TEXAS DOWN HOME BLUES

1948 - 1952

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Livret : 32 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5062

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Le Texas a conservé et développé après la guerre un blues incroyablement dépouillé : notes parcimonieuses, guitare électrifiée ou piano robuste, chant laconique, textes évocateurs. Ce “down home” blues, venu en droite ligne de Blind Lemon Jefferson et de Texas Alexander et enregistré par une myriade de labels locaux, connaît alors un vif succès auprès des Noirs et regorge de nombreux chefs-d’œuvre que ce coffret propose de faire découvrir.
Gérard Herzhaft & Patrick Frémeaux

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini.
Texas Down Home Blues FA5062

TEXAS DOWN HOME BLUES
1948-1952










Plus que nulle part ailleurs dans le Sud des Etats-Unis, le Texas a conservé et développé après la guerre un «country» blues incroyablement dépouillé: notes parcimonieuses, guitare électrifiée ou piano robuste, chant laconique, textes évocateurs. Ce «down home» blues texan, venu en droite ligne de Blind Lemon Jefferson et de Texas Alexander, connaît la faveur des Noirs au Texas, en Californie et jusque dans les Etats de la Côte Est. Lightnin’ Hopkins, Lil’Son Jackson, Smokey Hogg, Lowell Fulson, Frankie Lee Sims engrangent des succès régionaux, font de nombreux émules qui sont enregistrés par une myriade de petits labels locaux.

Ce «down home» blues texan des années 1947-52 est riche de nombreux chefs-d’œuvre que ce coffret propose de faire découvrir.


LE TEXAS, UN MONDE A PART

L’histoire du Texas est fort différente de celle de la vallée du Mississippi. Ce territoire, découvert et exploré par les Espagnols au XVIe siècle a en fait été une possession espagnole lointaine, négligée, quasi-désertique à l’exception de quelques populations indiennes de l’aire nahuatl et de certains vastes haciendas à élevage intensif abritant des troupeaux de bovins et des vaqueros pour les surveiller.
Il faut remarquer que les possessions espagnoles d’Amérique n’ont jamais été des colonies de peuplement comme celles des Anglais. Au Mexique, une très petite minorité d’Espagnols (les gachupines) régnaient sur des masses d’Indiens et de métis. La sanglante guerre d’indépendance (1810-1821) qui transforme la Vice-royauté de Nouvelle Espagne en République du Mexique (reprenant l’ancien nom aztèque) est d’abord la révolte des peuples opprimés contre les gachupines. Une des premières mesures du gouvernement révolutionnaire est de décréter l’égalité des races et d’abolir l’esclavage en 1813. Lorsque le Mexique gagne enfin son indépendance, les nouvelles autorités mexicaines tentent de peupler leurs territoires du Nord, Texas, Nouveau Mexique, Californie qui avaient été largement négligés par l’Espagne. Mexico favorise l’installation de gros éleveurs et de gros planteurs des Etats-Unis. Ceux-ci deviennent en quelques années les maîtres de facto de l’énorme territoire texan. Les lois humanistes mexicaines (notamment l’abolition de l’esclavage) sont combattues par les colons américains qui y voient un frein à l’économie de plantation qu’ils sont en train d’établir au Texas. Avec l’appui de Washington, ils fomentent une révolte contre le dictateur Santa Ana, le maître du Mexique. Les milices de Sam Houston, aidées par les Etats-Unis, n’ont pas de mal à battre les Mexicains (le siège d’Alamo en est l’épisode le plus célèbre), proclament l’indépendance d’une République du Texas en 1836. Un des premiers actes de ce jeune Etat est de légaliser l’esclavage des Noirs. Le Texas sera rattaché aux Etats-Unis en 1845.Dès lors, à côté des hispaniques pratiquant l’élevage, les Américains vont développer dans la deuxième moitié du XIX ème siècle et surtout dans l’Est du Texas, une économie de plantation du coton qui amène des colons et des esclaves puis des métayers noirs. Il faudra en fait attendre la découverte du pétrole et son exploitation au début du XX ème siècle pour que le Texas attire des immigrants européens, la plupart en provenance des débris de l’Empire austro-hongrois. Peuplement de base hispanique, anglo-saxons très minoritaires, Noirs venus tardivement, forte présence de colons d’origine germanique... sans oublier l’attraction de la Nouvelle Orléans, «civilisée»et prestigieuse sur l’Est du Texas, l’influence considérable de la culture cow-boy dans l’Ouest voire celle des Cajuns des marécages de Louisiane... le ragoût texan est de nature bien diffé­rente de celle du Vieux Sud américain.


«BLUES CAME TO TEXAS...»

L’apport des Noirs dans la culture de l’Ouest a été, selon tous les auteurs, de grande importance. Anciens esclaves affranchis et ne désirant pas devenir métayers, ils sont déjà installés au Texas ou dans les autres Etats de l’Ouest ou bien proviennent des Etats du Sud-est qui établissent une législation ségrégationniste dure dès la fin de la guerre de Sécession. Les Noirs sont maréchal-ferrants, cow-boys, barmen, éleveurs, relayeurs de poste, conducteurs de diligence et même... hors la loi!
La tradition musicale de base du Texas est d’évidence espagnole. Et l’usage de la guitare, rarissime dans la vallée du Mississippi avant la fin du XIX ème siècle, est important au Texas dès l’époque coloniale. Les Noirs de l’Ouest sont avant tout des chansonniers, songsters itinérants allant chanter des ballades et raconter des histoires dans les bourgades et les campements d’ouvriers. Beaucoup parmi les songsters noirs qu’on a enregistré au moment du blues revival sont texans (Lead Belly, Henry Thomas, Mance Lipscomb...), preuve que ces formes anciennes de chanson ont dominé au Texas bien plus longtemps qu’ailleurs.
«Blues came to Texas loping like a mule...» chante Blind Lemon Jefferson. Et tous les témoignages concordent: le blues est venu de l’extérieur au Texas et certainement assez tardivement. Le célèbre songster noir Mance Lipscomb le confiera en 1964: «Je ne connaissais pas de musique qui s’appelait blues avant la Guerre (de 1914-18)... C’est un petit vagabond noir qui venait du Mississippi qui l’a amené par ici. Il marchait sur le chemin en chantant et jouant de la guitare. D’autres ont suivi. Et des gens d’ici comme Blind Lemon ou Texas Alexander se sont mis eux aussi à chanter des blues...».
Contrairement au Mississippi, le blues texan a certainement pris naissance dans les villes, et probablement à Dallas et Fort Worth. En effet, à la fin du XIX ème siècle, l’est du Texas qui a, depuis la conquête américaine, prospéré grâce à ses vastes plantations de coton, est ravagé par le charançon (le célèbre boll weevil de tant de folk songs). L’économie agricole s’effondre, jette sur les routes des milliers de métayers et d’ouvriers agricoles dont une majorité de Noirs. C’est à ce moment-là que Dallas, Fort Worth ou Houston, jusqu’alors de petites bourgades, deviennent des villes avec des quartiers noirs misérables où s’entassent les victimes du charançon du coton.
La partie orientale de la grande artère de Dallas, Elm Street, est le lieu d’arrivée de ces migrants des campagnes. Ils s’y entassent par milliers. Les jobs sont rares: tous les matins, les manœuvres noirs se pressent à l’intersection de Elm Street et Central Avenue. Là, les employeurs embauchent à la journée. La foule d’aspirants au travail est telle que les salaires proposés baissent de mois en mois. Ceux qui ne sont pas retenus traînent toute la journée, gonflant le vieux quartier noir voisin de Freedmen’s town. Ceux qui reviennent le soir, fourbus et avec leur paie, sont immédiatement sollicités à dépenser leurs dollars: joueurs de bonneteau, combats de coqs, prostituées, bars improvisés, musique partout...
Elm Street East devient «Deep Elm», un des quartiers chauds les plus célèbres des Etats Unis. Par extension, d’autres zones de ce type prendront cette appellation! Quoi qu’il en soit, Deep Elm à Dallas devient entièrement noir et se peuple de bars, lupanars, salles de jeux, le véritable terreau du blues.
L’hebdomadaire noir de Dallas, le Dallas Weekly Gazette décrit ainsi Deep Elm en juillet 1937 :
«Quand Deep Elm rencontre Central Avenue à Dallas, l’Ethiopie étend ses bras noirs jusqu’au cœur de l’Amérique... Personne ne s’y couche jamais et le travail continue 24 heures sur 24. C’est le seul endroit sur terre où les affaires, la religion, le vaudou, le jeu d’argent et le vol cohabitent sans trop de frictions. Samedi dernier, un prophète a enflammé les foules en annonçant que Jesus Christ viendrait en personne à Dallas en 1939. Pendant ce temps, un pickpocket associé au prédicateur faisait consciencieusement les poches des badauds qui écoutaient bouche-bée cette extraordinaire prophétie! »


LE PREMIER BLUES TEXAN


Plusieurs musiciens de rues vivent dans et de Deep Elm: Little Hat Jones, Texas Alexander, Funny Papa Smith. Dans les bars, on peut entendre la pulpeuse Bobby Cadillac ou la sombre Bessie Tucker, les pianistes Alex Moore, Sammy Price, certains futurs guitaristes de jazz comme Eddie Durham et même un tout jeune Lonnie Johnson qui attire déjà l’attention par la façon audacieuse dont il joue de son instrument. Mais Blind Lemon Jefferson est, déjà avant d’enregistrer, le plus célèbre de tous ces musiciens. Aveugle de naissance, Jefferson est obligé de gagner sa vie en mendiant et en jouant de la guitare. Deep Elm est son domaine. Il avance en frappant le trottoir de sa canne, sa guitare sur l’épaule. Comme son concurrent Texas Alexander, lui aussi aveugle, lorsqu’il s’aventure hors de son quartier, il se fait aider d’autres musiciens. C’est ainsi, que de Lead Belly à Lowell Fulson en passant par Lonnie Johnson, T-Bone Walker ou Lightnin’ Hopkins, la plupart des grands bluesmen locaux se seront formés à la rude école des chanteurs de rues aveugles de Deep Elm, véritable matrice du blues texan.
C’est sur les indications de Sammy Price que Paramount contacte Jefferson à la fin de 1925. Sa réputation est telle que Paramount, contrairement aux autres artistes qui seront d’abord enregistrés dans des suites d’hôtel aménagées, lui offre d’emblée un ticket de train afin d’enregistrer à Chicago dans les meilleures conditions de studio. Blind Lemon est ainsi un des tout premiers bluesmen noirs chantant et jouant de la guitare en soliste à enregistrer. Bien avant ses homologues de la vallée du Mississippi ou des Appalaches! Le succès de Jefferson est immédiat.
Avec Blind Lemon Jefferson, Little Hat Jones, Texas Alexander, Funny Papa Smith et les autres premiers créateurs du blues texan, celui-ci décline des caractéristiques qui le démarquent nettement des autres formes originales de blues. Le bluesman texan joue de la guitare avec les doigts (même si Lonnie Johnson utilisera un plectre très tôt) mais à la façon du flamenco hispanique qui avait tant marqué ces anciennes possessions mexicaines: le pouce, voire toute la main, frappe les basses puis les autres doigts décrivent des arpèges rapides, s’arrête presque ou totalement pour laisser chanter une phrase puis reprend selon le même processus. On est très loin du strumming hypnotique du Delta (cf Delta blues FA 5030) ou du fingerpicking impeccable des Carolines (cf New York City blues FA 5008)! Les arpèges et les solos n’utilisent pas exclusivement les gammes pentatoniques et favorisent souvent la gamme espagnole/arabe (mode phrygien) et bien des blues texans sont totalement dépourvus de ce que l’on appelle aujourd’hui blue notes. Les paroles et les thèmes de la plupart des blues texans sont aussi très fortement marqués par la tradition nord-mexicaine issue de l’Andalousie: textes et histoires très élaborés, grands drames et grandes passions personnels avec, très souvent, un fond d’humour dévastateur qui culminera après la guerre chez un Lightnin’ Hopkins.


HOUSTON: A MI-CHEMIN ENTRE JAZZ ET BLUES


Houston s’impose comme une grande cité au moment de la Première Guerre Mondiale. Ses installations portuaires induisent une intense activité commerciale puis industrielle qui attire en masse des immigrants du Texas ou d’ailleurs. Parmi ceux-ci, on trouve bien des Noirs chassés de leur terre par les aléas de la monoculture du coton. Les recensements comptabilisent 35.000 Noirs en 1924 et 86.000 en 1940. Ils sont essentiellement parqués dans le Troisième Arrondissement de la ville, Dowling Street devenant l’équivalent à Houston de Deep Elm à Dallas. Dans le quartier de la gare (d’où part la ligne de Santa Fe), d’innombrables petits bars éclosent, animés par de robustes pianistes qui mêlent les rythmes du ragtime venu de la Nouvelle Orléans avec le robuste toucher des barrelhouses. Ces pianistes ne sont pas des virtuoses mais des «écraseurs de piano qui vous font lever vos grosses pattes», selon la formule de Sammy Price. Aujourd’hui regroupés sous l’appellation «école de Santa Fe», ces pianistes ont fortement influencé le cours du blues, leurs émules allant des pianistes californiens de l’après-guerre aux stylistes du Rhythm & Blues, à certains grands noms de Chicago comme Big Maceo et même aux pianistes de la Country Music et du Rock’n’roll tels Moon Mullican et Jerry Lee Lewis.
L’afflux des Noirs est tel à Houston que le Third Ward, plus tourné au départ vers les activités portuaires de la ville, devient à son tour un «ghetto» pour gens de couleur. C’est là qu’au début des années 40 se développe une forme de blues orchestral, inspiré du blues texan des Jefferson et Alexander, des pianistes de la Santa Fe line et aussi des orchestres de jazz populaire de la Nouvelle Orléans et de Kansas City. Houston est un des terreaux méconnus mais importants du Rhythm & Blues naissant. La migration vers la Californie durant la Deuxième Guerre Mondiale de nombre de musiciens de Houston jouera certainement un rôle capital dans la généralisation du Rhythm & Blues californien. Ce blues urbain orchestral texan fera l’objet d’un futur coffret chez Frémeaux & Associés.
La scène musicale noire de Houston abrite aussi une importante communauté de bluesmen, disciples de Jefferson ou de Texas Alexander. Ce dernier faisait de fréquentes incursions à Houston, s’y produisait dans Dowling Street, souvent accompagné de son jeune cousin Lightnin’ Hopkins; C’est au cours d’un de ces voyages que Hopkins décidera de se fixer définitivement dans le Third Ward de Houston où il s’imposera après la guerre comme l’indubitable «King of Dowling Street».


AUTRES CENTRES TEXANS


Un Etat aussi grand que le Texas (une fois et demi la superficie de la France) a abrité bien sûr de nombreuses autres scènes musicales noires.
La région côtière et frontalière de la Louisiane, les villes de Beaumont, Port Arthur et Orange, ont été à la fois fortement marquées par les blues de Dallas ou de Houston et, plus encore, par la scène Cajun, Créole puis Zydeco de la Louisiane. Baptisé le «Triangle d’Or», ce secteur commercial et industriel extrêmement actif a accueilli aussi des milliers de migrants noirs venus des régions du Texas Central, de la Louisiane et même du Mississippi. La scène locale du blues sera d’abord dominée par la famille Thomas (Ramblin’, Jesse et Lafayette) originaire de Shreveport en Louisiane. Après 1945, les clubs de ces villes seront animés par Clifton Chenier, Phillip Walker, Clarence Garlow...
La région de San Antonio, restée très mexicaine, est célèbre pour ses Conjuntos et ses orchestres de Tex-Mex. Mais ses nuits chaudes ont été aussi animées par de remarquables groupes de Western Swing (Jimmy Revard, Adolph Hofner) ainsi que par un certain nombre de bluesmen dont T-Bone Walker qui a longtemps joué dans un club de la ville ainsi que par une école de pianistes très influents comme Son Becky, Big Boy Knox ou Pinetop Burks.
Enfin, Austin, la capitale de l’Etat, longtemps assoupie autour de ses bâtiments officiels et de son Université a été totalement négligée par les compagnies de disques. Cependant, de nombreux bluesmen ont développé leur art dans les régions rurales autour de la ville: T.D. Bell, Mercy Dee Walton, Lavada Durst qui deviendra le premier D.J. noir du Texas à la fin des années 1940 sur KVET et dont nous présentons ici le célèbre Hattie Green.
Nous avons vu dans le coffret California blues (FA 175) la part considérable jouée par les bluesmen texans dans la création du blues californien. En effet, durant la guerre, la Californie attire essentiellement des travailleurs originaires du Texas, de l’Oklahoma ou de l’Ouest de la Louisiane qui gagnent les chantiers navals via le chemin de fer de Santa Fe, une ancienne ligne qui décrivait les villes minières abandonnées de l’Arizona et du Nouveau Mexique. Le prolétariat californien est ainsi surtout texan, Blancs et Noirs. Il trouve une musique de cabarets hollywoodiens à laquelle il s’adapte et qu’il adapte à sa sensibilité. Très vite, le blues texan de Dallas ou Houston qui n’a pas tant évolué depuis Blind Lemon Jefferson et les pianistes du ghetto de la gare de Houston s’installe et se transforme au sein d’orchestres venus du jazz et dominés par des cuivres, que l’on appellera plus précisément orchestres de Rhythm & Blues.
Cette migration massive de sudistes vers le Nord et vers l’Ouest crée aussi un marché local pour les traditions musicales de ces transplantés. Des radios émettent à destination de ces immigrants et diffusent du blues, du Rhythm & Blues. Les grandes compagnies sont incapables de saisir l’ampleur et l’intérêt de ce nouveau marché et l’immédiate après-guerre voit l’émergence de multiples petites compagnies indépendantes (dont certaines seront tenues - fait nouveau et véritable révolution - par des hillbillies et même par des Noirs) qui sortent des disques de nouveaux artistes à destination avant tout de ce prolétariat d’immigrés sudistes qui constitue un public important à niveau de vie relativement conséquent. En Californie, J.R. Fullbright, Jack Lauderdale, Bob Geddins, les frères Bihari enregistrent des centaines d’artistes et créent l’essentiel des labels de blues de l’après-guerre (RPM, Big Town, Down Town, Echo, Elko, Club, J.R. Fullbright, Murray, Speed...).


LE NOUVEAU DOWN HOME BLUES TEXAN


Au Texas, le «down home» blues perdure et se développe bien après la Deuxième Guerre Mondiale. Il s’inspire essentiellement des disques des premiers créateurs, surtout ceux de Blind Lemon Jefferson et de Texas Alexander, en particulier les grands titres que Texas enregistre en compagnie de Lonnie Johnson qui suit le chanteur note par note. On retrouve cette énorme influence de Lonnie Johnson chez pratiquement tous les guitaristes présents dans cette anthologie, en premier lieu Lightnin’ Hopkins et Lowell Fulson dont les styles de guitare si caractéristiques nous paraissent provenir en droite ligne du jeu de Johnson derrière Texas Alexander.
La fin de la guerre voit aussi la création de studios d’enregistrement texans par des férus locaux d’électronique (John «Pappy» Sellers ou Big Jim Beck à Dallas-Fort Worth; Bill Holford et Bill Quinn à Houston). Ce qui évidemment permet d’enregistrer facilement des artistes locaux, de blues comme de Country Music.
Même si le mouvement démarre un peu plus tard que dans d’autres régions, les producteurs indépendants sont éxtrêmement nombreux au Texas après la guerre. Il faut citer Bill Quinn et son label Gold Star; Lola Ann Cullum avec ARC puis Aladdin (elle découvre Lightnin’ Hopkins, Thunder Smith et Amos Milburn); Macy Lela Henry, fondatrice des disques Macy’s; Louise Erickson avec Talent; Herb Rippa avec Blue Bonnet; Solomon Kahal avec Freedom; Bob Shad avec Sittin’ In With; Boyd Leisky avec Nutcraft et quantité d’autres qui n’ont parfois qu’une vie très limitée, tels Royalty ou Swing de Paris (au Texas, bien sûr!). A ces labels américains, il faut aussi ajouter autant (sinon davantage) de compagnies basées au Sud du Rio Grande, au Mexique, et qui se consacrent bien sûr en priorité aux artistes hispaniques mais qui ne dédaignent pas ici et là d’enregistrer blues et country music par des musiciens américains.
Ces labels sont ambitieux mais manquent souvent cruellement de moyens. Il s’agit généralement de toutes petites entreprises, très souvent familiales, et dont la production de disques n’est qu’une partie de l’activité, parfois tout à fait secondaire. Ils peuvent détenir des parts du capital d’une station de radio ou d’un magasin de disques mais ils sont aussi réparateurs de radio, fournisseurs de juke-boxes, installateurs d’antennes de télévision ou bien possèdent un magasin d’électronique, un studio d’enregistrement, voire un bazar ou des stations services. S’ils rêvent bien sûr tous du «hit» qui leur apportera la fortune, ils se contentent aussi bien de fournir en disques les juke-boxes des bars de voisinage par des artistes du cru dont est friand le public local mais qui sont totalement négligés par les labels plus importants. Ces 78t vite enregistrés et souvent mal façonnés  sont d’abord pour eux une valeur ajoutée, un argument de vente qui leur ouvre un marché pour leurs autres activités.
Mais quelles que soient les motivations, ces producteurs indépendants et ces labels parfois microscopiques nous laissent une oeuvre enregistrée dense, foisonnante, passionnante et le plus souvent d’une haute qualité artistique sinon technique, les vibrants témoignages d’un blues texan profond et sans fioritures, alors au sommet de son accomplissement.


LES BLUESMEN


Texas ALEXANDER: Algernon Alexander dit «Texas» Alexander (1900-54) symbolise avec Blind Lemon Jefferson toute l’essence du Texas blues. Alexander semble avoir travaillé sur nombre de chantiers itinérants, construisant routes, digues et voies ferrées. Il a aussi connu à plusieurs reprises les travaux forcés lorsque le système pénal texan perpétuait en fait l’esclavage. Toutes ces expériences transparaissent dans sa copieuse oeuvre enregistrée. Mais Texas Alexander a surtout été un chanteur des rues, plantant, avant la performance, son couteau sur le sol ou sur un poteau de bois pour marquer son territoire. Une voix puissante, un rythme irrégulier, une absence visible de mesures... on est loin des standards habituels attribués au blues. Uniquement chanteur, Alexander était toujours accompagné d’un guitariste. Au cours de sa vie, il a ainsi entraîné dans ses errances Little Hat Jones, Lowell Fulson, Lightnin’ Hopkins... les influençant considérablement. Mais ce sont les titres enregistrés en compagnie de Lonnie Johnson (cf Lonnie Johnson FA 262), sans aucun doute certains des plus grands chefs- d’œuvre du blues texan, qui ont fait référence pour la plupart des guitaristes texans. Ceux-ci ont puisé leur inspiration dans le jeu de Lonnie qui tissait autour du puissant chanteur une toile ornementale de notes et d’harmonies jouées note par note. Alexander semble avoir fait beaucoup de prison dans les années 30 et 40 avant de ressurgir une dernière fois en 1950, le temps de graver cette étrange version de Crossroads blues, un morceau généralement attribué à Robert Johnson, une inspiration cependant très improbable. Alexander meurt de la syphilis en 1954.

Johnny BECK: Ce chanteur et guitariste, sans doute aveugle, a enregistré brièvement pour le label de Houston Sittin’ In With dans un style qui renvoie au blues texan d’avant-guerre. Il a ensuite disparu. Malgré les efforts de quelques chercheurs, on n’a jamais réussi à retrouver sa trace.

Charlie BRADIX: Lui aussi demeure un nom mystérieux du blues texan. Ce guitariste robuste a enregistré en 1948 quelques titres pour Blue Bonnet, Colonial et Aristocrat, parfois en compagnie du pianiste de Western Swing, Knocky Parker.

Buddy CHILES: On ne sait rien de ce chanteur et guitariste qui a enregistré deux titres en 1949 à Houston pour le label Gold Star de Bill Quinn. Jet black woman se trouve sur l’excellent CD Arhoolie 352. Nous proposons ici l’autre côté du 78t, le beau Mistreated blues.

Rattlesnake COOPER: Ce très obscur guitariste (on ne sait même pas son prénom!) a enregistré en 1949 deux titres pour le label Talent en compagnie du pianiste Sonny Boy Davis. Certains exégètes britanniques ont suggéré que ce Cooper était apparenté à Rob Cooper, un pianiste texan qui avait enregistré avant la guerre.

Big Bill DOTSON: Encore un inconnu complet, ce Big Bill Dotson a enregistré deux titres en janvier 1952 à Houston qui ont d’ailleurs paru au moins une fois sous le nom de ... Lightnin’ Hopkins! Quoi qu’il en soit, Dark old world est un blues puissant et profond à la manière immanquablement texane.

Lavada DURST: Ce pianiste et chanteur (1910-1996) est surtout connu sous le nom de Dr Hepcat, un disc-jockey noir de la station de radio KVET de Austin. Ses discours en langage noir («jive») passent pour avoir été les premiers du genre à être diffusés sur les ondes. Son oeuvre musicale enregistrée se limite hélas à quatre titres en 1949 pour Uptown et Peacock avec deux versions de son petit succès Hattie Green, une composition de Joe Pullum. Nous présentons ici la deuxième et meilleure de ces interprétations.

Leroy ERVIN: Un pianiste et chanteur qui a gravé deux superbes titres (dont la pièce à propos du célèbre train Rock island blues qui figure dans ce coffret) pour le minuscule label Swing. Il passe pour avoir joué de la batterie dans les bars de Dallas jusqu’à la fin des années 50, date de son probable décès.

Lowell FULSON: De descendance pure cherokee et né dans l’Oklahoma, Lowell Fulson (1921-99) accompagne dans les années 30 Texas Alexander. Il gagne la Californie durant la guerre et devient un des créateurs du blues californien, mariant son Texas blues rural et profond au Rhythm & Blues des cabarets de Los Angeles. Outre une oeuvre considérable à la tête d’un orchestre, Lowell a enregistré plusieurs titres en compagnie de son frère Martin dans un style de Country blues texan très profond comme on l’entend ici sur Double trouble blues à l’atmosphère très terrienne, encore amplifiée par les interjections savoureuses de Mabel, une chanteuse anonyme.

Guitar Slim GREEN: Ce chanteur et guitariste, Norman Green (1920-75) originaire de Bryant au Texas a vécu en Oklahoma, dans le Nevada puis en Californie où il a enregistré une poignée de superbes blues terriens. Nous avons fait figurer Alla blues dans le coffret California blues (FA 175). Nous rééditons ici l’autre face du 78t, le sombre Central Avenue blues dans lequel il est accompagné par un harmoniciste élémentaire mais très évocateur. Green gravera un album magnifique dans les années 60 pour Johnny Otis.

John HOGG: John (1912-83) est le frère aîné de Smokey Hogg à qui il aurait d’ailleurs appris à jouer de la guitare. Il a fréquenté dans son enfance Blind Lemon Jefferson et Black Ace (B.K. Turner) et a tenté sa chance un peu partout, du Texas à Los Angeles en passant par Denver. Il a accompagné Pee Wee Crayton, Tiny Webb, Little Son Willis et a joué dans plusieurs orchestres de Rhythm & Blues. John Hogg a malheureusement peu enregistré, quelques magnifiques titres d’un «down home» blues texan profond comme West Texas blues ici présenté. Il a effectué un court come back en 1974, apparaissant au festival de San Diego. Il a alors enregistré un album pour le label Advent qui, hélas, demeure inédit.

Smokey HOGG: Andrew «Smokey»Hogg (1914-60) est un grand nom du blues texan, originaire de Westconnie. Smokey a d’abord mené la vie de chanteur itinérant pendant de longues années, s’inspirant de Blind Lemon Jefferson et Texas Alexander (basses appuyées entrecoupées de notes éparses, chant tendu venu des field hollers) et des disques de Peetie Wheatstraw et Big Bill Broonzy. Hogg rencontre Black Ace en 1937, alors une petite vedette du disque et de la radio qui lui procure son premier contrat chez Decca. Smokey doit attendre encore dix ans pour, cette fois de façon conséquente, enregistrer une oeuvre copieuse et originale (près de 200 titres), entre Texas blues profond et Bluebird Sound. Très instable, grand buveur d’alcool, Hogg partage sa vie entre Los Angeles et le Texas où il se produit régulièrement dans les tavernes noires. Penitentiary blues dont nous rééditons ici les deux parties est un morceau très prenant et émouvant qui renvoie aux premières heures du blues texan.

Wright HOLMES: Wright (né à Hightower, Tx en 1905-?) n’est pas Sonny Boy Holmes bien qu’il soit, comme ce dernier, un chanteur et guitariste ayant vécu à Houston puis en Californie. Quelques titres obscurs pour Milton et Gold Star ne lui ont rien apporté, le producteur Bill Quinn le trouvant trop similaire à Lightnin’ Hopkins dont il faisait alors la promotion! Good road blues, une beau blues immanquablement texan, est cependant, comme l’auditeur en jugera, fort éloigné du style de Hopkins. Wright s’était tourné vers la religion lorsqu’il a été redécouvert et interviewé par Larry Skoogs pour la revue britannique Blues Unlimited en 1967. Il a ensuite à nouveau disparu et est certainement décédé quelque part autour de Los Angeles.

Lightnin’ HOPKINS: Sam «Lightnin’» Hopkins (1912-82) est sans aucun doute le plus important bluesman texan de l’après-guerre. Pris en charge par son cousin Texas Alexander, Sam prend la route très jeune et se forme à cette rude école itinérante. Il enregistre en 1946 en compagnie du pianiste Thunder Smith avec lequel il fait équipe sous le surnom de Lightnin’ & Thunder (l’éclair et le tonnerre), un pseudonyme qu’il gardera toute sa vie. Son jeu de guitare qui alterne les basses appuyées et les arpèges est certes inspiré de Blind Lemon Jefferson mais encore bien davantage de celui de Lonnie Johnson quand il accompagnait sur disque Texas Alexander. Hopkins modernise encore ce style, le rend plus fluide, plus délié, ce qui lui permet d’ être un des tout premiers bluesmen à véritablement utiliser les ressources de la guitare électrique: puissance mais aussi écho, vibratos, saturation. Ces talents de guitariste ainsi qu’ une capacité à composer d’ extraordinaires blues sur le moment , à propos de scènes de la vie quotidienne, d’événements personnels ou bien de sujets d’actualité valent à Lightnin’ Hopkins une grande popularité auprès des Noirs du Texas et de la Californie. Ses disques comme T-Model blues, sont présents dans tous les juke-boxes du Sud. Il connaîtra une courte éclipse avant d’être «redécouvert» en 1959 par Sam Charters. Hopkins sera alors un des principaux bénéficiaires du blues revival, présent sur toutes les scènes folk et blues et enregistrant abondamment des dizaines de microsillons jusqu’à sa mort.

Lawyer HOUSTON: On ne saura sans doute jamais qui se cache sous ce surnom bizarre («Avocat» Houston) sauf que ce bluesman texan se prénommait William et qu’il a enregistré huit titres en 1950, tous sur le même tempo, avec les mêmes figures de guitare, arpèges à la façon texane. Malgré tout, ces blues sont fascinants. Comme les autres, Western Rider blues qui se trouve sur ce coffret, raconte sur le mode autobiographique cher au vrai blues, les espoirs d’un soldat noir texan mobilisé pendant la guerre et qui relate son voyage en train à travers le désert ainsi que ses rêves, une fois en Californie, de devenir acteur à Hollywood!

Lee HUNTER: Ce pianiste, le «Roi des Barrelhouses» comme il se surnommait lui-même!, est en fait le frère du célèbre chanteur Ivory Joe Hunter. Il nous laisse ce savoureux Back to Santa Fe, pièce robuste de piano texan.

Lil’son JACKSON: Melvin «Lil’Son»Jackson (1915-76) est un des grands noms du Texas blues d’après-guerre, un bluesman très profond avec un style de guitare lancinant - basses continues entrecoupées d’ arpèges- et un chant détaché. Il a été, dans les années 50, le principal rival de Lightnin’ Hopkins. Il a enregistré une oeuvre copieuse et de très haut niveau pour Gold Star, Imperial et Arhoolie et laisse quelques grands classiques du blues comme son Rock me baby avec lequel B.B. King connaîtra un énorme succès. Milford blues, enregistré quelques années auparavant, est en fait une sorte de brouillon de ce standard. A la suite d’un accident de la route, Jackson a abandonné la musique en 1955, retrouvant brièvement les studios en 1960 pour un microsillon sur le label Arhoolie.

Jesse «Sunny» JAMES: Encore un mystérieux personnage! Il est un chanteur et guitariste qui a enregistré à deux reprises, d’abord en 1948 une première séance à Houston pour Down Town en compagnie du pianiste Thunder Smith et du guitariste Luther Stoneham. Nous avons extrait de cette séance le saisissant Please Ma’am, forgive me. On retrouve Jesse James en 1951, toujours à Houston, cette fois avec Willie Johnson au piano et Don Cooks à la basse. Son jeu sommaire mais néanmoins typique ainsi que son phrasé laconique en font un artiste très prenant. Signalons que ce Jesse James-là n’a rien à voir avec les (nombreux) autres bluesmen ayant enregistré sous ce nom.

Sam «Suitcase» JOHNSON: Encore un de ces bluesmen anonymes dont le Texas blues d’après-guerre semble avoir eu le secret! Que signifie donc le «Suitcase», sobriquet de ce guitariste texan qui a enregistré deux titres à Houston en 1951?

Willie LANE: Ce chanteur et guitariste a été un élève du célèbre bluesman d’avant-guerre, Funny Papa Smith, surnommé «The original Howling Wolf» (cf l’album Yazoo 1031).Lane a enregistré dès 1934 sous le nom de... Little Brother tandis qu’il faisait un séjour au pénitencier de Huntsville, Tx. Il a refait surface en 1949 à Fort Worth, gravant quatre beaux blues dont la version de Howling wolf blues que nous proposons ici. Nick Perls a retrouvé Lane en 1972, l’interviewant brièvement. Bien qu’il ait été question alors d’enregistrer un album, Lane était malheureusement à demi paralysé et le projet n’a jamais vu le jour.

Ernest LEWIS: Ce merveilleux chanteur et guitariste, originaire de Beaumont, sur le Golfe du Mexique, a enregistré quelques titres au Texas et en Californie sous divers pseudonymes (Lewis mais aussi West Texas Slim ou Country Slim). Il est, comme la plupart des bluesmen présentés ici, un guitariste économique, percutant et précis et un chanteur laconique, à l’accent désabusé. Lou Della a sans doute été inspiré du titre de Yank Rachell/ Jimmy Rogers mais il en donne ici une lecture puissante et très personnelle.

Alex MOORE: Ce pianiste de barrelhouse (1899-1989) originaire de Dallas a exercé ses talents en public dès l’âge de huit ans et jusqu’à sa mort! Il enregistre pour Columbia en 1929, sous son nom ou bien avec le string band de Coley Jones, pour Decca en 1937 et après la guerre pour divers labels locaux avant de refaire surface au moment du Blues Revival des 60’s. Il a alors gravé plusieurs albums, a joué dans d’innombrables festivals et a effectué plusieurs tournées en Europe, notamment avec l’American Folk Blues Festival 1969. Mais son importance outrepasse son oeuvre enregistrée. Il a en effet largement contribué à créer la tradition pianistique de Dallas où son influence a été effectivement considérable. Neglected woman, avec Smokey Hogg à la guitare, est un de ses meilleurs titres.

Manny NICHOLS: Encore un mystérieux bluesman texan originaire de Victoria, Tx. qui n’a enregistré que deux beaux titres (dont le déclamatoire Forgive me, présent sur ce coffret) pour le minuscule label FBC. Malgré plusieurs tentatives pour le retrouver dans les 70’s, Nichols n’a jamais pu être localisé.

Frankie Lee SIMS: Ce bluesman né à La Nouvelle Orléans (1917-70) mais qui a vécu toute sa vie à Dallas est surtout connu en tant que compositeur de Lucy Mae blues, un morceau proto-rock’n’roll. Il passe pour avoir joué un rôle très important dans l’évolution du blues de la région de Dallas/Fort Worth. Frankie Lee Sims est un bluesman très terrien au chant laconique et nasal et au style de guitare syncopé qui donne généralement à sa musique un aspect dansant irrésistible. Casanier, partageant son temps entre sa musique et sa ferme, Frankie Lee ne quitte guère le Texas sauf pour quelques tournées de Rhythm & Blues en compagnie d’un de ses protégés, le saxophoniste King Curtis. En 1969, l’infatigable Chris Strachwitz retrouve Frankie Lee Sims, l’interviewe substantiellement et pensait revenir l’enregistrer pour son label Arhoolie. Mais Sims meurt de pneumonie avant que le projet ait pu aboutir.

Thunder SMITH: Wilson dit Thunder Smith est un pianiste de Houston (? - 1965) que nous avons déjà présenté dans le coffret California blues (FA 175). Il demeure célèbre pour avoir enregistré aux côtés de Lightnin’ Hopkins sa toute première séance en 1946. Smith a passé toute sa vie à Houston, enregistrant plusieurs grands blues (dont Low down dirty ways en compagnie du guitariste Luther Stoneham) pour divers petits labels comme Gold Star ou Down Town. Son attaque puissante de la main droite, immanquablement texane, se marie à merveille avec de fortes influences puisées chez Walter Davis ou Big Maceo, notamment ce ton amer et désenchanté. Il aurait sans doute pu faire une carrière bien plus importante s’il n’avait été rongé par un alcoolisme effréné. Il est mort assassiné dans une ruelle de Houston.

Sonny Boy (HOLMES): On ne connaît presque rien de cet excellent guitariste texan qui a enregistré quatre titres en 1952 pour le mystérieux label intitulé en toute simplicité... Recorded in Hollywood! En tout cas, sur la foi du magnifique TNT woman que nous proposons ici, Sonny Boy (Holmes) aurait sans doute mérité une meilleure carrière.

Luther STONEHAM: Ce guitariste texan originaire de Walker County et né en 1913 joue d’une guitare électrique lourde et poisseuse, chante d’une voix puissante et d’un ton déclamatoire à la façon des hollers d’un Texas Alexander. Il n’a malheureusement enregistré que quelques titres pour Mercury et Down Town dont l’exceptionnel January, 11, 1949 dans lequel il est accompagné magistralement du pianiste Thunder Smith.

The SUGARMAN: Un total inconnu qui nous laisse deux très beaux titres (dont une version à la façon du blues texan d’un vieux folk song, Which one do I love? qui sera enregistré par plusieurs artistes). Ce «Sugarman» a parfois été identifié comme étant une autre identité de Lawyer Houston. Mais ni son jeu de guitare ni sa façon de chanter ne ressemblent vraiment à ce dernier.

Nathaniel TERRY: Une totale obscurité entoure ce chanteur et guitariste de Dallas qui a gravé trois titres en 1951 dont deux ont étrangement paru sur l’important label Imperial. Malgré les recherches entreprises, notamment par Bob Hite et Alan Wilson, membres du célèbre groupe Canned Heat et grands fans de blues, personne n’a réussi à localiser ce Nat Terry!

Andy THOMAS: Ce chanteur puissant au ton déclamatoire fréquent dans le blues texan a enregistré pour Gold Star et Swing en 1948-49 en compagnie de Thunder Smith, Luther Stoneham (ici dans I love my baby) et même Lightnin’ Hopkins! Il n’en demeure pas moins un complet inconnu qui serait peut-être originaire de Paris, Tx., à environ 450 kms au nord de Houston.

Jesse THOMAS: Jesse Thomas (1908 ou 1911-1995) est un des liens essentiels entre le blues texan du début du siècle, pratiqué par son frère aîné Ramblin’ Thomas et son neveu, le guitariste Lafayette Thomas qui a fortement marqué le blues électrique texano-californien de l’après-guerre. Lorsque Jesse enregistre en 1929 quatre titres, c’est dans un style étonnamment moderne pour l’époque: les basses nombreuses et appuyées sont aussitôt stoppées tandis que des flots épars de notes aiguës répondent au chanteur qui délivre son blues d’un ton monocorde et sans passion apparente. Lorsqu’il retourne en studio vingt ans plus tard, Jesse Thomas a encore peaufiné ce style qui lui est si particulier. Il grave alors une oeuvre de très haut niveau et fort singulière: du country blues très sophistiqué comme sur ce Mountain key blues! Il apparaît en Californie puis à Shreveport, où il retourne s’installer, sur plusieurs petits labels, soit seul (sous le nom du «Blues Troubadour») soit en compagnie de musiciens de Rhythm & Blues. Redécouvert peu de temps avant sa mort, il a eu le temps d’enregistrer plusieurs CD dans les années 90.

James TISDOM: Né autour de 1912 vers Corpus Christi au Sud du Texas, Tisdom a substantiellement enregistré, essentiellement pour des labels californiens des titres souvent inspirés de Big Bill Broonzy ou, comme sur le débridé Winehead Swing, par le duo Brownie Mc Ghee-Sonny Terry. Tisdom - qui se produisait aussi sous le sobriquet de «Smokestack» - sera retrouvé et interviewé en 1967 à Goliad, vers San Antonio au Texas. Il travaillait à l’époque sur un ranch et jouait dans un groupe de Country Music. On n’a plus eu de ses nouvelles ensuite.
Mercy Dee WALTON: Un pianiste et chanteur incroyablement profond, Mercy Dee (1915-62) originaire de Waco au Texas continue en fait après la guerre et en Californie l’école pianistique de la Santa Fe line. Il est surtout connu pour avoir composé One room country shack, un des plus grands classiques du blues que nous présentons ici, repris par quantité d’artistes jusqu’à aujourd’hui. Son oeuvre, désabusée, nostalgique et fortement pessimiste, est globalement superbe avec des textes qui comptent parmi les meilleurs du blues texan de l’après-guerre. Il a gravé, avant de décéder, un grand album réédité en CD sur Arhoolie 369.

Peter WARFIELD: Un pianiste de la région de Houston, Warfield (1917-?) a brièvement fait surface, le temps d’enregistrer un boogie débridé ainsi que le beau blues texan Morning train blues, que nous présentons ici.

L.C. WILLIAMS: Ce formidable chanteur (né à Millican, Tx. le 12 Mars 1924 et mort à Houston le 18 Octobre 1960) a enregistré de nombreux titres pour des labels comme Gold Star, Freedom, SIW ou Mercury sous divers pseudonymes, soit en compagnie d’un orchestre de Rhythm & Blues, soit seul avec un pianiste ou un guitariste, le plus souvent Lightnin’ Hopkins qui contribue à la réussite de Lazy J que nous présentons dans ce coffret. L.C. est mort de tuberculose alors qu’il devait enregistrer un microsillon entier pour Arhoolie.

Little Son WILLIS: Malgré les dix titres qu’il a enregistrés pour Elko et Swing Time en Californie, Little Son Willis, un excellent pianiste texan originaire de Fort Worth, demeure lui aussi un nom entouré de mystère. Il nous laisse plusieurs grandes réussites dont Skin and bones, dans lequel il est sans doute accompagné du guitariste Ernest Lewis.

Gérard HERZHAFT

Auteur de «La Grande Encyclopédie du Blues» (Fayard, 5e édition, 2002)


SOURCES :
FANCOURT & LEADBITTER & SLAVEN.- Blues Records, 1943-70.- RIS, London: 1987-94
JACQUIN (Philippe).- Go West.- Flammarion, Paris: 2002
LEADBITTER (Mike), ed. - Nothing but the blues.- Hanover Books, London: 1971
GOVENAR (Alan).- Meeting the Blues.- Taylor, Dallas: 1988
MAGAZINES : Divers numéros de Blues & Rhythm, Blues Unlimited, Blues World, Juke Blues, Soul Bag (notamment le n° 104 de cette indispensable revue en français : 25, rue Trézel 92300 Levallois-Perret)


Textes de pochettes et livrets de : Chris Bentley; Bruce Bromberg; Paul Oliver; Leroy Pierson; Frank Scott; Dick Shurman; Chris Strachwitz; Pete Welding.

Tous mes remerciements à : Alan Govenar; Chris Strachwitz; Jose Yrrabera.

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003


TEXAS DOWN HOME BLUES
1948-1952

More than anywhere else in the South in post-war US, Texas preserved and developed an incredibly reduced form of ‘country’ blues - with few notes, an electric guitar or a piano, laconic singing and suggestive lyrics.  This Texan ‘down home’ blues, coming straight from Blind Lemon Jefferson and Texas Alexander was favoured by the Blacks in Texas, California and right over to the states on the East Coast.  Lightnin’ Hoopkins, Lil’Son Jackson, Smokey Hogg, Lowell Fulson and Frankie Lee Sims all came out with regional hits, and had many emulators who recorded for a host of small local labels.
In this album, we can discover some of the master-pieces of Texan ‘down home’ blues dating from the 1947-52 period.
The history of Texas is totally different from that of Mississippi.  The area was opened up and colonised by Spanish explorers in the 16th century and remained almost deserted excepting some Indian settlements and some vast haciendas raising cattle.
Spanish colonies in America were quite different from the English ones.  In Mexico, a minority of Spanish (gachupines) reigned over the Indians and half-castes.  The war of independence (1810-1821) when the viceroyalty of New Spain became the Mexican Republic was primarily a revolt against the gachupines.  One of the first steps taken by the revolutionary government was to battle against racism and abolish slavery in 1813.  When independence was achieved, the new leaders strove to repopulate their land in the North, Texas, New Mexico and California which had been neglected by the Spanish.  Mexico encouraged the installation of large stock breeders and planters from the United States who rapidly became the masters in Texas.  The American settlers were against Mexico’s humanist laws against slavery, finding it hindered the economy of their plantations.  Backed by Washington, they revolted against the dictator Santa Anna and Sam Houston’s militia, aided by the US, easily defeated the Mexicans, then proclaimed the independence of the Republic of Texas in 1836.  One of the new state’s first movements was to legalise black slavery.  Texas was finally annexed to the United States in 1845.  Then, in the second part of the 19th century, next to the Spanish-speaking breeders, the Americans developed the cotton plantations, which brought slaves and black share-croppers.  The discovery of petrol in the early 20th century attracted European immigrants, principally coming from the old Austro-Hungarian Empire.  With such a melting-pot, the Texan population was quite different from that of the Old South.
The contribution of the Blacks to the culture of the West was of great importance.  Former slaves settled in Texas or in other Western states and many came from the south-eastern states to escape the strict segregation laws imposed and worked in a variety of trades.
The basic musical tradition was obviously Spanish and the guitar was of all importance as from the colonial period.  The Blacks in the West were mainly itinerant songsters.  Many of the black songsters to record during the blues revival were Texans (Lead Belly, Henry Thomas, Mance Lipscomb etc.).
‘Blues came to Texas loping like a mule...’ as was sung by Blind Lemon Jefferson.  Indeed, blues took a while to arrive in Texas and was unknown before World War I.  Unlike in Mississippi, the Texas blues most certainly came to life in towns, probably in Dallas and Fort Worth.  At the end of the 19th century, the eastern part of Texas, which had been thriving through its cotton plantations, started to suffer from the boll weevil and thousands of agricultural workers, mainly Blacks, headed for towns such as Dallas, Fort Worth and Houston which consequently expanded in size, with their poor black districts.  Jobs were scarce and those lucky enough to find a day’s contract were tempted to spend their pay in the evening on cockfights, prostitutes and bars, and music was everywhere.  The main road running through Dallas, Elm Street, became Deep Elm, one of the States’ most famous hot districts, throbbing with blues.
Several street musicians lived in Deep Elm :  Little Hat Jones, Texas Alexander, Funny Papa Smith.  In the bars, you could hear Bobby Cadillac or Bessie Tucker, pianists Alex Moore, Sammy Price and some future jazz guitarists such as Eddie Durham and even the young Lonnie Johnson.  But the most famous of all was Blind Lemon Jefferson.  Blind at birth, Jefferson earned his living by begging and playing the guitar around Deep Elm.  Like his competitor, Texas Alexander, who was also blind, when he stepped out of his district, he was assisted by other musicians.  Consequently, most of the leading local bluesmen, such as Lead Belly, Lowell Fulson, Lonnie Johnson, T-Bone Walker and Lightnin’ Hopkins, were trained by these blind street musicians from Deep Elm, the birthplace of Texan blues.
Following Sammy Price’s advice, Paramount contacted Jefferson in late 1925, offering him a train ticket to record in the Chicago studios.  Blind Lemon was thus one of the first black blues singers and guitarists to record solo.  He was immediately successful.
The Texan bluesman’s style of playing was quite distinct as he used his fingers as in the Spanish flamenco - totally different from the Delta strumming or the fingerpicking from Carolina.  The lyrics were also influenced by the north Mexican traditions coming from Andalusia, favouring elaborated stories, dramas and passion, often backed by humour.
Along with World War I, Houston developed through its commerce and industry which attracted throngs of immigrants from Texas or elsewhere.  The population comprised 35000 Blacks in 1924 and this figure soared up to 86000 in 1940.  They mainly lived around Dowling Street, Houston’s equivalent of Dallas’ Deep Elm.  Many small bars sprang up around the station where entertainment was provided by pianists (the ‘Santa Fe school’) mixing ragtime rhythms from New Orleans with the barrelhouse touch.  These artists strongly influenced blues.
This massive arrival of Blacks in Houston resulted in the town’s Third Ward becoming a coloured ghetto.  It was here that in the early forties, a form of orchestral blues developed, inspired by the Texan blues of Jefferson and Alexander, the Santa Fe line pianists and popular jazz bands from New Orleans and Kansas City.  Houston had an important role in the birth of Rhythm & Blues.  The migration of many Houston musicians towards California during World War II certainly played a major part in the generalisation of Californian Rhythm & Blues.
Houston’s black musical scene also housed a large number of bluesmen, disciples of Jefferson or Texas Alexander.  The latter often visited Houston before finally settling in the city’s Third Ward where, after the war, he became the ‘King of Dowling Street’.
There were, of course, many other black musical happenings in a state of such size.  The coastal region and that on the border of Louisiana, the towns Beaumont, Port Arthur and Orange, were marked by the Dallas or Houston blues and even more so by the Cajun, Creole and Zydeco genres from Louisiana.  The local blues scene was first fronted by the Thomas family from Shreveport, Louisiana.  After 1945, the clubs in these towns billed artists including Clifton Chenier, Philip Walker and Clarence Garlow.
The San Antonio region, remaining very Mexican, was famous for its Conjuntos and Tex-Mex orchestras.  But some remarkable Western Swing groups also performed (Jimmy Revard, Adolph Hofner) as well as some blues players including T-Bone Walker and pianists such as Son Becky, Big Boy Knox and Pinetop Burks.
The state’s capital, Austin, was totally neglected by record companies.  However, numerous bluesmen learnt their trade in the rural regions around the town - T.D. Bell, Mercy Dee Walton and Lavada Durst (who became Texas’ first black D.J. in the late forties).
In the album California Blues (FA 175), we saw how Texan bluesmen played an important role in the creation of Californian blues.  The blues from Dallas and Houston was transformed by the workers who had moved to California, giving way to Rhythm & Blues bands.
Following the huge migration movement towards the North and West, other musical traditions arrived and a great number of small independent labels brought out discs of new artists, mainly intended for these southern immigrants. In California, J.R. Fullbright, Jack Lauderdale, Bob Geddins and the Bihari brothers recorded hundreds of artists and created most of the post-war blues labels (RPM, Big Town, Down Town, Echo, Elko, Club, J.R. Fullbright, Murray, Speed etc.).
In Texas, the down home blues developed well after World War II.  Taking inspiration mainly from the discs of the first creators, especially those of Blind Lemon Jefferson and Texas Alexander, and particularly the titles which Texas recorded with Lonnie Johnson.  Lonnie Johnson’s mighty influence can be heard in almost all the guitarists in this anthology, above all in the styles of Lightnin’ Hopkins and Lowell Fulson.
The end of the war also witnessed the founding of Texan recording studios (John ‘Pappy’ Sellers and Big Jim Beck in Dallas-Fort Worth, Bill Holford and Bill Quinn in Houston).  This obviously promoted the recording of local artists.
The number of independent producers also increased in Texas after the war. :  Bill Quinn (Gold Star), Lola Ann Cullum (ARC and then Aladdin), Macy Lela Henry (Macy’s), Louise Erickson (Talent), Herb Rippa (Blue Bonnet), Solomon Kahal (Freedom), Bob Shad (Sittin’ In With), Boyd Leisky (Nutcraft) and many others.  Just as many companies were based in Mexico which sometimes recorded American blues and country music artists.
These labels were often small family-run concerns dealing in other sectors, but hoping that a hit would make them rich.  They nevertheless left an exciting legacy of records, demonstrating the vibrancy of deep Texan blues.


The Artists

Texas ALEXANDER :  Along with Blind Lemon Jefferson, Algernon Alexander, alias ‘Texas’ Alexander (1900-54), is an example of the essence of Texas blues.  He was mainly a street singer, with a powerful voice and irregular rhythm and was always accompanied by a guitarist.  During his travels, he thus took artists such as Little Hat Jones, Lowell Fulson and Lightnin’ Hopkins with him, and greatly influenced them.  However, the titles recorded with Lonnie Johnson became master-pieces of Texan blues, inspiring most Texan guitarists.  It would appear that Alexander spent much time in jail during the thirties and forties and reappeared in 1950 to cut this strange version of Crossroads Blues.  He died of syphilis in 1954.

Johnny BECK :  This singer and guitarist, most probably blind, made a few recordings for the label Sittin’ In With, using a style reminiscent of the pre-war Texan blues.  He then disappeared, leaving no trace.

Charlie BRADIX :  This is another mysterious name.  In 1948 the guitarist recorded some titles for Blue Bonnet, Colonial and Aristocrat, sometimes accompanied by the Western Swing pianist, Knocky Parker.

Buddy CHILES :  Nothing is known about this singer and guitarist who recorded two titles in 1949 for Gold Star, one being Mistreated Blues, included here.

Rattlesnake COOPER :  Little is known about this guitarist either.  In 1949, he recorded two titles for Talent along with pianist Sonny Boy Davis.

Big Bill DOTSON :  Yet another unknown artist.  Dotson cut two titles in 1952 in Houston which came out at least once under the name of Lightnin’ Hopkins !  Dark Old World is a powerful and deep blues number and is very Texan in style.

Lavada DURST :  This pianist and singer (1910-1996) was principally known as Dr Hepcat, a black DJ for the radio station KVET.  Unfortunately, he only recorded four titles in 1949 for Uptown and Peacock with two versions of his small hit, Hattie Green, a composition by Joe Pullum.

Leroy ERVIN :  A pianist and singer who cut two superb titles (including Rock Island Blues) for the tiny label Swing.

Lowell FULSON :  Of Cherokee descent and born in Oklahoma, Fulson (1921-99) accompanied Texas Alexander in the thirties.  He left for California during the war and became one of the founders of Californian blues.  Apart from his many pieces fronting an orchestra, Lowell recorded several titles with his brother Martin in a deep Texan Country blues style as we can appreciate here in Double Trouble Blues.

Guitar Slim GREEN :  This singer and guitarist, Norman Green (1920-75) from Bryant in Texas, lived in Oklahoma, Nevada and then in California where he recorded some superb earthy blues.  Here, we have included Central Avenue Blues where he is accompanied by a harmonica.  In the sixties, Green cut a wonderful album for Johnny Otis.

John HOGG :  John (1912-83) was the elder brother of Smokey Hogg.  As a child, he used to see Blind Lemon Jefferson and Black Ace (B.K. Turner) and tried his luck in various towns.  He accompanied Pee Wee Crayton, Tiny Webb, Little Son Willis and played in several Rhythm & Blues bands.  Among his few recordings is the magnificent Texan down home blues, West Texas Blues, featured here.  He made a short come back in 1974 in the San Diego festival.

Smokey HOGG :  Andrew ‘Smokey’ Hogg (1914-60) was a big name in Texan blues.  for many years he was an itinerant singer, inspired by Blind Lemon Jefferson and Texas Alexander and the records of Peetie Wheatstraw and Big Bill Broonzy.  Hogg met Black Ace in 1937 and through him, was offered his first contract with Decca.  He waited another ten years before recording in quantity (almost 200 titles). Penitentiary Blues is a moving piece taking us back to the first Texan blues.

Wright HOLMES :  Wright, born in Hightower, Texas (1905- ?) is not Sonny Boy Holmes although he was also a singer and guitarist who lived in Houston and then in California.  His style was considered similar to that of Lightnin’ Hopkins, although Good Road Blues, included here, is far from Hopkins’ manner of playing.  When Wright was rediscovered and interviewed for the British magazine Blues Unlimited in 1967, he had turned to religion.  He then disappeared and probably passed away somewhere near Los Angeles.

Lightnin’ HOPKINS :  Sam ‘Lightnin’ Hopkins (1912-82) was undoubtedly the most important Texan blues player in the post-war period.  Sam hit the roads at an early age and learnt from the tough school of itineracy.  In 1946 he recorded with pianist Thunder Smith and the team was called Lightnin’ & Thunder.  His playing was inspired by Blind lemon Jefferson and even more so by that of Lonnie Johnson when he accompanied Texas Alexander on disc.  Hopkins modernised this style and was one of the first bluesmen to truly exploit the electric guitar.  He was extremely popular among the Blacks in Texas and California and his records such as T-Model Blues were in all the juke-boxes in the South.  He disappeared for a while before being ‘rediscovered’ by Sam Charters in 1959 and was an active member of the blues revival.

Lawyer HOUSTON :  We will probably never know why this Texan blues player was tagged Lawyer, when his true name was William, but he cut eight titles in 1950, all on the same tempo.  Western Rider Blues relates the tale of a black Texan soldier, travelling by train across the desert,  hoping to become a Hollywood actor !

Lee HUNTER :  This pianist, the ‘King of the Barrelhouses’ as he called himself, was the brother of the famous singer Ivory Joe Hunter.  Here, we may appreciate Back To Santa Fe.

Lil’son JACKSON :  Melvin ‘Lil’Son’ Jackson’ (1915-76) was a leading name in post-war Texan blues.  During the fifties, he was the main rival of Lightnin’ Hopkins.  He recorded in quantity for Gold Star, Imperial and Arhoolie, leaving some big blues classics such as Rock Me Baby, which was a big hit for B.B. King.  Milford Blues, recorded a few years earlier, was a kind of rough copy of this standard.

Jesse ‘Sunny’ JAMES :  Another mysterious singer and guitarist who recorded on two occasions, firstly in 1948 in Houston for Down Town, along with pianist Thunder Smith and guitarist Luther Stoneham.  The session included Please Ma’am, Forgive Me.

Sam ‘Suitcase’ JOHNSON :  Yet one more anonymous Texan guitarist who recorded two titles in Houston in 1951.

Willie LANE :  This singer and guitarist was a pupil of the famous pre-war bluesman, Funny Papa Smith, tagged ‘The original Howling Wolf’.  Lane began recording in 1934 under the name of Little Brother.  He came  back in 1949 in Fort Worth, cutting four worthy blues numbers including the version of Howling Wolf Blues, selected here.

Ernest LEWIS :  This marvellous singer and guitarist from Beaumont, recorded in Texas and California using various pseudonyms (Lewis, West Texas Slim and Country Slim).  Lou Della was no doubt inspired by the piece by Yank Rachell/Jimmy Rogers, but his interpretation is powerful and very personal.

Alex MOORE :  This barrelhouse pianist (1899-1989) from Dallas debuted at the age of eight and played right up to his death.  He recorded for Columbia in 1929, in his name or with Coley Jones’ string band for Decca in 1937 and then for various labels after the war before making a come-back in the sixties’ blues Revival.  Neglected Woman with Smokey Hogg on the guitar is one of his best titles.

Manny NICHOLS :  Little is known about this Texan blues player from Victoria who recorded but two beautiful titles for the tiny label FBC.

Frankie Lee SIMS :  Sims was born in New Orleans (1917-70) but always lived in Dallas and is mainly known as the composer of Lucy Mae Blues.  He spent his time between music and his farm and only left Texas for a few Rhythm & Blues tours, accompanied by one of his protégés, the saxophonist King Curtis.

Thunder SMITH :  Wilson, known as Thunder Smith was a pianist from Houston ( ?-1965) and was famous for recording next to Lightnin’ Hopkins during his debut session in 1946.  Smith recorded several worthy blues numbers for various small labels such as Gold Star and Down Town.

Sonny Boy (HOLMES) :  Very little is known about this excellent Texan guitarist who cut four titles in 1952 for the mysterious label named Recorded in Hollywood !  If we can judge by the magnificent TNT Woman, included here, he certainly deserved a better career.

Luther STONEHAM :  This Texan guitarist from Walker County was born in 1913 and only recorded a handful of titles for Mercury and Down Town including the exceptional January 11, 1949 where he is accompanied by pianist Thunder Smith.

The SUGARMAN :  The mysterious ‘Sugarman’ only recorded two fine titles, including a Texas bluesy version of an old folk song, Which One Do I Love ?.  Some believe that he is no other than Lawyer Houston, but his playing and singing styles cannot really be compared to those of Houston.

Nathaniel TERRY :  This unknown singer and guitarist from Dallas cut three titles in 1951, two of which for the big Imperial label.

Andy THOMAS :  This powerful singer recorded for Gold Star and Swing in 1948-49 with Thunder Smith, Luther Stoneham and Lightnin’ Hopkins.

Jesse THOMAS :  Jesse Thomas (1908 or 1911-1995) was one of the main links between Texan blues from the beginning of the century, as was played by his elder brother Ramblin’ Thomas and his nephew, the guitarist Lafayette Thomas who made an impact on the post-war Texan-Californian electric blues.  Jesse recorded four titles in 1929, using a very modern style for the period.  He returned to the studios twenty years later to cut some pieces of high quality, such as Mountain Key Blues.  He was rediscovered shortly before his death and recorded several CDs in the nineties.

James TISDOM :  Born around 1912 in the south of Texas, Tisdom made a quantity of recordings, mainly for Californian labels and was often inspired by Big Bill Broonzy or the duo Brownie Mc Ghee-Sonny Terry.  He also appeared using the nickname ‘Smokestack’.
Mercy Dee WALTON :  Pianist and singer Mercy Dee (1915-62) from Waco, Texas continued to use the Santa Fe line approach after the war.  He is principally known for his composition One Room Country Shack, a great blues classic.  His lyrics were some of the best in the post-war Texan blues.

Peter WARFIELD :  Warfield (1917- ?), a guitarist from around Houston, had a short career with a boogie and a fine piece of Texan blues, Morning Train Blues.

L.C. WILLIAMS :  This excellent singer from Millican, Tx (1924-60) made many recordings for Gold Star, Freedom, SIW and Mercury, using a variety of pseudonyms, either with a Rhythm & Blues band or alone with a pianist or guitarist, usually Lightnin’ Hopkins who contributed to the success of Lazy J, included here.

Little Son WILLIS :  Despite the ten titles he recorded for Elko and Swing Time in California, this excellent pianist from Fort Worth is yet another mysterious name.  He left several big hits including Skin And Bones, in which he is probably accompanied by the guitarist Ernest Lewis.

Adapted in English by Laure WRIGHT
from the French text of Gérard HERZHAFT



© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003


CD 1

01. TEXAS ALEXANDER: Crossroads blues  (R. Johnson)    2’35

02. JOHNNY BECK: Locked in jail blues  (J. Beck)    2’25

03. CHARLIE BRADIX: Boogie like you wanna  (C. Bradix)    2’40

04. BUDDY CHILES: Mistreated blues  (B. Chiles)    2’38

05. RATTLESNAKE COOPER: Lost woman  (Cooper - Davis)    2’57

06. BIG BILL DOTSON:  Dark old world  (Dotson)    2’36

07. LAVADA DURST: Hattie Green  (Joe Pullum)    2’39

08. LEROY ERVIN: Rock Island blues  (H. Leadbetter)    2’56

09. LOWELL FULSON: Double trouble blues  (Fulson - Geddins)    3’32

10. GUITAR SLIM GREEN: Central Avenue blues  (Fullbright)    3’31

11. JOHN HOGG: West Texas blues  (Blind Lemon Jefferson)    2’37

12. SMOKEY HOGG: Penitentiary blues  (Blind Lemon Jefferson)    4’32

13. WRIGHT HOLMES: Good road blues  (W. Holmes)    2’37

14. LIGHTNIN’ HOPKINS: T-Model blues  (Hopkins)    2’35

15. LAWYER HOUSTON: Western rider blues  (Houston)    2’48

16. LEE HUNTER: Back to Santa Fe  (Lee Hunter)    2’38

17. LIL’SON JACKSON: Milford blues  (Jackson)    2’27

18. JESSE JAMES: Please Ma’am, forgive me  (J. James)    2’40

(1) Texas Alexander, vcl; Leon «Buzz» Benton, g; Buster Pickens, pno. Houston, Tx. 1950
(2) The Blind Boy (Johnny Beck), vcl/g. Houston, Tx. 1950
(3) Charlie Bradix, vcl/g; K. Parker, pno; bs. Dallas, Tx. 1948
(4) Buddy Chiles, vcl/g. Houston, Tx. 1949
(5) Rattlesnake Cooper, vcl/g; Sonny Boy Davis, pno. Fort Worth, Tx. 1949
(6) Big Bill Dotson, vcl/g. Houston, Tx. janvier 1952
(7) Lavada Durst (Dr Hepcat), vcl/pno; g; bs; batt. Houston, Tx. 1949
(8) Leroy Ervin, vcl/pno. Houston, Tx. 1947
(9) Lowell Fulson, vcl/g; Martin Fulson, g; Mabel, vcl. Oakland, Ca. 1948
(10) Guitar Slim Green, vcl/g; Turner, hca. Los Angeles, Ca. 1948
(11) Andrew «Smokey’ Hogg, vcl/g. San Diego, Ca. 1952
(12) John Hogg, vcl/g. Los Angeles, Ca. 1951
(13) Wright Holmes, vcl/g. Houston, Tx. 1947
(14) Sam «Lightnin’» Hopkins, vcl/g. Houston, Tx. 1949
(15) Lawyer Houston, vcl/g. Dallas, Tx. 1950
(16) Lee Hunter, vcl/pno. Houston, Tx. 1948
(17) Lil’ Son Jackson, vcl/g. Houston, Tx. 1949
(18) Jesse James, vcl/g; Luther Stoneham, g; Thunder Smith, pno. Houston, Tx. 1948


CD 2

01. SAM «SUITCASE» JOHNSON: Sam’s coming home  (Johnson)    2’42

02. WILLIE LANE: Howling wolf blues  (Funny Paper Smith)    2’45

03. ERNEST LEWIS: Lou Della  (Lewis)    3’06

04. ALEX MOORE: Neglected woman  (Moore)    2’39

05. MANNY NICHOLS: Forgive me  (Nichols)    2’47

06. FRANKIE LEE SIMS: Don’t forget me baby  (Sims)    2’46

07. THUNDER SMITH: Low down dirty ways  (Smith - Stoneham)    2’51

08. SONNY BOY (HOLMES): TNT woman  (Holmes)    2’33

09. LUTHER STONEHAM: January 11, 1949 blues  (Smith - Stoneham)    2’39

10. THE SUGARMAN: Which woman do I love?  (Spires)    2’08

11. NAT TERRY: Take it easy  (Trad.)    3’25

12. ANDY THOMAS: I love my baby  (A. Thomas)    2’26

13. JESSE THOMAS: Mountain key blues  (J. Thomas)    2’40

14. JAMES TISDOM: Winehead swing  (Mc Ghee - Mc Ghee)    3’01

15. MERCY DEE WALTON: One room country shack  (Walton)    2’49

16. PETER WARFIELD: Morning train blues  (Warfield)    2’56

17. L.C. WILLIAMS: The Lazy J  (Williams)    2’49

18. LITTLE SON WILLIS: Skin and bones  (Willis)    3’55

(1) Sam «Suitcase» Johnson, vcl/g; bs; batt. Houston, Tx. 1951
(2) Willie Lane, vcl/g; bs. Fort Worth, Tx. été 1949
(3) Ernest Lewis, vcl/g. Beaumont, Tx. décembre 1951
(4) Alexander Moore, vcl/pno; Smokey Hogg, g; batt. Dallas, Tx. été 1951
(5) Manny Nichols, vcl/g. Houston, Tx. 1949
(6) Frankie Lee Sims, vcl/g; J.R. Perkins, st-g; bs. Dallas, Tx. 1948
(7) Wilson «Thunder» Smith, vcl/pno; Luther Stoneham, g. Houston, Tx. 1948
(8) Sonny Boy Holmes, vcl/g. Los Angeles, Ca. fin 1951
(9) Luther Stoneham, vcl/g. Houston, Tx. 8 mai 1951
(10) The Sugarman, vcl/g; bs; batt. Houston, Tx. 1951
(11) Nat Terry, vcl/g. Dallas, Tx. juillet 1951
(12) Andrew Thomas, vcl; Luther Stoneham, g. Houston, Tx. 1949
(13) Jesse Thomas, vcl/g. Los Angeles, Ca. 1948
(14) James Tisdom, vcl/g; hca; bs; batt. Los Angeles, Ca. fin 1949
(15) Mercy Dee Walton, vcl/pno; Jesse Sailes, batt. Los Angeles, Ca. 13 mai 1952
(16) Peter Warfield, vcl/pno. Houston, Tx. 1947
(17) L.C. Williams, vcl; Lightnin’ Hopkins, g; Donald Cooks, bs. Houston, Tx. 1951
(18) Malcolm Willis, vcl/pno; prob. Ernest Lewis, g; bs. Los Angeles, Ca. 1952


Le Texas a conservé et développé après la guerre un blues incroyablement dépouillé : notes parcimonieuses, guitare électrifiée ou piano robuste, chant laconique, textes évocateurs. Ce «down home» blues, venu en droite ligne de Blind Lemon Jefferson et de Texas Alexander et enregistré par une myriade de labels locaux, connaît alors un vif sucès auprès des Noirs et regorge de nombreux chefs-d’œuvre que ce
coffret propose de faire découvrir.

After the war, Texas preserved and developed a form of blues with a sparing use of notes, an electric guitar or robust piano, laconic singing and suggestive lyrics.  Down homes blues, coming straight from Blind lemon Jefferson and Texas Alexander, and recorded by a host of local labels was
extremely appreciated by the Blacks and boasts numerous masterpieces to be discovered in this album.






Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 CROSSROADS BLUES - BENTON 02'36
 
02 LOCKED IN JAIL BLUES - BECK 02'26
 
03 BOOGIE LIKE YOU WANNA - BRADIX 02'42
 
04 MISTREATED BLUES - CHILES 02'39
 
05 LOST WOMAN - COOPER 02'58
 
06 DARK OLD WORLD - DOTSON 02'38
 
07 HATTIE GREEN - DURST 02'41
 
08 ROCK ISLAND BLUES - ERVIN 02'58
 
09 DOUBLE TROUBLE BLUES - FULSON 03'34
 
10 CENTRAL AVENUE BLUES - GREEN 03'33
 
11 WEST TEXAS BLUES - HOGG 02'38
 
12 PENITENTIARY BLUES - HOGG 04'34
 
13 GOOD ROAD BLUES - HOLMES 02'38
 
14 T MODEL BLUES - HOPKINS 02'36
 
15 WESTERN RIDER BLUES - LAWYER 02'49
 
16 BACK TO SANTA FE - HUNTER 02'39
 
17 MILFORD BLUES - JACKSON 02'29
 
18 PLEASE MA AM FORGIVE ME - JAMES 02'39
CD 2
 
01 SAM S COMING HOME - JOHNSON 02'43
 
02 HOWLING WOLF BLUES - LANE 02'47
 
03 LOU DELLA - LEWIS 03'07
 
04 NEGLECTED WOMAN - MOORE 02'41
 
05 FORGIVE ME - NICHOLS 02'49
 
06 DON T FORGET ME BABY - SIMS 02'48
 
07 LOW DOWN DIRTY WAYS - SMITH 02'53
 
08 TNT WOMAN - HOLMES 02'34
 
09 JANUARY 11 1949 BLUES - STONEHAM 02'40
 
10 WHICH WOMAN DO I LOVE - THE SUGARMAN 02'09
 
11 TAKE IT EASY - TERRY 03'27
 
12 I LOVE MY BABY - THOMAS 02'28
 
13 MOUNTAIN KEY BLUES - THOMAS 02'41
 
14 WINEHEAD SWING - TISDOM 03'02
 
15 ONE ROOM COUNTRY SHACK - WALTON 02'50
 
16 MORNING TRAIN BLUES - WARFIELD 02'57
 
17 THE LAZY J - WILLIAMS 02'50
 
18 SKIN AND BONES - WILLIS 03'55
"Texas Down Home Blues" par Blues 'N' Rythm

“A quand un bureau au ministère de la culture pour Patrick Frémeaux... Texas Down Home Blues est une anthologie indispensable, qui fait revivre ce style de blues hispanisant si particulier et sans fioritures.“ BLUES ’N’ RHYTHM




"Texas Down Home Blues" par Rollin' & Tumblin'

“Ce nouveau coffret est indispensable !“ ROLLIN’ & TUMBLIN’




"Texas Down Home Blues" par Soul Bag

“Plus que jamais, quand il rassemble ainsi, le blues est le vecteur de nos émotions. Je prends le pari : quand il nous appartiendra de désigner d’ici quelques mois l’anthologie de l’année, ce CD sera très haut placé dans les suffrages. Tout en haut ?“ Daniel LÉON, SOUL BAG




"Texas Down Home Blues" par Le Cri Du Coyote

“D’autres originaux, bien qu’ayant plus de cinquante ans, semblent avoir été enregistrés hier : Bravo aux techniciens !“ LE CRI DU COYOTE




"Texas Down Home Blues" par Dirty Linen

“You’ve got to hand it to Frémeaux & Associés. This French copany is a prime source for excellent collections of talented, obscure American roots artists. So what do the French know about Texas music? A lot more than most Americans, apparently.“ DIRTY LINEN




"Texas Down Home Blues" par Jazz Hot

“Chaudement recommandé” André FANELLI, JAZZ HOT




"Indispensable" Jazz Hot

« Encore une très intéressante compilation à mettre au crédit de Frémeaux & Associés et dont Gérard Herzhaft est le maître d’œuvre. Il s’agit là d’interprétations plutôt destinées à l’amateur confirmé, au collectionneur, plus que d’une sorte de "best of" qui présenterait des morceaux connus et estampillés. Cela n’empêche pas ces deux CDs de contenir quelques fort belles pièces. Et, dans l’ensemble, peu (voire pas) de déchet… » André FANELLI – JAZZ HOT. A reçu la distinction « Indispensable » Jazz Hot


« Encore une très intéressante compilation à mettre au crédit de Frémeaux & Associés et dont Gérard Herzhaft est le maître d’œuvre. Il s’agit là d’interprétations plutôt destinées à l’amateur confirmé, au collectionneur, plus que d’une sorte de "best of" qui présenterait des morceaux connus et estampillés. Cela n’empêche pas ces deux CDs de contenir quelques fort belles pièces. Et, dans l’ensemble, peu (voire pas) de déchet… Ces trente-six interprétations ont un point commun, il s’agit d’une musique issue d’une communauté culturelle très spécifique et dirigée vers ses membres. En un mot, de la musique noire pour un public noir. A l’époque, bien peu d’Américains blancs (l’immense majorité de la population) avaient la plus petite idée de l’existence de cette production. Que dire des amateurs européens qui, pour la plupart, ignoraient tout du blues électrique. Les guitaristes et pianistes qui se succèdent au fil des plages jouent une musique sobre, parfois dépouillée, toujours forte, dense et, dans certains cas, puissante. Nous sommes assez loin des gerbes cosmiques jaillissant sous les doigts affairés de certains guitaristes actuels. Le blues apparaît là dans son dépouillement et son urgence, servi par ces voix inimitables et irremplaçables qu’on n’entend plus sur les scènes et qui nous manquent tant. Parmi les plus belles interprétations citons "Crossroads Blues" de Texas Alexander, accompagné sur cette face d’un guitariste rappelant étrangement Hopkins, "Mistreated Blues" de l’émouvant Buddy Chiles, le "Hattie Green" du pianiste et chanteur Lavada Durst, "Rock Island Blues" de Leroy Ervin excellent chanteur et pianiste au jeu lourd de toutes les fatalités… Sans oublier Wright Holmes, guitariste habile au jeu plein et orchestral, Ernest Lewis et sa version poignante de "Ludella" de Jimmy Rodgers, Thunder Smith et son piano aux accents canaille, Jesse Thomas qui, déjà, en 1949, utilise pleinement la saturation où le chanteur L. C. Williams aussi prenant que les meilleurs chanteurs du flamenco… Les "grands" du Texas Blues sont bien sûr présents : Hopkins, Lil’ Son Jackson, Lowell Fulson et quelques autres. Chaudement recommandé. » André FANELLI – JAZZ HOT. A reçu la distinction « Indispensable » Jazz Hot




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