LETTRES DE MME DE SEVIGNE

lues par MARIE CHRISTINE BARRAULT

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Livret : 24 PAGES
Nombre de CDs : 2


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Ecoutez Madame de Sévigné interprétée par Marie-Christine Barrault (2 CD)

La première lecture d'une lettre de Mme de Sévigné remonte à 1645. La jeune Marie était âgée de dix-neuf ans. C'était chez Monsieur de Molac, gouverneur de Nantes. Depuis cette année, il est plus sage de renoncer à compter le nombre de fois où Mme de Sévigné a été dite à voix haute , mais chaque fois, c'est la même magie. Magie des mots, magie des anecdotes piquantes et magie aussi du temps aboli. Marie-Christine Barrault a su saisir tout cela. Au travers de ce choix de lettres, c'est la marquise elle même que nous sommes invités à retrouver. Par ses yeux et dans ses mots, nous revivons un peu quelques uns des grands événements du siècle, depuis le mariage manqué de la Grande Mademoiselle jusqu'au suicide de Vatel en passant par l'Affaire des Poisons… Avec elle aussi nous nous penchons sur un quotidien qui nous étonne, nous émeut, et nous partageons ses réflexions sur tout ce qui fait qu'une vie, doucement, se remplit.
Jean-Yves Patte & Claude Colombini Frémeaux

Suivi lecture : Olivier Cohen
Droits audio : Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore"
MADAME DE SÉVIGNÉ

MADAME DE SÉVIGNÉ
Lettres lues par Marie-Christine Barrault










Je ne sais si l'on pourra jamais mettre dans les lettres plus d'esprit, plus de tour, plus d'agrément et plus de style que l'on en voit dans celles de [Guez de] Balzac ou de Voiture  ; elles sont vides de sentiments qui n'ont régnés que depuis leur temps, et qui doivent aux femmes leur naissance. Ce sexe va plus loin que le nôtre dans ce génie d'écrire. Elles trouvent sous leur plume des tours, des expressions qui souvent en nous ne sont l'effet que d'un long travail et d'une pénible recherche ; elles sont heureuses dans le choix des termes, qu'elles placent si juste, que, tout connus qu'ils sont, ils ont le charme de la nouveauté, semblent être faits seulement pour l'usage où elles les mettent ; il n'appartient qu'à elles de faire lire dans un seul mot tout un sentiment, et de rendre délicatement une pensée qui est délicate  ; elles ont un enchaînement de discours inimitable, qui se suit naturellement, et qui n'est lié que par le sens. Si les femmes étaient toujours correctes, j'oserai dire que les lettres de quelques-unes d'entre elles seraient peut-être ce que nous avons dans notre langue de mieux écrit.
La Bruyère, Caractères

Madame de Sévigné
Marie de Rabutin-Chantal voit le jour à Paris, Place Royale (Place des Vosges) en plein cœur du Marais le 5 février 1626. Mais la future marquise de Sévigné, passe aux yeux de ses parents bourguignons, les Rabutin-Chantal, pour le fruit d'une mésalliance. En effet, Marie de Coulanges ne devait sa très récente noblesse qu'à la finance… et malgré les gros besoins d'argent de la famille Rabutin, presque ruinée, cet arrangement reste une tache. Marie de Rabutin-Chantal reste dans le Marais, alors très mondain et joyeux, une douzaine d'années. C'est une période marquée des joies au sein d'une famille heureuse, mais ternie de lourds chagrins. Après avoir perdu son père, en 1627, presque au lendemain de sa naissance, lors d'une bataille où les armées du Roi de France repoussent les anglais protestants, elle voit mourir sa mère l'année de ses sept ans, puis, un an après sa grand-mère Marie de Bèze et son grand-père Philippe de Coulanges, qui fut son premier tuteur après la mort de son père, en 1636. Elle devient soudain l'une des plus riches héritières du Marais que sa grand-mère bourguignonne, la future sainte Jeanne de Chantal, a la sagesse de ne pas arracher de Paris, de sa famille maternelle où elle est élevée aux côtés d'oncles et de cousins de son âge.

En 1644, la jeune Marie de Rabutin, va faire ses premiers pas dans le Monde. Le 5 avril, dans l'église des Minimes, en présence de la Reine, elle a l'honneur de faire la quête… Désormais, la jeune et jolie demoiselle de Rabutin-Chantal, âgée de dix-huit ans, est un parti recherché. Quelques mois plus tard, par l'entremise de Louis-François-Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, Marie est fiancée au jeune marquis Henri de Sévigné issu d'une grande famille de Bretagne et… couvert de dettes. Une fois de plus la finance vient au secours de la noblesse. Une fois de plus les Rabutin trouvent à redire. Toutefois, le mariage est célébré le 4 août 1644 en l'église Saint Gervais à deux heures du matin… Puis les jeunes époux partent pour le château des Rochers, la demeure familiale bretonne. Jusqu'en 1650, ils partagent leur temps entre la Bretagne et Paris, où ils demeurent rue des Lions. On y mène joyeuse vie au milieu de nombreux amis et parents, tel le comte de Bussy-Rabutin. Un soir d'octobre 1646, dans cette maison parisienne, Madame de Sévigné donne naissance à sa fille Françoise-Marguerite, la future comtesse de Grignan, puis, un an et demi plus tard, en mars 1648, aux Rochers, elle met au monde Charles, dont la postérité retiendra la vie libertine puis son austère conversion. Mais Henri déjà fort mauvais gestionnaire, se croit, depuis qu'il peut compter sur les biens de son épouse, dispensé de compter. Devant ses  dépenses démesurées — qu'il aggrave auprès de ses maîtresses —, Madame de Sévigné, en 1650, demande la séparation de biens. Puis elle part pour les Rochers, et entend reprendre son indépendance. "Monsieur de Sévigné m'estime et ne m'aime point, je l'aime et ne l'estime point". Elle ne le reverra pas vivant. Le 6 février 1651, à peine âgé de vingt-huit ans, Henri meurt après s'être battu en duel contre le chevalier d'Albret son rival auprès de l'inconstante Lolo.

Marie de Sévigné se retrouve alors dans une situation financière difficile, il lui faut faire des économies. Et les temps ont changé aussi. Désormais, c'est en femme seule qu'elle doit aborder le monde. Seule et convoitée, mais en femme déterminée à ne pas se perdre, à conserver sa liberté. Alors, elle multiplie ses voyages, marquant hautement son indépendance, ne reste pas où le monde l'attend, va chez ses amis, va en Bourgogne, auprès de la Grande Mademoiselle à Saint Fargeau, continue son chemin, joue de sa liberté. A Paris aussi elle marque son indépendance d'esprit. Plutôt que de se perdre toujours dans les salons mondains, elle court les société savantes, et recherche ce qui pique sa curiosité. Elle se rend à Hôtel de Montmor, où se tient une véritable académie des sciences qui préfigure celle fondée en 1666, et profite des brillantes causeries de Chapelain, Ménage, Guy Patin, s'intéresse encore aux travaux de Huyghens et de Roberval. Elle va aussi entendre des dissertations métaphysiques et littéraires, et s'initier aux travaux de Descartes, ou à l'esprit caustique de Molière qui fait des lectures de son Tartuffe, interdit de représentation. Sa vie s'écoule ainsi sereinement, entre les plaisirs de la ville et ceux de la Cour où elle a ses entrées. A ses côtés sa fille tant aimée devient à son tour une jeune fille pour qui il faut songer à trouver un parti. En décembre 1668, le choix est arrêté sur le comte de Grignan. Le 27 janvier 1669, le contrat de mariage est signé et le 29 janvier, cette union est célébrée dans l'Église Saint Nicolas des Champs.

Madame de Sévigné croit enfin toucher au bonheur sans nuage. Bientôt le Roi honore Monsieur de Grignan d'une charge éclatante : le comte est nommé Lieutenant-Général pour le Roi et devient ainsi le seul représentant du souverain en Provence. Mais cette nouvelle heureuse cache de le drame de la vie de Mme de Sévigné. Il porte en lui le germe de la séparation de Mme de Sévigné d'avec Françoise-Marguerite, "la plus belle femme de France", sa fille tant aimée. Cette séparation imminente attendra la naissance de sa petite-fille Marie-Blanche, le lundi 15 novembre 1670 et le rétablissement complet de sa mère en vue d'un si long voyage. Le 4 février 1671, la comtesse va rejoindre son époux en Provence, et laisse Marie-Blanche, qui n'a que deux mois et demi, aux bons soins de sa grand-mère. La marquise vit cette séparation comme un arrachement. Alors pour tromper ses tourments de mère folle de douleur, elle reprend avec rage ses voyages et ses visites. Désormais, avec sa correspondance, ils seront toute sa vie. Car à Paris il n'y a plus rien, et la vie n'y est vraiment belle que lorsque sa fille y vient ! C'est pourquoi en 1677, elle emménage à l'Hôtel Carnavalet : il sera assez grand pour recevoir toute la famille de Grignan qui vient, enfin, en novembre ! Ils y resteront, malgré de nombreux voyages en Provence, jusqu'en 1688. Cette vaste maison semble devenir le lieu idéal qui symbolise l'unité retrouvée. Madame de Sévigné s'y plaît tant, aux côtés de sa fille, qu'elle ne se déplace même pas, le 8 février 1684, pour aller assister au mariage de son fils Charles avec Marguerite de Mauron !


Après 1688, les voyages continuent. Elle renoue avec ses séjours en Bretagne, ses visites en Bourgogne, des cures et des retrouvailles à Paris comme en Provence… En janvier 1695, Madame de Sévigné est à Grignan. Elle assiste au mariage de son petit-fils. Faisant fi de ses soixante-dix ans, elle va, en compagnie de son gendre, à Marseille, passe encore par le couvent de Sainte-Marie où elle retrouve sa petite-fille Marie-Blanche et est enfin de retour à Grignan pour le mariage de Pauline avec Louis de Simiane, en novembre. Cependant les fatigues de tant de route, des fêtes, l'épuisent à la longue. Et surtout son cœur de mère est inquiet. Sa fille, est malade "attaquée de fièvres". Alors elle trouve d'ultimes forces, puisées dans son amour maternel pour soigner Madame de Grignan six mois durant. Se dépensant sans compter nuit et jour, sans souci d'elle même, elle est à son tour atteinte et se sent de plus en plus faible. Voyant que son état est sans espoir, elle refuse les visites d'affection des siens, pour lesquels elle craint une possible contagion. Elle refuse même les visites de sa chère fille, encore très faible, pour laquelle elle redoute une rechute. Elle ne désire que les secours de la Religion, ne souhaite plus que s'accorder qu'avec Dieu. C'est dans ce sentiment qu'elle meurt le 27 avril 1696, après quatorze jours de maladie.
Jean-Yves PATTE
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS - GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2002

Les Lettres de Madame de Sévigné, missives d’histoire
La correspondance de Madame de Sévigné est abondante et généreuse ; vers sa fille bien sûr, mais aussi vers ses amis et ses parents qui aiment ses lettres vives et pleines d'esprit. Mais d'épistolière à femme de lettres, il y a un pas que Mme de Sévigné ne franchira jamais elle-même. Car pas un instant elle n'a souhaité que ces mots destinés à ses seuls amis, soient offerts au public. C'est presque par accident que Madame de Sévigné naît à la littérature. Sa fortune est d'avoir pour parent Bussy-Rabutin, membre de l'Académie française, qui en exil en Bourgogne depuis 1665 veut tromper sa solitude. Alors il compile sans cesse les lettres envoyées et celles reçues, dont celles de sa cousine, et parfois en recopie (plus ou moins fidèlement) des extraits pour d'autres correspondants. Puis il se sert encore d'extraits pour agrémenter ses Mémoires, et toutes sortes d'ouvrages qu'il destine au Roi afin de rentrer en grâce… Car il sait bien que depuis 1661, depuis l'arrestation de Foucquet, chez qui on a trouvé des lettres d'amitié — et non d'intérêt ou de complots comme tant d'autres— de sa cousine, les lettres Mme de Sévigné jouissent de la très honorable réputation d'avoir distrait le Roi. Il veut donc profiter de cette bonne disposition pour, une fois de plus, exposer sa peine… En 1680, Bussy publie donc quelques extraits. C'est le commencement de la réputation de fine épistolière de Madame de Sévigné. Elle court le monde, les salons et les ruelles et bientôt ravi la gloire de son cousin… Curieux renversement des choses !

Mais les choses en restent là durant de longues années. Lorsque Bussy meurt en 1693, Mme de Sévigné ne se soucie guère de savoir ce que vont devenir les lettres envoyées à son cousin. Puis Mme de Sévigné disparaît à son tour en 1696… Dès 1697, les enfants de Bussy, Louise de Coligny et son frère Aimé-Nicolas, reprennent les différents manuscrits de leur père et les font éditer. On découvre ainsi de nouvelles lettres de Madame de Sévigné… et les lecteurs demandent de nouvelles lettres de la marquise. En 1725, l'édition d'une plaquette de vingt-huit lettres ajoute à sa célébrité. Le charme des lettres de Mme de Sévigné réside dans leur naturel unanimement apprécié. Mais la gloire posthume qui rattrape Madame de Sévigné, n'est pas du goût de sa petite-fille Pauline de Simiane. Elle ne veut pas laisser galvauder son génie, ni permettre des indiscrétions familiales ou amicales, et encore moins laisser s'ébruiter le souvenir de quelques petites disputes ! Elle charge alors le chevalier Denis-Marius Perrin de l'impression des lettres en sa possession. Perrin sera chargé d'expurger tout détail qui lui semblera trop intime ou trop confidentiel. Des passages entiers sont biffés, d'autres réécrits. Les lettres originales ont ensuite été détruites afin qu'il ne reste nulle trace des affaires privées évoquées par la marquise…Le XIXe siècle, voit de nouvelles éditions enrichies de quelques découvertes, mais c'est surtout au XXe siècle que l'érudition arrache Madame de Sévigné au romantisme aimable dans lequel elle paraissait figée. Au travers d'elle, au travers du crible de la critique historique, c'est le XVIIe siècle qui revit. Ses narrations rencontrent l'histoire aussi bien que les mœurs de ses contemporains. Elle humanise les acteurs de ce siècle qui partout se définit comme Grand. Écrivant durant presque cinquante ans, au fil de ses émotions elle livre ses humeurs quotidiennes, ses préoccupations, ses avis, sans souci de recul, sans perspective historique. Pendant près de vingt ans, pour sa fille elle tire de son cœur jusqu'à deux courriers par semaine, interrompue seulement lors de quelques retrouvailles, toujours trop brèves à ses yeux de mère. Pour ses amis encore, plusieurs missives hebdomadaires sortent de sa plume. "Vous louez tellement mes lettres au-dessus de leur mérite que, si je n'étais fort assurée que vous ne les refeuilletterez ni ne les relirez jamais, je craindrais tout d'un coup de me voir imprimée par la trahison d'un de mes amis. Voiture et Nicole, bon Dieu, quels noms ! et qu'est-ce que vous dites, ma chère enfant ? Comme j'espère que vous ne ferez pas imprimer mes lettres ! "
Jean-Yves PATTE
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS - GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2002

Repères biographiques
1596  Naissance de Celse-Bénigne de Chantal, père de Madame de Sévigné († 1627)
1603  Naissance de Marie de Coulanges, mère de Madame de Sévigné († 1633)
1606  Naissance de  Corneille († 1684)
1610  Jeanne de Chantal, grand mère de Mme de Sévigné, fonde l'ordre de la Visitation à Annecy (1572 - 1641)
1618  Naissance de Roger de Bussy-Rabutin, cousin de Madame de Sévigné
1622  Naissance de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière († 1673)
1624  Naissance de Henri de Sévigné, futur époux de Madame de Sévigné (16 mars)
1626   Naissance de Marie de Rabutin-Chantal, future madame de Sévigné
1632   Naissance à Grignan d'Adhémar de Monteil, futur comte de Grignan et époux de Françoise de Sévigné, fille de Madame de Sévigné
1634  Naissance de Madame de Lafayette († 1692)
1635  La France déclare la guerre à l'Espagne
1636  Naissance de Boileau († 1711)
1638  Naissance de Louis XIV
1639  Naissance de Racine († 1699)
1642  Mort de Richelieu (né en 1585)
1643  Mort de Louis XIII (né en 1610)
1644  Mariage de Marie de Rabutin-Chantal et Henri de Sévigné (4 août)
1645  Naissance de La Bruyère († 1696)
1646  Naissance de Françoise-Marguerite de Sévigné,  future Madame de Grignan
1648  Naissance de Charles de Sévigné, au Château des Rochers en Bretagne /   Début de la Fronde Parlementaire /   13 septembre, le Roi, la Reine et Mazarin quittent Paris /   30 octobre, retour de la Cour à Paris
1649  Blocus de Paris et guerres de la Fronde des Grands /  La Cour quitte Paris pour Saint-Germain en Laye, elle ne rentrera dans la capitale que le 30 octobre
1650  Henri de Sévigné achète la Gouvernement de Fougères, grâce à la caution de son épouse /   Début de la seconde guerre de la Fronde /   Mort de Descartes (né en 1596)
1651  Henri de Sévigné meurt d'une blessure reçue lors d'un duel (4 février) contre le chevalier d'Albret, pour Madame de Gondran, sa maîtresse.
1652  Retour de la Cour à Paris
1653  Foucquet est nommé surintendant des Finances
1660  Mariage de Louis XIV
1661  Fêtes de Vaux et arrestation de Foucquet
1662  Mort de Pascal (né en 1623)
1663  Madame de Sévigné danse à la Cour le ballet des Amours Déguisés (16 février) / Madame de Sévigné et sa fille assistent aux fêtes des Plaisirs de l'Isle Enchantée (7 mai) /   Condamnation de Foucquet
1665  Françoise de Sévigné danse à la Cour le ballet de La Naissance de Vénus
1668  Madame de Sévigné et sa fille mangent à la table du Roi (18 juillet)
1669  Mariage de Françoise de Sévigné et François de Grignan (29 janvier)
1670  Le comte de Grignan quitte Paris pour la Provence /   Naissance de Marie-Blanche de Grignan, petite fille de Madame de Sévigné
1671  Départ de Madame de Grignan pour la Provence
1672  Guerre de Hollande
1674  Naissance de Pauline, future marquise de Simiane - petite fille de la marquise - (9 septembre)
1676  Début de l'Affaire des Poisons, arrestation de La Brinvilliers /   Madame de Sévigné part en cure pour Vichy
1677  Madame de Sévigné emménage à l'hôtel Carnavalet
1684  Mariage secret de Louis XIV et Madame de Maintenon
1685  Révocation de l'Édit de Nantes
1694  Madame de Grignan part en Provence, et Madame de Sévigné l'y rejoindra en mai. Elle y reste pour soigner sa fille malade.
1696  17 avril, mort de Madame de Sévigné à Grignan
1725  Première édition des lettres de Madame de Sévigné

Lettres de Madame de Sévigné lues par Marie-Christine Barrault
DISCOGRAPHIE CD1
1. Au comte de Bussy-Rabutin, Les Rochers, le dimanche 15 mars 1648.  1’11
La première lettre connue de Mme de Sévigné donne le ton charmant et très libre de toute sa correspondance qui est restée la plus fameuse. Non seulement pour les informations qu'on y trouve, mais surtout pour la beauté du style de la langue classique alors à son apogée.

2. A Mme de Lafayette, Paris, le mardi 24 juillet 1657. 1’32
 Mme de Lafayette sera la grande amie de Mme de Sévigné tout au long de sa vie. Elles échangent aussi bien des propos légers et des "potins du monde" — comme ici — que des vue plus profondes.

3. Au comte de Bussy-Rabutin, Paris, le mardi 4 décembre 1668. 3’20
 Mme de Sévigné annonce à son cousin le mariage de sa fille Françoise-Marguerite. Ce dernier la surnommait affectueusement "la plus jolie fille de France"…!

4. A M. de Coulanges, Paris, le lundi 13 décembre 1670. 2’54
 Dans cette lettre fameuse, Mme de Sévigné se fait l'écho de l'annonce du mariage que Mademoiselle — la Grande Mademoiselle — aurait du contracter avec Lauzun, une affaire qui émeut la ville comme bien sûr la Cour et sera révélatrice de bien des cruautés et des rancœurs politiques.

5. A Mme de Grignan, Paris, le vendredi 6 février 1671. 2’11
 Madame de Grignan vient de quitter Paris pour rejoindre Monsieur de Grignan en Provence. C'est une douleur terrible pour Mme de Sévigné. Ce jour marque le commencement de la plus célèbre correspondance du XVIIe siècle.

6. A Mme de Grignan, Paris, le vendredi 13 mars 1671. 4’25
 Cette lettre est un billet d'humeur qui nous renseigne sur les pratiques médicales, les usages à la cour et du monde. Pèle mêle, ce qui fait tout le charme de ces lettres si semblables à des conversations, se trouvent. En outre les dernières frasques de Charles de Sévigné auprès de la belle Ninon de Lenclos (qui avait déjà séduit son père) et la fréquentation des offices où les meilleurs prédicateurs édifient les fidèles viennent compléter le tableau de la vie des aristocrates aisés de Paris. 

7. A Mme de Grignan, Saint-Germain [en Laye], le lundi 30 mars 1671. 2’04
 Les petites histoire de la Cour, les drames des préséances font aujourd'hui la joie des historiens, comme autrefois toutes ces histoires faisaient la joie des mauvaises langues !

8. A Mme de Grignan, Paris, le Dimanche 26 avril 1671. 3’44
 Cette lettre est l'une des plus célèbres de l'histoire. Elle relate par le menu la fête de Chantilly à l'issue de laquelle François Vatel "perdu d'honneur" s'est donné la mort…

9. A Coulanges, Les Rochers, le mercredi 22 juillet 1671. 2’37
 Une lettre toute imprégnée de plaisirs champêtre. Sans doute l'une des première, annonciatrice de la vogue pour le naturel qui dominera le XVIIIe siècle. Mais c'est aussi une leçon d'art de vivre qui relate les rapports entre les maîtres et les domestiques, et encore une vue subtile sur tout ce qui fait la différence entre l'aristocratie des villes et l'aristocratie des champs sur laquelle il est facile de "l'emporter d'une grande hauteur"…

10. A Mme de Grignan, Les Rochers, le dimanche 18 octobre 1671. 2’05
 Il n’est besoin de pas ajouter grand chose : c’est la lettre d’une mère inquiète à son gendre… c'est aussi une lettre curieuse sur l'amour d'un couple où, malgré tous les arrangements qui ont préludé au mariage, un sentiment amoureux a pu naître… chose bien rare en de pareilles circonstances !

11. A Mme de Grignan, Paris, le 9 mars 1672. 10’34
 Il n'est besoin de pas ajouter grand chose : c'est la lettre d'une mère inquiète le mercredi 9 mars 1672.  Là encore, une lettre qui ressemble à un salon. On assure que souvent Mme de Sévigné a rapporté les conversations de ses amis. Il y a ici de quoi être édifié : quelques propos de cour sur les malheurs du jeux, quelques phrases du cardinal de Retz, un peu de Corneille, du Boileau-Despréaux… et du Molière par dessus tout ! Sans compter quelques parents et amis proches qui passent tous pour des beaux esprits, surtout le remarquable Coulanges… Et puis des lectures, et encore et surtout une tendre affection toujours inquiète…

12. A Mme de Grignan, Orléans, le mercredi 11 septembre 1675. 5’37
 Des histoires toujours, mais de celles de la Cour. Les amours du Roi, les déchirures d'avec Mme de Montespan… Il est vrai que Mme de Sévigné, sans être astreinte à une vie de Cour, y a ses entrées… et donc ses sources particulières !

13. A Mme de Grignan, "sur un bateau" [sur la Loire entre Orléans et Nantes], le mardi 17 septembre 1675.  3’08
 L'art de conter son ennui avec drôlerie… un art si fort qu'on aurait envie d'être du voyage.

14. A Mme de Grignan, Les Rochers, le mercredi 13 novembre 1675. 12’39
 Mme de Sévigné, insensiblement, a pris le goût d'écrire ses lettres sur plusieurs jours. Elles finissent par ressembler à des gazettes ou tous les événements se bousculent. Ces lettres si longues donnent aussi le reflet de l'âme de Mme de Sévigné. Celle-ci est un bel essai sur la solitude et l'ennui mélancolique qui est son accompagnateur ordinaire.

DISCOGRAPHIE CD2
1. A Mme de Grignan, Paris, le vendredi 17 juillet 1676. 2’27

2. A la même, Paris, le mercredi 22 juillet 1676.  6’22
 Voici la terrible Affaire des Poisons, l'affaire de la Brinvilliers qui a secoué si fort le royaume et fait trembler bien des courtisans. Voici aussi un aperçu de la justice royale dans ses archaïsmes… dit presque en badinant, ce qui aussi en dit long sur les mentalités. Quelques mots de médecine enfin et les effets escomptés des cures, puis de l'affection encore.

3. A Mme de Grignan, Gien, le vendredi 1 octobre 1677. 3’26
 Après un périple sur l'eau, voici les expéditions par la route. Mme de Sévigné a tellement roulé que ses seules lettres renseignent aussi bien qu'un traité sur l'art consacré à l'art de voyager !

4.  A Mme de Grignan, Autruy, le lundi 4 octobre 1677.  5’28

5. A la même, Paris, le jeudi 7 octobre 1677.  2’50
 "C'était à un mort que j'écrivais". Quelques réflexions métaphysiques, quelques réflexions dur les effets de la Providence, quelques remarques sur l'installation de la plus célèbre demeure de Mme de Sévigné, celle qui porte à tout jamais son souvenir parisien : l'Hôtel Carnavalet.

6. A Mme de Grignan, Paris, le mardi 12 octobre 1677.  8’11
 Des petites histoires pour entourer la grande : Mme de Grignan va venir à Paris. Voici donc l'explication du déménagement vers le grand Hôtel de Carnavelet, et voici la clef de tout le tracas…!

7. A Mme de Grignan, Paris, le vendredi 23 fevrier 1680. 7’45
 L'autre grande affaire depuis l'Affaire des Poisons de 1676… La Voisin "célèbre par ses crimes et son impiété" va être brûlée. Mme de Sévigné est aux premières loges de cet étrange spectacle.

8. A Mme de Grignan, Bourbon [l'Archambaut], le samedi 27 septembre 1687.  3’38
 L'emploi du temps des curistes du XVIIe siècle. ressemble à s'y méprendre à celui des curistes d'aujourd'hui !

9. A Mme de Grignan, Paris, le lundi 21 fevrier 1689.  4’40
 Mme de Sévigné est reçue à Saint-Cyr, l'institution d'éducation pour jeunes filles de l'aristocratie fondée par Mme de Maintenon. Elle va assister à une représentation d'Esther de Racine. Transports émerveillement, mais surtout succès inespéré, non pour la pièce mais pour Mme de Sévigné : le roi lui a adressé la parole !

10. A Mme de Guitant, Paris, le mercredi 3 juin 1689.    3’33
 Mme de La Fayette est morte. Mme de Sévigné perd sa plus grande amie. Toutes les réflexions qu'elle fait, au delà de la douleur, portent la marque d'un sentiment nouveau au XVIIe siècle. celui de l'amitié pure. 

11. A M. de Coulanges, Grignan, le jeudi 29 mars 1696. 1’56
 Le 17 avril Mme de Sévigné ne sera plus. Tous redoutent sa mort qui paraît imminente car elle est très faible après avoir veillé sans relâche sa fille malade. Toutefois ses pensées sont encore pour les siens, ses amis, sa fille. Dans quelques jours pourtant, elle va s'imposer la plus austère des retraites, se couper du monde pour se préparer à trouver le seul amour qui puisse lui faire accepter de se séparer de sa fille : l'amour de Dieu.
Jean-Yves PATTE
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS - GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2002

Ecouter MADAME DE SÉVIGNÉ - Lettres lues par Marie-Christine Barrault (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 LETTRE DIMANCHE 15 MARS 1648 - BARRAULT01'11
02 LETTRE MARDI 24 JUILLET 1657 - BARRAULT01'32
03 LETTRE MARDI 4 DECEMBRE 1668 - BARRAULT03'20
04 LETTRE LUNDI 13 DECEMBRE 1670 - BARRAULT02'54
05 LETTRE VENDREDI 6 FEVRIER 1671 - BARRAULT02'11
06 LETTRE VENDREDI 13 MARS 1671 - BARRAULT04'25
07 LETTRE LUNDI 30 MARS 1671 - BARRAULT02'04
08 LETTRE DIMANCHE 26 AVRIL 1671 - BARRAULT03'44
09 LETTRE MERCREDI 11 SEPTEMBRE 1675 - BARRAULT05'37
10 LETTRE MARDI 17 SEPTEMBRE 1675 - BARRAULT03'08
11 LETTRE MERCREDI 13 NOVEMBRE 1675 - BARRAULT12'39
12 LETTRE VENDREDI 17 JUILLET 1676 - BARRAULT02'27
13 LETTRE DIMANCHE 18 OCTOBRE 1671 - BARRAULT02'05
14 LETTRE VENDREDI 1 OCTOBRE 1677 - BARRAULT03'26
15 LETTRE PARIS 9 MARS 1672 - BARRAULT10'34
CD 2
01 LETTRE LUNDI 4 OCTOBRE 1677 - BARRAULT05'28
02 LETTRE JEUDI 7 OCTOBRE 1677 - BARRAULT02'50
03 LETTRE MARDI 12 OCTOBRE 1677 - BARRAULT08'11
04 LETTRE VENDREDI 23 FEVRIER 1680 - BARRAULT07'45
05 LETTRE SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1687 - BARRAULT03'38
06 LETTRE LUNDI 21 FEVRIER 1689 - BARRAULT04'40
07 LETTRE MERCREDI 3 JUIN 1689 - BARRAULT03'33
08 LETTRE JEUDI 29 MARS 1696 - BARRAULT01'56
09 LETTRE MERCREDI 22 JUILLET 1671 - BARRAULT02'37
10 LETTRE MERCREDI 22 JUILLET 1676 - BARRAULT06'22
« A la fois auteur et femme de caractère » par Écouter voir

Le personnage de la Marquise de Sévigné séduit : à la fois auteur et femme de caractère, épistolière et noble de cour…Un roman à elle seule, une femme d’histoire et dans l’Histoire. Les lettres de Madame de Sévigné possèdent deux grandes qualités : elles sont un chef d’œuvre de la littérature féminine et renseignent sur toute une période du XVIIIe siècle : de 1645 à 1696 environs. Depuis cette époque, ses lettres n’ont pas cessé d’être éditées, transmises et lues par un public de plus en plus large. Une renommée internationale auréole même la marquise. Marie Christine Barrault, avec sa délicatesse coutumière rend fort bien le climat contextuel et le ton de Madame de Sévigné, à laquelle, d’ailleurs, on finit par l’identifier un peu dans une théâtralisation orale de la chose fort réussie. Cet enregistrement littéraire est tout à fait cohérent et séduira les amateurs du grand siècle. Le livret fournit des repères biographiques.
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« Un talent exceptionnel de chroniqueuse» par Notes Bibliographiques

Marie de Rabutin-Chantal est, à 16 ans, capable de lire dans le texte Saint Augutin, Dante, Pétrarque et Cervantès. A 18 ans elle épouse, pour son malheur, le marquis de Sévigné, un noceur, qui se fait tuer en duel, la laissant veuve à 25 ans, jeune, belle et sage. Elle se consacre à l’éducation de ses deux enfants, s’attachant tout particulièrement à sa fille, la future Madame de Grignan, la principale destinataire de ses missives. Si la première lettre connue d’elle date de 1645, la dernière est écrite l’année de sa mort, en 1696. Depuis trois siècles, elles font l’admiration de tous les lecteurs. La Marquise y manifeste une joie de vivre, une délicatesse de sentiments sans égal, servies par un talent exceptionnel de chroniqueuse. Marie Christine Barrault lit ces 19 lettres sur un tempo rapide, avec une justesse de ton exemplaire. C’est un vrai privilège de pouvoir, avec elles, évoquer la mort de Vatel, le supplice de la Brinvilliers, l’annonce (prématurée) du mariage de Mademoiselle. On en redemanderait ! Biographie, discographie et étude critique sur le livret joint.
MH – NOTES BIBLIOGRAPHIQUES




Propos de Marie-Christine Barrault dans Le Nouvel Observateur

Des lectures ? Elle en faisait déjà quand ce n’était pas à la mode. Comme au Festival d’Avignon où Claude Santelli avait inauguré la série des « Textes nus » : « Le mot « nu » est très important parce que celui ou celle qui lit est confronté à l’absence de décor et d’effets de lumière ». […] Propos de Marie-Christine BARRAULT recueillis par Bernard GENIES - LE NOUVEL OBSERVATEUR




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