MEMPHIS SLIM - THE BLUES : PIANO BLUES SUPREME 1940-1961


29,99 € TTC

FA274

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Memphis Slim, nommé à titre posthume au Blues Hall of Fame, a été une référence incontournable de la scène Blues mais a également notablement influencé des artistes Rock ‘n’ Roll et Folk.
Cette anthologie offre une sélection des meilleurs moments de sa vaste oeuvre enregistrée entre 1940 et 1961 en trois CD exprimant la diversité du pianiste : des premières pièces encore ancrées dans le Bluebird blues d’avant-guerre jusqu’aux débuts du folksinger en s’attardant, bien sûr, sur les disques destinés à l’origine au public noir américain et qui sont devenus des classiques repris d’innombrables fois. 
Gérard HERZHAFT

Memphis Slim only obtained his seat in the Blues Hall of Fame after his death, but he was an unavoidable reference on the blues scene, and a major influence on many rock ‘n’ roll and folk artists.
This anthology contains his best moments on record between 1940 & 1961 in a 3CD set showing all the diversity of this great pianist, from his first pieces, still anchored in pre-war Bluebird blues, to his debuts as a folksinger, not forgetting the many titles he originally recorded for a black audience which became classics in countless versions by Slim and other artists.

DIRECTION : GÉRARD HERZHAFT
DROITS : DP / FREMEAUX & ASSOCIES

CD 1 - FROM MEMPHIS TO CHICAGO : DIGGIN’ MY POTATOES • THE JIVE BLUES • LAST PAIR OF SHOES BLUES • BLUE EVENING BLUES • SHELBY COUNTY BLUES • ROCKIN’ THE HOUSE • LEND ME YOUR LOVE • PACEMAKER BOOGIE • NOBODY LOVES ME (EVERYDAY I HAVE THE BLUES) • ANGEL CHILD • MIDNIGHT JUMP • SLIM’S BOOGIE N°2 • HAVING FUN • MARACK • REVEREND BOUNCE • TRAIN IS COMING • NO MAIL BLUES • YOU’RE GONNA NEED MY HELP SOMEDAY • TIA JUANA • ROCKING THE PAD.

CD 2 - MEMPHIS SLIM USA : LIVING THE LIFE I LOVE • THE COME BACK • FIVE O’CLOCK BLUES • I LOVE MY BABY • FOUR YEARS OF TOURMENT • BLUE AND LONESOME • MEMPHIS SLIM USA • TWO OF A KIND • WHAT’S THE MATTER? • MESSIN’ AROUND • THE COMEBACK • WISH ME WELL • GOTTA FIND MY BABY • SASSY MAE • ROCKIN’ THE HOUSE • STEPPIN’ OUT • MOTHER EARTH • JOGGIE BOOGIE • THE BELLS WILL EZELL • SAN JUAN BLUES.

CD 3 - EXILE TO EUROPE : RAINING THE BLUES • BABY DOLL • RACK’EM JACK • LUCILLE • DON’T THINK YOU’RE SO SMART • CAUGHT THE OLD COON AT LAST • PINETOP’S BLUES • ANGEL CHILD • LONESOME TRAVELER • HEY SLIM • LONESOME • COLD BLOODED WOMAN • ONE MAN’S MAD • BIG BERTHA • HOW LONG BLUES • LOVE MY BABY • WHEN THE SUN GOES DOWN • SOMEDAY BABY • HIGHWAY 51 • SITTING ON TOP OF THE WORLD
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Memphis Slim FA274

Memphis Slim
THE BLUES

PIANO BLUES SUPREME
1940 - 1961

COLLECTION DIRIGÉE PAR GÉRARD HERZHAFT














LIVRET EN FRANçAIS - ENGLISH NOTES INSIDE THE BOOKLET
Memphis Slim, aujourd’hui quelque peu oublié au Panthéon des bluesmen, a durant une bonne décennie incarné le blues pour un certain public européen, particulièrement en France où il s’était installé depuis 1961 et faisait les soirées du Quartier Latin. Puis, à force de voir sa haute silhouette et sa mèche de cheveux blancs qui ne cessait de s’élargir avec le temps, à force de l’entendre jouer du piano un peu toujours les mêmes morceaux soir après soir et sans doute aussi parce qu’il avait trop accumulé les enregistrements en France et en Angleterre avec des réussites variables, Memphis Slim n’avait plus autant la faveur du public blues qui, entre temps et un peu aussi grâce à lui et à quelques autres transfuges des USA, s’était considérablement élargi et favorisait davantage d’autres styles de blues plus « ethniques » que ce que représentait avec brio le pianiste.

Mais Memphis Slim a été bien plus que cet « Am-bassadeur du blues » en Europe, rôle qu’à l’évidence il savourait. Avant l’Europe, il avait déjà derrière lui une très longue carrière et une impressionnante discographie, remplie de succès artistiques mais aussi commerciaux que bien de ses pairs et concurrents lui enviaient.

John Len Chatman naît le 3 septembre 1915 à Memphis, déjà un haut lieu des musiques noires. Son père Peter Chatman est d’ailleurs un guitariste et un pianiste de renom qui gère le club 99 à West Memphis, la banlieue noire située dans l’Arkansas de l’autre côté du pont qui enjambe le Mississippi. Peter reçoit ainsi la crème des bluesmen de l’époque, en particulier les pianistes comme Roo-sevelt Sykes, James Stump Johnson, Speckled Red, Cow Cow Davenport et Leroy Carr, des bluesmen qu’entendra le jeune John Len et sur qui l’influence demeurera toujours présente.

Ella, la mère de John Len, meurt en 1917 et Memphis Slim, à défaut d’un souvenir tangible, n’en conservera toujours qu’une photo jaunie dans son portefeuille. Dès lors, l’enfant, élevé par son père passe plus de temps dans le club qu’à l’école. Il maîtrise si bien le piano que vers 1925, Peter Chatman fait jouer son fils prodige durant les intermèdes en le présentant sous le nom de Peter Jr. Et, devenu adulte, John Len Chatman s’appellera désormais Peter Chatman comme son père.

Comme cela est souvent le cas à l’époque chez les Noirs, Peter Jr est, sans doute vers 1930, confié par son père à son ami Roosevelt Sykes afin de « parfaire son éducation », essentiellement musicale bien sûr mais qui sera aussi culinaire et en gestion de sa carrière et de ses affaires, en échange de services comme le ménage, la blanchisserie etc… Avec Sykes, Peter Chatman sillonne les Etats du Sud, Tennessee, Arkansas, Mississippi, Missouri… jusqu’en Floride. Il connaît ainsi tous les lieux, clubs, cafés, cinémas réservés aux Noirs où un pianiste accompagne le film muet puis, au début de l’ère du parlant, joue durant les entr’actes. Il distrait aussi les camps de travailleurs itinérants qui, dans tout le Sud, isolés durant de longues semaines, réparent les routes, les voies ferrées, renforcent les digues ou récoltent la térébenthine dans les forêts...

Peter ne tarde pas à quitter Roosevelt Sykes et à voler de ses propres ailes. Un temps, il continue les mêmes circuits, s’aventure jusque dans les villes minières des Appalaches mais finit par migrer à Chicago en 1938 ou 1939, attiré comme beaucoup par les opportunités de la grande cité industrielle des bords du Lac Michigan.

Peter Chatman a déjà gagné une certaine notoriété qui doit autant aux années passées à jouer dans le Sud qu’aux éloges tressés par Roosevelt Sykes, alors une très grosse vedette du disque, ainsi qu’à la réputation de son père et de son club qu’ont fréquenté nombre de musiciens de Chicago venus jouer à Memphis. Comme bien d’autres bluesmen venus du Sud à Chicago, Chatman trouve en Big Bill Broonzy un parrain bienveillant qui l’accueille et lui ouvre les portes. D’autant plus que l’accompagnateur attitré et préféré de Big Bill, le pianiste Joshua Altheimer vient de décéder et que Broonzy est à la recher-che d’un remplaçant stable. Très vite, Peter accompagne Big Bill de façon régulière mais aussi Tampa Red, Memphis Minnie (une lointaine parente ?), Washboard Sam, John Lee Williamson et même Curtis Jones, un autre pianiste alors en vogue et qui, blessé à la main, prend Chatman quelque temps pour jouer tandis qu’il chante.

Big Bill présente son protégé à Lester Melrose, le producteur qui domine tout le Chicago blues d’alors. Melrose est un blanc né en 1891 dans une banlieue de Chicago, d’abord pompier et épicier avant d’ouvrir, en 1922, en compagnie de son frère Walter un magasin de musique. Très intéressé par la musique populaire noire, particulièrement le jazz, Melrose publie les compositions de King Oliver et Jelly Roll Morton. Il gagne ainsi suffisamment d’argent pour être convaincu qu’il y a là un vivier à exploiter. Il tend l’oreille vers le ghetto noir. C’est lui qui « découvre » alors Tampa Red, Big Bill Broonzy et bien d’autres. A partir de 1934, Melrose devient le producteur agent artistique découvreur de talents des labels Columbia et Bluebird. Il sera, alors, responsable de 90 % des disques de blues édités par ces labels avant la guerre. Au passage, il s’attribue le copyright de quantité de compositions de « ses » artistes qu’il a souvent, à vrai dire, modifiées et produites à sa convenance, favorisant des arrangements jazzy inspirés de sa passion pour le jazz New Orleans et le Swing.

Melrose est impressionné par Chatman, ses talents de pianiste et de chanteur bien sûr mais aussi son éducation et son intelligence des affaires, plutôt rares chez un bluesman venu du Sud. Il confie à Chatman la gestion d’un immeuble (situé sur Indiana Avenue dans le South Side) dans lequel Peter habite mais qui sert aussi à loger et à permettre de répéter les nombreux musiciens venus quelque temps à Chicago à l’instigation de Melrose pour y enregistrer, participer à quelques dates dans les clubs de la ville et faire la promotion de leurs disques.

En juillet 1940, Melrose décide d’enregistrer Peter Chatman et, comme il l’a fait pour nombre de bluesmen, lui donne le nom de disque évocateur de Memphis Slim, un pseudonyme que Chatman gardera toute sa vie, même lorsqu’il aura pris de l’embonpoint et que le « Slim » ne sera plus guère de mise ! Ces premiers disques émargent tout à fait au Bluebird Sound d’alors : Memphis Slim y chante et joue du piano, accompagné de l’immuable Washboard Sam, d’un contrebassiste ainsi que d’un harmoniciste à l’identité mystérieuse… Plusieurs noms ont été avancés (Rhythm Willie, Lee Mc Coy…) mais Chatman, généralement très fiable, a toujours affirmé qu’il s’agissait d’un certain Blind dont c’était le seul témoignage enregistré.

La mode urbaine est alors aux chanteurs et pianistes comme Big Maceo, Walter Davis, Sykes, Pete Wheatstraw ou le Dr Clayton et dès le mois d’août, Memphis Slim – qui s’inscrit sans effort dans cette mouvance – est à nouveau dans les studios, cette fois accompagné d’un seul contrebassiste. On peut déjà admirer son jeu de piano fluide, délié, expressif. Deux de ses compositions gravées durant cette séance (Beer drinking woman et Grinder man blues) resteront toujours dans son répertoire.

Mais la guerre porte un coup d’arrêt à ce début de carrière prometteur. Pour une raison inconnue, Slim n’est pas incorporé et continue à se produire dans les clubs de Chicago. Mais l’effort de guerre qui rationne toutes les matières premières (comme la laque nécessaire à fabriquer des disques) ainsi qu’un mouvement de boycott des enregistrements et des studios (Petrillo’s ban : la concurrence des juke-boxes est jugée trop effrénée par nombre de musiciens d’orchestres et leurs syndicats) raréfie considéra-blement la création de disques jusqu’en 1944. A cette date, Memphis Slim est largement oublié. D’autant plus que les producteurs comme Mayo Williams ou Lester Melrose qui faisaient la pluie et le beau temps avant le conflit sont dépassés par les évolutions des musiques populaires et cela quel que soit le genre. Ils continuent quelque temps d’enregistrer leurs principaux artistes et quelques nouveaux venus mais, coincés dans des formules musicales qui apparais-sent démodées aux yeux du public, sont incapables de retrouver le chemin du succès. Sans ventes notables, les grandes compagnies (Columbia, Bluebird, Decca) se désintéressent progressivement de genres « ethniques » comme le blues et laissent la place à des indépendants aux dents longues et sans œillères qui vont, au contraire, savoir saisir les goûts changeants des publics populaires de l’après guerre. En ce qui concerne le blues à Chicago, les Noirs fraîchement débarqués en masse du Sud Profond veulent retrouver, revus et corrigés, les styles de blues rudes et dépouillés qu’ils connaissent chez eux. C’est ce qui explique le succès des Muddy Waters ou John Lee Hooker. Mais un nombre important de Noirs de Chicago sont aussi séduits par le Rhythm & Blues qui, né en Californie et à New York, durant la guerre présente un chanteur à l’allure et aux manières urbaines, à la diction articulée, qui hurle son blues avec passion et enlève ses boogie-woogies à un rythme effréné sur un ensemble constitué de musiciens venus du jazz, dominé par une forte ligne de cuivres et un piano comme principal instrument soliste. Après différentes tentatives infructueuses d’enregistrer à la manière de l’avant guerre, Memphis Slim qui n’a jamais été un bluesman d’inspiration rurale (« Je ne peux pas vraiment jouer de Country blues » dira-t-il « car je n’ai jamais vécu à la campagne ») va – une nouvelle fois à l’instar de Roosevelt Sykes qui sait avec brio adapter ce nouveau style de blues à l’atmosphère de Chicago – former les HouseRockers un groupe similaire à ceux qui font les soirées des clubs californiens et prend modèle sur Amos Milburn, Charles Brown ou Joe Liggins qui, ne l’oublions pas, sont les plus gros vendeurs de disques noirs des années 40.

Les HouseRockers sont avant tout de jeunes musiciens dénichés par Peter Chatman à Memphis, également lieu d’une scène bourgeonnante de Rhythm & Blues inspirée de la Côte Ouest, qu’il entoure de vétérans des clubs jazz et pop de Chicago. C’est ainsi que les HouseRockers sont animés de façon plus ou moins permanente par les saxophonistes Ernest Cotton, Alex Atkins, Timothy Overton, Charles Ferguson, Neil Green, les contrebassistes Big Crawford, Charles Jenkins, Alfred Elkins, Henry Taylor auxquels Slim ajoute à partir de 1950 la batterie de Oscar Larkin, Leon Hopper ou Otho Allen. Comme le dira Slim :

« J’ai toujours eu des saxophonistes… Tous originaires de Memphis… On se connaissait et on s’aimait bien. Et c’est cette amitié je crois qui donnait toutes ses qualités aux HouseRockers, un son, un feeling, une efficacité incomparables. Ce n’étaient sûrement pas les plus grands musiciens américains de cette époque mais chacun savait ce que l’autre allait faire. On n’avait même pas besoin d’échanger un regard. Je crois que les HouseRockers était vraiment le meilleur groupe de Rhythm & Blues de l’époque. »

Mais c’est bien sûr le leader qui domine l’ensemble : la voix puissante et extravertie à la façon des blues shouters déclame des blues aux textes élaborés, sans référence rurale notable, dénués des nombreuses expressions de l’argot sudiste revues et adaptées à la grande ville si abondants alors dans le Chicago blues des ghettos. Et son piano agile, percussif mais subtil, orne de beaux solos autant les blues lents (très nombreux) que les pièces rapides qui font se déhancher les danseurs des clubs chics. Son style est aux antipodes de ce que font ses confrères (et souvent amis) du South Side, le Chicago blues que l’on identifie aujourd’hui à celui de Muddy Waters. Slim, lui est plus qu’urbain, parfois ampoulé, classieux jusqu’à la préciosité et, loin des relents du graillon sudiste qui flottent encore largement dans le blues du ghetto, sa musique est souvent sucrée, lorgnant parfois vers la pop de l’époque. Quoi qu’il en soit, il se constitue très vite un important public et, en quelques années, quelques mois même, Memphis Slim s’impose comme un des noms qui comptent dans le nouveau Rhythm & Blues de Chicago.

En businessman avisé, Slim frappe à la porte des nouvelles compagnies discographiques avec une idée sur ses contrats et la façon de conduire les séances d’enregistrement, de gérer un orchestre voire de diriger un label, comme Slim le fera pour plusieurs entreprises. Dès 1946, Memphis Slim entame sa véritable carrière discographique américaine, riche de centaines de titres, de plusieurs gros succès commerciaux et d’une présence constante dans les bacs des disquaires, les clubs huppés et au sein des tournées nationales de Rhythm & Blues. La liste des labels pour qui Slim enregistre est impressionnante et se lit comme une sorte de who’s who des grands indépendants de l’après guerre : Hy Tone, Miracle créé par Lee Egalnick avec lequel Slim s’associera pour une aventure commerciale éphémère intitulée Premium, King de Syd Nathan, Chess, Vee Jay, Mercury, Peacock du texan Don Robey, Jewel de Stan Lewis…

Si on s’en tient aux classements (plus ou moins fiables) établis par les professionnels du disque (Billboard par exemple), Memphis Slim apparaît assez souvent dans ces Hit Parades entre 1946 et 1955, très fréquemment dans les Top 40 régionaux et parfois dans les classements nationaux : Lend me your love ; The comeback ; Blue and lonesome qui grimpe à la troisième place du Top 40 national de R&B ; Wish me well ; Rockin’ the house ; et surtout Messin’ around qui reste plusieurs semaines à la première place du Top 40 national de R&B en 1948.

Assez curieusement, Everyday I have the blues, son titre le plus célèbre, celui auquel on l’identifiera constamment par la suite, passe inaperçu à sa sortie en 1948. Slim grave ce morceau sous le titre Nobody loves me en juillet 1947 en même temps que Angel child qui sera, lui, un succès instantané (n°7 au National). Mais Nobody loves me, un superbe blues semi-rapide avec un texte et des métaphores qui parlent aux migrants noirs est repris par Lowell Fulson dès 1949 sous le titre Everyday I have the blues, une magnifique version pleine de swing qui monte très haut dans les Hit Parades, puis surtout par Joe Williams (Joseph Goreed) en 1952 avec l’orchestre de King Kolax. Joe en fait son titre fétiche (au point de se faire appeler Joe « Everyday » Williams) et le réenregistre en 1954 au sein du big band de Count Basie, obtenant cette fois un énorme succès commercial. Dès lors, le titre sera gravé des centaines de fois par B.B. King, Elmore James, Ray Charles, Eric Clapton, Fleetwood Mac, Natalie Cole, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, Carlos Santana, Marshall Tucker, Tony Bennett... en faisant ainsi un des standards incontournables de la musique populaire américaine. Bien que crédité à Peter Chatman, Everyday I have the blues est en fait une composition originale des frères Aaron et Milton Sparks, des bluesmen de Saint Louis qui ont enregistré leur morceau en 1935. Il n’est pas douteux que Memphis Slim connaissait leur disque – peut-être même avait-il rencontré les frères Sparks, car ceux-ci avaient été eux aussi proches de Roosevelt Sykes – et que, dans la tradition des musiques folk dont le blues, a repris leur Everyday en modernisant quelque peu paroles et arrangements et en s’en attribuant la paternité. Ainsi va le blues !

En tout cas, ce réel vedettariat américain permet de comprendre que Memphis Slim ne s’intéresse pas du tout à l’Europe. Pourquoi délaisserait-il son public pour des chimères exotiques ? Lors-que, en 1951, son ancien mentor Big Bill Broonzy – qui, lui, appartient au passé pour les jeunes Noirs – demande à Slim de venir avec lui en France et en Angleterre pour une tournée européenne qui s’avèrera pionnière, Memphis Slim refuse et laisse la place au pianiste Blind John Davis. Contrairement aux deux autres, Slim est, lui, totalement en phase avec le public noir américain et tourne sans cesse, particulièrement dans le Middle West et le Sud Est (de Memphis à Kansas City). Slim sait aussi parfaitement saisir les évolutions des goûts musicaux. Avec les années 1950, la guitare électrique vient soudain sur le devant de la scène. Memphis Slim qui avait délaissé cet instrument fleurant par trop le blues des ghettos à ses oreilles, l’introduit au sein des HouseRockers, avec une place prééminente. Par-ti-culièrement à partir de 1952 lorsque sous contrat avec le label United Slim enregistre sans doute un des meilleurs moments de sa vaste œuvre, zénith beaucoup dû à M.T. Murphy, un jeune guitariste de Memphis qui avait fait ses premières gammes auprès de Howlin’ Wolf et Junior Parker et que Memphis Slim a embauché. A ce moment-là, les enregistrements de Memphis Slim (que l’on peut apprécier sur le CD2) sont extrêmement modernes, lorgnent nettement vers le Rock’n’roll qui commence à pointer le bout de son nez. Pour United, Slim reprend souvent ses anciens succès qu’il réarrange, modernise et transforme en nouvelles pièces. Dans ce contexte, MT. Murphy s’y révèle admirable : précis, concis, tranchant, extraordinairement bluesy… Certainement un des plus grands gui-taristes du blues de cette époque! En 1958, Slim et Murphy enregistrent aussi un des tout premiers LPs de l’histoire du blues, Memphis Slim at The Gate of the Horn avec un orchestre de trois saxophones pour un des sommets de l’œu-vre du pianiste qui lui attirera l’attention des amateurs de jazz, alors les seuls acheteurs de 33t. Murphy restera avec les HouseRockers jusqu’en 1961 et retrouvera occasionnellement son ancien patron, sera le guitariste de James Cotton avant de reprendre une nouvelle carrière grâce à son rôle et sa partition dans le film The Blues Brothers en 1980.

Mais les choses changent au fur et à mesure que la décennie 1950 s’achève. Le blues – même dans la version très urbaine et modernisée des HouseRockers – passe très vite de mode auprès des Noirs. Comme beaucoup d’autres, Slim voit les engagements se raréfier, ses circuits traditionnels se tourner vers de nouvelles formes de musique noire. Et, bientôt, il n’a plus vraiment les moyens de conserver un orchestre de façon permanente. La mort dans l’âme, il met fin à ses HouseRockers et, sur les conseils de son vieil ami Willie Dixon – avec qui il avait joué régulièrement dans les clubs de Chicago – Peter Chatman part tenter sa chance à New York en tant que pianiste soliste. Slim avait déjà brièvement émargé au courant folk alors balbutiant lorsqu’il avait participé en 1947 à une série d’émissions radiophoniques concoctées par Alan Lomax sur la vie dans le Sud Profond ségrégationniste, jouant et parlant à bâtons rompus mais de façon inhabituellement franche pour l’époque (mais sous le pseudonyme de Leroy, précaution utile pour éviter les représailles du Ku Klux Klan) avec Big Bill Broonzy et John Lee Williamson. Ces émissions donneront le disque Blues in the Mississippi night et seront finalement diffusées… en Angleterre sur la BBC !

Peut-être sur la foi de cette curieuse parenthèse, et sans doute sur les recommandations de Lomax revenu aux Etats-Unis, les portes du folk new-yorkais s’ouvrent toutes grandes pour Memphis Slim : émissions de radio et de télévision aux côtés de Pete Seeger, participation au festival folk de Newport en 1959, accumulation de disques en soliste pour Folkways, le label de Moses Asch, pour Verve (seul avec Willie Dixon dans un répertoire folk comme Stagolee ou John Henry), pour Candid et surtout Bluesville, une succursale de Prestige qui sort en rafales des disques essentiellement de blues acoustique. Slim, désormais figure du folk new-yorkais !, apparaît en concert aux côtés de Bob Dylan et Joan Baez, effectue avec Willie Dixon une tournée en Europe (la première !) et au Moyen Orient, le temps de se faire photographier l’air peu rassuré sur un chameau près d’Eilat !

Au début des années 1960, cette improbable aventure folk est en train de tourner au succès et Memphis Slim savoure désormais cette nouvelle carrière, loin des ghettos et des circuits dans les Etats ségrégués où il faut baisser les yeux quand on croise les Blancs et galérer pour trouver un logement décent ! Slim est une vedette d’un autre monde auquel il n’aurait jamais imaginé appartenir ! Il confiera :

« Je me suis à cette époque aperçu que mon destin pouvait être aussi celui-là : devenir un missionnaire du blues… Jouer et prêcher le blues au monde entier. »

Ce destin d’Ambassadeur International du blues se concrétise vraiment en Europe et particulièrement en France. Lorsque, en 1962, le critique allemand Joachim-Ernst Berendt convainc la Fédération Allemande du Jazz, notamment Horst Lippmann et Fritz Rau, d’organiser une tournée européenne qui présenterait toutes les facettes du blues, Willie Dixon et Memphis Slim sont de la première cuvée. Ils animent l’American Folk Blues Festival 1962, revien-nent en 1963 et cette fois Slim amène avec lui M.T. Murphy qui va faire un malheur auprès du public européen ! Dis-ques, cabarets, télévisions, radios, grandes salles de concert… La vie française notamment apparaît douce et cossue à Memphis Slim, dont le divorce avec sa première femme Doris est consom-mé depuis longtemps. Il épouse la Française Christine Freys, fille d’un propriétaire de club de jazz, et s’installe durablement à Paris. Il devient la vedette attitrée du célèbre club du Quartier Latin Les Trois Mailletz, y possède son parking particulier pour pouvoir y garer sa Rolls Royce et, en compagnie du batteur Michel Denis, initie au piano blues toute une génération d’étudiants qui boivent ses notes et ses paroles.

Les disques en rafales succèdent aux concerts, Slim crée une nouvelle entreprise hasardeuse (United Black Artists Booking Agency) qui finit en quenouille, compose des musiques de films, se lie d’amitié avec d’autres exilés comme le guitariste Mickey Baker, retrouve toujours avec une joie évidente (comme sur le remarquable disque Barclay SouthSide Reunion avec Buddy Guy et Junior Wells) des bluesmen américains venus tourner en France.

Avec ce confort et malgré que rien de ce qu’il fait ne soit indigne bien au contraire, une certaine routine s’installe dans son œuvre enregistrée, alors certainement trop abondante. Cette présence familière amène aussi un certain désamour du nouveau public européen du blues qui préfère à l’urbanité distinguée et au piano de Memphis Slim, les guitares et les harmonicas de bluesmen plus rugueux sortis directement de leur terroir.

Avec le temps, l’Amérique commence à manquer à Memphis Slim. Il multiplie les voyages privés, constate que la ségrégation et les humiliations subies par les Noirs sont désormais largement jetées aux oubliettes de l’Histoire et reprend progressivement pied avec son pays. Il rejoue ici et là à New York, Chicago, Austin (en compagnie de M.T. Murphy), Memphis, multiplie les interviews dans lesquelles il affirme son amour de l’Amérique (n’a-t-il pas composé une pièce intitulée Memphis Slim USA ?). Le public américain s’avise enfin de l’exil d’un de ses principaux bluesmen et bientôt c’est Memphis même qui fête le fils prodigue enfin revenu, le fait Citoyen d’Honneur avec remise par le Maire Dan Hackett des clefs de sa ville de naissance. Et le 4 février est proclamé Memphis Slim Tribute Day !

Malade depuis le début des années 1980, Peter Chatman succombe le 24 février 1988 à Paris d’une insuffisance rénale sévère. Selon ses volontés, son corps est transféré à Memphis où il est enterré en grande pompe au Cimetière Galilee Memorial Gardens en présence des édiles et de nombreuses vedettes du disque comme Rufus Thomas ou Tracy Nelson.

Ce coffret essaie de retenir – choix difficile tant l’abondance côtoie la qualité – les meilleurs mo-ments de sa vaste œuvre enregistrée entre 1940 et 1961, des premières pièces encore ancrées dans le Bluebird blues d’avant guerre jusqu’aux débuts du Memphis Slim folksinger en s’attardant bien sûr sur les disques destinés à l’origine au public noir américain et qui sont devenus des classiques repris d’innombrables fois. Memphis Slim, nommé à titre posthume au Blues Hall of Fame, aura inspiré quantité de musiciens à travers le monde.

Gérard HERZHAFT
Auteur de La Grande Encyclopédie du Blues (Fayard)

© Frémeaux & Associés

SOURCES
BROVEN (John).- Record makers and breakers/ Voices Of The Independent Rock ‘n’ Roll Pioneers.- University of Illinois Press: Chicago
BUZELIN (Jean).- Notes de livrets de quatre volumes Memphis Slim sur EPM
CHARTERS (Sam).- The Legacy of the Blues.- Clader & Bryars, Londres
DEMETRE (Jacques) & CHAUVARD (Marcel).- Voyage au pays du blues.- CLARB, Paris, 1995
Divers numéros de Blues Unlimited, Blues World, Juke Blues, Living Blues, Soul Bag
DIXON (Willie).- I am the blues.- Da Capo, New York, 1989
FOX (John Hartley).- King Of The Queen City The Story Of King Records.- University of Illinois Press
LEADBITTER (Mike),Ed.- Nothing but the blues.- Hanover Books, Londres, 1971
ROWE (Mike).- Chicago Breakdown.- Da Capo; New York, 1981.
SCHERMAN (Tony).- The remarkable recordings of Moses Asch.- In: “Smithsonian Revue, août 1987”.
SEEGER (Pete).- Where have all the flowers gone.- Sing Out PA; Bethlehem, NY: 1993
INTERVIEWS de Memphis Slim par Max Jones (Melody Maker), Peter Welding (Jazz Journal) et surtout la longue entrevue accordée à Jacques Périn et Francis Hofstein et parue dans Soul Bag n°108
TEXTES DE POCHETTES de Jacques Demêtre, Don Kent, Jacques Morgantini, Victor Pearlin, Jacques Périn, Neil Slaven, Chris Smith, Pete Welding.


Other figures in the Blues Hall of Fame (he was inducted posthumously) have been better remembered than Memphis Slim, but in Europe – particularly in France where he settled in 1961 – he incarnated the blues for over a decade: his imposing silhouette, with a white blaze separating his short black hair above the forehead, seemed omnipresent in clubs and concert-halls. A huge number of recordings were made in France and England in that later period, and then, maybe because European listeners could have too much of a good thing, and maybe also because his status as a Blues Ambassador meant to some followers that he had nothing left to prove, audiences began to turn elsewhere, and to a more «ethnic» style than that which Memphis Slim represented with brio.

But even if he savoured his ambassadorial image, he already had a vast discography filled with artistic hits that were also «commercial», recordings made before 1961 which his peers and competitors could only envy. This set attempts to present his best moments between 1940 and 1961 – a difficult selection due to the abundance of excel-lent recordings available –, from pre-war Bluebird blues pieces to his early records as a folksinger, but also his records aimed specifically at black audiences, titles which are today classics «covered» by countless artists, and a source of inspiration for musicians worldwide.

John Len Chatman, aka Memphis Slim, was born on September 3rd 1915 in Memphis, already a capital in the world of black music. His father Peter Chatman was a well-known guitarist/pianist who ran the 99 Club in West Memphis, the black district on the Arkansas side of the Mississippi bridge, and the best bluesmen of the time came there to play – particularly pianists like Roosevelt Sykes, Speckled Red, Cow Cow Davenport and Leroy Carr –, men whose influence would always be present in the later career of the young John Len Chatman. Also present, although this time in his wallet, would be a yellowed photograph of his mother Ella; she died when he was two, leaving the youngster to be raised by his father. He spent more time in the club than at school, and by the time he was ten he was playing piano in the 99 Club as «Peter Jr.» When he became an adult, he called himself Peter Chatman after his father.

As was often the case among black people in those days, Peter Jr. (no doubt in around 1930) was entrusted into the care of his friend Roosevelt Sykes «to further his education», meaning not only in music but also in running his own affairs; to pay for his «education», Peter Chatman Jr. did the cleaning, washed clothes... and toured Tennessee, Arkansas, Mississippi, Missouri, even Florida. He and Sykes were seen in clubs, cafes, cinemas reserved for Blacks (playing behind silent movies or in the intermission), and labourers’ camps...

Peter soon left Roosevelt and took off on his own, first playing on the same «circuit», and then migrating to Chicago in ‘38 or ‘39, drawn by the attractions of the Windy City. He’d already acquired a certain celebrity thanks to Roosevelt Sykes who, like many other musicians visiting the 99 Club, spread the good word. In Big Bill Broonzy, Chatman Jr. found a mentor who opened doors for him, especially when Broonzy’s regular pianist Joshua Altheimer died and left the job vacant. Peter stepped in and found himself playing not only with Broonzy but also Tampa Red, Memphis Minnie (maybe a relation?) or Washboard Sam.

Lester Melrose, who was white, was then one of the foremost producers of Chicago blues, and he’d founded a music shop in 1922 due to his absorbing interest in black popular music and jazz, publishing compositions by King Oliver and Jelly Roll Morton. He was earning enough money to persuade himself that even more could be made by heeding the desires of the black ghetto, and he «discovered» Tampa Red, Broonzy and many others. In 1934 Melrose became a producer/agent/talent-scout for two record-labels, Columbia and Bluebird, and by the time war broke out Melrose had instigated some 90% of the blues records released by those labels. He also appropriated the copyrights of «his» artists while he was about it, admittedly modifying the songs and favouring jazzy, New Orleans or Swing arrangements. Chatman impressed him mightily, and his multiple music/business talents even made Melrose appoint him the manager of a building he owned on Indiana Avenue; Chatman lived there for free, and rented out rooms to many musicians who came to Chicago to record for Melrose.

In July 1940 Melrose decided to give Peter Chatman his chance; he also gave him the name Memphis Slim, a pseudonym which stayed until the end of his life, even when he’d gained several inches around the waist... Memphis Slim’s first records fitted the Bluebird Sound like a glove: he sang and played piano, accompanied by the eternal Washboard Sam, a bassist, and a harmonica-player who remains a mystery... Names put forward have included Rhythm Willie and Lee McCoy, but Memphis Slim, generally a reliable source, said the harmonica was played by a man called Blind, and that it was his only recording…

Those were the days when city-tastes were turning to singer-pianists like Big Maceo or Walter Davis, and Memphis Slim – he had no problem joining the trend – found himself in the studios a month later accompanied by just a bassist. Beer drinking woman and Grinder man blues, two of the titles recorded in that session, demonstrate his fluid, loose piano style at the time. Both tunes stayed in his repertoire.

War brought his promising career to a standstill. Slim escaped the draft – nobody knows why – and continued playing in the clubs. There was a shortage of raw materials, particularly the lacquers used to make records, and then came a recording-strike they called Petrillo’s ban (after American Federation of Musicians President James Caesar Petrillo, who was representing his syndicate’s concerns over the proliferation of jukeboxes...) Chances to record were extremely rare until 1944, and by then Memphis Slim had been almost completely forgotten. Without sales to keep them going, great record companies like Columbia, Bluebird and Decca became less interested in «ethnic» genres, leaving the field wide open for independents with good ears – and no bias – to change public tastes. As for Chicago blues, Blacks who streamed in from the Deep South looking for work wanted to get involved with revised versions of the rustic, stripped-down blues styles they had been exploiting back home: it explained the success of musicians like Muddy Waters or John Lee Hooker. But – a big «but» – there were many black artists in Chicago who were seduced by the R&B (born in Chicago and New York) played by singers whose manner was urban, singing clearly, shouting the blues with passion, and hitting boogie-woogie pieces with a hot rhythm from an ensemble of jazz musicians featuring a strong horn-section with a piano as their main solo instrument. Memphis Slim had never been a rural-bluesman: «I can’t really play country blues,» he would say later; «I never lived in the country.» He formed «Memphis Slim & His House Rockers», modelling the band on the groups behind Amos Milburn, Charles Brown or Joe Liggins; they were the biggest sellers of «black» records in the Forties.

The House Rockers were all youngsters revealed by Peter Chatman Sr. in Memphis: saxophonists like Ernest Cotton, bassists like Big Crawford… and Slim added a drummer in 1950 beginning with Oscar Larkin, Leon Hopper etc. As Slim said, «I’ve always had saxophonists... all of them from Memphis... I think it was that friendship which gave the House Rockers all their qualities: sound, feeling, incomparable efficiency... They certainly weren’t the greatest musicians in America in that period but each of them knew what the other was up to. We didn’t need to even look at each other.»

The band was, of course, dominated by its leader: the powerful, extrovert, «blues holler» voice reeled off blues tunes with elaborate texts where there was no discernible reference to rural preoccupations; southern slang-expressions disappeared, replaced by the words of the Chicago ghetto, and the piano was nimble, percussive and at the same time subtle, providing beautiful solos both on (numerous) slow blues tunes and also in quick-tempo numbers that got dancers moving in chic clubs. Memphis Slim’s style was the antithesis of what his comrades (and often friends) on the South Side were playing then: that Chicago blues which people today associate with Muddy Waters. Slim’s piano was more than «urban». It was by turns pompous, classy to the point of being «precious», a long way from the smell of burnt fat that still permeated the Chicago ghetto; his music, on the contrary, was often sweet, and you could feel it leaning towards the pop music played at the time. In short, Memphis Slim built himself a large audience in months, not years, and became a «name» in Chicago’s new Rhythm & Blues.

We’ve said he was a canny businessman; when he knocked on the doors of the new record-companies he knew what a contract was, but hadn’t forgotten how to lead a studio-session or, for that matter, take care of a band’s affairs and even run a label, as he did on several occasions. In 1946 he began his real American career, leading to hundreds of titles (for a «Who’s Who» of indies such as Hy Tone, Miracle, King, Chess, Vee Jay, Mercury, Peacock, Jewel…) including hits that were constantly snapped up from record-stores; Memphis Slim was in the charts for nine years...

Curiously enough, his most famous title Everyday I have the blues went unnoticed on its release in 1948. He recorded it as Nobody loves me in July 1947, a superb, medium-fast blues with lyrics and metaphors that spoke to black immigrants. It was picked up by Lowell Fulson in 1949 as Everyday I have the blues, and then in 1952 by Joe Williams (Joseph Goreed) with the band of King Kolax. The tune would be recorded by B.B. King, Elmore James, Ray Charles, Eric Clapton, Fleetwood Mac, Natalie Cole, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, Carlos Santana, Marshall Tucker, Tony Bennett... it became a standard. Although credited to «Peter Chatman» it was actually written by Aaron & Milton Sparks, bluesmen (brothers) from St. Louis who recorded their song in 1935. But even so, the new lyrics and arrangements were all Memphis Slim’s, who duly claimed to be the author. That’s the blues...
 
In 1951 Big Bill Broonzy asked Memphis Slim to go to Europe with him. Why would the pianist abandon stardom in the USA? Slim refused, and pianist Blind John Davis went instead. Unlike Broonzy, Slim was in phase with contemporary tastes, and when electric guitars invaded the scene in the Fifties he added one to the House Rockers, putting it in front of the line-up. In 1952, now under contract to United, Slim recorded one of his best moments. The reason for its excellence was largely due to M.T. Murphy, a young Memphis guitarist who’d played with Howlin’ Wolf and Junior Parker. Slim’s recordings were by now extremely modern (cf. CD2 in particular), with an eye open to rock & roll. For United, Slim often went back to his old hits and transformed them into new, more modern pieces, and this was an exercise where Murphy showed himself to be remarkable: con-cise, cutting, really bluesy, he was one of the best guitarists around. In 1958 they recorded one of the very first LPs in blues history, Memphis Slim at the Gate of the Horn. With three saxophones in the band, it was a summit in the pianist’s work and it drew attention from many jazz fans, the only people then buying 12” LPs. Murphy stayed with the House Rockers until 1961 (although returning to play with his former boss occasionally). He joined James Cotton, and then re-launched his own career with an appearance in the film The Blues Brothers…

By the end of the Fifties the scene had changed, however, and the blues – even in its modern, urban, House Rockers style – was slowly abandoned by traditional circuits turning to new black music-forms. Slim (painfully) disbanded his group for lack of gigs, finding it beyond his means to keep a regular outfit on the road. Taking the advice of Willie Dixon he moved to New York as a solo pianist. Curiously, some radio shows he had done for Alan Lomax over a decade previously – under the pseudonym «Leroy», he’d talked frankly about southern segregation, playing with Broonzy and John Lee Williamson – led him through the gates of the Newport Folk Festival in 1959, and he made many records playing folk pieces, not only for Folkways, Verve or Candid, but also for Bluesville, a Prestige affiliate producing essentially acoustic blues recordings. Suddenly, Slim was a mainstay of the New York folk scene, and he appeared in concerts with the likes of Bob Dylan or Joan Baez. At the turn of the decade, this unlikely folk adventure made Slim a success again, and he savoured a new career in a world he’d never imagined: «I realised then that this could be my destiny, too: to become a blues missionary, playing and preaching the blues to the whole world.»

His destiny as a «Blues Ambassador» led him to be part of the first American Folk Blues Festival in 1962, touring Europe along with Willie Dixon. Slim liked France so much that he married a Parisian lady named Christine Freys, whose father owned a jazz club in the capital. The Trois Mailletz club in the Latin Quarter became his second home – he even had a parking-space there for his Rolls Royce – and together with drummer Michel Denis he initiated a whole generation of students into the secrets of piano blues. He wrote some film-music, became friends with other exiles like Mickey Baker, and went back to Chicago – in spirit, if not physically – by recording a remarkable Barclay album called Southside Reunion with Buddy Guy and Junior Wells who were passing through town…
America still beckoned: he went back several times, not really for professional reasons, but just to see how far the country had advanced in the struggle against segregation. He played here and there, of course, and finally the American public realised that one of its most prominent bluesmen had been forced into exile. Memphis welcomed his return like that of the Prodigal Son: he was made an Honorary Citizen by Mayor Dan Hackett, and February 4th was officially renamed «Memphis Slim Tribute Day»!

Peter Chatman passed away on February 24th 1988 in Paris; he’d been ill since 1980 and his kidneys finally gave out. In accordance with his wishes, his body was laid to rest in Galilee Memorial Gardens in Memphis.
Gérard HERZHAFT
Author of «La Grande Encyclopédie du Blues», publ. Fayard
© Frémeaux & Associés


CD 1 : FROM MEMPHIS TO CHICAGO
Memphis Slim, vcl/pno; hca; Leroy Batchelor, bs; Washboard Sam, wbd. Chicago, Ill. 2 august 1940
1. Diggin’ my potatoes (2’53) (Robert Brown)
2. The jive blues (2’48)
3. Last pair of shoes blues (2’59)
4. Blue evening blues
Memphis Slim, vcl/pno; Leroy Batchelor, bs. Chicago, Ill. 30 october 1940
5. Shelby county blues (2’58)
Memphis Slim, vcl/pno; Alex Atkins, a-sax; Ernest Cotton, t-sax; Big Crawford, bs. Chicago, Ill. december 1946
6. Rockin’ the house (2’49)
7. Lend me your love (3’00)
Memphis Slim, vcl/pno; Alex Atkins, a-sax; Ernest Cotton, t-sax; Charles Jenkins, bs. Chicago, Ill; february 1947
8. Pacemaker boogie (2’50)
Memphis Slim, vcl/pno; Alex Atkins, a-sax; Ernest Cotton, t-sax; Big Crawford, bs. Chicago, Ill. july 1947
9. Nobody loves me (Everyday I have the blues) (2’49) (Melvin & Aaron Sparks)
10. Angel child (2’54) (Blind Lemon Jefferson/ Peter Chatman)
Memphis Slim, vcl/pno; Alex Atkins, s-sax; Ernest Cotton, t-sax; Big Crawford, bs. Chicago, Ill. november 1947
11. Midnight jump (2’51)
Memphis Slim, vcl/pno; Alex Atkins, a-sax; Timothy Overton, t-sax; Alfred Elkins, bs; Leon Hopper, dms. Chicago, Ill. march 1950
12. Slim’s boogie n°2 (2’46)
13. Having fun (2’26)
14. Marack (2’36)
15. Reverend bounce (2’41)
Memphis Slim, vcl/pno; Purcell Bruckenburgh, t-sax; Neil Green, t-sax; Ransom Knowling, bs; Oscar Larkin, dms. Chicago, Ill. 10 september 1951
16. Train is coming (2’48)
Memphis Slim, vcl/pno; Nelson Berry, t-sax; Neil Green, t-sax; Henry Taylor, bs; Oscar Larkin, dms. Chicago, Ill. 16 november 1951
17. No mail blues (2’48)
18. You’re gonna need my help someday (2’52)
Memphis Slim, vcl/pno; Charles Ferguson, t-sax; Neil Green, t-sax; Henry Taylor, bs; Otho Allen, dms. Cleveland, Oh. november 1951
19. Tia Juana (2’54)
20. Rocking the pad (2’38)

CD 2 : MEMPHIS SLIM USA  
Memphis Slim, vcl/pno; M.T. Murphy, g; Purcell Brockenburgh, t-sax; Neil Green, t-sax; Henry Taylor, bs; Otho Allen, dms. Chicago, Ill. 26 november 1952
1. Living the life I love (2’46)
Memphis Slim, vcl/pno; M.T. Murphy, g; Neil Green, t-sax; Ernest Cotton, t-sax; Curtis Mosley, bs; Otho Allen, dms. Chicago, Ill. 30 july 1953
2. The come back (2’32)
3. Five o’clock blues (2’45)
4. I love my baby (2’58)
Memphis Slim, vcl/pno; M.T. Murphy, g; Neil Green, t-sax; Jim Conley, t-sax; Henry Taylor, bs; Otho Allen, dms. Chicago, Ill. 16 march 1954
5. Four years of tourment (2’53)
Memphis Slim, vcl/pno; M.T. Murphy, g; Neil Green, t-sax; Jim Conley, t-sax; Henry Taylor, bs; Otho Allen, dms. Chicago, Ill. 29 september 1954
6. Blue and lonesome (2’48)
7. Memphis Slim USA (2’50)
8. Two of a kind (2’31)
Memphis Slim, vcl/pno; M.T. Murphy, g; John Calvin, a-sax; Sam Chatman, bs; Billie Stepney, dms. Chicago, Ill. 8 january 1958
9. What’s the matter? (2’22)
Memphis Slim, vcl/pno; M.T. Murphy, g; Alex Atkins, a-sax; Ernest Cotton, t-sax; John Calvin, t-sax; Sam Chatman, bs; Billie Stepney, dms. Chicago, ill. 18 august 1959
10. Messin’ around (3’06)
11. The comeback (2’14)
12. Wish me well (2’41)
13. Gotta find my baby (2’19) (Peter Clayton)
14. Sassy Mae (2’42)
15. Rockin’ the house (2’04)
16. Steppin’ out (2’)
17. Mother earth (3’31)
Memphis Slim, vcl/pno; Willie Dixon, bs. New York City, december 1959
18. Joggie boogie (3’25)
Memphis Slim, vcl/pno. New York City, december 1959
19. The bells (2’35) (Will Ezell)
20. San Juan blues (2’21)

CD 3 : EXILE TO EUROPE
Memphis Slim, vcl/pno; Lafayette Thomas, g; Wendell Marshall, bs. New York City, 26 april 1960
1. Raining the blues (3’51)
2. Baby doll (2’14)
3. Rack’em Jack (2’35)
4. Lucille (2’21)
5. Don’t think you’re so smart (3’38)
Memphis Slim, vcl/pno; Alexis Koerner, g; Stan Greig, dms. London, UK. 26 april 1960
6. Caught the old coon at last (3’25)
7. Pinetop’s blues (3’01) (Clarence Smith)
Memphis Slim, vcl/pno; Buster Brown, hca. New York City, 15 november 1960
8. Angel child (3’13) (Blind Lemon Jefferson/ Peter Chatman)
Memphis Slim, vcl/pno. New York City, 15 november 1960
9. Lonesome traveler (2’51)
10. Hey Slim (4’20)
Memphis Slim, vcl/pno; M.T. Murphy, g; John Calvin, a-sax; John Board, t-sax; Sam Chatman, t-sax; Billie Stepney, dms. Chicago, Ill. 12 february 1961
11. Lonesome (2’22)
12. Cold blooded woman (3’32)
13. One man’s mad (2’45)
14. Big Bertha (2’04)
Memphis Slim, vcl/pno; Muddy Waters, g; Ransom Knowling, bs; Francis Clay, dms. New York City, 28 february 1961
15. How long blues (2’21) (Leroy Carr)
16. Love my baby (2’51)
17. When the sun goes down (3’35) (Leroy Carr)
18. Someday baby (3’) (Sleepy John Estes)
Memphis Slim, vcl/pno. London, UK. 17 april 1961
19. Highway 51 (4’13) (Curtis Jones)
20. Sitting on top of the world (3’35)
(Lonnie & Bo Chatmon/ Walter Vincson)

Tous les titres composés par Peter Chatman sauf lorsque indiqués autrement



« Memphis Slim, nommé à titre posthume au Blues Hall of Fame, a été une référence incontournable de la scène Blues mais a également notablement influencé des artistes Rock ‘n’ Roll et Folk. Cette anthologie offre une sélection des meilleurs moments de sa vaste œuvre enregistrée entre 1940 et 1961 en trois CD exprimant la diversité du pianiste : des premières pièces encore ancrées dans le Bluebird blues d’avant-guerre jusqu’aux débuts du folksinger en s’attardant, bien sûr, sur les disques destinés à l’origine au public noir américain et qui sont devenus des classiques repris d’innombrables fois. »
Gérard Herzhaft

“Memphis Slim only obtained his seat in the Blues Hall of Fame after his death, but he was an unavoidable reference on the blues scene, and a major influence on many rock ‘n’ roll and folk artists. This anthology contains his best moments on record between 1940 & 1961 in a 3CD set showing all the diversity of this great pianist, from his first pieces, still anchored in pre-war Bluebird blues, to his debuts as a folksinger, not forgetting the many titles he originally recorded for a black audience which became classics in countless versions by Slim and other artists.”
Gérard Herzhaft

CD MEMPHIS SLIM PIANO BLUES SUPREME 1940-1961, MEMPHIS SLIM © Frémeaux & Associés 2012 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 Diggin' My Potatoes - Memphis Slim 02'54
 
02 The Jives Blues - Memphis Slim 02'49
 
03 Last Pair Of Shoes Blues - Memphis Slim 02'59
 
04 Blues Evening Blues - Memphis Slim 02'49
 
05 Shelby County Blues - Memphis Slim 02'58
 
06 Rockin' The House - Memphis Slim 02'48
 
07 Lend Me Your Love - Memphis Slim 03'00
 
08 Pacemaker Boogie - Memphis Slim 02'52
 
09 Nobody Loves Me - Memphis Slim 02'50
 
10 Angel Child - Memphis Slim 02'55
 
11 Midnight Jump - Memphis Slim 02'51
 
12 Slim's Boogie N°2 - Memphis Slim 02'46
 
13 Having Fun - Memphis Slim 02'27
 
14 Marack - Memphis Slim 02'36
 
15 Reverend Bounce - Memphis Slim 02'42
 
16 Train is Coming - Memphis Slim 02'48
 
17 No Mail Blues - Memphis Slim 02'49
 
18 You're Gonna Need My Help Someday - Memphis Slim 02'53
 
19 Tia Juana - Memphis Slim 02'55
 
20 Rocking The Pad - Memphis Slim 02'38
CD 2
 
01 Living The Life I Love - Memphis Slim 02'48
 
02 The Come Back - Memphis Slim 02'33
 
03 Five O'Clock Blues - Memphis Slim 02'46
 
04 I Love My Baby - Memphis Slim 02'59
 
05 Four Years Of Tourment - Memphis Slim 02'58
 
06 Blue And Lonesome - Memphis Slim 02'56
 
07 Memphis Slim Usa - Memphis Slim 02'57
 
08 Two Of A Kind - Memphis Slim 02'38
 
09 Whats The Matter - Memphis Slim 02'26
 
10 Messin' Around - Memphis Slim 03'11
 
11 The Comeback - Memphis Slim 02'18
 
12 Wish Me Well - Memphis Slim 02'46
 
13 Gotta Find My Baby - Memphis Slim 02'22
 
14 Sassy Mae - Memphis Slim 02'50
 
15 Rockin' The House - Memphis Slim 02'07
 
16 Steppin Out - Memphis Slim 02'03
 
17 Mother Earth - Memphis Slim 03'37
 
18 Joggie Boogie - Memphis Slim 03'27
 
19 The Bells - Memphis Slim 02'37
 
20 San Juan Blues - Memphis Slim 02'21
CD 3
 
01 Raining The Blues - Memphis Slim 03'49
 
02 Baby Doll - Memphis Slim 02'12
 
03 Rack'em Jack - Memphis Slim 02'33
 
04 Lucille - Memphis Slim 02'18
 
05 Don't Think You're So Smart - Memphis Slim 03'36
 
06 Caught The Old Coon At Last - Memphis Slim 03'26
 
07 Pinetop's Blues - Memphis Slim 03'02
 
08 Angel Child 2 - Memphis Slim 03'10
 
09 Lonesome Traveler - Memphis Slim 02'49
 
10 Hey Slim - Memphis Slim 04'18
 
11 Lonesome - Memphis Slim 02'28
 
12 Cold Blooded Woman - Memphis Slim 03'39
 
13 One Man's Mad - Memphis Slim 02'52
 
14 Big Bertha - Memphis Slim 02'09
 
15 How Long Blues - Memphis Slim 02'21
 
16 Love My Baby - Memphis Slim 02'52
 
17 When The Sun Goes Down - Memphis Slim 03'37
 
18 Someday Baby - Memphis Slim 03'01
 
19 Highway 51 - Memphis Slim 04'16
 
20 Sitting On Top Of The World - Memphis Slim 03'38
« Un blues vibrant et intense » par Blues & Co

« De ses longs doigts légèrement recourbés, ce pianiste raffiné et puissant s’exprime avec assurance, aussi bien,  sur des rythmes endiablés que sur des mélodies aux  touches caressantes. Celui qui a fait son apprentissage sous l’influence de son mentor Roosevelt Sykes chante d’une voix ferme et puissante un blues vibrant et intense. Aux antipodes d’un blues rural, le natif de Memphis fera partie de la première cuvée de l’American folk blues festival en 1962 avec Sonny Boy Williamson, Lonnie Johnson, Muddy Waters et Otis Spann, sans oublier Willie Dixon qui le rejoindra pour faire les beaux jours de  St Germain des Près à Paris dans les années 60. J’ai eu cette chance de voir ce brillant pianiste deux fois aux « Trois Mailletz » dans le quartier latin. C’est dans cette petite salle ne pouvant accueillir qu’une poignée de privilégiés que j’ai connu les meilleures vibrations offertes non seulement par Memphis Slim , mais aussi par T.Bone Walker , Roosevelt Sykes……Fidèle à son image de qualité,  Frémeaux et Associés et son grand spécialiste Gérard Herzhaft qui argumente avec sérieux les qualités de l’artiste, nous propose ce coffret constitué de trois CD’s  incontournables pour les collectionneurs mais aussi pour ceux qui souhaitent découvrir cette musique bouleversante de chaleur et d’émotions. Le contenu musical retrace les meilleurs moments enregistrés entre 1940 et 1961. Dans le premier CD qui débute dans un style classique (année 40) l’ambiance plutôt   jazzy apparait dès la sixième plage avec l’arrivée de deux saxophonistes ( Alex Atkins et Ernest Cotton).  Vous retrouverez « Nobody loves me » transformé en « Everyday I Have the blues » datant de juillet 1947 qui sera repris plus tard par  B.B. King, Ray Charles, Eric Clapton…la deuxième galette  qui recouvre l’ensemble des années 50 a pour intérêt supplémentaire la participation de  l’étincelant Matthew « guitar » Murphy et ces petites perles : « Wish me well » , « Rockin house »…. Enfin le dernier disque voit l’apparition du british Alexis Korner à la guitare et surtout la participation du grand  Muddy Waters sur quatre titres enregistrés à New York le 28 février 1961. Un vrai régal ! »
Par Bruno MARIE – BLUES & CO





« Un panorama complet du génie d’un pianiste et chanteur parfois injustement décrié » par Jazz News

« La production pléthorique de celui qui a largement contribué à la popularisation du blues en France s’inscrit dans une telle diversité, il fallait le talent du musicologue Gérard Herzhaft pour donner une unité à un corpus aussi riche. Du son Bluebird d’avant-guerre au blues touristique réservé au néophytes européens en passant par le rhythm ‘n’ blues et le folk blues new-yorkais, ce triple album dresse un panorama complet du génie d’un pianiste et chanteur parfois injustement décrié. »
Par JAZZ NEWS




« La meilleure sélection actuellement disponible » par Soul Bag

Dès les premières lignes des notes du livret dont il est l’auteur, Gérard Herzhaft révèle que Memphis Slim est « aujourd’hui quelques peu oublié au panthéon des bluesmen ». Cette anthologie magistrale de trois CDs rend donc justice à un artiste pourtant essentiel qui a vécu ses vingt-six dernières années à Paris (1962-1988), et s’articule autour de ses trois périodes les plus riches artistiquement. La première (1940-51) évoque les débuts et le Bluebird Sound (du nom de label de Lester Melrose), ce son alors si nouveau avec les premiers groupes d’un blues de Chicago qui s’urbanise rapidement. Slim apparaît entre autres aux côtés de très prolifique Washboard Sam (quatre titres dont l’irrésistible Diggin’ my patatoes en ouverture), mais ce sont les saxophonistes, dont ici Alex Atkins et Ernest Cotton, qui vont donner à sa musique sa couleur et sa saveur caractéristiques. Si le jeu de piano du maître est déjà parfaitement en place, sa voix (et Memphis Slim est un très beau chanteur, il faut le rappeler) exprime vraiment son caractère et son émotion à partir de la seconde moitié des années 1940, voir seulement Nobody loves me (le futur Everyday I have the blues !) et Angel child… Sommet absolu, le deuxième CD (1952-1959) le voit probablement à l’apogée de son art, toujours soutenu par d’impeccables formations cuivrées mais également par un jeune guitariste époustouflant, Matt « Guitar » Murphy. Quant au troisième disque, il reste de très haut niveau mais ne porte que sur les années 1960-1961, avec les premières sessions en Europe et des accompagnateurs cette fois issus de différentes écoles et parfois inattendus, comme Alexis Korner et Muddy Waters aux guitares ou Buster Brown à l’harmonica. Sans doute la meilleure sélection actuellement disponible concernant Memphis Slim. Daniel LEON – SOUL BAG




« Indispensable » par Blues Magazine

« Cette anthologie, dûment compilée par Gérard Herzhaft qui signe, comme d’habitude, un remarquable livret, tombe à pic pour rappeler à notre bon  souvenir un pianiste / chanteur passablement tombé dans l’oubli. Sur cette trilogie, on trouve les meilleurs moments, entre 1940 et 1961, de la longue carrière de Memphis, illustrant ses diverses facettes qui ont bien sûr marqué la scène Blues, mais ont aussi influencé des artistes Rock‘n Roll et Folk. Ceci fait que l’écoute n’est jamais lassante, même lorsque le rythme est plus lent et ça balance sérieusement sur certains morceaux, Love My Baby par exemple. Indispensable. Cela m’aura permis de me remémorer mon unique rencontre avec Memphis, un été du milieu des années 1960, aux Sables d’Olonne, la première avec un artiste US, qui m’avait permis de constater que les Ricains étaient bien plus abordables que les vedettes hexagonales et d’être impressionné par des doigts qui me semblaient retroussés à force de marteler les touches. »
Par Bernard BOYAT – BLUES MAGAZINE





« L’ambassadeur du blues » par Le Cri du Coyote

Cette anthologie, dûment concoctée par le maestro Gérard Herzhaft qui signe, comme d’habitude, un livret riche en enseignements, tombe à pic pour rappeler à notre bon souvenir un pianiste/chanteur un peu tombé dans l’oubli. Gérard a sélectionné les meilleurs moments, entre 1940 et 1961, de la longue carrière de Memphis, sur 3CDs qui montrent bien ses diverses facettes, qui ont, bien sûr, marqué la scène blues mais ont aussi influencé des artistes R’n’R et folk. Ceci fait que l’écoute n’est jamais lassante, même lorsque le rythme est plus lent et ça balance sérieusement sur certains morceaux (ex. Love my baby). – GH
La lecture du livret a ravivé quelques souvenirs parfois un peu vagues, et l’écoute du coffret a confirmé l’importance de ce musicien, non seulement dans l’histoire générale de la musique, mais surtout, pour nous, parce que Memphis Slim fut un de ces artistes qui firent le lien , directement, par leur présence, entre les USA et notre pays. Né dans un milieu musical (son père musicien tient un club à Memphis) il n’a rien du « pauvre Noir rural » des clichés « blueseux ». Il perfectionne son apprentissage Avec Roosevelt Sykes, tourne abondamment dans le Sud part seul à Chicago à la fin des 30’s où il rejoint Big Bill Bronzy. « Peter Chapman » devient Memphis Slim grâce au producteur Lester Melrose qui l’enregistre dès 1940. Avec ses HouseRockers, il développe une forme urbaine et stylée de blues (avec sax, batterie) qu’on connaîtra sous l’appellation « rhythm & blues ». Memphis suit l’évolution musicale, intègre la guitare électrique (MT Murphy) qui embrasse alors le rock’n’roll. Puis il part à New York, dans la mouvance « folk », avec Bob Dylan, Joan Baez, et une première tournée en Europe. En 1962 il devient « ambassadeur » du blues, épouse Christine et s’installe à Paris. Ceci n’est qu’un aperçu du livret ! Reste aussi à écouter la virtuosité de ce pianiste sur 60 titres répartis en 3 périodes, reprennent l’essentiel, de Memphis à Chicago, puis Memphis Slim USA, et la période européenne, avec un nombre impressionnant de compositions. JB – LE CRI DU COYOTE






« Indispensable » Par Sur la route de Memphis

« Concoctée de main de maître par Gérard Herzhaft, qui signe aussi un livret des plus intéressants, cette anthologie de 3 CD’s offre une sélection des meilleurs moments (entre 1940 et 1961) de la longue carrière d’un pianiste / chanteur, hélas souvent oublié de nos jours. Pourtant, Memphis a influencé nombre de pianistes de boogie, d’interprètes de blues, voire de rock’n’roll. Indispensable donc.
Par Bernard BOYAT – SUR LA ROUTE DE MEMPHIS





« Une impeccable sélection de Gérard Herzhaft » par Jazz Mag – Jazz Man.

Ses premières faces de 1940 montrent un musicien prisonnier du carcan du « Blue-bird Sound » imposé par le producteur Lester Melrose, mais dont Memphis Slim s’affranchit dès 1946 en passant sur les labels indépendants qui prospèrent. Sa voix s’affirme, le boogie-woogie aussi, l’interaction du piano et de la contrebasse slappée fait merveille et la présence de saxophonistes donne un vernis rhythm and blues emprunté à la côte Ouest. Dès le début des années 1950, Slim, en phase avec son époque, s’attache les services de Matt Murphy, jeune prodige de la guitare alors inconnu qui va donner une expressivité nouvelle à sa musique. Les années 60 venues, sans rien renier, il se tourne vers le public du « blues revival » new-yorkais ou anglais, plus avide d’albums que de 45 tours. C’est ce parcours que retrace l’impeccable sélection de Gérard Herzhaft qui s’écoute avec un intérêt constant. Entre morceaux de bravoure pianistique, chant habité et solos de guitare brillants, on apprécie quelques pièces devenues « classiques », comme ce « Nobody Loves You » passé inaperçu en 1947 avant de devenir le « Everyday I Have The Blues » de Lowell Fulson, Joe Williams et tant d’autres. La compilation s’arrête au moment où Memphis Slim choisit de venir s’installer à Paris et qu’une autre histoire commence.
Par Jacques PERIN- JAZZ MAG - JAZZMAN




« Le talent de Slim au top » par ABS Magazine

Le come back : ce coffret de 3 cds (60 faces) est sans doute le signe d’un retour en grâce de ce chanteur / pianiste de génie qui s’installa en France au début des années 60 et finit par lasser ses auditoires européens non seulement par la fréquence exagérée de ses prestations mais aussi parce qu’il en était arrivé à toujours ressasser les mêmes morceaux. A la mort en 1988 de Peter  « Memphis Slim » Chatman, ses nombreux enregistrements tombèrent dans l’oubli – sauf pour une poignée d’inconditionnels – mais cette traversée de désert semble arriver à son terme, il était temps. Ces 60 morceaux judicieusement sélectionnés par Gérard Herzhaft lui rendent enfin justice, chaque disque couvre une période différente de la longue carrière de Memphis Slim. Le premier, « From Memphis to Chicago » (1940-1951), présente d’abord Chatman à Chicago dans l’équipe Bluebird de Lester Melrose, avec Washboard Sam et consorts, puis dans une formule avec cuivres qui va lui permettre de passer haut la main dans un Chicago blues plus moderne, celui des années postérieures à la deuxième guerre mondiale qui envoie aux oubliettes les vieux styles à la Bluebird. Avec ses Houserockers, Chatman va graver quelques faces entre r&b et jazz moderne qui ont brillamment franchi l’épreuve du temps comme « Midnight Jump » (be bop à fond), « Nobody loves me » (version 1947 de « Everyday I have the blues », la meilleure), « Rockin’ the house », « No mail blues » ou « Tia Juana » syncopé, teinté de habanera, etc. A partir de 1952, nouveau tournant dans les goûts musicaux des Noirs Américains et émergence du rock and roll, Memphis Slim s’y adapte parfaitement, sans renier ses racines, avec un r&b très populaire, sujet du disque n°2 « Memphis Slim USA » (1952-1959) mais, de même que la présence soutenue des souffleurs, l’arrivée du guitariste Matt Murphy dès 1952 est aussi un élément déterminant dans le succès phénoménal que Memphis Slim et son band vont connaître tout au long des années 50. Murphy est un virtuose bourré de talent qui transcende un nombre incroyable de faces comme « I love my baby », « Blue and lonesome », « What’s the matter » et bien d’autres encore (comme les 8 faces de la séance du 8 août 1959 à Chicago, toutes absolument superbes, mais surtout « Wish me well » et « Gotta find my baby… »). A ce stade, Chatman, vedette incontestée du blues, se sent parfaitement à l’aise chez lui en Amérique et n’envisage pas du tout une carrière en Europe, mais sa présence au sein des American Folk Blues Festivals de 1962 et 1963, avec Willie Dixon (et Matt Murphy !) ainsi que le succès des tournées, comme le respect et l’enthousiasme des foules européennes vont le faire changer d’avis, son installation à Paris est le thème du 3ème disque « Exile to Europe » (1960-1961) ; Memphis Slim enchaîne les enregistrements en France mais aussi aux USA dont il garde la nostalgie, soit en solo, soit avec des partenaires de circonstance, car Matt Murphy a rejoint James Cotton puis entamé une carrière solo qui le conduira, entre autre, à apparaître dans le film The Blues Brothers (1980). Il retrouvera encore Memphis Slim en 1961 pour quelques faces gravées à Chicago dont un très beau « Lonesome ». Pour le reste, il y aura des faces gravées à Londres en 1960 avec Alexis Koerner (très discret), d’autres à New York, en 1960 toujours, avec Lafayette Thomas, un guitariste surdoué dont il existe trop peu d’enregistrements pour se passer des 5 faces reprises ici dont « Raining the blues », « Baby doll », etc, et en 1961 avec Muddy Waters (super discret). Ensuite, la carrière de Memphis Slim suivra son cours, même si elle s’enlise dans une routine où sa créativité se réduit comme peau de chagrin. Bref, la période choisie par Gérard Herzhaft est assurément celle ou le talent de Slim est au top, il est mis en valeur et le plaisir d’écoute des 60 morceaux est garanti.
Par Robert SACRE - ABS MAGAZINE




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