CLAUDE LEVI-STRAUSS

ENTRETIENS FRANCE INTER AVEC JACQUES CHANCEL

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"Aucune société n’est parfaite. Toutes comportent par nature une impureté incompatible avec les normes qu’elles proclament, et qui se traduit concrètement par une certaine dose d’injustice, d’insensibilité, de cruauté."
Tristes tropiques - © PLON

'Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses, c’est celui qui pose les vraies questions.' © PLON

'L’humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires dont l’un tend à instaurer l’unification, tandis que l’autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification.' © UNESCO
Claude Lévi-Strauss

L'INA et France Inter propose ici une des meilleures interview donnée par la figure tutélaire des sciences humaines. Jacques Chancel réussit parfaitement à éclairer les idées de Claude Lévi-Strauss en les rendant abordable au plus grand nombre.
Patrick Frémeaux

Droits audio : INA, Claude Lévi-Strauss, Jacques Chancel.

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CLAUDE LÉVI-STRAUSS

CLAUDE LÉVI-STRAUSS
ENTRETIEN AVEC JACQUES CHANCEL – 1988







"La diversité des cultures humaines est, en fait dans le présent, en fait et aussi en droit dans le passé, beaucoup plus grande et plus riche que tout ce que nous sommes destinés à en connaître jamais."
Claude LEVI-STRAUSS © UNESCO

"Aucune société n’est parfaite. Toutes comportent par nature une impureté incompatible avec les normes qu’elles proclament, et qui se traduit concrètement par une certaine dose d’injustice, d’insensibilité, de cruauté."
Tristes tropiques - Claude LEVI-STRAUSS © PLON

"Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre."
L’origine des manières de table © PLON

Claude Lévi-Strauss
par Marcel Hénaff (
rofesseur à l’université de Californie, San Diego. A notamment publié Claude Lévi-Strauss, dossiers Belfond, 1991. Et avec l’accord de “Magazine Littéraire”.)

1908 
Naissance de Claude Lévi-Strauss à Bruxelles, le 28 novembre de parents français : Raymond Lévi-Strauss et Emma Lévy. Son père est artiste-peintre, spécialisé dans le portrait. En 1909 la famille retourne à Paris.

1914 En raison de la guerre, le père est mobilisé; la mère, les sœurs de celle-ci et tous leurs enfants vont vivre à Versailles chez leur père, grand rabbin de cette ville.

1918 Retour à la demeure parisienne. Claude Lévi-Strauss fait ses études secondaires (jusqu’au baccalauréat) au lycée Janson-de-Sailly à Paris.

1926 Entrée en classe d’hypokhâgne au lycée Condorcet où André Cresson enseigne la philosophie. Renonce à entrer en khâgne et donc à préparer l’Ecole Normale Supérieure.

1927 Entrée à la Faculté de Droit, place du Panthéon, et, conjointement, études de philosophie à la Sorbonne. Ses professeurs sont, entre autres, Léon Brunschvicg, Albert Rivaud, Georges Dumas, Jean Laporte, Léon Robin, Emile Bréhier, Célestin Bouglé. C’est sous la direction de ce dernier que Claude Lévi-Strauss prépare son mémoire d’études supérieures portant sur : “Les postulats philosophiques du matérialisme historique”. Obtient sa licence en droit.

1928 Préparation de l’agrégation de philosophie. Parmi ses camarades d’études : Maurice Merleau-Ponty et Simone de Beauvoir. Rencontre de Paul Nizan à l’occasion du mariage de celui-ci avec sa petite cousine, Henriette Halphen. “Paul Nizan /.../ me dit qu’il avait été lui-même tenté par l’ethnologie. Cela m’a encouragé”... “J’avais lu, bien sûr, Aden-Arabie que j’admirais”.

1931 Agrégation de philosophie; parmi ses camarades de promotion : Ferdinand Alquié et Simone Weil.

1932 Service militaire, à Strasbourg d’abord, puis au Ministère de la Guerre à Paris. Mariage avec Dina Dreyfus. Premier poste d’enseignement, en octobre, au lycée de Mont-de-Marsan. Il est candidat socialiste aux élections cantonales dans cette région; au cours de la campagne électorale un banal accident de voiture met fin à ce projet politique.

1933 Nommé au lycée de Laon. “J’ai commencé à m’ennuyer, j’avais envie de bouger, de voir le monde”. Lecture de l’ouvrage de Robert H. Lowie Primitive Society (paru en 1920). Ce fut une révélation : “Au lieu de notions empruntées à des livres et immédiatement métamorphosées en concepts philosophiques, j’étais confronté à une expérience vécue des sociétés indigènes et dont l’engagement de l’observateur avait préservé les significations. Ma pensée échappait à cette sudation en vase clos à quoi la pratique de la réflexion philosophique la réduisait. Conduite au grand air, elle se sentait rafraîchie d’un souffle nouveau”.

1934 “Ma carrière s’est jouée au dimanche de l’automne 1934, à 9 heures du matin, sur un coup de téléphone. C’était Célestin Bouglé, alors directeur de l’Ecole Normale Supérieure...”. C. Bouglé qui a dirigé son diplôme d’études supérieures et connaissant son intérêt pour l’éthnologie, lui propose d’être candidat à un poste de sociologie à l’Université de São Paulo au Brésil, laquelle venait d’être créée sous la responsabilité d’une mission universitaire française dirigée par le psychiatre Georges Dumas. Il rencontre ce dernier, dont il avait suivi les cours dans le passé. Georges Dumas décide de l’engager.

1935 Embarque pour le Brésil à Marseille en février via Barcelone, Cadix, Alger, Casablanca, Dakar. Il débarque à Santos. Il rejoint son poste à l’Université de São Paulo. Il y enseigne jusqu’en 1938 dans la chaire de sociologie. Il est soutenu dans sa carrière par deux autres membres de la mission française : Pierre Monbeig et, surtout, Fernand Braudel dont les travaux font déjà autorité. A la fin de cette première année universitaire, au lieu de rentrer en France, Lévi-Strauss et sa femme effectuent, pour le compte du Musée de l’Homme et de la ville de São Paulo, une mission à l’intérieur du Brésil, dans le Mato Grosso. Ce sera l’occasion d’une première enquête chez les Indiens Caduveo et Bororo. Ce premier voyage, dont la narration occupe une bonne partie de Tristes tropiques, est en quelque sorte le “baptême ethnographique” de Lévi-Strauss, qui s’initie ainsi, par lui-même, à une discipline pour laquelle il n’a jamais reçu d’enseignement universitaire ni de préparation professionnelle.

1936 Retour en France durant l’hiver 36-37. Le Musée de l’Homme organise l’exposition de la collection ethnographique rapportée par Claude Lévi-Strauss et sa femme. Publication d’un article sur les Bororo qui attire l’attention d’Alfred Métraux et de Robert Lowie, ce qui sera déterminant pour sa carrière d’américaniste.

1937 A Paris, Claude Lévi-Strauss travaille à la préparation d’une nouvelle expédition au Brésil. Grâce à l’impact de la première (articles et exposition), il obtient des crédits du Musée de l’Homme et de la Recherche scientifique.

1938 Revient au Brésil au début de l’année et met en place l’organisation matérielle de l’expédition, laquelle doit durer plusieurs mois. Son but est de traverser la région située à l’ouest du Mato Grosso, entre Cuiaba et le Rio Madeira; cette région était restée une des moins connues du Brésil. La mission scientifique compte quatre personnes, dont sa femme Dina Dreyfus. L’expédition quitte Cuiaba en juin, elle atteint le pays Nambikwara où elle séjourne jusqu’en septembre. Claude Lévi-Strauss entreprend son enquête ethnographique en règle (relatée dans son texte La vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara et dont l’essentiel est repris dans Tristes tropiques). “J’avais cherché une société réduite à sa plus simple expression. Celle des Nambikwara l’était au point que j’y avais trouvé seulement des hommes”.  En septembre l’expédition poursuit, plus au nord; une équipe réduite se rend en pirogue chez les Mundé et surtout les Tupi-Kawahib où s’organisel’enquête. “Ainsi s’écoulaient les jours à rassembler les bribes d’une culture qui avait fasciné l’Europe et qui, sur la rive droite du haut Machado, allait disparaître à l’instant de mon départ (ces Indiens, en effet, allaient, peu après, quitter leur village en compagnie de l’interprète). En raison d’un accident grave survenu à un homme de troupe brésilien qui doit être évacué au plus vite, l’équipe s’en retourne et Claude Lévi-Strauss reste seul avec les Indiens. Il rejoindra ses compagnons après quelques semaines et retournera à Cuiaba en traversant la Bolivie pour liquider les affaires de l’expédition.

1939 Il rentre en France au début de l’année et installe au Musée de l’Homme les collections ramenées du Brésil. Sa femme Dina et lui se séparent. En raison de l’entrée en guerre de la France, il est mobilisé et affecté au service des PTT.

1940 Devant l’avance de l’armée allemande, son unité doit se replier sur Bordeaux. Le voyage s’arrête à Béziers. Il rejoint ses parents dans les Cévennes. Offre ses services de professeur de philosophie au rectorat de Montpellier pour les épreuves du baccalauréat; il est démobilisé. C’est à cette époque qu’il fait une autre lecture ethnologique qui sera déterminante dans l’orientation de ses intérêts intellectuels; il s’agit du livre de Marcel Granet publié l’année précédente : Catégories matrimoniales et relations de proximité dans la Chine ancienne. En septembre, “avec une totale inconscience” c’est-à-dire sans mesurer la menace qui pèse sur lui en tant que juif, il se rend à Vichy où réside le gouvernement du Maréchal Pétain, pour contacter son ministère de tutelle, celui de l’Education nationale, et demander son intégration dans le poste qui lui a été attribué au Lycée Henri IV à Paris. Au ministère, un fonctionnaire sans doute bienveillant, lui fait comprendre le risque énorme qu’il court et refuse de l’envoyer à Paris. “Je ne me rendais pas compte du danger... mon sort s’est probablement joué à ce moment. Il retourne chez ses parents dans les Cévennes. Il est nommé professeur de philosophie au lycée de Montpellier. Mais au bout de trois semaines il est révoqué en raison des lois raciales. On lui écrit des Etats-Unis pour l’inviter à bénéficier du plan de sauvetage des savants européens organisé par la fondation Rockfeller. Alfred Métraux, qui vit aux Etats-Unis, Robert Lowie et Max Ascoli lui obtiennent une invitation de la New School for Social Research de New York.

1941 Il se décide à partir et obtient un visa de sortie pour les Etats-Unis. En février, il trouve un bateau à Marseille pour faire la traversée. Sur le bateau il découvre un certain nombre de personnalités connues comme Anna Seghers, Victor Serge, André Breton. Après diverses escales, le bateau débarque ses passagers à la Martinique. Claude Lévi-Strauss, après quelques difficultés administratives, gagne Porto-Rico où il est suspecté par les autorités américaines, ses papiers n’étant pas en règle; il est placé en résidence surveillée. Il obtient de rendre visite à Jacques Soustelle de passage dans l’île; celui-ci (qu’il connaît depuis 1936) est en mission officielle au nom du général de Gaulle et intervient auprès des autorités américaines en sa faveur, ce qui lui permet de partir pour New York à bord d’un bateau régulier.  Il s’installe à New York dans un studio de Greenwich Village. Il écrit (en anglais) La Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara (qui paraîtra en français en 1948, en tant que thèse complémentaire). Il retrouve André Breton, et fait la connaissance d’un certain nombre d’autres exilés célèbres : Yves Tanguy, Marcel Duchamp, Max Ernst, Alexander Calder, André Masson, Pierre Lazareff, Georges Duthuit, Robert Lebel, Denis de Rougemont, Wifredo Lam, et d’autres personnalités liées à eux comme Matta, Leonora Carrington, Dorothea Tanning, Patrick Waldberg, Peggy Gugenheim... Claude Lévi-Strauss se lie particulèrement d’amitié avec Max Ernst. Retrouve Alfred Métraux; rencontre deux des maîtres de l’ethnologie américaine, Robert Lowie et A.L. Kroeber. Prend son poste à la New School for Social Research et y commence ses cours. Fait la rencontre de Boas, le maître incontesté de sa discipline, peu avant la mort de celui-ci.

1942 Donne (en français) des cours d’ethnologie à l’Ecole Libre des Hautes Etudes de New York qui vient d’être fondée par des intellectuels français ou francophones comme Jacques Maritain, Henri Focillon, Jean Perrin, Henri Grégoire, Alexandre Koyré. C’est ce dernier qui présente Claude Lévi-Strauss à Roman Jakobson. Cela fut intellectuellement une rencontre décisive : “J’étais à l’époque une sorte de structuraliste naïf. Je faisais du structuralisme sans le savoir. Jakobson m’a révélé l’existence d’un corps de doctrine déjà constitué dans une discipline : la linguistique, que je n’avais jamais pratiquée. Pour moi, ce fut une illumination...”. Ce fut aussi le début d’une exceptionnelle amitié.

1943 Consacre son temps disponible à des lectures ethnologiques à la New York Public Library. Commence la rédaction de sa thèse Les Structures élémentaires de la parenté.

1944 Est rappelé en France par la Direction des relations culturelles. En décembre embarque dans un convoi de la marine américaine.

1945 En janvier gagne la France via Londres encore bombardée. A Paris, au titre de secrétaire de l’Ecole libre de Hautes Etudes de New York, il occupe un bureau à la Direction des relations culturelles où il est chargé de conseiller les gens désireux de se render aux Etats-Unis. A cette occasion il retrouve Maurice Merleau-Ponty. Il est nommé Conseiller culturel auprès de l’ambassade de France à Washington, avec résidence à New York, où il se rend au printemps (il y restera jusqu’à la fin de 1947, soit près de trois années au total). Il épouse Rose-Marie Ullmo après son divorce avec Dina Dreyfus; de ce nouveau mariage naîtra un fils, Laurent.

1947 Rentre en France à la fin de l’année.

1948 Il est nommé Maître de recherches au CNRS et sous-directeur au Musée de l’Homme. Rencontre Michel Leiris qui travaillait au Musée de l’Homme (“J’ignorais son œuvre, je l’ai lue avec délectation”). Publicaton de La vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara, Paris, Société des Américanistes. Soutient sa thèse en Sorbonne sur le texte intitulé : Les Structures élémentaires de la parenté (version dactylographiée). Rencontre Jacques Lacan chez Alexandre Koyré.

1949 Publication des Structures élémentaires de la parenté aux Presses Universitaires de France. L’ouvrage signale immédiatement Lévi-Strauss à l’attention des spécialistes (notamment anglo-saxons); mais l’accueil touche aussi des milieux plus larges. C’est ainsi que Simone de Beauvoir, qui est en train de rédiger Le deuxième sexe, en fait une recension extrêmement favorable dans Les Temps Modernes. Georges Bataille écrit également sur l’ouvrage un article très détaillé (repris dans L’Erotisme). Assure des séùinaires à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (VIe section) à la demande de Lucien Febvre. Est convié par le psychologue Henri Piéron, professeur au Collège de France, à présenter sa candidature dans cette institution. Cette première tentative échoue sans doute en raison des conflits de tendances très vifs entre les titulaires et de l’opposition de l’administrateur.

1950 
Effectue pour le compte de l’UNESCO un voyage en Inde et au Pakistan (alors partagé entre deux territoires, l’occidental et l’oriental, ce dernier formant l’actuel Bengladesh; il se rend à Chittagong près de la frontière birmane). Deuxième échec au Collège de France malgré l’appui d’Emile Benvéniste, de Georges Dumézil (qui venait d’y entrer) et Marcel Bataillon (futur administrateur).  Avec l’appui de Dumézil, il est élu Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, à la Ve section, dite des Sciences religieuses.

1952 Publication de Race et Histoire, texte écrit l’année précédente, à la demande du Département des Sciences Sociales de l’UNESCO. Ce texte suscite une critique acerbe de R. Caillois; Lévi-Strauss lui réplique avec vivacité dans Les Temps Modernes sous le titre de “Diogène couché”.

1953 Il est élu Secrétaire Général du Conseil International des Sciences Sociales. Décline une offre de poste à Harvard.

1954 Il épouse Monique Roman après son divorce d’avec Rose-Marie Ullmo; ils auront, en 1957, un fils : Matthieu.

1955 Publication de Tristes tropiques; il a écrit cette genèse d’une vocation ethnologique et ce récit de ses expéditions dans le Brésil central et de quelques autres voyages, à la demande de Jean Malaurie qui venait de créer chez Plon la collection “Terre humaine”. Cet ouvrage, loué par une critique unanime, connaît immédiatement un vrai succès de librairie. Ce livre est sans doute celui qui a le plus contribué à la notoriété de son auteur auprès d’un large public. Le jury de l’Académie Goncourt manifeste publiquement son regret de ne pouvoir lui décerner son prix, réservé à des ouvrages de fiction. Des écrivains comme Michel Leiris, Georges Bataille, Maurice Blanchot, Raymond Aron, Claude Roy, Etiemble et bien d’autres, publient des comptes-rendus admiratifs. Publie, en anglais, un texte qui deviendra fameux, intitulé “The Structural Study of Myth” dans le Journal of Americain Folklore Vol. 68, N° 270 (et qui sera repris dans Anthropologie structurale en 1958).

1958 Publication d’Anthropologie structurale (éd. Plon).

1959 Elu au Collège de France à la chaire d’Anthropologie sociale. Cette élection est due, en grande partie, à l’action de Merleau-Ponty. Claude Lévi-Strauss retrouve dans cette maison quelques-uns de ceux qui ont déjà joué un rôle dans sa carrière comme Fernand Braudel, Emile Benvéniste et Georges Dumézil.

1960 Le 5 janvier, il prononce sa “Leçon inaugurale” au Collège de France. Fonde au Collège de France le Laboratoire d’Anthropologie sociale.

1961 Création, avec quelques collaborateurs, de L’Homme, revue française d’anthropologie. Parution des Entretiens avec Claude Lévi-Strauss de Georges Charbonnier, transcription d’échanges radiophoniques réalisés sur France-Culture d’octobre à décembre 1959.

1962 Publication de Le Totémisme aujourd’hui et de La Pensée sauvage.

1963 La revue Esprit publie un numéro spécial présentant et discutant les positions de Lévi-Strauss dans La Pensée sauvage.

1964 Publication du premier volume des Mythologiques, Le Cru et le cuit.

1966 Reçoit, à Chicago, la Médaille d’Or de la Viking Fund for Anthropology (cette médaille est décernée par un vote international de la profession ethnologique).

1967 Publication du second volume des Mythologiques : Du Miel aux cendres.

1968 Publication du volume trois des Mythologiques : L’Origine des manières de table. Claude Lévi-Strauss reçoit la Médaille d’Or du Centre National de la Recherche Scientifique. Les “événements de mai” pour lui? “Pour moi, mai 68 a représenté la descente d’une marche supplémentaire dans l’escalier d’une dégradation universitaire commencée depuis longtemps”... “Je ne crois pas que mai 68 a détruit l’université mais, plutôt, que mai 68 a eu lieu parce que l’université se détruisait”.

1969-1970 Se consacre entièrement à la rédaction de son ouvrage sur les mythes.

1971 Publication du quatrième et dernier volume des Mythologiques : L’Homme nu. “Pendant vingt ans, levé à l’aube, soûlé de mythes, j’ai véritablement vécu dans un autre monde”. Publication de Race et culture, texte d’une conférence prononcée sous les auspices de l’UNESCO et sorte de complément au texte de 1952.

1973 Election à l’Académie française. Cette candidature étonne ses amis. Aussi c’est d’abord à eux, dit-il, qu’est adressé son discours de réception, destiné à souligner l’intérêt anthropologique de cette très vieille institution. Il prononce l’éloge de son prédécesseur, Henry de Montherlant. C’est Roger Caillois qui est chargé du discours de réception, aimable au début, plutôt acide et même déplaisant vers la fin : vingt ans après, la querelle sur Race et histoire n’était pas tout à fait réglée. Précisément ce texte de 1952 est republié dans le volume d’articles qui paraît la même année : Anthropologie structurale deux (éd. Plon). Voyages en Colombie britannique (en 1973 et 1974).

1975 Publication de La Voie des masques (2 volumes, éd. Skira).

1977 Publication du Discours pour la réception d’Alain Peyrefitte à l’Académie française (éd. Gallimard). Prononce, en anglais, cinq conférences dans le cadre des “Massey Lectures” de la CBC, radio canadienne. Voyage au Japon.

1978 Publication de Myth and Meaning (University of Toronto Press), texte provenant des “Massey Lectures” de l’année précédente.

1979 Nouvelle publication chez Plon de La Voie des masques, édition revue et augmentée. Publication chez Gallimard du Discours pour la réception de Georges Dumézil à l’Académie française. Voyage au Mexique. Deuxième voyage au Japon à l’invitation de la fondation Suntory.

1981 Se rend en Corée du Sud.

1982 Claude Lévi-Strauss prend sa retraite mais reste membre de son Laboratoire.

1983 Publication de Le Regard éloigné (éd. Plon), recueil de textes précédemment parus entre 1971 et 1983, à l’exception d’un seul, plus ancien, sur La Famille qui date de 1956. Troisième voyage au Japon à l’invitation du Japan Productivity Center.

1984 Voyage en Israël; il y préside un symposium international sur l’art comme moyen de communication. Tournée de conférences sur quelques-uns des campus de l’Université de Californie : Berkeley, Davis, San Francisco, Los Angeles. Publication de Paroles données (éd. Plon).

1985 Publication de La Potière jalouse (éd. Plon); étude nouvelle portant sur un ensemble de mythes des deux Amériques et offrant une sorte de complément à la “tétralogie”. Premier retour au Brésil depuis 1939; il s’agit d’un séjour très court; Claude Lévi-Strauss fait partie des invités du Président de la République, François Mitterrand, qui accomplit un voyage officiel.

1986 Quatrième voyage au Japon à l’invitation de la fondation Ishizaka.

1988 Cinquième voyage au Japon. A l’occasion de son 80e anniversaire, publication d’un volume d’entretiens accordés à Didier Eribon et intitulé De Près et de loin (éd. Odile Jacob).

1989 Une exposition, à l’initiative de Jean Guiart, est organisée au Musée de l’Homme. Elle est intitulée Les Amériques de Claude Lévi-Strauss; elle reprend quelques-unes des pièces que Lévi-Strauss avait ramenées en 1936 du Brésil. Une anthologie de ses différents textes sur l’art est publiée à cette occasion et a pour titre Des Symboles et leurs doubles (éd. Plon), avec une introduction de Jean Guiart.

1991 Publication de Histoire de Lynx, éd. Plon.

1993 Publication de Regarder Ecouter Lire, éd. Plon.
© BELFOND - MAGAZINE LITTÉRAIRE

"Pour être viable, une recherche tout entière tendue vers les structures commence par s’incliner devant la puissance et l’inanité de l’événement."
Du miel aux cendres © PLON

"Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui."
Tristes tropiques © PLON

Ecouter CLAUDE LÉVI-STRAUSS / ENTRETIEN AVEC JACQUES CHANCEL – 1988 (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




PisteTitre / Artiste(s)Durée
01 RADIOSCOPIE LEVI STRAUSS PAR JACQUES CHANCEL - LEVI STRAUSS49'09
"Claude Lévi-Strauss" par Panorama du Médecin

"Son œuvre comporte des réflexions anthropologiques qui animèrent de vifs débats dans la communauté scientifique.
« Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui. »" DR Christian REGNIE – PANORAMA DU MEDECIN


« Aucune société n’est parfaite. Toutes comportent par nature une impureté incompatible avec les normes qu’elles proclament, et qui se traduit concrètement par une certaine dose d’injustice, de cruauté, d’insensibilité ». « Tristes tropiques » (1955).
Trésor vivant de l’ethnographie, Claude Lévi-Strauss n’a jamais rédigé ses mémoires et fut avare d’interviews. L’édition sonore de cet entretien dans l’émission « Radioscopie » de Jacques Chancel sur France Inter (1988) permet de mieux comprendre la vie et l’œuvre d’un savant atypique et discret.
Né en 1908 à Bruxelles, Claude Lévi-Strauss se dirigea vers le droit et la philosophie (agrégation). En 1934, il acceptait un poste d’enseignant à l’université de Sao Paulo créée par une mission universitaire française. Au Brésil, il fit la connaissance de Fernand Braudel et entreprit son premier voyage ethnographique dans le Mato Grosso (pour le compte du musée de l’Homme).
Lévi-Strauss s’initie à une discipline qu’il ne connaît pas ; en 1937, de retour à Paris, les résultats de ses travaux sont unanimement reconnus. En 1941, il rencontre à New York les grands ethnologues américains et de nombreux intellectuels en exil.
De retour en France en 1946, Claude Lévi-Strauss est reçu au Collège de France, au CNRS, au musée de l’Homme, à l’Institut…
Son œuvre comporte des réflexions anthropologiques qui animèrent de vifs débats dans la communauté scientifique.
« Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui. » DR Christian REGNIE – PANORAMA DU MEDECIN




« Lévi-Strauss » par l’Alsace

D’entrée, on reconnaît le jingle, signé Georges Delerue, de Radioscopie sur France Inter. Et puis la voix de Jacques Chancel dont l’invité est alors ce Claude Lévi-Strauss qui avait déclaré : « Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses, c’est celui qui pose les vraies questions. » Dans la collection des enregistrements historiques, Frémeaux et associés sort donc ce Radioscopie réalisé en 1988 où le savant se prête à un exercice fort rare pour lui, celui de l’entretient approfondi. Il est vrai que cette émission venait à l’occasion de la parution, chez Odile Jacob, des entretiens de Lévi-Strauss avec Didier Eribon intitulé "De près de loin". En somme, le savant se livrait au petit jeu de la… promotion ! Pourtant, rien de complaisant dans ce Radioscopie où Chancel pousse l’homme à se livrer (un peu) alors que, justement Lévi-Strauss n’à guère de goût pour la chose. Et il raconte d’ailleurs combien la fréquentation de quelques grands hommes qui lui a fait entrevoir que la personne même n’est que « résidu ». Il évoque ainsi Stravinsky qu’il idolâtra adolescent, qu’il rencontra à New York sur la fin de son âge et qui lui apparut comme « une vieille dame russe frileuse » exclusivement préoccupée par ses petits problèmes personnels… Un enregistrement pour découvrir le voyageur auteur de Tristes tropiques, le chercheur et le spécialiste des mythologies, l'Académicien et le membre du Collège de France, l'ethnologue et l’homme sensible. L’ALSACE




« Tout autre Strauss » par Le Journal Du Médecin

Un enregistrement qui date de 88, époque à laquelle Claude Lévi-Strauss fêtait ses 80 ans par la sortie d’un ouvrage d’entretiens avec Didier Eribon (De près et de loin) qui devait être son dernier, croyait-il (voir ci-contre). Pour cette parution, Jacques chancel avait saisi l’occasion d’une célèbre radioscopie de l’auteur de Tristes tropiques. L’animateur bouscule gentiment le toujours vert octogénaire, en lui posant des questions un peu personnelles, ce dont ce grand pudique a une sainte horreur. Mais les deux hommes se connaissent bien et une certaine connivence s’installe… Et Lévi-Strauss de sortir de sa réserve (d’indiens ?) pour confier notamment son amour de la littérature, sa défiance face à l’être humain, et toujours avec cette incroyable humilité. Ecouter cette voix claire et ce langage précis mais abordable parler de ses émerveillements et ses admirations plutôt que de lui-même est un enchantement. Quand à la question bateau de savoir ce qu’il aimerait qu’on retienne de lui, Claude Lévi-Strauss répond dans cet enregistrement trouvé de beaux silences réflexifs : « que j’ai essayé de ne pas m’ennuyer ». A 100 ans, il est encore loin d’être mort d’ennui…
Bernard ROISIN – LE JOURNAL DU MEDECIN




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