DELTA BLUES 1940-1951

BB KING, WILLIE LOVE, IKE TURNER...

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Livret : 32 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


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FA5030

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Les années 1940-51 sont dans le Delta un moment privilégié. Le blues s’y chante en une polyphonie à trois voix : la plus ancienne, celle qui a donné naissance au genre est toujours présente à travers ses grandes figures créatrices comme Son House, Bukka White ou Big Joe Williams. La deuxième comprend des jeunes bluesmen qui s’appuient sur les bases jetées par ces «grands anciens» mais les modernisent progressivement, tels Muddy Waters, Honeyboy Edwards, Johnny Shines, Sonny Boy Williamson ou Howlin’ Wolf. Enfin, une troisième voix lorgne vers d’autres courants de la musique populaire noire, moins régionaux, plus modernes, plus commerciaux (B.B. King, Willie Love, Ike Turner). C’est l’histoire de cette décennie charnière pour le Delta blues que ce coffret se propose de retracer.
Gérard Herzhaft & Patrick Frémeaux

Droits audio & éditorialisation : Frémeaux & Associés.
DELTA BLUES 1940-1951 FA 5030

DELTA BLUES
1940-1951     








  
Le Delta, cœur du blues? Chantée par des dizaines de bluesmen, cette mince bande de terre passe pour avoir été le lieu de naissance du blues ou, à tout le moins, son principal terreau originel. Le Delta a été effectivement le lieu de naissance de quantité de bluesmen d’importance majeure. Ils ont joué dans la région toute leur vie ou bien ont essaimé dans les grands centres urbains du Nord, notamment Chicago, y amenant leur forme de blues qu’ils ont ensuite adapté et modernisé. Charlie Patton, Tommy Johnson, Skip James, Son House, Robert Johnson, Big Joe Williams, Muddy Waters, John Lee Hooker, Howlin’ Wolf, Sonny Boy Williamson (Rice Miller), Elmore James, Junior Parker, B.B. King... cette liste de natifs du Delta semble vraiment faire de cette région la matrice du blues!Les années 1940-51 sont dans le Delta un moment privilégié. Le blues s’y chante en une polyphonie à trois voix. La première, la plus ancienne, celle qui a donné naissance au genre est toujours présente à travers ses grandes figures créatrices comme Son House, Bukka White ou Big Joe Williams. La deuxième comprend des jeunes bluesmen qui s’appuient sur les bases jetées par ces «grands anciens» mais les modernisent progressivement. Leur musique devient plus fluide, plus déliée, prête à s’intégrer à un orchestre. Muddy Waters, Honeyboy Edwards, Johnny Shines, Sonny Boy Williamson ou Howlin’ Wolf font ainsi leurs premières armes auprès de leurs prestigieux aînés avant de partir à Chicago. Enfin, une troisième voix, sans renier le terreau traditionnel qui l’a vu naître, lorgne vers d’autres courants de la musique populaire noire, moins régionaux, plus modernes, plus commerciaux. B.B. King, Willie Love, Ike Turner ou, plus tard, Junior Parker nourris au sein du Delta blues, amènent dans le Delta les manières et les sonorités de Californie ou du Texas.C’est l’histoire de cette décennie charnière pour le Delta blues que ce coffret se propose de retracer.

QU’EST-CE QUE LE «DELTA»?

Il ne faut surtout pas confondre la région du Delta avec le «vrai» Delta du Mississippi autour de La Nouvelle-Orléans. Il s’agit en fait d’une fertile bande de terre alluviale de dimensions modestes (258 kilomètres dans sa longueur maximale et 80 kilomètres dans sa plus grande largeur) qui s’étend entre Vicksburg et Memphis au centre d’un triangle (qui évoque vaguement la lettre grecque delta) formé par le fleuve Mississippi et son petit affluent, la Yazoo River. Tout le Delta est aujourd’hui administrativement inclus dans l’Etat du Mississippi, s’étalant en totalité ou en partie sur 18 comtés. Mais le Delta ne représente qu’à peine un cinquième de la superficie totale de cet Etat. Et, en matière de blues comme des autres domaines, le reste du Mississippi possède des caractéristiques fort différentes de cette région du Delta.Le Delta est parcouru en longueur par deux routes parallèles, la Highway 61 et la Highway 51. Ces deux bandes d’asphalte, bien banales au demeurant, sont devenues des lieux mythiques grâce aux chansons de dizaines de bluesmen, rockers et folksingers, depuis Willie «61» Blackwell à Bob Dylan. Les villes et les villages traversés ont accédé eux aussi à cette dimension héroïque: Tunica, Dundee, Yazoo City, Lula, Hernando, Como, Senatobia, Granada, Clarksdale, Greenville...

Mais il ne s’agit que de bourgades sans âme, alanguies et assoupies dans l’atmosphère moite du Delta: deux ou trois larges rues tirées au cordeau forment une croix avec la Highway. Une ou deux stations-service, un drugstore, une église en bois et quelques boutiques et restaurants, c’est tout le centre-ville. Tout autour, un alignement de petites maisons basses surmontées de l’inévitable château d’eau, tour ronde sur quatre pieds métalliques qui proclame fièrement à la peinture rouge ou noire le nom de l’agglomération.C’est que toutes ces villes sont en réalité très récentes, le Delta n’ayant été peuplé par des colons que dans la dernière décennie du XIX é siècle. En effet, plate et fertile, mais constamment inondée par les crues terribles et imprévisibles du fleuve et de son affluent, cette région avait été réservée à des nations amérindiennes christianisées, Cherokees, Creeks et Choctaws. Ces peuples étaient les habitants originaux du Mississippi et de l’Arkansas. Mais, sous la pression de l’économie de plantation et de la spéculation foncière, ils avaient été progressivement refoulés hors de leurs terres, notamment vers l’Ouest (Oklahoma). Le Delta, jugé longtemps inconstructible par les autorités américaines, leur avait été aussi attribué et ne faisait pas en 1870 partie de l’Etat du Mississippi. Il avait le statut de terre de la «Frontière», c’est-à-dire demeurait hors des lois communes de l’Union. Cela signifie sans l’ombre d’un doute que le Delta - berceau supposé du blues - était jusque très tard dans le XIX é siècle une terre presque entièrement amérindienne, non mise en cultures selon les critères américano-européens et n’avait alors jamais connu une économie de plantation!

LE DELTA, CIMETIERE DES ILLUSIONS
A partir de 1880, les progrès technologiques vont permettre la «conquête» du Delta. Le gouvernement américain décide d’y implanter un maillage moderne de digues, solides et efficaces (bien que de nombreuses crues mémorables dévasteront encore souvent cette région) ainsi qu’un réseau ferré qui traverse de long en large le Delta. Mais les Amérindiens sont propriétaires collectifs de ces terres exploitées en commun. Cette forme de propriété acceptée dans les territoires de la Frontière est illégale dans tout le territoire de l’Union, ici comme ailleurs, ce qui précipite la déchéance des Indiens. Privés de leur terre, une partie des Cherokees préfèrent gagner les réserves de l’Oklahoma (ils sont en fait déportés par l’armée américaine) où leurs modes de vie traditionnels sont en principe garantis. D’autres, encore plus nombreux, demeurent dans le Delta et deviennent officiellement propriétaires d’une parcelle de terrain totalement inadaptée à leurs habitudes de vie pas plus qu’à la possibilité de cultures vivrières familiales. Leurs lopins de terre leur sont alors rachetés par des compagnies privées ou par les gouvernements fédéral et local, souvent pour une bouchée de pain, voire quelques bouteilles de whiskey! Officiellement, il n’y a plus d’Indiens dans le Delta. Ceux qui y demeurent ne sont alors plus considérés comme «Indiens» mais comme «gens de couleur» et seront totalement assimilés aux Noirs.

En fait, un très grand nombre de «Noirs» du Delta sont d’origine Cherokee comme le prouve leurs caractères physiques (parmi les bluesmen de cette région, Muddy Waters, Big Joe Williams, Jessie Mae Hemphill, R.L. Burnside et quantité d’autres revendiquent en partie et fièrement leur héritage Indien).En 1886, la terre du Delta est définitivement parcellisée en petites propriétés et métairies. Elle attire des Blancs ambitieux qui ont tout perdu après la guerre de Sécession ainsi que des Noirs qui voient là une des meilleures opportunités de tester leur récente liberté. Ils viennent majoritairement des Etats voisins, notamment du Mississippi qui obtient d’ailleurs le rattachement du Delta à son territoire. Tous vont commencer comme métayers et tenter de grimper l’échelle sociale qui, à l’époque, conduit vers la propriété de la terre. Si beaucoup de Blancs (mais certainement pas tous) vont effectivement réussir à s’élever dans le Delta, la plupart des Noirs découvrent très vite les limites de leur «libération». Les promesses qu’on leur a faites se heurtent aux rigidités renforcées d’un système de caste marqué par une ségrégation institutionnelle qui les confine dans un statut semi-servile.Pour les Noirs, le Delta se révèle en fait le tombeau de leurs illusions. Et bientôt, l’idée s’installe que cette bande de terre qu’on leur a fait rêver comme à une «terre promise» n’est en fait qu’une simple escale vers le Nord, particulièrement Chicago qui prend alors une dimension mythique. En effet, à l’aube du XX é siècle, cette grande ville industrielle alors bourgeonnante devient directement accessible depuis le Delta grâce au chemin de fer de l’Illinois Central Railway (ICR) qui sera tant chanté dans le blues.

L’AME DU DELTA
La Guerre de 1917-18 qui dope l’industrie nordiste entraîne la première vague de migration massive sudiste vers le Nord. Elle coïncide avec l’apparition de la première génération de musiciens noirs du Delta qui tournent le dos aux folksongs et aux pièces de danse qu’ils interprétaient jusqu’alors pour célébrer, avec ce qui est bientôt appelé le «blues», une chanson à la première personne du singulier qui explore les expériences communes des Noirs sudistes.Cette migration qui ne cesse de s’amplifier dans les années 20 et 30 exacerbe le système répressif du Delta. Celui-ci est tenu par quelques grands propriétaires terriens avec l’appui des «petits blancs» à qui on attribue une supériorité «raciale» qui ne coûte rien et les transforme en gardiens vigilants du système. Avec cette répression, les grands propriétaires pensent maintenir à vie une main d’œuvre docile et sous-payée. Ils prospèrent sur la monoculture du coton, jouent la hausse continue des prix, vivent sans compter et accumulent les dettes. Avec le charançon du coton qui décime les récoltes et la baisse des cours du coton, nombre de régions du Sud sont touchées. Mais dans le Delta, terre de «Frontière», récemment ouverte et donc régie par des règlements favorables au peuplement, l’AAA (Agricultural Adjustment Administration) confirme dans les années 20 la prédominance du grand propriétaire: ses dettes sont effacées à condition qu’il s’en serve pour acheter des terres, les regrouper et les rendre ainsi, en principe, davantage rentables!

C’est ainsi que des milliers de petits cultivateurs Noirs et surtout, cette fois, Blancs, frappés directement par la crise sont obligés de céder leurs terres. Ils (re)deviennent métayers ou s’expatrient vers le Nord.Avec la mécanisation de l’agriculture durant les 30’s, le mouvement migratoire s’amplifie encore pour atteindre des sommets durant la Deuxième Guerre Mondiale (1941-45). Le Delta de l’après-guerre est une zone largement dépeuplée, misérable, crispée sur un système social et racial totalement inadapté au monde moderne. Malgré tout, grâce aux Eglises Noires, au Mouvement des Droits Civiques, au volontarisme tardif du gouvernement fédéral et à quelques personnalités locales éclairées, le système ségrégationniste sera finalement démantelé en 1967.L’histoire du Delta n’a été qu’une suite de tensions et de conflits violents: entre les colons et les Indiens; entre les Blancs et les Noirs; entre les hommes et les marécages longtemps insalubres et impénétrables; même entre les «riches» régions alluviales du Sud du Delta (de Clarksdale à Vicksburg) et les marches misérables du Nord, les Hills Counties; entre les habitants du Delta et les «envahisseurs» nordistes, militants des droits civiques ou fonctionnaires fédéraux; aussi contre les ravages continus des inondations, de la dysenterie, de la malaria... Mais de ce terreau de conflits souvent très forts a surgi un remarquable flot de créativité. Des musiciens extraordinaires, dans le blues bien sûr mais aussi la country music, le Rock’n’roll et la musique classique (Haxton), des écrivains (jusqu’à Faulkner lui-même qui se prétendait témoin actif de la vie du Delta), des peintres, des sculpteurs.Finalement, l’âme du Delta, brutale, cruelle, désespérante et fascinante a largement mérité le qualificatif de l’écrivain Richard Ford: «The South’s South», le Sud du Sud!

LE DELTA BLUES
L’histoire, la géographie, la démographie de cette bande de terre réunissent bien sûr tous les ingrédients pour faire du Delta blues un style typé et unitaire. Sans doute encore davantage que pour les styles de blues du Piedmont des Appalaches (East Coast blues) ou pour ceux du Texas, le Delta blues pos­sède-t-il réellement des caractères spécifiques qui le définissent.En général, le chanteur de Delta blues est totalement impliqué dans sa musique qu’il crée au fur et à mesure que progresse le morceau. Ces bluesmen ont souvent affirmé qu’ils ne composaient pas mais qu’ils «ramassaient des versets flottants» dans l’atmosphère! Le chant est tendu et véhément, les versets pleins de métaphores s’imbriquent les uns dans les autres sans logique apparente mais tissent une trame poétique hautement évocatrice. Le jeu de guitare est avant tout rythmique, semble simple mais se révèle, à l’étude, très imaginatif et parfois d’une réelle complexité, notamment dans l’harmonisation des figures avec le chant.. Le bottleneck ou le slide sont très souvent utilisés, de même qu’une grande variété d’accords ouverts, même si avec le disque, certains (sol et ré ouverts) ont fini par s’imposer comme des normes. Par dessus tout peut-être, le Delta blues se caractérise par des basses puissantes et un rythme lancinant et syncopé qui finissent par décrire une mélopée plus qu’une mélodie. D’ailleurs, nombre de ces blues du Delta ne sont joués que sur un seul accord de la gamme pentatonique mineure, notamment dans la partie collineuse du nord de cette région (Hills counties). Il semble aujourd’hui de plus en plus évident à bien des chercheurs qu’au moins en ce qui concerne cette partie du Delta, la musique, le rythme et le chant amérindiens ont largement contribué à façonner ce style.

D’ailleurs, dans cette région, des orchestres de flûtes et de tambours - la marque des musiques traditionnelles Cherokee et Choctaw - comme ceux des frères Young, de Napoleon Strickland ou d’Othar Turner ont jusqu’à une date très récente continué à exister, animant réunions privées, fêtes campagnardes, mariages, pique-niques. On retrouve ces caractéristiques rythmiques transposées à la guitare chez des musiciens encore en activité comme R.L. Burnside ou Jessie Mae Hemphill.Ceci étant dit, dans le Delta comme dans les autres parties du Sud des Etats-Unis, la mise en avant de caractères indigènes permettent de définir un style régional de musique et d’en faire une synthèse. Elle ne saurait entièrement refléter la diversité de musiciens qui ne se sont jamais souciés de jouer du «Delta blues» plutôt qu’autre chose. La société du Delta, toute fermée qu’elle fût, n’était évidemment pas totalement étanche au monde extérieur. Parmi la première génération des bluesmen du Delta, ceux qui ont créé le style, on trouve des approches très différentes avec des maîtres particuliers aussi divers que Charlie Patton ou Tommy Johnson.Parmi leurs disciples, Son House s’impose comme une des figures les plus incontournables du Delta blues: il a fortement été marqué par Charlie Patton mais son style véhément et passionné a à son tour influencé quantité de jeunes bluesmen comme Robert Johnson, Honeyboy Edwards et Muddy Waters! Il a été enregistré dans les années 40 par la Bibliothèque du Congrès et nous proposons deux de ses titres les plus vibrants dans ce coffret, véritables chefs-d’œuvre du Delta blues.Un autre musicien fortement marqué par Patton, Big Joe Williams est sans doute le bluesman le plus caractéristique de la manière et du style du Delta blues. Il a enregistré presque sans discontinuer de 1935 à sa mort en 1982, sans véritablement changer son style.

Sa vaste oeuvre, musique et textes, évoque le mieux les vicissitudes des paysages et de l’histoire du Delta avec une abondance de noms de lieux, de personnes, d’institutions, de routes, d’établissements comme des juke-joints. Sans doute parce qu’il n’est pas mort dans l’arrière-salle d’un juke joint d’un whiskey empoisonné versé par une femme jalouse après n’avoir enregistré qu’une poignée de titres, son rôle de véritable géant du Delta blues n’a pas été tout-à-fait reconnu de son vivant.Bukka White, l’oncle de B.B. King à qui il a donné ses premières leçons de guitare, est certes marqué par Charlie Patton qu’il a rencontré et qui le fascinait, mais il s’est d’évidence autant inspiré des guitaristes hawaïens. Son «Fixin’ to die blues» avait été repris par Bib Dylan et Buffy Sainte-Marie et lui avait donné une aura de grandeur mystérieuse au début des 60’s. Mais c’est sa pièce signature «Aberdeen Mississippi blues» qui, en guidant ses jeunes fans nordistes vers un lieu précis du Delta, a permis sa redécouverte dans les années 60’s et une nouvelle et fructueuse carrière dans le «Blues re­vival». Nous proposons ces deux titres dans ce coffret.Une troisième génération de bluesmen du Delta puise son inspiration chez les «fondateurs» du genre, pérennisés par le disque, mais aussi dans les oeuvres enregistrées d’artistes totalement étrangers au Delta, parfois dans des genres extérieurs au blues, tel le jazz ou la country music. C’est le cas bien sûr de Robert Johnson (cf. Robert Johnson FA 251). Tommy Mc Clennan, Robert Petway, Johnny Shines, Honeyboy Edwards, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Elmore James, Sonny Boy Williamson (Rice Miller) subissent autant d’influences disparates. Tous ces jeunes bluesmen des années 40, qui ont en général l’ambition de réussir à quitter le Sud grâce à leur musique, enfilent bien moins de «versets flottants» qu’ils ne construisent une histoire et leur musique, déliée, pleine de silences et de respirations, presque «simplifiée» par rapport à celle de leurs aînés, semble appeler l’orchestration... Ce qui arrivera très vite à Chicago. Ils constituent l’aboutissement d’une évolution.

LES LIEUX DU DELTA BLUES
L’image que l’on a du bluesman du Delta est celui d’un métayer noir qui finit de tracer son sillon quand la nuit tombe. Tandis que sa femme lui prépare sa soupe de haricots, il se balance dans un rocking chair branlant sur la véranda vermoulue tout en chantant son blues. Cette image, pour vraie qu’elle fût, tient malgré tout beaucoup du cliché.Dans l’avant-guerre, il faut avant tout distinguer deux catégories de musiciens: les amateurs et les professionnels. Les premiers sont alors généralement qualifiés de «old time players» ou de «backporch» (la véranda). A de rares exceptions près, ils ne seront pas enregistrés par des compagnies commerciales. Ce qui ne veut bien sûr pas dire qu’ils n’ont pas de talent. La découverte par Alan Lomax en 1959 du seul Fred Mc Dowell, un styliste majeur mais jamais enregistré car il ne se vivait que comme un cultivateur, serait là pour le prouver. Les bluesmen «professionnels» sont ceux qui ont tenté de ne vivre que de leur musique. Cela a pu être vrai tout le temps de leur vie (Patton, Tommy Johnson) ou durant quelques années voire quelques mois.Dans les années 1920-40, ces bluesmen du Delta jouent dans les juke-joints, baraques en bois et en tôle ondulée posées ici et là, en général loin des villages, sur des pierres afin de protéger des inondations. Les musiciens animent aussi toutes les fêtes locales, des mariages et baptêmes aux pique-nique dominicaux au bord des fleuves ou des étangs. On danse au moins durant 24 heures tout en buvant le moonshine, le whiskey frelaté fabriqué au clair de lune (d’où son nom) et en dégustant les poissons grillés au barbecue.

Les autres jours, ils se rendent dans les gares, dans les campements d’ouvriers qui réparent digues, routes ou chemins de fer, passent dans les agglomérations, hameaux ou bourgades, se placent à l’intersection de deux rues ou sur une place, jouent et tendent la sébile. Une association de deux musiciens vaut mieux que l’exercice solitaire. C’est ainsi que Charlie Patton fera équipe avec Willie Brown et sa femme Bertha Lee, Tommy Johnson avec Bo Carter, Son House avec Willie Brown après la mort de Patton, Tommy Mc Clennan avec Robert Petway, John Lee Hooker jouera avec Tony Hollins. Johnny Shines a plusieurs fois décrit en détail son association bi-annuelle avec Robert Johnson, comment chacun se plaçait à un coin de la place du village et faisait semblant de combattre l’autre en jouant mieux que lui. Les badauds étaient alors invinciblement attirés par cette âpre concurrence et argent, whiskey, victuailles étaient récoltés en abondance par les musiciens qui, le soir venu, partageaient leur butin! Pour ces musiciens professionnels, la zone du Delta est évidemment bien trop étroite. Ils sautent allègrement les frontières des Etats. Ils répandent ainsi leur style de musique dans le reste du Mississippi, l’Arkansas, le Tennessee, la Louisiane, l’Alabama, jusqu’en Floride où nombre d’entre eux se rendent l’hiver afin de jouer pour les saisonniers, ramasseurs de fruits. Les plus talentueux ou les plus audacieux réussissent à jouer sur les bateaux du Mississippi ou dans les tavernes des villes, Memphis d’abord puis Saint Louis et, au fur et à mesure que les années 30 s’avancent, Chicago, Detroit, Cincinnati.

LA DECENNIE 1940-51 : LES NOUVEAUX FEUX DU DELTA BLUES
Si le Delta blues a eu une influence considérable sur le Chicago blues orchestral de l’après-guerre, ce dernier a à son tour beaucoup marqué les musiciens du Delta. Vers 1936, il est quasiment impensable d’enregistrer pour un label commercial un bluesman seul avec sa guitare. Robert Johnson n’y réussit que parce qu’il est pris en charge par un producteur itinérant qui l’amène avec lui au Texas (et non à Chicago ou New York, où se trouvent les grands studios) et insère ses performances entre des orchestres mexicains ou de Western Swing. Cette situation va brièvement changer avec l’arrivée massive de migrants du Delta à Chicago à partir de 1940. Tommy Mc Clennan, Robert Petway, Arthur Crudup, à nouveau Bukka White et quelques autres vont profiter de l’aubaine pour graver une oeuvre magistrale. Mais dès 1946-47, d’autres musiciens originaires du Delta (Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Elmore James et al) créent un nouveau Chicago blues qui marie les racines rurales et sudistes avec les impératifs urbains. Dans le Delta comme dans tout le Sud, on assiste à la création ou à la rénovation de clubs pour «gens de couleur» dans les quartiers noirs des villes (à Clarksdale et à Greenville) ainsi que, avec le développement de la voiture, le long des routes, notamment les Highways 61 et 51. Ces clubs ne présenteront plus qu’exceptionnellement des bluesmen «traditionnels», de plus en plus qualifiés localement de «old time bluesmen».

En effet, dans les années 40 et 50, les influences dominantes parmi les Noirs sont le Rhythm & Blues et le blues californien. Une grande partie des jeunes musiciens du Delta d’alors vont se tourner vers ces courants (tels Ike Turner, Little Milton, B.B. King, Junior Parker) qui domineront tout le blues jusqu’à aujourd’hui. Le Delta blues «profond» aura malgré tout la vie dure, même s’il ne sera presque pas enregistré durant les années 50. Il faudra attendre en fait le Blues Revival et un formidable courant d’intérêt vers Robert Johnson et les autres grands du Delta blues pour voir resurgir des artistes anciens comme Bukka White, Skip James, Big Joe Williams. Et apparaître de nouveaux interprètes du genre comme Fred Mc Dowell ou R.L. Burnside.L’influence du Delta blues ne s’est pas vraiment étendue au-delà du premier Chicago blues électrique que l’on peut qualifier de South Side Sound (Muddy, Jimmy Rogers, Howlin’ Wolf). Après 1955-58, le nouveau Chicago blues est largement tourné vers le courant texano-californien avec une domination, désormais exclusive, des solos de guitare électrique joués note par note; la présence d’une fréquente ligne de cuivres et une manière de déclamer le blues très différente des générations précédentes. En dehors de Chicago, l’impact du Delta blues a été faible dans le blues noir commercial de l’après guerre. Par contre, le Delta blues a souvent marqué les musiciens (pour l’essentiel blancs) des différents Blues Revivals, qu’ils soient américains ou britanniques. Ils ont souvent fait passer leur fascination pour la musique de cette bande de terre. Le Delta, lieu de misère, d’humiliation, de violence et d’un racisme permanent a soudain pris une apparence romantique irrésistible où chaque croisement de routes abriterait un Satan qui vous tend une guitare.

LES ARTISTES :
Bluesboy Bill: Ce pseudonyme abrite toujours un bluesman inconnu qui a enregistré en 1948 le très beau titre que l’on présente ici, fort influencé par Robert Johnson et Robert Jr Lockwood. Certains journalistes britanniques ont pensé un moment que Louis Myers se cachait sous «Bluesboy Bill», ce qu’a toujours démenti l’intéressé.

Junior Brooks (Crippled Red): Durant le début des 50’s, Ike Turner, mandaté par Sam Phillips, a écumé les juke-joints entre West Memphis et Little Rock et découvert et enregistré quantité de bluesmen locaux. Certains ont fait une carrière, d’autres n’ont gravé qu’une poignée de titres. C’est le cas du guitariste et chanteur Jr Brooks, connu aussi sous le nom de Crippled Red, qui ne figure même pas dans la discographie standard! Son «Lone town blues», avec tous ses côtés rugueux, désordonnés et furieux, représente pourtant admirablement le blues des juke joints sudistes de cette époque.

William Brown: Contrairement à ce qui a été écrit ailleurs, ce chanteur guitariste n’est pas du tout le Willie Brown, un proche compagnon de Charlie Patton qui a été immortalisé par Robert Johnson dans son «Crossroads» blues («You can run, you can run, tell my friend Willie Brown»). Ce William Brown n’en est pas moins un superbe guitariste qui, dans les années 40, maintenait la tradition du premier Delta blues.

Arthur Crudup: Le bluesman du Delta Arthur «Big Boy» Crudup (1905-74) a été parfois surnommé le «Père du Rock’n’roll» parce que Elvis Presley a obtenu son tout premier succès en reprenant et adaptant son «That’s all right mama» (cf Rock’n’roll 1938-46 FA 352). Presley a déclaré avoir calqué une partie de son jeu de scène sur la manière qu’avait Crudup d’animer les juke-joints noirs. L’oeuvre d’Arthur Crudup, copieuse et quelque peu monotone, contient une tentative originale d’orchestrer le Delta blues, très différente de ce que feront les groupes de Chicago. L’interaction très soudée de la guitare uniquement rythmique, de la batterie et de la contrebasse évoque effectivement en partie le futur son des disques Sun comme on peut l’entendre sur ce vigoureux «My baby left me» qui sera aussi repris par Presley et est, depuis, un standard du Rock’n’roll.

Lucious Curtis: a été enregistré par Lomax en compagnie de Willie Ford lors des mêmes expéditions sur le terrain qui ont amené à la découverte de Muddy Waters et au retour de Son House! Un guitariste au jeu fluide et visiblement marqué par certains stylistes de Jackson (Ms), Curtis qui exerçait alors se talents à Natchez a prétendu avoir joué (et enregistré) avec Bo Carter, un des membres éminents des Mississippi Sheiks. Son «Lonesome highway blues» présente aussi nettement l’influence toujours très importante dans les années 40 et 50 de Tommy Johnson.

Sam Davis: Ce chanteur et harmoniciste qui a brièvement refait surface il y a quelques années (le temps d’enregistrer un CD pour Delmark) est surtout célèbre pour la poignée de titres gravés en 1951 en Floride en compagnie du guitariste Earl Hooker.

David «Honeyboy» Edwards: (1915): Lui aussi encore actif aujourd’hui à Chicago où il a immigré dans les 40’s, David Edwards est un grand bluesman du Delta, très proche compagnon de Robert Johnson et de Big Joe Williams et accompagnateur de Charlie Patton, Son House, Tommy Mc Clennan, Tommy Johnson, Robert Petway! John et Alan Lomax l’enregistrent en 1941 à la plantation Stovall où il est manœuvre agricole. Honeyboy va ensuite tenter une carrière musicale au Texas, à Memphis, à Chicago où il enregistrera sporadiquement, des titres pour Sun à l’accompagnement du Fleetwood Mac en passant par quelques morceaux pour Chess! Ce n’est qu’à partir des années 70 qu’il connaît enfin une certaine notoriété et il enregistre depuis substantiellement. Les deux titres que nous proposons dans ce coffret constituent une de ses (hélas) rares incursions en studio au début des 50’s.

Willie Ford:  Lui aussi a été découvert et enregistré par Lomax lors de ses expéditions dans le Delta. Il était alors essentiellement l’accompagnateur habituel de Lucious Curtis, jouant contre des pourboires sur les parkings. «Santa Fe blues» est un admirable morceau qui fait beaucoup regretter que Ford n’ait pas davantage enregistré.

L.C. Green: (? - 1985) Un chanteur et guitariste originaire de Tunica, L.C. Green a enregistré à Detroit une superbe série de blues profonds qui évoquent l’atmosphère des juke joints des années 40. Influencé par John Lee «Sonny Boy» Williamson, Green a gagné Pontiac (Mi) où il a travaillé dans l’industrie automobile jusqu’à sa mort.

Tony Hollins: Tony Hollins est sans doute né entre 1900 et 1915 près de Clarksdale, Ms. Il commence à jouer dans les juke-joints du Delta en compagnie de son frère Johnny, Eddie Burns et John Lee Hooker (qui reprendra plusieurs de ses compositions, notamment «Tease me over», «When my first wife left me» et «Crawling kingsnake»). Hollins gagne Chicago en 1940 ou 1941, enregistre une série de superbes titres mais il est incorporé en 1943, ce qui brise net sa carrière. Hollins retourne une fois encore dans les studios en 1951 mais il ouvre un petit salon de coiffure dans le ghetto et il passera le reste de sa vie davantage à manier les ciseaux qu’à gratter la guitare. Il meurt peut-être vers 1959 mais certains croient qu’il a de nouveau enregistré en 1963 pour Pete Welding sous le nom de Wilbert Jenkins!

Son House: (1892 ou 1902- 1988): Un des géants fondateurs du Delta blues, Son House a commencé par être pasteur et n’a appris vraiment la guitare que dans les années 20. Sa composition favorite sera d’ailleurs l’autobiographique «Preachin’ the blues» qui décrit avec force ses sentiments contradictoires. Après avoir purgé une peine de bagne pour meurtre, Son House rencontre Charlie Patton en 1930 qui l’entraîne avec Willie Brown dans les studios du Nord pour une séance mémorable pour le label Paramount. House sillonne alors le Delta. Il donne au passage leurs premières leçons de guitare et de blues (il est le compositeur de «Walking blues» dont nous offrons ici une magnifique version) à Muddy Waters et Robert Johnson. Redécouvert par Alan Wilson et Bob Hite (des Canned Heat) en 1964, Son House triomphe au festival de Newport et durant la tournée européenne de l’American Folk Blues Festival 1967, impressionnant pour toujours tous ceux qui ont eu la chance de le voir jouer, chanter et vivre.

Howlin’ Wolf (Chester Burnett dit)(1910-1976): Cet émule de Charlie Patton et Tommy Johnson a longtemps joué en soliste dans les juke joints du Delta, marquant par son extravagant jeu de scène et sa puissance presque carnassière tous ceux qui l’ont fréquenté. Il a ensuite modernisé et électrifie le blues de ses mentors d’abord à Memphis puis à Chicago. Avec des sidemen exemplaires(le guitariste Hubert Sumlin notamment) et la patte de Willie Dixon, Howlin’ Wolf a enregistré une part majeure du Chicago blues électrique. Il a bien sûr fortement influencé les Rolling Stones (avec lesquels il a enregistré un album). L’extraordinaire «Moanin’ at midnight» que nous proposons dans ce coffret est tiré du song-book de Tommy Johnson mais le morceau est totalement transfiguré par le «Loup Hurlant».

Luther Huff: (1910-73): En compagnie de son frère Percy (à la guitare), ce chanteur-mandoliniste était un animateur des pique-niques et des juke-joints du Mississippi. C’est à la suite d’un gigantesque concert qui aurait duré 13 jours et nuits que les frères Huff ont été amenés par leur compagnon de beuverie, Sonny Boy Williamson (Rice Miller) aux studios Trumpet à Jackson (Ms). Ils ont alors enregistré quatre titres qui, à l’instar de «1951 blues», font aujourd’hui figure de classiques du Delta blues d’après-guerre. Luther Huff a ensuite gagné Detroit où il a travaillé dans l’industrie automobile. Redécouvert peu avant sa mort, il a enregistré une séance pour Adelphi en 1968, malheureusement restée inédite jusqu’à présent.

Elmore James: (1918-1963): Né sur une petite plantation autour de Canton, Elmore James est dès son plus jeune âge impressionné par une tournée de guitaristes hawaïens (il enregistrera d’ailleurs un remarquable «Hawaiian boogie» en hommage à ces musiciens exotiques). Il partage son temps entre le travail des champs et les juke joints du Delta où il joue en compagnie de Robert Johnson, Robert Jr Lockwood, Sonny Boy Williamson (Rice Miller), Honeyboy Edwards et Howlin’ Wolf. La marque des deux Roberts (Johnson et Lockwood) restera indélébile sur sa musique: voix en falsetto presque strident, utilisation intensive de basses marchantes, répertoire («Dust my broom», «Crossroads»)... Mais son utilisation du slide est bien plus furieuse et tranchante. Il assaille sa guitare suramplifiée avec rage et semble déclamer un sermon d’une voix presque éraillée... Une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues. Outre «Dust my broom» (dont nous présentons ici la première version enregistrée par James en compagnie de Sonny Boy Williamson), Elmore a signé plusieurs grands standards du blues («Sky is crying», «Twelve years old boy») et sa musique n’a cessé d’évoluer, influençant de nombreux bluesmen (Homesick James, Hound Dog Taylor, J.B. Hutto, Little Ed) et autant de rockers (Jimi Hendrix, Jeremy Spencer...).

B.B. King: (1915): On n’imagine souvent pas que B.B. King, le bluesman sophistiqué entouré d’un orchestre de Swing et qui représente la quintessence du blues californien de l’après-guerre est en fait originaire du Delta et qu’il a été très marqué par le Delta blues entendu et pratiqué dans sa jeunesse. Le «Mistreatin’ mama» que nous proposons ici démontre d’ailleurs bien l’importance de ces racines dans sa musique. Après une enfance passée à ramasser du coton dans une plantation, le jeune Riley Ben King, pris en charge par son cousin Bukka White qui lui apprend les rudiments de la guitare, se rend régulièrement à Memphis pour y jouer le blues dans les rues de la ville. Un temps instituteur rural, King s’installe définitivement à Memphis en 1948, déterminé à «devenir une star». Il est alors très influencé par le jeu de guitare swinguant et jazzy de Lonnie Johnson, T-Bone Walker et Charlie Christian. C’est sur leur modèle qu’il forme son premier orchestre avec lequel il enregistre pour Bullet, un petit label de Nashville, en 1949. Parallèlement, King trouve un emploi de disc-jockey sur une des principales stations de radio de Memphis. Sponsorisé par Pepticon, une marque de tonic, Riley devient Blues Boy (B.B.) King qui, tous les soirs, présente les nouveaux disques de blues aux auditeurs noirs. Cela permet aussi à B.B. de faire la promotion de sa musique, disques et concerts, et de s’affirmer très rapidement comme un des jeunes bluesmen importants de la ville. Sa réputation lui permet de signer un contrat avec le label californien Modern, un des principaux indépendants de l’après-guerre pour qui B.B. King enregistrera durant les dix années suivantes une oeuvre prolifique.

Robert Jr Lockwood: (1915): Un proche de Robert Johnson (sa mère vivait avec Johnson qu’elle a peut-être même épousé!), Lockwood a mêlé le style de son mentor avec son goût pour le jazz be-bop. Robert Jr Lockwood enregistre dès 1941 à Chicago une série de titres dans un style proche de celui de Johnson et tout aussi superbes. A la fin des années 40, Lockwood, à la fois placide, fiable et très professionnel, grand technicien de la guitare, devient un obligé des studios, enregistrant en masse derrière d’innombrables bluesmen de la ville et jouant un rôle capital dans la définition du Chicago blues moderne.

Joe Hill Louis: (1921-57): Un des éminents hommes-orchestres de Memphis, Joe Hill Louis a été un des tout premiers artistes à enregistrer pour le célèbre Sam Phillips. Il est un guitariste au son électrique lourd et saturé, un harmoniciste dans la riche tradition de la ville et un percussionniste efficace. Quand il joue des trois instruments en même temps, cela donne un son primitif et puissant très efficace comme dans le «Joe’s jump» que nous présentons ici.

Willie Love: (1906-53): Un des piliers du célèbre show radiophonique King Biscuit Time (en compagnie de Sonny Boy Williamson (Rice Miller), Willie Love avait une grande réputation parmi les musiciens du Delta. N’ayant pas quitté le Sud, Love n’a malheureusement que peu enregistré: une oeuvre remarquable comme on peut l’entendre ici avec «Feed my body to the fishes», inspiré du célèbre «Catfish blues».

Tommy Mc Clennan: (1908-1962):
Un grand bluesman du Delta, Mc Clennan a développé son brin de Delta blues modernisé avec succès au début des années 40. Sa musique extrêmement rythmique, déliée et excitante fait mouche sur de nombreux chefs d’oeuvre enregistrés entre 1939-42 comme «Whiskey headed woman», «Bottle up and go», «Deep blue sea blues» (en fait une des toutes premières versions enregistrées du standard «Catfish blues» que Mc Clennan prétendait même avoir composé), ou sa propre version de «Sweet home Chicago», «Baby don’t you want to go». Bien qu’il ait vécu à Chicago après la guerre et qu’il y ait constamment joué (en particulier avec Big Joe Williams et Little Walter), Mc Clennan n’a plus enregistré après 1942.

Muddy Waters: (1915-1983): Est-ce utile de présenter le «Hoochie Coochie man», le «Père du  Chicago blues»? Il semble aujourd’hui synthétiser le passage du Delta blues au Chicago blues orchestral électrique. A l’époque de «You’re gonna miss me» que nous proposons ici, Muddy n’était pas un musicien professionnel et était surtout connu dans les juke-joints du Delta en tant qu’émule doué de Son House.

Robert Petway: (?-?) a été très proche de Tommy Mc Clennan avec qui il semble avoir joué dans le Delta et à Chicago. Leur musique est d’ailleurs très similaire, Petway étant un guitariste un peu plus «technique». Il enregistre en 1941-42 une courte oeuvre de très haut niveau qui comprend notamment la toute première version du célèbre «Catfish blues». (cf «Blues. 36 chefs d’oeuvres FA 033») ainsi que ce superbe «Ride’em on down». On ne sait malheureusement pas ce qu’il est devenu après la guerre bien que des rumeurs ont plusieurs fois fait état d’enregistrements en contexte orchestral que l’on n’a jamais retrouvés.

Slim Pickens (Eddie Burns): Né en 1928, Eddie Burns est plus connu pour avoir souvent accompagné John Lee Hooker que pour ses titres en vedette. Il est cependant un excellent chanteur, guitariste et harmoniciste et son «Notoriety woman» que nous présentons ici est un des tout premiers titres à avoir été enregistré à Detroit après la guerre. Le morceau est encore immergé dans l’atmosphère du Delta que Burns venait tout juste de quitter.

Dr Isaiah Ross: (1925-93): Cet homme-orchestre exubérant, guitare, harmonica, batterie en même temps, délivre une musique au rythme irrésistible qui fleure bon les pique-niques au bord du Mississippi. D’origine Cherokee, Ross apprend les tambours et l’harmonica à l’âge de neuf ans et dès 1938, il se produit en public. Il est appelé dans l’armée en 1943 et, ses connaissances de la médecine de ses ancêtres, lui vaut d’être affecté à l’hôpital militaire! Après sa libération en 1947, Isaiah devient Dr Ross et crée son Jump and Jive Band qui joue dans tout le Delta et sur plusieurs radios. Très populaire à Memphis, Ross est un des premiers bluesmen à enregistrer pour Sun.

Johnny Shines:
(1915-1992): a autant enregistré en tant que leader d’un orchestre électrique de Chicago blues que comme bluesman soliste, grand maître du style du Delta. Ce compagnon de Robert Johnson a joué durant deux ans avec lui et ils se sont mutuellement très influencés. Le chant passionné et tendu de Shines, son jeu de guitare, notamment au bottleneck font de ses meilleurs disques certaines des plus grandes réussites de l’histoire du blues. Mais son itinéraire (bon père et bon époux, non alcoolique, vivant de son métier de maçon avant d’être musicien professionnel) l’ont empêché d’être une «légende». Son «Evil hearted woman blues», gravé en compagnie de Big Bill Broonzy, est son tout premier enregistrement.

Bobo Thomas: Il s’agit encore hélas d’un quasi inconnu. C’est la productrice de Elmore James qui lui a fait enregistrer cette très belle version de «Catfish blues» en compagnie de Sonny Boy Williamson, couplant cet unique titre avec «Dust my broom» et sortant le 78t sous le nom de Elmore James qui était alors trop timide pour pouvoir enregistrer deux titres! Il faudra ensuite bien des années de recherche pour qu’on rende à Thomas ce morceau!

Tommy Lee Thompson: Un bluesman du Delta proche de Tommy Johnson, Thompson n’a gravé qu’une poignée de titres dont ce beau «Packin’ up my blues», inspiré nettement de Robert Johnson. Thompson est resté dans le Mississippi, jouant longtemps avec l’harmoniciste Sammy Myers.

Bukka White: (1906-1977): Cet admirateur de Charlie Patton et oncle de B.B. King est aussi un des grands noms du Delta blues. Il a enregistré entre 1930 et 1940 une extraordinaire série de blues. Son jeu de guitare très rythmique avec un slide très influencé par certains guitaristes hawaïens est admirable sur «New Frisco train» ou «Panama Limited». «Shake’em on down», «Fixin’ to die», «Aberdeen Ms blues», «Parchman farm blues» sont aussi des chefs d’oeuvre à l’atmosphère poisseuse. Bukka abandonne plus ou moins la musique après la guerre mais ses 78t deviennent de véritables objets de culte parmi les folk singers des 60’s. Cela entraîne sa redécouverte et lui permet une fructueuse seconde carrière en Amérique et en Europe où sa personnalité pleine de gouaille et son sens de la scène font merveille.

Big Joe Williams: (1903-1982): Par la longévité d’une carrière exceptionnelle (60 ans) et par la permanence de son style, Big Joe Williams est sans doute le bluesman le plus caractéristique du Delta blues. Son chant fébrile presque hargneux, son jeu rythmique aux basses très appuyées qui rappelle beaucoup Charlie Patton et son extraordinaire répertoire glané au cours d’une vie de pérégrinations lui ont valu une grande popularité aussi bien dans les juke-joints sudistes que sur les scènes internationales où il stupéfiait ses auditoires. Compositeur du célèbre «Baby please don’t go», Big Joe ne va pas cesser d’enregistrer de 1935 à sa mort et son oeuvre apparaît, avec le recul, de plus en plus gigantesque.

Sonny Boy Williamson (Rice Miller) (1890?-1965): Le paradoxe est que celui qui était allé jusqu’à s’approprier le surnom de John Lee Williamson n’était pas réellement un imitateur de l’autre!!! Bonimenteur, showman autant que bluesman, ce Sonny Boy-là a entouré son existence d’un tel épais tissu de bobards qu’il est très difficile de savoir ce qu’il en fût vraiment. Il ne commence à enregistrer dans le Mississippi qu’en 1951 puis gagne Chicago et l’écurie Chess et enregistre alors abondamment une oeuvre exceptionnelle que préfigure le magnifique «Mighty long time» (juste l’harmonica de Sonny Boy ici et la voix de Cliff Givens qui imite la basse!).
Gérard HERZHAFT

SOURCES:
COHN (Larry).- Nothing but the blues.- Abbeville, 1993 (Traduction)
HERZHAFT (Gérard).- La Grande Encyclopédie du Blues.- Fayard, 1997
HERZHAFT (Gérard).- Un long blues en La mineur.- Gallimard, 1995
HERZHAFT (Gérard).- Catfish blues.- Seuil, 1997
LOMAX (Alan).- The Land where the blues began.- Pantheon, 1993
OLIVER (Paul).- The Story of the blues.- Penguin, 1972
PALMER (Robert).- Deep blues.- Viking Press, 1981
RYAN (Marc).- Trumpet Records.- Big Nickel, Milford, NH: 1992
SACRE (Robert).- The Voice of the Delta.- Presses Universitaires de Liège, 1987

Magazines: Soul Bag, Blues Unlimited, Blues World, Blues & Rhythm, Ecouter/ Voir.
Textes de pochettes et livrets par Bruce Bastin, Jean Buzelin, Sebastian Danchin, Mike Leadbitter, Jacques Périn, Mike Rowe, Chris Smith, Ray Templeton.  

english notes
Is the Delta the heart of the blues ?  This thin strip of land has been sung about by a host of bluesmen, implying that the genre originates from here.  Indeed, a great number of important bluesmen were born here and either remained there all their life or ventured towards the big northern cities, Chicago in particular, taking with them their form of blues which they went on to adapt and modernise.  The list of natives from this area, including Charlie Patton, Tommy Johnson, Skip James, Son House, Robert Johnson, Big Joe Williams, Muddy Waters, John Lee Hooker, Howlin’ Wolf, Sonny Boy Williamson (Rice Miller), Elmore James, Junior Parker and B.B. King surely indicate that blues sprang from this region.In the Delta, the 1940-’51 period was notably fertile.  Three styles of blues were being played.  The former, and oldest, which gave rise to the genre was apparent in the sounds of great creators such as Son House, Bukka White and Big Joe Williams.  The second included young bluesmen who used the foundations as set by the older generation but slowly modernised them.  Their music became more flowing and freer, enabling it to take a role in bands.  Muddy Waters, Honeyboy Edwards, Johnny Shines, Sonny Boy Williamson and Howlin’ Wolf were all initiated by the prestigious elders before leaving for Chicago.  Finally, the third style, without for so much rejecting tradition, aspired to other forms of black popular music which were less regional, more modern and commercial.  B.B. King, Willie Love, Ike Turner and later on, Junior Parker were fed on Delta blues and then brought to Delta the methods and sounds from California or Texas.The aim of this boxed-edition is to relate this decade, so significant in the history of the Delta blues.

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The Delta region must not be confused with the ‘true’ Mississippi Delta around New Orleans.  The area dealt with here is a rich alluvial stretch of land, measuring 258 km at its longest part and 80 km at its widest, lying between Vicksburg and Memphis in the centre of a triangle formed by the Mississippi and its small affluent, the Yazoo River.  Delta officially belongs to the State of Mississippi but covers a mere fifth of this State.  As far as blues is concerned, the characteristics in the rest of the State are quite different from those in this Delta region.Two parallel roads run the length of the Delta - Highway 61 and Highway 51.  These banal stretches have entered legend due to songs by many bluesmen, rock artists and folk singers, from Willie ‘61’ Blackwell to Bob Dylan.  The towns and villages they cross have also become mythical - Tunica, Dundee, Yazoo City, Lula, Hernando, Como, Senatobia, Granada, Clarksdale, Greenville etc.  These boroughs present little interest and are all new as settlers only arrived at the end of the 19th century.  Beforehand, this easily flooded land was inhabited by Christianised Indians, Cherokees, Creeks and Choctaws.As from 1880, technological progress allowed the Delta to be ‘conquered’.  Embankments were built to partially overcome the problems of flooding and railtracks covered the entire region.  As time went by, the Indians’ territory was taken from them and some Cherokees set off to the Indian reserves in Oklahoma but most remained, officially becoming owners of small and inadequate plots of land.  These plots were subsequently bought at ludicrously low prices by private companies or federal and local governments.  Officially, there are no more Indians in the Delta.  Those who remained are classed as ‘coloured’ people in the same way as the Blacks.  Indeed, many of Delta’s Blacks are of Cherokee origin, and some of the bluesmen of this area, including Muddy Waters, Big Joe Williams, Jessie Mae Hemphill and R.L. Burnside boasted about their Indian blood with pride.

By 1886 the land had been divided into small estates and sharecropping farms.  The area attracted ambitious Whites who had lost all after the War of Secession as well as the Blacks deciding to try their luck there after their recent freedom.  They came mainly from neighbouring States and all started out as share-croppers hoping to climb the social ladder and become land owners.  Many Whites managed to better their standard of living in this way, but the majority of Blacks discovered the limits of their freedom as segregation still prevailed.  After a short while, this ‘promised land’ simply became a stepping-stone to the north, particularly Chicago which was rapidly increasing in size.  At the turn of the XXth century, this dynamic industrial city was in easy reach for those in the Delta thanks to the Illinois Central Railway (ICR), featured in so many blues numbers.The 1917-’18 war incited the first great wave of migration from the south to the north.  This same period coincided with the apparition of the first generation of black musicians from the Delta who, shunning the traditional folk songs, preferred what would shortly be known as the ‘blues’, always sung in first person singular, exploring the mutual experiences of southern Blacks.This migration movement increased during the twenties and thirties, aggravating the repressive system in the Delta.  The handful of large landowners underpaid their workers, concentrated on cotton monoculture and ran into debt through overspending.  Many southern regions were affected by the weevil attacking the crops but the Delta was assisted by the AAA (Agricultural Adjustment Administration) which encouraged these landowners and wiped out their debts as long as they continued to purchase land.  As a result, thousands of small black and white farmers were forced to give up their land and either went back to being share-croppers or headed up north.Agriculture became mechanised in the thirties, accentuating this migration to a point where in the post-war years the
Delta had become a greatly depopulated area, suffering from a social and racial system which was not in bearing with the modern world.  This segregation finally came to an end in 1967.

The Delta certainly had its share of tension and conflict, heightened by constant flooding, outbreaks of dysentery and malaria.  Yet, some amazing creativity emerged - extraordinary artists specialised in the blues and country music, Rock’n’roll and classical music (Haxton), writers, painters and sculptors.The soul of the Delta, brutal, cruel, despairing and fascinating was quite correctly described as ‘The South’s South’ by writer Richard Ford.The history, geography and demography of this stretch of land have all that is needed to give the Delta Blues a unique style, with definable characteristics.  Generally speaking, the Delta blues singer becomes so involved in his music that he creates as he goes along.  The singing is vehement and the verses brim with metaphors with no apparent logic but which result in highly suggestive poetry.  The guitar playing is rhythmic and although may appear simple is in fact very imaginative and sometimes truly complex.  The bottleneck and slide are often used.  The Delta blues are particularly characterised by powerful  bass notes and an obsessing and syncopated rhythm.  Many of the blues numbers from this region use just one chord, especially in the northern Hills counties.  In this part of the Delta, it would seem that the music, rhythm and chanting of the Amerindians contributed to the formation of this style.  However, the region was not entirely cut off from the rest of the country, and within the Delta itself was a variety of musical approaches and some quite different masters emerged such as Charlie Patton and Tommy Johnson.Son House stood out as one of their biggest disciples.  He had been strongly influenced by Charlie Patton but his vehement and passionate style then marked many young blues players such as Robert Johnson, Honeyboy Edwards and Muddy Waters !  Here, we may appreciate two of his most rousing numbers, true master-pieces of Delta blues.

Big Joe Williams, who was also strongly inspired by Patton, is undoubtedly the most characteristic bluesman in the Delta style.  His lyrics portray the landscape and history of the Delta and he refers to many places, people, institutions, roads and juke-joints.  Unfortunately, his true role as the king of the Delta blues was never recognised while he was alive.B.B. King’s uncle, Bukka White was also influenced by Patton but was equally inspired by Hawaiian guitarists.  His signature tune, Aberdeen Mississippi Blues enabled him to be rediscovered in the sixties when his career took off once more with the ‘Blues Revival’.  This title and his Fixin’ To die Blues, borrowed by Bob Dylan and Buffy Sainte-Marie in the early sixties are included here.A third generation of bluesmen from the Delta appeared, taking inspiration from the ‘founders’ of the genre as well as from other artists from other regions, sometimes from totally different genres such as jazz and country music.  This was the case with Robert Johnson, Tommy Mc Clennan, Robert Petway, Johnny Shines, Honeyboy Edwards, Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Elmore James and Sonny Boy Williamson (Rice Miller).  These artists, all from the forties, aimed to leave the south through their music, but their style was somewhat simplified compared to that of the older generation.During the pre-war days, two types of Delta musicians existed : the amateurs and the professionals.  The former type were generally known as ‘old time players’ or ‘backporch’ and very rarely recorded for commercial companies.  Nonetheless, many were talented such as Fred Mc Dowell, spotted by Alan Lomax in 1959. 

The professional bluesmen attempted to earn their living through music.  Their career could last a whole lifetime (Patton, Tommy Johnson), for a few years or even for just a few months.From 1920 to ’40, these Delta artists played in juke-joints and provided the entertainment for local festivities, weddings, christenings and Sunday picnics by the river.  These parties would last for at least 24 hours, accompanied by moonshine (adulterated whiskey) and grilled fish.  The rest of the time was spent busking when the musicians usually paired up.  Thus Charlie Patton teamed up with Willie Brown and his wife Bertha Lee, Tommy Johnson played with Bo Carter, Son House with Willie Brown after Patton’s death, Tommy Mc Clennan with Robert Petway, John Lee Hooker with Tony Hollins and Johnny Shines got together with Robert Johnson twice a year.  The Delta area itself was too small for them so they often crossed the borders, venturing into other States.  Their musical style therefore reached the rest of Mississippi, Arkansas, Tennessee, Louisiana, Alabama and right over to Florida where many of them spent winter, playing for the fruit-pickers.  The most talented or most audacious managed to play on the boats going down the Mississippi or in the taverns in Memphis then Saint
Louis followed by Chicago, Detroit and Cincinnati as the years went on.

In the same way that the Delta blues influenced the post-war orchestral Chicago blues, the latter style also marked the Delta musicians.  In 1936, a record label would have never dreamt of just recording a blues player with his guitar.  The situation changed for a short while after 1940 further to the migration from the Delta to Chicago.  Tommy Mc Clennan, Robert Petway, Arthur Crudup, Bukka White and a few others made use of this opportunity and recorded in quantity.  Then as from 1946-’47, other musicians originally from the Delta (including Muddy Waters, Howlin’ Wolf and Elmore James) created a new kind of Chicago blues where they combined the rural and southern roots with urban tendencies.  In the Delta and in all the South, clubs appeared for ‘coloured people’ in the black districts of towns and along the highways.  The ‘traditional’ bluesmen, or ‘old time bluesmen’  very rarely performed in these clubs.During the forties and fifties, the Blacks turned more and more towards Rhythm & Blues and Californian blues, and many of the Delta artists also followed these trends such as Ike Turner, Little Milton, B.B. King, Junior Parker).  The ‘deep’ Delta blues suffered and had to wait until the Blues Revival for the old artists to reappear (Bukka White, Skip James, Big Joe Williams) and new interpreters to arrive on the scene (such as Fred Mc Dowell and R.L. Burnside).The influence of the Delta blues did not really go further than the first electric Chicago blues, or the South Side Sound (Muddy, Jimmy Rogers, Howlin’ Wolf)  After 1955-’58, the new Chicago blues turned to the Texan-Californian sounds.  And its impact was hardly felt out of Chicago.  However the Delta blues has often influenced the musicians of the various Blues Revivals and, of course, the British rock of the 60’s.

THE ARTISTS
Bluesboy Bill :  Nobody knows who used this pseudonym for this title recorded in 1948, although some journalists believe it to be Louis Myers.
Junior Brooks (Crippled Red) :  In the early fifties, Ike Turner, commissioned by Sam Phillips, scouted around the juke-joints between West Memphis and Little Rock, recording many local bluesmen, one being Jr Brooks.  He made few recordings though his Lone Town Blues is truly representative of the southern juke joints of the period.
William Brown :  This is not the Willie Brown, immortalised in Robert Johnson’s Crossroads (‘You can run, you can run, tell my friend Willie Brown’) but was nevertheless a superb guitarist who, during the forties, maintained the tradition of the first Delta blues.
Arthur Crudup :  Arthur ‘Big Boy’ Crudup (1905-’74) has sometimes been called the ‘Father of Rock’n’roll’ as Elvis Presley had his first hit by singing his That’s All Right Mama.  His multitude of works are somewhat monotonous but contain an original attempt to orchestrate the Delta blues.
Lucious Curtis :  He was recorded by Lomax along with Willie Ford.  His Lonesome Highway Blues demonstrates Tommy Johnson’s strong influence in the forties and fifties.
Sam Davis :  This singer and harmonica player made a brief come-back a few years ago and is mainly known for the titles cut in 1951 in Florida along with guitarist Earl Hooker.
David ‘Honeyboy’ Edwards :  (1915)  A great Delta bluesman who moved to Chicago in the forties and is still active to this day.  He was a close friend of Robert Johnson and Big Joe Williams and accompanied Charlie Patton, Son House, Tommy Mc Clennan, Tommy Johnson and Robert Petway.  He was recorded by John and Alan Lomax in 1941 then pursued a musical career in Texas, Memphis and Chicago, but only became well-known in the seventies.
Willie Ford :  He was another Lomax discovery when he was accompanying Lucious Curtis.  Santa Fe Blues is a splendid piece but unfortunately Ford made few recordings.
L.C. Green :  ( ? - 1985)  This singer and guitarist from Tunica made a superb series of deep blues recordings in Detroit which conjures up the atmosphere of the juke-joints in the forties.
Tony Hollins :  Born near Clarksdale, Hollins began by playing in the Delta’s juke-joints with his brother Johnny, Eddie Burns and John Lee Hooker.  He left for Chicago around 1940 and made some excellent recordings but was called up in 1943 and his career came to a halt.  He returned to the studios in 1951 and otherwise ran a hairdresser’s shop.
Son House :  (1892 or 1902-1988)  One of the great founders of the Delta blues.  He debuted as a pastor and only learnt to play the guitar in the twenties.  After being sentenced for murder, House met Charlie Patton in 1930 who took him and Willie Brown to the studios in the North for a memorable session for the Paramount label.  He then went down to the Delta where he gave Muddy Waters and Robert Johnson their first guitar and blues lessons !  He was rediscovered by Alan Wilson and Bob Hite (from Canned Heat) in 1964 and triumphed in the Newport festival and the European tour of the American Folk Blues Festival in 1967.
Howlin’ Wolf  (Chester Burnett):  (1910-1976)  For a long time he played alone in the Delta’s juke-joints, then went on the modernise and electrify the blues in Memphis followed by Chicago where he held a major role in the electric Chicago blues.  He strongly influenced The Rolling Stones with whom he made an album.
Luther Huff :  (1910-’73)  Along with his brother Percy, this singer-cum-mandolinist used to provide the entertainment during picnics and in Mississippi juke-joints.  After a massive 13-day concert, Sonny Boy Williamson led them to the Trumpet studios in Jackson where they cut four titles, now classics of the post-war Delta blues.  Luther then worked in the car industry and participated in one other session for Adelphi in 1968.
Elmore James :  (1918-1963)  When young, James was impressed by the Hawaiian guitarists who toured near his home around Canton.  Later, he shared his time between field work and Delta juke-joints where he played with Robert Johnson, Robert Jr Lockwood, Sonny Boy Williamson (Rice Miller), Honeyboy Edwards and Howlin’ Wolf.  The two Roberts influenced his music, though James’ use of the slide was sharper.  He signed several great blues standards and his music continued to evolve, influencing numerous bluesmen (Homesick James, Hound Dog Taylor, J.B Hutto, Little Ed) and rock stars (Jimi Hendrix, Jeremy Spencer etc.).
B.B. King :  (1915)  It is hard to believe that this sophisticated bluesman, representative of the post-war Californian blues originally came from the Delta.  Mistreatin’ Mama, included here, demonstrates the importance of his roots in his music.  The young Riley Ben King spent his childhood picking cotton before his cousin Bukka White taught him to play the guitar and he often went to Memphis to play the blues in the streets.  King settled permanently in Memphis in 1948 and was at that point strongly influenced by the styles of Lonnie Johnson, T-Bone Walker and Charlie Christian.  His debut recording was in 1949 for Bullet, a small Nashville label and he also worked as DJ for one of the main Memphis radio stations.  Sponsored by Pepticon, Riley became Blues Boy (B.B.) King, who played new blues discs every night for the black listeners.  This also enabled him to promote his own music and rapidly became a reputed musician in the town.  He went on to sign a contract with the Californian label, Modern and made numerous recordings in the ten following years.
Robert Jr Lockwood :  (1915)  Lockwood was close to Robert Johnson and his style combined this influence with his love for jazz bebop.  As from 1941, Lockwood started recording some superb pieces in Chicago and held a major role in modern Chicago blues.
Joe Hill Louis :  (1921-’57)  One of Memphis’ most outstanding one-man bands, Louis was one of the first artists to record for Sam Phillips.
Willie Love :  (1906-’53)  A mainstay of the radio show, ‘King Biscuit Time’, Willie was well-reputed amongst the Delta musicians.  He never left the South and therefore made few recordings.
Tommy Mc Clennan : (1908-’62)  Mc Clennan successfully modernised the Delta blues in the early forties.  Although he lived in Chicago after the war and continued to play, he made no more recordings after 1942.
Muddy Waters :  (1915-’83)  Everyone knows the ‘Hoochie Coochie man’, the Father of Chicago Blues.  In this title, he was not yet professional and was only known in the Delta’s juke-joints.
Robert Petway :  Petway was very close to Tommy Mc Clennan and their music was very similar.  He made some quality recordings in 1941-’42 including the very first version of Catfish Blues. 
Slim Pickens (Eddie Burns) :  Born in 1928, Burns is best known from when he accompanied John Lee Hooker.  Nonetheless, he was an excellent singer, guitarist and harmonica player.
Dr Isaiah Ross :  (1925-’93)  Of Cherokee origin, Ross was an exuberant one-man band.  In 1947, he created his Jump and Jive Band which played all around the Delta and on various radio stations.
Johnny Shines :  (1915-’92)  He recorded as the leader of an electric Chicago blues band and as a solo bluesman, master of the Delta style.  His guitar playing and impassioned singing led to some highly successful recordings.
Bobo Thomas :  Little is known about Thomas.  This version of Catfish Blues was issued in Elmore James’ name, coupled with Dust My Broom.
Tommy Lee Thompson :  A Delta bluesman who recorded few titles.  Thompson stayed in Mississippi and played with Sammy Myers for a long while.
Bukka White :  (1906-’77)  B.B.. King’s uncle was another big name in Delta Blues.  After the war he more or less abandoned music but his 78s were sought after by the folk singers of the sixties.  Thus, his career had a fresh lease of life and he was popular in both America and Europe.
Big Joe Williams :  (1903-’82) :  Through the length of his career (60 years) and his unchanging style, Williams characterises most the Delta blues.  He began recording in 1935 and continued until his death.
Sonny Boy Williamson (Rice Miller) :  (1890 ?-1965)  This bluesman, showman and joker began recording in Mississippi in 1951 then left for Chicago where he made numerous recordings.
Adapted in English by Laure WRIGHT
from the French text of Gérard HERZHAFT
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2002

DISCOGRAPHIE
CD 1
01. SON HOUSE: Delta Blues  (Eddie House)        5’09
02. BUKKA WHITE: Aberdeen Mississippi blues  (Booker T. White)          2’35
03. BUKKA WHITE: Fixin’ to die blues  (Booker T. White)           2’49
04. SON HOUSE: Walking blues  (Eddie House)         6’39
05. ROBERT Jr LOCKWOOD: Black spider blues  (Robert Jr Lockwood)          2’56
06. MUDDY WATERS: You’re gonna miss me when I’m gone                          3’21(Mc Kinley
Morganfield)
07. LUCIOUS CURTIS: Lonesome highway blues  (Lucious Curtis)          3’13
08. WILLIE FORD: Santa Fe blues  (Willie Ford)  3’19
09. TONY HOLLINS: Tease me over blues  (Tony Hollins)          2’59
10. WILLIAM BROWN: Ragged and dirty  (John Estes)    4’49
11. TOMMY Mc CLENNAN: Deep blue sea blues  (Tommy Mc Clennan)        2’59
12. TOMMY Mc CLENNAN: I love my baby  (Tommy Mc Clennan)  3’05
13. ROBERT PETWAY: Ride’em on down  (Trad.)  2’56
14. JOHNNY SHINES: Evil hearted woman blues  (Johnny Shines)    2’46
15. JOE HILL LOUIS: Joe’s Jump  (Joe Hill Louis)          2’51
16. BIG JOE WILLIAMS: She’s a married woman  (Joe Lee Williams)  2’39
17. ARTHUR CRUDUP: My baby left me  (Arthur Crudup)       2’28
18. JUNIOR BROOKS: Lone town blues  (Junior Brooks)     2’48

(1) Son House, vcl/g; Leroy Williams, hca. Lake Cormorant, Ms. 26 août 1941
(2)(3) Bukka White, vcl/g; Washboard Sam. Chicago, Ill. 8 mars 1940
(4) Son House, vcl/g; Leroy Williams, hca; Willie Brown, g; Fiddlin’ Joe Martin, mdln. Lake Cormorant, Ms. 31 août 1941
(5) Robert Jr Lockwood, vcl/g. Chicago, Ill. 30 juillet 1941
(6) Muddy Waters, vcl/g. Stovall Plantation, Ms. 24 juillet 1942
(7) Lucious Curtis, vcl/g; Willie Ford, g. Natchez, Ms. 19 octobre 1940
(8) Willie Ford, vcl/g. Natchez, Ms. 19 octobre 1940
(9) Tony Hollins, vcl/g; bs; wbd. Chicago, Ill. 3 juin 1941
(10) William Brown, vcl/g. Clarksdale, Ms. 16 juillet 1942
(11) Tommy Mc Clennan, vcl/g; prob. Alfred Elkins, bs. Chicago, Ill. 15 septembre 1941
(12) Tommy Mc Clennan, vcl/g; Ransom Knowling, bs. Chicago, Ill. 20 février 1942
(13) Robert Petway, vcl/g; prob. Alfred Elkins, bs. Chicago, Ill. 28 mars 1941
(14) Johnny Shines, vcl/g; Big Bill Broonzy, g; batt. Chicago, Ill. 24 février 1946
(15) Joe Hill Louis, vcl/g/hca/batt.; bs. New York City, 21 novembre 1949
(16) Big Joe Williams, vcl/g; Singleton Palmer, bs. Saint Louis, Mo. 1949
(17) Arthur Crudup, vcl/g; Ransom Knowling, bs; Judge Riley, batt. Chicago, Ill. 8 novembre 1950
(18) Junior Brooks, vcl/g; Baby Face Turner, g; Bill Russell, batt. Little Rock Ak. vers octobre 1951

CD 2

01. BOBO THOMAS: Catfish blues  (Trad.)          2’53
02. L.C. GREEN: Little school girl  (John Lee Williamson)          2’19
03. SLIM PICKENS: Notoriety woman  (John Lee Williamson)   3’00
04. BLUESBOY BILL: Come on babe  (Robert Johnson)      2’25
05. HONEYBOY EDWARDS: Build a cave  (Arthur Crudup)          2’22
06. HONEYBOY EDWARDS: Who may your regular be?  (David Edwards)   2’33
07. HOWLIN’ WOLF: Moanin’ at midnight  (Chester Burnett)   2’56
08. B.B. KING: Mistreated woman  (Riley Ben King)          2’47
09. TOMMY LEE: Highway 80 blues  (Tommy Lee Thompson)  3’06
10. ELMORE JAMES: Dust my broom  (Robert Johnson)      2’45
11. SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller): Eyesight to the blind  (Rice Miller)       3’00
12. LUTHER HUFF: 1951 blues  (Luther Huff)           2’38
13. SAM DAVIS: Going home blues  (Sam Davis)  2’34
14. TOMMY LEE: Packin’ up my blues  (Tommy Lee Thompson)          2’53
15. SONNY BOY WILLIAMSON (Rice Miller): Mighty long time  (Rice Miller)  2’56
16. DOCTOR ROSS: Little soldier boy  (Isaiah Ross)       3’00
17. WILLIE LOVE: Feed my body to the fishes  (Willie Love)         2’30
18. BIG JOE WILLIAMS: Delta blues  (Joe Lee Williams)   2’38

(1) Bobo Thomas, vcl/g; Sonny Boy Williamson (Rice Miller), hca; Leonard Ware, bs. Jackson, Ms. 24 juillet 1951
(2) L.C. Green, vcl/g; Walter Mitchell, hca. Galatin, Tn. 1951
(3) Slim Pickens (Eddie Burns), vcl/hca; John T. Smith, g. prob. Detroit, Mi. vers 1949
(4) Bluesboy Bill, vcl/g. poss. Detroit, Mi. 1947
(5) Honeyboy Edwards, vcl/g. Houston, Tx. 1951
(6) Honeyboy Edwards, vcl/g; prob. Thunder Smith, pno. Houston, Tx. 1951
(7) Howlin’ Wolf, vcl/hca; Ike Turner, pno; Willie Johnson, g; Willie Steel, batt. Memphis, Tn. 14 mai 1951
(8) B.B. King, vcl/g; Ford Nelson, pno; James Walker, bs; E.A. Kamp, batt. Memphis, Tn. septembre 1950
(9)(14) Tommy Lee Thompson, vcl/g; Percy Lee Thompson, g; John Thorn, pno; batt. Jackson, Ms. septembre 1951
(10) Elmore James, vcl/g; Sonny Boy Williamson (Rice Miller), hca; Leonard Ware, bs; Frock O’Dell, batt. Jackson, Ms. 5 août 1951
(11) Sonny Boy Williamson (Rice Miller), vcl/hca; Willie Love, pno; Elmore James, g; Henry Reed, bs; Joe Dyson, batt. Jackson, Ms. 12 mars 1951
(12) Luther Huff, vcl/mdln; Percy Huff, g. Jackson, Ms. 10 janvier 1951
(13) Sam Davis, vcl/hca; Earl Hooker, g; batt. Miami, Fl. fin 1951
(15) Sonny Boy Williamson, vcl/hca; Cliff Givens, vcl. Jackson, Ms. 4 décembre 1951
(16) Dr Isaiah Ross, vcl/hca; Wiley Galatin, g. Memphis, Tn. 29 novembre 1951
(17) Willie Love, vcl/pno; Joe Willie Wilkins, g; T.J. Green, bs; batt. Jackson, Ms. 1er décembre 1951
(18) Big Joe Williams, vcl/g. Jackson, Ms. 25 septembre 1951

CD Delta Blues 1940 - 1951 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 DELTA BLUES - WILLIAMS 05'10
 
02 ABERDEEN MISSISSPI BLUES - WHITE 02'37
 
03 FIXIN TO DIE BLUES - WHITE 02'51
 
04 WALKING BLUES - HOUSE 06'40
 
05 BLACK SPIDER BLUES - LOCKWOOD JR 02'57
 
06 YOU RE GONNA MISS ME WHEN AM GONE - WATERS 03'23
 
07 LONESOME HIGHWAY BLUES - LUCIOUS 03'15
 
08 SANTA FE BLUES - FORD 03'20
 
09 TEASE ME OVER BLUES - HOLLINS 03'00
 
10 RAGGED AND DIRTY - BROWN 04'50
 
11 DEEP BLUE SEA BLUES - MC CLENNAN 03'01
 
12 I LOVE MY BABY - MC CLENNAN 03'06
 
13 RIDE EM ON DOWN - PETWAY 02'57
 
14 EVIL HEARTED WOMAN BLUES - SHINES 02'47
 
15 JOE S JUMP - HILL LOUIS 02'53
 
16 SHE S A MARRIED WOMAN - WILLIAMS 02'41
 
17 MY BABY LEFT ME - CRUDUP 02'29
 
18 LONE TOWN BLUES - BROOKS 02'48
CD 2
 
01 CATFISH BLUES - BOBO 02'54
 
02 LITTLE SCHOOL GIRL - GREEN 02'20
 
03 NOTORIETY WOMAN - PICKENS 03'01
 
04 COME ON BABE - BLUESBOY 02'26
 
05 BUILD A CAVE - HONEYBOY 02'23
 
06 WHO MAY YOUR REGULAR BE - HONEYBOY 02'34
 
07 MOANIN AT MIDNIGHT - HOWLIN 02'57
 
08 MISTREATED WOMAN - BB KING 02'48
 
09 HIGHWAY 80 BLUES - THOMPSON 03'07
 
10 DUST MY BROOM - ELMORE 02'47
 
11 EYESIGHT TO THE BLIND - WILLIAMSON 03'02
 
12 1951 BLUES - HUFF 02'39
 
13 GOING HOME BLUES - DAVIS 02'35
 
14 PACKIN UP MY BLUES - THOMPSON 02'55
 
15 MIGHTY LONG TIME - WILLIAMSON 02'57
 
16 LITTLE SOLDIER BOY - DOCTOR ROSS 03'02
 
17 FEED MY BODY TO THE FISHES - LOVE 02'31
 
18 DELTA BLUES - HOUSE 02'38
"Delta Blues" par Blues Boarder

“C’est l’essence divine de la musique du diable, le blues puisé au sources de la plus pure tradition.” S. SCIBOZ, BLUES BOARDER




"Delta Blues" par Blues & Rythm

“The Fremeaux set, though, shows again why they are laying down such a strong reputation for good, useful packages of american music.” R. TEMPLETON, BLUES & RYTHM




"Delta Blues" par Rollin' & Tumblin'

“Il faut saluer le soin mis par G. Herzhaft pour sélectionner LA face la plus représentative de chaque artiste. Recommandé.“ ROLLIN’ & TUMBLIN’




"Delta Blues" par Jazz Man

"Après avoir proposé un panorama des grands noms du blues dans une série de coffrets intelligemment compilés et remarquablement annotés ; Frémeaux & Gérard Herzhaft poursuivent leurs explorations du patrimoine afro-américain de la première moitié du XXe siècle en procédant de manière thématique."
Sébastien DANCHIN – JAZZ MAN


« Après avoir proposé un panorama des grands noms du blues dans une série de coffrets intelligemment compilés et remarquablement annotés ; Frémeaux & Gérard Herzhaft poursuivent leurs explorations du patrimoine afro-américain de la première moitié du XXe siècle en procédant de manière thématique. Cette fois, c’est une photographie du blues dans le Delta du Mississippi des années 1940 qui est proposée ; ce projet, particulièrement pertinent, permet d’assister « en direct » à la transformation d’un style rural en une ébauche d’idiome urbain. Cette passation de pouvoir se trouve parfaitement illustrée par la présence sur ces faces de Bukka White, tenant de la tradition, et de son jeune cousin B. B. King, père de la révolution électrique. La diversité des plages choisies, la personnalité des artistes présentés (avec aussi bien des célébrités comme Son House, Muddy Waters, ou Elmore James que des bardes plus obscurs comme Lucious Curtis et Bobo Thomas) ou encore le soucis de repiquage sonore, autant de preuves de qualité d’une collection qui fait œuvre de salut public en permettant à tout un pan de la musique noire d’échapper à l’oubli. » Sébastien DANCHIN – JAZZ MAN




"Delta Blues" par Dirty Linen Presse USA

« Frémeaux selected this particular time frame because it marked a brief period when record labels began to record some of the traditional, acoustic Delta Blues artists, Chicago electric and South Side Blues pioneers, and younger musicians who were developing rhythm and blues in a more commercial style. » DIRTY LINEN




"Delta Blues" par Soul Bag

"Ce double recueil, sélectionné par Gérard Herzhaft, se propose de présenter un panorama des chanteurs et musiciens de blues issus du delta du Mississippi et ayant enregistré leurs disques soit dans cette région même, soit dans les villes comme Saint Louis, Chicago, Detroit, Houston … " Jacques DEMETRE – SOUL BAG

 « Ce double recueil, sélectionné par Gérard Herzhaft, se propose de présenter un panorama des chanteurs et musiciens de blues issus du delta du Mississippi et ayant enregistré leurs disques soit dans cette région même, soit dans les villes comme Saint Louis, Chicago, Detroit, Houston … Mais avant de poursuivre, précisons bien (comme le fait Herzhaft dans son excellente brochure) que ce « Delta » n’est pas celui situé à l’embouchure de ce fleuve, mais la bande de terre s’étendant sur la rive orientale entre Memphis et Vicksburg.
Ces lieux connaissent, depuis longtemps, une très forte densité de population afro-américaine et sont devenus tout naturellement le berceau le plus fécond du blues, comme le démontre une fois de plus le présent double disque compact.
D’un bout à l’autre de celui-ci, on ne peut qu’être captivé par ces chants rudes et expressifs que prolongent et enrichissent les contre-chants et réponses fournies par de superbes parties de guitare ou d’harmonica, mais plus rarement de piano. » Jacques DEMETRE – SOUL BAG




"Bravos !!!" Trad Mag

«... L’ensemble est bouleversant et est porteur de grandes émotions grâce à Gérard Herzhaft qui a fait un travail  remarquable et signe un excellent livret. Une très belle réalisation Frémeaux. » Michel PLISSON – TRAD MAG. A reçu la distinction “Bravos !!!” Trad Mag


«Une magnifique compilation de blues qui fait suite à celles déjà produites par Frémeaux (notamment le splendide "Harmonica Blues") enregistrée au lieu du XX ème siècle dans cette région du Mississippi que l’on appelle le Delta. Le Delta n’est pas exactement le delta du fleuve Mississippi mais une petite zone circonscrite entre le grand fleuve et la rivière Yazoo dans lequel s’inscrivent les villes de Memphis et Vicksburg. Cette zone épouse vaguement la forme de la lettre grecque delta, possède des caractéristiques socioculturelles particulières, notamment une histoire particulièrement chargée en violences contre les Indiens (Cherokees), les Noirs paysans métayers très souvent misérables, les petits Blancs, mais région d’où a émergé une musique très riche. Des bluesmen connus comme Muddy Waters et surtout l’immense Sonny Boy Williamson, mais d’autres moins célèbres comme Doctor Ross, bluesmen d’origine cherokee qui devint plus ou moins medecine man. On rentre dans l’univers musical de ces hommes la plupart du temps déracinés, qui furent et sont presque toujours « les-laisser-pour-compte » de la société américaine. L’ensemble est bouleversant et est porteur de grandes émotions grâce à Gérard Herzhaft qui a fait un travail  remarquable et signe un excellent livret. Une très belle réalisation Frémeaux. » Michel PLISSON – TRAD MAG. A reçu la distinction “Bravos !!!” Trad Mag




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