COUNTRY GOSPEL

NEW YORK - ATLANTA - NASHVILLE 1929-1946

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Livret : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


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Coffret 2 CD avec livret 40 pages.

Le Gospel est certainement la racine la plus ancienne et la plus profonde de la Country music. On a jusqu’à présent surtout étudié la branche noir des spirituals et des gospels. Avec ce coffret, Gérard Herzhaft se propose d’emmener l’auditeur aux sources religieuses de l’Amérique profonde et de suivre l’évolution des spirituals et des gospels dans la vaste branche de la Country music.
Patrick Frémeaux

Droits éditorialisation : Groupe Frémeaux Colombini - La Librairie Sonore - Notre Mémoire Collective.

Voici, à mon avis, la meilleure formule pour brosser un panorama cohérent des principaux courants des musiques populaires (américaines et autres); un nombre suffisant d'exemples (36 faces ici) et un copieux livret bien illustré. (...) Bravo à Gérard Herzhaft pour ses choix et à la compagnie Frémeaux pour cette constance dans sa politique d'édition en musique country, en jazz, en blues, en gospel et dans le reste....
Robert Sacré - Soulbag

(...) Vous aurez reconnu à la griffe de Frémeaux & Associés, le choix anthologique d'une époque musicale riche, la générosité du livret et la qualité exceptionnelle des repiquages.
Annette Alix - Ecouter voir

Grand défenseur du blues devant l'Eternel, Gérard Herzhaft s' est mis en tête de réhabiliter la country music aux yeux des bluesfans. Il a signé chez Frémeaux & Associés plusieurs anthologies consacrées aux différentes facettes du genre : Hillbilly Blues, Western Swing, Hawaiian music, Country Gospel, Country Boogie, Honky Tonk...
Etienne Guillermond - Travel in blues

Ces doubles CD sont des monumets que tout amateur de musique traditionnelle devrait posséder. Merci encore à Gérard Herzhaft et Patrick Frémeaux pour la publication de ces trésors.
Claude Vue - Trad Mag

Bravo aux producteurs français, Frémeaux & Associés, pour ce travail en profondeur sur les roots de la musique américaine, alors même qu'aux USA les anthologies sur la première moitiée du XXe siècle sont inexistantes !
Jacques Brémond - Rock sound.

Enième compilation exemplaire à portet au crédit du musicologue Gérard Herzhaft...
Serge Loupien - Libération"

COUNTRY GOSPELVOLUME 2 fa055

COUNTRY
COUNTRY GOSPEL

VOLUME 2 : NEW YORK - ATLANTA - NASHVILLE
1929-1946







Le Gospel est certainement la plus ancienne, la plus profonde et la plus élémentaire des nombreuses racines de la Country Music. La musique d’église ou le chant d’hymnes à “l’ancienne manière” (old time hymn singing) a irrigué non seulement toutes les branches de la Country Music mais aussi les âmes de l’immense majorité des grands créateurs du genre. Beaucoup d’éléments de la Country Music peuvent être reliés à l’église en bois au milieu d’une clairière qui a été longtemps le point de rencontre et d’unité des pionniers, colons, planteurs et même esclaves qui ont formé les Etats-Unis.On a jusqu’à présent surtout étudié et réédité la branche noire des Spirituals et des Gospels (cf. Gospel Vol. 1, 2 et 3 FA 008, 026 et 044). Cette anthologie se propose donc de sortir des sentiers battus, d’emmener l’auditeur aux sources religieuses de l’Amérique profonde et de suivre l’évolution des Spirituals et des Gospels dans la vaste branche de la Country Music.

LES CHRÉTIENS D’AMÉRIQUE DU NORD
La liberté de culte a été une des principales raisons de la colonisation de l’Amérique du Nord. Entre 1740 et 1840, une grande partie des colons qui viennent peupler le Nouveau Monde sont issus des multiples sectes protestantes qui ont fleuri en Grande Bretagne et qui y sont persécutées. Mais dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre, ces adeptes d’un retour «à la lettre de l’Evangile» retrouvent en partie les mêmes problèmes qui leur ont fait fuir l’Europe. L’Eglise est hiérarchisée, non démocratique, sépare les classes sociales et s’occupe bien davantage des riches et des puissants que des humbles et des anonymes. En conséquence, ces émigrants - Baptistes, Méthodistes, Quakers, Moraviens... - cherchent refuge dans les étendues semi-vierges des Appalaches ou de la Frontière de l’Ouest. Ils sont à la recherche de la Terre Promise et, au premier signe de la Providence, identifient tel massif ou telle vallée comme le lieu désigné de la Nouvelle Jerusalem.Ces sectes protestantes instaurent une liberté absolue de culte qui se manifeste par la prolifération d’églises en bois ou, encore plus souvent, d’églises sous la tente de toile (tent meetings) et d’églises à ciel ouvert (camp meetings, brush arbor meetings).

Dans ces lieux naturels, la prière et la proclamation de la foi sauvent l’âme du pêcheur, le repenti renaît (born again). Loin des Eglises établies et hiérarchisées, ces meetings dans la nature sont l’expression communautaire des pauvres, des méprisés, des “vrais chrétiens”.Avec la Révolution Industrielle américaine de la deuxième moitié du XIXé siècle, le nombre de laissés pour compte de la société s’accroît, soit qu’ils soient en marge de ce mouvement moderne (agriculteurs des régions reculées) soit qu’ils se brisent dans l’engrenage d’un système capitaliste tourné exclusivement vers la production de biens matériels. Cette masse considérable d’Américains laissés en marge du mouvement industriel se réfugient dans le passé idéalisé d’un protestantisme pur et exigeant (old time religion). Les églises fondamentalistes accueillent tout naturellement cette aspiration. Elles connaissent un développement spectaculaire dans les Etats du Sud et vers l’Ouest. On assiste à une généralisation des tent meetings et des camp meetings. Dans ces régions, toute la vie sociale et intellectuelle est entièrement basée autour de l’Eglise et de sa morale.C’est auprès de ces petites gens et dans ces régions que la Country Music prend naissance.

CHANTER L’ÉVANGILE
La James D. Vaughan Organization et les écoles chantantes Stamps-Baxter sont deux entreprises qui se montent dans la deuxième partie du XIXe siècle dans le but d’amener le christianisme aux individus simples, aux communautés isolées de l’Amérique profonde. La chanson d’inspiration sacrée est le vecteur principal de cette propagation religieuse qui s’exerce d’abord en Nouvelle-Angleterre. Mais cette partie la plus ancienne des Etats Unis, la plus anglaise et la plus bourgeoise se moque férocement des méthodes, des thèmes et des manières de chanter de ces “missionnaires de l’intérieur”.La James D. Vaughan et la Stamps-Baxter vont dès lors se concentrer essentiellement sur les Etats du Sud et de l’Ouest qui comprennent les communautés chrétiennes les plus isolées et les plus reculées du pays. Elles envoient des hymnes avec des professeurs pour les enseigner. Ils restent une semaine ou deux dans chaque zone rurale (selon le modèle des juges itinérants), apportent le texte et la musique de chaque hymne.Bien peu de leurs ouailles sachant lire la musique, ces écoles utilisent une manière originale de figurer les notes. On stylise chacune de ces notes par un symbole (triangles, ovales, rectangles, carreaux) qu’enseigne quelque temps le professeur itinérant. La voix du chanteur, ainsi guidée, peut annoncer la note à la congrégation sans savoir lire une partition. Ce système de notation musicale simplifiée s’appelle shape notes.Il a été mis au point en Nouvelle Angleterre à la fin du XVIIIe siècle et a été systématiquement utilisé par les sectes protestantes pour répandre l’Evangile.

Les hymnes sont composés par des auteurs comme Isaac Watts ou les Wesley en plaquant des textes religieux sur des airs de ballades et de danses les plus populaires. Ces folk hymnodies dominent tout au long du XIXe siècle les camp meetings. Des airs des folk songs avec une diction sans difficulté, une syntaxe pauvre et des textes simples, histoire édifiante parsemée souvent de formules et des versets constamment répétés, qui sont conçus pour être retenus vite par coeur à une époque et dans des lieux où peu de gens savaient lire. L’idéologie de ces folk hymnodies : “une forme simple et entraînante pour attirer le pêcheur et le croyant vers le Christ”! Ce message démocratique, populiste même de l’Evangélisme protestant est surtout le fait des Baptistes et des Méthodistes. Le chant en shape notes est ici pratiqué par les Alabama Sacred Harp Singers.Ce système des écoles chantantes va connaître un énorme succès dans les régions du Sud et de l’Ouest. On peut y voir, à l’instar de certains auteurs, non seulement l’origine des Spirituals et des Gospels (blancs et noirs) mais aussi une formule de chanson rurale qui induira très directement celle de la plupart des morceaux de Country Music et de blues.On signale encore à la fin des années 40 la présence sporadique de ces écoles chantantes itinérantes dans le Sud!

L’INFLUENCE DES GOSPELS DANS LA PREMIEÈRE COUNTRY MUSIC
L’impact de la James D. Vaughan organization et des écoles Stamps-Baxter sur les voix et les esprits des artistes en herbe qui allaient créer la Country Music est en tout cas considérable et attesté par tous les témoignages recueillis auprès des pionniers du genre.La plupart des premiers artistes - notamment Appalachiens - de ce que l’on nommait alors Hillbilly Music intègrent des thèmes religieux ou semi-religieux dans leur répertoire scénique ou radiophonique. “Now it’s time in our show where we sing a few good old-fashioned hymns” (Il est maintenant temps dans notre show de chanter quelques uns de ces vieux hymnes) est une phrase que l’on retrouve dans les spectacles radiophoniques (et donc certainement les concerts) des Mc Gee Brothers, de Roy Acuff, de Wade Mainer ou même de Uncle Dave Macon. Entre autres...La Country Music enregistrée comprend dès le début une partie importante de thèmes sacrés. La Carter Family, le groupe de Wade Mainer, les Mainer’s Mountaineers, les Monroe Brothers, les Blue Sky Boys ne sont absolument pas des groupes de Gospel. Mais ils enregistrent un grand nombre de Gospel songs, pratiquement tous dérivés des livrets d’hymnes (ballets) popularisés par les enseignants itinérants de la James D. Vaughan et la Stamps-Baxter. Comme on l’a vu, la plupart de ces morceaux d’inspiration religieuse s’inscrivent sur des canevas musicaux (ou des textes adaptés) de vieux folk-songs dont nombre trouvent leur origine dans les Iles Britanniques. Mais la plupart d’entre eux ont été soigneusement déposés au bureau du copyright bien avant les débuts de l’enregistrement phono­graphique.

Ainsi, Motherless children, un spiritual associé au prédicateur noir Blind Willie Johnson qui l’a gravé sur disque en 1927 (cf. Gospel vol. 1 FA 008) a été copyrighté par deux enseignants de la James D. Vaughan organization, S.C. Brown (paroles) et Charles A. Dryscoll (musique) dès 1904. On en propose ici une belle version de 1929 par la Carter Family. De son côté, No telephone in heaven (ici aussi par la Carter Family) a commencé par être uniquement récité (sans musique) par les professeurs de la Stamps & Baxter avant d’être mis en musique en 1913 (et copyrighté) par George “Honeyboy” Evans, un chanteur-acteur célèbre dans les circuits blackface des spectacles de ménestrels américains!A l’Ouest, la présence de Gospel Songs dans le répertoire des artistes de la Country Music locale est beaucoup plus sporadique, voire quasiment inexistant comme dans le Western Swing qui, il est vrai, pratiquaient une musique de danse souvent très osée pour l’époque. Les cow-boys chantants (cf. Western. Cow boy ballads and songs FA 034), à l’instar de Roy Rogers ou de Eddie Dean (qui a commencé sa carrière chez la James D. Vaughan!), ont souvent ouvertement proclamé la profondeur de leurs sentiments religieux sans guère enregistrer de thèmes sacrés. Les Sons of the Pioneers dont nous proposons ici deux Gospels très swinguants sont une exception mais l’ensemble de leur oeuvre - qui s’inspire ouvertement des chants d’église dans la manière et le style - n’abonde pas en pièces religieuses.

LA RELIGION CONTRE LE DIABLE : GOSPEL MUSIC CONTRE COUNTRY MUSIC
Les singing schools de Vaughan et Stamps & Baxter ont également engendré nombre de groupes de Gospel. Au début, il s’agit essentiellement de quartets généralement accompagnés d’un piano seul ou d’un harmonium, comme à l’église. Leur répertoire pioche, pour l’essentiel, dans les song-books diffusés par les écoles chantantes. Ce qui n’exclut pas la composition de thèmes originaux. Si ces groupes chantent et commentent volontiers certains passages de la Bible, ils racontent le plus souvent une histoire édifiante, triste, émouvante, poignante que l’on relie soudain à un au-delà prometteur, un Christ bienfaisant, une immortalité de l’âme qui permettent d’espérer un jour la réunion avec l’être cher qui vient de disparaître.A côté de ces quartets, on trouve aussi un grand nombre de prédicateurs chantants, bardes itinérants le plus souvent souffrant d’un handicap qui leur interdit de gagner leur vie en travaillant. Armés d’une Bible et d’un violon ou d’une guitare, ils vont de village en hameau, de campements d’ouvriers construisant routes, digues ou voies ferrées à des fermes isolées, se postent devant des églises communautaires pour prêcher la bonne parole en échange d’une dime, d’un casse-croûte, d’une paillasse pour dormir. Cette anthologie propose deux prédicateurs chantants, Alfred G. Karnes, un excellent chanteur-guitariste-harmoniciste et le Révérend G.P. Harris, prêcheur accompagné de son seul violon dans un style extraordinairement archaïque, qui provient des highlands des domaines celtiques de la Grande Bretagne.

Avec l’arrivée du disque, le Gospel devient un genre important. Des groupes comme le Holiness Quartet emmené par Ernest Phipps (dont on présente ici Old time religion), les Blackwood Brothers, la Le Fevre Family ou la Spear Family sont des chanteurs-musiciens professionnels qui ne pratiquent que du Gospel, jouant et chantant dans les églises où ils sont invités, vendant leurs Bibles, leurs song-books de thèmes religieux, leurs disques ou des souvenirs au cours de leurs concerts. Souvent, ils sillonnent le Sud à bord d’un camion, s’installent ici et là et chantent et proposent leurs produits à partir de la plate-forme du camion.Ce Gospel blanc sudiste entretient (à l’instar du Gospel noir vis-à-vis du blues) des rapports très conflictuels avec la musique profane Hillbilly, jetant l’anathème sur l’ensemble des musiciens qui pratiquent ce qui est dénoncé comme “la musique du Diable”, la Country Music d’alors. Même des groupes comme la Carter Family dont le répertoire comprend cependant de nombreux thèmes religieux sont fustigés pour leur immoralité(!), leur façon de s’habiller et l’utilisation d’instruments à cordes considérés comme ceux de Satan (le fiddle était couramment appelé Devil’s instrument). Cette attitude hostile correspond aussi à celle de la clientèle fidèle de cette musique Gospel, petits blancs dont l’éducation livresque se limite à la Bible et aux song-books des singing schools. Pour ces dévots de la Bible belt, la musique profane dans son ensemble est d’inspiration démoniaque. Ils vont mener une campagne rageuse et frénétique contre A.P. Carter et Sara lorsqu’ils divorceront ainsi que contre les premiers groupes de Western Swing, venus du Texas et dont le succès est considérable même dans les Appalaches. Ils réussiront à interdire le Grand Ole Opry à Bob Wills! (cf. Western Swing FA 032).

LE COUNTRY GOSPEL
Peine perdue! A l’orée de la Deuxième Guerre Mondiale, la branche texane de la Country Music a tout envahi, inspirant très largement les thèmes et la manière de la plupart des nouveaux artistes appalachiens. Cette domination du Western Swing aboutit à minorer la part de thèmes religieux interprétés et enregistrés par les groupes appalachiens. Le Western Swing laisse durant les années 40 la place au Honky Tonk, un genre dérivé du précédent, avec un orchestre électrique resserré, qui se pratique essentiellement dans des petits bars et qui parle avec franchise des problèmes de la vie réelle (divorce, adultère). Le Honky Tonk devient LE genre essentiel de la Country Music, sa colonne vertébrale.La disparition des singing schools à la même époque, après un long et lent déclin, accompagne la quasi-disparition des groupes de Gospel d’avant-guerre. Ces quartets figés, monolithiques, avec leur seul clavier pour tout accompagnement apparaissent bien peu attrayants, même aux amoureux de la musique uniquement religieuse. Les disques de Gospel demeurent cependant toujours un marché très important. Les groupes appalachiens qui avaient toujours interprété des thèmes religieux au milieu d’un répertoire éclectique retrouvent soudain grâce auprès des fidèles du Gospel. Même lorsqu’ils pratiquent - à l’instar de Bill Monroe et de son Bluegrass - de nouvelles formes de musique, nettement inspirées des manières du Western Swing. Hank Williams, un des artistes les plus importants de la Country Music d’après-guerre, a d’abord commencé à composer et à enregistrer des Gospel Songs, tels Calling you et Wealth won’t save your soul qui datent du tout début de sa carrière.

Certains musiciens de Country décident alors d’adopter totalement les styles musicaux qui ont la faveur du public mais de se spécialiser dans l’interprétation de thèmes d’inspiration sacrée, ce qui leur permet de se produire et de vendre beaucoup de disques dans des circuits religieux ou para-religieux. C’est le cas de Carl Story, un musicien dans la veine Bluegrass, qui connaît un phénoménal succès avec My Lord Keeps a record en 1946. Celui aussi de Molly O’Day, une formidable chanteuse qui pleurait à chaudes larmes en déclamant Drunken driver ou Tramp on the street. Sur leurs pas, d’innombrables artistes ou groupes se spécialiseront dans la version Gospel de la Country Music. Beaucoup d’autres, souvent par foi, souvent aussi pour relancer une carrière qui commence à fléchir ou faire oublier des frasques excessives qui ont défrayé la chronique et nuisent à leur image, se reconvertissent temporairement au Gospel. La création du Grand Ole Gospel Time, programme radiophonique spécialisé dans la musique sacrée d’inspiration Country, celle de la Gospel Music Association et, dans les années 70, du Gospel Hall of Fame ont pérennisé le genre Gospel Country, devenu une affaire commerciale très rentable avec des groupes millionnaires du disque comme les Oak Ridge Boys.En tout cas, dans la deuxième partie des années 40, lorsque se termine ce coffret, le Gospel Country est fermement installé dans le vaste paysage de la Country Music qu’il a largement contribué à forger.

LES ARTISTES
ROY ACUFF : Comme la plupart des artistes de Country Music, Roy Acuff (1903-1992) s’est initié à la musique à l’église locale. Mais c’est dans les medicine shows et au Grand Ole Opry, le célèbre spectacle radiophonique de Nashville qu’il a fait une carrière de musicien professionnel. Acuff a été un grand innovateur, adaptant la forme quelque peu rigide des orchestres à cordes appalachiens à la nouvelle sensibilité du public sudiste des années 30, de plus en plus tourné vers les manières du Western Swing. Son oeuvre considérable (cf. Country FA 015) mêle harmonieusement la ballade sentimentale et l’humour rural au chant traditionnel des Appalaches, avec une fréquente touche patriotique et religieuse. Homme d’affaires avisé, Roy Acuff a fondé en 1942 avec Fred Rose une maison d’édition musicale, Acuff-Rose qui domine encore aujourd’hui la Country Music, copyrightant des milliers de chansons. Roy a également enregistré nombre de Gospels dont It won’t be long, une belle composition personnelle et The Prodigal son, co-écrit avec Fred Rose sous le pseudonyme de Floyd Jenkins.

ALABAMA SACRED HARP SINGERS : Le chant religieux en shape notes, dont la popularité a été énorme dans l’Amérique rurale était déjà démodé lorsque, dans les années 20, les compagnies discographiques ont entrepris d’enregistrer les musiques sudistes. Cela explique sans doute le fait que l’on ne dispose que de très peu d’enre­gistrements commerciaux réalisés dans ce style. Une grande partie de ces disques de Gospel chantés selon le système des shape notes proviennent de la famille Denson, originaires de Birmingham dans l’Alabama. Sous divers noms (comme ici les Alabama Sacred Harp singers), ils ont gravé 20 titres en 1928 et 1934, laissant un témoignage vivant d’une des formes de musique les plus anciennes et les plus influentes de la musique américaine.

ANGLIN TWINS : Frères mais non jumeaux, Jack et Jim Anglin sont originaires du Tennessee mais ont grandi dans l’Alabama où ils ont entrepris une modeste carrière musicale sous la forme d’un duo vocal et instrumental à la façon des Monroe Brothers ou des Blue Sky Boys. Leur oeuvre enregistrée en 1937-38 comprend quelques excellents Gospels dont cette dynamique version de Just inside the Pearly Gates, tiré des songbooks de la James D. Vaughn organization.

ARMSTRONG TWINS : On ne sait pas grand-chose des frères Floyd (le guitariste) et Lloyd (le mandoliniste) Armstrong, sans doute originaires de Little Rock (Arkansas) mais qui ont gagné durant la guerre la Californie et animé les programmes musicaux de stations évangéliques! Ils laissent une petite oeuvre qui renvoie souvent aux grandes heures des duos vocaux appalachiens d’avant-guerre.

BLUE SKY BOYS : Principaux rivaux des Monroe Brothers dans le coeur du public montagnard, ce duo composé du chanteur-mandoliniste Bill Bolick (1917) et du chanteur-guitariste, son frère Earl Bolick (1919) n’ont pas la verve et le sens du swing des Monroes. Mais leurs harmonies vocales - directement inspirées des chorales d’église - sont généralement considérées comme la perfection du genre appalachien d’avant-guerre. Ils ont abondamment enregistré entre 1936 et 1946 ballades, pièces de danse et Gospels comme cet édifiant Speak to me little darling qui, gravé en 1946, constitue un des derniers disques commerciaux dans ce genre déjà très daté à l’époque. Les Blue Sky Boys qui refuseront tout compromis avec la Country Music électrique de l’après-guerre referont brillamment surface au moment du folk boom, enregistrant même un album pour Capitol en 1965!

CARTER FAMILY : Un des groupes-clés de la première Country Music, la Carter Family se compose de A.P. Carter (1891-1960), de sa femme Sara (1899-1979) et de leur belle-soeur Maybelle (1909-1982). A.P. a glané des milliers de chansons dans les Appalaches, souvent avec l’aide d’un voisin et ami noir, le chanteur-guitariste Lesley Riddle. C’est aussi Riddle qui initie Maybelle à la guitare, un jeu fluide et délié en fingerpicking. Le trio interprète beaucoup de ballades et nombre de Spirituals. Ils connaissent un très grand succès dès leur premier enregistrement en 1927 pour le label Victor. En fait, une grande partie de l’oeuvre enregistrée par la Carter Family constitue un des corpus essentiels de la Country Music jusqu’à aujourd’hui. La Carter Family - qui n’est pas un groupe religieux - a enregistré un assez grand nombre de Gospels. Nous proposons ici trois de leurs plus belles réussites en ce domaine, notamment une magnifique version de Motherless children qui sera reprise par d’innombrables groupes de folk.

JIMMIE DAVIS: Deux fois gouverneur de la Louisiane, Jimmie Davis (1902) a fait une carrière musicale aussi prolifique que sa carrière politique! A la fin des années 20, il commence par imiter (avec talent) Jimmie Rodgers, enregistre une série remarquable de blues et de chansons salaces. C’est au cours de celle-ci qu’il grave le Gospel semi-parodique, There’s evil in ye children en compagnie des remarquables guitaristes Snoozer Quinn et Ed Shaefer. Cela l’a-t-il incité à se consacrer ensuite au Gospel dont il deviendra, après la guerre, une des grosses vedettes?

DELMORE BROTHERS : Les frères Alton (1908-64) et Rabon (1916-52) Delmore, originaires de l’Alabama ont commencé dans les années 30 une carrière musicale prolifique dans un style de duo appalachien marqué par la conjonction subtile de leurs deux guitares (l’une standard, l’autre à quatre cordes) et un goût prononcé pour le blues. Ils ont enregistré un assez grand nombre de Gospels dans ce style bluesy comme les standards In the vine covered chapel et Heavenly light is shining on me. Après la guerre, les Delmore Brothers brilleront dans un style de Country boogie endiablé qui annonce très nettement le Rockabilly.

DIXON BROTHERS : Les frères Dorsey (1897-1968) et Howard (1903-1960) Dixon sont originaires de Richmond en Caroline du Sud. Beaucoup moins populaires que d’autres duos fraternels, les Dixon ont cependant enregistré une oeuvre copieuse, avec des textes extrêmement originaux et une touche protestataire qui a fait mouche au début des années 60 lors du folk boom, Dorsey enregistrant alors assez abondamment et même un microsillon pour le label Testament! Shining city over the river est un des Gospels gravés en 1937 sous le nom des Dixon Brothers. Mais en fait, il s’agit d’un duo formé pour la circonstance par Dorsey et sa femme Beatrice.

G.B.GRAYSON & HENRY WHITTER : Le guitariste Henry Whitter (1907-41) rencontre le violoniste George Banman Grayson (1887-1935) lors d’un concours de musiciens ruraux à Mountain City dans le Tennessee en 1927. Ils décident d’unir leurs talents. Ils enregistrent entre octobre 1927 et 1929 quarante titres souvent considérés comme la crème de la musique old-time des Appalaches. Parmi ceux-ci, on trouve un certain nombre de thèmes d’inspiration religieuse comme cet émouvant You’ll never miss your mother.

REVEREND G.P. HARRIS:
Golden P. Harris était un prédicateur itinérant autour d’Hillsville en Virginie. Son chant tendu et passionné, le son du violon semblent tout droit sortis des collines irlandaises. L’original I’ll lead a Christian life est certainement un des titres les plus archaïques enregistrés en Amérique et démontrent la profondeur des racines celtiques des musiques sudistes.

ALFRED G. KARNES : Né en 1891 en Virginie, Alfred Grant Karnes, prédicateur et barbier, a enregistré une douzaine de titres en 1927 dans le style imagé des prêcheurs des rues. Il a été un des premiers à expérimenter la guitare Gibson à deux manches et il joue aussi de l’harmonica sur le standard We shall be reunited.

BASCOM LAMAR LUNSFORD : (1882-1973) a été un extraordinaire interprète des plus vieux thèmes appalachiens qu’il avait collectés dès son enfance en Caroline du Nord. Il publie en 1929 un des tout premiers recueils de folk-songs! Il enregistre en même temps une oeuvre non commerciale (en 1922 et 1925 sur cylindres pour les chercheurs Frank Brown et Robert Gordon) et commerciale remarquable d’intensité et de puissance. Il continuera à collaborer à toutes sortes de programmes de recherches folkloriques pour la Bibliothèque du Congrès ou la Columbia University, jouant, chantant et donnant conseils et conférences! Lunsford a appris Dry bones, enregistré en 1928, auprès de Fletcher Rhymer, un prédicateur noir itinérant.

WADE MAINER : Le chanteur-banjoiste Wade Mainer (1907-1988) est une autre figure importante de la Country Music de Caroline du Nord. Avec ses Crazy Mountaineers puis ses Mainer’s Mountaineers, il a connu un grand succès avec une émission radiophonique quotidienne depuis Ashville. Il enregistre à partir de 1935 une oeuvre copieuse et brillante jusque dans les années 70 pour divers labels et a été dans les années 40 un invité régulier des garden parties données par le Président Roosevelt. Les Mainer’s Mountaineers ont compris diverses combinaisons de musiciens. Les Gospels enregistrés par Mainer le présentent le plus souvent en duo avec son excellent guitariste Zeke Morris. What would you give in exchange for your soul a été un grand succès pour les Monroe Brothers mais cette version de Wade Mainer est l’originale. Mother came to get her boy from jail est une émouvante chanson édifiante, la supplique d’une mère venue influer sur le jugement qui va frapper son fils indigne. Avec, comme souvent, dans les pièces religieuses composées à cette époque une intervention divine très courte mais déterminante.

MONROE BROTHERS : Nous avons déjà présenté les Monroe Brothers dans plusieurs anthologies (Country, 1927-42 FA 015; Folksongs FA 047). Ce formidable duo composé du chanteur-guitariste Charlie Monroe (1903-1975) et de son frère, le mandoliniste et chanteur Bill Monroe (1911-1996) représente une sorte d’achèvement du plus pur style montagnard en même temps que, grâce au sens du swing de Bill et à son jeu de mandoline alors révolutionnaire, la modernisation sans édulcoration de la tradition appalachienne. Ils ont gravé ensemble une quarantaine de faces entre 1936 et 1939 dont un nombre important de Gospels représentés ici par de lumineuses versions de God holds the future in His hands et Will the circle be unbroken, encore aujourd’hui des standards du Bluegrass et de la Country Music ainsi que de The Saints go marching in qui provient du song book de la James D. Vaughan mais qui est plus généralement associé au Gospel noir.

BILL MONROE : Après s’être séparé de son frère Charlie en 1941, Bill Monroe crée un nouveau type d’orchestre appalachien, tout acoustique et s’inspirant nettement du Western Swing: le Bluegrass. Il y a moins de thèmes religieux désormais que dans l’oeuvre du duo, mais les Gospel Songs sont malgré tout très présents. Wicked path of sin est chanté en quartet avec Lester Flatt en lead et un accompagnement limité à la guitare de Flatt et la mandoline de Monroe. Les arrangements extrêmement complexes, une tension en crescendo ont fait de ce titre un gros succès en 1946.

MOLLY O’DAY : La Vern Williamson devenue Molly O’Day (1923-1987) a été brièvement après la Deuxième Guerre Mondiale une très grande vedette de la nouvelle Country Music, presque à l’instar de Hank Williams qui, durant un temps, composait même des morceaux pour la «Roy Acuff féminine». Puisant son inspiration et sa voix aux sources profondes des Appalaches, Molly y ajoute une dose des orchestres à cordes de Nashville et du Western Swing. Son chant passionné et vibrant, sa force de conviction lui ont valu une forte popularité et un certain nombre de succès dont l’émouvant Tramp on the street à propos de la mort d’un clochard en pleine rue et dans l’indifférence générale. Drunken driver est aussi une pièce édifiante écrite par le mari (et guitariste) de Molly, Lynn Davis sur un accident de la route provoqué par un conducteur ivre qui fauche ses enfants mais, venu se repentir et prier sur leur tombe, entend leurs voix depuis l’au-delà lui disant qu’ils l’attendent le jour venu et lui conseillent... de ne plus boire. Drunken driver était diffusé tous les jours sur le programme radiophonique de Sam Morris, la “Voix de la Tempérance”. Le succès commercial de Molly O’Day a très vite rongé son âme et, frappée de tuberculose, croyant qu’elle était ainsi punie pour avoir trahi ses idéaux religieux, Molly a abandonné toute carrière musicale en 1951.

ERNEST PHIPPS & HIS HOLINESS QUARTET : Ernest Phipps était un ministre du culte pentecôtiste autour de Gray dans le Kentucky lorsqu’il a été enregistré en 1927-28 avec son Holiness Quartet. On note la présence à cette séance d’une audacieuse (selon les canons du Gospel d’alors) combinaison d’instruments à cordes. Les disques semblent s’être extrêmement mal vendus.

CARSON J. ROBISON : L’étonnant Carson Jay Robison (1890-1957) a touché à tous les genres de la Country Music : old-time, chansons de cow boys, ballades entre Vaudeville et Country, Western Swing et même pour finir Rockabilly avec l’endiablé Rockin’ and Rollin’ with Granmaw! Il a enregistré des centaines de titres à partir de 1925, parmi ceux-ci quelques Gospels dont cet entraînant et humoristique Open up them Pearly Gates.

SHELTON BROTHERS : Ces Shelton Brothers-là (Jack Shelton, guitare/chant et Curley Shelton, chant) sont des compagnons de Wade Mainer avec qui ils ont d’ailleurs enregistré Precious Memories qui deviendra un standard du Gospel Country via Roy Acuff. Ils n’ont aucun rapport avec les autres Shelton Brothers à qui l’on doit Aura Lee (Love me tender) et Just Because. (cf. Roots of Rock’n’Roll vol. 2 FA 351).

SONS OF THE PIONEERS : Ce groupe vocal fondé en 1934 par Roy Rogers, Tim Spencer, Bob Nolan et les frères Farr, un magnifique duo guitare/violon dans la veine Venuti/Lang s’est nettement inspiré des harmonies vocales des chorales religieuses. L’oeuvre des Sons of the Pioneers est considérable et s’étend (avec des changements de personnel) sur trois décennies. Leur affinité pour le Gospel est particulièrement évidente dans les deux pièces très swinguantes que nous proposons ici. Mais ils ont en fait essentiellement enregistré de la musique profane et figuré dans d’innombrables westerns, notamment de John Ford.

CARL STORY : Si le Gospel a fait partie des musiques appalachiennes dès l’origine, son introduction systématique a été l’oeuvre du guitariste et chanteur Carl Story, un des grands pionniers du Bluegrass. Originaire de Caroline du Nord, Story (1916-1994) a fait brièvement partie des Bluegrass Boys de Bill Monroe avant d’enregistrer en vedette dès 1946 dans une veine purement religieuse, ce qui lui a valu un très grand succès, notamment My Lord keeps a record, Are you afraid to die? (d’après un sermon de Billy Graham) et l’extraordinaire Echoes from the burning bush, souvent considéré comme le chef d’oeuvre absolu du Country Gospel.

HANK WILLIAMS: Le “Drifting cowboy” Hank Williams (1923-1953) est un des principaux concepteurs de la Country Music d’après-guerre, mêlant le vieux fond appalachien au Honky Tonk et annonçant les évolutions futures. Dans sa très courte vie, il a composé et enregistré nombre de chefs d’oeuvre toujours interprétés aujourd’hui par quantité de musiciens. Superstar sans le savoir, “born to lose”, mort d’une overdose de barbi­turiques et d’alcool à l’arrière d’une camionnette le soir du Nouvel An 1953, Hank Williams demeure par son oeuvre et son influence un des Géants de la musique populaire contemporaine. Il a composé plusieurs beaux Gospels - en fait, il a débuté dans la veine religieuse - notamment Calling you et Wealth won’t save your soul qui sont parmi ses tout premiers enre­gistrements.
Gérard HERZHAFT
Auteur de “La Country Music” (PUF, Que Sais-je? n° 2134) et des anthologies Country,1927-42; Western, cow boy ballads and songs; Western Swing; Hawaiian Music; Folksongs chez Frémeaux & Associés.

Avec tous mes remerciements pour leur aide à Jacques Spiry, Jean-Pierre Fray, Michel Rose, Robert Sacré et le Gospel Hall of Fame Library and Media Center de Nashville.

SOURCES:
BURT (Jesse) & ALLEN (Duane).- The history of Gospel Music.- K&S Press, Nashville: 1971
GREEN (Douglas B.).- Country Roots. The origins of Country Music.- Hawthorne, New York: 1976
JACKSON (George P.).- Spirituals and folk songs of early America.- Locust Valley, New York: 1932
LOUPIEN (Serge),éd..- Les Incontournables de la Country.- Filippacchi, Paris: 1995
PATTERSON (Daniel W.).- The Social Harp.- Athens, University of Georgia Press: 1973
SACRE (Robert).- Les Negro Spirituals et les Gospel Songs.- PUF, Paris: 1993
MAGAZINES: Divers numéros de Old Time Music, Le Cri du Coyote, Trad Magazine, Journal of Country Music.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA, 1997.

english notes
Gospel music is certainly the most ancient, the deepest and the most elementary root in the family of Country Music.  The influence of old time hymn singing can be heard in all kinds of Country Music.  The wooden church found in a clearing reunited pioneers, settlers, planters and slaves, all of whom participated in the formation of the United States and all have something in common with Country Music.We have previously investigated the black branch of Spirituals and Gospels (cf. Gospel Vol. 1, 2, and 3 FA 008, 026 and 044).  This collection differs in that we discover the religious traditions from deepest America and the evolution of Spirituals and Gospel Music in this immense branch of Country Music.

CD1 / OLD-TIME RELIGION
1. CARTER FAMILY: Motherless Children  Vi (A.P. Carter)
2. ALABAMA SACRED HARP SINGERS: Present Joys  W 146092 (Trad)
3. ALABAMA SACRED HARP SINGERS: Rocky road  W 146091 (Trad)
4. JIMMIE DAVIS: There’s evil in ye children  BVE 69367/Vi 23573 (Davis & Quinn)
5. GRAYSON & WHITTER: You’ll never miss your mother  GEX-907/Ge 6320 (Grayson)
6. CARTER FAMILY: On the rock where Moses stood  Vi (A.P. Carter)
7. REVEREND G.P. HARRIS: I’ll lead a Christian life  Br M 12/78 (Trad)
8. BASCOM LAMAR LUNSFORD: Dry bones  140 Br 314 (Trad)
9. ALFRED G. KARNES: We shall all be reunited  47234-2/Vi-V 40076 (Trad)
10. ERNEST PHIPPS & HOLINESS QUARTET: Old time religion Vi (Trad)
11. CARTER FAMILY: No telephone in heaven  Vi (A.P. Carter)
12. WADE MAINER: Mother came to get her boy from jail  Vi (Mainer)
13. WADE MAINER: What would you give in exchange for your soul?  Vi (Mainer)
14. MONROE BROTHERS: God holds the future in His hands  BS 102742-1 (Trad)
15. MONROE BROTHERS: The Saints go marching in  BS 02545-1         (Z. Morris)
16. DIXON BROTHERS: Shining city over the river  011982-1 (D. Dixon)
17. DELMORE BROTHERS: In the vine covered chapel  BS/BB (Trad)
18. DELMORE BROTHERS: Heavenly light is shining on me  BS/BB (Trad)

(1) Sara Carter, vcl/g; A.P. Carter, vcl/g; Maybelle Carter, vcl/g. Atlanta,GA 22 novembre 1929
(2) (3) Denson Family, vcl group. Birmingham,AL 1928
(4) Jimmie Davis, vcl; Snoozer Quinn, g; Ed Schafer, g. Charlotte, NC 26 mai 1931
(5) G.B. Grayson, vcl/fiddle; Henry Whitter, g. New York City, octobre 1927
(6) Sara Carter, vcl/autoharp; A.P. Carter, vcl/g; Maybelle Carter, vcl/g. Memphis,TN 24 mai 1930
(7) Révérend Golden P. Harris, vcl/fiddle. New York City, 19 mars 1931
(8) Bascom Lamar Lunsford, vcl/bjo. New York City, fÈvrier 1928
(9) Alfred G. Karnes, vcl/g/hca. Bristol, TN 28 octobre 1928
(10) Ernest Phipps, vcl; Roland Johnson, fiddle; Ancil Mc Vay, vcl/g; Tommy Helton, g. Bristol, TN 1927
(11) Sara Carter, vcl/autoharp; A.P. Carter, vcl.g; Maybelle Carter, vcl/g  Atlanta, GA 23 novembre 1929
(12) (13) Wade Mainer, vcl/bjo; Zeke Morris, vcl/g  Charlotte, NC 14 & 15 février 1936
(14) Bill Monroe, vcl/mdln; Charlie Monroe, vcl/g  Charlotte, NC 21 juin 1936
(15) Bill Monroe, vcl/mdln; Charlie Monroe, vcl/g  Charlotte, NC 12 octobre 1936
(16) Dorsey Dixon, vcl/g; Beatrice Dixon, vcl  Charlotte, NC 5 août 1937
(17) (18) Anton Delmore, vcl/g: Rabon Delmore, vcl/g  Chicago, c. janvier 1935

CD 2

1. MONROE BROTHERS: Will the circle be unbroken?  BS 02544           (A.P. Carter)
2. CARSON ROBISON: Open up them Pearly Gates  (Robison)
3. ANGLIN TWINS: Just inside the Pearly Gates  SA 2905-1 (Trad)
4. SONS OF THE PIONEERS: When the Golden train comes down      LA 1545-A (Nolan & Rogers)
5. SONS OF THE PIONEERS: You must come in at the door  LA 1541-A (Nolan & Rogers)
6. ROY ACUFF: It won’t be long  C-3704-1 (Acuff)
7. ROY ACUFF: The Prodigal son  HCO 811-1 (F. Jenkins)
8. SHELTON BROTHERS: Precious Memories  BS/BB (Mainer)
9. ARMSTRONG TWINS: Address from heaven (Armstrong)
10. HANK WILLIAMS: Calling you  St 201 (Williams)
11. HANK WILLIAMS: Wealth won’t save your soul  St 204 (Williams)
12. BLUE SKY BOYS: Speak to me little darling  20-2028 (L.York)
13. CARL STORY: My Lord keeps a record  Merc. (Story)
14. CARL STORY: Are you afraid to die?  Merc (Story)
15. CARL STORY: Echose from the burning bush  Merc (Story)
16. BILL MONROE: Wicked path of sin  CCO 4616-1 (Monroe)
17. MOLLY O’DAY: The drunken driver  CCO 4699 (Davis)
18. MOLLY O’DAY: The tramp on the street  CCO 4695 (Cole)

(1) Bill Monroe, vcl/mdln; Charlie Monroe, vcl/g.  Charlotte, NC 12 octobre 1936
(2) Carson Robison, vcl/g/hca; Frank Luther, vcl/bjo; Zora Laymann, vcl/g; unknown, bs.  Chicago, late 30’s
(3) Jack Anglin, vcl/g; Jim Anglin, vcl/g. San Antonio, TX 5 novembre 1937
(4) (5) Bob Nolan, vcl; Roy Rogers, vcl/g; Lloyd Perriman, vcl/g; Hugh Farr, fiddle; Karl Farr, lead-g; Sam Koki, steel-g; Pat Brady, bs.  Los Angeles, 14 décembre 1937
(6) Roy Acuff, vcl/fiddle; Pete Kirby, steel-g; Jesse Easterday, mdln; Jimmie Riddle, accordion; Rachel Veach, bjo; Velma Williams, bass.  Chicago, 29 avril 1941
(7) Roy Acuff, vcl/fiddle ; similar band than (6).  Hollywood, 1 juin 1942
(8) Jack Shelton, lead vcl/g; Curley Shelton, vcl/bs; Wade Mainer, g.  Atlanta, GA 29 septembre 1941
(9) Floyd Armstrong, vcl/g; Lloyd Armstrong, vcl/mdln.  Los Angeles?, c. fin 1945
(10) (11) Hank Williams, vcl/g; Audrey Williams, vcl; Sammy Pruett, g; Don Helms, steel-g; fiddle; bs. Nashville, 1946
(12) Bill Bolick, vcl/mdln; Earl Bollick, vcl/g; bs.  Chicago?, 30 septembre 1946
(13) (14) (15) Carl Story, vcl/g; Hoke Jenkins or Red Rector, vcl/mdln; Jack Shelton, vcl/g; Curley Shelton, vcl; Claude Boone, bs.  Nashville, early 1946
(16) Bill Monroe, vcl/mdln; Lester Flatt, vcl/g; Earl Scruggs, vcl/bjo; Chubby Wise, fiddle; Howard Watts, bs; Birch Monroe, vcl.  Chicago, 17 septembre 1946
(17) (18) Molly O’Day, vcl/g; Lynn Davis, vcl/g; Skeets Williamson, fiddle; Speedy Krise, steel-g; Mac Wiseman, bs.  Chicago, 16 décembre 1946

CD Country Gospel Vol 2 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 MOTHERLESS CHILDREN - CARTER03'37
02 PRESENT JOYS - ALABAMA SACRED HARP SINGERS02'59
03 ROCKY ROAD - ALABAMA SACRED HARP SINGERS02'46
04 THERE S EVIL IN YE CHILDREN - DAVIS02'52
05 YOU LL NEVER MISS YOUR MOTHER - GRAYSON03'10
06 ON THE ROCK WHERE MOSES STOOD - CARTER03'09
07 I LL LEAD A CHRISTIAN LIFE - REVEREND G.P. HARRIS03'20
08 DRY BONES - LAMAR LUNSFORD03'01
09 WE SHALL ALL BE REUNITED - KARNES02'59
10 OLD TIME RELIGION - PHIPPS03'09
11 NO TELEPHONE IN HEAVEN - CARTER03'17
12 MOTHER CAME TO GET HER BOY FROM JAIL - MAINER02'39
13 WHAT WOULD YOU GIVE IN EXCHANGE FOR YOUR SOUL - MAINER02'55
14 GOD HOLDS THE FURTURE IN HIS HANDS - MONROE BROTHERS02'38
15 THE SAINTS GO MARCHING IN - MONROE BROTHERS02'54
16 SHINING CITY OVER THE RIVER - DIXON BROTHERS02'30
17 IN THE VINE COVERED CHAPEL - DELMORE02'25
18 HEAVENLY LIGHT IS SHINING ON ME - DELMORE03'07
CD 2
01 WILL THE CIRCLE BE UNBROKEN - MONROE BROTHERS02'27
02 OPEN UP THEM PEARLY GATES - ROBINSON03'01
03 JUST INSIDE THE PEARLY GATES - ANGLIN02'27
04 WHEN THE GOLDEN TRAIN COMES DOWN - SONS OF THE PIONEERS02'41
05 YOU MUST COME IN AT THE DOOR - SONS OF THE PIONEERS02'37
06 IT WON T BE LONG - ACUFF02'49
07 THE PRODIGAL SON - ACUFF02'47
08 PRECIOUS MEMORIES - SHELTON03'13
09 ADDRESS FROM HEAVEN - ARMSTRONG02'31
10 CALLING YOU - WILLIAMS02'52
11 WEALTH WON T SAVE YOUR SOUL - WILLIAMS02'49
12 SPEAK TO ME LITTLE DARLING - BLUE SKY BOYS02'45
13 MY LORD KEEPS A RECORD - STORY02'47
14 ARE YOU AFRAID TO DIE - STORY02'43
15 ECHOSE FROM THE BURNING BUSH - STORY02'36
16 WICKED PATH OF SIN - MONROE02'57
17 THE DRUNKEN DRIVER - O DAY03'05
18 THE TRAMP ON THE STREET - O DAY02'47
"Il ne pouvait y avoir de meilleur spécialiste que Gérard Herzhaft" par Noel Balen

« Ce coffret fait écho à un premier volume consacré au genre populaire majeur de la culture blanche américaine qu’est la Country Music ("Country, Nashville-Dallas-Hollywood 1927-1942/FA015"). (...) La force de ces deux galettes plongées dans le terrreau des musiques croisées de l’Amérique profonde est d’élargir le spectre des auditeurs déjà initiés aux chants noirs. » Histoire du negro spiritual et du gospel par Noël BALEN – EDITIONS FAYARD


« Ce coffret fait écho à un premier volume consacré au genre populaire majeur de la culture blanche américaine qu’est la Country Music ("Country, Nashville-Dallas-Hollywood 1927-1942/FA015"). Très bonne idée que d’avoir exploré les sources religieuses de la Country dans une deuxième anthologie et d’avoir développé la thématique religieuse en regroupant l’essentiel des personnages d’un genre musical jugé, à tort, hybride et souvent un peu déconsidéré. La force de ces deux galettes plongées dans le terrreau des musiques croisées de l’Amérique profonde est d’élargir le spectre des auditeurs déjà initiés aux chants noirs. Il ne pouvait y avoir de meilleur spécialiste que Gérard Herzhaft pour tenir la main de l’auditeur dans cette pérégrination sur la Terre Promise des pionniers, ce Nouveau Monde bâti à la manière d’une Nouvelle Jérusalem. Livret de 40 pages avec photos. » Histoire du negro spiritual et du gospel par Noël BALEN – EDITIONS FAYARD




"La meilleure formule pour brosser un panorama cohérent" par Soul Bag

« Voici , à mon avis, la meilleure formule pour brosser un panorama cohérent des principaux courants des musiques populaires (américaines et autres) ... » Robert SACRE – SOUL BAG


« Voici , à mon avis, la meilleure formule pour brosser un panorama cohérent des principaux courants des musiques populaires (américaines et autres) ; un nombre suffisant d’exemples (36 faces ici) et un copieux livret (celui-ci compte 40 pages), bien illustré, restituant le country gospel dans le contexte social et culturel de l’époque retenue (1929-1946) et donnant une foule de détails sur chacun des interprètes et de leurs chansons. Même les spécialistes et collectionneurs acharnés qui ont tout, ou presque, ne peuvent ignorer des anthologies comme celle-ci où la sélection des faces est réfléchie et pensée. Que dire alors des autres, simples curieux d’un style mais n’ont pas envie de se lancer dans l’écoute de douzaines d’albums pour trouver les perles rares que d’autres peuvent chercher – et trouver – pour eux. C’est pourquoi c’est le pied de se lancer dans une exploration du monde fascinant des musiques religieuses blanches américaines par le biais de ces faces dont la qualité musicale et la représentativité réelle sont aussi évidentes… Bravo à Gérard Herzhaft pour ses choix et à la compagnie Frémeaux pour cette constance dans sa politique d’édition en musique country, en jazz, en blues, en gospel et dans le reste… Subjectivité aidant, chacun aura ses préférences mais je crois que l’unanimité se fera sur les Delmore Brothers, la Carter Family, Jimmie Davis, Roy Acuff, Hank Williams, Carl Story. » Robert SACRE – SOUL BAG




"Chapeau Messieurs !" par Trad Mag

« Patrick Frémeaux en collaboration avec Gérard Herzhaft poursuit son excellente collection sur les sources de la musique country. ... » Claude VUE – TRAD MAG


« Patrick Frémeaux en collaboration avec Gérard Herzhaft poursuit son excellente collection sur les sources de la musique country. Comme d’habitude ce nouveau double CD qui traite d’une des parties essentielles de la musique old time : le chant religieux est une compilation incontournable. Tout d’abord, bravo à Gérard Herzhaft pour le livret qui accompagne le disque et qui fourmille de précieux renseignements pour la compréhension de la musique enregistrée. La musique dite gospel a été dès l’origine une part importante de la country music. Presque tous les artistes du genre s’y sont essayés même des mécréants comme Hank Williams, c’est tout dire ! La collection nous invite donc à découvrir ou à redécouvrir des artistes majeurs comme la Carter Family, les frères Monroe ou Delmore, Alfred Karnes, Wade Mainer et surtout mes préférés du genre : les Alabama Sacred Harp Singers, leur version de "Rocky Road" que je connais depuis plus de vingt ans me fait frissonner à chaque fois que je l’entends tellement c’est simple et beau. Encore une fois, je pense que Patrick Frémeaux et Gérard Herzhaft sont en train de nous produire une œuvre comparable aux célèbres "Anthologies of American Folk Music" sorties chez Folkways dans les années cinquante. Chapeau messieurs ! » Claude VUE – TRAD MAG




"Les collections de chez Frémeaux sont toujours aussi fascinantes" par Rock & Folk

« ... Des gens comme Roy Acuff ou Jimmie Davis, futur gouverneur de Louisiane, enregistraient des disques de smut country avant d’être pris de fièvres religieuses. » F. R. – ROCK & FOLK


« Les collections de chez Frémeaux sont toujours aussi fascinantes, fouillant les arcanes de la musique américaine, accrochant son âme et dévoilant ses contradictions. Le gospel et la musique country se sont mêlées, avant même les années vingt, naturellement, comme on connaît les interactions entre la musique de Jimmie Rodgers et celle des bluesmen. S’il y a une frontière, au moins jusque dans les années cinquante, celle-ci est ténue. Mais ce que montre ce disque et ses trente-six titres (qui incluent deux gospels de Hank Williams) c’est aussi toute la folie du Sud. Des gens comme Roy Acuff ou Jimmie Davis, futur gouverneur de Louisiane, enregistraient des disques de smut country avant d’être pris de fièvres religieuses. » F. R. – ROCK & FOLK




"Seule source de culture, la religion fit entrer le Bon Dieu dans la country" Les Inrockuptibles

« Gospel Memphis, décembre 1956. Trois impétueux gaillards gominés inventent le supergroupe. Au 706 de Union Avenue, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins et Elvis Presley sont d’humeur folâtre. Oublié, le rock’n’roll vagissant. En roue libre, ces mécréants que les ligues de vertus vouent aux flammes éternelles entonnent… » Bruno JUFFIN – LES INROCKUPTIBLES


« Gospel Memphis, décembre 1956. Trois impétueux gaillards gominés inventent le supergroupe. Au 706 de Union Avenue, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins et Elvis Presley sont d’humeur folâtre. Oublié, le rock’n’roll vagissant. En roue libre, ces mécréants que les ligues de vertus vouent aux flammes éternelles entonnent…du gospel à la sauce country. Sorties un quart de siècle plus tard sous le titre de Million dollar quartet, les bandes enregistrées à la va-vite ce jour-là sont un formidable exemple de chant euphorique – spiritualité et sensualité y filant le parfait amour. Dans le Sud, la religion n’a pas grand-chose à voir avec les finesses théologiques de l’Eglise presbytérienne importée d’Angleterre par les pères pèlerins. Honnies par les intellectuels de la Côte Est, les églises populistes croissent, se multiplient et confondent sans état d’âme service religieux et spectacle de cirque : dans son féroce Elmer Gantry (1927), Sinclair Lewis flanque une réjouissante volée de bois vert au zèle évangéliste des sectes fondamentalistes. Quand son abominable crapule de héros (« né avec une voix faite pour les cantiques ») est baptisé par immersion dans la Kayooska River, il en ressort « sauvé et boueux » – termes qui pour Lewis sont à l’évidence synonymes. Mais, pour une population miséreuse, la religion est la seule voie d’accès à un semblant de culture. Pour pallier les déficiences de leurs ouailles médiocrement mélomanes, les évangélistes inventent les « Shape note schools », écoles de chants religieux où le solfège est remplacé par des figures géométriques compréhensibles par tous. C’est grâce à ce système rudimentaire qu’Hank Williams étudie la musique, découverte à l’église (« Mon plus ancien souvenir, c’est ma mère jouant de l’orgue à l’église baptiste de Mount Olive, Alabama »). Poète plébéien, Hank mène une double carrière : chantre des honky tonks borgnes, insatiable amateur d’amphétamines, de tord-boyaux et de filles fêtardes, il enregistre également sous le pseudonyme de Luke The Drifter une kyrielle de mélodrames édifiants, où le vice est inéluctablement châtié, et d’excellents gospels, dont les premiers (Calling you, Wealth won’t save your soul) figurent sur la nouvelle anthologie des éditions Frémeaux. Le samedi soir, le chanteur country cavale sur la route de la perdition, le dimanche matin il enregistre quelques ballades bien-pensantes, histoire de conjurer les esprits malins. Le plus remuant de ces sacripants travaillés par le sacré reste Jerry Lee Lewis, l’énergumène massacreur de pianos qui faillit suivre son cousin Jimmy Lee Swaggart sur le chemin de l’évangélisme (dévoyé). S’il ne prêcha pas, Jerry Lee pourfendit les infidèles en reprenant un monumental classique de Roy Acuff, The Great Sparkled Bird, où un oiseau au plumage tacheté figure le christianisme assailli par les sectes païennes. Sur Country gospel, Roy Acuff, père du Grand Ole Opry, voisine avec l’immortelle Carter Family, le grand Bill Monroe et l’étonnante Molly O’Day. Chant séraphique, plaintes tire-larmes, banjos dévots, violons vertueux et mandolines implorant miséricorde – à l’ombre de la petite église dans la prairie, d’intrépides baroudeurs de la foi s’escrimèrent inlassablement à faire des juke-boxes les meilleurs auxiliaires de la parole divine. » Bruno JUFFIN – LES INROCKUPTIBLES




* * * * Le Monde de la Musique

« (…) Gérard Herzhaft approfondit notre connaissance de la société américaine, montrant qu’à côté du negro-spiritual grandit un "white spiritual" dont il décrit précisément la genèse et les modes de transmission.... » Franck Bergerot – Le Monde de la Musique


« (…) Gérard Herzhaft approfondit notre connaissance de la société américaine, montrant qu’à côté du negro-spiritual grandit un "white spiritual" dont il décrit précisément la genèse et les modes de transmission. Quand aux documents sonores présentés, le travail des ethnomusicologues cède le pas à celui des compagnies commerciales, mais dans le cas des Etats-Unis la ligne de partage est difficile à tracer. Les catalogues des secondes rendent bien compte de l’évolution d’un genre en expansion, des polyphonies primitives des Alabama Sacred Harp Singers ou des âpres résonances celtiques du Reverend G. P. Harris aux faces de Bill Monroe ou Hank Williams. On constate que les Noirs n’avaient pas l’exclusive des antagonismes entre musique profane et musique religieuse qui se pervertirent l’une l’autre au cours du siècle. On voit ainsi les instruments de l’orchestre de danse –notamment le violon, à la réputation diabolique – occuper une place croissante, tandis que les rythmes se font toujours plus entraînants, culminant avec les accents jazzy des Sons Of Pioneers aux backgrounds instrumentaux fort aguichants. » Franck Bergerot – Le Monde de la Musique




"Accompagné d’un livret didactique particulièrement soigné" par Libération

« Enième compilation exemplaire à porter au crédit du musicologue (et musicien) Gérard Herzhaft (après Western Swing, Cowboy Ballads & Songs,etc.), ce nouveau chapitre de la grande anthologie de la musique américaine, consacré à un genre relativement méconnu de ce côté-ci de l’Atlantique, le country gospel, n’en est que plus intéressant aux yeux du profane soucieux de perfectionner son savoir en la matière. ...  » Serge Loupien – Libération


« Enième compilation exemplaire à porter au crédit du musicologue (et musicien) Gérard Herzhaft (après Western Swing, Cowboy Ballads & Songs,etc.), ce nouveau chapitre de la grande anthologie de la musique américaine, consacré à un genre relativement méconnu de ce côté-ci de l’Atlantique, le country gospel, n’en est que plus intéressant aux yeux du profane soucieux de perfectionner son savoir en la matière. Authentique forme fédératrice de nombreux courants constituant l’essentiel de la musique populaire née sur le Nouveau Continent (considéré conséquemment comme Terre Promise par la majorité des immigrants), le gospel en effet a ceci de particulier qu’il a su toucher toutes les communautés, que celles-ci soient originaires d’Europe ou même d’Afrique, puisque sa branche noire (plus revendicatrice, il est vrai) est encore aujourd’hui extrêmement vivace aux Etats-Unis. En outre, de tout temps, le gospel a joué un rôle capital en matière d’initiation vocale, dans la mesure où nombre de chanteurs notoires (noirs comme blancs) ont découvert leur vocation à l’église, à célébrer justement le culte du chant sacré. De grandes figures de la country traditionnelle, dont Roy Acuff, Jimmie Davis, The Carter Family, Hank Williams, Bill Monroe, The Delmore Brothers ou Sons Of The Pioneers, apparaissent donc au générique de ce coffret de deux CD (36 titres), accompagné d’un livret didactique particulièrement soigné (une habitude maison), côtoyant des personnages pittoresques plus obscurs (pour le grand public country, s’entend) comme The Alabama Sacred Harp Singers, The Anglin Twins, Alfred G. Karnes, Ernest Phipps & His Holiness Quartet et autres spécialistes régionaux du prosélytisme religieux. Lequel, si l’on s’en réfère à l’engouement provoqué, dans certains états du sud, par les acteurs pathétiques de la country dite "chrétienne" (qui, depuis deux ans, a désormais droit de cité à la Fan Fair de Nashville), est toujours, hélas, d’actualité. » Serge Loupien – Libération




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