ATAHUALPA YUPANQUI (LIVE 1982)

BUENAS NOCHES, COMPATRIOTAS…

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Artiste Atahualpa Yupanqui
Format : CD Musical
Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

FA439

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Partout à travers le monde, Atahualpa Yupanqui a été accueilli comme l’un des plus grands poètes et chanteurs argentins du  XXème siècle. Véritable emblème de la musique sud-américaine, Atahualpa a sillonné son pays, en a traversé la pampa,  dormant chez les plus humbles. Il a connu leur pauvreté et leur abnégation, qu’il a ensuite chanté avec dignité et  modestie. Exilé en France dès 1949, il est reconnu des poètes (Aragon, Eluard…) et monte sur scène pour faire la première  partie d’Edith Piaf au Théâtre de l’Athénée. Solidaire des sans-noms de tous les pays, il suit pourtant sa seul route, armé  de « [sa] plus grande arme : la liberté ». Sa plume et sa guitare – la sobriété au service de l’essentiel – font avec lui  le tour du monde, et chantent toujours l’humanité, dans son irréductibilité. Poète, musicien, monument de la culture sud-américaine, Atahualpa Yupanqui présente ici l’enregistrement de l’un de ses concerts historiques en 1982. Patrick FRÉMEAUX

LA MILONGA PERDIDA • MONTE CALLADO • EL MAL DORMIDO • A. OÑASES • B. EL ÁRBOL, EL RÍO, EL HOMBRE • MILONGA DEL PEÓN DE   CAMPO • MI VIEJO POTRO TORDILLO • A. HAY LEÑA QUE ARDE SIN HUMO • B. EL CARRERO • C. AVE QUE PAS S CANTANDO • D. LOS   YUYITOS DE MI TIERRA • LA AMOROSA • LA HUMILDE • PA’ QUÉ • EL AROMO • SI ME VÉIS MIRANDO LEJOS • TESTIMONIO FINAL • LE   TENGO RABIA AL SILENCIO • CRUZ DEL SUR • ZAMBA DE VARGAS • COPLAS DE BAGUALA.

« Réédition du concert exceptionnel à Mar Del Plata en 1983 de Atahualpa Yupanqui. Un monument de la musique sud-américaine. » FIGARO MAGAZINE

Atahualpa YUPANQUI FA439

atahualpa yupanqui
buenas noches, compatriotas…

 









Un concert live du grand guitariste et poète argentin Atahualpa Yupanqui enregistré à Mar del Plata, célèbre station balnéaire et lieu de vacances quasi-obligatoire de millions d’habitants de Buenos Aires en été. En 1983, «?Donata?» a encore toutes ses capacités physiques du grand guitariste qu’il fut. On a des versions nouvelles de thèmes souvent enregistrées par Atahualpa, ce qui constitue un bonheur pour les oreilles. On pense notamment à la célèbre Zamba de Vargas et aux deux thèmes des frères Diaz, Soco et Cachilo, fantastiques musiciens de la province de Santiago del Estero, morts dans les années 70 et dont il ne nous reste, malheureusement, aucun témoignage enregistré, mais dont nombre de thèmes furent repris par de grands musiciens argentins comme le pianiste Adolfo Abalos, Chango Farias Gomez, Carlos Di Fulvio, Atahualpa Yupanqui lui-même, Juan Falù et quelques autres, sans parler des groupes vocaux. Magnifique concert ! On apprécie particulièrement ce superbe CD, bien réalisé techniquement, produit par le label argentin indépendant Acqua et distribué en France par Frémeaux. 
Michel PLISSON – TRAD MAGAZINE


Um espectaculo que apura até à condiçao de sublime a idea de tocar ao vivo. 
A.R, EL DIARO DE NOTICIAS

Réédition du concert exceptionnel à Mar Del Plata en 1983 de Atahualpa Yupanqui. Un monument de la musique sud-américaine. 
FIGARO MAGAZINE

Partout à travers le monde, Atahualpa Yupanqui a été accueilli comme l’un des plus grands poètes et chanteurs argentins du XXème siècle. Véritable emblème de la musique sud-américaine, Atahualpa a sillonné son pays, en a traversé la pampa, dormant chez les plus humbles. Il a connu leur pauvreté et leur abnégation, qu’il a ensuite chanté avec dignité et modestie. Exilé en France dès 1949, il est reconnu des poètes (Aragon, Eluard…) et monte sur scène pour faire la première partie d’Edith Piaf au Théâtre de l’Athénée. Solidaire des sans-noms de tous les pays, il suit pourtant sa seul route, armé de «?[sa] plus grande arme : la liberté?». Sa plume et sa guitare – la sobriété au service de l’essentiel – font avec lui le tour du monde, et chantent toujours l’humanité, dans son irréductibilité. Poète, musicien, monument de la culture sud-américaine, Atahualpa Yupanqui présente ici l’enregistrement de l’un de ses concerts historiques en 1982. 
Patrick Frémeaux

1. La milonga perdida
2. Monte callado
3. El mal dormido
4. a. Oñases
4. b. El árbol, el río, el hombre
5. Milonga del peón de campo
6. Mi viejo potro tordillo
7. a. Hay leña que arde sin humo
7. b. El carrero
7. c. Ave que pasas cantando
7. d. Los yuyitos de mi tierra
8. La amorosa
9. La humilde
10. Pa’ qué
11. El aromo
12. Si me véis mirando lejos
13. Testimonio final
14. Le tengo rabia al silencio
15. Cruz del Sur
16. Zamba de Vargas
17. Coplas de baguala

PRODUCED BY DEL ARCO / MARKETED BY GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA UNDER LICENCE OF DEL ARCO/ACQUA / MANUFACTURED BY DADC SONY / MADE IN FRANCE / P DEL ARCO / © DEL ARCO / ACQUA / FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2001 / DISTRIBUTION FOR FRANCE : SOCADISC / DISTRIBUTION FOR EUROPE : FRÉMEAUX & ASSOCIÉS - 20, RUE ROBERT GIRAUDINEAU - 94300 VINCENNES - FRANCE - TÉL. : 33 +1 43 74 90 24 - FAX : 33 +1 43 65 24 22.

CD BUENAS NOCHES, COMPATRIOTAS, ATAHUALPA YUPANQUI© Frémeaux & Associés 2013 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




PisteTitre / Artiste(s)Durée
01 LA MILONGA PERDIDA - YUPANQUI03'32
02 MONTE CALLADO - YUPANQUI03'32
03 EL MAL DORMIDO - YUPANQUI02'02
04 4A EL ARBOL EL RIO EL HOMBRE 4B ONASE - YUPANQUI04'32
05 MILONGA DEL PEON DE CAMPO - YUPANQUI03'00
06 MI VIEJO POTRO TORDILLO - YUPANQUI04'22
07 HAY LENA I EL CARRERO I AVE QUE PASAS I - YUPANQUI06'41
08 LA AMOROSA - YUPANQUI04'09
09 LA HUMILDE - YUPANQUI06'08
10 PA QUE - YUPANQUI02'37
11 EL AROMO - YUPANQUI03'11
12 SI ME VEIS MIRANDO LEJOS - YUPANQUI01'42
13 TESTIMONIO FINAL - YUPANQUI04'25
14 LE TENGO RABIA AL SILENCIO - YUPANQUI02'33
15 CRUZ DEL SUR - YUPANQUI05'16
16 ZAMBA DE VARGAS - YUPANQUI03'07
17 COPLAS DE BAGUALA - YUPANQUI09'41
"Atahualpa Yupanqui" par El Diaro de Noticias

“Um espectàculo que apura até à condiçao de sublime a ideia de tocar ao vivo.”
A.R., EL DIARO DE NOTICIAS - Presse Portuguaise


"Atahualpa Yupanqui sempre foi mais mal que bem tratado no seu pais natal. Tanto que teve de procurar asilo com a sua guitarra em Paris, onde se manteve e se transformou num dos miticos herôis da América Latina até à sua morte, em 1992, no meio de uma tournée – nem poderia ser de outra forma ! – com 84 anos. Este « Buenas Noches, Compatriotas… » é a gravaçào de um concerto em Mar del Plata, nos primeiros meses do advento da democracia (1983), apôs a sangrenta ditatura que matou 30 mil argentinos e expulsou outros milhares. Zambas, milongas, coplas, seja quais forem os ritmos da mùsica popular argentina, Yupanqui transforma-os em cançōes suas, capazes de dizer mais num silèncio que outros com milhares de palavras. Quase se pode escutar o peso do silencio na sala do Teatro Radio City e a sensaçào de experiència ùnica. Um espetàculo que apura até à condiçào de sublime a ideia de tocar ao vivo."
A.R. -  DIARO DE NOTICIAS - Presse Portuguaise





"Le père de la Nouvelle Chanson" par Chorus

Roberto Chavero, le futur Atahualpa Yupanqui, est né le 31 janvier 1908 dans un petit village de la pampa argentine, au nord de la province de Buenos-Aires. Mère d’origine basque, père cheminot et Argentin de vieille souche, il passe son enfance en milieu rural au contact direct des paysans et de la nature. Après avoir étudié le violon, il découvre très vite la richesse de la guitare, des «vidalas» et autres milongas de ses racines aux œuvres classiques de Schubert, Bach ou Beethoven. Amorçant une vie de paysan, il parcourt son pays à cheval et commence bientôt à composer (Camino del Indio, Nostalgia tucumana) et à chanter ses poèmes, désormais sous le nom d’Atahualpa Yupanqui, avant d’en publier un premier recueil (Piedra Sola) en 1940. Déjà, il donne de nombreux concerts de guitare, ainsi que des conférences, en Argentine et dans les pays voisins. En 1948, il se rend à Paris, rencontre Paul Eluard, puis Edith Piaf. Touchée par son talent, celle-ci décide de le présenter au public lors de ses quatre concerts de l’Athénée, en avril 1950. C’est le début d’une carrière internationale. Diverses maisons de disques le contactent alors, dont la fameuse Boîte à Musique, mais la décennie suivante, Atahualpa Yupanqui évolue essentiellement dans son pays. En 1968, où paraissent ses deux premiers disques en France (Soy Libre, puis le célèbre Duerme Negrito), il s’installe à Paris où il va enthousiasmer de nombreuses salles, de La Mutualité et du Théâtre de la Renaissance (68) à Gaveau(70), Le Ranelagh (72) et Le Théâtre de la Ville (73 et 77), jusqu’au Théâtre des Champs-Elysées (78) et Pleyel (79) où déjà il s’associe à ses amis Oscar Caceres et Pedro Soler. Il recevra de très nombreuses distinctions dont, en 1969, le Grand Prix de l’Académie Charles Cros. Bien que salué par les chanteurs hispano-américains comme le père de la «nouvelle chanson» à contenu socio-politique qui les caractérisent, il récuse cette paternité («Je n’ai écrit qu’une chanson politique, Basta Ya, dit-il à Parole et Musique, à cause de ce qui se passait au Vietnam !»), pour se définir aussi humblement que simplement en «guitariste qui chante»… Un être humain empreint d’humour et de poésie (voir entretien), à propos duquel le grand chanteur espagnol Luis Eduardo Aute, qui l’avait retrouvé à Buenos Aires deux mois avant sa mort, confiait à Fred Hidalgo pour le n°1 de Chorus : «La chanson de langue espagnole est orpheline. Nous n’avons plus de maestro pour nous montrer le chemin…»
Daniel Pantchenko : La première fois que les Français vous ont entendu, c’était dans le programme D’Edith Piaf…
Atahualpa Yupanqui : Exactement. A l’occasion de quatre concerts au théâtre de l’Athénée. Après j’ai joué à la Mutualité pour l’Espagne Républicaine en 1950, et encore trois ou quatre fois à la Maison de la Pensée. La rencontre avec Piaf a été très importante : elle était déjà célèbre alors que je n’étais pas du tout connu.
- Les gens s’en aperçoivent peut-être pas, mais dans le fond, Piaf et vous représentez deux expressions populaires, l’une plus immédiate et l’autre plus poétique…
- Dans le fond et en face ! Mais si, les gens s’en rendent comptent ! Ils ne sucent pas leur pouce. [rire]
- Ce n’est pas si mal, parfois, de sucer son pouce, de préserver une part d’enfance ?
- En philosophie, on appelle cela l’étape de l’escargot. L’homme peut développer des chemins et, surtout, l’expérience, mais en aucun cas il ne doit occulter l’enfant, son petit escargot de l’intérieur, pour pouvoir continuer à apprendre, à découvrir… On peut se tromper trois fois; mais deux ça commence déjà à faire beaucoup.
- A quel âge avez-vous commencé à étudier la musique ? Et avec quel instrument ?
- J’ai étudié le violon à sept ans, puis la guitare. J’étais très déterminé, déjà. Dès l’enfance, aussi, j’ai eu envie d’écrire. Des sonnets pour mes camarades de classe, sur le football, sur la boxe…
- Sur la vie !
- D’une certaine façon… Pas seulement la mienne mais celle de l’Amérique latine en général. Dans une de vos interviews, vous avez parlé d’une «période romanesque», au départ, avent de commencer à voyager.
- J’ai voyagé à partir de 18 ans… J’ai passé mon bachot, mon père est décédé et il fallait que je me débrouille pour gagner ma vie. J’ai boxé, monté à cheval, joué partout de la guitare… Comme j’aime beaucoup lire, mais que je possédais pas de bibliothèque personne, j’ai beaucoup fréquenté les bibliothèques publiques. Je connais très bien celle de Paris.
- Que veut dire être poète ? Est-ce, pour vous, une manière de vivre ?
- Pour moi, cela signifie d’abord un engagement vis-à-vis de la vérité. Il faut choisir son chemin, ce qui n’est pas facile. On a du mal à la trouver, on le perd souvent. De trois efforts, on en perd deux, il en reste un : l’expérience. Ensuite intervient la conscience : suis-je en condition d’enseigner ce que j’ai appris ou plutôt de ma taire ?
- L’idée d’enseigner renvoie souvent au maître d’école, la poésie ne permet-elle pas de lier ce savoir au plaisir ?
- Elle permet de transmettre son expérience ou ses désirs. Un homme tout seul ne trouvera jamais rien s’il n’a pas un frère de tout le monde. Il faut demander, demander… questionner sans cesse.
- Vos chansons touchent souvent à l’universel, et en même temps, vous demeurez extrêmement attaché à votre terre… ?
- L’adage traditionnel dit : «Décris-moi ton village et tu seras universel !» Moi, j’ai toujours envie de raconter.
- En France, la chanson populaire et l’expression en général souffrent en ce moment d’une espèce de perte de racines. Le ressentez-vous ?
- Non mais ça se produit dans beaucoup d’endroits à travers le monde ; chez moi vit un oiseau qui doit exister partout : la Calandria [grande alouette]. Il a une vertu : il imite tous les autres cris des oiseaux de la forêt, mais il ne possède pas son propre chant. Quel châtiment ! N’y aurait pas certains peuples ainsi ? Quelle tristesse !
- Revenons à la poésie… Des poètes, vous avez dû en rencontrer beaucoup ?
- Certains poètes n’ont jamais rien écrit ; ils sont poètes dans leur vie et n’ont pas besoin d’écrire. Pour se dépasser, il faut s’élever, pas descendre. Instinctivement, l’être humain désire aller plus haut. Certaines choses le poussent à descendre, mais l’homme continue à lutter pour essayer de monter, de s’élever.
- C’est essentiel pour vous ?
- C’est le prix du respect et de l’amour de la culture. Je respecte particulièrement la France ; c’est un pays très important pour moi de puis la Révolution, cette Révolution qui a fait trembler le monde entier, même l’Amérique. La liberté des pays et des peuples d’Amérique latine, du Pérou, de la Bolivie, de la Colombie… C’est la conséquence de la Révolution française. S’il y a eu ensuite divers chemins, le grand coup de cloche a été donné là.
- Vous chantez beaucoup le quotidien, la vie du paysan, si difficile…
- En même temps, le paysan aime sa vie, et il aime sa terre. Il n’y a pas de terre plus douce que celle de la pampa sur laquelle peut pousser un mètre d’herbe.
- Le mineur aimait son travail, il aimait la mine… mais, en France, cela devient de plus en plus dur !
- Et en Afrique du sud, en Colombie, au Brésil ? Ces ouvriers manient des millions de pierres précieuses, ils manient l’or, et n’ont même pas un morceau de pain frais.
- Vous n’êtes pas très optimiste ?
- Mais si ! Je vais vous raconter une histoire… Un monsieur dit : «Je suis pessimiste, j’étudie le russe !». Un autre rétorque : «Moi, je suis optimiste, j’étudie le chinois !» [rires] A chacun de choisir son chemin.
- Alors, le mieux c’est encore d’étudier la guitare ?
- La guitare est le seul instrument à devoir serrer contre son coeur… Elle traduit tout ce que je veux dire. Elle transmet ce que l’homme a de meilleur en lui… J’ai aussi étudié le violon pendant trois ans avec un curé, mais après il est parti du village.
- Plusieurs de vos chansons font références à Dieu, mais il en prend surtout pour son grade. Pourquoi ?
- J’ai un grand doute… Dieu croit-il en lui-même ? [rire] On aimerait croire bien sûr, mais ce qui se passe dans le monde nous dit : «arête !»
- Comment avez-vous composé votre répertoire pour le concert que vous aller donner avec vos amis Oscar Caceres et Pedro Soler ?
- Je n’ai pas préparé de programme. Ce sera spontané, comme toujours. Je verrai.
- Cela suppose beaucoup de travail en amont pour en arriver là ?
- Vous savez, j’ai publié une note, l’Eloge de l’oisiveté, où j’explique que l’artiste ne doit jamais travailler. Le médecin, le professeur, le chauffeur de taxi…, tout le monde travaille. L’artiste, non. Il doit se préparer pour adoucir la fatigue de tous les gens qui travaillent. – Vous les «calmez» en chantant d’une voix chaude et douce, mais avec un contenu plutôt grave ?
- Je chante des choses douces, graves, fortes, tranquilles. Je veux pouvoir donner une expression de la vérité humaine, mais je ne prends pas de position politique.
- Pourtant, vos chansons prennent souvent des résonances politiques ?
- Elles appartiennent à la société humaine, mais sans afficher de pièce d’identité, d’étiquettes. Elles sont libres et je suis toujours le même qu’à l’âge de quinze ans : antifasciste. Je ne gêne personne, bien que beaucoup de gouvernements me considèrent avec une certaine méfiance. Ce n’est pas mon problème.
On peut parler d’humanisme ?
- Oui, Comme pour Federico Garcia Lorca, qui n’était pas un homme politique, mais un ami de la beauté. Un ami de la vérité, de la poésie. Et de la liberté de pouvoir penser, pleurer, rire, vivre…
- Vous avez quand même écrit une chanson en hommage à Che Guevara ! Nada Mas, rien de plus…
- Oui, lorsqu’il l’ont tué. Je l’avais connu quand il étudiait la médecine. Un garçon très intelligent, très pur, et qui chantait bien ! Une très forte personnalité. A la maison de la pensée de Paris, j’ai joué pour Nazim Hikmet, aussi, le grand poète turc longtemps emprisonné. C’était un grand honneur pour moi.
- Justement, en venant chez vous, je pensais à la fois à Neruda, à Eluard et à Nazim Hikmet…
- Paul Eluard a été mon ami, et c’est chez lui que j’ai rencontré Piaf… Miguel Angel Asturias aussi : il a mangé le riz avec moi ici. Je suis un mauvais cuisinier, mais j’aime bien la bonne cuisine… Je fais le goulasch hongrois, mais pas très bien. Je salis trop de choses. [rires]
- Dans l’interview que j’évoquais , vous dites aussi que le monde entier les mélodies se ressemblent et que ce sont surtout les rythmes qui les différencient ?
- La mélodie s’apparente au prénom, le rythme au nom. Comment vous appelez-vous ?
Daniel Pantchenko.
- Eh bien, des Daniel, il y en a partout, dans tout les pays… Des Pantchenko, non !
- Vous avez écrit quantité de chansons, mais en écrivez-vous toujours autant aujourd’hui ?
- Je n’ai pas écrit  que des chansons, mais des poèmes, des contes, des légendes pour les enfants… et aujourd’hui j’en écris encore deux ou trois chaque semaine.
- Sur quels thèmes en particulier ? Par rapport à l’actualité ?
- Non. L’actualité, ce qui se passe à travers le monde, c’est de l’information pour les journaux.
- D’où vient votre inspiration ?
- C’est ce que je me demande ![rire] Cette vigogne qui vit à 4000 m d’altitude dans les Andes, si elle pouvait penser, que se dirait-elle toute seule là-haut ? «Une grande solitude m’habite !» Grâce à elle, j’ai compris, peu à peu, que celui qui ne pense ni ne crie est en train de mourir.
- Votre façon de répondre, ou de rebondir, poétiquement sur des questions, c’est déjà une façon de vivre ?
- C’est ma vie ! Exactement.
- Cela veut dire que vous pourrez, parfois, sauter un repas mais jamais un poème ?
- C’est vrai… D’ailleurs , j’ai souvent mangé des poèmes ![rires]
- C’est un gage de jeunesse, ça ?
- Je suis toujours jeune !
- Pour terminer, comment percevez-vous ces rendez-vous, avec des journalistes, surtout lorsqu’il arrivent en retard comme moi ?
- Les journalistes arrivent toujours en retard… La vie intellectuelle d’un journaliste de quotidien dure vingt-quatre heures. Si vous ne vous préparez pas durement, vous mourrez toutes les vingt-quatre heures. Pour vous transcender, pour que ce que vous écrivez dure davantage, il vous faut aller à la bibliothèque de Paris et lire, lire, lire. Il faut savoir se cultiver, travailler, laisser la lumière tard allumée, comme le dit le poète allemand Hermann Hesse… Propos recueillis par Daniel PANTCHENKO-CHORUS




« Intense émotion » par NVO

Si l’immense guitariste argentin Atahualpa Yupanqui nous a quitté, la poésie de sa voix et de son instrument demeure. Enregistré en public à Mar del Plata en 1983, ce concert est un superbe témoignage de l’intense émotion que savait susciter l’artiste. Mettant en musique les plus grands auteurs, mais aussi ses propres textes, le virtuose crée en 17 morceaux, une atmosphère que nul artiste n’a su retrouver. Dans les veines d’Atahualpa, coule le sang des ancêtres indiens dont il sait, dans cet album magnifique, nous restituer toute la fougue.
NVO




« Un bonheur pour les oreilles » par Trad Magazine

Un concert live du grand guitariste et poète argentin Atahualpa Yupanqui enregistré à Mar del Plata, célèbre station balnéaire et lieu de vacances quasi-obligatoire de millions d’habitants de Buenos Aires en été. En 1983, « Donata » a encore toutes ses capacités physiques du grand guitariste qu’il fut. On a des versions nouvelles de thèmes souvent enregistrées par Atahualpa, ce qui constitue un bonheur pour les oreilles. On pense notamment à la célèbre zamba de Vargas et aux deux thèmes des frères Diaz, Soco et Cachilo, fantastiques musiciens de la province de Santiago del Estero, morts dans les années 70 et dont il ne nous reste, malheureusement, aucun témoignage enregistré, mais dont nombre de thèmes furent repris par de grands musiciens argentins comme le pianiste Adolfo Abalos, Chango Farias Gomez, Carlos Di Fulvio, Atahualpa Yupanqui lui-même, Juan Falù et quelques autres, sans parler des groupes vocaux. Magnifique concert ! On apprécie particulièrement ce superbe CD, bien réalisé techniquement, produit par un le label argentin indépendant Acqua et distribué en France par Frémeaux.
Michel PLISSON – TRAD MAGAZINE




« Sensible et séduisant » par Écouter Voir

Live enregistré en 1983 à Mar Del Plata. Seulement nanti de sa guitare, Hector Roberto Chavero, dit Atahualpa Yupanqui, délivre un message de douleur, de paix et d’amour. Tous les titres de l’album sont introduits par un poème liminaire, comme un prétexte à la musique. S’ensuit un morceau à la guitare sèche où l’artiste parle, plus que chante, d’une voix calme et rocailleuse, sur un thème de milonga. Bref, c’est minimaliste, sensible et séduisant.
Lucas FALCHERO – ÉCOUTER VOIR




« Grand artiste contestataire » par Club Dial

Atahualpa Yupanqui (1908-1992), le chantre de l’Argentine indienne et paysanne, nous revient à travers les 17 très beaux titres de ce disque, enregistrés lors d’un concert à Mar del Plata, en 1983. Les plages de cet enregistrement de grande qualité hésitent entre déclamation et chant et reprennent quelques unes des plus belles mélodies de l’artiste, comme la « Milonga del peon de campo » ou la « Zamba de Vargas », deux formes musicales populaires. Le disque de ce grand artiste contestataire sud-américain bénéficie d’une très belle réalisation, malgré l’absence de textes français et des fameux livrets qui accompagnent les productions de Frémeaux & Associés.
CLUB DIAL




« Concert exceptionnel » par Figaro Magazine

Réédition du concert exceptionnel à Mar Del Plata en 1983 de Atahualpa Yupanqui. Un monument de la musique sud-américaine.
FIGARO MAGAZINE




« Une immense humanité » par Mondomix

Au crépuscule de sa carrière, Atahualpa Yupanqui n’avait rien perdu de son aptitude à bouleverser les foules, bien au contraire. En ce soir de 1983, c’est une vie de luttes, d’exil (à Paris dans les années 50) et de défense des sans-voix qui résonnait dans la station balnéaire de Mar del Plata, au sud de Buenos Aires. Avec une émotion dépourvue du moindre pathos, muni de sa seule guitare, le grand homme conduit son concert avec une science du dosage subtile : instrumentaux qui sont autant de témoignages d’un jeu d’une finesse extrême ; passages parlés où brillent l’évidence des poésies qu’il incarne ; chansons empruntant à toutes les formes du répertoire argentin (milonga, coplas, zambas…), portées par un timbre imbibé d’une immense humanité.
Par Bertrand BOUARD – MONDOMIX




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