OCTAEDRE

FRANCOIS TUSQUES PLAYS CORTAZAR

Plus de détails

Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

LLL330

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+2 pts fidélité


2
-15%
Frémeaux & Associés remet à la disposition du public le premier disque-manifeste du label AxolOtl, en hommage à Cortazar, qui avait valu à François Tusques l’enthousiasme de la presse, dont la sélection parmi les 10 meilleurs albums 1994 par le quotidien Le Monde, sous la plume de Francis Marmande : <<Cet album est un carnet de notes d’une fraîcheur inconnue… Bonheur grave et surprise insensée. Cela se nomme Octaèdre.>>
François Tusques vous invite au voyage. Autour de minuit, sa dame au gardénia qui connaît Charlie par coeur, joue le vôtre à la marelle. Suivez-là, vous n’en reviendrez pas.
Jean-Louis Wiart

François Tusques : Piano

Avec la participation de : Isabel Juanpera, chant - César Stroscio, bandonéon - Bernard Vitet, trompette et bugle
Production Jean-Louis Wiart - label Axolotl - Frémeaux & Associés
Droits audio : Axolotl - frémeaux & Associés
François Tusques Octaèdre

François Tusques
Octaédre 









FRANÇOIS, L’HOMME QUI VIENT DU FREE...
Dès 1965, le nom de François Tusques est lié à l’aventure du free jazz en Europe. La voix de son piano se mêla à celles de Clifford Thornton, Don Cherry, Anthony Braxton, Sunny Murray, Michel Portal, Bernard Vitet, Barney Wilen.  On peut cependant être à la fois reconnu dans les dictionnaires du jazz et relativement méconnu. Sans doute la rançon de choix qui refusèrent la facilité et où le verbe composer ne saurait avoir qu’un sens musical.  Dans ce disque de plaisir imaginé un soir, il y a bien des années, autour d’un piano, François a écrit l’essentiel des thèmes parmi lesquels se glisse un tango dont un hommage à Cortazar pouvait difficilement se dispenser. Et puis Monk “revisité” et une superbe chanson sur Billie Holiday. Bref, tout ce que Julio aimait.  Le verbe ‘accompagner’ est bien insuffisant pour qualifier ce que réalisent sur trois plages la voix d’Isabel Juanpera, la trompette de Bernard Vitet et le bandonéon de César Stroscio qui fût l’un des créateurs du fameux Quarteto Cedron.   François Tusques vous invite au voyage. Autour de minuit, sa dame au gardénia qui connaît Charlie par cœur, joue le vôtre à la marelle. Suivez-là, vous n’en reviendrez pas.
Jean-Louis Wiart 

Do / “Avant, l’avenir, c’était mieux !” / Tout le monde rit de la remarque : François Tusques et Julio Cortazar et Billie Holiday et Isabel Juanpera et Bernard Vitet et Charlie Christian et César Stroscio et Earl Hines, tous réunis dans une sorte de patio : un studio d’enregistrement, un short time courtyard comme disait Monk (parce que le temps s’y valorise âprement, et les durées des morceaux y sont relevées comme des chronos sportifs). Mi / Justement : Monk, suivi de près par Olivier Messiaen, entre dans le… tiens ! ce n’est pas un studio, mais un bar, un bar ouvert sur un trottoir de Buenos Aires. D’un côté à l’autre de la rue, on entend se répondre un bandonéon et une trompette bouchée. Fa / Sous une tonnelle, une jeune fille mélancolique entoure affectueusement de son bras un poste de radio. Sol / Un musicien, à l’interview, prétend avoir déjà joué son solo demain. La / D’infimes particules (éventuellement élémentaires), groupées en masses immenses, tourbillonnent pour inventer les gardénias, le jazz, et les quelques autres éléments qui constituent le monde. Si / Avant quoi ? demande Tusques, (on ne distingue pas s’il questionne Billie ou l’un des psychanalystes argentins). Do / Le filament discret et orangé d’une ampoule balance au dessus du zinc où Billie, la femme de Sigmund Freud, Bud Powell, Charlie Mingus et deux psychanalystes argentins, écoutent Duke Ellington porter ce toast : “Le passé c’est mieux après.”
Jean-Max Albert 

AU HASARD CORTAZAR...
Voici une histoire typiquement cortazarienne, où le hasard, les cercles concentriques, la passion, l’emportent. Elle commence au cours de l’été 1994. Au départ un hommage à l’écrivain franco-argentin Julio Cortazar, parti sur la pointe des pieds dix ans auparavant, et organisé par l’association FAMA que je préside. Et puis mon téléphone personnel donné par erreur dans un article de presse et qui se met à sonner le soir, la nuit et du monde entier. Un mélomane passionné de Cortazar qui me dit qu’il va créer un label de disques de jazz sous le nom d’AxolOtl, nom d’une des plus célèbres nouvelles de l’écrivain. Au fil de la conversation, l’idée de faire ce premier disque justement à partir de ce qu’aimait Cortazar, de mettre en musique certaines de ses nouvelles. Un critique de jazz et peintre qui appelle et, informé du projet, offre la bande d’enre­gistrement d’une interview de l’écrivain pour l’intégrer au disque. Enfin, un compositeur et pianiste de jazz connu du second et ami du premier et qui se passionne pour le projet en rappelant qu’il est également un amateur de Cortazar et de tango. L’histoire pourrait s’arrêter là et ne laisser qu’une trace presque invisible quand on connaît l’espérance de vie d’un disque aujourd’hui. Or, seize ans plus tard le hasard a frappé à nouveau. Un éditeur phonographique dont le réputé catalogue audio-visuel n’est plus à présenter, découvre cet enregistrement et décide de lui insuffler une deuxième vie. Le téléphone se remet à fonctionner entre tous les acteurs et une nouvelle présentation de l’album se met en place. Voici la boucle bouclée. Et un projet fou qui, grâce à Julio, voit à nouveau le jour. Pour le bonheur de ceux qui ont aimé l’auteur de “Marelle”, homme fraternel, amateur de musique et de boxe, grand “Cronope” qui veille sur nous.
Claude Namer 

CORTAJAZZ
Ainsi qu’il le déclarait volontiers, la vie et l’oeuvre de Julio Cortazar se sont nourries de musiques et, surtout, de ce jazz qu’il découvrit (“à son plus haut niveau”) en Argentine, à l’âge de quinze ans. Cas unique dans le monde des Lettres, homme/littérature/musique auront formé une entité dont il serait vain d’envisager quelque dissociation. Son univers, répertorié fantastique, est jalonné de constantes (l’approche du réel, la relation espace-temps, le thème du double, la gent animale...) où LA MUSIQUE tient la place prépondérante.  Se trouvant “vieux jeu” dans ses goûts pour le jazz, il mettait cependant sur le même piédestal Earl Hines (“mon pianiste favori”), Bix Beiderbecke, Charlie Parker, John Coltrane ainsi que Gesualdo, Bartok, Gardel et John Cage... ce qui illustre cet amour, ce besoin vital aussi, de toutes les musiques, et princi­palement de “l’infinie richesse du jazz, de cette création spontanée, totale... peut-être suis-je allé vers le jazz parce que ce rythme existait déjà en moi et que, n’étant pas fondamentalement pas musicien, je l’ai exprimé en paroles...”
Jacques Chesnel 

SUR/SUD

San Juan, le vieux Boedo,
Tout le ciel
Pompeya
Là bas au loin, la terre inondée.
Tes longs cheveux de fiancée dans mon souvenir
Ton nom qui flotte dans un adieu.?Le coin de la rue du
forgeron
La boue
La pampa
Ta maison, ton sentier, le fossé
Un parfum d’herbes folles et de foin
Qui, brusquement remonte jusqu’à mon coeur. 

Sud
Un mur et après...
Sud
La lumière d’une épicerie...
Plus jamais tu ne me verras comme tu me voyais
Debout contre la vitrine
A t’attendre,
Plus jamais je n’éclairerai avec les étoiles

Nos promenades sans disputes
Dans les nuits de Pompeya
les rues
Les lunes du faubourg
Mon amour à ta fenêtre
Tout est mort je le sais 

San Juan
Le vieux Bodeo,
Un ciel perdu
Pompeya et près du terre-plain
Tes vingt ans frémissant d’amour
Sous le baiser qu’alors je t’avais volé
Nostalgie de ces choses qui ne sont plus
Grains de sable emportés par la vie
Tristesse de ces quartiers qui ont changé
Le goût amer du rêve qui est mort
Traduction d’Isabel Juanpera   

1- L’AUTEUR ET SON STYLO TROMPETTE (F. TUSQUES) 2’58
Allusion au goût pour le jazz des origines de l’auteur et particulièrement à Earl Hines, l’un des inventeurs du piano tel que je le conçois. Cortazar disait qu’il aimerait l’entendre avant de mourir. 

2- ROUND ABOUT MIDNIGHT (T. MONK - C. WILLIAMS) 6’16
C’est l’époque ou j’apprenais le piano en regardant presque tous les soirs les doigts de Bud Powell s’agiter sur le clavier au Blue Note. Nous sommes ici, comme disait Cortazar, “dans la nuit primitive et délicate de Thélonious Monk”. 

3- SOUVENIR DE L’OISEAU (F. TUSQUES) 2’20
Composé sous l’influence de la musique de Parker en 1964, nous le jouions à l’époque avec Bernard Vitet, Michel Portal, François Jeanneau, Beb Guerin et Michel Babault ou Charles Saudrais.  

4- EMBRACEABLE YOU (BUD POWELL D’APRÈS GERSHWIN) 4’50 Un rapport un peu lointain avec Gershwin, en fait une composition de Bud Powell. 

5- WORK (T. MONK) 2’35 Une façon de jouer du piano. Dix doigts, 88 touches noires et blanches disposées d’une certaine façon et dont on acquiert une habitude. Et toute une musique derrière... 

6- SWING STRINGS (F. TUSQUES) 2’20 Pour évoquer Charlie Christian, une autre admiration de Cortazar, et une certaine nostalgie pour le chef de file de tous les guitaristes de jazz d’aujourd’hui. 

7- LE MOINE (F. TUSQUES) 3’34 L’homme au chapeau rond, pointu, distingué, noncha­lant,carré, sphérique, parallèlépipédique, coloré, tressé, déboîté, répété, décalé, polyrythmé, rare, admiré, incontour­nable. 

8- KOKO (C. PARKER) 2’24 Une volonté de se rattacher à une certaine tradition musicale. L’art de cacher un thème par un autre. Cherchez, il porte un nom d’indien... 

9- LA FEMME DE SIGMUND FREUD (F. TUSQUES) 3’59 En pensant à Charlie Mingus, un expert en la matière et avec un clin d’œil à Buenos Aires, la ville aux deux mille analystes.  

10-LA DAME AU GARDENIA (F. TUSQUES) 4’35 Lady Day vivait à une époque aujourd’hui disparue mais les douleurs restent les mêmes. 

11- LES FLEURS DU GRAND CRONOPE (F. TUSQUES) 2’35 Duke Ellington durant ses longues tournées d’hiver aimait le matin je crois, se retrouver seul au piano du bar de l’hôtel à la recherche de sonorités disparues... Au sens cortazarien, un authentique “Cronope”.  

12- ESPERANCE ET SON POISSON FLÛTE (F. TUSQUES) 4’11 Impossible de jouer quelque chose à propos des “fameux”. Espérance évoque pour moi une sorte de féminité un peu naïve, émouvante... 

13- MARELLE (F. TUSQUES) 2’37 J’ai composé ce jeu de marelle il y a relativement longtemps. C’est une correspondance du hasard avec le roman. Impro­visations sur des quintes choisies au hasard. 

14- OCTAEDRE (F. TUSQUES) 2’04 Huit notes (y compris dans le développement improvisé) huit mesures, huit chorus, en quelque sorte un jazz équi­latéral. En souvenir d’un recueil de huit nouvelles. 

15- CE SOLO LÀ JE L’AI DÉJÀ JOUÉ DEMAIN (F. TUSQUES) 3’05 Phrase célèbre prononcée par Johny Carter, le saxophoniste de “l’homme à l’affût”. Cortazar disait qu’il avait écrit cette phrase parce qu’elle correspondait à l’angoisse de la lutte contre le temps. 

16- NOSTALGIE RUE DES LOMBARDS (F. TUSQUES) 2’40 Une rue où l’on pouvait entendre du bandonéon d’un côté et de la trompette bouchée de l’autre. Cortazar fût l’un des fondateurs des “Trottoirs de Buenos Aires” aujourd’hui disparus. 

17- SUR (A. TROILO - H. MANZI) 4’47 Un des plus beaux tangos “métaphysiques” qui ne pouvait que précéder la vois de Julio. 

18- VOIX DE CORTAZAR 2’30 Document de Jacques Chesnel où Cortazar parle du jazz et du rapport entre son style et l’improvisation.  

François Tusques, piano
Isabel Juanpera, chant
César Stroscio, bandonéon
Bernard Vitet, trompette et bugle 

Enregistré et mixé en juin 1994 au studio “La Muse en circuit” par Gérard Lavigne. 
Visuel de couverture : Jean-Christophe Wiart / Photographies d’Alberto Jonquieres et Danilo Demarco. 

Remerciements à Patrick Frémeaux et Benjamin Goldenstein pour leur aide déterminante à faire revivre cet enregistrement. A François Tusques, Isabel Juanpera, César Stroscio, Bernard Vitet et Gérard Lavigne pour s’être autant investis dans cette aventure. A Claude Namer pour son indéfectible enthousiasme, à Jacques Chesnel, Jean-Max Albert et Alberto Jonquieres pour leur précieuse collaboration, à Jean-Christophe pour avoir encore répondu présent et à Jeremy Fox en guise d’éternel clin d’œil. 
Jean-Louis Wiart   


english notes
FRANÇOIS, THE MAN WHO CAME IN FROM THE FREE...
As early as 1965, the name of François Tusques appeared in Europe’s adventures in free jazz, and the voice of his piano mingled with those of Clifford Thornton, Don Cherry, Anthony Braxton, Sunny Murray, Michel Portal, Bernard Vitet and Barney Wilen. He proved, however, that it’s possible for a name to remain relatively unknown even if it appears in the jazz dictionaries... which is no doubt the ransom to be paid for certain choices: the refusal of facility for example, or the use of the word “compose” as if its meaning was purely musical. This is a record for pleasure; it was imagined one evening many years ago, with François seated at the piano. He wrote most of its themes, among them a tango (without which no tribute to Cortazar would really be complete) ; he also “revisits” a Monk tune, and there’s a superb song about Billie Holiday. In short, everything that Julio loved. The verb “accompany” is quite insufficient to describe the work on three titles accomplished by the voice of Isabel Juanpera, the trumpet of Bernard Vitet, and the bandoneon of César Stroscio, one of the creators of the famous Quarteto Cedron. In fact, it’s you who will accompany François Tusques in accepting his invitation to make this journey with him. Around midnight, his Lady with the gardenia knows Charlie by heart, and yours will be at stake if you play hopscotch with her. Follow her and you won’t regret a thing.
Jean-Louis Wiart 

*

*         *


PRESS QUOTES:
"A crucial figure in the development of the music in his sector of the continent" by The New York City Jazz Record
"It is somewhat ironic that the country with the closest ties to vanguard American jazz in the ‘60s has been almost wholly left out of the modern picture. France has produced quite a few world-renowned improvisers, but the architects of France’s ‘New Thing’ have been summarily left by the wayside over the course of the music’s history. Pianist François Tusques, while almost unknown outside his native France, is a crucial figure in the development of the music in his sector of the continent and can lay claim to recording the first true French free jazz album.
Born in 1938 in Paris, Tusques migrated with his family to rural Brittany shortly thereafter, though, as his father was heavily involved in the French Resistance, Tusques and his family moved around quite a bit during and after World War II, eventually spending two years in Afghanistan and another two in Dakar before returning to France. Poverty and circumstance kept Tusques from beginning musical training until he was 18, when he began to study the piano. “I had only one week of lessons; after that, I was on my own - you could say an ‘autodidact’. I learned to play mostly by ear, especially from the drummers.”
Tusques quickly took to jazz and counts among his early favorites Bud Powell and René Urtreger, not to mention subsequent affinities for Cecil Taylor, Mal Waldron, Thelonious Monk and Jaki Byard. At the start of the ‘60s, there was a significant scene of American expatriate improvisers in Paris and a coterie of French players for whom American-derived bebop was not the end, if even the means. By 1965, several comrades had asked Tusques to compose a number of loose springboard-pieces to work on as a group, which led to the recording of Free Jazz (Moloudji, 1965). It’s among the very earliest documents of a wholly European improvised music, one that springs more greatly from regional influences than those from across the Atlantic.
By the mid to late ‘60s in France, improvisation took on a political edge not dissimilar to that which it had in the States. France’s involvement in Vietnam at the start of the decade, not to mention governmental maltreatment of both workers and liberalist academics at the university level, led to the revolts of May 1968 and the New Left found sympathetic ears among the jazz vanguard. Tusques, though now looking at this period as “a reflection of the attitudes and ideas of the time”, was nevertheless one of the most notoriously political of the new French jazzmen. Even if these concerns were “of the time” and not something Tusques feels a reflection of in his current work, his affinity for a resurging interest in the Vienna School of composers belies a continuing political sensibility - “they were fighting fascism with their music, much as [improvisers] and artists do today.”
The first ripples of American free players began to show up on the Parisian scene in 1968. Drummer Sunny Murray, late of the groups of Albert Ayler and Cecil Taylor, was one of the first to make his home in Paris and that year formed his Acoustical Swing Unit with both French and visiting free players. Tusques, with his balance of insistent left hand and pointillistic right, helped to reign in the first two official Swing Unit recording dates. These include the eponymous 1968 ORTF concert released by Shandar (Sunny Murray) and its companion Big Chief (Pathé, 1969). This relationship led to the recording of Tusques’ 1971 Shandar LP Intercommunal Music with Murray and other expatriate luminaries.
By the start of the ‘70s, Tusques increasingly began to find free improvisation a musical “dead end” and began to search for other, more integrated approaches to improvisation. In addition to playing and recording a number of solo piano expositions, Tusques formed the Intercommunal Free Dance Music Orchestra in the early ‘70s, a meeting of French and African musicians, something that could get both social and artistic concerns out to a number of music listeners of all stripes. Since the mid ‘80s, Tusques has co-led a trio with drummer Noel McGhie and bass clarinet wizard Denis Colin.
In what might seem a departure, one of Tusques’ major projects is in collaboration with architect and visual artist Jean-Max Albert, in which Monk’s compositions are investigated visually. Numbers are applied to thematic fragments and each number has a corresponding shape - these become surreal diagrams that retain perfectly the gravity and whimsy, the yin and yang of Monk’s music, at times like a painting of Mondrian, at others like a Miró. Such a multifaceted view of Monk is, in many ways, a perfect analogue for the music of François Tusques: an assemblage of insular phrases yields a colorful and multidirectional oeuvre, a never-ending film of freedom, culture and social engagement."
by Clifford Allen - THE NEW YORK CITY JAZZ RECORD


CD François Tusques Octaédre © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 L'auteur et son stylo trompette03'03
02 Round About Midnight06'22
03 Souvenir de l'oiseau02'24
04 Embraceable You04'56
05 Work02'40
06 Swing Strings02'26
07 Le Moine03'39
08 Koko02'32
09 La femme de Sigmund Freud04'06
10 La dame au gardenia04'42
11 Les fleurs du grand cronope02'42
12 Espérance et son poisson flute04'17
13 Marelle02'42
14 Octaedre02'12
15 Ce solo la, je l'ai déjà joué demain03'08
16 Nostalgie rue des lombards02'43
17 Sur04'51
18 Voix de Cortazar02'57
"Tusques trouve chez Cortazar le terrain idéal au jeu des correspondances" par Jazz Mag-Jazzman

Cet enregistrement de 1994, auquel le label Frémeaux vient offrir une seconde vie, fut à l’origine du label AxolOtl fondé par Jean-Louis Wiart, et se présente comme un hommage à l’écrivain argentin Julio Cortazar. Jacques Chesnel rappelle dans le livret combien la musique jalonne la trajectoire et marque en profondeur l’univers de Cortazar. Le jazz (même si l’écrivain se déclarait « vieux jeu » en la matière) s’offre à lui comme un modèle de vitalité et d’invention dont François Tusques, en lecteur éclairé, se fait le reflet et l’expression vivante. On retrouve, en parcourant ces dix-sept miniatures, un entrecroisement des thèmes chers à l’écrivain ou empruntés à son œuvre, et ceux qui ont façonné la poétique du pianiste : les figures d’Earl Hines, Bud Powell, Monk, la présence tenace de Bird (Souvenir de l’oiseau, enregistré dès 1965 dans l’historique « Free Jazz », mais aussi une audacieuse version de Koko). Anti-virtuose, joueur et défricheur infatigable, Tusques trouve chez Cortazar le terrain idéal au jeu des correspondances qu’il affectionne, et se fond avec délices dans les prétextes disséminés par l’écrivain (Marelle, Octaèdre). Le tango est là, rehaussé par la voix d’Isabel Juanpera et le bandonéon de César Stroscio (Sur), mais aussi par le souffle – trop rare, et d’autant plus poignant – de Bernard Vitet, inséparable compagnon de route du pianiste (la dame au gardénia). Autant de raisons de saluer cette réédition.
Par Vincent COTRO – JAZZMAG-JAZZMAN





"Plusieurs registres émotionnels qui sont sollicités." par Paris-Move

L’écoute d’un disque estampillé Frémeaux & Associés n’est jamais quelque chose d’anodin, bien au contraire, car ce sont toujours plusieurs registres émotionnels qui sont sollicités. Au simple bonheur de l’écoute musicale viennent s’ajouter le plaisir de l’acquisition de nouvelles connaissances de l’Histoire d’un genre musical particulier et le sentiment d’appartenance à une caste qui ne se contente pas de consommer des disques les uns après les autres, par boulimie, mais qui, au contraire, préfère la qualité à la quantité. Avec Frémeaux & Associés vous passez d’auditeur gourmand à gourmet mélomane, en quelque sorte. Pianiste français émérite, François Tusques lie indubitablement son nom à celui du Free Jazz en Europe et en France, plus particulièrement. Il convient d’ailleurs de lui associer immédiatement quelques grands noms tels le trompettiste et tromboniste Clifford Thornton, fidèle compagnon de route d’Archie Shepp, le cornettiste et pianiste Don Cherry, le compositeur-saxophoniste-clarinettiste-flutiste et pianiste Anthony Braxton, le batteur Sunny Murray ou le saxophoniste et clarinettiste Michel Portal. Et il en manque bien d’autres, de ce côté ci ou de l’autre de l’Atlantique, mais les lister tous deviendrait vite rébarbatif, vous en conviendrez, et les artistes non cités m’excuseront, j’en suis sûr,… car je dispose également d’une place limitée pour cette chronique. Revenons à l’année 1994, année pendant laquelle un mélomane passionné de jazz se propose de créer un nouveau label qui s’appellera AxolOtl, du nom d’une nouvelle de l’écrivain argentin Julio Cortazar, lui-même grand amateur de Jazz. Admirateur passionné par l’écrivain en question et par le tango sud américain, François Tusques est tout de suite séduit par le projet et c’est peu de temps après qu’est effectué l’enregistrement studio de ‘La muse en circuit’.
Douze compositions sont écrites par l’artiste, auxquelles viennent s’ajouter un morceau de T. Monk et un autre cosigné T. Monk et C. Williams, un de Bud Powell et un dernier de C. Parker en ce qui concerne le Jazz, sans oublier, pour finir, un tango célèbre d’A. Troilo et H. Manzi et un bref entretien oral dans lequel Cortazar parle du jazz. La plupart des pièces musicales sont jouées par le seul pianiste mais nous n’omettrons pas de citer Isabel Juanpera au chant sur ‘La Dame au Gardénia’, en compagnie de Bernard Vitret à la trompette, tout comme César Stroscio, fondateur du célèbre Quarteto Cedron, au bandonéon sur ‘Nostalgie rue des Lombards’, en compagnie de Bernard Vitet au bugle et d’Isabel Juanpera au chant.
Ce que le journal Le Monde qualifiait en 1994 de ‘…carnet de notes d’une fraîcheur inconnue…’ avant de le sélectionner parmi les 10 meilleurs albums de l’année 94, nous revient dans les enceintes tel un boomerang en 2011, nous invitant à demeurer vigilant à toutes les rééditions de qualité de la maison Frémeaux & Associés. Et en voici une qui mérite d’être mise à l’honneur !
par Dominique BOULAY - PARIS ON THE MOVE




"Incontournable" par Jazz Magazine

A qui connaît Cortázar (les autres ont le reste de leur vie – et ça commence tout de suite – pour réparer cette immense lacune), l’association de sa mémoire et de son œuvre avec la musique de François Tusques apparaît a postériori comme, disons, incontournable. (Y penser a priori reste moins évident et le mérite en revient aux producteurs intelligents et avisés de cet excellent enregistrement). L’écrivain argentin qui introduisit le flou et l’aléatoire dans le carré (« Marelle ») et admirait l’Oiseau (« L’homme à l’affût » in « Les armes secrètes ») et le pianiste amoureux de la forme qui fut le seul (ou quasiment) spécialiste français des quatre-vingt-huit touches (ça fait combien à la racine carrée ?) à être associé au mouvement free étaient de tout temps faits pour se rencontrer, y compris à titre semi-posthume. C’est donc une théorie d’ombres tutélaires et familières – les trois Charlie (Christian, Parker, Mingus), « Fatha », Duke, Billie, Bud, Thelonious… (on peut appeler les ombres par leur prénom et même les tutoyer quand on rend hommage à un homme qui commençait ainsi une de ses nouvelles : « là-bas, au fond il y a la mort. Mais n’ayez pas peur. » (« instructions pour remonter une montre in « Cronopes et Fameux » - Gallimard) que Tusques convoque sur son clavier, sollicitant au passage l’esprit du tango et du blues pour un « maté para dos » (tee for two chez les Cronopes, on l’aura deviné) qui se termine, après un splendide « Sur » à quatre sur la voix nue de l’écrivain disparu parlant de jazz et de littérature. Savourez ce disque en lisant ou relisant Cortázar et vous verrez : la faucheuse fantomatique qui nous attend tous, là-bas, tout au fond, vous n’en aurez plus peur.
Par Thierry QUENUM – JAZZ MAGAZINE




"Bonheur grave et surprise insensée. Cela se nomme Octaèdre" par Le Monde

Octaèdre, un hommage à Cortázar. Après tout, rien n’interdit de commencer l’écoute d’un disque par son point de fragilité, Round Midnight, par exemple. Tusques le commente : « C’est l’époque où j’apprenais le piano en regardant presque tous les soirs les doigts de Bud Powel s’aligner sur le clavier au Blue Note ». Nous sommes, comme dirait Cortázar, « dans la nuit primitive et délicate de Thelonious Monk ». Il le joue avec la touche de celui qui a beaucoup joué et sait recommencer. Cet album est un carnet de notes d’une fraîcheur inconnue. Le piano sonne bien. Les derniers instants de chaque pièce sont autant d’instants justes. On finit par un tango métaphysique que Julio eût aimé – avec Isabel Juanpera, Cesar Stroscio au bandonéon et Bernard Vitet – et par quelques mots de sa voix. Bonheur grave et surprise insensée. Cela se nomme Octaèdre.
Par F.M. – LE MONDE




"Le pianiste travaille en architecte musical" par Jazzman

François Tusques poursuit son « bonhomme de chemin » en marge des modes. Peu préoccupé par la brillance des surfaces qui semble accaparer ses contemporains, il va, tout simplement à l’essentiel avec expérience(s) et bagage(s) et se contente de dire des choses importantes. Le pianiste et compositeur rencontre ici l’univers de Julio Cortázar au travers de pièces originales (augmentées de quelques thèmes-clés) où transparaissent les musiciens qu’aimait l’écrivain argentin et que fait vivre Tusques dans sa musique : Earl Hines, Bud Powel, les trois Charlie (Parker, Christian et Mingus), Billie Holiday et Duke Ellington…et le tango originel. Ennemi de la surenchère et de la démonstration, le pianiste travaille en architecte musical, mais la construction resterait sèche s’il ne savait faire tournoyer, rebondir, éclairer, chanter la note ; s’il n’enrichissait pas la structure par l’amour du texte et de la musique, par la joie et la jubilation. Pour accompagner ses solos, François Tusques a convié parfois Bernard Vitet et sa trompette, Cesar Stroscio et son bandonéon, Isabel Juanpera dont le chant sonne beaucoup plus juste dans le tango que dans l’hommage à Billie Holiday. Enfin, la voix de Cortázar lui-même, extraite d’une interview de Jacques Chesnel naguère publiée dans Jazz Hot, apporte s’il en était besoin la conclusion d’un beau disque.
Par Jean BUZELIN – JAZZMAN




"C’est assez sidérant" par Le Nouvel Observateur

Longtemps éloigné de la scène du jazz, on avait fini par oublier ce grand pianiste français. Il revient au premier plan avec « Octaèdre », un exceptionnel hommage musical à Julio Cortázar, écrivain jazzophile. « Je vous rassure, je travaillais beaucoup pour la télévision. C’était bien payé et j’avais une liberté totale », répond malicieusement le pianiste François Tusques quand on s’enquiert de ses moyens de subsistance lors de sa trop longue absence du petit monde du jazz. Il a ainsi signé, entre autres collaborations, les musiques de divers projets de Jean-Denis Bonan (dont un consacré à Isabelle Eberhardt récemment diffusé par « Métropolis », magazine d’Arte), ou celle des quinze épisodes de la série télévisée « Génération », tirée du livre de Patrick Rotman et Hervé Hamon sur Mai-68. […] Cette année, François Tusques revient directement en première ligne avec « Octaèdre », son plus beau disque à ce jour, dont le prétexte est toujours littéraire puisqu’il s’agit cette fois d’une rencontre avec l’œuvre du grand écrivain argentin Julio Cortázar. […] Jean-Louis Wiart travaille dans une association de formation professionnelle pour adultes, et cultive une passion dévorante pour le jazz et la littérature. « Un jour, j’ai dit à François : puisque personne ne s’occupe de toi, je vais produire ton prochain disque. Il m’a traité de fou, mais j’ai quand même fondé le label AxolOtl », titre d’une nouvelle de Cortázar (in « Les Armes secrètes », où l’on croise, dans « l’Homme à l’affût », l’ombre d’un certain Charlie Parker). Correspondances encore : « Il y a quelques mois, se souvient François Tusques, le Passage du Nord-Ouest m’avait demandé de participer à un hommage à Charles Mingus. J’y jouais déjà « la femme de Sigmund Freud ». […] Le rapport avec Cortázar ? On y vient : « On parle souvent de Buenos Aires, où Cortázar eut la révélation du jazz, comme de la ville aux deux mille psychanalystes, poursuit Jean-Louis Wiart. François a depuis longtemps le projet d’un spectacle de tango avec sa compagne, Isabel Juanpera. Cortázar, c’était donc à la fois le tango, le jazz et la littérature. L’idée d’un disque autour de lui s’est imposée d’elle-même. » CQFD. « Il faut toujours avoir une raison de faire les choses, glisse doucement François Tusques. Ce disque m’a permis d’enregistrer un tango, mais aussi de rejouer des thèmes comme « Round about Midnight », « Koko » ou « Embraceable You ». » Heureusement pour nous. On les a rarement entendus repris avec autant d’honnêteté, de clarté et de force. Tusques manifeste d’ailleurs une telle compréhension de la musique de Thelonious Monk, Bud Powell ou Charlie Parker que certaines de ses compositions, comme « le Moine » ou « Souvenir de l’oiseau », ont l’air d’inédits de ces géants du jazz. C’est assez sidérant. Tusques, qui aime le jazz d’amour fou, entretient très logiquement avec lui des relations complexes. En 1965, avec François Jeanneau, Michel Portal, Bernard Vitet, Beb Guérin et Charles Saudrais, il enregistre pour les disques Mouloudji « Free Jazz », le premier manifeste made in France de cette « nouvelle chose » que le petit monde du jazz n’a toujours pas digérée. Il joue avec les grands noms comme Sunny Murray ou Clifford Thornton, enregistre son premier album solo (« Piano Dazibao ») et tourne aussi avec la chanteuse Colette Magny. « C’était incroyable, se souvient-il avec une nostalgie amusée, on remplissait les plus grandes salles de France. Nous représentions vraiment quelque chose pour les gens qui venaient nous entendre. » Ce « quelque chose », c’était l’esprit de rébellion qui allait accoucher de Mai-68. Durant les années « gauchistes », François Tusques travaille beaucoup avec le Parti communiste révolutionnaire, un groupuscule marxiste-léniniste. « Je n’en ai jamais été membre, même si pendant deux ans je n’ai pratiquement donné que des concerts militants. » Du coup, on lui colle l’étiquette de « musicien d’extrême gauche », qu’il a payée au plus fort. Les patrons de boîtes, les programmateurs de festivals l’évitent. « Sans faire de parano ça a dû jouer, mais pas tant que ça, même si à l’époque je faisais peur. Vers 1972, je me suis senti en porte-à-faux par rapport au jazz. Pour des raisons personnelles, j’ai quitté Paris pour aller vivre en Bretagne. Je jouais avec Diaouled Ar Menez (les Diables de la montagne), un groupe de musique traditionnelle. » C’est encore son bon plaisir (« je n’ai jamais eu de démarche politique par rapport à la musique ») qui le conduira à réunir plus tard dans l’Intercommunal Free Dance Music Orchestra le saxophoniste guinéen Jo Maka, le tromboniste togolais Ramadolf Adolf Winkler, le trompettiste occitan Michel Marre et le percussionniste algérien Guem, pour ce qui apparaît aujourd’hui comme une très involontaire esquisse de la future « world music »… L’idée l’amuse une seconde, et il ajoute : « Aujourd’hui, j’ai juste envie que l’on sache que je rejoue en solo. » on passe bien volontiers le message.
Par Bernard LOUPIAS – LE NOUVEL OBSERVATEUR




"L’engagement sans compromis et la pugnacité d’un pianiste trop méconnu."par Cuturejazz

"Certes, ce disque n’est pas totalement en piano solo (à quatre plages près) convenons-en ! Il doit cependant figurer ici car c’est un véritable monument aux multiples facettes (plus qu’un octaèdre sans doute). Cet hommage à l’écrivain Julio Cortazar permet de retrouver un pianiste aussi mythique que mystérieux que beaucoup auront hâtivement rangé, voire enfermé, dans la catégorie "free-jazz". Grave erreur ! Écoutez, réécoutez Octaèdre et vous y entendrez un pianiste au discours marqué en profondeur par l’histoire du jazz qui sait restituer toute la dimension vivante, humaine (voire humaniste) de cette musique. Dans sa chronique du disque pour le magazine Jazzman lors de la première édition, Jean Buzelin écrivait : "Ennemi de la surenchère et de la démonstration, le pianiste travaille en architecte musical, mais la construction resterait sèche s’il ne savait faire tournoyer, rebondir, éclairer, chanter la note ; s’il n’enrichissait pas la structure par l’amour du texte et de la musique, par la joie et la jubilation.". Il définissait le cadre de ce disque en soulignant que "Le pianiste et compositeur rencontre ici l’univers de Julio Cortázar au travers de pièces originales (augmentées de quelques thèmes-clés) où transparaissent les musiciens qu’aimait l’écrivain argentin et que fait vivre Tusques dans sa musique : Earl Hines, Bud Powel, les trois Charlie (Parker, Christian et Mingus), Billie Holiday et Duke Ellington…". Grâce au travail toujours remarquable et exemplaire du label Frémeaux et Associés, un éditeur qui a le sens du détail et travaille en profondeur, cet enregistrement (le premier, à l’époque, du label AxolOtl) est à nouveau disponible. On ne saurait passer à côté pour saluer l’engagement sans compromis et la pugnacité d’un pianiste trop méconnu."
par Thierry GIARD - CULTUREJAZZ.NET




"A crucial figure in the development of the music in his sector " The New York City Jazz Record

"It is somewhat ironic that the country with the closest ties to vanguard American jazz in the ‘60s has been almost wholly left out of the modern picture. France has produced quite a few world-renowned improvisers, but the architects of France’s ‘New Thing’ have been summarily left by the wayside over the course of the music’s history. Pianist François Tusques, while almost unknown outside his native France, is a crucial figure in the development of the music in his sector of the continent and can lay claim to recording the first true French free jazz album."
by Clifford ALLEN - THE NEW YORK CITY JAZZ RECORD