LETTRES A VICTOR HUGO - LOUISE MICHEL

PAR ANOUK GRINBERG (ET MICHEL PICCOLI)

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On croit connaître Louise Michel : c’est la « Vierge rouge » de la Commune, c’est la révolutionnaire, c’est la pasionaria de la Commune et de la Troisième République. C’est aussi une station de métro et, ici ou là, des rues… Et après ? Pas grand-chose, pas une phrase, pas un mot.
Sait-on bien que cette exaltée de l’amour de l’humanité, si radicale et si directe dans ses excès souvent, a même été déclarée « malade mentale » et donc irresponsable, en 1890. Vaine et retorse tentative d’évacuation d’une personnalité encombrante…
Et pourtant Victor Hugo ne la jugeait pas si folle ! Leur correspondance en atteste, et même des sentiments au-delà de l’Amitié - dont tous deux gardent éternellement le mystère. Des lettres, des rencontres, des déceptions parfois… Seules les lettres de Louise Michel demeurent où les mots de Victor Hugo y transparaissent, et des poèmes, comme des baumes sur des plaies béantes.
Anouk Grinberg lit Louise Michel. Après les lectures de Rosa Luxembourg (Rosa la Vie), c’est avec tendresse et fougue qu’Anouk Grinberg glisse sa passion dans celle, brûlante, de Louise Michel. Passion des mots, des gestes, passion d’amour et de douleur… et désarroi aussi devant l’incommensurable détresse humaine, devant tous ces « petits pieds » que nulle main ne parvient à réchauffer.
Claude Colombini-Frémeaux

Suivi lecture : Urszula Mikos - Théâtre du Proscenium.
Production : Frémeaux & Associés avec le soutien de la SCPP.
Droits : Groupe Frémeaux Colombini SAS en accord avec Anouk Grinberg et Michel Piccoli.
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LOUISE MICHEL

Louise Michel - Lettres à Victor Hugo
lues par Anouk Grinberg avec la participation de Michel Piccoli 









Lettres à Victor Hugo
Louise Michel 

01. Introduction 0’11

Lettres de Vroncourt

02. Lettre de 1850 1’05
03. Lettre d’août 1850 1’57
04. Lettre d’octobre 1850 2’39
05. Lettre du 3 avril (?) 1851 - 1ère partie 3’08
06. Lettre du 3 avril (?) 1851 - 2è partie 3’17
07. Lettres de 1851 - 1ère partie 3’17
08. Lettres de 1851 - 2è partie 2’40
09. Lettre de juin ou juillet 1851 3’20
10. Lettre du 12 septembre 1862 1’42

Lettres de la Commune
11.
Lettre de novembre 1870 0’23
12. Lettre de novembre 1870 1’13
13. Manifeste de 1870 2’47
14. Lettre de décembre 1870 0’28
15. Lettre : après le 2 décembre 1870 1’32
16. Lettre de mars (?) 1871 2’02

Lettres d’emprisonnement
 
17. Lettre du début d’octobre 1871 2’52
18. Lettre du 13 octobre 1871 0’54
19. Lettre du 13 avril 1872 2’10
20. Lettre du 28 janvier 1873 0’31

Lettres d’exil

21. Lettre de septembre 1874 1’01
22. Lettre du 22 juin 1875 1’16
23. Lettre du 18 juin 1876 2’17
24. Lettre du 3 août 1876 2’12
25. Plaidoirie de Louise Michel 22 juin 1883, 1ère partie 2’37
26. Plaidoirie de Louise Michel 22 juin 1883, 2è partie 2’37
27. Plaidoirie de Louise Michel 22 juin 1883, 3è partie 3’32
28. Plaidoirie de Louise Michel 22 juin 1883, 4è partie 3’41
29. Lettre à Monsieur d’Hérisson 13 avril 1888, 1ère partie 4’12
30. Lettre à Monsieur d’Hérisson 13 avril 1888, 2è partie 4’13
31. Lettre à Monsieur Meurice 3 juin 1888 0’39

Victor Hugo - Lu par Michel Piccoli
32.
Poème en hommage à Louise Michel - Viro major première partie 2’41
33. Poème en hommage à Louise Michel - Viro major deuxième partie 3’17  

Pensée dernière
En plongeant dans le passé, on le voit se joindre à l’avenir comme les deux extré­mités d’un arc de cercle, et ce cercle, pareil aux ondes sonores, en éveille d’autres à l’infini. Emiettées de par le monde (de l’Inde antique jusqu’à nous), les sciences perdues vont-elles germer ou sont-elles mortes dans la fleur ?  Faut-il attendre d’effluves nouvelles d’autres recommencements ? Suffira-t-il de retourner le sol pour donner aux germes du renouveau les conditions propres à  l’existence ?  Combien de civilisations ont sombré, combien d’hypothèses scientifiques se sont renversées devant d’autres hypothèses !  Pourtant, allons, allons toujours ! N’a-t-on pas de quoi éteindre la lutte pour la vie ?  de quoi remplacer l’anxiété des estomacs, la misère générale par le bien-être général ? D’ailleurs, les cerveaux devenant plus que jamais avides, il faudra bien pour les  satisfaire que brille l’Ère nouvelle. Si l’amour de l’humanité est impuissant à faire sonner l’heure libératrice à l’Horloge fraternitaire - heure où le crime n’aura plus de place - l’indignation s’en chargera.  Là haine est pure comme l’acier, forte comme la hache ; et si l’amour est stérile, vive la haine !  
Louise Michel 

1802 : Naissance de Victor Hugo. 
1820 : Le roi Louis XVIII accorde une pension au jeune poète à l’occasion de son «Ode sur la mort du duc de Berry». 
1822 : Publication des premières œuvres de Victor Hugo. 
1830 - Louise Michel
Le 29 mai 1830, naît dans le château vétuste de Vroncourt-la-Côte, dans la Haute-Marne, Louise, fille de Marianne Michel, domestique, et de père inconnu. Généralement une telle situation se solde par le renvoi de la domestique imprudente et séduite par le jeune homme de la maison, Laurent Demahis. Mais il n’en fut rien. Le Charles Etienne Demahis, «le grand-père», décide de garder l’enfant et de lui offrir une éducation convenable, qui puisse lui permettre de sortir dignement de sa condition. Geste de générosité d’autant plus rare qu’il s’accompagne encore d’une belle affection. [Par ailleurs certaines allusions dans la correspondance de Louise Michel laissent penser que son père ne serait pas le jeune Laurent, mais Charles Etienne…] Bonheur fragile, dans une maison assez pauvre, malgré de grandes allures très décrépites, dans une nature très sauvage qui marque durablement l’imagination de la jeune Louise.  
Avec Hernani, Victor Hugo devient le chef de file de l’école romantique. 

1841 : Victor Hugo est élu à l’Académie Française.  

1844 – 1850 «Tout n’est qu’un rêve, et la brillante étoile fuira loin de moi.» (ruines et fragments) Louise Michel 
Ce bonheur se brise à l’âge où l’âme est la plus sensible aux impressions. Alors qu’elle a 14 ans, elle perd son «grand-père» (1844), puis son père (1850) et enfin sa «grand-mère» l’année suivante. Ecorchée vive, elle se désespère avec une empathie très naturelle, elle comprend tout ce qui souffre, englobant dans sa compassion la nature,  les animaux et les humains. Hypersensible, elle est révoltée au spectacle de la moindre douleur. Son tempérament devient profondément mystique et contemplatif, et toute sa passion s’épanche dans la poésie. Elle s’y montre farouche, royaliste et déjà, intransigeante. La poésie est l’affection qui domine toute sa vie. Tout tend vers elle et tout vient d’elle. Dans ses écrits de jeunesse, elle montre ses plaies vives pour tout ce qui vit et souffre et place aussi son espérance en Dieu, se montre fervente envers le roi. Cette exaltation «romantique» est assez loin des idéaux qui la pousseront bien des années plus tard.  

Premières lettres de Louise Michel à Victor Hugo 
«Il faut que je vous écrive pour souffrir moins» (Lettre d’octobre 1850)
Dans des lettres fleuves, mêlant vers et pensée intimes, récits domestiques et  questionnement métaphysique, Louise Michel jette les premières bases d’une correspondance qui durera jusqu’à la mort du poète en 1885.  

1851 «Ma pensée erre dans les ténèbres.» Louise Michel à Victor Hugo, hiver 1850/51 
Victor Hugo, élu député depuis 1848, se fait connaître par ses opinions en faveur de  la liberté de la presse et de l’enseignement. Par ailleurs il se montre favorable au suffrage universel. Ces controverses le poussent à s’opposer de plus en plus aux visées politiques de Louis-Napoléon Bonaparte, le Prince Président.  
C’est durant l’été de 1851 que Louise Michel aurait rencontré Victor Hugo. Celle qui signe Enjolras, se serait-t-elle laissée séduire par l’entreprenant poète ? On affirme que de cette entrevue serait née une petite fille – Victorine – vite confiée à une nourrice de Cherbourg…  
Lors du coup d’Etat du 2 décembre 1851, Victor Hugo – qui tente d’organiser une résistance – choisit de partir en exil pour Bruxelles.  
Louise Michel a 21 ans. Elle se prépare au brevet d’institutrice. Elle échoue cette même année et sera reçue en 1852.  

1852 - 1861 «L’empire, c’est la Paix.» Napoléon III 
Napoléon III signe en janvier le décret d’expulsion de Victor Hugo. Ce dernier riposte par la publication de « Napoléon le Petit » et choisit de s’exiler à Jersey.  
Institutrice, Louise Michel fréquente plusieurs établissements en Haute-Marne. Elle n’a qu’un but, la poésie, mais face à la réalité travaille avec plaisir et acharnement. Elle  souhaite se rendre à Paris.  

1855 Victor Hugo est prié de quitter Jersey et se rend à Guernesey. 

En 1856, Louise Michel s’installe à Paris. Elle y pratique une pédagogie très moderne et douce fondée sur la responsabilisation et le sens du devoir… loin des châtiments corporels et autres brimades alors en vigueur. Ses élèves l’idolâtrent. C’est à cette époque qu’elle se rend dans de nombreux meetings politiques et fréquente les milieux qui, tel Victor Hugo, sont farouchement hostiles à l’Empire. Peu a peu elle se forge des idéaux républicains. (Naissance du Prince Impérial en 1856). 

En août 1859, Napoléon III accorde une amnistie aux proscrits politiques. Victor Hugo refuse de rentrer.  

En 1861, Louise Michel publie Lueurs dans l’ombre, puis Plus d’idiots, plus de fous.  

1862 Avez-vous jamais vu sur la brèche fumante Le soldat insulter son chef ou son drapeau ? Et nous irions, nous tous, quand la lutte est ardente Outrager Lamartine et blasphémer Hugo ?  (A Monsieur le baron Systerna de Savestin) Louise Michel
Victor Hugo publie la première partie des Misérables. 

Louise Michel est élue sociétaire de l’Union des Poètes.   

1869 «La dignité m’ennuie.» Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose  
Victor Hugo publie «l’homme qui rit».
Louise Michel a 39 ans. Elle a acheté un externat en 1865 et l’année précédente a ouvert, avec Mlle Poulin, une école rue Oudot – à Paris. Ses convictions politiques la poussent à agir envers les plus démunis. Elle devient secrétaire de la «Société démocratique de Moralisation» qui propose une réinsertion par le travail.  L’empire de Napoléon III cherche un nouveau souffle dans le libéralisme.   

1870 «Coule, coule sang du captif !» Louise Michel, Mémoires  
L’opposition aux mesures du gouvernement impérial se fait de plus en plus pressante. Les élections de 1869 en avaient marqué le commencement, puis en janvier 1870 le meurtre du journaliste Pierre Noir par Pierre Bonaparte, cristallisent les rancœurs.  Le 12 janvier 1870, au milieu d’une foule d’environ 200 000 parisiens, Louise Michel, armée d’un poignard, assiste aux funérailles du journaliste. Napoléon III décrète ensuite la suppression du Livret ouvrier. Les réactions sont immédiates : des grèves éclatent et les blanquistes sont arrêtés et condamnés. Louise Michel portera le 15 août une pétition en leur faveur au général Trochu. Le 19 juillet, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Cette «guerre-éclair» qui devait entraîner être une victoire française se solde, le 2 septembre, par la défaite écrasante de la France à Sedan : Napoléon III abdique… Le 4 septembre la république est proclamée. Strasbourg capitule. Les Prussiens se rapprochent de Paris. La capitale est assiégée le  18 septembre. La jeune République française, frileuse et conservatrice prend peur devant les soulè­vements parisiens qui menacent. ­En novembre, Louise Michel est élue présidente du «Comité républicain de vigilance des citoyennes du XVIIIème arrondissement». Elle fréquente aussi le «Club de la Patrie en  danger». Les parisiens se révoltent contre l’inaction de leur gouvernement et contre la «trahison» des dirigeants. 1er décembre. Louise Michel est arrêtée lors d’une manifestation de Femmes.   

1871 «Place au peuple ! Place à la Commune !» Jules Vallès 
L’hiver est très rude. Partout la faim et le froid ajoutent aux désastres des bombar­dements. 6 janvier, «l’Affiche Rouge», est placardée sur les murs de Paris et appelle à l’insurrection. 22 janvier. Manifestation devant l’hôtel de Ville. Vêtue en Garde Nationale, Louise Michel est armée et riposte au feu des Mobiles Bretons. 28 janvier. Le gouvernement capitule, un armistice est signé avec la Prusse. La France perd l’Alsace et la Lorraine. 

8 février, nouvelles élections. Une majorité conservatrice et pacifiste est élue. Victor Hugo en est membre et A. Thiers le chef du gouvernement. Les principes des conditions de la Paix sont acquis début mars malgré les protestations solennelles des Alsaciens et des Lorrains. 

3 mars. La Garde de Paris se dote d’un Comité central.  

Le 8 mars Hugo donne sa démission.  

Majorité réactionnaire à l’Assemblée. Paix signée le 1er mars. Le peuple réagit ; le peuple «se convoque». Thiers fuit à Versailles où tous les moyens lui seront bons pour écraser sans pitié la Commune de Paris en 72 jours… En effet la Commune de Paris a duré du  18 mars 1871 au 28 mai, c’est-à-dire 72 jours… C’est au cours de la «Semaine sanglante» (23-28 mai) que s’exerça l’impitoyable répression des Versaillais contre les Communards. Les derniers combats eurent lieu parmi les tombes du cimetière de Père Lachaise (Mur des Fédérés). Victimes : probablement 20 000 rafles dans le Paris populaire : 43 522 arrestations. 20 000 furent détenus pendant plusieurs mois dans les conditions les plus dures, sur des pontons dans les ports de Brest, Cherbourg, Rochefort et Lorient. Un millier de prisonniers  trouvèrent la mort. Quelques-uns furent relâchés… Il resta à juger : 43 952 hommes,  819 femmes, 533 enfants dont un quart n’avait pas 15 ans… Déportation en Nouvelle Calédonie (île Nou, presqu’île Ducos, île des Pins). Au 1er janvier 1876, on comptait encore : 2 983 déportés simples dont 13 femmes,  879 déportés en enceinte fortifiée dont 6 femmes, 300 bagnards. Exilés : 3 300 en Angleterre (Londres), 2 à 3 000 en Belgique, 1 000 en Suisse.  

1876 «On ne fait pas six mille lieues  pour ne rien voir et n’être utile à rien.» Louise Michel à Victor Hugo, 18 juin 1876 
Victor Hugo est élu sénateur de Paris. Jules Guesde fonde l’Egalité premier journal socialiste.  

1877  «Je suis devenue anarchiste  quand nous avons été envoyés en Nouvelle-Calédonie  […] Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats.  J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions.» Louise Michel, Discours du 18 mars 1882 

Victor Hugo Publie l’histoire d’un crime   

1878 Victor Hugo est victime en juin d’une congestion cérébrale, et fait une rechute en octobre. Dès lors son activité décroît, il va pratiquement cesser d’écrire.   
1879 Le Sénat se prononce en faveur d’amnisties.  
1880 Louise Michel est libérée en novembre 1880. A Paris elle est chaleureusement accueillie par la foule. Elle reprend immédiatement ses activité de militante, se prononçant farouchement contre la peine de mort. Elle affirme sa foi anarchique, dissociant son action de celle d’un socialisme autoritaire.  
21 juillet : projet de loi sur les syndicats.
Marx, Engels, Lafargue et Guesde : «Programme électoral des travailleurs socialistes».
  

1881 Les anarchistes quittent le Parti des Travailleurs.
Loi Ferry sur la gratuité des écoles primaires.  

1883 «Il y a une chose qui vous étonne, qui vous épouvante,  c’est une femme qui ose se défendre.» Louise Michel, 22 juin 1883 
9 mars : Une «Manifestation des Sans Travail», conduite par Louise Michel et Emile Pouget dégénère. Des boulangeries sont pillées. Louise Michel est arrêtée de nouveau. Elle est condamnée à 6 ans de prison pour «excitation au pillage»… Elle est emprisonnée à Clermont (dans l’Oise) et est exceptionnellement autorisée – sur l’intervention de Clemenceau – à se rendre au chevet de sa mère, mourante, en décembre 1884.   

1885 Hirondelle fidèle, où vas-tu ? dis-le-moi. Quelle brise t’emporte, errante voyageuse ? Écoute, je voudrais m’en aller avec toi, Bien loin, bien loin d’ici, vers d’immenses rivages… Louise Michel 
Le 5 janvier 1885, l’inhumation de la mère de Louise Michel, en l’absence de sa fille, est l’occasion d’une manifestation de sympathie qui mobilise environ 5 000 personnes au cimetière de Levallois. 22 mai : mort de Victor Hugo, des suites d’une pneumonie.  
1 juin : lors de ses funérailles nationales, la foule crie «Vive Victor Hugo» !  

1886 Graciée, Louise Michel est libérée. Elle reprend ses meetings et conférences. Elle est  parfois huée et prise à parti. Avec Jules Guesde, elle prend parti en faveur des mineurs de Decazeville (dont le mouvement de grève avait débuté en 1885)… le 12 août, elle est condamnée pour incitation «au meurtre» à quatre mois de prison, et sera libérée en novembre.  

1888 Lors d’une conférence au Havre elle est blessée de deux coups de revolver. Elle refuse  de porter plainte et continue son action en faveur de l’anarchie et incite à une «grève générale». Mais ces discours sont peu suivis d’effets. La situation de l’industrie est grave et une  relative paix sociale fait place aux mouvements d’autrefois.  

1890 30 avril : Suite aux Manifestations de St-Etienne, elle est arrêtée et incarcérée à Vienne. Son arrestation n’empêche pas le mouvement de prendre de l’ampleur et gagner Paris. Le 1er mai est choisi pour être le jour d’une manifestation générale des travailleurs. En  prison, Louise s’emporte et est déclarée «folle». Mais le gouvernement refuse de suivre les avis médicaux… Expulsée, elle choisit de quitter la France et se réfugie à Londres où elle fonde une école libertaire. Violentes manifestations du 1er mai. Octobre : fondation du PSOR (Parti socialiste ouvrier révolutionnaire) de Jean Allemane. Désormais, elle vit entre Londres et Paris. Elle multiplie les conférences, et tente de gérer la publication de ses écrits.  

1896 Le Congrès International Socialiste de Londres – en juin - marque la rupture entre  les anarchistes et les socialistes. Désormais, elle ne fréquentera plus que les meetings anarchistes voulant marquer son profond désaccord avec le marxisme, qu’elle taxe de «religion d’état».  

Après 1900… Louise Michel est atteinte de pneumonie. Elle échappe de peu à la mort (1902) et, en marge de ses activités politiques, entreprend des conférences témoignant de son expérience «aux frontières de la mort»… A partir de cette époque, l’intérêt des ouvriers et des intellectuels, voire des syndicalistes dans leur ensemble, pour les thèses anarchistes décroît. Souvent huée, voire agressée – comme à Rennes en 1903 – la parole de Louise Michel est de moins en moins bien  perçue, même si elle demeure une égérie des mouvements sociaux, surtout d’ailleurs  à cause de sa légitimité acquise durant la Commune et les luttes qui en sont découlées.  Elle mourra le 5 janvier 1905.  

«Si je vous parle de moi,  c’est que je suis et je resterai de ceux qui portent  d’autant plus haut leur bannière, qu’elle est plus brisée ; tant qu’il me restera une souffle de vie,  il appartiendra à la révolution vaincue  et je crois que si jamais elle se levait de nouveau, je m’éveillerais de la tombe.» Louise Michel, 13 avril 1872 


ANOUK GRINBERG
Née à Uccle, en Belgique, Anouk Grinberg est la fille du dramaturge Michel Vinaver. Elle effectue ses premiers pas sur les planches dès l’âge de 12 ans dans Remagen, mis en scène par Jacques Lasalle. Malgré quelques apparitions au cinéma à partir de 1976 (elle incarne une adolescente conférencière dans Mon coeur est rouge de Michèle Rosier), la jeune fille se consacre au théâtre tout en démarrant des études d’ethnologie. Les années 80 seront celles de l’apprentissage théâtral, on la retrouve dans des mises en scène de Bernard Sobel (La cruche cassée, L’école des femmes), Alain Francon (L’ordinaire, Noises, Les voisins) ou encore Richard Foreman (Faust ou la fête électrique). Le cinéma fait appel à elle pour des rôles secondaires comme La Vallée fantôme d’Alain Tanner, L’Enfant de l’hiver d’Olivier Assayas et J’entends plus la guitare de Philippe Garrel, La Fille du magicien de Claudine Bories, qui lui permet de décrocher le Prix Michel-Simon, réservé aux talents en éclosion. Par ailleurs, elle obtient trois nominations aux Molières pour ses rôles au théâtre dans Faut pas tuer Maman, La maman et la putain (Mis en cène par Martinelli) et Le temps et la chambre (Patrice Chéreau) pour lequel elle obtient le prix de la critique. C’est sa rencontre avec Bertrand Blier, qui bouleverse la donne : en 1991, Blier confie à Anouk Grinberg le rôle-clé de Merci la vie : celui de Joëlle, vagabonde et ange déchu en quête d’amour, qui va apprendre la vie à l’ingénue Camille (Charlotte Gainsbourg). Dès ce premier grand film, le «ton» Grinberg est donné : une manière d’empoigner les rôles avec une fièvre, une intransigeance et une  passion peu communes. Elle vit et fait vivre ses personnages au théâtre comme au cinéma, qu’il s’agisse de  Victorine, la femme-enfant de la zone marseillaise (Un, deux, trois, soleil), ou de Marie, prostituée au grand coeur de Mon homme. Lequel sera le dernier film que la comédienne tourne en compagnie de Bertrand Blier. Une collaboration qui aura été exceptionnelle à plus d’un titre, puisqu’à chacun des films tournés en commun correspond une nomination au César de la Meilleure actrice, elle obtient également le prix d’interprétation à Berlin pour Mon homme en 1996. Actrice de cinéma exigeante, sans compromission, d’une intense liberté, Anouk Grinberg espace ses apparitions au cinéma : on la voit néanmoins dans Un héros très discret de Jacques Audiard (1995), dans lequel elle partage le quotidien du personnage joué par Mathieu Kassovitz, dans Disparus de Gilles Bourdos (1997) elle laisse transparaître un talent délicat et une personnalité forte et fragile, dans ce rôle d’égérie des peintres surréalistes, amoureuse et blessée. Dans Les Petites Couleurs de Patricia Plattner, elle incarne une coiffeuse ayant fui la violence de son couple. En 2004, elle apparaît dans Une vie à t’attendre de Thierry Klifa et dans Les fragments d’Antonin en 2006. En 2002, on la voit dans la pièce de théâtre La preuve, mise en scène par Bernard Murat, interprétation qui lui vaut une nouvelle nomination aux Molières. En 2004, elle joue Lotte, dans «Grand et petit» de Botho Strauss. L’année suivante, elle lit au Théâtre de l’Atelier les lettres de prison de Rosa Luxembourg, célèbre militante communiste allemande. Le plaisir de la lecture publique, à voix nue, jalonne son parcours : elle lit La Douleur de Duras, Le Procès de Jeanne d’Arc, les contes d’Andersen, l’inconciliabule de Brigitte Fontaine. A la télévision, elle se fait remarquer en jouant la célèbre avocate Gisèle Halimi, qui œuvra, dans les années 70, pour le droit à l’avortement. C’est donc dans la droite lignée de ces personnages forts et sans concession que l’on retrouve Anouk Grinberg. Grâce à un grain de voix à la fois émouvant et vindicatif, elle nous livre ici une interprétation remarquable de la correspondance de Louise Michel, militante infatigable pour la liberté des hommes à  disposer d’eux-mêmes.

Ecouter Louise Michel - Lettres à Victor Hugo (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Introduction - Anouk00'11
02 Lettre de 1850 - Anouk01'05
03 Lettre d'août 1850 - Anouk01'57
04 Lettre d'octobre 1850 - Anouk02'39
05 Lettre du 3 avril 1851: 1ère partie - Anouk03'08
06 Lettre du 3 avril 1851: 2e partie - Anouk03'17
07 Lettre de 1851: 1ère partie - Anouk03'17
08 Lettre de 1851: 2ème partie - Anouk02'40
09 Lettre de juin ou juillet 1851 - Anouk03'20
10 Lettre du 12 septembre 1862 - Anouk01'42
11 Lettre de novembre 1870 - Anouk00'23
12 Lettre de novembre 1870 2 - Anouk01'13
13 Manifeste de 1870 - Anouk00'28
14 Lettre de décembre 1870 - Anouk00'28
15 Lettre après le 2 décembre 1870 - Anouk01'32
16 Lettre de mars 1871 - Anouk02'02
17 Lettre du début d'octobre 1871 - Anouk02'52
18 Lettre du 13 octobre 1871 - Anouk00'54
19 Lettre du 13 avril 1872 - Anouk02'10
20 Lettre du 28 janvier 1873 - Anouk00'31
21 Lettre de septembre 1874 - Anouk01'01
22 Lettre du 22 juin 1875 - Anouk01'16
23 Lettre du 18 juin 1876 - Anouk02'17
24 Lettre du 3 août 1876 - Anouk02'12
25 Plaidoirie de Louise Michel: 22 juin 1883, 1ère partie - Anouk02'37
26 Plaidoirie de Louise Michel: 22 juin 1883, 2e partie - Anouk02'37
27 Plaidoirie de Louise Michel: 22 juin 1883, 3e partie - Anouk03'32
28 Plaidoirie de Louise Michel: 22 juin 1883, 4e partie - Anouk03'41
29 Lettre à Monsieur d'Herisson, 1ère partie - Anouk04'12
30 Lettre à Monsieur d'Herisson, 2e partie - Anouk04'13
31 Lettre à Monsieur Meurice, 3 juin 1888 - Anouk00'39
32 Poème en hommage à Louise Michel - Viro Major, 1ère partie - Michel02'41
33 Poème en hommage à Louise Michel - Viro Major, 2e partie - Michel03'17
« Louise Michel Lettes : à Victor Hugo » par La Revue des médiathèques et collections musicales

Lues par Anouk Grimberg, avec la participation de Michel Piccoli. Voici de quoi découvrir d’une nouvelle façon l’incroyable Louise Michel, activiste de la commune et de la Troisième République ! Elle fut déclarée malade mentale en 1890 : une drôle de façon d’essayer d’évacuer une personnalité encombrante de la scène politique, et des mémoires. Pourtant, sa correspondance avec Victor Hugo, à la teneur  intime scellé pour l’éternité, révèle la clarté d’un esprit fort, la hargne d’une âme engagée. Superbe !
Lucas FALCHERO - LA REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« La Vierge rouge » par Lire

Louise Michel (1930-1905) est la fille née hors mariage d’un châtelain et d’une servante. Elevée par ses grands-parents, elle sera, après leur mort et celle de son père, chassée du château « familial ». Lectrice de Voltaire et de Rousseau, elle se fera institutrice, écrira dans les journaux d’opposition, se fera élire présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris. Surnommée la « Vierge rouge » de la Commune, elle se portera même volontaire pour assassiner Thiers. De 1950 à 1879, elle entretient une correspondance avec Victor Hugo. Assoiffée de justice, jusqu’à l’exaltation, elle n’est qu’admiration pour le poète : « Ecrivez-moi donc quelques lignes afin que je trouve un peu de courage ! Lorsque je suis désespérée, je relis quelques-uns de vos chants, et il me semble respirer l’air frais de mes montagnes ». Les intonations inquiètes d’Anouk Grinberg font renaître dans ces lettres la fièvre d’une âme tourmentée dont la révolte échappe à l’Histoire. J.S. – LIRE




« Louise Michel l’insoumise » par Le Nouvel Observateur

Pourquoi Anouk Grinberg a-t-elle proposé à Frémeaux & Associés d’enregistrer les lettres de Louise Michel à Victor Hugo ? Comme Simone Weil, dont elle a lu des extraits de correspondance au Festival d’Avignon en 2008 (« la vierge rouge »), ou Rosa Luxemburg, avec ses lettres de prison au Théâtre de l’Atelier en 2006 (« Rosa, la vie »), Louise Michel est à n’en point douter « une tête avec un cœur dedans, qui bat pour le monde entier ». Ce n’est donc pas un hasard si la comédienne prête sa voix à cette insoumise; qui entretint une correspondance avec Victor Hugo de 1850 - Elle n’a que 20 ans - à 1876 - alors qu’elle est déporté en Nouvelle-Orléans. L’admiration, la passion pour le « maître » affleure, mais aussi son inflexible engagement et son immense humanité. Le léger tremblé de la voix d’Anouk Grinberg, toujours juste et émouvante, rend plus proche cette éternelle révoltée qui écrit au vieux poète : « Je vous envoie tout ce qui n’est pas éteint de poésie en moi. » Les lettres d’Hugo ne nous sont pas parvenues, mais le CD se clôt par le poème qui lui a dédié au lendemain de la Commune, « Viro Major », lu par Michel Piccoli […]. Sylvie PRIOUL - LE NOUVEL OBSERVATEUR




La « passionaria de la commune » par L’Enseignant

Hugo. On pense tout de suite à Paris puisque se sont des noms de stations de métro ou de rues. Hugo n’a presque plus de secret pour nous, mais, pour Louise Michel, on n’en sait souvent pas davantage. Depuis toujours, les défenseurs des humbles et des opprimés ont fait figure de gêneurs, d’empêcheur d’exploiter en rond. Ca n’a pas changé. Seulement, il fut un temps où on pouvait les cataloguer malades mentaux, voire les enfermer. Ce fut le cas pour Louise Michel. Or, pour Victor Hugo, cette « passionaria de la commune » n’était pas folle. Une correspondance riche d’amitié profonde et d’humanité en atteste. Cette correspondance est là, lue avec passion par Anouk Grimberg qui en exhale fort bien l’amour et la douleur… L’ENSEIGNANT




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