RAY VENTURA ET SES COLLÉGIENS (1928-1956)

ANTHOLOGIE 3 CD

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Artiste RAY VENTURA
Direction artistique : DANY LALLEMAND
Livret : 32 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5400

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Avec un sens inné du spectacle et de la mélodie, Ray Ventura fait partie de ces grands promoteurs du jazz en France.

Il a formé avec ses « Collégiens » l’un des plus brillants orchestres de l’âge d’or du music-hall. Des oeuvres de Paul Misraki, auteur de « Tout va très bien Madame la marquise » et « Qu’est ce qu’on attend pour être heureux», aux splendides interprétations de Henri Salvador et Sacha Distel, ce coffret 3 CD de Dany Lallemand permet de revenir sur la carrière de l’un des personnages les plus emblématiques de la musique populaire française.

Claude COLOMBINI FRÉMEAUX

Ray Ventura FA5400

RAY VENTURA
ET SES COLLÉGIENS 1928-1956
COFFRET 3 CDS









RAY VENTURA

Le jazz semble avoir fait timidement son apparition en France à partir de l’année 1917, avec l’importation discrète de quelques disques d’orchestres américains. Ce n’est pourtant qu’au cours des années 20 du siècle dernier que l’on a pu lire les noms de King Oliver, Fletcher Henderson, Louis Armstrong, Jelly Roll Morton, Red Nichols et d’autres orchestres spécialisés dans le fox-trot, tels Paul Whiteman et Ted Lewis, sur les étiquettes de quelques disques vendus dans les plus grandes villes de l’Hexagone. Parmi les premiers musiciens européens adeptes de cette nouvelle « musique syncopée » on peut citer dans une liste non exhaustive: l’orchestre du pianiste anglais Tom Waltham, Fred Mêlé et son « Jazz du Moulin Rouge », les trompettistes Julien Porret, Jean Berson, Gaston Lapeyronnie, Alex Renard, Philippe Brun, les trombones Léo Vauchant et Guy Paquinet, les saxophonistes Roger Berson, Roger Fisbach, André Ekyan, Edmond Cohanier, Alix Combelle, les pianistes Léo Poll (le père de Michel Polnareff), Raoul Gola, Lucien Moraweck, Jean Yatove, Stéphane Grapelli (par ailleurs l’excellent violoniste que l’on sait)… On va retrouver la plupart de ces musiciens avec Grégor et ses Grégoriens (le premier orchestre attractif français faisant cohabiter le spectacle, les chansons-sketches et le jazz) et le super orchestre britannique de Jack Hylton. C’est à coup sûr l’écoute des disques enregistrés par ces deux orchestres prestigieux et leurs prestations scéniques qui vont déclencher la vocation du jeune Raymond Ventura et de ses copains collégiens.

Aujourd’hui encore, le seul nom de Ray Ventura évoque aussitôt l’orchestre attractif le plus populaire, mais aussi le plus emblématique, du début des années 30 et jusqu’au lendemain de la Libération, date à laquelle Jacques Hélian et ses musiciens prirent le relais en s’imposant rapidement comme la meilleure formation d’Europe. A l’excep-tion de Fred Adison qui, avec ses chanteurs et solistes, ont popularisé quelques refrains restés dans nos mémoires (« Avec les pompiers », « Quand un gendarme rit »…), Ray Ventura n’eût guère à souffrir durant les années 30 de la concurrence de Grégor et ses Grégoriens, Jo Bouillon et Roland Dorsay, malgré la présence d’excellents musiciens et chanteurs au sein de ces orchestres. Ray Ventura fut l’ardent défenseur de toute la joie de vivre et d’une certaine insouciance avant la déclaration de guerre en 1939, à une époque où malheureusement la télévision n’existait pas. Ray Ventura fut aussi l’un des premiers, et trop peu selon ses aspirations, à introduire le jazz dans son répertoire, grâce à la présence de brillants solistes dont nous reparlerons plus loin.

Ray Ventura est né le 16 avril 1908 à Paris, d’un père israélite et d’une mère lorraine. C’est au Lycée Janson-de-Sailly dans le 16ème arrondissement que le jeune Raymond poursuit ses études tout en s’intéressant déjà au jazz, peu écouté et moins encore pratiqué à l’époque, et en prenant des leçons de piano et même d’harmonie. A partir de 1924, avec d’autres étudiants de son lycée, il monte plusieurs petits orchestres aux musiciens interchangeables, selon le temps laissé après les études et l’accomplissement du service militaire. Sans grandes connaissances musicales, mais heureusement avec la foi et l’inconscience de la jeunesse, ces étudiants animent des soirées privées, tout d’abord sous le nom de « Titcomb’s Orchestra » dont Raymond va rapidement prendre la place de pianiste, puis la direction en devenant les « Collegiate Five ». Ces musiciens amateurs n’envisagent aucunement une carrière professionnelle et les citer ici ne me semble pas indispensable, à l’exception toutefois de Edouard Stanton Foy dit Eddie Foy (saxo-alto et clarinette) et Ray Binder (trompette); un peu plus tard ils seront les piliers du premier véritable orchestre de Ray Ventura.

A partir de 1927, d’autres musiciens d’un excellent niveau vont augmenter les rangs de l’orchestre « Collegiate »: le pianiste Bob Vaz, Robert Degaille (trombone) et surtout les frères Arslanian: John (saxo-ténor) et Krikor (batterie et chant) qui prendra rapidement le pseudonyme de « Coco Aslan ». Ray Ventura, toujours très actif à la recher-che d’engagements, décroche un contrat avec les disques Columbia pour l’enregistrement de deux titres dont «I’m afraid of you» (CD1 - N°2) fixé dans la cire à Paris le 1er décembre 1928. Pour ce premier disque 78 tours, l’orchestre va être renforcé par quelques musiciens professionnels dont Alex Renard à la trompette et Dany Polo (saxo-alto et clarinette). Pour la première fois et avec l’accord de tous les musiciens, l’étiquette du disque mentionne: « Ray Ventura and his Collegians ». Pour ce titre, on notera aussi le surprenant solo de saxophone-basse attribué à un certain Serge Glykson. Pour quelle mystérieuse raison ce disque fut-il le seul réalisé chez Columbia? En effet, dès février 1929 et jusqu’en 1931 Ray Ventura et ses Collégiens vont enregistrer 46 faces pour le label Odéon. C’est sur cette étiquette que sont gravés au début de l’année 1929 « You’re the cream in my coffee » (CD1 - N°3) et « If I had you » (CD1 - N°4) pour lesquels d’autres musiciens professionnels viennent encore renforcer nos Collégiens et parmi eux: Philippe Brun à la trompette, Léo Vauchant au trombone, Stéphane Mougin au piano… Toujours en 1929, les Collégiens effectuent une première traversée Le Havre - New York (aller et retour) avec la Compagnie Générale Transatlantique, voyages gratuits pour sept musiciens seulement en échange de prestations quotidiennes sur le bateau. Pour cette première aventure américaine, Ray Ventura doit exceptionnellement jouer du saxo-basse. Un second voyage, sensiblement dans les mêmes conditions, est effectué en 1930, mais sans Ray Ventura, retenu par ses obligations militaires. Cette même année 1930, voit l’arrivée dans l’orchestre de musiciens de haut niveau: André Cauzard (trombone et arrangeur), Loulou Gasté (banjo et guitare), Louis Péqueux (contrebasse), Noël Chiboust (ici violoniste avant d’être trompettiste, pour finalement adopter la clarinette et le saxo-ténor) et surtout Paul Misraki qui cumule tous les talents : pianiste, chanteur, excel-lent arrangeur et exceptionnel auteur-compositeur qui, durant plus de deux décennies va écrire tout spécialement pour l’orchestre les chansons qui vont faire la gloire de Ray Ventura et sur lesquelles nous reviendrons plus loin. C’est précisément Paul Misraki qui, en 1931, écrit les paroles et la musique du fox-trot « Fantastique » qui aussitôt devient l’indicatif de l’orchestre. Une première version est enregistrée chez Odéon en octobre 1931 avec la participation chantée de Mademoiselle Spinelly (CD1 - N°1) comédienne de son vrai nom Élisa Fournier et créatrice de la chanson dans le film «L’amour à l’américaine» (1931) de Claude Heymann, avec aussi Suzet Maïs, Pauline Carton, André Luguet, Julien Carette… Née en 1887, Spinelly est décédée en 1966. Une seconde version, vocalement plus supportable, sera gravée en janvier 1932 pour les disques Decca, chantée par le saxophoniste Russel Goudey (CD1 - N°18). Durant son contrat avec les disques Odéon, Ray Ventura va plusieurs fois faire appel au chanteur Pierre Mingand, de son vrai nom Joseph Magnin (1900-1982) notamment pour l’enregistrement de « Mon idéal » (CD1 - N°5) et « Quand on tient le coup » (CD1 - N°6), deux chansons créées par Maurice Chevalier, au cours de sa période hollywoodienne, dans le film « Le petit café » (« Playboy of Paris » - 1930). Rappelons que Pierre Mingand fut le partenaire de Danielle Darrieux dans plusieurs films dont « Mauvaise graine » (1934) et « Mademoiselle Mozart (1935). C’est aussi pendant le contrat qui lie Ray Ventura avec les disques Odéon que sont enregistrées six faces pour le petit label Virginia installé à Nanterre, faisant l’objet de trois 78 tours édités en mai 1931 sur des galettes en matière souple et transparente, donc très fragiles et injouables sur les phonos de l’époque aux bras atrocement lourds. Parmi les six faces Virginia, aujourd’hui rarissimes en raison de leur faible tirage et de la fragilité des supports, j’ai retenu « Love for sale » de Cole Porter (CD1 - N°7) et « The girl friend of a boy friend of mine » (CD1 - N°8) dans des arrangements signés par le tromboniste Léo Vauchant lors de l’un de ses brefs passages à Paris.

Le contrat avec les disques Odéon étant arrivé à son terme en octobre 1931, c’est à partir du 10 décembre 1931, et jusqu’au 16 janvier 1935, que tous les disques de Ray Ventura vont être enregistrés pour l’étiquette Decca, soit un total de 130 faces réalisées pour la plupart à Londres et à Paris à partir de mars 1934. Ces activités discographiques sont menées parallèlement à de multiples prestations sur scène, dans les plus grandes salles parisiennes (l’Empire, le Paramount, le Bal des Petits Lits Blancs à l’Opéra, l’Alhambra, Bobino, la Salle Pleyel), les grandes villes de province et même à l’étranger (Londres, Amsterdam, Bruxelles…). Lors de tous ces spectacles, le répertoire fait la part belle au jazz avec les excellents solistes Ray Binder (trompette), Eddie Foy et Russel Goudey (saxo-alto), Georges Effrosse (violon), mais de plus en plus et à la demande du public, aux chansons-sketches. Pour quelques enregistrements réalisés chez Decca, en complément des réels talents vocaux de « Coco » Aslan et Paul Misraki, Ray Ventura fait appel à des chanteurs ayant déjà à l’époque une certaine notoriété: Roger Dann, ici dans « En parlant un peu de Paris » (CD1 - N°10), Guy Berry dans « Je n’ai qu’un seul amour » (CD1 - N°13) qui sera en 1934 le créateur de « Petit homme c’est l’heure de faire dodo » et en 1936 de « La révolte des joujoux », citons aussi Robert Burnier, Jean Clément et même le comédien-cascadeur Roland Toutain (1905-1977) ici dans « On n’a jamais vu ça » (CD1 - N°15) ; il fut le premier à incarner à l’écran le journaliste Rouletabille dans deux films réalisés en 1930 par Marcel L’Herbier : « Le mystère de la chambre jaune » et « Le parfum de la dame en noir ».

En mai 1935, Ray Ventura signe un nouveau contrat d’exclusivité avec les disques Pathé qui, en raison de la déclaration de guerre et des évènements qui en découleront, se terminera en avril 1940. Précédemment, en avril 1935, sous l’appellation « Paul Misraki et son orchestre », les musiciens de Ventura avaient enregistré quatre titres pour le même label Pathé. C’est sur cette étiquette que le meilleur et les plus grands succès populaires vont être gravés et permettre à la prestigieuse formation de connaître son âge d’or. En effet, c’est avec l’enregistrement de la chanson de Paul Misraki « Tout va très bien, Madame la Marquise » (CD2 - N°1) le 22 mai 1935 que Ray Ventura marque son entrée chez Pathé. Les interventions vocales de ce petit chef-d’œuvre du genre sont assurées par le trompettiste Gus Deloof prêtant sa voix à la Marquise et «Coco » Aslan à celle du fidèle James. Le succès est immédiat jusqu’à remporter le Grand Prix du Disque et rester indissociable du nom de Ray Ventura qui, sur la lancée, va créer sa Société d’Editions Musicales, installée au 28, boulevard Poissonnière (9éme). Galas divers, spectacles et tournées s’enchaînent alors à un rythme effréné à Paris, en province et à l’étranger. Paul Misraki abandonne son poste de pianiste pour se consacrer entièrement à l’écriture des arrangements et des nouvelles chansons, souvent seul et parfois avec la complicité du parolier André Hornez; citons celles présentées sur le CD N°2 : « Chez moi » (N°4), « Vive les bananes ! » (N°6), « Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine » (N°7), « Les chemises de l’archiduchesse » (N°10), «Comme tout le monde» (N°12), « Sur deux notes » (N°13), « Y’a des jours où toutes les femmes sont jolies » (N°14), « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux » (N°15), «Un astrologue m’a dit» (N°16) chanté par le jeune ténor basque André Dassary, remarqué et engagé par Ray Ventura, « Une charade » (N°18) avec le chanteur-saxophoniste Roger Toussaint « emprunté » à l’orchestre de son confrère Fred Adison et « Tiens, tiens, tiens » (N°19). Les nombreuses chansons signées Paul Misraki ne peuvent évidemment toutes figurer ici et en dresser la liste serait assurément bien fastidieux, mais il est certain que cet auteur-compositeur de grand talent, on oserait dire de génie, fut pour beaucoup dans l’apogée de l’orchestre dans les années 30 ; il sera tout aussi actif et émérite au lendemain de la Libération dans l’écriture d’autres superbes chansons présentées sur le CD N°3. Tout en privilégiant les chansons-sketches qui rallient tous les suffrages du grand public, Ray Ventura va toujours réserver, tant sur scène que dans sa discographie, une place importante à sa musique de prédilection: le jazz. Par manque de place, notre programme n’en présente qu’une infime sélection: « Joue à joue » (CD2 - N°2), adaptation de « Cheek to cheek », fox créé par Fred Astaire dans le film « Top Hat » (1935), chanté ici par Paul Misraki et « I got rhythm » (CD2 - N°11) de Ira et George Gershwin, chanté par le trompettiste Gus Deloof. Au fil des ans, Ray Ventura s’entoure des meilleurs musiciens de l’époque dont de brillants solistes de jazz parmi lesquels André Lluis (sax-clarinette), Philippe Brun (trompette), Guy Paquinet et Josse Breyre (trombones), Max Blanc (sax-alto), Alix Combelle (sax-ténor)…

Toujours pour Pathé-Marconi et parfois sous le nom de Paul Misraki ; responsable des arran-gements, l’orchestre est invité à accompagner plusieurs vedettes de la chanson lors de l’enregistrement de quelques disques: Réda Caire, Guy Berry, Annette Lajon, André Baugé et même Tino Rossi et Maurice Chevalier. En septembre 1938, débute le tournage du film « Feux de joie » réalisé par Jacques Houssin, une aimable comédie dont Ray Ventura et ses musiciens sont les vedettes, entourés de Micheline Cheirel, Mona Goya, René Lefèvre… La musique est confiée à Paul Misraki qui, avec la complicité d’André Hornez, écrit sur mesure pour l’orchestre : « Comme tout le monde » (CD2 - N°12), « Y’a des jours où toutes les femmes sont jolies » (N°14), « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux » (N°15). L’année suivante, un autre film « Tourbillon de Paris » est réalisé par Henri Diamant-Berger, toujours avec des chansons de Paul Misraki et André Hornez: « Tiens, tiens, tiens » (CD2 - N°19), « Ah ! Vivement dimanche » et « J’ai besoin de vous ». Malheureusement, à la fin du mois d’août 1939, la mobilisation générale va compromettre les activités de l’orchestre. Ray Ventura doit regagner l’est de la France et, après d’épiques pérégrinations, se retrouve à Lyon en zone non occupée. D’heureux concours de circonstances lui permettent de rassembler « Coco » Aslan, Paul Misraki, le contrebassiste Louis Vola, l’excellent saxophoniste André Ekyan, d’autres encore… tous prêts à suivre Ventura pour de nouvelles aventures qui débutent au Théâtre des Célestins de Lyon durant deux semaines, avant de se poursuivre en Suisse. A Zurich, entre novembre 1940 et juin 1941 et lors de deux séances, le nouvel orchestre enregistre seize faces aujourd’hui rarissimes pour le label Elite Special. Devant la propagande antisémite de plus en plus menaçante, Ray Ventura décide de donner suite à une proposition de contrat faite précédemment par le Casino de la Urca à Rio de Janeiro (Brésil). Après mille problèmes de visas et de voyage en bateau enfin résolus, la plupart des musiciens réunis à Toulouse, va rejoindre Madrid en train via Cadix pour l’embarquement sur un rafiot espagnol le « Cabo de Buena Esperanza ». Durant 35 jours, dans des conditions de confort et d’hygiène plus que déplorables, des escales à Lisbonne, Trinidad, Curaçao, Ray Ventura et son orchestre rapidement reconstitué arrivent dans la baie de Rio à Noël 1941 Parmi les musiciens présents pour cette aventure citons: Henri Salvador (guitare et chant) qui fait là ses véritables débuts professionnels, Hubert Giraud (guitare et harmonica) futur compositeur de succès internationaux, Alain Romans (piano), « Coco » Aslan (fantaisiste), Paul Misraki (arrangeur), Adrien Terme et Pierre Allier (trompettes), Amédée Charles (saxo), Micheline Day, sœur de Mireille (chanteuse)… soit un total de vingt éléments. Un CD précédemment réalisé par Alain Boulanger pour Frémeaux et Associés, retrace abondamment et spécifiquement ces années passées en Amérique du Sud (1941 à 1944) et permet surtout d’entendre vingt faces, rarement entendues et rééditées, choisies parmi les quarante enregistrées pour l’étiquette Odéon à Buenos Aires et Rio de Janeiro. Ce long périple, riche en évènements mouvementés, se termine par la dissolution de l’orchestre en novembre 1944, le court passage de Ray Ventura et Paul Misraki par les Etats-Unis, avant le retour du chef à Paris durant l’été 1945.

Toujours aussi dynamique, Ray Ventura décide de reconstituer un nouvel orchestre qui va devoir se confronter à la concurrence de ceux de Raymond Legrand (très actif durant la période d’occupation), de Fred Adison (son éminent confrère durant les années 30) et surtout celle de Jacques Hélian (son ancien collégien-saxophoniste de 1936 à 1937) qui, à la tête d’une grande formation, vient d’enregistrer de nombreux succès chez Columbia dont « Fleur de Paris » et « Paris-Tour Eiffel ». Tout en gardant l’efficace formule de l’orchestre attractif avec des sketches assurés cette fois par Max Elloy (également timbalier) et la présence du quatuor vocal « Les Voix du Rythme », Ray Ventura souhaite réserver une large part au jazz avec des solistes aussi brillants que Louis Dehaes (trompettiste belge), Guy Paquinet (trombone), Gérard Lévecque (clarinettiste et arrangeur), Max Geldray (excellent harmoniciste), Raymond Bernard (piano), plus tard il sera le pianiste de Gilbert Bécaud, Marcel Coestier (sax-alto) qui peu après constituera son propre orchestre. Font également partie de cette nouvelle formation: Henri Salvador et le trompettiste Adrien Terme déjà présents lors de l’aventure sud-américaine. Après de sérieuses répétitions, Ray Ventura et sa nouvelle équipe font leur rentrée parisienne du 6 au 10 décembre 1945 à la Salle Pleyel où le public leur réserve un accueil chaleureux. Pourtant, malgré ses incontestables qualités, mais d’une gestion déjà trop couteuse à l’époque, Ray Ventura doit dissoudre l’orchestre le 27 mars 1947 après s’être produit en d’autres grandes salles à Paris (Gaumont, Alhambra, Paramount…), à travers la France, ainsi qu’en Belgique, en Autriche et en Angleterre. Auparavant, dix faces avaient été enregistrées à Bruxelles en mars 1946 pour les disques Victory distribués en France sur l’étiquette Sofradi. De cette séance d’enregistrement, j’ai retenu ici deux valses : « C’est au Marché aux Puces » (CD3 - N°2) et « Mon cœur est au bal » (CD3 - N°4) cette dernière composée par Marc Lanjean, l’un des arrangeurs, est chantée par l’excellent crooner-guitariste suisse Billy Toffel. En juin 1946, Ray Ventura a signé un contrat d’exclusivité avec les disques Polydor sur lesquels, jusqu’en octobre 1951, seront gravés 70 titres, les premiers étant « Tchiou-tchiou » (CD3 - N°1) un succès populaire du lendemain de la Libération, « Insensiblement » (CD3 - N°3) superbe slow de Paul Misraki chanté par Billy Toffel et « Sweet, sweet, sweet » (CD3 - N°6) de Paul Misraki et Johnny Hess, titre pour lequel il a été fait appel à Lucien Jeunesse alors spécialisé dans les refrains chantés avec les vedettes de l’accordéon du moment : Emile Prud’homme, Louis Ferrari et beaucoup d’autres.

Après la dissolution de son orchestre, Ray Ventura décide de se consacrer à la production cinématographique en fondant la Société Hoche-Productions, installée 14, avenue Hoche à Paris (8ème). « Mademoiselle s’amuse », réalisé en 1947 par Jean Boyer, avec Giselle Pascal, Bernard Lancret, Jeannette Batti et l’orchestre de Ray Ventura reconstitué pour la circonstance, est le premier film produit par sa nouvelle société. « Mademoiselle s’amuse » est une joyeuse comédie, évidemment prétexte à quelques chansons, toujours d’André Hornez et mises en musique par Paul Misraki : tout d’abord la samba « Maria de Bahia » (CD3 - N°5) avec quelques interventions chantées d’Henri Salvador et le slow « Sans vous » (CD3 - N°7) interprété par Lucien Jeunesse, doublant dans le film et pour la chanson seulement, le comédien Bernard Lancret. Encouragé par les critiques favorables accordées au film et le succès des chansons incluses, Ray Ventura récidive en 1949 avec « Nous irons à Paris », toujours réalisé par Jean Boyer et dans lequel son nouvel orchestre encore reconstitué est particulièrement valorisé, entouré d’une prestigieuse distribution: Françoise Arnoul, Philippe Lemaire, Henri Genès, Christian Duvaleix, Pasquali… Parmi les musiciens on retrouve Max Elloy, Charles Verstraete, Roger Guérin, Jo Boyer… et les invités d’honneur : Martine Carol, George Raft, Henri Salvador et les Peters Sisters. Ce film parfaitement réalisé sur un scénario original présente les nouvelles chansons de l’efficace tandem André Hornez-Paul Misraki : « J’ai peut-être tort » (CD3 - N°10), « Tant je suis amoureux de vous» (CD3 - N°12) chantées par Paul Matteï prêtant sa voix à Philippe Lemaire, et la samba «La mi-août » (CD3 - N°11) avec jeux de mots dans la tradition des chansons humoristiques qui firent la gloire de l’orchestre durant les années 30. En 1951, toujours dans une réalisation de Jean Boyer, Ray Ventura tente de renouveler l’exploit avec « Nous irons à Monte-Carlo » qui, hélas, n’aura pas le même écho auprès du public, malgré une distribution réunissant Philippe Lemaire, Jeannette Batti, Danielle Godet, Henri Genès, Dalio, Max Elloy et même Audrey Hepburn dans l’une de ses premières apparitions au cinéma. Ray Ventura et son orchestre ont aussi un rôle important avec la création de quelques chansons de charme: « Oui mon amour » (CD3 - N°15), «Tant je suis amoureux de vous » (CD3 - N°17) et toujours de la fantaisie avec « Tout mais pas ça» (CD3 - N°16) les refrains étant là encore chantés par Paul Matteï. Les interventions de l’orchestre Ray Ventura vont être plus modestes dans le film tourné l’année suivante : « Femmes de Paris », avec Brigitte Auber, Micheline Dax, Michel Simon et Henri Genès ; parmi les musiciens on peut reconnaître le neveu de Ray Ventura, le guitariste Sacha Distel.

Parallèlement à ses activités cinématographiques en qualité de producteur, ou en coproduction pour notamment « Sans laisser d’adresse » (1950), « Et Dieu créa la femme » (1956) et «En cas de malheur» (1957), ces deux derniers avec Brigitte Bardot, et pour ne citer que les principaux, Ray Ventura continue de diriger ses éditions musicales (notamment pour les premières chansons de Georges Brassens) qui s’agrandissent des catalogues Peter Maurice, Imperia et Transatlantiques. En 1956, il fonde le catalogue des disques Versailles, un label sur lequel il va enregistrer sous son nom de nombreuses faces uniquement orchestrales dans des arrangements du tromboniste américain Bill Byers, dont un 33 tours entièrement consacré aux chansons de Georges Brassens et parmi elles « La chasse aux papillons » (CD3 - N°18). Ces disques sont réalisés avec le concours de musiciens de studio, certes excellents et consciencieux, mais la créativité, l’originalité, la joie de vivre omniprésentes dans tous les précédents enregistrements n’y sont plus. Dommage! C’est sur ce même label Versailles que son neveu Sacha Distel (la sœur de Ventura ayant épousé monsieur Distel, père de Sacha) a enregistré à la même époque ses premiers 45 tours, prémices de la brillante carrière de crooner que l’on sait.

Pour les chansons « Après la pluie le beau temps » (CD3 - N°9), «Miousic, miousic, miousic» (CD3 - N°13) et « Hop! Hop! Polka » (CD3 - N°14) précisons que Ray Ventura s’est entouré de l’excellent quatuor vocal belge « Les Voix du Rythme » dirigé par le chanteur Bob Jacqmain et complété par Mary Jane, Terry Cremer (ou Johnny Mesta) et Harry Breyre. Un ensemble qui sait ce que « swinguer » veut dire! En 1975, Ray Ventura enregistre un dernier 33 tours chez Philips, avec la chanteuse Polly Murray, qui malgré la chanson « La Baraka » ne va pas connaître une large audience.

En 1978, fatigué et déçu des nouvelles orientations de la musique et plus spécialement celles de la chanson populaire, Ray Ventura se retire à Palma de Majorque aux Îles Baléares où il décède le 29 mars 1979 des suites d’un infarctus compliqué d’une attaque d’hémiplégie. Injustement ignoré des jeunes générations et parfois oublié d’une partie du grand public, malgré les tentatives momentanées de l’Orchestre du Splendid et des « Nouveaux Collégiens » de Sacha Distel dans la reprise de quelques chansons de son répertoire, le nom de Ray Ventura reste aujourd’hui encore étroitement associé au meilleur grand orchestre attractif des années 30 et 40, sans oublier les créations de ses films du lendemain de la Libération.
Dany LALLEMAND
© 2013 Frémeaux & Associés
Conception : Dany Lallemand
Disques originaux (78 tours et microsillon) et photos: Collection Dany Lallemand
Remerciements à Gilbert Quéro


Ray Ventura
Thanks to a few discreet imports of American records, jazz seems to have made its first timid appearance in France in around 1917, although it wasn’t until the Twenties that the work of major bands became easier to find in the country’s larger cities; among these were records from King Oliver, Fletcher Henderson, Louis Armstrong, Jelly Roll Morton or Red Nichols, together with discs by orchestras specializing in the fox trot, like Paul Whiteman and Ted Lewis. Many local French musicians took to this new form of “syncopation” as a result: the (English) pianist Tom Waltham, Fred Mêlé and his “Moulin Rouge” group, the trumpeters Julien Porret, Jean Berson, Gaston Lapeyronnie, Alex Renard and Philippe Brun, trombonists like Léo Vauchant and Guy Paquinet, the saxophonists Roger Berson, Roger Fisbach, André Ekyan, Edmond Cohanier and Alix Combelle, not to mention all the pianists… there was Léo Poll – the father of Michel Polnareff –, Raoul Gola, Lucien Moraweck, Jean Yatove, and Stéphane Grappelli of course, who would become even better known as a violinist… Most of the above played at one time or another with “Grégor et ses Grégoriens” (the first French orchestra-attraction, whose show combined song-sketches and jazz), or Jack Hylton’s famous British orchestra. Recordings by those, and some prestigious stage-performances, awakened many vocations, notably in a young Frenchman named Raymond Ventura, together with his school-comrades the “Collégiens”.

Today, the name Ray Ventura is still associated with the band which was the most popular – and most emblematic – of all the orchestras playing in France from the early Thirties until just after the Liberation, at which time Jacques Hélian and his musicians replaced Ventura and his orchestra as the best ensemble in Europe. But throughout the Thirties – with the exception of Fred Adison who, with his singers and soloists, popularized several songs remembered for refrains dealing with firemen and laughing gendarmes – Ray Ventura ruled the roost, unchallenged by “Grégor” and his Gregorians, Jo Bouillon or Roland Dorsay, despite the excellent musicians and vocalists in their ranks. Ray Ventura ardently upheld the joie de vivre and nonchalance that reigned until war was declared in 1939, despite the fact that television wasn’t available to spread his reputation. Ventura was also one of the first to introduce jazz into his repertoire – not enough to his liking, in fact – thanks to the presence of some brilliant soloists whom we can refer to later.

Ray Ventura was born on April 16th 1908 in Paris. His father was Jewish, his mother from Lorraine, and he went to school in the 16th arrondissement at the Lycée Janson-de-Sailly, where he already showed an interest in jazz – hardly anyone listened to it at the time, and it was played even less! –, while taking lessons in piano and harmony. Beginning in 1924, with other students from his school, he formed his own first groups after finishing his military service. His partners had hardly any musical knowledge, but made up for their lack of schooling with a lot of faith and youthful enthusiasm when they played at private functions under the name “Titcomb’s Orchestra”. At first, Raymond was their pianist, but later became their leader when they became the Collegiate Five. Only two of the latter already envisaged a professional career: Edouard Stanton “Eddie” Foy, who played alto and clarinet, and trumpeter Ray Binder; later they would become the stalwarts of the first “real” Ray Ventura Orchestra.

Beginning in 1927, the ranks of the Collegiate Five swelled with the addition of other musicians who were excellent players: Bob Vaz on piano, Robert Degaille on trombone, and especially the Arslanian brothers, John (tenor saxophone), and Krikor (drums, vocals), who quickly adopted the pseudonym “Coco Aslan”. Ray Ventura was kept busy looking for bookings, and soon succeeded in obtaining a contract with Columbia to record two titles, including I’m Afraid of You (CD1, track 2) which was cut in Paris on December 1st 1928. For their first 78rpm record, the orchestra was reinforced by a few professionals including Alex Renard on trumpet and Dany Polo (alto and clarinet). For the first time, and with the agreement of all the musicians, the label on the record stated “Ventura and his Collegians”. It also has a surprising bass-saxophone solo, credited to a certain Serge Glykson. But why was it the only record made for Columbia? It’s all the more mysterious since Ray Ventura and his Collegians, from February 1929 until 1931, recorded no fewer than 46 sides for the Odéon label. Early in 1929 came You’re the cream in my coffee and If I had you (CD1, tracks 3, 4), again featuring a few professionals: Philippe Brun (tp), Léo Vauchant (tb) and Stéphane Mougin (p). That same year, the Collegians made their first return trip across the Atlantic thanks to the “Compagnie Générale Transatlantique”, who gave the seven musicians free passage in exchange for daily performances on the steamship. For his first American adventure, Ray Ventura played bass saxophone…

A second voyage took place in 1930, this time without Ray Ventura who was retained by the Army. Some high-flying musicians joined the orchestra: André Cauzard (trombone, arranger), Loulou Gasté (banjo, guitar), Louis Péqueux (double bass), Noël Chiboust – on violin; he later turned to the trumpet before finally adopting the clarinet and tenor saxophone –  and above all Paul Misraki, who seemed to have endless talents: a pianist, singer, excellent arranger and exceptional songwriter, he would write for the orchestra for two decades, producing songs that made Ray Ventura’s name famous (about which more later). It was Misraki who, in 1931, wrote the music and lyrics of the fox-trot Fantastique which at once became the orchestra’s signature-tune. Odéon recorded a first version in October 1931 with singer Mademoiselle Spinelly (CD1, track 1), an actress who first did the song in Claude Heymann’s film “L’amour à l’américaine” (1931) which starred Pauline Carton. Born in 1887, Spinelly died in 1966. A second version, with more bearable vocals, was recorded in January ‘32 by Decca, on which the singer was saxophonist Russel Goudey (CD1, track 18). During his contract with Decca, Ventura used singer Pierre Mingand on several occasions – his real name was Joseph Magnin (1900-1982) – notably on Mon ideal (CD1, track 5) and Quand on tient le coup (CD1, track 6). Both these songs were first sung by Maurice Chevalier during his Hollywood period in the 1930 film “Playboy of Paris”.

While Ray Ventura was still under contract to Odéon he recorded six sides for the little label Virginia which were released in May 1931 on three 78s; they were flexible, transparent discs, so fragile that they were unplayable on standard phonographs due to their atrociously heavy pick-up. The records are extremely rare today, not only due to their fragility but also because few were manufactured; from surviving copies I’ve chosen Cole Porter’s Love for sale (CD1, track 7) and also The girlfriend of a boyfriend of mine (Track 8), arranged by trombonist Léo Vauchant on one of his short visits to Paris.

Ventura’s Odéon contract expired that October; from December 10th 1931 until January 16th 1935 his recordings would appear via Decca, with 130 sides in all, most of which were made in London or Paris in less than a year, beginning in March 1934. He appeared onstage in the biggest venues in Paris, from the Empire to the Alhambra and Pleyel, but also in London, Amsterdam or Brussels. His repertoire then was mostly jazz, played by excellent soloists of the calibre of Ray Binder (tp), Eddie Foy and Russel Goudey (as) or violinist Georges Effrosse, but public demand resulted in an increasing number of song-sketches. For a few of his Decca records, in addition to the genuine vocal talents of Coco Aslan and Paul Misraki, Ray made use of singers who were famous in their own right: Roger Dann, whom you can hear on En parlant un peu de Paris (CD1, track 10), Guy Berry (track 13), and even the actor/stuntman Roland Toutain (1905-1977), who sings On n’a jamais vu ça (track 15); the latter was known for his role as the journalist Rouletabille in two Marcel Herbier films, “Le mystère de la chambre jaune” and “Le parfum de la dame en noir”.

In May 1935, Ray Ventura signed a new exclusive contract with Pathé Records which, due to the outbreak of war and the ensuing restrictions, ended in April 1940. Even before his contract took effect, Pathé had recorded Ventura’s musicians – as “Paul Misraki and his orchestra” – playing four titles. Pathé was the label for which Ventura would record his greatest (and best) popular hits, and it was his orchestra’s golden age. The first, dated May 22th 1935 – the ink on his contract was barely dry – was Misraki’s song Tout va très bien, Madame la Marquise (CD2, track 1), described as a “Fox-trot humoristique”. Singing this funny number were trumpeter Gus Deloof (the voice of the “Marquise”), and Coco Aslan (as the loyal butler James). It was such a hit that Ventura was awarded the “Grand Prix du Disque” – the day’s equivalent of a Grammy – and Ray promptly founded his own publishing company, the “Société d’Editions Musicales”. Not that he could spend much time there, as he suddenly found himself in a whirlwind of shows and tours across France and abroad; one result was that Paul Misraki resigned as the band’s pianist to devote himself entirely to writing new pieces and arrangements, often alone, but sometimes with lyricist André Hornez: among the latter titles (cf. CD2) were Scarlatine and Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux? The Misraki song about “what an astrologer told me” (track 16) was sung by a young tenor named André Dassary whom Ventura had spotted and immediately hired (before he went on to a star-studded career of his own). The list of Misraki’s hits is as long as your arm, so long that it would be hard not to call him a prolific genius, and many rightly did so; suffice it to say here that the songwriter was a major contributor to the success of the Ventura orchestra at its zenith in the Thirties, and his skills continued to be evident in many other songs featured on the third disc in this set.

Without totally abandoning the song-sketches demanded by his huge following, Ventura would devote an increasing share of his repertoire – onstage and on records – to his favourite music, i.e. jazz, although a lack of space here has restricted our choice to a just a few of these gems, notably Joue à joue (CD2, track 2: Irving Berlin’s “Cheek to cheek”, which Fred Astaire presented in “Top Hat” in 1935 and sung here by Paul Mis-raki), and I got rhythm  (track 11), where trumpeter Gus Deloof sings the Gershwins’ classic. Over the years, Ray Ventura would continue to feature the most brilliant soloists in jazz, among them the musicians André Lluis (saxophone and clarinet), Philippe Brun (trumpet) or Alix Combelle on tenor. For Pathé-Marconi, Ventura’s orchestra – sometimes under the name of Paul Misraki – would guest as accompanists for popular song-stars, among them Tino Rossi or Maurice Chevalier, but the orchestra’s identity under the Ventura name was consolidated by a starring role in the 1938 film-comedy called “Feux de joie” directed by Jacques Houssin. The music, made to measure for the orchestra, was the work of Misraki and lyricist André Hornez (cf. CD2, tracks 12/14/15).

Unfortunately, the end of August 1939 marked the beginning of the draft, and the orchestra’s activity was curtailed. Ventura had to move smartly to eastern France and, after some epic adventures, he finally found himself in the unoccupied zone in Lyon. A combination of luck and circumstance allowed him to put together an orchestra with Coco Aslan, Paul Misraki, bassist Louis Vola, the excellent saxophonist André Ekyan and a few others, all of whom were ready to go wherever Ventura took them: they played in Lyon for two weeks and then skipped over the border into Switzerland where, in two sessions made in Zurich between November 1940 and June 1941, the new orchestra put down 16 sides – today, extremely rare – for the label called Elite Special. Confronted increasingly by anti-Semitism and the Nazi propaganda machine, Ray Ventura decided to accept an offer previously made to him by the Casino de la Urca in... Rio de Janeiro. The trip to Brazil was complicated: once their problems with visas and boat-tickets were resolved, most of the musicians gathered in Toulouse to travel to Madrid and thence to Cadiz, where they boarded the S.S. Cabo de Buena Esperanza. For 35 days, dropping anchor in Lisbon, Trinidad, and Curaçao along the way, Ray Ventura and his newly-reconstituted orchestra steamed across the Atlantic in deplorable conditions before finally reaching Rio in time for Christmas 1941. Among the twenty musicians who battled with seasickness were singer-guitarist Henri Salvador – making his professional debuts –, Hubert Giraud (guitar, harmonica), a future composer of international hits, Alain Romans (piano), Coco Aslan (presented as a “fantaisiste” or “comedy-turn”), arranger Paul Misraki, trumpeters Adrien Terme and Pierre Allier, the saxophonist Amédée Charles, and vocalist Micheline Day, whose sister Mireille was a French singing-star. The orchestra spent three years in South America (1941-1944) and Alain Boulanger’s previous compilation for the Frémeaux label provides the chance to hear twenty sides (rarely heard or released elsewhere) from the forty recordings made for Odéon by Ventura in Rio and Buenos Aires. At the end of their peregrinations, this orchestra disbanded in November ‘44; Ray Ventura and Paul Misraki made their way home to Paris by the summer of 1945 after a short excursion via The United States.

Old habits die hard, and Ray Ventura had enough dynamism left to put together a new orchestra which this time had some competition: Raymond Legrand had been very active during the Occupation, and there was also the orchestra of Fred Adison (Ventura’s eminent colleague in the Thirties); and above all there was Jacques Hélian, who was an alumnus of the “Collégiens” from 1936/1937 (on saxophone) and now had a big band of his own, with several hits to his credit on the Columbia label.

Ventura’s new orchestra kept to its efficient formula – it remained an attraction thanks to its sketches, this time provided by Max Elloy (who was also a timpanist) and the vocal quartet called “Voix du Rythme” – and Ray kept his jazz options open with more brilliant soloists: Louis Dehaes (a Belgian trumpeter), Guy Paquinet (trombone), Gérard Lévecque (clarinettist and arranger), Max Geldray (an excellent harmonica player), Raymond Bernard (a pianist who later accompanied Gilbert Bécaud) and Marcel Coestier, an alto saxophonist who formed his own orchestra later. Henri Salvador and trumpeter Adrien Terme also joined the new band, ready for anything after their South American adventures. After some serious rehearsing, Ray Ventura and his new crew made their comeback in Paris at the Salle Pleyel from December 6-10, 1945, where they were given a warm welcome. The orchestra had undeniable quality but it was costly to run, and Ray had to disband the group in March 1947. But not before they recorded: ten sides had been cut in Brussels in March 1946 (for Victory, a label distributed in France by Sofradi). Here you can find two waltzes taken from those sessions (CD3, tracks 2 & 4), the latter featuring the excellent Swiss crooner named Billy Toffel (Mon Coeur est au bal). Two months after the session, Ventura signed with Polydor, and recorded 70 titles for them between 1946 and October 1951. The first was Tchiou-tchiou (CD3, track 1), a contemporary hit, followed by Insensiblement (track 3), a superb slow number by Misraki sung by Toffel, and Sweet, sweet, sweet by Misraki and Johnny Hess, with singer Lucien Jeunesse (who sang with accordionists Emile Prud’homme, Louis Ferrari and others).

As we’ve said, Ventura disbanded this orchestra in 1947, but he decided to go into film-production and set up Hoche-Productions in Paris. The first film he produced was “Mademoiselle s’amuse”, directed by Jean Boyer (1947), where Ventura’s orchestra made an appearance (specially reformed for the occasion) playing songs by Misraki and André Hornez, among them a samba, Maria de Bahia, (track 5), with Henri Salvador. Ventura did another film with Boyer in 1949 called “Nous irons à Paris”, but this time Ray was actually billed as part of the cast, along with his orchestra, and even his musician Max Elloy had a role… and they were in prestigious company, as the film had guest appearances by not only Henri Salvador and Martine Carol, but also George Raft and The Peters Sisters, all of whom played themselves. The film was skilfully constructed to present the orchestra’s new repertoire, with efficient songs by André Hornez/Paul Misraki (CD3, tracks 10-12); they were “efficient” in that they renewed with the humorous-song tradition that had established the orchestra’s reputation in the Thirties. The film could be said to have formed a bond with director Jean Boyer, as yet another vehicle for the Ventura Orchestra, on film at least, if not onstage, came in 1951 with a “sequel” entitled “Monte Carlo Baby”, but it wasn’t nearly as successful, despite a cast including Audrey Hepburn in one of her first screen roles. Ventura played himself again, as did the orchestra, and their role was important in presenting new songs: among them Oui, mon amour (CD3, track 15) and the titles which appear in tracks 16 & 17. The contributions of Ray’s orchestra were more modest in the film the following year with Micheline Dax and Michel Simon, even though the guitar-chair in the band was occupied by Ventura’s nephew, a young man named Sacha Distel...

In parallel with his film-business – Ventura even co-produced Vadim’s “And God created Woman” in 1956 with Brigitte Bardot – Ray continued to run his publishing-company; Georges Brassens’ first songs were part of its catalogue, and in 1956 Ray founded the Versailles label, for which he recorded many sides with his orchestra playing arrangements by American trombonist Bill Byers, including a whole 10” LP devoted to Brassens songs (cf. La Chasse aux Papillons, (CD3, track 18). Among the other Versailles recordings of the period were Sacha Distel’s first efforts, and his 45rpm singles provided a taste of his later career as an excellent crooner. Ray Ventura’s Versailles records were made with studio-groups – excellent, conscientious musicians – but they lacked the creativity, originality and joie de vivre present in the band’s previous outings as a working orchestra. Such a shame… The songs featured in tracks 9, 13 and 14 have Ray in the company of the excellent Belgian vocal quartet “Voix du Rythme”, who really show their swing-talents.

Ventura made his last recording in 1975 (an LP for Philips), and in 1978, tired and disappointed by the new directions music was taking – especially in the pop world – he retired to Majorca where he died of a heart attack on March 29th 1979. Unfairly ignored by young generations, and sometimes forgotten by mass audiences – despite momentary revivals led by the “Orchestre du Splendid” and Sacha Distel’s “Nouveaux Collégiens”, whose repertoires included songs originally made the name Ray Ventura famous – that name today still remains inseparably linked with the best big band of the Thirties and Forties.

Adaptation by Martin Davies from the French text of Dany  LALLEMAND
© 2013 Frémeaux & Associés

Concept: Dany Lallemand
Original 78rpm and LP records: Dany Lallemand Collection
Thanks to Gilbert Quéro

Ray VENTURA et ses Collégiens (and his Collegians) CD 1 - (1928 -1934)
1 - Fantastique ! (Fox-trot) 2’50
(Paul Misraki)
Chant : Mademoiselle SPINELLY
du film « L’Amour à l’américaine »
78 t. Odéon 250.112 - KI 5120 - 2
Paris, 18/12/1931

2 - I’m Afraid of You (Fox-trot) 2’39
(E.Davis, L.Daly et A.Gottler)
78 t. Columbia D 19146 - L 1317 - 1
Paris, 01/12/1928

3 - You’re the Cream in my Coffee (Fox-trot) 2’48
(De Sylva - Brown - Henderson) 
78 t. Odéon 165.529 - KI 2215 - 2
Paris, 23/02/1929

4 - If I Had You (Fox-trot) 2’40
(Ted Shapiro - Campbell)
Avec trio vocal
78 t. Odéon 165.559 - KI 2263 - 1
Paris, 19/03/1929

5 - Mon idéal (Fox-trot) 3’05
(Battaille - Henri - R.A.Whiting)
Chant : M. Magnin alias Pierre MINGAND
du film « Le Petit Café »
78 t. Odéon 238.343 - KI 4143 - 2
Paris, 13/02/1931

6 - Quand on tient le coup (Fox-trot) 2’33
(Battaille - Henri - R.A.Whiting Chase)
Chant : M. Magnin alias Pierre MINGAND
du film « Le Petit Café »
78 t. Odéon 238.343 - KI 4142 - 2
Paris, 13/02/1931

7 - Love for Sale 2’56
(Cole Porter, arr. Léo Vauchant)
78 t. Virginia 220 - 5201 - Paris, mai 1931

8 - The Girl Friend of a Boy Friend of Mine 2’51
(Walter Donaldson, arr. Léo Vauchant)
78 t. Virginia 221 - 5203 - Paris, mai 1931

9 - Saint-James’Infirmary (Blues) 3’11
(Primrose – arr. S. Maugin)
Chant : K. ARSLANIAN alias Coco ASLAN
78 t. Decca F 2851-GB 3860-3
Londres, 23 /01/1932

10 - En parlant un peu de Paris 2’45
(Albert Willemetz - Raoul Moretti)
Chant : Roger DANN
du film « Il est charmant »
78 t. Decca F 40.162 - GB 3861-3
Londres, 23/01/1932

11 - C’est idiot, mais c’est marrant 3’09
(R.Ventura – Vallier - Buzelin)
78 t. Decca F 45.040 - D 53
Paris, avril 1933

12 - Tout le jour, toute la nuit (Night and Day) 2’39
(Cole Porter – arr. Russel Goudey)
Chant : K. ARSLANIAN alias Coco ASLAN
78 t. Decca F 47.002 - D 88
Paris, juin 1933

13 - Je n’ai qu’un seul amour (Valse) 3’02
(Henri Varna, Marc-Cab - Paul Misraki)
Chant : Guy BERRY
de la revue « Vive Paris »
78 t. Decca F 47.016 - D101 1/2
Paris, juin 1933

14 - Amusez-vous (Fox-trot) 3’01
(Albert Willemetz - W.R.Heymann)
Chant : Coco ASLAN
de l’opérette « Florestan 1er »
78 t. Decca F 47.035 - PD 339
Paris, juin 1934

15 - On n’a jamais vu ça (Fox-trot) 2’29
(Meïsel – Falk - Schwabach)
Chant : Roland TOUTAIN
78 t. Decca F 47.043 - PD 353 bis
Paris, juillet 1934

16 - La Crise est finie (One-step) 2’53
(Jean Lenoir – F. Waxman - Max Colpé)
Chant : Paul MISRAKI
du film « La Crise est finie »
78 t. Decca F 47.072 - PDK 435-1
Paris, novembre 1934

17 - Toi c’est moi (Slow-fox) 2’42
(Chamfleury – Bertal - Maubon - Moises Simons)
de l’opérette « Toi c’est moi »
78 t. Decca F 47.082 - PDK 456-1
Paris, novembre 1934

18 - Fantastique ! (Fox-trot) 2ème version 2’47
(Paul Misraki)
Chant : Russel GOUDEY
78 t. Decca F 2850 - GB 3828
Londres, 19/01/1932

Ray VENTURA et ses Collégiens - CD 2 - (1935 -1940)
1 - Tout va très bien, (Madame la Marquise) 3’19
(Fox humoristique) (Paul Misraki) 
Chant : Gus DELOOF, Paul MISRAKI et chœurs
78 t. Pathé PA 624 - CPT 2065 - 1
Paris, 22/05/1935

2 - Joue à joue (Cheek to Cheek) (Fox-trot) 3’24
(Irving Berlin – arr. Paul Misraki) du film « Top Hat »
78 t. Pathé PA 728 - CPT 2277 - 1
Paris, 17/09/1935

3 - Je peux point vous l’dire (Chanson leste) 3’11
(Beyrmon - Michel Emer)
Chant : Coco ASLAN
78 t. Pathé PA 729 - CPT 2280 - 1
Paris, 17/10/1935

4 - Chez moi (Fox-trot) 3’02
(Jean Féline - Paul Misraki)
Chant : Paul MISRAKI
78 t. Pathé PA 752 - CPT 2302 - 1
Paris, 31/10/1935

5 - La Musique vient par ici (The Music lives ‘round and ‘round) (Fox-trot) 2’57
(Camille François - Farley et Riley - arr. P.Misraki)
Chant : C. ASLAN, Paul MISRAKI
78 t. Pathé PA 850 - CPT 2522 - 1
Paris, 24/02/1936

6 - Vive les bananes ! (Fox humoristique) 2’41
(Paul Misraki - Chris Yacich)
78 t. Pathé PA 953 - CPT 2796 - 1
Paris, 3/07/1936

7 - Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine
(One-step) 3’31
(André Hornez - Paul Misraki)
de l’opérette « Normandie »
78 t. Pathé PA 1025 - CPT 2888 - 2
Paris, 25/11/1936

8 - Toc, toc partout (Fox-trot) 3’17
(Maurice Vandair – Charlys - arr. Raymond Legrand)
78 t. Pathé PA 1078 - CPT 3008 - 1
Paris, 25/11/1936

9 - La Grève de l’orchestre (Fox-trot) 3’08
(J.Vorcet - Henry Himmel)
78 t. Pathé PA 1078 - CPT 3007 - 1
Paris, 25/11/1936

10 - Les chemises de l’Archiduchesse
(Fox humoristique) 3’07
(Max Blot - Paul Misraki)
78 t. Pathé PA 1181 - CPT 3256 - 1
Paris, 3/05/1937

11 - I Got Rhythm (Quick-step) 2’56
(Ira Gershwin - George Gershwin)
chanté en anglais par Gus DELOOF
78 t. Pathé PA 1501 - CPT 3894 (CM.182-1)
Londres, 29/03/1938

12 - Comme tout le monde (Valse) 3’18
(André Hornez - Paul Misraki)
du film « Feux de joie »
78 t. Pathé PA 1553 - CPT 3997 - 1
Paris, 24/05/1938

13 - Sur deux notes (Fox-rumba) 2’54
(Paul Misraki)
Chant : Paul MISRAKI
78 t. Pathé PA 1581 - CPT 4061 (CM.183-1)
Londres, 10/06/1938

14 - Y’a des jours où toutes les femmes
sont jolies
(One-step) 2’39
(André Hornez - Paul Misraki)
du film « Feux de joie »
78 t. Pathé PA 1706 - CPT 4469 - 1
Paris, 18/11/1938

15 - Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
(One-step) 3’05
(André Hornez - Paul Misraki)
du film « Feux de joie »
78 t. Pathé PA 1707 -
CPT 4062 - 2
Paris, 19/12/1938

16 - Un Astrologue m’a dit... (Fox-trot) 3’02
(Paul Misraki)
Chant : André DASSARY
78 t. Pathé PA 1812 - CPT 4791 - 1
Paris, 5/04/1939

17 - It’s a Long, Long Way to Tipperary 2’46
(Marche) 
(René Buzelin - Jack Judge et Harry Williams)
78 t. Pathé PA 1873 - CPT 4987 - 1
Paris, 2/11/1939

18 - Une charade (Fox-trot) 3’15
(André Hornez - Paul Misraki)
Chant : Roger TOUSSAINT
Du film « Battements de cœur »
78 t. Pathé PA 1933 - CPT 5115 - 1
Paris, 2/04/1940

19 - Tiens, tiens, tiens (Fox-trot) 2’41
(André Hornez - Paul Misraki)
du film « Tourbillon de Paris »
78 t. Pathé PA 1883 - CPT 5006 - 1
Paris, 6/12/1939

Ray VENTURA et son orchestre - CD 3 - (1946 -1956)
1 - Tchiou-tchiou (Paso-doble chanté) 2’36
(André Hornez - Nicanor Molinar)
78 t. Polydor 560.000 - 6503 - 2 LPP
Paris, 14/06/1946

2 - C’est au marché aux puces (Valse) 3’05
(André Hornez - Jean Boyer)
78 t. Victory 9051 - 7134
Bruxelles, mars 1946

3 - Insensiblement (Slow-fox) 3’07
(Paul Misraki)
Chant : Billy TOFFEL
78 t. Polydor 560.005 - 6.518 - 2 LPP
Paris, 2/07/1946

4 - Mon cœur est au bal (Valse) 3’06
(Marc Lanjean)
Chant : Billy TOFFEL
78 t. Victory 9052 - 7136 B
Bruxelles, mars 1946

5 - Maria de Bahia (Samba) 3’09
(André Hornez - Paul Misraki)
du film « Mademoiselle s’amuse »
78 t. Polydor 560.014 - 6.556 - 2 LPP
Paris, 13/11/1946

6 - Sweet, Sweet, Sweet (Slow-fox) 2’45
(Paul Misraki - Johnny Hess)
Chant : Lucien JEUNESSE
78 t. Polydor 560.019 - 6.565 - 3 LPP
Paris, 21/11/1946

7 - Sans vous (Slow) 2’39
(André Hornez - Paul Misraki)
Chant : Lucien JEUNESSE
du film « Mademoiselle s’amuse »
78 t. Polydor 560.034 - 0.056 - 2 ACP
Paris, 8/12/1947

8 - Danse, ballerine danse (Rumba) 2’58
(André Hornez - Carl Sigman)
Chant : Paul MATTEI
78 t. Polydor 560.087 - 0.281 - 3 ACP
Paris, 25/06/1948

9 - Après la pluie, le beau temps (Fox-trot) 2’51
(Henri Kubnick - A. Beul) avec « Les Voix du Rythme »
78 t. Polydor 560.103 - 0.363-2 ACP
Paris, 12/10/1948

10 - J’ai peut-être tort (Slow-fox) 3’13
(André Hornez - Paul Misraki)
Chant : Paul MATTEI
du film « Nous irons à Paris »
78 t. Polydor 560.199 - 0.916 - 2 ACP
Paris, ca avril 1950

11 – La mi-août (Samba) 2’37
(André Hornez - Paul Misraki)
Chant : Paul MATTEI & Trio
du film « Nous irons à Paris »
78 t. Polydor 560.198 - 0.737 - 3 ACP
Paris, juillet 1949

12 - Tant je suis amoureux de vous 2’39
(Slow-fox) (André Hornez - Paul Misraki)
Chant : Paul MATTEI
du film « Nous irons à Paris »
78 t. Polydor 560.199 - 0.739 - ACP
Paris, juillet 1949

13 - Miousic, miousic, miousic (Fox-trot) 2’30
(André Hornez - St Weiss - B. Baum)
avec « Les Voix du Rythme »
78 t. Polydor 560.230 - 0.892 - 2 ACP
Paris, début 1950

14 - Hop ! Hop ! Polka (Fox-trot) 2’55
(M. Lanjean - G. Rayburn, W. Whitlock, C. Sigman)
avec « Les Voix du Rythme »
78 t. Polydor 560.230 - 0.891 - 2 ACP
Paris, 1950

15 - Oui, mon amour (Slow) 3’02
(André Hornez - Paul Misraki)
Chant : Paul MATTEI
du film « Nous irons à Monte-Carlo »
78 t. Polydor 560.350 - 1.586 - 2 ACP
Paris, 10/10/1951

16 - Tout, mais pas ça (Fox-trot) 3’05
(André Hornez - Paul Misraki)
du film « Nous irons à Monte-Carlo »
78 t. Polydor 560.351 - 1.589 - 2 ACP
Paris, 11/10/1951

17 - Si la brise (C’est que je t’aime) (Boléro) 2’44
(André Hornez - Paul Misraki)
du film « Nous irons à Monte-Carlo »
78 t. Polydor 560.350 - 1.587 - 3 ACP
Paris, 10/10/1951

18 - La Chasse aux papillons (Fox-trot) 2’30
(Georges Brassens)
Ray VENTURA
et son « nouveau » Grand Orchestre
33 t. (25) Versailles STD 2004 B
Paris, 1956

Avec un sens inné du spectacle et de la mélodie, Ray Ventura fait partie de ces grands promoteurs du jazz en France. Il a formé avec ses « Collégiens » l’un des plus brillants orchestres de l’âge d’or du music-hall. Des œuvres de Paul Misraki, auteur de « Tout va très bien Madame la marquise » et « Qu’est ce qu’on attend pour être heureux », aux splendides interprétations de Henri Salvador et Sacha Distel, ce coffret 3 CD de Dany Lallemand permet de revenir sur la carrière de l’un des personnages les plus emblématiques de la musique populaire française.
Claude Colombini Frémeaux

A born showman with a gift for melody, Ray Ventura was not only one of France’s great jazz promoters: the band he founded as “Les Collégiens” was one of the most brilliant orchestras in the golden age of music-hall. From pieces by Paul Misraki like “Tout va très bien Madame la Marquise” and “Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux?”, to splendid performances by Henri Salvador and Sacha Distel, this 3CD set of Ventura’s recordings chosen by Dany Lallemand looks back on the career of one of the most emblematic characters in French popular song.
Claude Colombini Frémeaux

CD Ray Ventura et ses collégiens 1928-1956 © Frémeaux & Associés 2013.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Fantastique - Ray Ventura & ses Collégiens02'51
02 I'm afraid of you - Ray Ventura & ses Collégiens02'41
03 You're the cream in may coffee - Ray Ventura & ses Collégiens02'50
04 If i had you - Ray Ventura & ses Collégiens02'42
05 Mon idéal - Ray Ventura & ses Collégiens03'07
06 Quand on tient le coup - Ray Ventura & ses Collégiens02'35
07 Love for sale - Ray Ventura & ses Collégiens02'58
08 The girl friend of a boy friend of mine - Ray Ventura & ses Collégiens02'53
09 Saint-James infirmary - Ray Ventura & ses Collégiens03'13
10 En parlant un peu de Paris - Ray Ventura & ses Collégiens02'46
11 C'est idiot mais c'est marrant - Ray Ventura & ses Collégiens03'11
12 Tout le jour, toute la nuit - Ray Ventura & ses Collégiens02'41
13 Je n'ai qu'un seul amour - Ray Ventura & ses Collégiens03'03
14 Amusez-vous - Ray Ventura & ses Collégiens03'03
15 On na jamais vu ça - Ray Ventura & ses Collégiens02'31
16 La crise est finie - Ray Ventura & ses Collégiens02'55
17 Toi, c'est moi - Ray Ventura & ses Collégiens02'44
18 Fantastique - Ray Ventura & ses Collégiens02'47
CD 2
01 Tout va très bien (madame la marquise) - Ray Ventura & ses Collégiens03'21
02 Joue à joue - Ray Ventura & ses Collégiens03'26
03 Je peux point vous l'dire - Ray Ventura & ses Collégiens03'13
04 Chez moi - Ray Ventura & ses Collégiens03'04
05 La musique vient par ici - Ray Ventura & ses Collégiens02'59
06 Vive les bananes - Ray Ventura & ses Collégiens02'43
07 Ca vaut mieux que d'attraper la scarlatine - Ray Ventura & ses Collégiens03'33
08 Toc toc partout - Ray Ventura & ses Collégiens03'19
09 La grêve de l'orchestre - Ray Ventura & ses Collégiens03'10
10 Les chemises de l'archiduchesse - Ray Ventura & ses Collégiens03'09
11 I got rhythm - Ray Ventura & ses Collégiens02'58
12 Comme tout le monde - Ray Ventura & ses Collégiens03'20
13 Sur deux notes - Ray Ventura & ses Collégiens02'56
14 Y a des jours où toutes les femmmes sont jolies - Ray Ventura & ses Collégiens02'41
15 Qu'est qu'on attend pour être heureux - Ray Ventura & ses Collégiens03'07
16 Un astrologue m'a dit - Ray Ventura & ses Collégiens03'04
17 It's a long long way to Tipperary - Ray Ventura & ses Collégiens02'48
18 Une charade - Ray Ventura & ses Collégiens03'17
19 Tiens, tiens, tiens - Ray Ventura & ses Collégiens02'41
CD 3
01 Tchiou tchiou - Ray Ventura & son Orchestre02'38
02 C'est au marché aux puces - Ray Ventura & son Orchestre03'07
03 Insensiblement - Ray Ventura & son Orchestre03'09
04 Mon coeur est au bal - Ray Ventura & son Orchestre03'07
05 Maria de Bahia - Ray Ventura & son Orchestre03'11
06 Sweet, sweet, sweet - Ray Ventura & son Orchestre02'47
07 Sans vous - Ray Ventura & son Orchestre02'41
08 Danse ballerine, danse - Ray Ventura & son Orchestre03'00
09 Après la pluie, le beau temps - Ray Ventura & son Orchestre02'54
10 J'ai peut être tort - Ray Ventura & son Orchestre03'15
11 La mi-août - Ray Ventura & son Orchestre02'39
12 Tant que je suis amoureux de vous - Ray Ventura & son Orchestre02'40
13 Miousic, miousic, miousic - Ray Ventura & son Orchestre02'32
14 Hop! Hop! polka - Ray Ventura & son Orchestre02'57
15 Oui, mon amour - Ray Ventura & son Orchestre03'04
16 Tout, mais pas ça - Ray Ventura & son Orchestre03'07
17 Si la brise - Ray Ventura & son Orchestre02'46
18 La chasse aux papillons - Ray Ventura & son Nouveau Grand Orchestre02'30
« Un bain jouvence » par Médiapart

« Nous voici plongés dans l'insouciance ou, pour mieux dire, un bain jouvence. Avec trois disques de bonne humeur, la maison Frémeaux et associés nous propose une anthologie de Ray Ventura. Disons-le d'emblée, ce dernier sut conduire une épopée de music-hall, mais le génie de l'entreprise était sans conteste Paul Misraki, l'auteur-compositeur des plus grandes chansons du groupe- en compagnie parfois d'André Hornez. Ray Ventura et ses collégiens diffusaient un esprit populaire et dénué de populisme, un patriotisme qui ne se confondait pas avec le chauvinisme, un esprit bon enfant que n'interdisait pas la vigilance. On a le cœur brisé quand on songe à la suite. Et si l'on sait que l'Amérique latine a su recueillir une formation menacée par les nazis- l'enregistrement des chansons de l'orchestre au Brésil est également disponible et c'est une merveille- on écoute aussi ces chansons comme on craint les chapitres à venir en lisant un roman que l'on connaît par coeur. Avec ses collégiens, Ray Ventura témoigne d'un moment de notre Histoire, quand, les soirs de malheur, on entendait murmurer Heureux comme Dieu en France. Une espérance qu'il nous faut cultiver... »
Par Frédérick CASADESUS - MEDIAPART




« Reconnaissance d’une histoire aussi intéressante que l’histoire officielle » par l’école Emancipée

« Frémeaux et associés nous propose un voyage dans les temps. D’abord en compagnie de l’orchestre de Ray Ventura, en trois CD et trois périodes : « 1928-1934 » soit les prolégomènes, « 1935-1940 », la gloire, l’esprit des temps avec « Tout va très bien Madame la Marquise » un véritable hymne national et « 1946-1956 », une sorte de fin en feu d’artifice avec l’arrivée d’un guitariste plein de jazz, Sacha Distel, le neveu. Une plongée nécessaire, une reconnaissance d’une histoire aussi intéressante que l’histoire officielle. Dany Lallemand nous présente Ray Ventura et quelques-uns des collégiens – c’est le nom de l’orchestre souvenir de jeunesse à Janson De Sailly – ainsi que Paul Misraki, compositeur de génie qui a su saisir les sentiments de la période de ces années 1930. On ne peut comprendre ni le Front Populaire ni la chanson française de l’après guerre comme la force du jazz, son importance dans la culture française sans écouter cette musique à la fois joyeuse et triste comme celle de Trenet qui s’en inspirera. »
Par Nicolas BENIES - L’ÉCOLE ÉMANCIPEE




« Reconnaissance d’une histoire aussi intéressante que l’histoire officielle » par l’école Emancipée

« Frémeaux et associés nous propose un voyage dans les temps. D’abord en compagnie de l’orchestre de Ray Ventura, en trois CD et trois périodes : « 1928-1934 » soit les prolégomènes, « 1935-1940 », la gloire, l’esprit des temps avec « Tout va très bien Madame la Marquise » un véritable hymne national et « 1946-1956 », une sorte de fin en feu d’artifice avec l’arrivée d’un guitariste plein de jazz, Sacha Distel, le neveu. Une plongée nécessaire, une reconnaissance d’une histoire aussi intéressante que l’histoire officielle. Dany Lallemand nous présente Ray Ventura et quelques-uns des collégiens – c’est le nom de l’orchestre souvenir de jeunesse à Janson De Sailly – ainsi que Paul Misraki, compositeur de génie qui a su saisir les sentiments de la période de ces années 1930. On ne peut comprendre ni le Front Populaire ni la chanson française de l’après guerre comme la force du jazz, son importance dans la culture française sans écouter cette musique à la fois joyeuse et triste comme celle de Trenet qui s’en inspirera. »
Par Nicolas BENIES - L’ÉCOLE ÉMANCIPEE




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