GENE VINCENT & THE BLUE CAPS

THE INDISPENSABLE 1956-1958

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Artiste GENE VINVENT
Livret : 20 pages
Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5402

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Be-Bop-a-Lula a fait de Gene Vincent et son groupe the Blue Caps, l’une des figures tutélaires du rock. Avec l’apport de l’éblouissant guitariste Cliff Gallup, les premiers enregistrements réunis ici par Bruno Blum, mélangent jump blues, rock and roll et hillbilly nous transmettent une incomparable magie et vivacité. Ces compositions sans compromission artistique, « à fleurs de peau », font l’essence même du pur rockabilly, genre qu’ils ont largement contribué à définir.

Patrick FRÉMEAUX

Gene Vincent FA5402

THE INDISPENSABLE
GENE VINCENT & THE BLUE CAPS
1956-1958
Be-Bop-a-Lula
Race with the Devil
Blues Stay Away From Me
Important Words
Lotta Lovin’
I Sure Miss You
Woman Love
Gonna Back Up Baby
Bluejean Bop
Jump Back






Be-Bop-a-Lula a fait de Gene Vincent et son groupe the Blue Caps l’une des figures tutélaires du rock. Avec l’apport de l’éblouissant guitariste Cliff Gallup, les premiers enregistrements réunis ici par Bruno Blum mélangent jump blues, rock and roll et hillbilly. Ils nous transmettent une incomparable magie et vivacité. Ces compositions sans compromission artistique, à fleur de peau, font l’essence même du pur rockabilly, genre qu’ils ont largement contribué à créer et définir.  
Patrick FRÉMEAUX

Thanks to Be-Bop-a-Lula, Gene Vincent and his group The Blue Caps became one of rock’s giants. Featuring the dazzling guitarist Cliff Gallup, their first recordings mix jump blues, rock ‘n’ roll and hillbilly with peerless energy and magic. These raw, uncompromising titles represent the very essence of pure rockabilly, the genre they widely contributed to create and define. 
Patrick FRÉMEAUX


The Indispensable  Gene Vincent and the Blue Caps  1956-1958
Par Bruno Blum

Quand j’apprenais la guitare, Cliff Gallup a été la principale influence sur mon jeu. Il m’a marqué profondément et la cicatrice ne s’est jamais refermée. Il était tellement radical - de nos jours ça ne sonne probablement pas très menaçant mais en juin 56 si tu mettais le volume à fond… ouf ! Le terme «?rock ‘n’ roll?» n’était pas encore galvaudé : tous les autres disques de «?rock?» de l’époque étaient très polis et avaient un son bien rond et audible. Quand tu mettais Gene Vincent tu avais ce type qui hurlait et ces solos de guitare déments - on n’avait jamais entendu un truc pareil et personne n’a rien fait de tel depuis.

- Jeff Beck1

Les parents d’Eugene Vincent Craddock (né le 11 février 1935 à Norfolk, Virginie, décédé le 12 octobre 1971 à Newhall, Californie) descendaient de fermiers de Caroline du Nord. Émigrés à Norfolk puis mariés en 1934, Louise (née Mary Louise Cooper) et Kie (Ezekiah Jackson) Craddock ont passé plusieurs années à Munden Point à la frontière de la Caroline du Nord. Eugene était l’aîné d’Evelyn, Tina et Donna. Les Craddock, au nom d’origine écossaise, tenaient un petit magasin de campagne. Des chanteurs noirs et blancs venaient s’accompagner à la guitare sur les marches de la boutique. Gene a assimilé les styles country, hillbilly et bluegrass entendus constamment à la radio. Il a aussi été exposé au rhythm and blues, au gospel et aux spirituals de la communauté afro-américaine très présente dans son quartier pauvre. À sa demande, ses parents lui offrirent une guitare sèche.

Embauché sur les immenses chantiers navals de Norfolk, son père a ramené la famille en ville. Eugene Vincent a quitté le collège et s’est engagé dans la marine en février 1952, quelques jours après son anniversaire de dix-sept ans. En janvier 1954, il est parti quatre mois patrouiller à bord du Chuckawan en Méditerranée. Affecté aux chaudières, il chantait déjà des morceaux de Hank Williams sur le pont. En mars 1955, après trois ans dans l’armée il renouvela son engagement pour six ans.

Race With the Devil
Admirateur de Marlon Brando dans The Wild One (L’Équipée Sauvage, László Benedek, 1953) Gene acheta une moto Triumph. Mais en juillet 1955 lors d’une promenade à Franklin, près de la base de Norfolk, il fut heurté par une conductrice qui avait brûlé un feu rouge. Gravement blessé, Gene refusa l’ampu-tation de sa jambe gauche et dispensé de service, il se retrouva pendant des semaines à l’hôpital militaire où il composa quelques morceaux.

Nombre de militaires étaient revenus de «?la mauvaise vie?» du front avec une formation de mécanicien et ont voulu retaper des voitures d’avant-guerre. De retour des combats, des soldats démobilisés ont développé les courses de hot rods, des voitures modifiées, allégées, aux moteurs gonflés et aux carrosseries décorées. Les hot rods évolueront vers le dragster. Dès le milieu des années 50, ils circulaient sur les routes, comme l’évoque ici Gene Vincent dans Race With the Devil sur un ton défiant la mort - et la religion :

J’ai vécu une mauvaise vie qu’ils disent/Mais le jour du Jugement Dernier, le diable ne pourra pas me rattraper/J’ai dit fonce, hot rod, fonce ! […] J’allais à toute allure, je me suis retourné/Et j’ai entendu le diable arriver à 99 à l’heure !/ J’ai dit fonce, hot rod, fonce !

Be-Bop-a-Lula
Be Bop, nom d’une composition de Dizzy Gillespie, était devenu le nom générique du jazz moderne d’après-guerre2. Cette expression du vocabulaire jazz était couramment utilisée comme onomatopée pour les improvisations vocales, le scat. Dix ans plus tôt, le succès Be-Baba-Leba de Helen Humes3 de (n° 3 R&B, 1945) portait déjà un titre presque identique au Be-Bop-a-Lula de Gene Vincent. Repris ensuite par Lionel Hampton sous le nom de Hey! Ba-Ba-Re-Bop, ce morceau avait été un succès plus gros encore dans l’après-guerre. Le verbe «?bop?» (frapper un coup) signifiait aussi «?danser?» (be bop = être une danse). Gene racontera plus tard que le titre lui a été inspiré par une bande dessinée de Marjorie Henderson Buell, dite Marge : il écrit Be-Bop-a-Lula avec Donald Graves, un soldat de la marine rencontré à la base militaire et hospitalisé comme lui. Le morceau décrit une danseuse de rock.

«?Je suis rentré chez moi ivre mort et je me suis effondré sur le lit. Don Graves et moi on regardait ce foutu bouquin «?Little Lulu?». Et j’ai dit, hell, man, c’est «?Be-Bop-a-Lulu?». Il a répondu «?Ouais mec, elle swingue?». Et on a écrit cette chanson4.?»

Be-bop a lula she’s my baby […]/She’s my baby doll my baby doll my baby doll/Let’s rock!
Well now she’s the one that’s got that beat/She’s the one with the flyin’ feet/She’s the one that bops around the store/She’s the one that gets more more more

Rockabilly
En septembre 1955 à Norfolk, Gene Vincent avait assisté à un concert d’Elvis Presley, le fondateur du rockabilly encore assez peu connu. Le style d’Elvis l’a beaucoup marqué. La formule originale d’Elvis Presley and the Blue Moon Boys plaquait la limpide guitare électrique de Scotty Moore, influencée par le très country Chet Atkins, sur une rythmique afro-américaine calquée sur le blues d’Arthur Crudup ou Junior Walker. Ils avaient établi une sorte de langage universel, mélange du meilleur de ces deux mondes musicaux parallèles, séparés par la ségrégation raciale. La naissance de ces enregistrements fondateurs du rockabilly est détaillée dans le livret du premier volume d’Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 dans cette collection. En plus des versions d’Elvis, on peut y écouter les interprétations des artistes originaux dont Presley a repris les compositions.

Gene Vincent fut sollicité pour chanter avec les Virginians, les musiciens de la radio WCMS à Newport News, près de la base de Norfolk. Ces jeunes instrumentistes comptaient parmi les meilleurs professionnels de la région. Ils accompagnèrent Gene sur Be-Bop-a-Lula dans l’émission Country Showtime. L’animateur de WCMS Sheriff Tex (Connecticut, 1914 - Nashville, 29 août 2007) racheta la part de droits d’auteur de Graves pour 25 dollars et devint manager de Gene Vincent. Il cosigna également Race With the Devil sans y avoir contribué et s’attribuerait bientôt une partie des droits de plusieurs autres titres de Gene (voir discographie). En 1959, ce processus répandu participerait au scandale des «?pots-de-vin?» (payola) qui frappera le monde du rock - dont Gene Vincent. Sheriff Tex était très au fait du succès récent d’Elvis Presley, dont le contrat venait d’être racheté par les disques RCA - pour qui Heartbreak Hotel avait été le premier succès monstre du phénomène en janvier 19565.

Nombre de rocks avaient déjà eu l’honneur et l’avantage d’être classés dans les meilleures ventes de disques, parmi lesquels les Afro-américains Roy Brown (Good Rockin’ Tonight, 1948), Wynonie Harris (Good Rockin’ Tonight, 1948), Louis Jordan and his Tympany Five (Saturday Night Fish Fry, 1949), Fats Domino (The Fat Man, 1949) ou Tiny Bradshaw (Well, Oh Well, 1950?; Train Kept a Rollin’, 1951).

Parallèlement, le succès du style hillbilly boogie/country boogie6 d’artistes blancs de western swing7 (comme Arthur Smith and his Crackerjacks avec Guitar Boogie en 1945 ou Ramblin’ Jimmie Nolan avec Hot Rod Race8 en 1950) avaient été les précurseurs du style rockabilly né en 1954 avec les premiers disques d’Elvis Presley. Avec des Blancs estampillés de l’étiquette «?rock ‘n’ roll?» à la mode comme Bill Haley and the Comets (Crazy Man, Crazy, 1953?; Shake Rattle and Roll, 1954??; Rock Around the Clock, 1955) et bien sûr Elvis Presley (That’s All Right et Blue Moon of Kentucky, 1954?; Mystery Train, 1955?; Heartbreak Hotel, début 1956), le succès du rock prenait une ampleur nationale, et même internationale. Il ouvrait le marché «?pop?» à des musiciens afro-américains essentiels comme Bo Diddley9 (Bo Diddley, printemps 1955), Chuck Berry8 (Maybellene, été 1955) ou Little Richard10 (Tutti Frutti, fin 1955?; Long Tall Sally, mars 1956). Eddie Cochran, Buddy Holly et nombre d’autres allaient suivre.

Au printemps 1956, fusse-t-il affilié aux étiquettes afro-américaines «?jump blues?», «rhythm and blues» ou au «?rockabilly?» blanc, le rock and roll était la cible des conservateurs. Elvis Presley était dénigré de mille façons («?chante faux?», «?vulgaire?», «?primitif?», «?insultant?»). Choqué par ses liens avec la culture afro-américaine, qui incluaient ses danses spontanées très suggestives, l’establishment conservateur et réactionnaire alimentait une controverse et scrutait les moindres mouvements de la nouvelle star. D’autres, plus ouverts - et par millions - appréciaient Elvis et sa musique libre, excitante, libératrice. Cette période controversée de l’histoire du rock est détaillée dans le livret du deuxième volume de Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 dans cette collection. En réalité, la mode rock était devenue la charnière de la musique populaire américaine. Les portes du marché national étaient en train de s’ouvrir à l’expression des Afro-américains, des jeunes et des moins conformistes.

Gene Vincent and the Blue Caps
C’est dans ce contexte de polémique que surgirent Gene Vincent and the Blue Caps. Le chanteur était boiteux mais disponible et prometteur. La musique représentait un espoir pour le maigre jeune homme désormais handicapé. Son regard perdu et sauvage rappelait celui de l’idole James Dean (décédé récemment le 30 septembre 1955) - et il chantait comme un oiseau.

Son nouvel imprésario Sheriff Tex lui adjoint ses jeunes copains musiciens de la radio, les Virginians, et organisa des répétitions. Il engagea “Wee” Willie Williams (guitariste rythmique, jusque-là leader du groupe), “Jumpin’” Jack Neal (ex- contrebassiste de Garland Abbott) et le remarquable Richard “Dickie” Harrell (batteur), qui n’avait que quinze ans. À l’aise dans les tempos rapides, cette excellente section rythmique était capable de jouer le rock dans un style jump blues marqué par le jazz be-bop, avec sa walking bass et son irrésistible swing à la frontière entre binaire et ternaire. Et bien sûr, le groupe brillait par la présence du guitariste soliste «Gallopin’?» Cliff Gallup (17 juin 1930 - 9 octobre 1988). Âgé de trente-cinq ans, l’ex guitariste de Ricky and the Dixie Serenaders avait passé des années à travailler son instrument en étudiant les difficiles techniques de Les Paul et Chet Atkins. Complètement inconnu à ce stade, le maintenant légendaire Cliff Gallup était le meilleur guitariste de rockabilly de la région, et probablement du monde. Armé de sa petite Gretsch Duo-Jet noire à une échancrure branchée dans un ampli Fender «?Tweed?» équipé de chambres d’écho bricolées avec des pièces de vieux magnétophones, Gallup utilisait un médiator plat et deux onglets : un au majeur et un autre à l’annulaire. Son petit doigt manipulait simultanément la barre trémolo avec dextérité. Il décrira en 1983 ses solos comme entièrement improvisés, «?comme ils me viennent à l’esprit?». Marié, humble et peu enclin à partir sur la route, ce monument de la guitare rockabilly sera remplacé par Johnny Meeks en 1957. Cliff Gallup n’enregistrera avec les Blue Caps que trente-cinq titres essentiels en studio (tous inclus ici, plus deux en public). Son style inventif et inspiré restera incomparable dans l’histoire du rock, qu’il a considérablement influencée. Il ne gravera par la suite qu’un seul album solo instrumental au milieu des années 1960 (qui inclut une version de Be-Bop-a-Lula). Il sera longtemps employé à la maintenance d’une école et l’annonce de son décès d’une crise cardiaque ne mentionnera même pas son rôle de guitariste avec Gene Vincent.

Le groupe a été rebaptisé Blue Caps car Harrell, le benjamin, portait toujours une casquette bleue. Le 9 avril 1956 ils réalisèrent avec Sheriff Tex une maquette de Be-Bop-a-Lula, Race With the Devil et I Sure Miss You au studio d’Owen Bradley où Buddy Holly avait gravé ses premières maquettes quatre mois plus tôt. Owen Bradley était le directeur de la filiale des disques Decca à Nashville. Son ingénieur du son Mort Thomasson prêta à Gene sa chambre d’écho faite main.

Capitol
Mais c’est à Ken Nelson aux disques Capitol de Hollywood que Sheriff Tex envoya un disque en acétate des enregistrements. Il avait rencontré le producteur à un congrès de disc jockeys six mois plus tôt et savait que celui-ci cherchait un équivalent à Presley.

Fondés par le compositeur Johnny Mercer en 1942, les disques Capitol avait immédiatement connu le succès avec le Cow-Cow Boogie d’Ella Mae Morse. Johnny Mercer ferait vite preuve de flair en s’assurant l’exclusivité de grands noms blancs du jazz comme Paul Whiteman, Stan Kenton, le clarinettiste Benny Goodman et le guitariste Les Paul - entretemps converti à la variété. C’est cependant le chanteur pianiste afro-américain Nat «?King?» Cole qui a fait la fortune de Mercer. Capitol signa aussi avec de grands artistes de country and western comme les non moins excellents Tex Williams11 et Merle Travis12, un chanteur compositeur et géant de la guitare finger picking (picking avec plusieurs doigts) qui, comme Les Paul, avait exercé une influence sur les Blue Caps - et Cliff Gallup en particulier.

Devenue la première grande marque de disques cali-fornienne, Capitol concurrençait les géants du disque RCA-Victor, Columbia et Decca, tous basés à New York. L’arrivée de vedettes de premier plan comme les Andrews Sisters, Frank Sinatra, Jane Froman, Dean Martin et bien d’autres fit de l’entreprise de Johnny Mercer et ses associés une activité très rentable. La société britannique EMI acheta la marque pour 8,5 millions de dollars en 1955 et fit aussitôt construire la célèbre tour Capitol à Hollywood. La tour et ses studios flambants neufs où les Blue Caps seraient bientôt conviés furent inaugurés en avril 1956, au moment exact où Ken Nelson recevait la maquette envoyée par Sheriff Tex. Pour qui savait saisir les opportunités en ce temps-là, le marché du disque était lucratif. EMI investissait massivement sur Capitol et les créations de Gene Vincent tombaient à pic. Elvis Presley était devenu un phénomène national à la sortie de Heartbreak Hotel au début de l’année et les maisons de disques étaient sur les dents, à la recherche d’artistes de rock and roll susceptibles de surfer sur cette nouvelle vague. Au même printemps 1956, selon le même schéma le succès de Harry Belafonte (chez RCA comme Elvis Presley) et son album Calypso incita Capitol à engager un autre artiste de calypso, en l’occurrence le Jamaïcain Lord Flea and his Calypsonians13 qui eut moins de chance que Belafonte14.

Trop heureux de saisir l’opportunité, Ken Nelson proposa aussitôt un contrat à Gene Vincent et organisa une séance d’enregistrement à Nashville - cette fois avec quelques-uns des musiciens de studio les plus côtés du pays. Les excellents guitaristes Thomas «?Grady?» Martin et Hank «Sugarfoot?» Garland, le contrebassiste Bob Moore et Buddy Harmon (batterie) se sont présentés au studio d’Owen Bradley pour accompagner Gene Vincent. Ken Nelson se méfiait des Blue Caps, tous inconnus, pour une séance de cette importance. Mais à peine Cliff Gallup a-t-il eu terminé de jouer sa partie de guitariste frénétique sur Race With the Devil (en utilisant l’écho de Thomasson et l’ampli Standel de Grady Martin) que les vedettes des studios ont compris que le cachet ne serait pas pour eux. Ils enregistreraient néanmoins tous bientôt avec Elvis Presley. Avec la sublime ballade I Sure Miss You, cette première séance de quatre titres reste depuis le sommet de Gene Vincent et probablement du rockabilly tout court. Le groupe jouait fort et Thomasson a eu du mal à trouver un son équilibre de son. Pour ne pas être noyé, Gene, dont la voix était plutôt douce, a dû chanter dans les escaliers, équipé d’un casque, une bouteille de Coca tenant la porte entr’ouverte. Avec Gene comme catalyseur, ces tranquilles musiciens habitués à accompagner des chanteurs de country à la radio se sont transformés en rockers sauvages.

Be-Bop-a-Lula est sorti le 2 juin 1956 en face B du 78 tours Capitol Woman Love. Écrit par Jack Rhodes pour Tommy Collins, Woman Love avait été un succès country pour Jimmy Johnson (chez Starday). Le morceau sera interdit par la BBC en raison de ses paroles, qu’un esprit mal tourné aurait pu mal comprendre - peut-être en raison de l’écho/délai abondant ajouté par Mort Thomasson, qui cherchait à retrouver le son d’Elvis Presley dans sa période rockabilly chez Sun. Les radios ont préféré Be-Bop-a-Lula, qui montera au n°7 et dont Capitol annoncera un an plus tard qu’il s’était vendu à deux millions d’exemplaires.

Race With the Devil est sorti en deuxième single. Malheureusement, le public n’était pas prêt pour un tempo aussi rapide. Trop sophistiqué et original, le disque s’est mal vendu. La concurrence cherchait déjà une formule rock édulcorée avec des chanteurs blancs comme Pat Boone ou Paul Anka ?; Trop authentique et sauvage à leur goût, le son de Gene Vincent and the Blue Caps ne plaisait plus aux radios. La guerre entre les sociétés d’auteurs compositeurs et éditeurs ASCAP (partitions imprimées) et BMI (droits pour diffusion radio) faisait rage et le rock, associé à la radio, commençait à être sérieusement touché en 1956. Elvis Presley tenait le cap mais diversifiait beaucoup son répertoire15 face aux attaques dont le rock était l’objet.

Les ballades de Gene Vincent, comme I Sure Miss You, Unchained Melody ou Important Words restent d’ailleurs des sommets du genre, tant par les interprétations sensuelles de Gene que le jeu de guitare éblouissant de Gliff Gallup. Elles n’ont pas pour autant eu le millième du succès qu’elles méritaient. En dépit du succès de Be-Bop-a-Lula le répertoire du jeune Gene était très limité. Pour leur deuxième séance en studio, Ken Nelson lui fournit des chansons, dont Crazy Legs écrit pour lui par Jerry Reed. Les autres titres étaient de vieux classiques : Jezebel avait été un tube de Frankie Laine en 1951, Peg’ O my Heart était un succès en 1913 et Wedding Bells était une autre vieillerie. Ces compositions ne convenaient pas bien à ce rocker surnommé «?The Screamin’ End?», mais les Blue Caps savaient y injecter une fièvre inédite. D’autres standards ont été gravés en juin 1956, comme le sommet écrit par Danny Wolfe, Gonna Back Up Baby et ses changements d’ambiance. Gene enregistrera deux autres titres de l’excellent compositeur de rock Danny Wolfe : Pretty Pretty Baby et Double Talkin’ Baby (rendu célèbre 25 ans plus tard par les Stray Cats). Après une apparition au Perry Como Show le 28 juillet, en septembre 1956 Capitol publiait le premier album du groupe, «?Bluejean Bop?». Avec de furieuses compositions de Gene comme les chefs-d’œuvre Bluejean Bop ou Who Slapped John?, le tempo était devenu trop rapide pour la mode. Sur Jump Back, il est carrément proche du jump blues le plus radical, voire du be bop. Très en demande en raison de Be-Bop-a-Lula, les tournées se sont succédées. Les conditions étaient dures et en pleine tournée Jack Heal, puis Cliff Gallup ont quitté le groupe. Pour mimer Be-Bop-a-Lula dans le film La Blonde Et Moi (Frank Tashlin, 1956), Vincent les a remplacés par Paul Peek et Russell Wilaford.

En octobre à la demande de Ken Nelson, Gallup accepta de revenir enregistrer quinze nouveaux titres dont Cat Man influencé par Bo Diddley, les furieux Cruisin’, Hold Me, Hug Me, Rock Me, les éternels Blues Stay Away From Me et Unchained Melody... À la suggestion de Nelson, les Jordanaires (choristes gospel d’Elvis) ont participé à trois chansons dont le sommet Important Words. Une tournée réussie avec Ted «?Teddy Bear?» Crutchfield à la guitare a eu lieu en novembre. Mais apparemment Capitol n’a pas accepté de verser de pots-de-vins pour l’excellent single Crazy Legs/Important Words (janvier 1957), qui n’a pas marché. Et Gene était de retour à l’hôpital.

Le 4 mars 57, le deuxième album fut sobrement intitulé Gene Vincent & The Blue Caps. Vincent se produit au Sands de Las Vegas. Sa jambe n’allait pas mieux, et ne s’améliorera jamais. Il avait des sautes d’humeur. Jack Neal le quitta, ainsi que son manager Sheriff Tex. En dépit des remarquables compositions de Cliff Gallup comme You Told a Fib et Bop Street, Gene Vincent a vite perdu du terrain. Son image de macho punky, reflétée par les paroles de Hold Me, Hug Me, Rock Me, Cat Man, Cruisin’ ou Who Slapped John? plaisait aux militaires et aux jeunes hommes mais pas toujours aux jeunes filles bobbysoxers, pour qui elles manquaient de romantisme. Avec leur image de rebelles, les cris du jeune Derrick Harrell sur les disques, les allusions sexuelles récurrentes et les solos électriques de Cliff, le résultat était explosif. Alors que les compromis musicaux se multipliaient déjà autour de la mode du rock, ces enregistrements majeurs représentent le rockabilly pur, sans compromis artistique. Et dans le monde consumériste du Rêve Américain des années 1950, cette spontanéité et cette pureté étaient un suicide commercial. En un an, Gene avait perdu management et groupe.

Blue Caps N. 2
Johnny Meeks (ex-Country Earl and the Circle E Ranch Gang, comme Paul Peek) fut engagé comme soliste. Bill Mack, également de Greenville (Georgie), a été pris à la contrebasse et vite remplacé par Bobby Lee Jones. La demande était encore forte et quelques concerts ont eu lieu. Un Texan de Dallas, Ed McLemore, fut engagé comme manager. Les nouveaux Blue Caps sont partis enregistrer en juin 57 dans les nouveaux studios de la tour Capitol. Bobby Jones ne jouait pas de contrebasse , préférant la basse Fender électrique. Le son du groupe changea radicalement, mais Meeks était lui aussi un excellent guitariste. Le grand âge d’or des Blue Caps avec Cliff Gallup était déjà du passé, mais des titres comme Dance to the Bop et le tube Lotta Lovin’ (22 juillet 1957) ont relancé l’affaire (tournée australienne avec Eddie Cochran avec qui il devint ami et Little Richard, puis apparition dans l’Ed Sullivan Show). Les premières séances de 1958 ont également donné de très bons résultats, parmi ses meilleurs enregistrements (Lovely Loretta et Dance in the Street). Une nouvelle période commençait sur les chapeaux de roue avec Johnny Meeks. Elle sera l’objet de la suite sur notre deuxième volume.
Bruno Blum
© Frémeaux & Associés

1. En 1993 Jeff Beck and the Big Town Playboys ont publié un album entier de reprises de Gene Vincent and the Blue Caps, Crazy Legs (Epic 473597-2). Les morceaux qu’il a repris sont tous inclus sur ce triple album.

2. Le morceau de Dizzy Gillespie Be-Bop est inclus sur The Birth of Be Bop (FA 046) dans cette collection. 

3. Le morceau d’Helen Humes Be-Baba-Leba est inclus sur Roots of Rhythm and Blues (FA050) dans cette collection. 

4. Gene Vincent, 1970. Extrait de Gene Vincent There’s One in Every Town de Mick Farren. The Do Not Press Limited, 2004, page 30.

5. Écouter les trois triples volumes Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine dans cette collection. 

6. Écouter l’anthologie Country Boogie (FA160) dans cette collection. 

7. Écouter l’anthologie Western Swing (FA032) dans cette collection. 

8. Retrouvez Gene Vincent, le Hot Rod Race de Ramblin’ Jimmy Nolan et une dizaine d’autres titres dans le style western swing sur l’anthologie Road Songs 1944-1962 - Cars Tune Classics (Frémeaux et Associés FA 5401) dans cette collection. 

9. Écouter Bo Diddley - The Indispensable - 1955-1960 (FA5376) dans cette collection.  

10. Écouter les futurs volumes consacrés à Little Richard et Chuck Berry (à paraître chez Frémeaux et Associés) dans cette collection.

11. Écouter Tex Williams sur Road Songs 1944-1962 (FA5401) et Rock ‘n Roll 1947 (FA 353) dans cette collection. 

12. Écouter Merle Travis sur les anthologies Country Music 1940-1948 (FA 173), Country Boogie 1939-1947 (FA 160), Rock ‘n Roll 1947 (FA 353) et Electric Guitar Story 1935-1962 à paraître dans cette collection. 

13. Écouter Lord Flea sur l’anthologie Jamaica - Mento 1951-1958 (FA 5275) dans cette collection. 

14. Écouter Harry Belafonte - Calypso Mento Folk 1954 - 1957 (FA 5234) dans cette collection.

15. Écouter le volume 2 Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine (FA 5383) dans cette collection.


The Indispensable  Gene Vincent and the Blue Caps  1956-1958
By Bruno Blum

“When I was learning to play the guitar, Cliff Gallup was my main influence. He marked me deeply and the scar’s never healed. He was so radical… Today it probably doesn’t sound that threatening, but in June ‘56, if you turned the volume right up… Wow! All the other ‘rock’ records in those days were very polite and had a nice, round, audible sound. Then you put on Gene Vincent and had this guy screaming and these raucous guitar solos - it was unheard of and no one has done anything like it since.”

[Jeff Beck]16

Eugene Vincent Craddock was born on February 11th 1935 in Norfolk, Virginia—he died in Newhall, California, on October 12th 1971—into a family of farming-folk from North Carolina. His parents moved to Norfolk, marrying in 1934, and Mary Louise Cooper & Ezekiah “Kie” Jackson Craddock lived for several years in Munden Point on the North Carolina border. Their son Eugene was followed by three sisters, Evelyn, Tina and Donna, and the Craddocks—their name has Scottish origins—ran a little country store. Black and white singers used to sing and play guitar on the steps outside, and Gene assimilated the hillbilly, country and bluegrass styles he constantly listened to on the radio. He was also exposed to the rhythm and blues, gospel and Negro spirituals that were a feature of the large Afro-American community in his poor neighbourhood. He asked his parents for an acoustic guitar and they gave him one as a present.

When his father was hired to work in Norfolk’s immense shipyards, the family moved into town. Eugene Vincent quit school and joined the Navy in February 1952, a few days after his seventeenth birthday. In January 1954 he was sent on patrol in the Mediterranean for four months aboard the USS Chuckawan. When he wasn’t working in the boiler-room, he used to sing Hank Williams songs on deck. He signed on for another six years in March 1955.

Race with the Devil
Gene was a big fan of Marlon Brando in The Wild One, which László Benedek directed in 1953, and he bought himself a Triumph motorcycle. In July 1955 he was taking a ride in Franklin (near the Navy base in Norfolk) and collided with a woman who’d driven through a red light. Gene was badly hurt, but refused the amputation of his left leg; he spent weeks in a military hospital, composing a few songs, and was finally declared unfit to serve in the Navy. After the Second World War, many of the military returned from the “evil life” having trained as mechanics; they turned their hands to customizing pre-war automobiles. Ex-draftees began organizing “Hot-Rod” races featuring modified, stripped-down models with blown engines and colourful bodywork. Hot-rods soon became dragsters, but as early as the mid-Fifties these racers were familiar sights on highways, as Gene Vincent sings—in a tone that defies both death and religion—in Race with the Devil: “Well, I’ve led an evil life, so they say / But I’ll outrun the devil on Judgement Day / I said ‘Move, hot-rod, move man!’ / Well, goin’ pretty fast, looked behind / A-here come the Devil doin’ ninety-nine / I said ‘Move, hot-rod, move man!’”

Be-Bop-a-Lula
Be Bop, named after the Dizzy Gillespie composition, became a generic name for modern jazz after the war.17 (The phrase was also a common onomatopoeia in jazz improvisations by scat singers). Ten years earlier, the Helen Humes 18 hit Be-Baba-Leba (an R&B N°3 in 1945) already carried a title that was almost identical to Gene’s Be-Bop-a-Lula. Later taken up by Lionel Hampton under the name Hey! Ba-Ba-Re-Bop, the piece had been an even greater hit in the post-war period. The verb “to bop” (slang for “to hit”) also meant “to dance” (“be bop” or “be a dance”). Gene would later say he’d been inspired by a strip cartoon by Marge (Marjorie Henderson Buell), and he wrote Be-Bop-a-Lula with Donald Graves, a sailor who’d also been injured: “I was in the Naval Hospital. Actually I was crippled up. I came in dead drunk and stumbled over the bed. Me and Don Graves were looking at this bloody book; it was called “Little Lulu”. And I said, hell, man, it’s “Be-Bop-a-Lulu”. And he said, ‘Yeah, man, swinging.’ And we wrote this song.”19

“Be-bop a Lula, she’s my baby […] / she’s my baby doll, my baby doll, my baby doll / Let’s rock! / Well now she’s the one that’s got that beat / She’s the one with the flyin’ feet / She’s the one that bops around the store / She’s the one that gets more, more, more.”

Rockabilly
In Norfolk in September 1955, Gene Vincent had gone to see a concert by Elvis Presley, the founder of rockabilly, a style still in its early days. The way Elvis sang it left a deep impression on him; the original formula of Elvis Presley and the Blue Moon Boys slapped the clear electric guitar of Scotty Moore (influenced by the prominent country style of Chet Atkins) onto an Afro-American rhythm based on the blues of Arthur Crudup or Junior Walker. Presley and the Blue Moon Boys had come up with a kind of universal language that combined the best of both these parallel musical worlds separated by racial segregation. The birth of these foundational rockabilly records is related in the booklet accompanying the first volume of Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 in this collection20; where in addition to Elvis’ versions, you can hear the original songs performed by the artists whose work Presley recorded.

Gene Vincent was asked to sing with The Virginians—all musicians at radio WCMS in Newport News close to Norfolk, and all young instrumentalists who were some of the best professionals in the area. They backed Gene singing Be-Bop-a-Lula on the station’s Country Showtime. A presenter for WCMS named Sheriff Tex (b. Connecticut, 1914, d. Nashville, August 29th 2007) bought Don Graves’ half of the song-copyright for 25$ and became Gene’s manager. He also co-signed Race with the Devil (he had nothing to do with the writing of the song), and soon appropriated some of the rights to other titles by Gene (cf. Discography). In 1959 this “habit”—a widespread process—would be mainly responsible for the Payola scandal which hit rock music (and Gene Vincent). Sheriff Tex was well aware of Elvis Presley’s recent success, as Presley’s contract had been bought by RCA, and Heartbreak Hotel had been the first phenomenal hit by Elvis in January 1956. Other rock songs had already graced the pop charts, among them records by Afro-American artists such as Roy Brown (Good Rockin’ Tonight, 1948), Wynonie Harris (Good Rockin’ Tonight, 1948), Louis Jordan and his Tympany Five (Saturday Night Fish Fry, 1949), Fats Domino (The Fat Man, 1949) and Tiny Bradshaw (Well, Oh Well, in 1950 and Train Kept a Rollin’ in 1951).

In parallel, the success of the hillbilly boogie/country boogie 21 style of white western swing22 artists—Arthur Smith and his Crackerjacks with Guitar Boogie en 1945, Ramblin’ Jimmie Nolan’s Hot Rod Race23 in 1950—had been precursors of the rockabilly style born in 1954 with Presley’s first records. With white artists labelled as “rock ‘n’ roll” performers—Bill Haley and the Comets (Crazy Man, Crazy, 1953; Shake Rattle and Roll, 1954; Rock Around the Clock, 1955) and Elvis of course (That’s All Right and Blue Moon of Kentucky in 1954; Mystery Train in 1955; Heartbreak Hotel in early ‘56—the success of rock became national, even international. It opened the “pop” market to such essential Afro-American figures as Bo Diddley24 (Bo Diddley, spring ‘55), Chuck Berry8 (Maybellene, summer ‘55) and Little Richard25 (Tutti Frutti at the end of ‘55 and Long Tall Sally in March 1956), with Eddie Cochran, Buddy Holly and many others hard on their heels.

In spring 1956, whether associated with Afro-American appellations such as “jump blues” and “rhythm and blues” or else the white “rockabilly” style, rock and roll music was targeted by conservatives, and Elvis Presley denigrated in every way imaginable. He was said to “sing off-key” and also called “vulgar”, “primitive” or “insulting”. Shocked by his ties with Afro-American culture, including his spontaneous, “suggestive” hip-shaking, a conservative, reactionary establishment added to the controversy by scrutinizing the slightest move made by the new star. Others, in their millions, openly appreciated Elvis and his liberating, excitement-filled music (cf. the booklet accompanying the second volume of Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 for a more detailed description of this controversial period.) As a matter of fact, the rock fashion had become a turning-point in American popular music. The doors of the national record-market were opening to Afro-Americans, to young people and those who refused to conform in general.

Gene Vincent and the Blue Caps
Gene suddenly appeared in the midst of this controversy, backed by the Blue Caps. He might have had a limp, but he was accessible and showed a lot of promise. Music represented hope for this skinny youngster with a physical handicap; his “lost” and wild look reminded many people of their idol James Dean, whose death was very recent (September 30th 1955)… and Gene sang like a bird.

His new impresario Sheriff Tex lined up Gene with the Virginians again (his old friends from radio), and set up some rehearsals. He hired a rhythm-section—“Wee” Willie Williams (the rhythm guitarist who had been the group’s leader up until then), “Jumpin’” Jack Neal (Garland Abbott’s ex-bassist), a remarkable drummer named Dickie Harrell, barely fifteen—and this excellent trio was capable of playing a jump blues style with a be-bop jazz influence, i.e. a walking bass, plus an irresistible swing that strode the line between binary and ternary rhythms. That wasn’t all: the group sparkled with the presence of its lead guitarist “Gallopin’” Cliff Gallup (b. June 17th 1930, d. October 8th 1988). At 35, Cliff had played with Ricky and the Dixie Serenaders, spending years working on his technique and studying the difficult licks of Les Paul and Chet Atkins. A complete unknown when he hooked up with Gene Vincent, the now legendary Cliff Gallup (cf. Jeff Beck, “This guy Gallup was it!”) was the best rockabilly guitarist in the region, and probably in the world. He played a little black Gretsch Duo-Jet with a single cutaway, plugged into a Fender “Tweed” amp with echo chambers made from bits of old tape-decks. Gallup used a flat plectrum with two finger-picks (on his middle and ring fingers) while his little finger worked miracles with the tremolo arm. In 1983 he said his solos were entirely improvised, “just as they came to me”. He was married, modest, and didn’t much like being on the road. A monument of rockabilly guitar, Cliff was replaced by Johnny Meeks in 1957 after he’d recorded 35 essential titles with the Blue Caps (all of the studio titles are here plus two titles in concert). His inventive, inspired style would remain incomparable, and his influence on rock was considerable. He made only one studio album later, an instrumental record in the Sixties which included a version of Be-Bop-a-Lula. He worked as a school janitor for years, and the announcement of his death in the press didn’t even mention his work with Gene Vincent.

The group was re-christened the Blue Caps because Dickie Harrell always wore one. In 1956, they recorded a demo for Sheriff Tex (on April 9th)—Be-Bop-a-Lula, Race with the Devil and I Sure Miss You—at Owen Bradley’s studio, where Buddy Holly had made his first demos four months earlier (Owen Bradley ran the Decca Records affiliate in Nashville, and his sound engineer Mort Thomasson lent Gene his own handmade echo-chamber).

Capitol
Decca didn’t get to hear the demo: Sheriff Tex sent the acetate to producer Ken Nelson at Capitol Records in Hollywood. He’d met Nelson at a DJ conference six months earlier, and Tex knew he was looking for the new Presley.

Founded by composer Johnny Mercer in 1942, Capitol Records had immediately made headlines with Cow-Cow Boogie by Ella Mae Morse. Johnny Mercer soon showed his flair by signing exclusive contracts with some of the great white names in jazz, among them Paul Whiteman, Stan Kenton, clarinettist Benny Goodman and guitarist Les Paul (who’d turned to pop in the interval). The man who made a fortune for Capitol (and Mercer) however, was the Afro-American crooner/pianist Nat “King” Cole. Capitol also signed other great country and western artists like the equally excellent Tex Williams26, and Merle Travis27, a songwriter and finger-pick guitar-giant (he used several fingers) who, like Les Paul, had an influence on the Blue Caps (and particularly Cliff Gallup).

Capitol became the first great record-label based in California (its giant competitors—RCA-Victor, Columbia, Decca—were all in New York), and the signing of major stars such as The Andrews Sisters, Frank Sinatra, Jane Froman, Dean Martin and others turned the company of Johnny Mercer and his associates into a highly profitable, coveted enterprise. The British label EMI bought it in 1955 for 8.5 million dollars, and built the famous Capitol Tower in Hollywood. The tower and the brand-new studios to which the Blue Caps were soon summoned were inaugurated in April 1956 on the same day that Ken Nelson received the demo sent to him by Sherriff Tex. With everyone on the look-out for business opportunities—it was a highly lucrative business, after all—EMI was investing heavily in Capitol and Gene Vincent turned up just at the right time. Presley had become a national phenomenon with the release of Heartbreak Hotel at the beginning of the year, and every label was anxious not to miss a rock and roll artist who could surf to the top of this new wave. Incidentally, in the spring of 1956, motivated by Belafonte’s success with his album Calypso (he was signed to RCA, like Presley), Capitol signed a calypso artist named Lord Flea, a Jamaican whose group was called The Calypsonians.28 They were less successful than Belafonte.29

Delighted to seize such an opportunity, Ken Nelson immediately offered Gene a contract and set up a record-session in Nashville, this time with some of the country’s most sought-after studio musicians: into Owen Bradley’s studio trooped two excellent guitarists—Thomas “Grady” Martin and Hank “Sugarfoot” Garland—plus bassist Bob Moore and drummer Buddy Harmon. For a session as important as this one, Nelson was wary of the Blue Caps as they were all unknowns. He shouldn’t have had a second thought. By the time Cliff Gallup was playing his last, frenzied lick on Race with the Devil (using Thomasson’s echo box and the Standel amp that belonged to Grady Martin), the “studio aces” in the room realized that not much of the fee would be theirs. Not that it mattered: the pick-up musicians were soon all recording with Elvis. That first session which produced four titles (including the sublime ballad I Sure Miss You) would remain Gene Vincent’s best (ever), and probably the best rockabilly session, too. The group played loudly and Thomasson had trouble finding the correct sound balance. Gene had a rather soft voice and, to avoid being drowned out, he sang on the stairway wearing a pair of headphones. A bottle of Coke was used to keep the door open. With Gene their catalyst, the “quiet” Blue Caps—more accustomed to accompanying country singers on radio shows—were transformed into wild rockers.

Be-Bop-a-Lula was released on June 2nd 1956 as the B side of a Capitol 78 featuring Woman Love. Written by Jack Rhodes for Tommy Collins, Woman Love had been a country hit for Jimmy Johnson (on the Starday label). The piece was banned in England by the BBC because of lyrics which might have been misunderstood by (probably) twisted listeners, amongst the abundant echo/delay added by Mort Thomasson, who’d been trying to get the sound of Elvis Presley in rockabilly period with Sun. So radio stations aired Be-Bop-a-Lula, which climbed to N°7 in the charts. A year later, Capitol announced it had sold two million copies…

Race with the Devil came out as the second single, but nobody was ready for such breakneck tempos; too sophisticated, and too original, the record didn’t sell. Capitol’s competitors were already looking for diluted rock formats with white singers like Pat Boone or Paul Anka; as for radio programmers, they didn’t like Gene Vincent or the Blue Caps, whose sound they considered too wild and authentic. There was the industry context, too: war was raging between ASCAP (the songwriters’ and publishers’ association which distributed royalties from sheet-music sales) and BMI (which handled broadcast royalties), so rock, together with radio stations which played it, took a serious hit in 1956. Elvis Presley wasn’t losing ground, but even he was diversifying his repertoire30 due to the attacks being made on rock.

The ballads of Gene Vincent, like I Sure Miss You, Unchained Melody or Important Words, remain summits of the genre—thanks not only to Gene’s sensual renderings but also to Cliff Gallup’s dazzling guitar—but even so, they were considerably less successful than they deserved to be. Despite the success of Be-Bop-a-Lula, Gene Vincent’s repertoire was still very limited. For their second studio-session, Ken Nelson provided the songs, among them Crazy Legs, written for him by Jerry Reed. The others were old classics: Jezebel had been a hit for Frankie Laine in 1951, but Peg’ O my Heart was much older (a hit in 1913) and Wedding Bells was still another oldie. All three were unsuitable for a rocker whose nickname was “The Screamin’ End”, but the Blue Caps had talent enough to inject new fever into them. Other standards were cut in June 1956, like the great Danny Wolfe song Gonna Back Up Baby with its mood-changes. Gene would record two other tunes by Wolfe, an excellent rock composer: Pretty Pretty Baby and Double Talkin’ Baby (which Stray Cats made famous twenty-five years later). After an appearance on the Perry Como Show on July 28th, in September 1956 Capitol released the group’s first album, Bluejean Bop. With raging compositions by Gene—like the masterpieces Bluejean Bop or Who Slapped John?—the tempo had now accelerated to the point where it outstripped contemporary fashion. On Jump Back, it’s definitely much closer to the most radical kind of jump blues, even bebop.  Touring, too, had intensified with the demand created by Be-Bop-a-Lula. But conditions were tough, and in mid-tour, first Jack Heal then Cliff Gallup quit the band. To “go through the motions” of Be-Bop-a-Lula in Frank Tashlin’s movie The Girl Can’t Help It (1956), Vincent replaced them with Paul Peek and Russell Wilaford.

That October, Ken Nelson asked Gallup to come back and record fifteen new titles; these included Cat Man (influenced by Bo Diddley), the furious Cruisin’, Hold Me, Hug Me, Rock Me, and the evergreen numbers Blues Stay Away From Me and Unchained Melody. At Nelson’s suggestion, The Jordanaires (Elvis’ back-up gospel singers) appeared on three songs, among them the wonderful Important Words. A successful tour (with Ted “Teddy Bear” Crutchfield playing guitar) took place in November, but Capitol, apparently, refused to grease palms in exchange for airplay, and the excellent single Crazy Legs/Important Words (January ‘57) flopped. To cap it all, Gene had to return to hospital.

On March 4th 1957 their second album was released, soberly entitled Gene Vincent & The Blue Caps. Gene was appearing at The Sands in Las Vegas, but his leg was giving him pain and it wouldn’t improve with time. Gene’s moods were changeable, and Jack Neal quit, as did Sheriff Tex. Despite some remarkable compositions from Cliff Gallup—like You Told a Fib and Bop Street—Gene Vincent quickly lost ground. His image as a macho punk, reflected in the lyrics of Hold Me, Hug Me, Rock Me, Cat Man, Cruisin’ or again Who Slapped John?, pleased the military and other males, but not the Bobbysoxer girls who needed romanticism. The group was an explosive mixture with an image as young rebels, the young Derrick Harrell yelling on record, recurrent sexual allusions, Gallup’s electrifying guitar solos… At a time when musical compromises were already multiplying around fashionable rock, these major recordings were pure rockabilly, and there was no artistic compromise there. In the consumerist American-Dream universe of the Fifties, the group’s spontaneity and purity led to commercial suicide. Inside a year, Gene Vincent had lost his manager and his group.

Blue Caps N. 2
Johnny Meeks (ex-Country Earl and the Circle E Ranch Gang, like Paul Peek) was hired as the group’s soloist. Bill Mack, also a native of Greenville, Georgia, was hired to play bass but quickly replaced by Bobby Lee Jones. There was still demand for the group, so a few concerts took place and a Texan from Dallas named Ed McLemore was hired as manager. In June ‘57, the new Blue Caps went off to record at the new studios in the Capitol Tower. Bobby Jones, however, preferred an amplified Fender bass over a stand-up bass, and the group’s sound changed radically. Even though Meeks was an excellent guitarist, the Golden Age of the Blue Caps with Cliff Gallup was already a thing of the past. Titles like Dance to the Bop and the hit Lotta Lovin’ (July 22, 1957) re-launched the machine, however: there was an Australian tour with Eddie Cochran (he and Gene became friends), and also an appearance on the Ed Sullivan Show. The first sessions in 1958 also gave very good results, with some of Gene’s best recordings among them (Lovely Loretta and Dance in the Street). A new chapter leaped out of the starting-blocks, this time with Johnny Meeks, and its story is told in the second volume of this series.
Bruno Blum
English adaptation : Martin DAVIES
© Frémeaux & Associés


16. In 1993 Jeff Beck and the Big Town Playboys released an entire album with songs by Gene Vincent and the Blue Caps (Crazy Legs, Epic 473597-2). The originals they covered are all included in this triple set.

17. Cf. Dizzy Gillespie’s Be-Bop in The Birth of Be Bop (FA 046). 

18. Cf. Helen Humes’ Be-Baba-Leba in Roots of Rhythm and Blues (FA 050). 

19. Gene Vincent in 1970, taken from Gene Vincent, There’s One in Every Town by Mick Farren (The Do Not Press Ltd. 2004). 

20. Cf. all three volumes of Elvis Presley & The American Music Heritage.

21. Cf. Country Boogie (FA160). 

22. Cf. Western Swing (FA032). 

23. Gene Vincent, Hot Rod Race by Ramblin’ Jimmy Nolan, and a dozen other western swing titles are featured in Road Songs1944-1962 - Car Tune Classics (FA5401). 

24. Cf. Bo Diddley - The Indispensable - 1955-1960 (FA5376).  

25. Cf. forthcoming releases devoted to Little Richard and Chuck Berry (Frémeaux et Associés).

26. Cf. Tex Williams in Road Songs 1944-1962 (FA5401) and Rock ‘n Roll 1947 (FA 353). 

27. Merle Travis can be heard in the anthologies Country Music 1940-1948 (FA 173), Country Boogie 1939-1947 (FA 160), Rock ‘n Roll 1947 (FA 353) and the forthcoming Electric Guitar Story 1935-1962. 

28. Lord Flea is included in the anthology Jamaica - Mento 1951-1958 (FA 5275). 

29. Listen to Harry Belafonte - Calypso Mento Folk 1954 - 1957 (FA 5234).

30. Cf. Vol.2 of Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine (FA 5383).


Except for tracks 21 & 22 on disc 1,  all songs are listed in recording order.

Disc 1
1. Race With the Devil (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
2. Be-Bop-a-Lula (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
3. Woman Love (Jack Rhodes)
4. I Sure Miss You (Evelyn Bryan, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Clifton E. Gallup as Cliff Gallup-lg; Willie Williams aka Wee-rg; Jack Neal-b; Richard Harrell aka Dickie Harrell-d. Produced by Ken Nelson. Mort Thomasson, engineer. Owen Bradley’s Studio, Nashville, Tennessee, May 4, 1956.

5. Jezebel (Wayne Shanklin)
6. Crazy Legs (Jerry Reed)
7. Peg o’ my Heart (Fred Fisher, Alfred Bryan)
8. Wedding Bells (Are Breaking Up This Old Gang of Mine)
(Sammy Fain, Irving Kahal, William Raskin)
Same as disc 1, track 1, June 24, 1956.

9. Waltz of the Wind (Fred Rose)
10. Up a Lazy River (Hoagy Carmichael, Sidney Arodin)
11. Ain’t She Sweet (Milton Ager, Jack Yellen)
12. Gonna Back Up Baby (Danny Wolfe)
Same as 1, June 25, 1956.

13. Who Slapped John? (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
14. Jumps, Giggles and Shouts (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
15. Bluejean Bop (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Hal Levy)
16. I Flipped (Bobby Carroll, Billy Hicks)
Same as 1, June 26, 1956.

17. Bop Street (Cliff Gallup, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
18. Well I Knocked and I Knocked (Bim Bam) (Bobby Carroll)
19. You Told a Fib (Cliff Gallup, Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent)
20. Jump Back, Honey, Jump Back (Hadda Brooks)
Same as 1, June 26, 1956.

21. Hound Dog (Jerry Leiber, Mike Stoller)
22. Be-Bop-a-Lula (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Same as disc 1, track 1. Alan Freed-spoken introductions. Recorded live at WINS Radio in August, 1957.

Disc 2
1. Teenage Partner (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
2. Blues Stay Away From Me (Alton Delmore, Rabon Delmore, Wayne Raney, Henry Glover)
3. Five Feet of Loving (Buck Peddy, Mel Tillis)
4. Cat Man (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Clifton E. Gallup as Cliff Gallup-lg; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red-rg; Jack Neal-b; Richard Harrell aka Dickie Harrell -d; The Jordanaires, v. Produced by Ken Nelson. Mort Thomasson, engineer. Owen Bradley’s Studio, Nashville, Tennessee, October 15, 1956.

5. Double Talkin’ Baby (Danny Wolfe)
6. Hold Me, Hug Me, Rock Me (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
7. Unchained Melody  (Alex North, Hy Zareth)
Same as disc 2, track 1. October 16, 1956.

8. B-I-Bickey-Bi, Bo-Bo Go (Don Carter, Dub Nalls, Jack Rhodes)
9. Pink Thunderbird (Paul Peek, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
10. Pretty Pretty Baby (DannyWolfe)
11. Cruisin’ (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Same as disc 2, track 1, October 17, 1956.

12. Important Words (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
13. You Better Believe (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
14. Red Bluejeans and Pony Tail (Jack Rhodes, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
15. Five Days, Five Days5. (Jack Rhodes, Bill Wiley, Freddie Franks)
Same as disc 2, track 1, October 18, 1956.

16. I Got It (Dick Glasser)
17. Wear my Ring (Bobby Darin, Don Kirshner)
18. Lotta Lovin’ (Dick Glasser)
19. Rollin’ Danny (Joe Steen, Paul Edwards)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Johnny Meeks-lg; Buck Owens aka Corky Jones-rg; Bobby Jones-b; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red, Tommy Facenda aka Bubba-hand claps, chorus vocals. Produced by Ken Nelson. John Kraus, engineer. Capitol Tower, Hollywood, California, June 19, 1957.

20. Time Will Bring You Everything (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red)
21. True to You (Hefty Beale)
22. In my Dreams (Tom Bedwell)
23. Dance to the Bop (Floyd Edge)
Same as disc 2, track 16 except Buck Owens out. June 20, 1957.

Disc 3
1. Your Cheatin’ Heart (Hank Williams)
2. Baby Blue (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Bobby Jones)
3. Walkin’ Home from School (Sylvester Bradford, Al Lewis)
4. It’s No Lie (Otis Blackwell)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Johnny Meeks-lg; Max Lipscombe-p; Bobby Jones-b; Richard Harrell aka Dickie Harrell-d; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red, Tommy Facenda aka Bubba-hand claps, chorus vocals. Produced by Ken Nelson. John Kraus, engineer. Capitol Tower, Hollywood, California, December 6, 1957.

5. Should I Ever Love Again (Edward Gates, H. M. Cockel)
6. Flea Brain (Robert Carter aka Bob Carter)
7. Brand New Beat (Joe Allison, Audrey Allison)
8. Frankie and Johnny (trad. arr. Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent)
Same as disc 3, track 1. December 9, 1957.

9. You Belong to Me (Julius Frank Anthony Kuczynski aka Pee Wee King, Henry Ellis Stewart aka Redd Stewart, Chilton Price née Chilton Searcy)
10. Keep it a Secret (Jessie Mae Robinson)
11. Yes, I Love You Baby (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Paul Peek, Max Lipscombe, Tommy Facienda)
Same as disc 3, track 1. December 10, 1957.

12. By the Light of the Silvery Moon (Gus Edwards, Edward Madden)
13. Right Now (Sylvester Bradford, Al Lewis)
14. You’ll Never Walk Alone (Richard Rodgers, Oscar Hammerstein II)
15. I Got a Baby (Charles Matthews)
Same as disc 3, track 1. December 15, 1957.

16. Dance in the Street (Alvin Davis, Don Welch)
17. Git It (Bob Kelly)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v, rg; Johnny Meeks-lg; Grady Owen-rg; Clifton Simmons-p; Bobby Jones-b; Juvey Gomez-d; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red, Tommy Facenda aka Bubba-hand claps, chorus vocals; Eddie Cochran-backing vocals on 17. Produced by Ken Nelson. John Kraus, engineer. Capitol Tower, Hollywood, California, March 25, 1958.

18. I Love You (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Grady Owen)
19. Teenage Partner  (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
20. (You Gave Me) Peace of Mind (James Bracken)
21. Lovely Loretta (Grady Owen, Ed Watt)
Same as disc 3, track 16. Eddie Cochran-bv on 19, 20, 21. March 26, 1958.

22. Little Lover (Bobbie Carroll)
23. Rocky Road Blues (Bill Monroe)
Same as disc 3, track 16. March 27, 1958.

CD THE INDISPENSABLE GENE VINCENT & THE BLUE CAPS 1956-1958, GENE VINCENT © Frémeaux & Associés 2013(frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Race With The Devil - Gene Vincent and The Blue Caps02'07
02 Be Bop A Lula - Gene Vincent and The Blue Caps02'37
03 Woman Love - Gene Vincent and The Blue Caps02'35
04 I Sure Miss You - Gene Vincent and The Blue Caps02'42
05 Jezebel - Gene Vincent and The Blue Caps02'27
06 Crazy Legs - Gene Vincent and The Blue Caps02'09
07 Peg O My Heart - Gene Vincent and The Blue Caps02'39
08 Weddind Bells - Gene Vincent and The Blue Caps02'34
09 Waltz Of The Wind - Gene Vincent and The Blue Caps02'45
10 Up A Lazy River - Gene Vincent and The Blue Caps02'24
11 Ain'T She Sweet - Gene Vincent and The Blue Caps02'32
12 Gonna Back Up Baby - Gene Vincent and The Blue Caps02'28
13 Who Slapped John - Gene Vincent and The Blue Caps01'59
14 Jumps Giggles And Shouts - Gene Vincent and The Blue Caps02'53
15 Bluejean Bop - Gene Vincent and The Blue Caps02'25
16 I Flipped - Gene Vincent and The Blue Caps02'27
17 Bop Street - Gene Vincent and The Blue Caps02'28
18 Well I Knocked And I Knocked - Gene Vincent and The Blue Caps02'17
19 You Told A Fib - Gene Vincent and The Blue Caps02'24
20 Jump Back Honey Jump Back - Gene Vincent and The Blue Caps02'03
21 Hound Dog - Gene Vincent and The Blue Caps02'11
22 Be Bop A Lula - Gene Vincent and The Blue Caps02'56
CD 2
01 Teenage Partner - Gene Vincent and The Blue Caps02'17
02 Blues Stay Away From Me - Gene Vincent and The Blue Caps02'19
03 Five Feet Of Loving - Gene Vincent and The Blue Caps02'10
04 Cat Man - Gene Vincent and The Blue Caps02'21
05 Double Talkin' Baby - Gene Vincent and The Blue Caps02'16
06 Hold Me, Hug Me, Rock Me - Gene Vincent and The Blue Caps02'18
07 Unchained Melody - Gene Vincent and The Blue Caps02'41
08 B-I-Bickey Bi, Bo-Bo Go - Gene Vincent and The Blue Caps02'17
09 Pink Thunderbird - Gene Vincent and The Blue Caps02'35
10 Pretty Pretty Baby - Gene Vincent and The Blue Caps02'29
11 Cruisin' - Gene Vincent and The Blue Caps02'16
12 Important Words - Gene Vincent and The Blue Caps02'25
13 You Better Believe - Gene Vincent and The Blue Caps02'04
14 Red Bluejeans And Pony Tail - Gene Vincent and The Blue Caps02'18
15 Five Days Five Days - Gene Vincent and The Blue Caps02'39
16 I Got It - Gene Vincent and The Blue Caps02'10
17 Wear My Ring - Gene Vincent and The Blue Caps02'39
18 Lotta Lovin' - Gene Vincent and The Blue Caps02'11
19 Rollin Danny - Gene Vincent and The Blue Caps02'11
20 Time Will Brig You Everything - Gene Vincent and The Blue Caps02'17
21 True To You - Gene Vincent and The Blue Caps02'13
22 In My Dreams - Gene Vincent and The Blue Caps02'42
23 Dance To The Bop - Gene Vincent and The Blue Caps02'17
CD 3
01 Your Cheatin Heart - Gene Vincent and The Blue Caps02'13
02 Baby Blue - Gene Vincent and The Blue Caps02'31
03 Walkin' Home From School - Gene Vincent and The Blue Caps02'38
04 It's No Lie - Gene Vincent and The Blue Caps02'03
05 Should I Ever Love Again - Gene Vincent and The Blue Caps02'50
06 Flea Brain - Gene Vincent and The Blue Caps02'07
07 Brand New Beat - Gene Vincent and The Blue Caps02'34
08 Frankie And Jonnhy - Gene Vincent and The Blue Caps02'41
09 You Belong To Me - Gene Vincent and The Blue Caps02'30
10 Keep It A Secret - Gene Vincent and The Blue Caps02'07
11 Yes I Love You Baby - Gene Vincent and The Blue Caps02'08
12 By The Light Of The Silvery Moon - Gene Vincent and The Blue Caps02'04
13 Right Now - Gene Vincent and The Blue Caps02'15
14 You'll Never Walk Alone - Gene Vincent and The Blue Caps02'39
15 I Got A Baby - Gene Vincent and The Blue Caps02'19
16 Dance In The Street - Gene Vincent and The Blue Caps02'14
17 Git It - Gene Vincent and The Blue Caps02'29
18 I Love You - Gene Vincent and The Blue Caps01'52
19 Teenage Partner - Gene Vincent and The Blue Caps02'20
20 You Gave Me Peace Of Mind - Gene Vincent and The Blue Caps02'27
21 Lovely Loretta - Gene Vincent and The Blue Caps02'06
22 Little Lover - Gene Vincent and The Blue Caps02'02
23 Rocky Road Blues - Gene Vincent and The Blue Caps02'09
« Screamin’Kid » par Blues & Co

De son vrai nom Eugene Craddock, l’icône au cuir noir est né le 11 février 1935 à Norfolk en Virginie et a malheureusement disparu le 12 octobre 1971 dans un hôpital californien. Sous influence de chants religieux, Gene Vincent va transmettre une sensibilité et une émotion qui lui vaudront le surnom de Screamin’Kid. C’est au cours d’une permission de l’US Navy qu’il aura un accident de moto. Sa jambe s’est trouvée encastrés dans l’armature de sa bécane. C’est dans cet état physique douloureux et torturé par la souffrance qu’il débutera la scène du rock and roll . Cela le poursuivra tout au long de sa carrière artistique. Reconnu par tous les puristes, Gene Vincent prendra une des places les plus importantes dans ce domaine par son immense talent, sa sincérité, sa fibre, son feeling et son refus de faire des concessions au show business. Le label Frémeaux&Associés toujours aussi sérieux dans son travail de présentation vous donne la possibilité de vous procurer ce magnifique coffret de trois CDs reprenant 68 titres enregistrés chez Capitol entre 1956 et 1958 par cette légende et de préserver ainsi des agressions d’un saphir ou diamant mal entretenu, les magnifiques reliques enregistrées en vinyles. Vous allez retrouver avec le même plaisir tous ces classiques qui ont fait vibrer plusieurs générations de rockers. De « Race with the devil » à « Be bop a lula » en passant par « Blue jean bop » « Cruisin’ », « Lotta lovin’ », « Git it », « Rocky road blues »… mais aussi toutes ces ballades que notre Gegene chantait de sa voix plaintive inimitable : « Baby blue », « Important words » ou encore « Frankie and Johnny » . Il est accompagné par les célèbres Blue Caps dont a fait partie le génial guitariste Cliff Gallup qui a influencé un nombre incroyable de musiciens. Le plus renommé étant Jeff Beck. Un autre excellent guitariste Johnny Meeks lui succède principalement sur le troisième disque où figurent « Right now », « Flea brain »… Pour les collectionneurs, signalons : « Houng dog » et « Be bop a lula » enregistrés en live au WINS Radio en août 1957. Bruno MARIE – BLUES & CO




« L’un des deux ou trois « intouchables » » par le Cri du Coyote

Peu d’artistes ont généré autant de fans que certains grands aînés du rock’n’roll (avec toutes les nuances qu’on a peu à peu déterminées, du jump blues au rickabilly) et Gene Vincent est sans doute l’un des deux ou trois « intouchables » pour les amateurs de cette esthétique. Il est encore vénéré, en particulier par de nombreux européens, et son souvenir en France même, ne semble pas s’atténuer. Sa discographie est connue, accessible pour l’essentiel, et Internet relie maintenant les archives d’un peu partout, ce qui permet à la fois de perpétuer son souvenir et, surtout, de pouvoir écouter sa musique. Le bon livret de Bruno Blum permettra aux « moins pointus » de Coyotes de faire le tour des anecdotes, d’apprécier la chronologie de Blues Caps, de rappeler l’influence de Cliff Gallup sur quasiment tous les guitaristes de rock qui l’ont entendu, enfin de mettre en perspective historique, les succès musicaux d’Eugene Vincent Craddock. C’est que cette période (1956-1958) a vu la confluence et l’apport d’une musique qui a marqué son temps et continue de nous titiller. Même dans les endroits les plus isolés de cette planète on a un jour entendu « Be-Bop-A-Lula » et, comme tout le monde, on ne l’a jamais oublié. Ce coffret (3CD) permet de retrouver cette magie, comme celle de quelques « tubes », puisqu’il propose 69 titres.
Par J.B. – LE CRI DU COYOTE




« Deux pionniers légendaires » par l’Echo Républicain

Les éditions Frémeaux viennent de sortir deux coffrets consacrés à deux pionniers légendaires du rock’n’roll : Gene Vincent et Bo Diddley (notre photo). A eux deux, ils ont écrit quelques belles pages de la musique des années 50, que l’on retrouve sur « The Indispensable ». Le volet consacré à Gene Vincent, avec un son remasterisé à la perfection, est exceptionnel, et permet de redécouvrir des merveilles comme « Be-bop-a-lula, Catman, Bluejean Bop ».
Par L’ECHO REPUBLICAIN




« La crème du rockabilly » par Gilles Verlant / France Bleu

« Aujourd'hui, nous allons nous souvenir de l'un des plus brillants pionniers du rock'n'roll et de comment il est mort dans la misère, oublié de tous, à 36 ans seulement – et ça, c'est scandaleusement injuste ! Vincent Eugene Craddock, dit Gene Vincent, dit Gégène, est né en 1935 en Virginie. À 17 ans, il s'engage dans la marine. Trois ans plus tard, il bousille sa jambe gauche dans un terrible accident de moto. Comme il refuse de se faire amputer, on le soigne tant bien que mal mais pour le reste de sa courte vie, Gene Vincent va boiter et souffrir le martyre. Et c'est sur son lit d'hôpital, selon la légende, qu'il écrit les paroles de la chanson qui, en 1956, va faire de lui une star. Si l'on reparle du scandaleux Gene Vincent c'est parce qu'un coffret 3 CD est sorti récemment, qui contient ses 66 premiers enregistrements, tous réalisés entre 1956 et 1958. Autrement dit la crème du rockabilly, réédité et remastérisé, comme on dit, par le musicologue français Bruno Blum pour le label Frémeaux. Dans le livret qui accompagne le coffret il n'a pas de mots assez élogieux pour décrire le jeu de guitare de Cliff Gallup, qui fut pour beaucoup dans le succès de Gene Vincent. Ecoutez ça, c'est une merveille. Au fait, savez-vous pourquoi le groupe de Gene Vincent avait été baptisé "The Blue Caps", en français "les casquettes bleues" ? Eh ben c'est à cause du batteur, qui était toujours coiffé d'un béret bleu. Du coup les autres musiciens l'avaient imité, et le nom était resté. u printemps 1960 le destin joue à nouveau une vacherie à Gene Vincent : alors qu'il tourne en Grande-Bretagne, en compagnie de son collègue et ami Eddie Cochran, il est une fois encore victime d'un terrible accident lorsque le taxi dans lequel ils ont pris place s'encastre dans un réverbère. Gene Vincent souffre de blessures et de contusions diverses, mais il y a plus grave : son pote Eddie Cochran, emporté à l'hôpital, meurt quelques heures plus tard. Parmi les fans de Gene qui sont horrifiés par ce drame, on trouve un gamin de 17 ns qui fait partie du groupe semi-professionnel Ze Beatles, un certain Paul McCARTNEY. Là, c'était Paul McCARTNEY reprenant l'un des titres les plus célèbres de son idole Gene Vincent, dont la fin de carrière fut tragique. Poursuivi par le fisc américain, mais aussi par ses anciens musiciens à qui il devait de l'argent, ce grand voyou claudiquant se réfugia en Europe et tourna régulièrement en France et en Grande-Bretagne. En 1971, fauché comme  les blés, il retourna aux États-Unis pour mettre de l'ordre dans ses affaires. Et c'est là qu'il mourut, des suites d'un ulcère à l'estomac. Gene Vincent, martyr du rock'n'roll, on ne t'oubliera jamais et on dansera encore longtemps le Blue Jean Bop ! »
Par Gilles VERLANT – FRANCE BLEU




‘I Thoroughly enjoyed just about everything here’ by Blues & Rhythm

Norfolk, Virginia-born Vincent Eugene Craddock should need no introduction for the majority of readers – as Gene Vincent he recorded ‘Be Bop A Lula’ in 1956 and plenty of other rock’n’roll material for Capitol Records, though Gene has been redefined more as a rockabilly performer these days. This three CD set contains his first recordings, from ‘Race With The Devil’ onwards, meaning that not only are the well-known hits like ‘Bluejean Bop’ and ‘Dance To The Bop’ present, alongside frantic rockers such as ‘Gomma Back Up Baby’, ‘Jump Back, Honey, Jump Back’, ‘Hol Me, Hug Me, Rock Me’ and the collection closer, ‘Rocky Road Blues’, but also his interpretations of standards such as ‘Up A Lazy River’ and ‘Peg O’ My Heart’, witch do (incredibly) at least keep some elements of rockabilly. He also has a bluesy touch – try ‘Jumps Giggles And Shouts’ for an unlikely sounding example, the Bo Diddley influenced ‘Cat Man’, or ‘Pretty Pretty Baby’, and there is a Fats Domino influence descenible on his versions of ‘Your Cheatin’ Heart’ and ‘By The Light Of The Silver Moon’. ‘I Love You’ and ‘Little Lover’ are successful attemps at a Buddy Holly flavoured approach. In general though, Gene’s vocal are often very similar to those of Elvis and there is a live version of ‘Hound Dog’ from August 1957 to underline the comparison ; ditto the presence of The Jordanaires on some tracks. Cliff Gallup plays excellent guitar on nearly every song on wich he appears – listen to him tear it up on ‘Cruisin’ – as later does Johnny Meeks. Eddie Cochran even turns up as a backing vocalist on some of the last titles here. All these sides predate Gene’s move the britain. As a callow youth, I do recall seeing him on television in the 60s ‘, when he seemed to be the quintessential rocker – but although I was only familiar with some of these numbers, I Thoroughly enjoyed just about everything here. Norman DARWEN – BLUES & RHYTHM




« Le souvenir de Gene perdure et c’est très bien » par Le Cri du coyote

« Bien sûr, les fans de longue date possèdent déjà ces enregistrements en vinyle et, certainement, aussi le coffret EMI. Ils peuvent donc faire la fine bouche devant une compilation 3 CD regroupant les titres de Gene et les Blue Caps du 4 mai 1956 au 27 mars 1958 et offrant la quintessence de la production, dans l’ordre chronologique, sauf les versions de Hound dog et Be bop a Lula enregistrées lors d’une émission d’Alan Freed à radio WINS en août 1957 et placées à la fin du premier CD. Mais ce coffret est le bienvenu, car il peut faire découvrir Gene à la génération actuelle, permettre de compléter une discothèque et que, de toute façon, lorsqu’il est question de Gene, rien n’est superflu. Ajoutons-y la très belle photo de pochette résumant parfaitement l’image à la Janus du personnage, avec son air mi ange mi démon et un livret circonstancié de Bruno Blum. Le souvenir de Gene perdure et c’est très bien. »
Par Bernard BOYAT – LE CRI DU COYOTE





« Coffret indispensable » par Rock & Folk

Ok le graphisme chez Frémeaux n’est pas des plus bandants, et ces gros boîtiers en plastique contenant deux ou trois CD semblent avoir été stockés vers 1988. Mais pour le son et le travail de compilation, ces gens rivalisent avec la crème internationale, de type Bear Family ou Rhino, il y a vingt ans. Le dernier coffret copieux dédié à Gene Vincent (Capitol/Emi), remontant au début des années 90, il va sans dire qu’il y a un sacré manque. Et voici que ces maniaques de la restauration sortent, comme ça, 68 titres du grand rocker à la jambe raide, captés pendant sa période dorée, entre 1956 et 1958 – oui, vous avez bien lu, 68 titres gravés en 24 mois – pour le studio Capitol, réputés pour la qualité sonore de leurs enregistrements. Frémeaux & Associés en livre une version inouï, une leçon humiliante de haute-fidélité. Voici enfin Gene et ses Blue Caps, tels qu’on ne les avaient jamais entendus. Il y a d’abord la période avec Cliff Gallup, le guitariste fou, qui jouait d’ailleurs de manière très jazz et chorussait comme un boppeur, citant des bouts de morceaux connus durant ses improvisations, avec un swing extraordinaire. Une poignée de titres classiques et de solos déments sont gravés, changeant la face du rock’n’roll a jamais. Quelques mois plus tard Johnny Meeks le remplace. Il ne faut pas le sous-estimer ; plus rock’n’roll, moins délicat, il fait, lui aussi, des merveilles. Le tout baigne dans l’écho phénoménal des studios Capitol, la voix de Gene est alors inégalable de pureté. Entre les rockabilly furieux, emmenés sur des tempos inédits à l’époque (« Jump Back, Honey, Jump Back », « Who slaped John », « Race with the Devil », « Bluejean Bop » ou le frénétique « B-I-Bickey-Bi, Bo-Bo-Go ») se calent avec une grâce inégalée certains des plus belles ballades de la période fifties. On est encore traumatisé par plusieurs de ces pépites : « Time Will Bring You Everything », « You Belong To Me », « Waltz Of The Wind », « You’ll Never Walk Alone » ou « Important Words ». Là, la voix de Vincent Eugene Craddock devient celle d’un ange, tandis que le vibrato des stratocaster place des flèches dans le cœur. L’étoile de Gene Vincent n’a pas brûlé durablement, sans doute parce que son répertoire, aussi fabuleux soit-il, manquait de tubes rivalisant avec ceux d’Elvis, de Buddy Holly ou de son ami Eddy Cochran ; à l’exception de « Be-Bop-A-Lula », rien ne pouvait toucher les masses comme l’ont fait « Heartbreak Hotel », « Peggy Sue » ou « Twenty Flight Rock ». Mais tout de même, quelle classe… Coffret indispensable. ROCK & FOLK




« La voix de Gene reste unique » par Soul Bag

"Quand Gene Vincent enregistre « Be bop a lula », le 4 mai 1956, il porte déjà en lui sa destruction inéluctable. Depuis l’accident de moto en juillet 55, sa jambe ne cesse de le faire souffrir, ce qui le mènera à l’alcool et aux drogues et à une aide mécanique, couplée à sa future tenue de cuir noir, contribuera à construire son image de rocker maudit jusqu’à sa mort en 1971. Osons affirmer que Gene seul peut porter ce titre : Buddy holly et Eddie Cochran mourront jeunes, Johnny Burnette virera crooner, Bill Haley se figera dans une posture passéiste, Elvis vivra plus longtemps mais changera de monde. Le seul à suivre le chemin du rock, avec un succès limité, c’est Eugene Vincent Craddock, né en 1935 et touché par la grâce en 1956 avec ses enregistrements Capitol, entouré de son propre groupe, tellement bon que les requins de studio convoqués par le label ont laissé les instruments dans les étuis. Tous les titres avec le fantastique Cliff Gallup à la guitare sont repris puis un premier lot de ceux avec Johnny Meeks. Si le son change, la voix de Gene reste unique, capable de fulgurances très blues."
Par Christophe MOUROT – SOUL BAG




« Une excellente qualité sonore et un livret bien documenté » par Blues Again

« Belle compilation regroupant  les enregistrements de 1956 à 1958 de l'auteur du classique ‘Be Bop A Lula’. On peut redécouvrir la période la plus prolifique du chanteur et compositeur. Ses premiers enregistrements avec les Blue Caps et son guitariste d’exception Cliff Gallup. Gégène aura eu une carrière courte mais fidèle à son style de prédilection. Puriste rockab, hoqueteur parfait, guitare pincée et sonorité déposée. Il garde donc pour ces raisons la sympathie de nombreux amateurs tant son style nous plonge directement dans les années 50, à la croisée des chemins des musiques d'ascendance blues & country. Au menu de ce recueil de 68 titres (3 CD) enregistrés pour Capitol, le rockabilly sauvage de ‘Race With The Devil’, (lui qui faillit être amputé suite à un accident de moto) : « ...j'ai vécu une mauvaise vie qu'ils disent, mais le jour du jugement dernier, le diable ne pourra pas me rattraper, j'ai dit fonce, hot Rod, fonce ! », la superbe version envoûtante de ‘Jezebel’, où la voix de l'ange maudit du rock’n'roll nous enveloppe. Du plus sirupeux ‘You Belong To Me’ aux terriblement efficaces et sautillants ‘Right Now’ et ‘I Got A Baby’, cette anthologie Fremeaux se révèle réussie une fois de plus, et cela passe par une excellente qualité sonore et un livret bien documenté. »
Par Nicolas MILIANI – BLUES AGAIN




« Une excellente qualité sonore et un livret bien documenté » par Blues Again

« Belle compilation regroupant  les enregistrements de 1956 à 1958 de l'auteur du classique ‘Be Bop A Lula’. On peut redécouvrir la période la plus prolifique du chanteur et compositeur. Ses premiers enregistrements avec les Blue Caps et son guitariste d’exception Cliff Gallup. Gégène aura eu une carrière courte mais fidèle à son style de prédilection. Puriste rockab, hoqueteur parfait, guitare pincée et sonorité déposée. Il garde donc pour ces raisons la sympathie de nombreux amateurs tant son style nous plonge directement dans les années 50, à la croisée des chemins des musiques d'ascendance blues & country. Au menu de ce recueil de 68 titres (3 CD) enregistrés pour Capitol, le rockabilly sauvage de ‘Race With The Devil’, (lui qui faillit être amputé suite à un accident de moto) : « ...j'ai vécu une mauvaise vie qu'ils disent, mais le jour du jugement dernier, le diable ne pourra pas me rattraper, j'ai dit fonce, hot Rod, fonce ! », la superbe version envoûtante de ‘Jezebel’, où la voix de l'ange maudit du rock’n'roll nous enveloppe. Du plus sirupeux ‘You Belong To Me’ aux terriblement efficaces et sautillants ‘Right Now’ et ‘I Got A Baby’, cette anthologie Fremeaux se révèle réussie une fois de plus, et cela passe par une excellente qualité sonore et un livret bien documenté. »
Par Nicolas MILIANI – BLUES AGAIN




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