LUDOVIC DE PREISSAC SEXTET - L’ENJEU DES PARADOXES

LUDOVIC DE PREISSAC SEXTET

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Distinction : PROGRAMMATION AIR FRANCE
Livret : 4 pages - English notes
Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

FA580

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Après l’excellent hommage à Oscar Peterson dans « West Side Story », paru chez Frémeaux & Associés en 2010, Ludovic de Preissac, revient avec « L’enjeu des paradoxes » et propose ses propres compositions en sextet. Outre ses qualités de pianiste, les qualités d’arrangeur et de compositeur de l’artiste en font l’une des pièces maîtresses de la scène jazz française. Sylvain Beuf, saxophoniste virtuose, est invité, et délivre avec brio, au même titre que tous les musiciens présents sur le disque, des improvisations somptueuses.

Patrick FRÉMEAUX

L'enjeu des paradoxes FA580

L’enjeu des paradoxes
Ludovic de Preissac  sextet invite Sylvain Beuf









En programmant ce nouvel enregistrement, je tenais à présenter uniquement mes compositions. Après une «?révérence?» à la musique de «?West Side Story?» arran-gé par mes soins, il m’a fallu chercher ma propre «?matière?». Les musiciens que j’apprécie ont répondu à l’appel et avaient déjà gouté à l’aventure précédente. Jamais facile d’avancer à «?découvert?» mais cette fois-ci, il fallait me mettre en valeur, non pas en tant que pianiste, mais dans ma conception de faire «?sonner un sextet».

Chaque morceau a un peu son histoire et il me semble important de vous en restituer une par une les grandes lignes…

OUAKAM’S TRIP est une évocation du Sénégal et plus particulièrement d’un quartier «?chaud?» de Dakar (OUAKAM) situé à une encablure de l’aéroport (Oua-kam). J’y ai passé 2 jours auprès du grand «?Jules?» à qui j’ai dédié, après notre rencontre et sans qu’il ne le sache, ce «?trip?».  Le coté à la fois tribal, rythmique incarne parfaitement la spontanéité de cette grande «?gigue?» qu’est Jules et j’ai ressenti dans ce quartier en particulier une vie dynamique en perpétuel mouvement. Sylvain Beuf, qui ouvre le bal, fait preuve, sur cette suite d’accords, d’un lyrisme et d’une concision rythmique qu’on lui connaît… un pur régal…

GROOVY BOY est dédié à mon fils Thibault toujours plein d’entrain…et qui fait preuve de beaucoup de spontanéité quand il s’agit de «?danser?». J’y ai glissé quelques mesures à 5 temps histoire de déstabiliser le «?groove à quatre temps mais on retombe vite sur ses pieds… Les accords nous ramène vers des enchaînements d’accords typiquement be-Bop et permet aux solistes de s’en donner à cœur joie (à commencer par moi-même…).

LES PARADOXES DE L’INSTINCT : malgré ce titre quelque peu égnigmatique, j’ai proposé un morceau simple avec une mélodie tout de suite identifiable et où on ne se pose pas trop de questions… Le simple plaisir de se laisser porter. Par l’harmonie pour le solo. Et c’est ce que fait fort bien Sylvain Gontard dont la beauté du son de son bugle correspond parfaitement à l’esprit méditatif de cette pièce qui n’a finalement rien de paradoxale…

SALSACERDOCE : la musique latine a toujours été ancrée dans l’histoire du jazz et j’en suis devenu un grand «?fan?» depuis peu. Je me suis risqué à un exercice de style très rythmique mais en apportant mes couleurs harmoniques. De plus, la métrique en 7/4 (peu courante dans la Salsa, musique typiquement dansante) nous met dans un position délicate mais ô combien stimulante pour faire «?tourner?»… Le percussionniste Mandat Abraham s’est glissé dans ce «?Sacerdoce?» avec une certaine facilité et de ses coups de «?patte?» donne à ce morceau toute la saveur de cette musique si «?festive?». 

Et pourtant, rien n’était acquis entre une tonalité peu courante et une métrique qui l’est encore moins. Ce qui explique ce jeu de mot concernant le titre…

PRELUDIO PER UN ESTATE TORRIDA : très attaché à la chanson et à son caractère mélodique, ce «?Preludio?» ne déroge pas à la règle et plusieurs mélodies s’enchaînent les unes derrière les autres afin de faire chanter le tout… Son titre italien revendique cet amour du «?chant?». Le changement d’ambiance ponctue les différentes parties et stimule le soliste Michaël Cheret (au saxophone Soprano). La coda est une évocation quelque peu décalée de l’univers des fanfares italiennes proche de l’esprit de Nino Rota dont les origines sont connues de tous… S’il y a bien un pays qui nous «?enchante?», c’est l’Italie… Et ce n’est pas Andréa, mon fidèle batteur, qui nous dira le contraire…

L’ENJEU DU PENTAMIX : de nouveau un jeu de mot puisqu’il s’agit de «?jouer avec les pentatoniques?». Je me suis amusé à les décaler, voir même les mélanger (Mix). Ces gammes sont un peu le vocabulaire de base des musiciens de jazz puisque à l’origine de la gamme «?blues?». Même si nous sommes loin de l’esprit du blues, j’ai cherché à partir d’une phrase «?pentatonique?» de départ et sur un mode à construire tout un morceau. Il suffisait d’y ajouter une introduction et une coda et le tour est joué. Les jeux de mot pour les titres, cela brouille les pistes et cela m’amuse toujours autant.

QUIET TIME : est une évocation quelque peu détournée du «?Gospel?» ce qui explique son caractère calme. L’idée de «?se poser?» avec un morceau tout en douceur est vitale Cette composition se veut un moment de quiétude et nous ne l’avions jamais joué sur scène. C’est donc dans un moment de «?repos?» que j’ai proposé cela et que nous l’avons enregistré tel quel pour clôturer la séance.

ALEXIA : voilà un prénom à la consonance si musicale… J’ai dédié cette composition à une amie (qui porte évidemment ce prénom). Son métier de photographe apporte sur la musique un regard tout en image et en couleur. Alexia traduit la musique avec beaucoup de sincérité et de sensibilité… Et je la remercie, par le biais de cette composition, des photos qu’elle nous apportent.

La présence de Sylvain Beuf, au saxophone soprano cette fois-ci, contribue fortement aussi à «?galvaniser?» l’ensemble. Les palet-tes de sonorité du sextet trouvent ici leur plein régime et la coda finale s’emboîte habilement entre rythme,et harmonie pour finir en beauté.

ET DE TROIS, ON N’Y REVIENT : Un petit clin d’œil «?amusant?» avec le chiffre Trois (puisqu’il s’agit d’une valse), et en même temps un hommage à la ville de Troyes que je fréquente assidûment depuis 15 ans maintenant et dont je finis toujours par revenir…

Avec cette valse, j’ai offert un écrin mélodique au trombone de Michaël Joussein afin qu’il ait le temps de s’exprimer à la hauteur de sa nature généreuse. Penser à écrire et mettre en valeur les musiciens de mon orchestre est devenu une priorité.

En concluant de la sorte, je referme la page de ce nouvel opus. Il marque un tournant dans mes réalisations artistiques.

Et dans mon parcourt de «?compositeur?» Cela me donne surtout l’envie de continuer dans cette voie… Et à travers les musiciens auquel je reste attaché, ceux-ci contribuent à donner à mes ambitions une véritable source d’inspiration.  

Qu’ils en soient ici vivement remercier (Andréa, Manu, Sylvain et les deux Michaël) qui ont participé à cet enregistrement avec talent et efficacité.

Sans oublier ce soliste d’exception qu’est Sylvain Beuf sur deux morceaux et le percussionniste Mandat Abraham sur «?Salsa-cerdoce?».
© Frémeaux & Associés

Remerciements particuliers à :
Michel Terrioux, ami vibraphoniste et de surcroît, accordeur «?officiel?» aussi bien pour cette séance d’enregistrement que à la maison. Et tout cela avec un humour «?distancié?» que j’adore.

François Coyault, ami de très longue date et qui reste fidèle à mes diverses productions. Une patience qui rime avec compétence et croyez-moi, il en faut beaucoup dans son métier, surtout avec ses «?vieux?» amis.

Les Studios de la Seine, chez qui j’ai pu enregistrer dans des conditions confortables et un accueil très chaleureux de son directeur Daniel Brunetti qui a bien compris que «?jazz ne rime pas avec argent…?».

Et quand on aime, on ne compte plus… (auto-dédicace…)



In choosing the repertoire for this new recording I wanted to concentrate on my own compositions; after a tribute to the music of “West Side Story” with my own arrangements, I needed to go back to my own material. The musicians I like to play with – they were already part of that earlier adventure – all accepted to be with me on this new album. It’s never easy to “advance unmasked”, but this time I wanted to feature my own contribution, not as a pianist so much as according to my own concept of producing a “sextet sound”.

Each piece has a story, and so I thought it was important to give you an outline for each one…

OUAKAM’S TRIP is an evocation of Sene-gal and especially the “hot” Ouakam district in Dakar close to the airport. I spent two days there with “big Jules”, and I dedicated this “trip” to him after we met – he didn’t know… The simultaneously tribal and rhythmical aspect perfectly incarnates the spontaneity of this tall, bean-pole character, and in Ouakam especially I could feel how dynamic life was there; it’s perpetual motion. Sylvain Beuf comes in first and over the succession of chords he demonstrates all the lyricism and concise rhythm he’s known for… it’s pure joy.

GROOVY BOY is dedicated to my son Thibault, who’s full of life and shows a lot of spontaneity when it comes to dancing. I slipped a few bars in five inside, to kind of destabilize the groove in four, but it quickly gets back into it… The chords take us into a typically bebop chord sequence allowing the soloists to have fun (me included)…

LES PARADOXES DE L’INSTINCT: despite its rather enigmatic title, the piece is quite simple, and it has an immediately catchy melody, one where you don’t have to ask yourself too many questions… just the simple pleasure of letting yourself be carried along. And by the harmony, for the solo. And that’s what Sylvain Gontard does so well: his beautiful bugle sound corresponds perfectly to the meditative spirit of this piece which, finally, is no paradox at all…

SALSACERDOCE: Latin music has always been anchored in jazz history and I’ve become a great fan of it just recently. I risked a very rhythmical stylistic exercise but I gave it my own harmonic colours. The 7/4 signature as well – not common at all in a salsa piece, which is typically dance music – puts us in a position that’s quite tricky but, oh, so stimulating when you have to come in… Mandat Abraham, the percussionist here, easily slips into this “Sacerdoce” and his distinctive touches give the tune all the savour to be found in such “festive” music. And yet nothing could be taken for granted, what with the unusual key, and a time-signature just as rare. Which explains the pun in the title…

PRELUDIO PER UN ESTATE TORRIDA: In its strong attachment to song and its melodic character, this “Preludio” follows the rule, and several melodies link together one after the other to make the whole thing sing… Its Italian title proclaims this love for “song”. The changing atmosphere punctuates the different parts and stimulates the soloist, Michaël Cheret (on soprano saxophone). The coda is a rather offbeat evocation of the world of Italian brass bands, like the Nino Rota spirit, and we all know where they came from… If there’s one country that enchants us all, it’s Italy… and my regular drummer Andréa wouldn’t have it any other way…

L’ENJEU DU PENTAMIX: Another play on words, as this piece is played on the pentatonic scale. I had fun shifting them around, even mixing them (the other half of the piece’s title: Mix). These scales are something like a jazz musician’s basic vocabulary, because the blues-scale originated here. Even if we’re a long way from the spirit of the blues, I wanted to start on an initial “pentatonic” phrase, and then build a whole piece in that mode. I only had to add an introduction and a coda and that was it. Word-games in titles can muddy the trail, and I still get as much fun out of it.

QUIET TIME is like a re-routing to evoke the “Gospel” spirit, which explains its “quiet” character. The idea of “settling down” softly into a piece is vital. This composition aims to be a moment of tranquillity, and we’d never played it onstage. So I suggested it in a quiet “off-moment”, and we recorded it like this to end the session.

ALEXIA: Now there’s a name with a musical consonance… I dedicated this composition to a friend of mine (her name’s Alexia, obviously). She’s a photographer, and so she sees music in visual, colour-terms. Alexia translates music with a lot of sincerity and sensitivity… and this composition is my way of thanking her for her photographs. Sylvain Beuf’s presence, this time on soprano, also makes a strong contribution to spurring the group into action. The sextet’s sound-palette really comes on song here, and the final coda fits cleverly into the rhythm and harmony as a beautiful conclusion.

ET DE TROIS, ON N’Y REVIENT: There’s a “funny” pun in the title, with the number three meaning it’s a waltz, and it’s also the way you say “Troyes”, the city where I’ve been going for fifteen years now… I always go back there. This waltz is a setting I wanted for Michaël Joussein on trombone: it gives him time to express himself to the full, like his generous nature. Writing for the musicians in my band so that they can feature in the music is now a priority for me.

Bringing the album to an end in this way closes a chapter with this new opus. It marks a turning-point in my artistic output. And in my work as a “composer”, too. Most of all, it makes me want to continue down this road… and keep on working with the musicians I like: they provide a real source of inspiration for my ambitions. I’d like to take this opportunity to thank Andréa, Manu, Sylvain and the two Michaels who took part in this recording with so much talent and efficiency.

And let’s not forget Sylvain Beuf, who plays excellent solos on two pieces, and Mandat Abraham on percussion in “Salsa-cerdoce”.
© Frémeaux & Associés

Special thanks:
To Michel Terrioux, friend, vibraphone-player… and also our “official tuner”, not only for this record-session but also at home. And he does it all with a detached humour that I adore.

To François Coyault, a long-time friend who’s been loyal in all my various productions; his patience rhymes with competence and, believe me, you need a lot of that in this business, especially working with “old” friends.

To the Studios de la Seine, where I was able to record in comfort, thanks to the very warm welcome given to me by Daniel Brunetti, who really understands that “jazz doesn’t rhyme with money”…
And as for giving without counting the cost… (a self-dedication!)


1. OUAKAM’S TRIP 6,57
2. GROOVY BOY 5,55
3. LES PARADOXES DE L’INSTINCT 6,37
4. SALSACERDOCE 6,13
5. PRELUDIO PER UN ESTATE TORRIDA 6,41
6. L’ENJEU DU PENTAMIX 5,57
7. QUIET TIME 4,07
8. ALEXIA 6,50
9. ET DE TROIS, ON N’Y REVIENT 5,57
10. Piste Bonus : ESTATE 8,35

Toutes les compositions sont de Ludovic de Preissac sauf «?ESTATE?» (B. Martino)
Arrgt. : Ludovic de Preissac

Pistes 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 éditions musicales : Frémeaux & Associés
Ludovic de Preissac : piano, compositions et arrangements
Sylvain Gontard : trompette et Bugle,
Michaël Joussein : trombone
Michaël Cheret : saxophone Alto, Soprano et Baryton
Andréa Michelutti : batterie
Manuel Marchès : contrebasse
Invité : Sylvain Beuf (saxophone Ténor et Soprano) sur «?OUAKAM’S TRIP?» et «?ALEXIA?» Abraham Mansfarroll Rodriguez (percussions) sur «?SALSACERDOCE?»

Bonus : ESTATE (Bruno Martino (music) and Bruno Brighetti (lyrics)  
Francesco Bearzatti : Saxophone Ténor
Ludovic de Preissac : Fender Rhodes
Kevin Reveyrand : Basse electrique
Francis Arnaud : Batterie

Fabrication et distribution : Groupe Frémeaux Colombini SAS
Crédit photos : Alexia Perchant / Hervé Desplanches
Enregistré les 1er et 2 Novembre 2011 aux Studios de la Seine par François Coyault
et mixé le 22 et 23 Mars 2012 à l’I.N.A. par François Coyault
Droits : Frémeaux & Associés

«?Rares sont les pianistes de jazz arrivés  à maturité qui n’ont pas fait de disque en trio. Ludovic de Preissac est de ceux-là et on aurait pu penser qu’il allait céder à la tradition à l’occasion de son sixième enregistrement comme leader. Mais le piano semble n’être pour lui qu’un moyen de faire de la musique et ce quadragénaire discret n’a pas l’air impatient de consacrer un album à ses talents d’interprète.

Depuis des années, c’est l’arrangement qui l’intéresse et c’est en «?gonflant?» son quintette de base en septette (plus des invités) qu’il nous présente son dernier travail.?»
Philippe VINCENT
Jazzmagazine-Jazzman à propos de l’album West Side Story (FA516)

CD L'ENJEU DES PARADOXES LUDOVIC DE PREISSAC SEXTET INVITE SYLVAIN BEUF PAR LUDOVIC DE PREISSAC © Frémeaux & Associés 2013(frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Ouakam's trip06'53
02 Groovy Boy05'56
03 Les paradoxes de l'instinct06'32
04 Salsacerdoce06'06
05 Preludio per un estatte torrida06'36
06 L'enjeu du pentamix05'51
07 Quiet time04'02
08 Alexia06'44
09 Et de trois on n'y revient05'51
10 Piste bonus: estate08'36
« Quelques délicieuses surprises » par Jazz News

Après une relecture talentueuse de West Side Story, le pianiste surfe donc sur cette approche contraire au sens commun qui ne fait pas forcément la bonne musique, mais procure assurément quelques délicieuses surprises. Et ce n’est pas la moindre de voir ce virtuose, aussi émérite soliste qu’arrangeur et compositeur confirmé, mettre ses talents protéiformes au service d’un ensemble de haute volée. Sur neuf des ses compositions (et une reprise d’une romance de Bruno Martino), un sextette ponctuellement agrémenté de quelques invités de marque (le saxophoniste Sylvain Beuf) nous raconte les faubourgs de Dakar, une salsa turbulente, ou les joies et vicissitudes des gammes pentatoniques.
Par Christian LARREDE – JAZZ NEWS




« Une véritable unité dynamique » par Jazz Mag – Jazz Man

Après son album-hommage à « West Side Story » qui a été salué par la critique, Ludovic de Preissac a souhaité consacrer ce nouvel opus à ses propres compositions. Il y montre au passage ses talents d’arrangeur et, il faut le dire, il a su donner à ce sextette agrémenté de Sylvain Beuf une véritable unité dynamique. Très bavard (ce n’est pas un reproche !), Ludovic de Preissac tient à dire un mot dans le livret du CD de chacun des titres de l’album comme pour livrer et tenter d’expliquer « l’enjeu des paradoxes ». On apprend ainsi la petite histoire qui accompagne chacune de ses compositions et cela est loin d’être inutile car on ne prend pas seulement plaisir à écouter ce sextette, on retire également une certaine satisfaction à tenter de décrypter les titres des morceaux et les jeux de mots qui les motivent. Deux plages en particulier méritent une écoute réitérée. Tout d’abord « Groovy Boy » inspiré par la propension de son fils à se déhancher à la moindre occasion. Et pour le coup, Preissac offre à son fiston une belle occasion de se défouler car cet implacable 4/4 est soudainement interrompu par quelques mesures  en 5/4 (à 5’07 ’’) qui impulsent une relance très bien venue et qui justifient pleinement la référence au groove. Preissac est d’ailleurs friand de ces subtilités rythmiques et des déséquilibres qu’ils entraînent puisqu’il construit sa « Salsacerdoce » en 7/4 ce qui est assez osé à vrai dire et devrait donner du fil à retordre à qui voudrait danser dessus.
Par Philippe DESCAMPS – JAZZ MAG – JAZZ MAN




« Les arrangements sont ciselés, les enchaînements irréprochables » Par Citizen Jazz

« On en arriverait presque à croire que le sextet est la structure idéale pour l’artiste qui souhaiterait avant tout développer un travail de composition et d’arrangements d’ensemble. Car après son album précédent, une relecture de West Side Story en 2010, Ludovic de Preissac a éprouvé le besoin de se recentrer sur ses propres créations. On aurait pu imaginer chez lui un désir de marquer une pause plus confidentielle, histoire de s’éloigner un peu de ce monument qu’est Leonard Bernstein. Mais il fait le choix de rester en sextet. Formation idéale, donc, car offrant à la fois un dynamisme de big band et l’intimité d’un groupe plus réduit. Hormis une reprise d’« Estate » qui clôt l’album, toutes les compositions sont signées du leader, et englobent une très vaste palette d’atmosphères : ici, une ballade évoque un gospel, là une salsa – mais sur une métrique en 7/4 pour corser l’exercice ; ailleurs c’est une harmonie be bop plaquée sur une rythmique groove... Les arrangements sont ciselés, les enchaînements irréprochables. Toutefois, Ludovic de Preissac a l’intelligence de ne pas tomber dans le piège d’une musique trop construite, trop cérébrale. Certes les thèmes sont nombreux et multiples, les structures parfois complexes, mais il prend soin de ménager de larges espaces aux solistes, qui peuvent ainsi développer et construire de longues improvisations. Il se dégage donc de son écriture un égal respect de la richesse et de la polyphonie des thèmes, tout comme de l’expressivité des musiciens. Ces deux axes d’écriture se rejoignent fréquemment lors de codas terriblement efficaces où se mêlent en crescendo soliste et riffs de cuivre. Cette attention particulière portée aux échappées personnelles profite naturellement à tous les membres du groupe, mais aussi à un hôte de passage, Sylvain Beuf, qui enrichit deux titres (l’un au ténor, l’autre au soprano) de son habituel phrasé fluide et limpide. »
Par A. STEFANI – CITIZEN JAZZ.COM




„L´Enjeu Des Paradoxes setzt wohltuende Akzente“ par Jazz Podium

 


Nach einer Hommage an Oscar Peterson bzw. die „West Side Story“ im Jahre 2010 legt der französische Pianist Ludovic de Preissac mit „L´Enjeu Des Paradoxes“ seine erste CD mit eigenen Kompositionen vor. Seine Spieltechnik basiert zwar auf der seines großen Vorbildes Oscar Peterson, hat sich aber längst emanzipiert. Gastsolist bei dem von der Musik Westafrikas inspirierten „Ouakam´s trip“ und dem stimmungsvollen „Alexia“ ist der Saxophonvirtuose Sylvain Beuf, bei „Salsa cerdoce“ sorgt der Perkussionist Abraham Mansfarroll Rodrigues für lateinamerikanische Rhythmen. Im „Preludio per un estate torrida“ brilliert Michael Cheret mit einem Sopransaxophon-Solo, die Musik erinnert bisweilen an  Nino Rota. „L´enjeu du pentamix“ spielt mit pentatonischen Elementen, „Quiet time“ erinnert an einen Gospelsong. Beim Bonustrack „Estate“ von Bruno Martino wechselt Preissac an das Fender Rhodes. Trotz aller Soli – der Schwerpunkt liegt immer auf den sehr sorgfältigen arrangierten  Parts für das Sextett. Gerade in Zeiten sich profilierender Stars setzt ein solches Album wohltuende Akzente.
JAZZ PODIUM – Rainer BRATFISCH