VICTOR HUGO ET LES POÈTES CONTEMPORAINS

VICTOR HUGO lu par André Dussollier, Jean Claude Dreyfus, Laurent Terzief, Irène Jacob, Denis Lavant..

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Livret : 36 PAGES
Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

FA8031

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Ce disque reproduit les lectures diffusées sur France Culture dans Poésie sur Parole (une émission d’André Velter – Jean-Baptiste Para – Vanessa Nadjar) au cours d’une semaine spéciale consacrée à Victor Hugo. Chacun des onze poètes contemporains a choisi un texte dans son œuvre, ou a composé un inédit, en résonance avec l’un de ses poèmes préférés de Victor Hugo. Onze comédiens ont prêté leurs voix à ces jeux d’échos, donnant ainsi à entendre les connivences et les différences.
André Velter & Patrick Frémeaux

POÈMES DE VICTOR HUGO :
Les luttes et les rêves/Le Poète • Paroles sur la dune • Ecrit en 1846 • A l’obéissance passive • L’Art d’être Grand-Père / Jeanne endormie • L’Année terrible / A qui la faute ? • La Légende des siècles / La Vision d’où est sorti ce livre • Dieu/Le hibou • Les Contemplations/Pauca Meae VII • Les Contemplations/Melancholia • Les Feuilles d’automne
MIS EN RÉSONANCE AVEC ONZE POÈTES CONTEMPORAINS : 
Andrée Chedid • Lionel Ray • Armand Gatti • Jacques Darras • Jean-Pierre Verheggen • Serge Pey • Michel Butor • Zéno Bianu • Jean-Pierre Lemaire • Bernard Noël • Jean-Marie Barnaud
PAR LES VOIX DE ONZE COMÉDIENS : 
Denise Gence • Laurent Terzieff • André Wilms • Jacques Bonnaffé • Jean-Claude Dreyfus • Jean-Luc Debattice • Hugues Quester • Denis Lavant • Irène Jacob • Jérôme Kircher • André Dussollier

Production : Frémeaux & Associés en accord avec Radio France - France Culture, Le Printemps des poêtes, le Centre National de Documentation Pédagogique et l'Education Nationale. (60000 disques ont été distribués par le CNDP et l’Education Nationale à l’ensemble des établissements scolaires).

Victor Hugo et les poètes contemporains

Arts et Culture 
Victor Hugo et les poètes contemporains
Quoi de neuf ?  Victor Hugo !  








En poésie, c’est certain, passé et présent font bon ménage, et pour peu qu’on se défasse de préjugés simplistes, on découvrira dans la longue histoire de la poésie, au-delà des variations formelles, autant de continuités, de retours et de correspondances que de ruptures et d’abandons. La preuve avec le présent CD. Il veut d’abord témoigner de ce dialogue jamais interrompu entre tradition et création contemporaine, et simultanément faire entendre la modernité du poète Hugo, qu’une lecture sacralisante et trop partielle a escamotée. Il y a donc là l’occasion d’une écoute neuve, pour le plaisir de la surprise. Ce pourra sans doute aussi être le moyen d’un accès privilégié à la diversité de la poésie vivante dont quelques-uns des protagonistes les plus originaux sont ici représentés. On peut souhaiter que cette première rencontre conduise élèves et enseignants à explorer plus avant l’œuvre de tel ou tel des poètes concernés. Explorer plus avant le territoire poétique d’hier et d’aujourd’hui, ce pourrait être aussi chercher pour soi-même, au fil de lectures vagabondes ou concertées, d’autres correspondances entre Hugo et ses alliés contemporains. Et pourquoi pas entre Villon et Prévert, Ronsard et Aragon, Bertrand de Born et Roubaud ou Velter ? écouter, lire, mais dire évidemment aussi. Les grands comédiens qui ont ici prêté leur voix aux poèmes proposent sans doute des interprétations de la plus haute maîtrise. Mais si talentueuses soient leurs façons de dire, elles n’épuisent pas le sujet… et chacun peut s’y essayer. Est-il besoin de suggérer aux plus gourmands, disposés à ne ménager ni leur temps ni leur enthousiasme, d’élaborer à leur tour sur cassette ou sur CD l’enregistrement de poèmes d’autrefois et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs ? Quoi qu’il en soit, à chacun selon son désir. Nous souhaitons seulement que ce CD soit comme une porte ouverte sur un paysage infini et que dure longtemps le printemps du poème.
Jean-Pierre Siméon 
Directeur artistique du Printemps des Poètes 

Claude Mollard
Directeur général du centre national de documentation pédagogique 

L’écriture poulpe 
Il en fait trop : non seulement le théâtre, mais le roman, non seulement les invectives, mais les chansons, les petites épopées mais le promontoire du songe ; non seulement la littérature mais le dessin. Il finira par nous prendre toute la place ! Il en dit trop : n’y a-t-il pas des secrets d’état qu’il vaut mieux ne pas ébruiter ? Des mots qu’il ne faut employer qu’entre compagnons de bamboche ? Il montre trop : dénonciation, impudeur, atteinte à la vie privée, scandale sur la voie publique ; on est gêné. Il parle trop : ses phrases-tentacules s’enlacent pleines de mots-ventouses autour de siècles et d’empires ; et tout cela toujours inachevé, bien sûr ! Il écrit trop : les volumes s’accumulent, les éditions prolifèrent, fourmillent de notes ; on ne peut plus suivre. Il en veut trop : la solitude et la gloire, l’amour et la justice, la révolution, l’éducation ; et puis quoi encore ? Il survit trop : ce n’est pas faute d’avoir voulu l’enterrer, le noyer, le couper en morceaux choisis ; et les « hélas ! », et les dégoûts ; une branche semble mourir, d’autres renaissent. Une hydre ! Il agit trop : il nous encombre, il nous malmène, il nous entraîne, il nous réveille nos rêves auxquels nous avions cru renoncer. à ce moment, nous nous sentons saisis par le pied.
Michel Butor 

Andrée Chedid a choisi
Les luttes et les rêves / Le Poëte de Victor Hugo
et propose en résonance
Le Poète (Inédit, octobre 2001)
dits par Denise Gence 

Sans couronne de lumière
Le poète de ce temps
Chemine incertain
Au dedans de lui-même

Vêtu de corps et d’âmes
Il erre sans sauvegarde
Entre gouffres et moineaux
Ombres et constellations

Il n’est plus le géant
Le pilote ou le guide
Ce poète du présent
Qui déchiffre comme il peut
Les pages de l’existence
Les pelures de l’histoire
Et les poignards du sang

Il n’est plus ce dompteur
Empreint de certitudes
Qui règne sur le domaine
Du mystère et des vents

Il avance Il recule
Entre source et détresse
Il approche Se replie
Entre désir et tourments

Il apprivoise les mots
Pour nommer la parole
Il creuse la terre mouvante
à la recherche du chant

ébranlé par la houle
Il renaît d’une lueur
Pour un frisson d’étoile
Il rompt les pesanteurs

Sans halo et sans orgue
éphémère et lucide
Il sonde chaque grain de vie
Pour féconder l’instant 


Lionel Ray a choisi
Paroles sur la dune de Victor Hugo
et propose en résonance
Le corps obscur (extrait)
dits par Laurent Terzieff 

Il est tard. La page a confondu la fenêtre
et l’oiseau. qu’est-ce qui en moi s’exténue et
ne ressemble pas ? quelle image ici a chancelé
désertant la mémoire où rien n’attend désormais
sinon cette buée peut-être comme sur un miroir
le souffle d’un enfant ? avec lui je m’éloigne
je quitte cette salle nocturne où rien n’a plus de nom
et nous allons main dans la main vers ce très faible
clignotement des tulipes dans les champs voisins, vers
cette cabane de toile bleue posée comme une énigme
et un salut au bord de la mer. il y a
aussi une jeune morte qui s’égare avec lenteur
dans la fumée des pluies cette eau si faible que la mousse
accueille comme un corps désiré musical.
un bref effleurement,
et le cœur se retire.
le temps innombrable est devenu ce cristal
léger qui cherche une réponse dans l’air immobile.
qu’est-ce qui s’accroît ici dans la douceur de tant
de distances dans l’abîme du bleu et du noir
quel silence dont nous sommes la voix ?
ainsi adossé au ciel de toutes parts avec les yeux
des mots incrédules je marchais jusqu’au seuil
d’un château bâti de souffles et de cils dormants. 

© Gallimard 

Armand Gatti a choisi
écrit en 1846 (extrait) de Victor Hugo
et propose en résonance
l’improvisation de Kreutzberg
dits par André Wilms 

Berliner Zeitung bz
Compagnes compagnons de Berlin comme si nous étions à Kronstadt
Nous sommes morts (condamnés à mourir jusqu’à quand ?) dans une ville que nous ne connaissons pas. Une ville en insurrection (certes) dont nous avons ramené quelques bribes par ici, par là, avec à la main un fusil sur la gâchette duquel nous n’avons jamais appuyé, avec sur nos livres des mots dont nous n’avons pas le savoir, avec des hommes dont nous n’avons les visages que par recoupement. Nous sommes morts (condamnés à mourir jusqu’à quand ?) dans une ville qui il y a 50 ans s’appe­lait…

Compagnes compagnons
Si nous voyons notre combat dans l’éclairage d’une Vérité en Exil, nous sommes condamnés à la stérilité (et à force de stérilités élues, défenestrées, proclamées, réhabilitées) à la dérision. Nos réalités sociales – un brouillon que chacun s’acharne à copier sur le voisin – ont besoin de mensonges pour être admises, donc des mots. Malheureusement Dieu devient Dieu quand on le nomme mais pas la révolution. Un homme nouveau avec les mots de l’homme ancien c’est une révolution qui s’écrase avant même d’avoir déplié ses ailes. Nous arpentons ce que nous croyons être le futur avec toujours le même chemin de croix se terminant toujours avec les mêmes mots : mon-père-mon-père-pourquoi-m’avez-vous-abandonné ? Là où on attend la fête c’est le sacrifice (toujours lui) qui installe ses piquets. Que cherchent nos promesses en dehors de se dévorer avec des mots venus d’autres expériences que celles de nos nécessités ?

Compagnes compagnons
à Berlin, on meurt pour la Révolution mais on ne la fait pas. était-ce le mal vieux d’un siècle dont souffrait Georg Von R. et qui l’avait amené dix jours avant Noël au rendez-vous de la rue aux quatre cimetières ?

Compagnes compagnons
Qui se souvient du langage-récréation et des contacts qu’il a gardés avec l’écriture du vent et de la pluie ? Quels mots ont-ils conservés le rythme des oiseaux, des saisons et des poissons dans les rivières. Ces rythmes nous gouvernent et nous croyons les renverser en exterminant leur représentant. Le langage-récréation est devenu le langage-tourmente. Et de plus il est condamné à être sans dialogue. C’est sûr que nous allons crever sous notre propre merde. Et après ?

Compagnes compagnons
Le dire n’est qu’un alignement de taudis hanté par l’infini qu’ils sont seuls à voir parce que leurs fenêtres en papier huilé sont seules à les nommer. Il suffoque sous le vide qu’il crée pour respirer. Et l’hôpital désaffecté de Kreutzberg ?

Compagnes compagnons
La nuit des barricades il n’y avait à Paris qu’un seul univers mis en place où chacun selon l’humeur venait boire. Cet univers unique, nos spectacles l’ont cherché dans la rue (jusqu’à la place centrale de Kronstadt) et ne l’ont point trouvé. Notre manif l’a cherché jusqu’au mur et ne l’a point trouvé. Votre occupation ne le trouvera pas davantage dans cet hôpital désaffecté. Il accompagne (à votre insu, comme à celui des Gattis qui m’ont donné rendez-vous à la gare de la Friedrichstrasse) l’enfant de mai, fugitif se (nous) cherchant dans toutes les rues du monde. Pour lui, spectacle, manif, occupation de la rue ne chercheront plus à effacer une mort mais l’attente de la mort (les usines ne sont rien d’autre).

Compagnes compagnons
Nous sommes morts (condamnés à mourir jusqu’à quand ?) dans une ville qui il y a cinquante ans s’appelait Kronstadt. Elle continue à s’appeler Kronstadt car depuis Kronstadt fait partie de toutes les villes du monde et nous y mourons jour après jour, avec des complicités d’il y a cinquante ans, des mots d’ordre comme des poissons sur la terre sèche échappant aux catégories qui nous décrivent… Est-ce un combat que de s’adapter au passé et aux pseudo-événements dont il nous persécute et dans lesquels il nous cloisonne ?

Compagnes compagnons
Si nous ne trouvons pas les mots qui permettront aux choses de nous voir différemment et si nous ne nous multiplions pas à l’intérieur de cette vision, nous sommes condamnés. Par nous. Si nous ne pouvons construire le Saïgon mythique construit par les clandestins, avec leurs paysages, leurs planques, leurs lignes de force, leur rendez-vous et les signes d’intelligence qui les protègent – un Saïgon qui n’a rien à voir avec le Saïgon officiel, celui du pouvoir, tout en étant le même Saïgon – une ville plus vraie que celle dans laquelle nous sommes et dont tous les mécanismes sont dans nos têtes à l’état de frein, nous sommes morts (condamnés à mourir jusqu’à quand ?) dans une ville que… Compagnes compagnons
(Publié dans la revue AXOLOTL n° 1)  

Jacques Darras a choisi
à l’obéissance passive de Victor Hugo
et propose en résonance
Binche, les Gilles
dits par Jacques Bonnaffé 

Ils dansent les genoux fléchis.
Ils dansent le buste légèrement penché vers l’avant.
Ils dansent leurs chaussons blancs se soulèvent dans leurs sabots vernis noirs.
Ils dansent.
Ils dansent continûment.
Ils tournent lentement sur eux-mêmes cependant qu’ils dansent.
Ils dansent ils gardent le sourire.
Ils dansent avec les jambes les pieds le corps ne tremble pas.
Ils dansent en se touchant par l’épaule.
Ils dansent en sorte que la danse de leur danse tourne sur elle-même.
Ils n’avancent pas devant eux ils avancent en tournant.
Ils dansent en montrant leur visage aux deux côtés de la rue.
Ils dansent comme s’ils étaient la terre tournant au soleil ses saisons.
Ils dansent et ils sourient.
Ils dansent leur tête ronde de villageois rendue plus ronde par un bonnet blanc.
Ils dansent leur tête ronde illuminée par un sourire comme une pomme mûre.
Ils dansent ils dansent la danse de la terre fructifiante.
Ils dansent ils font fructifier la danse par la danse.
Ils dansent la multiplication des feuilles dansent le dépouillement des feuilles.
Ils dansent la graine de la danse qu’ils sèment qu’ils replient en tournant.
Ils dansent ils tournent ils entraînent le mouvement de tourner avec eux.
Ils dansent l’imitation même de la danse qu’ils dansent.
Ils dansent l’imitation ils redoublent redoublent la mesure de leur danse.
Ils dansent ils répètent qu’ils dansent qu’ils ne disent rien d’autre en dansant.
Ils dansent ils montrent par l’exemple qu’ils tournent comme la terre le soleil.
Ils dansent ils tournent à l’exemple de tout ce qui tourne autour d’eux.
Ils dansent en rond sur eux-mêmes follement sagement leur folie est la danse.
Ils dansent ils disent que tout sur Terre dansera toujours avec la Terre.
Ils dansent ils disent que la danse est Folie de qui tourne en rond avec soi.
Ils dansent ils disent que Folie Sagesse dansent ensemble la même danse.
Ils dansent ils dansent ils ne diront plus rien plus rien ils dansent ils dansent.
 

Ce n’est pas vrai de dire que nous avançons nous n’avançons pas.
Ce que nous appelons réalité est folie du retour des choses.
Car les choses reviennent sur elles-mêmes nous revenons avec elles.
Nous sommes les revenants de nous-mêmes comme le jour est fantôme.
Comme la nuit est fantôme copie fantomatique de la nuit qui précéda.
Mais puisque nous sommes les mêmes que ceux qui précédaient.
Décédons-nous jamais vraiment ou cessons-nous seulement de précéder.
De précéder le cortège de ceux qui nous précédèrent que nous suivions.
Nous ne décédons pas nous cédons la précédence nous cédons le pas.
Nous ne décédons pas nous tournons dans l’invisibilité de la danse.
Nous passons le relais de la folie la maladie la contamination du rythme.
Décédant nous précédons autrement une autrement plus grande danse.
Précédant ceux qui maintenant précèdent la danse que nous précédâmes.
Nul ne précédera nul ne décédera à la fin puisque le cercle nous embrasse.


Que tournant sur nous-mêmes nous faisons simplement tourner la danse.
Nous savons que nous dansons nous nous déguisons en danseurs lents.
Nous nous masquons à nous-mêmes par la lenteur la réalité notre danse.
Nous nous cachons la folie qu’il y a à reprendre à reproduire les figures.
Car l’enfance de la danse est toujours celle qui court au devant de nous.
Avec nous derrière qui courons derrière la figure d’enfance de la danse.
Combien de matins depuis le premier jour de la Création Récréation.
Combien de millions de milliards de matins le même multiplié par lui-même.
Combien de redoublements combien de masques de nous-mêmes une fois.
Nous ne décédons pas nous ne cessons pas de précéder notre précédence.
Ce fut nous ancestralement ce sera nous antérieurement à l’antériorité.
Il y a deux sens à notre vie comme il y a deux façons de tourner à la danse.
Il n’y a qu’une seule danse que nos figures figurent la danser nous délivrera.
La danser nous délivrera du retard la lenteur que nous avons à nous succéder.
La danser nous fera revenir à la précédence de la précédence.
Il n’y a jamais l’immobilité contre la danse.
Il n’y a jamais l’immobilisation du mouvement par la mort de la danse.
Il y a la délivrance de ce qui suit. Il y a la délivrance de la répétition.
Il y a le retour lui-même en lui-même sur lui-même. 
extrait de Van Eck et Les Rivières

© In Hui 

Jean-Pierre Verheggen a choisi
L’Art d’être Grand-Père / Jeanne endormie : La sieste de Victor Hugo
et propose en résonance
L’Art d’être Grand-Pampers (Inédit)
dits par Jean-Claude Dreyfus 

Elle a fait ! Elle a fait ! répète Grand’Mère qui, la première, a repéré au flair l’odeur suspecte de l’impedimenta qui colle au postère de la fillette. La voici d’ailleurs qui se lève comme une biche effarée, enjoignant au Grand’Père qui, béat, somnolait d’aise en veillant sur le cher ange, d’arracher littéralement son cul de la chaise et de la suivre sans délai dans la salle de bain où devenu Grand’Pampers il tentera, sinon d’immobiliser l’enfant récalcitrant qui braille et gigote (au point d’avoir libéré du pied le velcro de sa couche – culotte et de s’en être tartiné ras les fesses) tentera, disais - je, à tout le moins de dompter son impatience, par le charme et l’attrait de récits dont il a su renouveler le genre avec un succès éprouvé. La recette est simple, il suffisait d’y penser : l’Enfant étant dans la Merde jusqu’au cou, on lui racontera des histoires de Merde ! Avec des loups, certes ! Mais des loups qui foirettent, des loups qui ont la colique Mère-Grand et l’indigestion venette ! Avec des lapins qui crottent et des chèvres à Seguin qui ont une mitraillette aux reins ! Avec des agneaux de Dieu qui entéritent du gaster et chient à un arrière-train d’enfer ! L’Enfant enregistrera d’autant plus aisément les mots nouveaux, le vocabulaire et les vers scato que les textes choisis seront de haut niveau et son cerveau vierge de tout Terme niguedouille de propreté gaga ! L’Art d’être un bon Grand’Pampers sera celui-là : celui de lire à ce petit endroit-là du Céline ou de l’Octave Mirbeau, du Jarry de Saint Chiot et, bien sûr, de l’Arthur Rimbaud : des stupra à la céleste praline – ce qui est tout de même plus beau que le vulgaire caca, n’est-ce pas ? Dès que l’Enfant parlera – les sphincters ne se taisent pas pour ça ! – on lui apprendra la liste des torche-cul qu’en se bidonnant il récitera à l’envers comme à l’endroit. Comme l’écolier limousin ! En attendant que ses limouses à lui deviennent sèches archi-sèches. Rabelais deviendra ainsi son Rabe-bi-bo-bu pour lui servir à tout jamais d’analphabet moins cucul que tant d’abécédaires à la noix ! On passera alors au Sonnet du trou du cul, un sommet s’il en est ! 

Serge Pey a choisi
L’Année terrible / à qui la faute ? de Victor Hugo
et propose en résonance
Graffiti (inédit)
dits par Jean-Luc Debattice 

Graffiti n° 1 DANS UN PAYS OÙ L’ON DRESSE UNE STATUE POUR LA LIBERTé SEULES LES STATUES SONT LIBRES 
Graffiti n° 2 DANS UN PAYS OÙ DIEU EST CRUCIFIÉ SEULE LA TORTURE EST LIBRE 
Graffiti n° 3 DANS UN PAYS QUI NE PARLE PLUS LA LANGUE DE SA TERRE SEULS LES DICTIONNAIRES SONT LIBRES
Graffiti n° 4 DANS UN PAYS OÙ L’ON FAIT DES IMAGES POUR REMPLACER LE FEU SEULE LA TéLéVISION EST LIBRE 
Graffiti n° 5 DANS UN PAYS OÙ LE PéTROLE RECOUVRE LES OISEAUX DE MER SEULS LES DÉSINFECTANTS SONT LIBRES 
Graffiti n° 6 DANS UN PAYS OÙ L’ON PHOTOGRAPHIE LES DERNIERS ARBRES SEUL LE SOuVENIR EST LIBRE  
Graffiti n° 7 DANS UN PAYS OÙ L’ON HéSITE ENTRE LES ENFANTS ET LES CHIENS SEULS LES COLLIERS SONT LIBRES 
Graffiti n° 8 DANS UN PAYS OÙ L’ON PLACE L’HONNEUR EN LéGION SEULES LES ARMéES SONT LIBRES 
Graffiti n° 9 DANS UN PAYS OÙ L’ON JETTE DES PIERRES SUR L’AMOUR SEULES LES PIERRES SONT LIBRES
Graffiti n° 10 DANS UN PAYS OÙ L’ON MET DES MASQUES SUR LE VISAGE DES FEMMES SEULS LES MASQUES SONT LIBRES 
Graffiti n° 11 DANS UN PAYS OÙ L’ON PROCèDE à DES ESSAIS NUCLéAIRES SEULE LA RADIO ACTIVITé EST LIBRE 
Graffiti n° 12 DANS UN PAYS OÙ LA PENSéE EST MISE EN SONDAGE SEULS LES POURCENTAGES SONT LIBRES  
Graffiti n° 13 DANS UN PAYS OÙ L’ON RANGE LES PEUPLES DANS UN MUSÉE DE L’HOMME SEULS LES MUSéES SONT LIBRES 
Graffiti n° 14 DANS UN PAYS OÙ L’ON ENCHAîNE L’UTOPIE DANS DES ASILES SEULES LES CAMISOLES SONT LIBRES 
Graffiti n° 15 DANS UN PAYS OÙ L’ON RASSEMBLE CENT MILLE ENFANTS DANS UN STADE SEUL LE STADE EST LIBRE
Graffiti n° 16 DANS UN PAYS OÙ L’ON DRESSE ENCORE UN PALAIS POUR LA JUSTICE SEUL LE MENSONGE EST LIBRE 
Graffiti n° 17 DANS UN PAYS OÙ LES POèTES SONt ENFERMéS DANS LES PRISONS SEULES LES PRISONS SONT LIBRES 
Graffiti n° 18 CECI N’EST PAS UN POèME CE SONT LES îLES QUI INVENTENT LA MER  

Michel Butor a choisi
La Légende des siècles / La vision d’où est sorti ce livre (extrait) de Victor Hugo
et propose en résonance
Le monde s’écroule et nous survivons (inédit)
dits par Hugues Quester 

Mais le monde n’est-il pas, n’était-il pas déjà fini depuis longtemps ? Depuis des années, des dizaines d’années. Depuis des siècles, des millénaires, des millions d’années ? Les ammonites et bélemnites n’avaient-ils pas disparu rejoints par les lépidodendrons et sigillaires, puis les brontosaures et ptéranodons, les mégathériums et les mastodontes, les drontes et les pigeons passagers dont John James Audubon déclare avoir vu un vol de 1 115 136 000 en 1813 près de Louisville, Kentucky, massacrés au cours du xixe siècle par des industriels qui voulaient les exploiter commercialement, et dont le dernier spécimen connu est mort au zoo de Cincinnati, Ohio, en 1914 ? Depuis longtemps déjà enfouis, Akkad et Sumer, Babylone et Memphis, Teotihuacan, Tikal et Tiahuanaco, Rejoints par tant d’instaurations, anciens, moyens et nouveaux empires, décadences, invasions, démembrements, Avec pillages, dévastations, incendies, démantèlements, enlèvements, supplices, exécutions, Tant de sombres papes, sinistres empereurs, horribles évêques, affreux paysans, effroyables chevaliers, épouvantables mariniers et moines terrifiants, Avec les sécheresses, les déluges, les glissements de terrain, les avalanches, les éruptions, les raz-de-marée, les tornades, Les naufrages, épaves, échouages, inondations, envasements, ensablements, enfouissements, Avec les migrations, colonisations, humiliations, transplantations, occupations, déportations, aliénations, Tant de généraux des grenouilles-scorpions, de commentateurs de pillages, tant de colonels des moustiques-frelons, de visiteurs de dévastations, Tant de commandants des taons-cafards, de présentateurs d’incendies, tant de capitaines des pestes-fureurs, de commandeurs de démantèlements, Tant de lieutenants des ulcères-cancers, d’inspecteurs d’enlèvements, tant de commissaires des grêles-gangrènes, de contrôleurs de supplices, Tant de militaires-sauterelles-murènes, de vérificateurs de ténèbres et d’assassinats, Parmi les balbutiements, éducations, initiations, installations, maturations, vieillissements, décrépitudes, Agonies, ruines, vestiges, cadavres, ossements, fossiles, traces, Les réflexions, les explorations, les méditations, les explications, les inventions, les improvisations, les mutations, Et les nuages qui changent comme les vagues qui changent comme les forêts qui changent comme les villes qui changent comme les rêves qui voyagent comme les nuages et les astres qui survivent dans la précarité comme nous.  

Zéno Bianu a choisi
Dieu / Le hibou (fragment) de Victor Hugo
et propose en résonance
Fugue (inédit)
dits par Denis Lavant 

plus haut
parlez plus haut
les morts
soufflez dans l’infini
plus haut
dans le secret de votre nuit
plus haut
la semence des anges
plus haut
le ciel et ses mains pleines
plus haut
l’immensité du noir
plus haut
parlez plus haut
les morts
parlez pour prendre corps
plus haut
parlez pour prendre cœur


plus haut
le cortège des ombres
plus haut
les fables du naufrage
plus haut
la pulpe du désordre
plus haut
parlez plus haut
les morts
dans la sève de votre vertige
plus haut
votre pluie d’espace
plus haut
ce ressac de tendresse
plus haut
cet iris de solitude
plus haut
ce souffle de pierre meurtrie


plus haut
parlez plus haut
les morts
pour renverser notre sommeil
plus haut
pour prêter l’oreille au sans fond
plus haut
les oiseaux du vide
plus haut les pièges à mélancolie
plus haut
le cœur du couchant
plus haut
parlez plus haut
les morts
pour inciser le monde
plus haut
pour agrandir le temps


plus haut
os lèvres de baptême
plus haut
vos étoiles de fatigue
plus haut
votre blessure d’horizon
plus haut
parlez plus haut
les morts
inlassablement
plus haut dans la montagne des signes
 

Jean-Pierre Lemaire a choisi
Les Contemplations / Pauca Meae VII de Victor Hugo
et propose en résonance
Les Marges du jour / La sagesse
dits par Irène Jacob 

La sagesse se tient derrière notre épaule avec la douceur d’une lampe, comme celle qui nous apprenait à lire. Notre vie est devant nous, ouverte, déployée vers la droite et la gauche beaucoup plus loin qu’à l’ordinaire. Les let­tres, les phrases s’effondrent sans violence, comme des ponts qui ne parviennent plus de l’autre côté. Il reste par endroits quelques majuscules calmes, reconnaissables, qu’elle-même avait dû tracer de sa main.
© La Dogana   

Bernard Noël a choisi
Les Contemplations / Melancholia (extrait) de Victor Hugo
et propose en résonance
La Chute des temps (extrait)
dits par Jérôme Kircher 

alors qu’à chacun le temps est compté
– rien qu’un peu d’eau
qui fuit chacun la fait
sous soi et c’est pourquoi
la poésie doit aller vite
nous sommes tous rêvés par notre mort
en attendant que son réveil nous tue
– moi mon cher je ne suis pas un artiste
car mes yeux ne sont pas d’ici
mais mon corps sait des choses
il lui faudrait des mots des mots
des mots
– vous voyez bien
entre l’émotion et ce qui répond d’elle
tout à coup vient le noir
le monde coupé en deux
un à-pic de douleur
que faire
dans ce qui est là toujours
s’ouvre l’œil du non
et qui
a cousu des mèches sous les ongles
allumé les cinq doigts lumière


lumière la clarté du monde
s’écrit dans l’épais de la chair
mais les hommes ne sont
que l’envers de leur ombre
et ils ne veulent pas être ce qu’ils sont
parfois ce que je fais ressemble au buisson
[d’Abraham
parfois l’écriture est un cri muet
la langue un vieux charbon
dites
combien de morts aujourd’hui
l’électricité est infatigable
les mâchoires cassent
crac n’est pas couac mon ami
ils doivent craquer sans couaquer
soyez pratique celui qui lève le doigt c’est
pour parler donc
faites lever
oh la paix
et qu’elle passe l’entendement
il arrive à la page de penser toute seule
et c’est écrit sur elle et moi
j’ai oublié  

la critique aime bien
qu’un livre soit le gué des dieux
et les accueillir seule
au mépris de l’auteur laissé sur l’autre rive
mais qui
la tête ouverte à la ventée
de l’intuition terrible qui va
vers le finir avec sur les os
le beau regard sans illusion
puis il voit dans son dos
l’obscur troublé par la pointe d’une aile
le bras tombé à l’intérieur du geste
l’éloignement de soi en soi
il dit
qu’ai-je donné
tout à coup son enfance est à côté de lui
comme un petit chien
et la vieille envie de pleurer à cause
des questions sans réponse
je t’aime
mais l’amour n’est pas
l’amour comme une maison
est une maison

toujours
nous sommes trop près de la dernière
demeure et qui entre profit et perte
choisit perte car chaque mot
contient suffisamment de lettres pour
un nouveau monde
et ce serait
es-tu vivant oui ou non
vivant de la tête aux pieds
le rire coulant de ta bouche
plus jeune
mais qu’est-ce qu’un homme
qui peut le dire
on connaît la viande humaine
on sait ce qu’est de l’homme
et comment la viande succède à la viande
économie élémentaire
un peu plus de terre sous la terre
la pourriture sans mentalité
de même
l’art du bourreau
il travaille l’homme
et l’homme est ce reste

que l’art ne réduit pas à
 sa question
encore
fait le bourreau
encore un
qui pensait tout seul
j’ai mis sa tête à gauche

la vie est comme moi
elle coupe court
et il dit
la vie n’a pas besoin
de visages reconnaissables
pas même besoin de moi

© Poésie / Gallimard  

Jean-Marie Barnaud a choisi
Les Feuilles d’automne (extrait) de Victor Hugo
et propose en résonance
Bleu et quoi d’autre (extrait)
dits par André Dussollier 

Maintenant c’est l’hiver sur ta page
Tu ouvres la fenêtre
La nuit a lessivé le ciel des rues
Tu ne sais comment nommer cet écheveau
des antennes des fils des tuyaux
luisant sur le vernis des ardoises
Le tout proche se dédouble
tressaute dans la brume jusqu’aux lointains
sur les colliers de feux et de balises
tendus sur le vide
jusqu’aux tours inertes
que midi n’a pas encore jetées
les unes dans les autres
suspendant aux nuages les branches nues
les réverbères la muraille d’en-face
le flot des voitures
et la foule minuscule 

Est-ce toujours Elseneur sur ces terrasses
où l’ombre des pères revient crier vengeance
et toujours les orphelins incapables
jetés dans les bras de la force par ces fantômes
et titubant dans des postures anciennes

Mais ce qui vient en gloire dans le petit jour
a-t-il jamais manqué aux errants
La lumière la fidèle dresse comme une poursuite
sur la ville
le flambeau de son soleil tout rouge
Pas étonnant que chante le colosse de
Memnon
sous cette main gracieuse 

Et c’est la même qui coule jusqu’ici
passe ses doigts sur le ciment
laisse traîner sa chevelure sur les vitrages
les cheminées d’usine les tubes d’acier bleu
découpe en plans multiples les redents
les arêtes vives des immeubles
jetés comme des falaises
sur le glacis des rues en bas dans l’ombre 

(dirait-on pas ce filet plus fragile
que les feuilles d’un livre
entre les mains tremblantes du lecteur) 

Puis elle se fond sans les vapeurs qui montent
noyée sous les éclats cinglants
des vitrines et des feux
dans la rumeur mécanique
Si frêle et si discrète qu’on perd sa trace
au long du jour où l’on avance courbé 

(sur la nuque ce seraient plutôt
les doigts froids de la nécessité
et aux reins une violence sans visage
puisque jamais on ne se retourne
dans ces rues et sous ces voûtes toujours avides
toujours trop vastes pour nos cris) 

Mais elle persiste la clarté
comme en hiver
dans les collines ou les squares
la neige de la nuit montre
les arbres nus
et la sagesse des oiseaux 

Toujours juste la constante
venue du bleu lointain
beauté sans faille
comme un couteau
elle tranche à vif dans le noir 

Tu lui souris
Le monde est sauf 

Bleu et quoi d’autre

© Cheyne éditeur 

Choix et résonances
(durée totale : 67 min 02 s) 
1. Victor Hugo : Les luttes et les rêves / Le Poëte, dit par Denise Gence   2 min 34 s
2. Andrée Chedid : Le Poète, dit par Denise Gence   1 min 35 s
3. Victor Hugo : Paroles sur la dune, dit par Laurent Terzieff   3 min 16 s
4. Lionel Ray : Le corps obscur, dit par Laurent Terzieff   2 min 02 s
5. Victor Hugo : écrit en 1846, dit par André Wilms   5 min 23 s
6. Armand Gatti : l’improvisation de Kreutzberg, dit par André Wilms   4 min 29 s
7. Victor Hugo : à l’obéissance passive, dit par Jacques Bonnaffé   2 min 46 s
8. Jacques Darras : Binche, les Gilles, dit par Jacques Bonnaffé   5 min 24 s
9. Victor Hugo : L’Art d’être Grand-Père / Jeanne endormie, dit par Jean-Claude Dreyfus   3 min 06 s
10. Jean-Pierre Verheggen : L’Art d’être Grand-Pampers, dit par Jean-Claude Dreyfus   3 min 03 s
11. Victor Hugo : L’Année terrible / A qui la faute ?, dit par Jean-Luc Debattice   4 min 14 s
12. Serge Pey : Graffiti, dit par Jean-Luc Debattice   2 min 58 s
13. Victor Hugo : La Légende des siècles / La Vision d’où est sorti ce livre, dit par Hugues Quester   4 min 05 s
14. Michel Butor : Le Monde s’écroule et nous survivons, dit par Hugues Quester   3 min 12 s
15. Victor Hugo : Dieu / Le hibou, dit par Denis Lavant   2 min 53 s
16. Zéno Bianu : Fugue, dit par Denis Lavant   2 min 35 s
17. Victor Hugo : Les Contemplations / Pauca Meae VII, dit par Irène Jacob   1 min 55 s
18. Jean-Pierre Lemaire : Les Marges du jour / La Sagesse, dit par Irène Jacob   0 min 39 s
19. Victor Hugo : Les Contemplations / Melancholia, dit par Jérôme Kircher   5 min 26 s
20. Bernard Noël : La Chute des temps II, dit par Jérôme Kircher   3 min 41 s
21. Victor Hugo : Les Feuilles d’automne (extrait) dit, par André Dussollier   2 min 18 s
22. Jean-Marie Barnaud : Bleu et quoi d’autre, dit par André Dussollier   2 min 56 s

Retrouvez les poèmes de Victor Hugo sur Internet
et des ressources éducatives sur le site du CNDP ainsi que la totalité du catalogue Frémeaux & Associés sur internet

Ecouter Arts et Culture  Victor Hugo et les poètes contemporains (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




PisteTitre / Artiste(s)Durée
01 LES LUTTES ET LES REVES LE POETE - GENCE02'34
02 LE POETE - GENCE01'35
03 PAROLES SUR LA DUNE - TERZIEFF03'16
04 LE CORPS OBSCUR - TERZIEFF02'02
05 ECRIT EN 1846 - WILMS05'23
06 L IMPROVISATION DE KREUTZBERG - WILMS04'29
07 A L OBEISSANCE PASSIVE - BONNAFFE02'46
08 BINCHE LES GILLES - BONNAFFE05'24
09 L ART D ETRE GRAND PERE JEANNE ENDORMIE - DREYFUS03'06
10 L ART D ETRE GRAND PAMPERS - DREYFUS03'03
11 L ANNEE TERRIBLE A QUI LA FAUTE - DEBATTICE04'14
12 GRAFFITI - DEBATTICE02'58
13 LA LEGENDE DES SIECLES LA VISION D OU EST SORTI CE - QUESTER04'05
14 LE MONDE S ECROULE ET NOUS SURVIVONS - QUESTER03'12
15 DIEU LE HIBOU - LAVANT02'53
16 FUGUE - LAVANT02'35
17 LES CONTEMPLATIONS PAUCA MEAE VII - JACOB01'55
18 LES MARGES DU JOUR LA SAGESSE - JACOB00'39
19 LES CONTEMPLATIONS MELANCHOLIA - KIRCHER05'26
20 LA CHUTE DES TEMPS II - KIRCHER03'41
21 LES FEUILLES D AUTOMNE - DUSSOLLIER02'18
22 BLEU ET QUOI D AUTRE - DUSSOLLIER02'56
"Victor Hugo Et Les Poètes Contemporains" par Notes Bibliographiques

“Tous ces textes sont remarquablement dits.” M.H., NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

"Un hommage de poètes contemporains à Victor Hugo, Vingt-deux extraits des œuvres du Maître et, en résonance, autant de créations choisies par nos plus originaux écrivains qui font ainsi apparaître la modernité du poète. Andrée Chedid a choisi Les Luttes et Les Rêves et propose « le Poète » un inédit de 2001. Pour Armand Gatti c’est « Ecrit en 1846 » et son « improvisation de Kreutzberg ». Michel Butor propose un extrait de La Légende des siècles et un de ses inédits «  Le monde s’écroule et nous survivons ». Et bien d’autres…
Tous ces textes sont remarquablement dits par Laurent Terzieff, André Dussolier, Irène Jacob, etc. Dans ce très intéressant et original CD il n’y a jamais opposition mais fusion puisque la poésie est intemporelle. Michel Butor, en prologue dans le livret joint, écrit en quelques lignes remarquables ce que l’on pense sans savoir l’exprimer sur toute l’œuvre de Victor Hugo que l’on célèbre cette année." (M.H.) NOTES BIBLIOGRAPHIQUES




« Inventif et audacieux » par Nice Matin

Inventif et audacieux, l’album va au-delà de l’anthologie sonore, mettant « en résonance »onze poèmes de Hugo avec des pièces d’aujourd’hui. Ainsi, au « Poëte », de Hugo, répond « Le poète » d’Andrée Chédid ; aux « Paroles sur la dune » fait écho « Le Corps obscur » de Lionel Ray – les deux textes étant dits par Laurent Terzieff. Citons aussi « A l’obéissance passive » (« O soldats de l’an deux… ») qui dialogue, à travers le temps, avec « Binche, les Gilles » de Jacques Darras. Pour sa part, le comédien Jean-Claude Dreyfus rira, autant qu’il dira, « Jeanne endormie », de « l’Art d’être grand-père » - avant de déclamer « L’Art d’être Grand-Pampers », poème de Jean Verheggen, à l’humour plutôt incontinent…Autres écrivains et poètes invités aux cérémonies du bicentenaire : Armand Gatti, Serge Pey, Michel Butor, Zéno Bianu, Jean-Pierre Lemaire, Bernard Noël, Jean-Marie Barnaud.
NICE MATIN




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