MUDDY WATERS

KING OF THE CHICAGO BLUES 1951-1961 VOL. 2

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Livret : 24 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 3


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FA273

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Après un premier coffret consacré aux débuts de la vie et de la carrière de Muddy Waters – alias Mc Kinley Morganfield, conducteur de tracteur sur la plantation Stovall, inspiré par Son House et les Mississippi Sheiks – Gérard Herzhaft présente une anthologie dédiée à la décennie 1951-1961 de Muddy Waters. Dix années pendant lesquelles sa musique, « transportant le bruissement du Delta, l’ambiance du Deep South, presque l’odeur des poissons- chats grillés au barbecue », s’apprête à révolutionner la scène Européenne où Muddy Waters est adulé comme un héros par les futurs Rolling Stones ou Led Zeppelin !

Patrick FRÉMEAUX

Muddy Waters Volume 2 FA273

COLLECTION DIRIGÉE PAR GÉRARD HERZHAFT

MUDDY WATERS Vol. 2
THE BLUES

KING OF THE CHICAGO BLUES
1951 - 1961









Nous avons relaté en détail les tout débuts de la vie et de la carrière de Muddy Waters dans le coffret The Blues: Muddy Waters/ FA 266, comment Mc Kinley Morganifeld, conducteur de tracteur sur la plantation Stovall s’inspire de Son House et des Mississippi Sheiks, rencontre fortuitement John et Alan Lomax qui l’enregistrent pour la Bibliothèque du Congrès, un disque non commercialisé à l’époque mais qui donnera une grande confiance à celui qui va bientôt se faire connaître comme Muddy Waters. Arrivé à Chicago en 1943, Morganfield sera adoubé par les vedettes du blues de la ville comme Big Bill Broonzy (cf FA 252), Tampa Red (FA 257), John Lee « Sonny Boy » Williamson (FA 253), ses inspirateurs à qui il rendra d’ailleurs toujours hommage.

Rollin’ Stone, Louisiana blues, Rolling and tumbling, Can’t be satisfied... Bien qu’il ne s’agisse là que de succès locaux avec des entrées dans les Hit Parades uniquement régionaux (Chicago et le Sud Profond), Muddy est déjà un artiste majeur de la scène du nouveau Chicago blues de l’après guerre lorsque commence ce nouveau coffret qui va décrire sa vie et sa carrière durant les années 50.

Pendant plusieurs années et après une tentative pas très convaincante de continuer le Bluebird Sound, Muddy n’a enregistré qu’avec un seul contrebassiste, une formule qui faisait mouche parmi les innombrables nouveaux migrants noirs venus du Sud à Chicago et qui trouvaient dans cette formule le parfum de leur terroir d’origine. Mais Muddy sentait bien que les choses et les goûts changeaient très vite parmi la clientèle des bars des ghettos de Chicago où il jouait presque exclusivement. Dans ces clubs, Muddy jouait avec un orchestre, ce qu’il avait d’ailleurs expérimenté dès son arrivée à Chicago en étant le guitariste électrique de John Lee « Sonny Boy » Williamson, certainement un des principaux créateurs du Chicago blues orchestral et électrique. Au Club Zanzibar, notamment, un des lieux où il se produisait régulièrement les week-ends, Muddy était entouré de Jimmy Rogers, d’abord son harmoniciste puis son second guitariste, Little Walter Jacobs qui avait commencé à jouer de la guitare mais avait rapidement et en raison de ses facilités pour cet instrument, pris le rôle d’harmoniciste. Pour donner le rythme, on trouvait Big Crawford ou Willie Dixon à la contrebasse ainsi que la batterie originale de Elgin Evans. Muddy partait aussi fréquemment en tournée dans les villes et bourgades du Sud avec à peu près les mêmes musiciens. Sauf Willie Dixon qui, salarié en tant que producteur, compositeur, arrangeur chez Chess ne quittait plus guère Chicago. Pour maintenir pendant ces tournées sa présence à Chicago et dans les villes du Nord – et selon une méthode très répandue parmi les orchestres de Rhythm & Blues et de Country Music – Muddy (avec l’aide de Dixon) avait mis sur pied un Muddy Waters Blues Band bis ou junior (parce que composé essentiellement de nouveaux venus sur la scène du blues) qui reprenait le répertoire et la manière de jouer de l’orchestre « officiel ». C’est dans cet orchestre bis qu’on trouvera Junior Wells, Mojo Buford, James Cotton, Smokey Smothers, Sammy Lawhorn, Sonny Wimberley, le pianiste Otis Spann, Calvin Jones, le batteur Willie Smith et bien d’autres. Ces musiciens sont aussi ainsi à même de remplacer au pied levé un membre du blues band « officiel » qui viendrait à manquer. C’est notamment le cas de Junior Wells puis James Cotton qui, à partir du succès de l’instrumental Juke en 1952, prendront la place de Little Walter, désormais leader de son propre orchestre et développant sa carrière personnelle. Cela n’empêchera cependant pas Muddy de faire appel en studio et chaque fois que cela sera possible aux talents de Little Walter. Muddy Waters et Willie Dixon, très impressionnés par le feeling de Otis Spann, en feront aussi un membre permanent du Muddy Waters blues band qui ajoutera ainsi un piano à la formation originelle, donnant ainsi une touche encore plus moderne à l’ensemble.

Mais, pendant des années, les frères Chess, et notamment Len, pour lesquels le bluesman enregistrait depuis 1947 ne voulaient rien changer à une formule guitare/ contrebasse qui leur semblait désormais caractériser définitivement le son Muddy Waters. Willie Dixon se fait cependant de plus en plus insistant, témoigne des réactions extrêmement enthousiastes du public des bars et des clubs face à la formule orchestrale. Chess consent donc à ajouter d’abord seulement Little Walter, le rythme étant toujours assuré par Big Crawford ou même dans la séance de juillet 1951 (She moves me, Country boy), Crawford étant absent, par Len Chess qui tape (plus ou moins) en rythme sur une boîte à chaussures !

Finalement, en décembre 1951, Chess consent à enregistrer Muddy Waters avec Little Walter, Jimmy Rogers et le (vrai) batteur Elgin Evans (connu aussi sous le nom d’Elga Edmonds !). Cela donne plusieurs chefs d’oeuvre comme l’autobiographique They call me Muddy Waters et une magnifique première version de Rock me baby (d’après le succès alors récent de Lil’Son Jackson) intitulée All night long. L’harmonica de Little Walter, précis, vif, acéré a dû décoller les papiers peints du studio (s’il y en avait !).

Les mêmes reviennent en studio le 12 mai 1952 pour une longue séance dans laquelle Muddy (Please have mercy) et Jimmy Rogers alternent les titres. Len Chess n’aimait guère Walter, essentiellement à cause de son caractère et sa manière désinvolte de se conduire. Mais lorsque l’ensemble exécute Juke, un instrumental que l’orchestre jouait en ouverture avant l’arrivée sur scène du leader Muddy, Chess sent immédiatement que ce morceau nettement plus jazzy que ce que faisaient les deux autres décide de sortir le disque sous le nom de Little Walter. Choix judicieux : Juke montera vite très haut dans le Top 40 de R&B, lancera la carrière de Walter et modifiera complètement le jeu d’harmonica de presque tout le Chicago blues. Walter, soudain leader de son propre groupe, est absent des séances suivantes où il est remplacé par un tout jeune Junior Wells puis par son grand rival Big Walter Horton. Avec Iodine in my coffee, Standing around crying, Flood ou Sad sad day, Muddy est au sommet de son art. Sa voix chaude, articulée, profonde, extraordinairement sensuelle transporte l’atmosphère lourde et poisseuse du Delta de son enfance. Elle flotte au-dessus des parties instrumentales de ses sidemen entièrement au service de leur leader.

En mai 1953, encore grâce à l’insistance de Willie Dixon, Len Chess permet à Muddy de se munir d’une section rythmique complète, basse et batterie. Baby please don’t go (d’après une composition de Big Joe Williams) apparaît encore plus en phase avec les changements de goût du public noir des villes du Nord, qui, niveau de vie aidant, désormais délaisse ses origines rurales et adopte une attitude urbaine qui n’est pas exempte de frime et de machisme ouvertement assumé. Dixon – qui a de plus en plus la maîtrise de la production chez Chess, au moins en ce qui concerne les artistes de blues – décide de faire de Muddy l’archétype de ce macho sudiste venu à Chicago afin de conquérir fortune, gloriole et jolies filles.

Malgré la réticence première de Waters, il lui compose des chansons dans cet esprit. Mad love (I want you to love me) est un premier essai fort concluant puisque les ventes du disque sont supérieurs aux précédents. Un samedi soir de décembre 1953 au Club Zanzibar, face à un public très jeune qui ne veut entendre que ce genre de discours et entre deux sets, Dixon s’isole avec Muddy dans les toilettes (le seul endroit où ils peuvent avoir un peu de calme) et lui compose en quelques minutes Hoochie Coochie man, destiné à combler les attentes de la forte audience de ce soir-là : un minimum d’accords et de notes afin que Muddy et le groupe puissent immédiatement l’interpréter, un texte qui pousse à l’extrême cette posture bravache et machique, un rythme simple mais lancinant. L’accueil que les clients du club font à ce morceau est si enthousiaste (Muddy doit chanter et rechanter le morceau tout au long de la soirée) que Dixon décide de l’enregistrer immédiatement. Le 7 janvier 1954, Muddy flanqué de Little Walter, Jimmy Rogers, Willie Dixon à la basse plus enfin Otis Spann au piano et le jeune batteur Fred Below qui ajoute une touche jazzy et swinguante irrésistible, gravent Hoochie Coochie man qui, très vite, atteint les sommets des Hit Parades de R&B à Chicago, Detroit, Saint Louis, Memphis et jusqu’à New Orleans. Ce sera le plus gros succès commercial de Muddy Waters avec une troisième place au Top 40 National, un exploit pour un bluesman de ce genre.

Les frères Chess se frottent les mains et Muddy (fait assez rare pour un bluesman « profond ») figure en bonne place dans les principales tournées de Rhythm & Blues qui passent dans les grands théâtres des quartiers noirs des villes, de New York jusqu’à la Californie. On ne change pas une formule qui gagne et Dixon accumule les compositions de la même veine que Hoochie Coochie man : l’explicite I just want to make love to you, le « ferme » I’m ready et enfin en mai 1955 le « puissant » Mannish boy. Tous ces titres figurent aussi en fort bonne place dans les Tops 40.

Cependant, Mannish boy est avant tout une réponse aux jeunes pousses de vingt ans qui, émoustillés par le succès de Hoochie coochie man, se sont engouffrés dans la brèche ainsi ouverte et multiplient les blues du même genre qui sonnent comme autant de provocations quelque peu moqueuses et dubitatives vis-à-vis des prouesses sexuelles dont se vante le quadragénaire (un déjà vieux pour ces semi adolescents !) Muddy Waters. En fait, Mannish boy est la reprise et réponse à peine réarrangée de I’m a man un titre gravé le 2 mars 1955 par Ellas Mc Daniel dit Bo Diddley qui, né en 1928, et plein d’idées musicales novatrices, est alors en train de secouer le cocotier du Chicago blues au sommet duquel Muddy Waters et quelques autres transfuges du Delta comme Howlin’ Wolf trônent depuis un trop long moment aux yeux de ces petits nouveaux aux dents longues. I’m a man est aussi de toute évidence une première « réponse » vigoureuse à Hoochie Coochie man et proclame avec encore plus de posture machique la supériorité sexuelle des jeunes hommes sur les « vieux » qui, eux, ont besoin des artifices des sorcières vaudous de La Nouvelle Orléans pour maintenir leur virilité.

Mais il y a une grande différence d’atmosphère et d’approche entre les disques de Bo Diddley, ceux du tout jeune Chuck Berry et ceux d’un Muddy Waters et Len Chess ne s’y trompe pas qui enregistre à tour de micros et de consoles ces jeunes bluesmen rockers. Quels que soient ses efforts, Muddy est un homme de la campagne venu du ghetto et ses blues, même les plus modernisés, transportent le bruissement du Delta, l’ambiance du Deep South, presque l’odeur des poissons-chats grillés au barbecue. Bo et Chuck sont très différents. Ayant presque toujours vécu dans les grandes villes du Nord, ils représentent une nouvelle génération de jeunes américains qui écoutent (et achètent en masse) les disques de Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Bill Haley, Little Richard, Fats Domino, Esquerita et bien d’autres artistes qui répandent le Rock’n’roll et renvoient au rancart autant les artistes de Rhythm & Blues ou de Western Swing qui leur avaient pourtant totalement ouvert la voie mais aussi bien sûr les bluesmen venus des plantations sudistes vers les grandes villes durant les années 40, qui ont représenté parfaitement les aspirations de ces nombreux migrants, mais qui désormais sentent beaucoup trop la campagne pour une nouvelle génération totalement urbaine.

Les ventes des disques de Muddy Waters (comme ceux des autres bluesmen « profonds » de Chicago et d’ailleurs) plongent et laissent quelque peu désemparés autant Willie Dixon que Muddy Waters. Il faut souligner encore une fois – puisqu’ils ont souvent été très décriés – que c’est le goût personnel des frères Chess pour ce qu’ils appellent le « vrai » blues qui les a poussé à continuer d’enregistrer Sonny Boy Williamson, Howlin’ Wolf ou Muddy Waters et d’éditer leurs disques alors que cela était de moins en moins rentable pour eux. Et qu’ils ne savaient évidemment pas alors l’étonnant destin qui attendait l’oeuvre de leurs artistes et « protégés ».

Muddy fait très vite le constat lucide qu’il ne sera pas un émule d’Elvis Presley et qu’il n’électrisera pas les jeunes comme sait le faire un Little Richard. Il se concentre alors sur le chant à l’instar des bluesmen de la mouvance texano-californienne comme Lowell Fulson, B.B. King ou Bobby Bland qui rencontrent toujours les faveurs du public noir, notamment dans le Sud. Il joue de moins en moins de guitare surtout sur disque, le jeu en bottleneck tranchant qui était sa marque disparaît presque totalement. A la place, il s’entoure de guitaristes plus modernes capables de jouer dans le style alors émergeant de Otis Rush, Magic Sam ou Buddy Guy. C’est le cas de Hubert Sumlin qu’il débauche brièvement de l’orchestre de Howlin’ Wolf (ce qui vaudra à Hubert une mémorable raclée de la part de son patron !) lors de la séance de février 1956 qui comprend de belles réussites artistiques comme Forty days and forty nights, un morceau signé de Bernard Roth, un boucher (blanc) de la ville de Gary (Indiana) qui jouait du piano et composait des chansons à ses heures perdues qui seront souvent enregistrées par des groupes vocaux de doo-woop comme les Spaniels ! Sumlin passe ensuite le flambeau à Pat Hare, un superbe guitariste venu de Memphis (et qui avait aussi débuté avec Howlin’ Wolf) qui tiendra ce rôle auprès de Muddy les années suivantes avant de finir sa vie dans un pénitencier après qu’il eût assassiné sa femme. Forty days qui s’éloigne notablement des autres morceaux habituels interprétés par Muddy, avec une immanquable touche pop et légère, rencontre les faveurs du public et figure brièvement dans le Top 10 de R&B.

Quant à All aboard, gravé durant la même séance, au-delà de l’entrain irrésistible engendré par ce blues sur le chemin de fer, il introduit, aux côtés de Little Walter qui revient régulièrement prêter souffle fort à son ancien leader dans les studios, le deuxième harmonica du jeune James Cotton qui conservera le poste d’harmoniciste du Muddy Waters blues band durant une bonne décennie. Cotton (né en 1936, soit vingt ans après Muddy !) a directement appris à jouer auprès de Rice Miller (Sonny Boy Williamson) qui l’avait amené avec lui alors qu’il était encore enfant. Cotton a aussi fait partie de l’orchestre de Howlin’ Wolf à Memphis et avait des goûts musicaux très modernes (ce qu’il développera tout au long d’une riche carrière marquée souvent par des sons très funk et Soul) et une approche de l’harmonica presque aux antipodes de Little Walter. Très peu familier du style de Muddy Waters, Cotton – désireux de conserver de façon permanente son job – va apprendre tout le répertoire de son nouveau leader grâce à Otis Spann qui, durant de longues soirées, joue au piano les solos et les contre-chants des morceaux interprétés par Muddy tandis que Cotton les reprend note par note !

A la fin de l’année 1956, le label Chess – dont la prospérité est en train d’exploser grâce aux ventes des disques de Chuck Berry – emménage dans de nouveaux locaux et studios au 2120 Michigan Avenue, plus spacieux, plus modernes, plus fonctionnels mais qui perdent quelque peu de l’atmosphère bricoleuse mais familiale des précédents.

Got my mojo working, sans doute le titre le plus célèbre associé à Muddy Waters mérite une relation détaillée tant il illustre une facette de la personnalité de Muddy qu’on ne met pas souvent en avant.

Durant le dernier trimestre 1956, Muddy tourne un mois durant dans le Sud des Etats Unis sous la houlette de Shaw Artists, une des principales agences d’artistes noirs. Muddy n’est désormais qu’un parmi de nombreux autres chanteurs et musiciens de Rhythm & Blues, un peu le « bluesman de service » mais il a la tâche de prêter son orchestre aux autres chanteurs présents dans cette tournée et qui n’ont pas (encore) les moyens de fonder et entretenir un ensemble. C’est le cas de la toute jeune Ann Cole (née en 1934), chanteuse et pianiste de jazz et de pop à New York. Repérée par le producteur Sol Rabinovitz qui l’enregistre d’emblée sur son label Baton, Ann est prise en mains par Shaw Artists afin de lancer sa carrière pour une première tournée sudiste. Pour ce faire, Sol Rabinovitz lui a concocté un répertoire nouveau, plus Rhythm & Blues et plus tourné vers le public noir sudiste dont elle ignorait alors totalement les goûts. Parmi ces titres figure Got my mojo working, écrit pour la circonstance par un compositeur professionnel de Tin Pan Alley (le quartier où se trouvent tous les ateliers de composition musicale pour les pièces de Broadway ou les comédies de Hollywood), Preston Foster qui a signé autant de chansons que de pièces classiques.

Sol Rabinovitz témoigne :

« Durant ce long tour dans le Sud en 1956 où Ann Cole, encore presque une gamine, a joué avec l’orchestre de Muddy Waters et est tombé sous le charme du sémillant chanteur de blues, elle a presque tous les soirs interprété Mojo. Malgré mes avertissements, complètement confiante dans Muddy, elle est même allée jusqu’à écrire et apprendre les arrangements du morceau pour les musiciens de Waters... De retour à Chicago, Muddy a présenté « sa » nouvelle composition à Len Chess à qui cela a tout de suite plu et l’a fait enregistrer… Ni Len ni moi ne savions tout cela. Et quelle ne fut pas notre surprise d’entendre à la radio le même morceau sorti la même semaine chez les disquaires aussi bien par Ann Cole que par Muddy Waters... »

La plume de Foster était bien rodée : la version de Muddy (avec une superbe partie de guitare par Pat Hare) se place septième au Top 10 R&B tandis que celle d’Ann Cole, entourée de cuivres, culmine à la troisième place. Mais lorsque Chess reçoit par Rabinovitz les preuves que Muddy n’a rien à voir dans l’écriture de Mojo, il passe un savon mémorable au bluesman et est obligé en catastrophe de retirer de la vente les très nombreux disques pressés avec la mention de compositeur Mc Kinley Morganfield pour y faire figurer celle de Preston Foster.

Muddy – comme d’ailleurs la plupart des bluesmen – est coutumier de ce genre de faits. Dans le passé, il s’est approprié sans ciller de nombreuses compositions comme Walking blues, Rollin’ and tumblin’, Rolling Stone (Catfish blues), Baby please don’t go ou Rock me et, signés de Noirs soit illettrés soit décédés soit incapables de se faire entendre (Big Joe Williams ne réussira à récupérer les droits de Baby please don’t go qu’à la fin de sa vie et avec l’aide des avocats de Bob Dylan), il n’a guère rencontré de contestation. Mais les temps ont changé dans ce domaine aussi et un compositeur de Tin Pan Alley n’est pas un bluesman du Delta.

Quoi qu’il en soit et malgré une brève entrée dans le Top 100 de Close to you en 1958, Got my mojo working sera, en 1957, le dernier vrai succès de Muddy Waters à destination du public noir, le seul qui jusqu’à présent venait l’entendre en club et en tournée et achetait ses disques. Les 45t suivants, quelle que soit leur grande qualité artistique, ne se vendent plus guère malgré les tentatives par Chess de « moderniser » encore et toujours l’orchestration. Comme en entourant Muddy de cuivres pour une nouvelle lecture de Evil, un ancien succès de Howlin’ Wolf.

Personne n’imaginait alors que les disques de Chicago blues – et ceux de Muddy Waters en particulier – étaient en train d’être collectionnés, révérés, écoutés quasi religieusement et bientôt réinterprétés par des jeunes gens blancs situés à des milliers de kilomètres de Chicago, au coeur de l’Angleterre et de l’Europe !

Dans une interview à Guitar Player, le guitariste des Rolling Stones, Keith Richards raconte :

«  Mon héros parmi les héros est évidemment Muddy Waters. Non seulement parce que j’ai eu la chance de bien le connaître et que c’était un parfait gentleman mais surtout parce que sa musique est sublime... C’est Mick Jagger qui me l’a fait découvrir. Nous avions tous les deux à peine seize ans et nous nous sommes mis à discuter comme ça dans le train de banlieue. On s’est aperçu qu’on aimait tous les deux la musique de Chuck Berry. Alors, Mick a plongé dans son sac et en a ressorti un album The Best of Muddy Waters. Il y avait une belle photo de profil de Muddy Waters et c’était la première fois que j’entendais parler de cet inconnu. Mick l’adorait tant qu’il ne cessait de me vanter ce disque. Et pour encore plus me faire partager son enthousiasme, il est venu quelques jours plus tard chez moi et m’a fait écouter le disque. Je me souviens qu’on l’a passé trois ou quatre fois les deux côtés en entier et qu’on a mis longtemps à échanger une phrase tellement la beauté de ces blues nous étreignait... »

Avec l’avènement du microsillon et les ventes d’albums parmi les amateurs de jazz, Chess se met à éditer des 33t pour ce public à partir de 1958. Sans doute désireux d’élargir l’audience de ses bluesmen jusqu’alors cantonnée au prolétariat noir et en baisse régulière, Chess tente l’aventure d’éditer en avril 1958 son tout premier album de blues The Best of Muddy Waters qui regroupe douze succès de Muddy glanés à travers la décennie précédente. Le disque, distribué en Europe, s’y vend beaucoup mieux qu’aux Etats Unis même s’il reste limité à quelques aficionados.

Le « break » européen pour Muddy Waters va venir grâce au jazzman Chris Barber. Chris, un des grands pionniers du jazz britannique a fait tourner avec son orchestre de nombreux musiciens américains. Parmi ceux-ci, John Lewis, fondateur et leader du célèbre Modern Jazz Quartet, suggère à Chris qui lui parle avec enthousiasme de Sonny Terry et Brownie Mc Ghee qu’il venait de faire venir en Angleterre et de l’accueil qu’ils y avaient reçus, s’étonne : « Pourquoi n’engages-tu pas Muddy Waters : C’est lui le plus grand bluesman actuel, un vrai de vrai ». Barber qui n’a jamais entendu parler de Muddy le croit dans le Mississippi en train de récolter le coton et se demande comment il va réussir à le trouver. Lewis s’esclaffe :

- Ne sois pas stupide. Ce gars est une grosse vedette dans les quartiers noirs de Chicago. Il a un agent et roule dans une Cadillac blanche ! » 

Sitôt dit sitôt fait. John Lewis sert d’entremetteur et Barber embauche Muddy qui, quelque peu inquiet de jouer avec des musiciens britanniques qu’il imagine tous en queue de pie et lisant des partitions, insiste pour venir au moins avec son pianiste Otis Spann.

Beaucoup de choses inexactes ont été relatées sur cette première visite en Europe de Muddy Waters si importante pour la suite de sa carrière, pour la pérennité du blues et bien sûr pour l’histoire du rock.

En fait, le tout premier concert donné par Muddy en Angleterre a lieu à Leeds. Barber qui est occupé ailleurs demande au Jazz Today Unit du trompettiste Kenny Baker (habitué du Muppett’s show) d’accompagner les bluesmen. Le résultat est absolument catastrophique. Personne ne comprend ce que fait les autres et cela se termine en absolue cacophonie. Les choses s’améliorent grandement quand, le soir suivant, Muddy et Spann rejoignent Barber et son jazz band à Newcastle. Non seulement Barber et ses musiciens connaissent fort bien le blues même si c’est surtout à travers les artistes les plus jazzy comme Big Joe Turner ou Joe Williams (le chanteur de Count Basie, pas le bluesman du Delta), mais Muddy est aussi un amateur de jazz New Orleans et apprécie de jouer pour la première fois de sa vie avec un big band de ce type. Muddy et Spann gagnent en confiance concert après concert et le charisme, la présence, la profondeur de leur blues attirent de plus en plus de monde chaque soir. Dans l’assistance, on trouvera la future crème du rock et du blues britanniques, de John Mayall à Eric Clapton, de Peter Green à John Mayall et Stan Webb sans oublier bien sûr Mick Jagger et ses copains qui, là, un soir qu’ils admiraient Muddy Waters, soudain sorti de l’unique photo de profil qu’ils connaissaient, chante, joue, grimace, transpire ... leur inspire soudain, tandis qu’il interprète seul à la guitare son Rolling Stone, de s’appeler tous ensemble ainsi d’après ce titre : les Rolling Stones.

Muddy réalise-t-il l’impact qu’il a sur ce public totalement inconnu et exotique pour lui : Toujours est-il que lorsqu’il revient à Chicago, il persuade Chess et Dixon d’enregistrer de plus en plus de « vieux » blues sans parade machique ni paroles pour les ghettos noirs. Les disques qu’il sort à partir de ce moment parlent d’eux-mêmes : deux superbes versions de blues du pianiste Leroy Carr décédé en 1934 (Blues before sunrise, Mean mistreater), un classique de Tony Hollins, Crawling kingsnake et en juin 1959, un deuxième 33t cette fois enregistré pour l’occasion, Tribute to Big Bill, un hommage à son ami et mentor Big Bill Broonzy qui venait de décéder et dont Muddy avait pu mesurer le grand impact qu’il avait eu en Europe. En même temps, Muddy renvoie l’ascenseur à Chris Barber en le faisant venir à Chicago avec son épouse, la chanteuse Ollie Patterson, et en le présentant dans les clubs noirs. Certainement la première fois qu’un musicien européen ou même blanc jouait dans le ghetto de Chicago. Barber qui ne connaissait que très mal le Chicago blues est extrêmement impressionné par Muddy qu’il voit là dans son contexte et avec son orchestre complet. Lorsqu’il retourne en Angleterre, Barber n’aura de cesse de plaider pour que l’on fasse désormais venir des bluesmen avec leurs accompagnateurs habituels.

Mais à l’époque personne ne sait si ce nouveau public sera suffisant pour relancer les ventes des disques de blues. Les 45t que sort alors Muddy sous la houlette de Dixon (Woman wanted, I got my brand on you, I’m your doctor) sont autant de flops et les engagements se font de plus en plus rares hormis les habituels clubs de Chicago.

L’association de Muddy Waters avec un orchestre de jazz réputé comme celui de Chris Barber qui a fait l’objet d’articles dans la presse jazz comme Down Beat ouvre cependant au bluesman les portes du très réputé festival de Newport, une petite bourgade du Rhode Island, qui, tous les étés depuis 1954, présente les plus grands jazzmen noirs ou blancs américains et commence à s’élargir au blues et au folk. En juillet 1960, et malgré certains incidents violents déclenchés par des perturbateurs, Muddy et son orchestre régulier (Cotton, Spann, Pat Hare...) initient au blues de Chicago et font tomber sous le charme un vaste public composé essentiellement de Blancs, souvent étudiants ou vieux fans de jazz qui n’avaient pour la plupart jamais entendu ce type de blues électrique. Chess démonter pour cette occasion qu’il a toujours le flair : le concert est intégralement enregistré par une équipe mobile dotée du meilleur matériel technique de l’époque. Cela donnera l’album Muddy Waters at Newport, un disque qui émarge aux Hit Parades Rock et Jazz ainsi qu’un peu partout en Europe.

Désormais, Muddy va consacrer toute son énergie à conquérir encore davantage ce nouveau public. Il est à New York au Carnegie Hall en 1961 et ne cessera de tourner et retourner durant les deux décennies suivantes dans les Universités, les Collèges américains, les festivals aux Etats Unis mais encore plus en Europe (avec l’American Folk Blues Festival 1963 au cours duquel il retrouve les Rolling Stones désormais en marche vers la gloire !), en Asie et même en Australie.

Devenu l’autoproclamé « Father of the blues », Muddy devient une légende vivante. Il n’enregistre plus que des albums, tous destinés au public du folk (le merveilleux Folk Singer) ou du rock (Electric Mud, After the rain), entouré de musiciens britanniques (The London Sessions) ou américains. C’est un de ces disques, le double album Fathers and Sons, gravé en compagnie de Paul Butterfield et Mike Bloomfield qui lui ouvre enfin et définitivement les portes du public rock. Quittant Chess à la fin des années 1970, Muddy passera sous la houlette de Johnny Winter et signera trois albums (Hard again, I’m ready et King bee) qui seront autant de best-sellers.

Le gros succès financier étant enfin venu, Muddy quitte Chicago pour la banlieue chic de Westmont où il se remarie avec la toute jeune Marva. Sa maison qui avait toujours été ouverte généreusement à des musiciens venus à Chicago tenter leur chance accueille cette fois des visiteurs prestigieux connus dans le monde entier : les Rolling Stones bien sûr, Eric Clapton (qui sera témoin à son remariage), Van Morrisson, etc…

Après une première alerte cardiaque qu’il néglige quelque peu, Muddy meurt dans son sommeil le 30 avril 1983, à l’âge de 68 ans. Les hommages pleuvent du monde entier. Pour le mot de la fin, on retiendra le blues composé ce jour-là par un de ses amis, l’harmoniciste Charlie Musselwhite :

«  When I heard the news that Muddy Waters was dead, it seems that the whole world was crying  »
(Quand j’ai appris que Muddy Waters était mort, il m’a semblé que le monde entier se mettait à pleurer)
Gérard HERZHAFT
Auteur de « La Grande Encyclopédie du blues » (Fayard, 8ème éd. 2010) et de « Catfish blues» (Gallimard/ H-Land) roman sur la jeunesse de Muddy Waters.
© Frémeaux & Associés

SOURCES
DEMETRE (Jacques) & CHAUVARD (Marcel).- Voyage au pays du blues.- CLARB, Paris, 1995
DIXON (Willie).- I am the blues.- Da Capo, New York, 1989
GORDON (Robert).- Can’t be satisfied: The life and times of Muddy Waters.- Back Bay Books, 2003
HOFSTEIN (Francis).- Muddy Waters.- Actes-Sud, Arles, 1996
LEADBITTER (Mike),Ed.- Nothing but the blues.- Hanover Books, Londres, 1971
RABINOVITZ (Sol).- The Baton label/ A Fifties music pioneer.- daremusic.com
RICHARDS (Keith) & FOX (James).- Life, Mémoires.- R. Laffont, 2010
ROONEY (Jim).- Bossmen.- Hayden, New York, 1972
ROWE (Mike).- Chicago Breakdown.- Da Capo; New York, 1981.
TOOZE (Sandra).- Muddy Waters, The Mojo man.- ECW Press, Toronto, 1997

Notes de livrets par :
Mary Katherine Aldin ;
Sebastian Danchin ;
Willie Dixon ;
Studs Terkel ;
Jack Tracy ;
Pete Welding ;
Paul Williams.
Divers numéros
de Soul Bag,
Blues & Rhythm,
Blues Unlimited,
Blues World,
Blues Access,
Down Beat,
Guitar Player,
Living Blues.


The boxed-set entitled The Blues: Muddy Waters (FA266) tells the beginning of the story of the early life and career of McKinley Morganfield, aka Muddy Waters, a sharecropper on Stovall Plantation and a guitarist inspired by Son House and the Mississippi Sheiks; he met John and Alan Lomax by chance (they recorded him for the Library of Congress), and even made a record (unreleased at the time, but it gave confidence to the man soon to be known as Muddy Waters). When he went to Chicago in 1943, Morganfield would receive the blessing of blues stars like Big Bill Broonzy (cf. FA 252), Tampa Red (FA 257) and John Lee «Sonny Boy» Williamson (FA 253), other men who inspired him. Rollin’ Stone, Louisiana blues, Rolling and tumbling, Can’t be satisfied... Although those songs were just local hits then, Muddy was already a major artist on the new post-war Chicago blues scene by the time this set begins.

For several years, Muddy recorded with just a bassist – reminding new black immigrants of their former home – but in the bars of Chicago he felt the change in local taste and played with a larger band (he had experience of the format after playing electric guitar with «Sonny Boy» Williamson, definitely one of the creators of electric Chicago blues). At weekends Muddy found himself alongside Jimmy Rogers (harmonica), and Little Walter Jacobs (second guitar), who had begun as a guitarist but had rapidly become an excellent harmonica player. Rhythm was provided by Big Crawford or Willie Dixon on bass, and Elgin Evans, an original drummer. Muddy toured often, but he maintained a «presence» in Chicago by setting up a second «Muddy Waters Blues Band» with Willie Dixon, who hardly ever left Chicago (he was also employed by Chess Records as a producer/composer/arranger). This second band was also called a «junior» version, due to the presence of newcomers such as Junior Wells, James Cotton, pianist Otis Spann, drummer Willie Smith and many others. Some of them, like Junior Wells, later replaced Little Walter in the regular, touring Blues Band when the latter founded his own group and went solo (although Little Walter still received a call from Muddy now and then and joined him in the studios whenever possible). Spann later joined the Muddy Waters Blues Band officially, and his piano gave the group a more modern feel.
 
The Chess brothers, however, and especially Leonard Chess, for whom Muddy had been recording since 1947, didn’t want to change the guitar/bass format which, in their opinion, had given Muddy his definitive sound; on the other hand, Willie Dixon had an increasing presence which delighted audiences in the clubs... So Chess compromised and added Little Walter to the duo, keeping the same rhythm-section (although in the July ‘51 session, with Crawford absent, it was Len Chess who stepped in to beat out the rhythm – more or less – on a shoe-box for She moves me and Country boy). In December 1951 Chess finally consented to recording Muddy with Little Walter, Jimmy Rogers and Elgin Evans, and they produced several masterpieces including the autobiographical They call me Muddy Waters and a magnificent first version of Rock me baby entitled All night long. Little Walter’s cutting harmonica was sharp enough to strip the paper off the studio’s walls...

Len Chess didn’t like Walter that much, finding him cantankerous and a little sloppy, but when the band played Juke, Chess immediately sensed he was much jazzier than the other two and decided to put the record out under Little Walter’s name; it was a smart move, because it soared into the R&B Top 40, launched Walter’s career and, incidentally, completely changed harmonica playing and almost all «Chicago blues» into the bargain. In later sessions, first Junior Wells stood in for the new star, and then his own great rival Big Walter Horton. Titles like Iodine in my coffee and Flood show Muddy at his peak: his deep, warm voice is articulate and extraordinarily sensual in bringing the damp, heavy atmosphere of the Delta to his songs.

The tastes of northern black audiences changed again, coinciding with Muddy’s adoption of a full rhythm-section at Willie Dixon’s insistence. Baby please don’t go seemed in phase with the changes in the public, who were abandoning the tastes of their rural origins in favour of an urban «attitude» which wasn’t known for a lacking flash and machismo. Dixon practically ruled Chess by now, at least where blues artists were concerned, and he decided to make Muddy the archetypical Southern macho who’d come to Chicago to win fame, fortune and pretty females. Despite Muddy’s initial reticence, Dixon wrote songs for him that reflected that image.

Take Saturday night at the Zanzibar club (December ‘53): the young audience has no ears for anything but macho talk... so Dixon and Muddy lock themselves in the washroom in the interval (the only place they can find some quiet) and, in a few minutes, they write Hoochie Coochie man, a tune to give the waiting hipsters what they want. It has only a few notes, and simple chords, so that Muddy and the band can play it straight off the cuff; the lyrics push the bravado/macho posture to the limit, and the rhythm is simple but haunting. It gets such a welcome that Muddy has to do it again and again all night, and Dixon decides to record it. On January 7th 1954, the band cuts Hoochie Coochie man – Muddy, Little Walter, Jimmy Rogers, Willie Dixon on bass, Spann on piano, and drummer Fred Below, who adds an irresistibly swinging jazz-touch. It’s Muddy’s greatest hit: it reaches N°3 in the States (this time the National charts), an exploit for somebody playing Chicago Blues. The Chess brothers rub their hands with glee.

Maybe it was too early for that. Muddy’s music still had a feel that recalled the ghettoes in the South, and a whole new generation of Americans was listening to (and buying large quantities of) records by Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Bill Haley, Little Richard and Fats Domino, all artists who were pushing R&B and Western Swing into the twilight. Muddy Waters’ sales plunged – he wasn’t alone – and he and Dixon felt helpless. It’s important to note the support of the Chess brothers at this time – countering the criticism often levelled against them – as their personal liking for «real» blues motivated a continued effort to record Sonny Boy Williamson, Howlin’ Wolf and Muddy Waters, even though the sales (and profits) were shrinking. Obviously, they weren’t doing it because they’d guessed the astonishing future that lay in store for their protégés.

Muddy was no fool, and he knew he’d never be Presley or electrify an audience like Little Richard. He concentrated on singing, like Lowell Fulson, B.B. King or Bobby Bland, who were still popular with black audiences. He played guitar less often, particularly on his records, and almost abandoned his bottleneck. Instead, he hired more modern guitarists who could play in the emerging styles of Otis Rush, Magic Sam or Buddy Guy. One of them was Hubert Sumlin – he stole him from Howlin’ Wolf’s band – and another was Pat Hare, a guitarist from Memphis who stayed with Muddy for years before finishing his days in a penitentiary (he’d killed his wife). All aboard and Forty days were done at the same session, fine illustrations of the work they did, and the former introduced a second harmonica played by James Cotton, who would remain with them for a good decade. Cotton’s tastes were modern (his career was marked by sounds that had Funk and Soul written all over them), and he took to the repertoire eagerly, taught by Otis Spann who spent whole evenings at the piano playing Muddy’s pieces for him, solos and descants included, for him to repeat note by note.

Got my mojo working, probably the most famous piece associated with Muddy Waters, deserves a special mention as it shows a hidden facet of Muddy Waters. Late in 1956, Muddy was just another R&B singer/musician where agencies were concerned, a kind of «bluesman on call», but one of his jobs was to lend his band to singers who didn’t have the means to employ a regular group. Ann Cole (born 1934) was one such singer, and also a jazz pianist. The Baton label recorded her, and her producer Sol Rabinovitz found an R&B song for her called Got my mojo working, written specially for her by Tin Pan Alley’s Preston Foster. According to Sol, «Ann Cole played with Muddy’s band and fell under the charm of this spirited blues singer; she sang ‘Mojo’ almost every night. I was against it, but she had total confidence in Muddy and she wrote an arrangement of ‘Mojo’ for Waters and his musicians... When he went back to Chicago, Muddy presented ‘his’ new composition to Len Chess, who liked it and recorded it straight away... Neither Len nor I knew anything of this. You can imagine our surprise the week the record was released: we heard the same tune on the radio by both Ann Cole and Muddy Waters...»

When Chess discovered Muddy had had nothing to do with writing Mojo, he blew his top: he had to withdraw every record with McKinley Morganfield’s name on it as composer, and change it to Preston Foster. Muddy, however, was used to it, and like most bluesmen he’d appropriated many compositions like Rollin’ and tumblin’ or Rolling Stone (Catfish blues), all of them originally written by black artists who were either illiterate, deceased, or just plain incapable of claiming their rights (Big Joe Williams didn’t recover his rights to Baby please don’t go until the end of his life, and then only with the aid of Bob Dylan’s attorneys). Hardly anyone contested Muddy’s right to put his name to the song, and it became his last real hit with a song intended for a black audience, the only audience still coming to hear him in clubs and on tour (and still buying his records).

At the time, nobody imagined that «Chicago blues» records – particularly Muddy’s – were being collected, revered and religiously played (and soon «covered») by young white musicians in Britain. Rolling Stones’ guitarist Keith Richards told Guitar Player magazine, «My greatest hero is obviously Muddy Waters. Not only because I was lucky enough to know him (he was a perfect gentleman), but especially because his music is sublime... Mick Jagger and I started talking about him, just like that, we were on the train. We discovered we both liked Chuck Berry. Then Mick dived into his bag and brought out the album ‘The Best of Muddy Waters’. There was a great shot of Muddy’s profile, and it was the first time I’d ever heard of him. Mick loved him so much he never stopped telling me how good he was. A few days later he came over to my place and played me the record. I remember we listened to both sides three or four times all the way through, and we didn’t say a word the whole time, we were so wrapped up in those beautiful blues...»

Chess began releasing LPs. In April 1958, Chess tried to broaden Muddy’s audience by releasing his first blues LP, The Best of Muddy Waters, with twelve of his hits from the previous decade. It sold much better in Britain than in the States. British bandleader Chris Barber, a jazzman, was telling John Lewis, the founder of the famous Modern Jazz Quartet, how much he liked Sonny Terry and Brownie McGhee (Barber had brought them to England). Lewis was amazed: «Why don’t you hire Muddy Waters? He’s the greatest bluesman around, a real one.» Barber thought he was talking about someone still picking cotton in Mississippi, and asked him how he could find him. Lewis burst out laughing: «Don’t be stupid! The guy’s a star in the black neighbourhoods in Chi-cago. He’s got an agent and drives around in a white Cadillac!» Barber found Muddy. Muddy thought British musicians wore tails and played what was written on the sheet; he insisted that his pianist Otis Spann accompany him to England.

Muddy’s first concert (in Leeds) was actually with trumpeter Kenny Baker’s Jazz Today Unit (Barber was busy elsewhere), and it was a fiasco. Nobody knew what the others were doing. But when Barber and his band joined Muddy and Otis the next night, it all clicked: Barber and his musicians knew the blues, even though they knew jazzier blues-singers like Big Joe Turner or Count Basie’s singer Joe Williams, and Muddy was a fan of New Orleans jazz. To cap it all, he liked playing with a big band for the first time in his life. Night after night he found himself in front of fans who loved him, and in the audience there was either John Mayall or Eric Clapton, Peter Green or Stan Webb (the cream of the future British blues boom), or again, Mick Jagger & Co., who suddenly found themselves face to face with a singing, sweating, grimacing, real-life version of the profile on that record sleeve. Muddy played Rolling Stone, alone, and a group had found a name, The Rolling Stones.

Muddy may not have fully realized his impact; back in Chicago he persuaded Chess and Dixon to release songs that were older blues, including a second LP Tribute to Big Bill (Broonzy had just died). Muddy brought Barber to Chicago, and when Barber went back home he advocated bringing more bluesmen to Europe together with their regular bands. Chris Barber also opened doors to Muddy in America, notably those of the Newport Jazz Festival, which had been featuring the greatest jazzmen (black or white) since 1954 and was now beginning to introduce blues and folk artists. Chess showed he still had flair by recording Muddy in 1960 with Cotton, Spann and Pat Hare... the album was called Muddy Waters at Newport, and it went into the rock and jazz best-seller lists. Over the next three years Muddy became a living legend, recording a double album called Fathers and Sons with Paul Butterfield and Mike Bloomfield which earned him a lasting audience amongst rock fans. He left Chess in 1970, recorded for Johnny Winter, earned a lot of money, and moved to a chic neighbourhood. Life goes on. Or, at least, until 1983. After a first heart-attack (which he practically ignored) Muddy died in his sleep on April 30th at the age of 68. Harmonica-player Charlie Musselwhite composed this tribute: «When I heard the news that Muddy Waters was dead, it seems that the whole world was crying.»
Gérard HERZHAFT
Author of «Encyclopedia of the Blues»,
University of Arkansas Press.
Liner notes adapted in English by Martin DAVIES
© Frémeaux & Associés

CD 1 : THEY CALL ME MUDDY WATERS
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca/ g on *; Big Crawford, bs. Chicago, 23 janvier 1951
1. Long distance call
2. Too young to know
3. Honey bee*
4. Howling wolf
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca/g on *; Len Chess, dms. Chicago, Ill. 11 juillet 1951
5. Country boy
6. She moves me
7. My fault
8. Still a fool*
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca/vcl on †; Jimmy Rogers, g/vcl on †; Elgin Evans, dms. Chicago, Ill. 29 décembre 1951
9. They call me Muddy Waters
10. All night long
11. Stuff you gotta watch†
12. Lonesome day
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Elgin Evans, dms. Chicago, Ill. 12 mai 1952
13. Please have mercy
Muddy Waters, vcl/g; Junior Wells, hca; Jimmy Rogers, g;
Elgin Evans, dms. Chicago, Ill. 17 septembre 1952
14. Who’s gonna be your sweet man?
15. Standing around crying
16. Gone to Main street
17. Iodine in my coffee
Muddy Waters, vcl/g; Big Walter Horton, hca;
Jimmy Rogers, g; Willie Nix, dms. Chicago, Ill. 3 janvier 1953
18. Flood
19. My life is ruined
20. Sad sad day

CD 2 : MANNISH BOY
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Big Crawford, bs. Elgin Evans, dms. Chicago, Ill. 4 mai 1953
1. Baby please don’t go (Big Joe Williams)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Otis Spann, pno; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 24 septembre 1953
2. Blow wind blow
3. Mad love
(I want you to love me) (Willie Dixon)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 7 janvier 1954
4. (I’m your) Hoochie coochie man (Willie Dixon)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 13 avril 1954
5. I just want to make love to you (Willie Dixon)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 1 septembre 1954
6. I’m ready (Willie Dixon)
7. Smokestack lightning (Chester Burnett)
Muddy Waters, vcl/g; Junior Wells, hca; Jimmy Rogers, g; Willie Dixon, bs; vcl group; Francis Clay, dms. Chicago, Ill. 24 mai 1955
8. Mannish boy (Mel London/ Ellas Mc Daniel/ Mc Kinley Morganfield)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; Francis Clay, dms. Chicago, Ill. 3 novembre 1955
9. I got to find my baby (Willie Dixon)
10. Sugar sweet (Mel London)
11. Trouble no more (Sleepy John Estes)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; James Cotton, hca on *; Hubert Sumlin, g; Pat Hare, g; Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 2 février 1956
12. Forty days and forty nights (Bernard Roth)
13. All aboard*
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Pat Hare, g; Hubert Sumlin, g; Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; S.P. Leary, dms. Chicago, Ill. 12 janvier 1957
14. Got my mojo working
Muddy Waters, vcl/g; Marcus Johnson, t-sax; James Cotton, hca; Pat Hare, g; Robert Jr Lockwood, g;
Otis Spann, pno; Willie Dixon, bs; Fred Below, dms. Chicago, Ill. 14 juin 1957
15. Evil
Muddy Waters, vcl/g; James Cotton, hca; Pat Hare, g; Luther Tucker, g; Otis Spann, pno;
Willie Dixon, bs; Francis Clay, dms. Chicago, Ill. août 1958
16. She’s 19 years old
17. Close to you
(Willie Dixon)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Otis Spann, pno; Luther Tucker, g; Pat Hare, g;
Willie Dixon, bs; George Hunter, dms. Chicago, Ill. août 1958
18. Walking thru the park
Muddy Waters, vcl; Little Walter, hca; Otis Spann, pno; Luther Tucker, g; Pat Hare, g;
Andrew Stephens, bs; Francis Clay, dms. Chicago, Ill. janvier 1959
19. Blues before sunrise (Leroy Carr)
20. Mean mistreater (Leroy Carr)

CD 3 : THE CROSSOVER
Muddy Waters, vcl; Little Walter, hca; Otis Spann, pno; Luther Tucker, g; Pat Hare, g; Andrew Stephens, bs; Francis Clay, dms. Chicago, Ill. janvier 1959
1. Crawling kingsnake (Tony Hollins)
Muddy Waters, vcl; James Cotton, hca; Pat Hare, g; Otis Spann, pno; Andrew Stephens, bs; Francis Clay, dms. Chicago, Ill. juin 1959
2. Hey hey (William Lee Conley Broonzy)
3. Lonesome road blues (William Lee Conley Broonzy)
4. Southbound train (William Lee Conley Broonzy)
5. Just a dream (William Lee Conley Broonzy)
6. I feel so good (William Lee Conley Broonzy)
Muddy Waters, vcl/g; Little Walter, hca; Jimmy Rogers, g; Otis Spann, pno; Andrew Stephens, bs; Francis Clay, dms; Willie Dixon, 2nd vcl. Chicago, Ill. 23 avril 1960
7. Woman wanted (Willie Dixon)
8. I’m your doctor (Willie Dixon)
9. Deep down in my heart
Muddy Waters, vcl/g; James Cotton, hca; Pat Hare, g; Otis Spann, pno; Andrew Stephens, bs; Francis Clay, dms. Chicago, Ill. 7 juin 1960
10. Meanest woman (Tommy Johnson)
Muddy Waters, vcl/g; James Cotton, hca; Otis Spann, pno; Pat Hare, g; Andrew Stephens, bs; Francis Clay, dms. Newport, RI. 3 juillet 1960
11. I got my brand on you (Willie Dixon)
12. Soon forgotten (James Oden)
13. Tiger in your tank (Willie Dixon)
14. I feel so good (William Lee Conley Broonzy)
15. Got my mojo working (Preston/ Foster)
Muddy Waters, vcl/g; James Cotton, hca; Otis Spann, pno; bs; dms.
New York City, février 1961
16. Rock me (William Lee Conley Broonzy)
17. Blow wind blow
Muddy Waters, vcl/g; M.T. Murphy, g; Otis Spann, pno;
Marcus Johnson, t-sax; Milton Rector, bs; Al Duncan, dms.
Chicago, Ill. juillet 1961
18. Real love
19. Lonesome room blues
(Curtis Jones)
20. Messin’ with the man

Tous les titres composés par McKinley Morganfield sauf lorsque indiqués autrement

Après un premier coffret consacré aux débuts de la vie et de la carrière de Muddy Waters – alias Mc Kinley Morganifeld, conducteur de tracteur sur la plantation Stovall, inspiré par Son House et les Mississippi Sheiks – Gérard Herzhaft présente une anthologie dédiée à la décennie 1951-1961 de Muddy Waters. Dix années pendant lesquelles sa musique, « transportant le bruissement du Delta, l’ambiance du Deep South, presque l’odeur des poissons-chats grillés au barbecue », s’apprête à révolutionner la scène Européenne où Muddy Waters est adulé comme un héros par les futurs Rolling Stones ou Led Zeppelin ! 
Patrick Frémeaux

After a first set devoted to the early life and career of Muddy Waters – alias McKinley Morganfield, a sharecropper on Stovall Plantation and a guitarist inspired by Son House and the Mississippi Sheiks – Gérard Herzhaft presents this anthology dedicated to Muddy Waters’ work from 1951 to ‘59. In that decade, his music – “carrying the murmur of the Delta, the ambiance of the Deep South, almost the aroma of barbecued catfish” – was preparing to revolutionize the European scene where Muddy Waters would be worshipped as a hero by the future Rolling Stones and Led Zeppelin. 
Patrick Frémeaux

CD MUDDY WATERS VOLUME 2 THE BLUES KING OF THE CHICAGO BLUES 1951-1961 , MUDDY WATERS © Frémeaux & Associés 2012 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
01 Long Distance Call - Muddy Waters 02'40
02 Too Young To Know - Muddy Waters 03'11
03 Honey Bee - Muddy Waters 03'21
04 Howling Wolf - Muddy Waters 02'42
05 Country Boy - Muddy Waters 03'10
06 She Moves Me - Muddy Waters 02'57
07 My Fault - Muddy Waters 02'41
08 Still A Fool - Muddy Waters 03'14
09 They Call Me Muddy Waters - Muddy Waters 03'22
10 All Night Long - Muddy Waters 02'56
11 Stuff You Gotta Watch - Muddy Waters 02'49
12 Lonesome Day - Muddy Waters 03'28
13 Please Have Mercy - Muddy Waters 03'12
14 Who's Gonna Be Your Sweet Man - Muddy Waters 03'04
15 Standing Around Crying - Muddy Waters 03'22
16 Gone To Main Street - Muddy Waters 02'27
17 Iodine In My Coffee - Muddy Waters 03'30
18 Flood - Muddy Waters 02'40
19 Mu Life Is Ruined - Muddy Waters 02'38
20 Sad Sad Day - Muddy Waters 03'43
CD 2
01 Baby Please Don't Go - Muddy Waters 03'16
02 Blow Wind Blow - Muddy Waters 03'10
03 Mad Love - Muddy Waters 03'03
04 Hoochie Coochie Man - Muddy Waters 02'50
05 I Just Want To Make Love To You - Muddy Waters 02'50
06 I'M Ready - Muddy Waters 03'03
07 Smokestack Lightning - Muddy Waters 03'08
08 Mannish Boy - Muddy Waters 02'55
09 I Got To Find My Baby - Muddy Waters 02'54
10 Sugar Sweet - Muddy Waters 02'30
11 Trouble No More - Muddy Waters 02'40
12 Forty Days And Forty Nights - Muddy Waters 02'52
13 All Aboard - Muddy Waters 02'54
14 Got My Mojo Working - Muddy Waters 02'51
15 Evil - Muddy Waters 02'20
16 She's 19 Years Old - Muddy Waters 03'18
17 Close To You - Muddy Waters 03'05
18 Walking Thru The Park - Muddy Waters 02'43
19 Blues Before Sunrise - Muddy Waters 02'40
20 Mean Mistreater - Muddy Waters 02'47
CD 3
01 Crawling Kingsnake - Muddy Waters 02'30
02 Hey Hey - Muddy Waters 02'42
03 Lonesome Road Blues - Muddy Waters 03'04
04 Southbound Train - Muddy Waters 02'54
05 Just A Dream - Muddy Waters 02'31
06 I Feel So Good - Muddy Waters 02'55
07 Woman Wanted - Muddy Waters 02'51
08 I'M Your Doctor - Muddy Waters 02'17
09 Deep Down In My Heart - Muddy Waters 03'04
10 Meanest Woman - Muddy Waters 02'24
11 I Got My Brand On You - Muddy Waters 04'46
12 Soon Forgotten - Muddy Waters 04'20
13 Tigerin' Your Tank - Muddy Waters 04'36
14 I Feel So Good - Muddy Waters 02'55
15 Got My Mojo Working - Muddy Waters 07'21
16 Rock Me - Muddy Waters 03'14
17 Blox Wind Blow - Muddy Waters 02'56
18 Real Love - Muddy Waters 02'37
19 Lonesome Room Blues - Muddy Waters 02'57
20 Messin' With The Man - Muddy Waters 02'16
« Bravo » par Rock’n’roll Revue

« Après un premier coffret (FA 266) consacré aux débuts de Muddy, Gérard Herzhaft présente un coffret 3 CD’s de la production de la décennie suivante. Cette formidable (pléonasme pour Frémeaux) réalisation est, en sus, pourvue d’un livret de l’ami Gérard tel que je les aime : clair, net et précis, à la portée de tous, expliquant clairement la transition d’une musique rurale du Delta avec accompagnement restreint à un blues musclé et électrifié avec groupe complet. De plus, cerise sur le gâteau, on a droit à une photo d’un Gérard jeune en compagnie du maître. Les amateurs de blues et des racines du rock’n’roll (“Mannish boy“, “Baby please don’t go“, “Hoochie coochie man“, “Got my mojo working“) seront déjà familiers avec les titres de la période et se régaleront à leur écoute. Bravo et merci ! »
Par Bernard BOYAT – ROCK’N’ROLL REVUE




“You’ll relish every note” par Blues Matters

“As Chuck Berry astutely wrote; ‘RolI over, Beethoven – tell Tchaikovsky the news’. I make no apologies for proclaiming the blues to be the classical music of the pop world. As such, with the epic European composers, it’s damned difficult to decide who, among Beethoven, Mozart, Mahler or Bach, is more important. The same goes for what came out of Mississippi and Chicago. I listen to Howlin’ Wolf and say ‘yeah – he’s the man...’ then you’re faced with Robert Johnson or John Lee Hooker … yet in the end McKinley Morganfield, aka Muddy Waters, has to be the Beethoven of Blues. This 3-CD set of 30 tracks apiece is Muddy Waters at his peak. It kicks off with the atmospheric Long Distance Call and the suggestive Too Young to Know, and includes some lesser-known tracks such as Stuff You Gotta Watch and the curious Iodine in My Coffee. CD 2 plunges headlong into the Willie Dixon/Chess classics, including Mannish Boy and Hoochie Coochie Man, Mojo and Close to You, and the third CD, entitled The Crossover, takes us through a buzzing 1961 with nuggets like Tiger in your Tank, Messin’ with The Man and I’m Your Doctor. Fair makes your hair stand on end. Having had the privilege of seeing this giant live in 1982, hearing of his death aged 68 the following year felt like a body blow to the blues. He was so important in so many ways. There isn’t a voice to match his gritty, meaningful delivery. His slide guitar work on that battered Telecaster always thrills, and as for rock’n’roll in general, every guitars/bass/drums combo since owe him a debt. He invented the classic electric blues band line-up, and always had the very best harmonica players, among them Little Walter and Junior Wells, all featured here. If you need one Muddy Waters collection to preface the later, classic Johnny Winter-produced Hard Again, then buy this; you’ll relish every note.”
Par Roy BAINTON – BLUES MATTERS




« Bravo et merci ! » par Blues Mag

« Après un premier coffret consacré à la décennie des débuts de Muddy, Gérard Herzhaft présente une anthologie dédiée à la suivante. Cette remarquable (pléonasme quand il s’agit de parutions Frémeaux) réalisation est, en sus, nantie d’un livret clair, net et précis, à la portée de tous, expliquant simplement le passage de Muddy d’une musique rurale du Delta avec accompagnement restreint à un Blues musclé et électrifié avec groupe complet dès 1953. De plus, cerise sur le gâteau, on a droit à une photo d’un Herzhaft jeune avec le maître. Les amateurs de Blues et des racines du Rock’n Roll (Mannish Boy, Baby Please Don’t Go, Hoochie Coochie Man, Got My Mojo Working entre autres) seront déjà familiers avec les titres de la période et se régaleront à leur écoute. Bravo et merci ! »
Par Bernard BOYAT – BLUES MAG




« Une magnifique pièce de collection » par Blues & Co

La suite des aventures de Muddy au pays du blues par Gerard Herzhaft, l’érudit qu’on ne présente plus… Descendu de son tracteur Muddy Waters va électrifier (dans tous les sens du terme) le blues et devenir l’un des montres sacrés de la longue histoire de celui-ci. Ce superbe triple coffret, magnifiquement réalisé, comme d’hab. par Frémeaux & Co nous trimballe au fil des années 51-61, les années des « Hoochie coochie man », « Got my mojo working » ou « Manish boy », etc…. dix ans de l’histoire du blues musclé et dopé à l’électricité, une révolution qui marquera des rosbifs comme les Rolling Stones. Un son superbe et un livret magnifiquement écrit et illustré font de ce coffret une magnifique pièce de collection.
Par BLUES & CO




« Un moment d'histoire » par Blues Again

« L’itinéraire de McKinley Morganfield est une allégorie de l'histoire du blues aux Etats-Unis. Quittant les eaux boueuses du Mississippi et la plantation Stovall, Muddy Waters arrive en 1943 à Chicago où  il va être parrainé par ses pairs Big Bill Broonzy, Tampa Red et John Lee Sonny Boy Williamson. Son jeu de guitare et le son électrifié, nouveau à l’époque, ainsi que son chant, vont rapidement faire de lui une figure majeure de la scène musicale de la Windy City. Ce triple CD est une rétrospective des œuvres gravées entre 1951 et 1961 pour la légende, par ce conducteur de tracteur devenu héraut du Chicago blues. Sur cette compilation, le natif de Rolling Fork est accompagné sur de nombreux morceaux indispensables par des pointures comme Little Walter à l’harmonica, Otis Spann au piano, Willie Dixon (l'architecte du Chicago blues) à la contrebasse. La compilation se compose de trois parties: They Call Me Muddy Waters, Mannish Boy et The Crossover. Ce coffret de 3 CDs permet de sentir cette époque charnière, ce son unique d'un blues urbain portant en lui toute la rudesse et la moiteur du Delta. « Cette ambiance du deep south… presque l'odeur des poissons-chats grillés au barbecue » peut-on lire dans le livret documenté signé Gérard Herzhaft. Un moment d'histoire. »
Par Nicolas MILIANI – BLUES AGAIN




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