DINAH WASHINGTON

LA REINE - THE QUEEN - 1943-1957

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Nombre de CDs : 2


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FA5209

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Dinah Washington, la “Reine du Blues“, fut la plus grande blueswoman parmi les chanteuses de jazz et la plus grande jazzwoman à chanter le blues !
Dans l’histoire de l’art vocal afro-américain, elle se place au sommet, aux côtés de Bessie Smith, de Billie Holiday, de Mahalia Jackson et d’Ella Fitzgerald. Jean Buzelin permet de saisir toutes les facettes de l’incroyable talent de Dinah Washington dans ce coffret de 42 titres avec livret français-anglais de 24 pages.
Patrick Frémeaux

Evil Gal Blues • Blow Top Blues • My Lovin’ Papa • The Man I Love • Oo Wee Walkie Talkie • Postman Blues • Ain’t Misbehavin’ • Resolution Blues • Long John Blues • Good Daddy Blues • It Isn’t Fair • Baby Get Lost • I Wanna Be Loved • Fast Movin’ Mama • Richest Guy In The Graveyard • I’ll Never Bee Free • Big Deal • Ain’t Nobody’s Business But My Own • I Won’t Cry Anymore • Wheel Of Fortune • Trouble In Mind • Pillow Blues • I Cried For You • Feel Like I Wanna Cry • Am I Blue • My Man’s An Undertaker • Short John • Big Long Slidin’ Thing • I Don’t Hurt Anymore • No More • Teach Me Tonight • I Just Couldn’t Stand It No More • Make The Man Love Me • Blue Gardenia • There’ll Be Some Changes Made • Willow Weep For Me • There’ll Be A Jubilee • You Let My Love Get Cold • You’re Crying • Somebody Loves Me • Blues Down Home • Black And Blue

Dinah Washington, the “Queen of the blues”, was the most outstanding blues artist among female jazz singers and the greatest female jazz vocalist to sing the blues! She occupies a place in the history of Afro American vocal art at the summit, alongside Bessie Smith, Billie Holiday, Mahalia Jackson and Ella Fitzgerald. Jean Buzelin allows the listener to discover the amazing talent of Dinah Washington in this 42 titles double CD-set accompanied with a French and English 24 pages booklet.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés. cd disques anciens."
Dinah Washington - La reine

Dinah Washington
La reine - The queen
1943-1957 








Elle a conduit sa vie sur les chapeaux de roue. Une nuit, elle lui a échappé, brutalement, stupidement. Au petit matin, la Reine était morte. À l’âge de 39 ans dont vingt gravés sur disques. Dinah Washington n’avait pas eu le temps de regarder en arrière, pas eu le temps de faire le point, pas eu le temps de se relire. Aussi son œuvre est-elle d’une extraordinaire densité, d’une exceptionnelle  vitalité, sans la moindre redite, toujours en mouvement. Tout en couleurs vives, ses chants éclatent avec le plus grand naturel et vous emplissent des pieds à la tête. Tour à tour la chanteuse exprime l’éventail complet des sentiments, de la joie à la tristesse, de l’humour à la mélancolie, de la malice à la raillerie, à la manière d’une meneuse de revue qui change de costume et apparaît, à la fois pareille et différente, dans chaque tableau devant nos yeux médusés. Dinah, The Queen, savait tout chanter et elle chantait merveilleusement. Née le 29 (ou le 22) août 1924 à Tuscaloosa  (Alabama) dans le Sud ségrégationniste, Ruth Lee Jones a trois ans lorsqu’elle émigre à Chicago. Toute petite, elle baigne dans les chants sacrés que sa mère lui apprend. Celle-ci, évangéliste missionnaire, emmène sa fille avec elle lorsqu’elle fait la tournée des églises à travers le pays. Ruth ne tarde pas à s’installer derrière le piano et, dès l’âge de 11 ans, en 1935, elle accompagne les offices de la St. Luke’s Baptist Church de Chicago. Elle va même bientôt devenir chef de chœur de la youth choir de l’église. La gamine est douée et le montre : en 1939, à quinze ans, elle remporte un concours d’amateurs au Regal, le plus grand théâtre noir de Chicago, ce qui lui vaut un premier engagement au Flame Show Bar. Mais elle retrouve en 1940 le  circuit du gospel après sa rencontre avec la chanteuse Sallie Martin, l’ancienne associée de Thomas A. Dorsey et pionnière du gospel moderne. À  16 ans, elle devient sa pianiste et joue également avec Willie Mae Ford Smith, une autre grande chanteuse liée à l’entreprise Dorsey. Elle tourne ensuite, comme soliste, au sein des Sallie Martin Singers, dans les états du Sud et du Midwest.  Malheureusement, aucun disque ne vient témoigner de cette période. Mais l’appel des planches séculières est le plus fort et Ruth ferme pour de bon les portes du temple derrière elle. De retour à la musique profane, cette fois définitivement, elle débute professionnellement dans les cabarets de Chicago. D’abord au Rhumboogie  en 1941 puis, en 1942, à la Downbeat Room du Sherman Hotel où elle se produit avec Fats Waller, au Three Deuces et au Garrick Lounge avec The Cats & The Fiddle, un quartette vocal/instrumental de jive music très populaire à l’époque, tandis qu’au même moment et au rez-de-chaussée (le Garrick Stage Bar) chante Billie Holiday, de neuf ans son aînée, que Ruth va écouter très attentivement. C’est probablement Joe Sherman, le patron du Garrick, qui lui trouve son nom de scène, Dinah Washington, à moins que ce ne soit l’impresario Joe Glaser qui l’entend et la recommande à Lionel Hampton dont le big band en plein essor pète de tous ses feux. Le vibraphoniste vient écouter cette jeune chanteuse dont on dit monts et  merveilles et l’engage. Dinah a dix-huit ans et demi lorsqu’elle débute avec l’orchestre au Regal Theater en février 1943, retrouvant le lieu de ses  premiers pas sur une grande scène. Et durant près de trois années, elle va accompagner la tonitruante machine à swing dans tous les dancings et théâtres du pays et sur les plus grandes scènes new-yorkaises : l’Apollo de Harlem (en 1943/44), le Strand Theater, le Capitol Theater (en 1944), etc. Malheureusement, aucune face commerciale en big band ne va entériner son séjour chez Hampton. D’abord, nous sommes en pleine grève des enregistrements, le Petrillo Ban, ensuite parce que les gens de chez Decca, la maison de disques de  Lionel, ne sont intéressés que par l’orchestre seul. Deux témoignages subsistent. Le premier, Choo Choo Baby, est une transcription AFRS-Jubilee (enregistrement destiné aux stations de radio) datant de la fin novembre 1943, le second, Evil Gal Blues, sera capté au Carnegie Hall en avril 1945. Mais à la fin du mois de décembre 1943, alors que l’orchestre anime la semaine de Noël à l’Apollo de Harlem, le critique Leonard Feather réussit à organiser une séance pour le petit label Keynote (qui brave donc les interdictions du syndicat des musiciens) avec quelques-uns des solistes d’Hampton comme Joe Morris (trompette), Arnett Cobb (saxo-ténor) et le pianiste Milt Buckner. Le chef est venu sans son vibraphone mais donne accessoirement un coup de main à la batterie et au piano sur deux morceaux. Publiés sous le nom de “Lionel Hampton & His Sextet with Dinah Washington Evil Gal Blues, écrit par Feather pour Hot Lips Page, et Salty Papa Blues(1) seront parmi les succès les plus appréciés du public noir durant l’année 1944, mais il faudra pourtant attendre un an et demi avant que la chanteuse ne retrouve les studios. En mai 1945, Decca lui accorde “généreusement“ un morceau durant une séance du big band ; trois solistes dont Wendell Culley (trompette) et à nouveau le grand ténor Arnett Cobb, la section rythmique et le vibraphone du chef accompagnent la chanteuse. Blow Top Blues, un blues magistral publié sous le nom de Lionel Hampton, fera tranquillement son chemin pour entrer au hit parade... en 1947. Entre temps en 1946, Dinah avait quitté Lionel.  En décembre 1945, Dinah Washington est à Los Angeles où les studios lui sont offerts durant plusieurs jours par la marque Apollo. La chanteuse est alors accompagnée par un all stars de studio dirigé par Lucky Thompson. Ce jeune saxophoniste prometteur, transfuge de l’orchestre de Count Basie, a réuni quelques jeunes loups comme Charles Mingus (qui sera le contrebassiste de Lionel Hampton en 1947 !) et Milt Jackson, lesquels ne vont pas tarder à faire parler d’eux dans des expressions issues du be bop. En cette période de remue-ménage musicaux, Dinah reste encore fidèle aux structures du blues et toutes les faces de ses trois séances appartiennent à cet idiome. Particulièrement réussies et admirablement chantées, elles mettent aussi en valeur les généreuses interventions de Thompson au ténor et la pertinence et la finesse musicales de Jackson au vibraphone (My Lovin’ Papa). 

La carrière phonographique de Dinah Washington est désormais sur les rails et rien ne l’arrêtera plus. Elle signe un contrat avec Mercury et, en  janvier 1946, entame avec cette jeune marque ambitieuse un bail qui s’achèvera en 1961 avec quelque chose comme 400 faces enregistrées ! Si, dès ses premiers disques sur ce label, elle élargit son répertoire en y ajoutant standards et thèmes de jazz comme The Man I Love, elle conserve un solide répertoire bluesy (Postman Blues avec l’orchestre de Tab Smith). Superbement chanté, The Man I Love ne souffre pas de la comparaison avec Billie Holiday dont elle égale l’intensité dramatique. Durant ces deux années 46 et 47, même si ses disques n’atteignent pas encore des ventes considérables, la chanteuse assoit sa réputation avec des passages sur les meilleures scènes comme à l’Apollo de Harlem, au Regal de Chicago ou au  Foster’s Rainbow Room de la Nouvelle-Orléans. Au Regal, elle est accompagnée par l’orchestre de Louis Jordan. Quel chemin parcouru ! En 1948, cinq titres apparaissent coup sur coup dans les hit parades. Parmi eux une belle version du classique de Fats Waller, Ain’t Misbehavin’, où elle est simplement accompagnée par un trio “à la King Cole“, et Resolution Blues qui bénéficie du solide soutien de la formation du trompettiste Cootie Williams et de ses commentaires expressifs. Mais ce ne sont que broutilles car, en juillet 1949, Baby Get Lost entre dans les charts Rhythm & Blues de la revue Billboard et poursuit son ascension jusqu’au sommet : deux semaines à la première place sur quatorze de présence !(2) Sur la lancée de ce hit, l’autre face du disque, Long John Blues, gravé un an auparavant mais conservé au chaud, atteint le mois suivant la 12e place. L’un après l’autre, des blues (Good Daddy Blues) et surtout des ballades (I Only Know, It Isn’t Fair, I Wanna Be Loved, I’ll Never Be Free) sont classé au Top Ten R&B durant la seule année 1950(3) Aux morceaux originaux, réalisés en studio avec accompagnement d’orchestres placés en général sous la direction du batteur Teddy Stewart (l’un de ses maris), nous avons préféré des versions beaucoup plus rares. Celles que nous proposons ici ont été enregistrées live durant un “Just Jazz Concert” organisé à Los Angeles par Gene Norman et Frank Bull, sans doute durant l’été 1950. Ce formidable document donne une excellente illustration de l’ambiance survoltée qui régnait dans l’assistance, et de la façon dont le public noir enthousiaste réagissait à chacune de ses chansons en poussant la chanteuse à se dépasser. L’envergure de son expression, la justesse, le  placement, la qualité de diction et la flexibilité de sa voix permettent à Dinah Washington de reprendre des pièces comme Ain’t Nobody’s Business, tiré d’un vieux standard autrefois chanté par Bessie Smith et adapté récemment par Jimmy Witherspoon qui en a fait le succès de l’année 1949(2). De même qu’elle s’adapte à merveille  à tous les types d’accompagnement qu’on lui  propose : les cordes dans I Won’t Cry Anymore (encore un grand succès classé n°6), les orchestres de variétés, les groupes vocaux, et bien sûr les orchestres de jazz comme celui du batteur Jimmy Cobb qui partage à cette époque la vie mouvementée de la chanteuse. Wheel Of Fortune (3) et le classique du blues Trouble In Mind sont classés respectivement n°3 et 4 au Top national R&B ; le second titre permettant au grand ténor Ben Webster de faire entendre sa voix. Aussi rare est la présence bénéfique, parmi quelques ellingtonniens, de Paul Gonsalves dans I Cried For You, pur morceau de jazz. Mais le plus régulier d’entre eux est Paul Quinichette, surnommé le “vice-président“, et qui pour Dinah, représente peut-être l’interlocuteur le plus proche, comme l’était le “président“ Lester Young avec Billie (Feel Like I Wanna Cry, Am I Blue, Make The Man Love Me…). Puis on verra apparaître Eddie Chamblee, à qui la chanteuse  glissera bientôt l’une de ses bagues au doigt… 

Au tournant des années 40/50, Dinah Washington, surnommée “La Reine du Blues”, est devenue la chanteuse la plus populaire auprès de la communauté de couleur(4). Entre 1945 et 1955, elle est la vedette quasi obligée de la “Harlem Variety Revue” à l’Apollo Theater chaque fois que ses incessantes tournées la ramènent à New York (en 1946, elle est soutenue par le grand orchestre du saxophoniste-chanteur Eddie Vinson). On l’entend à Detroit, Philadelphie, Los Angeles... Elle réussit là où beaucoup ont échoué : à la fois conserver ses racines, sa “base” et sa popularité auprès de sa communauté, et s’ouvrir vers d’autres formes dont le jazz. Pour cela, les meilleurs musiciens du moment vont la servir. Dans ses disques de jazz, publiés en 33 tours, les interprétations, non limitées par le temps comme sur les 45 tours, permettent à la chanteuse comme aux solistes de s’exprimer plus longuement. Dinah se montre  parfaitement à l’aise au sein de ces environnements souples et modernes, même si elle demeure fidèle aux textes des chansons ; elle ne pratique pas le scat comme le feraient Ella Fitzgerald ou Sarah Vaughan dans des circonstances similaires. Ses producteurs ne craignent pas de la mettre en  présence, sur une scène de Los Angeles en 1954, du quintette Clifford Brown-Max Roach auxquels se joignent quelques autres invités. Parmi cet ensemble, considéré comme l’un des plus “avancés“ de son époque, la chanteuse, sans rien renier de son style, se meut avec aisance et autorité (No More)(5). Pour la petite histoire, notons que, se précipitant au Birdland le soir même de son arrivée à New York, Marcel Zanini y découvre, impressionné… Dinah Washington qu’il ne connaissait pas !(6) Pendant ce temps, avec son répertoire plus populaire, Dinah ne quitte guère le haut du tableau en cette année 1954. Parmi ses meilleures ventes auprès de sa communauté, retenons le scandé  I Don’t Hurt Anymore, bien dans la ligne du rhythm and blues (n°3), et Teach Me Tonight, belle ballade bluesy, reprise “colorée“ d’un hit des DeCastro Sisters (n°4). En mars 1955, une nouvelle séance “jazz” est organisée. Dinah est entourée de quelques-uns de ses meilleurs et plus fidèles accompagnateurs, et les arrangements, très légers, sont signés par le jeune et prometteur Quincy Jones. Il en résulte une superbe série d’interprétations dont nous avons retenu Make The Man Love Me sur un tempo médium lent, au cours de laquelle la chanteuse intègre une citation de I Got It Bad de Duke  Ellington — solistes : Paul Quinichette, Clark Terry, Wynton Kelly et Jimmy Cleveland — et Blue Gardenia, considéré par Dan Morgensten entre autres, comme l’une des plus belles ballades chantées par Dinah Washington — solistes : Quinichette, Barry Galbraith et Cecil Paune. L’album qui les réunit est titré “For Those in Love”, on ne peut mieux dire. L’été de cette même année, Dinah est invitée pour la première fois au Newport Jazz Festival. Elle participe aussi à l’émission télévisée “Showtime at the Apollo” et apparaît dans plusieurs films : “Harlem Jazz Festival” et, en 1956, “Basin Street Revue” et “Rock ‘n’ Roll Revue”. Elle tourne également au sein d’un “Alan Freed R&B package show” qui  présente les plus grandes vedettes noires à travers le pays. On peut aussi l’applaudir dans tout le pays : à Boston, Philadelphie, Las Vegas, Miami, New Orleans, Detroit, Washington, San Francisco, Hollywood, Chicago, Baltimore… Tout en continuant à alimenter le marché des  45 tours et les juke-boxes (cinq titres classés en 55 et 56), les producteurs de chez Mercury publient de plus en plus d’albums 33 tours en direction d’un public plus large d’amateurs (essentiellement blancs) de jazz et de grande variété (pop music). Ainsi les albums “Dinah” d’où sont extraits There’ll Be Some Changes Made et Willow Weep For Me, et “In The land of HiFi” qui comprend There’ll Be A Jubilee avec une intervention de Cannonball Adderley. Fin 1956, à nouveau sous la direction de Quincy Jones qui conduit un orchestre de rêve, Dinah Washington enregistre un You Let My Love Get Cold, orienté vers le R&B, et qui ne figure pas sur l’album “The Swinging Miss «D»” où l’on retrouve une série de thèmes de jazz. Ceux-ci vont de Somebody Loves Me, composé par Gershwin en 1924 — solos : Anthony Ortega, Jimmy Cleveland, Don Elliott — à You’re Crying, un original de Quincy Jones lui-même — solos : Lucky Thompson, Jimmy Cleveland, Charlie Shavers et Urbie Green. Suit un “Fats Waller Songbook” qui  comprend notamment un superbe Black And Blue conduit par son mari du moment, Eddie Chamblee, et arrangé par Ernie Wilkins. Enregistré lors de la même séance, Blues Down Home, avec un robuste solo de Chamblee, ne figure pas dans l’album mais sur un 45 tours single. Lesquels se raréfient en même temps que les apparitions de la chanteuse dans les hit parades.  C’est avec cette dernière séance que se termine notre anthologie, la loi sur le domaine public ne nous permettant pas de poursuivre plus avant pour le moment. Mais, avec déjà quinze années d’enregistrements à notre disposition, le choix s’avérait suffisamment large pour offrir le panorama le plus représentatif possible de l’art de la chanteuse. 

Bien qu’elle soit désormais bien engagée dans le circuit jazz avec, notamment en 1958, un engagement au Birdland, le célèbre club new-yorkais, et une nouvelle invitation au Newport Jazz Festival, immortalisée par le film “Jazz on a Summer Day”, Dinah marque toujours son attachement à ses racines. Ce que souligne le “Bessie Smith Songbook” qui affirme la filiation naturelle qui existe entre l’“Impératrice” et la “Reine du Blues”. En 1959, Dinah Washington effectue une tournée européenne qui la conduit notamment en Angleterre, où elle chante au London Paladium devant… la Reine (l’autre). Tournée qui, hélas, évite la France sauf... le temps d’une apparition éclair et incognito à Paris au Mars Club où elle interprète quelques morceaux devant les yeux ébahis de Kurt Mohr présent dans la salle ! C’est cette même année qu’elle entre au Top Ten Pop — elle y reste 17 semaines ! — et obtient un Grammy Award avec What A Diff’rence A Day Made, chanson qui sera reprise plus tard par Sarah Vaughan et Esther Phillips, peut-être sa meilleure disciple. Son retour tonitruant dans les charts relance commercialement la carrière de la chanteuse (Unforgettable n°15 en 1959). En 1960, c’est l’apothéose de sa carrière avec trois n°1 nationaux — un record — dont deux en duo avec le chanteur Brook Benton : Baby, You’ve Got What It Takes et A Rockin’ Good Way qui encadrent This Bitter Earth. Ce passage dans le monde de la “grande variété” n’émousse en rien ses qualités et sa fraîcheur vocales même si certains accompagnements ambitieux (sic) sont parfois un peu lourds à digérer. Rançon de la gloire pour quelqu’un qui restera, même si sa couronne brille sous les feux du Carnegie Hall (1959), toujours fidèle au jazz (Birdland en 1961/62, Village Vanguard en 59), et au blues (Apollo en 61), sans compter des participations aux festivals de jazz d’Indiana (1960) et de Buffalo (1960 et 61). Après deux albums sur lesquels elle reprend, à la fin décembre 1961, quelques-uns de ses anciens succès, Dinah Washington quitte Mercury pour signer un contrat avec la compagnie Roulette.  Plusieurs albums un peu “surchargés”, y compris son “Back to the Blues” qui sera son memorial posthume, sont produits et la chanteuse obtient un ultime succès en faisant entrer Tears And Laughters dans le Top Ten en février 1962. “Rires et larmes”, quel meilleur titre pourrait-on trouver pour résumer la carrière et la vie de la Reine !  En 1963, celle qui demeure The Queen of the Blues est à l’apogée de sa carrière. Elle a chanté avec Count Basie à Chicago, avec Duke Ellington à Detroit. Et c’est dans la cité de l’automobile, après une soirée un peu trop arrosée, qu’elle s’avale bêtement une dose exagérée de pilules de régime. Le mélange est explosif, le cœur n’y résiste pas(7). Dinah Washington meurt le 14 décembre 1963. Elle n’a que 39 ans ! 

De là à l’ajouter à la liste des femmes artistes noires victimes des dures conditions de leur situation, il y a un pas qu’il faut se garder de franchir précipitamment. Contrairement à celles de Billie Holiday, Big Maybelle, Esther Phillips, Big Mama Thornton et d’autres, la vie de Dinah Washington ne ressemble pas vraiment à un long calvaire sur fond de drogue entrecoupé de brèves “stations” lumineuses. Dinah aimait la vie d’un appétit sans mesure, collectionnant les coups de tête, les esclandres publics, les amants et les maris (au moins sept ou huit officiels) — “Je change de maris avant qu’ils ne me remplacent” disait-elle. Un tempérament ! Mais ses frasques n’ont jamais nuit à la qualité de son art. C’était une grande professionnelle, une musicienne capable de chanter, avec un égal résultat, blues, ballades, pop songs, jazz, standards de Broadway... Lorsqu’elle déclarait elle-même : “je peux chanter n’importe quoi”, “I can sing anything“ ce n’était pas par vantardise, elle savait ce qu’elle disait. Sans toutefois livrer peut-être la clef de sa pensée intime, elle avait parfaitement conscience de ses capacités.  Elle pouvait tout chanter et tout bien chanter y compris un répertoire de “variété” qui, au tournant des années 50/60, ne brillait pas forcément par sa qualité musicale. Mais Dinah était une star, elle appartenait au showbiz américain et, à ce titre, lui devait quelques obligations. D’autres y sont  passés et non des moindres. Mais même si elle ne semblait plus contrôler totalement sa production phonographique, elle était restée “la Reine”, celle des petites gens de son peuple comme celle des amateurs, encore qu’elle n’ait pas eu le temps de vraiment conquérir l’Europe (contrairement à Billie Holiday, Ella Fitzgerald ou Sarah Vaughan par exemple).  Les possibilités vocales de la chanteuse lui permettaient sans problème de sortir du cadre harmonique du blues et, pour elle comme pour ses producteurs, aborder d’autres matériels présentait des avantages à la fois sur le plan de l’enrichissement artistique et sur celui de l’élargissement de son audience. Majoritairement noir à ses débuts, son public allait petit à petit s’éclaircir, si je puis dire, suivant en cela l’évolution du jazz. Le seul répertoire qu’en fin de compte elle négligera sur disques, est celui des chants sacrés où la chanteuse avait fait ses débuts et où ses talents s’étaient fait remarquer. Elle ne nous laissera, en 1953, que Silent Night et The Lord’s Prayer dans des versions un peu pompières destinées sans doute à marcher sur les plates-bandes de Mahalia Jackson.  Dommage.  Dinah Washington fut peut-être la seule chanteuse de l’histoire de la musique afro-américaine à mener aussi brillamment une double carrière. Elle avait réussi, en s’appuyant sur les racines du  gospel et du blues, à combiner en un équilibre parfait la double influence de Bessie Smith et de Billie Holiday (auxquelles on peut ajouter d’un côté Ma Rainey et de l’autre Ethel Waters). À son tour elle a fortement marqué la plupart des grandes chanteuses populaires noires des années 50/60 : Ruth Brown, Etta James, Esther Phillips, Dionne Warwick, Nancy Wilson, Diana Ross, Diane Schuur, etc, sans parler de ses aînées comme Helen Humes qui infléchiront leur manière à l’écoute de sa voix acidulée. Dinah possédait une diction parfaite, un sens de la nuance tout en subtilités, et une “sophistication naturelle”, n’appuyant jamais ses effets, ne cherchant pas à travailler une voix légèrement nasillarde qui conservera toujours la fraîcheur mutine de sa jeunesse.  Dinah Washington avait oublié de vieillir... 
Jean BUZELIN
© 2008 Frémeaux & Associés

Notes :
1. Salty Papa Blues a été réédité dans le double CD “Women in Blues” (FA 018).
2. À noter que Billie Holiday elle-même s’empressa d’enregistrer à son tour Baby Get Lost pour Decca en août 1949 en même temps que Ain’t Nobody’s Business.
3. I’ll Never Be Free, l’un des gros tubes du moment, a fait l’objet d’une sérieuse concurrence dans les charts derrière Dinah,entre les versions d’Anisteen Allen (avec Lucky Millinder), d’Ella Fitzgerald en duo avec Louis Jordan, d’Annie Laurie (avec Paul Gayten) et de Savannah Churchill. Quant àWheel Of Fortune, également défendu par plusieurs artistes, c’est Sunny Gale qui devance Dinah et le groupe des Cardinals.
4. Si l’on additionne les hits recensés par la revue Billboard entre 1943 et 1959, Dinah Washington est la chanteuse favorite du public noir devant Ruth Brown, LaVern Baker, Ella Fitzgerald et Julia Lee… Billie Holiday se classe 14e !
5. Pour des questions de minutage, nous avons choisi l’un des seuls morceaux “courts” de cet album publié sous le titre “Dinah Jams”.
6. Voir l’interview de Marcel Zanini dans “Zanini, Rive Gauche” (FA 5082).
7. Ponctuées de périodes euphoriques auxquelles succèdent des moments de dépression, les dernières années voient la chanteuse user et abuser des boissons alcoolisées et des remèdes de toutes sortes que, soi disant pour maigrir, elle ingurgite sans discernement. 

Nous remercions en particulier Alain Tomas qui nous a prêté quelques disques de sa collection.  Certains passages du texte du livret ont été empruntés aux CDs “The Queen of the Blues” (EPM/Blues Collection 159152) et “The Queen Sings Jazz” (EPM/Jazz Archives 159482). 
Photos et collections : Frank Driggs, Norbert Hess, James  J. Kriegsmann, Jazz Magazine, Michael Ochs, Gilles Pétard,  X (D.R.)  

english notes
Dinah Washington burnt the candle of her all-too-short life at both ends, until the candle was suddenly extinguished when she was only thirty-nine. During her twenty-year recording career, she never had time to look back, to take stock, to listen to herself. Hence, her work is extraordinarily dense, vital, always fresh, continually on the move. He interprets her wonderfully contrasted songs with total naturalness, utterly overwhelming the  listener. She expresses the full range of human emotions, from joy to sadness, from humour to melancholy, from roguishness to mockery. Dinah, The Queen, could sing anything and sing it marvellously.  Born Ruth Lee Jones on 29 (or 22) August 1924 in Tuscaloosa, Alabama, she moved to Chicago at the age of three. From an early age she learnt hymns from her mother, an evangelist missionary who took her daughter along on visits to churches throughout the country. Ruth also played piano and, by the time she was eleven, she was already playing at services at St. Luke’s Baptist Church in Chicago before becoming choir leader. Her outstanding gifts soon became evident: in 1939 the  thirteen-year-old won a talent contest at the Regal, Chicago’s biggest black theatre, leading to a first engagement at the Flame Show Bar. But she returned to the Gospel circuit in 1939 after meeting  Sallie Martin, Tommy Dorsey’s ex-partner and  pioneer of modern Gospel. At the age of sixteen she became the latter’s pianist and also played with Willie Mae Ford Smith, another great vocalist from the Dorsey stable. Then she toured the South and Mid-West as soloist with the Sallie Martin Singers but, unfortunately, there are no recordings from this period. However, the attraction of the secular stage became too strong and she closed the doors of the church behind her for good. When she returned to secular singing for good she started her professional career in Chicago clubs. First at the Rhumboogie in 1941, then the following year at the Downbeat Room in Sherman’s Hotel where she appeared with Fats Waller, at the Three Deuces and the Garrick Lounge with The Cats & The Fiddle, a popular vocal/instrumental quartet. At the same time Ruth took every opportunity to  listen to Billie Holiday who was singing on the ground floor (the Garrick Stage Bar). It was probably Joe Sherman, boss of the Garrick, who chose her stage name of Dinah Washington, although it may have been impresario Joe Glaser, who recommended her to Lionel Hampton whose band was then riding the crest of the wave and enjoying enormous success. After going along to hear this young singer whom everyone was talking about, the vibraphonist hired her. Dinah was eighteen and a half when she made her debut with the orchestra at the Regal Theater in February 1943, the place where she had made her first stage appearance. She accompanied this colossal swing machine for almost three years in all the dance clubs and theatres throughout the country and on New York’s most renowned stages: the Apollo in Harlem (1943/44), the Strand Theatre, the Capitol Theater (1944) etc.

Regrettably no commercial sides were cut during her spell with Hampton. Not only was the Petrillo ban in full force but Decca, for whom Hampton recorded, was interested only in the orchestra. Just two tracks remain. The first, Choo Choo Baby, is an AFRS-Jubilee radio recording dating from late November 1943 while the second, Evil Gal Blues, was recorded at the Carnegie Hall in April 1945. However, at the end of December 1943, when the band was playing Christmas week at the Apollo in Harlem, critic Leonard Feather managed to set up a session for some of Hampton’s soloists with the smack Keynote label (which risked defying the Musicians’ Union ban) with a few of Hampton’s soloists such as Joe Morris (trumpet), Arnett Cobb (tenor sax) and pianist Milt Buckner. The leader came without his vibraphone but sat in on drums and piano on two titles. Issued under the name of “Lionel Hampton & His Sextet with Dinah Washington” Evil Gal Blues, written by Feather for Hot Lips Page, and Salty Papa Blues(1) were huge hits with black audiences during 1944 but it was a year and a half before Dinah was invited back to the studios. In May 1945 Decca “generously” allowed her a spot during a big band session. She was accompanied by three soloists, including Wendell Culley (trumpet) and again the great tenor saxophonist Arnett Cobb, a rhythm section and Hampton on vibes. The magnificent Blow Top Blues, issued under the name of Lionel Hampton, finally reached the hit parade… but not until 1947. In the meantime, Dinah had already left Hampton in 1946. In December 1945, when Dinah was in Los Angeles, Apollo offered her their studio for several days. This time she was accompanied by an all stars group, led by promising young saxophonist Lucky Thompson, ex-Basie man, who got together some up and coming musicians such as Charles Mingus (who was to become Hampton’s bass player in 1947) and Milt Jackson, both soon to make their mark on the bop scene. However, Dinah still remained faithful to the blues structure, as is evident on all the sides from these three sessions. Beautifully sung, they also leave ample space for judiciously chosen interventions from Thompson on tenor and Jackson on vibes (My Lovin’ Papa). Dinah Washington’s recording career had now really taken off and there was no stopping it. She signed up with Mercury for whom she cut some 400 sides during their association that lasted until 1961! Although, from her very first records with this label, she began to widen her range to include standards and jazz themes such as The Man I Love, she still maintained a solidly bluesy repertoire (Postman Blues with the Tab Smith orchestra). The superbly sung The Man I Love loses nothing in comparison with Billie Holiday whom she equals in dramatic intensity. Throughout 1946 and 47, even though her records were not selling in huge numbers, the singer’s reputation was growing with appearances at some of the most celebrated venues e.g. the Apollo in Harlem, the Regal in Chicago or Foster’s Rainbow Room in New Orleans. At the Regal she was backed by Louis Jordan’s orchestra. What a long way she had come! In 1948 five titles appeared one after the other in the hit parade. They included an excellent version of the Fats Waller classic Ain’t Misbehavin’, on which she is accompanied only by a King Cole-style trio and Resolution Blues that benefits from solid backing from Cootie William’s formation and some expressive comments from the leader himself. But these were only a hint of what was to come for, in July 1949, Baby Get Lost made it into Billboard’s Rhythm & Blues charts and stayed there for fourteen weeks, two of them at the top!(2) On the back of this hit, the flip side Long John Blues, recorded a year previously but kept on ice, reached twelfth place a month after. One after the other blues (Good Daddy Blues) and especially ballads  (I Only Know, It Isn’t Fair, I Wanna Be Loved, I’ll Never Be Free) were classed in the in the R&B Top Ten in a single year, 1950(3). Instead of the original studio recordings accompanied by a band, generally led by drummer Teddy Stewart (one of her husbands), we have opted for much rarer versions. We have included those recorded live during a “Just Jazz Concert” organised in Los Angeles by Gene Norman and Frank Bull, almost certainly in summer 1950. They reveal the electrifying atmosphere that reigned and the way in which the enthusiastic black audience reacted to each song, urging the vocalist on to even greater heights.  Her vocal range, accuracy, clear diction and flexibility enabled Dinah Washington to reprise pieces like Ain’t Nobody’s Business, based on an old standard sung earlier by Bessie Smith and recently adapted by Jimmy Witherspoon who had a hit with it in 1949(2). In the same way she could also adapt marvellously to whatever backing she was given: strings on I Won’t Cry Anymore (another hit that reached N° 6), variety bands, vocal groups and, of course, jazz orchestras such as that of drummer Jimmy Cobb who shared the singer’s eventful life. Wheel Of Fortune and the blues classic Trouble In Mind were respectively classed at N° 3 and 4  in the national Top R&B charts; the second title featuring the outstanding tenor saxophonist Ben Webster. Paul Gonslaves makes a rare appearance on I Cried For You, a pure jazz title; he was one of the few Ellingtonians to accompany Dinah Washington, the most regular being Paul Quinichette, nicknamed the “vice-president”, who  probably represented for Dinah the one to whom she was closest musically, just as the “president” Lester Young was for Billie (Feel Like I Wanna Cry, Am I Blue, Make The Man Love Me …). Then Eddie Chamblee puts in an appearance, on whose finger the singer soon slipped one of her rings … 

By the late 40s/early 50s Dinah Washington, now nicknamed, the “Queen of the Blues” had become the most popular singer with coloured audiences(4). From 1945 to 1955, she regularly topped the bill in the “Harlem Variety Revue” at the Apollo Theatre, whenever her touring schedule brought her to  New York (in 1946 she was backed by saxophonist/vocalist Eddie Vinson’s big band). She was heard in Detroit, Philadelphia, Los Angeles… She succeeded where many had failed: both in staying close to her roots, her base and her popularity with black audiences, and in opening up to other genres including jazz. In this she was helped by the best musicians around at the time. Her jazz recordings, issued as 33rpms, enabled both the singer and musicians, unhampered by time limits, to express themselves more fully. Dinah appears perfectly at ease within these relaxed and modern surroundings while still remaining faithful to the text of her songs, never resorting to scat as Ella Fitzgerald or Sarah Vaughan did in similar circumstances. Her producers did not hesitate to put her on a Los Angeles stage in 1954, in the presence of the  Clifford Brown/Max Roach Quintet, teamed with some other guest stars. She integrated this ensemble, considered one of the most “advanced” of its time, with ease and authority (No More)(5). Just for the record it’s worth mentioning that  Marcel Zanini, the same evening that he arrived in New York, rushed to Birdland where he was very impressed by Dinah Washington whom he discovered for the first time!(6) At the same time, with her most popular repertoire, Dinah was rarely out of the top of the hit parade in 1954. Her best sales among her own people included I Don’t Hurt Anymore, in a rhythm and blues style (N° 3), and the beautiful bluesy ballad Teach Me Tonight, a colourful reprise of a DeCastro Sisters hit (N° 4). A further jazz session was organised in March 1955 when Dinah was surrounded by her best and most faithful accompanists with delicate arrangements from the pen of the young and upcoming Quincy Jones. A superb set of interpretations resulted from which we have included the medium tempo Make The Man Love Me, during which the singer incorporates a quotation from Duke Ellington’s I Got It Bad – soloists: Paul Quinichette, Clark Terry, Wynton Kelly and Jimmy Cleveland – and Blue Gardenia that Dan Morgenstern among others considers one of the most beautiful ballads Dinah Washington ever sang. All these titles were regrouped on an album, aptly entitled “For Those In Love”. In the summer of the same year, Dinah was invited for the first time to the Newport Jazz Festival. She also took part in a televised broadcast “Showtime at the Apollo” and appeared in several films:  “Harlem Jazz Festival” and, in 1956, “Basin Street Revue” and “Rock ‘n’ Roll Revue”. She also appeared in an “Alan Freed R&B Package Show” which featured the biggest black stars in the country. Audiences were also able to applaud her throughout America: Boston, Philadelphia, Las Vegas, Miami, New Orleans, Detroit, Washington, San Francisco, Hollywood, Chicago, Baltimore… While continuing to supply the 45rpm market and juke boxes (five titles in the charts in 1955 and 56), Mercury issued more and more 33rpm LP aimed at a wider (mainly white) group of jazz and pop music fans. Hence the albums “Dinah”  (There’ll Be Some Changes Made and Willow Weep For Me) and “In The Land of HiFi” which included There’ll Be A Jubilee featuring Cannonball Adderley. Late 1956, again directed by Quincy Jones leading a dream orchestra, Dinah Washington recorded You Let My Love Get Cold with a R&B slant which does not appear on the album “The Swinging Miss «D»”, comprising a series of jazz themes. These range from Somebody Loves Me composed by Gershwin in 1924 – solos: Anthony Ortega, Jimmy Cleveland, Don Elliot – to You’re Crying by Quincy Jones himself – solos: Lucky Thompson, Jimmy Cleveland, Charlie Shavers and Urbie Green. A “Fats Waller Songbook” followed with notably a superb Black And Blue fronted by her then husband Eddie Camblee (Ernie Wilkins arranger). Blues Down Home, from the same  session with a strong solo from Chamblée, does not appear on the album but as a 45 single. As the  latter became less frequent so did the singer’s appearances in the charts. Our anthology ends with this last session as copyright laws prevent us going further for the moment. However, with fifteen years of recordings already available to us the choice is sufficiently wide to offer a truly representative picture of the singer’s work.  

Although now firmly installed on the jazz circuit, particularly with an engagement in 1958 at  Birdland, the famous New York club, and another invitation to Newport Jazz Festival, immortalised in the film “Jazz On A Summer Day”, Dinah still remained close to her roots. This was evident in “Bessie Smith’s Songbook” which confirmed that the “Queen” of the blues was a natural heir to the “Empress”.  In 1959, Dinah Washington embarked on a European tour which took her to England in particular where she sang at the London Palladium before the Queen (the other one!). A tour that, unfortunately, did not include France… except for a brief appearance incognito at the Mars Club in Paris where the few titles she sang completely bowled over Kurt Mohr who was in the audience. The same year she was listed in the Top Ten Pop – she stayed there 17 weeks!- and was awarded a Grammy for What A Difference A Day Made, later taken up by Sarah Vaughan and Esther Phillips, one of Dinah’s best disciples. Her resounding return to the charts relaunched her commercially (Unforgettable  N° 15 in 1959). In 1960 her career peaked with three national N° 1s – a record – including two duos with Brook Benton: Baby You’ve Got What It Takes and A Rockin’ Good Way with This Bitter Earth in between.  This crossover to “pop” in no way dulled the fine edge of her vocal talent, even though certain ambitious accompaniments are a little difficult to swallow. The price of fame for an artist, who in spite of appearing under the spotlights of Carnegie Hall (1959), always remained true to jazz (Birdland in 1961/62) and the blues (Apollo in 1961) not forgetting appearances at jazz festivals in Indiana (1960) and Buffalo (1960 and 61).  After two albums at the end of December 1961 on which she reprised some of her old hits, Dinah Washington left Mercury to sign up with Roulette. Several somewhat overloaded albums, including her “Back to the Blues” destined to be her posthumous memorial, were issued and she had a final hit with Tears And Laughter when it reached the Top Ten in February 1962. What better title to sum up the career and life of the Queen? By 1963, The Queen of the Blues was at the height of her career. She had sung with Count Basie in Chicago, with Duke Ellington in Detroit. And it was here that she died on 14 December 1963 as a result of taking an accidental overdose of slimming pills after an evening’s drinking(7). Her heart could not cope with this explosive mix. She was only 39!  But this is no reason to add her to the list of black female artistes who were victims of their tough life. Unlike Billie Holiday, Big Maybelle, Esther Phillips and Big Mama Thornton and others, Dinah Washington’s life was not one long martyrdom of drug addiction interspersed with brief periods of lucidity. Dinah loved life, embraced it to the full, collecting public scandals, lovers and husbands (at least six or seven official ones) on her way –  “I change husbands before they change me,” she said. But none of this ever affected her artistic quality. She was a true professional, capable of singing anything: blues, ballads, pop songs, jazz, Broadway standards. When she declared “I can sing anything” it was not a vain boast, she knew what she was talking about. She could sing everything and sing it well including pop songs that, around the 50s and 60s, were not known for their musical brilliance. Dinah was a star; she belonged to American showbiz which implied certain constraints. Others, none the less gifted, trod the same path. Yet, even while she appeared to no longer have total control over her record output, she remained the Queen: the queen for both ordinary black Americans and for her fans, although she did not have time to really conquer Europe (unlike Billie Holiday, Ella Fitzgerald or Sarah Vaughan for example).  Her vocal gifts enabled her to go beyond the harmonic confines of the blues and, backed by her producers, to tackle other musical genres. This not only enriched her as a performer but also widened her audience which was mainly black when she started out but gradually included more and more white Americans in line, so to speak, with what was happening in jazz itself. The one type of music Dinah never recorded was Gospel and yet it was her hymn singing that had first made her noticed. She has left us only two religious songs from 1953, Silent Night and The Lord’s Prayer both slightly funereal versions, probably an attempt to invade Mahalia Jackson’s territory.  Dinah Washington was probably the only Afro American female singer to succeed so brilliantly in  leading a double career. Her success was based on a strong reliance on her blues and Gospel roots, combined with the twofold influence of Bessie Smith and Billie Holiday (plus a hint of Ma Rainey and Ethel Waters). In turn she herself had a marked influence on the great popular black female vocalists of the 50s and 60s: Ruth Brown, Etta James, Esther Phillips, Dionne Warwick, Nancy Wilson, Diana Ross, Diane Schuur etc., not forgetting her elders such as Helen Humes who modified their style after hearing her sing. Dinah’s singing was characterised by clear enunciation, subtle contrasts and an innate sophistication. Her somewhat nasal voice never lost its youthful freshness. Dinah Washington did not have time to get old… 
Adapted from the French text  by Joyce WATERHOUSE 

Notes:
1. Sally Papa Blues has been reissued on the double CD “Women in Blues” album (FA 018).
2. N.B. Billie Holiday herself wasted no time in recording Baby Get Lost for Decca in August 1949 at the same time as Ain’t Nobody’s Business.
3. I’ll Never Be Free, one of the big hits at the time, created serious competition in the charts behind Dinah, between versions by Anisteen Allen (with Lucky Millinder), Ella Fitzgerald in duo with Louis Jordan, Annie Laurie (with Pail Gayten) and Savannah Churchill. As for Wheel Of Fortune, also interpreted by various artists, it was Sunny Gale who beat Dinah and the Cardinals group.
4. The number of hits recorded by the Billboard magazine between 1943 and 1959 prove that Dinah Washington was the favourite singer of black audiences ahead of Ruth Brown, LaVern Baker, Ella Fitzgerald and Julia Lee … Billie Holiday came 14th!
5. For reasons of timing we have chosen one of the shortest tracks from this album issued under the title of “Dinah Jams”.
6. See the interview with Marcel Zanini in “Zanini, Rive Gauche” (FA 5082).
7. Interspersed with periods of euphoria followed by moments of depression, the singer’s final years were marked by alcohol abuse and the use of all kinds of so-called  slimming pills that she took indiscriminately. 

Special thanks to Alain Thomas for the loan of several records from his collection. Some parts of the text of the CD booklet have been borrowed from the CDs “The Queen of the Blues” (EPM/Blues Collection 159152) and “The Queen Sings Jazz” (EPM/Jazz Archives 159482). 
Photos and collections: Frank Driggs, Norbert Hess, James  J. Kriegsmann, Jazz Magazine, Michael Ochs, Gilles Pétard,  X (D.R.)  

DISCOGRAPHIE
CD 1
01. EVIL GAL BLUES (L. Feather) LHS-1
02. BLOW TOP BLUES (L. Feather) 72873
03. MY LOVIN’ PAPA (D. Henderson) S-1174
04. THE MAN I LOVE (G. & I. Gershwin) 393
05. OO WEE WALKIE TALKIE (Demitrious) 392
06. POSTMAN BLUES (D. Washington - T. Smith) 563-4
07. AIN’T MISBEHAVIN’ (T. Waller - A. Razaf - Harper) 1226
08. RESOLUTION BLUES (L. Swain - D. Washington) 1593-1
09. LONG JOHN BLUES (D. Washington) 1785-8
10. COOL KIND PAPA aka GOOD DADDY BLUES (D. Washington - Spencer)
11. IT ISN’T FAIR (R. Himber - F. Warshauer - S. Sprigato)
12. BABY GET LOST (L. Feather)
13. I WANNA BE LOVED (E. Heyman - J. Green - B. Rose)
14. FAST MOVIN’ MAMA D. Washington - Gladstone)
15. RICHEST GUY IN THE GRAVEYARD (L. Feather) 2999-3
16. I’LL NEVER BEE FREE (Benjamin - Weiss) 3408-4
17. BIG DEAL (D. Washington - T. Stewart) 3407-3
18. AIN’T NOBODY’S BUSINESS BUT MY OWN (Grisham) 3879-2
19. I WON’T CRY ANYMORE (A. Frish - F. Wise) 4043-1
20. WHEEL OF FORTUNE (Benjamin - Weiss) 4731-9B
21. TROUBLE IN MIND (R.M. Jones) 4733-4

Dinah Washington (vocal) acc. by
(1) Lionel Hampton & His Sextet : Joe Morris (tp), Rudy Rutherford (cl), Arnett Cobb (ts), Milt  Buckner (p), Vernon King (b), Fred Radclife (dm). New York City, December 29, 1943.
(2) Lionel Hampton & His Septet : Wendell Culley (tp), Herbie Fields (as), Arnett Cobb (ts), Johnny Mehegan (p), Billy Mackel (g), Charles Harris (b), George Jones (dm), Lionel Hampton (vib), Dinah Washington (vo). NYC, May 21, 1945.
(3) Lucky Thompson All Stars : Karl George (tp), Jewel Grant (as), Eli “Lucky” Thompson (ts), Gene Porter (cl, as, bs), Wilbert Baranco (p), Charles Mingus (b), Lee Young (dm), Milt Jackson (vib). Los Angeles, December 12, 1945.
(4-5) Gerald Wilson Orchestra : (personnel include) Gerald Wilson, Eugene “Sooky” Young (tp), Melba Liston, James Robinson (tb), Clyde Dunn, Vernon Slater (ts), Maurice Simon (bs), Jimmy Bunn (p), Henry Green (dm), René Hall (arr). Chicago, April 6, 1946.
(6) Tab Smith Orchestra : (poss. personnel) Frank Galbreath, Russell Royster (tp), Talmadge “Tab” Smith (as), Johnny Hicks (ts), Larry Belton (bs), Charles “Red“ Richards (p), Johnny Williams (b), Walter Johnson (dm). NYC, October 3, 1946.
(7) Rudy Martin Trio : Rudy Martin (p), unknown (g)(b). Chicago, November 13, 1947.
(8) Cootie Williams Orchestra : Charles “Cootie“ Williams, Robert “Bob“ Merrill (tp), Rupert Cole (as), William “Weasel“ Parker (ts), Arnold “Al“ Jarvis (p), Mundell Lowe (g), Leonard “Heavy” Swain (b),  Sylvester “Vess“ Payne (dm). NYC, December 30, 1947.
(9) Unknown (cl)(p)(g)(b)(dm). July 1, 1948.
(10-14) Unknown (ts on 12, 14)(p)(g)(b)(dm) + horns ; Gene Norman (M.o.C.). Los Angeles, Just Jazz Concert, ca. Summer 1950.
(15) Teddy Stewart Orchestra : (poss. pers. incl. members of the Dizzy Gillespie Orchestra) Willie Cook or Elmon Wright (tp), Matthew Gee or Charles Greenlee (tb), Jimmy Heath, John Coltrane (as), Johnny Acea (p), Teddy Stewart (dm). NYC, September 27, 1949.
(16-17) Teddy Stewart Orchestra : (pers. include) poss. Benny Powell (tb), Ernie Wilkins (as), Cecil Payne (bs), Freddie Green (g), Ray Brown (b), Teddy Stewart (dm). NYC, May 9, 1950.
(18) Walter Buchanan Orchestra : (pers. include) Wynton Kelly (p), Walter Buchanan (b). NYC, February 27, 1951.
(19) Orchestra conducted by Jimmy Carroll with Strings. NYC, April 12, 1951.
(20-21) Jimmy Cobb Orchestra : (pers. include) Benjamin “Ben“ Webster, Wardell Gray (ts), Wynton Kelly (p), Jimmy Cobb (dm). LA, January 18, 1952.  

CD 2
01. PILLOW BLUES (D. Cobb) 9220-8
02. I CRIED FOR YOU (Freed - Arnheim - Lyman) 9249-4
03. FEEL LIKE I WANNA CRY (T. Kirkland) 9793-1
04. AM I BLUE (C. Akst) 9870
05. MY MAN’S AN UNDERTAKER (L. Kirkland - M. Thomas) 10131-4
06. SHORT JOHN (E. Crane) 10242-8
07. BIG LONG SLIDIN’ THING (L. Kirkland - M. Thomas) 10654-11
08. I DON’T HURT ANYMORE (J. Rollins - D. Robertson) 10863-4
09. NO MORE (B. Russell) 10902
10. TEACH ME TONIGHT (S. Cahn - G. De Paul) 11062-16
11. I JUST COULDN’T STAND IT NO MORE (Crawford) 11063-5
12. MAKE THE MAN LOVE ME (D. Fields - A. Schwartz) 11402-8
13. BLUE GARDENIA (B. Russell - L. Lee) 11403-12
14. THERE’LL BE SOME CHANGES MADE (Higgins - Overstreet) 12401-4
15. WILLOW WEEP FOR ME (A. Ronnell) 12418-7
16. THERE’LL BE A JUBILEE (P. Moore) 12875
17. YOU LET MY LOVE GET COLD (J.M. Robinson) 14385
18. YOU’RE CRYING (Q. Jones - L. Feather) 14392
19. SOMEBODY LOVES ME (G. Gershwin - De Sylva - B. McDonald) 14386
20. BLUES DOWN HOME (L. Chase) 15955
21. BLACK AND BLUE (T. Waller - A. Razaf - H. Brooks) 15956

Dinah Washington (vocal) acc. by
(1) Orchestra directed by Jimmy Cobb : (pers. included) poss. Paul Quinichette or unknown (ts), Wynton Kelly (p), unknown (g), William “Keter“ Betts (b), Jimmy Cobb (dm). Chicago, May 6, 1952.
(2) Orchestra directed by Jimmy Cobb : Clark Terry (tp), Russell Procope (cl, as), Paul Gonsalves (ts), Beryl Booker (p), unknown (g), Keter Betts (b), Jimmy Cobb (dm). Chicago, ca. Summer 1952.
(3) Paul Quinichette (ts), unknown (p), Jackie Davis (org), Keter Betts (b), Jimmy Cobb (dm). New York City, June 10, 1953.
(4) Paul Quinichette (ts), Junior Mance or Sleepy Anderson (p), prob. Jackie Davis (org), Keter Betts (b), Ed Thigpen (dm), Chicago, June 17, 1953.
(5) Unknown orchestra. Ca. late summer 1953.
(6) Unknown orchestra : poss. Clark Terry (tp), poss. Gus Chappell (tb), poss. Ricky Anderson (as), prob. Eddie Chamblee (ts), unknown (bs), Junior Mance or Sleepy Anderson (p), unknown (g), Keter Betts (b), Ed Thigpen (dm). Ca. February/March 1954.
(7) Unknown orchestra : (personnel include) poss. Gus Chappell (tb), Paul Quinichette (ts), Wynton Kelly (p), Barry Galbraith, George Barnes (g), Keter Betts (b), Jimmy Cobb (dm). NYC, June 1954.
(8) Orchestra directed by Hal Mooney : (pers. include) poss. Gus Chappell (tb) ; unknown vocal group. Los Angeles, August 3, 1954.
(9) Clifford Brown (tp), Junior Mance (p), Keter Betts or George Morrow (b), Max Roach (dm). LA, Live, August 14, 1954.
(10-11) Hal Mooney Orchestra. NYC, November 2 or 17, 1954.
(12-13) Clark Terry (tp), Jimmy Cleveland (tb), Paul Quinichette (ts), Cecil Payne (bs), Wynton Kelly (p), Barry Galbraith (g), Keter Betts (b), Jimmy Cobb (dm), Quincy Jones (arr). NYC, March 15, 1955.
(14) Orchestra arranged and conducted by Hal Mooney : (poss. personnel include) Maynard  Ferguson, Conrad Gozzo, Manny Klein, Ray Linn (tp), Tom Pederson, Frank Rosolino, Si Zentner (tb), Herb  Geller, Skeets Herfurt (as), Georgie Auld, Babe Russin (ts), Chuck Gentry (ts), Wynton Kelly (p),  Al Hendrickson (g), Keter Betts (b), Jimmy Cobb (dm). LA, November 11, 1955.
(15) Same. LA, November 12, 1955.
(16) Orchestra arranged and conducted by Hal Mooney : (pers. include) Julian “Cannonball“ Adderley (as), Junior Mance (p). NYC, April 24, 1956.
(17) Quincy Jones & His Orchestra : Ernie Royal, Charlie Shavers, Clark Terry, Joe Wilder (tp), Don Elliott (mellophone), Jimmy Cleveland, Urbie Green, Quentin Jackson, Tommy Mitchell (tb), Anthony Ortega, Hal McKusick (as), Jerome Richardson, Lucky Thompson (ts), Danny Banks (bs), Sleepy Anderson (p), Barry Galbraith (g), Milt Hinton (b), James Crawford (dm). NYC, November 21, 1956.
(18) Same, but Bernie Glow, Nick Travis (tp), Osie Johnson (dm) replace Royal, Wilder and Crawford ; Don Elliott (vib), Ernie Wilkins (arr). NYC, December 5, 1956.
(19) Same as for 17 : Don Elliott (vib). NYC, December 4, 1956.
(20-21) Eddie Chamblee Orchestra : Ernie Royal, Johnny Coles, Joe Newman, Reunald Jones (tp), Melba Liston, Sonny Russo, Julian Priester, Ron Levitt (tb), Frank Wess, Sahib Shihab (as), Eddie Chamblee, Benny Golson (ts), Jerome Richardson (bs), Jack Wilson (p), Freddie Green (g), Richard Evans (b),  Charlie Persip (dm), Ernie Wilkins (arr). NYC, October 4, 1957.   

CD Dinah Washington La reine - The queen 1943-1957 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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« Un événement à ne pas manquer. Indispensable » par The Lion
Lorsque l’on parle des grandes divas du jazz, on a coutume de citer Billie Holiday, Elle Fitzgerald et Sarah Vaughan, et ce n’est que justice, mais c’est faire peu de cas d’autres voix, moins connues peut-être du grand public comme celles d’Anita O’Day, Helen Humes, Helen Merrill, Carmen Mc Rae et surtout Dinah Washington qui mérite largement une place sur le podium des grandes voix féminines du jazz. Saluons donc avec enthousiasme l’initiative de Patrick Frémeaux de nous offrir ce coffret de deux CD qui réunit les meilleurs enregistrements de « La Reine » gravés entre 1943 et 1952, présentés par Jean Buzelin. Quarante-deux chansons dont bon nombre de standards et quelques blues que Dinah Washington distille de sa voix tour à tour charmeuse et acidulée, sensuelle et puissante, ironique et émouvante, douce et mordante. Des chansons auxquelles elle insuffle son dynamisme et son swing et pour lesquelles elle bénéficie de superbes accompagnements par Lionel Hampton, Tab Smith, Cootie Williams, Jimmy Cobb, Quincy Jones, entre autres. Un événement à ne pas manquer. Indispensable.
Pierre SCHAVEY – THE LION




Ecoutez Piste Titre / Artiste(s) Durée
CD 1
 
01 Evil Gal Blues - Dinah Washington 02'55
 
02 Blow Top Blues - Dinah Washington 03'21
 
03 My Lovin' Papa - Dinah Washington 03'09
 
04 The Man I Love - Dinah Washington 03'04
 
05 Oo We Walkie-Talkie - Dinah Washington 02'50
 
06 Postman Blues - Dinah Washington 02'59
 
07 Ain't Mishbehavin - Dinah Washington 02'41
 
08 Resolution Blues - Dinah Washington 03'22
 
09 Long John Blues - Dinah Washington 03'14
 
10 Cool Kind Papa - Dinah Washington 02'13
 
11 It Isn't Fair - Dinah Washington 02'28
 
12 Baby Get Lost - Dinah Washington 02'42
 
13 I Wanna Be Loved - Dinah Washington 03'02
 
14 Fast Movin' Mama - Dinah Washington 01'53
 
15 Richest Guy In The Graveyard - Dinah Washington 02'55
 
16 I'll Never Be Free - Dinah Washington 02'50
 
17 Big Deal - Dinah Washington 02'45
 
18 Ain't Nobody's Business, But My Own - Dinah Washington 03'09
 
19 I Won't Cry Anymore - Dinah Washington 03'24
 
20 Wheel Of Fortune - Dinah Washington 02'17
 
21 Trouble In Mind - Dinah Washington 02'52
CD 2
 
01 Pillow Blues - Dinah Washington 02'57
 
02 I Cried For You - Dinah Washington 02'30
 
03 Feel Like I Wanna Cry - Dinah Washington 03'22
 
04 Am I Blue - Dinah Washington 03'17
 
05 My Man's An Undertaker - Dinah Washington 02'33
 
06 Short John - Dinah Washington 02'55
 
07 Big Long Slidin' Thing - Dinah Washington 03'00
 
08 I Don't Hurt Anymore - Dinah Washington 03'13
 
09 No More - Dinah Washington 03'25
 
10 Teach Me Tonight - Dinah Washington 02'50
 
11 I Just Couldn't Stand It No More - Dinah Washington 03'02
 
12 Make The Man Love Me - Dinah Washington 05'32
 
13 Blue Gardenia - Dinah Washington 05'18
 
14 There'll Be Some Changes Made - Dinah Washington 03'02
 
15 Willow Weep For Me - Dinah Washington 03'27
 
16 There'll Be A Jubilee - Dinah Washington 02'09
 
17 You Let My Love Get Cold - Dinah Washington 02'32
 
18 You're Crying - Dinah Washington 03'32
 
19 Somebody Loves Me - Dinah Washington 02'35
 
20 Blues Down Home - Dinah Washington 02'49
 
21 Black And Blue - Dinah Washington 02'58
« Un charme addictif » par Lylo

La voix légèrement aigre de cette immense chanteuse donne à ses blues un charme addictif qu’elle distillait avec feeling et volupté sur de swingantes orchestrations. LYLO




« Bien plus qu’une curiosité » par Jazz Magazine

« Queen of the blues », Dinah Washington était-elle une chanteuse de jazz, de blues, de rhythm’n’blues ou de variétés, sans même parler du gospel de sa jeunesse ? « I can sing anything », prétendait-elle. Ce n’est pas l’écoute de cette anthologie qui lui donnera tort. Celle-ci s’ouvre sur deux blues interprétés avec le sextette, puis le septette de Lionel Hampton, et s’achève sur une série de titres enregistrés au sein de big bands, en particulier celui de Quincy Jones. Les amateurs de « vrai jazz » trouveront largement le bonheur dans cette sélection, avec des standards comme The Man I Love, Ain’t Misbehavin’, Willow Weep For Me, Somebody Loves Me, Black and Blue… Et surtout à l’audition des différents orchestres. Un petit échantillon des accompagnateurs de luxe de la chanteuse : Lucky Thompson, Cootie Williams, Ben Webster, Paul Quinichette, Clark Terry, Clifford Brown, Wynton Kelly, Cannonball Adderley et même John Coltrane ! A signaler, bien plus qu’une curiosité, cinq titres enregistrés en concert à Los Angeles en 1950 qui donnent une idée de la ferveur que pouvait entraîner son passage sur scène. Cette voix singulière (qui n’est pas sans évoquer celle de Billie Holiday, de neuf ans son aînée) s’est éteinte en décembre 1963, à cause d’une association inadéquate d’alcool et de médicaments. Dinah Washington avait 39 ans. Patrick POMMIER – JAZZ MAGAZINE




« L’essentiel de la puissance » par Classica Répertoire

De Décembre 1943, jeune chanteuse de 19 ans accompagnée par le sextet de Lionel Hampton, aux séances royales pour Mercury avec Quincy Jones et Eddie Chamblee de décembre 1956 et octobre 1957, ce double CD offre la « quintessence » de l’art de Dinah Washington, grande interprète du blues qui n’a guère avant elle que Bessie Smith et à son époque Billie Holiday comme rivales. Sa voix caractéristique, son abatage, sons sens profond du public l’ont vite catapulté en tête des ventes. Un extrait d’un concert très rare de l’été 1950 permet de se faire une idée de l’impact imparable de ses prestations sur scène. Morte prématurément à 39 ans, elle a heureusement laissé un legs discographique impressionnant tant au point de vue quantitatif qu’au plan de la qualité, du sein duquel il était délicat, abondance oblige, d’opérer une sélection. Judicieusement composée, superbement produite, cette anthologie représente l’essentiel de la puissance, du charme du chant de Miss Washington avant qu’elle ne rencontre le succès international avec What A Difference A Day Makes et ne devienne une légende disparue dont la flamme et l’énergie revivent providentiellement à chaque seconde de cet indispensable panorama.
CLASSICA RÉPERTOIRE




"Une couronne méritée" par Culturejazz

"Dinah Washington (Ruth Lee Jones, 1924 – 1963) a sa place au panthéon des grandes vocalistes de jazz aux côtés de Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Carmen McRae, Sarah Vaughan, Nina Simone, Betty Carter, Abbey Lincoln, Shirley Horn (sans oublier Anita O’Day), toutes nées au cours du siècle dernier. Elle fut sans conteste celle qui fut la plus attachée à s’appuyer sur les racines du gospel et surtout du blues (n’en fut-elle pas surnommée La Reine) ce qui la distingue principalement de ses consœurs, tout en étant, souligne Jean Buzelin, une musicienne capable de chanter, avec un égal résultat, blues, ballades, pop songs, jazz, standards de Broadway… elle déclarait elle-même : « je peux tout chanter » ; elle le démontre admirablement tout au long de ce coffret.
Sa voix : légèrement acidulée, vibrato de grande flexibilité, parfaite justesse. Elle possédait une diction parfaite, un sens de la nuance toute en subtilités et une « sophistication naturelle », n’appuyant jamais ses effets, ne cherchant pas à travailler une voix légèrement nasillarde qui conservera toujours la fraîcheur mutine de sa jeunesse (J.B).
Dans le CD 1, Dinah s’exprime d’abord en compagnie d’une petite formation réunie autour de Lionel Hampton en 1943-45 (elle sera la chanteuse de son big band pendant près de trois années) avec deux blues (Evil Gal Blues et Blow Top Blues) composés par le critique Leonard Feather et les obligatos des trompettistes Joe Morris et Wendell Culley et de Hamp lui-même ; toujours fidèle aux structures du blues elle chante My Lovin’ Papa en compagnie du Lucky Thompson All Stars avec les jeunes Charles Mingus à la contrebasse et Milton Jackson, vibraphoniste. Suivent le standard des frères Gershwin The Man I Love fort émouvant, une belle version du classique de Fats Waller Ain’t Misbehavin’ et un Resolution Blues accompagné par le Cootie Williams Orchestra en 1947. Cinq titres enregistrés « live » au Just Jazz Concert à Los Angeles en 1950 donnent une idée saisissante de son succès et sa popularité auprès du public noir.
Transition entre les deux CD avec des interprétations telles que le fameux Trouble In Mind en compagnie de l’orchestre du batteur Jimmy Cobb (son compagnon à cette époque) avec un remarquable solo de Ben Webster et le très « jazz » I cried For You avec cette fois Paul Gonsalves ; autre saxophoniste ténor, Paul Quinichette, l’interlocuteur le plus proche du feeling de la chanteuse, se fait entendre dans deux plages suivantes dont Am I Blue ; nous sommes en 1953. Un an plus tard elle interprète magnifiquement No More dans lequel on entend le trompettiste Clifford Brown à ses côtés.
Avec son répertoire de plus en plus populaire mais sans concession, Dinah Washington est toujours au top des ventes, ses interprétations de Teach Me Tonight, l’émouvante ballade Blue Gardenia, Willow Weep For me et le fameux Black And Blue accompagnés par les big bands de Quincy Jones (1965) ou l’un de ses maris, Eddie Chamblee (1957) étant des preuves supplémentaires de son immense talent.
Elle continuera une carrière aussi bien engagée dans le blues, le jazz et la grande variété avec un égal bonheur avant de disparaître à l’apogée de sa carrière en 1963 à l’âge de 39 ans.
Ce coffret est un témoignage indispensable en ce qui concerne la place prépondérante de cette Reine dans l’histoire du jazz et de l’art vocal afro-américain."
par JACQUES CHESNEL - CULTUREJAZZ




"‘The Queen Of The Jukeboxes’ was another of her titles" by Blues & Rhythm

“Dinah Washington, ‘The Queen Of The Blues’, was the most outstanding blues artist among female jazz singers and the greatest female jazz vocalist to sing the blues!” – so writes Patrick Frémeaux on the back sleeve of this double CD, and it is this lack of a real, precise pigeonholing of Dinah as either a blues or a jazz artist that probably indicates why, despite being one the best-selling Black artists of her time (‘The Queen Of The Jukeboxes’ was another of her titles), most blues fans overlook her. Some readers may own the four CD Proper box set, ‘The Queen Sings’, released in 2002, and several of her tracks have been anthologised recently, but even today she is still not really given her due by the r&b crowd.
And that is most certainly the audience that should be most interested in the music of the first CD on offer here. It opens with Dinah’s well-known recording of British-born jazz producer/ critic Leonard Feather’s number made with Lionel Hampton, and then runs on up to material made in 1952, with most of it brassy, at a mid-tempo, and squarely in the mood of the times: boastful, brash, confident, often downright rude – dentists filling cavities and the like – and you can hear the delight of the former gospel singer/ pianist Ruth Lee Jones in her vocals. Though some have tried to put her in the lineage of Bessie Smith, her 1951 version of ‘Ain’t Nobody’s Business’ owes far more to Jimmy Witherspoon’s hit of a couple of years earlier. Vocally, Dinah is almost always far cleaner and clearer than the Empress, though she is indeed close to Bessie’s style of phrasing on 1955’s ‘There’ll Be Some Changes Made’. Even on the first CD though, traces of the “commercialism” (as the jazz press termed it) that was to become much more evident towards the end of the fifties can be heard: ‘I Won’t Cry Anymore’ has strings which scream “worst aspects of the fifties” loud and clear.
Like Joe Williams (the Count Basie vocalist), Dinah was just as adept at straight jazz singing as she was at the blues – and both are overlooked for it. With Dinah, the general rule of ‘the earlier it is, the bluesier it is’ holds true, more or less, though even in the time-span of the first CD, it is a question of looking at the titles or composers – so ‘Ain’t Misbehavin’’ is of course an out-and-out jazz performance. The second CD ranges across June 1953 to October 1957 and here the rhythm and blues material is in the minority, though even the penultimate ‘Blues Down Home’, one of a brace on the track listing recorded with saxman (and one of Dinah’s husbands) Eddie Chamblee leading a sophisticated big band, is a fine blues number. It is worth noting that Dinah utilised some of jazz’s biggest names in her bands: witness here the likes of drummer Max Roach, Charles Mingus, and Milt Jackson, for starters. Then there are the saxmen: John Coltrane (no less), Lucky Thompson, Tab Smith, Ben Webster, Wardell Gray, Paul Quinichette, Cannonball Adderley, are just a few… Dinah was a huge influence and inspiration for many black female singers-most obviously perhaps Esther Phillips, but Aretha Franklin is more often mentioned - and she certainly deserves to be represented in any discerning rhythm & blues collection. This set does present plenty of excellent r&b and her talents in the jazz field are also plain to hear; there are fine notes and packaging to top things off. If you currently have little or no Dinah Washington on your shelves, this is a good way to rectify that oversight."
by NORMAN DARWEN - BLUES & RHYTHM




« Une fantastique interprète du blues » par Jazzman

Plutôt qu’un long discours, on conseillera aux auditeurs de se rendre directement à la plage 10 du premier disque. Nous sommes en 1950 à Los Angeles. Dinah Washington « star des jukes-boxes » (sic) chante sur scène face à un public noir et tout est là. L’histoire de la rencontre d’une artiste avec un public en qui il se reconnaît, un public qui hurle, commente ou trépigne. Et elle le lui rend bien, tendant les notes, sensuelle en diable. L’histoire d’une fantastique interprète de blues mais qui « pouvait tout chanter » ainsi que le disait et le prouve. L’histoire de Dinah Washington née Ruth Lee Jones, morte en 1963 à l’âge de trente-neuf ans suite à l’absorption d’un mélange de pilules de régime et d’alcool. Parcourir l’œuvre de « la reine », c’est aussi croiser la route de ces hommes qui l’accompagnèrent et parfois l’épousèrent. Hampton est là, en 1943 puis 1945, le batteur Jimmy Cobb et son orchestre (avec Paul Gonsalves) ou Cootie Williams. Le sax Paul Quinichette, en « vice-président », joue avec les mêmes yeux que Lester Young pour Lady Day. A la fin des années 1950, c’est Quincy Jones qui met sa science de l’arrangement au service de la vedette américaine. Chronologique, pédagogique avec un livret clair et précis, cette sélection signée Jean Buzelin rend justice à une artiste trop longtemps méconnue en Europe. On gardera pour la bonne bouche le connoté Big Long Sliding Thing (1954) d’un heureux tromboniste dont « le long instrument qui glisse » ne laissera pas indifférents les amateurs et amatrices de double sens. Christophe DRIANCOURT – JAZZMAN




"Le tout enrichi d’une biographie très détaillée" par Arnaud STEFANI

"Voilà une belle anthologie (un double CD de quarante-deux morceaux) permettant de (re)découvrir celle que l’on a appelée "La Reine du blues", à partir de ses premiers enregistrements en 1943 (elle n’a alors que dix-neuf ans) au sein du sextet de Lionel Hampton.
La chanteuse interprète des titres de blues pur, d’autres relevant d’un blues davantage harmonisé ; d’autres encore sont des standards parmi les plus célèbres ("Ain’t Misbehavin", "Willow Weep For Me", "The Man I Love"). Que ce soit en studio ou en concert, toutes les facettes du chant de Dinah Washington sont représentées ici, le tout enrichi d’une biographie très détaillée."
par ARNAUD STEFANI - CITIZENJAZZ




« Son et livret sont impeccables » par Le Cri du Coyote

J’avoue avoir oublié son existence depuis un bon moment et ce double CD rétrospectif est une bonne occasion de rafraîchir ma mémoire, car Dinah, surnommée la « Reine du Blues », est considérée comme la plus grande chanteuse de Jazz à chanter le blues. Ce serait Lionel Hampton, qui l’engagea comme chanteuse en 1942, qui lui aurait suggéré de changer de patronyme pour celui de Dinah Washington. C’est donc dans le domaine du jazz qu’elle connaît ses premiers succès. Ce n’est qu’en 1959 qu’elle sera considérée comme la reine du Blues. Mais elle connaîtra aussi un beau succès dans le domaine de la variété jazzy, ce qu’illustre bien la compilation : il faut, par exemple, savoir qu’il s’agit bien de Am I Blue ou Weeping Willow si on est familier avec les versions qu’en firent Eddie Cochran et Gene Vincent. Côté Rockin’ Blues/Rockin’R’n’B lent ou medium, l’amateur trouvera quand même de quoi satisfaire ses oreilles avec une bonne moitié des 42 titres relevant de ces styles. On retiendra I Don’t Hurt Anymore assez néo-orléanais, Big Long Slidin’ Thing qui peut-être pris à double sens (il s’agit, en principe d’un trombone à coulisse) et les Rischest Guy In The Graveyard et My Man’s An Undertaker au thème original. Comme d’habitude avec Frémeaux, son et livret sont impeccables. Bernard BOYAT – LE CRI DU COYOTE




"Dinah Washington La reine (1943-1957) "par Jazz Classique

Le Hasard (ou plus prosaïquement La loi sur le domaine public) a bien fait les choses : s’arrêter en 1957 permet de savourer les meilleur millésime de Dinah. Sur cette période, on peut sélectionner n’importe quoi, il n’y à que des morceaux d’anthologie. Et discuter le choix du Compilateur (ici, l’excellent jean Buzelin). Revient inévitablement à parler de soit. Exemple : si je devait choisir un morceaux (mais pourquoi ne pas les prendre tous ?) des Fameux concerts avec Terry, Brown, Ferguson, je suis sûr qu’au bouleversant No More retenu ici, je préférerais Comes Rain Or Comes Shine. Ne me demander pas pourquoi. Ou plutôt si, demandez le moi.  Car ce n’est pas seulement parce que Dinah Washington investit chaque mots du texte de  Jhonny Mercer et et chaque notes de la superbe mélodie de Harold Arlen. C’est Aussi qu’aux mesures 25 et 26, la façon dont la chanteuse dit «  Day may be cloudy or  sunny » m’excite terriblement. Et j’en suis pas le seul si je juge les réactions du public californien.A propos de public, Il me faut signaler que le disque 6 et 14 du premier  CD (à partir de Good Daddy Blues) ne sont pas les versions studios (auquel cas l’ordre chronologique n’aurait pas été respecté, alors qu’il est) mais des extraits d’un autre concert californien, organisé par Gene Norman. Dans le Livret, écrit que ce public noir  enthousiaste et réactif «  pousse la chanteuse à se surpasser.» là je ne suis pas daccord. En faite les réactions enthousiastes du public (très présente dans l’enregistrement) pousse l’auditeur à apprécier davantage la musique. Il se passe  la même chose lors d’un concert, d’une représentation théâtrale  ou d’une rencontre sportive : l’émotion collective enrichit les émotions individuelles. Bien que cela soit un peut différent on pourrait aussi comparer ce phénomène à ce qui nous faut aimer un disque d’avantage quand on vient d’en lire l’éloge par notre critique préféré. Mais pour revenir à Dinah et son chant dans ces morceaux là, j’ai envie de dire (même si comme toujours elle chante très bien) qu’elle n’y fait rien d’exceptionnel, qu’on l’a connue plus inspiré, plus saignantes en d’autre occasions. Dans Come Rain Or Come Shine, par exemple. On  a toutefois bien fait d’inclure  ici ces cinq titres qui avait été publiés  il y a plus d’une trentaines d’années sur un LP Vogue intitulé «  Blue Jubilee », et qui à ma connaissance n’avait jamais été réédités. J’adore écouter ce genre d’anthologie  sans regardé au préalable l’emballage ou le livret, en me laissant surprendre par l’irruption d’une interprétation, d’un solo momentanément oublié, Car il n’y à rien de plus surprenant que d’être surpris par quelque chose que l’on connaît. Cette fois ci l’émotion la plus intense est venue d’un accompagnateur. Dès le début du titre 6 du cd1 ? Ill Never Be Free, on entend plus que le son miraculeux le tempo implacable, le swing irresistible d’une guitare, Freddie Green…
Guy CHAUVIER – JAZZ CLASSIQUE




« La reine du blues » par Blues Again

Dès les premières notes, on est transporté dans un vieux film afro-américain des années 50 où un juke-box vrombit un blues et nous enveloppe dans une ambiance suave et rétro. Et là, c’est la reine du blues qui apparaît et nous fait vibrer avec sa voix particulière… aigre, nasillarde… Dinah Washington (ou plutôt Ruth Lee Jones, beaucoup moins glamour c’est sûr) : la vedette de l’Apollo, de la revue de Harlem, l’une des plus prestigieuse blues WOMAN. Elle a collaboré avec les plus grands, à commencer par Lionel Hampton, oui, le vibraphoniste, pianiste, batteur et que sais-je encore, ah oui chanteur of course. Très populaire, la Reine savait tout interpréter, du rhythm&blues au jazz. Ils ne se sont pas plantés les Frémeaux&Associés dans le choix de leur diva pour nous sortir un double coffret. C’est du sacré bon boulot ! 42 titres magiques au son très travaillé qui nous transporte et où l’on découvre des orchestres sensationnels ayants accompagnés la « Queen of the blues ». Même John Coltrane s’y est précipité. Le coffret est accompagné d’un livret en français et en anglais retraçant avec détails la vie de la diva. L’écriture de Jean Buzelin y est très agréable et pro, agrémentée de quelques photos d’époque. Une belle ballade qui nous laisser redécouvrir toutes les facettes de la reine du blues. Héloïse PREVOST - BLUES AGAIN




« Une vocaliste essentielle de la musique afro-américaine » par Soulbag

Quelle aurait été la carrière de Dinah Washington si elle n’avait brusquement disparu en 1963, à seulement 39 ans ? A l’aise dans de nombreux registres mais surtout associés au jazz, cette exceptionnelle chanteuse dégageait une telle émotion que son phrasé sensuel le rapproche sans doute plus du blues que de tout autre style. Mais pour ménager les susceptibilités (et les puristes), nous reprendrons à notre compte le propos de Patrick Frémeaux et la définirons donc comme «  la plus grande blueswoman parmi les chanteuses de jazz et la plus grande jazzwoman à chanter le blues ! » Et personne ne doute qu’il s’agit d’une vocaliste essentielle de la musique afro-américaine du siècle dernier… Le très intéressant livret bilingue (français et anglais) de 42 pages permet de bien cerner son parcours. Dès ses débuts discographiques en 1943 et durant toute sa carrière, son nom apparaît aux côtés des jazzmen les plus prestigieux de leur temps, comme en atteste la liste (non exhaustive) de ceux qui apparaissent sur ce double CD : Lionel Hampton, Charles Mingus, Cootie Williams, John Coltrane, Jimmy Cobb, Ben Webster, Max Roach, Cannonball Aderley ou encore Quincy Jones, qui fut son arrangeur et peut-être son amant… mais pas un de ses huit maris ! Face à de tels chefs-d’œuvre, prétendre ressortir des titres relèverait du ridicule. S’appuyant sur un swing omni présent, la reine Dinah se meut avec une impensable aisance dans tous les contextes et dans tous les orchestres, qu’ils soient étoffés (Gérald Wilson en 1946, Teddy Stewart en 1949, Jimmy Cobb à partir de 1952, Hal Mooney en 1955, Quincy Jones en 1956) ou plus intimistes. C’est dans ce dernier domaine, et notamment sue le second CD, qui couvre la période 1952-1957, qu’elle délivre ses blues les plus poignants. Parce qu’ils sont au firmament, certains CD mériteraient de se voir attribuer une sixième étoile, une sorte de « king size foot » ! Celui-ci en fait partie. Daniel LEON - SOULBAG




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