EVAN CHRISTOPHER - THE REMEMBERING SONG

EVAN CHRISTOPHER

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Direction artistique : MAT DOMBER POUR ARBORS RECORDS
Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

FA568

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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« The Remembering Song » est un hymne d’amour à la tradition musicale de la Nouvelle-Orléans par l’un de ses plus éminents représentants actuels : Evan Christopher.
Loin d’être une remémoration nostalgique et passéiste des spécificités du jazz néo-orléanais, Evan s’inscrit dans une tradition qu’il convoque au présent. La présence à ses côtés de Bucky Pizzarelli, légende vivante de la guitare jazz, en est une parfaite illustration. Les compositions originales d’Evan Christopher se mêlent aux airs de Jelly Roll Morton ou de Tommy Ladnier pour écrire après Katrina l’histoire d’une Nouvelle-Orléans éternellement jeune et vivante.
Patrick Frémeaux


EVAN CHRISTOPHER : CLARINETTE, ARRANGEMENTS 
BUCKY PIZZARELLI : GUITARE ACOUSTIQUE 
JAMES CHIRILLO : GUITARE ÉLECTRIQUE 
GREG COHEN : CONTREBASSE

 


Production : Arbors Records - Diffusé en France par Frémeaux & Associés

Produit par Mat Domber (+) pour Arbors records et licencié à Patrick Frémeaux pour Frémeaux & Associés. Album intégré dans la collection dirigée par Benjamin Goldenstein jusqu'en 2012 puis par Augustin Bondoux.

 
The Remembering song FA568

EVAN CHRISTOPHER
BUCKY PIZZARELLI
JAMES CHIRILLO
GREG COHEN

the remembering song











«?The Remembering Song?» est un hymne d’amour à la tradition musicale de la Nouvelle-Orléans par l’un de ses plus éminents repré-sentants actuels : Evan Christopher. Loin d’être une remémoration nostalgique et passéiste des spécifi-cités du jazz néo-orléanais, Evan s’inscrit dans une tradition qu’il convoque au présent.
Patrick Frémeaux

Evan Christopher – The Clarinet Road
1. The Remembering Song – Prelude  0’30
(Evan Christopher)
2. The Wrath of Grapes  5’58
(Evan Christopher)
3. Way Down Yonder in New Orleans  5’19
(Henry Creamer, Turner Layton)
4. The River By the Road  7’17
(Evan Christopher)
5. The Remembering Song – Interlude  0’37
(Evan Christopher)
6. Mojo Blues  6’29
(Tommy Ladnier)
7. You Gotta Treat it Gentle  6’09
(Evan Christopher)
8. My Home is in a Southern Town  3’36
(Jelly Roll Morton)
9. Serenade 5’30
(Evan Christopher)
10. The Remembering Song  7’19
(Evan Christopher)
11. Waltz for All Souls  4’55
(Evan Christopher)
12. Dear Old Southland  6’41
(Henry Creamer, Turner Layton)

Evan Christopher : Clarinette, arrangements
Bucky Pizzarelli : Guitare acoustique
James Chirillo : Guitare électrique
Greg Cohen : Contrebasse
Mojo Blues est dédié à Mohsen Alikhani, propriétaire du First Cup Café, New Orleans
Serenade est dédiée à George Wein et à la mémoire de Joyce Wein
The Remembering song est dédiée à la tenace New Orleans, Louisiana

Produit par Evan Christopher et Mat Domber.
Production exécutive : Mat Domber & Rachel Domber, pour Arbors Records, USA.
Licencié pour la France à Frémeaux & Associés, par Arbors Records.

Enregistré les 19 et 20 mai 2009 par Bill Moss et Jim Czak.
Mixé par Jim Czak et Bill Moss à Nola Studios (New-York, NY).
Masterisé par Brian Shaw, Digital Brothers (Costa Mesa, CA).

Graphisme de couverture : Anne Paré.
Photos d’Evan Christopher : Jim McGuire, 2008
Photos des autres musiciens : John Rogers, 2009

Il y a près de vingt ans, lors d’une tournée en Italie, Evan Christopher rencontra le clarinettiste Tony Scott. Celui-ci lui dédicaça une photo de 1954 le représentant dans les coulisses du Carnegie Hall avec Billie Holiday et Charlie Parker. Sur cette photo, Scott avait écrit :

“Good luck on clarinet road. Lots of curves.” («?Bonne chance sur la route de la clarinette. Beaucoup de virages.?»).

Cette photo fait partie des nombreux objets qu’Evan Christopher perdit dans l’inondation qui dévasta la Nouvelle Orléans suite au passage de l’ouragan Katrina (en raison de digues fédérales insuffisantes). L’idée de Tony Scott d’une route sinueuse spécifique à l’instrument, elle, demeura bien présente chez Evan. “Clarinet Road” (la Route de la Clarinette) devint comme un slogan, que l’on retrouve sur les disques d’Evan, les program-mes de ses concerts, son site internet et jusqu’à ses emails (Sent from Clarinet Road) !

C’est de cette route que vient le présent dis-que. Evan Christopher y offre son point de vue sur le plus parlant des virages auquel Tony Scott faisait allusion : une courbe dans le tracé du fleuve Mississipi où Evan rencontra Sidney Bechet, et où il continue de se trouver.

Evan Christopher, né à Long Beach (Californie) fait un premier séjour à la Nouvelle-Orléans en 1994. A la fin des années 1990, il passe trois années au Texas (San Antonio) dans le Jazz Band de Jim Cullum, puis s’en revient à la Nouvelle-Orléans. Auprès des musiciens plus âgés, il s’imprègne de la tradition néo-orléanaise et contribue à lui faire connaître de nouveaux horizons contemporains. Par dessus tout, il trouve dans la Nouvelle-Orléans le point de départ de sa Route de la Clarinette.

A l’étude de disques, d’entretiens et de photos du “Hogan Jazz Archive” de l’Université de Tulane, Evan se plonge dans l’histoire du maître de la clarinette créole, Lorenzo Tio, Jr., et dans celle de ses nombreux disciples : des héros méconnus (comme Alphonse Picou, George Baquet, “Big Eye” Louis Nelson…) jusqu’au grand Sidney Bechet, en passant par les instrumentistes reconnus au sein d’orchestres célèbres : Omer Simeon (avec Jelly Roll Morton), Barney Bigard (chez Duke Ellington), Johnny Dodds (auprès de Louis Armstrong).

Les crues terribles de 2005 chassèrent Evan Christopher de sa ville adoptive. Une invitation et une bourse lui donnèrent l’occasion, pendant deux ans, de vivre à Paris – sur les pas de Sidney Bechet, qui avait passé dans la capitale française une importante partie de sa vie de musicien.
Quand Evan rentre, fin 2007, à la Nouvelle-Orléans, la situation de la ville dépasse l’entendement. Des villes, devrait-on dire, car New Orleans était alors déchirée en deux : une partie se dirigeant peu à peu vers un renouveau, l’autre engluée dans ce que David Winkler-Schmidt, correspondant du Gambit Weekly, avait appelé : «?l’horrible et infini sentiment de ne pas savoir?».

Bechet parle ainsi de sa musique dans « Treat It Gentle » :

«?C’est la chanson du souvenir… Il y a tant à se rappeler. Tellement de désirs et tant de peines, tellement de temps à attendre que les peines cessent. Ce que veulent les miens, c’est un endroit où ils peuvent être eux-mêmes, où ils peuvent exister et faire partie d’un tout, comme une évidence, sans avoir peur que quelqu’un ne surgisse pour les exclure de ce lieu.?»

Voici comment Bechet a décrit sa musique. The Remembering Song d’Evan Christopher évoque autant la peine et l’attente que la prise de pouvoir et l’exultation auxquels Bechet a donné naissance en réaction à cette peur réelle. Il s’agit du leitmotiv de ce disque, exprimé en trois fragments d’environ trente secondes et développé dans une version de sept minutes.

Est-ce par ironie qu’Evan se fait accompagner dans ce disque par trois musiciens notoirement étranger à la Nouvelle-Orléans ? Pas vraiment. Bechet, qui avait vécu si longtemps à Paris, avait dit et prouvé que cette musique pouvait être jouée de n’importe où. De plus, Evan sait ressentir le talent qui l’entoure. Ce disque témoigne d’une réelle communion avec Bucky Pizzarelli. «?Plus personne n’essaierait de jouer comme lui aujourd’hui?», souligne Evan au sujet de l’incomparable talent rythmique de Bucky – pour ne pas parler de son style de chorus et de ses progressions d’accords devenus son sceau personnel !

Le quartet formé avec James Chirillo (qui avait d’ailleurs accompagné l’un de ses mentors, Kenny Davern, avec Greg Cohen à la contrebasse), Bucky Pizzarelli et Greg Cohen a la particularité de ne pas contenir de batterie. Cette formule, qui a des précédents (le quartet du cornettiste Ruby Braff et du guitariste George Barnes en est une référence), sert le choix esthétique d’Evan Christopher, qui s’en explique : «?Le fait de ne pas avoir de batterie permet de donner une ambiance plus introspective, plus subtile. Il est plus facile d’attirer l’auditeur dans l’histoire de mémoire collective que j’essaye de raconter.?»

Ce jeu de mémoire, Evan le sollicite en amenant l’auditeur à un voyage dans le passé par le biais d’une entrée actuelle. En témoigne la composition The Wrath of Grapes, inspirée par des soirées au Bacchanal, cave à vin et à performances artistiques du quartier de Bywater. On y entend un clin d’œil en mineur à Sing, Sing, Sing, composé par le trompettiste néo-orléanais Louis Prima en 1936 (dont Benny Goodman fit un succès l’année suivante).

Le standard Way Down Yonder in New Orleans est l’un des deux titres composés par le duo Henry Creamer (auteur) et Turner Layton (compositeur). Evan Christopher l’interprète dans un tempo inhabituel, lui permettant de le jouer en conformité à la partition d’origine, qu’il a sorti des poubelles de l’histoire : version «?tango?», en clef de Sol.

The River by The Road, une autre composition d’Evan, fait référence à un passage poignant de l’autobiographie de Sidney Bechet :

«?C’est être comme un homme qui serait né dans un coin, juste un point sur la route, quelque part… A un moment, cet homme va commencer à prendre la route. Il va marcher jusqu’au bout de cette route, puis s’en retourner chez lui. Il sait que la route part de chez lui, et y revient… Avec la rivière qui la longe sur le côté… On est de retour où l’on avait commencé, à regarder de l’autre côté de la rivière et à se préparer à repartir…?»

Au bout des 72 mesures de son morceau, Evan est revenu à ce point sur la route de ses débuts.

Mojo Blues n’est pas construit sur 12 mesures, mais son thème en mineur a tout du blues - de l’attitude au vocabulaire. Pour Evan, le thème exprime le panache de son compositeur, Tommy Ladnier. Trompettiste néo-orléanais, Ladnier fut proche de Sidney Bechet, aux côtés duquel il joua dans le sextet «?New Orleans Feetwarmers?» et dont il fut le partenaire, lors de la Grande Dépression, du «?Southern Tailor Shop?» un… magasin de raccommodage et de repassage à Harlem !

La composition d’Evan Christopher, You Gotta Treat it Gentle, fait allusion à la devise de Bechet qui servit de titre à son autobiographie. Le doux tapis sonore que tisse Evan autour de la solide charpente du titre n’est pas sans rappeler Duke Ellington (qui faisait partie des plus fervents admirateurs de Bechet). Les méandres du jeu d’Evan Christopher évoquent d’ailleurs Johnny Hodges, qui dirigea les saxophones de l’orchestre du Duke pendant près de quarante ans, et qui avait été formé par Sidney Bechet.

L’apparente simplicité de My Home Is in a Southern, une composition de Jelly Roll Morton rarement jouée, est contredite par la complexité de sa structure, révélée par l’arrangement pour quatre instruments de la partition pour piano d’origine.

Serenade est inspirée par la toile de Romare Bearden du même titre, représentant l’aubade jouée par un homme à une femme. La permanente modulation de tonalité nous conduit à nous demander si l’homme essaye d’hypnotiser la femme par ses prouesses ou de représenter chacun de ses changements d’expression ? Comme devant la toile de Bearden, l’effet est palpable, mais impossible à déterminer et l’on reste dans l’expectative.

The Remembering Song, développé dans un titre complet, s’apparente à un poème reposant sur une mélodie riche en clins d’œil aux vieux blues du Sud. A son écoute, on songe au développement de Bechet : «?le blues et le gospel sont des prières. L’une est adressée à Dieu, l’autre aux hommes. L’une semble dire ‘Oh, mon Dieu, laisse moi suivre ma route’ et l’autre : ‘Eh, Monsieur, laissez-moi exister’.?»

La Waltz for All Souls, ou le bien-être de l’esprit ! Evan Christopher y exerce ce qu’il appelle «?le vocabulaire du New Orleans Revival?» : l’intensité émotive et les accents chantants d’un George Lewis, par exemple.

Dear Old Southland est le second thème de ce disque du duo Henry Creamer - Turner Layton. L’interprétation ici proposée oscille entre un groove sans batterie typique des «?Second Lines?» de New Orleans, et une section rythmique swing conventionnelle. La légèreté de l’improvisation d’Evan, en fin de morceau, fait penser que la musique pourrait continuer des heures entières, comme une parade, le long de cette route de la clarinette. Et pourtant le son s’éloigne et s’atténue dans une coda sifflée où Evan Christopher évoque le thème de son Remembering Song.

Laissons à Evan le mot de la fin sur ce projet artistique : «?Fondamentalement, Delta Bound (précédent CD enregistré avec Dick Hyman) traduisait mon précédent départ de la Nouvelle-Orléans, où je n’étais pas sûr de revivre un jour, mais à laquelle je restais lié par la musique. The Clarinet Road signe mon retour.?»
Larry Blumenfeld, février 2010
Adapté en français par Benjamin Goldenstein

Larry Blumenfeld est auteur et éditeur. Il tient des chroniques musicales pour le Wall Street Journal, Village Voice et d’autres journaux. Larry Blumenfeld a rencontré Evan Christopher à l’occasion de sa couverture médiatique de Katrina pour l’Open Society Institute.
© 2012 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

«?The Remembering Song?» est un hymne d’amour à la tradition musicale de la Nouvelle-Orléans par l’un de ses plus éminents représentants actuels : Evan Christopher. Loin d’être une remémoration nostalgique et passéiste des spécifi-cités du jazz néo-orléanais, Evan s’inscrit dans une tradition qu’il convoque au présent. La présence à ses côtés de Bucky Pizzarelli, légende vivante de la guitare jazz, en est une parfaite illustration.

Les compositions originales d’Evan Christopher se mêlent aux airs de Jelly Roll Morton ou de Tommy Ladnier pour écrire après Katrina l’histoire d’une Nouvelle Orleans éternellement jeune et vivante. 
Patrick Frémeaux

«The Remembering Song» is a hymn of love dedicated to the musical tradition of New Orleans by one of the most eminent of its current representatives, Evan Christopher. But Evan doesn’t look back on the specifics of New Orleans jazz with nostalgic memories, far from it; he summons that tradition to be part of the present. The presence of Bucky Pizzarelli alongside him - the man is a living legend among jazz guitarists - perfectly illustrates Evans’ point of view, and the clarinettist’s original compositions, mixed with tunes by Jelly Roll Morton or Tommy Ladnier, rewrite the history of New Orleans in the wake of Katrina: eternally young, and very much alive. 
Patrick Frémeaux

Diffusé exclusivement pour la France

CD THE REMEMBERING SONG, EVAN CHRISTOPHER, BUCKY PIZZARELLI, JAMES CHIRILLO, GREG COHEN © Frémeaux & Associés 2012 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




PisteTitre / Artiste(s)Durée
01 The Remembering Song - Prélude00'30
02 The Wrath Of Grapes05'58
03 Way Down Yonder In New Orleans05'19
04 The River By The Road07'17
05 The Remembering Song - Interlude00'37
06 Mojo Blues06'29
07 You Gotta Treat It Gentle06'09
08 My Home Is In A Southern Town03'36
09 Serenade05'30
10 The Remembering Song07'19
11 Waltz For All Souls04'55
12 Dear Old Southland06'41
« Un jazz intime, fraternel » par On mag

« Avec son nouvel album, Remembering Song, le grand clarinettiste de jazz Evan Christopher fait très fort en nous remémorant, à nous, la ville et l’esprit de New Orleans, sans jouer du new orleans. Sa clarinette, sinueuse et serpentine, nous rappelle un autre grand de la clarinette, Sidney Béchet, mais sans le copier. Après un prélude très louisianais à la clarinette, puis plus tard un interlude à la guitare et à la contrebasse par respectivement Bucky Pizzarelli (g) et Greg Cohen (b), il nous offrira la version complète de ce titre éponyme, accompagné également par James Chirillo (g). Pas de batterie mais quel rythme, quel swing, dans ce disque pour un hommage à cette ville martyrisée par l’ouragan Katrina et par les coupables négligences de l’administration Bush. Une ville marquée à jamais et qui ne s’en remettra jamais, divisée comme elle l’est désormais entre ceux qui ont profité de la catastrophe et ceux qui ne savent vers où se tourner. Pour décrire cette ville à vau l’eau, Evan Christopher a eu l’excellente idée de prendre des airs de cette époque où le jazz est né, précisément, chez des gens qui ne savaient vers où se tourner et qui demandaient des réponses à la musique. Un morceau, peu connu, de ce vieux voyou de Jelly Roll Morton (« My Home Is in a Southern Town »), deux chansons des grands créateurs que furent le parolier Henry Creamer et le compositeur Turner Layton, ceux qui écrivirent « After You’ve Gone », et un air du trompettiste Tommy Ladnier, « Mojo Blues ». Plus des compositions personnelles qui s’inscrivent bien dans ce portrait de ville dévastée et qui ne sait où diriger ses regards. Un jazz intime, fraternel, compatissant, une manière d’aller à La Nouvelle Orléans et de se souvenir avec elle. »
Par Michel BEDIN – ON MAG




« Parfums capiteux du jazz néo-orléanais » par Jazz News

« Soutenue par la pompe élégante d’un Bucky Pizzarelli en guitariste plus qu’octogénaire, la clarinette d’Evan Christopher ondoie vers ce royaume magique où Sydney Bechet est le plus grand jazzman  de l’univers, et Barney Bigard son signalé prophète. Avec deux autres compères également remarquables (le guitariste  James Chirillo et Greg Cohen, aussi confortable auprès de Woody Allen  qu’avec Ornette Coleman, à la contrebasse), le quartette goûte aux parfums capiteux du jazz néo-orléanais, sans fixation passéiste. Dans ses compositions, au gré de quelques reprises (Jelly Roll Morton), il tente de réhabiliter  la distinction  et la sensualité de ces sons échappés du Quartier-Français. Léger, paisible et enjoué, cet album y parvient parfaitement. »
Christian LARREDE – Jazz News




« L’album du retour à la Nouvelle-Orléans » par l’Enseignement

En 2005, les crues qui submergent la Nouvelle-Orléans obligent le clarinettiste Evan Christopher à quitter la ville. Il trouve à Paris un refuge logique : la France est depuis les années 1920, une terre d’accueil pour les jazzmen noirs américains. Quand un musicien a tout perdu, il lui reste la musique – en France, Evan Christopher crée le groupe Django à la Créole. Il lui reste aussi des souvenirs qui fondent The Remembering Song, l’album du « retour à la Nouvelle-Orléans ». S’il s’est imprégné de la tradition au point que ses compositions ne déparent pas à côté des classiques de Tommy Ladnier ou de Jerry Roll Morton, Evan Christopher ne l’a pas figée. Loin de l’exubérance de Sidney Bechet - l’un de ses maîtres -, son quartet (clarinette, guitare électrique, guitare acoustique, contrebasse) propose un jazz de chambre où la douceur swingue avec la douleur. Un jazz d’après-Katrina. RENE TROIN - L’ENSEIGNEMENT




« Un jazz de chambre intemporel » par Jazz Magazine-Jazzman

Bien qu’il ne soit pas natif de la Cité du Croissant, le clarinettiste Evan Christopher est, à n’en pas douter, l’un des représentants majeurs du style New Orleans tel qu’il est pratiqué à l’heure actuelle. A savoir un style qui, pour s’être abreuvé de la tradition puisée aux meilleures sources (Dodds, Noone, Bigard, Bechet, entre autres), ne s’est pas pour autant cristallisé, mais a su intégrer d’autres influences sans rien renier de son passé. Tel est le mérite de ce musicien. Et son originalité. Au point qu’il parvient à faire siens des univers aussi dissemblables que ceux de Django (« Dango A La Creole ») ou Bechet (« In Sidney’s Footsteps »). Ici, il convoque comme « grands témoins », Jelly Roll Morton et Tommy Ladnier, emprunte à Creamer et Layton, mais pour les renouveler, deux standards, Way Down Yonder et Dear Old Southland, développe surtout, à travers des compositions originales, le souvenir d’une ville qui tente de renouer avec son lustre musical. La pièce qui donne son titre à l’album, imprégnée de blues, déclinée avec une constante délicatesse par un quartette sans batterie, formule que Bucky Braff et George Barnes portèrent, à leur époque, à une quasi perfection. Le fin guitariste Bucky Pizzarelli apporte son concours et sa sensibilité à cette entreprise séduisante qui opte pour la nuance plutôt que pour la couleur, la légèreté et la suggestion de préférence à l’affirmation tonitruante. Un jazz de chambre intemporel qui n’oublie jamais cette vertu majeure qu’est le swing. Jacques ABOUCAYA – JAZZ MAGAZINE-JAZZMAN 




« Un précieux catalogue de musiques louisianaises » par Vibrations

Toujours très au fait du lien que peuvent entretenir les musiques « historiques » - vocation première de l’éditeur – avec leur descendance contemporaine, Frémeaux & Associés a constitué un précieux catalogue des musiques louisianaises. Il y a déjà quelques temps avec des anthologies pour le moins irremplaçables dédiées au jazz et au blues. Plus récemment avec un détonnant volume offert au Treme Brass Band de la Nouvelle-Orléans. Et aujourd’hui avec cette sélection typiquement cajun qui permet de découvrir les sympathiques frères Michot : Rick au fiddle, Tommy aux accordéon et harmonica et Patrick à la guitare – les deux premiers donnant à tour de rôle leur voix à un répertoire traditionnel de grande qualité et d’une fraîcheur qui ne contredit pas le très grand âge de certaines chansons (« la Veuve du lac Bleu » et ses trois ou quatre siècles !). Avec tout le confort de l’enregistrement moderne, l’héritage se déguste à grandes goulées sans la rudesse qui caractérise parfois les supports historiques mais avec le swing né du clapotis des bayous. On ne passera pas non plus à côté de la dernière publication du clarinettiste néo-orléanais Evan Christopher, toujours d’une élégance rare dans un répertoire jazz classique ressuscité avec finesse en compagnie de Bucky Pizzarelli et Greg Cohen.
Par Etienne FOUCART - VIBRATIONS