HARMONICA BLUES VOL 2

1946 - 1952

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Livret : 32 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


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FA5059

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Après Harmonica blues 1927-1941 (FA 040) qui retraçait les débuts de l’harmonica dans le blues, ce coffret explore les foisonnantes années d’après-guerre, véritable âge d’or de l’harmonica blues. C’est partout, de New York à La Nouvelle-Orléans en passant par Memphis et Nashville, du Texas à la Californie que l’harmonica occupe désormais une place prépondérante dans le blues avec des nombreux chefs-d’œuvre que nous présentons ici.
Gérard Herzhaft & Patrick Frémeaux

Droits audio & éditorialisation : Frémeaux & Associés.
Harmonica Blues FA5059

HARMONICA  BLUES
Vol. 2
1946-1952










La popularité dont jouit aujourd’hui l’harmonica - qui se traduit par un nombre d’utilisateurs plus important que jamais dans le monde entier - est largement due au blues. Aucun autre genre n’a autant fait figurer l’harmonica en tant qu’instrument leader.
Après Harmonica blues, 1927-41 (FA 040) qui retraçait les débuts de l’harmonica dans le blues, ce coffret continue à instruire l’aventure de l’harmonica blues. John Lee «Sonny Boy» Williamson, le «Roi de l’harmonica» qui a installé l’instrument dans le blues orchestral voit sa couronne âprement disputée par Big Walter Horton, Little Walter, Sonny Boy Williamson (Rice Miller) ou Snooky Pryor. En fait, c’est partout, de New York à La Nouvelle-Orléans en passant par Memphis et Nashville, du Texas à la Californie que l’harmonica occupe désormais une place prépondérante dans le blues. Ce coffret explore les foisonnantes années d’après-guerre, véritable «âge d’or» de l’harmonica blues et présente les vedettes du genre ainsi que nombre de noms plus obscurs qui laissent néanmoins une oeuvre enregistrée très brillante.


L’HARMONICA BLUES JUSQU’EN 1952


L’instrument est imparfait, incomplet, il avait été créé pour être avant tout un jouet pour enfant... Et pourtant, le bon harmoniciste peut en obtenir des effets impossibles à créer sur tout autre instrument de musique. L’harmonica est petit, léger, tient dans la main, se met dans la poche. Pour celui qui en joue, l’harmonica est peut-être plus sensuel que tout autre instrument: on souffle dedans, on aspire, on le suce, on met la langue dans ses trous, on l’enveloppe entre ses mains... L’harmonica répond de façon très expressive: il pleure, se lamente, traînaille, rugit, gémit!
C’est donc presque naturellement qu’un tel instrument est devenu (avec le jeu de guitare en slide) le véhicule le plus parfait pour le blues. En effet, le blues est d’abord et pendant longtemps presque exclusivement un chant et l’instrument lorsqu’il sera utilisé par le bluesman sera avant tout un prolongement de sa voix.
Rappelons brièvement l’étrange aventure de l’harmonica. C’est un petit instrument à anche libre dont le concept a été inventé en Chine il y a environ 3000 ans (le sheng). C’est un explorateur allemand qui ramène dans ses bagages un sheng au XVIIIe siècle. Deux horlogers de Trossingen s’entichent de cet instrument exotique, le refaçonnent et créent en 1821 l’harmonica, commercialisé grâce à un jeune facteur d’instruments, Matthias Hohner. Des cousins de Hohner, émigrés en Amérique, vendent et répandent ce petit instrument dans le Nouveau Monde. Un de leurs modèles, le marine band aura un énorme succès. Mais l’harmonica diatonique, avec ses sévères limites, est au départ une sorte d’instrument de foire, une curiosité pour musiciens excentriques et se joue en général sans accompagnement pour imiter le train, la chasse à courre, les bruits de la nature ou de la ferme. Il prend ainsi insensiblement auprès des Noirs la place tenue jusqu’alors par le violon dans la musique issue des plantations. Les premiers harmonicistes solistes noirs sont El Watson, Eddie Mapp, Alfred Lewis et surtout Jaybird Coleman et De Ford Bailey qui expérimentent les «tongue blocks» et la deuxième position et que nous avons présentés dans Harmonica blues, 1927-41 (FA 040).
L’harmonica diatonique ne pénètre que très progressivement dans la musique noire orchestrale: dans les spectacles de ménestrels itinérants puis, surtout à Memphis, dans les jug bands, ces orchestres populaires mêlant instruments à cordes, instruments bricolés et fantaisistes avec une ligne de souffleurs qui remplacent les cuivres qu’ils ne peuvent pas se payer par des jarres d’eau (ou de whiskey) plus ou moins vides. Dans ces jug bands, l’harmoniciste doit se discipliner, pouvoir changer de clé, non seulement d’un morceau à l’autre, mais aussi souvent durant le déroulement d’un même morceau et donc utiliser plusieurs harmonicas de tonalités différentes. Les harmonicistes de ces jug bands (Will Shade, Jed Davenport, Noah Lewis) sont les véritables pères de l’harmonica blues. C’est sur leur modèle que tous les autres harmonicistes se baseront. Il faut aux premiers harmonicistes qui tentent l’aventure de jouer au sein d’un orchestre une audace, un sens de l’innovation considérables: mettre au point toutes les techniques d’altération à base de jeux de mains, de langue, de souffle, imaginer utiliser des harmonicas de tonalité différente que celles normalement prévues et donc inventer ce que l’on nomme, sans doute improprement, les positions.
Après Hammie Nixon, c’est surtout John Lee «Sonny Boy» Williamson qui installera dans le Chicago blues l’harmonica leader, la deuxième position et l’effet wah wah si prisé jusqu’à aujourd’hui. Il est aussi le premier à jouer de l’harmonica amplifié. Son rival, Jazz Gillum, est aussi un harmoniciste important, moins innovant, plus discret et son influence sera bien moindre bien que son oeuvre soit de premier plan. Williamson est une idole, le modèle absolu de l’harmonica blues de l’après-guerre avec des centaines d’élèves et d’imitateurs. Ceux-ci sont très nombreux dans cette anthologie: Drifting Slim, Little Sam Davis, Billy Brazos, Sonny Boy Johnson, Snooky Pryor, Forest City Joe, Doctor Ross, J.D. Horton (qui enregistrera plus tard sous le pseudonyme bien transparent de Ole Sonny Boy)... Assez curieusement, le musicien qui va le plus loin dans cette identification patronymique, Rice Miller qui se fait appeler tout bonnement... Sonny Boy Williamson! est, lui, un harmoniciste d’inspiration bien plus rurale qui mêle à son instrument soupirs, grommellements, claquements de langue et jeux de bouche, le tout d’une manière très personnelle, ce qui en fait un musicien à part.
La manière des premiers harmonicistes est ici perpétuée par Joe Hill Louis, Frank Edwards, d’une certaine façon aussi par Howlin’ Wolf et Doctor Ross. Mais l’influence de John Lee «Sonny Boy» Williamson est sur eux aussi considérable. Ceux qui échappent à l’empreinte du premier Sonny Boy sont en fait rares: Sonny Terry, bien sûr, qui était déjà présent sur le volume précédent et qui développe une carrière très importante à New York. Il réussit l’exploit difficile de continuer à jouer dans son style montagnard, joyeux et exubérant, dans tous les contextes, du folk au Rhythm & Blues! Papa Lightfoot est un autre harmoniciste très original qui, d’évidence, écoute bien davantage les souffleurs de cuivres de La Nouvelle-Orléans que les harmonicistes qui lui sont contemporains. Le guitariste Pete Lewis a lui aussi, lorsqu’il enregistre ses solos d’harmonica, une approche similaire, essayant de répondre aux cuivres de son orchestre californien et s’insérer au sein de l’ensemble. Mais, même si les titres que nous présentons ici sont très excitants, ses moyens semblent limités sur ce qui était malgré tout pour lui un instrument secondaire. Rhythm Willie - lui aussi déjà présent sur le précédent recueil - est également un harmoniciste à part qui utilise constamment la première position d’une manière très originale qui est d’abord inspirée des orchestres d’harmonica du style de ceux de Borah Minevitch ou Cappy Barra.
Mais le plus original de tous les harmonicistes de la période qui nous concerne est sans conteste Little Walter Jacobs. Ce dernier avait, comme les autres, appris l’harmonica en imitant fidèlement John Lee «Sonny Boy» Williamson (cf Chicago blues 1940-47 FA 150). Mais il va réussir à évoluer avec une rapidité déconcertante. On a du mal à imaginer que c’est le même musicien qui joue en 1947-48 et en 1952! Même si d’autres avant lui ont eu l’idée de jouer de l’harmonica à travers un amplificateur (Snooky Pryor revendique cette paternité), il est évident que c’est avant tout Little Walter qui fait franchir une nouvelle étape à l’harmonica blues en essayant de reproduire les sonorités des saxophonistes de jazz et en utilisant les possibilités de l’amplification électrique. Son seul rival, pendant longtemps dans ce domaine, sera Big Walter Horton, originaire de Memphis et qui avait appris auprès de Will Shade. Harmoniciste très personnel, innovateur, aventureux, Horton n’a malheureusement pas fait la carrière qu’il aurait pu, englué qu’il était dans ses démons personnels. Nous nous souvenons l’avoir vu à Chicago dans les années 70 alors qu’il jouait dans un des clubs les plus réputés du North Side pour faire la promotion d’un de ses albums devant critiques et journalistes, quitter la scène sur un brusque coup de tête et aller rejoindre dans une impasse adjacente un pochard de ses amis qui lui avait fait signe qu’il venait d’acheter une bouteille de whiskey et qu’il était prêt à la partager!


UN PEU DE TECHNIQUE INSTRUMENTALE

Après cette introduction, on comprendra que la grande majorité des musiciens présentés dans cette anthologie jouent à la façon même de John Lee «Sonny Boy» Williamson. Ils utilisent principalement la 2ème position (jouer dans la tonalité qui se trouve une quinte au-dessus de la tonalité de l’harmonica: en G sur un C) avec les effets développés par leur mentor au cours de sa copieuse carrière discographique. Les musiciens sudistes utilisent davantage la première position (jouer dans la tonalité de l’harmonica: en C sur un C). Mais les harmonicistes utilisent presque uniquement la partie basse de l’harmonica (trous 1 à 6) sauf quand ils s’expriment dans la 1ere position. Le jeu est généralement très rythmique, composé de riffs. Sonny Boy Williamson (Rice Miller), Little Walter, Papa Lightfoot, Big Walter Horton, délié et plus tranchant, et Rhythm Willie ont vraiment un jeu différent des autres. Ainsi que l’harmoniciste très rural Pee Wee Hughes, sans doute un familier des jug bands qui utilise une multitude d’effets de wah wah.
Il faut noter que la période est aussi celle du Rhythm & Blues. L’interprétation de nombreux boogies par des harmonicistes de blues - visiblement inspirés des disques de R & B, extrêmement populaires auprès de la clientèle noire de l’époque - va peu à peu faire se modifier leur phrasé sous l’influence des cuivres très présents dans la musique qu’ils veulent reproduire.
    Pour ceux qui souhaiteraient jouer avec les harmonicistes présentés dans cette anthologie et découvrir leurs techniques, nous avons dressé un petit tableau qui comprend trois éléments successifs: la position; l’harmonica utilisé; la tonalité du morceau.


CD 1  

1. Hoodoo hoodoo (2, C, G)   
2. Boogy fool (2, Bb, F)    

3. Take one more chance with me (1, C, C)   
4. Mellow chick swing (2, C, G)    

5. A woman on every street (2, C, G)   
6. Pontiac blues (2, F, C)    

7. My bebop gal (2, A, E)   
8. Little boy blue (2, E, B)    

9. Love my baby (2, E, B)   
10. Mercury boogie (2, C, G)    

11. Cadillac blues (2, Bb, F)   
12. Better get ready
(Hca principal en 2, Db, Ab)    
13. Brazos blues (2, C, G)   
14. Santa Fe blues (2, A, E)    

15. Rambling around my blues (2, D, A)   
16. Walkin’ talkin’ blues (2, A, E)    

17. Now tell me baby (2, A, E)   
18. Mr Downchild (2, C, G)    



CD 2

1. Harmonica boogie (2, C, G)   
2. Down South blues (2, Bb, F)    

3. Blue midnight (2, Bb, F)   
4. Going to New Orleans (2, A, E)    

5. Harmonica Rhumba (2, A, E)   
6. Riding in the moonlight (2, G, D)    

7. Scratchin’ (2, C, G)   
8. Baby, let’s have some fun (2, Bb, F)    

9. The Honeydripper (2, Bb, F)   
10. Come home and go with me (2, F, C)    

11. Stop mess around (2, Bb, F)   
12. Jumpin’ with Jarvis (2, A, E)    

13. Man around my door (2, C, G)   
14. Little Milton’s boogie (2, Bb, F)    

15. Five foot three (2, A, E)   
16. Wailin’ Willie (1, C, C)    

17. Hello Miss Jessie Lee (2, C, G)   
18. Sad hours (2, Bb, F)    



LES HARMONICISTES

Sunny BLAIR: Né Sullivan Jackson à Jefferson, Arkansas, le 16 juillet 1931, l’harmoniciste Sunny Blair a enregistré au début des 50’s une poignée de titres pour Sam Phillips sous la houlette de Ike Turner dont ce débridé Five foot three. Malgré le fait que ses 78t soient devenus légendaires parmi les amateurs de blues et qu’il semble avoir joué jusqu’à sa mort dans les juke joints de la capitale de l’Arkansas, Little Rock, Blair n’a plus jamais enregistré et est mort le 6 juillet 1966 sans avoir même été interviewé.

Billy BRAZOS: On ne sait absolument rien de cet harmoniciste, vraisemblablement texan, qui a enregistré deux 78t pour un obscur label de la frontière USA-Mexique. Parmi les quatre instrumentaux qu’il nous laisse, Brazos blues, que nous présentons ici est un morceau évocateur plein d’atmosphère. Certains des spécialistes que nous avons interrogés quant à l’identité de ce Billy Brazos pensent qu’il n’est autre que l’harmoniciste Billy Bizor, lui aussi originaire du Texas et qui a souvent accompagné Lightnin’ Hopkins. Mais le jeu d’harmonica est très différent et - les autres titres enregistrés par ce Brazos étant des instrumentaux plus franchement mexicains (une désopilante version de La Cucarracha) -, nous penchons plutôt pour un de ces nombreux musiciens norteños qui animaient les bars de la frontière mexicaine.


Grace BRIM: Née Grace Millard (1923 - 2001) et originaire de l’Arkansas, elle rencontre le chanteur et guitariste John Brim en 1947 à Gary (Indiana). John et Grace ne se quittent plus, y compris dans les clubs où ils forment un orchestre avec Albert King à la batterie. Les Brim s’installent ensuite à Chicago où ils enregistrent substantiellement pour divers labels, en particulier ce Man around my door, très inspiré du standard du Delta, Catfish blues. Vers 1960, ayant perdu définitivement leurs illusions sur le monde musical et fatigués de l’atmosphère de plus en plus lourde du ghetto de Chicago, John et Grace rassemblent leurs économies et s’achètent une petite blanchisserie à Gary, abandonnant temporairement la scène et le disque.

Eddie BURNS: Né à Belzoni, Mississippi, le 8 février 1928 Eddie Burns est un des rares bluesmen de Detroit à avoir réussi à sortir quelque peu de l’anonymat. Fort influencé par John Lee «Sonny Boy» Williamson (comme on peut le voir dans Hello Miss Jessie Lee), il s’associe à partir de 1948 à John Lee Hooker et mène une vie de musicien le soir, mécanicien le jour, réussissant à enregistrer de façon conséquente autant en tant qu’harmoniciste que guitariste une petite oeuvre de qualité pour divers petits labels locaux. Il est encore actif aujourd’hui et vient même d’enregistrer un nouveau CD!

Little Sam DAVIS: Ce chanteur et harmoniciste né à Winona dans le Mississippi le 28 novembre 1928 a refait surface il y a quelques années, le temps d’enregistrer un 45t pour Trix et un CD pour Delmark. Mais il est surtout célèbre pour la poignée de titres gravés en 1951 en Floride en compagnie du guitariste Earl Hooker.

K.C. DOUGLAS: Né à Sharon, Mississippi (1913 - 75), K.C. Douglas a été un des rares bluesmen du Mississippi à avoir émigré en Californie durant la guerre et à y avoir maintenu le style du Delta dont il était un représentant fidèle. K.C. a en effet bien connu Tommy Johnson et a modelé son répertoire et son jeu de guitare sur lui. En Californie, Douglas fait équipe avec l’harmoniciste Sidney Maiden et enregistre en 1948 pour Bob Geddins Mercury boogie, un petit classique qui sera repris par Steve Miller puis par Alan Jackson, devenant ainsi le seul bluesman «down home» à avoir réussi à composer un titre qui sera n°1 autant dans le Hit Parade Rock que dans celui de Country Music!

DRIFTING SLIM: Né Elmon Mickle dans l’Arkansas (1919 - 77), Drifting Slim est, lui aussi, un digne émule de John Lee «Sonny Boy» Williamson dont il reproduit le son avec une extrême fidélité. Dans Down South blues que nous proposons ici, il pousse l’imitation de son idole jusqu’à appeler Yank Rachell qui ne se trouve évidemment pas avec lui dans le studio (c’est l’excellent guitariste Baby Face Turner qui tient sa place) mais qui était avec Sonny Boy lorsque celui-ci a gravé la version originale de ce titre! On remarquera aussi la présence ici d’un deuxième harmoniciste, en l’occurrence Sunny Blair. Mickle émigre en Californie à la fin des 50’s et y enregistrera (souvent en compagnie du guitariste Phillip Walker) une oeuvre très goûteuse sous divers noms (Model T. Slim, Drifting Slim, Elmon Mickle).

Frank EDWARDS: (1909 - 2002), originaire de Washington, Georgia, est un excellent homme orchestre, chanteur, guitariste et harmoniciste dont le style renvoie aux grands heures des medicine shows. Il a enregistré quelques titres pour Okeh et Savoy dont le joyeux Love my baby avant d’être redécouvert en 1970. Connu sous le nom de «Mr. Frank» à Atlanta, Edwards a joué jusqu’à sa mort survenue le 23 mars 2002 dans un studio de Greenville, Caroline du Sud, où il était en train d’enregistrer un nouvel album à l’âge de 93 ans!

FOREST CITY JOE: Né Joe Bennie Pugh à Hughes, Arkansas, le 10 juillet 1926 et venu à Chicago très jeune, il est devenu un des plus fidèles fans de John Lee «Sonny Boy» Williamson qui l’a pris sous sa protection et l’a même logé chez lui un temps. Joe a dirigé un orchestre qui comprenait Muddy Waters et il a semblé un moment après la mort de Sonny Boy en 1948 pouvoir reprendre la couronne de son mentor. Mais, mal dirigé et quelque peu fantasque, Forest City Joe a brusquement quitté Chicago pour retourner dans l’Arkansas où il a été redécouvert et enregistré à nouveau par Alan Lomax en 1959. Joe aurait certainement fait une nouvelle carrière durant le blues revival s’il n’était décédé d’un accident de voiture en 1960 alors qu’il rentrait d’un concert.

Jazz GILLUM: (1904 - 1966) a enregistré de façon continue entre 1934 et 1950 une centaine de titres, tous sur Bluebird et Victor (cf Jazz Gillum FA 260), s’imposant comme un des acteurs essentiels du Bluebird blues. Il est l’auteur de plusieurs «classiques», tels Key to the highway et Look on yonder’s wall et a été le premier à introduire l’harmonica dans le Chicago blues. L’oeuvre de Jazz Gillum est extrêmement conséquente: une voix au timbre sombre; la passion qui couve sous l’apparent détachement; de remarquables qualités de compositeur; un jeu d’harmonica tout en octaves, donnant une impression irresistible d’élégance et de décontraction.

J.D. HORTON (Ole Sonny Boy): Le mystère de l’harmoniciste J.D. Horton a été en partie levé par le critique anglais Colin Escott: Horton est en fait un musicien de l’orchestre du guitariste néo-orléanais Eddie Lang qui a aussi joué avec le texan Guitar Slim. Il a enregistré plus tard sous le nom de Ole Sunny Boy que certains critiques anglais affirmaient encore récemment mordicus n’être autre que... Papa Lightfoot!.

Big Walter HORTON: (parfois appelé Shakey Horton) (1918 - 1981) est un des plus grands harmonicistes de l’histoire du blues. Walter Horton a appris à jouer dans les années 30 à Memphis auprès de musiciens locaux comme Will Shade ou Noah Lewis. Mais c’est déjà un styliste original qui fait ses débuts discographiques en 1939 derrière Little Buddy Doyle et que nous avons présenté dans Harmonica blues, 1927-41 (FA 040). A partir de 1951, d’abord à Memphis pour Sam Phillips puis à Chicago, Horton enregistre certaines des plus belles parties d’harmonica de l’histoire du blues - son ample et chaud, swing constant, utilisation de techniques nouvelles - soit sous son nom soit surtout derrière Muddy Waters, Jimmy Rogers ou Willie Dixon. Qu’il demeure dans les graves pour terminer dans une pléiade d’aiguës exécutées en staccato ou qu’il construise une phrase musicale dans les médiums, Big Walter Horton surprend toujours. Il reste responsable de la réussite de bien des albums que son harmonica a sauvés de la routine. Solitaire, renfermé, inconstant, Big Walter Horton, celui que ses pairs nommaient «le suprême harmoniciste», n’a jamais connu le succès que ses talents auraient dû lui assurer. Préférant aller ramasser des oranges en Floride que de partir en tournée, licencié par Muddy Waters pour ses absences répétées, quittant la scène d’un club de Chicago où se trouvait un parterre de critiques et de producteurs pour aller boire une bouteille de whiskey dans une ruelle en compagnie d’un vieil ami, Big Walter Horton n’a jamais cherché à réussir, une notion que, sans doute, il ne comprenait même pas.

HOWLIN’ WOLF: (Chester Arthur Burnett dit) (1910 - 1976) est d’abord connu en tant que bluesman venu du Delta jusqu’à Chicago, faisant passer les manières et la musique de son maître Charlie Patton dans le Chicago blues. Chanteur, parfois guitariste et un des principaux inspirateurs des Rolling Stones, Wolf apparaît, à ses débuts discographiques, presque toujours jouant de l’harmonica, un instrument qui lui avait été appris par son beau-frère Rice Miller (Sonny Boy Williamson n°2). Le bluesman de Detroit Baby Boy Warren a raconté comment Howlin’ Wolf se roulait par terre en chantant et jouant de la guitare, rampait sur le sol, tirait un harmonica de sa poche, le flanquait dans sa bouche et se relevait en jouant des deux instruments.

Pee Wee HUGHES: On ne sait pas grand’chose de ce chanteur et harmoniciste, sans doute originaire de la Louisiane, qui a enregistré une poignée de titres très rythmiques à la Nouvelle Orléans en 1949, dont l’atmosphérique Santa Fe blues.

Sonny Boy JOHNSON: On ne sait quasiment rien non plus de ce Sonny Boy Johnson, pas même son vrai prénom. Il a enregistré une poignée de titres très terriens à Los Angeles en 1947 et 1948. Dans Come on and go with me, inspiré de Good morning little schoolgirl, il apparaît comme un très convaincant émule de John Lee «Sonny Boy» Williamson, ce qui explique sans doute son sobriquet.

Sam KELLY: Cet harmoniciste originaire du Mississippi a gagné Detroit pendant la guerre et a écumé les clubs de la ville, enregistrant dans un style évocateur derrière le bluesman L.C. Green ou sous son nom, notamment le magnifique Ramblin’ around blues que nous présentons ici.

Pete LEWIS: Bien davantage connu comme guitariste, notamment avec l’orchestre de Johnny Otis, Carl Lewis (dit Pete) n’en a pas moins enregistré plusieurs instrumentaux à l’harmonica dans lesquels il joue de façon très excitante à la façon des cuivres de son orchestre de Rhythm & Blues californien.

Papa LIGHTFOOT: Né et mort à Natchez, Mississippi, (1924 - 1971) George Lightfoot apprend l’harmonica en imitant les cuivres des orchestres de la Nouvelle-Orléans. Il est musicien des rues de la grande cité et fait partie du groupe vocal The Gondoliers qui enregistre pour Peacock en 1949. Son talent très particulier attire l’attention des producteurs qui lui font graver plusieurs titres en vedette. Devenu «Papa» à la façon des vétérans du jazz New-Orleans, son harmonica suramplifié, au son gras et carré, original et plein de swing, fait mouche, notamment sur une excitante version de The honeydripper de Joe Liggins. C’est Bob Hite, le leader des Canned Heat, et le chercheur Steve La Vere qui permettent à Lightfoot de refaire surface dans les années 60, le temps d’enregistrer un album intéressant réédité en CD sur Ace.

LITTLE MILTON: Ce Little Milton-là n’est pas le Little Milton Campbell du Soul-blues sudiste mais Little Milton Anderson, originaire de Jackson (Mississippi) qui a enregistré quelques titres en 1952-53 pour divers petites labels locaux. Nous rééditons ici son meilleur morceau, l’instrumental Little Milton’s boogie qui fleure bon l’atmosphère des juke joints graisseux du Mississippi d’alors.
LITTLE WALTER: Marion Walter Jacobs dit Little Walter (1930 - 68), venu de Louisiane à Chicago via Memphis, a totalement révolutionné l’approche de l’harmonica. S’inspirant de ses prestigieux aînés, Big Walter Horton et surtout John Lee «Sonny Boy» Williamson, Little Walter a su se forger un style très personnel. Il procède par larges accords entrecoupés de multiples cascades de notes, construit véritablement des solos, surprenant l’auditeur à chaque phrase par son invention et son originalité. Il n’est pas le premier à utiliser l’amplification électrique pour faire sonner son harmonica comme un saxophone mais c’est lui qui a porté cette technique à la perfection. Il a aussi été un des tout premiers à sortir l’harmonica blues de la deuxième position pour aborder la troisième, une technique qui ouvre de nouvelles possibilités à cet instrument. Tout cela a été si apprécié et imité que la liste de ses adeptes serait trop longue pour tenir sur ce livret! L’influence de Little Walter sur le développement de l’harmonica a été très semblable à celle de B.B. King sur l’évolution de la guitare blues.

Joe Hill LOUIS: (1921 - 1957) a substantiellement enregistré à Memphis dans le style d’homme-orchestre (guitare, voix, harmonica, batterie) familier des spectacles de rues. Harmoniciste au son saturé et lourd, Louis développe un style primitif mais puissant et très efficace. Boxeur avant d’être musicien (d’où son surnom), Joe apprend l’harmonica auprès de Will Shade et joue dans les rues de Memphis en tant que «The Be-Bop boy» dans les 40’s. Il enregistre abondamment à partir de 1949 pour Columbia puis surtout pour Sam Phillips. Il meurt du tétanos, ne pouvant se payer le vaccin nécessaire.

Sidney MAIDEN: L’harmoniciste Sidney Maiden (1923 - 1970) est comme beaucoup, un émule de John Lee «Sonny Boy» Williamson. Il a émigré durant les années de guerre de Louisiane en Californie où il a gravé une poignée de titres très «down home’, en compagnie de K.C. Douglas puis sous son nom pour Down Town, Imperial, Dig (le label de Johnny Otis) Flash, Arhoolie et Prestige avant de disparaître de la scène musicale dans les années 60.

Walter MITCHELL: Originaire de la Nouvelle-Orléans, Walter Mitchell (1919 - 1990) a gagné Detroit pendant la guerre afin d’y travailler dans l’industrie automobile. Harmoniciste évocateur, Mitchell n’a enregistré qu’une poignée de titres sous son nom (ici en compagnie d’un autre harmoniciste de Detroit, Robert Richard) avant d’être redécouvert et interviewé par le critique britannique Bill Greensmith.

Snooky PRYOR: Né à Lambert, Mississippi le 15 septembre 1921, Snooky Pryor a été un des grands pionniers du Chicago blues électrique de l’après-guerre, certainement, un des tout premiers à avoir utilisé l’harmonica amplifié. Il apprend à jouer de cet instrument vers l’âge de 14 ans et vient travailler en usine à Chicago en 1940. Il rencontre alors son idole, John Lee «Sonny Boy» Williamson et monte un petit orchestre de rues qui utilise abondamment les amplificateurs. Dernier survivant des débuts du Chicago blues électrique des 40’s, Pryor est toujours très actif et enregistre régulièrement des albums!

RHYTHM WILLIE: Le «mystérieux» Rhythm Willie qui avait tant séduit les auditeurs de notre Harmonica blues Vol. 1 (FA 040) et de Blues 36 Chefs-d’œuvre (FA 033) (avec une superbe version de St James Infirmary) a cessé d’être mystérieux grâce aux recherches de Scott Dirks qui en a fait paraître le résultat dans le n° 127 de la revue britannique Blues & Rhythm. Willie Hood (vers 1905 - 1954), bien que noir et jouant de l’harmonica à Chicago, était bien davantage un instrumentiste dans la veine des orchestres d’harmonica à la mode de l’époque (Borah Menovitch ou Larry Adler) qu’un bluesman. Il a joué dans les clubs chics et participé à plusieurs orchestres de jazz comme celui de Earl Bostic avec lequel il a d’ailleurs enregistré. L’originalité de Willie est que contrairement aux autres harmonicistes de jazz, adeptes du chromatique, il joue de l’harmonica diatonique et emploie de façon très personnelle la première position. L’excellent Wailin’ Willie que nous présentons ici date de 1950, a été enregistré en compagnie de l’orchestre de Memphis Slim et constitue le dernier témoignage tangible d’un musicien qui aurait sans doute dû laisser une oeuvre enregistrée plus substantielle. Mais il était connu à Chicago pour être un grand alcoolique, une passion qui l’a emporté prématurèment.

Robert RICHARD: Un des meilleurs harmonicistes de Detroit, Robert Richard (1924 - 1990) est présent sur disque derrière de nombreux bluesmen de la ville de l’automobile, notamment Bobo Jenkins. Sous son nom, il n’a enregistré qu’une poignée de titres pour JVB, King et Fortune et un microsillon pour le producteur George Paulus.

Doctor ROSS: Isaiah Ross (1925 - 33), homme orchestre exubérant, guitare, harmonica, batterie en même temps, délivre une musique au rythme irrésistible qui fleure bon les pique-niques des rives du Mississippi. D’origine Cherokee, Ross apprend les tambours et l’harmonica à l’âge de neuf ans et dès 1938, il se produit en public. Il est appelé dans l’armée en 1943 et, ses connaissances de la médecine de ses ancêtres, lui vaut d’être affecté à l’hôpital militaire! Après sa libération en 1947, Iasaiah devient «Doctor» Ross et crée son Jump and Jive Band qui joue dans tout le Delta et sur plusieurs radios, participant au célèbre programme King Biscuit Show en compagnie de Sonny Boy Williamson (Rice Miller) et Robert Jr Lockwood. Très populaire à Memphis, Ross est un des premiers bluesmen à enregistrer pour Sun. Entre 1951 et 1954, il produit une oeuvre magistrale pleine de rythme, de bonne humeur et de verve dont My bebop gal n’est qu’un parmi de nombreux brillants témoignages.

Sonny TERRY: Terry (1911 - 86) était déjà présent sur Harmonica blues, 1927-41 (FA 040). Aveugle durant son enfance, Sonny (Saunders Teddell pour l’Etat Civil) débute dans des medicine shows, joue de l’harmonica et des osselets en dansant avant de vendre une potion-miracle. En 1937, il rencontre Blind Boy Fuller avec qui il fait équipe pour jouer dans les rues de Durham (Caroline du Nord) et devant les fabriques de tabac. Sonny va à New York avec Fuller pour enregistrer. John Hammond s’entiche de sa manière spectaculaire et l’engage pour son célèbre concert «Spirituals to Swing» au Carnegie Hall en 1938. A la mort de Fuller, Sonny se fixe à New York, et s’associe avec Brownie Mc Ghee. En général en compagnie de Brownie, Terry enregistre constamment, dans les années 40 et 50 pour le public noir des Carolines ou les migrants récents de New York. Sonny Terry demeure un des plus importants représentants du Piedmont blues et de l’axe migratoire Appalaches/New York. Son jeu d’harmonica, exubérant et joyeux, qui renvoie aux premières heures de la musique des plantations, est très représentatif du style «montagnard» qui a considérablement influencé les harmonicistes européens tels Cyril Davies et Jean-Jacques Milteau. Mais il a aussi été capable, comme sur Harmonica Rhumba et surtout Baby let’s have some fun que nous présentons dans ce coffret de s’insérer à l’intérieur voire de diriger d’excellents ensembles électriques qui faisaient les belles soirées des cabarets noirs de New York dans les années 40 et 50.

John Lee «Sonny Boy» WILLIAMSON: Né à Jackson, Tennessee, le 30 mars 1914 et décédé à Chicago, Illinois, le 1 juin 1948, John Lee «Sonny Boy» Williamson  à qui nous avons consacré un coffret (FA 253) est un des noms les plus importants de l’histoire du blues. Un harmoniciste novateur, il a définitivement installé ce petit instrument dans le blues orchestral. Il a aussi été un compositeur prolifique dont nombre de titres sont devenus des «classiques» du genre. Il a été enfin un des créateurs essentiels du Chicago blues moderne et son influence considérable s’exerce encore aujourd’hui sur de nombreux harmonicistes. Sonny Boy est un personnage à plusieurs facettes: impitoyable avec ses concurrents et jalonnant son «territoire»; mais dans le même temps, amical avec les apprentis-bluesmen, les accueillant, les conseillant. Il guide ainsi les premiers pas de Muddy Waters, donne des leçons d’harmonica à un Little Walter qui, à l’époque, est son strict imitateur, à Forest City Joe, Snooky Pryor, Junior Wells, Billy Boy Arnold... La domination de Sonny Boy sur le blues de l’après-guerre est telle qu’il suscite non seulement nombre d’imitateurs mais aussi des musiciens qui vont jusqu’à prendre son nom, se faire passer pour lui pour obtenir de meilleurs engagements, tel «Rice» Miller, le Sonny Boy Williamson n°2!. Son assassinat en 1948 a stoppé une carrière de «Boss» du Chicago blues qui n’aurait pas permis beaucoup de concurrence. Il occupe dans l’histoire de l’harmonica blues une place charnière, avec un sens du swing, une utilisation du double stop, deux notes jouées à la fois qui crée un effet rythmique et une utilisation permanente de la 2e position. Cette manière de jouer de l’harmonica deviendra en fait le jeu de base du blues.


Sonny Boy WILLIAMSON (Rice Miller): Aleck Ford dit Rice Miller dit Sonny Boy Williamson (1890, 1899 ou 1901 - 1965) apprend l’harmonica et la guitare avec un musicien itinérant qu’il suit sur les routes du Sud. Vagabond impénitent, allant de village en chantier d’ouvriers pour gagner sa pitance en soufflant son blues, Rice Miller est alors connu comme «Little boy blue» du nom d’un air célèbre qu’il joue sur son harmonica. Il rencontre presque tous les musiciens du Delta et se lie particulièrement avec Robert Johnson, Robert Jr Lockwood, Elmore James, Robert Nighthawk et Howlin’ Wolf à qui il donne des cours d’harmonica et épouse la soeur aînée. Lorsqu’à partir de 1937, John Lee «Sonny Boy» Williamson engrange succès sur succès avec ses disques pour Bluebird, Rice Miller, très opportuniste, se présente comme étant l’autre, la vedette. Il réussit ainsi à obtenir d’animer le programme King Biscuit Show d’une radio de Helena, Arkansas, sponsorisé par la marque de farine «Sonny Boy». L’émission le rend très populaire dans le Sud Profond. Des échos arrivent jusqu’à Chicago et le vrai Sonny Boy, accompagné de Walter Davis et peut-être de Big Joe Williams tente, bien armé, de retrouver l’imposteur afin de le supprimer. Heureusement pour Rice Miller et pour les amateurs de blues, John Lee «Sonny Boy» Williamson ne peut localiser le faux Sonny Boy! Rice Miller doit attendre 1951 et la mort de l’«autre» Sonny Boy pour enregistrer ses premiers 78t, de grands blues expressifs, avec une capacité à créer en quelques secondes un climat tendre ou dramatique, un ton sarcastique qui insinue avec malice des compositions toujours originales, emplies de verve et d’humour comme on peut l’apprécier ici avec Mr Downchild, à l’origine une composition de Robert Johnson et Pontiac blues que reprendra l’harmoniciste Sugar blue.

Elder R. WILSON: (1910) est un prédicateur qui ponctue ses sermons de riffs et de phrases d’harmonica. Né dans le Mississippi, il s’installe à Detroit et enregistre pour Joe Von Battle en 1948 une poignée de titres avec ses deux fils harmonicistes eux aussi. Better get ready que nous présentons ici est sans doute son titre le plus achevé et permet d’entendre le gospel à l’harmonica, un genre musical qui était très répandu dans les congrégations mais qui n’a que rarement été capturé sur disque.

Gérard HERZHAFT
Auteur de «La Grande Encyclopédie du Blues» (Fayard, 5e édition: 2002)
et de «Le Blues» (PUF, Que Sais-je? n° 1956)

Toutes les notations techniques sont de David Herzhaft, auteur de plusieurs méthodes d’harmonica (L’harmonica dans tous ses états: Intermusique; Harmonica Jazz et Country: Ed. Lemoine) et dont on peut entendre le jeu d’harmonica sur son CD Des Mots d’harmo (Frémeaux & Associés FA 437).


© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003.


SOURCES:

FIELD (Kim).- Harmonicas, harps and heavy breathers.- Fireside/Simon & Schuster; New York: 1993
GLOVER (Tony).- Blues harp.- Oak Publications, New York: 1965
WAGNER (Christoph).- Die Mundharmonika, ein musikalischer globetrotter.- Transit-Verlag; Berlin: 1996
FRANCE-HARMONICA MAGAZINE.- 118 Avenue Jean Jaurès 75019 PARIS
MAGAZINES: Blues & Rhythm; Soul Bag; Hip Magazine; Ecouter/Voir.
Notes et textes de pochettes et livrets par: Stephen Calt; Paul Oliver; Howard Rye.


Ceux qui aiment l’harmonica iront sur le site Internet:
www.harmo.com

Tous mes remerciements pour leur aide dans la réalisation de ce coffret à Tony Burkes et la revue Blues & Rhythm; Lore Boas; ainsi qu’à Jose Yrrabera et Hervé Cochard qui nous ont aimablement prêté plusieurs 78t très rares. Aussi à Jean-Jacques Milteau pour son infatigable travail sur l’harmonica.



HARMONICA  BLUES
Vol. 2
1946-1952


The huge popularity of the harmonica today, with more players than ever across the world, is largely due to the blues.  No other musical genre has used the harmonica as lead instrument to such an extent.

Further to Harmonica Blues 1927-41 (FA 040) which covered the harmonica’s debut in the blues, this album continues the adventure of the harmonica blues.  John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, the ‘King of the harmonica’, who included the instrument in orchestral blues, is rivalled by Big Walter Horton, Little Walter, Sonny Boy Williamson (Rice Miller) and Snooky Pryor.  All over the land, from New York to New Orleans, going via Memphis and Nashville, and from Texas to California, the harp was to take a dominant role in the blues.  This boxed edition explores the rich post-war years, the true ‘golden age’ of harmonica blues and includes its stars as well as many lesser known names who, nevertheless, left a brilliant recorded legacy.

The instrument is imperfect and incomplete, having been created primarily as a child’s plaything.  And yet, a good harmonica player manages to obtain certain effects which could not be achieved on any other musical instrument.  The harmonica is small, light and is pocked-sized.  As far as the player is concerned, the harmonica is perhaps the most sensual instrument : you blow in it, inhale, suck, caress it with your tongue and cradle it in your hands.  The harmonica reacts expressively :  it weeps, wails, howls and moans !

It is thus almost natural that such an instrument became (along with the slide guitar) the perfect companion for the blues.  In fact, for a long while blues remained vocal and when the bluesman used the harp, the instrument was principally an extension of his voice.

Let us quickly go over the harmonica’s strange adventure.  It was initially a small instrument conceived in China some 3 000 years ago (the sheng).  A German explorer brought one back in the XVIIIth century.  Two Trossingen clock makers were fascinated by this exotic instrument, refashioned it and in 1821, created the harmonica, then commercialised by a young instrument maker, Matthias Hohner.  Some of Hohner’s cousins emigrated to America and sold the instrument in the New World.  One particular model, the marine band, was extremely successful.  Yet, the diatonic harmonica, with its severe limitations, was at first a fairground instrument, a curiosity for eccentric musicians and was mainly played with no accompaniment to imitate trains, hunting and various sounds of nature.  It was then adopted by the Blacks, replacing the violin, in the plantation repertory.  The first black harmonica soloists were El Watson, Eddie Mapp, Alfred Lewis and, above all, Jaybird Coleman and De Ford Bailey.

The diatonic harmonica very slowly entered black orchestral music, first appearing in wandering minstrel shows and then, particularly in Memphis, in jug bands, the popular outfits using strings, knocked up instruments and a few blowers to replace the brass.  The harmonica player had to be able to change key, not only from one tune to the next, but often during the same piece, necessitating several different harmonicas.  These jug band harmonica players (Will Shade, Jed Davenport, Noah Lewis) were the forerunners of the harmonica blues and were used as models for all others.

Following Hammie Nixon, John ‘Sonny Boy’ Williamson was the principal name in Chicago  to set up the role of harmonica leader, the second position and the wah wah effect, still appreciated to this day.  He was also the first to play the amplified harmonica.  His rival, Jazz Gillum was also an important harpist, though was less innovative and more discreet.  Williamson was an idol, the perfect model for post-war harmonica blues with hundreds of pupils and imitators.  Many have been included in this album :  Drifting Slim, Little Sam Davis, Billy Brazos, Sonny Boy Johnson, Snooky Pryor, Forest City Joe, Doctor Ross and J.D. Horton (who later recorded using the name Ole Sonny Boy).  Strangely enough, the artist who stepped the furthest in this patronymic identification was Rice Miller, calling himself Sonny Boy Williamson, although his style was much more rural and distinct, classing him apart from the others.
The style of the first harp players was perpetuated by Joe Hill Louis, Frank Edwards and to a certain extent by Howlin’ Wolf and Doctor Ross.  But John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson’s influence on them was also considerable.  Indeed, few escaped from the path laid down by the first Sonny Boy :  Sonny Terry (also present in the preceding volume) became an important name in New York and maintained his exuberant mountain style which he used in various genres, from folk to Rhythm & Blues, Papa Lightfoot was another original musician, obviously more inspired by New Orleans’ brass than his contemporary harmonica players and guitarist Pete Lewis used a similar approach when he gave his harp solos.  Rhythm Willie was also quite unique, using only the first position, initially inspired by the bands of Borah Minevitch and Cappy Barra.
However, in the given period, the most extraordinary harp player was undoubtedly Little Walter Jacobs.  Having learnt the harmonica copying John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson (cf Chicago Blues 1940-47 FA 150), he rapidly evolved afterwards.  Others may have used amplification for their playing, but it was principally Little Walter who braved this new adventure in the harmonica blues, attempting to imitate the sound of jazz saxophonists by using electric amplification.  For a long while, his only rival in this field was the innovating Big Walter Horton from Memphis.

It is now clear that the majority of musicians included in this anthology employ the John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson style.  They mainly use the second position and copy the various effects of their mentor.  The Southern musicians use the first position to a greater extent, but the harp players almost only use the lower part of their instrument (holes 1 to 6) apart from when they are in first position.  Their playing is very rhythmic with riffs.  The styles of Sonny Boy Williamson (Rice Miller), Little Walter, Papa Lightfoot, Big Walter Horton, Rhythm Willie and the rural harp player Pee Wee Hughes were quite different to the others.

This was also the era of Rhythm & Blues and the interpretation of many boogies by blues harmonica players, clearly inspired by R & B discs, was slowly modified due to the influence of the brass present in the music they were attempting to copy.

For those who would like to play along with the artists in this anthology and discover their techniques, the chart below indicates the position, the harmonica used and the tone.


CD 1  

1. Hoodoo hoodoo (2, C, G)   
2. Boogy fool (2, Bb, F)    

3. Take one more chance with me (1, C, C)   
4. Mellow chick swing (2, C, G)    

5. A woman on every street (2, C, G)   
6. Pontiac blues (2, F, C)    

7. My bebop gal (2, A, E)   
8. Little boy blue (2, E, B)    

9. Love my baby (2, E, B)   
10. Mercury boogie (2, C, G)    

11. Cadillac blues (2, Bb, F)   
12. Better get ready
(Hca principal en 2, Db, Ab)    
13. Brazos blues (2, C, G)   
14. Santa Fe blues (2, A, E)    

15. Rambling around my blues (2, D, A)   
16. Walkin’ talkin’ blues (2, A, E)    

17. Now tell me baby (2, A, E)   
18. Mr Downchild (2, C, G)    



CD 2

1. Harmonica boogie (2, C, G)   
2. Down South blues (2, Bb, F)    

3. Blue midnight (2, Bb, F)   
4. Going to New Orleans (2, A, E)    

5. Harmonica Rhumba (2, A, E)   
6. Riding in the moonlight (2, G, D)    

7. Scratchin’ (2, C, G)   
8. Baby, let’s have some fun (2, Bb, F)    

9. The Honeydripper (2, Bb, F)   
10. Come home and go with me (2, F, C)    

11. Stop mess around (2, Bb, F)   
12. Jumpin’ with Jarvis (2, A, E)    

13. Man around my door (2, C, G)   
14. Little Milton’s boogie (2, Bb, F)    

15. Five foot three (2, A, E)   
16. Wailin’ Willie (1, C, C)    

17. Hello Miss Jessie Lee (2, C, G)   
18. Sad hours (2, Bb, F)   



The Harmonica Players

Sunny Blair :  Sullivan Jackson was born in Jefferson, Arkansas on 16 July 1931 and cut a few titles in the early fifties for Sam Phillips including this frenzied Five foot three.  Although his 78’s became legendary amongst blues fans, Blair never recorded again and died on 6 July 1966.

Billy BRAZOS :  Nothing is known about this harp player, seemingly of Texas origin, who recorded two 78’s for an obscure label on the USA-Mexican border.  Brazos blues, included here, is an evocative piece brimming with atmosphere.  Some specialists believe that Billy Brazos is none other than Billy Bizor who often accompanied Lightnin’ Hopkins.  Yet the harmonica playing style is quite different and the other titles cut by Brazos were instrumental numbers with a definite Mexican feeling.

Grace BRIM :  Grace Millard (1923-2001) from Arkansas, met singer and guitarist John Brim in 1947 in Gary (Indiana).  They never parted, even in clubs where they set up a band with Albert King on the drums.  The Brim family then settled in Chicago where they recorded in quantity for various labels, including Man around my door, inspired by the Delta standard Catfish blues.  Around 1960, disillusioned by the musical world and weary of the Chicago ghetto, John and Grace bought a small laundry in Gary.

Eddie BURNS :  Born in Belzoni, Mississippi on 8 February 1928, Eddie Burns was one of the few Detroit bluesmen to step to the forefront.  Much influenced by John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, he teamed up with John Lee Hooker as from 1948 and worked as a mechanic during the day and a musician at night, recording as a harpist and guitarist for various local labels.  He still plays to this day and has just recorded a new album !

Little Sam Davis :  This singer and harp player, born in Winona, Mississippi on 28 November 1928 made a come-back several years ago, recording a 45 for Trix and a CD for Delmark.  However, he is mainly known for the titles cut in 1951 in Florida along with guitarist Earl Hooker.

K.C. DOUGLAS :  Born in Sharon, Mississippi (1913-75), K.C. Douglas was one of the rare bluesmen from Mississippi to move to California during the war, still maintaining the Delta style.  K.C. knew Tommy Johnson well and the latter influenced both his repertoire and guitar style.  In California, Douglas teamed up with harmonica player Sidney Maiden and in 1948 recorded Mercury boogie, a small classic to be taken up by Steve Miller then by Alan Jackson.  He was the only down home bluesman to compose a title which reached the number one slot in the Rock and Country Music Hit Parades.

DRIFTING SLIM :  Elmon Mickle, otherwise known as Drifting Slim, was born in Arkansas (1919-77) was another follower of John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson.  In Down South blues, included here, he imitates his idol to such an extent that he even calls out to Yank Rachell, who was not present in the studio, but was with Sonny Boy when he cut the original version of this piece.  A second harp player is also present, Sunny Blair.  Mickle moved to California in the late fifties and recorded some worthy titles, using various names (Model T. Slip, Drifting Slim, Elmon Mickle).

Frank EDWARDS :  (1909-2002)  Born in Washington, Georgia, Edwards was an excellent one-man band - a singer, guitarist and harmonica player with a style reminiscent of the medicine shows.  He cut a few titles for Okeh and Savoy including Love my baby and was rediscovered in 1970.  Known as ‘Mr. Frank’ in Atlanta, he played right up to his death in March 2002 in a recording studio where he was recording a new album at the age of 93 !

FOREST CITY JOE :  Joe Bennie Pugh, alias Forest City Joe, was born on 10 July 1926 in Hughes, Arkansas and left for Chicago when young.  He became one of the most faithful fans of John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, who took him under his wing.  Joe led a band including Muddy Waters and when Sonny Boy died in 1948 it was believed for a while that Joe would replace him.  However, whimsical as he was, Joe left Chicago to return to Arkansas where he was rediscovered by Alan Lomax in 1959.  He would have surely taken part in the blues revival but, unfortunately, he was killed in a car crash in 1960.

Jazz GILLUM :  (1904-1966)  He recorded around one hundred titles between 1934 and 1950, all for Bluebird and Victor, and was one of the principal figures of Bluebird blues.  He wrote several classics such as Key to the highway and Look on yonder’s wall and was the first to bring the harmonica in Chicago blues.  His playing was remarkably elegant and relaxed.

J.D. HORTON (Ole Sonny Boy) :  The mystery behind harp player J.D. Horton was partly elucidated by the English critic Colin Escott.  Horton was a member of the band of guitarist Eddie Lang who also played with the Texan Guitar Slim.  Later on, he recorded using the name Ole Sunny Boy.

Big Walter HORTON :  (sometimes called Shakey Horton) (1918-1981).  This was one of the greatest harp players in the history of blues.  Horton learnt to play in the thirties in Memphis, but his original style was already apparent in his debut discs in 1939 with Little Buddy Doyle.  As from 1951, Horton cut some of the finest harmonica blues pieces, showing his astonishing technique.  Yet, despite his genius, he was never celebrated in the way he deserved, mainly due to his flippant streak.

HOWLIN’ WOLF :  (Chester Arthur Burnett) (1910-1976).  He was first known as a Delta bluesman who left for Memphis then Chicago to introduce the music of his master, Charlie Patton in Chicago blues.  As singer, occasional guitarist and one of the principal inspiring forces for the Rolling Stones, during his recording debuts he was almost always found on the harmonica, having been taught by his brother-in-law, Rice Miller.

Pee Wee HUGHES :  Little is known about this singer and harmonica player, undoubtedly from Louisiana, who recorded a handful of rhythmic New-Orleans style titles in 1949, one being Santa Fe blues.

Sonny Boy JOHNSON :  We know very little about this artist.  He cut several pieces in Los Angeles in 1947 and 1948.  In Come on and go with me, inspired by Good morning little schoolgirl, it is obvious that he was a follower of John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson.

Sam KELLY :  This harp player from Mississippi left for Detroit during the war and recorded either behind bluesman L.C. Green or in his own name, including Ramblin’ around blues which we may appreciate here.

Pete LEWIS :  Although better known as a guitarist, particularly in Johnny Otis’ band, Carl Lewis (or Pete) also recorded several titles on the harmonica.

Papa LIGHTFOOT :  Born and died in Natchez, Mississippi (1924-1971), George Lightfoot learnt the harmonica, imitating the New Orleans brass sections.  He was a street musician and was a member of the vocal group The Gondoliers.  Spotted by the record world, he cut several titles.  His original and swinging style is particularly apparent in the exciting version of Joe Liggins’ The honeydripper.  Thanks to Canned Heat’s Bob Hite and research worker Steve la Vere, ‘Papa’ made a comeback in the sixties.

LITTLE MILTON :  This is not Little Milton Campbell of southern soul-blues fame, but Little Milton Anderson from Jackson, Mississippi, who recorded a few titles in 1952-53 for various local labels.  His best piece is Little Milton’s boogie, included here.
LITTLE WALTER :  Marion Walter Jacobs, alias Little Walter (1930-68) came from Louisiana to Chicago, going via Memphis and completely revolutionised the harmonica style.  Inspired by Big Walter Horton and John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, he developed his own personal style, and perfected the harmonica’s amplification enabling it to sound like a saxophone.  He was also one of the first to play harmonica blues in third position.

Joe Hill LOUIS :  (1921-1957) He recorded in quantity in Memphis as a one-man band, and developed a primitive yet powerful style on the harmonica.  Taught by Will Shade, Joe played in the streets of Memphis as ‘The Be-Bop boy’ during the forties.  He made many recordings for Columbia and Sun as from 1949.

Sidney MAIDEN :  Maiden (1923-1970) was another disciple of John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson.  During the war he moved to California where he cut some down home titles along with K.C. Douglas and then in his own name for Down Town, Imperial, Dig, Flash, Arhoolie and Prestige.

Walter MITCHELL :  Born in New Orleans, Mitchell (1919-1990) went to Detroit during the war to work in the car industry.  He recorded few pieces in his name before being rediscovered and interviewed by the British critic, Bill Greensmith.

Snooky PRYOR :  Born in Lambert, Mississippi on 15 September 1921, Snooky Pryor was one of the great pioneers of post war electric Chicago blues and was one of the first to use the amplified harmonica.  He learnt to play the instrument at the age of 14 and went to work in a factory in Chicago in 1940.  There, he met his idol, John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson and set up a small street band.  He is still active to this day.

RHYTHM WILLIE :  The mystery behind Rhythm Willie has been revealed thanks to the research of Scott Dirks.  Willie Hood (circa 1905-1954) was more of an instrumentalist in the Borah Menovitch or Larry Adler style rather than a bluesman.  He played in smart clubs and belonged to several jazz bands such as that of Earl Bostic.  His originality comes from the fact that he used the diatonic harmonica and uses the first position in a very personal manner.  The excellent Wailin’ Willie, which we can appreciate here, was recorded with Memphis Slim’s band in 1950.
Robert RICHARD :  One of Detroit’s best harp players, Richard (1924-1990) often recorded behind a number of the town’s bluesmen, Bobo Jenkins in particular.  He cut a few titles in his own name for JVB, King and Fortune as well as a microgroove for George Paulus.

Doctor ROSS :  Isaiah Ross was an exuberant one-man band whose rhythm is reminiscent of the picnics on the banks of the Mississippi.  Of Cherokee origin, Ross learnt the drums and harmonica at the age of nine and appeared in public as from 1938.  Due to his knowledge and the medicine of his ancestors, he was posted in the military hospital while in the army.  He was liberated in 1947 and Isaiah became ‘Doctor’ Ross and set up his Jump and Jive Band which played throughout the Delta and on various radio stations, and was on the King Biscuit Show with Sonny Boy Williamson and Robert Jr Lockwood.  He was very popular in Memphis and was one of the first bluesmen to record for Sun.  Between 1951 and 1954, he recorded some brilliant pieces such as My bebop gal.

Sonny TERRY :  Terry (1911-86), born Saunders Teddel, was blind during his childhood and debuted in medicine shows, playing the harmonica.   In 1937, he teamed up with Blind Boy Fuller to play in the streets of Durham.  Sonny went to New York with Fuller to record.  John Hammond was taken by him and hired him for his famous ‘Spirituals to Swing’ concert in Carnegie Hall in 1938.  When Fuller died, Sonny settled in New York and played with Brownie Mc Ghee.  He became one of the major representatives of Piedmont blues and the migration movement from the Appalachians to New York.  His mountain style greatly influenced European harp players such as Cyril Davies and Jean-Jacques Milteau.  He also came out with some excellent electric pieces including Harmonica Rhumba and Baby let’s have some fun.

John Lee ‘Sonny Boy’ WILLIAMSON :   (1914-1948) Born in Jackson, Tennessee, John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson remains one of the most important names in the history of blues.  As an innovating harp player, he managed to include this instrument in orchestral blues.  He also composed in quantity and many of his works became classics.  He was one of the principal creators of modern Chicago blues.  He advised and influenced numerous artists and many even borrowed his name and pretended to be him in order to clinch contracts.  The ‘Boss’ of Chicago blues was assassinated in 1948, putting a stop to his career.

Sonny Boy WILLIAMSON (Rice Miller) :  Aleck Ford alias Rice Miller alias Sonny Boy Williamson (1890,1899 or 1901-1965) was taught the harmonica and guitar by a wandering musician in the South.  He was then known as ‘Little boy blue’.  He met almost all the Delta musicians, befriending in particular Robert Johnson, Robert Jr Lockwood, Elmore James, Robert Nighthawk and Howlin’ Wolf.  When, as from 1937, John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson came out with a series of hits for Bluebird, Rice Miller seized the opportunity, pretending to be him and was offered to host the King Biscuit Show.  Word spread to Chicago and the true Sonny Boy along with Walter Davis and perhaps Big Joe Williams attempted to locate the impostor with all intentions of getting rid of him.  Luckily for Rice and blues fans, they failed to find him, but Miller had to wait until 1951 and the death of the ‘other’ Sonny Boy before recording his first 78s.  Here, we can appreciate Mr Downchild, a composition by Robert Johnson, and Pontiac blues.

Elder R. WILSON :  (1910)  Born in Mississippi, he settled in Detroit and in 1948, recorded some titles for Joe Von Battle along with his two harp player sons.  Better get ready is an example of gospel on the harmonica, a genre which was rarely recorded.

Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Gérard HERZHAFT

Author of «Encyclopedia of the Blues» (Arkansas Press)
All the technical features are by David Herzhaft (see his CD: «Des Mots d’Harmo» (Frémeaux & Associés FA 437)



CD 1

01. JOHN LEE «SONNY BOY» WILLIAMSON: Hoodoo hoodoo  (John Lee Williamson)    2’55
02. SNOOKY PRYOR: Boogy fool  (James Pryor)    2’26
03. JAZZ GILLUM: Take one more chance with me  (William Gillum)    3’03
04. JOHN LEE «SONNY BOY» WILLIAMSON: Mellow chick swing  (John Lee Williamson)    2’34
05. FOREST CITY JOE: A woman on every street  (Joe Pugh)    2’47
06. SONNY BOY WILLIAMSON (RICE MILLER): Pontiac blues  (Williamson)    2’40
07. DOCTOR ROSS: My bebop gal  (Isaiah Ross)    2’41
08. BIG WALTER HORTON: Little boy blue  (Lockwood)    2’57
09. FRANK EDWARDS: Love my baby  (T. Mc Clennan)    2’42
10. K.C. DOUGLAS & SIDNEY MAIDEN: Mercury boogie  (Douglas)    2’25
11. J.D. HORTON (OLE SONNY BOY): Cadillac blues  (Horton/ Lang)    2’37
12. ELDER R. WILSON: Better get ready  (Wilson)    3’14
13. BILLY BRAZOS: Brazos blues  (B. Brazos)    2’31
14. PEE WEE HUGHES: Santa Fe blues  (Hughes)    2’26
15. SAM KELLY: Rambling around my blues  (Kelly/ Richard)    2’36
16. JOE HILL LOUIS: Walkin’ talkin’ blues  (Louis)    2’38
17. BIG WALTER HORTON: Now tell me baby  (Horton)    3’04
18. SONNY BOY WILLIAMSON (RICE MILLER): Mr Downchild  (Johnson/ Lockwood)    2’29

(1) John Lee «Sonny Boy» Williamson, vcl/hca; Willie Lacey, g; Blind John Davis, pno; Ransom Knowling, bs. Chicago, Ill. 6 août 1946.

(2) Snooky Pryor, vcl/hca; Leroy Foster, g; Moody Jones, bs. Chicago, Ill. 1949

(3) Jazz Gillum, vcl/hca; Pete Franklin, g; Bob Call, pno; Ransom Knowling, bs; Judge Riley, batt. Chicago, Ill. 25 janvier 1949

(4) John Lee «Sonny Boy» Williamson, vcl/hca; Big Bill Broonzy, g; Blind John Davis, pno; Willie Dixon, bs; Charles Saunders, batt. Chicago, Ill. 28 mars 1947

(5) Forest City Joe, vcl/hca; J.C. Cole, g. Chicago, Ill. 2 décembre 1948

(6) Sonny Boy Williamson (Rice Miller), vcl/hac; Elmore James, g; Joe Willie Wilkins, g; Willie Love, pno; Leonard Ware, bs; batt. Jackson, Ms. 5 août 1951

(7) Dr Ross, vcl/hca; Wiley Galatin, g; Reuben Martin, wbd. Memphis, Tn. 1952

(8) Big Walter Horton, vcl/hca; Joe Hill Louis, g/ perc.; prob. Billy Love ou Mose Vinson, pno. Memphis, Tn. février 1952

(9) Frank Edwards, vcl/hca/g; Curley Weaver, g. Atlanta, Ga. août 1949

(10) K.C. Douglas, vcl/g; Sidney Maiden, hca; perc. Oakland, Ca. 1948

(11) J.D. Horton, vcl/hca; prob. Little Eddie Lang, g; orchestre. Nashville, Tn. 1952

(12) Elder R. Wilson, vcl/hca; Clyde Wilson, hca; Sammy Lee Wilson, hca. Detroit, Mi. 1948

(13) Billy Brazos, hca; g. Laredo, Tx, c. 1951-52

(14) Pee Wee Hughes, vcl/hca; g; wbd; batt. New Orleans, La. 1949

(15) Sam Kelly, vcl/hca; Robert Richard, hca; L.C. Green, g. Detroit, Mi. octobre 1952

(16) Joe Hill Louis, vcl/hca/g/ batt. Memphis, Tn. mai 1951

(17) Big Walter Horton, vcl/hca; Joe Hill Louis, g/perc. Memphis, Tn. février 1952

(18) Sonny Boy Williamson (Rice Miller), vcl/hca; Joe Willie Wilkins, g; Willie Love, pno; Cliff Bivens, vcl bs. Jackson, Ms. 4 décembre 1951



CD 2

01. PETE LEWIS: Harmonica boogie  (Lewis)    2’48
02. DRIFTING SLIM: Down South blues  (Mickle)    2’50
03. LITTLE WALTER: Blue midnight  (Jacobs)    3’00
04. LITTLE SAM DAVIS: Going to New Orleans  (Davis/ Earl Hooker)    2’35
05. SONNY TERRY: Harmonica Rhumba  (Terry/ Mc Ghee)    2’25
06. HOWLIN’ WOLF: Riding in the moonlight  (Burnett)    3’03
07. PETE LEWIS: Scratchin’  (Lewis)    2’39
08. SONNY TERRY: Baby, let’s have some fun  (Terry)    2’29
09. PAPA LIGHTFOOT: The Honeydripper  (Liggins)    2’30
10. SONNY BOY JOHNSON: Come home and go with me  (Johnson)    2’47
11. WALTER MITCHELL & ROBERT RICHARD: Stop mess around  (Joe Von Battle)    3’11
12. PAPA LIGHTFOOT: Jumpin’ with Jarvis  (Lightfoot)    2’15
13. GRACE BRIM: Man around my door  (John & Grace Brim)    3’06
14. LITTLE MILTON: Little Milton’s boogie  (Anderson)    2’29
15. SUNNY BLAIR: Five foot three  (Blair)    2’56
16. RHYTHM WILLIE: Wailin’ Willie  (Willie Hood)    2’25
17. EDDIE BURNS: Hello Miss Jessie Lee  (Burns)    3’11
18. LITTLE WALTER: Sad hours  (Jacobs)    3’10

(1) Pete Lewis, hca; George Washington, tb; Walter Henry, t-sax; Devonia Williams, pno; Mario Delagarde, bs; Leard Bell, batt. Los Angeles, Ca. 3 janvier 1952

(2) Driftin’ Slim (Elmon Mickle), vcl/hca; Sunny Blair, hca; Baby Face Turner, g; Junior Brooks, g; Bill Russell, batt. Little Rock, Ar. janvier 1952

(3) Little Walter, hca; Louis Myers, g; Dave Myers, g; Fred Below, batt. Chicago, octobre 1952

(4) Little Sam Davis, vcl/hca; Earl Hooker, g; Tony, batt. Miami, Fl. fin 1952

(5)(8) Sonny Terry, hca; Brownie Mc Ghee, g; Doc Bagby, org; James Harris, bs. Philadelphie, 15 août 1952

(6) Howlin’ Wolf, vcl/hca; Ike Turner, pno; Willie Johnson, g; Willie Steel, batt. West memphis, Ar. septembre 1951

(7) Pete Lewis, hca; George Washington, tb; James Von Streeter, t-sax; Devonia Williams, pno; Fred Ford, b-sax; Albert Winston, bs; Leard Bell, batt. Los Angeles, Ca. 28 août 1952

(9)(12) Papa Lightfoot, hca; Tommy Ridgley, pno; Paul «Guitar Red» Johnson, g; Sylvester Cooks, bs; John Cooks, batt. New Orleans, La. 19 novembre 1952

(10) Sonny Boy Johnson, vcl/hca; Beverly Scott, g; Ernest Mc Clay, g; Dig Moore, pno. Los Angeles, Ca; 1948

(11) Walter Mitchell, vcl/hca; Robert Richard, hca; Boogie Woogie Red, pno; Little George, bs. Detroit, Mi. 1948

(13) Grace Brim, vcl/hca; John Brim, g; Sunnyland Slim, pno; bs. Chicago, Ill. 22 août 1952

(14) Little Milton Anderson, hca; Eddie White, g; batt. Jackson, Ms. fin 1952

(15) Sunny Blair, vcl/hca; Baby Face Turner, g; Junior Brooks, g; Bill Russell, batt. Little Rock, Ar. janvier 1952

(16) Rhythm Willie, hca; Memphis Slim, pno; Alex Atkins, a-sax; Timothy Overton, t-sax; Alfred Elkins, bs; Leon Hopper, batt.. Chicago, Ill. 1950

(17) Eddie Burns, vcl/hca; Chuck Smith, g; Percy Lee Brown, g; Washboard Willie, wbd. Detroit, 1952

(18) Little Walter, hca; Louis Myers, g; Dave Myers, g; Fred Below, batt. Chicago, octobre 1952


Après Harmonica blues 1927-1941 (FA 040) qui retraçait les débuts de l’harmonica dans le blues, ce coffret explore les foisonnantes années d’après-guerre, véritable âge d’or de l’harmonica blues. C’est partout, de New York à La Nouvelle-Orléans en passant par Memphis et Nashville, du Texas à la Californie que l’harmonica occupe désormais une place prépondérante dans le blues avec des nombreux chefs-d’œuvre que nous présentons ici.

Further to Harmonica Blues 1927-41 (FA 040) which covered the harmonica’s debut in the blues, this album explores the rich post-war years, the golden age for harmonica blues.  All over the land, from New York to New-Orleans, going via Memphis and Nashville, and from Texas to California, the harp held a major role in the blues as proved by the numerous master-pieces included here.






Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 HOODOO HOODOO - WILLIAMSON 02'57
 
02 BOOGY FOOL - PRYOR 02'28
 
03 TAKE ONE MORE CHANCE WITH ME - GILLUM 03'05
 
04 MELLOW CHICK SWING - WILLIAMSON 02'36
 
05 PONTIAC BLUES - WILLIAMSON 02'49
 
06 A WOMAN ON EVERY STREET - FOREST 02'41
 
07 MY BEBOP GAL - DOCTOR ROSS 02'43
 
08 LITTLE BOY BLUE - HORTON 02'58
 
09 LOVE ME BABY - EDWARDS 02'43
 
10 MERCURY BOOGIE - DOUGLAS 02'27
 
11 CADILLAC BLUES - HORTON 02'39
 
12 BETTER GET READY - WILSON 03'15
 
13 BRAZOS BLUES - BRAZOS 02'33
 
14 SANTA FE BLUES - HUGHES 02'27
 
15 RAMBLING AROUND MY BLUES - KELLY 02'37
 
16 WALKIN TALKIN BLUES - HILL 02'39
 
17 NOW TELL ME BABY - HORTON 03'05
 
18 MR DOWNCHILD - SONNY BOY 02'29
CD 2
 
01 HARMONICA BOOGIE - LEWIS 02'50
 
02 DOWN SOUTH BLUES - MICKLE 02'51
 
03 BLUE MIDNIGHT - LITTLE WALTER 03'02
 
04 GOING TO NEW ORLEANS - DAVIS 02'36
 
05 HARMONICA RHUMBA - TERRY 02'26
 
06 RIDING IN THE MOONLIGHT - WOLF 03'04
 
07 SCRATCHIN - LEWIS 02'41
 
08 BABY LET S HAVE SO FUN - TERRY 02'30
 
09 THE HONEYDRIPPER - LIGHTFOOT 02'32
 
10 COME HOME AND GO WITH ME - JOHNSON 02'49
 
11 STOPMESS AROUND - MITCHELL 03'12
 
12 JUMPING WITH JARVIS - LIGHTFOOT 02'16
 
13 MAN AROUND MY DOOR - BRIM 03'08
 
14 LITTLE MILTON S BOOGIE - ANDERSON 02'31
 
15 FIVE FOOT THREE - BLAIR 02'57
 
16 WAILIN WILLIE - RHYTHM 02'26
 
17 HELLO MISS JESSIE LEE - BURNS 03'12
 
18 SAD HOURS - LITTLE WALTER 03'09
"Harmonica Blues Vol. 2" par Rollin' & Tumblin'

“Cet album est in-dis-pen-sa-ble !“ ROLLIN’ & TUMBLIN’




"Harmonica Blues Vol. 2" par Epok

“Deuxième tome édité à l’âge d’or de la mouth harp : un minuscule instrument qui a inspiré d’immenses improvisateurs.“ EPOK




"Harmonica Blues Vol. 2" par Le Cri Du Coyotte

“A moins que vous ayez une allergie à l’harmonica, on ne voit vraiment pas quel défaut on pourrait trouver à cet album. Allez, hop : sur l’étagère !“ LE CRI DU COYOTTE




"Harmonica Blues Vol. 2" par Trad Mag

“Le choix des titres, leur intérêt historique, leur variété, font de ce coffret un grand disque de blues tout court.“ TRAD MAG




"Harmonica Blues Vol. 2" par Jazz Hot

“Il va de soi que la qualité de la musique est superlative et qu’il s’agit d’un coffret incontournable pour tout amateur de blues.“ JAZZ HOT




"Harmonica Blues Vol. 2" par Blues & Rythm

“Maybe that’s just me, but surely the mark of a good compilation is that it can make the listener hear the familiar with fresh ears - and this is indeed a good compilation.“ BLUES & RHYTHM




"Harmonica Blues Vol. 2" par Dirty Linen

“Album notes are in French and English and are perfectly satisfactory.“ DIRTY LINEN




CHOC Jazzman

« Si l’harmonica doit au blues sa popularité universelle, il semble s’être effacé peu à peu de l’univers noir américain, répudié par la guitare. Le sort de cette bataille entre les deux instruments majeurs de l’histoire du blues était encore incertain au début du XX ème siècle. ... » Sebastian DANCHIN – JAZZMAN. Ce disque a reçu la distinction CHOC Jazzman


« Si l’harmonica doit au blues sa popularité universelle, il semble s’être effacé peu à peu de l’univers noir américain, répudié par la guitare. Le sort de cette bataille entre les deux instruments majeurs de l’histoire du blues était encore incertain au début du XX ème siècle. Amplifié pour survivre à l’urbanisation massive des populations sudistes chassées par l’exode rural, l’harmonica devait à ses qualités vocales sa popularité dans les tavernes et les clubs de ghetto ; prolongement de la voix du chanteur, il semblait même destiné à supplanter sa rivale jusqu’à ce que l’explosion des cuivres due au rhythm and blues et la suprématie du style lyrique inventé par B. B. King sur sa guitare électrique ne finisse par avoir raison de ses ambitions. C’est l’histoire de cette évolution qui est documentée tout au long de ce coffret dans lequel les créateurs majeurs (les deux Sonny Boy Williamson, Little Walter et Big Walter…) côtoient les souffleurs les plus obscurs, mais pas toujours les moins surprenants, comme on peut le constater à l’écoute de ses trente-six faces passionnantes, documentées et détaillées par la plume de Gérard Herzhaft. » Sebastian DANCHIN – JAZZMAN. Ce disque a reçu la distinction CHOC Jazzman




* * * * * Le Pied ! Soul Bag

« Avec ce deuxième volume "Harmonica Blues", les choses sérieuses commencent pour les amateurs de blues d’après-guerre. C’est dans les années considérées, 1946 à 52, que l’harmonica blues tel qu’il est connu aujourd’hui va prendre ses marques dans la musique populaire, personnifiant presque à lui tout seul le blues dans l’esprit du grand public. ... » Christophe MOUROT – SOUL BAG. Ce disque a reçu la distinction * * * * * Le Pied ! Soul Bag



« Avec ce deuxième volume « Harmonica Blues », les choses sérieuses commencent pour les amateurs de blues d’après-guerre. C’est dans les années considérées, 1946 à 52, que l’harmonica blues tel qu’il est connu aujourd’hui va prendre ses marques dans la musique populaire, personnifiant presque à lui tout seul le blues dans l’esprit du grand public. Sonny Boy Williamson numéro 1 est un fil rouge important de cette compilation. Gérard Herzhaft explique de façon lumineuse dans ses notes la filiation entre la référence absolue de l’harmonica amplifié et les autres artistes présentés, dont une seule poignée échappent à son influence directe (Sonny Terry, Papa Lightfoot, Joe Hill Louis ou Howlin’ Wolf). Il suffit de voir comment beaucoup ont utilisé son nom de façon directe ou dérivée pour mesurer son attrait sur le public. Musicalement, on trouve ici tous les canons de l’harmonica, il n’y a pas d’autres façons d’en jouer pour créer l’ambiance blues recherchée. En quelques années, les musiciens qui défilent sur ces disques vont faire évoluer l’instrument magistralement, le projetant dans une modernité qui pourtant gardera les traces de sa ruralité d’origine. Le nombre de standards, majeurs ou mineurs, créés à cette occasion se mesure à l’aune de la quantité de reprises qui en sont faites depuis, sans jamais vraiment les égaler. L’exemple frappant de cette évolution est Little Walter, encore très rural à ses débuts, et capable quelques temps plus tard d’enregistrer un chef-d’œuvre de créativité comme Sad Hours. Une fois encore, Gérard a su trouver les titres essentiels pour retracer le genre étudié, avec une impeccable qualité de reproduction. De plus, la tonalité des morceaux et celle utilisée par les harmonicistes sont données, alors à vos harmos, la meilleure façon de chroniquer ce double CD étant de l’écouter pour jouer par-dessus ! » Christophe MOUROT – SOUL BAG. Ce disque a reçu la distinction * * * * * Le Pied ! Soul Bag




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