ELMORE D - INTEGRALE

L’INTÉGRALE CÅZÎ COMPLÈTE DE L’OEUVRE D’ELMORE D

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Artiste ELMORE D
Livret : 44 pages
Nombre de CDs : 5


29,99 € TTC

FA5608

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Elmore D est l’un des derniers chroniqueurs de l’identité wallonne.
En faisant se confondre Meuse et Mississippi, il puise dans le blues originel l’esprit contestataire, l’ancrage social et régional qu’il emploie pour raconter le dur labeur ouvrier et la vie des gens simples de la terre qui l’a vu naître.
Ses plus beaux atouts sont sa voix puissante et mélancolique, un jeu sans complaisance ni fioritures.
Elmore D, Daniel Droixhe dans le civil, est également un homme de lettres et d’humanités. Auteur populaire wallon, philologue, historien du XVIIIe siècle, il est membre de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique.
Il aurait également été durant sa jeunesse illustrateur pour le journal Hara Kiri…
En sus des rapports d’estime et d’amitié qu’entretient Frémeaux & Associés avec le bluesman liégeois, nous sommes fiers de réunir la partie déjà découverte à ce jour de l’oeuvre discographique d’un artiste d’une belle et grande humanité.
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX
CD 1 - BASSE-MOÛSE BLUES (1997) : SOMETIMES I THINK I LOVE YOU (Memphis Jug Band) • FEATHER BED (Cannon Jug Stompers) • THE TWELVES (Kokomo Arnold / Leroy Carr) • NEW SYLVESTER AND HIS MULE (Memphis Minnie) • BUKKA’S JITTERBUG BLUES (Bukka White) • IF I HAD RELIGION (Son House) • BROKE AND HUNGRY (Skip James) • I’M TALKING ABOUT YOU N° 2 (Memphis Minnie) • BACK STEP BLUES (Scrapper Blackwell) • SUN GOING DOWN (Son House) • EVENING FAX BLUES (E.D.) • I’M TALKING ABOUT YOU N° 1 (Memphis Minnie) • TRICKS AIN’T WALKING NO MORE (Lucille Bogan) • IN MY GIRLISH DAYS (Memphis Minnie) • FLEETW. MAC’S RAMBLIN’ PONY (trad.) • WARM IT UP TO ME (Blind Willie McTell) 17 HIDING ON ME (Charlie McCoy).
CD 2 -
SATURDAY NIGHT RUB (2000) : CAN’T AFFORD TO DO IT (Homesick James) • DROP DOWN MAMA (Sleepy John Estes) • IF YOU TAKE ME BACK (Kansas Joe McCoy) • DJI N’OÛVEÛRE QUI L’ LONDI (E.D.) • IT AIN’T NO LIE (Kansas Joe McCoy) • I WANT YOU TO KNOW (Bo Carter) • LI RWÈ DÈL ROWE D’ERQUY (E.D.) • RAHIS’ ÈT RIKÈTES (E.D.) • MAMA SÉT (E.D.) • STUDIO RAP (E.D.) • TOT SEÛ (E.D.) • SATURDAY NIGHT RUB (Big Bill Broonzy) • DROP DOWN (I DONT FEEL WELCOME HERE) (Sleepy John Estes).
CD 3 -
TOT K’ MAHÎ / STUDIO (2005) : Toutes les compositions : E.D. TOT K’MAHÎ • GUITÅRE SWENG • LOUKE À Ç’T-EÛRE • PUS VÎS PUS SOT • RITA • PRINDS Ç’ MÅRTÊ • GRIVÈL’RÈYE • LÈS BIÈSSES N° 1 • CI N’ SÈRÈ MÅY PUS COME DIVINS L’ TIMPS • MI TOSHIBA SATELLITE • TI T’ FÊS DÈS-ÎDÈYES • HÈSTA • SAN FRANCISCO BAY BLUES • SÔLÈYE DI TCHIN • GROS LOUWIS • DJOYEÛS PÈHEÛ • GROS LOUWIS REMIX.
CD 4 - TOT K’ MAHÎ / PUBLIC (2005) : Toutes les compositions : E.D. QUé ‘NE BèLE WASSE • SAN FRANCISCO BAY BLUES • LOUKE À Ç’T-EÛRE • SÔLÈYE DI TCHIN • RITA • DJI N’OÛVEÛRE QUI L’ LONDI 7 CI N’ SÈRÈ MÅY PUS COME DIVINS L’ TIMPS • TOT K’MAHÎ.
CD 5 -
GRANDIVEÛS (2008) : Toutes les compositions : E.D. LI RAWÈTE • À CAVAYE LÈS BÈRLINÅS • HÈY TWÈ, GUEÛYE D’AMOÛR • HAS’ DI COÛR • LI BATÈME • INE PITITE FRICASSÊYE • LI DIÈRIN BLUES D’À JOHNSON • LI HOKUM DÈ G.B. • BONDJOÛ WALONÎYE • FANS ’NE TCHANSON • Ç’ TRIN-LÀ • TCHANSON PO L’ MÅVA TIMPS • BLUES PO FÉ ’NE FIN.


Réalisé avec le soutien de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique


Intégrale Elmore D FA5608



L’intégrale cåzî complète

de l’œuvre d’Elmore D en cinq CD







Docteur Daniel et Mister Elmore
Je ne pense pas qu’il y ait contradiction entre les identités de notre homme. Figure académique d’un côté, gratteur de guitare et poète de l’autre ? En quoi est-ce incompatible ? Le savoir, l’invention, l’originalité sont de mise dans ces deux démarches.
Le tout est de veiller à ce que cette gigue des doubles soit bien rythmée. Et avec notre compère elle l’est, magistralement.
Jacques DE DECKER
Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue
et de littérature françaises de Belgique


Patrick Frémeaux et Augustin Bondoux ont recueilli ici mes enregistrements parus de 1997 à 2008, en édition d’auteur ou sous le label de Frémeaux & Associés, en anglais ou en dialecte wallon de Liège. Ce soutien obstiné ne peut manquer d’interroger l’amateur soucieux d’écouter un ensemble quelque peu homogène. Les débuts hésitants de l’album Basse-Moûse Blues, dans un anglais « mélangé », ont au moins ceci de commun avec les premiers essais de chanson wallonne sur Saturday Night Rub que ces derniers semblent enregistrés au hasard d’une session excessivement nocturne. Ce qui fut effectivement le cas sous la féroce direction de Marc T (mon fils Gilles avait quitté subrepticement le studio, après sa partie de guitare piccolo…).
J’aurais d’autres anecdotes à raconter, à propos des musiciens qui ont bien voulu, tout au long de ces années, me prêter leur concours. On trouvera les noms de quelques-uns d’entre eux à travers les photos du livret. Je suis gêné de n’avoir pu en montrer certains, dont la tête, en effet, en vaut parfois la peine. Bien d’autres amies et amis savent ce que je dois à leurs encouragements et ce que ma gratitude leur conserve (Michèle, Jean, Robert, que de souvenirs). Je veux citer ici mon épouse Alice et mes enfants, Gilles et Alice, qui ont chacun eu la drôle d’idée de reprendre au quotidien mes goûts et mes makèts (« caprices, lubies » en wallon). Comment ne détacherais-je pas aussi mes vieux amis Joseph Brems, Jean-Pierre Urbain et Robert Sacré, ainsi que mon agent Muriel Collart.
La « mémoire collective » n’offrait pas seulement, naguère, ce caractère d’oublier parfois assez vite ceux de ses acteurs qui participent plus ou moins de la culture populaire. Combien d’artistes « mineurs » n’ont pas alimenté mes amusements musicaux, à côté des grands bluesmen ou rockers qui ont imposé leur marque une fois pour toutes ! Que de rencontres avec des inconnus intéressants dont j’ai moi-même oublié les noms ! Internet offre aujourd’hui le moyen d’élargir et de stabiliser ces relations avec une communauté insoupçonnée de musiciens et d’inlassables partageurs d’information dans les matières qui nous intéressent. Le blues et le folk wallons trouvent-ils désormais leur place dans ce concert sans frontières ? On peut le croire, surtout quand des firmes de production sonore, telle que celle qui m’accueille depuis une quinzaine d’années, se vouent à la défense et à la promotion des musiques parallèles.
Daniel DROIXHE, alias ELMORE D


Photos du livret :

1. Jack Owens, Elmore D et Bud Spires à Bentonia en 1987 – 2. Marc T et Elmore D avant de se produire en tant qu’amateurs « nominés » au Chicago Blues Festival de Bagneux en 1988 – 3. De g. à dr., au second rang : Big Dave, Piet De Houwer, Bop De Houwer, Gilles D Au premier rang : Alice Piette, Louisiana Red, Elmore D, Sarah Taillard – 4. Lazy Horse, Big Dave, Willie « Wuff » Maze, Elmore D à Pottes vers 2000 – 5. Big Dave – 6. Willie « Wuff » Maze – 7. Patrick Indestege – 8. Gilles D – 9. Daniel Willem, Hein Koop, Elmore D, Willie « Wuff » Maze, Patrick Indestege, Gilles D, Big Dave au Crossroads Café d’Anvers (photos 5, 6, 7, 8, 9 : Michel Verlinden). – Montage : Muriel Collart.

Disque 1
BASSE-MOÛSE BLUES (1997)
1 SOMETIMES I THINK I LOVE YOU (Memphis Jug Band) 2 FEATHER BED (Cannon Jug Stompers) 3 THE TWELVES (Kokomo Arnold / Leroy Carr) 4 NEW SYLVESTER AND HIS MULE (Memphis Minnie) 5 BUKKA’S JITTERBUG BLUES (Bukka White) 6 IF I HAD RELIGION (Son House) 7 BROKE AND HUNGRY (Skip James) 8 I’M TALKING ABOUT YOU N° 2 (Memphis Minnie) 9 BACK STEP BLUES (Scrapper Blackwell) 10 SUN GOING DOWN (Son House) 11 EVENING FAX BLUES (E.D.) 12 I’M TALKING ABOUT YOU N° 1 (Memphis Minnie) 13 TRICKS AIN’T WALKING NO MORE (Lucille Bogan) 14 IN MY GIRLISH DAYS (Memphis Minnie) 15 FLEETW. MAC’S RAMBLIN’ PONY (trad.) 16 WARM IT UP TO ME (Blind Willie McTell) 17 HIDING ON ME (Charlie McCoy)
Enregistré vers 1996-1997 aux studios J. Lauzzana (Seraing), The Groove (Schelle) et Soundtrack (Grivegnée) – Produit par Marc T.
Elmore D chant, National Triolian - Sarah Taillard chant (8,12-14,16) – Gilles D guitares électr. et piccolo (1,6,8,12) – Renaud Lesire harmonica (1,2, 11-13,15) – Big Dave harmonica (9,10) – Marc T harmonica (6), planche à lessiver (5), kazoo – Didier Heggerick tuba (8) - Christophe Foulon piano (4,14) – Jacky Lauzzana percussion sur chaise (2) – Willy Maze batterie (6,8,16).

Disque 2
SATURDAY NIGHT RUB (2000)

1 CAN’T AFFORD TO DO IT (Homesick James) 2 DROP DOWN MAMA (Sleepy John Estes) 3 IF YOU TAKE ME BACK (Kansas Joe McCoy) 4 DJI N’OÛVEÛRE QUI L’ LONDI (E.D.) 5 IT AIN’T NO LIE (Kansas Joe McCoy) 6 I WANT YOU TO KNOW (Bo Carter) 7 LI RWÈ DÈL ROWE D’ERQUY (E.D.) 8 RAHIS’ ÈT RIKÈTES (E.D.) 9 MAMA SÉT (E.D.) 10 STUDIO RAP (E.D.) 11 TOT SEÛ (E.D.) 12 SATURDAY NIGHT RUB (Big Bill Broonzy) 13 DROP DOWN (I DONT FEEL WELCOME HERE) (Sleepy John Estes)
Enregistré en 2000 à Anvers, studio inconnu. – Prod. E.D. - Frémeaux et Ass.
Elmore D chant, guitares acoustiques – Lazy Horse guitares électr., basse (2,8), mandoline (6), chœurs (1,4) – Big Dave harmonica, chœurs (1,4) – Marc T planche à lessiver, chœurs (1,4) - Willie Maze batterie.

Disque 3
TOT K’ MAHÎ / STUDIO (2005)

Toutes les compositions : E.D.
1 TOT K’MAHÎ 2 GUITÅRE SWENG 3 LOUKE À Ç’T-EÛRE 4 PUS VÎS PUS SOT 5 RITA 6 PRINDS Ç’ MÅRTÊ 7 GRIVÈL’RÈYE 8 LÈS BIÈSSES N° 1 9 CI N’ SÈRÈ MÅY PUS COME DIVINS L’ TIMPS 10 MI TOSHIBA SATELLITE 11 TI T’ FÊS DÈS-ÎDÈYES 12 HÈSTA 13 SAN FRANCISCO BAY BLUES 14 SÔLÈYE DI TCHIN 15 GROS LOUWIS 16 DJOYEÛS PÈHEÛ 17 GROS LOUWIS REMIX
Enregistré en 2004 au Studio de la Province de Liège par Roger Roland et Michel Xhaufflaire, au Studio Triskel par Cédric de José (9) et à La Cabane de Ma Grand-mère par Lazy Horse (5) – Mastérisé par Paul Van der Jonckheyd au Foon Mastering Center.
Elmore D chant, National Triolian (4,8), Stella 12 cordes – Lazy Horse guitares électr., National triolian (5), mandoline (1,11) – The Goon Mat guitares électr. (2,7,8,10) – Phil Corthouts banjo (1), guitare acoustique (3) – Will Deckers banjo (14) – Guido Lehmann pedal steel guitare (3), harmonica (11) - Big Dave harmonica (12-14, 16) – Fabian Bernardo harmonica (3) - Hein Koop piano – Renaud Lesire guitare basse (4,6) – Suzy Vander Stappen guitare basse (14-16) – Gilles D guitare basse (3) – Sur 9 : Pierre Lacoque harmonica – Steve Doyle guitare électr. - Renaud Patigny piano – Stephen Howard guitare basse – Kenny « Beedy Eyes » Smith batterie.

Disque 4
TOT K’ MAHÎ / PUBLIC (2005)

Toutes les compositions : E.D.
1 QUé ‘NE BèLE WASSE 2 SAN FRANCISCO BAY BLUES 3 LOUKE À Ç’T-EÛRE 4 SÔLÈYE DI TCHIN 5 RITA 6 DJI N’OÛVEÛRE QUI L’ LONDI 7 CI N’ SÈRÈ MÅY PUS COME DIVINS L’ TIMPS 8 TOT K’MAHÎ
Enregistré en 2003 et 2004 au Festival de la Chanson wallonne (Pavillon de Flore, Liège) par l’équipe technique des moyens mobiles de la RTBF – Mastérisé par Jean-Charles Cremers au Chênée Palace - Naked Productions 6.
Elmore D chant, National Triolian, Stella 12 cordes – Vincent Delire chant (6) - Lazy Horse guitare, National Resolectric, mandoline – Big Dave harmonica (3,4,6,8) – Renaud Lesire harmonica (7) – Hein Koop piano – Gilles D percussions (1,2) - Willie Maze batterie.

Disque 5
GRANDIVEÛS (2008)

Toutes les compositions : E.D.
1 LI RAWÈTE 2 À CAVAYE LÈS BÈRLINÅS 3 HÈY TWÈ, GUEÛYE D’AMOÛR 4 HAS’ DI COÛR 5 LI BATÈME 6 INE PITITE FRICASSÊYE 7 LI DIÈRIN BLUES D’À JOHNSON 8 LI HOKUM DÈ G.B. 9 BONDJOÛ WALONÎYE 10 FANS ’NE TCHANSON 11 Ç’ TRIN-LÀ 12 TCHANSON PO L’ MÅVA TIMPS 13 BLUES PO FÉ ’NE FIN
Enregistré, mixé et mastérisé en 2007-2008 aux studios L’Air Ne Fait Pas La Chanson (Liège), au Studio de la Province de Liège et à L’Île Blanche (Ensival) par Roger Roland et Gilles Droixhe.
Elmore D chant, National Triolian, Stella 12 cordes, harmonica (9) – Gilles D guitare électr. (1-13) – John Joris National Triolian (8), guitare acoustique (1,3,7), banjo (4) - Lazy Horse guitare acoustique (2) – Daniel Willem violon (3,11-13) – Steve Louvat banjo (2, 11) – Jefferson Louvat mandoline (2,11) – Big Dave harmonica acoustique (1,2,7), chant (4) – Wouter Celis harmonica acoustique (8), électr. (4) – Hein Koop piano, orgue, accordéon – Patrick Indestege contrebasse, basse électr. – Renaud Lesire basse électr. (13) – Franky Gomez batterie.

L’intégrale câzî (quasi) complète d’Elmore D

P 1996-2008 Elmore D © 2015 Frémeaux & Associés
Coordination : Muriel Collart
Direction de collection : Augustin Bondoux
Conception de collection : Patrick Frémeaux & Claude Colombini
Droits : Frémeaux & Associés



BASSE-MOÛSE BLUES (1997)
 1. SOMETIMES I THINK I LOVE YOU
 2. FEATHER BED
 3. THE TWELVES
 4. NEW SYLVESTER AND HIS MULE
 5. BUKKA’S JITTERBUG BLUES
 6. IF I HAD RELIGION
 7. BROKE AND HUNGRY
 8. I’M TALKING ABOUT YOU N° 2
 9. BOCK STEP BLUES
10. SUN GOING DOWN
11. EVENING FAX BLUES
12. I’M TALKING ABOUT YOU N° 1
13. TRICKS AIN’T WALKING NO MORE
14. IN MY GIRLISH DAYS
15. FLEETW. MAC’S RAMBLIN’ PONY
16. WARM IT UP TO ME
17. HIDING ON ME

SATURDAY NIGHT RUB
(Frémeaux & assoc. 2000)
1. CAN’T AFFORD TO DO IT
2. DROP DOWN MAMA
3. IF YOU TAKE ME BACK

4. DJI N’OÛVEÛRE QUI L’ LONDI

JE NE TRAVAILLE QUE LE LUNDI
Qwand dj’èsteû p’tit
Quand j’étais petit,
M’ pére m’a tofêr dit :
Mon père m’a toujours dit :
« Såye d’avu d’ l’instrucsion.
« Essaie d’avoir de l’instruction.
À qwè veût-on
À quoi voit-on
Qu’in-ome èst sûti ?
Qu’un homme est intelligent ?
I n’ si fêt måye nåhi. »
Il n’est jamais fatigué. »
M’a falou l’ timps,
Il m’a fallu le temps,
Mins à ç’t-eûre dj’a compris :
Mais maintenant j’ai compris :
Dji n’ bodje pus li p’tit deût.
Je ne bouge plus le petit doigt.
Si m’ pére mi veût,
Si mon père me voit,
I deût èsse fîr di mi :
Il doit être fier de moi :
Dji n’ouveûre qui l’ londi.
Je ne travaille que le lundi.
Réspleû
Refrain
Dji n’oûveûre qui l’ londi.
Je ne travaille que le lundi.
C’èst bin assé por mi.
C’est bien assez pour moi.
Dj’a bin loukî
J’ai bien regardé
Lès djins distingués :
Les gens distingués :
Sont todi bin r’pwèzés.
Ils sont toujours bien reposés.
Wice trovèt-is
Où trouvent-ils
L’ corèdje di bronzer
Le courage de bronzer
Avou tos leûs soucis ?
Avec tous leurs soucis ?
N’ ravizèt nin
Ils ne ressemblent pas
Lès cis qu’ prindèt l’ trin
À ceux qui prennent le train
À sîh´ eûres ås Guîy’mins
À six heures aux Guillemins 1.
Dji mèt´ èn-oûve
Je mets en œuvre
Çou qu’on dit à Nameûr.
Ce qu’on dit à Namur.
Dj’ènnè fêt wêre, mins bon.
Je n’en fais guère, mais c’est du bon.
Dji prind tot m’ timps,
Je prends tout mon temps,
Dji ratind d’èsse maweûr,
J’attends d’être mûr,
Dji vike come on lum’çon.
Je vis comme un limaçon 2.
Onk di cès djoûs,
Un de ces jours,
Dji tap’rè l’ouh´ so l’ beûr,
Je claquerai la porte sur le puits 3,
Po n’ pus fé qu’ dès tchansons.
Pour ne plus faire que des chansons.
Dji veû co m’ mame
Je vois encore ma mère
Qu’ènn’aléve à l’ouhène
Qui s’en allait à l’usine
Avou des solés d’ plomb.
Avec des souliers de plomb 4.
« Awè, d’héve-t-èle,
« Oui, disait-elle,
Dji sé bin qu’à l’FN,
Je sais bien qu’à la FN 5,
On fêt des fiziks, dès canons,
On fait des fusils, des canons,
Qu’îront touwer
Qui iront tuer
Totes sôrts di pôvès djins,
Toutes sortes de pauvres gens,
Å nom dè l’ civilizåcion.
Au nom de la civilisation.
Mins mi dj’ veû bin
Mais moi je vois bien
Qu’ tot çoula n’ siève à rin
Que tout ça ne sert à rien
Qu’à écråhî l’ patron. »
Qu’à engraisser le patron. »

5. It ain’t no lie
6. I want you to knoW

7. LI RWÈ DÈL ROWE D’ERQUY
LE ROI DE LA RUE D’ERQUY
Dji m’ prézinte,
Je me présente,
Dji so l’årtisse.
Je suis l’artiste.
Ine saquî m’a dit îr :
Quelqu’un m’a dit hier :
« N’a nou risse !
« Sans mentir 6 !
T’as ‘ne vwès d’ fåssèt,
T’as une voix de fausset,
Ti clapes treûs-acwérds
Tu colles trois accords,
So on hèrvê d’ guitåre di fiér. »
Sur une antiquaille de guitare de fer. »
Rèspleû
Refrain
Qu’ènn’a-dj’ di keûr ?
Qu’est-ce que je m’en tape 7 ?
E m’ cårtî, dji so li rwè
Dans mon quartier, je suis le roi
Dè l’ rowe d’Erquy.
De la rue d’Erquy.
Dj’aveû scrît ine tchanson
J’avais écrit une chanson
Qui dj’ trovéve trisse.
Que je trouvais triste.
Po sûre mi vocåcion,
Pour suivre ma vocation,
Dj’ènnè fa on disse
J’en fis un disque
Qui dj’ tchoûkîve à tos mès vwèzins
Que je fourrais à tous mes voisins
Qu’èl rivindît l’ lèd’dimin.
Qui le revendaient le lendemain.
On producteûr m’a dit :
Un producteur m’a dit :
« T’ès bon po l’ sinne.
« Tu es bon pour la scène.
Ti djowes po treûs mèye djins
Tu joues pour trois mille personnes
À l’ saminne.
La semaine prochaine.
Avou tès-êrs à l’ va-s’-mèl-qwîr,
Avec tes airs à la mords-moi-le-nœud 8,
Ti pous fé l’ Festival du Rire. »
Tu peux faire le Festival du Rire 9. »

8. RAHIS´ ÈT RIKÈTES
VIEILLERIES ET REBUTS
Enn’a qui d’hèt
Y en a qui disent
Qu’ mès ratayons
Que mes ancêtres
Pôrît fé ‘ne hègne
Pourraient faire la grimace
So mès tchansons.
Sur mes chansons.
Rèspleû
Refrain
On t’ va dîre çou qu’ ti ravises :
On va te dire à quoi tu ressembles :
Rahis´.
Vieilleries !
On t’ va dire wice qu’i t’ fåt mète :
On va te dire où il faut t’ mettre :
Rikètes.
Aux rebuts !
Ti dis qu’ ti djowes
Tu dis que tu joues
L’ musique dès p’tits,
La musique des petits,
Mins avou l’ tièsse
Mais avec la tête
D’on fôrnoûri.
D’un trop bien nourri.
Qwant ti t’ creûs è
Quand tu te crois dans
Mississippi,
L’ Mississippi,
Tot l’ monde veût qu’ c’èst
Tout le monde voit que c’est
Dè simili.
Du simili.
Houte di çoula,
En plus de ça,
Lès muzicyins
Les musiciens
Qu’ sont-st-avou twè
Qui sont avec toi
Sont tos´ dès Flaminds.
Sont tous des Flamands.

9. MAMA SÉT
MAMA SÉT
Mama sét
Mama sait
Come li timps passe,
Comme le temps passe,
Mins èll’ènn’
Mais elle en
Èface lès traces.
Efface les traces.
Èle ricôpéve
Elle recoupait
Lès rôzîs,
Les rosiers,
Qwand ‘ne pinsêye
Quand une pensée
L’a fêt fruzi.
L’a fait frissonner.
Ine sipène
Une épine
A scrît so s’ min :
A écrit sur sa main :
« Tûze-t-i à mi ?
« Pense-t-il à moi ?
C’èst l’ prétimps. »
C’est le printemps. »
Èle côpe quéquès
Elle coupe quelques
Djènes barons
Jonquilles 10
Èt båhe çou qui
Et embrasse ce qui
Vint dè bordon.
Vient de la tige.
Li hàye èst neûre,
La haie est noire,
L’èspwér podrî.
L’espoir derrière.
Poqwè l’ vèye
Pourquoi la vie
A-t-èle candjî ?
A-t-elle changé ?

10. Studio rap
11. TOT SEÛS
TOUT SEULS
Poqwè n’ so-dje nin
Pourquoi ne suis-je pas
Li ci qu’ t’inmes seûl’mint ?
Celui que tu aimes seulement ?
Dji lî rèpètéve si sovint :
Je lui répétais si souvent :
« On vik’reût tot seûs,
« On vivrait tout seuls,
On d’meûrreût nos deûs.
On resterait nous deux.
Fåt-i tant cori po-z-èsse ureûs ? »
Faut-il tant courir pour être heureux ? »
Dj’èl ratindéve : à fwèce di rôler
Je m’y attendais : à force de rouler
Tote nut’, èll’a rèscontré Roger.
Toute la nuit, elle a rencontré Roger.
C’è-st-ine bouhale,
C’est un type bouché 11,
I n’inme qui l’ football.
Il n’aime que le football 12.
Assuré :
Garanti :
Èle va morfler.
Elle va trinquer.
C’èst bièsse à dire,
C’est bête à dire,
Dji n’èl pou roûvî.
Je ne peux l’oublier.
C’èst si målåhèye di n’ nin r’vèyî
C’est si difficile de ne pas revoir
Totes sôrts di moumints,
Toutes sortes de moments,
Dès djèsses èt dès djins,
Des gestes et des gens,
Dès-afêres qui n’ si racontèt nin.
Des choses qui ne se racontent pas.
Adon dj’a pris in-êr dè vîx timps
Alors j’ai pris un air du vieux temps
Èt d’ lî a fêt on dièrin prézint.
Et je lui ai fait un dernier cadeau.
Mins dji n’ djeûre nin,
Mais je ne jure pas,
S’èle riv’néve dimin,
Si elle revenait demain,
Qu’ dj’èl djow’reû
Que je le jouerais
Por lèye seûl’mint.
Pour elle seulement.

12. Saturday night rub
13. Drop down (I dont feel welcome here)


TOT K’MAHÎ
(Naked Productions 2005)

1. TOT K’MAHÎ
TOUT EMBROUILLÉ
Rèspleû
Refrain
Dji so tot k’mahî avou twè.
Je suis tout embrouillé avec toi.
Dès fèyes ti dis : « Dji n’ vou »,
Parfois tu dis : « Je ne veux pas »,
Dès fèyes ti dis : « Dji n’ pou. »
Parfois tu dis : « Je ne peux pas 13. »
Mins dji so tot k’mahî avou twè.
Mais je suis tout embrouillé avec toi.
Dji d’vreû roûvî reût-à-bale
Je devrais oublier au plus vite 14
Tès manîres.
Tes manières.
Mins dji d’meûre divant t’ potale
Mais je reste devant ta chapelle 15
È priyîre.
En prière.
C’èst dè l’ fåte di tès-afêres
C’est la faute à tes affaires
Si dj’î tûse on pô trop fwért !
Si j’y pense un peu trop fort 16 !
Dj’a trop’ sondjî lès brocales.
J’ai trop divagué. 17
Prindez-m’ ine tchambe ås Lolås.
Prenez-moi une chambre à l’asile 18.
Èfants d’ Filoguèt, vos m’ cial.
Enfants de Philoguet, me voici 19.
Dji so come li sot Lînå !
Je suis comme le sot Léonard !
Dji so neûr come ine cok’mår,
Je suis noir comme une bouilloire,
Ni m’ dimandez nin poqwè,
Ne me demandez pas pourquoi,
Èt dj’a l’ tièsse avå lès cwåres,
Et je bats la campagne 20,
Dji sins qu’ dji va fé l’ plonkèt.
Je sens que je vais faire le plongeon.

2. GUITÅRE SWENG
GUITARE SWING
Vocial mi pére :
Voici mon père :
C’è-st-on vårègn,
C’est un vaurien,
Mins i k’nohe bègn
Mais il connaît bien 21
Li Guitåre Sweng.
Le Guitare Swing.
Enn’a qui d’hèt
Y en a qui disent
Qu’ c’è-st-on boubièt
Que c’est un idiot,
Mins i k’nohe bègn
Mais il connaît bien
Li Guitåre Sweng.
Le Guitare Swing.
Faléve nos vèy,
Fallait nous voir,
Li dîmègne å matin,
Le dimanche au matin,
Quand on mètéve
Quand on mettait
Hampton so l’ toûrne-disse.
Hampton sur le tourne-disque.
On-z-ètindéve
On entendait
Brêre tos les vwèzins :
Brailler tous les voisins 22 :
« On ‘nn’a s’ cou plin !
« On en a marre 23 !
Èt on va houkî l’ police ! »
Et on va appeler la police ! »
Vocial mi mame :
Voici ma mère :
Èle fêt dès hègnes.
Elle grimace.
C’èst qu’èle n’inme nègn
C’est qu’elle n’aime pas
Li Guitåre Sweng.
Le Guitare Swing.
Èle si rèssère
Elle se renferme 24
Divins s’ couhène
Dans sa cuisine
Tot l’ timps qu’ mi pére
Tant que mon père
Fêt li Guitåre Sweng.
Joue le Guitare Swing.
Wice qu’on potchîve
Où on sautait
Vôrmint foû di s’ frake,
Pour de bon hors de son froc 25,
C’èst qwand l’ phono
C’est quand le phono
Atakéve « Tiger Rag ».
Attaquait « Tiger Rag ».
Di m’ costé,
De mon côté,
Dj’ tapéve come on d’lahî
Je tapais, déchaîné 26,
So ‘ne bwète di Biscao
Sur une boîte de Biscao
Avou dès cwîs.
Avec des cuillères.
Di timps-in timps,
De temps en temps,
On candjîve li programe.
On changeait le programme.
On hoûtéve
On écoutait
Jerry Lee Lewis ou bin Cochran.
Jerry Lee Lewis ou bien Cochran.
Mi grand-mére dihéve :
Ma grand-mère disait :
« C’èsteût d’djà bê.
« C’était déjà beau.
À ç t’eûre dj’a ‘ne tièsse
Maintenant j’ai une tête 27
Come on sèyê ! »
Comme un seau 28 ! »
Mins m’ grand-pére, lu,
Mais mon grand-père, lui,
I voléve danser :
Il voulait danser :
A todi stu
Il a toujours été
In-amûsète.
Du genre à s’amuser 29.
I d’héve à ‘ne pît’lêye
Il disait à une petite,  
Qui v’néve d’intrer :
Qui venait d’entrer :
« Dji t’ va mostrer
« Je vais te montrer
Si dj’ so mantchète. »
Si je suis une demi-portion 30 .»

3. LOUKE À Ç’T-EÛRE
REGARDE MAINTENANT
Louke à ç’t-eûre,
Regarde maintenant,
Rilouke çou qu’ t’as fêt,
Regarde ce que tu as fait,
Quand t’ès v’nowe è m’ tchanme
Quand tu es venue dans ma chambre
Èt qu’ t’as bodjî t’ cotrê
Et que tu as ôté ton jupon.
I n’ m’a falou
Il ne m’a fallu
Qu’on p’tit bokèt d’ twè
Qu’un petit morceau de toi
Po qu’ dji toûne å vint
Pour que je tourne au vent
Come on cok’rê.
Comme une girouette.
Ti t’as coûkî
Tu t’es couchée
È triviès di m’ lét,
En travers de mon lit,
Èt ti m’ dimandes
Et tu me demandes
Di dwèrmi à costé
De dormir à côté.
Lès sèt´ creûs,
Les sept croix,
Dji lès-a compté,
Je les ai comptées,
Dji pou lès raconter.
Je peux les raconter.
N’a pus qu’ine sôrt à fé,
Il n’y a plus qu’une chose à faire,
C’èst d’ m’ènn’aler.
C’est de m’en aller.
Èt c’èst poqwè…
Et c’est pourquoi…
4. PUS VÎS PUS SOT
PLUS VIEUX PLUS SOT
Pus vîs pus sot,
Plus vieux, plus sot,
Cou d’zeûr, cou d’zos,
Cul par-dessus tête 31,
Qui vout fé l’andje
Qui veut faire l’ange,
Fêt l’ mårticot.
Fait le singe.
On pô suris´,
Un peu suret,
Èt fwért roûvis´,
Et fort oublieux,
Såf po l’ ci qui
Sauf pour celui
M’ fêt dès displits.
Qui me chagrine.
Rèspleû
Refrain
Dji cwîre mi vèye,
Je cherche ma vie,
Dji cwîre li vrêye
Je cherche le vrai
Divins les spots.
Dans les proverbes.
Dji cwîre mi vèye,
Je cherche ma vie,
Dji cwîre li vrêye
Je cherche le vrai
Avå lès mots.
Parmi les mots.
Pus d’ bètche qui d’ cou,
Plus de bec que de cul 32,
Dji vou, dji n’ pou,
Je veux, je ne peux 33.
Dji m’ kitape tot
Je me démène tout
Come peû è pot.
Comme pois en pot.
Å rèsse dji done
Au reste je donne
Tot à pougnèye,
Tout à la volée 34.
Tot-à fêt come
Tout à fait comme
L’ curé d’ Joupèye.
Le curé de Jupille 35.
Sins nole vergogne
Sans nulle vergogne,
Dj’a poûhî d’vins
J’ai puisé dans
In-oûve walone
Une œuvre wallonne
D’à Dejardin.
De Dejardin 36.
5. RITA
RITA 37
O Rita, li P’tit Banc, li P’tit Banc,
O Rita, le P’tit Banc, le P’tit Banc 38,
Qu’on tchantéve tot s’ènn’alant,
Qu’on chantait en s’en allant,
N-a ‘ne tchoke
Y a un bout de temps
Qu’i n’ veût pus d’galant,
Qu’il ne voit plus de galant,
O Rita, li P’tit Banc.
O Rita, le P’tit Banc.
Di ç’ timps-là,
De ce temps-là,
T’èsteûs djône fèye
Tu étais jeune fille
Èt li vèye èsteût gåtêye
Et la vie était gâtée
Quand l’ fås-Djudas prindéve in-ôte
Quand le faux-jeton prenait une autre 39.
Come crapôde.
Comme amie 40.
On dihéve : I lût l’ bêté,
On disait : La lune luit 41,
Dji r’vinrè après l’osté,
Je reviendrai après l’été,
Tot s’ djurant l’éternité
En se jurant l’éternité
Po s’inmer.
Pour s’aimer.
Mins lès « p’titès fleûrs », lès « poyons »,
Mais les « petites fleurs », les « poussins 42 »,
Lès tinrûlistés, les råvions,
Les mots de tendresse, les rêveries43,
Tot çoula n’èst pus d’ såhon
Tout ça n’est plus de saison
È walon.
En wallon.
O Rita, dji n’ sé k’mint
O Rita, je ne sais comment
Djåzer qand c’èst l’ moumint.
Parler quand c’est le moment.
Si « tchoûler » è-st-on mot trop plat,
Si « chialer » est un mot trop plat,
Dj’èl tchant’rè tot bas.
Je le chanterai tout bas.

6. PRIND Ç’ MÅRTÊ
PRENDS CE MARTEAU 44
(H. Ledbetter, Take this hammer – Arrangement E.D.)
Rèspleû
Refrain
Prind ç’ mårtê
Prends ce marteau
Pwète-lu å patron
Porte-le au patron
Di-lî qu’ dji so
Dis-lui que je suis
Èvôye po l’ bon.
Parti pour de bon.
S’i t’ dimande
S’il te demande
« Qui voléve-t-i co ?
« Que voulait-il encore ?
Il-a tot
Il a tout
Li TV èt l’ frigo »,
La TV et le frigo »,
S’i t’ dimande
S’il te demande
« Qui voléve-t-i co ? »
« Que voulait-il encore ? »
Di-lî seûl’min’t :
Dis-lui seulement :
« Dj’ènnè sé rin. »
« Je n’en sais rien. »
S’i t’ dimande
S’il te demande
« Prindreûs-s´ si plèce
« Prendrais-tu sa place
Sins fé trop´
Sans faire trop
Dès kèsses èt dès mèsses ? »
Des qu’est-ce et des mais 45 ? »
Si t’ dimande
S’il te demande
« Prindreûs-s´ si plèce ? »
« Prendrais-tu sa place ? »
Rèspond-lî :
Réponds-lui :
« Mi prind-s´ po ‘ne… ? »
« Me prends-tu pour une 46… ? »

7. GRIVÈL’RÈYE
GRIVÈLERIE
N’ volà-t-i nin qu’on bê matin,
Ne voilà-t-il pas qu’un beau matin,
L’ajant d’ cårtî, Moncheû Frenay,
L’agent de quartier, Monsieur Frenay,
Mi dit : « Elmore, dji v’ deû houkî,
Me dit : « Elmore, je dois vous convoquer,
Ca v’s-avez fêt ine saqwè d’ lêd. »
Car vous avez fait quelque chose de laid. »
D’vins tote mi vèye, dji nèl nôye nin,
Dans toute ma vie, je ne le nie pas,
Dji n’a nin fêt qu’ dès bèlès keûres,
Je n’ai pas fait que de belles actions,
Èt dji so d’on tampéramint
Et je suis d’un tempérament
À piède on pô l’ tièsse à tote eûre.
À perdre un peu la tête à toute heure.
Mins disqu’à ç’t-eûre, crèyez-m’ s’i v’ plêt,
Mais jusqu’à présent, croyez-moi s’il vous plaît,
On n’ m’aveût co trêtî d’ cûrèye.
On ne m’avait pas encore traité de charogne.
Ca l’ajant m’ dèrit : « Elmore D,
Car l’agent me dit : « Elmore D,
On vis-acûse di grivèl’rèye ! »
On vous accuse de grivèl’rie ! »
Dj’a lé bêcôp dès dicsionêres,
J’ai lu beaucoup de dictionnaires,
Èt dji k’nohe tote ine riguinêye
Et je connais toute une kyrielle
Di mots qu’odèt ‘ne saqwè qui flêre,
De mots qui sentent une chose qui pue,
Mins l’ pés, mutwèt, c’èst l’ grivèl’rèye !
Mais le pire, peut-être, c’est la grivèlerie !
Magnî dè rosti sins payî,
Manger du rôti sans payer,
Si såver après ‘ne cråsse eûrêye,
Se sauver après avoir fait bombance,
Fé pèter l’ champagne èt lèyî
Faire péter l’ champagne et laisser
Li note so l’ tåve : c’èst l’ grivèl’rèye !
La note sur la table : c’est la grivèlerie !
À ‘ne bèle rossète fé avoyî
À une belle rousse faire envoyer
Dès rôses ou minme ine dorêye,
Des roses ou même une tarte au riz,
Tot lèyant, po l’ fé arèdjî,
En laissant, pour le faire enrager,
Li nom d’in-ôte : c’èst l’ grivèl’rèye !
Le nom d’un autre : c’est la grivèlerie !
Mandrin, Cartouche, Tchantchès Villon,
Mandrin, Cartouche, François Villon 47,
Fez-m’ vite ine plèce è l’ confrêrèye,
Faites-moi vite une place dans la confrérie,
Qui dji scrèye sins tårdjî ‘ne tchanson
Que j’écrive sans tarder une chanson
Qui påy’rè mès frês d’ grivèl’rèye.
Qui paiera mes frais de grivèlerie.

8. LÈS BIÈSSES N° 1
LES BÊTES N° 1
La taupe
Dji so l’ foyant, dji so l’ houyeû,
Je suis la taupe, je suis le houilleur,
È vosse cot’hê, dji trawe, dj’oûveûre.
Dans votre jardin, je troue, je travaille.
Mins si dj’ vins foû èt qui dji m’ veû,
Mais si je sors et que je me vois,
Dji r’mousse è beûr !
Je rentre dans ma galerie !
La libellule
On m’ lome dès fèyes mårtê dè diâle.
On m’appelle parfois marteau du diable48.
Dji make å front lès p’tits-èfants.
Je frappe au front les petits enfants.
Mins qu’ dj’ènnè veûsse onk come ci-cial,
Mais que j’en voie un comme celui-ci,
Dji m’ sins mètchant.
Je me sens méchant.
Le cloporte
Li pourcê d’ cåve è-st-on pouyeû :
Le cloporte est un avare :
Di lu, vos n’årez nin ‘ne miyète.
De lui, vous n’aurez pas une miette.
Dè côp qu’i sint l’ min d’on bribeû,
Dès qu’il sent la main d’un mendiant,
I sêre si pwète !
Il ferme sa porte 49 !
La chenille
Dji m’ dimande bin poqwè l’ honène
Je me demande bien pourquoi la chenille
Qui n’èst måy qu’ine breûsse à mous’mints,
Qui n’est jamais qu’une brosse à vêtements,
Raviz’reût ine frumèle di tchègne,
Ressemblerait à une femelle de chien,
Sorlon l’z-Ancyins.
Selon les Anciens50.
Envoi
À tote tchanson, i fåt ine cowe.
À toute chanson, il faut une queue.
Djåz’rans-gn’ dès bådèts, dès fås-tchins ?
Parlerons-nous des baudets, des faux-chiens ?
Nonna, non pus qu’ dès sansowes.
Non, pas plus que des sangsues.
Vos v’ porîz co ric’nohe divins.
Vous pourriez encore vous y reconnaître.

9. CI N’ SÈRÈ MÅY PUS COME DIVINS L’ TIMPS
CE NE SERA JAMAIS PLUS COMME DANS LE TEMPS
L’ôte djoû, dji rinteûre
L’autre jour, je rentre
Vès lès p’titès-eûres.
Vers les petites heures (du matin).
Dji crèyéve qu’èle dwèrméve,
Je croyais qu’elle dormait,
Mins èle mi ratindéve.
Mais elle m’attendait.
« Volà l’ bê djodjo !
« Voilà le beau galant !
Mister Roméo,
Mister Romeo,
Qui r’vint avou Jack Daniels
Qui revient avec Jack Daniels
D’avu fêt totes lès tchapèles. »
D’avoir fait toutes les chapelles 51. »  
Rèspleû
Refrain
Dji creû qu’ ci côp-cial, si èle mi r’prind,
Je crois que ce coup-ci, si elle me reprend,
Ci n’ sèrè måy pus come divins l’ timps.
Ce ne sera jamais plus comme dans le temps.
Awè, c’èst di m’ fåte,
Oui, c’est ma faute,
Dès-èscûsses, dj’ènnè cwîre nin.
Des excuses, je n’en cherche pas.
Dji deû magnî l’ tåte
Je dois manger la tartine
Di tot çou qu’ dj’a fêt d’ calin.
De tout ce que j’ai fait de mal 52.
Passéve-t-i ine cote,
Une jupe passait-elle,
Dji pièrdéve mès djèyes.
Je perdais la tête.
Buvéve-t-on ine gote,
Buvait-on un coup,
Dji finihéve lès botèyes.
Je finissais les bouteilles.
Èle n’a nin tchoûlé,
Elle n’a pas pleuré,
Èle n’a minme nin dit å r’vèye,
Elle n’a même pas dit au revoir,
Èll’a hiné mès camadjes
Elle a jeté mes vêtements
Divins lès montèyes.
Dans l’escalier 53.
Dj’aveû bê lî dîre
J’avais beau lui dire
Qu’ dj’aveû l’ coûr come ine crompîre,
Que j’avais le cœur comme une patate,
Èle m’a r’clapé : « C’èst trop tård,
Elle m’a balancé : « C’est trop tard,
Ti n’ candj’rès pus Nonård. »
Tu ne changeras plus Nanard 54. »
Come èll’èst bizêye,
Comme elle s’est tirée,
Dji deû fé totes sôrts d’afêres.
Je dois faire toutes sortes de choses.
Dji fê lès hièles, li bouwèye,
Je fais la vaisselle, la lessive,
Dji rimplihe li frigidêre.
Je remplis le frigo.
Po couh’ner, c’èst co pés -
Pour cuisiner, c’est encore pis -
Dj’ènn’a vrêmint m’ sô -
J’en ai vraiment ma claque -
Dji n’ magne qui dès surgelés,
Je ne mange que des surgelés,
Dj’a l’êr d’in-èskimô.
J’ai l’air d’un Esquimau.

10. MI TOSHIBA SATELLITE
MON TOSHIBA SATELLITE
Vîx Bon Diu d’ bwès !
Vieux Bon Dieu de bois !
Êdîz-m’ picî l’ flêrant man’daye
Aidez-moi à pincer le puant vaurien
Qui m’a hapé mi-ordinateûr
Qui m’a volé mon ordinateur
Mi Toshiba Satellite.
Mon Toshiba Satellite.
Si vos trovez mi-ordinateûr,
Si vous trouvez mon ordinateur,
Si v’ plêt, raminez-l’.
S’il vous plaît, ramenez-le55.
I m’èl fåt po fé m’ boneûr,
Il me le faut pour faire mon bonheur,
Èt dji n’ vou nol ôte modéle.
Et je ne veux nul autre modèle.
Dj’ l’aveû mètou po s’ riwèri
Je l’avais mis à réparer
D’vins on magazin qu’Excèle.
Dans un magasin qui Excelle. 56
Mins li d’mèye-doûs d’ martchand m’a dit :
Mais le crétin de marchand m’a dit 57 :
« Dj’ènnè pou rin s’il a fêt l’ bèle. »
« Je n’y peux rien s’il a fait la belle. »
Quand dji r’veû si p’tite rôyète
Quand je revois sa petite rainure
Po lès disquètes,
Pour les disquettes,
Qu’èsteût si bråve à l’ovrèdje,
Qui était si brave à l’ouvrage,
M’ prind l’ må d’arèdje !
Il me prend le mal de rage !
Dji sé bin qui m’ machine n’aveût
Je sais bien que ma machine n’avait
Qu’ trinte-deûs mégas d’ ram.
Que trente-deux mégas d’ ram.
Mins çou qu’èle féve avou, c’èsteût
Mais ce qu’elle faisait avec, c’était
Todi d’adram´.
Toujours OK.

11. TI T ‘FÊS DÈS-ÎDÈYES
TU TE FAIS DES IDÉES
Rèspleû
Refrain
Si ti creûs qu’ dji piède mès djêyes por twè,
Si tu crois que je perds la tête pour toi 58,
Ti t’ fês dès-îdèyes.
Tu te fais des idées. (bis)
Awè, ti t’ fês dès-îdèyes.
Oui, tu fais des idées.
Po k’mincî – s’i fåt qu’ dj’èl dèye –
Pour commencer – s’il faut que je le dise -
Dji n’inme rin come lès-orèyes.
Je n’aime rien comme les oreilles.
Rin n’ våt lès tch’vès dèl hanète
Rien ne vaut les cheveux de la nuque
Qui crolèt dizos l’ bonète.
Qui bouclent sous le bonnet.
Po lès spales, on ‘nn’è djåze måy.
Pour ce qui est des épaules, on n’en parle jamais.
C’èst portant l’ pus bê qu’i-n-åye.
C’est pourtant le plus beau qu’il y ait.
Dès spales, on dihind doûç’mint
Des épaules, on descend doucement
Tot sûvant li rôye dès rins.  
En suivant la raie du dos.
Dès bouhons, dè p’tit cot’hê,
Des buissons, du petit jardin,
On n’ènnè djåz’rè nin, s’i v’ plêt !  
On n’en parlera pas, s’il vous plaît !
À ç’t eûre, dji n’ dîrè pus rin,
Maintenant, je ne dirai plus rien,
Ènn’a qui tûz’rît co bin
Il y en a qui penseraient encore bien
Qu’ dji m’ fê dès-îdèyes.
Que je me fais des idées.
12. HÈSTA
HERSTAL
Si ti r ‘vins dès fèyes
Si tu reviens parfois
Dè costé d’ Hèsta,
Du côté de Herstal,
Såye di n’ nin roûvî
Essaie de ne pas oublier
Çou qu’ t’as lèyî là.
Ce que tu as laissé là.
È l’ rowe Defrecheux,
Dans la rue Defrecheux 59,
Gn-aveût l’atelier,
Il y avait l’atelier,
Wice qui m’ pére ine fèye
Où mon père un jour
È ‘ne blèsse a toumé.
A tourné de l’œil.
Mi pére qu’èst si fîr
Mon père qui est si fier
Si louke è mureû.
Se regarde au miroir.
Come Zeûs´ l’aloumîre
Comme Zeus un éclair,
I tint on rèzeû.
Il tient un rasoir.
Mi mame qu’è-st-adrète
Ma mère qui est adroite
Côpe à p’tits bokèts
Coupe à petits morceaux
Li spart’rèye qui grète
La sparterie qui gratte 60
Èt lût d’vins sès tch’vès.
Et luit dans ses cheveux.
Po l’ Sint-Nicolèye,
Pour la Saint-Nicolas,
Mi grand-pére a fêt
Mon grand-père a fait
On nêgue di cårton
Un nègre en carton
Qui djowe dè piston
Qui joue du piston.
Djåzans di m’ grand-mére.
Parlons de ma grand-mère.
Agnès´ èsteût s’ nom.
Agnès était son nom.
Dj’a wårdé s’ Voltêre
J’ai gardé son Voltaire 61
Èt dès mots walons.
Et des mots wallons.

13. SAN FRANCISCO BAY BLUES
SAN FRANCISCO BAY BLUES
(Jesse Fuller - Arr. Elmore D)
On s’a qwité so l’êr di San Francisco Bay,
On s’est quittés sur l’air de San Francisco Bay,
Mins d’vins m’ tchanson, n’aveût nou batê,
Mais dans ma chanson, n’y avait pas de bateau,
Djusse li fameûs quê ås-adieûs,
Juste le fameux quai aux adieux,
Wice qui l’ bluesman si sint tot seû,
Où le bluesman se sent tout seul,
Sins qu’ lès feûs dè l’ motrice
Sans que les feux de la motrice
Ni sèyîsse ni bleûs, ni trisses.
Ne soient ni bleus, ni tristes 62.
Dj’a dit « mutwè », èll’a dit « awè ».
J’ai dit « peut-être », elle a dit « oui ».
Li rèsse s’a pièrdou, dji n’ sé pus poqwè.
Le reste s’est perdu, je ne sais plus pourquoi.
Dj’a tûzé : « Dji n’ va nin
J’ai pensé : « Je ne vais pas
Tchoûler cial come on gamin. »
Pleurer ici comme un gamin. »
Mins dj’ l’a fêt,
Mais je l’ai fait,
So San Francisco Bay.
Sur San Francisco Bay.
Si dj’ dihéve à ç’t’eûre
Si je disais maintenant
Qui dj’ènn’a co ine doleûr,
Que j’en ai encore une douleur,
Dj’ mintireûs. Ci sèreût
Je mentirais. Ce serait
Vis catchî qu’å minme moumint,
Vous cacher qu’au même moment,
Gn-aveût on ros’lant boton d’ prétimps
Y avait un vermeil bouton de printemps
Qui m’ ratindéve so l’ costé
Qui m’attendait sur le côté
Èt qu’ m’a d’né –
Et qui m’a donné –
Tièsse di m’ vét ! –
Par la tête de mon vit ! –
Li pus bolant dès-ostés.
Le plus brûlant des étés.
Awè, fåt creûre qui dj’ n’èsteû
Oui, faut croire que je n’étais
Nin prèt´ po l’ boneûr
Pas prêt pour le bonheur
Èt qu’ come hippie,
Et que, comme hippie,
Dji féve amateûr.
Je faisais amateur.
Ca li boton d’ prétimps
Car le bouton de printemps
N’ m’a nin ratindou longtimps,
Ne m’a pas attendu longtemps,
Èvôye avou l’ San Francisco Bay.
Parti avec le San Francisco Bay.

14. SÔLÈYE DI TCHIN
CHIEN DE SOULARD
Qui va-t-on fé d’ cisse sôlèye di tchin ?
Que va-t-on faire de ce chien de soulard ?
I n’ sét minme pus d’ qué batê i vint.
Il ne sait même plus de quel bateau il vient.
Qui va-t-on fé d’ cisse sôlèye di tchin ?
Que va-t-on faire de ce chien de soulard ?
C’èsteût dèdjà l’ matin.
C’était déjà le matin.
I nos pèle li vinte avou on coûtê d’ bwès,
Il nous pèle le ventre avec un couteau de bois,
À tchoûler come on vê è s’ jate di pèkèt.
À pleurer comme un veau dans sa tasse
de genièvre.
Rèspleû
Refrain
Tchèrêye, nos n’avans nin l’ timps.
Avance, nous n’avons pas le temps 63.
Vocial dèdjà l’ matin.
Voici déjà le matin.
Èst-ce li måva vin ou on coûr trop plin ?
Est-ce le mauvais vin ou un cœur trop plein ?
À ç’ t’eûre i djåze di r’jonde sès parints.
À présent il parle de rejoindre ses vieux parents.
À Coronmoûse, i rôla è Moûse,
À Coronmeuse, il roula dans la Meuse 64,
On n’ pout minme nin dîre qu’il aveût l’ blues.
On ne peut même pas dire qu’il avait le blues.
I n’ vèya måye li mér, finålmint,
Il ne vit jamais la mer, finalement,
Come île, i n’ kinoha qui l’ cisse di Monsin.
Comme île, il ne connut que celle de Monsin 65.

15. GROS LOUWIS
GROS LOUIS
Dj’a k’nohou on gayård qui s’ louméve Louwis
J’ai connu un gaillard qui s’appelait Louis
Èt qu’ djouwéve dè l’ guitåre come s’i d’véve mori.
Et qui jouait de la guitare comme s’il devait mourir.
On djoû, c’èsteût l’osté, po l’ fièsse di Marèye,
Un jour, c’était l’été, pour la fête de Marie,
I tûsa : « C’èst l’moumint di fé l’ compte di m’ vèye. »
Il pensa : « C’est le moment de faire le compte de ma vie. »
Rèspleû
Refrain
C’èsteût l’ Gros, Gros Louwis.
C’était le Gros, Gros Louis.
Louwis ovréve à Lîdje ås contribucions,
Louis travaillait à Liège aux impôts,
Ca n’èsteût nin sins qualificåcions.
Car il n’était pas sans qualifications.
I d’héve : « Dji pice lès p’tits qui frôdèt on pô
Il disait : « Je pince les petits qui fraudent un peu
So l’ timps qui dj’ sêre lès-oûys so lès gros mag’zôs. ».
Pendant que je ferme les yeux sur les gros magots. »
À fé crohî lès djins, i n’ trovéve nole djôye.
À faire croquer les gens, il ne trouvait nulle joie.
On k’minça à trover qu’èsteût lôyeminôye,
On commença à trouver qu’il était indolent,
Èt po bin lî mostrer qu’i måkéve di zéle,
Et pour bien lui montrer qu’il manquait de zèle,
On lî dèrit : « Louwis, vos baguez po Brussèles. »
On lui dit : « Louis, vous déménagez pour Bruxelles. »
Brussèles è-st-ine fwért bèle vèye,
Bruxelles est une fort belle ville,
Mins l’ Gros Louwis hapa ine miråcolèye.
Mais le Gros Louis attrapa une mélancolie.
I d’héve : « Dji fê portant tot çou qu’i fåt,
Il disait : « Je fais pourtant tout ce qu’il faut,
Mins n-a trop´di chèfs qui sont dès halbôssås. »
Mais il y a trop de chefs qui sont des gâche-métier. »
Adon, li qwinze d’aous´, po l’ fièsse di Marèye,
Alors, le quinze août, pour la fête de Marie,
On l’a vèyou intrer d’vins in-årmûr’rèye.
On l’a vu entrer dans une armurerie.
I d’ha tot dreût : « Dinez-m’ in-ustèye
Il dit d’un coup : « Donnez-moi un outil
Po fé å pus djusse li compte di m’ vèye ».
Pour faire au plus juste le compte de ma vie. »
C’èst près dè l’ rowe Ista qu’on l’a r’trové.
C’est près de la rue Ista qu’on l’a retrouvé 66.
È s’ tièsse rôlît tos lès vints dè l’ leune.
Dans sa tête roulaient tous les vents de la lune.
L’aveût l’ coûr trop grand, on pô fayé,
Il avait le cœur trop grand, un peu ensorcelé 67,
Mins dj’ so djinné quand dji veû l’ meune,
Mais je suis gêné quand je vois le mien,
À costé.
À côté.
Dji r’vins co ‘ne fèye à m’ vîx copleûs,
Je reviens encore une fois à mon vieux camarade,
Ca dj’a sogne di d’ner ine fåsse îdèye,
Car j’ai peur de donner une idée fausse,
Si vos pinsez qu’èsteût tot seû
Si vous pensez qu’il était seul
À s’ monter tote ine comèdèye.
À se monter toute une comédie.
Quand il apicéve li Fender,
Quand il empoignait la Fender,
Li leû-warou div’néve Winter.
Le loup-garou devenait Winter 68.  
Mi, dji m’ prindéve po Fleetwood Mac.
Moi, je me prenais pour Fleetwood Mac 69.
On féve on concoûrs di reûd-dag´.
On faisait un concours de cinglés.
C’èst lu on djoû qui m’aprinda
C’est lui un jour qui m’apprit
À acwèrder en open di la.
À accorder en la ouvert.
Po djower l’ blues, i v’ fåt çoula,
Pour jouer du blues, il vous faut ça,
Ou v’ n’èstez qu’on marlatcha.
Ou vous n’êtes qu’un freluquet.

16. DJOYEÛS PÈHEÛ
JOYEUX PÊCHEUR
Dji d’hind vès Moûse
Je descends vers la Meuse
Avou mi vèdje è m’ tchin.
Avec ma canne à pêche et mon chien.
Dji so l’ pèheû
Je suis le pêcheur
Dè dîmègne å matin.
Du dimanche matin.
Rèspleû
Refrain
Djoyeûs pèheû
Joyeux pêcheur
N’a nin mèzåhe d’ pèhon,
N’a pas besoins de poisson,
Djoyeûs pèheû
Joyeux pêcheur
N’a nin mèzåhe d’ tchanson,
N’a pas besoin de chanson,
Djoyeûs pèheû
Joyeux pêcheur
N’a nin mèzåhe d’ Mayon,
N’a pas besoin de Marion
Quand d’vins s’ cabas,
Quand dans son cabas,
I-gn-a dès pôrvuzions.
Il y a des provisions.
Dji d’fê m’ banstê
Je défais mon panier
Adon dji mète è m’ hô
Et mets dans mon giron
Ine dimêye wafe
Une demi gaufre
Èt ine bwète di warbôs.
Et une boîte de larves de hanneton.
Volà m’ lignoûle
Voilà ma ligne
Inte deûs crasses qui flotèt.
Entre deux détritus qui flottent.
N’èst-ce nin l’ moumint
N’est-ce pas le moment
Di s’ ramouyî l’ bûzê ?
De se mouiller le gosier ?
Come i n’ fåt nin
Comme il ne faut pas
Fé dè brut po l’ govion,
Faire du bruit pour le goujon,
Dji pou seûl’mint
Je peux seulement
Beûre à tos p’tits goûrdjons.
Boire à toutes petites gorgées.
Doze eûres sonèt.
Sonne midi.
È l’ nasse, n’a todi rin,
Dans la nasse, toujours rien,
Qui treûs botèyes
Que trois bouteilles
Èt dè l’ tripe ås rèzins.
Et du boudin aux raisins.
C’èst trop pô d’ dîre
C’est trop peu de dire
Qui dj’ rinteûrrè hign’té.
Que je rentrerai émêché.
Mins qu’ ci n’ seûye nin
Mais que ce ne soit pas
È l’êwe, si dj’ deû toumer.
Dans l’eau, si je dois tomber.

17. Gros Louwis remix

TOT K’ MAHÎ / PUBLIC (2005)

1. QUÉ ‘NE BÊLE WASSE

QUELLE BELLE GUÊPE
Ènn’a qui d’hèt
Il y en a qui disent
Qu’ t’as on cèrvê d’ bègasse.
Que t’as un cerveau de bécasse.
Mins lès minmes si r’tournèt
Mais les mêmes se retournent
Qwand ti passes.
Quand tu passes.
Mi, dji n’ wadje nin come zèls
Moi, je ne parie pas comme eux
À quî t’ fricasse.
À qui te fricasse.
À m’ manîre dji hufèle :
À ma manière je siffle :
Qué ‘ne bèle wasse !
Quelle belle guêpe !
Qu’on t’ kidjåze,
Qu’on te dénigre,
Qu’on t’ kitèye
Qu’on te coupe à petits morceaux
Come Barabas´ !
Comme Barabas !
Mi dji dis :
Moi je dis :
Qué ‘ne bèle wasse !
Quelle belle guêpe !
Po fé t’ pôrtrêt,
Pour faire ton portrait,
Qui l’ powète si tracasse,
Que le poète se tracasse,
Qu’i djåze d’ine pê
Qu’il parle d’une peau
Blanke corne l’albasse
Blanche comme l’albâtre.
Dè moumint qu’i m’ lêt
Du moment qu’il me laisse
Lès deûs grins d’ djasse.
Les deux grains de jaspe.
Rin qu’ d’î tûzer, c’èst fêt :
Rien que d’y penser, c’est fait :
Dji d’ vin macas´.
Je ne me sens plus 70.
On må-d’vinte mi dirè :
Un envieux me dira :
« Sé-s’ bin wice va-s’ ?
« Sais-tu bien où tu vas ?
A-s’ pièrdou on bwès
As-tu perdu la tête
Qu’ ti bates carasse ? »
Que tu cours la prétentaine 71 ? »
– Mutwèt qu’ c’est twè, va ! l’È-
– Peut-être est-ce toi, va ! l’In-
Nocint catwaze…
Nocent quatorze 72…
Arèstèye di fé l’ vê, èt brêt :
Arrête de faire le veau, et crie :
Qué ‘ne bèle wasse !
Quelle belle guêpe !


GRANDIVEÛS (2008)


1. LI RAWÈTE

LE SUPPLÉMENT
Mès camarådes, dihez-m’ li vrêye.
Mes camarades, dites-moi la vérité.
Dji n’ sé si v’s-èstez come mi,
Je ne sais si vous êtes comme moi,
Mins dji m’a d’mandé quéquès fèyes :
Mais je me suis demandé quelquefois :
Èst-ce si målåhèye di mori ?
Est-ce si difficile de mourir ?
Rèspleû
Refrain
Dinez-m’, dinez-m’ li fwèce
Donnez-moi, donnez-moi la force
D’èsse on pô pus cagnès´.
D’être un peu plus coriace.
Mins qwand dj’ètind l’ fin dè l’ tchanson,
Mais quand j’entends la fin de la chanson,
Dji d’mande ine rawète po l’ bon.
Je demande un supplément pour de bon.
D’avance, les djins èstît pus deûrs,
Avant, les gens étaient plus durs,
S’ènn’alîvèt sins tant d’ façons.
Ils s’en allaient sans tant de façons.
On sûvéve djusse li lwè d’ nateûre
On suivait juste la loi de nature
Tot come si sûvèt lès såhons.
Tout comme se suivent les saisons.
Li ci qu’aveût l’ mwért so les dins
Celui qui avait la mort sur les dents
Dihéve : dj’a fêt m’ pårtèye d’ome.
Disait : j’ai fait ma part d’homme,
Èt pus´ qu’à m’ toûr, dj’a hagnî d’vins
Et plus qu’à mon tour, j’ai mordu dans
L’ dorêye ås pomes.
La tarte aux pommes.
Prindez m’ grand-pére qu’aveût fêt l’ guére
Prenez mon grand-père qui avait fait la guerre
Divins lès brôlîs d’ l’Yser.
Dans les boues de l’Yser.
Po ‘ne vatche d’ôr, i n’åreût djåzé
Pour une vache en or, il n’aurait parlé
Di tos lès cis qu’ont stu gåzés.
De tous ceux qui ont été gazés.
Mi-ôte grand-pére, vos l’ kinohez,
Mon autre grand-père, vous l’ connaissez,
C’èsteût Jules, loumé l’Amûzète.
C’était Jules, nommé l’Amusette.
I n’ pinsa måy di s’ènn’aler,
Il ne pensa jamais s’en aller,
Såf bin sûr po sûre ine rossète.
Sauf bien sûr pour suivre une rousse.
Mins mi, mès djins, dj’ so on couyon.
Mais moi, bonnes gens, je suis un couard.
Rin qui d’ lére li pådje mortuwêre,
Rien que de lire la page mortuaire,
Come on dit d’vins ‘ne vîle tchanson,
Comme on dit dans une vieille chanson,
Dj’ a l’ coûr èt l’ cou qui s’ rèssêre.
J’ai le cœur et le cul qui se ferment.

2. À CAVAYE LÈS BÈRLINÅS
À CHEVAL LES « BÈRLINÅS »
À cavaye lès bèrlinås,
À cheval les « bèrlinås73 »,
Lès moûnîs qui von-st-à tch’vå.
Les meuniers qui vont à cheval.
A passé on ‘tit moûnî
Il est passé un petit meunier
Qu’a tapé sès pîds podrî.
Qui a jeté ses pieds en arrière.
Toume è l’êwe !
Tombe à l’eau !
Rapèhî !
Repêché !
Mame, li p’tit moûnî, c’èst mi,
Mère, le petit meunier, c’est moi,
Dji waye è l’ nut´ à pîds d’hås,
Je patauge dans la nuit à pieds nus,
Èt dj’a trop´sogne di m’ nèyî.
Et j’ai trop peur de me noyer.
Ridjowans ås berlinås.
Rejouons aux « bèrlinås ».
Toume è l’êwe !
Tombe à l’eau !
Rapèhî !
Repêché !
Dj’a ridé tot porsûvant
J’ai glissé en poursuivant
Å pré Widjî ine maclote.
Au pré Wigy un têtard 74.
Mi cwér à ç’t-eûre sût l’ corant
Mon corps maintenant suit le courant
Èt mès bês djoûs sont so flote.
Et mes beaux jours sont à la dérive.
Toume è l’êwe !
Tombe à l’eau !
Rapèhî !
Repêché !
Ètindez-v’, à Sint-Måcrawe,
Entendez-vous, à Saint-Måcrawe 75,
So l’ pwète, on Hanscroufe qui clawe
Sur la porte, un Père Fouettard qui cloue
On papî po raconter
Un papier pour raconter
Di quéne manîre dj’a toumé ?
De quelle manière je suis tombé ?
Toume è l’êwe !
Tombe à l’eau !
Rapèhî !
Repêché !
Dihez, mame, kimint s’ fêt-i
Dites, mère, comment se fait-il
Qui dj’ va insi hår èt hote,
Que j’aille ainsi à hue et à dia,
Sins saveûr à qwè m’ rat’ni
Sans savoir à quoi me retenir
Avou ‘ne tièsse tote à flibote ?
Avec une tête toute en lambeaux ?
Toume è l’êwe !
Tombe à l’eau !
Rapèhî !
Repêché !
À l’ nateûre a-dj’ fêt tant d’ må,
À la nature ai-je fait tant de mal,
Qwand dj’apicîve li qwate-pèces
Quand je saisissais le lézard
Qui piède si cowe å solo
Qui perd sa queue au soleil
Po n’ nin tofêr piède li tièsse ?
Pour ne pas toujours perdre la tête ?
Toume è l’êwe !
Tombe à l’eau !
Rapèhî !
Repêché !
« C’è-st-à ç’t-eûre, pitit rin-n’-våt,
« C’est maintenant, petit vaurien,
Dèrit m’ mame, qui ti t’ sovins d’ mi.
Dit ma mère, que tu te souviens de moi.
T’as todi stu on tchoûlå :
T’as toujours été un pleurnicheur :
Ti n’ mèrites nin di mori ! »
Tu ne mérites pas de mourir ! »
Toume è l’êwe !
Tombe à l’eau !
Rapèhî !
Repêché !

3. HÈY TWÈ, GUEÛYE D’AMOÛR
HÉ TOI, GUEULE D’AMOUR
Hèy twè, gueûye d’amoûr !
Hé toi, gueule d’amour !
Qwand vins-s’ fé on toûr ?
Quand viens-tu faire un tour ?
N-a m’ Corvette qu’èst prète,
Il y a ma Corvette qu’est prête,
Coleûr Fiesta Red.
Couleur Fiesta Red.
Mèt´ tès soquètes,
Mets tes soquettes,
Come è l’an cinquante-sèt´.
Comme en l’an 57.
Dj’a r’fêt mi p’tite crole
J’ai refait ma petite boucle
Rock rock ‘n’ roll.
Rock rock ‘n’ roll.
À m’ Lèvis, dj’a fêt on lådje bwérd,
À mon Levis, j’ai fait un large bord,
Qui mès gngnos sont cåzî à l’ tére,
Au point que mes genoux touchent presque à terre,
Èt dj’a mi-min.me cozou so m’ vèsse :
Et j’ai moi-même cousu sur ma veste :
« Li crinme dè l’ crinme, c’èst Sonny Burgess ! »
« La crème de la crème, c’est Sonny Burgess ! »
Dji m’a ratch’té so Intèrnet
Je me suis racheté sur Internet
Ine bèle pêre di solés Rocket,
Une belle paire de souliers Rocket,
Avou li s’mèle qu’avise si hôte
Avec la semelle qui semble si haute
Qu’on dîreût ine dozinne di vôtes.
Qu’on dirait une douzaine de crêpes.
On-z-îrè å bal di l’YMCA
On ira au bal de l’YMCA
Danser so l’ dièrin Jerry Lee
Danser sur le dernier tube de Jerry Lee
Ou bin so Be Bop A Lula
Ou bien sur Be Bop A Lula
Qu’à l’ TV on DJ a spiyî.
Qu’à la TV un DJ a cassé.

4. HAS´ DI COÛR
AS DE CŒUR
Has´ di coûr,
As de cœur,
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
Has´ di coûr vos f’rè tchoûler,
As de cœur vous fera pleurer,
Djônès fèyes si vos l’ hoûtez.
Jeunes filles si vous l’écoutez.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
C’èst l’ mureû ås-alouwètes
C’est l’ miroir aux alouettes
Qui v’s-andoûle èt qui v’ promèt´.
Qui vous enjôle et qui vous fait des promesses.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
L’ome vis loum’rè si p’tite rinne
L’homme vous appellera sa petite reine
Èt v’ mak’rè plate come ine rinne.
Et vous tapera plate comme une grenouille.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
I v’ tchouft’rè divins lès cwènes
Il vous lutinera dans les coins
So l’ timps qu’i r’qwîrt li vwèzène.
Pendant qu’il recherche la voisine.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
Po ènn’atch’ter deûs´ treûs grames,
Pour en acheter deux trois grammes,
I v’ mètrè so l’ macadam.
Il vous mettra sur le macadam.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
Avou si-êr di v’ fé dè bin,
Avec son air de vous faire du bien,
I v’ pwètrè l’ pûne finål’mint
Il vous portera la poisse finalement.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
È s’ paradis d’artifice,
Dans son paradis d’artifice,
I v’ tinrè come èn-on vis´.
Il vous tiendra comme en un étau.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
Priyîz pôr qui l’ neûr valèt
Priez donc que le valet noir
Ni vinsse vis haper après.
Ne vienne vous happer après.
Has´ di coûr è-st-on drole di cwårdjeû.
As de cœur est une drôle de carte à jouer.
5. LI BATÈME
LE BAPTÊME
È m’ famile on n’a
Dans ma famille on n’a
Nin bêcôp di r’lidjon.
Pas beaucoup de religion.
Qwand m’ bèle-fèye acoûka,
Quand ma belle-fille accoucha,
On m’a pôsé l’ quèstion :
On m’a posé la question :
« Vos n’ crèyez à rin, mins
« Vous ne croyez à rien, mais
Poqwè priver li p’tite
Pourquoi priver la petite
D’on si bê sacramint
D’un si beau sacrement
Qui fêt qui l’ diâle rispite ? »
Qui fait rejaillir le diable ? »
Rèspleû
Refrain
Ni fåreût-i nin,
Ne faudrait-il pas,
N’èst-ce nin l’ moumint,
N’est-ce pas le moment,
Di l’èwalper è s’ coufin
De l’envelopper dans son couffin
Èt d’ fé batizer l’ gningnin ?
Et de faire baptiser l’enfant ?
Spritchî d’ l’êwe so ‘n-èfant
Arroser d’eau un enfant
Ni rîme à rin, di-st-on.
Ne rime à rien, dit-on.
Mins fans-gn’ må tot sûvant
Mais fait-on mal en suivant
Li principe di précôcion ?
Le principe de précaution ?
Ca sårîz-v’ måy dîre
Car sauriez-vous jamais dire
Çou qu’i-n-a d’vins l’ cîr,
Ce qu’il y a dans le ciel,
Houte dès foumîres èt dès crasses
Au delà des fumées et des crasses
Qu’on-z-èvôye è l’èspace ?
Qu’on envoie dans l’espace ?
L’afêre ni costèye rin
L’affaire ne coûte rien
Èt pout fé l’ pus grand bin.
Et peut faire le plus grand bien.
C’èst tot come li Lotto :
C’est tout comme le Lotto :
Ça pout rapwèrter gros.
Ça peut rapporter gros.
Fåt mète, po-z-èsse pus sûr,
Faut mettre, pour être plus sûr,
Totes lès tchances di s’ costé.
Toutes les chances de son côté.
Èsse batizé, c’èst r’çûre
Être baptisé, c’est recevoir
Li carte « Avantage » dè G.B.
La carte « Avantage » du G.B 76.
Li paradis, c’èst cåzî
Le paradis, c’est quasi
L’ Club Méditerranée.
Le Club Méditerranée.
À l’intrêye, on-z-a scrît :
À l’entrée est écrit :
« Cette plage est privée ! »
« Cette plage est privée ! »
Èt si v’s-avez roûvî
Auriez-vous oublié
L’ prumî dreût d’inscripsion,
Le premier droit d’inscription,
On v’ ritchôke à côps d’ pid
On vous repousse à coups de pied
Divins l’ barque da Charon.
Dans la barque à Charon.
S’i fåt m’ batizer ‘ne fèye,
S’il faut une fois me baptiser,
Ci n’ sèrè nin åhèye.
Ce ne sera pas facile.
N-a qu’ l’êwe d’on Canadair
N’y a que l’eau d’un Canadair
Qui pout m’ såver d’ l’infiêr.
Qui peut me sauver de l’enfer.
Si l’ cisse qui vos m’ dinîz
Si celle que vous me donniez
Nawêre avou vos lèpes
Naguère avec vos lèvres
N’î fêt rin, fårè vûdî
N’y fait rien, faudra vider
Li bårèdje dè l’ Gileppe, etc.
Le barrage de la Gileppe, etc.

6. INE PITITE FRICASSÊYE
UNE PETITE OMELETTE
Monsieû, vos n’ sårîz creûre
Monsieur, vous ne sauriez croire
Kimint qu’ tot s’a passé.
Comment tout s’est passé.
I n’aveût nin ine-eûre
Il n’y avait pas une heure
Qu’èle vinéve dè l’ qwiter.
Qu’elle venait de le quitter.
Li nut´ èsteût toumêye,
La nuit était tombée,
Po l’ ratinde, dji m’a fêt
Pour l’attendre, je me suis fait
Ine pitite fricassêye
Une petite omelette au lard
Et on gros pot d’ cafè.
Et un gros pot de café.
Èle rintra sins rin dîre,
Elle rentra sans rien dire,
Pus bèle qui l’å-matin.
Plus belle qu’au matin.
Li pê d’ine feume rèspîre
La peau d’une femme respire
Qwand li boneûr lî vint.
Quand le bonheur lui vient.
Èle n’aveût pus si-odeûr,
Elle n’avait plus son odeur,
Mins ine-ôte, on pô fwète.
Mais une autre, un peu forte.
Monsieû, vos n’ sårîz creûre
Monsieur, vous ne sauriez croire
Çou qu’in-odeûr rapwète.
Ce qu’une odeur rapporte.
Dj’aveû rôlé è m’ boke
J’avais roulé dans ma bouche
Dès phråses bin tournêyes.
Des phrases bien tournées.
Mins dji d’mora à stok´,
Mais je demeurai à quia,
Li narène è m’ plat’nêye.
Le nez dans ma platée.
Mi pogn èsteût sèré
Mon poing était fermé
Tot l’ minme qu’on coûr pout l’èsse.
Tout comme un cœur peut l’être
Mins dj’a seûl’mint wèzé
Mais j’ai seulement osé
Èl riloukî è cwèsse.
La regarder de côté.
Èll’aveût minme wårdé
Elle avait même gardé
Li monte avou l’ crèhant
La montre avec le croissant
(l’amoûr todi crèhant, todi crèhant…)
(l’amour toujours croissant, toujours croissant…)
Qu’i lî aveût passé
Qu’il lui avait passée
Å pougnèt tot l’ båhant.
Au poignet en l’embrassant.
Mi, dj’ n’åreû måy tûzé
Moi, je n’aurais jamais pensé
Lî d’ner in-afêre come çoula, oh nonna…
Lui donner une chose comme ça, oh non…
Èt m’ coûtê, tot crissant,
Et mon couteau, en crissant,
Fa ‘ne creûs sor lèy è plat.
Fit une croix sur elle dans le plat.

7. LI DIÈRIN BLUES D’À JOHNSON
LE DERNIER BLUES DE JOHNSON
Lèyîz-m’ fé on blues d’à Johnson,
Laissez-moi faire un blues de Johnson,
Ca fåt todi riv’ni à l’ mohone.
Car il faut toujours revenir à la maison.
Deûs vôyes ènn’alèt di m’ bårîre :
Deux chemins partent de ma barrière :
Une qu’èst dreûte èt l’ôte va à l’avîr.
Un qui est droit et l’autre va au petit bonheur.
Divins l’ prumîre n-a nin ine pîre,
Dans le premier il n’y a pas une pierre,
Mins nin pus ‘ne seûle fleûr di tonîre.
Mais non plus un seul coquelicot.
So l’ôte, i ploût sins-arèt,
Sur l’autre chemin, il pleut sans arrêt,
Mins dès fèyes, èle passe dizos l’êrdiè
Mais parfois, il passe sous l’arc-en-ciel.
Dj’a deûs-oûhês è m’ volîre,
J’ai deux oiseaux dans ma volière,
Onk qui hufèle, l’ôte qui souspîre.
Un qui siffle, l’autre qui soupire.
Li ci qui tchante vout co tchanter,
Celui qui chante veut encore chanter,
Li ci qui tchoûle n’ vout pus tchoûler.
Celui qui pleure ne veut plus pleurer.
Mins li ci qu’ dji vou todi wårder
Mais celui que je veux toujours garder
Dimeûre è l’ håye à costé
Demeure sur la haie à côté.
Dj’a ine guitåre å pîd di m’ lét,
J’ai une guitare au pied de mon lit,
Qu’èle vinsse qwand dj’ dwème mi djåzer.
Qu’elle vienne quand je dors me parler.
Ca dj’ deû fé l’ dièrin blues d’à Johnson,
Car je dois faire le dernier blues de Johnson,
Ca fåt todi riv’ni à l’ mohone.
Car il faut toujours revenir à la maison.
8. LI HOKUM DÈ G.B.
LE HOKUM DU G.B. 77
Dji tchoûkîve mi tchèrète vès lès kêsses dè G.B.,
Je poussais ma charrette vers les caisses du G.B.,
Qwand dji l’a vèyou v’ni, di l’ôte costé.
Quand je l’ai vue venir, de l’autre côté.
Dj’a tûzé : « Nom di Djo, qu’èll’èst bèle !
J’ai pensé : « Nom de Dieu, qu’elle est belle !
Dji dîreû come Cochran :
Je dirais comme Eddie Cochran :
Waw ! She’s somethin’ else ! »
Waw ! She’s somethin’ else ! »
Rèspleû
Refrain
Èll’èst trop tchôde por twè.
Elle est trop chaude pour toi.
Ti pous fé çou qu’ ti vous,
Tu peux faire ce que tu veux,
Èll’èst trop tchôde por twè.
Elle est trop chaude pour toi.
Li lèd’dimin, c’èsteût l’ djoû dè martchî,
Le lendemain, c’était le jour du marché.
Dj’ala qwèri m’ gazète, avou ‘ne bote di radis.
J’allai chercher ma gazette, avec une botte de radis 78.
Å minme botike, èle prindéve dès rècènes,
À la même boutique, elle prenait des carottes,
Ça n’a sièrvou à rin qwand dj’ lî fa on p’tit sène.
Ça n’a servi à rien quand je lui fis un petit signe.
À l’ cwène dè l’ rowe d’Erquy, i-n-a on cwèfeûr,
Au coin de la rue d’Erquy, il y a un coiffeur,
Wice qui dj’ va d’ timps-in-timps po m’ mète di bone oumeûr.
Où je vais de temps en temps me mettre de bonne humeur.
Èll’èsteût là, dj’èl loukîve è mureû,
Elle était là, je la regardais dans le miroir,
Tot glètant come on rèmoudou d’ treûs meûs.
En bavant comme un « remoudou » de trois mois 79.
L’ôte djoû dj’èl rèsconteûre è bus 7,
L’autre jour je la rencontre dans le bus 7,
Mins mi tchanson por lèy n’èsteût nin prète.
Mais ma chanson pour elle n’était pas prête.
Dj’aveû co ‘ne fèye mès-oûy d’inglitin
J’avais encore une fois mes yeux de hareng saur
Èt dji souwéve dès gotes come dès peûs d’ rèzin.
Et je suais des gouttes comme des pois de raisin.
À l’ nut ´, qwand fêt bin neûr,
La nuit venue, quand il fait bien noir,
Dj’apougne mi longue lunète
J’empoigne ma longue lunette
Èt dj’inspèctèye li manîre qu’èle si nète.
Et j’inspecte la manière dont elle se nettoie.
Dj’èsteû gripé à l’åbe qwand l’ police m’a vèyou
J’étais grimpé dans l’arbre quand la police m’a vu
Èt m’a dit : « On vout loukî avou… »
Et m’a dit : « On veut regarder aussi… »
Dji n’ va måy à l’èglîse qu’ås-ètèr mints,
Je ne vais jamais à l’église que pour les enterrements
Èt ç’èsteût l’ meune, djustumint.
Et c’était le mien, justement
L’ curé diha, divant m’ wahê :
Le curé dit devant le cercueil :
« T’èsteûs portant on fameûs pourcê ! »
« Tu étais pourtant un fameux cochon ! »
Avou mès cint kilos, finål’mint dji monte å cîr
Avec mes cent kilos, finalement je monte au ciel
Èt dji d’mande l’ome qu’on lome sint Pîre.
Et je demande l’homme qu’on nomme saint Pierre.
On m’ dit : « I n’èst nin là, i s’ marèye
On me dit : « Il n’est pas là, il se marie
Avou ‘ne båcèle qui sèreût d’Oupèye… »
Avec une fille qui serait d’Oupeye… »

9. BONDJOÛ WALONÎYE
BONJOUR WALLONIE
Bondjoû Walonîye,
Bonjour Wallonie,
N-a si longtimps,
Y a si longtemps,
Si longtimps qu’on s’ ratind.
Si longtemps qu’on s’attend.
Poqwè r’mètans-gn’ à d’min
Pourquoi remettre à demain
Çou qui s’ deût fé à l’ fin ?
Ce qui doit se faire à la fin ?
Walons èt Flaminds,
Wallons et Flamands,
N’ louk’rît pus
Ne regarderaient
D’vins l’ cot’hê dè vwèzin.
Dans le jardin du voisin.
Poqwè r’mètans-gn’ à d’min
Pourquoi remettre à demain
Çou qui s’ deût fé à l’ fin ?
Ce qui doit se faire à la fin ?
Tot-avå dj’ètind :
Partout j’entends :
« N’èstans-gn’ nin bin,
« Ne sommes-nous pas bien,
Divins l’ pitite Bèljique ? »
Dans la petite Belgique ? »
Èco fåreût-i dîre
Encore faudrait-il dire
Di qué costé on vike.
De quel côté on vit.
È l’ cåve ås pèlotes,
Dans la cave aux épluchures,
Fåt apicî totes
Il faut saisir toutes
Lès tchances èt lès-atotes.
Les chances et les atouts.
Poqwè r’mètans-gn’ à d’min
Pourquoi remettre à demain
Çou qui s’ deût fé à l’ fin ?
Ce qui doit se faire à la fin ?
Divins lès gazètes,
Dans les gazettes,
Lès djins dè l’ jèt´ sèt´,
Les gens de la jet set,
Avou dès-årtisses,
Avec des artistes,
Tos glètèt po l’ payis.
Tous bavent pour le pays.
C’èst todi pus-åhèye
C’est toujours plus facile
Dè l’ dîre dispôy Paris.
De le dire depuis Paris.
Mins qui va-t-on fé,
Mais que va-t-on faire,
Dè l’ bèle Brussèles,
De la belle Bruxelles,
Avou tos sès tunèls ?
Avec tous ses tunnels ?
Bin ! qu’èle dimeûre tèle quèle,
Ben ! qu’elle reste telle quelle,
Ine grande toûr di Babèl.
Une grande tour de Babel
Tot çou qu’èst podrî,
Tout ce qui est derrière,
Poqwè n’ nin l’ lèyî
Pourquoi ne pas le laisser
È fî fond dè grignî ?
Tout au fond du grenier ?
Poqwè r’mètans-gn’ à d’min
Pourquoi remettre à demain
Çou qui s’ deût fé à l’ fin ?
Ce qui doit se faire à la fin ?

10. FANS ‘NE TCHANSON
FAISONS UNE CHANSON
Dè l’ nut´qwand
La nuit quand
L’ matin n’ vint nin,
Le matin ne vient pas,
On s’ dimande : wice
On se demande : où
Sèrans-gn’ dimin ?
Serons-nous demain ?
Ca l’ monde à ç’t-eûre,
Car le monde maintenant,
S’il a candjî,
S’il a changé,
Ratoûne bin sovint
Retourne bien souvent
Èn-èrî.
En arrière.
Dihez-m’ : èstez-v’ mîs
Dites-moi : êtes-vous mieux
Qu’i-gn-a vint-ans,
Qu’il y a vingt ans,
Avou l’ lîbe martchî
Avec le libre marché
Qu’ nos-avans ?
Que nous avons ?
« Va-s’ å mèye diâles,
« Va aux mille diables,
S’ ti vous ovrer !
Si tu veux travailler !
Ou lanwih cial… »,
Ou languis ici… »,
Dit l’ capital.
Dit le capital.
Quî creûreût oûy
Qui croirait aujourd’hui
Qu’ nos magn’rans tos´
Que nous mangerons tous
On djoû dè l’ låme,
Un jour du miel,
Dè souke à l’ loce ?
Du sucre à la louche 80 ?
Ça, po dès låmes,
Ça, pour ce qui est des larmes 81,
On ‘nn’a-st-assez
On en a assez
D’vins lès-ouhènes
Dans les usines
Qu’on-z-a sèré.
Qu’on a fermées.
Houte di çoula,
En plus de ça,
Fåt ‘ne bone rêzon
Il faut une bonne raison
Po fé dès tchansons
Pour faire des chansons
È walon.
En wallon.
Loukîz on pô
Voyez un peu
Cisse pitite fèye
Cette petite fille
Qui danse vol’tî
Qui danse volontiers
So mès pasquèyes.
Sur mes pasquilles.
Sûr qu’on n’ ratindrè
Il est sûr qu’on n’attendra
Nin longtimps
Pas longtemps
Divant qu’èle dîhe :
Avant qu’elle ne dise :
Dji n’ comprind rin.
Je ne comprends rien.
Mins por mi ci
Mais pour moi ce
Sèrè-st-assé
Sera assez
Si l’îdèye lî vint
Si l’idée lui vient
Di wårder
De garder
On p’tit bokèt
Un petit morceau
Dè passé.
Du passé.

11. Ç’ TRIN-LÀ
CE TRAIN-LÀ
Ç’ trin-là,
Ce train-là,
I prind tote sôrt di djins, ç’ trin-là.
Il prend toutes sortes de gens, ce train-là.
Qu’on seûye mêgue ou qu’on seûye crås,
Qu’on soit maigre ou qu’on soit gras,
Come ine lote ou come on clå.
Comme une loutre ou comme un clou.
Ç’ trin-là, Ô Bon Diu d’ Glôre.
Ce train-là, Ô Bon Dieu de Gloire.
Ç’ trin-là,
Ce train-là,
N-a nou controleûr, so ç’ trin-là,
Il n’y a pas de contrôleur, sur ce train-là,
Djusse onk qui t’ vint dîre : « C’èst l’eûre… »
Juste un qui vient te dire : « C’est l’heure… »
Ç’ trin-là,
Ce train-là.
On n’ pout nin dîre qu’i hosse, ç’ trin-là.
On ne peut dire qu’il vacille, ce train-là.
I t’ monne tot dreût dè l’ banse à l’ fosse.
Il te mène tout droit du berceau à la fosse.
Ènn’a
Il y en a
Qui n’èl ratindèt nin longtimps, ç’ trin-là,
Qui ne l’attendent pas longtemps, ce train-là,
Èls-èpwète timpe å matin.
Il les emporte tôt le matin.
Ç’ trin-là,
Ce train-là,
Ènn’a minme qu’èl houkèt, ç’ trin-là,
Il y en a même qui l’appellent, ce train-là.
F’reûs-s’ ôte tchwè, si c’èsteût twè ?
Ferais-tu autre chose, si c’était toi ?
Ç’ trin-là,
Ce train-là,
Ni r’vint måy èn-èrî, ç’ trin-là.
Ne revient jamais en arrière, ce train-là.
Lès r’grèts n’ polèt rin candjî.
Les regrets ne peuvent rien changer.
Mins so ç’ trin-là,
Mais sur ce train-là,
I-n-a mutwèt ‘ne guitåre, so ç’ trin-là,
Il y a peut-être une guitare, sur ce train-là,
Po fé ‘ne jam à l’ dièrinne gåre.
Pour faire une jam à la dernière gare.
Ç’ trin-là,
Ce train-là,
Tot l’ monde èl prind on djoû, ç’ trin là.
Tout le monde le prend un jour, ce train-là.
On n’î tûze nin, mins on-z-èst d’vins.
On n’y pense pas mais on est dedans.

12. TCHANSON PO L’ MÅVA TIMPS
LA CHANSON POUR LE MAUVAIS TEMPS
Qwand t’ènn’årès t’ sô
Quand tu en auras assez 82
Dès lîves èt dès voyèdjes,
Des livres et des voyages,
Qwand t’ènn’årès t’ sô
Quand tu en auras assez
Dès fîves èt dès-orèdjes,
Des fièvres et des orages,
Vègn è m’ couhène.
Viens dans ma cuisine.
Mutwèt qu’on n’ djåz’rè nin,
Peut-être qu’on ne parlera pas,
Mins dji wåde ène
Mais je garde une
Tchanson po l’ måva timps.
Chanson pour le mauvais temps.
Twè qui qwîrt di l’ovrèdje,
Toi qui cherches du travail,
Sins trop´ î creûre,
Sans trop y croire,
Èt qui s’ètind dîre
Et qui s’entends dire
Qu’i sufih dè l’ voleûr,
Qu’il suffit de le vouloir,
Vègn è m’ couhène, etc.
Viens dans ma cuisine, etc.

13. BLUES PO FÉ ‘NE FIN
BLUES POUR FAIRE UNE FIN
Li loumîre, on l’ distind,
La lumière, on l’éteint,
On côpe lès-amplis.
On coupe les amplis.
Vocial vinou l’ moumint,
Voici venu le moment
D’ dîre « Å r’vèy,
De dire « Au revoir,
Èt mèrci ».
Et merci ».
N-a nin d’amis
Il n’y a pas d’amis
Qui n’ si qwitèsse dès fèyes.
Qui ne se quittent parfois.
Èt qwand c’èst fini,
Et quand c’est fini,
C’èst fini.
C’est fini.
Li groupe s’a rassonlé
Le groupe s’est rassemblé
Podrî l’ sinne,
Derrière la scène,
Tot ratindant qu’ine saquî brêsse :
En attendant que quelqu’un crie :
« Ine dièrinne ! »
« Une dernière ! »
Mins lès pwètes sont droviètes
Mais les portes sont ouvertes
Èt l’ frudeûr
Et le froid
Vis sofèle è l’ hanète :
Vous souffle dans le nuque :
« Rintrez, c’èst l’eûre. »
« Rentrez, c’est l’heure. »
Come on-z-a fini di r’mète
Comme on a fini de remettre
Li sono,
La sono,
On magn’reût bin ‘ne saqwè
On mangerait bien quelque chose
D’on pô glot.
D’un peu bon.
Mi, dji m’ f’reû bin ‘ne gozète
Moi, je me ferais bien un chausson
D’åbricots,
D’abricots,
Mins tot çou qu’on v’ propôse
Mais tout ce qu’on vous propose,
C’èst ‘n-Oxo.
C’est un Oxo.
L’ome dè bar, di v’s-ètinde,
L’homme du bar, de vous entendre,
Èst nåhi.
Est fatigué.
Dèdjà qu’i n’inme nin l’ blues,
Déjà qu’il n’aime pas le blues,
Lu, c’èst l’ country.
Lui, c’est la country.
Mi feume, è s’ bèdrèye,
Ma femme, dans son lit,
Ni pout dwèrmi,
Ne peut dormir,
Èt pinse, tot loukant l’ rèvèy
Et pense, en regardant le réveil :
« Ça suffit. »
« Ça suffit. »
Mins nos-ôtes muzicyins,
Mais nous, les musiciens,
- Dji n’ djåze qui por mi –
- Je ne parle que pour moi -
On n’ sét nin fé ‘ne fin,
On ne sait pas faire une fin,
Qwiter l’ sinne, li circwit.
Quitter la scène, le circuit.
S’on a quéquès djins
S’il y a quelques personnes
Po v’s-aplôdi,
Pour vous applaudir,
On dit : « Dj’èl f’reû co bin,
Vous dites : « Je le sens bien,
Dji va riv’ni. »
Je vais revenir. »
Hê ! as-s’ vèyou kimint
Hé ! as-tu vu comment
Dji fê co djèmi
Je fais encore gémir
Mi Gibson qui vint
Ma Gibson qui vient
Dès-États-Ûnis ?
Des États-Unis ?
Po lès cwèdes, c’èst vrêye,
Pour ce qui est des cordes, c’est vrai,
Èles-ont fêt leû timps…
Elles ont fait leur temps…
Mins c’èst mîs, dès fèyes,
Mais c’est mieux, des fois,
Po li slide en mi.
Pour la slide en mi.
- Di djåze trop´ di mi,
- Je parle trop de moi,
Awè, dj’èl sét bin.
Oui, je le sais bien.
- Si ti vous, dj’ t’aprind
- Si tu veux, je t’apprends
Çou qu’ m’a dit Muddy,
Ce que m’a dit Muddy,
Ca dj’a on pô d’ timps,
Car j’ai un peu de temps,
Dji n’ so nin trop pris,
Je ne suis pas trop pris,
Quèstion ègadj’mints…
Question engagements…
- Alèz, dji t’ rivind bon pris
- Allez, je te revends pour un bon prix
Ine bwète MXR,
Une boîte MXR,
Si t’as l’îdèye di
Si tu as l’idée de
Djower dè Winter… »
Jouer du Winter… »


1. La gare des Guillemins, à Liège.
2. On fait parfois du limaçon le symbole de la ville de Namur – prétexte servant à attribuer à ses habitants une certaine lenteur.
3. On fermait autrefois l’huis « porte » sur le beur « bur, puits de mine » pour manifester un arrêt de travail, un départ en grève.
4. C’était son expression.
5. La Fabrique Nationale d’Armes de Guerre de Herstal.
6. Littt : « n’y a pas de risque ».
7. Littt : « qu’en ai-je cure ? ».
8. Littt : « va-me-le-chercher ».
9. Festival du Rire de Rochefort, dans la province de Namur : plaisanterie empruntée au regretté chanteur liégeois Charles Morel, tombé dans la Meuse (Cimetière de Bagnoles, garage rock).
10. Littt : « jaunes barons », d’où « jonquilles » ou « narcisses » selon le Dictionnaire liégeois de Henri Forir (1866-1874).
11. Littt : une personne stupide, bouchée comme peut l’être une canonnière d’enfant, « jouet fait d’un tuyau de sureau avec lequel on lance des bouchons de filasse », quand le conduit est obturé.
12. J’étais un fervent supporter du Standard de Liège…
13. Dji vou, dji n’ pou « Je veux, je ne peux », comédie de Joseph Demoulin (1825).
14. Littt : « raide comme balle. »
15. « Niche de saint, chapelle en bois fixée au mur le long de la voie publique ».
16. Vertiges de l’amour.
17. Littt : « J’ai trop rêvé d’allumettes. »
18. Littt : « à l’asile d’aliénés des Lollards ou Alexiens. »
19. Philoguet : « Nom d’un fou dont on a gardé le souvenir à Liège. C’était, paraît-il, le bouffon du prince-évêque Érard de la Marck. »
20. Littt : « J’ai la tête parmi les mottes de terre. »
21. Le wallon de Herstal prononce bègn le bin des Liègeois et règn pour rin. L’articulation locale a été ici quelque peu étendue.
22. Littt : « braire ».
23. Littt : « On en a le cul plein », expression courante ayant pour beaucoup perdu son caractère de grossièreté.
24. Il faudrait traduire par « s’enfermer » : « se renfermer » a aujourd’hui le sens de « se replier sur soi-même », avec une valeur morale ou psychologique. Le wallon ajoute volontiers à certains verbes le préfixe re- sans l’idée d’« accomplir à nouveau » : ratinde « attendre ». Mais il s’agit bien ici du sens vieilli de « se cloîtrer, se confiner », d’où « se renfermer complètement » (régional, chez George Sand).
25. Traduction libre mais étymologiquement correcte. L’ancien germanique *hrokk « habit » a donné le français froc « habit du moine », d’où l’argotique froc « pantalon », ainsi que frac « vêtement noir de cérémonie ». L’expression « sauter hors de son froc = culotte » restitue donc exactement le wallon  potchî foû di s’ frac.
26. Littt : « comme un chien à qui on a enlevé sa laisse », « débridé ».
27. Littt : « à cette heure ».
28. Expression courante pour « en avoir plein la tête », « être assourdi ».
29. Littt : une « amusette ».
30. Littt : « manchette », parfois, naguère, avec le sens d’« homosexuel ».
31. Littt : « Cul par-dessus, cul en-dessous ».
32. C’est-à-dire : « qui fait plus de bruit que de besogne ».
33. Se dit de celui qui prétend faire des choses dont il n’est pas capable.
34. Littt : « tout à poignée ».
35. Localité sur la rive droite de la Meuse, en aval de Liège ; allusion obscure.
36. Le notaire Joseph Dejardin, auteur d’un Dictionnaire des spots ou proverbes wallons, en collaboration avec Joseph Defrecheux (1891-1892).
37. Rita Lejeune (Herstal, 1906-Liège 2009), professeure à l’Université de Liège, spécialiste en littérature médiévale et en littérature wallone, dont je fus l’élève et le collaborateur.
38. Célèbre chanson d’Emile Wiket (1879-1928), reproduite dans Maurice Piron, Anthologie de la littérature wallonne (Liège, Mardaga, 1979, p. 380-381).
39. Littt : « faux Judas ».
40. La crapaude est littt la femelle du crapaud.
41. Littt : « la beauté », désignation familière de la lune en wallon.
42. Type de chanson populaire et mot caressant pour s’adresser à une personne aimée.
43. Tinrûlisté : formé sur tinrê, tinrûle « tendre, délicat, sensible », avec une nuance de mièvrerie…
44. Chanson syndicale, d’inspiration traditionnelle.
45. C’est-à-dire : sans mettre trop de conditions.
46. On attend à la rime : bièsse « bête ».
47. Tchantchès : forme familière du prénom François. On a joint à l’écrivain, qui fut plusieurs fois compromis dans des affaires de
justice et condamné, les noms des deux principaux chefs de bande du XVIIIe siècle, l’un et l’autre exécutés, en 1721 et 1755. Mandrin s’était rebellé contre l’organisation de la fiscalité sous Louis XV.
48. On appelle la demoiselle mårtê-diale. « Les enfants croient que si elle heurte le front, le coup est mortel. »
49. Le cloporte est réputé pour se retirer sur lui-même dès qu’on le touche.
50. La honène est littt la Hundin, féminin de l’allemand Hund « chien ».
51. C’est-à-dire : de s’être arrêté dans tous les bars. Image, dit-on, qui vient des nombreuses « stations », souvent alcoolisées, qui conduisaient jadis au pèlerinage de Chèvremont, près de Liège.
52. Julos Beaucarne a dit « manger son sac de charbon » pour « endurer sa part de misère ».
53. Littt : « les montées ».
54. Nonård : Léonard.
55. « So if you see my milkcow, please send her home/ Well I ain’t had no milk and butter/ Ooh, since my cow’s been gone » (Eddie Cochran… mais aussi Sleepy John Estes, Robert Johnson , Jerry Lee Lewis,The Kinks).
56. EXEL.
57. Le d’mèye-doûs « demi-doux » est, comme le crétin, dérivé du mot chrétien en Savoie et dans le Valais, un « idiot », donc un « benêt » (variante de béni), un « innocent » (énocint, en wallon, signifie également « idiot »), un « simple d’esprit ».
58. Littt : « que je perds mes noix ».
59. Nicolas Defrecheux (Herstal, 1825-1874), célèbre écrivain wallon, auteur de la complainte nationale liégeoise, Lèyîz-m’ plorer « Laissez-moi pleurer ». Celle-ci était notamment interprétée par les Chœurs de l’Armée Rouge en représentation à Liège.
60. « Tissu de soutien, à armure de toile, utilisé dans la fabrication des chapeaux en tissu tendu. »
61. Type de fauteuil du XIXe siècle, à accoudoirs, dans lequel fut représenté Voltaire.
62. « When the train, it left the station, there was two lights on behind,/Well, the blue light was my baby, and the red light was my mind. All my love’s in vain » (Robert Johnson).
63. Littt : « Charrie ».
64. Lieu-dit au bord de la Meuse, entre Liège et Herstal.
65. Île en face de Herstal, où s’échouent souvent les noyés.
66. Georges Ista, auteur dramatique wallon et fin dessinateur né à Liège, suicidé en 1939.
67. Le Gros Louis était plus « ensorcelé » (ancien français faé), marqué du mauvais sort, que « maussade » (wallon fayé).
68. Johnny, bien sûr.
69. Ou plus exactement pour Jeremy Spencer, un guitariste du groupe de blues Fleetwood Mac.
70. Littt : « alourdi, étourdi ».
71. Fr. faire carrousse « faire la noce ».
72. Référence à un pape imaginaire à partir d’Innocent, nom que portèrent plusieurs pontifes, par jeu sur ènocint « innocent, idiot, pauvre d’esprit ». L’expression complète est souvent ènocint catwaze moussî à sot « innocent quatorze habillé en sot ».
73. Selon J. Haust (Dictionnaire liégeois), on peut comprendre : à cavaye, li berwînå, qui renverrait à la Berwinne, petite rivière du pays de Herve ; ou à cavaye, Lîbèrt Lînå, c’est-à-dire Libert Léonard. Ajoutons que la bèrlinne désigne le wagonnet servant jadis à transporter la houille ou les pierres dans les charbonnages.
74. Le Pré Wigy : lieu-dit de Herstal, vers la Basse-Campagne, qui constituait autrefois un terrain de jeu pour les enfants de la Cité Wauters, voisine.
75. Saint Måcrawe, identifié parfois avec saint Macaire, n’a pas d’église à Liège. Représenté « le visage barbouillé de noir », il était porté sur une civière par les enfants à l’Assomption.
76. Autrefois Grand Bazar, notamment à Liège.
77. Comme plus haut : « du Grand Bazar ». Disons : « du Carrefour ». Hokum : Genre traditionnel de blues érotico-humoristique, souvent à « double entendre », dont le spécialiste était Bo Carter.
78. Comme me l’a fait remarquer mon excellent Collègue Jean Lechanteur, « radis » est rådisse, en wallon liégeois.
79. Type de fromage de Herve très odorant, « de qualité supérieure, fait avec du lait venant d’une seconde traite ».
80. Expression traditionnelle signifiant « vivre au pays de Cocagne, être au paradis ».
81. Låme a les deux sens en wallon : « miel » et « larme ».
82. Littt : « ton saoul ».



Elmore D est l’un des derniers chroniqueurs de l’identité wallonne. En faisant se confondre Meuse et Mississippi, il puise dans le blues originel l’esprit contestataire, l’ancrage social et régional qu’il emploie pour raconter le dur labeur ouvrier et la vie des gens simples de la terre qui l’a vu naître. Ses plus beaux atouts sont sa voix puissante et mélancolique, un jeu sans complaisance ni fioritures. Elmore D, Daniel Droixhe dans le civil, est également un homme de lettres et d’huma-nités. Auteur populaire wallon, philologue, historien du XVIIIe siècle, il est membre de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique. Il aurait également été durant sa jeunesse illustrateur pour le journal Hara Kiri… En sus des rapports d’estime et d’amitié qu’entretient Frémeaux & Associés avec le bluesman liégeois, nous sommes fiers de réunir la partie déjà découverte à ce jour de l’œuvre discographique d’un artiste d’une belle et grande humanité.
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX


Elmore D is one of the last great bard to preserve Walloon identity. In waters that combine the river Meuse and the river Mississippi, he draws from seminal blues the anti-authority spirit and the socio-regional anchors he uses to tell stories of hard-working labourers, anti-establishment attitudes and the lives of simple folk whose births he has witnessed. And he has all the cards to tell those stories: a powerful, melancholy voice, together with playing that shines in the absence of all frills and complacency. Elmore D (born Daniel Droixhe) is also a Man of Letters & The Humanities: this popular singer in the Walloon dialect, philologist and 18th century historian, is also a member of the Royal Belgian Academy of French Language & Literature. And, as a young man, he was also an illustrator for Hara Kiri magazine… In addition to the bonds of esteem and friendship that tie Frémeaux & Associés to the bluesman from Liège, we are proud to present the already-revealed part of the discography of an artist whose humanity contains beauty and greatness.    
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX




BASSE-MOÛSE BLUES (1997)

1 SOMETIMES I THINK I LOVE YOU (Memphis Jug Band) 2 FEATHER BED (Cannon Jug Stompers) 3 THE TWELVES (Kokomo Arnold / Leroy Carr) 4 NEW SYLVESTER AND HIS MULE (Memphis Minnie) 5 BUKKA’S JITTERBUG BLUES (Bukka White) 6 IF I HAD RELIGION (Son House) 7 BROKE AND HUNGRY (Skip James) 8 I’M TALKING ABOUT YOU N° 2 (Memphis Minnie) 9 BACK STEP BLUES (Scrapper Blackwell) 10 SUN GOING DOWN (Son House) 11 EVENING FAX BLUES (E.D.) 12 I’M TALKING ABOUT YOU N° 1 (Memphis Minnie) 13 TRICKS AIN’T WALKING NO MORE (Lucille Bogan) 14 IN MY GIRLISH DAYS (Memphis Minnie) 15 FLEETW. MAC’S RAMBLIN’ PONY (trad.) 16 WARM IT UP TO ME (Blind Willie McTell) 17 HIDING ON ME (Charlie McCoy).



SATURDAY NIGHT RUB (2000)
1 CAN’T AFFORD TO DO IT (Homesick James) 2 DROP DOWN MAMA (Sleepy John Estes) 3 IF YOU TAKE ME BACK (Kansas Joe McCoy) 4 DJI N’OÛVEÛRE QUI L’ LONDI (E.D.) 5 IT AIN’T NO LIE (Kansas Joe McCoy) 6 I WANT YOU TO KNOW (Bo Carter) 7 LI RWÈ DÈL ROWE D’ERQUY (E.D.) 8 RAHIS’ ÈT RIKÈTES (E.D.) 9 MAMA SÉT (E.D.) 10 STUDIO RAP (E.D.) 11 TOT SEÛ (E.D.) 12 SATURDAY NIGHT RUB (Big Bill Broonzy) 13 DROP DOWN (I DONT FEEL WELCOME HERE) (Sleepy John Estes).



TOT K’ MAHÎ / STUDIO (2005)

Toutes les compositions : E.D. - 1 TOT K’MAHÎ 2 GUITÅRE SWENG 3 LOUKE À Ç’T-EÛRE 4 PUS VÎS PUS SOT 5 RITA 6 PRINDS Ç’ MÅRTÊ 7 GRIVÈL’RÈYE 8 LÈS BIÈSSES N° 1 9 CI N’ SÈRÈ MÅY PUS COME DIVINS L’ TIMPS 10 MI TOSHIBA SATELLITE 11 TI T’ FÊS DÈS-ÎDÈYES 12 HÈSTA 13 SAN FRANCISCO BAY BLUES 14 SÔLÈYE DI TCHIN 15 GROS LOUWIS 16 DJOYEÛS PÈHEÛ 17 GROS LOUWIS REMIX.
TOT K’ MAHÎ / PUBLIC (2005)
Toutes les compositions : E.D. - 1 QUé ‘NE BèLE WASSE 2 SAN FRANCISCO BAY BLUES 3 LOUKE À Ç’T-EÛRE 4 SÔLÈYE DI TCHIN 5 RITA 6 DJI N’OÛVEÛRE QUI L’ LONDI 7 CI N’ SÈRÈ MÅY PUS COME DIVINS L’ TIMPS 8 TOT K’MAHÎ.


GRANDIVEÛS (2008)
Toutes les compositions : E.D. - 1 LI RAWÈTE 2 À CAVAYE LÈS BÈRLINÅS 3 HÈY TWÈ, GUEÛYE D’AMOÛR 4 HAS’ DI COÛR 5 LI BATÈME 6 INE PITITE FRICASSÊYE 7 LI DIÈRIN BLUES D’À JOHNSON 8 LI HOKUM DÈ G.B. 9 BONDJOÛ WALONÎYE 10 FANS ’NE TCHANSON 11 Ç’ TRIN-LÀ 12 TCHANSON PO L’ MÅVA TIMPS 13 BLUES PO FÉ ’NE FIN.





Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 Sometimes I Think I Love You 02'21
 
02 Feather Bed 02'23
 
03 The Twelves 03'14
 
04 New Sylvester And His Mule 04'50
 
05 Bukka's Jitterbug Blues 03'29
 
06 If I Had Religion 02'52
 
07 Broke And Hungry 02'20
 
08 I'm Talking About You 02'14
 
09 Back Step Blues 03'00
 
10 Sun Going Down 03'18
 
11 Evening Fax Blues 03'14
 
12 I'm Talking About You n°1 02'11
 
13 Tricks Ain't Walking No More 03'12
 
14 In My Girlish Days 02'11
 
15 Fleetw. Mac's Ramblin' Pony 03'06
 
16 Warm It Up To Me 02'19
 
17 Hiding On Me 02'42
CD 2
 
01 Can't Afford To Do It 02'35
 
02 Drop Down Mama 03'55
 
03 If You Take Me Back 02'04
 
04 Dji n'oûveûre qui l'londi 03'05
 
05 It Ain't No Lie 02'49
 
06 I Want You To Know 02'59
 
07 Li rwè dèl rowe d'erquy 02'54
 
08 Rahis' et rikètes 04'18
 
09 Mama sét 02'28
10 Studio rap 00'33
 
11 Tot seû 02'41
 
12 Saturday Night Rub 01'45
 
13 Drop Down (I Don t Feel Welcome Here) 02'46
CD 3
 
01 Tot k'mahî 02'37
 
02 Guitare sweng 04'22
 
03 Louke à ç't-eûre 03'21
 
04 Pus vîs pus sot 04'04
 
05 Rita 03'55
 
06 Prinds ç'martê 03'11
 
07 Grivèl'rèye 04'48
 
08 Lès bièsses n°1 04'28
 
09 Ci n'sèrè may pus come divins l'timps 04'16
 
10 Me toshiba satellite 04'24
 
11 Ti t'fês dès-îdèyes 03'31
 
12 Hèsta 03'36
 
13 San Fransisco Bay Blues 03'00
 
14 Sôlèye di tchin 03'48
 
15 Gros louwis 04'18
 
16 Djoyeûs pèheû 04'57
 
17 Gros louwis remix 03'08
CD 4
 
01 Qué 'ne bèle wasse 03'45
 
02 San Fransisco Bay Blues 03'32
 
03 Louke à ç't-eûre 04'00
 
04 Sôlèye di tchin 06'44
 
05 Rita 05'32
 
06 Dji n'oûveûre qui l' londi 06'28
 
07 Ci n' sèrè may pus come divins l' timps 06'30
 
08 Tot k'mahî 04'14
CD 5
 
01 Li rawète 04'45
 
02 A cavaye lès bèrlinas 04'41
 
03 Hèy twè, gueûye d'amoûr 02'45
 
04 Has' di coûr 04'09
 
05 Li batème 04'42
 
06 Ine pitite fricassêye 04'46
 
07 Li dièrin blues d' à Johnson 04'02
 
08 Li hokum dè G.B 04'36
 
09 Bondjoû walonîye 04'41
 
10 Fans' ne tchanson 04'51
 
11 C' trin-là 05'09
 
12 Tchanson po l' mava timps 04'09
 
13 Blues po fé 'ne fin 04'24
« Le Patriarche bienveillant du blues belge » par Blues Magazine

« De son véritable état civil Daniel Droixhe, Elmore D s'avère un drôle de paroissien (et ce même pour un pays aussi singulier que la Belgique). Non content de s'avérer un militant wallon constamment entouré de musiciens flamands (voire français), le bonhomme est manifestement affecté d'un syndrome aigu de dédoublement de personnalité. N¬é à Herstal (arrondissement de Liège) le 26 avril 1946, il est un académicien et un linguiste de renom. Licencié en philologie romane, il défendit en 1974 une thèse de doctorat intitulée "La linguistique et l'appel de l'histoire (1600-1800)", dont le sous-titre explicitait le propos: "Rationalisme et révolutions positivistes" (Droz, Paris, 1978). Dans la foulée, il créa la Société d'histoire et d'épistémologie des sciences du langage.... Ces doctes occupations n'ont pas empêché notre érudit de se consacrer à sa seconde passion: la pratique et la célébration d'un blues à la fois fruste et sophistiqué, tout autant soucieux d'un patrimoine remontant à Memphis Minnie et au Memphis Jug Band, que de l'interprétation de ses propres compos en dialecte picard...! Son dernier (et sixième) album à ce jour ayant été publié chez Frémeaux en 2013, cette rétrospective de ses cinq précédentes livraisons offre donc au complétiste l'opportunité d'embrasser l'oeuvre musicale du bonhomme dans son ensemble. De "Basse-Moûse Blues" (1997) à "Grandiveûs" (2008), nous est donc donné à mesurer l'évolution qui le mena de covers inspirées de Sleepy John Estes, Big Bill Broonzy, Skip James et Son House, à une forme pour le moins inédite de blues en picard dans le texte (dont un livret de 44 pages propose à point nommé la traduction simultanée). Patriarche bienveillant du blues belge, Elmore D dessine au fil de cette anthologie une figure évoquant celles de Cyril Davies ou Alexis Korner au pays des Trappistes. »
Par Patrick DALLONGEVILLE – BLUES MAGAZINE




« Un artiste attachant ! » par Blues & Co

Comme il est annoncé, c’est l’œuvre quasi complète du bluesman auteur-compositeur wallon Daniel Droixhe dit Elmore D. Le premier enregistrement « Basse-moûse blues » et premier CD de ce coffret date de 1997. Il est composé de reprises de Memphis Minnie dont il revisite cinq titres avec « New Sylvester and his mule » où figure une superbe intro au piano de Christophe Foulon et un jeu à la slide dont a le secret Elmore D. Viennent s’ajouter le pionniers Kokomo Arnold, Bukka White, Skip James, Son House… seule une réalisation personnelle très racine rurale « Evening fax blues » est inscrite dans l’une des 16 plages de cet album. Son nom d’artiste est dû à Elmore James dont le style à la slide l’aurait fortement inspiré. Depuis, ses sensibilités se sont rapprochées principalement de Memphis Minnie et Tampa Red. Non seulement, ce talentueux personnage se fait remarquer par son originalité et son esprit créatif, mais il se distingue aussi dans la vie en tant que militant wallon et académicien-linguiste-historien belge. Ajoutons son passage d’illustrateur (dans sa jeunesse) chez le journal satirique Hara Kiri. Le deuxième CD enregistré en 2000 à Anvers se signale dans le même esprit sur des titres de Homesick James, Sleepy John Estes, Big Bill Bronzy…. Les trois disques suivants de 2004 à 2008 dont le CD 4 est un live (Festival de la chanson wallonne du Pavillon de Flore de Liège) sont cette fois ci consacrés entièrement aux compositions de ce prolifique song writer où l’humour se conjugue avec des paroles engagées. Voici quelques extraits de deux chansons sélectionnées : « Ce ne sera jamais plus comme dans le temps » - Comme elle s’est tirée, je dois faire toutes sortes de choses, je fais la vaisselle, je remplis le frigo. Pour cuisiner, c’est encore pis, j’en ai vraiment ma claque, je ne mange que des surgelés, j’ai l’air d’un esquimau…
« je ne travaille que le lundi » - Je vois encore ma mère qui s’en allait à l’usine avec ses souliers de plomb où disait-elle « je sais bien qu’à la FN (fabrique nationale) on fait des fusils, des canons qui iront tuer toutes sortes de pauvres gens au nom de la civilisation. Mais moi, je vois bien que tout ça ne sert à rien qu’à engraisser le patron »… L’œuvre en cinq CD de cet artiste attachant ne peut donner que cette envie de le découvrir.
Par Bruno MARIE – BLUES & CO




« Un must ! » par ABS

De la Meuse au Mississippi, il n’y a qu’un pas, il a été franchi par Daniel « Elmore D » Droixhe il y a belle lurette, Patrick Frémeaux et Augustin Bondoux ont eu l’excellente idée de rassembler les enregistrements du bluesman liégeois parus de1997 à 2008. Elmore D a d’autres cordes à son arc, il est membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Française de Belgique, il a été longtemps professeur d’Université comme philologue, historien des littérateurs du XVIIIe siècle et spécialiste en dialectologie wallonne. Il a beaucoup publié et il a composé un volumineux recueil de blues en wallon (un dialecte qui colle étonnamment bien au blues), ce qui, combiné à des talents de guitariste et de chanteur, l’ont propulsé sur scène avec un beau succès populaire qui demeure, tant en clubs qu’en festivals. Le premier opus intitulé « Basse-Moûse Blues » ( le Blues de la Basse Meuse, sa région) date de 1997 et propose des paroles « dans une anglais mélangé » (dixit Elmore D) dans un répertoire de pre-war blues bien choisi avec la chanteuse Sarah Taillard, le guitariste Gilles Droixhe, des harmonicistes (Renaud Lesire, Big Dave, Marc « T », Didier Heggerick au tuba, Christophe Foulon au piano et, à la batterie et percus, Jacky Lauzzana et Willy Maze. Toute la séance baigne dans une ambiance débridée et bon enfant. Le wallon fait irruption dans le Disque 2 (« Saturday Night Rub », 2000) avec cinq faces aux textes savoureux (les notes de pochette donnent la traduction en français). Pour le reste, un instrumental (Studio Rap) et des pre et post-war blues en anglais (Kansas Joe McCoy, Homesick James, Bo Carter, B.B. Broonzy…). Ces faces ont été enregistrées à Antwerpen (Anvers) en Flandre avec des musiciens flamands, la même bonne humeur débridée et un swing dévastateur habitent chaque morceau. La Belgique est le pays du surréalisme, on le sait, et Elmore D arrive à faire chanter des Flamands en wallon ! Il y a Lazy Horse (guitare, mandoline), Big Dave (harmonica), Marc T (washboard), Willie Maze (batterie). La montée en puissance du wallon est au sommet dans les disques 3 et 4, tous deux intitulés  “Tot K’Mahi” (Tout embrouillé). Le premier a été enregistré en studio en Provence de Liège en 2004 avec une belle brochette de musiciens dont Lazy Horse, Big Dave, The Goon Mat, Renaud Lesire, Gilles Droixhe, Renaud Patigny et quelques membres de Mississippi Heat (Pierre Lacocque, Steve Doyle, Stephen Howard, Kenny Smith), excusez du peu. Le disque 4 a quant à lui été gravé en live à Liège en 2003 et 2004 avec un groupe plus restreint, mais les faces interprétées sont en majorité les mêmes que celles du disques précédent. Inutile de dire que les deux albums sont splendides et s écoutent avec un plaisir sans mélanges. Enfin, le disque 5, « Grandiveus » (Bavard, grande gueule, 2008), est lui aussi entièrement en wallon et Elmore D est entouré de ses complices habituels : son fils Gilles (guitare), Lazy Horse (guitare, mandoline, basse) Big Dave (harmonica), W. Maze (batterie) et aussi Daniel Willem (violon), Steve et Jefferson Louvat (banjo, mandoline), Hein Koop (piano, orgue, accordéon), Renaud Lesire (basse) et Franky Gomez (batterie). Dans ses propres compositions, Elmore D aborde ave humour les problèmes de couples mais il donne aussi libre cours à son humanisme, à son militantisme anti-mondialisation, à son indignation devant la pauvreté, l’injustice, le fanatisme et à, son rejet d’une société matérialiste dominée par l’argent et par le clientélisme des politiciens de tous bords. Le tout est enveloppé dans un humour grinçant et dévastateur (« Prends ce marteau, Grivèlerie, Les bêtes n°1, Ce ne sera jamais plus comme dans le temps, Herstal, Gros Louis, Le hokum du G.B., Bonjour Wallonie, etc. »). Festif et édifiant. Un must.
Par Robert SACRE – ABS





« Il n’y a plus qu’à se laisser emporter ! » par Soul Bag

Une quasi intégrale d’Elmore D ? N’y a-t-il pas d’autres bluesman à rééditer avant ? Et pourquoi pas après tout ? S’il est un bluesman belge, Daniel Droixhe, alias Elmore D, est celui-là et sa démarche correspond grandement à la politique éditoriale de Frémeaux & Associés. À travers son blues, Elmore D perpétue la tradition musicale afro-américaine mais aussi celle de Belgique puisqu’il chantera vite en wallon liégeois. Il n’est pas passéiste mais passeur. Il reprend le blues ancien mais le rend contemporain par une instrumentation fournie, un son puissant, et il a suffisamment de culture blues pour reprendre la chanson d’un artiste et la jouer selon les méthodes d’un autre, pas forcément de la même époque. On entend par exemple Elmore James là où on devrait avoir Memphis Minnie. Ce faisant, Elmore recrée ce qui se pratiquait sûrement à l’époque quand les artistes s’échangeaient les chansons ou se copiaient les uns les autres au gré des rencontres, quand ils usaient de tous les moyens possibles pour gonfler leur son et se faire entendre dans les bouges bondés. Les cinq CD regroupent quatre albums, dont un double, qui sont tous basés sur ce principe. Comme un artiste qui remet sans cesse son travail sur le métier, Elmore balbutie sur « Basse-Moûse-Blues », est touché par la grâce sur « Saturday Night Rub » - le meilleur disque européen de l’année 2000 – puis peaufine encore et encore sur « Tot K » et « Grandiveûs ». Big Dave, Lazy Horse, Willie Maze, avec Marc T, ont formé aux côtes d’Elmore un groupe d’exception qui marqua à jamais tous ceux qui l’ont vu et dont Elmore saura quand même assurer la succession lorsqu’il le faudra. Il n’y a plus qu’à se laisser emporter et à aller voir Elmore en concert.
Par Christophe MOUROT – SOUL BAG




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