PRÉJUGÉS OCCIDENTAUX SUR L’ART TRIBAL

PATRICK FRÉMEAUX AU MUSÉE D’ART MODERNE DE TROYES (CD1), ENREGISTREMENTS DOGONS COLLECTÉS PAR PATRICK KERSALÉ (CD2)

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Number of CDs : 2


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FA5373

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Conférence de Patrick Frémeaux, galeriste, marchand d’art, éditeur de philosophie et d’archives sonores, en présence d'Olivier Le Bihan, directeur du Musée d’Art moderne de Troyes, et de Jean Luc Rio, directeur de la librairie Les Passeurs de textes.
A l’occasion de l’exposition « Collections croisées » (Collections nationales Pierre et Denise Levy et Collection Sargos) (…)
C’est un regard sensiblement différent qu’offrira Patrick Frémeaux. Grand voyageur, collectionneur et marchand d’art, l’homme est également éditeur sonore et, depuis près de vingt ans, éditeur d’archives ethnographiques, musiques et cérémonies rituelles. (…)
Dans un propos liminaire, l’homme « posera les choses » et s’attachera plus particulièrement aux préjugés qui collent aux arts tribaux au XXe siècle. Abandonner les critères qui sont nos repères… Sans doute est il difficile d’abandonner les critères à l’aune desquels nous jugeons l’art occidental. L’ancienneté de l’oeuvre. Le (re)nom de l’artiste. La notion d’oeuvre même. Le distinguo entre l’oeuvre et l’objet… (…) Une acculturation qui joue dans les deux sens car le grand public ne soupçonne souvent pas à quel point les révolutions artistiques du XXe siècle puisent dans ces arts tribaux.
C’est bien le sens qu’ont donné Pierre et Denise Lévy à la confrontation, au sein de leur collection, d’oeuvres africaines avec celles des plus grands artistes du début du XXe siècle. Que seraient, finalement, l’Art nouveau sans le Japon et l’art moderne sans l’Afrique ?

J-M. VAN-HOUTTE © L’EST RÉPUBLICAIN

Droits : Galerie Frémeaux & Associés CD 1 et Patrick Kersalé - Buda Music - Gilles Fruchaux CD 2.

CD1
CONFÉRENCE DE PATRICK FRÉMEAUX : 1. LES PRÉJUGÉS OCCIDENTAUX SUR L’ART TRIBAL - INTRODUCTION DE PATRICK FRÉMEAUX / 2. PRÉSENTATION TRAVAIL ETHNOMUSICOLOGIQUE - LES MUSIQUES DU MONDE ET LA MONDIALISATION / 3. LE TRAVAIL DES AUDIO NATURALISTES - RAPPORT NATURE ET CULTURE - HOMMAGE À KARABAYINGA DE RFI / 4. TERMINOLOGIE DE L’ART TRIBAL, L’ART PRIMITIF, L’ART PREMIER - HISTOIRE D’UNE ESTHÉTIQUE / 5. LES ARTS AFRICAINS (LA DANSE, LA MUSIQUE ET LA SCULPTURE) - L’HÉRITAGE : LE JAZZ ET LE ROCK - LA NÉGRITUDE : DAMAS, SENGHOR, CÉSAIRE ET MALRAUX / 6. PRÉJUGÉS DU PUBLIC - CULTURE DE L’AUTRE - LA CIVILISATION : LÉVI-STRAUSS ET GERMAINE TILLON / 7. CHEIKH ANTA DIOP - VOYAGES EN AFRIQUE AVEC SALIF KEITA / 8. VOYAGE AVEC SALIF KEITA 2 (RADIO FRANCE INTERNATIONALE) / 9. LES COLLECTIONNEURS (ANDRÉ BRETON, FAMILLE SARGOS, FONDATION DAPPER…) / 10. EVALUER UN OBJET D’ART TRIBAL (VALEUR VÉNALE, HISTORIQUE OU ESTHÉTIQUE ?) / 11. ART CONTRE ARTISANAT : DES BIENS FONGIBLES ? - CRITÈRES COMPARATIFS ENTRE L’HISTOIRE DE L’ART OCCIDENTAL ET NOTRE PERCEPTION DE L’ART TRIBAL - ART COUTUMIER, NOTION ETHNOGRAPHIQUE / 12. VRAI/FAUX, UNE ATTEINTE À LA CRÉATION. LA NOTION DE RÉPERTOIRE / 13. PATRIMOINE ET CRÉATION - UNE CLASSIFICATION MARCHANDE DES OBJETS (ESTHÉTIQUE TRIBALE ET ART COUTUMIER) / 14. L’ART PREMIER ET SON HÉRITAGE (ACCULTURATION ET ENRICHISSEMENT CULTUREL) - STATUES DES ÎLES DE LA SONDE ET DE LA PAPOUASIE / 15. MONDIALISATION ET ART TRIBAL - LE RÔLE DES MUSÉES / 16. LE MUSÉE : LIEU SACRÉ DE CONSERVATION OU ESPACE SCÉNOGRAPHIÉ POUR LA PÉDAGOGIE ? - LE MUSÉE DU QUAI BRANLY / 17. INSTITUTIONNALISATION ET RECONNAISSANCE DE L’ESTHÉTIQUE TRIBALE.
CD2
ARCHIVES MUSICALES COLLECTÉES CHEZ LES DOGONS PAR PATRICK KERSALÉ : 1. CHANT DE RÉJOUISSANCE ET DE MARIAGE / 2-6. CHANTS DE CIRCONCIS / 7-9. CHANT DE FUNÉRAILLES DES HOMMES / 10. PRIÈRE RITUELLE / 11-12. FÊTE DU BULU / 13-15. MUSIQUE POUR LA LUTTE RITUELLE / 16-18. JEUX / 19. CHANT DE FUNÉRAILLES DES FEMMES / 20-21. CHANT DE TRAVAIL / 22-23. CHANT D’ACCUEIL / 24. LE CRI DE L’HYÈNE."

Préjugés occidentaux FA5373

Préjugés occidentaux sur l’art tribal
Rencontre avec Patrick Frémeaux (CD1)

Au Musée d’Art Moderne de Troyes
Suivie des enregistrements Dogons,
collectés par Patrick Kersalé (CD2)










Au contraire de l’Européen classique, le Négro-Africain ne se distingue pas de l’objet, il ne le tient pas à distance, il ne le regarde pas, il ne l’analyse pas. Il le touche, il le palpe, il le sent. 
Léopold Sédar Senghor
Congrès de l’union nationale au Mali

Art premier, vrai ou faux ?
On ne peut que souligner l’importance de la dimension créatrice des arts africains, malgré les qualifications dépréciatives d’« arts primitifs » ou « d’arts premiers », pour autant qu’il y ait des « arts seconds ». L’héritage est considérable puisque la découverte de ces formes d’art à la fin du XIXe siècle, a modifié la création occidentale du XXe siècle (Picasso, Arp, Brancusi, Matta, Matisse, Braque…). Aujourd’hui les œuvres d’art africaines sont définitivement reconnues comme appartenant à l’histoire de la création humaine à l’égal des arts occidentaux. La création d’espaces patrimoniaux dédiés en atteste (Musée Dapper, Musée africain-américain de Californie, Fondation Beyeler, Musées de la civilisation au Canada, Musée du quai Branly…).

Toute la problématique de ce patrimoine dans un monde régi non par l’écrit, mais par l’oralité, est l’absence de hiérarchie entre les créateurs, afin de parvenir à distinguer un objet de valeur d’une pièce sans intérêt, alors même qu’il s’agit d’un art traditionnel. Il a donc été admis que sa valeur culturelle était relative à la beauté de la pièce et à son ancienneté, (plus elle est séculaire moins elle a de chance d’être le produit d’une acculturation, même si les objets les plus valorisés sont ceux souvent qui résultent de la rencontre entre l’Occident et l’Afrique : le reliquaire kota est recouvert de laiton, la statue Songyé du Congo fait l’objet de l’adjonction de clous de tapissiers…). Ajoutons que ce sont les fonctions culturelles, rituelles et spirituelles qui déterminent l’évaluation d’une œuvre d’art africaine (le reliquaire kota du Gabon était relié à l’ossuaire du disparu, l’échelle dogon doit avoir été utilisée, le masque bambara doit avoir servi pour une danse rituelle…). Cependant ce jugement de valeur qui consiste à distinguer le vrai du faux porte en lui des éléments immoraux hérités de la colonisation.

Si au début du XXIe siècle, nous avons reconnu la diversité des cultures et la nécessité de conserver le patrimoine immatériel, le fait de promouvoir l’idée, auprès des collectionneurs, que seul l’objet qui a été détourné de sa fonction rituelle a de la valeur, revient à défendre un système marchand qui, dans la relation Nord/Sud, crée une raréfaction des objets anciens en Afrique.

Dans le même temps, les Occidentaux estiment normal de restaurer leurs châteaux et leurs sites historiques alors que le régime monarchique n’existe plus, de sauver des cathédrales alors que la collectivité s’intéresse plus à l’architecture du bâtiment qu’à sa fonction symbolique, et de mettre en scène le passé à la fois comme facteur d’identité et comme élément d’attractivité commerciale d’un territoire.

Mais ce raisonnement ne semble généralement plus tenir pour les pays en voie de développement, car lorsqu’une tribu se vêt du costume traditionnel à l’arrivée d’un bus de touristes, celle-ci est taxée de simonie ou d’opportunisme commercial. La souveraineté de l’héritage et sa diffusion est moins reconnue à un peuple rural dans un pays d’Afrique que la valorisation d’une animation historique dans un pays occidental. Il en est de même pour l’objet d’art africain lorsque l’Occidental estime qu’un masque qui a été fait par un artiste et qui n’a pas servi selon les rites ancestraux aurait moins de vertus esthétiques.
La galerie Frémeaux classifie les objets en quatre catégories :

1) Objet d’art africain « pour touriste » (« art d’aéroport »). Il consiste en des reproductions d’objets plus ou moins bien faites qui sont souvent réalisées en série dans des tailles, des formes et des bois non conformes aux vrais objets et rarement produits in situ. Ce type d’objet très bon marché n’est pas proposé par la Galerie Frémeaux & Associés.

2) Objet d’art africain conforme à l’esthétique tribale. Il s’agit d’un objet d’art dont nous n’avons pas la preuve qu’il a été utilisé de manière rituelle, mais dont le travail, la qualité du bois, la créativité, la facture est conforme à l’héritage esthétique de la tribu à laquelle il se rapporte.

3) Objet d’art africain coutumier. Il s’agit d’un objet dont l’origine est connue, qui porte les traces d’une utili­sation répétée, dont la facture et la pigmentation sont conformes aux pratiques traditionnelles et à l’art coutumier.

4) Objet d’art africain ancien de qualité ethnographique. Il s’agit d’un objet d’art coutumier dont l’ancienneté - plus de trente ans - lui confère une valeur supplémentaire, car il a fait l’objet d’un usage répété sur plusieurs générations et parce que sa création remonte à une époque où l’incitation marchande était plus faible qu’aujourd’hui.

L’héritage artistique de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique noire est en fait relativement récent et a été valorisé par le concept de Négritude élaboré par Césaire et Senghor (Voir le coffret Frémeaux & Associés coédité avec RFI, Aimé Césaire, Insularité et poésie, Les Grandes voix du sud, vol 2, [FA 5188] et Les Enregistrements historiques de Senghor, avec l’INA [FA5136]) et par la reconnaissance occidentale de l’intemporalité de cet art dans le discours de Dakar d’André Malraux, en 1966, mis à la disposition du public par Frémeaux et Associés (André Malraux, Grands discours 1946-1973 [FA5115]).

Par ailleurs, la reconnaissance des arts premiers comme patrimoine de l’humanité fait l’objet d’une collection ethnomusicologique chez Frémeaux et Associés où l’on retrouve les musiques spontanées des Pygmées, les chants des Papous ou des ethnies Antandroy de Madagascar… Cette démarche éditoriale et le choix d’objets présentés par la Galerie Frémeaux et Associés, est un véritable appel au partage, à la créativité et à la reconnaissance de la puissance d’un art qui est à l’origine du jazz aux États-Unis et un contributeur déterminant des arts figuratifs et abstraits occidentaux au XXe siècle. Ne dit-on pas en inversant l’ordre des influences, d’une sculpture africaine qu’elle est cubiste ? La galerie Frémeaux & Associés se veut avant tout un lieu d’émotion, un lieu où le simple promeneur peut se révéler un collectionneur fasciné par la magie de l’Afrique.
 P. Frémeaux & C. Lointier



Musiques et chants des Dogons
Par Patrick Kersalé © Buda Musique

Le pays dogon
Le Mali est un pays d’Afrique de l’Ouest d’une superficie de 1 240 000 km2 bordé au nord par l’Algérie, au nord-ouest par la Mauritanie, à l’ouest par le Sénégal, au sud par la Guinée et la Côte d’Ivoire et à l’est par le Burkina Faso et le Niger. Il se situe de plus entre le monde Arabe au nord et les peuples Noirs au sud. Cette situation géographique en fait un pays d’une grande richesse ethnique et musicale.

Les Dogons représentent environ 3 % de la population du Mali. Ils peuvent être considérés comme l’ethnie ayant le mieux conservé ses traditions. Ils vivent dans la zone Sud de la bande Sahélienne africaine au sud-est de Mopti, dans les cercles de Bandiagara, Koro et Bankass, près de Douentza et, au Burkina Faso, au nord-ouest de Ouahigouya.

Le pays Dogon est séparé en deux par la falaise de Bandiagara longue de 200 km et dont la hauteur varie de 300 à 600 mêtres.

On considère généralement trois zones d’habitat : le plateau, la falaise et la plaine. Ce disque présente des aspects de la musique dogon appartenant à ces trois zones.

La langue
Les dogons parlent des dialectes différents en fonction de leur situation géographique ; parmi les plus importants par rapport au nombre de locuteurs : tómo kã` (région de Ningari), djamsáj (région de Koro), dono   (région de Bandiagara), tɛngu kã` (région de Bankass),   (région de la falaise). Des variantes dialectales existent également en fonction des villages. Les noms vernaculaires sont notés en caractères phonétiques et sont propres au dialecte des villages où les enregistrements ont été réalisés.

La musique et les instruments
La musique traditionnelle dogon est exclusivement fonctionnelle. Elle accompagne les rites, les fêtes, les jeux, le travail, en résumé, la plupart des actes collectifs de la vie sociale et religieuse.Le terme « musique » semble inapdaté pour désigner certaines formes d’expression sonore des Dogons. En effet, le jeu instrumental s’apparente plus souvent à une transposition sonore du langage parlé, qu’à de pures compositions mélodiques ou rythmiques. L’exemple le plus significatif est probablement celui des messages joués sur les tambours à variation de tension, annonçant les nouvelles aux villageois ou permettant aux jeunes gens de défier à la lutte, les garçons de quartiers ou de villages rivaux.

On notera, qu’il n’existe pas, dans le vocabulaire dogon, de mot traduisant littéralement le terme « musique » ; le seul qualificatif est le mot bòj (en  ), signifiant tambour. Le « chant » est, quant à lui, traduit littéralement par “ní” (en  ). Cependant, afin de simplifier notre discours, nous emploierons malgré tout le mot « musique ».

Les Dogons possédent une trentaine d’instruments de musique, dont certains leur sont propres : tambours cylindriques et en sablier à deux peaux, tambours hémisphériques, tambour à fente, flûte à embouchure latérale, sifflets à embouchure terminale, cithares tubulaires, récipients percutés, sistres, hochet, lithophones, rhombes, cloches de fer à battant externe…Certains instruments sont joués sans restriction d’usage, d’autres seulement lors de certains rituels.

Les chants
Les chants présentés dans ce disque sont tous de type responsorial et homophonique. Les échelles tétratoniques, excepté pour le chant de pilage (plage 20), où il est pentatonique.
La répartition des degrés à l’intérieur des échelles varie d’un chant à l’autre.
Ces enregistrements ont été réalisés en février 1996.

Lieux d’enregistrements
Bandiagara : 1 - Barapireli : 2 à 6, 24 - Bongo : 13 à 15, 19 - Irelli : 7 à 9, 11, 12, 17, 18 - Tireli : 10, 16, 20 à 23
Autre CD Dogon du même auteur
Cérémonies rituelles des Dogons / Collection Peoples - PEO-807 / VDE-GALLO

Enregistrement, montage, photographies et dessins : Patrick Kersalé
Remerciement à tous les amis musiciens de pays Dogon ; à nos guides Amadou Coulibaly et Djibril Lougue ; à Pio Pèmè Douyon et Abinon Teme pour leurs conseils éclairés.
Ce disque est sorti en 1997 chez Buda Musique (collection Dominique Buscail dirigée par Gilles Fruchaux) distribué par Universal.

Discographie
Chant de réjouissance et de mariage/sãgire : Chant de réjouissance.
Chants de circoncis/sɛndi ní : 2. Chant de communication - 3. Chant d’aumône - 4. Chant de remerciement - 5. et 6. Chant blasphématoire.
Chant de funérailles des hommes/badju ní : 7. Introduction à la veillée funéraire - 8. Bénédictions - 9. Transfert du défunt.
Prière rituelle : 10. Rituel de la pluie.
Fête du búlu : 11. Chant des enfants - 12. Saluations aux beaux-parents - awa janu.
Musique pour la lutte rituelle : 13, 14 et 15. Lutte rituelle.
Jeux : 16. pélu péle - 17. daleda - 18. ajara (danse des margouillats).
Chant de funérailles des femmes : 19. Danse des femmes - ja go.
Chant de travail : 20. Chant pour le pilage communautaire - 21. Chant pour la préparation du beurre de karité.
Chant d’accueil : 22. Chant d’accueil du hogon - 23. Chant d’accueil pour les étrangers.
Le cri de l’hyène : 24. akogona.



PETITES ÎLES DE LA SONDE ET DE PAPOUASIE
Art coutumier d’Indonésie et d’Océanie

La Galerie Frémeaux et Associés présente un fonds  d’art primitif et coutumier des petites îles de la Sonde et de la Papouasie grâce à une collection de masques et statues du Timor (anciennement îles de la Sonde) et de sculptures Papoues. Environ 2000 ans avant notre ère, les austronésiens, peuples du Sud de la Chine, immigrent vers l’Indonésie et constituent sans doute les premiers marin de l’Histoire de l’humanité. Le caractère insulaire de ces zones favorise le développement indépendant et original de cultures tribales appuyées sur un art coutumier propre. Le Timor connait à ce jour deux langues majeures : le malaya-mélanésien et le Papou, signe de la connexion persistante entre ces deux îles, expliquant la communauté esthétique de l’art tribal entre ces deux régions. 

Les œuvres présentées vont du Korwar, célèbre statue funéraire papoue dont un modèle à l’esthétique semblable avait servi de couverture à une exposition des musées Barbier Mueller jusqu’à de très grands masques en bois de coco, en passant par des statues à la facture très contemporaine, semblables par leur aspect à des pièces exposées au musée du Quai Branly.

Ces objets ont été acquis dans des villages tribaux par des collecteurs timoriens dans les 20 dernières années et ensuite sélectionnés en Août 2010 en Indonésie par Claude Colombini, Patrick Frémeaux et moi-même pour les faire importer par la Galerie Frémeaux & Associés. L’ancienneté de ces objets va de 40 ans pour les masques en bois de coco et certaines statues, de 70 à 90 ans pour des statues de la tribu Fatuleu de l’Ouest Timor, et jusqu’à 120 ans pour les œuvres Bulu-mandeu.

Chaque collecteur a pu établir le niveau d’ancienneté de chaque œuvre par la mesure du nombre de générations l’ayant connue et utilisée. Un objet manié par les grands-parents a plus de 40 ans, un objet qui provient d’arrières-grands parents est donc vieux de 50 à 70 ans; il est ainsi nécessaire de pouvoir remonter sur plus de 5 à 6 générations afin de dater un objet ayant plus de 120 ans.

Chaque objet présenté dans cette exposition par la Galerie Frémeaux & Associés a donc servi dans son rôle spirituel ou coutumier. Des objets ayant entre 40 et 120 ans peuvent-ils être qualifiés d’art primitif tribal ?

En Afrique une ancienneté de 150 à 300 ans est nécessaire pour que l’objet n’ait pas subi une forme d’“acculturation” ou d’“enrichissement” liée à la rencontre entre la civilisation tribale et l’Occident pour pouvoir parler d’art premier. Bien que l’Insulinde ait commencé à entretenir des relations avec l’Occident vers le XVème siècle et fut un comptoir pour la Compagnie Hollandaise des Indes, l’ancien Timor, comme la Papouasie, a conservé son identité culturelle tribale et n’a pas connu de transformation liée à la mondialisation. A ce jour, le Timor n’offre toujours pas d’infrastructures touristiques.

Au-delà de la force esthétique des objets, cette exposition intéressera toute personne sensible à l’histoire de l’art. Il suffit d’être allé dans n’importe quel musée d’art occidental pour voir combien tous les mouvements d’art du XXe siècle, de Picasso à l’art brut, sont les héritiers volontaires ou non de l’art tribal d’une grande majorité des ethnies du monde entier. Ces objets ethniques issus du Sud-est de l’Indonésie, des îles de la Sonde et de la Papouasie, sont des exemples de la force de l’expressivité artistique que l’art primitif révèle aujourd’hui à toute l’humanité.
Lola Caul-Futy Frémeaux


PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE
Ambiances naturelles et chants des hommes de l’âge de pierre
.
Sounds of nature and songs of stone-age men.
(CD + livret 8 pages)
Au XXème siècle, dans le Pacifique Sud, il subsiste quelques milliers d’hommes vivant comme au paléolithique supérieur (15000 ans av. J.C.) à l’écart de la civilisation moderne : les Papous. Ce disque permet de vivre un moment avec cette population d’un autre âge dans son cadre naturel quotidien. Des musiques et des voix exceptionnelles ! Nouvelle édition de cet enregistrement patrimonial de Pierre Huguet référencé à la vente pour le public par les RMN (Réunion des Musées Nationaux) au Musée du Quai Branly (Musée des Arts Premiers). 
Patrick Frémeaux

« Ces enregistrements (...) nous ramènent à l’essence même des musiques premières. » 
Étienne Bours - Trad Mag


Hommage de la revue “Vibrations”

Preservation society
Acteur majeur de la préservation du patrimoine sonore mondial, Frémeaux & Associés fête ses vingt ans en pleine crise du disque.
Bilan
Quel point commun entre l’intégrale de Django Reinhardt et celle des discours du Général de Gaulle ? Entre la musique biguine et les chants des pinsons ? L’Étranger lu par Camus et la Contre-histoire de la Philosophie de Michel Onfray ? Tous figurent au catalogue Frémeaux & Associés, maison de disques des plus atypiques. « Notre métier, c’est un peu de vendre des disques qui ne se vendent pas, sourit son fondateur, Patrick Frémeaux. Chaque année, on vend environ un million de disques sur des sujets ou des auteurs que la concurrence ne se pose même pas la question d’éditer. »

C’est en effet face au constat que les majors laissaient en déshérence toute une partie du patrimoine sonore mondial – jazz, blues, gospel, musiques du monde – que Frémeaux s’est lancé en 91. Livret érudit, restauration sonore de pointe, le label s’impose par la rigueur et l’exhaustivité de son approche (vingt doubles CD pour Django, dix triples pour Louis Armstrong) et élargit son champ d’action au fil des années. « On a remis à la disposition du public tout ce que l’industrie phonographique ou le service public avaient pu enregistrer de qualité et d’importance historique, comme les enregistrements bioacoustiques [les sons de la nature, ndlr] ou parlés, des discours de Léon Blum aux créations de Cocteau. »

Point crucial : le non-déréférencement. Tout disque sorti reste disponible au catalogue, car « il doit avoir un intérêt historique au-delà de l’actualité et pouvoir être travaillé sans limite de temps », justifie Patrick Frémeaux, qui a bâti un modèle économique idoine. « La rentabilité de nos produits se fait sur du très long terme, ce qui va à l’encontre des dogmes économiques actuels, l’amortissement dans l’année, le flux tendu… » Le label produit en permanence deux cents disques et en publie une centaine par an. Parmi les nouveautés à venir, des cours magistraux – littérature, histoire, art – à l’usage du grand public en collaboration avec les Presses Universitaires de France. Rayon musique, après une récente et épatante Anthologie des Musiques de Danse du Monde en deux volumes et un réjouissant Trinidadien-Calypso 1939-1959, Frémeaux va poursuivre son exploration des Îles du Golfe du Mexique, riches de ports « où a lieu une fusion entre les musiques traditionnelles endogènes et celles importées d’ailleurs, créant un métissage et un genre musical uniques dans pratiquement chacun d’entre eux ». Comme tout acteur de la filière, Frémeaux est affecté par le téléchargement illégal et la disparition des disquaires. Il reconnaît une baisse d’un tiers de son chiffre d’affaires par rapport à 2002, contre 50 % pour l’ensemble du marché, et n’exclut pas que ce dernier puisse encore rétrécir de moitié. Et si la vénérable maison de disques a rendu disponible en numérique une grande partie de son catalogue, son fondateur se montre sceptique quant à cette voie. « L’augmentation de l’économie numérique ces deux dernières années n’a pas du tout compensé en termes de chiffre d’affaires la baisse du physique. Je pense qu’elle ne la compensera jamais et ne constitue donc pas un marché de substitution réelle. »
Frémeaux continue donc de croire au format physique, ses 1200 disques contituant pour celui-ci le plus convaincant des plaidoyers.
Bertrand Bouard - Vibrations
© 2012 Vibrations


Frémeaux, un magistère de la Mémoire
par Lucien Malson

Je n’avais pas revu Patrick Frémeaux depuis bien longtemps. Nous nous sommes retrouvés en mai dernier, à Vincennes. D’emblée, il m’a rappelé qu’à son lycée avait été indiqué aux élèves d’aborder trois auteurs : Mead (la grande Marguerite), Lévi-Strauss (je suppose celui de Tristes Tropiques) et Malson (celui du sauvage aveyronnais). On ne peut, en cas de ce genre, être content qu’avec retenue, mais content quand même. Nous passâmes à autre chose. Les Cahiers paraissant en décembre, il me semblait possible de célébrer, à quelques mois près, la naissance en 1992, et pour ses vingt ans, d’une société vouée à la musique, à la peinture, à la parole et à l’écrit, société que saluera plus tard, pour ses actions muséographiques un grand prix in honorem de l’Académie Charles-Cros.

Nous avions connu, Frémeaux et moi, l’entrée dans l’ère des Ressources Humaines où tracassaient des Directeurs. Ils dominaient les citoyens plongés dans le bassin ou les viviers d’emploi et parfois propulsés vers le célèbre marché. Autant de lieux résonnant, par leur appellation, de toute leur lourdeur ontologique. Les hommes devenaient objets plus que sujets d’une pêche dérisoire. L’art lui-même tombait dans un monde chosifié. Une anecdote permettra d’illustrer en flash l’idéologie de ce temps-là. Venu un jour au bureau d’Henri Renaud pour m’informer des nouveaux albums de Miles, Henri, maître de l’humour froid, me répondit qu’il restait Conseiller artistique, qu’il avait failli devenir Directeur Marketing (sans préposition, à l’anglosaxonite) mais qu’il ne pouvait plus parler de disques, simplement de produits, nouvelle dénomination dans l’épicerie culturelle. Les « majors compagnies » n’avaient alors pour but essentiel que de vendre en un temps très court, à rentabilité quasi immédiate et sans grand souci de préservation du travail musical. C’est cette procédure que devait renverser la maison vincennoise en défendant ses ambitions patrimoniales.

Patrick Frémeaux et Claude Colombini, fondateurs d’une société originale, portaient sur les œuvres un regard respectueux, avec champ de vision étendu. La peinture eut droit à leur Galerie comme les musiques du monde à leur catalogue. Musiques des hommes mais aussi musiques des oiseaux (tant qu’il en reste) captées sur tous les continents de la terre. Le souci d’universalité s’étendra autant à la parole qu’à l’écrit. Des voix qui donneront aux propos une dimension plus intime et autrement sensorielle, au service de l’histoire ou favorable à l’actualité. Par exemple, voix de la Grande Guerre, de Lénine ou de Foch, et des poilus témoins navrés. Voix de De Gaulle ou de Klarsfeld, et des collabos nazifiant, de la Seconde tuerie. De la même manière, chez Frémeaux, sont entendus les penseurs modernes, les écrivains, les scientifiques, les intellectuels « du Sud ». Pour la bibliothèque sonore, des acteurs lisent les grands auteurs des lettres françaises et étrangères, en nombre imposant d’Homère à Proust, et au-delà. Le jazz occupe une place considérable, Frémeaux le tient pour une passion principale, en compagnie de la philosophie. Je prends le risque de croire qu’il a opéré le bon choix(…)

Quelles éminentes qualités doit-on souligner de ces collections jazzistiques ? Nous en énoncerions quelques traits. Leur pérennité voulue et maintenue par les stocks de l’éditeur. Leur disponibilité permanente à être reçues sur demande. Leurs vitrines d’exposition en 32 pays, grâce à 2 000 libraires, 4 000 disquaires, 400 musées. Cela rendu possible par ce que Patrick Frémeaux appelle « une gestion financière de très long terme, près de celle généralement accordée au service public ». Sans oublier « la direction artistique de chaque projet confié aux plus grands spécialistes qui, outre le programme du disque, fournissent dans leur livret [qui peut atteindre 40 pages] un véritable appareil documentaire et artistique ».

Nous aimons beaucoup, et avec raison, cette librairie sonore. Nous nous faisons ici le plaisir de fêter, rappelons-le, ce qui sera, dès demain, son vingtième anniversaire.
Lucien Malson - Les Cahiers du Jazz © Outre Mesure

Lucien Malson est l’auteur du livre référence “Les enfants sauvages” (1964) adapté au cinéma par François Truffaut sous le titre “L’enfant sauvage” (1969).


Conférence de Patrick Frémeaux, galeriste, marchand d’art, éditeur de philosophie et d’archives sonores, en présence d’Olivier Le Bihan, directeur du Musée d’Art moderne de Troyes, et de Jean Luc Rio, directeur de la librairie Les Passeurs de textes. A l’occasion de l’exposition « Collections croisées » (Collections nationales Pierre et Denise Levy et Collection Sargos)

(…) C’est un regard sensiblement différent qu’offrira Patrick Frémeaux. Grand voyageur, collectionneur et marchand d’art, l’homme est également éditeur sonore et, depuis près de vingt ans, éditeur d’archives ethnographiques, musiques et cérémonies rituelles.

(…) Dans un propos liminaire, l’homme « posera les choses » et s’attachera plus particulièrement aux préjugés qui collent aux arts tribaux au XXe siècle.
Abandonner les critères qui sont nos repères…

Sans doute est-il difficile d’abandonner les critères à l’aune desquels nous jugeons l’art occidental. L’ancienneté de l’œuvre. Le (re) nom de l’artiste. La notion d’œuvre même. Le distinguo entre l’œuvre et l’objet…

L’ancienneté même tombe au regard de l’usage. La valeur de l’objet tient au fait qu’il a été utilisé, que ce soit dans un rôle rituel ou coutumier. Et il faut encore que sa création soit exempte de toute influence occidentale… Car, en la matière, la mondialisation a plusieurs siècles déjà, au regard de l’ethnologie. Quand les Espagnols ont posé le pied dans les Caraïbes et en Amérique centrale ou quand les Portugais ont semé leurs comptoirs sur la route des Indes ou de Chine…

(…) Une acculturation qui joue dans les deux sens car le grand public ne soupçonne souvent pas à quel point les révolutions artistiques du XXe siècle puisent dans ces arts tribaux. C’est bien le sens qu’ont donné Pierre et Denise Lévy à la confrontation, au sein de leur collection, d’œuvres africaines avec celles des plus grands artistes du début du XXe siècle. Que seraient, finalement, l’Art nouveau sans le Japon et l’art moderne sans l’Afrique ? 
Jean-Michel VAN-HOUTTE © L’Est Républicain


CD 1 : Conférence de Patrick Frémeaux
1. Les préjugés occidentaux sur l’art tribal - Introduction de Patrick Frémeaux / 2. Présentation travail ethnomusicologique - Les musiques du monde et la mondialisation / 3. Le travail des audio-naturalistes - Rapport nature et culture - Hommage à Karabayinga de RFI / 4. Terminologie de l’art tribal, l’art primitif, l’art premier - Histoire d’une esthétique / 5. Les arts africains (la danse, la musique et la sculpture) - L’héritage : le jazz et le rock - La Négritude : Damas, Senghor, Césaire et Malraux / 6. Préjugés du public - Culture de l’autre - La civilisation : Lévi-Strauss et Germaine Tillon / 7. Cheikh Anta Diop - Voyages en Afrique avec Salif Keita / 8. Voyage avec Salif Keita 2 (Radio France Internationale) / 9.  Les collectionneurs (André Breton, Famille Sargos, Fondation Dapper…) / 10. Evaluer un objet d’art tribal (valeur vénale, historique ou esthétique ?) / 11. Art contre artisanat : des biens fongibles ? - Critères comparatifs entre l’histoire de l’art occidental et notre perception de l’art tribal - Art coutumier, notion ethnographique / 12. Vrai/faux, une atteinte à la création. La notion de répertoire / 13. Patrimoine et création - Une classification marchande des objets (esthétique tribale et art coutumier) / 14. L’art premier et son héritage (acculturation et enrichissement culturel) - Statues des îles de la Sonde et de la Papouasie / 15. Mondialisation et art tribal - Le rôle des musées / 16. Le musée : lieu sacré de conservation ou espace scénographié pour la pédagogie ? - Le musée du Quai Branly / 17. Institutionnalisation et  reconnaissance de l’esthétique tribale.

CD 2 : Archives musicales collectées chez les Dogons par Patrick Kersalé
1. Chant de réjouissance et de mariage / 2-6. Chants de circoncis / 7-9. Chant de funérailles des hommes / 10. Prière rituelle / 11-12. Fête du bulu / 13-15. Musique pour la lutte rituelle / 16-18. Jeux / 19. Chant de funérailles des femmes / 20-21. Chant de travail / 22-23. Chant d’accueil / 24. Le cri de l’hyène.

"L’humanité s’installe dans la mono-culture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat."
Tristes Tropiques (1955) Claude Lévi-Strauss

Ecouter PREJUGES OCCIDENTAUX SUR L'ART TRIBAL RENCONTRE AVEC PATRICK FREMEAUX (CD1) AU MUSEE D'ART MODERNE DE TROYES, SUIVIE DES ENREGISTREMENTS DOGONS, COLLECTES PAR PATRICK KERSALE (CD2) par PATRICK FREMEAUX ET PATRICK KERSALE © Frémeaux & Associés 2012 Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




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CD 1
01 Les préjugés occidentaux sur l'art tribal-Introduction de Patrick Frémeaux - Patrick Frémeaux02'33
02 Présentation du travail ethnomusicologique: les musiques du monde et la mondialisation - Patrick Frémeaux02'53
03 Le travail des audio-naturalistes - Rapport nature et culture - Hommage à Karabayinga de RFI - Patrick Frémeaux02'58
04 Terminologie de l'art tribal, l'art primitif, l'art premier-Histoire de l'esthétique - Patrick Frémeaux02'57
05 Les arts africains (la danse, la musique et la sculpture)-L'héritage: le jazz et le rock-La néfritude: Damas, Senghor, Césaire, Malraux - Patrick Frémeaux03'06
06 Préjugés du public-Culture de l'autre-La civilisation: Lévi-Strauss et Germaine Tillon - Patrick Frémeaux03'12
07 Cheikh Anta Diop-Voyages en afrique avec Salif Keita - Patrick Frémeaux02'49
08 Voyage avec Salif Keita (Radio France Internationale) - Patrick Frémeaux03'27
09 Les collectionneurs: André Breton, famille Sargos, Fondation Dapper… - Patrick Frémeaux02'44
10 Evaluer un objet d'art tribal (valeur venale, historique ou esthétique?) - Patrick Frémeaux03'27
11 Art contre artisanat: des biens fongibles?-Critères comparatifs entre l'histoire de l'art ocidental et notre perception de l'art tribal-Art coutumier, notion ethnographique - Patrick Frémeaux03'09
12 Vrai/faux, une atteinte à la creation. La notion de répertoire - Patrick Frémeaux02'52
13 Patrimoine et création-Une classification marchande des objets (esthétique tribale et art coutumier) - Patrick Frémeaux03'10
14 L'art premier et son héritage (acculturation et enrichissement culturel) - Patrick Frémeaux02'57
15 Mondialisation et art tribal-Le rôle des musées - Patrick Frémeaux03'13
16 Le musée: lieu sacré de conservation ou espace scénographié pour la pédagogie? Le musée du Quai Branly - Patrick Frémeaux03'19
17 Institutionnalisation et reconnaissance de l'esthétique tribale - Patrick Frémeaux02'43
CD 2
01 Chant de réjouissance et de mariage - Peuple Dogon05'06
02 Chants de circoncis 1 - Peuple Dogon01'50
03 Chants de circoncis 2 - Peuple Dogon01'05
04 Chants de circoncis 3 - Peuple Dogon01'27
05 Chants de circoncis 4 - Peuple Dogon01'13
06 Chants de circoncis 5 - Peuple Dogon01'08
07 Chants de funérailles des hommes 1 - Peuple Dogon03'55
08 Chants de funérailles des hommes 2 - Peuple Dogon02'23
09 Chants de funérailles des hommes 3 - Peuple Dogon03'12
10 Prière rituelle - Peuple Dogon05'45
11 Fête du Bulu - Peuple Dogon03'32
12 Fête du Bulu 2 - Peuple Dogon03'00
13 Musique pour la lutte rituelle - Peuple Dogon01'00
14 Musique pour la lutte rituelle 2 - Peuple Dogon00'59
15 Musique pour la lutte rituelle 3 - Peuple Dogon01'00
16 Jeux - Peuple Dogon05'12
17 Jeux 2 - Peuple Dogon02'10
18 Jeux 3 - Peuple Dogon02'16
19 Chants de funérailles des femmes - Peuple Dogon04'06
20 Chant de travail - Peuple Dogon02'43
21 Chant de travail 2 - Peuple Dogon05'54
22 Chant d'accueil - Peuple Dogon03'20
23 Chant d'accueil 2 - Peuple Dogon03'12
24 Le cri de la hyène - Peuple Dogon00'49
« Patrick Frémeaux […] pose les bonnes questions » par Blog Ministre de la culture

« Quid des objets de l’art tribal d’aujourd’hui ? Relèvent-ils de la création ou du répertoire ? Relèvent-ils de l’art ou de l’artisanat ? Patrick Frémeaux, dans cette conférence donnée au musée d’Art moderne de Troyes à l’occasion de l’exposition "collections croisées", pose les bonnes questions. De celles qui embarrassent parce qu’elles interrogent autant notre regard sur un art que nous nous refusons toujours à reconnaître, que sur les préjugés qui façonnent assidûment notre représentation de l’art occidental, que ce soit celui de l’âge classique ou celui de l’âge moderne, voire de l’art contemporain, sur la question de la signature par exemple, ou celle de l’unicité de l’œuvre, dont un Walter Benjamin avait pourtant magistralement scellé le sort, croyait-on, dans son fameux article sur l’œuvre d’art à l’âge de la reproductibilité. L’idée centrale de cette conférence, c’est bien évidemment le mépris, la méconnaissance, l’arrogance sinon la condescendance des institutions autant que du public à l’égard de l’art tribal d’aujourd’hui, perçu comme une besogne d’artisans, plutôt que la création d’artistes s’inscrivant dans une histoire artistique que nous n’avons jamais songé à écrire… Avec beaucoup d’à propos, Patrick Frémeaux met en évidence trois préjugés très forts qui structurent ce mépris : ceux, avant tout, de l’antiquaire pourrions-nous dire, et de l’ethnologue, construisant deux stratégies faites pour éviter d’avoir à poser la question de savoir comment décoder cette forme d’art…

La règle de l’antiquaire n’attache de valeur à l’objet tribal qu’à sa condition d’ancienneté. Il est le dépositaire d’une époque, qu’il signe formellement. Au mieux, l’habileté de l’artisan copiant un répertoire identifié permettra de solder un objet d’aujourd’hui à bas prix. Quant au musée, il n’agit pas autrement, sanctionnant un registre dûment authentifié et daté par les historiens. Le préjugé ethnologique, lui, dénie plus clairement encore toute dimension artistique à l’objet en question, comme le masque par exemple, qui ne prend sens que dans la perspective de sa fonction : sa vérité formelle ne se justifie que dansée. Et l’un et l’autre se conjuguent pour convoquer une fois de plus le préjugé de la pureté, l’objet tribal ne gagnant d’une part en réputation qu’à la condition de n’avoir pas été exposé aux cultures autres, de présenter la plus petite surface d’acculturation possible, et d’autre part, qu’à la condition d’être décrit par les mots de l’ethnologue, capables de retrouver la trace des origines, non celui du critique d’art contemporain… »
Par Joël JEGOUZO – BLOG MINISTRE DE LA CULTURE





« Un double album qui donne envie » par On Mag

« A l’occasion de l’exposition Collections croisées, à Troyes, qui réunissait la collection Sargos et les collections nationales Pierre et Denise Levy d’arts premiers, Patrick Frémeaux a prononcé une conférence, qui ne manque pas d’intérêt, sur les préjugés que nous avons, nous autres Occidentaux, sur l’art tribal et sur notre façon de le considérer.

Patrick Frémeaux, outre son travail d’éditeur sonore, notamment d’archives ethnographiques de musiques et de cérémonies rituelles, est également un grand voyageur, un collectionneur et un marchand d’art. Et comme il est aussi éditeur de sciences humaines et de philosophie, il s’est posé les questions esthétiques essentielles à ce propos. Il est assez téméraire et hasardeux de vouloir parler d’art, notamment de statuaire et de peinture, sans en montrer les images, mais Patrick Frémeaux a tenté la gageure. Et l’a réussie, dans la mesure où il parle clair et n’essaie pas d’enfumer l’auditeur comme le font souvent les critiques d’art. Tout en présentant sa galerie et sa maison d’édition, il propose une classification des arts tribaux, des réflexions sur leurs valeurs vénale, historique ou esthétique, sur le vrai et le faux à l’instar d’Umberto Eco dans La Guerre du Faux, sur le patrimoine et le rôle des musées, à commencer par celui du quai Branly. Ce Voyage en territoires d’arts tribaux dénote d’abord une extrême compétence, mais également un amour de la sauvegarde du patrimoine, menacée, rappelons-le, par les récentes décisions sarkozystes en matière de droits d’auteurs (70 ans au lieu de 50). Le second CD de cet album nous offre les archives musicales récoltées chez les Dogons par Patrick Kersalé, soit une heure passée au plus profond de l’Afrique, canicule en moins. Un double album qui donne envie d’acquérir les CDs de documentation ou les CDs de lectures que publie le label Frémeaux et d’aller voir ainsi de plus près les grandes œuvres de la littérature lues par de grands comédiens, la Contre-histoire de la philosophie de Michel Onfray ou les discours d’André Malraux. »
Par Michel LAROCHE – ON MAG




« Un véritable musée sonore » par Big Bear

Le premier CD est extrait d’une conférence où Patrick Frémeaux nous explique sa passion des Arts Tribaux, de galeriste d’œuvres d’artistes peintres et sculpteurs, d’éditeur d’archives sonores en musiques de tous pays, chanteurs d’époque, animaux, hommes d’histoire, enfin un véritable musée sonore. Il nous parle de ses nombreux voyages et de certains préjugés sur l’Art Tribal. Frémeaux & Associés, c’est 32 pays, 2000 libraires, 4000 disquaires et 400 musées où ce patrimoine sonore est distribué. […] Le 2ème CD nous propose 24 titres de plus d’une heure de musique traditionnelle Dogon qui accompagne les rites, les fêtes, les jeux, la vie sociale et religieuse. Les Dogons possèdent une trentaine d’instruments de musique dont certains sont utilisés lors de fêtes rituelles. Cet enregistrement a été fait par Patrick Kersalé. A rappeler que dans le catalogue Frémeaux, nous trouvons de nombreux enregistrements ethnomusicologiques de beaucoup de pays et une incroyable gamme de CDs de sons d’animaux dans leurs milieux naturels. Yves GUSTIN – BIG BEAR




« Passionnant à écouter » par l’Ornithologue

« « C’est un regard sensiblement  différent qu’offrira Patrick Frémeaux. Grand voyageur, collectionneur et marchand d’art, l’homme est également éditeur sonore et depuis près de vingt ans, éditeur d’archives ethnographiques, musiques et cérémonies rituelles. » »
Ce Cd double, passionnant à écouter, met tout spécialement en valeur l’art tribal et balaie tous les préjugés qui en diminuent trop souvent la valeur patrimoniale.
Par L’ORNITHOLOGUE




« Le coffret de 2CDs permet d'arracher quelques œillères » par La Revue des médiathèques

« Rencontre au musée d'art moderne de Troyes suivi des Enregistrement Dogons, de Patrick Kersalé. En tant que galeriste, marchand d'art, éditeur d'archives ethnographiques et collectionneur d'objets, Patrick Frémeaux a toute légitimité pour donner une conférence sur l'art tribal. Dont acte. Le coffret de 2CDs permet d'arracher quelques oeillères qui tendent à montrer l'art occidental comme autonome et prévalant. Au contraire, sans l'art extrême-oriental et l'art africain, peu de nos artistes du XXème siècle auraient développé l'art contemporain avec autant de talent et de foisonnement de techniques. »
Par Lucas Falchero – REVUE DES BIBLIOTHEQUES ET MEDIATHEQUES MUSICALES





« L’objet d’art africain » par Zeitung Vum Lëtzebuerger Vollek

L’héritage artistique de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique noire est relativement récent et a été valorisé par le concept de Négritude élaboré par Césaire et Senghor. Patrick Frémeaux classifie l’art africain ainsi : 1) L’objet d’art africain pour touriste : Il consiste en des reproductions d’objets plus ou moins bien faites qui sont souvent réalisées en série dans des tailles, des formes et des bois non conformes aux vrais objets et rarement produits sur place. 2) L’objet d’art africain conforme à l’esthétique tribale : il s’agit d’un objet d’art dont nous n’avons pas la preuve qu’il a été utilisé de manière rituelle, mais dont le travail, la qualité du bois, la créativité, la facture est conforme à l’héritage esthétique de la tribu à laquelle il se rapporte. 3) L’objet d’art africain coutumier : il s’agit d’un objet dont l’origine est connue, qui porte des traces d’une utilisation répétée, dont la facture et la pigmentation sont conformes aux pratiques traditionnelles et à l’art coutumier. 4) L’objet d’art africain  ancien de qualité ethnographique : il s’agit d’un objet d’art coutumier dont l’ancienneté lui confère une valeur complémentaire, parce qu’aussi sa création remonte à une époque où l’incitation marchande était plus faible qu’aujourd’hui Frémeaux et associés (www.fremeaux.com) vient de publier le CD Préjugés occidentaux sur l’art tribal. Ce coffret contenant 2 CD propose la rencontre avec Patrick Frémeaux au Musée d’Art Moderne de Troyes, ainsi que des enregistrements dogons, collectés par Patrick Kersalé. Michel SCHROEDER-ZEITUNG VUM LETZEBUERGER WOLLEK




« L’objet d’art africain » par Zeitung Vum Lëtzebuerger Vollek

L’héritage artistique de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique noire est relativement récent et a été valorisé par le concept de Négritude élaboré par Césaire et Senghor. Patrick Frémeaux classifie l’art africain ainsi : 1) L’objet d’art africain pour touriste : Il consiste en des reproductions d’objets plus ou moins bien faites qui sont souvent réalisées en série dans des tailles, des formes et des bois non conformes aux vrais objets et rarement produits sur place. 2) L’objet d’art africain conforme à l’esthétique tribale : il s’agit d’un objet d’art dont nous n’avons pas la preuve qu’il a été utilisé de manière rituelle, mais dont le travail, la qualité du bois, la créativité, la facture est conforme à l’héritage esthétique de la tribu à laquelle il se rapporte. 3) L’objet d’art africain coutumier : il s’agit d’un objet dont l’origine est connue, qui porte des traces d’une utilisation répétée, dont la facture et la pigmentation sont conformes aux pratiques traditionnelles et à l’art coutumier. 4) L’objet d’art africain  ancien de qualité ethnographique : il s’agit d’un objet d’art coutumier dont l’ancienneté lui confère une valeur complémentaire, parce qu’aussi sa création remonte à une époque où l’incitation marchande était plus faible qu’aujourd’hui Frémeaux et associés (www.fremeaux.com) vient de publier le CD Préjugés occidentaux sur l’art tribal. Ce coffret contenant 2 CD propose la rencontre avec Patrick Frémeaux au Musée d’Art Moderne de Troyes, ainsi que des enregistrements dogons, collectés par Patrick Kersalé. Michel SCHROEDER-ZEITUNG VUM LETZEBUERGER WOLLEK




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