LOUIS JORDAN - Rhythm and Blues

LOUIS JORDAN 1938 - 1950

Plus de détails

Livret : 32 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5017

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+3 pts fidélité


Louis Jordan a créé une musique festive au cachet unique qui représente la quintessence du Rhythm and Blues.
Alain Tomas

Les coffrets « The Quintessence » jazz et blues, reconnus pour leur qualité dans le monde entier, font l’objet des meilleurs transferts analogiques à partir des disques sources, et d’une restauration numérique utilisant les technologies les plus sophistiquées sans jamais recourir à une modification du son d’origine qui nuirait à l’exhaustivité des informations sonores, à la dynamique et la cohérence de l’acoustique, et à l’authenticité de l’enregistrement original. Chaque ouvrage sonore de la marque « Frémeaux & Associés » est accompagné d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. 
Collection sous la direction de Gérard Herzhaft et Patrick Frémeaux, Editorialisation par Claude Colombini. 

Frémeaux & Associés’ « Quintessence » products have undergone an analogical and digital restoration process which is recognized throughout the world. Each 2 CD set edition includes liner notes in English as well as a guarantee.

Droits d'éditorialisation : Groupe Frémeaux Colombini SAS."
MANUEL PIZARRO 1924-1950 FA 5019

MANUEL PIZARRO
1924-1950         

ARGENTINA IN PARIS MANUEL PIZARRO








Nous ne retracerons pas ici la naissance et la formation du Tango dans les pays du Rio de la Plata à la fin du 19e siècle, pas plus que l’arrivée des premiers musiciens argentins et uruguayens, peu avant la première guerre mondiale, dans notre pays, ni même l’émergence des musiciens français qui ont adopté cette musique, ceci ayant déjà fait l’objet du double C.D. Le Tango à Paris - Frémeaux FA 012, paru il y a quelques années déjà. Nous allons dans cette série dont le premier volume est dédié à Manuel PIZARRO tenter de retracer l’histoire des musiciens et des orchestres argentins qui ont fait, soit toute leur carrière, soit tout au moins, des séjours prolongés en France. Il est honnête de préciser que la plupart des orchestres argentins qui se produisaient dans notre pays n’étaient pas composés uniquement de musiciens originaires des Pays de la Plata, il y avait souvent en leur sein quelques musisiens français ou originaires d’autres pays d’Europe, mais, en tout cas pour ceux qui feront l’objet de ces rééditions, leur directeur est toujours un authentique argentin. Les conventions imposées par le Syndicat des Musiciens obligeaient la présence de musiciens français. Une certaine loi du 11 août 1926 limitait dans le domaine de la musique aussi, l’emploi de la main d’œuvre étrangère. La revue JAZZ TANGO DANCING donne dans les pages d’un de ses numéros une liste exhaustive des orchestres de danse officiant dans la capitale et en dénombre les musiciens français et étrangers. Elle déplore même le nombre trop élevé, à son avis, de ces derniers. Elle nous apprend, par exemple, que dans l’orchestre se produisant au SEVILLA il y a dans la formation un français et quatre étrangers et que dans celui jouant à l’EMBASSY que tous les musiciens sont étrangers, ceci en l’année 1931.

Nous avons choisi ces deux établissements car ce sont précisément des formations de PIZARRO qui s’y produisent. Le revue conclut, amèrement, que dans les 47 orchestres étrangers jouant dans la capitale il y a seulement 21 musiciens français pour 246 étrangers, et dans ceux dits – français – (21), 42 étrangers et 83 français. Cette loi qui semble en fin de compte assez peu respectée, nous donne en même temps l’explication de l’étonnant déguisement en “gauchos de la Pampa” dans lequel officiaient les orchestres de Tango, alors qu’au grand jamais les gauchos n’ont joué ce type de musique. Le Tango est une danse urbaine. En les travestissant ainsi, on faisait passer les formations argentines pour des orchestres attractifs et non pas de danse, la loi était habilement contournée. En Argentine les musiciens de ces orchestres se produisaient plutôt en smoking. Manuel PIZARRO fait partie de la deuxième vague de “tangueros“ argentins qui allaient conquérir la gloire en France et surtout à Paris, après la première guerre mondiale. Il en est même un des pionniers. Il débarque à Marseille du paquebot Garonne en compagnie d’un autre bandonéoniste talentueux GENARO ESPOSITO – nous parlerons plus longuement de ce dernier dans un prochain volume de cette série – en 1920, en provenance directe de Buenos-Aires. Tous deux ont été recrutés par un habile et avisé imprésario marseillais, Monsieur LOMBARD qui, avec ses frères, organisait des tournées et possédait aussi bien en Argentine qu’en France de nombreux établissements de plaisirs. PIZARRO et TANO GENARO ont été engagés pour se produire au cabaret TABARIS de la cité phocéenne. Ils y rencontrent immédiatement un franc succès aussi bien musical que sentimental auprès des sémillantes marseillaises. Mais le rusé Monsieur LOMBARD leur a fait signer un contrat plus que léonin et le cachet qu’ils touchent leur permet tout juste de ne pas mourir de faim.

PIZARRO plus volontaire et pugnace que son ami GENARO, pourtant son aîné d’une dizaine d’années, décide d’abandonner LOMBARD et ses contrats fallacieux et de tenter l’aventure à Paris. Si le succès est au rendez-vous, il fera signe à TANO GENARO de le rejoindre. Lorsqu’il arrive en France, PIZARRO, qui est alors âgé de 25 ans, n’est pas un débutant, tant s’en faut. Né le 23 novembre 1895 dans “l’arrabal” (quartier) populaire d’El Abasto, celui où l’inoubliable CARLOS GARDEL passe lui aussi toute son enfance, il s’est mis très tôt au bandonéon, il a déja joué auprès d’un des plus grands maître de ce diabolique instrument, Juan MAGLIO “PACHO” dont les disques enregistrés par la marque COLUMBIA ARGENTINE, ornés de son portrait, se vendaient “como pan caliente” – comme des petits pains – dans les années 1910-1920. Il a également fait partie des formations de Luis BOSSI, d’Ernesto “El Pibe” PONZIO, du légendaire Eduardo AROLAS “El Tigre del Bandoneon” et a enregistré aux côtés de ceux-ci pour les mythiques marques argentines ATLANTA et TELE-PHONE. C’est donc un musicien chevronné et plein d’ambition qui nous arrive et l’on comprend aisément que les rôles de second plan au cabaret TABARIS de Marseille ne peuvent lui convenir longtemps. Dès son arrivée à Paris, Manuel PIZARRO se rend à l’hôtel Pigalle au numéro 55 de la rue du même nom et y retrouve quelques musiciens argentins, le violoniste Pepe SCHIUTTO, le bandonéoniste Carlos Guerino FILIPOTTO et le pianiste Celestino FERRER, déjà ins­tallés dans la capitale. Au reçu d’un télégramme de son ami PIZARRO, TANO GENARO accourt lui aussi à Paris, et le petit groupe avec l’aide de quelques musiciens français organise illico l’orchestre GENARO PIZARRO qui débute le 24 juin 1921 au PAVILLON DAUPHINE, puis se produit au SANS-SOUCI 17, rue Caumartin.

Cette formation dure à peine un an, puis se sépare sans avoir, hélas; jamais enregistré de disque. PIZARRO, qui à Paris fréquente l’élite de la jeunesse dorée, “porteña” qui vient y dépenser les sommes fabuleuses gagnées pendant la Grande Guerre, alors que l’Argentine fournissait en viande et céréales les pays belligérants et s’enrichissait aux dépends de ces derniers, est présenté au célèbris­sime Monsieur VOLTERRA, le pape des plaisirs dans notre capitale. Celui-ci qui sait combien la clien­tèle des richissimes argentins est précieuse, propose à Manuel PIZARRO de monter une nouvelle formation de Tango et de se produire dans un de ses cabarets, le PRINCESSE, situé au 6 de la rue Fontaine à Pigalle. PIZARRO saisit au vol l’opportunité, il forme avec ses amis musiciens déjà cités, FILIPOTTO, FERRER, SCHIUTTO et TANO GENARO, ce dernier pour très peu de temps seu­lement, il aura bientôt sa propre formation, un excellent orchestre qui débute aussitôt au PRINCESSE, rebaptisé pour l’occasion d’un nom à consonnance argentine : EL GARRÓN. C’est paraît-il VOLTERRA qui aurait eu l’idée étrange, mais ingénieuse et qui fera florès par la suite, pour contourner les fameux règlements du Syndicat des Musiciens dont nous avons parlé plus haut, de déguiser PIZARRO et ses musiciens en Gauchos de la Pampa. Le début est un succès éclatant, les spectateurs sont envoûtés par le rythme ensorcelant du Tango. Le tout premier exécuté au GARRON, aurait paraît-il été la célèbre composition de Rosendo MENDI­ZABAL, El Entrerriano. Le public est charmé, il applaudit à grand bruit les musiciens, mais, et voilà le “hic”, per­sonne ne s’aventure sur la piste de danse. Les parisiens n’osent se risquer aux pas et aux figures si compliquées du vrai Tango argentin, les argentins, par discrétion envers leurs hôtes, ne dansent pas eux non plus.

PIZARRO est soucieux de cet état de chose, le Tango, tout au moins à cette époque est fait pour être dansé, ce n’est pas en­core, comme trop souvent aujourd’hui, un rythme de concert ou de show. Le petit miracle qui amènera les danseurs sur la piste a lieu, selon ce que racontent certains témoins de l’époque, qui prétendent avoir as­sisté à la scène, quelques jours après l’ouverture du GARRÓN. Il mérite d’être raconté, même s’il n’est peut être qu’une légende. Dans l’assistance de ce soir-là, PIZARRO remarque la présence de la grande vedette du ci­néma muet, Rudolph VALENTINO, accompagné de sa partenaire Jean ACKER. Il leur demande de bien vouloir effectuer une démonstration de Tango. VALEN­TINO accepte, et s’élance sur la piste avec sa compagne et c’est, paraît-il aux accents de El Choclo, l’inoubliable compo­sition d’Angel VIL­LOLDO, que tous deux exécutent devant un public admiratif, la démonstration de­mandée. Ce ne sont pas, à proprement parler, les pas du véritable Tango argentin qui sont présentés, mais une élégante et communi­cative parodie à la mode hollywodienne, exécutée toutefois avec beaucoup de grâce et de charme. Qu’à cela ne tienne; enthousiasmée, l’assistance se risque à son tour en masse sur la piste de danse. PIZARRO a gagné son pari, on danse et ce pour toujours, semble-t-il le Tango à Paris.Le succès est foudroyant, EL GARRÓN ne désemplit plus et devient avec son alter-ego LE PALERMO installé au rez-de-chaussée du même immeuble, pour des décennies la Mecque du Tango à Paris. On peut encore aujourd’hui voir, quasiment inchangé, l’édifice où se trouvaient EL GARRÓN et LE PALERMO, il abrite de nos jours un cabaret-restaurant, toujours au numéro 6 de la, devenue maintenant bien morose, rue Fontaine.

L’année même de ses glorieux débuts au GARRÓN, PIZARRO a l’honneur d’être convié au Bal des Petits Lys Blancs, manifestation caritative, alors fameuse, qui avait lieu traditionnellement chaque année sous le patronage du Président de la République en fonction. Il doit y accompagner la célèbre danseuse espagnole, LA ARGENTINA – Antonia MERCÉ – , alors au faîte de sa gloire. Cette invitation a un aussi prestigieux événement qui réunissait alors le Tout-Paris, est pour lui une véritable consécration. Les chroniqueurs du temps nous précisent même que PIZARRO, après avoir interprété LA CUMPARSITA, seul morceau prévu au programme, dût devant le succès remporté, bisser et même tripler sa prestation, interprétant d’autres compositions populaires et terminant en apo­théose par un Tango, classique celui-là, du compositeur espagnol ALBENIZ, que LA ARGEN­TINA dansa avec sa grâce et sa fougue habi­tuelle. Lors de l’Expo­sition des Arts-Déco en 1925, c’est l’orchestre de Pizarro qui anime en musique les défilés du célèbre couturier Paul POIRET qui ont lieu à bord des péniches Amours, Délices et Orgues amarrées sur la Seine, rive droite, près du Pont Alexandre III. Manuel PIZARRO connaît en cette fin des années 20 un succès considérable, en 1927 du 27 mars au 9 avril il passe en vedette au grand Music-Hall l’Empire, il y sera à nouveau l’année suivante en juillet, après s’être produit plusieurs mois au Lido. La critique est des plus élogieuses : Jacques Chabannes dans la revue LA RAMPE du 15 juillet 1928 écrit : “L’orchestre argentin de Manuel PIZARRO a fait au Music-Hall des débuts éclatants. Sa présentation scénique est admirable... et la façon discrète avec laquelle PIZARRO lui-même, assis au premier rang, un accordéon “sic” à la main conduit son orchestre avec les épaules, avec le dos, tout cela est excellent.

Mademoiselle Alina de SILVA est une chanteuse habile et jolie. Sa voix est chaude et le chanteur Juan RAGGI a le sens du Tango. Les débuts de l’orchestre PIZARRO au Music-Hall ont été éclatants...” Notons quand même que ces débuts avaient lieu un an auparavant, Jacques CHABANNES n’y avait sans doute pas assisté. Le journaliste de l’Intran­sigeant, numéro du 26 mars 1928, a lui aussi été voir et écouter l’orchestre de Manuel PIZARRO, il ne nous dit pas où, peut-être au GARRÓN, voici ses impressions : “... une demi lumière se répand dans la salle, une douce pénombre qui encadre à merveille cet ensemble de “gauchos” aux costumes pittoresques et aux bruns visages nostalgiques. Alors résonnent les premiers accords de cette musique étrange qui vous serre le cœur et vous transporte dans une atmosphère d’une angoissante mélan­colie... ce sont les sombres drames du faubourg que nous raconte cette mélopée d’Alina de SILVA, la ravissante chanteuse sud-américaine à la voix pleine de charme et d’émotion... on ne peut que féliciter Manuel PIZARRO travailleur infatigable qui dirige et anime avec art et modestie ses nombreux orchestres aux rythmes si variés et nombreux...” A l’automne 1928, Manuel PIZARRO, son orchestre et sa  chanteuse Alina de SILVA, sont parmi les principales vedettes de la revue d’Henri VARNA, jouée au PALACE, rue du Faubourg Montmartre : La Beauté de Paris. En octobre de cette année 1928, il est une des vedettes du grand gala de bienfaisance donné au profit des victimes de la catastrophe du Teatro NOVEDADES de Madrid, sous la présidence du ministre pléni-potentiaire : “El Excelentìssimo Señor Quiñones de Leon” aux côtés de Carlos GARDEL et des pianistes classiques de renommée mondiale, Ricardo VIÑES et Joaquin NIN.

La gloire de PIZARRO est à son faîte, il va jusqu’à donner des récitals de Tango Salle Pleyel. Devant l’ampleur du succès, Manuel PIZARRO a fait venir du renfort de Buenos-Aires, ses frères Salvador, Juan et Domingo ainsi que nombre de musiciens talentueux : Miguel TANGA (violon), Julio FALCON, Hector ARTOLA, Jose REMONDINI “El Cieguito” (bandonéons), Francisco ALONGI (piano) et bien d’autres encore. Eduardo BIANCO (violon) futur chef d’orchestre renommé, qui effectuera presque toute sa carrière en Europe et sera un des grands rivaux de PIZARRO, intègre un temps la formation de ce dernier. Nous aurons, nous l’espérons, l’occasion d’évoquer plus longuement la carrière de BIANCO dans le livret d’un prochain C.D. Jose RICARDO “El negro RICARDO”, guitariste talentueux, ex-accompagnateur de Carlos GARDEL, rejoint lui aussi, à la fin du séjour du chanteur à Paris en 1928 la formation de PIZARRO. Manuel PIZARRO, qui a maintenant plusieurs formations portant son nom se produit outre à EL GARRÓN, au cabaret FLORIDA 20, rue de Clichy. C’est là que fait ses débuts parisiens en octobre 1928 l’inoubliable Carlos GARDEL, chaperonné par les frères PIZARRO. La grande vedette argen­tine qui effectue en 1931 et 1932 de longs séjours dans notre capitale, lors du tournage aux Studios de Joinville des films dont il est la ve­dette : LUCES DE BUENOS AIRES, LA CASA ES SERIA, MELODIA DE ARRABAL et ESPERAME, est un fi­dèle habitué du FLORIDA. Du FLORIDA, PIZARRO passera au SEVILLA rue Pigalle, puis au PIGALLE sur la place du même nom, qui sera en 1932 rebaptisé VILLA ROSA. En 1934 il ouvre enfin son propre établissement EL MONICO “CHEZ PIZARRO” au 60 de la rue Pigalle, qui devient bien vite le lieu de prédilection des argentins de Paris et des artistes sud-américains de passage dans notre ville. Manuel PIZARRO a au cours des années 1920-1930 une activité débordante.

On trouve son nom à l’affiche des plus élégants cabarets et dancings parisiens : L’EMBASSY, LE CLA­RIDGE, LE CARLTON, LE BAGDAD, EL GARRÓN, LE PARADIS et au MONICO “CHEZ PIZARRO” bien évidemment.Il effectue de nombreuses tournées en province, sur la Côte d’Azur entre autre où il se produit au CASINO DES VARIETES de NICE, à MONTE CARLO où il joue à LA PLANTATION, à ste-MAXIME au CASINO MUNICIPAL. Il fait également des déplacements plus lointains, l’Espagne tout d’abord, dès 1927 où l’immense succès rencontré le retient de longs mois, il est en scène à Madrid tout d’abord au TEATRO MARAVILLAS puis au TEATRO ES­LAVA. De nombreux enregistrements phonographiques sont réalisés pour la marque La Voz de Su Amo durant ce séjour Ibérique. Les refrains des Tangos enregistrés sont souvent interprétés par Alina de SILVA, certains même de ces enregistrements seront publiés en France sous l’étiquette Melle Alina de SILVA accompagnée par l’orchestre M. PIZARRO. Manuel PIZARRO se rendra ensuite en Suisse, puis en Angleterre où en­gagé au SAVOY de Londres pour un mois il verra son contrat prolongé pour une saison entière tant est grand le succès obtenu. Il y aura l’occasion d’enregistrer quelques faces pour la marque DECCA. Pendant ces tournées le nom de PIZARRO ne reste toutefois pas absent des affiches parisiennes, un, parfois plusieurs de ses frères prennent la relève. On assiste à une véritable razzia “pizzariste” sur tous les lieux où l’on joue et danse le Tango à Paris. Une étude attentive de ces derniers pour l’année 1932 nous révèle qu’au cours de celle-ci on trouve : Manuel PIZARRO à EL GARRÓN puis à la VILLA ROSA. Salvador PIZARRO à l’HERMITAGE des Champs-Elysées puis à l’EMBASSY. Domingo PIZARRO à l’Hôtel CLARIDGE. Juan PIZARRO à l’HERMITAGE de Longchamps.

Alfredo PIZARRO au WASHINGTON PALACE rue de Magellan (mais dans ce dernier cas on peut se demander s’il ne s’agit pas d’un prête-nom ou d’un pseudonyme car il n’a pas été possible de trouver trace d’un Alfredo parmi les frères de Manuel PIZARRO, mais malgré tout pourquoi pas, cette “tribu” était si nombreuse!). Souvent même une formation animait les Thés dansants dans un lieu et les nuités dans un autre. On reste confondu, les PIZARRO sont vraiment devenus les “conquistadores” du Tango à Paris. Aussi lorsque s’ouvre l’Exposition Universelle de Paris en 1937, c’est bien évidemment à l’orchestre de Manuel PIZARRO qu’il est fait appel pour animer en musique le luxueux restaurant “LA PAMPA” du Pavillon Argentin qui est installé à bord de la péniche “Argentina”, où tout en écoutant les derniers Tangos à la mode, les visiteurs de “l’Expo” pouvaient goûter aux délices de la cui­sine “criolla” : asado a la parilla, puchero, chivito al horno, dulce de leche ou de membrillos... et autres délicatesses. Dans un article daté d’octobre 1937 le journaliste LUCAS nous le décrit ainsi : “... Un restaurant chic à l’Exposition... péniche aménagée avec infiniment de goût (l’aménagement avait été confié à l’architecte Argentin D’ANS) où l’on peut faire connaissance avec la gastronomie de la République Argentine (le déjeuner coûtait 40 francs), le soir l’orchestre de Manuel PIZARRO... LA PAMPA, un des rêves de l’Exposition...” Manuel PIZARRO outre le fait d’être un excellent musicien est un organisateur hors pair. Il a su, nous l’avons dit, faire venir de Buenos-Aires nombre de musiciens talentueux. Il emploie également des interprètes français de talent, Marcel PAGNOUL (piano), Emilio ARMENGOL (violon), Primo CORCHIA (bandonéon), Tito HENRIOTTI (violon), tous futurs chefs d’orchestres renommés ont fait partie de l’une de ses formations.

Bien que, sur disque tout au moins, ce soit Manuel PIZARRO qui chante le plus souvent les refrains des Tangos joués, on peut d’ailleurs le regretter un peu, il est moins bon chanteur que bandonéoniste, des chanteuses et des chanteurs de premier ordre intègrent ses différentes formations. Ainsi Alina de SILVA, épouse de l’ex-consul du Pérou à Paris destitué à la suite d’un coup d’état dans son pays qui enregistre de nombreux Tangos en compagnie de PIZARRO, se produit sur scène avec lui à l’EMPIRE, au LIDO, au PALACE, et également en Espagne, avant de poursuivre une carrière personnelle et enre­gistrer sous son nom pour les marques PATHE, SALABERT et GRAMOPHONE entre 1929 et 1939 une trentaine de disques. Une information glanée sur un catalogue PATHE, nouveautés du mois, daté de juillet 1929, nous dit qu’Alina de SILVA serait née à Buenos-Aires d’un père français et d’une mère argen­tine. La chose n’est pas à première vue impossible, nous savons qu’elle a enregistré des disques en français, son accent s’y révèle excellent. Toutefois, une autre information nous dit que musicienne et chan­teuse amateur de talent, ses spécia­lités, avant son intégration dans l’orchestre de PIZARRO étaient surtout les valses péruviennes et le folklore de son pays natal, le Pérou. C’est, pensons-nous, cette deuxième hypothèse qui est la bonne, l’imagination des producteurs de disques n’avait en ce temps-là déjà pas de borne lorsqu’il s’agissait de “lancer” un artiste! Après son départ de l’orchestre, elle sera remplacée par différentes chanteuses : Gracia del RIO, Eva del ERSO, MARYVALL, toutes espagnoles.

D’authentiques et talentueux chanteurs argentins intègrent tour à tour les orchestres de PIZARRO, citons Juan RAGGI, Roberto MAÏDA, Luis SCALÓN, Roberto CALDAS, Juan GILIBERTI ou Luis MANDARINO, mais si on pouvait les entendre sur scène, le maestro ne les a pratiquement jamais laissés enregistrer avec ses formations. Une exception toutefois sur le disque PATHE X 96203, El dìa de San Juan, datant de juillet 1932, le nom du chanteur est soigneusement occulté, ce n’est pas à l’évidence Manuel PIZARRO. Il ne nous a pas été possible de mettre un nom sur cette voix. Ses activités intenses de directeur d’orchestres multiples, de compositeur, de patron de cabaret, de même que ses nombreuses tournées en province et à l’étranger n’empêchent nullement Manuel PIZARRO d’effectuer un nombre considérable d’enregistrements grâce auxquels cette réédition peut aujourd’hui être réalisée. On dénombre quelque 300 titres, chiffre considérable, de ses débuts à la fin du disque 78 tours, toutes marques confondues. Il semble que les premiers enregistrements phonographiques de Manuel PIZARRO en France ont eu lieu au début de l’année 1924 pour la fime GRAMOPHONE, en janvier très probablement, donc moins de deux ans après ses débuts talentueux à EL GARRÓN. Le plus ancien enregistrement que nous avons pû recenser, MANO SANTA, est, curieusement, sur un disque de marque Tchécos­lovaque GRAMOLA, mais celui-ci est le tirage étranger d’un GRAMO­PHONE français numéroté K.2320, avec toutefois un couplage différent, la matrice confirme bien l’origine française de cet enregistrement et peut être datée, sans grand risque d’erreur de janvier 1924. Cet enregistrement est encore réalisé avec l’ancien système acoustique, la qualité du son est assez défec­tueuse, nous l’incluons malgré tout dans cette réédition pour sa valeur historique. A ces enregistrements pour GRAMOPHONE succèderont bien vite, dès la fin 1924, d’autres pour la marque COLUMBIA.

Les interpré­tations que nous pouvons y entendre, quoique très intéressantes, sonnent un peu archaïques, le Tango y est interprété à la ma­nière des “Tìpicas Argentinas” qui se produisaient à Buenos-Aires quelque dix ans auparavant, elles ont tout de même le grand intérêt de nous montrer, par comparaison, combien en peu de temps la ma­nière d’exécuter le Tango va évoluer. Dès l’année suivante, toujours chez COLUMBIA, toute une série d’enregistrements nous prouvent que l’orchestre a considérablement progressé, évolution due sans doute à l’arrivée des nouveaux talentueux interprètes qui la composent maintenant. Les premiers membres de l’orchestre : FILI­POTTO, FERRER, SCHIUTTO, étaient, qu’on nous pardonne l’expression, des “vieux de la vieille”, qui s’étaient déjà produits en France avant la première guerre mondiale, leur façon de jouer était quelque peu dépassée. Les nouveaux éléments fraichement arrivés de Buenos-Aires : TANGA, FALCON, REMONDINI, ARTOLA,... apportent un souffle nouveau à l’orchestre, dont le style évolue vers une interprétation très classique du Tango, laissant toutefois place dans certains morceaux à d’excellentes variations de bandonéon et de splendides solos de violon. Début 1929, l’orchestre de PIZARRO devient et ce jusqu’à la seconde guerre mondiale, artiste exclusif de la marque PATHE, il n’enregistre plus, à l’exception de quelques gravures chez DECCA durant son séjour à Londres, que pour cette firme. Il grave intensivement, à raison de plusieurs séances par an et ce jusqu’en 1939, d’innombrables disques. Si les premiers disques PATHE ne sont pas d’une qualité technique exceptionnelle, on constate au fil des années une assez nette amélioration. Le déclenchement des hostilités contraint PIZARRO à quitter la France en 1940.

Il doit abandonner son cabaret, son somptueux appartement du Boulevard de Clichy et presque toutes ses économies bloquées à la banque – les étrangers quittant la France n’étaient autorisés qu’à emporter 50.000 francs de l’époque –. Il se rend tout d’abord à Barcelone où il se produit quelques mois, puis part pour l’Egypte, Alexandrie puis Le Caire où il poursuit quelque temps ses activités musicales. Enfin il embarque l’année suivante à bord d’un misérable cargo caboteur qui mettra quelques 4 mois à atteindre Pernambouc au nord du Brésil. De là, PIZARRO pourra regagner sa ville natale Buenos-Aires, quittée quelque 20 années auparavant. Il va y rester 8 ans, mais une aussi longue ab­sence l’a fait oublier du public argentin. Le Tango a beaucoup évolué, le style de PIZARRO paraît quelque peu anachronique, des orchestres talentueux, l’inamovible Francisco CANARO, Anibal TROILO, Julio de CARO, Juan D’ARIENZO, Carlos di SARLI, FRANCINI-PONTIER, Osvaldo PUGLIESE et bien d’autres encore, tiennent solidement la place et le haut du pavé “tanguero” en Argentine où jamais le Tango n’a connu une vogue aussi grande, on a qualifié cette période du début des années 40 de “época del furor del Tango”. PIZARRO a la nostalgie de la France, du succès, des honneurs et des sommes fabuleuses gagnées jadis. Il décide de revenir à Paris et y arrive via l’Espagne en 1950. Une immense déception l’y attend, son cabaret CHEZ PIZARRO dont il avait confié lors de son départ la garde à un certain MAYRAL, n’existe plus; il a été transformé en boulangerie, son appartement du Boulevard de Clichy a été squatté, l’argent resté sur son compte bancaire avec l’inflation galopante de l’après-guerre ne représente plus rien ou presque. En fait il a tout perdu. Pourtant PIZARRO, dont nous avons pu déjà admirer la pugnacité dès son arrivée à Marseille en 1920, ne se décourage pas.

Il a maintenant 55 ans, qu’à cela ne tienne, il repart à zéro. Avec des éléments arrivés avec lui de Buenos-Aires il monte un nouvel orchestre : Rodolfo NE­RONE, APENDINO à ses côtés aux bandonéons, Hector GRANE au piano, les chanteurs Aïda GALAN et Jorge LINARES et le renfort de quelques musiciens français. Une des premières prestations de PIZARRO dès son arrivée à Paris a lieu avec la petite formation des musiciens arrivés avec lui d’Argentine, au cours d’un gala donné le 3 novembre 1950 à la CABANE CUBAINE – rue Fontaine –. La critique qui salue chaleureusement ce retour apprécie particulièrement le chanteur Jorge LINARES qui dit-on rappelle Carlos GARDEL. Le succès ne se fait pas attendre, le public parisien ne l’a pas oublié et le retrouve avec ferveur. Il se produit à l’AIGLON, au MIMI PINSON sur les Champs-Elysées, au PERROQUET... Il enregistre dès son retour en 1950 pour COLUMBIA, puis pour différentes marques encore sur disques 78 tours. Lors de l’avènement du disque 33 tours vinyl on trouve l’orchestre de Manuel PIZARRO au catalogue des marques COLUMBIA, BARCLAY, BEL AIR, etc. Retiré à Nice où il jouit d’une re­traite bien méritée après quelque cinquante années consacrées au rayonnement du Tango argentin en France et en Europe, celui que l’on a, à juste titre surnommé “El Embajador del Tango”, s’y éteint en novembre 1982 à l’âge de 87 ans. Nous espérons que cette réédition, modeste hommage au talent de Manuel PIZARRO dont le “fueye” (bandonéon en argot “porteño”) a pendant tant d’années bercé la nostalgie et fait “tangoter” les danseurs parisiens, contribuera à ce qu’il ne tombe jamais dans l’oubli et reste pour toujours ce qu’il fut si longtemps : l’“Ambassadeur du Tango”.
Alain BOULANGER
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2002.

MUSICIENS ET CHANTEURS AYANT INTÉGRÉ LES ORCHESTRES DE MANUEL PIZARRO de 1920 à 1940
Manuel PIZARRO directeur - bandonéon - chant - compositeur
Domingo PIZARRO guitare - chant
Juan PIZARRO
chant - compositeur
Salvador PIZARRO bandonéon
Casimiro AÏN danseur
Francisco ALONGI
piano
Emilio ARMENGOL (français) violon
Hector Maria ARTOLA bandonéon
Eduardo BIANCO violon
Eduardo BLOTZ
Angelo BURLI (italien) piano
Roberto CALDAS chanteur
Primo CORCHIA (français) bandonéon
Eva DEL ERSO chanteuse
Julio FALCON bandonéon - compositeur
Celestino FERRER piano
Carlos FILIPOTTO bandonéon
Juan GHIRLANDA violon - compositeur
Juan GILIBERTI chanteur
Tito HENRIOTTI (français) violon
Roberto MAÏDA chanteur
Luis MANDARINO chanteur - compositeur
MARYVALL chanteuse
Godofredo MINET
Dàvila MIRANDA
Marcel PAGNOUL (français) piano
José REMONDINI
“El Cieguito” bandonéon
José “El Negro” RICARDO guitare - compositeur
Gracia del RIO chanteuse
Esteban ROVATTI violon
Luis SCALON chanteur
Alina de SILVA chanteuse
Miguel TANGA violon
Enrique VACAREZZA (français) piano

MUSICIENS ET CHANTEURS AYANT INTÉGRÉ LES ORCHESTRES DE MANUEL PIZARRO après-guerre
APENDINO bandonéon
Aïda GALAN chanteuse
Hector GRANE piano
Rodolfo NERONE bandonéon
Jorge LINARES chanteur

OUVRAGES CONSULTÉS
EL LIBRO DEL TANGO, Horacio FERRER ED. A. TERSOL Buenos-Aires
TANGO - UN SIGLO DE HISTORIA, Revue en 48 fascisules Ed. PERFIL Buenos-Aires
UN SIECLE DE TANGO - PARIS - BUENOS-AIRES, Nardo ZALKO Ed. du Felin Paris
LA HISTORIA DEL TANGO, ouvrage en 17 volumes Ed. CORREGIDOR Buenos-Aires
HISTORIA DE LA ORQUESTA TIPICA, Luis Adolfo SIERRA Ed. A. PEÑA LILLO Buenos-Aires
HISTORIA ARTISTICA DE CARLOS GARDEL, Miguel Angel MORENA Ed. FREELAND Buenos-Aires

Remerciements aux amis et collectionneurs :
Pierre BRIFFAULT, Enrique VACAREZZA, Christian VERNET et tout particulièrement à Marc MONNERAYE pour son aide si précieuse pour la datation des disques réédités.Transfert à partir de 78 tours originaux, collection Alain BOULANGER.

english notes
In this album, we will not cover the birth and teething years of Tango in the land of Rio de la Plata in the late 19th century, nor the arrival of the first Argentine and Uruguayan musicians in France shortly before the First World War, or even the French artists who initially ventured towards the genre, as this has already been dealt with in the double CD, Le Tango à Paris (Frémeaux FA 012).The present series, with the first volume dedicated to Manuel PIZARRO, aims to relate the history of the musicians and Argentine orchestras who chose to pursue their careers in France, or who stayed in the country for lengthy periods.  To be perfectly honest, the majority of these orchestras often comprised musicians of other origins, either French or from other European countries.  However, the outfits we will cover were always led by a bona fide Argentinean.Indeed, the clauses as imposed by the musicians’ union stipulated that French musicians should forever be present.  Moreover, a law dating from August 1926 limited the employment of foreigners, even in the music world.  In 1931, the magazine Jazz-Tango-Dancing listed the dance bands appearing in the French capital, complaining about the high number of foreign artists.  It mentions, for example, the band appearing at the Sevilla, included one Frenchman and four foreigners and the set-up billed at the Embassy only included foreigners.  We cite these two particular venues as Pizarro’s bands performed in both.  The law, which was obviously disregarded by many, explains the extraordinary gauchos costumes as were adopted by tango band members, although the true gauchos never played this style of music.  Tango is from urban areas.  Nevertheless, when the Argentine bands were decked in this attire, they could be considered as entertainers rather than dance bands, thus getting round this legislation.  In their homeland, tango musicians usually wore dinner suits.Manuel PIZARRO arrived in France with the second wave of Argentinean tangueros, shortly after the First World War. 

In 1920 he landed in Marseilles, along with another talented bandoneon player, GENARO ESPOSITO-EL TANO GENARO.  Both men were hired by the Marseilles-born impresario, Mr. LOMBARD, who organised tours and owned a number establishments both in Argentina and France.PIZARRO and TANO GENARO were billed at the Tabaris cabaret, where they were highly acclaimed by the locals.  Despite their success, their earnings were abysmal resulting from the contract drawn up by crafty Mr. LOMBARD.  Showing defiance, PIZARRO decided to abandon his employer and try his luck in Paris, promising to call for TANO GENARO if the capital showed promise.Manuel PIZARRO was born on 23 November 1895 in the popular district of El Abasto, the same neighbourhood where Carlos GARDEL grew up.  At an early age he began to play the bandoneon and played with one of the greatest masters of the instrument, Juan MAGLIO “ PACHO ”, recording discs for Columbia-Argentine which sold like hot cakes in the 1910-1920 period.  He also held a seat in the bands of Luis BOSSI, Ernesto “ El Pibe ” PONZIO and Eduardo AROLAS, cutting records with them for the Argentine labels Atlanta and Tele-Phone.  With such talent and experience, it is understandable that Manuel was rapidly disheartened by his insignificant role in the Marseilles cabaret.Once in Paris, Manuel found a hotel in Pigalle where he met up with several Argentine musicians - violinist Pepe SCHIUTTO, bandoneon player Carlos Guerino FILIPOTTO and pianist Celestino FERRER.  PIZARRO sent a telegram to his friend TANO GENARO, who joined them and along with a few French artists they founded the GENARO-PIZARRO band, its debut performance being on 24 June 1921 in the ‘Pavillon Dauphine’, before going on to the ‘Sans-Souci’.  The orchestra stayed together for just one year and, unfortunately there are no recorded traces.In Paris, PIZARRO mingled with the elite ‘portena’ crowd - those with their pockets overflowing with the wealth earned from the exportation of meat and cereal during the Great War, and he was introduced to the famous Mr. VOLTERRA, a big name in the world of entertainment.  The latter, aware of the financial interest in these customers, requested that Manuel PIZARRO create a new Tango band to perform in one of his cabarets, the ‘Princesse’ in the Pigalle district.  PIZARRO accepted, gathering his above-mentioned friends, FILIPOTTO, FERRER, SCHIUTTO and TANO GENARO to form an excellent orchestra which debuted in the ‘Princesse’, renamed ‘El Garron’. 

It was apparently VOLTERRA who came up with the artful idea of disguising PIZARRO and his gang as Gauchos of the Pampas.Their opening night was a great success, but encountered one set-back - nobody dared to venture on the dance floor.  The Parisians were apprehensive about attempting the complicated steps and for discretion’s sake, the Argentineans declined also.  This situation perturbed PIZARRO as Tango was, above all, music for dancing, but the punters finally got to their feet a few days later.  As legend has it, the star of the silent screen, Rudolph VALENTINO, accompanied by his partner Jean ACKER were in the audience.  PIZARRO asked if they would be obliged to demonstrate the Tango.  VALENTINO readily accepted and danced with his companion to El Choclo, the unforgettable composition by Angel VILLOLDO.  They may not have strictly followed the true Argentine steps, but nevertheless offered an elegant, Hollywood-style version of the dance.  Following in their footsteps, the other punters all rushed to the dance floor, daring to dance themselves.  PIZARRO had won - from this moment onwards, Tango became a dance in Paris.The success was enormous and ‘El Garron’, along with ‘Le Palermo’ on the ground floor of the same building attracted the throngs and were appreciated as Tango’s Parisian headquarters for decades.During the same glorious year, PIZARRO was invited to the ‘Bal des Petits Lits Blancs’, an annual charity event.  He accompanied the celebrated Spanish dancer, LA ARGENTINA - Antonia MERCE, who was then at her apogee.  His invitation was a great honour, as the show was always attended by the elite crowds.  His triumph was such that after interpreting La Cumparsita, as programmed, he was called back for encores.Manuel PIZARRO was certainly a celebrity in the latter part of the twenties.  In 1927 he starred in the Music Hall ‘L’Empire’ and returned the following year after performing for several months in the Lido.  In autumn 1928, along with his orchestra and singer Alina de SILVA, he starred in Henri VARNA’s revue in the ‘Palace’, La Beauté de Paris.  In October of the same year, he participated in the gala held to assist victims of the catastrophe of the Teatro Novedades in Madrid which also starred Carlos GARDEL and the world-famous classical pianists, Ricardo VINES and Joaquin NIN.PIZARRO had reached his zenith - he even played in Paris’ Salle Pleyel. 

Such was his success that required extra hands, and called for his brothers Salvador, Juan and Domingo in Buenos Aires as well as a number of talented musicians :  Miguel Tanga (violin), Julio FALCON, Hector ARTOLA, Jose REMONDINI ‘El CIEGUITO’ (bandoneons), Francisco ALONGI (piano) amongst others.  Eduardo BIANCO (violin), who was to become a celebrated band leader and who spent the majority of his professional life in Europe being one of PIZARRO’s rivals, joined Manuel’s band for a while.  BIANCO’s career will be dealt with in greater detail in a forthcoming CD.  The worthy guitarist Jose RICARDO, ‘El negro Ricardo’, who used to accompany Carlos GARDEL, also teamed up with PIZARRO in 1928.Manuel PIZARRO now had several outfits bearing his name and also appeared in the Florida cabaret in rue de Clichy.  In this same venue the unforgettable Carlos GARDEL made his Parisian debut in October 1928, chaperoned by the PIZARRO brothers.  When the Argentine star later returned to the French capital in 1931 and 1932 for the shooting of Luces de Buenos Aires, La Casa es Seria, Melodia de Arrabal and Esperame, he remained a faithful regular at the Florida.From the Florida, PIZARRO went on to the Seville, then to Pigale’s, which was renamed Villa Rosa in 1932.In 1934, he finally opened his own venue, El Monico ‘Chez Pizarro’ in Rue Pigalle, and which rapidly became a popular haunt for Argentineans in Paris and South American artists who were passing through the capital.  During the 1920 to 1930 period, PIZARRO was extremely busy and was billed at the most elegant cabarets and dance-halls in Paris - the Embassy, the Claridge, the Carlton, the Bagdad, El Garron, the Paradis and naturally at the Monico ‘Chez Pizarro’.  He also toured the provinces on many an occasion, when he performed, for instance, in Nice’s Casino des Variétés, La Plantation in Monte Carlo and in Sainte Maxime’s Casino Municipal.  He also ventured further afield, firstly going to Spain in 1927 where he appeared in Madrid in the Teatro Maravillas then in the Teatro Eslava.  During this trip, many recordings were made for the label ‘La Voz de su Amo’ and some were even released in France in the name of Mle Alina de SILVA accompanied by M. PIZARRO’s orchestra.Manuel PIZARRO then went to Switzerland followed by England where he was given a one-month contract at London’s Savoy which was extended for an entire season due to his popularity. 

During this period he recorded some sides for Decca.Despite his travelling, PIZARRO’s name was not forgotten in Paris as he was replaced by one or several of his brothers.  As an example, in 1932 Manuel PIZARRO was billed in El Garron then in the Villa Rosa, Salvador PIZARRO was at the Heritage on the Champs Elysées then in the Embassy, Domingo PIZARRO was in the Hotel Claridge, Juan PIZARRO was in Longchamps’ Hermitage and Alfredo PIZARRO was in the Washington Palace (though it is not certain that Alfredo truly belonged to the PIZARRO tribe !).  The PIZARRO family were considered as the ‘conquistadores’ of Tango in Paris !In 1937 the Universal Exhibition was held in Paris and Manuel PIZARRO’s orchestra was invited to play in the luxurious restaurant, ‘LA PAMPA’ where the punters could enjoy the sounds of Tango while savouring the delights of Argentine cuisine.Not only was PIZARRO an excellent musician but he was also a peerless organiser.  As mentioned above, many talented artists came over from Buenos Aires at his demand, and he equally employed some worthy French interpreters - Marcel PAGNOUL (piano), Emilio ARMENGOL (violin), Primo CORCHIA (bandoneon) and Tito HENRIOTTI (violin) who all led famous orchestras at a later date.On most of his records, Manuel PIZARRO sang himself, though his skills as a singer did not match his competence on the bandoneon, and first-rate singers (of both sexes) belonged to his various outfits.  Alina de SILVA, for instance, performed with him at the Empire, the Lido, the Palace and in Spain before pursuing a solo career when she made some thirty recordings for Pathé, Salabert and Gramophone between 1929 and 1939.  A Pathé catalogue dating from July 1929, suggests that Alina de SILVA was born in Buenos Aires, her mother being Argentinean and her father French.  Indeed, judging from her excellent accent when she recorded in French, this could be exact.  However, another theory is that before joining PIZARRO, she specialised in Peruvian waltzes and folklore from her homeland - Peru.  This second version is more plausible.When she left the orchestra, she was replaced by various singers :  Gracia del RIO, Eva del ERSO and MARIVAL, all three being Spanish.  Genuine Argentine singers also teamed up with PIZARRO’s orchestras, including Juan RAGGI, Roberto MAIDA, Luis SCALON, Roberto CALDAS, Juan GILIBERTI and Luis MANDARINO, but although they could be heard on stage, they almost never recorded with the maestro. 

One rare exception was on Pathé X 96203, El Dia de San Juan, cut in July 1932 where a mysterious singer replaced Manuel PIZARRO.  It was most probably Roberto MAIDA.Despite his numerous activities, PIZARRO still found time to make a quantity of recordings.  Indeed, some 300 titles were put to wax from the beginning of his career to the end of the 78 era.  It would appear that his first recordings in France were in early 1924 for Gramophone, less than two years after his debut at El Garron  The oldest recording, Mano Santa was issued under the Czechoslovakian label, Gramola, but was nevertheless of French origin, most probably dating from January 1924.  We have included it here for its historical value, despite the poor quality of sound.These initial recordings were followed by others for Columbia in late 1924.  The titles may seem rather archaic, as Tango is interpreted in the ‘Tipicas Argentinas’ fashion, as played in Buenos Aires a decade previously.  They demonstrate how the style of Tango evolved rapidly.The following year witnessed another series of recordings for Columbia, showing the progress made by the orchestra.  This improvement was no doubt assisted by the new members of the band.  The first members - FILIPOTTO, FERRER, SCHIUTTO - belonged to the old school who had performed in France before World War I and their style was somewhat outdated.  The newcomers - TANGA, FALCON, REMONDINI, ARTOLA etc. - gave the orchestra a new lease of life, and concentrated on a very classical Tango style, still leaving room for bandoneon expression and splendid violin solos.From 1929 to World War II, PIZARRO recorded uniquely for Pathé, excepting a few titles for Decca during his stay in London.  The first Pathé discs may have been lacking in technical quality but this improved as time went by.The outbreak of war forced PIZARRO to leave France in 1940 and also abandon his savings, as foreigners could only take 50 000 Francs out of the country.  He first went to Barcelona where he played for several months, and then left for Egypt.  The following year, he spent four months on a cargo-ship sailing for Pernambouc in Brazil.  From there, he returned to Buenos Aires, his home town which he had left twenty years previously.He stayed there for eight years, but the Argentineans had forgotten him.  Tango had evolved tremendously and PIZARRO’s style seemed old-fashioned. 

Moreoever, other talent, such as Francisco CANARO, Anibal TROILO, Julio DE CARO, Juan D’ARIENZO, Carlos DI SARLI, FRANCINI-PONTIER and Osvaldo PUGLIESE firmly represented Tango during this period classed as the ‘época del furor del Tango’.  PIZARRO missed France along with his success and earnings and decided to return to Paris in 1950.  Upon his arrival, however, he was devastated to find that his cabaret, CHEZ PIZARRO no longer existed, his luxurious flat had been squatted and the money in his bank account had little worth due to inflation.  Yet he was courageous enough to start up all over again, and with artists who had come with him from Buenos Aires he set up a new orchestra with Rodolfo NERONE and APENDINO on the bandoneons, Hector GRANE on the piano, singers Aïda GALAN and Jorge LINARES and a few French musicians.He was warmly welcomed back by the Parisians, who had not forgotten him.  He received contracts in a number of venues and recorded for a variety of labels.After some fifty years dedicated to Tango in France and Europe he finally retired and moved to Nice.  ‘El Embajador del Tango’ finally passed away in November 1982 at the age of 87.Manuel PIZARRO deserves remembrance and will forever be the Ambassador of Tango.  We hope that this boxed edition pays him the homage he merits.
Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Alain BOULANGER
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2002.

DISCOGRAPHIE DE L’ORCHESTRE ARGENTIN DE MANUEL PIZARRO
CD1
01. MANO SANTA Tango milonga (Manuel Pizarro)          3’07
BT 351-1    GRAMOLA AM 341   (GRAMOPHONE K 2320)        Paris, 22/01/1924
02. MARIPOSA Tango (Pedro Maffia)               2’59
BT 404-1     GRAMOPHONE K 2452                 Paris, 12/02/1924
03. LA MINA DEL FORD Tango (Antonio Scatasso) - Chant Manuel Pizarro                      2’54
L 211   COLUMBIA D 2010            Paris, c. mai/juin 1925
04. LA JIRA Tango (Manuel Pizarro)               2’47
L 209   COLUMBIA D 2011            Paris, c. mai/juin 1925
05. POBRE PATO Tango (Juan Ghirlanda) - Chant Alina De Silva                   2’53
L 945 COLUMBIA D 19136     Paris, début mars 1928
06. BARRIO REO Tango (Roberto Fugazot/Alfredo Navarrine) - Chant Manuel Pizarro           2’35
L 967-1  COLUMBIA D 19085             Paris, 12 mars 1928
07. CAMINITO Tango (Juan De Dios Filiberto) - Chant Manuel Pizarro                3’06
N 300154-2         PATHÉ X 8622           Paris, avril 1929
08. ALEJANDRO Tango (Manuel Pizarro) - Chant Manuel Pizarro            2’52
N 300207-2    PATHÉ X 8621                    Paris, mai 1929
09. CHIQUE Tango (Ricardo Brignolo)                 3’16
N 300210-1      PATHÉ X 8623                    Paris, mai 1929
10. BERRETÍN Tango (Pedro Laurenz)                  2’52
N 300316-1        PATHÉ X 8658                  Paris, 9/07/1929
11. MAMA YO QUIERO UN NOVIO Tango (Ramon Collazo)                   2’26
Chant Manuel Pizarro et chœur   N 300487-1       PATHÉ X 8687           Paris, novembre 1929
12. ZARAZA Tango (Benjamin Tagle Lara) - Chant Manuel Pizarro et chœur     2’52
N 300794-1       PATHÉ X 8755                   Paris, début octobre 1929
13. GARUFA Tango (Juan Antonio Collazo/Roberto Fontaina/Victor Soliño)               3’03
Chant Manuel Pizarro et chœur  N 300797  PATHÉ X 8756                        Paris, début octobre 1930
14. MISA DE ONCE Tango (Juan Jose Martin Guichandut) - Chant Manuel Pizarro     2’23
N 300904      PATHÉ X 8778           Paris, novembre 1930
15. C’EST MON GIGOLO Tango (Leonelo Casucci)            2’52
N 301022   PATHÉ X 8808           Paris, janvier 1931
16. SE VA LA VIDA Tango (Edgardo Donato/Roberto Zerrillo)               3’10
Chant Manuel Pizarro et chœur N 301024      PATHÉ X 8809          Paris, janvier 1931
17. NUITS DE MONTMARTRE Tango (Manuel Pizarro) - Chant Manuel Pizarro      2’46
N 301904   PATHÉ X 96005                  Paris, fin février 1931
18. TANGO POUR LOULOU Tango (Juan Ghirlanda)              2’56
N 301188   PATHÉ X 96027               Paris, 15 mai 1931
19. INSPIRACION Tango (Peregrino Paulos)           3’17
N 301272   PATHÉ X 96060                      Paris, 17 septembre 1931
20. TUS CARICIAS Tango (Julio F. Falcon)           2’42
N 301458          PATHÉ X 96125                   Paris, 10 mars 1932

CD2
01. BANDONEON CAMPANERO Tango (Manuel Pizarro) - Chant Manuel Pizarro    2’49
N 301457      PATHÉ X 96126                  Paris, 10 mars 1932
02. EL DÍA DE SAN JUAN Tango (Juan Ghirlanda) - Chant : ???             2’24
N 301639   PATHÉ X 96203               Paris, 21 juillet 1932
03. RECUERDO Vals Argentino (Ivo Pelay) - Chant : Le Trio Pizarro               2’55
N 301638          PATHÉ X 96220                 Paris, 21 juillet 1932
04. NO HAY DERECHO Tango (Cue) - Chant : Manuel Pizarro et chœur                2’52
E 301841    PATHÉ X 96275                  Paris, 22 mai 1933
05. DESTELLOS Tango (Julio F. Falcon)                  2’28
E 301863   PATHÉ X 96283             Paris, 1er juin 1933
06. MADRESELVA Tango (Francisco Canaro)                   2’42
CPT 1440-1         PATHÉ PA 347                     Paris, 26 septembre 1933
07. PALOMITA Tango (Juan Ghirlanda)              2’39
CPT 1442-1          PATHÉ PA 348                   Paris, 26 septembre 1934
08. PRINCESITA ARGENTINA Tango (L.M. Ferrete)                  2’26
CPT 2457-1         PATHÉ PA 794          Paris, 27 janvier 1936
09. CAMPANAS DEL RECUERDO Tango (Jose Ricardo) - Chant : Manuel Pizarro  2’32
CPT 2458-1   PATHÉ PA 818                   Paris, 27 janvier 1936
10. PERGAMINO Tango (Manuel Pizarro)                 2’46
CPT 2849-1          PATHÉ PA 1005                   Paris, 17 septembre 1936
11. MI TERRUÑO Tango (Lucio Telleria)                3’09
CPT 2912-1          PATHÉ PA 1032                 Paris, 20 octobre 1936
12. AL GARRÓN Tango (Celestino Ferrer)              2’43
CPT 3156-2         PATHÉ PA 1134                 Paris, 16 juin 1937
13. EMPIEZA LA MAÑANA Tango (Luis Mandarino) - Chant : Manuel Pizarro                2’23
CPT 3328-1        PATHÉ PA 1222               Paris, 16 juin 1937
14. BATACAZO Tango milonga (Manuel Pizarro)                       3’02
CPT 3327-1          PATHÉ PA 1222                 Paris, 16 juin 1937
15. CAPULLITO DE FLOR Tango (Juan Ghirlanda)                   2’40
CPT 3692-1         PATHÉ PA 1402                 Paris, 14 janvier 1938
16. LORENZO Tango (Bardi)                2’33
CPT 3693-1         PATHÉ PA 1403                 Paris, 14 janvier 1938
17. LA RANCHERA DE LA PAMPA Ranchera (Manuel Pizarro/Amy Chatelain)                        2’26
CPT 4364-1          PATHÉ PA 1596                 Paris, 15 septembre 1938
18. YO NO SE PORQUE TE QUIERO Tango (Francisco Canaro/Ivo Pelay)              3’07
Chant : Manuel Pizarro  CPT 4363-1  PATHÉ PA 1596               Paris, 15 septembre 1938
19. UN CHANT DANS LA NUIT Tango (L.M. Ferrete)                2’52
CPT 4650-1       PATHÉ PA 1728                 Paris, 25 janvier 1939
20. LA CUERPIADA Tango (Manuel Pizarro)                   2’34
CL 8883-1P         COLUMBIA BF 342            Paris, octobre 1950


CD Argentina in Paris - Manuel Pizarro 1924-1950 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 SWINGING IN A COCOANUT - JORDAN 02'47
 
02 AT THE SWING CAT S BALL - JORDAN 02'31
 
03 JUNE TENTH JAMBOREE - JORDAN 02'45
 
04 SOMEBODY DONE HOODOOED THE HOODOO MAN - JORDAN 02'41
 
05 PINETOP S BOOGIE WOOGIE - JORDAN 02'57
 
06 MAMA MAMA BLUES (RUSTY DUSTY BLUES) - JORDAN 03'06
 
07 KNOCK ME A KISS - JORDAN 02'49
 
08 I M GONNA MOVE TO THE OUTSKIRTS OF TOWN - JORDAN 02'53
 
09 IS YOU IS OR IS YOU AIN T MY BABY - JORDAN 02'45
 
10 BUZZ ME - JORDAN 02'51
 
11 CALDONIA BOOGIE - JORDAN 02'44
 
12 SOMEBODY DONE CHANGED THE LOCK ON MY DOOR - JORDAN 03'16
 
13 SALT PORK WEST VIRGINIA - JORDAN 03'01
 
14 PETOOTIE PIE - JORDAN 02'37
 
15 BEWARE - JORDAN 02'53
 
16 DON T LET THE SUN CATCH YOU CRYIN - JORDAN 03'00
 
17 CHOO CHOO CH BOOGIE - JORDAN 02'45
 
18 LET THE GOOD TIMES ROLL - JORDAN 02'47
CD 2
 
01 AIN T NOBODY HERE BUT US CHICKENS - JORDAN 03'06
 
02 REED PETITE AND GONE - JORDAN 02'44
 
03 BOOGIE WOOGIE PLATE - JORDAN 02'47
 
04 BARNYARD BOOGIE - JORDAN 02'48
 
05 EARLY IN THE MORNING - JORDAN 03'23
 
06 INFLATION BLUES - JORDAN 03'00
 
07 YOU RE MUCH TOO FAT (AND THAT S THAT ) - JORDAN 02'43
 
08 DADDY O - JORDAN 03'18
 
09 COLE SLAW - JORDAN 02'44
 
10 ONION - JORDAN 02'54
 
11 HEED MY WARNING - JORDAN 03'21
 
12 PSYCHO LOCO - JORDAN 03'02
 
13 BABY IT S COLD OUTSIDE - JORDAN 02'43
 
14 SATURDAY NIGHT FISH FRY PARTS 1 AND 2 - JORDAN 05'24
 
15 TAMBURITZA BOOGIE - JORDAN 03'13
 
16 LEMONADE - JORDAN 03'17
 
17 IT S A GREAT GREAT PLEASURE - JORDAN 03'10
 
18 LIFE IS SO PECULIAR - JORDAN 03'20
"Louis Jordan 1938-50" par Jazz Man

“Tout au long de ses 67 ans, il n’eut de cesse d’animer la fête musicale, faisant sonner son alto comme un ténor rageur qui fit l’admiration de Sonny Rollins et d’Ornette Coleman, cédant volontiers à son penchant pour les îles en compagnie des Calypsos Boys, mais chauffant le plus souvent les parquets aux rythmes de Boogies endiablés. Préparez la poudre à danser !” Julien DELLI FIORI, JAZZ MAN




"Choo Choo Ch’Boogie" par Les 100 meilleurs morceaux de jazz

Au début des années 40, le saxophoniste (et chanteur) Louis Jordan cessa de jouer dans les big bands pour former ses Timpany Five, un groupe de « jump blues » s’appuyant  sur le rythme shuffle emprunté au boogie-woogie, qui incitait fortement à la danse. En 1946, son Choo Choo Ch’Boogie devint l’un des plus grands tubes du genre. A l’époque où Parker et Gillepsie s’évertuaient à étendre les bases harmoniques et rythmiques du jazz au cours de longs solos souvent sur des tempos rapides, Jordan chercha à développer des rythmes plus entraînants. Ce qui advint, c’est que les danseurs rejoignirent les groupes de jump blue, puis de rhythm and blues (s’appuyant, lui, sur l’after beat) alors que le jazz rallia le bebop et ses développements ultérieurs, basés davantage sur l’imagination et l’originalité des musiciens. GR-JAZZ MAGAZINE




«Caldonia Boogie/Louis Jordan» par Muziq (Sélection : L’Afro-amérique en 100 morceaux)

Swing, Groove, inventivité, humour – ses paroles sont à hurler de rire, et on se passerait bien en boucle ses « Caldonnaooou ! Caldoniaouuu ! »-, Louis Jordan est une figure majeure de la grande musique afro-américaine populaire. Dans son récent ouvrage Les racines du rock, Florent Mazzoleni lui consacre quatre pages entières : c’est très bien. Caldonia Boogie est considérée comme l’un des premiers morceaux rock’n’roll, et l’on jurerait effectivement qu’il a été enregistré dix ans plus tard. Eh oui, comme l’écrit Jean Buzelin, Louis Jordan « était porteur d’avenir sans l’avoir recherché ». C’est un peu ça le génie, non ? MUZIQ (SELECTION : L’AFRO-AMERIQUE EN 100 MORCEAUX)




29 autres ouvrages proposés:

Les clients qui ont acheté ce produit ont également acheté...