FRANCIS BLANCHE CHANTE ET FAIT CHANTER…

PIERRE DAC, LES FRÈRES JACQUES, CHARLES TRENET, LES 4 BARBUS… 1942-1962

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Artiste FRANCIS BLANCHE
Direction artistique : JEAN BUZELIN ET MARC MONNERAYE
Format : CD Musical
Livret : 36 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 4


29,99 € TTC

FA5625

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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« J’ai rêvé ma vie les yeux grands ouverts, me suis réveillé quand c’était l’hiver (…) Faites-moi plaisir commencez sans moi, laissez-moi dormir… j’étais fait pour ça… »
Francis BLANCHE

Poète, humoriste, comédien, farceur et auteur de centaines de chansons, Francis Blanche fut un infatigable jongleur de bons mots à la verve comique inépuisable. Jean Buzelin et Marc Monneraye ont extrait le meilleur de l’oeuvre chansonnière de ce touche-à-tout de génie.
Patrick FRÉMEAUX

DIRECTION ARTISTIQUE : JEAN BUZELIN ET MARC MONNERAYE

CD 1 - FRANCIS CHANTE BLANCHE :
FRANCIS BLANCHE - GÉNÉRAL À VENDRE • LA LÉOPOLDA • IDYLLE EN FORÊT • LA FILLE DU GANGSTER • AH ! LES BELLES MOUSTACHES • ÇA TOURNE PAS ROND • SOEUR MARIE-LOUISE • LE MOT DE BILLET • LA PINCE À LINGE • LE COMPLEXE DE LA TRUITE • LE CHÊNE ET LA TORTUE • LE THÉORÈME • IL Y AVAIT UN CAVALIER • LE CID • NOUS N’IRONS PLUS AU BOIS • NOTE DU PROPRIÉTAIRE • LE DUC DE BORDEAUX • LA COMPLAINTE DE FURAX • FRANCIS BLANCHE “À LA GALERIE“ • LA COMPLAINTE DES ROBINETS QUI FUIENT • MAIS QU’EST-CE QUE JE VAIS FAIRE DU CARTON À CHAPEAU ? • LOI SUR LA RÉPRESSION DE L’IVRESSE PUBLIQUE • LE SAVON DES AVEUGLES • AH ! LES BELLES BACCHANTES (FILM) - LA LÉOPOLDA • CHANTER SOUS LE SOLEIL.
CD 2 - ILS CHANTENT FRANCIS :
 LES FRÈRES JACQUES - GÉNÉRAL À VENDRE • LE COMPLEXE DE LA TRUITE • PIERRE DUDAN - SOEUR MARIE- LOUISE • ODETTE LAURE - ÇA TOURNE PAS ROND • LES 4 BARBUS - OUVERTURE DU BARBIER DE SÉVILLE • LE THÉORÈME • LA PINCE À LINGE • LA BELLE ARABELLE • LES FRÈRES JACQUES - LA COLLE AU PINCEAU • BERCEUSE • LA BELLE ARABELLE • CATHERINE MAISSE - AU FIL DE L’EAU • LES FRÈRES JACQUES - J’EMMÈNE LES GENDARMES • LES BARONS DE BALLANCOURT • LES BOÎTES À MUSIQUE • MICHÈLE ARNAUD - LA TRUITE • LES 4 BARBUS - HONNEUR AUX BARBUS • LE DUC DE BORDEAUX • LE PARTI D’EN RIRE • SOEUR MARIE-LOUISE • LE MOT DE BILLET • PIERRE COUR - J’AURAIS PAS DÛ ! • HEY : BA-BA RE BOP ! • PIERRE DAC & FRANCIS BLANCHE - LE PARTI D’EN RIRE • PSYCHOSE TOUJOURS.
CD 3 - CHANSONS POUR LES AUTRES :
CHARLES TRENET - SUR LE FIL • DÉBIT DE L’EAU, DÉBIT DE LAIT • JEAN SOLAR - Y
A DU SWING AU VILLAGE • LYS GAUTY - LA CHANSON QUE JE CHANTE • CRÉPUSCULE • GUY BERRY - FLEUR D’ENNUI • FRED HÉBERT - AU HASARD • IRÈNE DE TRÉBERT/RAYMOND LEGRAND - STOP ! • ALIX COMBELLE - ÇA S’ FAIT PAS • JOHNNY HESS - 1, 2, 3, 4, 5 • YVETTE GIRAUD - MADAME SPITMAKER • LISETTE JAMBEL - JE, TU, IL… • JACQUELINE FRANÇOIS - À NOËL • CORA VAUCAIRE - LE PRISONNIER DE LA TOUR • JACQUES PILLS - VIDE TON SAC • LES FRÈRES JACQUES - JOUR DE COLÈRE • ZAPPY MAX - FAITES-MOI CONFIANCE • LUCETTE RAILLAT - LES DAMES DE LA POSTE • LINE MONTY - ÉLISA • JEAN-CLAUDE PASCAL - DON QUICHOTTE • LES FRÈRES JACQUES - GROS JEAN COMME DEVANT • COLETTE RENARD - FAUX-PAS • RITA CADILLAC - NE COMPTEZ PAS SUR MOI POUR ME MONTRER TOUTE NUE • MAURICE CHEVALIER - CONTRE L’AMOUR Y A RIEN À FAIRE.
CD 4 - SUR DES AIRS POPULAIRES :
TOHAMA - ON CHANTE DANS MON QUARTIER • JACQUES HÉLIAN - LE GROS BILL • RENÉE LEBAS - LOIN DANS L’OMBRE DU PASSÉ • TINO ROSSI - CHANSON AUX NUAGES • MARIE-JOSÉ - BESAME MUCHO • ROLAND GERBEAU - LA CHANSON DU BONHEUR • JEAN SABLON - RHUM & COCA COLA • VICTORIA MARINO - FRÉNÉSIE • BRUNO CLAIR - MAISON DANS LA PLAINE • LES BASS’ HARMONISTES - PLAINE, MA PLAINE • JACQUES HÉLIAN - LA NUIT JE RÊVE • ROSE MANIA - MISTER PAGANINI • JEAN SABLON - NOËL BLANC • LISETTE JAMBEL - VIVE LE VENT • LES PINSONS - LE DINDON DIGNE • EDDIE CONSTANTINE - MON RÊVE M’A DIT • LUCIENNE DELYLE - L’ANNEAU D’OR • SERGE SINGER - BALLADE DE DAVY CROCKETT • JUNE RICHMOND - ÉTRANGÈRE AU PARADIS • ROBERT RIPA - LE BIDON • PATACHOU - UN PETIT HOMME TIMIDE • HENRI DECKER - LES CLOCHES DE LISBONNE • DALIDA - HISTOIRE D’UN AMOUR • TARTARIN DE TARASCON (FILM) - GÉNÉRIQUE/LES CHASSEURS DE CASQUETTES.

FRANCIS BLANCHE FA5625


FRANCIS BLANCHE
Chante et fait chanter…


Pierre Dac, Les Frères Jacques,
Charles Trenet, Les 4 Barbus…


1942-1962




Par Jean Buzelin et Marc Monneraye

Tout commence par des chansons
Petit-fils et fils de comédiens1, Francis Jean Blanche naît le 20 juillet 1921 à Paris (11e). Malgré des dons déjà précoces pour l’indiscipline – il est renvoyé du lycée Michelet – l’adolescent, passé au lycée Charlemagne, est un élève brillant, particulièrement attiré par la littérature en général, et la poésie en particulier. Il s’essaie à cet art très jeune et, en 1932, à peine âgé de 12 ans, va présenter l’une de ses « œuvres », Crème de pistache, à Pierre Dac en personne, au Poste Parisien. Puis, en 1935, son père l’emmène un soir assister au tour de chant du Roi des Loufoques au cabaret de la Lune Rousse, le temple des chansonniers à Montmartre. Pétri de timidité, il ira féliciter Dac à l’entracte. Une vocation est née…Francis obtient son bac (alors en deux parties) à 14 et 15 ans et, tournant le dos à l’école du droit, préfère choisir celle du cabaret. Dès l’âge de 17 ans, en 1938, il monte sur les planches et débute au Rendez-Vous, rue de Tilsit, et au Café Chantant de Jean Bastia, 2 rue Coustou, à Montmartre, là où précisément s’installeront les Trois Baudets en 1947 – prémonition ? Ainsi, après avoir été le plus jeune bachelier de France, il devient « le plus jeune chansonnier de Paris ».
Bientôt la guerre arrive qui se transforme vite en débâcle. Le jeune Francis quitte alors Paris et file plein sud jusqu’à Tarbes, où il collabore au Semeur des Hautes-Pyrénées – y a t-il trouvé l’inspiration pour son futur Berger ? Fin 40, il remonte à Paris où son père Louis le présente à Jean Rigaux qui le fait programmer au Triolet. De fil en aiguille, il se retrouve en première partie des tours de chant de Charles Trenet en 19422. Il y récite des fables-express et on l’apercevra à l’écran dans ce rôle, dans le film « Frédérica »3. « Grand amateur de jeux de mots, de calembours, d’allitérations farfelues, Trenet ne pouvait qu’éprouver une vive sympathie à l’endroit de l’esprit mystificateur, sarcastique et loufoque du débutant »4. Et il lui offre l’occasion de lui écrire les paroles d’une chanson, Sur le fil, qu’il met en musique lui-même en compagnie de Jean Solar qui avait déjà composé et enregistré Y a du swing au village, première chanson connue écrite par Francis Blanche5.Peu après l’enregistrement de la chanson, en mai 1942, Blanche accompagne Charles Trenet pour une tournée en Belgique. « C’est semble-t-il en se promenant ensemble en tramway dans Bruxelles que Charles et Francis, avisant une enseigne indiquant « débit de lait », se mettront à composer en se renvoyant mots et rimes Débit de l’eau, débit de lait. »4 Trenet l’enregistre immédiatement en juin lors d’une séance organisée par la marque belge Rythme. La chanson sera réenregistrée un an plus tard à Paris, dans de bien meilleures conditions, par Columbia6, et Trenet la chantera dans le film « La Cavalcade des heures », réalisée cette même année 1943 par Yvan Noé. Aux côtés d’une pléiade d’apparitions populaires (Françoise Rosay, Jeanne Fusier-Gir, Meg Lemonnier, Fernandel, Tramel, Charpin, Pierrette Caillol, Jean Chevrier, Jules Ladoumègue…), il y joue le rôle d’un « chanteur excédé par ses admirateurs »7.Francis Blanche prend goût à la chanson et met des paroles sur deux musiques de Django Reinhardt, Crépuscule, l’une de ses trois chansons que gravera Lys Gauty8 et Fleur d’ennui enregistré par Guy Berry. En ces temps zazous, il écrit notamment Stop ! pour l’orchestre de Raymond Legrand et sa chanteuse Irène de Trébert, Au hasard, gravé par Fred Hébert, et Ça s’ fait pas qui aura un certain succès joué par les orchestre d’Alix Combelle, le compositeur, et de Jo Bouillon. Il collabore aussi avec Johnny Hess, l’ancien partenaire de Charles Trenet. Plusieurs chansons sont éditées par Salabert, Tu m’absous, dis ?, Oui, mais !…, Soupe au lait, Une enfant blonde, 1, 2, 3, 4, 5, Chanson sur le sable, Au revoir Monsieur Denis (1945), Tout se traduit par un peu de musique (1946), mais, hélas, aucune ne sera gravée sur disque ; consolons-nous avec un court mais réjouissant 1, 2, 3, 4, 5, dit La Cartomancienne enregistré par le compositeur sur les ondes de Radio-Lausanne. Mais ce sont ses adaptations de succès américains qui vont lui être plus lucratives, quoiqu’on les fredonne « en ignorant le nom de l’auteur », comme le chante Charles Trenet. En effet, à partir de 1944, les chansons d’outre-Atlantique ont débarqué en même temps que les G.I.s : chansons swing et rythmes afro-cubains alors très en vogue aux Etats-Unis. C’est tout d’abord Besame Mucho, écrit par Conchita Velazquez en 1941, dont Tommy Dorsey, en 43, et Nat King Cole, en 44, firent de grands succès populaires. Francis écrit des paroles françaises pour Tino Rossi… qui ne les chante pas toutes, contrairement à Marie-José qui l’avait précédé sur disque. Puis Frenesi (Frénésie), un air mexicain écrit par Alberto Dominguez en 1939, et enregistré, entre autres, par les orchestres de Fats Waller, Duke Ellington et Artie Shaw, qui en fera un N°1 fin 1940 ; parmi les nombreux interprètes français qui le reprendront, citons Jacques Hélian, Tohama, Jaime Plana, Jacques Pills, Jean Raphaël, et Victoria Marino, notre choix. Francis Blanche semble beaucoup apprécier les rythmes latino-américains9. Plus « américains du Nord », Long Ago and Far Away, chanté par Gene Kelly et Rita Hayworth dans le film « Cover Girl (La Reine de Broadway) » en 1944, devient, sous la plume de Francis, Loin dans l’ombre du passé, chanté par Tino Rossi, et avant lui, Renée Lebas. Rhum and Coca Cola, le hit numéro 1 de l’année 1945 par les Andrew Sisters, est enregistré en français par Jean Sablon en mai 46. La Chanson du bonheur (You Belong To My Heart) bénéficie, quant à elle, des interprétations de Jean Lumière, de Lys Gauty, etc., et de Roland Gerbeau, et Mister Paganini celle de Rose Mania. Enfin, pour couronner le tout : Noël blanc (White Christmas), créé par Bing Crosby à la BBC, enregistré en 1942, repris dans le film « Holiday Inn (L’Amour chante et danse) » : Jacqueline François, Jean Deny, Jean Sablon comptent parmi les innombrables interprètes de cet air qui a fait le tour du monde10.
Des airs populaires du folklore country font également partie des chansons américaines que s’attribuent les Français après la Libération. Sur des arrangements de Rolf Marbot et des paroles de Francis, Polly Wolly Doodle devient Le Gros Bill lancé par Lily Fayol et Jacques Hélian, Jingle Bells se transforme en un Vive le vent soufflé par Lisette Jambel11 et Lucien Jeunesse, et Yankee Doodle sera Le Dindon digne parodié par les Pinsons. Et n’oublions pas O Susanna et Clémentine.
Enfin, nous ne pouvons laisser traîner « dans la plaine » deux chansons qui, en dehors de ça, n’ont guère d’origines communes : Maison dans la plaine, créé par Bruno Clair, et Plaine, ma plaine, le grand succès d’Armand Mestral, dont une très rare version des Bass’ Harmonistes évoque un peu le folklore russe – des chœurs de l’Armée rouge en réduction !
Mais les compositeurs français ont également fait appel au talent de plume de Francis Blanche, en particulier ses deux plus fidèles partenaires : Gérard Calvi (1922-2015) et Henri Leca (1914-1981). Le premier a mis en musique « médiévale » le magnifique Prisonnier de la tour créé par les Compagnons de la Chanson et Edith Piaf, et enregistré un peu plus tard par la grande Cora Vaucaire. Le second a signé Madame Spitmaker, chanté par Yvette Giraud en 4812, et A Noël par Les Compagnons et Jacqueline François (49), et ce n’est pas fini… Dans un tout autre genre, Francis Lopez met en musique Chanson aux nuages, du film « Sérénade aux nuages » (1946) d’André Cayatte, avec Tino Rossi en vedette. Sans oublier Rolf Marbot qui compose la ritournelle On chante dans mon quartier, titre d’une émission radiophonique diffusée quotidiennement en public et en direct sur les ondes du Poste Parisien à partir du 5 novembre 1945. Il s’agit d’un concours de chanteurs amateurs animé, dans les rues de Paris et de banlieue, par Georges Gosset, François Chatelard et Saint-Granier, avec le concours de l’accordéoniste Louis Ferrari, qui, suite au succès de son refrain, est rebaptisé Ploum, ploum tra la la lorsqu’il atterrit sur Radio-Luxembourg le 26 mai 1947. Gosset et Saint-Granier s’empressent d’enregistrer cette scie que nous réservons ici à Tohama.
A l’aube des années 50, l’orchestre de Jacques Hélian, Jacqueline François, Tino Rossi, Jean Sablon, Georges Guétary, Armand Mestral et Luis Mariano13 sont parmi les interprètes qui chantent volontiers les couplets de Francis Blanche, dans un domaine qui est celui des « variétés », les chansons personnelles, plus poétiques, humoristiques ou caustiques restant encore minoritaires. Mais cela va changer…

Pierre Cour et Pierre Dac
N’allez pas croire que les activités de notre Francis se limitent à rimer à la chaîne les strophes de chansonnettes. Déjà boulimique, il s’engouffre dans le vaste champ qu’ouvre la radiodiffusion – la TSF comme on l’appelle – qui va connaître son âge d’or en ces années d’après-guerre14. Après la Libération, un jeune metteur en ondes, Pierre Arnaud de Chassy-Poulay (1921-2013) entend frapper à la porte de son bureau « un jeune homme timide et maigre15 (qui) vint me voir pour me proposer ses poèmes à l’antenne. » En 1946, il est sur les ondes de Radio Monte Carlo, avec Jean-Marie Amato et Roland Ménard, dans « Le Grand Magazine du printemps », et la même année dans « Branquignol » de Robert Dhéry sur le Programme parisien. Mais surtout, il forme un duo avec le journaliste chansonnier Pierre Cour (1916-1995) qui, sur les ondes, adopte le titre de Régisseur Albert. Ensemble, entre 1945 et 1948, ce tandem farfelu anime et produit les émissions « Music-hall de Paris », « Rythmes de jeunesse » et « Sans rime ni raison » en 46 sur les chaînes publiques comme privées. C’est avec le Régisseur Albert qu’on entend pour la première fois la voix de Francis Blanche sur disque16, et c’est ce même Pierre Cour qui crée dès 1947 l’une des premières chansons vraiment personnelles de Francis, J’aurais pas dû ! que ce dernier a mis en musique avec Henri Leca et qu’il n’enregistrera lui-même qu’en 1965. Une autre est le fameux et irrévérencieux Sœur Marie-Louise mis en musique par Pierre Dudan qui la déposera sur disque en 1953, avant Blanche lui-même (55) et les 4 Barbus (60)… ceux-ci ayant été précédés, et de loin, par les quatre Frères Jacques dès 1947, une première version restée inédite près de cinquante ans ! Cette même année 47, Francis monte au Théâtre de Poche « Les Chansonniers au Paradis », tandis qu’on le voit chez Francis Claude au cabaret Le Quod Libet (rue du Pré-aux-Clercs) vers 48/49.
C’est à ce moment qu’on retrouve cet autre Pierre, Dac, ce « père spirituel » qu’admire depuis longtemps le jeune Francis qui l’écoutait encore, il y a peu, sur les ondes de Radio-Londres. En cette fin d’année 1946, Pierre Dac entend « Sans rime ni raison » sur la Radiodiffusion française (RDF). Il contacte les duettistes et leur offre un espace dans L’Os libre. Il vont tenir la rubrique « L’Os de cœur », un courrier du cœur loufoque, de décembre 46 à fin juin 47, sans que jamais Dac et Blanche ne se croisent une seule fois dans les couloirs du journal !
Il faut attendre la fin du mois de février 48 pour que les deux humoristes se rencontrent… à couteaux tirés ! En effet, Pierre Dac s’irrite d’un sketch de Francis Blanche, Mines de rien, dans l’émission « Branquignol », qui est un plagiat de la SDL, la défunte Société des Loufoques. La revue théâtrale du même nom faisant salle comble tous les soirs au Théâtre de La Bruyère, Dac, furibard, va attendre Blanche à la sortie. L’entrevue, mal commencée, se termine dans les calembours et les rires et, trois jours plus tard, Francis annonce : « Tout est réglé ! Pierre Dac et moi allons travailler ensemble ! On commence dimanche prochain une nouvelle émission de radio. Ca s’appellera « Le Parti d’en rire. »17
Entre Blanche et Dac, de 27 ans son aîné – il est né le 15 août 1893 –, va naître un duo inoubliable, ancré à jamais dans la mémoire collective comme une marque déposée : Pierre Dac & Francis Blanche. L’humour loufoque mais rigoureux du premier se conjuguant admirablement à celui plus noir mais exubérant du second.    
Leurs délirantes facéties radiophoniques commencent le 6 mars 1949 ; l’émission remplace « Branquignol », Robert Dhéry, très pris, laissant volontiers sa place. C’est par l’entremise de leur Radio Meu Meu (!), que les deux compères lancent « Le Parti d’en rire » dont le programme est débité sur l’air du Boléro de Ravel, tout cela sous la houlette du metteur en ondes et pianiste Pierre Arnaud de Chassy-Poulay, et l’accompagnement farfelu du quatuor Gérard Calvi. Leurs sketches délirants, reportages loufoques, slogans publicitaires invraisemblables (les pastilles de la Tour du Pin) et chansonnettes absurdes bénéficient de la collaboration des Branquignols Louis De Funès, Jean Carmet, Roger Lanzac, Lawrence Riessner, etc., et Edith Fontaine, Madame Blanche à la ville depuis 1943, qui enregistrera la première Ca tourne pas rond en 195018.
Le 16 octobre 1949, l’émission change de titre et devient « Faites chauffer la colle » ; Jean-Marie Amato, le futur Furax, rejoint la troupe. Suivront, de février à juin 1950, « CQFD, ou la Faculté d’en rire », puis « Studio 22 » d’octobre 50 à avril 51. Et enfin « Malheur aux Barbus ! », un feuilleton diffusé sur Paris-Inter qui se poursuivra plus tard en « Signé Furax ». L’idée de cette future saga est venue aux duettistes durant l’été 1951 alors que Pierre Dac passait quelques jours dans la villa de Francis à Eze-Village, près de Nice. « Malheur aux Barbus ! » démarre le 15 octobre et s’achève le 19 juin 52 après 213 épisodes19.
Sans lâcher les micros de la TSF, les deux compères montent sur scène et assurent une gloire retentissante au Théâtre des Trois Baudets qui, après des débuts hésitants, venait de connaître le succès (450 représentations) avec la revue « 39°5 » de Pierre Dac, dans laquelle le jeune Robert Lamoureux faisait des débuts hilarants. On ne change pas une équipe qui gagne, au contraire on la double et le patron, Jacques Canetti, fait confiance à Dac lorsqu’il lui propose Blanche qui vient de quitter la troupe théâtrale des Branquignols. Entourés de leur équipe habituelle où figure Pierre Arnaud au piano, ils lancent une revue, « Sans Issue », dont la première a lieu le 22 avril 1950, et qui se terminera dans la pagaille le 21 décembre 1951 après 683 représentations ! C’est dans cette revue qu’est créé le sketch La Voyante Madame Arnica qui, s’étoffant au fil du temps, deviendra le célèbre Sâr Rabindranath Duval lors d’un « 36 Chandelles » télévisé en 1956, puis du dixième anniversaire des Trois Baudets fêté en janvier 195720. Après le spectacle, les duettistes filent peaufiner Madame Arnica au Potofou (rue Cujas). On les applaudira aussi dans d’autres cabarets germano-pratins : à l’Arlequin (boulevard Saint-Germain) en 1951, au Club du Vieux-Colombier un peu plus tard.
Après les Trois Baudets, les deux compères présentent une nouvelle revue au Théâtre de l’A.B.C., « Autre chose », qui sera jouée du 1er avril à début juillet 52. Puis, début 1953, ils effectueront une tournée Canetti de trois mois avec un « Malheur aux barbus » transposé à la scène.
Il existe des traces sonores de la collaboration entre les deux amis humoristes (qui se sont toujours vouvoyés), des extraits d’émissions sauvées par Pierre Arnaud21 et un enregistrement réalisé aux Trois Baudets22. S’il y a de nombreux sketches et reportages loufoques, on a également la chance d’entendre quelques chansons. Et l’enregistrement d’une répétition à l’A.B.C. nous permet de découvrir les premiers essais de Psychose toujours (sur l’air de Tico Tico, qui est chanté aux Trois Baudets), Le Mot de Billet, et surtout du Parti d’en rire (les 4 Barbus enregistreront plus tard ces deux dernières chansons).

Au rythme des chansons
Que ce soit à la radio, au cabaret, au théâtre, au cinéma, les chansons accompagnent souvent les activités multiples et multiformes de Francis Blanche. Durant les années 50, l’auteur-comédien répond toujours à des commandes et plaque des paroles françaises sur des succès étrangers qui rapportent quelques droits d’auteurs bienvenus… Dans ce domaine populaire et commercial dit des variétés, retenons Mon rêve m’a dit chanté par Eddie Constantine ; L’Etranger au paradis (Stranger in Paradise) chanté par Gloria Lasso, Luis Mariano, Marie-José, André Dassary, Dario Moreno… et dont nous avons choisi une version féminine par la chanteuse de jazz June Richmond ; Histoire d’un amour que se sont partagés Miguel Amador, Petula Clark, André Claveau, Luis Mariano, Gloria Lasso, Patrice et Mario, et bien d’autres, dont Dalida enregistrée ici à l’Olympia (un disque rare) ; Les Cloches de Lisbonne que feront résonner à nouveau Mariano, Lasso, Tino, Candido and Co, et, moins courant, Henri Decker. Moins célèbres, L’Anneau d’or, Elvira et Un petit homme timide restent de bonnes chansons servies par Lucienne Delyle, Line Monty et Patachou. Et qui se souvient que les paroles françaises de la Ballade de Davy Crockett, braillées au galop par tous les enfants en 1956 à la suite de Jacques Hélian, Annie Cordy, Jacques Harden ou les Trois Ménestrels, étaient signées Francis Blanche ? Préférons-leur une version au trot chantée par Serge Singer. Enfin, qui devinera que Francis Blanche a mis des paroles sur le thème du film « Il Bidone » de Federico Fellini, écrit bien sûr par son compositeur attitré Nino Rota en 1957 ? Claude Goaty et l’excellent Robert Ripa ont enregistré Le Bidon sur disque.
Les compositeurs français apportent également leurs partitions : Alec Siniavine (Brumes, chantée par Léo Marjane, Les Dames de la poste, créée par Juliette Gréco, chantée ici par Lucette Raillat), Henri Bourtayre, Rolf Marbot, et Gilbert Bécaud (Don Quichotte par Jean-Claude Pascal).
Mais ce sont surtout Henri Leca et Gérard Calvi qui offrent les meilleures musiques à Francis Blanche, du moins les plus adaptées à ses textes, surtout quand celui-ci commence sérieusement (?) à mettre ses talents d’humoriste-poète gris-noir grinçant au service de ses chansons. Là nous entrons dans la partie la plus personnelle de son œuvre.
A côté de quelques bonnes chansons de variétés interprétées par Jacques Pills (Vide ton sac), André Claveau, Eliane Embrun, Colette Renard, Henri Leca met en musique, en compagnie de l’auteur, la première « vraie » chanson grinçante et personnelle de Francis à l’humour macabre : Ça tourne pas rond. Après Edith Fontaine, Odette Laure l’enregistre à son tour en 1953 et en fait un succès. Mais Francis réagira mal à quelques modifications de paroles23 et rétablira le texte original (masculin) deux ans plus tard. Leca signe également, avec le pianiste Pierre Philippe, la musique de Jour de colère, première chanson écrite pour les Frères Jacques (si l’on excepte Sœur Marie-Louise, voir plus haut).
Gérard Calvi, membre de la troupe des Bran‑quignols24, va amener, quant à lui, nombre d’airs et d’accompagnements pittoresques aux chansons de Francis Blanche25. Après avoir écrit celles du film de Gilles Grangier, sur un scénario de Francis, « Faites-moi confiance », chantées par Zappy Max (1953), il compose la musique de « Ah ! Les Belles Bacchantes », spectacle burlesque de Robert Dhéry joué d’abord au Théâtre Daunou à partir de juin 53, puis au cinéma l’année suivante, dans lequel Blanche, accompagné au piano par Louis De Funès, entonne un Chanter sous le soleil qui tourne au déluge ! Robert Destain, entouré d’une équipe de musiciens perturbateurs, essaie d’arriver au bout de sa Rêverie militaire26, mais l’un des passages les plus savoureux reste La Léopolda interprété par la troupe. On retrouve un peu plus tard Blanche, Dhéry et Calvi déclarant Ne comptez pas sur moi pour me montrer toute nue, une rareté chantée par la stripteaseuse Rita Cadillac – il fallait bien être trois pour pondre un tel chef-d’œuvre !

Frères Jacques et Quatre Barbus

Les deux quatuors vocaux, piliers des cabarets de Saint-Germain-des-Prés et d’ailleurs depuis des années, vont devenir les interprètes favoris de Francis Blanche qui écrit spécialement pour eux – chacun ayant son propre répertoire. Les Barbus démarrent avec Le Barbier de Séville et Le Théorème27 – Calvi est dans le coup – et Pierre Dac se met de la partie pour la fameuse Pince à linge et Honneur aux barbus, sans parler du Parti d’en rire que les Quatre enregistreront plus tard. Suivront Le Duc de Bordeaux (avec Henri Leca) puis, plus tard, L’Alcool, La Danse Macchab’, L’Âge de raison… Beaucoup de parodies musicales auxquelles les Barbus ajouteront des chansons plus anciennes comme Le Mot de billet et Sœur Marie-Louise.
Pour les Frères Jacques, c’est leur pianiste, Pierre Philippe, qui met en musique les paroles de Francis Blanche. De leur collaboration naît Général à vendre, peut-être le chef-d’œuvre de Francis, un texte à la fois humoristique, surréaliste et sensible, sans doute l’une des plus belles chansons françaises, merveilleusement rendue par les Frères qui, ensuite, vont immortaliser La Truite de Schubert, une parodie aux paroles tout aussi étonnantes. Puis c’est l’aventure de « La Belle Arabelle », l’opérette dans laquelle, chaque soir à partir du 4 octobre 1956, Les Frères Jacques et Francis Blanche vont se retrouver sur la scène du Théâtre de la Porte Saint-Martin. Leurs chansons ne seront pas toutes enregistrées en studio28, mais l’une d’entre elles, Les Boîtes à musique, restera à leur répertoire jusqu’à la fin de leur carrière. Leur partenaire Lucie Dolène, n’enregistrera pas non plus ses propres chansons mais, par chance, Catherine Maistre se chargera de déposer sur disque Au fil de l’eau. Une dernière chanson de Blanche, Gros Jean comme devant, figurera plus tard au programme de leurs récitals.

Francis fait des disques

Et voilà Francis Blanche qui se met à enregistrer ses propres chansons sur disques ! Il a raison, il sait chanter. En 1955, il en choisit huit qui figureront sur deux super-45 tours Vogue. Accompagné par la formation de Gérard Calvi, il reprend le Général à vendre, sans toutefois rivaliser avec les insurpassables Frères Jacques – il a tendance à caricaturer, à forcer les effets –, Ça tourne pas rond, Sœur Marie-Louise, Le Mot de billet, La Léopolda tirée des « Belles Bacchantes » et ajoute des paroles sur le générique du film, ce qui donne Ah ! Les belles moustaches. Et il complète avec deux chansons inédites : Idylle en forêt (Calvi) et La Fille du gangster (Leca). En même compagnie, il récidive deux ans plus tard avec un 33 tours 25 cm qui comprend La Pince à linge29, Le Complexe de la Truite (que va reprendre à son tour Michèle Arnaud), Le Théorème (pas du tout le canular qu’on pourrait imaginer, mais l’une des lois fondamentales de la chimie !), Le Duc de Bordeaux et cinq nouvelles chansons habillées par des airs plus ou moins traditionnels. A noter qu’aucune de ces chansons inédites ne sera reprise par d’autres interprètes, signe qu’elles appartiennent en propre à leur auteur30. Là se trouve le véritable univers de Francis Blanche.
Furax
Tandis qu’il se démène, chaque soir, à la Porte Saint-Martin aux côtés des Frères Jacques dans « La Belle Arabelle », Francis Blanche, qui vient d’être récompensé par le Grand Prix de l’Humour, démarre avec Pierre Dac un nouveau feuilleton appelé à faire date sur les antennes d’Europe N°1 : « Signé Furax ». Les duettistes (Black & White dans les rôles) écriront 1034 épisodes d’aventures invraisemblables réparties en quatre séries diffusées quotidiennement (hormis les mois d’été), et suivis assidument par la France entière entre octobre 1956 et juin 1960. Le dernier feuilleton connaîtra quelques soubresauts, parfois tragiques, mais qui n’oblitéreront pas le cours de l’histoire : la tentative de suicide de Pierre Dac le 16 janvier 1960 – il reprendra son poste deux mois plus tard – et le décès de Louis Blanche, le père de Francis, au mois d’avril. Francis lui-même, trop pris par ses activités multiples et cinématographiques, est rarement présent. Tout cela nécessita des adaptations imprévues et acrobatiques du scénario, et les aventures de Furax s’arrêteront là. Ce qui ne fera qu’ajouter à leur gloire posthume, car « Signé Furax » demeure, sans doute à jamais – le genre a disparu – le plus célèbre feuilleton radiophonique de tous les temps31.
Durant cette 4e série, les deux complices écrivent parallèlement « Les Fabuleux méfaits de Furax », cinq histoires de 25/30 minutes, éditées en 45 tours vendus uniquement par correspondance. Si Dac et Blanche n’apparaissent pas dans les enregistrements, toute la troupe habituelle est présente, et Francis compose et chante l’indicatif suivi d’un couplet différent pour chaque épisode32.
Toujours en plein Furax, au début de l’année 1958, les deux compères se retrouvent sur scène, à la Comédie Caumartin, dans « Chipolata 58 », un « Saucisson-Show en 14 tranches », mis en musique par Michel Emer, dont il ne reste malheureusement aucune trace sonore.

Francis Blanche dans les salles obscures

Dès 1948, Francis Blanche avait entamé, parallèlement à ses nombreuses et diverses activités, une carrière d’acteur, et parfois de scénariste et dialoguiste de cinéma. C’est d’abord « L’Assassin est à l’écoute » de Raoul André avec Pierre Cour (qui y chante N’aie pas peur) et en 1951 « Un curieux cas d’amnésie », court métrage d’Henri Verneuil avec Pierre Dac. Ce dernier ne fera que quelques apparitions cinématographiques, en particulier dans les films de Robert Dhéry ; il retrouvera Blanche dans « Une fille à croquer » (1951) et « La Polka des menottes » (1956) de Raoul André, et dans « Les Pique-assiettes » de Jean Girault (1960).
Francis, au contraire, va occuper le grand écran pour ne plus en sortir. Il jouera dans 120 films de toutes natures et de toutes qualités, souvent, probablement, pour des raisons alimentaires. Sa silhouette rondouillarde – il joue les « rondeurs », comme on disait autrefois – marquèrent durablement quelques films populaires et assurèrent sa gloire posthume, grâce notamment à l’entremise du petit écran : « Babette s’en va-t-en guerre » (Christian-Jaque) et « La Jument verte » (Claude Autant-Lara) en 1959, « Les Tontons flingueurs » et « Les Barbouzes » (Georges Lautner) en 1962, « Belle de jour » (Luis Bunuel) en 1967… à côté d’un nombre appréciable de nanars, souvent en compagnie de Darry Cowl33. Mais certains metteurs en scène surent tirer parti de son personnage comique, ainsi Jean-Pierre Mocky « avec lequel il tourna souvent, permit à l’acteur d’exprimer une autre dimension, plus trouble, de son talent ; le rire prenant alors un tour grinçant, sarcastique et y gagnant en ambiguïté » (Jean-Claude Hemmerlin)34.
Il réalisa lui-même un seul et unique film, dont il écrivit les chansons : « Tartarin de Tarascon » qui, sorti en 1962, ne fera pas déplacer les foules.
Son dernier fait d’armes cinématographique sera « La Grande bouffe » de Marco Ferreri en 1973 ; il n’y joue pas mais il est l’auteur des dialogues.

Francis sur les planches

Non content d’écrire des chansons, des poèmes et des aphorismes, de poursuivre les aventures de Furax et de faire l’acteur, et parfois le guignol, au cinéma, Francis saisit toutes les occasions de grimper sur scène et devient même acteur de théâtre. En 1960, il joue Néron dans « L’Etouffe-Chrétien » de Félicien Marceau, avec Arletty, au Théâtre de la Renaissance. En 1961, il se prend pour « Tartuffe » de Molière, avec Madeleine Robinson, au Théâtre du Palais-Royal, et tourne avec la pièce de François Billetdoux « Va donc chez Thorpe ». En 1964 ce sont « Les Escargots meurent debout », spectacle burlesque mis en scène, et avec, Jean Le Poulain, au Théâtre Fontaine.
Ce qui ne l’empêche pas, une fois le rideau tombé, de filer au cabaret, comme à l’Amiral, près de la place de l’Etoile, ou à la Galerie 55, rue de Seine où, un soir de 1961, son tour de chant, entrecoupé de sketches (Chanson improvisée) et de boniments est enregistré par Vogue. Il y chante Ça tourne pas rond et un Général à vendre un peu trop forcé, mais aussi quatre chansons inédites, La Complainte des robinets qui fuient, Mais qu’est-ce que je vais faire du carton à chapeau, Loi sur la répression de l’ivresse publique et Le Savon des aveugles, bien représentatives de son style satirique.
Par ailleurs, il commence à apparaître fréquemment à la télévision à partir des années 60. Citons en particulier son rôle dans « Les Aventures d’Alice au pays des merveilles » de Jean-Christophe Averty. Et « Adieu Berthe », sa pièce adaptée avec Albert Husson, mise en scène par Jacques Charron, avec Jean Carmet et Nicole Garcia, qui a triomphé aux Bouffes-Parisiens depuis 1968, sera diffusée dans l’émission Au Théâtre ce soir en 1970. Cette même année, il présente son choix de poèmes et de chansons dans un « One man tiède » au Théâtre Fontaine. Enfin, ce sera « Un yaourt pour deux », à nouveau avec Albert Husson, au Théâtre Gramont en 1973

Tourne-disques et tours de piste
En 1965, Francis Blanche retrouve le chemin des studios Vogue accompagné par Gérard Calvi35. Il y enregistre une bonne douzaine de chansons nouvelles et insolites, parmi lesquelles La Femme-canon a des chagrins d’amour, Pas d’orchidées pour ma concierge, L’Âge de raison… et J’aurais pas dû ! que grava jadis Pierre Cour en 1947. Il y récite également son fameux Berger, prélude à d’autres poèmes qui vont prendre de plus en plus de place dans son œuvre ; ils représenteront d’ailleurs la majorité des titres retenus pour le 33 tours suivant36.
Mais, on l’aura compris, la chanson n’est, pour Francis Blanche, qu’une facettes de ses multiples activités. Notre Arlequin ne cherche pas à faire carrière dans le disque – plus généralement, en quoi a t-il cherché à faire carrière ? –, et la chanson, pour lui, a été pour une bonne part un gagne-pain37. Il ne privilégie aucune forme d’expression, s’il se sent à l’aise, ses dons et sa boulimie l’entraînent dans toutes les directions à la fois. Il y a toutefois un domaine où il a été fidèle, c’est la radio. Dès ses débuts ou presque, il aura sans relâche produit, inventé, animé émissions et feuilletons. Ses premiers canulars téléphoniques, dont il est l’inventeur, ont été lancés dès 1954 sur l’antenne de Radio Monte Carlo, puis repris sur Europe N°1 ; il y créée le personnage de Monsieur Macheprot. Il participe un temps au « Club du sourire » sur Radio-Luxembourg. Et, en 1967, c’est le début des « Kangourous n’ont pas d’arêtes », avec Robert Willar, rebaptisé Chichinou, émission hebdomadaire et dominicale sur Europe N°1 qui fera date. On se souvient qu’il y faisait de la publicité pour Hara Kiri (dont il est un peu un précurseur) : « Si vous avez de l’argent à foutre en l’air, achetez Hara Kiri, journal bête et méchant, sinon… volez-le ! » ; et l’on se réjouit encore aux échos des fous-rires inextinguibles de Willar s’esbaudissant aux qualités de la célèbre « tronçonneuse Mac Cullock à bouton rouge ! » .
 
Cette vie trépidante a raison de son palpitant, et Francis Blanche, suite à un diabète mal soigné, tombe dans le coma à Dijon le 6 juillet 1974. Transporté à l’hôpital Pasteur à Paris, il succombe à une crise cardiaque ; il avait 53 ans. Il est enterré au cimetière d’Eze (Alpes-Maritimes) et l’on peut lire sur sa tombe l’épitaphe suivante : « Laissez-moi dormir, j’étais fait pour ça », recommandation qu’il s’est empressé de ne pas suivre !
Très affecté, son aîné et ami de toujours Pierre Dac déclara : « Mon chagrin est à la hauteur de l’affection que j’avais pour lui. Je le considérais comme mon fils spirituel. Il était un merveilleux poète. Il cachait, sous son cynisme volontaire, son trop grand cœur. Il était très entouré, mais ne se confiait qu’à des amis très sûrs, dont Jean Carmet et moi-même. »16 Pierre Dac s’éteindra à son tour quelques mois plus tard, le 9 février 1975.

Alors, qui est Francis Blanche ?
On le trouvait cynique38, c’était pour masquer – maladroitement ? – sa sensibilité. Pierre Dac était bien placé pour en parler : Francis Blanche lui a été fidèle en amitié toute sa vie. Lorsqu’il a failli mettre fin à ses jours, Francis lui téléphonait quotidiennement, puis il l’invita à se reposer et reprendre des forces dans sa maison d’Eze-Village. Et lorsque Dac relança L’Os à Moelle en 1964, il répondit évidemment présent.

« J’aime infiniment ce personnage déconcertant car j’ai un faible pour les gens qui savent si bien dissimuler leur cœur qu’on se demande parfois s’ils en ont un ». Lorsque Pierre-Jean Vaillard esquisse à sa façon le portrait de Francis Blanche39, en une phrase il a tout dit… ou peu s’en faut.
Francis Blanche, c’est le comique de l’excès, parfois au détriment du spectateur. « Lorsque les bornes sont dépassées, il n’y a plus de limites », disait Georges Pompidou – paraphrasait-il Pierre Dac ? C’est aussi ce que pensait Jacques Canetti lorsqu’il mit un terme aux exploits de Blanche aux Trois Baudets.
Les trois enregistrements de La Truite de Schubert qui figurent dans notre anthologie illustrent parfaitement l’ambiguïté des textes de Francis Blanche, et par conséquent l’ambiguïté du personnage : lui-même s’interprète avec excès, les Frères Jacques avec humour, Michèle Arnaud avec sérieux (et quelques coups de pattes aux paroles). Les accompagnateurs respectent parfaitement l’intention des interprètes.
« Nul secret ni recette miracle, écrit son fils Jean-Marie, Francis Blanche tout simplement a vécu un nombre incroyable d’existences simultanées. A la façon de ces illustres personnages trop riches pour enfermer leur énergie et leur talent en une seule discipline, en une seule activité, Francis Blanche a été tour à tour et à la fois humoriste, comédien, romancier, dramaturge, animateur, chanteur, poète, mystificateur, parolier, scénariste, producteur, dialoguiste et chansonnier… tant de cordes à son arc qu’on finirait par l’assimiler à une harpe ! Francis Blanche était (…) un bourreau de travail, un stakhanoviste de l’humour. Il écrivait ses sketches le matin, tournait pour le cinéma l’après-midi, animait une émission de radio en début de soirée, jouait une pièce de théâtre le soir, courait au cabaret ensuite et écrivait à nouveau la nuit, afin que la boucle fût bouclée. (…) Rien ne semblait pouvoir épuiser un talent qui débordait volontiers de ses activités professionnelles pour s’étendre (…) jusqu’à sa vie toute entière. (…) Francis Blanche menait son existence comme un spectacle perpétuel, une continuelle improvisation. Il excellait à traquer le comique et l’absurde de chaque situation, n’hésitant pas à créer de toutes pièces les conditions du rire lorsque celles-ci venaient à manquer »40.

« On ne peut amuser les autres que si l’on s’amuse soi-même »41… A tous risques et périls…
Jean Buzelin et Marc Monneraye
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2016

Notes :

1) François Blanche, son grand-père, a monté au début du siècle Le Tour du monde en 80 jours ; Louis Blanche (1882-1960), son père, a joué dans quelques opérettes de Maurice Yvain, Henri Christiné et Albert Willemetz, a tourné dans une quarantaine de films depuis 1909, dont « Jenny » de Marcel Carné (1936), « L’Etrange Madame X » de Jean Grémillon (1951), et « Faites-moi confiance » avec son fils, de Gilles Grangier (1954). Il a également joué au théâtre et est devenu le directeur des Bouffes-Parisiens. Louis Blanche fit partie de la troupe de « La Belle Arabelle », et il participera aux feuilletons « Malheur aux barbus » et « Signé Furax ».
2) A cette époque, Charles Trenet passe au Théâtre de l’Avenue, à l’A.B.C., à la Gaîté Montparnasse, au Bœuf sur le Toit… Blanche aimait beaucoup Trenet, dont la poésie n’a pas été sans influence sur son écriture.
3) Film de Jean Boyer.
4) Daniel Nevers, Intégrale Charles Trenet, Vol.4 (FA 084).
5) Jean Solar compose également La Maison du bout du monde, gravée par France Kernel en mars 42.
6) Notons que la partition éditée par Salabert n’indique que « Paroles et musique de Charles Trenet ».
7) A la même époque, Léo Chauliac, le pianiste et chef d’orchestre de Trenet, compose la musique de Saint-Jean de misère, enregistré par Arlette Guttiguer en décembre 43.
8) Crépuscule sera enregistré par Lys Gauty le même jour, le 12 mars 1943, qu’une autre chanson de Francis Blanche, La Chanson que je chante.
9) Citons également Marie-Elena chanté par Rose Avril.
10) Francis Blanche a également écrit Je ne sais rien de toi sur une musique de Duke Ellington.
11) Lisette Jambel interprète également Je, tu, il…
12) Yvette Giraud enregistre aussi On dirait une chanson, musique d’Henri Leca.
13) Francis Blanche et Luis Mariano s’appréciaient beaucoup paraît-il, et le ténor lui demanda d’adapter deux opérettes : « Le Tzarevitch » en 54, et « Chevalier du ciel » en 55 ; Blanche fera d’ailleurs partie de la distribution à la Gaîté-Lyrique.
14) Les Forces Françaises Libres l’avaient chargé de réorganiser la Radio de Rennes en 1944.
15) Il grossira d’un coup après la mort tragique d’un enfant qui va le traumatiser et bouleverser son existence.
16) Francis donne la réplique à Pierre Cour dans deux parodies : Hey ! Ba-ba Re-bop de Lionel Hampton, et L’Hiron-delle du faubourg.
17) Jacques Pessis, Pierre Dac, mon maître 63 (Le Cherche Midi, 2005/2013).
18) Avec au verso Méthode rose ; Francis et Edith divorceront en 1952, mais la comédienne fera longtemps partie de la troupe, notamment dans « Signé Furax ».
19) Entré dans la postérité, « Malheur aux Barbus » a fait l’objet d’une nouvelle réalisation (abrégée) sur France Culture au début de l’année 2015.
20) La version « définitive » du Sâr sera enregistrée au Palais des Sports de Lyon, devant 6000 spectateurs, par Vogue le 7 avril 1960, dans le cadre d’un « Musicorama » d’Europe N°1, et une dernière mouture sera présentée par les duettistes au Roy Lyre (à Pigalle) fin 73 puis à Bobino du 26 février à fin mars 74, quelques semaines seulement avant la mort de Francis Blanche.
21) Le Parti d’en rire (CD EPM 3017914) ; Faites chauffer la colle ( cassette Le Livre qui parle JC023).
22) Pierre Dac « sur scène » (CD Jacques Canetti 104582).
23) Odette Laure raconte : « Francis Blanche me reprocha d’ajouter à la fin de son texte une note d’émotion, larme à l’appui, qu’il n’avait pas mise dans sa chanson (…). J’essayai d’argumenter : - Mais cela ne fait que souligner la drôlerie de la chose. – Je n’ai pas écrit ça ! dit violemment Francis. – Mais j’y tiens, maintenant, et le public semble apprécier… Coupant court à toute discussion, il me piqua la main du bout de sa cigarette allumée. J’étais bouleversée. – D’habitude je fais ça entre les deux yeux, finit-il sèchement. Je lui retournai une magistrale paire de baffes : - Et moi sur les bijoux de famille (…). Même si, après tant d’années, je veux bien imaginer que Francis plaisantait, je garde au fond du cœur une petite brûlure. Quand on touche une sensibilité, ça laisse toujours des marques. C’est tout de même à Francis Blanche que je dois la chanson (…) qui m’a imposée dans la profession. » Souvenirs : aimer, rire et chanter (Flammarion, 1997).
24) Calvi est le composteur de la musique de Branquignol ; Francis Blanche n’apparaît pas dans le film.
25) Leur première œuvre commune s’appelle Grand-mère fait le ménage ; elle ne semble pas avoir été enregistrée.
26) Nous n’avons pas repris ce passage, trop long et décousu sans le secours de l’image.
27) La première moitié de cette Fantaisie pédagogique : l’Alphabet, n’est pas de Francis Blanche, pas plus que O Venerabilis barba Capucinorum, sur un thème de Mozart, qui figure au verso de La Pince à linge (information Jean Weber).
28) L’intégrale des chansons des Frères Jacques, enregistrées par la RDF en 1957, figure dans notre coffret : Les Frères Jacques, les premiers récitals (FA 5289) ; la Berceuse, pré-sentée ici, est issue d’un disque rare hors-commerce.
29) La version enregistrée par Francis est amputée de plusieurs strophes par rapport à celle, complète, des 4 Barbus.
30) Dans ce 33 tours figure également son premier poème enregistré : Le Songe.
31) « Signé Furax » a été réédité sur disque par EPM : quatre coffrets de 15 CD, préparés par Jacques Pessis et… mis en ondes par Pierre Arnaud de Chassy-Poulay, voyons !
32) Nous avons raccordé en studio les cinq couplets différents sur une même plage.
33) Acteur comique et musicien touche-à-tout, Darry Cowl avait été le partenaire de Dac et Blanche aux Trois Baudets ; il a écrit notamment pour Francis la musique de Faux pas, chanté par Colette Renard.
34) Avec Jean-Pierre Mocky, dont l’esprit anar et grinçant était voisin du sien, Blanche a tourné « Un couple » (1960), « Snobs » (1961), « Les Vierges » (1962), « La Grande lessive » (1968), « Un linceul n’a pas de poches (1973).
35) La loi sur le domaine public ne nous permet pas de faire figurer ces chansons dans notre anthologie.
36) Un choix de ces poèmes, et quelques chansons, ont été édités dans le recueil Mon oursin et moi (Edition Spéciale, 1972), ainsi que le Carnaval des Animaux ; sur la musique de Saint-Saëns, il a été magistralement enregistré par l’orchestre d’André Kostelanetz, avec comme récitant Claude Dauphin.
37) Il aurait écrit, parait-il, 676 chansons. Nous en avons recensé un peu plus de deux centaines enregistrées, ce qui n’est déjà pas mal ! Ajoutons-y plusieurs centaines de poèmes, et sans doute encore de nombreux inédits
38) Il prétendait que son goût des canulars était dépourvu de toute méchanceté. Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Ainsi Colette Brosset (femme de Robert Dhéry), le jugeait « un peu sadique : il aimait faire semblant de s’excuser après coup ».
39) Texte de pochette du disque « A la Galerie » (Vogue LD 541).
40) Jean-Marie Blanche, Les mille et une nuits Blanche in Francis Blanche, Pensées, répliques et anecdotes (Le Cherche midi, 1996).
41) Francis Blanche à Jacques Chancel lors de sa « Radio-scopie » sur France Inter.

Disques originaux : coll. Alain Délot, Dany Lallemand, Christian Marcadet, Marc Monneraye, Jean Weber + Raoul Bellaïche et Jean-Marc Erni.
Photos et documents iconographiques : coll. Philippe Baudoin, André Bernard, Jean Frossard, Marc Monneraye.

Remerciements particuliers à : Patrice Buzelin, François Dacla, Catherine Gasnier, Jacques Pessis.

FRANCIS BLANCHE
His songs and his singers…

Pierre Dac, Charles Trenet, Les Frères Jacques, Les 4 Barbus…
1942-1962

By Jean Buzelin and Marc MONNERAYE

It all started with songs
A son and grandson of actors, Francis Jean Blanche was born on July 20, 1921 in Paris. At school — he was an excellent pupil — he had a preference for literature in general, and poems in particular, trying his hand at writing them from an early age. When he was barely 12 he even presented one of his “works” to Pierre Dac in person at the Poste Parisien. And then one evening in 1935 his father took him to see Dac — known as the “Roi des Loufoques” [or ”King of the Screwballs”] at the Lune Rousse theatre in Montmartre, which had a reputation for its cabaret singers. He was almost too shy to go and congratulate Dac during the intermission. A vocation was born…
Francis passed his Baccalaureate exam aged 15, but two years later he made his debut in cabaret instead of going to law-school… and the youngest school-certificate holder in France became “the youngest cabaret singer in Paris” instead.
Then war came, and it soon turned into a debacle. Francis left Paris but returned in 1940 when his father introduced him to Jean Rigaux, who booked him to appear at the Triolet. One thing led to another and Francis found himself the opening act for Charles Trenet in 19421 reciting fast fables onstage… the film “Frédérica” saw him playing this role, and his Trenet connection gave him the chance to write words to the latter’s song Sur le fil, which he set to music himself (composing it together with Jean Solar, who had already written and recorded the music for Y a du swing au village, the first well-known song to have been written by Francis Blanche.)
Swing au village was recorded in May 1942, and shortly afterwards Blanche accompanied Trenet to Belgium for a tour. “It seems that Charles and Francis were on a Brussels tram when they saw a sign saying “Débit de lait” [translator’s note: “milk for sale” or “milk flow”], and on the spot they started composing the song Débit de l’eau, débit de lait, [literally “water-rate, milk for sale”], throwing words and rhymes at each other.”2 Trenet recorded it a year later (1943) in Paris, and sangit in the film “La Cavalcade des heures” made thesame year by Yvan Noé. Blanche took a fancy to writing songs and put lyrics to two tunes by DjangoReinhardt: Crépuscule, one of his three songs recorded by Lys Gauty, and Fleur d’ennui (recorded by Guy Berry.) Those years being what they called “zazou” (crazy), he also wrote Stop! for Raymond Legrand and his orchestra, and their singer Irène deTrébert; Au hasard, recorded by Fred Hébert; andÇa s’ fait pas, which had some success in the version by Alix Combelle and his orchestra, (Combelle was its composer), and another by Jo Bouillon and his orchestra. Francis also wrote with Johnny Hess, who was Charles Trenet’s former songwriting partner. Here you can find a short-but-sweet 1, 2, 3, 4, 5, also known as La Cartomancienne, which was recorded by the composer, here heard on Radio Lausanne.
But the most lucrative songs were the ones he adapted from American hits. Beginning in 1944, songs from the other side of the Atlantic landed at the same time as G.I.s: they had swing and they had Afro-Cuban rhythms (the songs!), because that was the fashion in America then. First there was Besame Mucho, which was written by Conchita Velazquez in 1941, the song with which Tommy Dorsey and Nat King Cole had hits in ’43 and ’44 respectively. Francis wrote lyrics in French for Tino Rossi… who didn’t sing them all, unlike the singer Marie-José
(whose record preceded Rossi’s.) Then there was Frenesi (Frénésie), a Mexican air written by Alberto Dominguez in 1939 and recorded by various bands including the orchestras of Fats Waller, Duke Ellington, and most notably Artie Shaw, who had a N°1 hit with it at the end of 1940. Among thenumerous French singers who picked it up was Victoria Marino, our choice.

Francis seems to have had a “thing” for Latin rhythms but among his adaptations were a few from “the North”, like Long Ago and Far Away, which was sung by Gene Kelly and Rita Hayworth in the film “Cover Girl” (1944); with Francis Blanche’s lyrics it became Loin dans l’ombre du passé, sung by Renée Lebas and then Tino Rossi. Rum and Coca Cola was 1945’s N°1 hit by The Andrews Sisters, and it was recorded in French by Jean Sablon in May ’46. As for Chanson du bonheur (You Belong To My Heart), it was sung by Jean Lumière, Lys Gauty and Roland Gerbeau. Mister Paganini was picked up by Rose Mania, and finally, like the icing on the cake, there was Noël blanc (White Christmas), first performed by Bing Crosby on the BBC, recorded in 1942, and featured in the film “Holiday Inn”: those who performed the French white Xmas have been countless, including Jacqueline François, Jean Deny and Jean Sablon. The song went round the world.
There were also “Country” tunes among the Ame-rican works appropriated by postwar France; with arrangements by Rolf Marbot and lyrics written by Francis, Polly Wolly Doodle became the no-less-weird Le Gros Bill that was launched by Lily Fayol and Jacques Hélian; Jingle Bells was transformed into Vive le vent, and Yankee Doodle turned into a dignified turkey (Le Dindon digne.) There were also O Susanna and Clémentine. Two other songs need a mention, even though they don’t have anything in common (except maybe the high plains of America): Maison dans la plaine and Plaine, ma plaine.

French composers also summoned Francis Blanche and his pen: his two most faithful partners in song were Gérard Calvi (1922-2015) and Henri Leca (1914-1981). The former wrote the “medieval” music for the magnificent song Prisonnier de la tour, first performed by the Compagnons de la Chanson and Edith Piaf, and recorded a little later by the great Cora Vaucaire. The latter composed Madame Spitmaker, sung by Yvette Giraud in ’48, and A Noël sung by the Compagnons and Jacqueline François (‘49), and the list doesn’t end there. In quite another genre, Francis Lopez put to music the Chanson aux nuages, from the film “Sérénade aux nuages” (1946, director André Cayatte) which starred Tino Rossi. Nor should we forget Rolf Marbot, who composed the little ditty On chante dans mon quartier, which was the title of a radio show that went out “live” every day on the Poste Parisien station, beginning on November 5th 1945. Gosset and Saint-Granier recorded this old saw, but here we have left it to Tohama.

The dawn of the Fifties saw Jacques Hélian’s orchestra, Jacqueline François, Tino Rossi, Jean Sablon, Georges Guétary, Armand Mestral and Luis Mariano in the list of performers who rose to the occasion of singing stanzas written by Francis. They were all “entertainers”, i.e. their field of expertise was “Variety”. Songs that were “personal”, poetic, comic or caustic were still a minority taste. But that would change.


Pierre Cour and Pierre Dac
Don’t turn the page thinking that our Francis restricted himself to scribbling rhymes by the kilometre for popular ditties. He already suffered from a kind of bulimia and suddenly he jumped into a vast field opened up by broadcasting — what the French State called the TSF (or “Wireless”) —, a domain for which those postwar years would be a Golden Age.
In 1946, Francis went on radio in Robert Dhéry’s “Branquignol” (a show broadcast on one of only two channels on French national radio.) More importantly, he formed a duo with journalist and cabaret-singer Pierre Cour (1916-1995) who called himself “Régisseur Albert” when he was on the air. Together, between 1945 and 1948, this zany pair presented and produced the shows called “Music-hall de Paris”, “Rythmes de jeunesse” and “Sans rime ni raison”, which went out on both public and private radio stations. It was alongside “Régisseur Albert” that the voice of Francis Blanche was heard for the first time on record, and the same man (Pierre Cour) was the first to perform one of Francis Blanche’s first “personal” works, J’aurais pas dû! It was set to music with Henri Leca, and he only recorded it himself in 1965. Another is the famous and irreverent Sœur Marie-Louise with music by Pierre Dudan, who recorded it in 1953 before Blanche did (’55) and also before the Quatre Barbus (1960)…
It was just at this time that the other Pierre came into the picture, Pierre Dac, who was a kind of “spiritual father-figure” whom Francis had admired for years when he was still young (and to whom he still listened.) The two “humorists” wouldn’t meet until February 1948, when a new radio show called “Le Parti d’en rire” was aired.
Between Blanche and Dac — born on August 15th 1893, the latter was 27 years older than Francis — an unforgettable partnership developed: they sealed themselves into public awareness as “Pierre Dac & Francis Blanche”, as if the name was one word, a trademark. The weird, zany (and rigorous) humour of the first was an admirable match for the blacker, deadpan-but-exuberant humour of the second.
The delirium of their fantasies on radio began on March 6, 1949. The pair launched “Le Parti d’en rire” by reeling off the list of attractions in the show over Ravel’s Boléro… A pianist, Pierre Arnaud de Chassy-Poulay, produced the show, with bizarre musical interludes provided by Gérard Calvi and his quartet. Their wildly funny sketches, phony reportage, unbelievable advertising slogans and totally absurd songs were accompanied by an army of contributors including the “Branquignols” Louis De Funès, Jean Carmet, Roger Lanzac, Lawrence Riessner etc., and a lady named Edith Fontaine, who had actually been Mrs Francis Blanche since 1943, and who would incidentally be the first singer to record Ça tourne pas rond (in 1950).
On October 16, 1949, the show changed its name. It officially became “Faites chauffer la colle” [after the term used when something is broken and hopelessly beyond repair; it means (more or less), “Pass the glue!”] Between February and June 1950 it was followed by “CQFD, ou la Faculté d’en rire”, and then between October 1950 and April 1951 came ”Studio 22”; there was ”Malheur aux Barbus!” after that, a serial broadcast on France Inter, which would in turn be followed later by “Signé Furax”. (The idea for the latter saga spawned in the summer of 1951, when Dac was spending a few days at Francis Blanche’s villa in Eze-Village near Nice.) “Malheur aux Barbus!” began on October 15th but nobody knew then that it would continue until June 19th 1952… after a staggering 213 episodes.
The pair still had their TSF microphones, but they also went on the boards. They were such a resounding success at the Théâtre des Trois Baudets that the owner, Jacques Canetti, trusted Dac entirely when he recommended Francis to him (Blanche having just left the Branquignols troupe.) With their usual accomplices, they launched a revue called “Sans Issue”; its first performance took place on April 22, 1950, and it finished its run (in chaos) on December 21st 1951… exactly 683 performances later! This was the revue that saw the creation of a fabulous sketch (about a fortune-teller) called La Voyante Madame Arnica; it grew and grew with each performance, and finally rose to fame and glory as Sâr Rabindranath Duval.
After the Trois Baudets episode, they presented a new revue at the A.B.C. theatre, “Autre chose” which ran from April Fool’s Day to early July in 1952. The recording of a rehearsal at the A.B.C. gives us the chance to hear dry runs of Psychose toujours (to the strains of Tico Tico, which they used to sing at the Trois Baudets), Le Mot de Billet and, most of all, Le Parti d’en rire. The Quatre Barbus would record these last two songs later.


To the rhythm of songs
Whether on radio, in cabaret, in theatres or in films, songs often accompanied the multiple (and multiform) activities of Francis Blanche. In the Fifties the actor-comic always said yes to commissions that slapped French lyrics over foreign hits… In the popular and commercial field called “Variétés”, there were: Mon rêve m’a dit and L’Etranger au paradis (Stranger in Paradise, with the latter represented here (in a feminized version) by jazz singer June Richmond; Histoire d’un amour (Dalida, in a recording at the Olympia; Les Cloches de Lisbonne, L’Anneau d’or, Elvira and Un petit homme timide. And who remembers that the Frenchwords to La Ballade de Davy Crockett carried Francis’ signature? And whoever would guess that in 1957 it was Francis Blanche who put words to the theme of Federico Fellini’s film “Il Bidone”, whose music was composed as usual by Nino Rota?
French composers sent him their scores too: Alec Siniavine, with Les Dames de la poste, premiered by Juliette Gréco, (sung here by Lucette Raillat); and also Henri Bourtayre, Rolf Marbot or Gilbert Bécaud (Don Quichotte in a version sung by Jean-Claude Pascal). But the best pieces of music that Francis received came from Henri Leca and Gérard Calvi; or at least, their songs lent themselves best to his lyrics when Francis started taking things seriously — did he ever? — in applying his caustic-poetic, dark-dry humour to songs. And here we enter the most “personal” part of his work.
Henri Leca, accompanied by the author, set to music the first “real” caustic, personal song from Francis, an air whose humour was macabre: it was called Ça tourne pas rond. After Mrs Blanche/Edith Fontaine, Odette Laure recorded it in turn in 1953 and made a hit of it. Leca too, this time with pianist Pierre Philippe, wrote the music for Jour de colère, the first song Francis wrote for the Frères Jacques.
As for Gérard Calvi, a member of the Branquignols troupe, he added a good number of tunes and picturesque accompaniments to the songs of Francis Blanche. After writing the songs for a 1953 film from Gilles Grangier — “Faites-moi confiance” had a screenplay written by Francis, and Zappy Max sang the songs — Calvi composed the music for “Ah! Les Belles Bacchantes”, a burlesque revue by Robert Dhéry that was first staged at the Daunou Theatre (from June 1953) before becoming a film that saw Francis Blanche, accompanied on piano by Louis De Funès, breaking into Chanter sous le soleil before it all became a downpour! One of its tastiest parts is still La Léopolda, which the whole troupe performs.


Frères Jacques and Quatre Barbus
These two vocal quartets — they had been cor-nerstones of cabaret in Saint-Germain-des-Prés and elsewhere for years — were to become Francis Blanche’s favourite performers and he wrote songs especially for them (each quartet had its own particular repertoire). The “Barbus” started with Le Barbier de Séville and Le Théorème – Calvi was in on that as well – and Pierre Dac joined in for the famous Pince à linge and Honneur aux barbus, not to mention Le Parti d’en rire that the Four would record later. They followed those with Le Duc de Bordeaux (with Henri Leca) and then later L’Alcool, La Danse Macchab’, L’Âge de raison… In all, there were many musical parodies to which the Quatre Barbus added older songs like Le Mot de Billet and Sœur Marie-Louise.
Concerning the Frères Jacques, it was their pianist Pierre Philippe who put music to the lyrics of Francis Blanche. Their collaboration produced Général à vendre, perhaps the masterpiece that came from Francis Blanche: a text that was humorous, sensitive and Surrealist, no doubt one of the most beautiful French songs; it was masterfully performed by the Frères Jacques, who later immortalized Schubert’s La Truite, a parody whose words were just as amazing. And then came the adventure known as “La Belle Arabelle”, an operetta in which, every evening beginning on October 4th 1956, the Frères Jacques and Francis Blanche found themselves together onstage at the Théâtre de la Porte Saint-Martin. Not all their songs were recorded in a studio3, but one of them, Les Boîtes à musique, remained in their “book” until the end of their career. A last song by Francis, Gros Jean comme devant, later appeared in their concert repertoire.
Francis makes records
Suddenly, Francis Blanche decided to sing his own songs on record. And rightly so, because he could sing. In 1955 he chose eight of them for release on two Super 45 discs under the Vogue label. Accompanied by Gérard Calvi’s ensemble he recorded Général à vendre, Ça tourne pas rond, Sœur Marie-Louise, Le Mot de billet, La Léopolda from “Les Belles Bacchantes”, and that same film’s main theme, to which Francis added lyrics, turning into Ah! Les belles moustaches. He completed those with two unreleased songs: Idylle en forêt (Calvi) and La Fille du gangster (Leca). Keeping the same company, he did it again two years later, this time with a 10”, 33rpm LP including La Pince à linge, Le Complexe de la Truite (which Michèle Arnaud picked up in turn), Le Théorème (not the prank you might imagine, but one of the basic laws of chemistry!) Le Duc de Bordeaux and five new songs draped in tunes that were more or less traditional in style. Note that no other artist picked up any of these unreleased songs. It was a sign that they were the property of their author alone. This was the real Francis Blanche universe.


Furax
At the same time as he was giving all his energy to performances of “La Belle Arabelle” with the Frères Jacques at the Porte Saint-Martin theatre every night, Francis, who’d just received the Grand Prix de l’Humour, was beginning a new radio-serial with Pierre Dac for the station Europe N°1. The programme’s name was “Signé Furax”. The duettists (called Black & White in the serial), would write no fewer than 1034 improbable episodes as daily broadcasts divided into four series; they were diligently followed by an audience of almost everyone in France with a radio-set, between October 1956 and June 1960. The last serial they did would have its ups and downs, sometimes tragic ones, but these wouldn’t efface the imperturbable course of radio history: the first was Pierre Dac’s attempted suicide on January 16th 1960 — he went back to work two months later — and the death of Francis Blanche’s father Louis that April. Francis himself, too busy with his own activities, which were numerous and mostly in films, was rarely present; it made a lot of adaptation necessary, involving all kinds of last-minute acrobatics, and the adventures of Furax had to stop there. It only added to their posthumous fame, because “Signé Furax” remains (probably forever, since the genre has disappeared) the most famous radio series of all time.4
While they were making the fourth series, the Blanche & Duc pair would write “Les Fabuleux méfaits de Furax”, five separate 25-30 minute stories that were released on 45s and distributed by mailorder only. Francis composed and sang the signature tune with a different verse for each episode (the five were put together on a single track for inclusion in this set).


Francis Blanche in darkened theatres
In parallel with his other activities, as early as 1948 Francis Blanche had begun an acting career, sometimes adding the role of screenwriter and even writing the dialogue. The first film he did was “L’Assassin est à l’écoute” (dir. Raoul André), with Pierre Cour, (who sang N’aie pas peur in it), and then in 1951 came a short film directed by Henri Verneuil, “Un curieux cas d’amnésie”, with Pierre Dac. Films were not an aside; Francis filled the silver screen and never abandoned it. In all, he appeared in 120 films of all kinds and descriptions, and he made them often for reasons that had more to do with money than art. Yet his portly silhouette would leave an indelible mark on some popular films that guaranteed his fame posthumously thanks to re-runs on television: “Babette s’en va-t-en guerre” (Christian-Jaque) and “La Jument verte” (Claude Autant-Lara) in 1959; “Les Tontons flingueurs” and “Les Barbouzes” (Georges Lautner) in 1962; “Belle de jour” (Luis Bunuel) in 1967… Most of the many potboilers he made starred Darry Cowl alongside him, a comrade from his days with Pierre Dac at the Trois-Baudets. A few directors managed to make the most of his comic talents, notably Jean-Pierre Mocky (cf. “Snobs” in ’61, “Les Vierges” in ’62 and “La Grande lessive” in ‘68). Francis would only ever make one film himself (as director, but he wrote its songs!), and that was “Tartarin de Tarascon”; released in 1962, hardly anyone went to see it. His last film was “La Grande bouffe” in 1973, which Marco Ferreri directed. Francis didn’t act in it; he wrote all the dialogues.


Francis on the boards
It wasn’t enough to write songs, poems and aphorisms, continue his adventures with Furax on radio, or clown around in films. Francis wanted more than that, and so jumped at the chance of becoming a theatre actor. He played Nero in 1960, in Félicien Marceau’s “L’Etouffe-Chrétien”, alongside Arletty at the Théâtre de la Renaissance. In 1961 he was on the bill at the Théâtre du Palais-Royal, pretending to be “Tartuffe” for Molière opposite actress Madeleine Robinson, and three years later he was in “Les Escargots meurent debout”, a burlesque directed by Jean Le Poulain (who also acted in it) at the Théâtre Fontaine.
None of which stopped Francis from racing over to appear in cabaret once the theatre curtains hadfallen. He appeared at the “Amiral” near the Arc deTriomphe, and also at the Galerie 55 in the rue de Seine where, in 1961, Vogue made a recording of his show, which featured Ça tourne pas rond and a version of Général à vendre that sounds a little forced, plus four songs that hadn’t appeared on record: La Complainte des robinets qui fuient; Mais qu’est-ce que je vais faire du carton à chapeau; Loi sur la répression de l’ivresse publique; and Le Savon des aveugles. All four are representative of the satire in his style. The beginning of the Sixties saw Francis Blanche make his first appearances on television.


Turntables and turns round the track

In 1965, Francis Blanche went into Vogue’s studios with Gérard Calvi and recorded over a dozen new, unusual songs that included La Femme-canon a des chagrins d’amour, Pas d’orchidées pour ma concierge, L’Âge de raison, and J’aurais pas dû! that Pierre Cour had recorded in 1947. Francis also recited his famous Berger in prelude to other poems; the place of poetry in the Blanche opus would become increasingly important. Songs were just one facet of his extraordinary work. This Harlequin wasn’t looking to have a career as a recording-artist — more generally, was there anything he wanted as a career anyway? Songs just provided a good part of his income. You can’t say that he privileged any form of expression in particular; he felt comfortable with everything he tried, and his gifts and bulimic tastes took him everywhere at once. But there was one domain to which he remained loyal, and that was radio. Right from the very beginning — or almost — he was a relentless producer, inventor and presenter of programmes, series and serials. His first hoaxes over the telephone — he invented the genre — went on the air as early as 1954. And in 1967, together with Robert Willar, he launched “Les Kangourous n’ont pas d’arêtes” [”Kangaroos don’t have fishbones”], a programme that marked the history of radio in France, aired every Sunday by Europe N°1.
 
Juddering his way through a palpitating existence was bound to have adverse effects on his ticker, and he was being treated for diabetes (but probably not early enough). In July 1974 he went into a coma while in Dijon. He was transported to Pasteur Hospital in Paris, but died of a seizure. He was just 53. He was buried in the cemetery in Eze, and the inscription on his grave reads: “Let me sleep, it’s what I was made for.” He’d never bothered to believe his own words it would seem.
His great friend Pierre Dac was very affected by his disappearance, declaring: “My sorrow is as great as the affection I had for him. I considered him my spiritual son. He was a wonderful poet. Underneath his deliberate cynicism he hid a heart that was too big… There were many people around him, but he only confided in sure friends.” Pierre Dac was to die just a few months later, on February 9th 1975.


Who was Francis Blanche?
People thought he was a cynic, but it was only his way of (awkwardly?) masking his sensibilities. Pierre Dac was well placed to talk about it, because Francis Blanche remained a faithful friend until the end. When Pierre Dac almost put an end to his own life, Francis would speak to him over the telephone every day, and then he invited him to rest and recover his strength at his home in Eze-Village. And when Dac re-launched L’Os à Moelle in 1964, Francis was naturally there to help.

“I have an infinite love for this disconcerting character because I have a weakness for people who can hide their heart so well that sometimes you wonder if they even have one.” When Pierre-Jean Vaillard wrote that portrait of Francis Blanche, that one phrase said it all… or as much as needed to be said. Francis Blanche was the comedy of excess, sometimes to the detriment of the spectator.

“There’s no secret or miracle recipe,” wrote his son Jean-Marie. “Francis Blanche simply lived an incredible number of simultaneous lives. Like those illustrious figures who are too rich to lock their energy and talent away inside a single discipline, a single activity, Francis Blanche was by turns a humorist, actor, novelist, playwright, presenter, singer, poet, hoaxer, lyricist, screenwriter, producer, cabaret singer… he had so many strings to his bow that people took him for a harp! Francis Blanche was (…) a workaholic, a Stakhanovite whose work was humour. In the morning he wrote skits, and by early afternoon he was shooting a film; he presented an early evening radio show, went to the theatre to go onstage, and then wrote again at night, coming full circle (…) Nothing seemed capable of exhausting this talent that easily spilled over from his professional life to cover his entire existence. He lived his life like a perpetual show, one continuous improvisation. He excelled in tracking down the comic and absurd in any situation; and if the conditions for laughter weren’t there, he’d build them from scratch without a second thought.”

“You can’t amuse others unless you have fun yourself.” 5 He brought it all on his own head…

Jean BUZELIN and Marc MONNERAYE

Adapted into English by Martin DAVIES
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2016

Notes :

1) At the time, Trenet was appearing at the Théâtre de l’Avenue, the A.B.C., the Gaîté Montparnasse, the Bœuf sur le Toit and other theatres. Blanche had great admiration for him, and Trenet’s own poems had an influence on Dac’s writing.
2) Daniel Nevers, The Complete Charles Trenet, Vol.4 (FA 084).
3) The complete songs of the Frères Jacques recorded by RDF/French Radio in 1957 are available in the set Les Frères Jacques, les premiers récitals (FA 5289); the Berceuse included here comes from a rare record that was not a commercial release.
4) Those who understand French can still listen to “Signé Furax”: the series is contained in 4 sets, each containing
15 CDs, released by the label EPM. Pierre Arnaud de Chassy-Poulay himself put the whole thing together, of course.
5) Francis Blanche talking to Jacques Chancel on radio France Inter.

CD 1 : Francis chante Blanche

FRANCIS BLANCHE
1. Général à vendre (F. Blanche - P. Philippe)
2. La Léopolda (F. Blanche - G. Calvi)
3. Idylle en forêt (F. Blanche - G. Calvi)
4. La Fille du gangster (F. Blanche - H. Leca)
5. Ah ! Les belles moustaches (F. Blanche - G. Calvi)
6. Ça tourne pas rond (F. Blanche - F. Blanche/H. Leca)
7. Sœur Marie-Louise (F. Blanche - P. Dudan)
8. Le Mot de billet (F. Blanche - F. Blanche)
Orchestre Gérard Calvi
1955
Vogue EPL 7164 (1-4) & 7170 (5-8)
9. La Pince à linge (P. Dac/F. Blanche - L. v. Beethoven)
10. Le Complexe de la Truite (F. Blanche - F. Schubert)
11. Le Chêne et la tortue (F. Blanche, d’après J. de La Fontaine - G. Calvi)
12. Le Théorème (Richter/Berzélius - F. Blanche/G. Calvi)
13. Il y avait un cavalier (F. Blanche - Trad./F. Blanche)
14. Le Cid (P. Corneille/F. Blanche - Trad./F. Blanche)
15. Nous n’irons plus au bois (F. Blanche, d’après folklore - G. Calvi)
16. Note du propriétaire (F. Blanche - F. Blanche/G. Calvi)
17. Le Duc de Bordeaux (F. Blanche - Trad./H. Leca)
Orchestre Gérard Calvi
1956 (9-10), 1957 (11-17)
Vogue LD 320
18. La Complainte de Furax (F. Blanche - F. Blanche)
Acc. d’accordéon
Début 1960
Les Éditions du Cap #1, 2, 3, 4, 5 © EPM
À LA GALERIE
19. La Complainte des robinets qui fuient (F. Blanche - F. Blanche)
20. Mais qu’est-ce que je vais faire du carton à chapeau ? (F. Blanche - F. Blanche)
21. Loi sur la répression de l’ivresse publique (F. Blanche - M. Emer)
22. Le Savon des aveugles (F. Blanche - F. Blanche)
Acc. piano Georges Durban, contrebasse François Rabbath
La Galerie 55, fin 1961
Vogue LD 541

B.O. du film AH ! LES BELLES BACCHANTES
(F. Blanche - G. Calvi)
CHŒUR DES BRANQUIGNOLS
23. La Léopolda
Huit chanteurs dont Jacques Legras, Roger Caccia, Louis de Funès
FRANCIS BLANCHE
24. Chanter sous le soleil
Acc. piano et chant Louis de Funès
Orchestre Gérard Calvi
1954
Bande originale du film


CD 2 Ils chantent Francis


LES FRÈRES JACQUES
1. Général à vendre (F. Blanche - P. Philippe)
Pierre Philippe et son ensemble
30 avril 1954
Polydor 530 030 / 576 014    
2. Le Complexe de la Truite (F. Blanche - F. Schubert/arr. P. Philippe)
Au piano Pierre Philippe
Comédie des Champs-Élysées, 3-4-5 juin 1955
Philips 77 303

PIERRE DUDAN
3. Sœur Marie-Louise (F. Blanche - P. Dudan)
acc. par Emil Stern et son quintette
(P) février 1953
Festival FLD 10

ODETTE LAURE
4. Ça tourne pas rond (F. Blanche - F. Blanche/H. Leca)
Orchestre dir. Raymond Legrand
10 juin 1953
Pathé PA 3008 (CPT 9815-21)

LES 4 BARBUS
5. Ouverture du Barbier de Séville (F. Blanche - G. Rossini/arr. J. Tritsch)
6. Fantaisie pédagogique : Le Théorème (Richter/Berzélius/F. Blanche - G. Calvi)
Acc. de piano
Février 1953
Philips 76 021
7. La Pince à linge (P. Dac/F. Blanche - L. v. Beethoven/arr. J. Tritsch)
Acc. de piano
1954
Philips 432 026

LA BELLE ARABELLE
(M. Cab/F. Blanche - G. Lafarge/P. Philippe)
LES FRÈRES JACQUES
8. La Colle au pinceau
9. Berceuse (Petite amie sauvée des eaux)
10. La Belle Arabelle
André Popp et son orchestre (8 & 10)
6 novembre 1956
Philips 432 138
Roger Roger, sa musique et on orchestre (9)
Début 1957
The French broadcasting system in North-America, Paris Star Time program
CATHERINE MAISSE
11. Au fil de l’eau
Orchestre André Grassi
Fin 1956
RCA 76 048
LES FRÈRES JACQUES
12. J’emmène les gendarmes
13. Les Barons de Ballancourt
14. Les Boîtes à musique
André Popp et son orchestre
6 novembre 1956
Philips 432 138

MICHÈLE ARNAUD
15. La Truite (de Schubert) (F. Blanche - F. Schubert)
Au piano Jacqies Lasry
Fin 1956
Ducretet-Thomson 760 V 083

LES 4 BARBUS
16. Honneur aux barbus (P. Dac/F. Blanche - G. Rossini/arr. J. Tritsch)
17. Le Duc de Bordeaux (F. Blanche - Trad./arr. H. Leca)
Acc. de piano
1956
Philips 432 086
18. Le Parti d’en rire (P. Dac/F. Blanche - M. Ravel)
André Grassi et son ensemble
1962
Philips 432 588
19. Sœur Marie-Louise (F. Blanche - P. Dudan)
Acc. de piano
À Lausanne (Suisse) Théâtre des Faux-Nez, janvier 1960
Philips (Canada) 76 507
20. Le Mot de billet (F. Blanche - F. Blanche/arr. J. Tritsch)
Acc. de piano
“À la Mouff“, Théâtre Mouffetard, 1960
Philips 76 495

LE RÉGISSEUR ALBERT (PIERRE COUR)
21. J’aurais pas dû ! (F. Blanche - F. Blanche/H. Leca)
22. Hey ! Ba-ba Re-bop (L. Hampton/C. Hamner - arr. spécial P. Cour/F. Blanche)
Avec Henri Leca et son orchestre
29 octobre 1947
Polydor 560 036 (0.035-3 & 0.037-2 ACP)
PIERRE DAC ET FRANCIS BLANCHE
23. Le Parti d’en rire (P. Dac/F. Blanche - M. Ravel)
Au piano, prob. Pierre Arnaud de Chassy-Poulay
Théâtre de l’ABC, 1950
24. Psychose toujours (P. Dac/F. Blanche - Z. de Abreu)
Au piano Pierre Arnaud de Chassy-Poulay
Aux Trois Baudets, 1950
Coll. Jacques Pessis

CD 3 Chansons pour les autres

CHARLES TRENET
1. Sur le fil (F. Blanche - C. Trenet/J. Solar)
Acc. d’orchestre, dir. Léo Chauliac
19 mai 1942
Columbia DF-2901 (CL 7613-1)
2. Débit de l’eau, débit de laitdu film “La Cavalcade des heures” (F. Blanche/C. Trenet - C. Trenet)
Acc. d’orchestre, dir. Léo Chauliac
26 juillet 1943
Columbia BF 61 (CL 7814-1)

JEAN SOLAR
3. Y a du swing au village (F. Blanche - J. Solar)
Orchestre Jacques Météhen
11 février 1942
Gramophone K 8571 (OLA 3708-1)

LYS GAUTY
4. La Chanson que je chante (F. Blanche/G. Groëner - A. Delmont/J. Ledru)
5. Crépuscule (F. Blanche - D. Reinhardt)
Orchestre dir. Marius Coste
12 mars 1943
Columbia BF 51 & BF 50 (CL 7720-1 & 7721-1)

GUY BERRY
6. Fleur d’ennui (F. Blanche - D. Reinhardt)
Orchestre Marius Coste
13 janvier 1944
Pathé PA 2193 (CPT 5790)

FRED HÉBERT
7. Au hasard (F. Blanche - Theven)
Orchestre Félix Chardon
11 mai 1943
Odéon 281.578 (Ki 9486)

IRÈNE DE TRÉBERT
8. Stop ! (F. Blanche - A. Barelli)
Acc. par l’orchestre Raymond Legrand
20 avril 1944
Columbia pressage-test (CL 7927-1)

ALIX COMBELLE
9. Ça s’ fait pas (F. Blanche - A. Combelle)
Et son orchestre
9 septembre 1943
Swing 181 (OSW 373-1)

JOHNNY HESS
10. 1, 2, 3, 4, 5 (la cartomancienne) (F. Blanche - J. Hess)
S’accompagnant lui-même au piano
À Lausanne, 25 mai 1946
Radio Suisse Romande

YVETTE GIRAUD
11. Madame Spitmaker (F. Blanche - H. Leca)
Orchestre Jacques-Henry Rys
8 mars 1948
Gramophone (La Voix de son Maître) K 8860 (OLA 5228-1)

LISETTE JAMBEL
12. Je, tu, il… Valse (F. Blanche/L. Poterat - Y. Allain)
Orchestre dir. Marius Coste
17 décembre 1947
Pathé PA 2466 (CPT 6625-1)
JACQUELINE FRANÇOIS
13. À Noël (F. Blanche - H. Leca)
Orchestre Paul Durand
2 novembre 1949
Polydor 560.157 (0674-2 ACP)

CORA VAUCAIRE
14. Le Prisonnier de la tour (F. Blanche - F. Blanche/G. Calvi)
Freddy Alberti, sa harpe et son ensemble
Juin 1949
Pacific 3364 (AI 1124-2)

JACQUES PILLS
15. Vide ton sac (F. Blanche - F. Blanche/H. Leca)
Orchestre et arr. Robert Chauvigny
4 septembre 1952
Columbia BF 509 (CL 9249-1)

LES FRÈRES JACQUES
16. Jour de colère (F. Blanche - H. Leca/P. Philippe)
Au piano Pierre Philippe
30 janvier 1953
Polydor 560 434 / 530 022 (2450-4 ACP)

ZAPPY MAX
17. Faites-moi confiance du film “Faites-moi confiance” (F. Blanche/Zappy Max - G. Calvi)
Orchestre Gérard Calvi
Février 1954
Festival RA 545 (FA 1164)

LUCETTE RAILLAT
18. Les Dames de la poste (F. Blanche - A. Siniavine)
Orchestre Jean-Michel Defaye
1957
Polydor 20 747

LINE MONTY
19. Élisa (F. Blanche - H. Verdun)
Orchestre Pierre Guillermin
22 février 1956
Pathé EG 226

JEAN-CLAUDE PASCAL
20. Don Quichotte (F. Blanche - G. Bécaud)
Pierre Spiers et sa formation
1957
La Voix de son Maître EGF 310

LES FRÈRES JACQUES
21. Gros Jean comme devant (F. Blanche - P. Philippe)
Au piano Pierre Philippe
Comédie des Champs-Élysées, 23 octobre 1958
Philips 77 317

COLETTE RENARD
22. Faux pas (F. Blanche - D. Cowl)
Acc. par Raymond Legrand et son orchestre
1958
Vogue EPL 7.576

RITA CADILLAC
23. Ne comptez pas sur moi… (pour me montrer toute nue) (F. Blanche/R. Dhéry - G. Calvi)
Acc. par Hubert Degex et son orchestre
1959
Vogue EPL 7.685

MAURICE CHEVALIER
24. Contre l’amour y a rien à faire (F. Blanche - F. Blanche)
Acc. et arr. Raymond Lefèvre et Paul Mauriat
Mars 1962
Barclay 80 176
CD 4 Sur des airs populaires

TOHAMA
1. On chante dans mon quartier (F. Blanche - R. Marbot)
Acc. par l’orchestre Émile Deltour
Été 1946
Decca (Bruxelles) 8134 (F 1605)
JACQUES HÉLIAN
2. Le Gros Bill (F. Blanche - Trad./arr. R. Marbot)
Et son orchestre, chant : Jo Charrier, Zappy Max
20 mars 1946
Columbia DF 3093 (CL 8105-1)
RENÉE LEBAS
3. Loin dans l’ombre du passé (F. Blanche - J. Kern)
Orchestre non précisé
1944
His Master’s Voice (Suisse) JK 518 (OZA 1338)
TINO ROSSI
4. Chanson aux nuages du film “Sérénade aux nuages” (F. Blanche - F. Lopez)
Orchestre Marius Coste
11 octobre 1945
Columbia LF 1499 (CL 8063-2)
MARIE-JOSÉ
5. Besame Mucho (F. Blanche - C. Velasquez)
Orchestre Richard Blareau
25 avril 1945
Odéon 28 164 B (Ki 9652)
ROLAND GERBEAU
6. La Chanson du bonheur (F. Blanche - A. Lara)
Avec Eddie Warner et son orchestre
Vers novembre 1946 (P) 1947
Sofradi S 1322 (S 2.472)
JEAN SABLON
7. Rhum et Coca Cola (F. Blanche - J. Sullivan/P. Baron)
Orchestre dir. Paul Baron
18 mai 1946
Gramophone (La Voix de son Maître) SG 219 (OLA 4597-1)

VICTORIA MARINO
8. Frénésie (F. Blanche - A. Dominguez)
Orchestre Marius Coste
21 juin 1945
Pathé PA 2205 (CPT 5647-1)

BRUNO CLAIR
9. Maison dans la plaine (F. Blanche - Trad./arr. R. Marbot)
Orchestre dir. Marius Coste
2 mai 1946
Pathé PD 55 (CPT 6073-1)

LES BASS’ HARMONISTES
10. Plaine, ma plaine (F. Blanche - L. Knipper)
Orchestre Paul Durand
1958
Polydor 20847

JACQUES HÉLIAN
11. La Nuit, je rêve (F. Blanche - V. Mizzy)
Et son orchestre, chant : Jo Charrier, Francine Claudel
21 janvier 1947
Columbia DF 3164 (CL 8326-1)

ROSE MANIA
12. Mister Paganini (F. Blanche - S. Coslow)
Henri Leca et son orchestre
9 mars 1948
Polydor 590 208 (ACP 143-2)

JEAN SABLON
13. Noël blanc (F. Blanche - I. Berlin)
Orchestre Paul Baron
13 novembre 1949
La Voix de son Maître SG 186 (OLA 5659-1)
LISETTE JAMBEL
14. Vive le vent !
Sur les motifs de “Jingle Bells” (F. Blanche - Trad./arr. R. Marbot)
Orchestre dir. Marius Coste
25 octobre 1948
Pathé PA 2584 (CPT 6923-1)

LES PINSONS “Joyeux Cow Boys“
15. Le Dindon digne “Yankee Doodle” (F. Blanche - Trad./arr. R. Marbot)
Avec le Crazy Horse Trio
2 août 1951
Philips N 72 027 (1531-2 ACP)

EDDIE CONSTANTINE
16. Mon rêve m’a dit (F. Blanche - J. Davis)
Orchestre Herman Garst
1954
Mercury (Barclay) 14048

LUCIENNE DELYLE
17. L’Anneau d’or (F. Blanche - J.F. Taylor)
Orchestre dir. Aimé Barelli
1956
Pathé 45 G 1220

SERGE SINGER
18. La Ballade de Davy Crockett
du film “Davy Crockett, roi des trappeurs” (F. Blanche - G. Bruns)
Avec le Trio Cluny
1956
RCA 75092

JUNE RICHMOND
19. L’Étrangère au paradis de la production musicale “Kismet“
(F. Blanche - R. Wright/G. Forrest, sur des thèmes de A. Borodine)
Jo Boyer et son orchestre
1956
Barclay 70019

ROBERT RIPA
20. Le Bidon du film “Il Bidone” (F. Blanche - N. Rota)
Acc. non identifié
1957
Vogue LD.310

PATACHOU
21. Un petit homme timide (F. Blanche - P. Schisa)
Avec Joss Baselli et son orchestre
1957
Philips N 76.097

HENRI DECKER (alias UNICO MULTI)
22. Les Cloches de Lisbonne (F. Blanche - F. Valerio/J. Bastos)
Avec André Popp et son orchestre
Vers novembre 1959
Fontana 460 669

DALIDA
23. Histoire d’un amour (F. Blanche - C.E. Almaran)
Orchestre de l’Olympia
Olympia, 14 mai 1959
Europe 1 (non numéroté)

B.O. du film TARTARIN DE TARASCON
24. Générique / Les Chasseurs de casquettes (F. Blanche - J. Leccia)
Chœur non identifié
1962
Ricordi 45 S 240


« J’ai rêvé ma vie les yeux grands ouverts, me suis réveillé quand c’était l’hiver (…) Faites-moi plaisir commencez sans moi, laissez-moi dormir… j’étais fait pour ça… »    Francis BLANCHE
Poète, humoriste, comédien, farceur et auteur de centaines de chansons, Francis Blanche fut un infatigable jongleur de bons mots à la verve comique inépuisable. Jean Buzelin et Marc Monneraye ont extrait le meilleur de l’œuvre chansonnière de ce touche-à-tout de génie.     
Patrick FRÉMEAUX


“I dreamed my life with my eyes wide open, waking up when winter came (…) Do me the pleasure of starting without me, and let me sleep… It’s what I was made for.”     
Francis BLANCHE

Poet and actor, comedian and prankster, Francis Blanche also wrote hundreds of songs in which he wrestled puns with humour and catchwords with indefatigable verve. In this anthology Jean Buzelin and Marc Monneraye have extracted the essence from the song‑writing of this genius-of-all-trades.    
Patrick FRÉMEAUX

CD 1 - Francis chante Blanche : FRANCIS BLANCHE • 1. Général à vendre 5’06 • 2. La Léopolda 2’11 • 3. Idylle en forêt 3’29 • 4. La Fille du gangster 3’11 • 5. Ah ! Les belles moustaches 4’28 • 6. Ça tourne pas rond 2’57 • 7. Sœur Marie-Louise 2’31 • 8. Le Mot de billet 3’55 • 9. La Pince à linge 3’48 • 10. Le Complexe de la Truite 4’22 • 11. Le Chêne et la tortue 2’55 • 12. Le Théorème 1’25 • 13. Il y avait un cavalier 1’56 • 14. Le Cid 1’20 •
15. Nous n’irons plus au bois 1’47 • 16. Note du propriétaire 1’05 • 17. Le Duc de Bordeaux 2’45 • 18. La Complainte de Furax 3’08 • FRANCIS BLANCHE “à la Galerie“ • 19. La Complainte des robinets qui fuient 2’27 • 20. Mais qu’est-ce que je vais faire du carton à chapeau ? 2’52 • 21. Loi sur la répression de l’ivresse publique 1’54 • 22. Le Savon des aveugles 1’26 • AH ! LES BELLES BACCHANTES (film) • 23. La Léopolda 2’00 • 24. Chanter sous le soleil 4’07.
CD 2 - Ils chantent Francis : LES FRÈRES JACQUES • 1. Général à vendre 5’02 • 2. Le Complexe de la Truite 4’54 • PIERRE DUDAN • 3. Sœur Marie-Louise 2’12 • ODETTE LAURE • 4. Ça tourne pas rond 2’54 • LES 4 BARBUS • 5. Ouverture du Barbier de Séville 2’41 • 6. Le Théorème 1’17 • 7. La Pince à linge 4’53 • LA BELLE ARABELLE • LES FRÈRES JACQUES • 8. La Colle au pinceau 1’51 • 9. Berceuse 2’54 • 10. La Belle Arabelle 2’21 • CATHERINE MAISSE • 11. Au fil de l’eau 2’58 • LES FRÈRES JACQUES • 12. J’emmène les gendarmes 2’17 • 13. Les Barons de Ballancourt 3’08 • 14. Les Boîtes à musique 2’59 • MICHÈLE ARNAUD • 15. La Truite 3’23 • LES 4 BARBUS • 16. Honneur aux barbus 2’10 • 17. Le Duc de Bordeaux 3’00 • 18. Le Parti d’en rire 2’56 • 19. Sœur Marie-Louise 3’37 • 20. Le Mot de billet 4’09 • PIERRE COUR • 21. J’aurais pas dû ! 2’46 • 22. Hey : Ba-ba re bop ! 3’37 • PIERRE DAC & FRANCIS BLANCHE • 23. Le Parti d’en rire 3’42 • 24. Psychose toujours 3’46.
CD 3 - Chansons pour les autres : CHARLES TRENET • 1. Sur le fil 2’27 • 2. Débit de l’eau, débit de lait 2’30 • JEAN SOLAR • 3. Y a du swing au village 2’30 • LYS GAUTY • 4. La Chanson que je chante 2’22 • 5. Crépuscule 3’25 • GUY BERRY • 6. Fleur d’ennui 3’09 • FRED HÉBERT • 7. Au hasard 3’09 • IRÈNE de TRÉBERT/RAYMOND LEGRAND • 8. Stop ! 2’36 • ALIX COMBELLE • 9. Ça s’ fait pas 2’47 • JOHNNY HESS • 10. 1, 2, 3, 4, 5 1’18 • YVETTE GIRAUD • 11. Madame Spitmaker 3’19 • LISETTE JAMBEL • 12. Je, tu, il… 3’01 • JACQUELINE FRANÇOIS • 13. À Noël 2’40 • CORA VAUCAIRE • 14. Le Prisonnier de la tour 2’59 • JACQUES PILLS • 15. Vide ton sac 2’40 • LES FRÈRES JACQUES • 16. Jour de colère 4’11 • ZAPPY MAX • 17. Faites-moi confiance 2’42 • LUCETTE RAILLAT • 18. Les Dames de la poste 3’38 • LINE MONTY • 19. Élisa 2’42 • JEAN-CLAUDE PASCAL • 20. Don Quichotte 3’22 • LES FRÈRES JACQUES • 21. Gros Jean comme devant 4’59 • COLETTE RENARD • 22. Faux-pas 2’30 • RITA CADILLAC • 23. Ne comptez pas sur moi pour me montrer toute nue 2’21 • MAURICE CHEVALIER • 24. Contre l’amour y a rien à faire 2’14.
CD 4 - Sur des airs populaires : TOHAMA • 1. On chante dans mon quartier 3’14 • JACQUES HÉLIAN • 2. Le Gros Bill 3’07 • RENÉE LEBAS • 3. Loin dans l’ombre du passé 3’08 • TINO ROSSI • 4. Chanson aux nuages 3’09 • MARIE-JOSÉ • 5. Besame Mucho 2’55 • ROLAND GERBEAU • 6. La Chanson du bonheur 2’45 • JEAN SABLON • 7. Rhum & Coca Cola 3’13 • VICTORIA MARINO • 8. Frénésie 3’21 • BRUNO CLAIR • 9. Maison dans la plaine 3’00 • LES BASS’ HARMONISTES • 10. Plaine, ma plaine 2’55 • JACQUES HÉLIAN • 11. La Nuit je rêve 2’44 • ROSE MANIA • 12. Mister Paganini 2’53 • JEAN SABLON • 13. Noël blanc 3’00 • LISETTE JAMBEL • 14. Vive le vent 2’49 • LES PINSONS • 15. Le Dindon digne 2’17 • EDDIE CONSTANTINE • 16. Mon rêve m’a dit 2’54 • LUCIENNE DELYLE • 17. L’Anneau d’or 2’21 • SERGE SINGER • 18. Ballade de Davy Crockett 2’23 • JUNE RICHMOND • 19. Étrangère au paradis 3’36 • ROBERT RIPA • 20. Le Bidon 3’15 • PATACHOU • 21. Un petit homme timide 2’51 • HENRI DECKER • 22. Les Cloches de Lisbonne 3’04 • DALIDA • 23. Histoire d’un amour 2’52 • TARTARIN DE TARASCON (film) • 24. Générique/Les Chasseurs de casquettes 2’50.





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Général à vendre05'07
02 La Léopolda02'12
03 Idylle en forêt03'30
04 La fille du gangster03'12
05 Ah ! Les belles moustaches04'30
06 Ca tourne pas rond02'59
07 Soeur Marie-Louise02'33
08 Le mot de billet03'56
09 La pince à linge03'50
10 Le complexe de la truite04'24
11 Le chêne et la tortue02'57
12 Le théorème01'27
13 Il y avait un cavalier01'57
14 Le Cid01'21
15 Nous n'irons plus au bois01'49
16 Note du propriétaire01'06
17 Le duc de Bordeaux02'46
18 La complainte de Furax03'09
19 La complainte des robinets qui fuient02'26
20 Mais qu'est-ce que je vais faire du carton à chapeau ?02'52
21 Loi sur la répression de l'ivresse publique01'34
22 Le savon des aveugles01'29
23 La Léopolda02'01
24 Chanter sous le soleil04'06
CD 2
01 Général à vendre05'04
02 Le complexe de la truite04'55
03 Soeur Marie-Louise02'14
04 Ca tourne pas rond02'55
05 Ouverture du Barbier de Séville02'43
06 Le théoreme01'18
07 La pince à linge04'55
08 La colle au pinceau01'53
09 Berceuse02'52
10 La belle Arabelle02'22
11 Au fil de l'eau03'00
12 J'emmène les gendarmes02'18
13 Les barons de Ballancourt03'09
14 Les boites à musique03'01
15 La truite03'24
16 Honneur aux barbus02'12
17 Le duc de Bordeaux03'01
18 Le parti d'en rire02'58
19 Soeur Marie-Louise03'37
20 Le mot de Billet04'10
21 J'aurais pas du02'48
22 Hey: ba-ba re bop03'39
23 Le parti d'en rire03'42
24 Psychose toujours03'45
CD 3
01 Sur le fil02'28
02 Débit de l'eau, débit de lait02'31
03 Y a du swing au village02'32
04 La chanson que je chante02'24
05 Crépuscule03'27
06 Fleur d'ennui03'11
07 Au hasard03'11
08 Stop02'37
09 Ca s'fait pas02'48
10 1, 2, 3, 4, 501'19
11 Madame Spitmaker03'20
12 Je, tu, il03'03
13 A Noël02'42
14 Le prisonnier de la tour03'01
15 Vide ton sac02'46
16 Jour de colère04'12
17 Faites-moi confiance02'48
18 Les dames de la poste03'40
19 Elisa02'43
20 Don Quichotte03'23
21 Gros-Jean comme devant05'00
22 Faux-pas02'31
23 Ne comptez pas sur moi pour me montrer toute nue02'23
24 Contre l'amour y a rien a faire02'13
CD 4
01 On chante dans mon quartier03'16
02 Le gros Bill03'09
03 Loin dans l'ombre du passé03'10
04 Chanson aux nuages03'10
05 Besame Mucho02'57
06 La chanson du bonheur02'46
07 Rhum Coca-Cola03'15
08 Frénésie03'23
09 Maison dans la plaine03'02
10 Plaine, ma plaine02'57
11 La nuit, je rêve02'46
12 Mister Paganini02'55
13 Noël blanc03'02
14 Vive le vent02'50
15 Le dindon digne02'18
16 Mon rêve m'a dit02'56
17 L'anneau d'or02'22
18 Ballade de Davy Crockett02'25
19 Etrangère au paradis03'38
20 Le bidon03'17
21 Un petit homme timide02'52
22 Les cloches de Lisbonne03'06
23 Histoire d'un amour02'54
24 Tartarin de Tarascon02'49
« Un coffret magnifique » Chant…Songs

« Auteur, humoriste, comédien, chanteur… Que n’a pas fait Francis Blanche ? Un coffret magnifique nous permet de retrouver le créateur de chansons savoureuses servi par ses propres interprétations et par une belle brochette d’artistes. Francis Blanche chante et fait chanter... c’est en quatre CD une plongée passionnante dans l’univers d’un auteur qui fit chanter son monde durant quatre décennies avec des couplets ironiques, décalés. L’homme qui était  un adolescent timide quand il alla féliciter Pierre Dac après l’avoir découvert sur scène, devint dès 1947 le chansonnier le plus jeune de Paris. Un autre record précoce pour celui qui était le plus jeune bachelier de Paris. Ensuite, malgré le tabac qu’il connut à la radio, ses succès au cinéma, sur les planches, à la télévision,  Francis Blanche, un suractif maladif,  ne cessa de composer des fables-expresses et des chansons à l’écriture savoureuse. On le mesure ici avec des textes comme Général  à vendre, Sœur Marie-Louise ou La Fille du gangster. Entre autres… L’autre atout du coffret, c’est de regrouper les nombreux interprètes de Francis Blanche, des Frères Jacques bien sûr, aux 4 Barbus, sans oublier des princes du music-hall, tels que Charles Trenet (Sur le fil) et Maurice Chevalier (Contre l’amour y a rien à faire). Grâce à plusieurs versions, on mesure aussi toute l’ambiguïté dont Francis Blanche aimait jouer dans ses écrits. C’est particulièrement visible dans le classique  La Truite de Schubert. Un être imprévisible, insaisissable et un bourreau de travail ainsi décrit par son fils qui était aux premières loges  pour jauger cet artiste survitaminé: « Francis Blanche menait son existence comme un spectacle perpétuel, une continuelle improvisation. Il excellait à traquer le comique et l’absurde de chaque situation, n’hésitant pas à créer de toutes pièces les conditions du rire lorsque celles-ci venaient à manquer. » Les amoureux des délires et des bons mots ne bouderont pas leur plaisir à l’écoute de cette somme sur le parcours musical de Francis Blanche. »

Par François CARDINALI – CHANT… SONGS





« Une généreuse sélection ! » par Jukebox Magazine

Né le 20 juillet 1921 à Paris, Francis Blanche, à l’image de son père et son grand-père, comédiens, est attiré par le spectacle. Il débute en 1938 comme chansonnier. Récitant ses fables-express, il se produit en première partie de Charles Trenet (1942) pour qui il écrit « Sur Le Fil » puis « Débit De L’Eau, Débit De Lait ». Il place des paroles sur des musiques de Django Reinhardt, « Crépuscule » et «  Fleur D’ennui » chantés par Lys Gauty et Guy Berry. Il signe « Stop ! » (Raymond Legrand), « Au Hasard » (Fred Hébert), « Ça S’Fait Pas » (Alix Combelle)… Il adapte des succès étrangers, « Besame Mucho » (Marie-José), « Frénésie » (Jacques Hélian, Victoria Marino), « Long Ago And Far Away » («  Loin Dans L’Ombre Du Passé », Renée Lebas), « Rhum Et Coca-Cola » (Jean Sablon), « You Belong To My Heart » (« La Chanson Du Bonheur », Roland Gerbeau), « White Christmas » (« Noël Blanc », Jean Sablon), « Polly Wolly Doodle » (« Le Gros Bill », Jacques Hélian, « Jingle Bells » (« Vive Le Vent », Lisette Jambel), « Yankee Doodle » («  Le Dindon Digne », les Pinsons/Joyeux Cow-boys),  « Davy Crockett » (« La Ballade De Davy Crockett », Serge Singer, « Stranger in Paradise » (L’Etrangère Au Paradis », June Richmond), etc. Il collabore avec les compositeurs Henri Leca, Gérard Calvi, Francis Lopez, etc. Ses œuvres sont interprétées par Rita Cadillac (« Ne Comptez Par Sur Moi Pour Me Montrer Toute Nue »), les Compagnons de la Chanson, Pierre Dudan, Edith Fontaine (qu’il épouse en 1943), Jacqueline François, les Frères Jacques (« La Truite », « La Pince A Linge »), Yvette Giraud,  Georges Guétary, Gloria Lasso, Luis Mariano, Dario Moreno, Edith Piaf, 4 Barbus, Tino Rossi, Cora Vaucaire, etc. Francis Blanche poursuit d’autres activités au théâtre (avec les Branquignols dont Louis de Funès est pianiste), au cinéma, à la radio (mis en ondes par Pierre Arnaud de Chassy-Poulay) ou au cabaret. Il se lie avec Pierre Dac (1893-1975) qu’il admire depuis longtemps (on se souvient de leur feuilleton radio « Signé Furax » ou du célèbre sketch « Sâr Rabindranath Duval ») ; En 1955, Il enregistre ses chansons dont « Ça Tourne Pas Rond » (créé par Edith Fontaine, popularisé par Odette Laure), « Général A Vendre », etc. En 1957, sortent ses versions de « La Pince A Linge », « Le Complexe De La Truite »… Francis Blanche meurt le 6 juillet 1974 à Paris. On retrouve ses titres, par lui ou par d’autres, dans cette généreuse sélection (4 Cd, 96 plages, livret 36p. français-anglais par Jean Buzin et Marc Monneraye).
Par Jean-William THOURY – JUKEBOX MAGAZINE




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