LA GRANDE FAIM

RACONTE PAR PAUL-EMILE VICTOR

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Livret : 16 PAGES
Nombre de CDs : 3


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FA8054

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Texte intégral raconté par Paul-Emile Victor pour la radiodiffusion française en 1956.

Le 31 août 1934, quatre jeunes savants - avec à leur tête le jeune Paul-Émile Victor - s’installent pour l’hiver à Tassiussak, minuscule bourgade qui sert de “capitale” aux Ammassalimiout, le peuple qu’ils ont décidé de rencontrer au Groenland.
Grâce à sa liaison avec Doumidia, une jeune Esquimaude, Paul-Émile Victor apprend très vite la langue inuit et se fait raconter les histoires autochtones. Nourri de cette culture et marqué par le traumatisme constitutif de l’histoire des esquimaux que sont les grandes famines de 1882-1883, il collecte les récits qui composent "La Grande Faim" en hommage au peuple qu’il fut le premier et le seul à si bien connaître.
Cet enregistrement en 3 CD est accompagné d'un livret de 16 pages réalisé par Roger Cans.
Patrick Frémeaux

Note : Ce document historique et ethnographique exceptionnel présente des situations extrêmes qui sont de nature à heurter un jeune public.

Production : Frémeaux & Associés à partir des archives de l'INA en accord avec Daphné Victor pour la Succession Paul-Emile Victor.
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Paul-Émile Victor La Grande Faim

Paul-Émile Victor 
La Grande Faim

Racontée par Paul-Émile Victor
Enregistrement Historique 1956 







La Grande Faim
CD1
01. Présentation    1,03
02. MATTAK    3,21
03. Un matin, Mattak rassembla ce qu’il avait de plus précieux.    3,11
04. Quand il se réveilla, son voisin ne respirait plus.    3,33
05. Il marchait toujours, inconscient, quand se dressa devant lui…     5,18
06. Il fut réveillé par les chasseurs qui rentraient.    3,07
07. Quand les lampes à huile furent rallumées…    2,09
08. Dehors, il faisait clair, à peine.    4,07
09. Lorsqu’il repris conscience, une masse lui écrasait les jambes.      1,00
10. Quatre ou cinq jours plus tard, il était encore étendu dans le trou.      2,35
11. A la nuit Matak descendit au rivage et détacha un hummock...      3,52
12. Au soir, les hommes revinrent d’Ikatek.    2,41
13. Mattak reparut le lendemain, après le départ des chasseurs.      3,31
14. Il revit sa hutte, alors que le soleil venait de se coucher…    1,52 

CD2
01. AYATOK    3,12
02. A Nortsit, il raconta ce qu’il avait vu.    3,08
03. Le ciel est gris, triste, lourd, presque compact.    3,29
04. Ils ne pouvaient détacher leurs regards de ces yeux sans vie,…     3,22
05. Kounouk était parti avec sin fils ainé, abandonnant ses femmes…     3,43
06. L’hiver fut en effet très mauvais.    3,15
07. Depuis plusieurs jours, la maison était restée entièrement silencieuse.     3,22
08. Pendant des jours et des jours, elle entendit les respirations…      4,45
09. IGUIMADEK    2,17
10. Dans la hutte de Tsiokra, la famine continuait.    2,53
11. Le lendemain, la femme d’Iguimadek se réveilla avec le jour.     4,34
12. Avec son couteau, Iguimadek raclait soigneusement…    3,16
13. Des mois passèrent.    3,42
 14. Quand la lumière du jour baissa, Iguimadek dit à sa femme :      7,10
15. Les caches à provisions…    4,36 

CD3
01. KOUNOUK    3,57
02. Les deux hommes, debout devant la hutte…    4,39
03. C’était l’hiver de 1883.    3,52
04. Parfois brutal, un cri retentissait.    2,50
05. Pour tous, ce soir-là, la tente retentissait de cris et de rires.    4,26
06. La pêche n’avait pas été fructueuse.    1,32
07. Dans le fjord de Sermidigak, ils retrouvèrent le grand iceberg…     3,32
08. Un matin, le père de Natsek, vieillard aux jambes paralysées…     2,18
09. Un soir, Kounouk décida de consulter ses esprits-aides.    3,29
10. Depuis longtemps déjà, le floe était venu se ressouder…    4,43
11. Sur la glace du fjord, les deux hommes marchaient…    6,13
12. Les jours s’allongeaient, mais sur la glace du fjord...    4,47
13. Dans la bassine de Natsek, sous laquelle ils avaient fait un feu…     3,28
14. Les deux hommes étaient montés sur un petit iceberg.    4,41
15. L’été était revenu et, avec lui, la débâcle des glaces.    3,39  

Paul-Emile Victor,  ingénieur, marin, aviateur et ethnologue 
Très jeune, le petit Paul, Eugène Victor rêve de voyages, d’exotisme et de découvertes. Dans sa “mansarde” de la maison familiale de Lons-le-Saunier, il a épinglé deux photos découpées dans un magazine : l’une représente un pêcheur tahitien dans sa pirogue, le harpon à la main, et l’autre une vahiné “langoureusement étendue, au coucher du soleil sur Mooréa”. A l’époque, en effet, le petit Victor, soumis au froid polaire du Jura, se voit plutôt explorateur des îles tropicales, comme Alain Gerbault, le navigateur solitaire, ou Paul Gauguin, le peintre fou des couleurs polynésiennes. Destiné à reprendre l’usine paternelle où l’on fabrique des pipes et des stylos, le jeune Paul Victor entre à l’Ecole centrale de Lyon et obtient son diplôme d’ingénieur. Mais il n’est pas pressé de reprendre l’usine du père et, rêvant toujours de “bourlingue”, il passe l’examen de l’Ecole nationale de navigation maritime à Marseille. Trois semaines plus tard, il embarque sur le Canada, un navire à vapeur de la marine marchande qui l’emmène aux Açores et à New York, puis, lors d’une deuxième course, à Beyrouth. A défaut de paradis tropicaux, le nouveau marin découvre le voyage au long cours et l’exotisme. Une passion qui ne le lâchera plus. Pour son service militaire, tout naturellement, il choisit la Marine. Il devient élève officier à bord du cuirassé Voltaire, puis aspirant sur le porte-avions Béarn. Des bateaux et des avions : tout ce qui plaît à ce jeune bourgeois provincial tenté par l’aventure. Après son temps de service, il décide donc de rester dans la Marine, où ses camarades de promotion l’ont baptisé Paul-Emile. Ce prénom de chambrée va lui rester, comme si l’ingénieur cédait la place à un homme nouveau : le marin. Paul-Emile Victor embarque alors sur des navires aux noms qui chantent comme l’Ardent et l’Impétueuse. Mais, bien vite, il déchante, en constatant que ces navires ne sont selon lui que des “mouille-cul”, dont les missions techniques n’offrent guère d’intérêt. Il se morfond en effet à faire des dragages hydrographiques au large de Saint-Malo, entre le Cap Fréhel et la pointe du Grouin.

Lui qui rêvait d’horizons lointains et d’escales exotiques, le voilà réduit à faire du cabotage rapproché sous les ordres de fonctionnaires galonnés. Très peu pour lui. Notre hardi navigateur donne donc sa démission et rentre à Lons-le-Saunier, où il se résout à prendre du service dans l’usine de son père. Travailler dans l’usine de Papa pour fabriquer des pipes et des stylos, quelle déchéance pour un bourlingueur ! Mais, que ce soit dans la marchande ou la Royale, Paul-Emile Victor a fait le tour de la vie de marin professionnel. Ce métier ne l’amusant plus, il revient donc a celui qu’il n’a encore jamais exercé, le métier d’ingénieur. Pendant deux ans, il se retrouve donc aux Etablissements Victor de Lons-le-Saunier, fabrique de pipes et stylos. De son bureau vitré, encombré de registres et de dossiers techniques, il peut voir les ateliers où s’activent les ouvriers. Les tourneurs sur bois travaillent la racine de bruyère pour les pipes et les fabricants de stylos travaillent la galalite. Les produits ébauchés sont ensuite confiés aux ponceurs et aux polisseurs, qui apportent la touche finale. De l’artisanat à la chaîne, en somme. Pour échapper à la routine de l’usine, Paul-Emile s’est trouvé une nouvelle passion : l’aviation. Tous les aventuriers de l’époque, de Saint-Exupéry à Malraux, en passant par Cousteau (qui renoncera après un accident de voiture), sont fascinés par ce nouveau mode de transport qui offre une nouvelle vision du monde. L’ingénieur de Lons-le-Saunier fait donc des escapades à Paris, où son ami Jean-Paul de Cambronne l’initie au pilotage sur le “terrain d’aviation” d’Orly. Il passe son brevet de pilote sur un Potez 36, ce qui lui permet de faire un tour de France aérien organisé par la firme Dunlop. Enhardi par ses escapades parisiennes, Paul-Emile abandonne l’usine paternelle pour entreprendre de nouvelles études. Il s’installe à Paris et obtient plusieurs certificats de lettres et une licence de science, avec notamment des certificats de minéralogie et cristallographie. Curieux de tout, il s’inscrit aussi en ethnologie, afin de retrouver ces peuples polynésiens qui le poursuivent. Il se rend donc au Collège de France pour suivre les conférences du professeur Lévy-Bruhl et au musée d’Ethnographie du Trocadéro — le futur musée de l’Homme — où il trouve son maître en la personne du professeur Marcel Mauss. Pour compléter sa formation académique, Paul-Emile Victor a déniché dans le grenier familial de Lons-le-Saunier une collection de l’Illustration, où il découpe tous les articles concernant les peuples dits primitifs. Il se constitue ainsi des dossiers sur toutes les régions reculées du monde, en soignant particulièrement le dossier poly­nésien. Lorsque le directeur du musée, Paul Rivet, lui propose une mission à Madagascar, il refuse pour ne pas gâcher ses chances en Polynésie ! 

L’hiver chez les Eskimos
Mais c’est vers un tout autre horizon qu’il partira finalement en 1934. Par l’intermédiaire d’un oncle, il fait la connaissance du docteur Charcot, qui mène depuis vingt ans des expéditions océanographiques dans les mers polaires. Le savant lui propose de l’emmener en mer du Groenland, sa prochaine campagne. L’apprenti ethnologue, alors âgé de vingt-six ans, accepte curieusement d’embarquer sur le Pourquoi pas ? pour une destination dont il n’a jamais rêvé. Mais il est séduit par le prestige du “gentle­man polaire” et de son équipe scientifique, qui compte Jacques Monod, futur prix Nobel de Médecine, Emile Tellier, futur directeur de l’Institut de physique du globe de Paris, et Pierre Drach, futur professeur à la Sorbonne et directeur du laboratoire d’océanographie biologique de Roscoff. Désireux de se lancer dans l’ethnologie de terrain, Paul-Emile Victor envisage alors un projet audacieux : passer un an chez les Eskimos du Groenland. Pour cela, il constitue une équipe, composée de Robert Gessain, anthropologue de l’Institut d’ethnologie de Paris, Fred Matter, rencontré dans un magasin de sports, qui fera office de cinéaste, et son ami Michel Pérez, dit “Micha”, un géologue genevois avec lequel il a fait de l’alpinisme. Du ministère de l’Instruction publique il obtient une bourse de 8.000 F, avec laquelle il achète des vivres et du matériel, et notamment la pellicule de 35mm pour le film de l’expédition. Le 31 août 1934, le Pourquoi pas ? débarque les quatre “jeunes savants”, qui s’installent pour l’hiver dans une maison en dur à Tassiussak, minuscule bourgade qui sert de “capitale” aux Ammassalimiout, le peuple à étudier. Grâce à sa liaison avec Doumidia, une jeune Esquimaude, Paul-Emile apprend très vite la langue inuit et se fait ra­conter les histoires qui déboucheront sur La grande faim. Ce recueil de récits, publié chez Julliard en 1953, rend compte avec une précision ethnographique d’un drame collectif survenu chez le peuple inuit un demi-siècle plus tôt. Durant les hivers 1882 et 1883, en effet, une terrible famine a frappé la côte orientale du Groenland, contraignant les habitants à dévorer leurs morts, y compris parents et enfants. En 1956, l’explorateur lira lui-même des extraits de cet ouvrage pour la Radiodiffusion française. Outre les récits des anciens, l’ethnologue enregistre les chants traditionnels inuits, qu’il transcrit en langage phonétique. Observateur à l’œil acéré, il dessine aussi tout ce qu’il voit, objets usuels, personnages, scènes de chasse ou paysages. Ses dessins témoignent d’un réel talent artistique et, souvent, d’une touche d’humour ou de poésie.

Tombé sous le charme du Groenland, Paul-Emile Victor organise une deuxième expédition en 1936, avec cette fois l’ambition de traverser tout le pays en traîneaux à chiens. Il fait alors équipe avec un artiste danois, Eigil Knuth, et ses deux compagnons Gessain et Pérez. Avec 1.400 kilos de matériel, répartis sur trois traîneaux tirés par trente-trois chiens, les quatre hommes vont parcourir quelque 800 kilomètres. Au terme de cette expédition harassante, “PEV” décide de rester seul au Groenland pour un second hivernage ! Ses trois compagnons repartent sur un navire danois et le film de l’expédition, confié au docteur Charcot, va malheureusement sombrer avec le Pourquoi pas ? Pour son deuxième hivernage, PEV choisit l’immersion totale : il vit seul avec vingt-six Eskimos entassés dans une hutte de huit mètres sur six. Ses notes, ses dessins et ses enregistrements permettront la publication, beaucoup plus tard, de La civilisation du phoque. Quant aux objets utilisés par les Eskimos, il en rapporte des caisses pleines au musée du Trocadéro, qui va enregistrer 3.500 pièces ethnographiques en provenance du Groenland. Après une expédition en Laponie, en 1939, PEV prévoit d’étudier tous les peuples du cercle polaire. Mais survient la guerre, qui va lui faire abandonner complètement l’ethnologie. Passé au Maroc, puis en Martinique, PEV rejoint les Etats-Unis après leur entrée en guerre. Il y deviendra officier parachutiste, spécialiste des opérations de sauvetage dans le grand Nord, en Alaska. 

Expéditions lourdes
Son expérience américaine le convainc d’une chose : l’exploration polaire a besoin de se renouveler en utilisant les moyens modernes comme l’avion et les engins à chenillettes. Il réussit à en convaincre le gouvernement français, qui crée en 1947 les “Expéditions polaires françaises”, une structure légère faite pour lui. Ces EPF, que l’on nomme plus couramment “missions Paul-Emile Victor”, vont devenir un secteur important de la recherche scientifique française. La première expédition lourde aura lieu au Groenland en 1948, pour étudier l’inlandsis, c’est-à-dire le plateau central de l’île, totalement inhabité. De l’ethnologie, des sciences de l’homme, PEV passe à la géologie, à la glaciologie, à la météorologie, aux sciences de la terre. C’est pour lui un changement complet de cap, mais il reste dans l’élément polaire et les milieux extrêmes. La première expédition des EPF vers l’Antarctique, qu’il dirige de Paris, sera bloquée par les glaces et ne pourra donc débarquer sur le continent blanc. Mais il y en aura d’autres, pratiquement chaque année. Jusqu’en 1953, PEV conduit personnellement les missions d’été au Groenland, mais il laisse ses compagnons hiverner pour s’occuper des expéditions antarctiques, depuis son “bunker” du bois de Boulogne, le nouveau siège des EPF.

C’est seulement le 1er janvier 1956, à l’âge de quarante-huit ans, que PEV découvre le continent antarctique. C’est pour lui un émerveillement : “Nulle part au monde, écrit-il, la mer, la glace étincelante, la montagne majestueuse ne s’allient aussi prodigieusement pour créer ce qui est probablement l’une des plus formidables merveilles de notre Terre.” Il y fera une quinzaine de séjours jusqu’à sa dernière expédition, en 1976. Ces expéditions polaires françaises, menées depuis la base permanente Dumont-d’Urville, en Terre Adélie, vont permettre à la France de faire jeu égal avec les autres bases scientifiques établies par les Américains, les Russes et les Anglais (Australiens et Néo-Zélandais surtout). Grâce aux EPF, la science française réussit à faire bonne figure à l’occasion de l’Année Géophysique Internationale, en 1957-1958. Désormais, l’explorateur cède la place à l’organisateur, qui prépare, contrôle et assure toute la logistique des expéditions polaires. Grâce à sa formation de marin et d’aviateur, grâce aussi à ses expériences d’hivernage, il connaît parfaitement les besoins des hommes en matériel et les performances des uns et des autres. Enfin, par son entregent à Paris, il réussit à maintenir le budget des EPF au niveau souhaitable. Tout repose donc sur lui pendant trente ans ! 

Ecologie scientifique
Sous l’influence de Louis Armand, ancien patron de la SNCF devenu protecteur de la nature, PEV crée en 1968 une Fondation pour la sauvegarde de la nature, dont il devient délégué général. L’explorateur polaire, promoteur du matériel moderne et des expéditions lourdes, devient peu à peu partisan d’une “écologie scientifique”, fondée sur la connaissance et la maîtrise des techniques de pointe. En 1974, il fonde le “Groupe Paul-Emile Victor pour la défense de l’homme et de son environnement”, où il associe des baroudeurs de la science comme lui, à savoir Jacques-Yves Cousteau, Haroun Tazieff, Alain Bombard, Louis Leprince-Ringuet et Jacqueline Auriol. Mais le groupe des globe-trotters a du mal à se réunir pour travailler et, au bout de deux ans, PEV abandonne. En fait, il a un autre projet en tête : avec sa seconde femme, Colette, il veut s’installer en Polynésie et réaliser ainsi son rêve de jeunesse, à soixante-dix ans ! PEV décroche donc complètement en 1977 et s’installe à Bora-Bora, un des plus beaux lagons de la Polynésie française. Si l’on n’accède à son motu (paillote) qu’en bateau, l’île de Bora-Bora n’est cependant pas coupée du monde, car elle dispose de la première piste d’atterrissage de l’archipel, construite durant la guerre par les Américains. D’où le choix de l’explorateur retraité, qui peut retrouver la civilisation d’un coup d’aile. Pendant ce temps, une ethnologue du Musée de l’Homme, Joëlle Lamblin, met la main sur un trésor oublié dans les réserves : les quarante kilos de notes prises avant guerre par PEV au Groenland, entassées dans une cantine anonyme. La jeune ethnologue se passionne pour ces documents et, avec l’aide de leur auteur, publie en 1989 le premier tome de La civilisation du phoque.

De sa retraite polynésienne, PEV replonge donc dans l’ethnologie des Inuits, bien involontairement, mais aussi bien volontiers. Le patriarche devient dès lors une vieille gloire à qui l’on rend visite dans son lagon. Il reçoit ainsi Claude Lorius, un de ses chercheurs de l’Antarctique devenu éminent glaciologue, et le commandant Cousteau, venu avec sa Calypso le féliciter d’avoir défendu avec lui le continent blanc. Pour les autorités françaises, le patriarche est devenu une institution à qui l’on rend hommage. Michel Rocard, premier ministre, vient lui remettre personnellement le cordon de grand officier de la Légion d’honneur. Et le président Mitterrand lui rend une visite d’Etat, lui en complet veston et PEV en chemisette et paréo ! En décembre 1991, un cyclone lui rend une visite plus désagréable, détruisant sa paillote et dispersant sa bibliothèque et ses souvenirs personnels. Ses amis Maurice Herzog et Roger Frison-Roche se mobilisent alors pour lui venir en aide et reconstituer son motu bien aimé. Il y meurt paisiblement le 7 mars 1995. Pour immerger son corps en mer, selon le rituel des marins morts en service, la Marine nationale dépêche la frégate Dumont d’Urville, comme un dernier clin d’œil à l’explorateur polaire.
Roger Cans. 
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS - GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2004 


Repères

1907 :    naissance à Genève.
1928 :    diplôme de l’Ecole centrale de Lyon. Ecole de navigation maritime de Marseille.
1931 :    brevet de pilote d’avion.
1933 :    licence de sciences.
1934 :    diplôme de l’Institut d’ethnologie de Paris.
1934-1935 :    premier hivernage au Groenland.
1936-1937 :    traversée du Groenland à pied et deuxième hivernage.
1938 :    raid transalpin de Nice à Chamonix en traîneau à chiens.
1939 :    expédition en Laponie.
1940 :    attaché naval en Norvège et Finlande.
1941 :    refuge au Maroc, puis en Martinique et enfin aux Etats-Unis.
1943 :    officier parachutiste de l’US Air Force.
1944 :    commandant de l’escadrille Search and rescue à Nome (Alaska).
1946 :    capitaine de l’US Air Force.
1947 :    création des Expéditions polaires françaises.
1948 :    première expédition lourde au Groenland.
1949 :    première expédition du Commandant Charcot en Antarctique.
1949-1953 :    expéditions au Groenland.
1956 : premier séjour de PEV en Antarctique.
1956-1970 :    chef de l’expédition glaciologique au Groenland.
1976 :    dernière expédition polaire de PEV.
1977 :    installation à Bora-Bora (Polynésie française).
1989-1993 :    publication, avec Joëlle Lamblin, des deux tomes de La civilisation du phoque.
1995 :    mort à Bora-Bora.   

Ecouter Paul-Émile Victor  La Grande Faim (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Deux hivers de famine01'03
02 Mattak03'21
03 Un matin: Mattak rassembla03'11
04 Quand il se reveilla son voisin03'33
05 Il marchait toujours inconscient05'18
06 Il fut réveillé par les chasseurs qui rentraient03'07
07 Quand les lampes à huile furent rallumées02'09
08 Dehors, il faisait clair à peine04'07
09 Lorsqu'il reprit conscience01'00
10 Quatre ou cinq jours plus tard02'35
11 A la nuit Matak descendit03'52
12 Au soir les hommes revinrent02'41
13 Mattak reparut le lendemain03'31
14 Il revit sa hutte01'52
CD 2
01 Ayatok03'10
02 A nortsit, il raconta03'08
03 Le ciel est gris03'29
04 Ils ne pouvaient détacher leurs regards03'22
05 Kounouk était parti avec son fils03'43
06 L'hiver fut en effet très mauvais03'15
07 Depuis plusieurs jours03'22
08 Pendant des jours et des jours04'45
09 Iguimadek02'17
10 Dans la hutte de Tsiokra02'53
11 Le lendemain, la femme d'Iguimadek04'34
12 Avec son couteau03'16
13 Des mois passèrent03'42
14 Quand la lumière du jour baissa07'10
15 Les caches à provisions04'36
CD 3
01 Kounouk03'57
02 Les deux hommes debout04'39
03 C'était l'hiver de 188303'52
04 Parfois brutal, un cri retentissait02'50
05 Pour tous ce soir là04'26
06 La pêche n'avait pas été fructueuse01'32
07 Dans le fjord03'32
08 Un matin le père de Natsek02'18
09 Un soir Kounouk décida03'29
10 Depuis longtemps déjà04'43
11 Sur la glace du fjord06'13
12 Les jours s'allongeaient04'47
13 Dans la bassine03'28
14 Les deux hommes étaient montés04'41
15 L'été était revenu03'39
"La Grande faim" par le Musée du Quai Branly

Recommandé par le Musée du Quai Branly (sélection du site octobre 2006).





"Un document historique et ethnographique exceptionnel" par Le Journal du médecin

Paul-Emile Victor, ce vagabond des Pôles avait enregistré en 1956 un document historique et ethnographique exceptionnel : les récits sur la grande famine qui toucha les Esquimaux du Groenland en 1882 et 1883. Un récit collecté auprès des Ammassalimiout peuple auprès desquels Victor et trois autres jeunes savants passent un hiver à Tassiussak au Groenland en 1934. Grâce à sa liaison avec Doumidia, une jeune Esquimaude, il apprend très vite la langue inuit (on le voit, l'amour a bien une fonction) et se fait raconter les histoires autochtones. Nourri de cette culture et marqué par le traumatisme constitutif de l'histoire esquimaude que sont les grandes famines du siècle dernier, il assemble les récits et témoignages qui composent cette Grande faim. Un récit terrible et qui donne la chair de poule (pas seulement à cause du froid, d'ailleurs) malgré la voix imperturbable et le timbre de granit du grand navigateur. A croire que lui aussi est prisonnier des glaces de l'émotion. B.R.-LE JOURNAL DU MEDECIN





« La voix de Paul-Emile Victor » par Le Républicain Lorrain

On associe invariablement et à juste titre le nom de Paul-Emile Victor à la grande saga des expéditions polaires, et pourtant lui rêvait de Polynésie. C’est d’ailleurs à Bora-Bora qu’il finira ses jours, en 1995. Mais le hasard allait bâtir la légende de l’exploration sous d’autres latitudes. Quand il rencontre Charcot en 1934, l’apprenti ethnologue de vingt-six ans répond à l’invitation de son aîné. PEV embarque à bord du « Pourquoi pas ? », cap sur le Groenland. Il y passe un premier hiver, apprend de sa compagne Doumidia la langue inuit, et collecte – entre autres – les récits rapportant la grande famine de 1882-1883. Un épisode terrible puisque les Esquimaux dévorent leurs morts pour survivre. Paul-Emile Victor consignera ces récits dans son premier ouvrage, « La Grande Faim », paru en 1953. Il lira lui-même à la radio des extraits de son livre en 1956. Les extraits de ce document sonore unique, qu’édite aujourd’hui Frémeaux & Associés, ont double valeur de témoignage : ils racontent un épisode tragique de l’histoire du peuple inuit (un avertissement signale la description de « situations extrêmes » pouvant « heurter les sensibilités des plus jeunes et/ou aiguisées ») et restituent la voix de l’explorateur.
Francis KOCHERT – LE REPUBLICAIN LORRAIN




"Un bouleversant récit" par Notes Bibliographiques

Dès sa première expédition, en 1936, Paul-Emile Victor apprit la langue des Inuits, ce qui lui permit de recueillir de la bouche des rares survivants le récit des effroyables famines qui sévirent en 1882 et 1883, sujet de ces quatre nouvelles écrites en 1953. Un Esquimau, à la recherche de vivres qui pourraient sauver sa famille, aborde chaque hutte avec le rituel « A vous là-dedans » ; la seule réponse - quand il y en a une - est toujours la même : « ici, il y a de la faim », puis la terrible conclusion : « ils mangent de l’homme. » En effet, la faim est si intolérable qu’ils n’hésitent pas à dévorer leurs morts pour survivre. Cependant certains préfèrent se noyer pour éviter d’êtres mangés ; les femmes accompagnent leurs enfants dans la mort avec un sang-froid et une sérénité étonnants. L’auteur a une belle voix et lit ce bouleversant récit avec retenue. Livret joint avec biographie de l’explorateur et discographie. NOTES BIBLIOGRAPHIQUES




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