 25 ans, et Stéphane Hessel, 93 ans, auteur du médiatique «Indignez-vous !».  Ils y abordent la question de l’engagement contemporain, particulièrement celui des jeunes générations. Face à des enjeux décisifs pour l’avenir, quelles solutions ? Comment agir ? Où s’engager ? Autant de questions auxquelles Stéphane Hessel répond avec enthousiasme et humanisme. Un témoignage précieux. Une incitation à la résistance, à l’engagement et à l’action. 

Stéphane Hessel
Stéphane Hessel naît en 1917. Grand Résistant puis diplomate, il contribue à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. « Ce sera peut-être la période la plus ambitieuse de ma vie, avec le sentiment prenant de travailler non pour l’éternité mais pour l’avenir » nous livre-t-il. Pionnier de l’ONU, ambassadeur de France, attaché aux Affaires étrangères puis au Programme des Nations unies pour le développement, il incarne un « civisme mondial » qui l’amène à s’engager tour à tour en faveur des droits de l’homme, des sans-papiers et des sans-logis, de la lutte contre les inégalités et pour l’agriculture vivrière. Il fait de l’écologie l’un des principaux défis du XXIe siècle.  A 93 ans, Stéphane Hessel reste engagé sur tous les fronts. Eternel optimiste, il croit la nature « riche en ruses multiples » et enjoint aux jeunes générations de faire vivre l’idée de résistance contre les choses scandaleuses qui les entourent. « Interrogez-vous sur ce qui vous indigne et vous scandalise, et quand vous l’avez découvert, tachez de connaître comment concrètement il vous est possible de faire quelque chose pour lutter contre. »  « Indignez-vous ! » et « Engagez-vous ! » nous interpelle-t-il. 

Pourquoi cette Conversation pour l’avenir ?
La crise multiple que nous connaissons – à la fois écologique et climatique, financière, économique, sociale, politique, culturelle, éthique – nécessite un recul, une analyse critique, des explications, une confrontation de points de vue et d’expériences.  Stéphane Hessel est l’une de ces personnalités qui marquent notre histoire contemporaine. Au-delà de son action passée, par son expérience, son parcours singulier, son analyse originale, il nous aide à identifier et analyser les enjeux qui engagent notre responsabilité collective, à y trouver des solutions, à faire émerger une nouvelle vision porteuse d’espoir. C’est ce qui m’a amené à le rencontrer en septembre 2009. J’avais alors à l’idée de réaliser une série d’entretiens « intergénérationnels », en partant à la rencontre de personnalités captivantes – penseurs, écrivains, artistes, explorateurs – qui par leur pensée et leur action, nous aident à éclairer l’avenir. Ils ont un message à délivrer aux jeunes générations qui vont vivre et construire le monde de demain. Ils apportent un témoignage précieux, plus que jamais en période d’incertitude et de quête de sens et de repères.  
Retrouvez les auteurs, le livre et la série sur
www.vivelavenir.org 

Gilles Vanderpooten
Cofondateur de l’ONG Indibio - Institut pour la diversité biologique Jéromine Pasteur, Gilles Vanderpooten, 25 ans, est à l’origine de plusieurs initiatives autour de l’écologie, des alternatives économiques et du « durable » - Festival Eidos du film de l’environnement à Nantes, Appel pour une France durable, Tour de France du développement durable (et ouvrage du même nom paru aux éditions Alternatives, 2010). 
© Éditions de l’Aube - Frémeaux & Associés 

Stéphane HESSEL, Engagez-vous ! 
Entretien à l’usage des jeunes générations avec Gilles Vanderpooten
CD1
1. Les résistances aujourd’hui, quelques exemples 5’02
2. Premier grand défi : l’inégalité des richesses 4’15
3. Deuxième grand défi : la dégradation de la planète 3’43
4. Voyager, revenir et en parler 2’14
5. Faire face à nos défis actuels 4’32
6. Comment se situer face à la révolte terroriste et Al-Qaida ? 4’13
7. La possibilité d’une situation insurrectionnelle ? 2’41
8. Le civisme et la jeune génération 2’00
9. L’engagement écologique ? 6’52
10. Comprendre comment évolue la nature 3’09
11. L’institutionnalisation des problèmes mondiaux 5’35
12. Le sommet de Copenhague 3’11
13. La prise en compte européenne 2’48
14. Des coalitions nationales 2’57
15. Le Grenelle de l’environnement 4’43
16. Les Organisations Non Gouvernementales 4’59  

CD 2
1. Critique du développement 6’05
2. L’aide internationale 5’01
3. La nouvelle génération et le « développement » 6’29
4. Evolution morale et éthique 3’22
5. La multiplicité des cultures 6’39
6. Pour un conseil de sécurité mondial 5’41
7. La prise de conscience du risque 4’10
8. Articuler local et global 3’18
9. La vocation de résistance et les limites du mot 2’35
10. Défis pour la jeune génération 2’58
11. Une humanité jeune 4’24
12. Les intérêts des générations à venir 4’35 

Ecouter Stéphane HESSEL Engagez-vous ! (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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Qui est Stéphane Hessel ?
(Par Hortense Paillard)

Diplomate, Ambassadeur de France, résistant, citoyen du monde et inlassable militant des Droits de l'Homme, Stéphane Hessel est né le 20 octobre 1917 à Berlin (Allemagne). Son père est l'écrivain juif allemand Franz Hessel (1880-1941), auteur entre autres du Bazar du bonheur et traducteur, avec le philosophe Walter Benjamin, de l'oeuvre de Marcel Proust. Sa mère est l'artiste et intellectuelle juive berlinoise Hélène Grund, qui sera immortalisée en 1962 au cinéma par Jeanne Moreau dans le film de François Truffaut, Jules et Jim, tiré du roman autobiographique de son compagnon Henri-Pierre Roché.

En 1924, Hélène Grund-Hessel quitte Berlin avec ses deux fils pour vivre en France auprès de Henri-Pierre Roché. Le jeune Stéphane grandit parmi les intellectuels et artistes non-conformistes fréquentés par ses parents dans l'entre-deux-guerres et se passionne pour la poésie et la philosophie. Il suit ses études à Paris, d'abord à l'École alsacienne, puis au Lycée Louis-le-Grand où il passe le Bac en 1932. Il s'inscrit en Fac de Lettres puis, après un passage à la London School of Economics, intègre l'Institut d'Études Politiques de Paris (à l'époque dénommé École libre des Sciences Politiques). En 1937, sous le gouvernement de Léon Blum, Stéphane Hessel obtient la naturalisation française. La même année, il entre à l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm où il suit les cours de Maurice Merleau-Ponty et passe un diplôme d'Études Supérieures de philosophie. En 1939, il épouse une jeune femme russe, Vitia Mirkine-Guetzévitch, qui lui donnera trois enfants: Anne, Antoine et Michel.

Lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, Stéphane Hessel est mobilisé à Saint-Maixent avec sa promotion de l'Ecole Normale. Fait prisonnier en 1940, il parvient à s'évader et rejoint le Général de Gaulle à Londres en mars 1941. Il est incorporé comme agent de liaison au Bureau de Contre-Espionnage, de Renseignement et d'Action (BCRA) des Forces Françaises Libres (FFL). Sa femme le rejoint à Londres en 1942. Le 10 juillet 1944, il est arrêté par la Gestapo lors d'une mission à Paris. Il est déporté au camp de concentration nazi de Buchenwald avec un groupe de 36 autres résistants condamnés à mort. Le jour même de son 27e anniversaire, pour échapper à la pendaison qui l'attend, il prend l'identité d'un autre Français, Michel Boitel, qui meurt du typhus à l'infirmerie du camp. Le 4 avril 1945, pendant la débâcle allemande, il parvient à s'évader d'un train lors d'un transfert de Dora à Bergen-Belsen et rejoint l'armée américaine basée à Hanovre. Il regagne Paris en mai 1945. Àprès la guerre, Stéphane Hessel décide de se consacrer à la politique et à la diplomatie. À l'automne 1945, il est admis au concours d'entrée du ministère des Affaires étrangères. De 1946 à 1950, il occupe un poste de Directeur administratif au Secrétariat général des Nations Unies à New York. En sa qualité de Chef de cabinet de Henri Laugier, à l'époque Secrétaire général adjoint de l'ONU et Secrétaire de la Commission des Droits de l'Homme, il participe aux côtés de René Cassin à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui sera adoptée en 1948 par les Nations Unies.

En 1950, Stéphane Hessel devient directeur du Secrétariat des conférences à l'administration centrale. En 1955, il est rattaché directement au cabinet de Pierre Mendès-France, à l'époque Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères du Général de Gaulle. Il poursuit jusqu'en 1985 sa carrière de diplomate, occupant divers postes au gré des affectations de son ministère de tutelle: Conseiller du haut-commissaire de France à Saigon (1955-56), Chef du service de coopération technique à la Direction générale des affaires culturelles et techniques (1957-59), Directeur de la coopération avec la communauté et l'étranger au ministère de l'Education nationale (1959-64), Conseiller des affaires étrangères de 1e classe, Détaché au secrétariat d'Etat aux Affaires algériennes à Alger (1964-68), Ministre plénipotentiaire (1965), Président de l'Association des foyers internationaux et de l'Association de Formation des Travailleurs Africains (1959-64), en poste à l'administration centrale en qualité de Chef du service des Nations Unies et des organisations internationales (1969-71), Détaché auprès du secrétariat général des Nations Unies à New York pour exercer les fonctions de Sous-directeur du programme des Nations Unies pour le développement (1971-72), Chargé de mission au cabinet de Pierre Abelin, ministre de la Coopération (1974-75), Président de l'Office pour la promotion culturelle des immigrés (1975-77), Représentant permanent de la France auprès de l'Office des Nations Unies à Genève (1977-81) et enfin Délégué interministériel pour les questions de coopération et d'aide au développement (1981-83).

Élevé à la dignité d'Ambassadeur de France par François Mitterrand en 1981, Stéphane Hessel est admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1983. Il adhère au Parti Socialiste et s'engage auprès de Michel Rocard dont il préside le réseau de soutien pour la candidature à l'élection présidentielle. Durant les deux septennats de François Mitterrand, il devient une sorte de "sage" pour diverses instances gouvernementales, dont notamment la Haute autorité de la communication de l'audiovisuel, qui s'occupe de répartir la Bande FM entre les radios libres de l'époque. En avril 1987, deux ans après le décès de sa femme Vitia, il épouse à l'âge de soixante-douze ans Christiane Chabry, la femme avec il entretient une liaison depuis près de trente ans. Dans un documentaire diffusé récemment sur France 5 (Stéphane Hessel, sisyphe heureux de Sophie Lechevalier et Thierry Neuville), il revient sur cette situation: "Je pense que la façon de partager son amour entre plusieurs femmes est quelque chose qui m'est devenu naturel du fait même de la façon dont s'est développée la vie de ma mère. [...] Elle a compris que deux hommes pouvaient aimer la même femme, et que cette femme pouvait avoir une relation forte avec l'un comme avec l'autre. C'est ce que Truffaut a repris dans ce film qui, d'ailleurs, vient de l'aventure même de mes parents, Jules et Jim." De 1990 à 1994, il participe au Haut conseil à l'intégration et représente la France à la Conférence mondiale de Vienne pour les Droits de l'Homme en 1993. Au printemps 1997, il est appelé à l'aide par le gouvernement pour assurer la médiation avec les Sans-papiers qui occupent l'église Saint-Bernard. À partir de 1999, il devient Membre du Haut conseil pour la coopération internationale et Président du Comité français de solidarité internationale.

Militant de la défense des droits de l'Homme, européen et anti-colonialiste convaincu, Stéphane Hessel n'a cessé de dénoncer les injustices. Bardé d'honneurs et de décorations (Grand officier de la Légion d'honneur, Grand Croix de l'ordre national du Mérite, Croix de guerre 39-45, Médaille des Evadés, Commandeur des Palmes académiques, Membre de l'ordre de l'Empire britannique, Prix Nord-Sud du Conseil de l'Europe, Prix UNESCO pour la promotion d'une culture des droits de l'homme), il co-préside aujourd'hui le Collégium international éthique, politique et scientifique, et est l'un des 130 parrains de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il soutient également le fonds associatif Non-Violence XXI et l'ONG Bibliothèques Sans Frontières. En 2002, de retour d'un séjour en Palestine où il rencontre Yasser Arafat assiégé par les Israéliens à Ramallah, ce survivant de l'Holocauste déclare: "Je vois les Palestiniens humiliés, colonisés, occupés par les Israéliens, alors que la naissance de l'Etat d'Israël avait été pour nous, en 1948, le sentiment d'une victoire sur les nazis. Maintenant, la façon dont les Israéliens traitent leurs voisins, les Palestiniens, de façon infâme, inadmissible, violant les droits de l'homme est un très mauvais souvenir pour moi". En 2004, lors de la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944, il signe l'appel collectif des résistants de la première heure qui invite "les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle".

Il signe en août 2006 l'appel de l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP) contre les bombardements israéliens au Liban.
En février 2008, il fustige le non-respect de l'article 25 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme par le Gouvernement Fillon / Sarkozy dans le dossier des Sans-logis. En 2009, l'ancien haut commissaire pour les Droits de l'Homme dénonce violemment les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par Israël lors de l'agression contre les Palestiniens de la Bande de Gaza (1.400 morts palestiniens, pour la plupart des civils). Défenseur du peuple palestinien, il devient l'un des principaux membres du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, fondé pour que les états et les organisations internationales comme l'ONU ou l'Union Européenne jugent enfin les graves infractions commises par l'État juif contre le Droit international et mettent un terme à son impunité. Il apporte son soutien au jeune militant franco-palestinien Salah Hamouri, membre du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), détenu illégalement dans les geôles israéliennes et totalement ignoré par les médias et les autorités françaises qui, deux poids deux mesures, préfèrent soutenir le militaire franco-israélien Gilad Shalit détenu par le Hamas. Il soutient aussi le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) -- qui appelle les citoyens du monde entier à isoler économiquement l'Etat juif en boycottant les produits estampillés "israéliens" provenant des territoires palestiniens occupés -- ce qui lui vaut d'être menacé et poursuivi par les partisans du régime d'appartheid israélien. Le Bureau National de Vigilance contre l'Antisémitisme (BNVA), présidé par l'ex-commissaire de police Sammy Ghozlan, dépose ainsi une plainte contre lui pour "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence". Comme de nombreux intellectuels défenseurs de la cause palestinienne (Edgar Morin, Noam Chomsky, Pierre Bourdieu, Alain Badiou, Umberto Eco, José Saramago, Jean-Luc Godard, Pascal Boniface, Rony Brauman, etc), il est injustement accusé d'antisémitisme. Certaines personnalités du microcosme médiacratique pro-israélien -- entre autres Eric Zemmour, Claude Askolovitch, Pierre Assouline et Luc Rosenzweig -- tentent plus ou moins insidieusement de détruire sa stature de conscience morale dans des articles intellectuellement malhonnêtes, allant jusqu'à mettre en doute son passé de Résistant. Sur Facebook, le "chercheur" du CNRS Pierre-André Taguieff ira même jusqu'à inciter ses lecteurs à "écraser la tête du serpent venimeux nommé Hessel".

Richard Prasquier, président du très peu représentatif mais surpuissant Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF), se vantera lui de son action de lobbying communautariste visant à faire taire Stéphane Hessel au mépris du plus simple droit à la liberté d'expression. Une conférence-débat autour de la campagne BDS, programmée en janvier 2011 avec ce dernier et diverses autres personnalités à l'Ecole Normale Supérieure (ENS) de Paris, a en effet été purement et simplement annulée au dernier moment par la directrice de l'établissement, Monique Canto-Sperber. Le président du CRIF s'enorgueillira ainsi d'avoir fait annulé la rencontre: "Valérie Pécresse, ministre des Universités, ainsi que le rectorat de l'université de Paris que nous avons contactés en urgence ont réagi sans ambiguïté: je leur rends hommage, ainsi qu'à Claude Cohen Tanoudji, prix Nobel de Physique, Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut, tous anciens élèves de l'Ecole Normale Supérieure. Et une pensée particulière à Mme Canto-Sperber qui mène un combat incessant contre des dérives inquiétantes". En décembre 2009, Stéphane Hessel se présente aux élections régionales sur la liste d'Europe Ecologie (EE), conduite à Paris par l'ex-président de Greenpeace Robert Lion. En mai 2010, ce compagnon de Jean Moulin dénonce, avec son ami Walter Bassan et d'autres anciens Résistants, les tentatives de récupération historique de Nicolas Sarkozy qui se rend au plateau des Glières (Haute Savoie), où furent tués en mars 1944 plus d'une centaine de maquisards par l'armée allemande et la police de Vichy. Selon lui, "Résister en 2010, c'est lutter contre les mortelles dérives du capitalisme barbare, qui aggrave les injustices sociales, tue des milliers d'hommes sur la planète et aggrave l'état de la terre, du ciel, de l'eau". C'est aussi s'opposer à la politique sarkozyste de destruction des acquis sociaux mis en place précisément par les mouvements de résistance gaullistes et communistes après la guerre. Quelques mois plus tard, il apporte également son soutien aux enseignants-désobéisseurs du Réseau des Enseignants du primaire en Résistance.

Stéphane Hessel est l'auteur de plusieurs livres dont notamment: Danse avec le siècle (autobiographie, 1997), Dix pas dans le nouveau siècle (2002), Ô ma mémoire: la poésie, ma nécessité (recueil de poèmes commentés, 2006), Citoyen sans frontières (conversations avec Jean-Michel Helvig, Prix Jean Zay 2008), et Indignez-vous ! (2010). Le 10 mars 2011, doit également paraître aux Éditions de L'Aube (et en sonore chez Frémeaux & Associés) Engagez-vous !, un nouvel essai présenté comme "un appel aux jeunes générations à se révolter et à s'engager", car il ne suffit pas de s'indigner. L'ouvrage est co-signé avec un jeune militant écologiste, Gilles Vanderpooten, auteur notamment de Tour de France du développement durable (Éditions Alternatives). Indignez-vous !, petit essai d'une trentaine de pages, véritable plaidoyer pour la sauvegarde des acquis de la Résistance aujourd'hui bafoués par Nicolas Sarkozy, bat tous les records de vente en librairie. Publié en octobre 2010 par les Éditions Indigène (une petite maison d'édition de Montpellier fondée en 1996 par Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman), quelque 1.700.000 exemplaires ont été vendus en à peine quatre mois.

Stéphane Hessel y dénonce le sort des Palestiniens écrasés sous le joug israélien ainsi que la dictature des marchés financiers. Il rappelle les principes et valeurs du Conseil National de la Résistance, qui créa notamment la Sécurité sociale et les services publics, généralisa les Caisses de Retraite, imposa la nationalisation des banques et des sources d'énergie (EDF, etc), développa l'instruction pour tous, et mis en place une presse indépendante des puissances de l'argent. Comme ses anciens compagnons de route, il appelle à "une insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon à notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et la compétition à outrance de tous contre tous". Pour Stéphane Hessel, il nous appartient toujours aujourd'hui "de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers: pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l'égard des immigrés, pas cette société où l'on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis". Stéphane Hessel a reçu le Frantz Fanon 2011 pour l'ensemble de son engagement anticolonial, de la Résistance aux combats d'aujourd'hui, et notamment pour son action en faveur de la reconnaissance de l'Etat Palestinien.
© Hortense Paillard / La République des Lettres




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CD 1
01 Les résistances aujourd'hui, quelques exemples - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten05'02
02 Premier grand défi, l'inegalité des richesses - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'14
03 Deuxième grand défi, la dégradation de la planète - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten03'42
04 Voyager, revenir et en parler - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten02'14
05 Faire face à nos défis actuels - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'31
06 Comment se situer face à la révolte terroriste et Al-Qaida - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'13
07 La possibilité d'une situation insurrectionnelle - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten02'40
08 Le civisme et la jeune génération - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten01'59
09 L'engagement écologique - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten06'51
10 Comprendre comment évolue la nature - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten03'09
11 L'institutionnalisation des problèmes mondiaux - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten05'34
12 Le sommet de Copenhague - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten03'10
13 La prise en compte européenne - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten02'47
14 Des coalitions nationales - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten02'57
15 Le Grenelle de l'environnement - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'43
16 Les organisations non gouvernementales - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'59
CD 2
01 Critique du développement - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten06'05
02 L'aide internationale - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten05'00
03 La nouvelle génération et le developpement - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten06'28
04 Evolution morale et ethique - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten03'21
05 La multiplicité des cultures - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten06'39
06 Pour un conseil de sécurité mondial - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten05'40
07 La prise de conscience du risque - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'10
08 Articuler local et global - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten03'17
09 La vocation de résistance et les limites du mot - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten02'34
10 Défis pour la jeune génération - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten02'57
11 Une humanité jeune - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'23
12 Les intérêts des générations à venir - Stéphane Hessel/Gilles Vanderpooten04'35
"La profession de foi, bien oecuménique, d'un diplomate-né" par l'Express

"Engagez-vous!, le nouveau Hessel (éditions de l'Aube), est un recueil d'entretiens réalisés en 2009 avec Gilles Vanderpooten [dont l'enregistrement sonore paraît en simultané chez Frémeaux & Associés]. Abordant les mêmes thèmes que dans 'Indignez-vous !' (2010), Hessel insiste sur le fait que la lutte a changé de forme depuis les temps héroïques de la Résistance. Il met l'accent sur le plus fédérateur des combats contemporains, celui pour l'environnement, réclamant par exemple la création d'une Organisation mondiale de L'Environnement. Et pose également la nécessité d'un gouvernement mondial. La profession de foi, bien oecuménique, d'un diplomate-né. Extraits.
Résister ne suffit pas
"Il faut créer, car résister ne suffit pas. Toute simplification est toujours dangereuse. Il faut nous habituer à penser avec sagesse - cela ne relève pas de l'intelligence ni de la créativité, mais du sens de l'équilibre. On ne peut pas être seulement yin ou seulement yang, il faut un balancement." (p.56)
Socialisme ou écologie ?
"Ma génération a contracté une véritable allergie à l'idée de révolution mondiale. [...] J'ai acquis le sentiment, peut-être injuste, que ce n'est pas par des actions violentes, révolutionnaires, renversant les institutions existantes, que l'on peut faire progresser l'histoire." (p. 20)
"Et quand je parle avec des gens de votre génération, je leur dis toujours : 'Un de vos défis les plus importants, c'est la Terre.'" (p. 34)"  
par l'Express




"L'élévation de l'âme" par Le Magazine Littéraire

Notre temporalité n’est pas la leur. Il est rare que Le Magazine Littéraire choisisse de revenir sur un événement éditorial qui apparaîtra peut-être dans un an ou deux comme relevant de la pure émulsion médiatique. Pourtant, cette achat massif, certains diront compulsif, de la brochure – et non du livre, c’est entendu – de Stéphane Hessel, titrée Indignez-vous ! nous intéresse. Nous nous garderons bien d’en tirer des considérations politiques ou de relever les faiblesses d’un texte qui pèche parfois par simplisme et souvent par relativisme. Il y a des degrés dans l’indignation comme dans la colère ou la révolte, et tous les évènements qui heurtent notre conscience ne peuvent être placés sur un plan identique. A l’inverse, il est préférable d’ignorer les aigreurs de certains essayistes ou philosophes se voyant, d’un coup, dépassés dans leur course vers les sommets de la gloire par un homme de 93 printemps. Hésiode nous le disait déjà : « Le potier en veut au potier, le charpentier au charpentier, le pauvre est jaloux du pauvre et le chanteur du chanteur » (Les Travaux et les jours, v. 25-26). On comprend leur amertume. Cette génération poursuivie par ses fantômes se demande : « A quoi cela servit-il de trahir nos « idéaux soixantuitars » si l’on se fait aujourd’hui bousculer par une figure issue de la Résistance ? Décidément, nos anciens ne savent plus se tenir. Ces snipers qui tirent sur Stéphane Hessel nous rappellent le mot d’Umberto Eco quand il parlait de « ceux qui veulent faire la révolution avec l’autorisation de la préfecture ». La littérature et l’indignation entretiennent des rapports passionnés. Le procès de Socrate, l’affaire Dreyfus, l’affaire Calas, l’extermination des indiens d’Amérique, le bombardement de Guernica, la destruction des Twin Towers… la liste est longue des crimes qui, par-delà les souffrances causées par les victimes, ont suscité l’horreur universelle et la réprobation des témoins, tout en inspirant les philosophes et les écrivains. Dans son ouvrage extrêmement stimulant De l’indignation (Ed. La table ronde, 2005) le philosophe Jean-François Mattéi dévoile « la scène primitive de l’indignation philosophique » qui est non pas la mort de Socrate, mais son procès. En effet, l’indignation ne consiste pas à s’apitoyer sur son sort, à pleurer sur ses propres malheurs. Elle n’est pas une ordonnance philosophique qui nous prescrit, comme c’est le cas actuellement de la « moraline ». Rien d’étonnant  si Nietzsche s’écrie : « Nul ne ment autant qu’un homme indigné ». Juvénal avant lui avait ricané en écrivant : « Facit indigniatio versum », affirmant qu’une personne manquant des dons requis pour faire des vers pouvait néanmoins devenir poète si elle laissait parler son indignation. Certaines formes de l’art contemporains (les plus voyantes ?) répondent parfaitement à cette définition. Mais, précisément, il ne s’agit pas de la mort de Socrate sinon de son procès. S’indigner, c’est rendre sa dignitas, son rang civil, à des personnes, des idées ou des actions humaines qui ont été déchues. Aussi, contrairement à la colère, qui est le résultat d’une émotion et qui peut exploser pour les motifs les plus variés, l’indignation repose sur un fond de vérité rationnelle qui ne demande qu’à s’expliciter. Révolté par le spectacle de l’injustice (Socrate devant ses « juges »), le philosophe brûle de faire valoir les arguments de la justice. Cette ardeur éveille à l’éthique ; le démon de l’indignation est une ouverture au Bien comme l’étonnement est le premier moment du savoir ontologique. C’est ce que Bernanos a résumé par une belle formule quand il présente l’indignation comme « l’élévation de l’âme ». L’écrivain savait que le contraire de l’indignation n’est pas la raison mais la résignation. j.mecescaron@yahoo.fr - LE MAGAZINE LITTERAIRE




Interview de Stéphane Hessel (extrait) par Le Nouvel Observateur

S. Hessel : Ce succès, je l’explique d’abord par son titre. Il y a beaucoup de gens en France, et c’est largement la responsabilité de monsieur Sarkozy, qui trouvent qu’on ne respecte pas quelque chose qui touche à la dignité de la France – y compris sur le plan de la langue, preuve par « Casse-toi pauvre con ! ». Et donc, quand quelqu’un s’avance et dit « Indignez-vous ! », on l’écoute. D’autant plus s’il est très vieux et n’entend pas se faire élire président de la République. Les partis politiques traditionnels inspirent désormais de la méfiance. Je le regrette, moi qui suis encore membre du PS, tout en ayant figuré sur une liste Europe Ecologie aux dernières régionales. Mais il est certain que, pour un jeune français, qui voudrait s’engager aujourd’hui, il manque une figure inspirante comme celle de Pierre Mendès France.
N.O. : « C’est tout le socle des conquêtes sociales de la Résistance qui est aujourd’hui remis en cause », écrivez-vous. A quel moment avez-vous commencé à vous sentir mal à l’aise sous ce pouvoir ?
S. Hessel : Mon combat constant, depuis 1985, c’est l’immigration. Depuis longtemps je travaille sur ce sujet avec des gens merveilleux, comme l’historien Patrick Weil. Je me suis beaucoup battu à l’époque des sans-papiers de l’église Saint-Bernard, en 1996. Je considère que la France a un rôle très important à jouer à ce propos de par la multiplicité des cultures présentes sur son territoire. La France devrait être un exemple pour l’Europe entière dans sa façon d’intégrer les immigrés. Ma première colère contre la période Sarkozy, c’est donc ça. Hortefeux et Besson, c’est ce qu’on peut faire de pire. Une politique scandaleuse d’expulsions massives, basée sur des quotas à respecter, et ce bien avant le problème des Roms. Je suis d’accord avec Michel Rocard : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part. » Le problème, c’est qu’on a laissé tomber la seconde partie de sa phrase ! Pour le reste, je ne peux que constater le triomphe de l’argent. Depuis 2007, tout a été fait pour complaire aux grandes fortunes françaises. Une politique fiscale plus solidaire, voilà une autre chose pour laquelle je suis prêt à me battre. […]
Par Aude LANCELIN – LE NOUVEL OBSERVATEUR




"Dans le sillage de Stéphane Hessel" par Livres Hebdo

Depuis le succès inattendu et non démenti d’Indignez-vous ! (Indigène), puis Engagez-vous ! (livre d’entretiens avec Gilles Vanderpooten à L’Aube et en CD chez Frémeaux), Stéphane Hessel est très sollicité par les éditeurs. Le vif nonagénaire multiplie les préfaces, tandis que les ouvrages de décryptages déferlent en librairie.
[…]
Les ouvrages de réponses, d’analyse et de critiques affluent aussi avec Aux actes citoyens ! De l’indignation à l’action, d’Hervé Sérieyx et André-Yves Portnoff, le 12 mai chez Maxima et Détrompez-vous ! Les étranges indignations de Stéphane Hessel décryptées, de Jean Szlamowicz, le 19 mai chez Intervalles. Rappelons dernièrement la publication de J’y crois pas !, une réponse à Stéphane Hessel rédigée « à la demande de Renaud Camus »  et signée Orimont Bolacre, coéditée par David Reinharc et le parti politique de l’In-nocence, aux positions opposées à celles d’Hessel, notamment en matière d’immigration. Sur nos listes des meilleures ventes, depuis trois semaines, l’ouvrage se place encore en 18e position.
Par Anne-Laure WALTER – LIVRES HEBDO





"Un cadeau de sagesse." par l'Alsace

"C’est un vieux philosophe souriant qui caracole au sommet du box-office littéraire depuis des semaines avec son court mais percutant "Indignez-vous !" Fidèle à sa vocation éditoriale, l’éditeur Frémeaux & Associés propose, avec l’entretien entre Stéphane Hessel et Gilles Vanderpooten intitulé "Engagez vous !" une expression vivante d’un auteur humaniste engagé dans une transmission de son expérience d’homme à l’usage des jeunes générations… Cet entretien mené pour la préparation du livre éponyme aux éditions de l’Aube, met en exergue la nécessité d’être, de vivre et d’exister dans un monde qui puisse garantir, comme le disait De Gaulle, le triomphe de l’esprit sur la matière. Un cadeau de sagesse."
par Pierre-Louis CEREJA - L'ALSACE




« Joli moment de détermination » par La Revue des médiathèques et des collections musicales

Dans le mouvement de la brochure Indignez-vous, Frémeaux et Associés choisit de publier un entretien entre Stéphane Hessel et Gilles Vanderpooten, destiné à la réalisation d’un livre à paraître aux éditions de l’Aube. Si l’entretien n’était pas destiné à constituer  un document sonore, le propos humaniste et engagé de Stéphane Hessel justifie pleinement la réalisation d’un document sonore. Un joli moment de détermination.
Jacques Vazeille – REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES





« Les meilleurs ventes en philosophie » par Philosophie Magazine

« Il faut créer, car résister ne suffit pas » écrit Stéphane Hessel. Engagez-vous ! est le fruit d’un entretien avec Gilles Vanderpooten, responsable associatif et consultant en développement durable, dont l’enregistrement paraît aussi chez Frémeaux. L’ouvrage revient sur le parcours d’Hessel et sur ses inquiétudes concernant « l’écart incommensurable  qui existe entre les forces politiques et la jeunesse française », le respect des droits de l’homme et la dégradation de la planète. Il assure que « l’engagement pour l’écologie est aussi fort que l’était pour nous l’engagement dans la Résistance. » Cédric ENJALBERT – PHILOSOPHIE MAGAZINE




« Un monde véritablement solidaire » par Zeitung (Luxembourg)

Chez Frémeaux & Associés (www.fremeaux.com) vient d’être publié le double CD Stéphane Hessel, engagez-vous, entretien à l’usage des jeunes générations. Stéphane Hessel est un auteur, un humaniste, un citoyen, engagé dans une transmission bienveillante, éthique et esthétique de son expérience d’homme, à l’usage des jeunes générations. L’entretien de Stéphane Hessel, mené par Gilles Vanderpooten, est un véritable maillon intergénérationnel. L’auteur est resté fidèle aux acquis, aux idées et aux méthodes de la Résistance. En écoutant ses propos, nous acceptons de recevoir une belle ruade, un coup de pied à la fois salutaire et bienveillant ! Sans doute parce qu’au fond de nous-mêmes, nous avons en vérité tellement besoin d’être, de vivre et puisse nous garantir le triomphe de l’esprit sur la matière. Que nous avons besoin d’un monde véritablement solidaire qui soit celui du « vivre ensemble » et qui nous fasse comprendre que notre vie ne commence à s’éclairer que lorsque nous la tournons vers les autres. ZEITUNG (Luxembourg)




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