BENOIT BLUE BOY EN AMERIQUE


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Trophée artiste Français du blues en 1998.
Harmoniciste de blues - Trophée 1999
Play list TSF

Benoît Blue Boy est notre bluesman national, couvert de prix (Trophée artiste français de blues de l’année en 98 / Harmoniciste blues de l’année en 99 - Trophée Europe), à l’œuvre discographique déjà impressionnante dont les deux magnifiques disques sur le catalogue La Lichère (Parlez-vous français et Plus tard dans la soirée). Au cours de l’été 2000, Benoît Blue Boy part aux Etats-Unis d’Amérique et plus exactement à Austin, Texas, creuset des musiques américaines, blues, rythm’n blues, mexicaines, cajuns, country, western swing, soul... Les musiques d’une Amérique profonde, populaire et métissée, d’une Amérique latino, black et acadienne... Et là, Benoît réunit la crème des musiciens du Golfe du Mexique dans l’esprit et les conditions d’un orchestre intégré des années 60, où la découverte des gisements de pétrole en mer allait rassembler à Port Arthur (frontière du Texas et de la Louisiane) des cajuns, des mexicains, des américains qui tous les soirs allaient danser et écouter les orchestres favoris arrivés de New Orleans, Houston, San Antonio... Les labels La Lichère et Frémeaux & Associés sont très fiers de vous raconter au travers de ces 13 titres et dans un livret de 24 pages illustré de nombreuses photos, l’histoire de Benoît Blue Boy en Amérique.
Denis Leblond & Patrick Frémeaux

Benoît Blue Boy vocal & harmonicas - “Unk” John Turner & Duke Anthony batterie - Hector “l’Arana” Watt & Randy Garibay guitare - Mark Goodwin piano, orgue - Pierre “Pitou” Pellegrin & J.J. Barrera & Jack Barber basse - Don Leady guitare et accordéon - The West Side Horns : Eraclo “Rocky” Morales tenor sax - Adalberto “Al” Gomez Jr trompette

Droits audio : La Lichère - Frémeaux & Associés / Cessionnaire : Groupe Frémeaux Colombini SAS
Benoit Blue Boy

Benoit Blue Boy en Amérique
"GARE TA VOITURE DANS L’ALLÉE" - "T’ES LA SEULE"

Inclus "Gare ta voiture dans l’allée" version remixée fm et "T’es la seule" et "Blues in the night" (version latino)



Benoit Blue Boy En Amérique
En 1961 j’avais 15 ans et déjà un harmonica dans la poche. Dans les surprises-parties, on écoutait et on dansait sur Fats Domino, James Brown, Ray Charles, Jimmy Reed, Slim Harpo... En 1965, grâce aux premiers disques des Rolling Stones, j’ai pu commencer à chanter et jouer ce répertoire dans les clubs de jazz à Paris, le jeudi et le dimanche après-midi. Quelques années plus tard, en 1970, je suis parti d’abord à Los Angeles où j’ai pu jouer et rencontrer George “Harmonica” Smith, Albert Collins, Jimmy Rodgers, Muddy Waters, Albert King, etc. Puis la Louisiane où ce furent Zachary Richard, Clifton Chenier, Earl King, Fats Domino, Dr John Clarence “Frogman” Henry. C’est là que j’ai réalisé que toute la musique que j’écoutais 10 ans auparavant venait de la même région, le Golfe du Mexique, de l’embouchure du Mississippi, de New Orleans jusqu’à Corpus Christi, la frontière du Mexique et que les musiciens de Louisiane et du Texas adaptaient cette musique selon la langue de leurs publics qui pouvaient être français, ou espagnol pour les mexicains (pachucos) ou même cajun (gumbo). En juillet 2000, je suis parti à Austin, Texas, enregistrer une bonne douzaine de morceaux en hommage à cette musique dans un esprit et dans les conditions qui étaient celles d’un orchestre intégré du début des années 60, époque où la découverte des gisements de pétrole en mer rassemblait à Port Arthur, frontière du Texas et de la Louisiane, des cajuns, des américains, des mexicains, et qui, tous les soirs, allaient danser et écouter les orchestre favoris et régionaux arrivés de New Orleans, Houston, San Antonio, etc.
Benoît Blue Boy et les derniers rebelles de la côte du Golfe du Mexique

1. Gare ta voiture dans l’allée (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal
Unk” John Turner : batterie
Pierre “Pitou” Pelegrin : basse
Hector “L’Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : piano, orgue
The West Side Horns : Eracleo “Rocky” Morales : tenor sax
Adalberto “Al” Gomez Jr : trompette
C’est vrai que c’est typiquement américain de garer sa voiture dans l’allée. James Brown, Jimmy Nolen, King Curtis et la Blue Eyed Soul – la soul aux yeux bleus – c’était la spécialité du meilleur orchestre de Louisiane; les Boogies Kings, et ils sont toujours là d’ailleurs. “Unk” John Turner m’a raconté toutes les fois où, quand il commençait à jouer de la batterie avec son voisin de classe Johnny Winter à la guitare, ils allaient voir les Boogies Kings, Cookie and the Cupcakes, Camille Bob and the Lollipops pour apprendre à jouer la caisse claire en retard pour mettre les riffs de cuivre en valeur et faire danser. C’est Rocky Morales, le “King Curtis Mexicain” de St-Antonio qui joue du saxophone. En 1961 il ne comptait déjà plus les disques de R’n’Blues dans lesquels il avait joué.

2. Hey! toi (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal, harmonica, guitare
“Unk” John Turner : batterie
J.J. Barrera : basse
Hector “Araña” Watt : guitare
Lazy Lester, Slim Harpo, Jimmy Reed, Eddie Taylor. La base du R’n’R et du blues électrique : trois guitares, une batterie, un harmonica. Le chaos organisé, avec un chanteur qui tient debout par miracle et qui raconte une histoire de tous les jours à peine compréhensible, à vrai dire c’est c’que j’ai toujours préféré.

3. Toujours demain (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal, harmonica, guitare
“Unk” John Turner : batterie
Pierre “Pitou” Pelegrin : basse
Hector “Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : orgue
The West Side Horns : Rocky Morales : sax tenor, Al Gomez Jr : trompette
Joe Barry (Joseph Barrios), Tommy McClain, Jimmy Donley. Une ballade louisianaise, ça commence comme une valse, et puis ça traîne des pieds sur le plancher, c’est d’une tristesse épouvantable (pire que le blues). C’est comme si le temps s’arrêtait le samedi soir et qu’il se perdait jusqu’au lundi matin. Dans les années 60, ce genre de morceau avait été testé par les producteurs. A peine fini d’enregistrer, d’abord dans les juke-boxes de bordel de Louisiane, pour voir si les filles pleuraient et remettaient sa chanson, ils partaient avec le disque directement faire le tour des radios locales, sûr que ça allait marcher. Otis Redding a commencé avec ce genre de morceau. Toujours demain, c’est plutôt pour les quartiers mexicains, mañana por la mañana.

4. 10 h 1/2 à “Chez nous” Aka “Pachu-Gumbo” (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal
“Unk” John Turner : batterie
Pierre “Pitou” Pelegrin : basse
Hector “Araña” Watt : guitare
Texas Shuffle : ça a commencé avec Gatemouth et T.Bone, les inventeurs de la guitare électrique. L’instrument qui pouvait être joué plus fort que les cuivres. Enfin la Yenapas “Chez nous”, c’est le resto français du Texas, à Austin. ça ferme à 10 h 1/2 du soir, enfin pour les américains parce que pour “nous” c’est l’heure où on peut aller manger une tranche de pâté maison, du vrai pain, des cornichons et boire un verre de Chinon et parler français, et ça fait du bien. Pour y arriver, il faut remonter la 6e rue, passer devant les clubs. A cette heure-là, il fait encore vraiment chaud, la bière glacée coule à flots et la musique se déverse par les portes et les fenêtres ouvertes sur les trottoirs. Texas shuffle : “Faites-les rentrer, Banzaï!”.

5. T’es la seule (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : harmonicas
“Unk” John Turner : batterie
Pierre “Pitou” Pelegrin : basse
Hector “Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : orgue, piano
The West Side Horns : Rocky Morales : sax tenor,
Al Gomez Jr : trompette
Le R’n’B chicano. C’est mon dada, ça c’est mon truc (la musique des Pachucos de “San Anto” comme ils disent). ça a commencé à la fin des années 50 avec les groupes de doo-wap mexicains comme les “Pharahos” où sévissaient déjà Randy Garibay et Duke Antony. Ensuite ils ont voulu jouer comme Fats Domino; c’est là que sont apparus les cuivres et l’équipe des West Side Horns, dirigée par Rocky “Eraclo” Morales. Et des dizaines de groupes souvent mixés ont commencé à enregistrer des disques sur les marques locales. Des groupes aux noms extraordinaires comme Mando and the Chilli Peppers, Sonny Ozona and the Sun Glows, Johnny Jay and his Pompadors, Denny Ezba and the Fabulous Goldens, et puis Johnny Glenn, Dough Sahm, Ricky “at the keys”, Freddy Fender, etc. Personne au monde ne peut jouer comme The West Side Horns. Un mélange de mariachis mexicains et de fanfares New Orleans comme si c’était normal. Et chiale “Rocky”, le son de l’orgue aussi! C’est la signature de San Anto, y n’y a pas mieux pour remplacer l’accordéon. Thank you Mark.

“T’es la seule” est mon titre préféré. Une vraie chanson d’amour, basée sur la répétition (côté africain black des griots repris par les blancs sous le nom de sys­tème coué ou véritable litanie latine!) qui consiste à force de dire la même chose de convaincre la bien-aimée. Il suffit d’écouter une fois le titre pour qu’il vous hante, pour que sa mélodie simple mais néanmoins insidieuse, vous donne des allures d’Otis Redding français à la sauce mariachis, des allures de Benoît Blue Boy. Patrick FREMEAUX

6. Blues en la noche (Benoît Billot)
The blues in the night – Le blues dans la nuit
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal, harmonica
Randy Garibay : vocal, guitare
Duke Anthony (le Duc de San Anto) : batterie
Jack Barber : basse
The West Side Horns : Rocky Morales : sax tenor, Al Gomez Jr : trompette
Mon pote Randy Garibay – le premier et le meilleur des chanteurs de Rhythm n’ blues chicano - U.S.A. –. “Venga paqua pue”, il chante dans le parler de la rue, “El calo”, celui des Pachucos, des gangs mexicains bannero. C’est le vieux parler des paysans d’Amérique du Sud, ça leur permet surtout de parler entre eux sans que personne ne puisse les comprendre (personne et surtout la loi américaine). Il avait vraiment envie qu’on enregistre ce duo hispano-francophone. Il insistait : “les disc-jockeys de San Anto vont adorer ça, c’est une première mondiale”. Hasta luego y cuidad con los babys, Randy.
P.S. : y’a Jack Barber à la basse, le 1er musicien anglo-américain à jouer dans le groupe mexicain. Il est arrivé avec Randy, et il m’a dit qu’il voulait surtout pas rater ça.

7. J’entends ton taxi qu’arrive (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal
“Unk” John Turner : batterie
Pierre Pelegrin : basse
Hector “Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : orgue
The West Side Horns : Rocky Morales : sax tenor,
Al Gomez Jr : trompette
Le blues New Orleans, ça a été inventé par Earl King et Eddie Jones, plus connu sous le nom de Guitar Slim. A sa première séance d’enregistrement, à New Orleans, il y aurait eu un certain Ray Charles au piano. Les producteurs étaient allés le chercher en prison. Ils tenaient beaucoup à ce qu’il écrive les arrangements – à Austin, il y avait Mark Goodwin au piano et à l’orgue. Par contre, à la guitare, il y avait mon ami Hector; il parle pas beaucoup, j’le connais depuis des années, je l’ai vu jouer entre autres avec Lou-Ann Banton, Paul Orta. Il est arrivé avec des guitares magnifiques qu’il avait emprunté à Mattéo et d’autres que lui avait donné Jimmy Vaughan et un ampli d’un autre monde sur lequel il y avait écrit “Jesus, para paz en las callès”. J’ai jamais très bien compris d’où il était. Certains disent que c’est un mescalero d’El Paso. Au bout de quelques jours, il est venu me voir dans le jardin derrière le studio et il m’a dit : “Benoît, j’ai appris beaucoup de choses avec toi”; j’ai vu qu’il était content et ça m’a fait plaisir. L’araña, c’est comme ça que “Pitou” Pelegrin l’appelle. Quand il joue, on dirait que sa main se transforme en araignée qui tisse sa toile lentement et inexorablement; une fois que vous êtes pris, vous en sortez pas. ça doit être un truc de Chaman...

8. J’suis pas l’homme qui t’faut (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal
Unk” John Turner : batterie
J.J. Barrera : basse
Don Leady : guitare, steel guitare
Hector “Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : orgue
La Louisiane, au début des années 50 était avec le Texas la seule région où Elvis Presley était accepté. Rapidement la musique cajun et le western swing se sont transformés en rockabilly (ce qui veut plus ou moins dire “danse des péquenots”) dès qu’ils ont en­levé les violons. Et au début y en avait encore. J’ai demandé à mon ami Don “Gator” Leady de venir jouer de la guitare sur ce morceau. Il est arrivé de son Missouri natal au milieu des années 70 au Texas, où il a enregistré une dizaine de disques avec son groupe The Tail Gators (Keith Ferguson y jouait de la basse), le meilleur groupe de rock cajun que j’ai pu entendre. A la basse, il y a Monsieur Jean-Jacques “J.J.” Barrera. C’est un cas lui, sa mère française est née en Algérie et son père “Mexicain de Laredo” a écrit un livre magnifique dont le titre est “Puis les gringos sont arrivés”, tout un programme – d’ailleurs ce livre est interdit au Texas –. J.J. joue du bajo sexto avec Santiago Jimenez (le frère de Flaco Jimenez), le meilleur des orchestre de Norteño. Il a aussi remplacé Keith Ferguson au sein des Tail Gators. Hommage aux pionniers des Rock’-A-B louisianais : Al Ferrer and the Boppin’ Billies, Cleveland Crochet and the Sugar’ Bees, Johnny Jannot, Eugène “Terry” de Rouen and the Down Beats.

9. Tu sais rien (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal, harmonica
“Unk” John Turner : batterie
Pitou Pelegrin : basse
Hector “Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : piano
The West Side Horns : Rocky Morales : sax tenor,
Al Gomez Jr : trompette
Voilà un morceau typique des disques de blues de Houston enregistrés par la marque de disques Duke ou Peacock. Les vedettes en étaient le chanteur Bobby “Blue” Bland et Junior Parker, un de mes harmonicistes préférés. On a toujours l’impression quand le morceau commence que Ben Hur va entrer dans l’arêne, avec les arrangements de cuivres exagérés; l’Araña a encore sévit. J’avais l’impression en jouant de l’harmonica de me débattre dans la toile qu’il venait de tisser. ça va, j’en suis sorti.

10. C’est moi qui tient l’volant (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal, sifflet - “Unk” John Turner : batterie
Pitou Pelegrin : basse 
Hector “Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : piano
The West Side Horns : Rocky Morales : sax tenor
Al Gomez Jr : trompette
J’ai pas pu résister à écrire un morceau, comme celui-là. Le début du Rhythm n’?Blues de New Orleans, avec le piano et la rythmique rumba. C’est par Cuba, la Jamaïque et New Orleans que la musique africaine est arrivée aux U.S.A. J’aimer bien siffler. C’est comme de l’harmonica sans harmonica et puis c’est encore moins lourd. Merci encore à Mark Goodwin pour le piano et à l’“Unk” pour la batterie, ça avait l’air de bien l’amuser et puis il était fier.

11. Un sale boulot (Benoît Billot - Steve Verbeke)
Editions Croque-Musique
Benoît Blue Boy : vocal, harmonica 
“Unk” John Turner : batterie
Pitou Pelegrin : basse
Hector “Araña” Watt : guitare
Mark Goodwin : piano
The West Side Horns : Rocky Morales : sax tenor
Al Gomez Jr : trompette
J’ai écrit ce morceau avec Steve Verbeke pour son premier disque. Le soir d’avant j’avais vu Jean Reno faire le “nettoyeur” à la télé, un grand moment de cinéma français. On retrouve la même idée plus tard dans Pulp Fiction de Tarantino. C’est le genre de musique qu’on entendait à Port Arthur, Beaumont, Lake Charles, fin 50 début 60. C’est là que sont nés “Unk”, Johnny Winter, Janis Joplin, Clifton Chenier, Joe Long, Lonnie Brooks (Guitar Jr), Philip Walker, Long John Hunter. Clifton Chenier y jouait du blues français à l’accordéon. J’ai toujours essayé de faire sonner mes harmonicas comme lui se servait de son accordéon. J’ai beaucoup pensé à lui en enregistrant le morceau. C’est bien lui le premier chanteur de blues français.

12. Rentrer chez moi (Benoît Billot)
Editions SPPT - La Lichère
Benoît Blue Boy : vocal, harmonica
“Unk” John Turner : batterie
Jean-Jacques “J.J.” Barrera : basse
Don Leady : guitare, accordéon
Hector “Araña” Watt : guitare - Mark Goodwin : piano
Le zydeco ou les haricots, ou French la-la : la dernière des musiques afro-américaines créée en Louisiane; un gumbo de musique cajun et R’n’Blues. C’est Don Leady qui tient l’accordéon. J’ai toujours aimé mélanger l’harmonica avec l’accordéon. J’me souviens que “Unk” John est assis derrière sa batterie, il a respiré un grand coup et il a dit : “Faites attention, je vais faire ça comme ça doit être joué et y’aura pas besoin d’le faire deux fois, j’suis né avec”. Passe-moi le sel l’Unk, on va les faire danser. Le jour, à Austin, il faisait 52 degrés. Dehors, la plus forte vague de chaleur au Texas depuis 1910. Et quand on enregistrait, on arrêtait les ventilateurs et l’air conditionné dans les studios, à cause du bruit que j’aurais dû enregistrer d’ailleurs, car les musiciens ont du mal à s’en passer.

13. Tous les jours (Benoît Billot)
Delabel Editions
Benoît Blue Boy : vocal, harmonica 
“Unk” John Turner : batterie
Don Leady : guitare
Hector “Araña” Watt : guitare
Pierre Pelegrin : basse, sifflet
Le Rock n’ Roll cajun comme il était joué en Louisiane au moment où les disques des Beatles et des Rolling Stones sont arrivés. Toujours la même question : quoi faire avec 2 guitares, une batterie et un harmonica. C’est mon pote “Pitou” qui joue de la basse et qui siffle. C’est son morceau préféré. Faut dire qu’il a appris à se servir d’une basse avec Keith Ferguson et c’est le même Keith F. qui avait remis cette musique dans l’air du temps avec les T-Birds, son groupe dans les années 80.

14. Gare ta voiture dans l’allée
(Remixée version FM)

Une coproduction Benoît Blue Boy - La Lichère - Spectacles et productions Patrick Tandin - Frémeaux & Associés - Groupe Frémeaux Colombini SA. / Enregistré à Austin, Texas, juillet 2000, au Studio Glenn Glaz Recordin’ Studio par Glenn Rios. / Terminé, mixé, masterisé, octobre 2000 par Michel Delcampo, Studio Orlandus, 33?Mérignac, France. / Produit et réalisé par Benoît Blue Boy. / Grands remerciements à Philippe Combe qui m’a véritablement “accompagné” d’un bout à l’autre, à Thierry sans qui j’y serais pas “arrivé” et aux meilleurs “Les Tortilleurs” / Stan Noubar - Pacha, Fab’ Millerioux, Thibauld Chopin, “Duende” Keith Ferguson C/S. / Photos : Philippe Combe. / Management : Denis Leblond - Ets : 01 42 26 03 03

CD Benoit Blue Boy en Amérique © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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"Les aventures de Benoît en Amerique" par SOUL BAG
J’marche doucement. Plus qu’un titre de chanson, c’est une profession de foi ! Benoît Blue Boy a attendu quatre ans avant de nous proposer un nouvel album. Peaufiné à l’ancienne au fin fond du quartier mexicain d’Austin. Explications.
SOUL BAG : C’est ton dixième album et, pour la première fois, tu as éprouvé le besoin d’aller enregistrer aux États-unis. Est-ce que tu en avais marre des musiciens français ?
BENOÎT BLUE BOY : Ah, non vraiment pas ! Beaucoup de gens pensent ça ; c’est pour ça que j’étais hyper gêné. A part les Tortilleurs qui savaient parfaitement pourquoi je voulais y aller. C’est un truc dont j’avais envie depuis très longtemps, mais je voulais le faire au moment où je savais que je pourrai le contrôler, sans que personne ne me dise quoi faire. Et que je pourrais aller aux États-unis où je voudrais et utiliser les musiciens de mon choix. Ça n’a rien à voir avec les musiciens ou les studios français. La preuve, c’est que je suis allé le mixer à Bordeaux dans un studio que j’aime bien, avec des gens que j’aime bien. Les Tortilleurs, ça rime avec meilleur !
SB : Je m’en doutais un peu. Comme Patrick Verbeke, tu n’es pas allé là où on t’attendait. Quitte à aller aux États Unis, on voyait bien Patrick aller à Austin pour se payer Double Trouble et toi, on te voyait plutôt aller en Louisiane. Résultat, il est allé à la Nouvelle Orléans et on te retrouve à Austin. Pourquoi cette idée ?
BBB : Parce que j’en ai parlé le premier. Donc, Patrick est allé tout de suite à New Orleans quand il a su…[rires]. Non, c’est parce que je savais, connaissant bien la région, que je trouverai à Austin des musiciens venant de Port Arthur, de Houston et de San Antonio. Parce que c’est une espèce de centre où il y a des studios et des musiciens qui viennent de tout le Texas et de la Louisiane. J’aurais pu me poser à Port Arthur où je connais des studios, mais ç’aurait été plus difficile pour faire venir des musiciens de San Antonio. Et à Austin, il y a des clubs, alors, il y a toujours des musiciens.
SB : Ça se prépare comment, avant le départ, un enregistrement comme ça ?
BBB : Ben, faut écrire les morceaux. Je les avais tous depuis un bon moment, parce que j’ai pas fait de disque depuis quelque temps…J’ai écrit les morceaux en sachant parfaitement avec qui j’allais les faire. Je savais qui j’allais prendre. Donc j’ai préparé le disque dans ma tête. Je ne pense pas que j’aurais mis ces mêmes morceaux si j’avais fait un disque ici avec les Tortilleurs.
SB : Tu avais aussi pensé aux arrangements ?
BBB : Oui, parfaitement. Quand les cuivres sont arrivés, je leur ai sifflé les morceaux…J’ai sifflé les trois quarts des riffs.
SB : Ils ne lisent pas la musique ?
BBB : Si, le trompettiste écrit. Tout de suite, je l’ai vu qui tenait la trompette d’une main et qui écrivait de l’autre…Il doit être gaucher d’ailleurs. Il m’a dit qu’il avait pris cette habitude du temps où il jouit avec Doug Sahm : « Il chantait les arrangements à toute vitesse et le lendemain il te demandait de les jouer. Et si tu ne savais pas, tu te faisais engueuler ».
SB : Ces musiciens, tu peux les présenter ? Et dire pourquoi tu as choisi Untel ou Untel ?
BBB : Ce que je voulais, c’est avoir les West Side Horns qui sont la section de cuivres de San Antonio et où il y a toujours Rocky Morales. Un trompettiste peut changer, Spot Barret peut venir jouer du ténor, mais le principal c’est que Rocky soit là.
SB : Avec qui jouent-ils d’habitude ?
BBB : Ils jouent avec Ranfy Garibay bien sûr, ils se connaissent depuis qu’ils sont gamins. Et puis ils ont travaillé avec Doug Sahm pendant des années. Tu les vois sur des disques joués à Austin…Mais tu vois surtout Rocky Morales, parce que c’est rare qu’on appelle tout les Mexicains d’un coup !
SB : Ça c’est pour les cuivres. Pour la rythmique ?
BBB : J’ai pris Oncle John à la batterie, Uncle John Turner, « Unk ». Parce que je le connais depuis longtemps, et c’est le premier batteur de blues blanc qui ait été connu aux États-unis. Le mec qui est né à Port Arthur, qui est allé à l’école avec Johnny Winter, et qui a appris à jouer en regardant Cookie & the Cupcakes, Fats Domino…C’est là qu’il a appris à jouer quand il était gamin. Pour ce que je voulais faire, je savais qu’en prenant l’Oncle, il pourrait faire toutes ces musiques qui se jouaient à Port Arthur à la fin des années 50, début 60, quand il a commencé : zydeco, rockabilly ou la musique cajun…Je savais qu’il le pourrait sans que j’ai à lui expliquer.
SB : La guitare ?
BBB : Il y a deux guitaristes. Hector Watt ? « L’araignée », je l’appelle, parce que lorsqu’il joue on a l’impression d’une araignée en train de tisser sa toile. Je l’ai pris d’abord parce que c’est un Indien [rires] – c’est un Mescalero d’El Paso – et qu’il pouvait donc apporter quelque chose d’autre ; c’est aussi un jeune musicien d’Austin dont personne ne parle. C’est pourtant le mec à qui Jimmy Vaughan donne toutes ses guitares et qui a accompagné Lou Ann Barton pendant des années. C’est pour moi un des guitaristes texans les plus importants actuellement. Parmi les jeunes, je ne parle pas de Clarence « Gatemouth » Brown !
SB : C’est lui qui prend le solo à la Guitar Slim ?
BBB : Oui, bien sûr, c’et lui qui joue sur…, comment ça s’appelle ?, J’entends ton taxi qui arrive [rires]. Il y a rarement des mecs qui jouent aussi simplement que ça. Et qui le font exprès ! Même au milieu des chorus, tu le vois qui s’arrête, pour s’empêcher d’aller trop vite ou faire des trucs avec les doigts. Tout ce qu’il joue, c’est exactement ce qu’il veut jouer, ce n’est jamais automatique. De sa tête jusqu’au doigts, tu vois la note arriver ! Il joue vraiment le morceau, il n’essaie pas de placer des trucs à lui. Pour moi, c’est important de ne pas avoir quelqu’un qui essaie de m’emmerder pendant que je suis en train de chanter [rires] !
SB : Et l’autre guitariste ?
BBB : C’est Don Leady, il a eu longtemps un groupe qui s’appelait les Tail Gators. C’est un mec qui est arrivé du Missouri, c’est un allumé total de la musique…- comment dire ? – rockabilly joué par des Cajuns ! J’avais envie de l’avoir parce que je sais qu’il a une façon particulière de faire la rythmique et les chorus. C’est amusant car tu ne sais jamais si c’est de la pedal steel ou de la guitare.
SB : Le bassiste ?
BBB : Il y en a plusieurs. Il y a Pierre Pellegrin, un Français qui vit à Austin depuis une bonne dizaine d’années. Il a appris en regardant Keith Ferguson tous les jours. Ça me faisait plaisir de jouer avec Pierre parce que c’est un Français installé là-bas. Tu vois pas ça souvent, à part Franck [Goldwasser]. Ne serait-ce que pour montrer qu’il y a quelques Français qui habitent aux États-unis et qui jouent vraiment…Et puis il y a aussi Jean-Jacques Barrera. C’est un nom un peu bizarre parce que sa mère est pied-noir d’Oran et son père Mexicain de Laredo. Il est né à Laredo, il a un prénom français, tout le monde l’appelle « Dji Dji ». Il a tenu la basse avec les Tail Gators quand Keith n’a plus pu jouer. Il joue actuellement du « bajo sexto » avec Santiago Jimenez, le frère de Flaco, qui est au Texas le dernier accordéoniste mexicain traditionnel. Le bajo sexto est une sorte de douze cordes accordée bizarre sur laquelle on fait les basses et la rythmique en même temps !
SB : Qui est-ce qu’il y a d’autre ?
BBB : Euh…Y a un pianiste. J’ai eu du mal à en trouver un parce que ceux que je voulais n’étaient plus vraiment en état de pratiquer. J’ai fini par trouver Mark Goodwin qui joue avec Bobby Mack, qui est du Texas et qui connaît bien cette musique et tout les musiciens.
SB : Comment as-tu choisi le studio ? Parce que j’imagine qu’il y en a beaucoup à Austin.
BBB : Il n’y en a pas énormément. Il y en a trois, quatre, qui sont vraiment connus, du genre Arlyne, où je ne voulais vraiment pas aller parce que, voulant faire venir les mecs de San Antonio, je savais qu’ils ne seraient pas à l’aise dans ce genre d’endroit…C’est pourquoi j’ai pris un petit studio recommandé par Jean-Jacques Barrera, dans le quartier mexicain, tenu par un jeune qui avait travaillé auparavant dans les grands studios. Donc, ça s 'est passé en plein quartier mexicain où j’ai pu faire comme bon me semblait. Je voulais enregistrer le plus « live » possible ; dans les mêmes conditions qu’au milieu des années 60. Si tu veux, mon rêve c’était de faire le genre de disque que j’écoutais quand j’étais gamin et que j’allais dans les surprises-parties. Quand j’écoutais fats Domino, les premiers ray Charles, Jimmy Reed…Les premiers trucs qui m’ont branché sur la musique et que j’ai toujours rêvé de faire. Mais je voulais le faire comme il faut, avec des mecs qui ont joué à cette époque-là, dans ces conditions. Comme si j’avais été à Port Arthur en 1962-63 avant que les Beatles arrivent aux États-unis, quand il y avait encore ces groupes mixtes avec des Américains, des Cajuns, des Mexicains, genre swamp-pop comme on disait. Dans ma tête, c’était ça.
SB : C’est pour ça qu’il y a ce mélange de rocks, de slows…
BBB : Voilà ! Parce que c’était ce que l’on entendait dans les surprises-parties pour faire danser les filles.
SB : On va voir si on peut faire danser les filles sur du Benoît Blue boy maintenant ! Combien de temps a duré l’enregistrement ?
BBB : Une quinzaine de jours.
SB : Tu étais tous les jours en studio ?
BBB : On l’a fait à la mexicaine. C'est-à-dire comme je le fais toujours : mañana para mañana, on ne s’est pas pressés. Donc, on a fait le disque tranquillement ; tous les jours, on venait au studio et on enregistrait un ou deux morceaux. J’ai gravé au total une quinzaine de morceaux, quinze ou seize, et il y en a treize sur le disque.
SB : Ça s’est bien passé ?
BBB : Comme une lettre à la poste ! Tiens, regardes les photos, là, tout le monde a le sourire, personne ne fait la gueule. Eh ! j’oubliais, il y avait aussi un autre bassiste, Jack Barber. Je n’avais pas osé l’appeler. Pour moi, avec Keith ferguson, c’est le plus grand bassiste du Texas pour ce genre de musique. Il est arrivé avec Randy [Garibay] et il m’a dit : « Je voulais venir parce qu’on m’a parlé d’un français qui a le respect pour les musiciens mexicains. Et comme moi, depuis que je suis gosse, je joue avec eux, je veux bien participer à ton disque ». Avant ça, quand il est entré dans le studio, il m’a regardé avec un air ahuri, il est passé devant moi, est allé plus loin, a posé sa basse, est revenu, m’a encore regardé et m’a dit : « Tu connais Keith Ferguson ? ». J’ai répondu que je l’avais jamais vu et il a dit : »J’ai cru que c’était lui qui était revenu ». Ça m’a fait tout bizarre parce que Keith – qui est mort il y a trois ans – est comme un lien entre tous les musiciens du disque…
SB : Sur ce disque, à part un instrumental, tu chantes sur tous les morceaux, sauf le Blues de la nuit, le Blues en la noche où tu es en duo avec Randy Garibay. Pourquoi avoir choisi ce titre ?
BBB : C’est le choix de Randy. J’avais dans l’idée deux ou trois morceaux mais, pour lui, ça sonnait trop mexicain. C’était trop proche de Flaco [Jimenez]. Il m’a dit : « Moi, je suis un chanteur de rhythm and blues ». Alors, on a cherché dans son répertoire et on est tombés d’accord sur celui là, parce qu’il avait une belle partie à chanter en espagnol et que je pouvais mettre des paroles en français. Il m’a demandé de lui envoyer le disque dès sa sortie : « Parce que là, à San Antonio, on est sûr que le disque va passer à la radio.  Des Mexicains et un Français ensemble, ils n’ont jamais entendu ça ! »
SB : Dans le disque, on ne peut pas dire que l’harmonica soit l’instrument roi. Il y a un bel instrumental, des solos, mais pas dans tous les morceaux…
BBB : Si il y a de l’harmo dans le blues de Louisiane, on ne peut pas dire qu’il y en ai beaucoup dans le blues texan. Pour les quelques trucs d’harmo que j’ai fait, j’ai vraiment pensé à Clifton Chenier et à l’accordéon. Parce que celui qui m’a le plus influencé c’est pas un harmoniciste, c’est Clifton Chenier. Bien sûr, au début, j’ai écouté les trucs de Little Walter, James Cotton, Machin…Lazy Lester mais, en fin de compte, ce que j’ai toujours dans la tête, c’est Clifton. Et je n’aime pas la démonstration d’harmo. Ça m’emmerde. Même l’instrumental, c’est une « antidémonstration ». Le truc technique de l’instrument, ça ne m’intéresse pas vraiment. Enfin si, ça m’intéresse : ma manière de jouer, c’est une technique que pas grand monde emploie ! [rires] C’est vraiment l’ancienne manière de jouer quand on appelait l’harmo « l’accordéon du pauvre ». Je recherche ça plutôt que cet exercice de vélocité où il faut faire le plus vite possible comme les guitaristes. C’est ridicule. L’instrumental, j’ai attendu le dernier jour pour l’enregistrer. J’ai indiqué : « shuffle en ré », c’est tout, et on a démarré. A la fin, ils m’ont dit : « On en fait une autre ? », j’ai répondu « Non, non, ça va ». Au bout de quinze jours passés ensembles, je savais que je n’aurais pas à expliquer le morceau. Parce que, pour moi, c’est ça un instrumental de blues : ce sont quatre mecs qui jouent ensemble, qui font attention à ce qu’est en train de jouer celui qui est devant, de façon à l’aider et à ne jamais le gêner. J’ai demandé un micro directement sur la console. « Et tu veux un ampli ? – Non, non, on le fait comme ça ».
SB : Au niveau du matériel justement, tu ne sembles pas soucieux du micro, tel modèle, telle année…
BBB : Si, si, je suis un accro des micros, des amplis…J’ai tout ça, mais c’est devenu tellement impératif d’avoir un Biscuit, le micro de 1964 avec l’ampli Machin. Je les ai à la maison et j’en ai joué un moment, mais c’est devenu tellement obligatoire de jouer avec ce son là que [il détache ses mots] : je ne veux pas. Parce que sinon, les gens viennent te voir en te disant : «  Ouah ! C’est super le son de l’ampli ! Et t’as quoi comme micro ? Ouah, la vache ! Où tu l’as eu ? » [rires]. Je préfère passer par la sono, là au moins tu joues de l’harmo !
SB : Ce qui m’a frappé aussi en écoutant le disque, c’est que même enregistré à Austin avec ses musiciens américains et mexicains, ça garde le « Benoît Blue Boy Sound »…
BBB : Ben oui, parce que ce sont mes morceaux. J’ai mon univers, ma manière d’écrire mes chansons. Il y a le fait aussi que ce sont des chansons en français.
SB : Tu es le producteur de ton disque, tu l’as financé. Tu n’avais donc aucune contrainte extérieure. Est-ce un choix que tu as fait, ou n’as-tu trouvé personne pour financer ton projet ?
BBB : Les deux. J’ai un peu cherché, mais le projet que je présentais était incompréhensible. Les gens ne comprenaient pas ce que je voulais faire. Je n’allais pas faire des maquettes ici pour aller l’enregistrer là-bas [rires]. Tu fais le tour des maisons de disques, personne ne sait ce qu’est le West Side, personne ne connaît San Antonio…C’est pas une tare, c’est un truc tellement local que ça a du mal à s’exporter. C’est pour ça aussi que j’ai aidé Philippe Combe à sortir ce disque de Randy Garibay [« Chicano Blues Man, Surfin’dog », cf.SB 161, p.60], parce qu’il était important qu’on entende ça. Parce que ça fait aussi partie de l’histoire du blues américain. Le côté mexicain existe dans cette région autant que le côté cajun.
SB : Une fois le disque enregistré, tu reviens avec tes bandes sous le bras et tu cherches un distributeur. Ça se passe comment ?
BBB : D’abord, il faut finir le disque, le mixer. J’ai fait ça à Bordeaux au mois d’Octobre, et après j’ai fait le tour des maisons de disques. En insistant pas beaucoup à vrai dire [rires]. Même les boîtes françaises spécialisées dans le blues m’ont dit : « Ouais, on va le sortir parce que c’est oi, mais c’est pas du blues ». Je me suis dit, si eux ne comprennent pas, c’est pas la peine. Devant leur enthousiasme j’ai pas insisté, j’ai pensé à le vendre sur Internet. C’est pas grave…l’important pour moi, c’est de l’avoir fait. Et puis, je suis tombé sur Patrick Frémeaux qui avait envie de ressortir les albums que j’ai fait avant. Je lui ai dit que je venais d’en faire un nouveau. Il a écouté et a trouvé que ça collait parfaitement avec son catalogue. Je me suis mis tout de suite d’accord avec lui parce que je voyais qu’il y avait une dynamique et, surtout, que ça lui plaisait.
SB : On aime bien les Tortilleurs, mais le disque donne aussi envie de t’entendre au moins une fois sur scène avec les musiciens du disque. Est-ce à l’ordre du jour ?
BBB : Ça l’est, oui et non… J’ai quelques festivals cet été où je pourrai faire un micmac entre les Tortilleurs, les cuivres, peut-être Hector à la guitare. Mais, ce ne serait que pour quelques dates, parce que je ne suis pas sûr que ces mecs de San Antonio aient envie de traîner sur les routes de France. A chaque fois que j’ai fait une tournée ou il y avait un Américain ou un Anglais, au bout de quinze jours, il en avait marre d’être en France. Ce qui est normal. Moi, au bout de quinze jours aux États-unis, j’ai envie de rentre chez moi. T’es content de quitter le Texas [rires].
SB : Je suis frappé à l’écoute de beaucoup de groupes français d’entendre ton influence, surtout au niveau des textes (ce côté décalé de parler du quotidien, un certain désenchantement, une forme d’humour). As-tu conscience de faire école ?
BBB : Je me suis fait un CD de reprises de mes morceaux ! Mais je reconnais aussi des bouts de phrases, des manières de tourner les trucs…J’entends bien que les mecs ont écouté mes disques, mais, à chaque fois, je me dis : « Je l’aurais pas écrit comme ça ». Donc, c’est leur truc à eux. Le blues, ç’a toujours été quelque chose où un type parle de lui, des conneries qui lui sont arrivées hier ou avant-hier, et de savoir comment s’en sortir. Le meilleur moyen de s’en sortir, c’est d’avoir une espèce d’autodérision. Au bout d’un moment, ça devient un style. J’ai toujours écouté du blues en Anglais et j’ai souvent entendu des histoires comme ça.
SB : Il n’y a peut-être pas toujours cet humour, cette autodérision dans le blues américain ?
BBB : Dans le truc black, si. Mais dans le blues blanc, non, j’entends pas ça. Ils veulent tellement le faire sérieusement ! Il n’empêche qu’il y a des mecs qui jouent vraiment bien, qui chantent bien. Mais c’est rarement drôle. Alors que, même chez les plus angoissés, genre Robert Johnson, il y a toujours quelque chose qui me fait mourir de rire. Tu sens qu’il y a une telle distance par rappoirt à ce qui lui est arrivé, que c’est amusant. Une autre chose drôle dans le truc black, c’est le fait de jouer au macho, à un point tellement exagéré que ça devient de l’humour. En français, c’est tellement difficile à faire parce que tout le monde le prend au premier degré. « Putain, il ose dire ça ! ». Alors, j’essaie de le faire de temps en temps, mais c’est vraiment pas facile.
SB : Concernant ton rôle de producteur. Que penses-tu apporter à un artiste ou à un groupe en tant que producteur ?
BBB : J’ai l’habitude de faire ça depuis des années, d’écrire des chansons, d’aller dans les studios. Donc, je vois parfaitement chez les autres ce qu’ils veulent faire et j’essaie de les aider au maximum pour leur faire sortir ce qu’ils ont envie d’exprimer.
SB : Tu ne cherches pas à faire du Benoît Blue Boy ?
BBB : Non, même s’il est sûr que les gens vont dire que c’est du Benoît Blue Boy, parce que j’ai aussi une manière de faire jouer les morceaux qui est la mienne. Mais, d’un autre côté, si un gars m’appelle, c’est qu’il a envie de ça aussi. Mais ce n’est pas ce que je cherche à faire, à placer mes morceaux ni à faire du Benoît Blue Boy. Je cherche à aider comme je l’ai fait pour Lenny [Lafargue], pour Steve [Verbeke], ou pour les groupes qui m’appellent pour les aider à répéter…
SB : Tu vois quelque chose à ajouter ?
BBB :  Non…Je ne suis pas le meilleur vendeur de mes disques…[rires] Euh…Le disque sort le 1er Juin !
Jacques PERRIN - SOUL BAG




Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
 
01 1 GARE TA VOITURE DANS L ALLEE - BLUE BOY 05'06
 
02 HEY TOI - BLUE BOY 03'27
 
03 TOUJOURS DEMAIN - BLUE BOY 06'54
 
04 10 1I2 A CHEZ NOUS AKA PACHU GUMBO - BLUE BOY 04'04
 
05 T ES LA SEULE - BLUE BOY 03'52
 
06 BLUES EN LA NOCHE - BLUE BOY 03'44
 
07 J ENTENDS TON TAXI QU ARRIVE - BLUE BOY 05'02
 
08 J SUIS PAS L HOMME QUI T FAUT - BLUE BOY 03'47
 
09 TU SAIS RIEN - BLUE BOY 03'34
 
10 C EST MOI QUI TIENT L VOLANT - BLUE BOY 04'54
 
11 UN SALE BOULOT - BLUE BOY 04'14
 
12 RENTRER CHEZ MOI - BLUE BOY 03'57
 
13 TOUS LES JOURS - BLUE BOY 02'59
 
14 2 GARE TA VOITURE DANS L ALLEE - BLUE BOY 05'05
"Benoît Blue Boy en Amérique" par Télérama

“Benoît Blue Boy, sans doute la meilleure lecture française du blues.” TÉLÉRAMA




"Benoît Blue Boy en Amérique" par Le Monde

“Benoît Blue Boy fait mentir tant d’idées reçues qu’on devrait le déclarer d’utilité publique.” LE MONDE




"Le fameux disque que l'on attendait" par Sur la Route de Memphis

"Le voilà enfin le fameux disque que l’on attendait, un disque enregistré à Austin au cours du mois de juillet 2000 avec les musiciens du coin que l’on pourra voir en tournée en France avec Benoît au cours de l’été 2001. C’est bon comme là bas ! C’est de la musique nonchalante et chaude, comme sait le faire Benoît, mais avec la grosse artillerie américaine  et des cuivres  qui ronronnent comme une grosse limousine américaine, des cuivres qui  évoquent le sud, celui du rythm and blues autant que celui de la musique tex mex, celui de la Nouvelle Orleans comme celui de San Antonio." Sur la Route de Memphis / routedurock.com


"Le voilà enfin le fameux disque que l’on attendait, un disque enregistré à Austin au cours du mois de juillet 2000 avec les musiciens du coin que l’on pourra voir en tournée en France avec Benoît au cours de l’été 2001. C’est bon comme là bas ! C’est de la musique nonchalante et chaude, comme sait le faire Benoît, mais avec la grosse artillerie américaine  et des cuivres  qui ronronnent comme une grosse limousine américaine, des cuivres qui  évoquent le sud, celui du rythm and blues autant que celui de la musique tex mex, celui de la Nouvelle Orleans comme celui de San Antonio. La référence, s’il faut en trouver une, serait à chercher du côté de Paul  Orta  et de Randy Garibay  (voir numéro 62 de Sur la Route..), Randy  qui intervient d’ailleurs de façon énergique, au chant et à la guitare, sur "Blues En La Noche". Ce mélange  de blues, tex mex et rythm and blues est  original, difficile à imaginer  de ce côté ci de l’Atlantique,  avec un son à la fois riche, moelleux et envoûtant. Mais aussi un  son que l’on peut qualifier  "à l’ancienne" ou plutôt intemporel et loin de toutes contingences commerciales. Benoît a écrit ou co-écrit toutes les chansons avec son savoir faire habituel  qui le place  toujours au sommet des auteurs compositeurs de blues français grâce à  son art de faire sonner les mots et de mettre une bonne dose d’humour  et de second degré dans des scènes de la vie quotidienne. C’est le cas par exemple de "J’Entends Le Taxi Qui Arrive" qui  se déroule comme un film. Mais il y a aussi plein de rythme, le swing  comme sur la reprise bien  tournée et dansante de « Tous Les Jours ». Et aussi du blues très classique avec force harmonica : "Hey Toi", du blues jazzy avec "Tu Sais Rien", un brin de rythmes latino sur "C’est Moi Qui Tient Le Volant ", du boogie/rock’n’roll bien carré avec "Je Suis Pas l’Homme Qui Te Faut" et du rythm and blues du meilleur effet avec "Toujours Demain". Benoît Blue Boy  représente plus que jamais la force tranquille du blues français  et ce disque est à déguster sans modération, sur une route poussiéreuse et ensoleillée du Texas  ou  à défaut, doucement installé dans un fauteuil, un verre à la main." Sur la Route de Memphis / routedurock.com




Entretien réalisé par Route 66 La Voix du Blues

"Peux tu nous parler de ton dernier CD, " Benoît Blue Boy en Amérique ?
Il est sorti, il a fini par sortir (rires) !
J'ai mis du temps pour aller jusqu'à Austin et l'enregistrer, je l'ai enregistré l'été 2000.
Mais qu'est ce qui t'a conduit à cette démarche ?
Le pilote de l'avion (rires) !
J'ai voulu faire cet album aux USA parce que j'avais envie d'enregistrer avec des gens qui ont le même âge que moi et qui ont dans le passé écoutés les même choses que moi. C'est à dire Fats Domino et tous ces musiciens que nous retrouvions dans les surprises parties quand nous étions gamins. Je suis donc allé à Austin car je savais que j'y trouverais ces musiciens venus d'horizons divers (Texas, Louisiane…).
Ce sont donc des musiciens locaux sur cet album ?
Oui, j'ai pris ceux que personne ne connaît (rires) !
Quel est le registre de cet album ?
Ben, celui que je vais chanter tout à l'heure (rires) ! Ce disque, je voulais le faire depuis longtemps. Maintenant je veux tourner avec en faisant venir à chaque fois des musiciens américains et de les faire jouer avec mes musiciens français.
Les sessions se sont elles déroulées facilement ?
Comme une lettre à la poste ! J'ai vraiment employé des musiciens qui connaissent cette musique depuis leur enfance et qui ne font que cela, comme Uncle Joe Turner. De ce fait ce n'était pas très compliqué, nous sommes resté une semaine. Au lieu de prendre un grand studio, j'en ai choisit un tout petit en plein quartier mexicain. Nous avons enregistrés dans des conditions " live " et j'ai gardé pour l'album une douzaine de morceaux.
Pourquoi ce disque a pris autant de temps avant de sortir ?
D'abord parce que je suis connu pour ça ! J'avais vraiment envie de le sortir comme je le souhaitais et au moment voulu. Mais je prends du temps à chaque fois…
Après le mixage réalisé à Bordeaux, j'ai lancé l'hameçon comme quoi j'avais fait un disque au Texas. Puis j'ai attendu que les maisons de disque me contactent et j'ai choisit celle qui m'intéressait le plus (Frémeaux).
Sur ce disque il y a Randy Garibay ?
Je tenais à ce qu'il soit là, car c'est pour moi un des meilleurs musiciens texans.
Dans la foulé j'ai récupéré plein de vieilles bandes à lui qui sont sorties sur un disque.
Aux USA, avez vous été considéré comme un bête curieuse ?
Je connaissais les trois quarts des musiciens, ils avaient envie de jouer avec moi. D'autre part les mexicains qui sont venus étaient tellement étonnés que je les ai appelé et que j'avais du respect pour eux que ça a vraiment été facile." Entretien réalisé par Route 66 La Voix du Blues.




"Il est facile..." Henri Salvador est cité par BBB

"Il est facile de faire des chansons commerciales. Difficile de créer le son qu'on souhaite. En plus il faut bagarrer avec certains producteurs qui veulent obtenir le son qu'eux veulent." Extrait d'une interview d'Henri Salvador cité par Benoit Blue Boy




Le Nouvel Observateur

"Du Blues avce des paroles pleines d'humour et de dérision façon Boris Vian." Le Nouvel Observateur.




"Sans conteste une grande réussite" par Patrick Guillemin

"Et dire que certains croient encore que le Blues ne peut être joué que par des Afro-Américains. Peut-être changeront-ils d’avis à l’écoute du dernier Benoit Blue Boy, qui est sans conteste une grande réussite.
Enregistré à Austin au Texas avec des musiciens de la trempe de " Unk " John Turner (le pote de classe d'un certain "Jean l'Hiver "), Hector "l'Arana" Watt ou Randy Garibay à la guitare, ce disque baigne dans le Blues ou le Rock'n'Roll, du premier au dernier morceau.
Pour la première fois, Benoit tente même avec brio une incursion dans le West Coast Blues, avec l'ajout d'une section de cuivres, The West Side Horns, sur certains morceaux dont le titre phare, "Gare ta voiture dans l'allée". On a l'impression qu'il a joué cela toute sa vie. Comme si le Blues de Louisiane ou de Chicago ne lui suffisaient plus.
Il y a dans ce disque tout ce qu’il faut pour danser, dont certains slows Blues qui feront sans aucun doute chavirer les cœurs de gentes damoiselles, tant la musique jouée par Benoît est chaleureuse, sensuelle, et sa voix suave à souhait. Vous n’aimez pas danser ? Eh bien écoutez maintenant : Cela se fait avec grand plaisir.
On pourrait presque dire de Benoît que musicalement, comme le Bordeaux, plus il vieillit, plus il devient bon.
Alors, les Français pas crédibles lorsqu’ils jouent le Blues ? Vous devriez décrasser vos « portugaises » et me dire ce que vous pensez de ce disque…" Patrick Guillemin




"C'est un peu le parrain du blues français" par Blues Passion

"Benoît Blue Boy, c’est un peu le parrain du blues français. En 1979, il fut le premier à sortir un album de blues entièrement écrit dans la langue de Molière, 3 semaines avant son ami Bill Deraime. Puisant à la source même du blues par ses nombreux voyages aux US, et plus particulièrement en Louisiane où blancs et noirs, cajuns et créoles défendent leur culture française, notre patriarche délivre régulièrement des albums qui racontent la vie, celle des bars, des rues, des chambres à coucher ou des fêtes entre amis, celle de tous les jours, la sienne, la votre, la notre. Aidé de ses harmonicas et de ses formidables Tortilleurs, c’est une invite pleine de convivialité pétrie d’émotion que nous lance Benoît Blue Boy, comme dans sa dernière production : Benoît Blue Boy en Amérique (Frémeaux & Associés - 2001)" par Blues Passion




« Quite good » par Dirty Linen

There aren’t too many blues singers in France, but the few who do tap into that idiom are quite good at what they do ; Benoît Blue Boy is a French singer and harmonica player who has been involved with blue for 40 years. He recently went to Austin, Texas, to record en Amérique, which is a throw-back to various Gulf Coast styles of four decades ago, including Chicano R&B, Texas shuffle blues, swamp pop, zydeco, and New Orleans blues. Fans of such artists as Lazy Lester, Loe Barry, and the blue-eyed soul of The Boogie Kings should find this album to their liking. Except for a spanish « Blues in the night », all the songs are Blue Boy originals that are sung in French in a restrained style, sometimes with slurred vocals. The excellent backup band includes Al Gomez Jr., and Rocky Morales, who offer outstanding support on trumpet and tenor sax, respectively.
PEC – DIRTY LINEN




« Rêve Américain » par Presto

C’est donc à Austin, Texas que Benoît est allé réaliser son rêve américain. Il s’entoure ici d’une rythmique millésimée : « Uncle » (« Unk ») John Turner (premier batteur de Johnny Winter) et les bassistes français (mais émigrés au Texas) Pierre « Pitou » Pelegrin et Jean-Jacques Barrera. A la guitare, un métis mescalero d’El Paso, Hector « Araare », Watt (« L’araignée » !) : un killer tout en souplesse, typiquement Texan. L’arme secrète réside ici dans les West-Side Horns. Si ce disque affiche son pedigree sans ostentation, ces musiciens sont loin de sonner comme des requins appointés pour l’occasion. Ce sont les pistes lentes qui dominent la première moitié de ce disque (« Gare ta voiture Dans l’Allée », « Toujours Demain », « T’es la seule »). Ceci permet à la section de cuivres de s’installer dans le paysage, mais l’amateur « lambda » du Texas Blues aura peut-être d’abord le sentiment de rester sur sa faim. C’est sans compter avec « Hey, toi », un double-shuffle qu’on croirait issu du répertoire des early T.Birds : la rythmique de J.J. Barrera et « Unk » Turner roule comme une turbine, et l’harmo de Benoît, sobre et bien dans l’esprit, enfonce le clou. Quant à « 10 h ½ à « Chez Nous », c’est un Texas-shuffle instrumental : emporté par le groove de Pelegrin, tonton Benoît s’en donne à cœur joie au chromatique ! « Blues en la noche » le présente en duo avec Randy Garibay, venu vocaliser en espagnol et en voisin sur cet extrait de son répertoire et, surtout, décocher un solo de guitare mémorable. De la plage 7 à la plage 13, bien calé dans l’ambiance, Benoît convainc définitivement. « J’entends ton taxi qu’arrive » (encore un slow-blues), est traversé d’un solo torride d’Hector Watt sur ses six cordes. « J’suis pas l’homme qui t’faut » est un rockabilly à la touche western-swing, avec le renfort du leader-fondateur des Tail Gators, Don Leasy (à la steel guitar et à la guiatre électrique). On ne relâche pas la pression avec « Tu sais rien », un Texas-swing shuffle : tandis que les cuivres poussent à la roue, Hector « l’Araignée » se fend à nouveau d’un solo RENVERSANT, et quand Benoît sort enfin l’harmo de sa poche, on se retrouve dans un claque miteux d’Austin à sabrer la tequila-mezcal ! « C’est Moi qui tiens l’volant » est peut être mon titre favori : une irrésisitble rumba/mambo, aux paroles estampillées Blue Boy. La rythmique et les claviers s’en paient une tranche, et pour vous situer le mood, on pense à celui, feignant des tout premiers JJ Cale…Vient alors un morceau que Benoît avait écrit avec Steve Verbeke, « Un sale boulot ». Outre la voix bien sûr, les West-Side Horns, la guitare d’Hector Watt et le solo de Benoît marquent la différence de belle manière. « Rentrer chez moi » la joue zydeco, avec Don Leady de retour à la guitare et à…l’accordéon ! Avant le remix « FM » (?!) de la plage titulaire, « Tous les jours » conclut sur un Texas rockin’blues très T. Birds. Wow, gringo !
Patrick DALLONGEVILLE - PRESTO




« Une belle histoire » par Jazz Notes

Benoît aux Amériques où notre représentant, bien connu, enregistre à Austin Texas avec des musiciens du cru. Un esprit des plus blues qui passe en revue tous les aspects de cette musique en lui redonnant vie comme au bon vieux temps des années 60 ; exemple « Blues en la noche », étonnant et des plus chicanos. Une belle histoire qui raconte, en 14 épisodes et en Français – c’est pas si simple – un voyage où les racines sont profondes : Cajuns, R&Blues, Blues et danses des Péquenots. Attrayant, dynamique, amusant. Extra.
JAZZ NOTES




« Longue vie » par le Cri du Coyote

Décidément Frémeaux nous gâte en distribuant 3 CD de Benoît en quelques mois. Celui-ci a été enregistré en août 2000 à Austin avec Les derniers rebelles de la côte du Golfe du Mexique, par l’un des rares chanteurs français à mériter de figurer dans cette rubrique. Suivez son périple de musique intégrée : du swamp blues (Hey ! Toi) une ballade mi-swamp pop/ mi-blue eye soul (Toujours demain) une instrumentale Texas shuffle (10 ½ à chez nous) un swamp Texas, super (T’es la seule) des blues lents, style New Orléans, Houston, texan ou, mieux encore, chicano (Blues en la noche, avec Randy Garibay au vocal), un petit rock’n’roll carré (J’suis pas l’homme qui t’faut) du zydeco (Rentrer chez moi) du bon vieux rock’n’roll néo-orléanais, avec son rythme de rumba (Tous les jours). On pourrait dire des âneries comme : « Après avoir entendu cela, je peux mourir en paix ». Je préfère dire : «  Je veux vivre bien longtemps pour en écouter plein d’autres du même style ». La Louisiane en France, à portée de main, c’est possible, grâce à Benoît Blue Boy. Longue vie, et encore merci de laisser le bon temps rouler !
LE CRI DU COYOTE




« Totalement unique et original » par Rollin’ & Tumblin’

Lors de son mémorable passage au ‘Sang a Klang’ en Janvier 2000, BBB nous avait confié qu’il voulait bientôt réaliser un projet qui le hantait depuis longtemps : faire un disque en Louisiane, avec l’esprit et l’ambiance des années 50, mais entièrement chanté en Français et ce, avec des musiciens du coin qu’il connaît depuis toujours. Six mois plus tard, il entre en studio à…Austin Texas, une ville qui s’est finalement mieux prêtée à son projet, car se trouvant aux confins du Texas et se la Louisiane, et surtout facile d’accès pour ses potes Mexicains venant de San Antonio. Car BBB avait des idées bien précises en se rendant aux States : les treize titres originaux que l’on retrouve sur l’album avaient étés écrits pour restituer cette ambiance et cette sensibilité que seuls, sont capables de créer des musiciens habitués à la culture musicale de l’endroit. C’est cela en effet qui intéresse BBB : rechercher les particularités régionales dans le grand melting pot de la musique roots US et les mêler à sa propre approche originale. Dans cette optique, cet album ex-tra-or-di-naire dégage un charme et un sentiment de bien-être qui sont une vraie aubaine pour ceux qui prennent le temps de le déguster. Autour de la voix paresseuse de BBB, c’est l’atmosphère de tout un univers qui s’installe : canicule torride, ventilateurs, glacières, boîtes à bouffe mexicaines, stations d’essence dans le désert, existences précaires, le tout arrosé d’un gumbo musical savoureux, allant du swamp pop au rock’n’roll cajun, du R&B néo-orléanais au shuffle texan, du zydeco à la ballade mariachi. Passons aux musiciens. Ils n’ont pas été choisis à la légère. Et puisqu’ils sont deux, on va commencer par les West Side Horns – il s’agit bien sûr de la West Side de San Antonio, pas de celle de Chicago. Ricky Morales, le géant du R&B mexicain, au sax ténor, et Al Gomez Jr., à la trompette, se complètent aveuglement : leur son à la fois plantureux, chaud et nonchalant, est décidément unique. Ils donnent une coloration épique à des chansons comme « Toujours demain » et « T’es la seule », deux ballades de swampy R&B qui ne vous lâchent plus. Mais la vraie révélation se retrouve à la guitare, avec Hector ‘Arana’ Watt, un Indien Mescalero d’El Paso, complètement inconnu dans nos parages. A Austin, on l’estime énormément (il a accompagné Lou Ann Barton et Paul Orta). C’est un musicien qui se met corps et âme au service du groupe, ce qui ne l’empêche pas de déballer à l’occasion des solos magiques (cf. « Tu sais rien », « Toujours demain » et « J’entends ton taxi qu’arrive »), tout en préférant un art décontracté et simple aux six cordes. Il est bien soutenu par Don Leady, ex-leader des Tail Gators, par ailleurs accordéoniste de talent (« Rentrer chez moi »), et superbe à la ‘steel guitar’ sur le rock’n’roller « J’suis pas l’homme qui t’faut ». L’autre surprise vient de Mark Goodwin, qu’on a vu dans nos régions il y a quelques années, accompagnant Bobby Mack. Son travail à l’orgue est discret, presque assourdissant, à l’arrière-plan, mais très propice à l’ambiance. Pour Uncle John Turner, BBB n’avait pas d’hésitation : l’ex batteur de Johnny Winter, « back in the sixties », a fait partie de toutes les scènes texanes depuis 40 ans, il connaît par cœur tous les musiciens du coin, et puis c’est un véritable batteur de blues, capable d’aborder tout les styles. Ajoutons Pierre Pellegrin (un français d’Austin) et Jean Jacques Barrera (un métis ex-Tail Gators) aux basses (ils sont tous les disciples du regretté Keith Ferguson), de même qu’une apparition éphémère, mais remarquée, de Randy Garibay, en duo hispano-francophone sur le paresseux ‘Blues en la noche’. Vous conviendrez alors que BBB a réussi à rassembler une palette de caractères parfaitement aptes à répondre à ses exigences. Tous ces petits maîtres n’empêchent cependant guère notre homme de garder constamment le contrôle de son projet. Inégalable en vieux caractériel goguenard et râleur, il n’y avait que lui, pour faire passer des paroles françaises dans un tel projet. Dans le booklet qui accompagne le disque, BBB commente chacun des titres, relate des souvenirs qui y sont attachés, donne des détails sur les musiciens. « BBB en Amérique » est un disque totalement unique et original. Très recommandé !
In seiner französischen Heimat ist er als kauziger, aber hochgeschätzter Außenseiter bekannt. Seine musikalische Erfahrung und Kultur ist einzigartig. In Austin/Texas hat sich jetzt einen lang gehegten Traum erfüllt, und eine Platte aufgenommen, die die Atmosphäre der Gegend originell wiedergibt. Die Musiker hierzu fand er vor Ort, und ihre verschiedenartigen Charaktere sind ein Spiegelbild dieser Texas-Louisiana Grenzregion. Musikalisch reicht das von mexikanischem R&B über Cajun Rock’n’Roll bis hin zu Mariachi-Balladen, dazu exklusiv französische Texte. Man muss sich schon Zeit für diese Platte nehmen, doch es lohnt sich. Klasse!
ROLLIN’ & TUMBLIN’




« Quelle pêche » par Trad Mag

Pour les amateurs de Blues, Benoît Blue Boy n’est pas un inconnu, cela fait plus de quarante ans qu’il souffle dans son harmonica derrière les maîtres du genre : Albert King, Albert Collins, Muddy Waters ou encore Clifton Chénier, Fats Domino ou autre Zachary Richard (excusez du peu !). S’il est vrai qu’il est moins médiatique qu’un Jean Jacques Milteau, il n’en reste pas moins un superbe musicien. Pour son dernier CD, il s’est fait un petit plaisir : aller enregistrer à Austin (Texas) avec des musiciens de l’époque bénie du rock’n’roll et du rythm’n’blues, les années 60. Les jeunots n’ont qu’à bien se tenir, ils savent encore se tenir les pépés. Quelle pêche, quelle virtuosité, un vrai bonheur de les entendre jouer ! Le back beat cher à tous les amateurs de blues et de rock n’a plus de secret pour eux. Un seul regret mais de taille et ça n’engage que moi : dommage que Benoît chante en français, je trouve que ça colle mal avec la superbe musique qui l’accompagne et dont il est l’auteur d’ailleurs.
Claude VUE – TRAD MAG




« La magie continue » par Jazz Hot

Onze ans après le précédent, B.B. Boy remet cela, en Amérique cette fois, à Austin et avec des partenaires bien choisis. Le  feeling est toujours là et la magie continue de faire ses effets. C’est original et bien torché, les West Side Horns apportant ce plus qui fait la différence là où il faut. Certaines mélodies accrochent vraiment et restent en mémoire de façon insistante (« Gare ta voiture… », « C’est moi qui tient l’volant », les très belles ballades, entre autres, « Toujours demain » et « T’es la seule »). Une mention spéciale à « Hey toi » (harmonica et guitares) à « Rentrer chez soi » (accordéon !) et au très swamp-pop « Tout les jours ». Avec ‘J’suis pas l’homme qui t’faut », « Tu sais rien » et quelques autres titres, Benoît prouve qu’il est possible de swinguer en Français et d’aucuns pourraient en prendre de la graine. En fait, aucun titre ne laisse à désirer. Le plaisir d’écouter commence avec le premier et perdure jusqu’au dernier avec quelques points forts de-ci de-là. Fortement recommandé.
Robert SACRÉ – JAZZ HOT




« Fantasme Américain » par Bluesborder

Là c’est carrément le rêve de gamin qui se concrétise : alors qu’on imaginait bien que, tôt ou tard, il pourrait se risquer à aller enregistrer en Louisiane, c’est à Austin, Texas, que Benoît est parti réaliser son fantasme Américain. Son infidélité envers ses Tortilleurs se justifie par la grâce d’un line-up qui colle parfaitement à ses histoires de traîne-savates. A l’opposé d’un Halliday ou d’un Eddy Mitchell (qui jouèrent la carte exotique des invités de renom, de Tony Joe White à Charlie Mc Coy), Benoît (qui avait préparé son coup) s’entoure ici d’une rythmique millésimée : « Uncle » (« Unk ») John Turner (premier batteur de Johnny Winter) et les bassistes français (mais émigrés au Texas) Pierre « Pitou » Pelegrin et Jean-Jacques Barreda (qui remplaça feu Keith Freguson au sein des Tail Gators !). A la guitare, un métis mescalero d’El Paso qui accompagna Paul Orta et Lou Ann Barton, Hector « Araña » Watt (l’araignée !) : un killer tout en souplesse, au style inimitable, et pourtant tellement texan ; L’arme secrète réside ici dans les West Side Horns (Rocky Morales, sax ténor, et Al Gomez, mars Jr., trompette). Ces lascars sont issus de l’orchestre de Randy Garibay (dont l’excellent CD, « Chicano Blues Man », sur Surfin’Dog/MSI, a été chroniqué dans Bluesboarder n°78, mars 2001). Bref, si ce disque affiche son pedigree sans ostentation, ces musiciens sont loin de sonner comme un aréopage de requins appointés pour l’occasion, mais bien comme un groupe compact et rôdé (à Austin, la profusion des clubs les amène à se croiser en permanence). Tout en représentant une exception dans sa discographie, ce disque demeure bien du Benoît à 100%. Comme sur son précédent, « Lent ou rapide » (Voodoo Records, 1997), les slow-blues alternent avec les plages enlevées, même si leur répartition est ici moins systématique…et c’est l’un des points les plus déroutants à la première écoute ! En effet, alors que le clampin moyen s’attend à trouver les titres chocs en entrée d’album, ce sont les pistes lentes qu en dominent la première moitié (« Gare ta voiture dans l’allée », « Toujours demain », « T’es la seule »). Si ce choix permet à la section de cuivres de s’installer confortablement dans le paysage, l’amateur « ordinaire » de Texas Blues aura peut-être d’abord le sentiment de rester sur sa faim. Ce serait sans compter avec « Hey toi », super double-shuffle qu’on croirait issu du répertoire de Lazy Lester, via les early T. Birds : la rythmique de J. Barrera et « Unk » Turner roule comme une turbine, et l’harmo de Benoît, sobre et bien dans l’esprit, enfonce le clou. Quant à « 10h ½ à Chez Nous », c’estr un Texas shuffle instrumental dans la ligne de « Cricketeer’s, le retour », sur son précédent : emporté par le groove de Pelegrin, tonton Benoît s’en donne à cœur joie au chromatique ! « Blues en la noche » le présente en duo avec Randy Garibay, venu vocaliser en Espagnol et en voisin sur cet extrait de son répertoire et, surtout, décocher un solo de guitare mémorable. Pour le coup, on aurait presque pu intituler l’album « Benoît Blue Boy et les Tortillas » ! dès lors, on entame la brochette prodigieuse : de la plage 7 à 13, bien calé dans l’ambiance, Benoît convainc définitivement. Ça démarre avec « J’entends ton taxi qu’arrive » (encore un slow-blues, quelque peu démarqué du « Things I used to do » de Guitar Slim), traversé d’un solo torride d’Hector Watt sur ses six cordes : furieux et paresseux à la fois (comme un lion qu’on aurait réveillé en sursaut). Ce guitariste est décidément LA découverte de l’album ! « J’suis pas l’homme qui t’ faut » est un rockabilly à la touche Western swing, avec le renfort du leader-fondateur des Tail Gators, Don Leady en personne, qui étincelle à la steel guitar et à la guitare électrique. On ne relâche pas la pression avec « Tu sais rien », un Texas swing shuffle : tendis que les cuivres poussent à la roue, épaulés par le travail impressionnant de Maw Goodwin au piano, Hector « l’araignée » se fend à nouveau d’un solo RENVERSANT, et quand Benoît sort enfin l’harmo de sa poche, ça y est : on se retrouve dans un claque miteux d’Austin, à sabrer la tequila-mezcal. Moite le climat !... « C’est moi qui tiens l’volant » est peut-être bien mon titre favori : une irrésistible rumba/mambo, aux paroles estampillées Blue Boy. La rythmique et les claviers s’en paient une tranche, et pour vous situer le mood général, on pense au climat feignant des tout premiers JJ Cale : un classique ! Vient alors la reprise d’un morceau que Benoît avait écrit avec Steve Verbeke pour le premier album de ce dernier, « Un sale boulot ». Outre la voix bien sûr, les West Side Horns, la guitare d’Hector  watt et le solo de Benoît (peut-être son plus débridé de tout l’album !) marquent la différence de belle manière. « Rentrer chez moi » sonne comme une adaptation zydeco du « Mystery train » de Junior Parker, avec Don Leady de retour à la guitare et à…l’accordéon ! Imparable, avec « Unk » Turner qui se la joue bien sûr 100% Louisianaise. Avant le premier remix « FM » ( ?!) de la plage titulaire (qui clôt le disque), « tous els jours » conclut sur un Texas rockin’blues très T. Birds (avec chorus d’harmo à la Kim Wilson). Fans de Lee Mc Bee et Mike Morgan, voici la version française ! Eh bien, voilà : le disque de blues français de l’année a été enregistré au Texas en Avril 2000. Un dernier mot ( !) à propose des paroles (on ne va tout de même pas écrire « lyrics » en de telles circonstances !) Benoît est peut-être bien le seul à pouvoir faire passer l’esprit du blues dans cette langue. Sa poésie du quotidien, sa gouaille ironique et son phrasé tour à tour fourbu, pâteux ou râleur servent à ravir ses merveilleuse vignettes de cocus paumés et magnifiques (à cent coudées des clichés chromos d’un Eddy Mitchell en classe touriste sur le Rio Grande) ; un album dont la modestie ne doit toutefois pas masquer la superbe : magistral et inconditionnellement recommandé !
Patrick DALLONGEVILLE - BLUESBOARDER




« Histoires de tous les jours » par Soul Bag

On attend les rendez-vous de B.B.B. comme d’autres l’heure du conte. Cette fois-ci, il nous conte des aventures à la Hergé avec ce Benoît Blue Boy en Amérique. Date d’enregistrement : juillet 2000. Lieu : Austin, Texas, avec la crème des musiciens locaux, plutôt chicanos que chicagoans. Soit « Unk » John Turner à la batterie et l’impeccable Hector « Arana » Watt à la guitare. Dans Blues en la noche, l’harmoniciste partage d’ailleurs le micro avec « son pote » (sic) Randy Garabay pour un blues dans la nuit faussement nonchalant en « vieux parler des paysans », ceux qui ne comprennent pas les Américains, surtout quand ils portent l’étoile de shérif. Ici comme ailleurs, les cuivres sont cuivrés à souhait. Où qu’il enregistre, Benoît Blue Boy amène avec lui son imaginaire, ses histoires de tous les jours, de rendez-vous manqués, de taxis qui arrivent, de trains qui partent, de femmes qu’on attend et qui, pour un peu (J’suis pas l’homme qui t’faut) demanderaient à leurs hommes de travailler et de faire les courses ! Affalé dans un sofa, attendri par un ventilateur coréen, on découvre à l’issue de ces treize titres que le disque, non seulement se laisse écouter mais qu’en plus il se laisse lire. Car le livret ponctue chacune titre d’une anecdote, d’un commentaire, sur les références musicales du morceau ad hoc.
Christophe Driancourt – JAZZ MAN




« Une légende » par Soul Bag

Je fus d’abord dérouté : pas de Tortilleurs, prédominance de rythmes lents ou médium, harmonica discret, étai-ce bien le bon disque ? Et puis tout s’est mis à sa place, 100% Benoît Blue Boy, comme il l’explique dans l’interview. On connaît son attirance pour le Sud des Etats-Unis, sa capacité à prendre du recul, son expérience, cette capacité qu’il a de ne jamais trop en faire, une voix juste posée, des solos d’harmonica simples qui créent l’ambiance, mais ne l’encombrent pas par une avalanche de notes, s’effaçant presque pour laisser la place aux accompagnateurs. Le choix d’Austin comme lieu d’enregistrement s’imposait : c’est le seul endroit où toutes les influences de Benoît sont présentes, blues texan, swamp blues, zydeco, rock’n’roll, tex mex, rhythm & blues. C’est bien ce que le disque contient : un authentique festival de ces musiques, servi par la crème musicale du genre. Les cuivres des West Side Horns sont chauds avec des arrangements proches du concert, à des années lumières des standards FM, la trompette s’attarde du côté des graves, le saxophone est grassouillet ; la basse a un son qui fait croire à la résurrection de Keith Ferguson, la guitare évoque Jimmy Ray Vaughan, Guitar Slim, Al Ferrier et le son Goldband à la fois ; l’orgue et l’accordéon apportent des contrepoints essentiels, la batterie laisse deviner les millions de sessions et de concerts qui donnent l’expérience propre à faire danser les morts. Encore une fois, plutôt que de prendre le devant de la scène, Benoît est complètement intégré au groupe, sa voix est comme l’ultime instrument, dont les notes seraient les mots, des mots français qui comptent parmi les seuls à exprimer le blues véritable. Benoît ne la joue pas « Nous sommes tous frères, le frère est une grande famille ». Ses textes privilégient le vécu, le quotidien, sous forme de constat, pas de revendication : »Voilà ce qui m’arrive, qu’est-ce que vous en pensez ? ». Et ça, il n’y a pas besoin de le jouer vite, sauf pour se dégourdir les jambes comme sur le hit potentiel Tous les jours à l’écoute duquel on se dit que, ça y est, les Fabulous Thunderbirds chantent en Français. D’autres titres vous tireront des larmes comme l’émouvant Toujours demain, qui rappelle les titres lents des disques de Lavelle White sur Antone’s, un slow à la fin duquel on a l’impression que les cuivres ralentissent encore plus le rythme pour augmenter le sentiment de fatalité. Un disque à écouter en lisant les commentaires de Benoît pour chacun des morceaux. Il y évoque ses souvenirs, ceux que les musiciens lui ont raconté, pleins de légendes, forgées par des gens simples dont la musique était le gagne-pain, mais qui savaient transcender tout cela pour donner de l’émotion au public. C’est cela que Benoît Blue Boy sera pour nos enfants : une légende.
SOUL BAG




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