MARC BENHAM (SOLO PIANO)

HERBST

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Artiste Marc Benham
Livret : 4 pages
Nombre de CDs : 1


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FA578

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« Véritablement nourri de toute l’histoire de la musique de jazz, Marc Benham possède à un très haut niveau toutes les qualités attendues d’un authentique musicien : technique, feeling, sens harmonique et invention mélodique. Il a su incorporer dans son langage, pétri de tradition, toutes les avancées des styles qui ont suivi. Un vraiment beau pianiste, tel que je les aime. »

Martial SOLAL

« Marc Benham figure parmi les pianistes les plus prometteurs de sa génération. Une esthétique moderne et lyrique unique qui emprunte tant au piano Stride de la Harlem Renaissance de Fats Waller, à l’impressionnisme d’Erik Satie, qu’à la modernité d’un Keith Jarrett. »

Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX

Marc Benham Solo piano Herbst FA578

MARC
BENHAM

SOLO PIANO
HERBST










 

« Véritablement nourri de toute l’histoire de la musique de jazz, Marc Benham possède à un très haut niveau toutes les qualités attendues d’un authentique musicien : technique, feeling, sens harmonique et invention mélodique. Il a su incorporer dans son langage, pétri de tradition, toutes les avancées des styles qui ont suivi. Un vraiment  beau pianiste, tel que je les aime. » 
Martial SOLAL


“Genuinely nurtured by the entire history of jazz, Marc Benham, at a very high level, has all the skills you’d expect from an authentic musician: technique, feeling, melodic invention and a sense of harmony. His own language is steeped in tradition, and he has managed to incorporate all the stylistic advances that have appeared since. A really fine pianist, the way I like them.” 
Martial SOLAL


Si je devais me définir  musicalement,

Je dirais que je me considère comme un pianiste de Jazz d’influence stride, New-Orleans, qui aurait « mal tourné ». Enfant, j’ai découvert cette musique au contact de mon père, saxophoniste de Dixieland et adorateur de Swing, mais à une époque où le Jazz-Fusion battait son plein. J’ai donc été initié dans la même période à James P. Johnson et à Chick Corea. Ce fût un choc de m’entendre dire que ces deux hommes étaient tous deux des jazzmen, tant je trouvais leurs musiques différentes.

Je me suis par la suite énormément intéressé à tous ces pianistes, ces musiciens qui constituaient le lien entre ces deux personnages, et j’ai pu constater que les harmonies que je trouvais extrêmement modernes dans les années 90 étaient déjà employées par Art Tatum, Thelonious Monk, Duke Ellington ou Martial Solal, depuis belle lurette. (Et je ne parle pas bien-sûr, de leur leur utilisation dans la musique classique, mais ceci ne m’est apparu que plus tardivement.)

Cela m’a en quelque sorte décomplexé esthétiquement, et j’ai décidé de creuser mon vocabulaire stride dans une direction moderne, d’abord au travers de l’étude du style de mes musiciens favoris, puis par l’écriture de compositions qui expriment mon propos, et aussi, depuis toujours, en jouant les standards de jazz, terrain de jeu  idéal et propice aux aventures les plus saugrenues tout en se rattachant au fil d’une mélodie ou une suite d’accords connus.

J’ai donc voulu que ce disque soit un reflet fidèle de mon travail, entre thèmes populaires, compositions, et aussi  improvisations libres, (Heures Perdues 1,2 et 3), et dont l’alliance me parle.

Bonne écoute ! 
Marc BENHAM

If I had to define myself musically I’d say I consider myself a New Orleans/stride-influenced piano-player who ‘turned bad»… When I was young I discovered that music thanks to my father, a Dixieland saxophonist who worshipped Swing… but during a period when jazz-fusion was the thing. So I was initiated at the same time into James P. Johnson and Chick Corea... It was quite a shock when I was told that they were both jazzmen, because I found their music to be very different.

I later took a lot of interest in all the pianists and musicians who formed a link with those two characters, and I could see that the harmonies I found extremely modern in the Nineties had already been used for ages by Art Tatum, Thelonious Monk, Duke Ellington or Martial Solal. (And of course, I’m not talking about their use in classical music; that was something I only understood much later).

It somehow removed my aesthetic complexes, and I decided to dig deeper into my stride vocabulary, taking a modern direction: first by studying the styles of my favourite musicians, and then writing my own compositions to express what I wanted to say; and also, always, by playing jazz standards, an ideal playground for getting into the strangest adventures while still keeping to the thread of a melody or a recognized series of chords.

I wanted this record to faithfully reflect my own work, with popular tunes, compositions and free improvisations (“Heures Perdues 1,2 & 3”) coming together in an alliance which really has meaning for me.

Enjoy listening! 
Marc BENHAM

1-  JUST YOU, JUST ME (Jesse Greer) 3’02
2-  HERBST (Marc Benham)  6’02
3-  THINK OF ONE (Thelonious Monk) 4’00
4-  HEURE PERDUE 1 (Marc Benham) 4’05
5-  ANGELICA (Duke Ellington)  4’11
6-  IDÉE DE BUENOS AIRES (Marc Benham) 4’37
7-  BEAU BLAISE (Marc Benham) 3’44
8-  HEURE PERDUE 2 (Marc Benham) 3’05
9-  THAT’S ALL (Brandt/Haymes) 4’52
10-  BISTROLOGY (Marc Benham)  1’36
11-  LA FILLE DE LAMPAUL (Marc Benham) 2’20
12-  HEURE PERDUE 3 (Marc Benham) 2’01
13-  TEA FOR TWO (Youmans/Caesar) 2’33
14-  SUPER MARIO LAND (Hirokazu “Hip” Tanaka) 4’13

Titres 2, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12 : Éditions musicales Frémeaux & Associés

Remerciements
Pour leurs conseils, leur aide et leur confiance en cet album,merci à Émilien Guillon, Max Jesion, Gérard de Haro, Nicolas Baillard, Steve Benhamou, César Poirier, Jef Giansily, Julien Glowinski, Eric Wilms, Benjamin Goldenstein, Augustin Bondoux, Patrick Frémeaux et Martial Solal. Merci aussi à Clara, mes parents et toute ma famille.

À la mémoire de Jean Ullern, Bernard Maury et Serge Luc.

Photo : Thomas Louapre
Conception graphique : L. Calrissian
Fabrication et distribution : Groupe Frémeaux Colombini SAS
Droits : Frémeaux & Associés
© 2013 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS – GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI

« Marc Benham figure parmi les pianistes les plus prometteurs de sa génération. Une esthétique moderne et lyrique unique qui emprunte tant au piano Stride de la Harlem Renaissance de Fats Waller, à l’impressionnisme d’Erik Satie, qu’à la modernité d’un Keith Jarrett. »  
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX

“Marc Benham is one of the most promising pianists of his generation. He has a modern, lyrical aesthetic which borrows from the Harlem Renaissance stride piano of Fats Waller just as much as from Erik Satie’s Impressionism and the modernity of a Keith Jarrett.” 
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX
CD SOLO PIANO HERBST, MARC BENHAM © Frémeaux & Associés 2013 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Just You, Just Me - Marc Benham03'01
02 Herbst - Marc Benham06'01
03 Think of One - Marc Benham04'00
04 Heure Perdue - Marc Benham04'04
05 Angelica - Marc Benham04'11
06 Idée de Buenos Aires - Marc Benham04'37
07 Beau Blaise - Marc Benham03'44
08 Heure perdue - Marc Benham03'04
09 That's All - Marc Benham04'51
10 Bistrology - Marc Benham01'36
11 La Fille de Lampaul - Marc Benham02'20
12 Heure perdue - Marc Benham02'01
13 Tea for two - Marc Benham02'33
14 Super Mario Land - Marc Benham04'13
« Entre Harlem piano et Modern jazz » par Libération

Exemple de grand écart entre deux styles (le Stride des années vingt et le Jazz-Rock première mouture), le pianiste parisien Marc Benham reste avant tout attaché à la notion d'émulation. Son père est saxophoniste de Dixieland. Son frère amateur de Jazz-Rock. Comment l'enfant du Nord de Paris peut-il rester insensible aux deux genres certes opposés dans le siècle, mais caractérisés par la virtuosité instrumentale? Marc Benham, né en 1980, ne s'est pas laissé déchirer. Entre les études au Conservatoire du 17e arrondissement, il joue à 14 ans dans la formation de son père et, à la maison, repique les solos de Joe Zawinul et de Chick Coréa sur les vinyles du frangin. Il découvre les solistes du Stride de Harlem, les décollages vertigineux de Donald Lambert, les ritournelles démentielles de James P Johnson. La révélation. Le Parisien n'en reviendra jamais : "l'indépendance des interprètes et la richesse du style m'a ébloui". A 18 ans, les contrats de musicien tombent en rafale. Benham continue d'étudier  le Baroque (Bach) et les Romantiques, (Schuman, Chopin), mais s'immerge dans les parties de Keith Jarrett, marqué par le classique, mais qui "swinguent parfois incroyablement". Il s'émerveille de l'univers et de l'approche uniques de Thelonius Monk, lui aussi piqué de stride, dont il reprendra Think of One. Là, coup de chance : un ami lui présente le fondateur de la Bill Evans Academy à Paris, le pianiste Bernard Maury, une éminence. Il fréquente, deux années durant, l'école de la rue des Amandiers, devient son disciple. La vision de la musique change. Singulièrement, Benham n'essaie pas de décalquer la patte d'Evans, comme beaucoup de ses contemporains... "même si j'ai adopté ses renversements harmoniques". On retrouve l'esprit de Bill Evans dans la composition Idée de Buenos Aires, sur l'excellent Hebst, le premier album, salué par Martial Solal, chroniqué ici le mois dernier. Pourquoi le pingouin en visuel de la couverture du CD? "Parce que le pianiste s'efface derrière son costume de scène pour assurer le show. Il abandonne tout au public, à commencer par la promesse de ne  pas s'ennuyer". Pourquoi  Hebst? Parce que le mot signifie Automne en langue allemande. La saison qui relie l'été à l'hiver évoque la notion de saut entre deux mondes et résume bien son style. Miles avait déjà réquisitionné comme titre de morceau le mot anglais (Fall)... Benham s'est naturellement retourné vers le vocabulaire de sa grand-mère viennoise. Miles, autre spécialiste de l'enjambement d'un style à l'autre... Il a raison. Quand on vibre, pourquoi s'immobiliser? Bruno PfeifferExemple de grand écart entre deux styles (le Stride des années vingt et le Jazz-Rock première mouture), le pianiste parisien Marc Benham reste avant tout attaché à la notion d'émulation. Son père est saxophoniste de Dixieland. Son frère amateur de Jazz-Rock. Comment l'enfant du Nord de Paris peut-il rester insensible aux deux genres certes opposés dans le siècle, mais caractérisés par la virtuosité instrumentale? Marc Benham, né en 1980, ne s'est pas laissé déchirer. Entre les études au Conservatoire du 17e arrondissement, il joue à 14 ans dans la formation de son père et, à la maison, repique les solos de Joe Zawinul et de Chick Coréa sur les vinyles du frangin. Il découvre les solistes du Stride de Harlem, les décollages vertigineux de Donald Lambert, les ritournelles démentielles de James P Johnson. La révélation. Le Parisien n'en reviendra jamais : "l'indépendance des interprètes et la richesse du style m'a ébloui". A 18 ans, les contrats de musicien tombent en rafale. Benham continue d'étudier  le Baroque (Bach) et les Romantiques, (Schuman, Chopin), mais s'immerge dans les parties de Keith Jarrett, marqué par le classique, mais qui "swinguent parfois incroyablement". Il s'émerveille de l'univers et de l'approche uniques de Thelonius Monk, lui aussi piqué de stride, dont il reprendra Think of One. Là, coup de chance : un ami lui présente le fondateur de la Bill Evans Academy à Paris, le pianiste Bernard Maury, une éminence. Il fréquente, deux années durant, l'école de la rue des Amandiers, devient son disciple. La vision de la musique change. Singulièrement, Benham n'essaie pas de décalquer la patte d'Evans, comme beaucoup de ses contemporains... "même si j'ai adopté ses renversements harmoniques". On retrouve l'esprit de Bill Evans dans la composition Idée de Buenos Aires, sur l'excellent Hebst, le premier album, salué par Martial Solal, chroniqué ici le mois dernier. Pourquoi le pingouin en visuel de la couverture du CD? "Parce que le pianiste s'efface derrière son costume de scène pour assurer le show. Il abandonne tout au public, à commencer par la promesse de ne  pas s'ennuyer". Pourquoi  Hebst? Parce que le mot signifie Automne en langue allemande. La saison qui relie l'été à l'hiver évoque la notion de saut entre deux mondes et résume bien son style. Miles avait déjà réquisitionné comme titre de morceau le mot anglais (Fall)... Benham s'est naturellement retourné vers le vocabulaire de sa grand-mère viennoise. Miles, autre spécialiste de l'enjambement d'un style à l'autre... Il a raison. Quand on vibre, pourquoi s'immobiliser?
Par Bruno PFEIFFER - LIBERATION




« Le sens mélodique de Duke Ellington » par Libération

« Marc Benham Voilà le pianiste comme on l'apprécie, irrigué par la tradition du stride de James P. Johnson, par les recherches acrobatiques d'un Martial Solal, et par les avancées de Thelonius Monk (Think of One). On retrouve en filigrane le sens mélodique de Duke Ellington, dont Benham livre une convaincante Angelica. Par le jeu, par les idées, par la limpidité du toucher, par l'évidence du phrasé, par l'ouverture sur les champs d'exploration, le Français capte l'attention. »
Par Bruno PFEIFFER - LIBERATION





« Un grand et beau CD qu’on réécoute » par On Mag

« La musique étant essentiellement un art collectif, on peut estimer que le solo de piano, ou de tout autre instrument, déroge à la règle. C’est vrai, et c’est d’autant plus risqué, car là, on se trouve face à soi-même et surtout face à tous ceux qui ont essayé avant vous. Et Dieu sait combien, parmi eux, il y a eu de génies. Passer après Chopin, Liszt, Satie, certes, est redoutable, mais également passer après Thelonious Monk, Bill Evans, Erroll Garner, Art Tatum, James P. Johnson, Claude Bolling ou Keith Jarrett, ce n’est pas simple non plus. Marc Benham ose et il a un style qui lui est bien particulier. Imaginez le stride de Fats Waller (un sorte de boogie-woogie acrobatique où la main gauche semble sauter d’un bord à l’autre) qui lui aurait été enseigné par MacCoy Tyner ou Chick Corea. Il réinterprète, à sa sauce, des grands standards (« Just You Just Me », « Angelica » du Duke, « That’s All », « Tea for Two ») ou bien joue ses propres compositions, dont trois délicieuses « Heures perdues » qui ne sont pas perdues pour tout le monde. Beaucoup d’espiègleries et de clins d’œil chez ce pianiste éminemment doué et facétieux qui n’hésite pas à réinterpréter un morceau d’Hirokazu Tanaka, l’auteur bien connu de chez Nintendo qui composa, pour la Game Boy, en 1990, ce « Super Mario Land » dans lequel, souvenez-vous, Super Mario affrontait Tatanga le Maléfique. Et je puis vous affirmer que c’est du sacrément bon jazz. Au total, un grand et beau CD qu’on réécoute. »
Par Michel BEDIN – ON MAG




« Voilà un pianiste … qui capte l’attention » par So Jazz

Voilà un pianiste comme on les apprécie, irrigué par la tradition tonique du stride de James P. Johnson, par les recherches acrobatiques d’un Martial Solal et par les avancées de Thelonious Monk (« Think Of One »). On retrouve en filigrane le sens mélodique de Duke Ellington, dont Benham livre un convaincant « Angelica ». Par le jeu, par les idées, par la limpidité du toucher, par l’évidence du phrasé, par l’ouverture sur les champs d’exploration, le Français capte l’attention.
Par Bruno PFEIFFER – SO JAZZ




« L’un des pianistes avec qui il faudra compter » par Nouvelle Vague

Alors que la plupart des « nouveaux pianistes », comme frappés d’une sombre malédiction transmettent à leur clavier toute la misère du monde, Marc Benham, (est-ce l’effet de fréquents séjours à Mougins ou de son intime connaissance de toute l’histoire du piano jazz ?), opte pour la fraîcheur et la lumière. Au fil de compositions délicates mais limpides et des reprises inspirées et subtilement enrichies (de Monk à Ellington, ou de « Just You » à « Tea For Two »), Marc Benham, pour son premier CD en solo , s’impose comme l’un des pianistes avec qui il faudra compter. Toucher magnifique, inspiration généreuse, technique ahurissante. Un rêve ! Martial Solal, orfèvre en la matière, a adoré. Je partage son enthousiasme !
Par Daniel CHAUVET – NOUVELLE VAGUE




« Un album des plus prometteurs » par Jazzmagazine- Jazzman

Les américains qualifieraient sans doute, et à juste titre, Marc Benham de musicien " versatile ". A savoir que dans son jeu coexistent des styles différents, du stride de James P. Johnson et Fats Waller à Keith Jarret et Chick Corea, avec des réminiscences harmoniques de Claude Debussy et d’Eric Satie. Improbable melting pot. Or, ce qui pourrait n’être que démarquage plus ou moins habile, collage aussi incongru qu’aléatoire, revêt sous ses doigts une unité telle que son idiome en acquiert une indéniable originalité. Avec, en outre, une parfaite fluidité. Tel est le talent de ce pianiste qui mêle, au sein d’un même morceau, les climats les plus divers, suggère tour à tour joie et mélancolie, recueillement et allégresse. Ainsi de ses compositions et de l’improvisation libre intitulée " Heure perdue ", déclinée en trois épisodes. Et aussi des standards intemporels, " Just You, Just Me, Tea For Two " le monkien "Think Of One” ou “Angelica” de Duke Ellington, trop peu souvent joué. Il y a chez lui du Martial Solal, pour la virtuosité et la fantaisie. Pour la manière, aussi, de maîtriser toute l’histoire de l’instrument, sans s’appesantir, en usant de l’allusion et de la litote. Faut-il ajouter que Marc Benham possède une technique acquise par l’étude du piano classique ? Elle ne suffirait pas à le différencier de nombre de ses collègues s’il n’y joignait un toucher à la fois ferme et délicat, une invention mélodique et un sens des nuances et des dynamiques qui tiennent d’un bout à l’autre l’auditeur en haleine. Pas de doute, ce funambule inspiré, à la fois léger et profond, signe ici un album des plus prometteurs. Nul doute qu’on reparlera de lui.
Par Jacques ABOUCAYA – JAZZMAGAZINE - JAZZMAN




« Un toucher remarquable » par Jazz Hot

« C'est le premier album d'un jeune musicien qui entreprend le difficile exercice du piano solo. Et c'est une agréable découverte : l'homme possède toutes les qualités pour devenir un véritable interprète et un très bon musicien de jazz. Le programme de ce volume compte deux standards, deux classiques du jazz, cinq compositions personnelles et une musique d'animation sonore. L'album s'ouvre sur une très ancienne mélodie de Broadway, thème du film de Robert Z. Leonard, Marianne (1929), qui raconte la romance d'une jeune française (Marion Davies) avec un soldat américain (Lawrence Gray) venu en France pendant la Première guerre alors que son fiancé est au front et qu'il en reviendra aveugle… Benny Goodman popularisa cette mélodie en 1935, mais Fats Waller, Earl Hines, Teddy Wilson, Erroll Garner, Coleman Hawkins, Lester Young… et Ella en 1959 en donneront des versions remarquables. Ici, Marc Benham (qui ne joue pas le couplet verse, chanté dans le film) ne manque pas d'en donner une lecture « bopisante » (car la progression harmonique du thème servit de structure élémentaire à la composition de Monk, « Evidence » (1948 - 1962) dans l'introduction avant d'en revenir à une version stride revisitée. Le pianiste poursuit avec le titre éponyme, sorte d'improvisation harmonique d'où émerge progressivement la mélodie, qui ensuite est reprise dans une forme stride. L'atmosphère et l'organisation de cette pièce ne sont pas sans rappeler celles de « Lover » de Richard Rogers. Après l'exposition ad libitum du thème de « Think of One », le développement sur la pulsion stride, qui fonde toute la rythmique de Sphere, en découvre ses racines qui puisent dans l'univers de James P. Johnson. « Heure perdue », est un intermède ; la pièce emprunte à l'univers de Poulenc. « Angelica », enregistrée par le Maestro avec John Coltrane (Money Jungle en 1962), est ici réadaptée (avec un ajout de huit mesures) pour donner une logique à la thématique d'exposition originale proche du stride que le Duke tente d'installer avec « Trane » ; mais il y renonce, laissant le saxophoniste en trio pour ne réintervenir que dans la partie finale sur tempo "caraïbe". Benham, lui, installe une sorte de dialogue entre le pianiste Ellington des années 1920 avec le celui que Monk découvrira plus tard. « Idée de Buenos Aires », d'inspiration evansienne, est un « tableau de promenade ». Musique descriptive et de découverte. « Beau Blaise », commence sur une citation virtuose pour enchaîner sur une forme qui est un hommage à Garner. Bien balancé en même temps que rempli de surprises. « Heure Perdue 2 » est le second intermède impressionniste. « That's All » est exposé ad libitum. Le développement est formellement bien structuré dans une déconstruction savante et bien sentie. « Super Mario Land » est construit comme une invention en forme de variations sur un thème, tout à fait dans l'esprit des Children Corners… revu et corrigés et passé à la moulinette du jazz. C'est frais. Cet album est de qualité. Le musicien a réfléchi à ce qu'il fait. Le pianiste possède un toucher remarquable ; une clarté dans le jeu qui lui confère une musicalité assez rare. Il connaît le piano et son fonctionnement, cela s'entend. Son univers puise à l'esthétique de la musique française mais sans son maniérisme parfois insupportable. (…) A découvrir sans modération. »
Félix W. SPORTIS – JAZZ HOT