DON QUICHOTTE - MIGUEL DE CERVANTES

Lu par JEAN PIERRE CASSEL

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Livret : 24 PAGES
Nombre de CDs : 4


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Don Quichotte dans la nouvelle traduction d'Aline Schulman interprété en 4 CD par Jean Pierre Cassel.

"Le roman de Cervantès est composé essentiellement de dialogues. C'est la grande oeuvre espagnole qu'on lit à voix haute. Jean-Pierre Cassel nous offre pour la première fois sur disque une interprétation de cette écriture orale."
Claude Colombini

Que nous importe aujourd’hui les chevaliers errants et la chevalerie ! Si le roman de Cervantès n’était que l’histoire d’un chevalier, si l’auteur n’avait eu en tête que de tourner en dérision les coutumes de la chevalerie médiévale et la mode littéraire des romans de chevalerie, son livre n’aurait pas gardé, à travers quatre siècles, tant de vivacité et d’allégresse et don Quichotte ne serait pas le personnage le plus populaire de la littérature occidentale.
Don Quichotte, aujourd’hui, est devenu un mythe, un mythe doté d’une silhouette reconnaissable entre toutes, à la fois pitoyable, ridicule, et pleine de grandeur. Cependant, si, depuis plus de quatre cents ans, on rit de don Quichotte ou on s’étonne de sa sagesse, si on s’esclaffe des ruses ou des naïvetés de Sancho, c’est avant tout parce que Cervantès a su trouver un style vif, aisé pour présenter ses personnages autant que pour les faire parler.
Rappelons ce paradoxe : une grande partie des lecteurs du Don Quichotte, à l’époque où le livre est écrit, sont analphabètes. Mais on le lit à voix haute un peu partout.
Ce roman s’y prête. De plus, il est fait à 90% de dialogues. C’est dire si le langage parlé est omniprésent. Toutes les classes sociales sont représentées et cette variété de langage donne au livre sa dimension d’oralité vivante. Si Don Quichotte est un succès, c’est bien parce que Cervantès a su rompre avec la prose littéraire de son temps et inaugurer une écriture orale qui annonce, dans sa vitalité et son audace langagière, le roman moderne.
Aline Schulman (Auteur de la nouvelle traduction chez Le Seuil).

"Retraduire Don Quichotte, c'est tenter de redonner au lecteur d'aujourd'hui le même plaisir et la même passion qu’éprouvèrent les lecteurs contemporains de Cervantès. En restituant l’originalité des dialogues et des jeux de mots, en faisant rebondir l’aventure qui, pour la première fois dans l’histoire littéraire, va et vient entre réalité et fiction, en rendant à Sancho sa dimension de personnage, avec une voix et une langue qui lui sont propres, Aline Schulman fait tout à coup surgir la merveilleuse modernité du Quichotte enfouie sous un palimpseste de traductions archaïques. Par-là même elle reste fidèle à l’esthétique de Cervantès et réconcilie, à 400 ans de distance, les deux termes indispensables à toute littérature : l’auteur et le lecteur."
Patrick Frémeaux

Suivi lecture : Olivier Cohen
Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - La Librairie Sonore en accord avec Le Seuil.

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DON QUICHOTTE Cervantes

DON QUICHOTTE
de Cervantès 

lu par JEAN-PIERRE CASSEL 





Que nous importe aujourd’hui les chevaliers errants et la chevalerie! Si le roman de Cervantès n’était que l’histoire d’un chevalier, si l’auteur n’avait eu en tête que de tourner en dérision les coutumes de la chevalerie médiévale et la mode littéraire des romans de  chevalerie, son livre n’aurait pas gardé, à travers quatre siècles, tant de vivacité et d’allégresse et don Quichotte ne serait pas le personnage le plus populaire de la littérature occidentale, au point d’apparaître dans les dictionnaires de langue française comme un nom commun et aussi un adjectif. Ne dit-on pas d’un individu idéaliste qu’il est un don quichotte, ou encore qu’il est donquichottesque?  Don Quichotte, aujourd’hui, est devenu un mythe, un mythe doté d’une silhouette reconnaissable entre toutes, à la fois pitoyable, ridicule, et pleine de grandeur, celle qu’ont immortalisée Gustave Doré, Daumier et Picasso, pour ne citer que les plus célèbres : toujours bien droit sur son maigrissime cheval Rossinante, armé de sa lance pourfendeuse de géants, et accompagné de Sancho,  l’inévitable écuyer, aussi rond et tassé sur son âne que son maître est long  sur sa monture. Le mythe a pris le pas sur le roman, le personnage sur l’auteur qui lui a donné naissance. Don Quichotte, tout le monde connaît; mais qui connaît Cervantès? Cervantès, né à Alcala de Henares, non loin de Madrid, en 1547, quitte l’Espagne dès 1569 pour tenter fortune dans la carrière des armes. Il participe entre autres, sous les ordres de don Juan d’Autriche, frère du roi d’Espagne et commandant en chef de la flotte de la Sainte Ligue, à la célèbre bataille navale de Lépante, en 1571, qui mit l’Occident chrétien à l’abri de la menace turque. Il y reçoit un coup d’arquebuse qui lui ôte l’usage de la main gauche : d’où son surnom de “manchot de Lépante”. Devenu inapte au service, il retourne en Espagne lorsque, au large des côtes catalanes,  sa galère est arraisonnée par des pirates barbaresques. Cela lui vaudra cinq ans de captivité à Alger, entre 1575 et 1580, le temps qu’il faut à ses proches pour réunir la rançon nécessaire à son rachat, et pour lui, de s’imprégner des mœurs et d’une culture beaucoup plus ouverte et tolérante que ne l’était l’Espagne de Philipe II, puis de Philippe III.  

De retour à Madrid, il s’essaye, non sans succès, au théâtre et au roman pastoral. Mais sa véritable entrée, tardive, dans la litté­rature, il la fera après un long silence de plus de vingt années, pendant lequel on le retrouve sur les routes d’Andalousie, en qualité de commissaire aux vivres -il est chargé en particulier du ravitaillement de l’Invincible Armada, puis de collecteur d’impôts, ce qui lui vaudra d’être emprisonné  à Séville après des démêlés avec le Trésor Public. En 1605 paraît à Madrid la Première Partie de L’ingénieux hidalgo don Quichotte de la Manche. Le succès est immédiat. Deux mois après la sortie de l’ouvrage, une deuxième édition voit le jour, et ainsi de suite; au total, cinq éditions la même année. Le premier best-seller de l’histoire de l’édition, le livre le plus lu après la Bible, dit-on, vient de voir le jour. Dix ans plus tard, en 1605, la Deuxième Partie de Don Quichotte de la Manche connaît un égal succès. Dans l’Europe entière, c’est l’engouement: les traductions se multiplient, en anglais, en français, en italien, portugais. “Je tiens pour certain (dit, dans la Deuxième Partie, un des personnages du livre) qu’au jour d’aujourd’hui on a imprimé plus de douze mille exemplaires de cette histoire. Sinon, qu’on le demande à Lisbonne, à Barcelone, à Valence où les éditions se sont faites, et on dit même qu’elle s’imprime maintenant à Anvers. Quant à moi,  j’imagine qu’il n’y aura bientôt ni peuple ni langue où l’on n’en fasse bientôt la traduction.”     

De cet auteur à succès, qui, malgré son renom, continuera de tirer le diable par la queue jusqu’à la fin de sa vie, en 1516, nous n’avons qu’un portrait douteux. Aucun spécialiste en la matière n’a jamais osé affirmer que ce fût vraiment lui: visage affiné et mine sévère, on le croirait sorti de “L’enterrement du comte d’Orgaz”, ce tableau du Gréco, dont il était lui-même un admirateur fervent. Nous avons aussi quelques lignes tirées de la préface de son roman, et qui nous le montrent au travail : “Le papier devant moi, la plume sur l’oreille, le coude sur la table, et la joue dans la main, pensant à ce que j’allais dire”. De la rédaction de l’ouvrage, nous savons moins encore. A-t-il été, comme Cervantès le laisse supposer dans sa préface, “engendré dans une prison, séjour des plus incommodes où tout triste bruit sa demeure”?  Si l’auteur dit vrai, c’est donc au hasard des chemins et d’une existence aléatoire que s’est faite la genèse, et aussi l’écriture du livre. Cela pourrait expliquer les quelques incohérences qu’il contient et que l’auteur revendique avec humour dans sa préface : “je n’ai pas une intention… de te demander à deux genoux, mon cher lecteur, et presque les larmes aux yeux, comme d’autres font, de pardonner ou d’ignorer les défauts que tu auras pu voir chez mon enfant”. 

L’histoire de ce roman à succès peut se résumer en quelques mots. Alexandro Quijano, un hobereau désargenté de la Manche décide  “d’aller par le monde, avec ses armes et son cheval chercher les aventures, et de pratiquer tout ce que pratiquaient les chevaliers errants”. Entre autres : secourir la veuve et l’orphelin, protéger les jeunes filles, venir en aide aux miséreux. Se baptisant don Quichotte de la Manche, nom qui lui semble approprié à la noble tâche qu’il s’est donnée, il fait sa première sortie.  Mais dès le commencement de ses aventures, et en dépit des marques de grandeur dont il se croit revêtu, armure rouillée de ses ancêtres, casque avec sa visière en carton, vieux bouclier de cuir et lance émoussée, la réalité va infliger une succession de démentis à ses illusions. Malgré l’aide d’un serviteur qu’il baptise son écuyer et qu’il s’adjoint dès sa deuxième sortie, la déconfiture est cuisante. Ce qui n’empêche pas don Quichotte de persévérer et de reven­diquer avec véhémence sa nouvelle identité de redresseur de torts: “Je sais qui je suis”, dira-t-il à qui veut l’entendre, accusant des enchanteurs, jaloux de ses exploits, de changer les géants qu’il affronte en moulins à vent, de transformer un casque d’or en vulgaire plat à barbe, une armée innombrable en troupeau de moutons.  Dans son acharnement à poursuivre ses chimères, don Quichotte nous montre à la fois sa grandeur et sa folie. Et aussi, le côté ridicule de son entreprise. Car ses aventures sont, d’abord et avant tout, grotesques. 

Et c’est bien la raison première du succès du Don Quichotte, et de l’accueil qu’il reçut à son époque : le livre faisait rire. Dès l’année qui suit sa publication, la silhouette efflanquée de l’ingénieux hidalgo et celle, rebondie, de son fidèle écuyer sont de toutes les mascarades, de tous les cortèges de Carnaval. On prête au roi, voyant rire aux éclats un étudiant, ces propos : “Ou bien cet étudiant n’a plus sa tête, ou  bien il est en train de lire Don Quichotte”. Que le succès du Don Quichotte ait été à son époque celui du rire, et même du gros rire, nul ne le remet aujourd’hui en cause. Mais de quoi riait-on et rit-on encore? Non seulement de la mine du Chevalier à la Triste Figure (“triste” dans l’espagnol de l’époque voulant dire lamentable, ridicule), mais surtout, de son comportement, de son obstination à vouloir faire sa Bible des romans de chevalerie, et ses prophètes de héros tels que Amadis de Gaule, Roland de Roncevaux, le Géant Facecul, ou d’autres encore aux noms pour lui grandioses. Don Quichotte veut agir pour le bien du monde qui l’entoure; mais il commet une grave erreur: celle d’agir en confondant la litté­rature et la vie. Et, qui plus est, une littérature du passé qui se ré­fère à un temps révolu, car les romans de chevalerie appartiennent, déjà à l’époque, aux idéaux du Moyen-Age. Au lieu qu’il transforme le monde, c’est le monde qui va lui infliger une leçon et, pour finir, l’obliger à reconnaître qu’il avait vécu dans l’erreur. Il le reconnaîtra si bien qu’il déclarera dans son testament déshériter sa nièce, si celle-ci épouse un jeune homme adonné à la lecture des romans de chevalerie! 

C’est dans l’échec cuisant que le monde réel inflige à son imaginaire, dans le décalage entre le but qu’il poursuit et le résultat de ses aventures que va se situer la dimension burlesque de don Quichotte pour les lecteurs du siècle d’Or, et sa dimension tragique pour les lecteurs romantiques. Aujourd’hui, don Quichotte est tout à la fois grotesque et tragique : un idéaliste à tout crin. Don Quichotte ou l’homme qui croit dur comme fer à ses illusions.  Cependant, si sa folie fait rire au premier abord, elle n’est ni celle du simple d’esprit ni celle du fou furieux. Elle nous laisse plutôt admiratifs que railleurs, et surtout nullement craintifs. D’ailleurs, Cervantès s’empresse de nous le répéter : don Quichotte n’est “fou” que lorsqu’il veut à tout prix que la réalité s’accommode de la fiction, c’est à dire aux récits de ses livres de chevalerie. Sa folie n’est pas une démence. On peut donc tranquillement se moquer de celui qui mord la poussière sous l’assaut de prétendus géants, celui que des muletiers ou autres personnages peu recommandables rouent de coups; et surtout, rire de son entêtement à  croire que, si ces mésaventures surviennent, c’est parce que le monde qui l’entoure est manœuvré par des enchanteurs malfaisants, jaloux de ses exploits.  Quel est donc ce monde qui entoure don Quichotte? Tout d’abord, celui qu’il trouve dans son village. Ses proches : sa nièce et sa gouvernante, qui partagent avec lui le même toit et veillent sur sa santé et sa lucidité intermittente. Ses amis : le curé et le barbier, qui sont les premiers à dénoncer les méfaits de ses lectures sur son cerveau dérangé et à chercher par tous les moyens à le ramener à la raison, c’est à dire lui faire oublier ses livres de chevalerie. Et puis, il y a aussi tous ces gens qu’il rencontre sur les routes de la Manche, de l’Aragon, de la Catalogne, dans un périple qui le mène jusqu’à la mer, à Barcelone. Qu’ils soient marchands, étudiants, aubergistes, hobereaux, bandits, galériens ou grands seigneurs, tous vont se jouer de lui, et parfois même l’utiliser comme un pantin pour leur propre divertissement. Mais par-delà ces personnages qui jalonnent les aventures du chevalier errant, c’est toute l’Espagne du tournant du siècle qui sert de décor et matière au roman. 

Ce fameux Siècle d’Or, que don Quichotte qualifiera à plusieurs reprises de Siècle de Fer, s’annonce. Malgré la solidité et la richesse de l’Espagne, qui possède “un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais”, comme l’avait défini Charles Quint, le pays, comme l’ensemble de la Chrétienté d’Occident, est soumise à une double menace: l’invasion Turque et la Réforme.  Maître presque absolu de la Méditerranée orientale, l’Empire ottoman a des vues bien précises sur le côté occidental du bassin. Sa flotte est d’autant plus inquiétante qu’elle compte sur ses forces établies en Afrique du Nord. L’autre danger, celui de la Réforme, pour un pays comme l’Espagne qui se veut le garant de la foi chrétienne sur terre, c’est Erasme, dont les idées ont quelques admirateurs à la cour du roi et parmi les lettrés. (L’éloge de la folie, le livre le plus célèbre d’Erasme a-t-il été lu par Cervantès? On peut le supposer) L’inquiétude est particulièrement vive quand les idées du grand humaniste hollandais s’incarnent dans l’hérésie luthérienne. L’Espagne de Philippe II va réagir en instaurant la Contre-Réforme, c’est à dire en durcissant sa politique intérieure à l’égard de tout ce qui n’est pas dans l’orthodoxie chrétienne pure et dure : en un mot, contre les musulmans et les juifs restés sur le sol espagnol et convertis parfois depuis plusieurs générations. Ainsi se répand l’obsession de la pureté de sang parmi les vieux-chrétiens, qui s’opposent à ces nouveaux chrétiens, morisques ou juifs convers, dont on se méfie comme de la peste. Exemple : Sancho, ce paysan sans le sou, qui se targue à plusieurs reprises dans le roman de descendre d’une famille de vieux chrétiens, n’accepte pas l’offre que lui fait un de ses voisins morisques de partager avec lui un trésor que celui-ci a enfoui avant de quitter le pays. C’est que, entre temps, l’expulsion des morisques a été ordonné par Philippe III en 1609 et que l’Inquisition fait plus que jamais la chasse aux hétérodoxies. La délation n’épargne personne, pas même les hauts dignitaires de l’Eglise. Les bûchers se multiplient, les mises à l’index de tout livre dit séditieux. Dès 1547, l’année de la naissance de Cervantès, les premières décrets sur la pureté de sang sont votés à Tolède. 

Cette atmosphère de suspicion généralisée dont Cervantès aurait  personnellement souffert, -on a dit, mais non prouvé, qu’il était  lui-même un juif convers, un converso, comme l’étaient d’ailleurs sainte Thérèse et saint Jean de la Croix, on la retrouve dans le Don Quichotte sous une forme particulièrement subtile, ou mieux : insidieuse. Avec une habileté consommée, afin de déjouer la censure et ses condamnations, qui mettent en danger la vie du livre et aussi celle de l’auteur, Cervantès va peu à peu nous démontrer que les choses ne sont pas ce que l’on croit qu’elles sont, ni surtout comme la Contre-Réforme veut qu’elles soient. A commencer, bien entendu par les moulins à vent. Ce qui ne porte pas à conséquence: moulin ou géant, seul un don Quichotte pourrait s’y méprendre, floué par la fiction de la littérature, par la lecture trop assidue des romans de chevalerie, qui, d’ailleurs, commencent au début du XVIIème siècle à perdre les faveurs du grand public. Genre un peu démodé déjà, il va cependant permettre à la parodie, à la caricature, - don Quichotte est-il autre chose qu’une caricature des modèles dont il s’inspire- d’envahir le roman, et d’en miner de l’intérieur toutes les certitudes.  Et tout d’abord, qui est l’auteur du Don Quichotte? Car Cervantès qui dans sa préface, se donne, comme père putatif, embrouille les fils à plaisir : l’auteur présumé serait un maure né dans la Manche, un certain Sidi Ahmed Benengeli, qui aurait écrit le livre en arabe, ce qui suppose et impose une troisième voix, celle du traducteur. Lui, Cervantès ne serait que le transcripteur de cette traduction dont il laisse clairement entendre, ajoutant encore à l’incertitude que distille le texte, qu’elle aurait parfois falsifié le texte original en inventant ou en supprimant des passages ! Tout au long du roman, au détour de scènes dont le lecteur ne pense qu’à rire, Cervantès se permet de critiquer les institutions établies. 

A commencer par l’Inquisition. Comment comprendre autrement le grand feu que le curé fait allumer dans la basse-cour de don Quichotte pour y brûler tous les livres de sa bibliothèque qui risqueraient de nuire à la santé de son esprit? Satire féroce d’une justice expéditive et intolérante, qui se double, cela va sans dire, d’une critique en règle de la littérature de l’époque. Le Roi lui-même n’est pas épargné. Si le morisque Ricote, commence par affirmer que le Roi a eu raison de les chasser et attribue à une inspiration divine la résolution prise par Sa Majesté, à la page suivante, il parle, avec des accents qui ne trompent pas, de ce bannissement : “…la peine la plus terrible qu’on puisse nous infliger… Où que nous soyons nous pleurons l’Espagne, car enfin, nous y sommes nés et c’est notre patrie naturelle”. Ricote témoigne ainsi de l’iniquité d’une telle mesure, qui prive à jamais les morisques de leur patrie.  Quant à la noblesse, représentée par le couple que forment, dans la Deuxième Partie, le duc et la duchesse qui vont, pour se divertir, jouer des tours à don Quichotte, si Cervantès les décrit avec tout le faste dû à leur rang, il suffit d’une petite phrase pour qui sait entendre, et les grands d’Espagne nous apparaissent dans toute leur suffisance et leur stupidité: pour prendre plaisir, nous dit en substance Cervantès, à se moquer d’un homme comme don Quichotte, un fou doublé d’un imbécile, il faut être encore plus fou et plus imbécile que celui dont on se moque!  Dans ses prises de position sur le statut de la femme, c’est encore le régime de la douche écossaise. Il y a d’un côté le discours traditionnel sur son obéissance à l’homme, vu son infériorité sous tous rapports : c’est celui que tient la paysanne, la femme de Sancho, avec cependant une petite entorse à la coutume, puisque, tout en s’inclinant devant la toute-puissance de son balourd de mari, elle en profite pour l’insulter : “je sais que tu n’es qu’un imbécile, mais je suis obligée de t’obéir par ce qu’une femme se doit d’obéir à son mari”. Il y a aussi l’opinion de don Quichotte qui, dans un véritable cours d’éducation matrimoniale, développe des théories de liberté de la femme, de son droit à prendre l’époux de son choix; le chevalier condamne les parents qui, obligeant leur enfant à l’épouser celui ou celle qu’ils lui ont choisi, font à tout jamais leur malheur. Mais n’est-ce pas un fou qui parle! Il y a enfin la voix de la femme, la belle Marcelle qui revendique le droit de se refuser aux hommes et de refuser l’amour, sans pour autant entrer au couvent. 

Il n’est jusqu’à la paire inséparable que forment don Quichotte et Sancho qui ne doive être considérée comme une remise en question de toutes les certitudes données par avance, même si, dans l’imaginaire populaire, ils apparaissent comme deux personnages indissolublement liés par leurs oppositions. Don Quichotte se munit d’un écuyer, comme on se munit d’un cheval: cela fait partie de la panoplie du chevalier errant. Il trouve, en la personne de Sancho Panza, son voisin benêt, l’homme parfait, car il est pauvre et a plusieurs bouches à nourrir. Donc, au départ, c’est l’intérêt qui lie les deux hommes. Mais ne voilà-t-il pas que don Quichotte va promettre à son écuyer rien moins que le gouvernement d’un archipel! Sancho ne sait pas ce que c’est exactement qu’un archipel, mais il le veut, ce gouvernement! Et, pour l’obtenir, il faut qu’il accepte ce qui fait la folie de don Quichotte, c’est à dire tout ce que celui-ci a lu dans les livres. Le paysan inculte et analphabète qu’il est va peu à peu pousser son maître à agir comme dans les romans de chevalerie, pour obtenir enfin ce qu’on lui promet. Il entre du même coup dans le monde de la fiction, de la littérature, lui qui se nourrit par ailleurs, exclusivement, du réel.  Quant à don Quichotte, même lorsqu’il s’agit d’imiter les chevaliers errants dont il se réclame, il n’est pas si fou qu’il en a l’air. Quand il se fait une armure, il lui manque la visière du casque ; qu’à cela ne tienne, il s’en fabrique laborieusement une en carton. Il veut éprouver sa force. Evidemment, d’un coup d’épée, il détruit le travail d’une semaine. Quand il aura refait sa visière, il se garde bien de tenter une nouvelle fois l’expérience de sa solidité, et la considèrera pleinement satisfaisante sans autre forme de procès! Mieux encore : arrivé dans la Deuxième Partie, Sancho, finit par connaître les ficelles de la chevalerie et le fonctionnement mental de son maître. Quand celui-ci l’envoie trouver la belle Dulcinée du Toboso, que ni l’un ni l’autre n’ont jamais vue puisqu’elle n’existe que dans le cerveau dérangé du chevalier, Sancho voyant arriver trois paysannes sur leurs bourriques, a l’idée de dire à son maître que l’une d’elles est Dulcinée, métamorphosée par un enchanteur. C’est lui désormais qui manipule son maître avec les mêmes chimères que celui-ci utilise pour manipuler le monde! Tandis que don Quichotte, pour dire le monde, utilise de plus en plus le langage de Sancho, c’est à dire ces proverbes dont il lui reproche d’user à tort et à travers! 

Dans cette Deuxième Partie du Don Quichotte, le vertige du doute s’accroît encore. Cervantès, dix ans ont passé, est un écrivain rompu à toutes les malices, même celle de donner à voir son héros à la fois comme un homme réel et comme un être de fiction. Dès le début du roman, Sancho l’illettré l’annonce à son maître : “le fils de Bartolomé Carrasco… m’a dit que votre histoire était déjà dans un livre qui a pour titre L’ingénieux Hidalgo don Quichotte de la Manche. Il paraît qu’on y parle de moi sous mon vrai nom de Sancho Panza…, et d’autres choses qui se sont passées entre nous deux, tous seuls.”  Comme si cela ne suffisait pas, vient s’ajouter vers le milieu du livre une troisième vision de nos deux héros : celle qu’en propose un auteur publié sous le pseudonyme de Avellaneda, et dont l’identité véritable reste une énigme; cet auteur, qui a pris Cervantès de vitesse et publié dès septembre 1614 une Deuxième Partie des aventures de Don Quichotte apocryphe. Cervantès pour faire un sort à ce personnage qui usurpe le nom du sien, va l’intégrer à son roman, et le faire juger par ses héros à lui. Ainsi Sancho, furieux, s’écrie confronté à sa propre caricature et à celle de son maître : “Le Sancho et le don Quichotte de (cette) histoire ne doivent pas être les mêmes que ceux de l’histoire écrite par Sidi Ahmed Benengeli, c’est à dire nous deux : mon maître, vaillant, sage et amoureux; et moi, amusant et un peu naïf, mais ni glouton ni ivrogne.”  Plus le doute s’installe, plus la vérité affirmée avec éclat devient incertaine. D’autant que dans cette Deuxième Partie, la duperie est la règle. Les aventures de don Quichotte ne sont plus provoquées, comme dans la Première Partie, par le choc entre ses illusions et la réalité qui l’environne. Elles naissent de la volonté d’un individu, même si le lecteur ne découvre qu’après coup son intervention. L’enchantement de Dulcinée, comme on l’a vu, est le fait de Sancho, qui affirme effrontément à son maître qu’il est à nouveau le jouet des enchanteurs. Les péripéties qui interviennent lors du séjour du chevalier et de l’écuyer chez le Duc sont la conséquence d’une mystification orchestrée par les serviteurs du duc et de la duchesse, à la demande de leurs maîtres. 

Dans cette duperie générale, de l’auteur à l’égard de ses lecteurs, des personnages entre eux, don Quichotte est unique en son genre : il est l’homme qui ne ment jamais, qui dit la vérité ou ce qu’il croit être la vérité. Pour lui, entre le dire et le faire il n’y a pas de décalage, pas le moindre espace. Nous qui le lisons et qui le regardons agir, savons que ce trait de son caractère est celui qui fonde son identité. C’est l’homme du vrai : pas la moindre ombre dans sa croyance, pas le moindre déchirement. Tous les autres, Sancho y compris, l’Espagne y compris, l’Histoire y compris, – Siècle rutilant qui, en réalité, met le pays au bord de l’abîme en lui apportant trop de richesses du Nouveau Monde et en l’incitant à la paresse –, manient la tromperie, le déguisement, l’enchantement, à tour de bras, ouvertement, sans vergogne. Le mensonge est devenu loi, et dans le roman, qui n’est que caricature, il devient le fondement même de la fiction, du jeu.  Malgré sa vertu dans un monde dégradé, don Quichotte, au lieu d’être un saint est un fou. Pourquoi? Parce que cette vérité qu’il brandit sans relâche, repose elle-même sur du faux : sur les lectures qu’il a pu faire, sur de la fiction. C’est une vérité de littérature et non de vie. Ainsi, don Quichotte est fidèle à sa vérité, qui est elle-même un mensonge. Sa folie, c’est de croire vraie une construction littéraire. Mais il suffirait de peu : qu’au lieu d’avoir pour vérité et modèle une fiction littéraire, il ait une cause digne, ou simplement le Livre, et il n’est plus un pauvre fou d’hidalgo, mais un prophète. C’est donc au niveau de sa méthode de vie et de penser qu’il reste pour nous un idéaliste. Appliquée à de grands principes et à de grandes causes, cette méthode est celle dont on fait les génies en tout genre : les saints, les artistes. C’est d’ailleurs ainsi que certains l’ont lu, qui ont vu en don Quichotte l’image d’un Messie. Cependant, si, depuis plus de quatre cents ans, on rit de don Quichotte ou on s’étonne de sa sagesse, si on s’esclaffe des ruses ou des naïvetés de Sancho, c’est avant tout parce que Cervantès a su trouver un style vif, aisé pour présenter ses personnages autant que pour les faire parler. Rappelons ce paradoxe : une grande partie des lecteurs du Don Quichotte, à l’époque où le livre est écrit, sont analphabètes. Mais on le lit à voix haute, un peu partout en Espagne, dans les lieux les plus divers; dans les campagne, durant les pauses des travaux des champs; sur le parvis de la cathédrale de Séville. Ce roman long de plus de mille pages s’y prête. Il est structuré comme un feuilleton : chaque chapitre compose un épisode à lui tout seul. De plus, il est fait à 90% de dialogues. C’est dire si le langage parlé est omniprésent. Et tous les personnages ont droit à la parole! Non seulement don Quichotte et Sancho, qui ont bien le temps de s’entretenir pendant qu’ils cheminent sur les routes, mais aussi les paysans qu’ils rencontrent au cours de leur périple, ou Maritornes, ou l’aubergiste, ou encore le duc et la duchesse, ou des ecclésiastiques. Toutes les classes sociales sont représentées et cette variété de langage donne au livre sa dimension d’oralité vivante. Rien d’emprunté, ni même de théâtral dans ces différents discours. Seul don Quichotte, qui s’obstine à parler comme dans les livres, comme dans ses chers romans de chevalerie, sonne caricatural et pompeux. Mais Sancho est là pour lui donner la répartie et souligner, en accumulant ses proverbes, la dimension quotidienne, populaire du texte. Si Don Quichotte est un succès, c’est bien parce que Cervantès a su rompre avec la prose littéraire de son temps, dans laquelle l’influence latine était encore sensible avec ses périodes et ses redondances, et inau­gurer une écriture orale qui annonce, dans sa vitalité et son au­dace langagière, le roman moderne.  
Aline Schulman  
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

CHRONOLOGIE
1547  Miguel de Cervantès naît à Alcalá de Henares, le 29 septembre. Il est le troi­sième enfant du chirurgien Rodrigo de Cervantès et de Leonor de Cortinas.
1553  La famille Cervantès s’installe à Valladolid. Mort de Rabelais.
1556  Avènement de Philippe II.
1558  Mort de Charles Quint. Avènement d’Elisabeth Ire d’Angleterre.
1559  Mort d’Henri II.
1561  La famille Cervantès s’installe à Madrid.
1562  Naissance de Lope de Vega.
1564  La famille Cervantès s’installe à Séville. Naissance de Shakespeare. Mort de Michel-Ange.
1566  La famille Cervantès retourne à Madrid. Miguel fréquente l’étude de Juan López de Hoyos, maître ès humanités, érasmiste.
1569  Miguel de Cervantès réside à Rome.
1570  Toujours à Rome, Cervantès s’enrôle comme soldat dans l’expédition maritime contre les Turcs, commandée par le général des armées pontificales, Marc Antoine de Colonna.
1571  Les flottes coalisées de l’Espagne, de Venise et du Saint Siège, sous le commandement de don Juan d’Autriche, remportent le 7 octobre, à Lépante, la victoire sur les Turcs. Cervantès est blessé à la main gauche et hospitalisé à Messine.
1572  Cervantès participe à la campagne navale de don Juan d’Autriche à Corfou. Massacre de la Saint-Barthélémy.
1573  Nouvelle expédition de don Juan d’Autriche contre Tunis et La Goulette à laquelle prend part Cervantès.
1574  Cervantès s’installe en Sicile, puis à Naples.
1575  En regagnant l’Espagne, Cervantès est fait prisonnier au large des côtes catalanes par le pirate barbaresque Arnaut Mami, et conduit à Alger. 
1576  Première évasion de Cervantès, qui est repris et reconduit à Alger.
1577  Deuxième tentative d’évasion et nouvel échec.
1578  Troisième tentative d’évasion et autre échec. Mort de don Juan d’Autriche.
1579  Quatrième tentative d’évasion. Cervantès obtient la grâce du pacha d’Alger.
1580  Cervantès est libéré; il rejoint Madrid. Première édition des Essais de Montaigne. Naissance de Quevedo.
1582  Cervantès écrit La Galatée. Représentation de ses premières pièces de théâtre, dont La Vie à Alger.
1584  Cervantès épouse le 12 décembre, à Esquivias, Catalina de Salazar. Naissance, cette même année, de sa fille naturelle, Isabel de Saavedra.
1585  Mort de Rodrigo de Cervantès, père de Miguel. Publication de la première partie de La Galatée. Mort de Ronsard.
1587  Cervantès s’installe à Séville. Commissaire aux approvisionnement des galères du roi, chargé de pourvoir en vivres l’“Invincible Armada”, il traite avec les meuniers, les muletiers et les charretiers d’Andalousie.
1589  Assassinat d’Henri III.
1592  Cervantès est emprisonné pour vente illégale de blé, puis rapidement libéré. Mort de Montaigne.
1593  Mort de Leonor de Cortinas, mère de Cervantès.
1594  Entrée d’Henri IV à Paris.
1596  Naissance de Descartes.
1597  Cervantès est incarcéré à Séville, accusé d’avoir détourné de l’argent de l’État.
1598  Libération de Cervantès. Mort de Philippe II. Avènement de Philippe III.
1600  Rodrigo de Cervantès, frère de Miguel, est tué à la bataille des Dunes. Cervantes quitte Séville pour s’installer en Castille. Shakespeare écrit Hamlet.
1603  Mort d’Elisabeth Ire d’Angleterre.
1605  Publication de la première partie de Don Quichotte. Le succès est tel que six éditions sont publiées en Espagne la même année. 
1606  Cervantès et sa famille se déplacent à Madrid, avec la cour. En Angleterre, première représentation de Macbeth. Naissance de Corneille.
1608  Traduction française par N. Baudouin de la nouvelle Le Curieux malavisé, insérée dans la première partie de Don Quichotte.
1609  Cervantès entre dans la Congrégation du Très-Saint-Sacrement, fraternité et académie littéraire à laquelle appartiendront Lope de Vega et Francisco de Quevedo. Expulsion des morisques. Mort d’Andrea, sœur aînée de Cervantes.
1610  Assassinat d’Henri IV.
1611  Mort de Magdalena, sœur cadette de Cervantès. Séjour à Esquivias.
1613  Publication des Nouvelles exemplaires, dédicacé au comte de Lemos, bienfaiteur de Cervantès et vice-roi de Naples. Le recueil connaît un grand succès.
1614  Publication, par un éditeur de Tarragone, d’une seconde partie de Don Quichotte, apocryphe, connue aujourd’hui sous le nom du Quichotte d’Avellaneda. Publication du Voyage au Parnasse. Traduction française, par César Oudin, de la première partie de Don Quichotte.
1615  Publication de la seconde partie de Don Quichotte, dédicacée au comte de Lemos, dans laquelle Cervantès fait allusion à la suite apocryphe d’Avellaneda. Le succès est considérable. Publication de Huit Comédies et huit intermèdes jamais représentés. Traduction française, par François de Rosset, des Nouvelles exemplaires.
1616  Miguel de Cervantès meurt à Madrid le 23 avril. Mort de Shakespeare.
1617  Publication des Travaux de Persilès et Sigismonde, dédicacé au comte de Lemos. Réédition en Espagne de toutes les œuvres de Cervantès.
1618  Traduction française, par François de Rosset, de la seconde partie de Don Quichotte. 

Ecouter DON QUICHOTTE de Cervantès  lu par  JEAN-PIERRE CASSEL (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 OU L ON DIT QUI ETAIT LE FAMEUX DON QUICHOTTE DE L - CASSEL06'49
02 LE PAUVRE SE VOYAIT DEJA RECOMENSE - CASSEL05'46
03 QUI TRAITE DE LA PREMIERE SORTIE DE L INGENIEUX - CASSEL06'38
04 SUR CES ENTREFAITES UN PORCHER - CASSEL06'23
05 OU L ON RACONTE DE QUELLE PLAISANTE MANIERE - CASSEL10'49
06 DE CE QUI ARRIVA A NOTRE CHEVALIER - CASSEL02'47
07 DE LA GRANDE VICTOIRE QUE LE VAILLANT DON QUICHOTT - CASSEL09'40
08 ILS CHEMINAIENT TOUT EN S ENTRETENANT - CASSEL10'28
09 OU L ON RACONTE LA FACHEUSE AVENTURE QUI ARRIVA - CASSEL09'42
CD 2
01 DE CE QUI ARRIVA A NOTRE INGENIEUX HIDALGO - CASSEL05'47
02 IL ETAIT TOUJOURS PLONGE DANS SES EXTRAVAGANTES PE - CASSEL06'25
03 OU L ON VERRA A LA SUITE DES INNOMBRABLES ENNUIS - CASSEL07'23
04 QUAND ILS FURENT TOUS DEUX A CHEVAL - CASSEL06'57
05 OU L ON RACONTE L ENTRETIEN QUE SANCHO PANZA - CASSEL09'38
06 A CE MOMENT LA UN CAILLOU L ATTEIGNIT - CASSEL05'41
07 DE LA LIBERTE QUE DON QUICHOTTE DONNA A DES MALHEU - CASSEL15'31
08 CE QUI ARRIVA DANS L AUBERGE A TOUTE LA COMPAGNIE - CASSEL05'31
09 CETTE PROPHETIE RASSURA DON QUICHOTTE - CASSEL05'07
10 ENTRETIENS QU EURENT LE CURE ET LE BARBIER - CASSEL04'42
CD 3
01 DANS L HOPITAL DES FOUS DE SEVILLE - CASSEL03'13
02 QUAND ILS ARRIVERENT DEVANT UNE CAGE - CASSEL03'48
03 LA GRANDE DISPUTE QUI OPPOSA SANCHO PANZA - CASSEL02'41
04 JE SUIS BIEN FACHE SANCHO - CASSEL04'40
05 CONVERSATION SERIEUSE ET SAVOUREUSE - CASSEL04'34
06 PARLE TOUJOURS MON MARI - CASSEL04'43
07 DON QUICHOTTE ALORS QU IL ALLAIT VOIR SA DAME - CASSEL05'52
08 A CES MOTS SANCHO TOURNA LE DOS A SON MAITRE - CASSEL06'00
09 DON QUICHOTTE AGENOUILLE AUPRES DE SANCHO - CASSEL06'08
10 DON QUICHOTTE CHEMINAIT TOUT PENSIF A LA FARCE - CASSEL05'11
11 QUAND LE GARDIEN DES LIONS - CASSEL04'48
12 ILS ARRIVERENT A LA TOMBEE DU JOUR - CASSEL10'51
13 MAITRE PIERRE CESSA AUSSITOT DE SONNER - CASSEL03'24
CD 4
01 LA FAMEUSE AVENTURE DE LA BARQUE ENCHANTEE - CASSEL06'14
02 ILS DECOUVRIRENT DES GRANDS MOULINS A EAU - CASSEL05'16
03 DON QUICHOTTE AVEC UNE BELLE CHASSERESSE - CASSEL03'50
04 SANCHO SE RELEVA TOUT SURPRIS - CASSEL03'38
05 QUI TRAITE D UNE FOULE DE CHOSES - CASSEL05'51
06 DE LA REPONSE QUE FIT DON QUICHOTTE - CASSEL05'33
07 COMMENT L ILLUSTRE SANCHO PANZA PRIT POSSESSION - CASSEL04'44
08 SITOT CETTE CAUSE JUGEE ON VIT ENTRER - CASSEL04'37
09 DIFFICULTES QUE RENCONTRA LE GOUVERNEMENT DE SANCH - CASSEL07'11
10 CE QUI ARRIVA A DON QUICHOTTE EN ENTRANT A BARCELO - CASSEL08'27
11 DON QUICHOTTE TOMBA MALADE - CASSEL06'53
12 CES NOUVELLES EURENT UN EFFET DESASTREUX - CASSEL06'14
«Cervantès, Don Quichotte» par Notes Bibliographiques

Pour avoir trop lu de romans de chevalerie, celui qui ce fait appeler « Don Quichotte de la manche » part à travers l’Espagne, combattre pour son irréelle dulcinée, monté sur son haridelle Rossinante et suivi par un pauvre paysan surnommé « Sancho Pança ». Ce roman écrit par Cervantès, né en 1547, aura, dès sa parution en 1605, un succès considérable. Cette œuvre, de plus de mille pages avec quatre-vingt-dix pour cent de dialogues, sera lue partout en Espagne. Toutes les classes sociales y sont moquées, caricaturées. Les aventures de Don Quichotte sont grotesque et tragiques en montrent à la fois sa folie et sa grandeur. Cette épopée devenue mythique, annonce « dans sa vitalité et son audace langagière le roman moderne ». Cervantès meurt en 1616, même année que shakespeare. La diction « jouée » de Jean-Pierre Cassel convient parfaitement à cette histoire « donquichottesque ». Un livret avec analyse et chronologie complète ce CD divertissant.
MH - NOTES BIBLIOGRAPHIQUES




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