DON QUICHOTTE (pour les enfants)

D'APRES CERVANTES, AVEC JEAN TOPART ET JEAN PIERRE CASSEL

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Livret : 20 PAGES
Nombre de CDs : 1


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FA839

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Pourquoi initier vos enfants au cercle très restreint des livres phares de la littérature européenne comme Don Quichotte? La culture générale vous oblige à leur transmettre les romans dont la renommée dépasse l’œuvre elle-même! En effet, quel autre récit peut-il se vanter de voir le patronyme de son personnage devenir nom commun, adjectif, concept philosophique ou psychologique et finalement métaphore comprise par la terre entière? La présente histoire révèlera aux plus jeunes comme aux plus grands combien nos folies et nos espoirs nous donnent la force de continuer à exister et font de chacun de nous des héros, même ridicules.'
Claude Colombini & Olivier Cohen

Raconté par Jean Topart, Jean-Pierre Cassel et 13 comédiens
Adaptation et mise en scène : Olivier Cohen

Production : Théâtre du proscenium et studio Kos & co
Droits : Groupe Frémeaux Colombini - Frémeaux & Associés Jeunesse
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Don Quichotte fa839

Don Quichotte
D’après Miguel de Cervantès

Raconté par Jean Topart, Jean-Pierre Cassel et 13 comédiens
Adaptation et mise en scène : Olivier Cohen






Pourquoi initier vos enfants au cercle très restreint des livres phares de la littérature européenne comme Don Quichotte? La culture générale vous oblige à leur transmettre les romans dont la renommée dépasse l’œuvre elle-même! En effet, quel autre récit peut-il se vanter de voir le patronyme de son personnage devenir nom commun, adjectif, concept philosophique ou psychologique et finalement métaphore comprise par la terre entière? La présente histoire révèlera aux plus jeunes comme aux plus grands combien nos folies et nos espoirs nous donnent la force de continuer à exister et font de chacun de nous des héros, même ridicules.
Claude Colombini et Olivier Cohen
   
Olivier Cohen présente ici une création sonore avec quinze comédiens dont Jean Topart dans le rôle de Cervantès le narrateur et Jean-Pierre Cassel en Don Quichotte savoureux.  

Don Quichotte
Et si nous voyagions un peu ? Partons en Espagne. Nous voici au début du 17ème siècle. Qu’y voyons-nous ? Regarde bien, dans le désert de Castille, devant nos yeux, avancent, côte à côte, un cheval et un âne. Sur le cheval se tient bien droit un gentilhomme, grand, maigre. Sur l’âne est assis un paysan, petit, gros. Le gentilhomme s’appelle Don Quichotte de la Manche, son cheval Rossinante ; le valet s’appelle Sancho Pança, son âne, nous ne savons pas. Que font-ils là ? Où vont-ils ? Pour le savoir il faut revenir en arrière. Don Quichotte vivait dans l’aisance avec une nièce aimante, une fidèle gouvernante et un valet de ferme. Mais au lieu de s’occuper de sa ferme, ses champs, ses biens, il passait son temps à lire des livres de chevalerie. Il achetait sans cesse de nouveaux romans. Il lisait le jour, il lisait la nuit, tant et si bien qu’il finit par s’identifier aux héros de ses romans. Il se voyait réalisant des prouesses, les dédiant à une dame qu’il appela Dulcinée. Tous les exploits de ces chevaliers le passionnaient au point que peu à peu il perdit la tête et décida de devenir lui-même un héros, un chevalier errant. Sa nièce et sa gouvernante le virent avec angoisse perdre de plus en plus la raison. Un jour, croyant défendre sa dame, il cassa les chaises et les meubles de sa chambre. Puis il répara une vieille armure trouvée dans son grenier, fixa une visière en carton - j’ai bien dit en carton ! - à un casque, prit une lance et un beau matin, partit à l’aventure, abandonnant son confort. Fini le lit douillet, finis les repas chauds bien préparés. Le voilà donc sur la route, tu t’en souviens...

Peu de temps après son départ, il voit un château et devant la porte, deux nobles dames. En fait c’est une misérable auberge et deux servantes. Il demande qu’on l’arme chevalier. L’aubergiste comprend qu’il est fou et le sacre chevalier. Don Quichotte est heureux et reprend sa route, bien décidé à accomplir de nobles exploits qu’il dédiera à sa chère Dulcinée. Alors qu’il chevauche, il entend les cris d’un jeune berger battu par un homme. Celui-ci dit punir un paresseux mais le jeune dit réclamer son salaire et vouloir rentrer chez lui. Don Quichotte se précipite. Il est fier de le libérer et lui promet que son maître le paiera. Mais à peine Don Quichotte est-il parti que l’enfant est de nouveau battu. Ainsi tu vois là la première aventure de Don Quichotte, ou plutôt la première mésaventure, puisqu’elle finit mal. C’est la première d’une longue série ; elles sont toutes différentes, parfois comiques, parfois tragiques, souvent dangereuses. J’aimerais t’en citer quelques-unes mais comment choisir ? Il faut les écouter toutes. Oui. Cependant je ne résiste pas à te dire quelques mots de mes préférées. Don Quichotte et Sancho cheminent quand soudain notre chevalier voit devant lui - il croit voir, n’oublie pas que son cerveau est dérangé - des géants. Leurs corps sont couverts de poils et d’écailles, ils ont des ailes de chauves-souris, des crocs plus tranchants que ceux d’un loup, ils vomissent de leurs gueules de feu des nuées de vapeurs empoisonnées. Don Quichotte veut les combattre car il est persuadé que ces géants ont pour seul plaisir de dévorer les gens. Avant de se lancer à l’attaque, Don Quichotte exige une promesse de Sancho. S’il meurt, celui-ci doit porter son cœur à Dulcinée sa bien-aimée (qui je te le rappelle n’existe que dans son imagination). Sancho qui, lui, tu le sais, a toute sa raison essaie de l’arrêter car son maître est en train de plonger tout droit dans les ailes d’un moulin à vent. Il se blesse bien sûr mais va être soigné.

Plusieurs fois il est ramené chez lui mais personne ne parvient à le calmer. On ne peut tout de même pas l’attacher ! On veut lui faire brûler tous ses livres de malheur mais il saute par la fenêtre et repart à l’aventure. Sancho voit Don Quichotte mettre sa vie en danger sans arrêt en attaquant des ennemis imaginaires. Il est triste et fait tout pour le calmer, le raisonner. “Nous serions mieux chez nous, vous avec vos livres, moi avec ma femme, que de marcher ainsi trempés comme des soupes”. Mais il n’a aucun succès. Une autre fois, sur leur chemin, ils croisent un chariot; dans le chariot il y a une cage, dans la cage il y a une grosse bête, un monstre. Sancho a peur mais Don Quichotte est tout content de voir arriver une nouvelle épreuve. Il demande qu’on ouvre la cage, mais le lion - car c’est un lion - ne sort pas. Il dort ! Après de désastreuses aventures, Don Quichotte est de plus en plus fatigué, Sancho est de plus en plus inquiet pour son maître et finalement, tout le monde réussit à montrer à notre chevalier qu’il sera heureux chez lui. Don Quichotte accepte de déposer les armes et de rester dans son village. Il propose à Sancho de devenir berger avec lui, et nous sommes soulagés. Tu te doutes que cette histoire fabuleuse n’a pas pu s’inventer toute seule. Qui donc l’a écrite ?

Il s’appelle Miguel Cervantès de Saavedra et est né en Espagne, en Castille, en 1547. Sa vie est aussi extraordinaire que son œuvre. Il voyage beaucoup, en Italie en particulier. Il est soldat et perd la main gauche à la bataille de Lépante. Alors qu’il revient en Espagne son navire est attaqué par des pirates qui le font prisonnier. Il passe cinq ans au bagne d’Alger d’où il essaie plusieurs fois de s’échapper. Il rentre dans son pays, est de nouveau soldat, fait de la prison, accusé d’avoir détourné de l’argent de l’Etat. Enfin il devient écrivain. Ce sont d’abord des pièces de théâtre, puis Don Quichotte, en 1605. Et en avril 1616, Cervantès, le plus grand écrivain espagnol, meurt. La même année, le même mois, loin de là, en Angleterre meurt le plus grand écrivain anglais, Shakespeare. Don Quichotte est fait presque uniquement de dialogues, par conséquent très vivant ; c’est une des raisons de son succès foudroyant. Comme l’a écrit Aline Schulman, “du temps de Cervantès, on faisait lecture de Don Quichotte aux gens rassemblés sur le parvis de la cathédrale de Séville; on le lisait à voix haute dans les champs et les fermes à l’heure du repos, et aussi à la cour, où, rapporte Cervantès, les pages se volaient le roman les uns aux autres dans les antichambres”. Dès la première année, le livre est réimprimé cinq fois. Il est immédiatement traduit en français, puis dans beaucoup d’autres langues.

Ce livre fut donc très populaire dans toutes les classes de la société et l’est toujours resté. Encore aujourd’hui, quand un idéaliste veut redresser des torts alors que c’est pratiquement impossible, on dit que c’est un don Quichotte. Cela dit, cet énorme succès doit t’étonner. Car enfin, ce Don Quichotte, ce “Chevalier à la Triste Figure” comme l’appelle Sancho, est fou et extravagant. Il connaît échec sur échec. Il est plutôt ridicule. Pourquoi alors l’aimons-nous et l’estimons-nous ? C’est qu’en dépit de tout il demeure profondément sympathique. Il veut vivre un rêve. C’est un idéaliste. Il a le sens de l’honneur. Il est généreux et croit en la bonté, en la justice. Il veut réparer les torts que les méchants font au prochain ; son devoir est de châtier les coupables. Il veut protéger les femmes, défendre les faibles, venir en aide aux miséreux. Reconnais que ce sont là de nobles tâches pour un chevalier. Quand on se moque de lui, quand il reçoit des coups de bâton, nous sommes de son côté. Au fond c’est lui qui a raison contre la société. Quant à Sancho, il est totalement différent et pourtant nous l’aimons tout autant. Il a raison aussi quand il tente de ramener son maître aux réalités. Il a un solide bon sens. “Ne cherchons pas une brioche quand nous avons une miche de pain” est un de ses nombreux proverbes, souvent amusants. Il incarne la sagesse populaire.

Ils sont à l’opposé l’un de l’autre et pourtant, chose surprenante, tu vas t’identifier à l’un et à l’autre. Tu seras Don Quichotte, héros courageux, et tu seras Sancho Pança, sage et raisonnable. Il faut dire que ces deux hommes ne peuvent se passer l’un de l’autre. Don Quichotte s’appuie sur son écuyer. Il a toute confiance en lui. A la fin il lui dit : “Tu me sauves la vie”. Quant à Sancho, il affirme ne jamais vouloir quitter son maître, même s’il fait les pires sottises, même s’il se prend pour une oie ou un canard. Il dit : “Je l’aime presque autant que moi-même”. Ils sont donc inséparables dans le livre. Tu vas voir qu’ils seront également inséparables dans ta tête et dans ton cœur. Maintenant tu vas écouter cette belle histoire...
Marie-Claude Frémeaux
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2004    

A L’ATTENTION DES PARENTS ET DES ENSEIGNANTS
Le Don Quichotte de Cervantès appartient au cercle très réduit des livres phares de la littérature européenne... et s’il peut sans doute prétendre au titre de roman le plus lu d’Occident, il connaît en tout cas certainement le plus grand nombre d’études, d’imitations ou d’adaptations. A tel point que cette renommée dépasse le roman lui-même et lui porte parfois ombrage, nuisant à une connaissance précise des qualités ou de l’originalité qui ont fait le succès de l’œuvre. Quel autre récit peut-il en effet se vanter de voir le patronyme de son personnage devenir nom commun, adjectif, concept philosophique ou psychologique et finalement métaphore comprise par la terre entière ? Il semble difficile de rendre compte des raisons d’une célébrité qui connaît aussi peu de mesure que celle du “chevalier à la triste figure”... peut-être parce qu’elle ne possède aucun précédent dans la littérature profane. Pourtant l’analyse des circonstances qui ont conduit à la genèse du Don Quichotte, si elle ne peut rien “expliquer”, peut certainement nous éclairer sur ce qui le rend aussi intemporel et aussi sensible à tous les âges et classes sociales : l’œuvre se nourrit d’une expérience personnelle des plus riches – et des plus parlantes et elle rend compte des bouleversements d’un monde en pleine mutation... dans lequel apparaissent les bases mêmes de notre civilisation contemporaine.

Tout d’abord, Don Quichotte apparaît comme une œuvre de maturité, enrichie d’expériences aussi diverses qu’intenses : Cervantès l’a écrite à plus de 55 ans, âge déjà très raisonnable pour le 16ème siècle. L’ensemble des textes qui feront sa réputation ne seront d’ailleurs publiés que postérieurement, dans les douze ans qui précèdent son décès. Et ce roman, peut-être plus qu’aucun autre, sait établir, avec une distance et une tendresse savoureuses, la synthèse d’une existence... Miguel Cervantès de Saavedra naît sous le règne de Charles Quint dans la petite ville d’Acala de Henarès en Castille. Son, père modeste chirurgien-barbier, connaît de nombreux ennuis financiers qui le poussent à changer régulièrement de domicile : Andalousie, Valladolid, Madrid. Même si le jeune Miguel reçoit une bonne éducation, cette enfance errante l’influence profondément, comme elle a pu marquer de nombreux autres grands personnages espagnols, Christophe Colomb, Lope de Vega, Le Greco... Cervantès connaît en effet dans son jeune âge, une vie aventureuse qui trouve un écho évident dans son écriture. Rapidement, il s’intéresse au théâtre ou à la poésie, mais en 1559, sans doute en raison d’un duel qui a mal tourné, il suit à Rome le cardinal Acquaviva. Son désir d’exploits et de richesse l’amène à quitter le prélat pour s’enrôler dans la Sainte-Ligue, l’armée des coalisées qui tente de stopper la marche des Turcs en Méditerranée. Cervantès combat aux côtés de Don Juan d’Autriche lors de la bataille victorieuse de Lépante où il reçoit plusieurs blessures et perd l’usage de son bras gauche. Il continue néanmoins les campagnes militaires sur toute la Méditerranée.

C’est en essayant de rentrer en Espagne que le jeune homme se fait capturer par les Barbaresques au large des Sainte-Marie-de-la-Mer. Il restera pendant cinq ans à Alger, où il attendra la rançon exigée pour sa libération avec plus ou moins de patience d’ailleurs: plusieurs tentatives d’évasion aggraveront sa situation. Son séjour dans la société barbaresque lui servira dans plusieurs de ses romans, Galatée, ou quelques chapitres de Don Quichotte... En 1580, sur le point d’être embarqué sans espoir de retour avec son maître Hassan Pacha, il est sauvé au dernier moment par les ecclésiastiques chargés de sa libération. Ils versent 500 écus, dont plus de la moitié réunis par sa mère, pour lui permettre de regagner l’Espagne. De retour dans sa patrie, Cervantès connaît une existence difficile, soldat sans argent, manchot et vivant d’expédients. Il fait jouer sans réel succès quelques unes de ses comédies, dont la Galatée. Il tente même – en vain – de repartir vers l’Inde pour reprendre du service. C’est à ce moment-là qu’il rencontre une jeune comédienne, Ana Franca de Rojas, avec qui il a une petite fille... en même temps qu’il épouse Catalina de Palacios y Vozmeniado ! Et se trouve aussitôt à la tête d’un patrimoine conséquent.

Cervantès ne consacre plus que quelques années à des activités politiques, pourtant prestigieuses : obtenant en 1587 la charge d’approvisionner les galères de “l’Invincible Armada”, la flotte réunie par Philippe II pour combattre l’Angleterre, il doit sillonner en tous sens l’Andalousie. Mais ses efforts se heurtent à l’animosité des paysans, peu confiants dans les possibilités de paiement de l’Espagne. Mal accueilli et mal rétribué, il prend quelques libertés avec sa mission : d’abord emprisonné pour vente illégale de blé, il fera connaissance avec la redoutable prison de Séville après une condamnation pour détournement. Il destine les dernières années de sa vie à l’écriture et écrit presque immédiatement le roman qui va s’arracher en Espagne puis dans toute l’Europe : Don Quichotte. Il s’emploie alors à faire publier presque tous les textes qu’il a précédemment écrit en les remaniant légèrement : les Nouvelles Exemplaires – en 1613, le Voyage au Parnasse – en 1614, ou Huit comédies et huit Intermèdes nouveaux – en 1615. Il rédige ensuite la deuxième partie de Don Quichotte, irrité par la publication d’un ouvrage imitant son roman et s’éteint le 23 avril 1613, victime d’une hydropisie, juste après avoir rédigé la préface de son dernier ouvrage les Travaux de Persilès et Sigismonde.

Nul doute que ces expériences parfois difficiles aient fortement nourri l’écriture de Cervantès. D’abord, elles lui permettent de nourrir les chapitres de son roman d’une impressionnante galerie de personnages et d’univers qu’il a côtoyés : soldats, prisonniers, voleurs, marchands de petite ou grande envergure, prostitués, geôliers, caba­retiers, bergers, villageois de toutes régions, barbares, faux ou vrais nobles, escrocs de tous acabits... Elles lui permettent de décrire également avec la dernière précision un monde qui vit ses plus importantes transformations. En suivant les troupes coalisées de Don Juan d’Autriche, Cervantès reste confronté aux valeurs anciennes et même médiévales qui constituent la base même de ces dernières “croisades”... Celles d’héroïsme, de combats audacieux pour la foi et contre ce qui est encore perçu comme la barbarie... Mais en même temps, il voit ce monde changer, devenir plus réaliste, privilégier les échanges entre états, la lutte pour la domination des océans. Il assiste à la décadence de la vieille Espagne : malgré la découverte et la conquête des Amériques, elle cède peu à peu la suprématie des mers aux états du Nord, protestants, champions du capitalisme naissant. Son attachement à des valeurs anciennes, sociales, politiques ou commerciales ne lui permet pas de résister aux nouvelles lois qui régissent le monde.

De là naît le principe de son roman. A l’image de Don Quichotte, nostalgiques, ou refusant de s’adapter aux changements qui fondent notre société contemporaine, les Espagnols continuent à privilégier une littérature de type chevaleresque : ils se reconnaissent toujours dans les récits de prouesses, de quêtes personnelles, de combats merveilleux. Il faudra encore quelques années, et peut-être le roman de Cervantès pour que se répandent en Espagne des romans plus bourgeois et comparables à ce qu’on lit en Angleterre, en France ou Allemagne. Don Quichotte permet à un ancien aventurier revenu de tout, de railler l’aveuglement et le naïf attachement au passé. Le roman lui offre à la fois un exutoire efficace et le moyen de rédiger une habile satire : celle de tous ces jeunes Espagnols qui dévorent des romans archaïques et en particulier le tardif Amadis que Quijada lui-même adore par-dessus tout. Mais si le roman de Cervantès témoigne d’un affrontement entre les espoirs, ou les chimères d’une vision passéiste de l’existence et la dure réalité d’une société pragmatique, il tire sa richesse du regard que l’homme mûr porte sur les aspirations qui ont fait sa jeunesse... Là réside un des principaux traits de génie de Cervantès : faire la critique des désirs naïfs du soldat malheureux ou du littérateur obscur qu’il était pour en tirer malicieusement l’essence même de son personnage...

Il ne faut d’ailleurs pas croire que l’auteur se limite à régler ses comptes avec les valeurs d’une société qu’il perçoit comme archaïque à la fin de sa vie. Don Quichotte ne conte pas seulement l’affrontement entre les idées anciennes de la chevalerie, la foi en la magie et une nouvelle idée de la réalité. Le chevalier à la triste figure ne serait que ridicule, empêtré dans ses visions autant que dans sa vieille armure rouillée ! Le roman sait nous toucher parce qu’il nous renvoie à notre désir de passion, à notre attachement aux rêves, à la valeur ou à la bonté... aux idéaux qui constituent les bases mêmes de nos espoirs et de nos rêves. Ainsi même si Cervantès critique le monde auquel il a cru dans sa jeunesse, il n’accepte pas complètement ce qu’il est en train de devenir. Comme beaucoup de ses contemporains, il perçoit le contraste entre un régime féodal attaché aux relations humaines et aux valeurs morales qu’elles impliquent et un monde centré autour des principes d’état, de puissance, de commerce... un nouvel ordre où l’on doit se consacrer au profit, à l’ambition, à la volonté de s’imposer ou de parvenir. Si Don Quichotte apparaît comme objet de moqueries, les personnages qui l’entourent apparaissent eux aussi comme des objets de critique... intrigants, arrivistes et profiteurs, ils se bornent à suivre leur pseudo morale mêlant la ruse ou la force. L’auteur oppose ainsi une série de personnages imbus d’eux-mêmes, égoïstes ou fourbes et son faux chevalier obsédé par les principes de bonté et de justice. A plusieurs reprises d’ailleurs, il délivre des êtres qui souffrent : les galériens, les forçats mais surtout des jeunes gens à qui l’on refuse de vivre leur amour.

Pour Cervantès, le monde qu’on vient de quitter a certes ses excès et ses ridicules mais celui dans lequel on entre manque cruellement d’humanité. Et il va s’attacher à le montrer dans des épisodes où notre sympathie se porte bien plus sur Don Quichotte ou Sancho que sur ceux qui les ridiculisent - les habitants de château souvent cruels - ou les battent. A plusieurs reprises même, on se félicite finalement que le chevalier à la triste figure veuille aider le faible, la veuve ou l’orphelin... parce qu’il est bien le seul à vouloir le faire ! Une autre raison de notre attachement tient à la manière dont Cervantès fait écho à un des évènements majeurs de notre histoire: la conquête de la liberté de pensée. Malgré certains de ses excès, l’ère moderne règle heureusement son compte à de nombreuses superstitions des temps passés. La terre qui jusque là était plate et au centre de l’univers est replacée dans le cosmos. On cesse de s’attacher aux certitudes, véhiculées de force par l’église pour les remplacer par la foi en l’individu capable de comprendre et de s’imposer au monde. Il s’agit du premier libertinage, celui de la pensée qui réclame le droit de lire directement les textes -on abandonne la vulgate pour retraduire la bible - et de dialoguer avec Dieu ou sa création. L’homme devient plus libre de ses opinions et de sa foi, même si l’église et la terrible inquisition résistent de toutes leurs forces à ces changements en Espagne. Finement, Cervantès décrit ce début de libre arbitre comme par l’absurde, en créant un personnage qui décide de croire à ses chimères... ce qu’expriment assez précisément plusieurs passages du Don Quichotte, comme par exemple la scène du cheval volant: «Sancho, si vous voulez que l’on croie à ce que vous avez vu dans les cieux, je veux, moi, que vous croyez à ce que j’ai vu dans la caverne de Montésinos. Je ne vous en dit pas plus sur ce sujet.»

Don Quichotte veut voir le monde comme il le désire; et c’est cette suprême liberté qui touche nos contemporains. La plupart des adaptations ou des allusions à l’œuvre insistent sur cette donnée et l’idéalisent: la triste paysanne dont le chevalier a fait Dulcinée est devenue le symbole même de l’amour idéal, centre d’au moins deux opéras et de nombreux romans. Il fallait un tempérament, une lucidité et un sens de l’ironie exceptionnels pour tirer un tel parti de ses désillusions personnelles ou d’une crise historique et sociale majeure. Là réside peut-être la donnée qui a fait de Don Quichotte un succès immédiat ! Presque tous les contemporains de Cervantès se sont rapidement reconnus dans les personnages du récit... ou alors ils ont reconnu leur voisin. Celui qui ne retrouve pas quelques uns de ses travers ou de ses qualités dans l’hidalgo Quijada les trouvera dans Sancho, la nièce, le curé, ou Samson le bachelier. Chaque personnage possède les caractères les plus crédibles et le récit n’oublie jamais de mêler tendre raillerie et observation précise: peut-on imaginer plus rêveur et entier que Quijada, plus terrestre et plus fraternel que Sancho ? Les héros de Cervantès dépassent le simple statut d’archétypes, ils brossent la peinture de nos forces et de nos excès. Ils nous renvoient à nos difficultés d’être au monde, dans un univers qui nous oublie souvent et nous broie parfois… mais ils révèlent aussi combien nos folies et nos espoirs nous donnent la force de continuer à exister et font de chacun de nous des héros - même ridicules.
Olivier Cohen
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2004    

CHRONOLOGIE
1547  Miguel de Cervantès naît à Alcalá de Henares, le 29 septembre. Il est le troi­sième enfant du chirurgien Rodrigo de Cervantès et de Leonor de Cortinas.
1553  La famille Cervantès s’installe à Valladolid. Mort de Rabelais.
1556  Avènement de Philippe II.
1558  Mort de Charles Quint. Avènement d’Elisabeth Ire d’Angleterre.
1559  Mort d’Henri II.
1561  La famille Cervantès s’installe à Madrid.
1562  Naissance de Lope de Vega.
1564  La famille Cervantès s’installe à Séville. Naissance de Shakespeare. Mort de Michel-Ange.
1566  La famille Cervantès retourne à Madrid. Miguel fréquente l’étude de Juan López de Hoyos, maître ès humanités, érasmiste.
1569  Miguel de Cervantès réside à Rome.
1570  Toujours à Rome, Cervantès s’enrôle comme soldat dans l’expédition maritime contre les Turcs, commandée par le général des armées pontificales, Marc Antoine de Colonna.
1571  Les flottes coalisées de l’Espagne, de Venise et du Saint Siège, sous le commandement de don Juan d’Autriche, remportent le 7 octobre, à Lépante, la victoire sur les Turcs. Cervantès est blessé à la main gauche et hospitalisé à Messine.
1572  Cervantès participe à la campagne navale de don Juan d’Autriche à Corfou. Massacre de la Saint-Barthélémy.
1573  Nouvelle expédition de don Juan d’Autriche contre Tunis et La Goulette à laquelle prend part Cervantès.
1574  Cervantès s’installe en Sicile, puis à Naples.
1575  En regagnant l’Espagne, Cervantès est fait prisonnier au large des côtes catalanes par le pirate barbaresque Arnaut Mami, et conduit à Alger.
1576  Première évasion de Cervantès, qui est repris et reconduit à Alger.
1577  Deuxième tentative d’évasion et nouvel échec.
1578  Troisième tentative d’évasion et autre échec. Mort de don Juan d’Autriche.
1579  Quatrième tentative d’évasion. Cervantès obtient la grâce du pacha d’Alger.
1580  Cervantès est libéré; il rejoint Madrid. Première édition des Essais de Montaigne. Naissance de Quevedo.
1582  Cervantès écrit La Galatée. Représentation de ses premières pièces de théâtre, dont La Vie à Alger.
1584  Cervantès épouse le 12 décembre, à Esquivias, Catalina de Salazar. Naissance, cette même année, de sa fille naturelle, Isabel de Saavedra.
1585  Mort de Rodrigo de Cervantès, père de Miguel. Publication de la première partie de La Galatée. Mort de Ronsard.
1587  Cervantès s’installe à Séville. Commissaire aux approvisionnement des galères du roi, chargé de pourvoir en vivres l’“Invincible Armada”, il traite avec les meuniers, les muletiers et les charretiers d’Andalousie.
1589  Assassinat d’Henri III.
1592  Cervantès est emprisonné pour vente illégale de blé, puis rapidement libéré. Mort de Montaigne.
1593  Mort de Leonor de Cortinas, mère de Cervantès.
1594  Entrée d’Henri IV à Paris.
1596  Naissance de Descartes.
1597  Cervantès est incarcéré à Séville, accusé d’avoir détourné de l’argent de l’État.
1598  Libération de Cervantès. Mort de Philippe II. Avènement de Philippe III.
1600  Rodrigo de Cervantès, frère de Miguel, est tué à la bataille des Dunes. Cervantès quitte Séville pour s’installer en Castille. Shakespeare écrit Hamlet.
1603  Mort d’Elisabeth Ire d’Angleterre.
1605  Publication de la première partie de Don Quichotte. Le succès est tel que six éditions sont publiées en Espagne la même année.
1606  Cervantès et sa famille se déplacent à Madrid, avec la cour. En Angleterre, première représentation de Macbeth. Naissance de Corneille.
1608  Traduction française par N. Baudouin de la nouvelle Le Curieux malavisé, insérée dans la première partie de Don Quichotte.
1609  Cervantès entre dans la Congrégation du Très-Saint-Sacrement, fraternité et académie littéraire à laquelle appartiendront Lope de Vega et Francisco de Quevedo. Expulsion des morisques. Mort d’Andrea, sœur aînée de Cervantes.
1610  Assassinat d’Henri IV.
1611  Mort de Magdalena, sœur cadette de Cervantès. Séjour à Esquivias.
1613  Publication des Nouvelles exemplaires. Dédicacé au comte de Lemos, bienfaiteur de Cervantès et vice-roi de Naples, le recueil connaît un grand succès.
1614  Publication, par un éditeur de Tarragone, d’une seconde partie de Don Quichotte, apocryphe, connue aujourd’hui sous le nom du Quichotte d’Avellaneda. Publication du Voyage au Parnasse. Traduction française, par César Oudin, de la première partie de Don Quichotte.
1615  Publication de la seconde partie de Don Quichotte, dédicacée au comte de Lemos, dans laquelle Cervantès fait allusion à la suite apocryphe d’Avellaneda. Le succès est considérable. Publication de Huit Comédies et huit intermèdes jamais représentés. Traduction française, par François de Rosset, des Nouvelles exemplaires.
1616  Miguel de Cervantès meurt à Madrid le 23 avril. Mort de Shakespeare.
1617  Publication des Travaux de Persilès et Sigismonde, dédicacé au comte de Lemos. Réédition en Espagne de toutes les œuvres de Cervantès.
1618  Traduction française, par François de Rosset, de la seconde partie de Don Quichotte.   Chronologie établie par Aline Schulman
     
DON QUICHOTTE
D’après l’œuvre de Miguel de Cervantès  
Racontée par Jean-Pierre Cassel dans les rôles de Don Quichotte et Sancho Pança Jean Topart dans le rôle de Miguel de Cervantès  

Et la participation de Isabelle Adam, Christine Bougard, Jean-Marc Bourillon, Léonie Dégoulet, Pierre-Olivier Ferry, Michel Gravéro, Régis Ivanov, Alain Lahaye, Gaelle Mahouin, Etienne Rattier, Stéphan Ropert, Nolwenn Tschiember, Roger van Hool, Pierre William.
 
Musiques médiévales interprétées par Emmmanuel Bonnardot, Pierre Hamon, Catherine Jousselin, Brigitte Lesne  

Adaptation : Louis Cervin
Mise en scène sonore : Olivier Cohen
Enregistrement au Studio Kos & Co par Jean-Claude Koskas
Editions Kos & Co
Illustration couverture : Chica
Illustrations livret : Nadine Forster    

DON QUICHOTTE  
01.  Prologue  4’12
02.  Première sortie de Don Quichotte  4’23
03.  André et le paysan  4’04
04.  Trois frères marchands en route pour Saragosse  3’00
05.  Autodafé  4’12
06.  Les moulins  3’26
07.  Les moines de Saint-Benoît  3’28
08.  Les chevaliers à la triste figure  4’59
09.  Micomicona, princesse de Micomicom en Etiopie  3’57
10.  L’auberge  5’58
11.  Le chevalier des miroirs  7’16
12.  Du courageux chevalier aux lions  5’33
13.  Le château de la duchesse  9’43
14.  Une dernière épreuve pour Don Quichotte  4’22
15. Dernier combat de Don Quichotte  4’08

Ecouter Don Quichotte (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 PROLOGUE - CASSEL04'13
02 PREMIERE SORTIE DE DON QUICHOTTE - CASSEL04'27
03 ANDRE ET LE PAYSAN - CASSEL04'07
04 TROIS FRERES MARCHANDS EN ROUTE POUR SARAGOSSE - CASSEL03'02
05 AUTODAFE - CASSEL04'16
06 LES MOULINS - CASSEL03'30
07 LES MOINES DE SAINT BENOIT - CASSEL03'31
08 LES CHEVALIERS A LA TRISTE FIGURE - CASSEL05'01
09 MICOMICONA PRINCESSE DE MICOMICOM EN ETIOPIE - CASSEL04'00
10 L AUBERGE - CASSEL06'01
11 LE CHEVALIER DES MIROIRS - CASSEL07'20
12 DU COURAGEUX CHEVALIER AUX LIONS - CASSEL05'36
13 LE CHATEAU DE LA DUCHESSE - CASSEL09'46
14 UNE DERNIERE EPREUVE POUR DON QUICHOTTE - CASSEL04'24
15 DERNIER COMBAT DE DON QUICHOTTE - CASSEL04'10
"Don Quichotte" de Cervantes par Le Monde

“Respecter le style et le fonds du texte, tout en le rendant, grâce aux acteurs choisis, accessible et passionnant tant pour les grands enfants que pour leurs aînés et leurs parents. On voudrait, comme ses voisins, retenir ce Don Quichotte « qui rêve tout debout », mais on suit l’aventurier de pacotille dans son roman de chevalerie raté, musique médiévale aidant.” LE MONDE




« Une approche vivante et juste » par Paris Bibliothèques

En quatorze chapitres dialogués, voici une approche vivante et juste d’un grand classique de la littérature mondiale. On y retrouve les épisodes les plus connus du célèbre roman de Cervantès (entre autres, le combat contre les moulins à vents). Bruitage nombreux et circonstanciés, et musiques médiévales accompagnent cette adaptation enlevée – une des premières d’Olivier Cohen (alias Louis Cervin) dont le talent éclate dans les dialogues (par exemple, dans les dictons et les savoureuses expressions de Sancho, et l’hallucinante scène des magiciens). Mais pourquoi avoir confié à un même comédien les deux rôles principaux ? Tout le monde n’a pas la voix caméléon de Bernard Giraudeau ! A écouter chapitre par chapitre à partir de 10 ans. PARIS BIBLIOTHEQUES





"Don Quichotte pour enfants" Cervantès par Notes Bibliographiques

"Petits, grands et même très grands apprécieront cette adaptation vivante, cocasse, tendre et inventive, très bien servie par quinze comédiens en très grande forme." NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

"Il était une fois, en Espagne, un seigneur qui vivait dans un château en compagnie d'une fidèle gouvernante, d'une nièce aimante et d'un valet dévoué. La lecture des livres de chevalerie l'enchantait tellement qu'il voulait vivre les exploits de ses héros mythiques. Accompagné de son sage écuyer, Don Quichotte décida alors de partir avec "armes et jument" pour combattre le mal et l'injustice pour l'amour d'une belle. Mais entre aventures fictives et aventures réelles, le chevalier perdit ses espoirs de gloire et ses illusions. Car, comme le dit si bien Sancho "à trop vouloir chercher la laine, onpeut revenir tondu..."
Petits, grands et même très grands apprécieront cette adaptation vivante, cocasse, tendre et inventive, très bien servie par quinze comédiens en très grande forme." NOTES BIBLIOGRAPHIQUES




"Nous avons besoin de Quichotte" par le JDI - Journal des instituteurs - Nathan.

Comment initier les enfants au patrimoine littéraire de l’humanité ? Le roman de Cervantès met en scène l’homme en perpétuel décalage entre la réalité et la vision qu’il en a. Il est difficile, au niveau de l‘école élémentaire, de faire découvrir cette œuvre qu’une adaptation (réduction) ne pourrait manquer d’appauvrir. En revanche, le travail de mise en scène sonore permet de restituer l’émotion face à ce personnage emblématique vivant dans l’illusion, et le comique souvent amer qui se dégage de certaines situations. Comme pour Carmen, il pourra être intéressant de comparer quelques passages traduits avec la façon dont ils sont adaptés dans l’enregistrement. De même pourra-t-on regarder une adaptation filmée ou faire écouter la mort de Don Quichotte dans l’opéra de Massenet, chantée par Chaliapine. Ce travail de comparaison forme l’ébauche d’une culture européenne : le héros quitte les frontières que lui assigne le génie national pour gagner le droit à représenter l’humaine condition. Don Quichotte, défenseur des pauvres et des opprimés, ne peut guère aujourd’hui faire l’objet d’une moquerie même affectueuse : nous avons besoin de Quichotte, mais il faut leur apprendre à bien regarder la réalité. JDI – JOURNAL DES INSTITUTEURS





« Le premier roman moderne » par Le Journal du Médecin

On fêtait cette année le 400e anniversaire de la parution de ce que l’on appelle le premier roman moderne : Don Quichotte méritait bien une édition audio. Les éditions Frémeaux & Associés l’on réalisée, confiant le rôle du narrateur à Jean Topart, et celui de Don Quichotte à Jean-Pierre Cassel. A côté d’un décor sonore un tantinet envahissant dans une version qui se veut abordable pour les petits et grands, les deux personnages dominent une belle brochette de comédiens parmi lesquels on est ravi de retrouver un certain Roger Van Hool. Si Don Quichotte est victime d’hallucinations, l’auditeur entend lui pour sa part des revenants…
B.R. – LE JOURNAL DU MEDECIN




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