NOUVELLES D'ALPHONSE ALLAIS

LU PAR PIERRE BELLEMARE

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Alphonse Allais trompe son monde. Il a l’humour des désespérés, écrit sans y croire, en journaliste, se laisse piquer ses idées, vit une vie sans lendemain.  En marge de l’institution littéraire de son vivant, la postérité le rattrape. On le prend pour un rigolo, conteur sans prétention, chroniqueur divertissant. Il est plus que cela.
Breton l’introduit dans le panthéon des modernes à côté de Lautréamont, de Rimbaud : “il excelle à mettre en difficulté l’individu satisfait, ébloui de truismes et sûr de lui qu’il côtoie chaque jour dans la rue.”
Ses contes, en apparence, sont bien trop légers pour être de l’art. Et pourtant, c’est leur insignifiance ou nullité qui les élève au rang d’objets résolument modernes. Allais insiste sur des détails insignifiants (la manière de dormir avec sa barbe par exemple). Résultat : le quotidien devient absurde. Mis hors contexte, vu à la loupe, le normal n’est pas si normal. Le réel est déplacé.
Alexandre Wong & Claude Colombini

La barbe ; Le bouchon ; Les templiers ; Truc canaille ; Un excellent truc ; Un cérémonial fixe ; Le temps bien employé ; Allumons la bacchante ; Le monsieur et le quincailler ; L'aventure de l'homme orchestre ; Utilité du bottin des départements ; Le petit loup et le gros canard : idylle ; Une des beautés de l'administration française.

Droits : Groupe Frémeaux Colombini en accord avec PBRK et Pierre Bellemare. (Collection grands textes littéraires à écouter sur CD - La Librairie Sonore).

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ALPHONSE ALLAIS nouvelles

ALPHONSE ALLAIS - Nouvelles
Lu par Pierre Bellemare
La Barbe * Le Bouchon * Les Templiers * Truc Canaille * Un excellent truc * Un cérémonial fixe * Le temps bien employé * AlLumons la bacchante * Le monsieur et le quincailler * L’aventure de l’homme orchestre * Utilité du bottin des départements * Le petit loup et le gros canard : idylle * Une des beautés de l’administration française





Alphonse Allais
Naissance le 20 octobre 1854 à Honfleur. Reçu bachelier ès sciences à 17 ans, il est pris comme stagiaire dans la pharmacie de son père. “C’est dans le laboratoire paternel qu’il fit ses premiers essais de photographie en couleurs… Plus tard, quand Allais rencontra Charles Cros, ce génie incomplet mais prodigieux qui, bien avant Edison, imagina et décrivit le phonographe [1878], ils travaillèrent ensemble à la photographie en couleur et aux pierres précieuses (Jeanne Leroy-Allais, Alphonse Allais, souvenirs d’enfance et de jeunesse)”.

Voyage à Paris pour parfaire ses études de pharmacie. Il habite le boulevard Beaumarchais avant d’être l’étudiant bohème du quartier latin qu’il décrit dans Truc canaille. Physiquement, “C’était à l’époque, un grand garçon bien découplé avec une chevelure blonde extrêmement abondante et fine, le teint vermeil, le front élevé, les lèvres charnues et très fraîches, le nez droit, l’oreille bien faite et bien attachée, les mains remarquablement belles. Tout cela constituait un ensemble robuste et sain, avec beaucoup de finesse et un peu de malice dans le regard (ibid.)”. Moralement, la nature d’Allais était assez déconcertante. Ceux qui, le voyant d’accueil si aisé, de parole si simple et si franche, s’imaginaient pouvoir pénétrer jusqu’au fond de son âme, se trompaient étrangement. Il avait certaines idées et surtout certains sentiments qu’il gardait avec une extrême pudeur, et bien peu le connurent assez pour deviner cette doublure de lui-même. Ses condisciples étaient trop jeunes pour une telle exploration psychologique ; ils ne virent en lui que le brave garçon d’humeur joviale, de caractère facile qui les amusait par sa verve et par sa fantaisie toujours en éveil (ibid.)”.

Alphonse Allais débute en 1882 comme collaborateur au journal de cabaret Le Chat noir avant d’en devenir le rédacteur en chef. Par plaisir, il avait déjà écrit dans un journal humoristique Le Tintamarre. Il donne à la presse (à Gil Blas, au Journal, à Sourire) en moyenne deux à trois contes par semaine. 1680 contes seront ainsi publiés. Son rythme d’écriture se calque sur la quantité de papiers à rendre. Obligé de gagner sa vie après l’abandon de ses études de pharmacie, le journalisme devient son métier. Il commence par boucher anonymement ou sous un pseudonyme les trous des fins de colonne en publiant des “nouvelles à la main” – échos, blagues, petites correspondances, poèmes… – avant de trouver la forme courte de ses histoires. 

C’est au cabaret du Chat noir, petite salle “montmartroise”, devant un cercle d’étudiants et d’artistes, 89 boulevard Rochechouart (Esoterik Satie, comme l’appelle Allais, y est pianiste), et aux terrasses de café, qu’il s’essaie à son art de conteur. Avant d’écrire, il dit, s’adressant à son auditoire, arbitre de sa prose. D’où le caractère oral de son style fait d’exclamations, d’allusions, de post-scriptum, d’interpellations, d’apartés... Allais habite en 1899 la Villa Baudelaire à Honfleur : “L’ombre de Baudelaire n’est pas loin et, en effet, les biographes rappellent que lorsque le poète vient voir sa mère à Honfleur il se plaît à rendre visite au père d’Alphonse Allais et marque sans doute son empreinte sur l’enfant (Breton, Anthologie de l’humour noir)”. Frappé d’embolie, il meurt le 28 octobre 1905 à l’Hôtel Britannia, rue d’Amsterdam à Paris.


Allais (Alphonse), celui qui ira (Alfred Jarry)
Alphonse Allais trompe son monde. Il a l’humour des désespérés, écrit sans y croire, en journaliste, se laisse piquer ses idées, vit une vie sans lendemain. En marge de l’institution littéraire de son vivant, la postérité le rattrape. On le prend pour un rigolo, conteur sans prétention, chroniqueur divertissant. Il est plus que cela. Breton l’introduit dans le panthéon des modernes à côté de Lautréamont, de Rimbaud, voyant l’homme, perturbateur du train-train social et littéraire, avant le conteur. Pas de manifeste, de revendications théoriques pour s’annoncer : Alphonse Allais passe inaperçu, n’essaie même pas de faire une œuvre. Avant Duchamp, il propose, par paresse, gratuitement, d’étranges inventions, au jour le jour, entre la blague d’étudiant et le n’importe quoi artistique ou, comme le dit Breton, entre l’imagination poétique de Zénon d’Elée et celle des enfants : poissons voyageurs destinés à remplacer les pigeons pour le transport des dépêches, huilage de l’océan pour rendre les flots inoffensifs, aquarium à verre dépoli pour poissons timides, “pré”-monochromes de l’Album primo-avrilesque exposés aux Arts incohérents. La transgression des conventions et des académismes fait le reste. Ses contes, en apparence, sont bien trop légers pour être de l’art. Et pourtant, c’est leur insignifiance ou nullité qui les élève au rang d’objets résolument modernes.

Allais insiste sur des détails insignifiants (la manière de dormir avec sa barbe par exemple). Résultat : le quotidien devient absurde. Mis hors contexte, vu à la loupe, le normal n’est pas si normal. Le réel est déplacé.  

Comme le prédit Breton dans la préface de son Anthologie de l’humour noir publiée en 1940, pas de modernité sans une dose de “je-m’en-foutisme”, manière de ne pas vouloir faire de l’art à tout prix : “Il est de moins en moins certain, vu les exigences spécifiques de la sensibilité moderne, que les œuvres poétiques, artistiques, scientifiques, les systèmes philosophiques et sociaux dépourvus de cette sorte d’humour ne laissent pas gravement à désirer, ne soient pas condamnés plus ou moins rapidement à périr”. Appliqué à Allais, l’humour noir, tel que Breton le définit, fait de lui un anarchiste, un révolté, un non-conformiste irréductible dans la peau d’un bourgeois tranquille et sans problèmes : “il excelle à mettre en difficulté l’individu satisfait, ébloui de truismes et sûr de lui qu’il côtoie chaque jour dans la rue. Son ami Sapeck et lui règnent en effet sur une forme d’activité jusqu’à eux inédite, la mystification. On peut dire que celle-ci s’élève avec eux à la hauteur d’un art : il s’agit de rien moins que d’éprouver une activité terroriste de l’esprit, aux prétextes innombrables, qui mettent en évidence chez les êtres le conformisme moyen, usé jusqu’à la corde, débusque en eux la bête sociale extraordinairement bornée et la harcèle en la dépaysant du cadre de ses intérêts sordides, peu à peu (Anthologie de l’humour noir)”. C’est le cas de l’histoire Utilité à Paris du bottin des départements – tiré du recueil On n’est pas des bœufs – où Allais et son ami George Auriol s’évertuent à persuader un parfait inconnu qu’ils connaissent très bien son bled perdu, Tréville-sur-Meuse, qui passe presque à les entendre pour la capitale du monde.

La mystification est aussi littéraire : l’histoire drôle est un canevas, base narrative assez répétitive et décevante si on s’en tient à sa structure apparente. Allais après avoir été surréaliste devient structuraliste : dans Lector in fabula, Umberto Eco part d’Un Drame bien parisien et des Templiers (recueilli dans Le Parapluie de l’escouade) pour montrer comment la structure d’un texte fait appel à un dialogue entre un auteur/stratège et un lecteur qui se laisse mener en bateau – c’est le thème des Templiers, histoire de deux militaires qui se perdent lors d’une promenade mouvementée en Méditerranée. Le narrateur, avant que son camarade de route ne décline son identité devant des Templiers pas très hospitaliers, lui trouve une origine et des noms alsaciens pour se rendre compte à la fin qu’il s’appelle Durand et qu’il vient d’Aubervilliers : le récit du voyage n’a aucun intérêt ; c’est son double-fond qui amuse, la présentation hasardeuse durant toute l’histoire du soi-disant Alsacien ; le conte commence au moment où il se termine. Eco aurait peut-être dû prendre un autre auteur pour asseoir sa description de la coopération active et consciente du lecteur à une œuvre : Allais, dans la pure tradition du conte, ne se demande pas si son auditoire fabrique avec lui de la structure textuelle ; cet auditoire est déjà autorisé ; pas la peine de lui donner la parole. “Un texte veut que quelqu’un l’aide à fonctionner”, cette thèse structuraliste ne fonctionne pas ici.
Alexandre Wong
© Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini SAS 2007


Pierre BELLEMARE
Pierre BELLEMARE, né en 1929 à Boulogne-Billancourt, fait preuve dès sa plus tendre enfance d’une imagination débordante. Si, durant ses jeunes années, il peine à faire preuve d’attention aux cours de ses professeurs, il saura plus tard capter celle de millions d’auditeurs, lecteurs et téléspectateurs durant des décennies. Dès ses 17 ans, il entre dans une société de production pour la radio et la télévision. Cette première passion ne le quittera plus. En 1947, il entre à la radiodiffusion française comme “metteur en ondes” (réalisateur). Huit ans plus tard, il est engagé par une toute nouvelle radio, dont le nom deviendra vite célèbre : Europe n° 1. Il commence à y raconter ses Histoires extraordinaires, dont les récits tiendront en haleine ses auditeurs pendant plus de 14 ans. Après quelques années d’absence, il reprend son émission en 2004. Surtout connu du public par les nombreuses émissions de radio et de télévision qu’il a produites, Pierre Bellemare est également un écrivain traduit dans plusieurs langues et un grand amoureux de la littérature. Son aura audiovisuelle lui permet d’amener un grand public à la littérature. Dans ce cadre, Pierre Bellemare a enregistré un grand nombre d’œuvres littéraires et les a confiées à Frémeaux & Associés, comme La Passion de Charles Péguy, qu’il a enregistré en avril 2006 en la Cathédrale de Périgueux, en coédition avec Radio France.
Benjamin Goldenstein, d’après Roland Kluger
© 2007 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

Ecouter ALPHONSE ALLAIS - Nouvelles lu par Pierre Bellemare (La Barbe * Le Bouchon * Les Templiers * Truc Canaille * Un excellent truc * Un cérémonial fixe * Le temps bien employé * AlLumons la bacchante * Le monsieur et le quincailler * L’aventure de l’homme orchestre * Utilité du bottin des départements * Le petit loup et le gros canard : idylle * Une des beautés de l’administration française) (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La librairie sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouté par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com., Virginméga et iTunes.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 LA BARBE - BELLEMARE04'32
02 LE MONSIEUR ET LE QUINCAILLER - BELLEMARE01'46
03 L AVENTURE DE L HOMME ORCHESTRE - BELLEMARE03'49
04 LE BOUCHON - BELLEMARE04'55
05 UN EXCELLENT TRUC - BELLEMARE04'22
06 UNE DES BEAUTES DE L ADMINISTRATION FRANCAISE - BELLEMARE05'12
07 LE PETIT LOUP ET LE GROS CANARD IDYLLE - BELLEMARE05'03
08 UTILITE DU BOTTIN DES DEPARTEMENTS - BELLEMARE05'31
09 UN CEREMONIAL FIXE - BELLEMARE03'45
10 TRUC CANAILLE - BELLEMARE03'08
11 TRUC CANAILLE (SUITE) - BELLEMARE03'03
12 ALLUMONS LA BACCHANTE - BELLEMARE04'08
13 LE TEMPS BIEN EMPLOYE - BELLEMARE04'42
14 LES TEMPLIERS - BELLEMARE03'22
15 LES TEMPLIERS (SUITE) - BELLEMARE03'16
« Une interprétation des plus agréables de Pierre Bellemare » par Zeitung VUM

Etonnant, hallucinant et halluciné écrivain que cet Alphonse Allais ! L’imagination d’Alphonse Allais est percutant, évidente, toujours un brin surréaliste tout en étant d’un réalisme planifié. L’œuvre d’Alphonse Allais est une invitation à l’évasion, une évasion agréable. Et que dire lorsque Pierre Bellemare dit les textes d’Allais ! Nous nous invitons à découvrir sans plus tarder le CD s’intitulant « Nouvelles » de Alphonse Allais, dans une interprétation des plus agréables de Pierre Bellemare.
Michel SCHROEDER – ZEITUNG VUM (LUXEMBOURG)




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