ELMORE D - BACK TO HÈSTA


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FA575

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Alter ego wallon de Benoît Blue Boy, bluesman francophone qui rend hommage au patrimoine musical du Sud des États-Unis  (musiques du delta, blues, cajun), Elmore D emprunte aux plus grands bluesmen américains leur force et leur authenticité.  Linguiste, universitaire, spécialiste des dialectes, il transpose sur l’anglais, matrice naturelle du blues, un dialecte  wallon dont il est l’un des derniers auteurs.

Il évoque à travers ses souvenirs personnels Herstal sa ville natale, et  témoigne avec humour et tendresse des traditions ouvrières wallonnes. Aux confins du blues et des musiques dites du monde,  ce disque a cette légitimité culturelle toute particulière, celle d’être un témoin rare de la richesse et de la pluralité  de la francophonie.

Patrick FRÉMEAUX
 
J’ai toujours pensé que le blues est une musique de proximité. Et quoi de plus proche que les langages locaux. A Liège,  Elmore D l’a fait. Et le confirme avec ses blues wallons.

Benoît BLUE BOY

Elmore D Back to hesta FA575

ELMORE D
back to Hèsta












Retour à Herstal
Avec la participation de Christian Rannenberg et de Big Dave

J’ai toujours pensé que le blues est une musique de proximité.
Et quoi de plus proche que les langages locaux.
A Liège, Elmore D l’a fait.
Et le confirme avec ses blues wallons
Benoît Blue Boy, Paris 2012

Le projet de cet album a été conçu au printemps de 2010, sur la plage de Malaga, à partir des albums « Jazz Gillum. Harmonica Chicago Blues 1934-1947 » et « Washboard Sam. Swinging The Blues 1935-1947 », édités par Frémeaux et Associés sous la direction de Gérard Herzaft. Rendons à César…

L’idée de réinterpréter certains titres en proposant des variations modernes ou dialectales est venue de l’écoute du « Roll Dem Bones » de Jazz Gillum, enregistré en 1946, à côté du plus connu et swingant « Roll Them Bones » de Big Bill Broonzy, enregistré l’année précédente avec Big Maceo. Ceci me rappela les deux versions de « Sloppy Drunk » par Leroy Carr et Walter Davis, qu’un bon vieil album Yazoo de 1969 – si joliment illustré par Rory Block –disait « completely dissimilar ». Ces flamboyantes parties de piano suggérèrent d’inviter pour une session, à Liège, un artiste européen connu pour être parmi les plus proches de la tradition américaine : Christian Rannenberg, de Berlin.

La suite vint toute seule… C. Rannenberg emmenant avec lui le jeune batteur Alex Lex. L’Elmore D Band et quelques amis complétèrent l’ensemble, où le piano est tenu cette fois par Bas « Basie » Janssen. En voici le résultat, « tel quel ». Enregistré au maximum selon le vieux mot d’ordre : « Tous ensemble ! Tous ensemble. »

Herstal, ma ville natale, naguère grande ville industrielle, mais toujours industrieuse à l’image du pays wallon, y est suffisamment présente pour justifier le titre de l’album. Comme dans les albums précédents, des souvenirs personnels y sont évoqués aux limites du bavardage familier. Ceci fait également partie de la tradition du « vieux blues ». Sleepy John Estes en savait quelque chose.

Peut-être n’est-ce pas l’usage… Mais je remercie vivement Patrick Frémeaux et Augustin Bondoux de leur patience. Mes remerciements vont aussi : à Robert Sacré pour le prêt des transcriptions de RR MacLeod ; à Pierre Baré et Georges Wysmulek du Musée de Herstal pour la communication de documents et la guitare Dardart ; à Nadine pour la correction des transcriptions dialectales ; à Jacques De Decker, François Emmanuel, Roland Mortier,  Yves Namur et Marc Wilmet pour leurs encouragements ; à Dominique Simonet pour un chouette compte-rendu ; à Jean-Pierre et Joseph ; à Muriel pour les photos et la préparation du livret ; à mon frère Yo, conservateur des archives ; aux Alices pour leur appui vigilant. Cet album est dédié à la mémoire de Jean Peters, Guy Vaes, Robert Vetzburger et grand-maman Velta, dont on n’oubliera pas la « house of the blues».  
ELMORE D



Back to Hèsta
Featuring Christian Rannenberg and Big Dave

The project of this album has been conceived in the spring of 2011, on Malaga-beach, from the albums “Jazz Gillum. Harmonica Chicago Blues 1934-1947” and “Washboard Sam. Swinging The Blues 1935-1947”, edited by Frémeaux et Associés under Gérard Herzaft’s direction. Let’s render unto Caesar…

The idea of making modern or dialectal “covers” of some songs came by hearing the “Roll Dem Bones” recorded by Jazz Gillum in 1946 with James Clark on piano, next to the more popular and swinging “Roll Them Bones” by Big Bill Broonzy with Big Maceo. That reminded me of the two versions of “Sloppy Drunk” given by Leroy Carr and Walter Davis, that a good old Yazoo album of 1969 – so kindly illustrated by Rory Block – said “completely dissimilar”. Those blazing piano parts suggested to invite for a session a European keyboard artist who was known n to be one of the closest to the black U.S. tradition: Christian Rannenberg from Berlin.

What followed came so naturally… C. Rannenberg being accompanied by the young drummer Alex Lex. The Elmore D Band and some friends completed the session, with Bas “Basie” Janssen on piano. Here is the “cool and ready” result. Herstal, my birthplace, once a big industrial city, but sill industrious, like the Walloon land, is here present enough to justify the title of the album. As in previous albums, private and cherished memories are remembered on the limits of familiar chatter. This is also part of the “old blues” tradition. Sleepy John Estes knew something about it. And was wise enough to “be satisfied”.

Perhaps it is no use… But I thank Patrick Frémeaux and Augustin Bondoux for their patience. My thanks also go: to Robert Sacré for the loan of RR MacLeod’s transcriptions; to Pierre Baré and Georges Wysmulek of the Herstal Museum for the communication of documents and the Dardart guitar; to Nadine for correcting the dialectal transcription; to Jacques De Decker, François Emmanuel, Roland Mortier, Yves Namur and Marc Wilmet for academic boosting; to Dominique Simonet for a nice review; to Jean-Pierre and Joseph; to Muriel for the photos and the preparation of the booklet; to my brother Yo, curator of the archives; to the Alices for vigilant support. This album is dedicated to the memory of Jean Peters, Guy Vaes, my most jazzy Antwerpenaar, Robert Vetzburger and grand-ma Velta, whose “house of the blues” won’t be forgotten.  
ELMORE D


Chansons wallonnes et traductions en français / Walloon song translated into English
1. Vègn’ tot chal / Viens par ici / Come on in
(Elmore D)
Vègn’ tot chal,
Dji so tot seû a l’ mohone.
N’a pus nouk qui m’ tèlèphone.
Dispôy qu’èll’a fêt s’ paquèt,
Dj’a vôrmint ine påye di rwè .
Vègn’ tot chal,
On djåz’rè dès feumes èt dès toûrs, qu’èles nos fèt.
Avans-gn’ tant mèzåhe d’amoûr ?
Po roûvî l’ cisse qu’on vint d’ piède,
Ènn’a dîh ôtes qui ratindèt a l’ pwète.
Vègn’ tot chal,
On troûv’rè bin ‘ne botèye divins ‘ne cwène,
Ine botèye qu’on beûrè a l’ couhène,
Pusqui n’a qu’ la, po s’achîr,
Qu’èll’a lèyî deûs’ treûs tchèyîres.
Vègn’ tot chal,
D’abôrd, ci n’èst måy qu’ine faflote.
Qwand, so mi-oûy, rôl’rè ine pitite gote,
Ti sèrès bin binamé
Di t’ toûrner di l’ôte costé.
Vègn’ tot chal,
Dji so tot seû è m’ mohone.
N’a pus nouk qui m’ tèlèphone.
Dispôy qu’èll’a fêt s’ paquèt,
Èt bin, dj’a vôrmint ine påye di rwè.

Viens par ici,
Je suis tout seul à la maison.
Il n’y a plus personne qui m’ téléphone.
Depuis qu’elle a fait ses valises [littéralemt : son paquet],
J’ai vraiment une paix de roi.
Viens par ici,
On parlera des femmes et des tours, qu’elles nous font.
Avons-nous tant besoin d’amour ?
Pour oublier celle qu’on vient de perdre,
Il y en a dix autres qui attendent à la porte.
Viens par ici,
On trouvera bien une bouteille dans un coin,
Une bouteille qu’on boira à la cuisine,
Puisqu’il n’y a plus que là, pour s’asseoir,
Qu’elle a laissé deux trois chaises.
Viens par ici,
D’abord, ce n’est jamais qu’une moins que rien.
Quand, sur mon œil, roulera une petite goutte,
Tu seras bien gentil,
De te tourner de l’autre côté.
Viens par ici,
Je suis tout seul dans ma maison.
Il n’y a plus personne qui m’ téléphone.
Depuis qu’elle a fait son paquet,
Et bien, j’ai vraiment une paix de roi.

Come on in
I’m at home all alone.
I get nobody on the phone.
Since she packed her suitcase,
I’ve got a royal peace.
Come on in,
We’ll take about women
And their tricks.
Do we need so much love?
To forget the one we ‘re cryin’ for,
Ten others are waitin’ at the door
Come on in,
We’ll sure find a bottle somewhere
That we’ll drink in the kitchen,
Cause it’s the only place here,
Where she left one or two chairs.
Come on in,
First of all, she was just a slut.
When from my eye will fall a drop,
You would be kind
To turn your face aside.

3. Poqwè m’as-s’ fêt çoula ? / Pourquoi m’as-tu fait ça ? / Why did you do that to me?
(Big Bill Broonzy, arrangement Elmore D)
Mins, poqwè m’as-s’ fêt çoula ?
Qwand dj’a riv’nou,
I m’ sonna qu’ine saquî
Vinéve djusse di r’claper
L’ouh di po-drî.
Mins, poqwè m’as-s’ fêt çoula ?
Vola qui m’ clé
Asteûre n’ vout pus roter.
Enn’a-t-i in-ôte
Qui m’èspêtche d’intrer.
Mmm, poqwè m’as-s’ fêt çoula ?
Dis-mèl, poqwè m’as-s’ fêt çoula ?
Ci n’ sèreût rin,
Si d’vant-z-îr å matin,
Ti n’ båhîve on vårin
Rowe Sint-Sèv’rin !
Oh, poqwè m’as-s’ fêt çoula ?
Qwand dj’ di « båhî »,
Dji d’vreû co précîser :
Vos v’s-èrôlîz
Disqu’å fond dè gozî.
Mmm, poqwè m’as-s’ fêt çoula ?
Dji n’ vou nin,
Come on dit, t’ harceler.
Mins dis-mèl : ènn’as-s’ in-ôte
Sol costé ?

Mais, pourquoi m’as-tu fait ça ?
Quand je suis revenu,
Il me sembla que quelqu’un
Venait juste de refermer
La porte [l’huis] de derrière.
Mais, pourquoi m’as-tu fait ça ?
Voilà que ma clé
Maintenant ne veut plus marcher.
Y en a-t-il un(e) autre [un homme ou une chose]
Qui m’empêche d’entrer ?
Mmm, pourquoi m’as-tu fait ça ?
Dis-le moi, pourquoi m’as-tu fait ça ?
Ce ne serait rien,
Si avant-hier au matin,
Tu n’embrassais un vaurien
Rue Saint-Séverin !
Oh, pourquoi m’as-tu fait ça ?
Quand je dis « embrasser »,
Je devrais encore préciser :
Vous vous enrouliez [ou : vous vous en rouliez une]
Jusqu’au fond du gosier.
Mmm, pourquoi m’as-tu fait ça ?
Je ne veux pas,
Comme on dit, te harceler.
Mais dis-le moi : en as-tu une autre
Sur le côté ?
Mais, pourquoi m’as-tu fait ça ? Etc.

Mmm…Why did you do that to me?
When I got back home,
I heard like somebody
Just closed
This back door.
Mmm…Why did you do that to me?
Now my key
Won’t pick no more.
Is there another one
That prevents me from goin’ in?
Mmm…Why did you do that to me?
It would be nothing
If yesterday morning,
You didn’t kiss a rascal on Saint-Séverin.
Mmm…Why did you do that to me?
When I say “kissin”,
I could really specify
You were tongue-rollin’
Like you lost your mind.
Mmm… Why did you do that to me ?
I don’t want to,
Like they say, harass you.
But tell me right now: have you somebody else
On the side?
 
9. Nèl vind nin, nèl tape nin / Ne la vends pas, ne la jette pas / Don’t sell it, don’t give it away
(Buddy Woods, arrangement Elmore D)
L’ôte matin,
Potchant dèl bèdrèye,
Èle mi brêt :
« Ç’ n’èst nin ‘ne bone îdèye ! »
Rèspleû
Nèl vind nin, nèl tape nin,
Nèl mèt’ nin so e-bay po rin,
Nèl vind nin, surtout nèl tape nin.
Wåde-lu todi :
Èle pout co chèrvi.
Dji sé bin, di-st-èle,
Qui dès fèyes,
On s’ènnè d’freût
Tot fî parèy.
Mins nèl vind nin…
« Brader ine Gibson
Di swèssante-deûs,
Si tèl fês, dji t’ monne,
Di-st-èle, ås Lolås tot dreût. »
Mins nèl vind nin…

L’autre matin,
Sautant de mon lit,
Elle me crie :
« Ce n’est pas une bonne idée ! »
Refrain
Ne la vends pas, ne la jette pas,
Ne la mets pas sur e-bay pour rien,
Ne la vends pas, surtout ne la jette pas.
Garde-la toujours :
Elle peut encore servir.
Je sais bien, dit-elle,
Que parfois,
On s’en déferait
Tout de go.
Mais ne la vends pas…
« Brader une Gibson
De ’62,
Si tu le fais, je te mène,
Dit-elle, tout droit aux petites-maisons [littéralement : aux Lollards]. »

Early one morning,
Jumpin’ outta my bed,
She told me:
“It aint a good idea”.
Refrain
Don’t’ sell it, don’t give it away,
Don’t put it on e-bay for a dime,
Don’t’ sell it, above all don’t give it away,
Keep it anyway:
It can still be used.
“I do know, she said,
That from times to times,
One could get rid of it
All the same”.
But please don’t sell it…
“Sell off a Gibson
Year sixty-two,
If you do that, I ‘ll sure call
The madhouse for you.”
So, don’t sell it…
 
10. Confessin’ the Moûse / Confession de la Meuse / Confessin’ the Meuse
(Elmore D)
Li vint sofèle
Doûç’mint so Moûse.
On n’ dîreût minme nin qu’èle sût s’ coûsse.
Ènn’a qui pinsèt qu’èle dihind
Qwand èle roûvèye di wice qu’èle vint.
Mins n’ tapez nin,
N’ tapez nin l’ pîre
A l’êwe si fris’ qu’a djusse surdou
Èt qui rèsconteûre tant d’ourbîres
Wice qu’on prind lès coleûrs dès broûs !
In-ôte l’a dit :
Mins wice sont-èles,
Lès glèces qui d’hindît l’an passé
Dizos l’ pont-d’s-Åtches ? Minme lès pûs fîrs
Dès hirôs d’îr sont rèvolés.
Mins wice sont-èles,
Lès bèlès loumîres
Qui lûhît tot dè long d’Ougrêye
Qwand clignéve, avou l’industrèye,
On mèye d’oûy divins lès foumîres ?
Wice so-dje asteûre,
Mi minme?
Dji m’ crèyéve d’avance so l’ rîve gôche,
Mins dj’a pris l’ bac èt d’ l’ôte costé,
Dji di qu’ lès djins sont trop’ gåtés.
Djône, dji tûséve
Qu’i faléve sûre,
Po rimpli s’ timps, bin pus’ qu’ine vôye.
C’èsteût compter sins lès cous-d’-sac
Qu’on prind qwand li vèye vis plôye.
Adon prindans
L’ batê walon.
Po rintrer ci sèrè l’ dièrin,
Èt mi tchanson d’ papî d’ lombård
Vos tinrè k’pagnèye on moumint.
Li vint sofèle
Doûç’mint so Moûse.
Li hôt-fornê d’ Tchèrtal hufèle,
Come dji m’ènn’è va , tot tûzant :
Quî n’ candje nin è-st-i bin vikant ?

Le vent souffle
Doucement sur la Meûse.
On ne dirait même pas qu’elle suit sa course.
Il y en a qui pensent qu’elle descend
Quand elle oublie d’où elle vient.
Mais ne jetez pas,
Ne jetez pas la pierre
À l’eau si fraîche qui vient de sourdre
Et qui rencontre tant d’ornières
Où on prend les couleurs de la boue.
Un autre l’a dit :
Mais où sont-elles,
Les glaces qui descendaient l’an passé
Sous le pont-des-Arches [principal ancien pont de Liège] ? Même les plus fiers
Des gros glaçons d’hier sont envolés.
Mais où sont-elles,
Les belles lumières
Qui luisaient tout au long d’Ougrée [centre métallurgique près de Liège, sur la Meuse]
Quand clignait, avec l’industrie,
Un millier d’yeux dans les fumées.
Où suis-je à présent,
Moi-même ?
Je me croyais autrefois sur la rive gauche,
Mais j’ai pris le bac et de l’autre côté,
Je dis que les gens sont trop gâtés.
Jeune, je pensais
Qu’il fallait suivre,
Pour remplir son temps, bien plus qu’un chemin.
C’était compter sans les culs-d’-sac
Qu’on prend quand la vie vous plie.
Alors prenons
Le bateau wallon.
Pour rentrer ce sera le dernier,
Et ma chanson de papier buvard
Vous tiendra compagnie un moment.
Le vent souffle
Doucement sur la Meuse.
Le haut-fourneau de Chertal siffle [aciérie près de Herstal, objet d’une confrontation sociale avec Arcelor-Mittal],
Comme je m’en vais, en pensant :
Qui ne change pas est-il bien vivant ?

The wind softly
Blows on the Meuse.
One couldn’t feel it follows its course.
Some people think it goes down
When it forgets where she’s comin’ from.
But please don’t throw
Don’t throw the stone
To the fresh water just coming out
Which crosses so many ruts
Where one takes the colours of mud.
Somebody told:
Where are they,
The snows which flowed last year
Under the Arches-Bridge? Even the most proud
Ice-blocks are gone.
Where are they,
Those bright lights
Which gleamed all along Ougrée,
When sparkled, with industrial life,
In the smokes one thousand eyes.
Where am I,
Myself?
I saw myself on the left bank,
But I took the ferry and on the other side,
I say that the people are too satisfied.
In my younger days, I was thinkin’
You have to know,
To use your time, more than one road.
I didn’t take into account
All the dead ends that bend your life.
So, let’s take
The Walloon boat:
To go home, could be the last,
And let the blottin’ of my song
Keeps you company for a while.
The wind softly
Blows on the Meuse.
The blast furnace, in Chertal, howls
As I’m goin’ away, thinkin’ into myself:
Where is life where it aint no change?

11. Li spér / Le succube / The succubus
(Elmore D)
Dji dwèrméve påhûl’mint
Qwand on brut m’a dispièrté.
Ine saqwè m’a dit :
« Dji vin djusse po t’ rèstchåfer. »
L’afêre aveût dès croles
Èt raviséve ine båcèle
Qu’åreût fêt totes sès scoles
È l’èquipe da Marc Dorcel.
C’èsteût l’ fameûs spér,
Li fantôme qui rôle tote nut’
Avå lès vôyes, lès tièrs
Tot brèyant : « Dji so en rut’ ! »
Dji tronléve lès balzins,
Èt dj’ lî di : « Vade retro !
Dji f’reû è sacramint
Avou twè on fameûs trô. »
Dj’a rèzisté, mins,
Dji v’ l’anonce, prindez astème :
Come dit li spot, on n’ pout nin,
Tot l’ timps rèfûzer batème.

Je dormais paisiblement
Quand un bruit m’a réveillé.
Quelque chose m’a dit :
« Je viens juste te réchauffer. »
La chose avait des boucles de cheveux
Et ressemblait à une jeune fille
Qui aurait fait toutes ses classes
Dans l’équipe de Marc Dorcel.
C’était le fameux spectre,
Le fantôme qui roule toute la nuit
À travers chemins et collines
En braillant : « Je suis en rut ! »
Je tremblais comme une feuille [étymologiquemt : comme quelqu’un atteint de paralysie]
Je lui dis : « Vade retro !
Je ferais au sacrement [de mariage]
Avec toi un fameux trou ».
J’ai résisté, mais,
Je vous l’annonce, faites attention :
Comme dit le proverbe, on ne peut pas
Toujours refuser une telle proposition [littéralemt :
refuser le baptême ; se dit à quelqu’un qui offre à boire]

I was quietly sleepin’
When a noise woke me up.
Something told me:
“I’m only here to warm you up.”
The thing has a long blond hair
And definitely looked alike someone
Who took her degrees
From Sex-and-Sun Universities.
It was the famous succubus,
The ghost rollin’ thru the night,
Across hills, in the countryside,
Shoutin’ : “Boys, I can make it right!”
I was shakin’ hectically,
And I told her: “Vade retro!
Do you wanna make me do
In the wedding code such a snag?”
So, I stood up,
But please forgive my future crime.
You do know what the Good Book says:
“You can’t fight Evil all the time.”

12. Dji k’nohe ossi Bonie Moronie / Je connais aussi Bonie Moronie / I also know Bonie Moronie
(Larry Williams, arrangement Elmore D)
Dji k’nohe ine båcèle
Qu’on lome Bonie Moronie.
Èle n’a nin pus d’ cråhe
So l’ cwér qu’on macaroni.
Qwand èle bodje
Divins s’ blue-jean,
Dji sin potchî mi-adrénaline.
Rèspleû
Èll’èst d’a meune, dji so d’a lèye
Come li leune ac’sètche li marêye
Ou come li vint qui passe
Divins l’ mèlêye.
Bonie èt mi, on s’ va marier,
L’annêye qui vint, divant l’osté.
Dji va vèyî s’ mére, si pére èt s’ fré,
Po l’zî d’mander li dreût d’intrer.
On va fé ine grande
Èt cråsse eûrêye
So lès hôts d’ Sèrè ou a Ougrêye.
Mi fré, lu, f’rè l’ disse-jockey,
Èt vos polez èsse sûrs qu’on s’ kitap’rè.
Si çou qu’ dji v’ raconte
Advègne a Hèsta,
Ci sèrè sûr’mint li minme djama,
Såf qui dj’ mètrè Bill Haley
Po fé danser so Låyehê.

Je connais une fille
Qu’on nomme Bonie Moronie.
Elle n’a pas plus de graisse
Sur le corps qu’un macaroni.
Quand elle bouge
Dans son blue-jean
Je sens sauter mon adrénaline.
Refrain
Elle est à moi, je suis à elle
Comme la lune attire la marée
Ou comme le vent qui passe
Dans le pommier.
Bonie et moi, on va se marier,
L’année qui vient, avant l’été.
Je vais voir sa mère, son père et son frère,
Pour leur demander le droit d’entrer
(= de la fréquenter)
On va faire une grande
Et grasse ripaille
Sur les hauteurs de Seraing ou à Ougrée.
Mon frère, lui, fera le DJ,
Et vous pouvez être sûrs qu’on se démènera.
Si ce que je vous raconte
Arrive à Herstal,
Ce sera sûrement la même fiesta,
Sauf que je mettrai Bill Haley
Pour faire danser sur Laixheau [une des artères du centre
de Herstal ; étymologiquemt : lieu banal]

I know a girl
Called Bonie Moronie.
She’s got no more fat
Than a macaroni.
When she moves
In her blue-jean,
I feel jumping
My adrenalin.
Refrain
She’s all mine, I’m all hers,
Like the moon attracts the tide
Or like the wind flowin’
Thru the apple tree.
Bonie and I, we gonna marry
Next year, before the summer.
I’m gonna visit her mom, pa and brother,
To obtain the right to woo her.
We gonna make
A big and fleshy party
On Seraing hights or in Ougrée-city.
My brother Yo will be the DJ,
And for sure we’ll scramble all the way.
If what I tell you
Happens in Herstal,
It’s gonna be the same banquet,
Except that I’ll put Bill Haley on the deck
To make everybody danse on Laixheau street.

14. Back to Hèsta / Retour à Herstal / Back to Herstal
(Elmore D)
I nîvéve so Hèsta,
Dji n’ sé pus çou qu’ dj’aléve fé la.
Li rouwale Pèkèt èsteût neûre,
Èt i-n-èsteût nin minme cinq’ eûres.
C’è-st-a ponne si dj’ m’arèsta
Wice qui m’ mame, djône fèye, dimora.
Poqwè fåt-i qu’ dj’î tûze seûl’mint
Lès djoûs qu’i-n-a dè måva timps ?
Faléve soner al pwète,
Prinde li colidôr, djusse po vèy,
Å coron, come ine coûr coviète
Wice qui m’ grand-mére féve lès bouwêyes.
Après çoula, gn-aveût ‘ne couhène
Avou sès deûs fôteûys Voltaire,
On calandriyé so l’Årdène
Èt l’ radio qui passe l’INR.
Covrant m’ fôteûy, ine saqwè d’ bê,
Cozou avou dès bokèts d’ linne
Di pus d’ coleûrs qu’ènn’a l’êrdiè.
Dji v’ l’atch’tèye, si vos-avez l’ minme.
Dèl sitoûve, dji n’ sé pus rin.
Èsteût-èle plate, èsteût-èle ronde ?
Mins l’årmå èt çou qu’aveût d’vins,
Sins bargougnî, dji v’s-èl raconte.
È ridant d’ dreûte, lès clés,
A hintche, lès çanses, lès lunètes,
Å-d’zeûr in-andje, èt sol costé
Nom di Dju! mi ! avou m’ bonète!
Èl rowe, dji n’a fêt qu’ passer.
L’ mohone èsteût dèdja tote neûre.
Poqwè s’arèster po trover
Qu’i-n-a cåzî pus rin qui d’meûre ?

Il neigeait sur Herstal,
Je ne sais plus ce que j’allais faire là.
La ruelle Pèkèt (= ruelle Genièvre) était noire,
Et il n’était même pas cinq heures.
C’est à peine si je m’arrêtai
Où ma mère, jeune fille, habita.
Pourquoi faut-il que j’y pense seulement
Les jours où il fait du mauvais temps ?
Il fallait sonner à la porte,
Prendre le corridor, juste pour voir,
Au bout, comme une cour couverte
Où ma grand-mère faisait les lessives.
Après ça, il y avait une cuisine
Avec ses deux fauteuils Voltaire,
Un calendrier sur l’Ardenne
Et la radio qui passe l’INR
[= l’ancien Institut national belge de radiodiffusion].
Couvrant mon fauteuil, quelque chose de beau,
Cousu avec des morceaux de laine
De plus de couleurs que n’en a l’arc-en-ciel.
Je vous l’achète, si vous avez le même.
Du poêle, je ne sais plus rien.
Était-il plat, était-il rond ?
Mais l’armoire et ce qu’il y avait dedans,
Sans barguigner, je vous le raconte.
Dans le tiroir de droite, les clés,
À gauche, l’argent, les lunettes,
Au-dessus un ange, et à côté,
Nom de Dieu ! moi ! avec ma bonnette !
Dans la rue, je n’ai fait que passer.
La maison était déjà toute noire.
Pourquoi s’arrêter pour trouver
Qu’il n’y a presque plus rien qui reste ?

The snow was on Herstal,
I don’t remember what I was doin’ there.
The alley Spirits was black,
And it was not even five in the afternoon.
It’s just if I stopped
Where my mother, as a young girl, lived.
Why do I have to only think about it
In the days of bad weather.
You had to ring the bell,
Take the corridor, if you wanna see,
At the end, as a covered yard
Where grand-ma washed laundries.
After this was the kitchen
With its two Voltaire armchairs,
A calendar about the Ardens
And the radio on the old National Broadcasting.
Covering my armchair, something beautiful,
Sewn with pieces of wool
More colorful than the rainbow.
I buy yours if you get the same.
About the stove, I ‘ve forgotten everything.
Was it square, was it round?
But the dresser and what it held,
Without hagglin’, I can tell.
In the right drawer, the keys,
In the left one, money and glasses,
Above an angel, and nearby
Goddammit! me! with my woolen cap!
In Mama’s street, I came and went.
The house was already dark.
Why would anybody stop to find
That almost nothing has remained?

15. Dj’a on trô è m’ cèrvê / J’ai un trou dans mon cerveau / My brain got a hole in it
(Elmore D)
Mi vola al cwène dèl rowe
Divant lès Guîy’mins.
Divant mi gn-a ‘ne cowe
Di totes sôrs di djins
Qui m’ loukèt dèl tièsse ås pîds,
Come on f’reût d’on vê,
Èt qui s’ mètèt a gueûyî :
« I lî måque on bwès ! »
Rèspleû
Dj’a on trô è m’ cèrvê,
Dj’on trô è m’ bûzê,
Dj’a on trô è m’ boyê,
Dji n’ beû pus nole bîre.
Dj’a on trô è m’ cèrvê,
Dj’a on trô è m’ mustê
Dj’a on trô è m’ wahê,
Dji n’ beû pus nole bîre.
Dji pou dîre qui dj’ so
‘ne pèrsonalité,
Ca dji m’invite tot-avå,
È l’ mèyeûse dès sôciètés.
Mins a ponne so-dj’arivé,
Qu’ ça n’arèstèye pus,
Ca dj’ètind : « On n’ pout
Wårder onk come lu ! »
L’ôte djoû a Brussèles,
Plèce dès Palais,
Dj’ arinnèye li santinèle :
« Dji vou veûr li rw. »
L’ôte mi dit : « Sûvez-m’,
Ca i vos ratind. »
Mins Albert mi fêt :
« Ci-la, dj’ nèl vou nin !
Ca il a on trô è s’ cèrvê,
L’a on trô è s’ buzê, etc. »

Me voilà au coin de la rue
Devant les Guillemins (=gare de Liège).
Devant moi il y a une queue
De toutes sortes de gens
Qui me regardent de la tête aux pieds,
Comme on ferait d’un veau,
Et qui se mettent à gueuler :
« Il lui manque un bois ! »
(= il a une araignée dans le plafond, etc.).
Refrain
J’ai un trou dans mon cerveau,
J’ai un trou à la gorge,
J’ai un trou au boyau,
Je ne bois plus nulle bière.
J’ai un trou dans mon cerveau,
J’ai un trou au tibia,
J’ai un trou dans mon cercueil,
Je ne bois plus nulle bière.
Je peux dire que je suis
Une personnalité,
Car je m’invite tout partout,
Dans la meilleure des sociétés.
Mais à peine suis-je arrivé,
Que ça n’arrête plus,
Car j’entends : « On ne peut
Garder un comme lui ! »
L’autre jour à Bruxelles,
Place des Palais,
J’aborde la sentinelle :
« Je veux voir le roi. »
L’autre me dit : « Suivez-moi,
Car il vous attend. »
Mais Albert me fait :
« Celui-là, je n’en veux pas !
Car il a un trou dans son cerveau,
Il a un trou au boyau, etc. »

I was waiting at the corner
In front of Guillemins station.
In line they stand,
Scrutinizin’ me,
From head to toes
As they would do for a cow,
And then start to shout:
“Something ‘s missin’ in this man!”
Refrain
My brain got a hole in it,
My throat got a hole in it,
My gut got a hole in it,
I can’t drink no beer.
My brain got a hole in it,
My shin got a hole in it,
My coffin got a hole in it,
I can’t drink no beer.

I could say I am
A well-known gentleman.
I invite myself
In the best social parties.
But as soon I ‘m in,
It does not stop
And I hear: “See what a fool,
We must make him drop!”
Some day in Brussels,
On the piazza of Palaces,
I ask the sentinel:
“Could I see His Majesty”.
The guy says: “Follow me,
He’s waitin’ for you”.
But Albert tells me:
“Your blues makes me mew!
Cause your brain got a hole in it”, etc.


1. Vègn’ tot chal (Elmore D) 4’11
2. New Orleans stop time (Bumble Bee Slim) 3’12
3. Poqwè m’as-s’ fêt çoula ? (Big Bill Broonzy, arr. ED) 4’17
4. Since my baby’s been gone (Tampa Red, arr. ED) 3’48
5. Come on in (Washboard Sam, arr. ED) 4’26
6. Sloppy drunk again (Walter Davis, arr. ED) 3’11
7. Roll dem bones (Jazz Gillum, arr. ED) 5’19
8. You gotta run me down (Jazz Gillum, arr. ED) 3’30
9. Nèl vind nin, nèl tape nin (Buddy Woods, arr. ED) 3’13
10. Confessin’ the Moûse (Elmore D) 6’05
11. Li spér (Elmore D) 3’29
12. Dji k’nohe ossi Bonie Moronie (Larry Williams, arr. ED) 3’38
13. Sloppy drunk (Leroy Carr, arr. ED) 3’38
14. Back to Hèsta (Elmore D) 5’34
15. Dj’a on trô è m’ cèrvê (Elmore D) 2’48
16. Roll them bones (Big Bill Broonzy, arr. ED) 3’09

Elmore D :
chant, National Triolian, Stella 12 cordes et Oahu 1930
Gilles D : guitare électrique, guitare acoustique Emil Grimshaw Revelation sur 3, 15, 16
Christian Rannenberg : piano sur 2, 6-13
Bas « Basie » Janssen : piano sur 1, 3-5, 16
Big Dave : harmonica sur 1, 3, 5, 16
« Little » Richard Plaut : harmonica sur 13, 15
Patrick Indestege : contrebasse sur 1, 3-5, 15-16
Renaud Lesire : basse sur 7-9, 11-12 ; guitare acoustique sur 10
Franky Gomez : batterie sur 1, 3-5, 8-12
Henri Moureau : batterie sur 15
Alex Lex : planche à lessiver sur 2 ; batterie sur 6-7 ; basse sur 10

Produit en 2012 par Elmore D pour Frémeaux & Associés
Enregistré et mixé du 22-09-2011 au 28-04-2012 au studio Climax, sous la direction technique de Philippe Libois
Mastérisé par Roger Roland (
www.studiolair.be)
Conception de collection : Patrick Frémeaux & Claude Colombini
Direction de collection : Augustin Bondoux
Titres 1, 10, 11, 14 et 15 : Éditions musicales Frémeaux & Associés
Autres titres : copyright control

Culture Musiques : Réalisé avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Clima : Enregistré et mixé au Studio Climax / Philippe Libois (www.studioclimax.net)


Alter ego wallon de Benoît Blue Boy, bluesman francophone qui rend hommage au patrimoine musical du Sud des États-Unis (musiques du delta, blues, cajun), Elmore D emprunte aux plus grands bluesmen américains leur force et leur authenticité. Linguiste, universitaire, spécialiste des dialectes, il transpose sur l’anglais, matrice naturelle du blues, un dialecte wallon dont il est l’un des derniers auteurs. Il évoque à travers ses souvenirs personnels Herstal sa ville natale, et témoigne avec humour et tendresse des traditions ouvrières wallonnes. Aux confins du blues et des musiques dites du monde, ce disque a cette légitimité culturelle toute particulière, celle d’être un témoin rare de la richesse et de la pluralité de la francophonie.
Patrick Frémeaux

J’ai toujours pensé que le blues est une musique de proximité. Et quoi de plus proche que les langages locaux.  A Liège, Elmore D l’a fait. Et  le confirme avec ses blues wallons. 
Benoît Blue Boy


As the Walloon alter ego of Benoît Blue Boy, the French-speaking bluesman who pays tribute to the musical legacy of the southern United States – blues, Cajun, and music from the Delta – Elmore D borrows from the greatest American bluesmen, drawing on their strength and authenticity. Elmore is a linguist and an academic specializing in dialects, and he transposes English, the natural American language-matrix of the blues, into his own Walloon dialect: he’s also one of the last authors to use it in his writing. Through personal memories he evokes Herstal, his birthplace, and provides humorous, tender testimony to the working-class traditions of the Walloons. Situated at the confines of blues and so-called World Music, this album has a special cultural legitimacy: it is a rare witness to the rich, multiple aspects of French-language culture.  
Patrick Frémeaux

Elmore D : chant, National Triolian, Stella 12 cordes
Gilles D : guitare électrique, guitare acoustique Emil Grimshaw Revelation (3, 15, 16)
Christian Rannenberg : piano (2, 6-13)
Bas « Basie » Janssen : piano (1, 3-5, 16)
Big Dave : harmonica (1, 3, 5, 16)
Little” Richard Plaut : harmonica (13, 15)
Patrick Indestege : contrebasse (1, 3-5, 15-16)
Renaud Lesire : basse (7-9, 11-12) ; guitare acoustique (10)
Franky Gomez : batterie (1, 3-5, 8-12)
Henri Moureau : batterie (15)
Alex Lex : planche à lessiver (2) ; batterie (6-7) ; basse (10)

CD ELMORE D BACK TO HESTA, ELMORE D © Frémeaux & Associés 2013 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
 
01 Vègn' tot chal 04'11
 
02 New Orleans stop time 03'14
 
03 Poqwè m'as-s' fêt çoula 04'19
 
04 Since my baby's been gone 03'49
 
05 Come on in 04'28
 
06 Sloopy drunk again 03'13
 
07 Roll dem bones 05'21
 
08 You gotta run me down 03'32
 
09 Nèl vind nin, nèl tape nin 03'14
 
10 Confessin' the Moûse 06'08
 
11 Li spér 03'31
 
12 Dji k'nohe ossie Bonie Moronie 03'40
 
13 Sloppy Drunk 03'43
 
14 Back to Hèsta 05'37
 
15 Dj'a on trô è m' cèrvê 02'50
 
16 Roll them bones 03'09
« Un blues qui se déroule avec aisance » par ABS

6ème album à ce jour pour ce personnage si singulier qu’est le chanteur-guitariste Elmore D, Daniel Droixhe dans le civil. C’est sur une plage d’Espagne que l’idée est venue à notre bluesman wallon de se plonger en profondeur dans le répertoire de quelques artistes de l’époque Bluebird. Quand il se plonge dans Roll Dem Bones, il épluche Jazz Gillum, écoute et réécoute aussi Big Bill Broonzy pour en faire de fort belles versions, personnelles, parmi les meilleurs moments du disque. Idem avec Sloppy Drunk dans les versions de Walter Davis et de Leroy Carr… Ses relectures sont ancrées dans l’histoire du blues, un blues qui se déroule avec aisance. Elles sont à d’autres moments aussi dialectales car une de ses nombreuses originalités est – en linguiste de renom qu’il est – d’adapter les textes de certains titres dans le dialecte de sa Basse-Meuse natale, non pas par régionalisme primaire, mais bien parce qu’il s’y retrouve de manière naturelle. Il chante avec aisance, sans forcer. Cela surprend toujours d’entendre à côté de reprises chantées en anglais, ses compositions personnelles (la plage titulaire nous replonge dans le Bentonia de Skip James, un hasard ?) et des versions wallonnes de Big Bill, Jazz Gillum, Oscar Buddy Woods, et même de Larry William (Bonie Moronie)… ! Pour ce projet, il a fait appel au talentueux pianiste Christian Rannenberg, élève de Blind John Davis en personne qui séjourna à Chicago dans les années 80, en Californie plus tard, et accompagna un nombre impressionnant de musiciens parmi les plus en vues dans les années 80. Tout cela pour dire qu’il aurait été difficile de trouver un pianiste de ce côté de l’océan plus à même de se joindre à ce projet, plus à même d’enrichir de ses interventions et solos le blues de l’ami Elmore. Les autres musiciens présents sont des accompagnateurs et amis de longue date : Giles D., son fils, excellent à la guitare, Big Dave et Richard Plaut à l’harmonica, Renaus Lesire et Patrick Indestege à la basse, Frank Gomez et Henri Moureau à la batterie, Bas Jansen au piano sur certains titres. Elmore D est un vrai, il ne triche pas. S’il passe pas loin de chez vous, ne le ratez pas, surtout pas. En attendant, « Back to Hesta » (« De retour à Herstal », sa ville natale) – un clin d’œil à « Back to Bentonia » ? – est là pour notre plaisir. Jean-Pierre URBAIN - ABS




« Je vous invite fortement à tenter l’expérience, elle vaut le coup. » par Blues Mag

« Dji K’Nohe Ossi Bonie Moronie évoque-t-il quelque  chose pour vous ? Oui, ils’agit bien du Bonie Moronie de Larry Williams, mais en dialecte wallon. Et cela vaut, dans un genre différent, les versions en espagnol de titres de Little Richard par les groupes mexicains. Si vous connaissez Benoît Blue Boy, sachez que Daniel Droixhe, puisque c’est son nom, s’inscrit dans le même créneau musical. Sur ce CD, son sixième, qui donne envie de connaître les précédents, il a puisé dans le catalogue Bluebird et fait redécouvrir des artistes plus ou moins oubliés, Jazz Gillum, Big Bill Broonzy, Leroy Carr, qu’il reprend à sa manière, souvent en style néo-orléanais et, parfois, en wallon. Le wallon n’étant pas facile à piger, Frémeaux a mis les paroles et les a traduites en français de chez nous sur un livret. Je vous invite fortement à tenter l’expérience, elle vaut le coup. »
Par Bernard BOYAT – BLUES MAG




« Une plongée dans le blues ancien » par Soul Bag

Un disque d’Elmore D, accompagné de son Band, dont Big Dave à l’harmonica, et d’invités comme le spécialiste du piano blues traditionnel Christian Rannenberg, c’est l’assurance d’une plongée dans le blues ancien, sinon par le répertoire, du moins par l’approche musicale. Bumble Bee Slim, Big Bill Bronzy, Tampa Red, Washboard Sam, Walter Davis, Jazz Gillum, Buddy Woods côtoient Larry Williams et Elmore lui-même qui compose superbement dans son style de prédilection. En ouverture, Végn’ tot chal est un lazy blues avec une femme qui s’en va et des bouteilles à partager. Confessin’ the moûse est un très beau blues en tempo moyen mettant en valeur le piano de Christian Rannenberg et la guitare slide du leader. Li spér est un « boogie two step » très dansant, avec des paroles très savoureuses. Sûr de son sujet, Elmore effectue des reprises comparées de versions concurrentes d’une même chanson comme Sloppy drunk et Sloppy drunk again ou Roll dem bones (magnifique reprise) et Roll them bones. Musicalement, c’est du blues, sans fioritures déplacées, et rien que ça. La classe. Christophe MOUROT – SOUL BAG




« Comme une bonne bière… » Par Blues & Co

De son vrai nom Daniel Droixhe, Elmore D vient de sortir son sixième disque depuis son entrée en studio en 1997. Le belge de Herstal près de Liège a l’art de composer ses chansons en dialecte wallon avec un certain humour sous forme d’anecdotes et de vécus. Pour ce dernier opus, il explique : « comme dans mes albums précédents, des souvenirs personnels sont évoqués aux limites du bavardage ». Ce bluesman est aussi un sentimental ; Il ajoute de la nostalgie et des regrets sur « Back to Hèsta » : où vécurent ses parents. L’intègre et désintéressé sexagénaire du blues, droit dans ses bottes, continue peinard, au gré du vent, des rencontres, son chemin et sa passion depuis plus de quarante ans. Il est entouré suivant les circonstances, de musiciens très compétents et soudés. Parmi eux, le fiston Gilles à la guitare électrique et acoustique ainsi que de deux pianistes dont Christian Rannenberg qui excelle dans « New Orleans stop time »de Bumble Bee Slim. Sont abordés Big Bill Bronzy, Tampa Red, Jazz Gillum (le blues des années 30-40)….sur un rythme traînard parfois enjoué sans se prendre la tête. Le feeling est présent et cela roule à bonne allure, du début à la fin, comme le tortillard de Benoît Blue Boy. On ne voit pas le temps passer ; on se laisse bercer ! Les fans de rock and roll vont retrouver, revu et corrigé, le classique de Larry Williams, plein d’allant et d’enthousiasme « Bonie Moronie » devenu « Dji K’nohe ossi Bonie Moronie », en français, « Je connais aussi Bonie Moronie ». Terminons sur une de ses compositions où l’humour se fait sentir certainement le mieux « Dj’a on tôé m’cervê » « J’ai un trou dans mon cerveau ». Le CD d’Elmore D se laisse boire comme une bonne bière !
Par Bruno MARIE – BLUES & CO





« A truly European blues » by Blues & Rhythm

Elmore had an album reviewed back in R&B 165 ; he is the Walloon alter ego of Benoît Blues Boy, who has also been relatively well received in these pages. This set is divided between songs in English and others in Walloon French dialect. It does work, even the reinventing of ‘Bony Moronie’ thanks partly to Elmore reworking and personalising (and lyrics for the relevant songs are given in the booklet in dialect, French and English). Many of the numbers are adapted from the so-called ‘Bluebird’ artists – Big Bill, Tampa Red, Bumble Bee Slim, Jazz Gillum and others, with some originals mixed in. Of the backing musicians, I only recognised pianist Christian Rannennberg, who supplies somme excellent playing, but harp, guitar, bass, drums and washboard are all present too. The solo title tracks is deep and moving, and the album does show that a truly European blues can work. Norman DARWEN - BLUES & RHYTHM




« Une expérience inédite » par Sur la route de Memphis

« Il a déjà une belle carrière derrière lui, mais je découvre seulement ce chanteur wallon, alter ego de Benoît Blue Boy, n’ayant pas peur d’interpréter des titres dans son dialecte. Entendre “Lawdy Miss Clawdy“ en wallon est une surprise fort appréciée. Daniel Droixhe, c’est son nom, est aussi attiré par le blues, la cajun et les musiques texanes. Ce dialecte wallon étant aussi dur à piger que le cadien ou le créole pour des oreilles non rodées, Frémeaux a pris l’excellente initiative de mettre les paroles en français sur le livret. Le répertoire de ce CD est issu, majoritairement, du catalogue Bluebird et ses artistes plus ou moins oubliés, Jazz Gillum, Big Bill Broonzy, Leroy Carr, qu’il reprend à sa manière, souvent en style néo-orléanais. Une expérience inédite que je vous invite, bien volontiers, à tenter. »
Par Bernard BOYAT – SUR LA ROUTE DE MEMPHIS





« Le patriarche bienveillant du blues belge » par Presto !

«  (…) La palme française revient indéniablement à un label fondé voici vingt ans déjà : Frémeaux et Associés. Fournisseur favori des médiathèques et BCD hexagonales, sa vocation patrimoniale et pédagogique (depuis les archives sonores de la maison De Gaulle jusqu'à Michel Onfray et Luc Ferry) ne doit pas occulter cependant son implication dans les musiques actuelles. En la matière, les anthologies bien troussées y côtoient donc la création contemporaine. À preuve, leurs dernières parutions comptent un album de blues en français, et un autre en wallon ! (...) Daniel Droixhe (alias ELMORE D) nous fait une proposition presque aussi exotique que celle de Clifton Chenier en son temps... Son second album chez Frémeaux est en effet chanté à 50% dans le patois picard de son terroir liégeois. Pour ce Back To Hèsta (De Retour A Herstal), il s'est non seulement entouré de la fine fleur du blues belge (des deux parts de la pseudo frontière linguistique), mais aussi du piano maestro allemand Christian Rannenberg (et même, sur deux titres, du jeune harmoniciste frenchy Richard Plaut). Quand on aura précisé que l'autre souffleur de lamelles n'est autre que Big Dave Reniers (ex-Electric Kings), et qu'à la basse on retrouve Renaud Lesire (ex-Tee), on sera assuré que les habitués du Banana Peel possèdent déjà cette rondelle en double exemplaire. Entre originaux finement troussés et adaptations de Tampa Red, Walter Davis, Jazz Gillum, Leroy Carr, Washboard Sam et Big Bill Broonzy, ELMORE D publie non seulement son meilleur disque à ce jour (swing sépia à tous les étages), mais s'affirme en outre comme le patriarche bienveillant du blues belge... Une sorte de Cyril Davies ou d'Alexis Korner au pays des Trappistes : godverdomme, mais c'est en sa faveur qu'Albert aurait du abdiquer ! ELMORE D. sera samedi 19 octobre à 21H30 au Foyer Culturel de Jupille-Wandre,rue Jean Hermesse à Jupille (B, banlieue de Liège). »
Par Patrick DALLONGEVILLE – PRESTO !




« Le patriarche bienveillant du blues belge » par Presto !

«  (…) La palme française revient indéniablement à un label fondé voici vingt ans déjà : Frémeaux et Associés. Fournisseur favori des médiathèques et BCD hexagonales, sa vocation patrimoniale et pédagogique (depuis les archives sonores de la maison De Gaulle jusqu'à Michel Onfray et Luc Ferry) ne doit pas occulter cependant son implication dans les musiques actuelles. En la matière, les anthologies bien troussées y côtoient donc la création contemporaine. À preuve, leurs dernières parutions comptent un album de blues en français, et un autre en wallon ! (...) Daniel Droixhe (alias ELMORE D) nous fait une proposition presque aussi exotique que celle de Clifton Chenier en son temps... Son second album chez Frémeaux est en effet chanté à 50% dans le patois picard de son terroir liégeois. Pour ce Back To Hèsta (De Retour A Herstal), il s'est non seulement entouré de la fine fleur du blues belge (des deux parts de la pseudo frontière linguistique), mais aussi du piano maestro allemand Christian Rannenberg (et même, sur deux titres, du jeune harmoniciste frenchy Richard Plaut). Quand on aura précisé que l'autre souffleur de lamelles n'est autre que Big Dave Reniers (ex-Electric Kings), et qu'à la basse on retrouve Renaud Lesire (ex-Tee), on sera assuré que les habitués du Banana Peel possèdent déjà cette rondelle en double exemplaire. Entre originaux finement troussés et adaptations de Tampa Red, Walter Davis, Jazz Gillum, Leroy Carr, Washboard Sam et Big Bill Broonzy, ELMORE D publie non seulement son meilleur disque à ce jour (swing sépia à tous les étages), mais s'affirme en outre comme le patriarche bienveillant du blues belge... Une sorte de Cyril Davies ou d'Alexis Korner au pays des Trappistes : godverdomme, mais c'est en sa faveur qu'Albert aurait du abdiquer ! ELMORE D. sera samedi 19 octobre à 21H30 au Foyer Culturel de Jupille-Wandre,rue Jean Hermesse à Jupille (B, banlieue de Liège). »
Par Patrick DALLONGEVILLE – PRESTO !




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