LÉO FERRÉ

INTÉGRALE LÉO FERRÉ ET SES INTERPRÈTES 1947-1956

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Artiste LÉO FERRÉ
Direction artistique : OLIVIER JULIEN
Livret : 20 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5468

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Figure atypique et engagée, Léo Ferré fait partie des plus grands artistes du patrimoine musical francophone. Olivier Julien explore dans ce coffret 3 CD la foisonnante première décennie de la carrière du poète (1947-1956).

On y retrouve ses premières chansons, interprétées par Édith Piaf, les Frères Jacques, Patachou, Catherine Sauvage et lui-même, ainsi qu’une version inédite, jamais publiée sur disque, du titre « Les amoureux du Havre » chanté par Annabel.

Patrick FRÉMEAUX

Intégrale Léo Ferré FA5468

Intégrale Léo Ferré et ses interprètes
1947-1956

70 titres de Léo Ferré
Interprétés par Léo Ferré, Juliette Gréco, Henri Salvador, Patachou, Édith Piaf,  Suzy Solidor,  Catherine Sauvage…








Léo Ferré et ses interprètes
1947-1956

Par Olivier Julien

Figure populaire et chanteur engagé, Léo Ferré est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands artistes français. Ses chansons, dans ses propres interprétations ou celles de ses contemporains, font partie de notre mémoire collective. Après une enfance monégasque choyée, ses débuts dans la musique sont difficiles et il doit pendant longtemps travailler en parallèle afin de subvenir à ses besoins. S’il est vite reconnu comme un grand auteur emprunt de modernité, ses premiers disques se vendent peu et il lui faudra attendre le succès de Paris canaille pour obtenir une véritable reconnaissance populaire. Des artistes prestigieux tels qu’Édith Piaf, Juliette Gréco ou Yves Montand ont chanté Léo Ferré mais c’est Catherine Sauvage qui sera sa plus fidèle interprète et lui consacrera une importante partie de sa carrière.

Léo Albert Charles Antoine Ferré voit le jour le 24 août 1916 à Monaco. Son père, Joseph Ferré, d’abord employé du casino, en deviendra directeur du personnel pour la Société des Bains de Mer et du cercle des étrangers. Sa mère, Marie-Charlotte Scotto, d’origine italienne, est couturière. Ils ont une fille de deux ans prénommée Lucienne. Léo, contrairement à l’idée reçue, n’est pas un diminutif de Léon, mais un hommage à Léa, la femme de son oncle maternel et parrain Albert Scotto. Il passe à Monaco une enfance tranquille et côtoie très tôt le monde artistique grâce aux activités de son père, ce qui anime sa passion pour la musique dès son plus jeune âge. « Mon pays était muni de belles maisons, de jolies personnes et d’un casino de jeux. Des remparts je le voyais ». La famille, qui est très croyante, fréquente assidûment la messe et Léo intègre la Chorale de la Maîtrise de la cathédrale de Monaco dès sept ans. Son oncle violoniste l’initie à Beethoven et c’est grâce à lui qu’il croise Ravel, à l’occasion de la répétition et de la représentation du Concerto pour la main gauche à l’Opéra de Monte-Carlo. A l’âge de neuf ans, il entre chez les frères des écoles chrétiennes au Collège Saint-Charles de Bordighera en Italie pour huit longues années. Cet épisode restera une expérience douloureuse pour Léo Ferré : « huit ans de bagne », dont il s’échappe grâce à la musique enseignée par les prêtres, ce qui lui permet d’intégrer la fanfare. Il se plonge également dans la lecture des poètes et commence à se forger un esprit rebelle, voire anarchiste. Il relatera cette solitude dans son unique roman Benoît Misère en 1970. A l’âge de dix ans, il compose sa première musique sur le poème de Verlaine Soleils couchants, puis à treize ans, le Kyrie d’une messe à trois voix. Après avoir passé la première partie de son baccalauréat à Rome en Juin 1933, il est de retour à Monaco et s’affirme désormais au piano grâce aux cours de Léonid Sabaniev, lui-même élève d’Alexandre Scriabine ; c’est par son intermédiaire qu’il fait également la connaissance du chef d’orchestre Antal Dorati ainsi que Dimitri Mitropoulos qui dirige l’Orchestre philharmonique de New York. En 1935, il monte à Paris accompagné de sa sœur pour y suivre des études de droit et sort diplômé de l’école libre des sciences politiques en 1939. Le service militaire l’appelle en septembre à Saint-Maixent (79) où il intègre l’infanterie comme officier de réserve et sera démobilisé en 1940. Il rencontre à Castres une jeune parisienne en exode du nom d’Odette Schunck.


Les débuts de Léo Ferré sur scène puis sur disques grâce à ses interprètes.

Après trois œuvres religieuses dont un Ave Maria composé pour le mariage de sa sœur, Léo écrit et compose ses premières chansons. Il se produit pour la première fois sur scène le 26 février 1941 au Théâtre des beaux-arts de Monaco sous le pseudonyme de Forlane. Lors d’un passage de Charles Trénet à Montpellier, il lui présente ses textes en s’accompagnant au piano mais ce dernier lui conseille de les faire chanter par d’autres car il ne lui prédit aucun avenir comme interprète. Léo Ferré épouse Odette Schunck en 1943 et ils s’installent dans une ferme à Beausoleil sur les hauteurs de Monaco ; il commence alors à travailler pour Radio Monte-Carlo tout en continuant à se produire dans les cabarets. Sur les conseils de René Baër et Édith Piaf rencontrés en 1945, le couple s’installe l’année suivante à Paris. Léo débute au cabaret le Bœuf sur le Toit pour une durée de trois mois où il fait la connaissance des Frères Jacques et de Charles Aznavour. Il se produit bientôt aux Assassins, aux Trois Mailletz, au Caveau de la Huchette, et au Quod Libet de Francis Claude et fait également la connaissance de Jean-Roger Caussimon avec qui il écrira bientôt de nombreux titres dont Comme à Ostende, Monsieur William, Le temps du tango... C’est également à cette période qu’il se produit pour la première fois dans les galas de la Fédération anarchiste.

Le 3 mars 1947, Léo Ferré signe son premier contrat d’édition avec la maison de disque Le chant du monde, créée en 1937 et étroitement liée au parti communiste. Léo y dépose sa première chanson intitulée Paris dont on retrouve le texte dans le recueil Poète vos papiers en 1956.

La chanteuse Yvette Giraud débute avec succès sa carrière discographique en 1946 avec Mademoiselle Hortensia. En septembre 1947, grâce à son éditeur, elle enregistre La chambre (78 tours 25cm Gramophone K 8831) dont il signe la musique sur des paroles de René Baër ; c’est là, la première chanson signée Léo Ferré à figurer sur un disque. Il en enregistre sa propre version en 1953 pour son second disque 25 cm ainsi que Jacques Douai en 1957 pour le EP Jacques Douai chante Léo Ferré. Toujours en 1947, il reçoit une offre alléchante pour se produire à la Martinique et ne réfléchit pas bien longtemps devant l’espoir de la manne financière. La tournée de six mois durant laquelle Léo fait le lever de rideau et accompagne des artistes est financièrement catastrophique ce qui l’oblige à vivre avec Odette chez l’habitant alors que le producteur disparaît avec l’argent des billets de retour. Il en profite néanmoins pour écrire de nouvelles chansons. A leur retour, les soucis d’argent se font sentir et le couple ne tarde pas à se séparer ce qui inspire à Léo Ferré le titre La vie d’artiste qu’il cosigne avec Francis Claude et qui sera enregistré notamment par l’épouse de ce dernier : Michèle Arnaud et Cora Vaucaire (78 tours 25 cm Ducretet-Thomson Y 8531). Il est alors engagé pour un an à la Radio nationale et débute sur Paris-Inter comme producteur d’émissions consacrées à la musique. Trois grandes dames vont choisir des titres de Léo Ferré en 1948 : Suzy Solidor ouvre le bal en janvier avec L’inconnue de Londres (78 tours 25 cm Decca SF 158 P 117), dont il signe paroles et musique, et qu’il enregistrera bientôt lui-même, puis c’est avec Eddy Marney qu’il écrit pour Édith Piaf, Les amants de Paris (78 tours 25 cm Columbia DF3244) qu’elle enregistre en juin ; enfin la star de l’époque Renée Lebas crée à l’A.B.C Elle tourne la terre avant de graver le titre en studio (78 tours 25 cm Pathé PG228). Léo Ferré chante désormais dans plusieurs cabarets dont Le Quod Libet ouvert par Francis Claude ; c’est là qu’il partage la scène avec une jeune comédienne qui deviendra bientôt sa principale interprète : Catherine Sauvage. Il écrit des chansons pour les émissions de radio que produit Francis Claude et ils signent ensemble plusieurs titres dont L’île Saint-Louis. Toujours parmi les vedettes, c’est au tour d’Henri Salvador de choisir ses titres ; ainsi il enregistre en octobre 1949 A Saint-Germain-des-Prés. (78 tours 25 cm Polydor 560181) puis La chanson du scaphandrier l’année suivante.

Début 1950, Léo rencontre Madeleine Robereau, étudiante en philosophie avec qui il vivra dix-huit années de passion ; Ils emménagent rapidement avec Anne la fille de Madeleine que Léo considérera comme sa fille.

Les premiers disques de Léo Ferré.
Alors qu’il produit des émissions de radio consacrées à la musique classique, il signe un nouveau contrat avec Le Chant du Monde, cette fois-ci également comme chanteur, et entre en studio pour enregistrer ses premières chansons. Paraissent alors ses premiers disques 78 tours pour lesquels il reprend des morceaux créés par ses interprètes : La vie d’artiste, La chanson du scaphandrier, Le bateau espagnol, L’île Saint-Louis, A Saint-Germain-des-Prés et crée Monsieur Tout blanc (qui sera censurée en raison de ses attaques au pape Pie XII). En septembre 1950, Jacqueline Valois enregistre une chanson qui devient un des refrain les plus célèbres sur Paris. Le titre L’île Saint-Louis, outre la version de Léo Ferré, est directement repris par Renée Lebas. Catherine Sauvage, Michèle Arnaud (78 tours 25 cm Ducretet-Thomson Y 8531) et Marie Laurence. En novembre, nouvelle séance d’enregistrement avec : Le flamenco de Paris, Les forains, L’inconnue de Londres, Barbarie, L’esprit de famille et Le temps des roses rouges. Malgré un long travail de composition pour un opéra nommé La vie d’artiste, il essuie le refus de la Radio nationale puis de la Scala de Milan. Le 12 Janvier 1951, Léo enregistre le feuilleton radiophonique De sacs et de cordes avec Jean Gabin dans le rôle principal qui est composé à la fois de chansons déjà enregistrées et de titres à paraître. La première diffusion à lieu le 5 février 1951. Colette Mars enregistre Paris-Taxis (78 tours 25 cm Decca 21.427 P 571) chanté par Zizi Jeanmaire dans le court-métrage du même nom (sur une musique de Léo Ferré) et qu’elle ne réenregistrera que bien plus tard. Jacques Douai prend à son répertoire Le bateau espagnol qu’il gravera en 1955 sur son second disque (33 tours 25 cm BAM LD 312 A) et Yves Montand, autre grande vedette de l’époque, enregistre Le flamenco de Paris (78 tours 25 cm Odéon 282576).

Paris canaille : premier grand succès populaire.
Léo met en musique le texte d’Apollinaire Le pont Mirabeau qu’enregistre Yvette Giraud (78 tours 25 cm La Voix de son Maître SG 432). Après ce premier essai, il se lance dans l’écriture d’un oratorio sur La chanson du mal aimé du même Apollinaire. Cette expérience dans la mise en musique de poésie est pour lui un moyen d’honorer et de faire connaître les grands auteurs et deviendra une partie importante de sa carrière discographique ; ainsi Léo mettra également en musique Rutebeuf, Villon, Verlaine, Rimbaud, Aragon... Après la version classieuse de Catherine Sauvage, Les Frères Jacques revisitent le titre Monsieur William (78 tours 25 cm Polydor 560450) dont le style narratif sied parfaitement à leur interprétation théâtrale.

Léo et Madeleine se marient à Monaco le 29 avril et Léo écrit Les amoureux du Havre qui sera crée par Henri Decker (78 tours 25 cm Odéon 282.825) et également enregistré par Eddie Constantine et Maria Vincent entre autres. Annabel (qui n’est pas encore Madame Buffet) l’ajoute immédiatement à son répertoire dans les cabarets mais restera inédite sur disque. Il nous en reste ici une trace grâce à un enregistrement privé.

Fin 1952, Renée Lebas, alors en tournée à Alexandrie, crée sur scène le titre Paris canaille qui sera enregistré en 1953 par Léo et dont Catherine Sauvage fait un énorme succès la même année. Georgie Viennet l’intègre alors à son tour de chant tandis que Rémi Clary la reprend en fin d’année pour ses concerts à la Villa d’Este. Le titre est enregistré dès l’année suivante par Jacqueline Villon et Germaine Montero puis par Gilles Amado dans une version accompagnée par André Popp. Le rythme de ritournelle de Paris-canaille lui vaut d’être immédiatement reprise par des formations instrumentales des Bastringos à Émile Prud’homme, Maurice Vittenet ou Maurice Alexander à l’accordéon, ou encore l’orchestrateur Philippe Gérard (et son brelan d’as), alors que Tommy Desserre en enregistre une version à l’orgue Hammond. Cette chanson qui capte la gouaille d’une époque avec son air entêtant devient bientôt un classique de la chanson française et franchira les frontières. La démocratisation des tournes disques voit naître un nouveau marché de la musique et les ventes de vinyles commencent à générer des revenus importants ce qui permet à Léo de vivre enfin confortablement de sa musique et d’acquérir une maison en Normandie. Des versions seront adaptées en hollandais et en allemand notamment par la comédienne et chanteuse Hildegard Knef.

Léo Ferré s’exprime ainsi dans l’émission La bonne mémoire sur France inter.

« Tu sais que moi, quand j’ai fait Paris-canaille, j’avais écrit sur un calepin, un jour, à la maison Paris-canaille, bon ! Quelque temps après, j’ai fait cette chanson. Et puis j’avais une voisine qui était gentille, qui était venue m’écouter. Alors je lui dis : “Voilà ce que j’ai fait”. Elle me dit : “Léo, c’est fantastique !” Et je ne me rendais pas compte. Le tube, c’est après qu’on sait que c’est le tube... J’avais pris rendez-vous le même jour, c’est une histoire que je raconte parce que ça me tient à cœur et tu verras pourquoi, avec les Frères Jacques, avec qui j’avais travaillé au Bœuf sur le toit, à la Rose Rouge, un jour, à midi. Je chantais la chanson et ils ne m’ont pas laissé aller jusqu’au bout, en me disant : “Léo, il y a trop de paroles !”.  Alors je suis parti. J’avais rendez-vous à deux heures et demi chez Montand, place Dauphine, que j’avais connu chez Piaf. Je chante et il m’arrête lui aussi avant la fin de la chanson, il se retourne, il se met un chapeau melon, il prend un revolver postiche, il me dit : “Regarde. J’ai déjà une chanson de gangster !” Et le soir, à six heures, chez moi, c’est vrai, ce n’est pas des blagues, j’étais sur la frontière de Neuilly et du XVIIe, est venu Mouloudji. Mouloudji c’est un garçon intelligent et il avait joué dans un film qui s’appelle Nous sommes tous des assassins (film d’André Cayatte, réalisé en 1952) qui marchait bien. Et il remplissait la Villa d’Este, à tout va, le soir. Et je me suis dit : “Tiens, s’il chante cette chanson, ça m’aurait fait plaisir.” Il est venu, il m’a regardé, la main sous le menton, comme ça, il m’a écouté et puis il est parti. Voilà ! C’est tout ! Et un jour, un producteur de chez Philips avait fait chanter ça à Catherine Sauvage, qui l’a chantée. On l’a connue comme ça, la chanson. C’était fin 1952. » 

Dés 1953, Léo rejoint la maison de disques Odéon qui lui permet d’enregistrer dans de meilleures conditions et il grave alors sa propre version de Paris canaille. Il partage alors la scène de l’Arlequin avec Catherine Sauvage où chacun donne tour à tour sa propre version du titre. Fin 1953, afin de remplir la fin de son contrat avec Le chant du monde, Léo réenregistre alors douze de ses titres dans des versions techniquement bien meilleures que celles des premiers 78 tours, ce sont ces enregistrements qui on été retenus dans ce coffret. Un disque (33 tours 25 cm Le chant du Monde 4022) est édité en février 1954 alors que le premier 25 cm pour Odéon paraît fin 1953 regroupant les titres sortis sous forme de 78 tours et 45 tours. On y retrouve notamment le titre Et des clous écrit pour la bande originale du film L’esclave avec Barbara Laage. Catherine Sauvage enregistre L’homme accompagnée par Michel Legrand dont l’orches-tration rappelle les rythmes de cavalerie. Le titre devient un succès et lui permet de recevoir le grand prix du disque 1954. Il traverse l’atlantique en 1955 grâce à la chanteuse américaine Eartha Kitt qui en propose une étonnante version en anglais sous le titre The heel (45 tours EP RCA A 75 229). Léo enregistre sa version de l’homme pour les nouvelles sessions chez Odéon ainsi que Le piano du pauvre popularisé par Patachou (EP 45 tours Philips 432 007) et également enregistré par Catherine Sauvage, Rose Mania, Lucien Jeunesse, Germaine Montero... Patachou interprète également Nous les filles sur la scène du théâtre des variétés (33 tours 25 cm Philips N76030R), chanson hommage et clin d’œil aux filles de joie. La reconnaissance croissante de Léo Ferré lui permet de faire la première partie de Josephine Baker à l’Olympia tandis que Catherine Sauvage lui consa-cre un album entier sous le titre Catherine Sauvage chante Léo Ferré. Odéon met enfin les moyens nécessaires à sa disposition et pour son nouveau disque, lui permet de travailler avec un orchestre qu’il dirige pour les quatre titres de son nouveau EP : Graine d’ananar, Merci mon Dieu, Notre-Dame de la mouise et Mon p’tit voyou.

En 1955, Léo est prolifique et enregistre en début d’année des titres qui ne seront pas commercialisés en album dont La rue que Juliette Gréco interprète sur la scène de l’Olympia ainsi que Dieu est négre. (33 tours 25 cm Fontana 660.205) tandis que cette salle accueille pour la première fois Léo Ferré comme vedette principale. Parmi les vraies raretés : Geneviève enregistre Amour amour accompagnée de Luc Poret, c’est ici la première réédition de ce titre. Léo et Madeleine emménagent dans une maison qu’il achète près de Nonancourt avant de retourner en studio en novembre pour huit titres qui sortent en 25 cm sous le titre huit nouvelles chansons..

Léo Ferré est désormais un artiste reconnu ce qui lui permet de plus en plus de liberté artistique. Il va bientôt adapter son recueil de poèmes Poètes vos papiers ! et réalise son projet de mise en musique de La chanson du mal aimé d’Apollinaire avant des projets autour de Villon, Verlaine, Rimbaud, Aragon... Sa personnalité anticonformiste dénote dans le milieu musical et il ne cache pas ses tendances anarchistes qui ne feront que se développer durant les années soixante. Il se fait rare en télé-vision et privilégie la scène pour son contact avec le public tout comme il préférera toujours les bandes d’amis et la vie privée aux strass du show-business. Il va délaisser peu à peu l’écriture pour les interprètes afin se concentrer sur ses propres disques. Avec plus de quarante albums, il est le plus prolifique des auteurs français.
Olivier JULIEN


Pour toutes leurs informations, merci à Robert Belleret, Alain Fournier, Jacques Layani, Martin Peynet et Jacques Vassal.

Pour leur soutien, merci à Julien Bugnon, Johannes, Jean-Yves Liotier, Pascal Quiertant, Alessandro Malvezzi, Annie, Juliette & José Théry et Frieder Wasmuth.
Pour le partage de ses passions musicales, merci à Sylvie Lebriquer.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2014



Léo Ferré
1947-1956

By Olivier Julien

As a singer, militant and popular figure, Léo Ferré is today recognized as one of the greatest French artists; his songs, whether they were sung by himself or by his contemporaries, are part of France’s collective memory. After a cosseted infancy in Monaco his early days in music were difficult, and for a long time he was obliged to work in parallel to earn a living. While he was quickly recognized as a great songwriter in a modern vein, his first records sold poorly, and he had to wait until Paris canaille became a success before he reached celebrity. Many prestigious artists — among them Edith Piaf, Juliette Greco and Yves Montand — have sung his work, but Catherine Sauvage was his most faithful singer and she devoted a large part of her career to Ferré’s songs.

Léo Albert Charles Antoine Ferré was born in Monaco on August 24th 1916. His father Joseph Ferré worked in the Casino before becoming the personnel director of the Société des Bains de Mer et du cercle des étrangers. Ferré’s mother Marie-Charlotte Scotto was an Italian dressmaker, and the couple had a two-year-old daughter named Lucienne. Léo was not a diminutive of Léon as people commonly believe, but a tribute to Léa, the wife of his mother’s brother Albert Scotto. As a child in Monaco, Léo was cherished, and spent his early years peacefully in an artistic milieu thanks to the activities of his father, who encouraged his passion for music from the beginning. “There were beautiful houses where I was born, beautiful people, and a gambling casino. I could see it from the ramparts.” The family was very religious; they regularly went to church and when Léo was seven he joined the Choir School of Monaco’s cathedral. His uncle and godfather, a violinist, introduced him to Beethoven, and it was thanks to Albert that Léo would meet Maurice Ravel when the latter was rehearsing his Concerto for the Left Hand for its performance at the Monte Carlo Opera.

When he was nine, Léo left to join the Christian Schools run by monks at Saint Charles College in Bordighera, Italy, where he remained for eight long years. The episode would remain a painful experience for Ferré — “eight years’ hard labour”, he said — and he escaped thanks to the music taught by the priests, a schooling which enabled him to join the brass band. He also read the poets, and began forging a rebellious anarchist’s temperament. He would tell of this solitude in his sole novel, Benoît Misère, published in 1970. At the age of ten, he composed his first piece of music based on Verlaine’s poem Soleils couchants, and at thirteen he wrote the Kyrie for a three-part vocal Mass. After sitting the first part of his Baccalauréat examination in Rome in June 1933, he returned to Monaco and became a proficient pianist studying under Léonid Sabaniev, himself a pupil of Scriabine; thanks to Sabaniev he also became acquainted with the conductor Antal Dorati, and also Dimitri Mitropoulos, who conducted the New York Philharmonic. In 1935 Léo went to Paris accompanied by his sister to study law, and graduated from Political Science School (later known as ‘Sciences Po’) in 1939. He was called up for military service in September and sent to Saint-Maixent — he joined the infantry as a reserve officer — before his demobilization in 1940. In Castres he met a young Parisian girl in exile named Odette Schunck.

His stage debuts, and the first Ferré records by other artists.
After three religious works including an Ave Maria composed for his sister’s wedding, Léo wrote and composed his first songs, appearing onstage for the first time on February 26th 1941 (at the Théâtre des Beaux-Arts in Monaco) using the pseudonym Forlane. When Charles Trénet went to perform in Montpellier, Léo sang his own texts for him, accompanying himself on piano, only to hear this advice from Trénet: Léo should let others sing them, as he had “no future as a singer”…

Léo Ferré married Odette Schunck in 1943 and they went to live on a farm in Beausoleil on the heights of Monaco. Léo began working for Radio Monte-Carlo while continuing to appear in cabaret. On the advice of René Baër and Édith Piaf, whom he met in 1945, the couple moved to Paris the following year. Léo began at the cabaret called Le Bœuf sur le Toit for three months, meeting Les Frères Jacques and Charles Aznavour. He would soon appear at the Assassins, the Trois Mailletz, the Caveau de la Huchette, and the Quod Libet run by Francis Claude, also meeting Jean-Roger Caussimon with whom he would write numerous songs including Comme à Ostende, Monsieur William, Le temps du tango... It was also during this period that Léo appeared for the first time in gala shows organized by the Anarchist Federation. On March 3rd 1947 Léo Ferré signed his first publishing-contract with the record-company Le Chant du Monde, which had been created in 1937 and was closely tied to the Communist Party. The first song which Léo registered with them was called Paris, whose lyrics can be found in the collection Poète vos papiers published in 1956.

Singer Yvette Giraud successfully began her recording-career in 1946 with Mademoiselle Hortensia. In September 1947, thanks to the publisher, she recorded La chambre (a 10” 78rpm disc, Gramophone K 8831), with music by Ferré and lyrics by René Baër; it was the first song under Léo Ferré’s name to appear on disc. He recorded his own version of it in 1953 for his second 10” record, and Jacques Douai also recorded it (1957) for the EP entitled Jacques Douai chante Léo Ferré. Still in 1947, Léo received a tempting offer to appear overseas in Martinique, but didn’t hesitate long due to his low finances. The six-month tour — Léo opened for other artists and also accompanied them — was a financial disaster however, and Odette and Léo were obliged to stay with local inhabitants while the producer disappeared with the receipts, leaving them stranded.

Léo took advantage of the circumstances to write new songs, however. When they returned, financial worries quickly reappeared and the couple soon split up, inspiring Léo to write the song La vie d’artiste with co-writer Francis Claude; it would be recorded notably by Michèle Arnaud (10” 78rpm disc Ducretet-Thomson Y 8531). Ferré was then hired for a year by French national radio, and he produced music programmes for Paris-Inter. Three great ladies of song would choose titles by Léo Ferré in 1948: Suzy Solidor was the first, with L’inconnue de Londres in January (10” 78rpm Decca SF 158 P 117), for which Ferré wrote the words and music, and which he would quickly record himself; next came Édith Piaf, for whom he wrote Les amants de Paris with Eddy Marnay (10” 78rpm Columbia DF3244), and which Piaf recorded in June; and finally the period’s star Renée Lebas gave the first performance at the A.B.C. theatre of Elle tourne la terre, before going into the studio to record it (10” 78rpm Pathé PG228).

From now on Léo Ferré was singing in several cabarets, including the Quod Libet opened by Francis Claude; it was there that he would share the stage with a young actress who would soon become the principal performer of Ferré’s songs: Catherine Sauvage. He wrote pieces for radio-programmes produced by Francis Claude, and together they penned several titles including L’île Saint-Louis. Another star who recorded Ferré’s titles was Henri Salvador: in October 1949 came A Saint-Germain-des-Prés (10” 78rpm Polydor 560181), and then the following year, La chanson du scaphandrier.

Early in 1950, Léo met Madeleine Robereau, a philosophy student with whom he would live a passion lasting eighteen years. They set up house together with Madeleine’s child Anne, whom Léo treated like his own daughter.

Léo Ferré’s first records.
While producing classical-music programmes for radio he signed a new contract with Le Chant du Monde, this time as a singer also, and went into the studio to record his first songs. It marked the appearance of his first 78s containing titles which others had recorded already — La vie d’artiste, La chanson du scaphandrier, Le bateau espagnol, L’île Saint-Louis, A Saint-Germain-des-Prés — plus a new creation, Monsieur Tout blanc (which would be censored as an attack on Pope Pius XII). In September 1950 Jacqueline Valois would record a song which became one of the most popular refrains dedicated to Paris — L’île Saint-Louis —, and which was picked up at once by Renée Lebas, Catherine Sauvage, Michèle Arnaud (10” 78rpm Ducretet-Thomson Y 8531) and Marie Laurence. In November came a new recording-session with the titles Le flamenco de Paris, Les forains, L’inconnue de Londres, Barbarie, L’esprit de famille and Le temps des roses rouges. Despite the long period Ferré devoted to composing his opera La vie d’artiste, the piece was turned down by national French radio and then by La Scala in Milan. On January 12th 1951 Léo recorded the radio serial De sacs et de cordes (with Jean Gabin in the leading role), which featured titles he’d already recorded and some forthcoming releases. The first broadcast took place on February 5th 1951. Colette Mars recorded Paris-Taxis (10” 78rpm Decca 21.427 P 571), which was sung by Zizi Jeanmaire in the eponymous short-film (the music was by Léo Ferré), and which she would only record much later. Jacques Douai adopted the song Le bateau espagnol for his own repertoire, and recorded it in 1955 for his second disc (10” 33rpm BAM LD 312 A), while Yves Montand, the great star of the period, recorded Le flamenco de Paris (10” 78rpm Odéon 282576).

Paris canaille, his first great popular hit.

Léo set Apollinaire’s text Le pont Mirabeau to music and it was recorded by Yvette Giraud (10” 78rpm La Voix de son Maître SG 432). After this first experience he started writing an oratorio based on the same poet’s La chanson du mal aimé, an experiment which was a way for him to pay tribute to the great authors and make them more widely known; it would become a major part of Ferré’s discography, including the poets Rutebeuf, Villon, Verlaine, Rimbaud, Aragon, etc. After Catherine Sauvage’s classic version of Monsieur William, the title was revisited by Les Frères Jacques (10” 78rpm Polydor 560450), whose narrative style perfectly suited their theatrical performances.

Léo and Madeleine were married in Monaco on April 29th and Léo wrote Les amoureux du Havre, premiered by Henri Decker (10” 78rpm Odéon 282.825) and also recorded by Eddie Constantine and Maria Vincent among others. The singer Annabel (not yet known as Mme Bernard Buffet), immediately added the song to her repertoire in cabaret but her version remained unpublished. A trace of it can be heard here thanks to a private recording.

At the end of 1952, Renée Lebas, then on tour in Alexandria, premiered the title Paris canaille onstage; it would be recorded by Léo in 1953, and Catherine Sauvage had an enormous hit with it that same year. Georgie Viennet made a record of it, putting it into her repertoire at the end of the year for her concerts at the Villa d’Este. The title was recorded again early the following year by Jacqueline Villon and Germaine Montero, and then by Gilles Amado in a version accompanied by André Popp. The recurrent rhythm of Paris-canaille ensured it was immediately taken up by orchestral groups, from the Bastringos to Émile Prud’homme, Maurice Vittenet or Maurice Alexander (the latter on the accordion), and even by arranger Philippe Gérard (and his “Brelan d’as”), while a version on the Hammond organ was recorded by Tommy Desserre. This song captured the cheeky Parisian slang-atmosphere of the period thanks to its catchy melody, and would soon become a classic of French song before it spread abroad.

Record-players were becoming a common feature in households and a new market was born. Sales of vinyl records increased and began to generate a much better income, with the result that Léo could now live comfortably from his music; he bought a house in Normandy. Versions of his songs were sung in Dutch as well as in German, notably by singer/actress Hildegard Knef.

This is what Léo Ferré had to say in the France Inter radio programme in 1984:

“You know, when I did ‘Paris-canaille’, I wrote it in a note-book one day in a place that was a bit of a dive, you know what I mean! A while after that, I did this song. And I also had a neighbour, a nice woman, who came to listen to me. So I said to her, “Here’s a thing I did,” and she said to me, “Léo, that’s fantastic!” And I just didn’t realize. A hit… it’s afterwards that you know it’s a hit… I’d made an appointment on the same day to see Les Frères Jacques — I’d worked with them at the ‘Bœuf sur le toit’, at the ‘Rose Rouge’— and it’s a story I’m always telling because I’m very fond of it, you’ll see why… And they didn’t let me finish the song, saying, “Léo, too many words!” So I left. I had an appointment at 2.30 with Montand, Place Dauphine, (I’d met him at Piaf’s place). I started singing and he stopped me before I got to the end of the song as well. He turned round, put his bowler on, picked up a dummy revolver, and said, “Look, I’ve already got a gangster song!” And that evening at six, I’m not joking, it’s all true, I was at home — I lived right on the line between Neuilly and the 17th — and Mouloudji came round. Mouloudji was a bright boy and he’d been in a film called “Nous sommes tous des assassins” [dir. André Cayatte, 1952) which was doing well. And he was packing them in at the Villa d’Este every night. I was thinking, “Ah, if he sang this song, wouldn’t that be nice!” So, anyway, he came round, and he looked at me, holding his chin like this; and after listening to me he left. Just like that! So that was that! Then one day, a producer at Philips gave it to Catherine Sauvage and she sang it. That’s how the song got known. That was at the end of 1952.”

Léo signed with Odéon in 1953, and the label allowed him to record in better conditions; he cut his own version of Paris canaille. At the time he was appearing at the Arlequin with Catherine Sauvage, and onstage they gave their own versions of the title in turn. At the end of the year, to fulfil his contract with Le Chant du Monde, Léo re-recorded twelve of his titles in versions which were technically much better than those released on 78s, and these later versions are the ones included here. A 10” 33rpm record (Le Chant du Monde 4022) was released in February 1954, following the appearance of his first 10” LP for Odéon at the end of 1953, and it contained titles previously published as 78s and 45s: they included notably Et des clous (written for the original soundtrack of the film L’esclave with Barbara Laage). Catherine Sauvage recorded L’homme accompanied by Michel Legrand, whose arrangement evoked cavalry rhythms. The title became a hit, and was rewarded with the French “Grand Prix du Disque” in 1954. Ferré crossed the Atlantic in 1955 thanks to American singer Eartha Kitt, who released an astonishing version of the song in English under the title The heel (45rpm EP RCA A75 229). Léo recorded his version of L’homme at new sessions for Odéon, and also Le piano du pauvre which was made popular by Patachou (45rpm EP Philips 432 007), and also recorded by Catherine Sauvage, Rose Mania, Lucien Jeunesse and Germaine Montero. Patachou also sang Nous les filles at the Théâtre des Variétés (10” 33rpm Philips N76030R), a tribute-song with a twinkle in its eye (dedicated to women of easy virtue!) Léo Ferré’s growing reputation allowed him to open for Josephine Baker et the Olympia, while Catherine Sauvage devoted a whole album to his songs under the title Catherine Sauvage chante Léo Ferré. Odéon finally put all its resources at Ferré’s disposal for a new recording, and allowed him to work with an orchestra: he conducted the ensemble himself for the four titles which appeared on his new EP: Graine d’ananar, Merci mon Dieu, Notre-Dame de la mouise and Mon p’tit voyou.

1955 was a prolific year for Ferré. Early in the year, he recorded titles which wouldn’t be released in album-format, among them La rue, which Juliette Gréco sang onstage at the Olympia, and also Dieu est négre (10” 33rpm Fontana 660.205). The Olympia venue also welcomed Léo Ferré for the first time as its star attraction… Meanwhile, singer Geneviève recorded Amour amour accompanied by Luc Poret, and this set marks this song’s first reissue. Léo and Madeleine bought a house near Nonancourt before he returned to the studio that November to do eight titles for release on a 10” LP called Huit nouvelles chansons.

Léo Ferré was by now recognized as a major artist, and as such he was given more and more artistic freedom for his recordings. He would soon adapt his poetry-collection Poètes vos papiers!, and also completed his project of setting Apollinaire’s La chanson du mal aimé to music before moving on to his other works based on Villon, Verlaine, Rimbaud and Aragon. His non-conformist personality caused waves in the music world, however, and Léo didn’t hide his anarchist-leanings... On the contrary, they developed throughout the Sixties. His television appearances became rarer, and he preferred the stage as a means of staying in touch with his admirers. Indeed, he would always prefer a private life, associating only with friends and keeping his distance from the glitter of show-business… Gradually he abandoned writing songs for other artists in order to concentrate on his own recordings. With more than forty albums in his discography, Léo Ferré would remain the most prolific French songwriter.
Olivier JULIEN
Adapted into English by Martin DAVIES

For all their informations, thanks to Robert Belleret, Alain Fournier, Jacques Layani, Martin Peynet and Jacques Vassal.

For their support, thanks to Julien Bugnon, Johannes, Jean-Yves Liotier, Pascal Quiertant, Alessandro Malvezzi, Annie, Juliette & José Théry and Frieder Wasmuth.

Thanks to Sylvie Lebriquer for sharing her musical passions.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2014


CD1 - Premières chansons de Léo Ferré 1950 -1953
CHANSONS DE LEO FERRE - 1953
1 - L’île Saint-Louis (Francis Claude - Léo Ferré / Léo Ferré)

2 - La chanson du scaphandrier (René Baër / Léo Ferré)

3 - Barbarie (Léo Ferré)

4 - L’inconnue de Londres (Léo Ferré)

5 - Le bateau espagnol (Léo Ferré)

6 - A Saint-Germain-des-Prés (Léo Ferré)

7 - La vie d’artiste (Francis Claude - Léo Ferré / Léo Ferré)

8 - Le flamenco de Paris (Léo Ferré)

9 - Les forains (Léo Ferré)

10 - Monsieur Tout-Blanc (Léo Ferré)

11 - L’esprit de famille (Léo Ferré)
Enregistrement : 27, 31 octobre et 17 novembre 1953
Accompagnement de l’auteur au piano
33 tours 25cm Le chant du Monde 4022 - 1954

TITRE BONUS :
12 - Le temps des roses rouges (Léo Ferré)
Enregistrement : le 20 Novembre 1950
Accompagnement de l’auteur au piano
78 tours 25cm Le chant du Monde 1586 - 1950

25CM NUMERO 2 - 1953
13 - Monsieur William (Jean-Roger Caussimon / Léo Ferré)

14 - La chambre (René Baër / Léo Ferré)

15 - Vitrines (Léo Ferré)

16 - Le Pont Mirabeau (Guillaume Apollinaire / Léo Ferré)

17 - Judas (Léo Ferré)

18 - Notre amour (Léo Ferré)

19 - Et des clous (Léo Ferré)

20 - Les cloches de Notre-Dame (Léo Ferré)

21 - Paris canaille (Léo Ferré)
Enregistrement : 10 et 29 avril 1953
Direction d’orchestre Jean Faustin
33 tours 25cm Odéon OS 1038 - 1953

78 TOURS - 1953
22 - Martha la mule (Léo Ferré)

23 - Les grandes vacances (Léo Ferré)
Enregistrement : 29 avril 1953
Accompagnement de l’auteur au piano
78 tours 25cm Odéon 282.817 - 1953


CD 2 - Premières chansons de Léo Ferré 1954 -1956
LEO FERRE CHANTE ... - 1954
1 - Le piano du pauvre (Léo Ferré)

2 - A la Seine (jean-Roger caussimon / Léo Ferré)

3 - L’homme (Léo Ferré)

4 - Le parvenu (Léo Ferré)

5 - Mon p’tit voyou (Léo Ferré)

6 - Notre Dame de la mouise (Madeleine Ferré - Albert Willemetz / Léo Ferré)

7 - Graine d’ananar (Léo Ferré)

8 - Merci mon Dieu (Léo Ferré)
Direction d’orchestre Jean Faustin et Léo Ferré
Enregistrement : 15 Mars, 7 Avril et 7 Octobre 1954
33 tours 25cm Odéon OS 1086 - 1954

78 TOURS 1955
9 - Vise la réclame (Léo Ferré)

10 - La rue (Léo Ferré)
Enregistrement : 17 Janvier 1955
Direction d’orchestre Jean Faustin
78 tours 25cm Odéon 283136 - 1955

11 - Monsieur mon passé (Léo Ferré)
Direction d’orchestre Jean Faustin
Enregistrement : 17 Janvier 1955

12 - La chanson triste (Léo Ferré)
Direction d’orchestre Léo Ferré
Enregistrement : 11 Février 1955
78 tours 25cm Odéon 283137 - 1955

13 - L’âme du rouquin (Léo Ferré)

14 - La vie (Léo Ferré)
Enregistrement : 31 Janvier 1955
Direction d’orchestre Jean Faustin
78 tours 25cm Odéon 283147 - 1955

15 - Le fleuve des amants

16 - En amour
Enregistrement : 11 Février 1955
Direction d’orchestre Léo Ferré
78 tours 25cm Odéon 283156 - 1955

8 NOUVELLES CHANSONS - 1956
14 - Le guinche (Léo Ferré)

15 - La fortune (Léo Ferré)

16 - Ma vieille branche (Léo Ferré)

17 - T’en as (Léo Ferré)

18 - La grande vie (Léo Ferré)

19 - Le temps du plastique (Léo Ferré)

20 - Pauvre Rutebeuf (Rutebeuf/Léo Ferré)

21 - L’amour (Léo Ferré)
Enregistrement : novembre 1955
33 tours 25cm Odéon OS 1126 - 1956


CD 3 - Les premiers interprètes de Léo Ferré - 1947-1956

1 - Yvette Giraud - La chambre (René Baër / Léo Ferré)
Direction d’orchestre Guy Luypaerts
78 tours 25cm Gramophone K 8831 - 1947

2 - Suzy Solidor - L’inconnue de Londres (Léo Ferré)
Arrangement musical, accompagnement et direction d’orchestre Raymond Legrand
78 tours 25cm Decca SF 158 P 117 - 1948

3 - Edith Piaf - Les amants de Paris (Léo Ferré - Eddy Marnay / Léo Ferré - Eddy Marnay)
Direction d’orchestre Robert Chauvigny
78 tours 25cm Columbia DF3244 - 1948

4 - Renée Lebas - Elle tourne la terre (Léo Ferré)
Avec accompagnement d’orchestre
78 tours 25cm Pathé PG228 - 1948

5 - Henri Salvador - À Saint-Germain-des-Prés (Léo Ferré)
Avec le trio Jack Diéval
78 tours 25cm Polydor 560181 - 1949

6 - Colette Mars - Paris-taxis (Léo Ferré)
Accompagnée par Jerry Mengo et son orchestre.
78 tours 25cm Decca 21.247 P 571 - 1951

7 - Yves Montand - Le flamenco de Paris (Léo Ferré)
Accompagné par Henri Crolla à la guitare
78 tours 25cm Odéon 282576 - 1952

8 - Yvette Giraud - Le pont Mirabeau (Guillaume Apollinaire / Léo Ferré)
Direction d’orchestre Marc Herrand
78 tours 25cm La Voix de son Maître SG 432 - 1952

9 - Michèle Arnaud - L’île Saint-Louis (Francis Claude - Léo Ferré / Léo Ferré)
Accompagnée par Jacques Lasry et son orchestre
78 tours 25cm Ducretet-Thomson Y 8531 - 1952

10 - Les Frères Jacques - Monsieur William (Léo Ferré)
Au piano Pierre-Philippe
78 tours 25 cm Polydor 560450 - 1953

11 - Cora Vaucaire - La vie d’artiste (Léo Ferré)
Accompagnée au Piano par Robert Valentino
78 tours 25 cm BAM V508 - 1953

12 - Catherine Sauvage - Paris canaille (Léo Ferré)
Accompagnée par Michel Legrand et son orchestre
78 tours 25cm Philips 72.148 - 1953

13 - Catherine Sauvage - L’homme (Léo Ferré)
Avec Michel Legrand et son orchestre
78 tours 25 cm Philips 72.203 - 1953

14 - Henri Decker - Les amoureux du Havre (Léo Ferré)
Orchestre sous la direction d’André Popp.
78 tours 25cm. Odéon 282.825 - 1953

15 - Patachou - Nous les filles (Léo Ferré)
Direction d’orchestre Joss Baselli
33 tours 25 cm Philips N76030R - 1954

16 - Patachou - Le piano du pauvre (Léo Ferré)
Direction d’orchestre Joss Baselli
EP 45 tours Philips 432 007 - 1954

17 - Geneviève - Amour amour (Léo Ferré)
Direction d’orchestre Ted Tyler avec Luc Poret à la guitare.
EP 45 tours Philips 429.063 BE - 1955

17 - Juliette Gréco - La rue (Léo Ferré)
Arrangements et direction d’orchestre Henri Patterson
33 tours 25 cm Fontana 660.205 - 1955

19 - Juliette Gréco - Dieu est nègre (Léo Ferré)
Arrangements et direction d’orchestre Henri Patterson
33 tours 25 cm Fontana 660.205 - 1955

20 - Jacques Douai - L’étang chimérique (Léo Ferré)
Accompagnement de guitares par Jacques Douai et Jacques Liebrard
33 tours 25 cm BAM LD 306 M -1955

21 - Jacques Douai - Le bateau espagnol (Léo Ferré)
Accompagné par l’ensemble de Philippe Gérard
33 tours 25 cm BAM LD 312 A - 1955

TITRES BONUS :
22 - Eartha Kitt - The Heel (adaptation de « L’homme »)
Avec Henri René et son orchestre
45 tours EP RCA A 75 229 - 1955

23 - Annabel - Les amoureux du Havre (inédit)
collection privée - 1954


Figure atypique et engagée, Léo Ferré fait partie des plus grands artistes du patrimoine musical francophone. Olivier Julien explore dans ce coffret 3 CD la foisonnante première décennie de la carrière du poète (1947-1956). On y retrouve ses premières chansons, interprétées par Édith Piaf, les Frères Jacques, Patachou, Catherine Sauvage et lui-même, ainsi qu’une version inédite, jamais publiée sur disque, du titre « Les amoureux du Havre » chanté par Annabel.  
Patrick Frémeaux

A militant and an atypical figure, Léo Ferré counts as one of the greatest artists in the musical heritage of the French-speaking world. In this 3CD set, Olivier Julien details the extremely rich first decade of the poet’s career, from 1947 to 1956: his first songs, sung by Édith Piaf, the Frères Jacques, Patachou, Catherine Sauvage and Ferré himself, and as a bonus, a version of “Les amoureux du Havre” sung by Annabel, never released on record before today.
Patrick Frémeaux

CD Intégrale Léo Ferré  et ses interprètes 1947-1956, Léo Ferré © Frémeaux & Associés 2014




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 L'île Saint-Louis - Léo Ferré03'50
02 La chanson du scaphandrier - Léo Ferré03'01
03 Barbarie - Léo Ferré03'24
04 L'inconnue de Londres - Léo Ferré04'08
05 Le bateau espagnol - Léo Ferré04'09
06 A Saint-Germain-des-prés - Léo Ferré03'15
07 La vie d'artiste - Léo Ferré03'22
08 Le flamenco de Paris - Léo Ferré02'51
09 Les forains - Léo Ferré03'27
10 Monsieur tout blanc - Léo Ferré04'03
11 L'esprit de famille - Léo Ferré02'36
12 Le temps des roses rouges - Léo Ferré02'40
13 Monsieur William - Léo Ferré03'42
14 La chambre - Léo Ferré03'02
15 Vitrines - Léo Ferré04'34
16 Le pont Mirabeau - Léo Ferré02'59
17 Judas - Léo Ferré02'45
18 Notre amour - Léo Ferré02'50
19 Et des clous - Léo Ferré02'21
20 Les cloches de Notre-Dame - Léo Ferré02'14
21 Paris canaille - Léo Ferré03'22
22 Martha la mule - Léo Ferré02'24
23 Les grandes vacances - Léo Ferré03'27
CD 2
01 Le piano du pauvre - Léo Ferré03'13
02 A la Seine - Léo Ferré03'22
03 L'homme - Léo Ferré02'47
04 Le parvenu - Léo Ferré03'20
05 Mon p'tit voyou - Léo Ferré03'34
06 Notre-dame de la mouise - Léo Ferré03'26
07 Graine d'ananar - Léo Ferré03'15
08 Merci mon dieu - Léo Ferré02'45
09 Vise la réclame - Léo Ferré02'58
10 La rue - Léo Ferré02'56
11 Monsieur mon passe - Léo Ferré03'25
12 La chanson triste - Léo Ferré03'23
13 L'âme du rouquin - Léo Ferré03'24
14 La vie - Léo Ferré02'13
15 Le fleuve des amants - Léo Ferré02'22
16 En amour - Léo Ferré02'25
17 Le guinche - Léo Ferré02'49
18 La fortune - Léo Ferré03'16
19 Ma vieille branche - Léo Ferré04'33
20 T'en as - Léo Ferré02'21
21 La grande vie - Léo Ferré03'20
22 Le temps du plastique - Léo Ferré02'36
23 Pauvre Rutebeuf - Léo Ferré03'24
24 L'amour - Léo Ferré02'16
CD 3
01 Yvette Giraud - La chambre - Yvette Giraud02'55
02 Suzy Solidor - L'inconnue de Londres - Suzy Solidor02'20
03 Edith Piaf - Les amants de Paris - Edith Piaf03'14
04 René Lebas - Elle tourne la terre - Renée Lebas03'07
05 Henri Salvador - A Saint-Germain-des-prés - Henri Salvador03'09
06 Colette Mars - Paris taxis - Colette Mars03'04
07 Yves Montand - Le flamenco de Paris - Yves Montand02'57
08 Yvette Giraud - Le pont Mirabeau - Yvette Giraud03'47
09 Michèle Arnaud - L'île-Saint-Louis - Michèle Arnaud02'50
10 Les Frères-Jacques - Monsieur William - Les Frères Jacques03'27
11 Cora Vaucaire - La vie d'artiste - Cora Vaucaire02'39
12 Catherine Sauvage - Paris canaille - Catherine Sauvage03'24
13 Catherine Sauvage - L'homme - Catherine Sauvage02'49
14 Henri Decker - Les amoureux du Havre - Henri Decker02'25
15 Patachou - Nous les filles - Patachou04'41
16 Patachou - Le piano du pauvre - Patachou03'14
17 Geneviève - Amour amour - Geneviève02'50
18 Juliette Gréco - La rue - Juliette Gréco03'38
19 Juliette Gréco - Dieu est nègre - Juliette Gréco03'47
20 Jacques Douai - L'étang chimérique - Jacques Douai02'04
21 Jacques douai - Le bateau espagnol - Jacques Douai03'50
22 Eartha Kitt - The heel - Eartha Kitt02'49
23 Annabel - Les amoureux du Havre (inédit) - Annabel02'13
« Les moments sublimes y sont nombreux » par Juke Box Magazine

Léo Ferré (1916-1993) se produit pour la première fois en public en février 1941 à Monaco d’où il est originaire. Il s’installe à Paris en 1946 et débute au Bœuf sur le Toit. Bien que fréquentant la Fédération Anarchiste, il signe un contrat avec Le Chant du Monde, éditions liées au Parti Communiste. En septembre 1947, Yvette Giraud enregistre « La Chambre », première musique due à Léo Ferré à paraître en disque. Les débuts d’une carrière pas ordinaire sont copieusement évoqués par ce CD triple (livret 20 p.). Les deux premiers volets sont consacrés à Léo Ferré interprétant ses œuvres pour Le Chant du Monde puis Odéon (47 titres, 1950-56). Les moments sublimes y sont nombreux, « La chanson Du Scaphandrier », « La Vie D’Artiste », « Monsieur William », « Le Pont Mirabeau », « Paris Canaille », « Le Piano Du Pauvre », « Pauvre Rutebeuf »… Le troisième CD propose d’apprécier le répertoire par d’autres voix (23 titres, 1947-56). Les enregistrements d’Edith Piaf (« Les Amants De Paris », Yves Montand (« Le Flamenco De Paris »), Michèle Arnaud, Frères Jacques, Patachou, etc. ont évidemment été importants pour établir Léo Ferré dans l’esprit du public. Avec fidélité, Juliette Gréco ou Catherine Sauvage (parfois surnommée la « Voix Ferré !) ont singulièrement milité pour sa reconnaissance. Le florilège inclut « The Heal », adaptation anglaise de « L’homme » par Eartha Kitt, et « Les Amoureux Du Havre », version inédite par Annabel.
Par Jean-William THOURY – JUKE BOX MAGAZINE




« Pour tous les amateurs de Ferré » par Chants… Songs

« En sortant le coffret Intégrale Léo Ferré et ses interprètes 1947-1956, les éditions Frémeaux & Associés nous font revivre les débuts d’un artiste tôt engagé et qui a signé, dès ses débuts, quelques chansons majeures du répertoire. En prime, un CD offre les versions de ses grands interprètes, avec certaines raretés. Né en août 1916 à Monaco, Léo Ferré a mis du temps à trouver sa voie, même si, dès son plus jeune âge, il dirigeait, comme il l’a raconté, « des orchestres imaginaires » sur les remparts de sa ville natale. Dès 10 ans, il composa sa première musique sur Soleils couchants, de Verlaine, et, trois ans plus tard, le Kyrie d’une messe à trois voix. S’il a suivi d’abord des études de droit – il a reçu un diplôme de l’école libre des sciences politiques en 1939 – Ferré rêvait de musique : il s’est produit pour la première fois, sous le pseudonyme de Forlane, le 26 février 1941, au Théâtre des beaux-arts de Monaco. Si Ferré s’est ensuite produit dans plusieurs cabarets parisiens – au Bœuf sur le Toit notamment où il rencontra Aznavour et les Frères Jacques – l’artiste ne publia son premier disque qu’en 1947 au Chant du monde. Des mélodies que l’on retrouve dans leur version originale de 1953, 1954 et 1956, dans ce coffret avec, entre autres, Monsieur Tout-Blanc, Barbarie ou encore La Chanson du scaphandrier aux couplets un brin misogynes. Mais Ferré ne connut vraiment un large succès qu’à la fin des années 60 quand une partie de la jeunesse a été conquis par sa poésie non exempte de révolte. Et jusqu’à mai 68, bien des interprètes ont popularisé ses chansons : de Catherine Sauvage à Jacques Douai en passant par Edith Piaf, et Yvette Giraud. Un des indéniables plus de ce coffret, c’est le CD qui regroupe les chansons des premiers interprètes de Ferré. Si certains arrangements ont vieilli, c’est une photographie saisissante d’une époque et de certains chanteurs qui surgit à l’écoute. Y figurent bien sûr Catherine Sauvage, qui fut la première à défendre Léo et Patachou qui signe des versions très fortes de Nous les filles – en public- ou Le Piano du pauvre, fort bien arrangé dans une atmosphère de bastringue. Sans oublier Juliette Gréco pour un très inspiré Dieu est nègre par exemple et La Rue, qu’elle chante à merveille. Qui plus est, on y découvre des pièces rares comme ce Paris-taxis, de Colette Mars – que Ferré n’enregistra jamais – ou la version anglaise de L’Homme par Eartha Kitt (The Heel). Un coffret pour tous les amateurs de Ferré qui pourront retrouver en prime des indications biographiques précieuses dans le livret bourré d’infos qui l’accompagne. »
Par François CARDINALI – CHANTS… SONGS




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